MAIS QUI EST LILITH ?

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 31-08-2009

Lilith fait partie de la mythologie judéo-chrétienne. Pratiquement absente de la Bible, Lilith n’en est pas moins la première femme d’Adam, créée en même temps que lui. Mais elle fut chassée pour mauvaise conduite et reléguée aux enfers, au monde des ténèbres, à l’inconscient.

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 NOTRE-DAME-DE-PARIS – Lilith dans la fourche de l’arbre de la Tentation entre Adam et Eve

L’origine de Lilith remonte au panthéon de la mythologie suméro-babylonienne qui mentionne une certaine démone du nom de Lamashtu, chassée des cieux à cause de sa méchanceté. Mais Lilith se rapproche surtout d’Ardat Lili ou Lilitû, commère du démon mâle Lilû dans la tradition sumérienne. Elle représente un esprit de licence et de lascivité, une ravisseuse nocturne venant séduire les hommes dans leur sommeil, une voleuse et une dévoreuse d’enfants.

Le nom de Lilith a vraisemblablement été effacé de la Bible. Pourtant, on trouve son histoire, vue par la tradition juive, dans le Zohar :

« Lorsque Jéhovah créa Adam, il créa en même temps une femme, Lilith, comme lui tirée de la terre.

Et elle fut donnée à Adam comme épouse. Mais il survint de la brouille dans le ménage, pour une question

qui, devant les tribunaux ne pourrait se débattre qu’à huit clos. Elle prononça le nom ineffable de

Jéhovah et s’enfuit par les airs, laissant là son mari… ».

Bien entendu, on se demande de quelle question il pouvait bien s’agir pour nécessiter autant de mystère. Un ouvrage cabalistique écrit vers le XIe siècle répond à cette interrogation. Selon ce texte, le conflit entre Adam et Lilith surgit lorsque l’homme voulut imposer à sa femme de s’allonger sous lui, lors de l’acte sexuel : manière de revendiquer la position de chef de famille, qui fut contestée par Lilith, dans la mesure où elle estimait disposer des mêmes droits que son mari, ayant été créée avant lui et tirée de la même terre que lui. Le ton monta entre les deux partenaires, leur histoire se solda par un échec et par la fuite de Lilith.

Quels que soient les exégètes, Lilith est toujours décrite ou perçue comme une maîtresse femme qui a un fort ascendant sur Adam et un appétit sexuel insatiable. Toutefois, il existe plusieurs versions hébraïques de ce mythe et voici les différentes raisons qui auraient incité Adam à demander à Dieu de pouvoir répudier Lilith et de lui donner une autre épouse. Cependant, toutes ces bonnes raisons sont toujours d’ordre sexuel :

Lilith qui refusait de voir son corps déformé par les grossesses pratiquait la contraception, et sans doute avait recours à l’avortement, ce qui, par la suite, irait à l’encontre du Commandement formulé par la Bible « Croissez et multipliez-vous ».

Adam soupçonnait Lilith, l’insatiable, de forniquer avec les incubes, cette sorte de démons mâles. Elle contrevenait ainsi au futur Commandement biblique : « Tu n’auras d’autres époux que ton époux ». Comme pour tous les jaloux, dont Adam faisait partie, son fantasme de voir sa femme jouir d’un autre était devenu réalité.

Quant au goût d’Adam pour la position du missionnaire et au rejet par Lilith des postures les plus classiques qui donnaient la supériorité à Adam dans l’acte sexuel et la mettait en position inférieure, on peut y voir la revendication claire et nette par Lilith de son statut de « paire », ou d’égale d’Adam.

Finalement, pour toutes ces bonnes raisons, Lilith lasse de subir reproches, scènes et exigences de la part d’Adam, se révolta ouvertement et prit la fuite. Quant à Adam, sous le coup de la colère, voulant faire une nouvelle fois preuve d’autorité, il la chassa du paradis terrestre. Yahvé, prévenu, envoie trois anges pour essayer de la raisonner. Mais Lilith refuse d’obtempérer aux demandes du Divin, ce qui est l’un de ses traits de caractère. Finalement, chassée par l’homme du Paradis, Lilith, éperdue, fuit droit devant elle, jusqu’aux abords de la Mer Rouge. Là, elle cherche des humains mais ne trouve que des animaux et des démons. Chassée de l’Humanité, elle se jette dans la « diablerie » et commence, ou continue, à entretenir des relations avec le grand démon mais aussi avec nombre de démons et démones succubes.

Selon une autre tradition, Lilith serait également la première Eve : Caïn et Abel se seraient disputés la possession de cette Eve, créée indépendamment d’Adam et donc pas parente avec eux. Certains voient ici des traces de l‘androgynie du premier homme et de l’inceste des premiers couples.

Physiquement, d’après la tradition talmudique, Lilith serait rousse, sombre de teint, aux yeux noirs ou brun foncé : « Je suis noire, mais je suis belle », lui fait-on dire. Eve serait châtain, voire blonde, au teint et aux yeux clairs : « Je suis Eve, la claire » s’enorgueillit-elle.

Lilith deviendra l’ennemie d’Eve, l’instigatrice des amours illégitimes, la perturbatrice du lit conjugal. Son domicile sera fixé dans les profondeurs de la mer et des objurgations tendent à l’y maintenir pour l’empêcher de troubler la vie des hommes et des femmes sur terre.      

                          

lilith-par-john-collier Lilith dans l’œuvre de John Collier (1892)

Mais revenons au Zohar qui poursuit sa narration sur la faiblesse d’Adam qui réclama sa moitié. Dieu envoya trois anges à la poursuite de Lilith. Ils la trouvèrent sur la mer Rouge. Mais Lilith fit la sourde oreille. Les anges l’avertirent que si elle ne rentrait pas tout de suite au domicile conjugal, elle perdrait chaque jour cent de ses enfants. Elle accepta le marché et les anges lui laissèrent la vie sauve, à condition de ne jamais faire de mal à un nouveau-né là où elle verrait son nom écrit.

« Jéhovah donna Lilith à Sammaël (Satan), et ce fut la première des quatre femmes du diable… ».

Des variantes à cette légende ne font pas de Lilith un cadeau de Jéhovah. Elle aurait rencontré Satan, au cours de ses errances, qui tomba amoureux d’elle. Ils accordèrent leurs violons sur la question de l’égalité des sexes : ce serait chacun son tour, l’un dessus, l’autre dessous… Une allusion à l’androgynat, thème présent dans une interprétation de la légende de Lilith, qui fait d’elle le premier être créé par Yahvé, double, qui aurait donné naissance à Adam, pour l’épouser ensuite.

Lilith n’est mentionnée qu’une fois dans la Bible, dans Isaïe :

« Les chats sauvages rencontreront les hyènes et les satyres s’y appelleront. Là aussi se tapira Lilith pour y trouver le calme ».  

Les traducteurs de la Bible de Jérusalem on introduit son nom dans Job :

« On arrache le méchant de l’abri de sa tente pour le traîner vers le roi des Frayeurs. Lilith s’y installe à demeure et l’on répand du souffle sur son bercail ».

Cependant, la tradition rabbinique conteste cette version, signalant que le mot Lilith sert de métaphore pour signifier « des gens indésirables et hors la loi ». Dans la tradition chrétienne, on ne parle pas de Lilith : elle est la tentation personnifiée par le démon de midi :

 « Tu ne craindras pas les terreurs de la nuit,

 ni la flèche qui vole pendant le jour,

 ni la peste qui rôde dans les ténèbres,

 ni les attaques du démon de midi ». (Psaume91)

 

lamia-par-john-winterhouseEn latin, on la nomme Lamia. Dans la tradition grecque, les Lamies étaient des monstres nocturnes, voraces, qui apparaissaient souvent sous forme d’oiseaux. Comme eux, Lilith inspire terreur et répulsion. Elle est désignée en tant que démon, et représentée par un visage de femme aux longs cheveux, des ailes, un corps de serpent, des griffes. Symbolisant la puissance féminine contrecarrée par l’ordre établi, mais toujours dangereuse, elle devint collective et prit une multitude de noms.

 « La Fille de Satan, la grande femme d’ombre, cette Lilith qu’on nomme Isis au bout du Nil » écrivait Victor Hugo, qui l’associait à Isis, déesse-mère et grande magicienne des anciens Egyptiens. Il est bien plus logique de la rapprocher des filles des eaux, Loreleï et autres Mélusine qui, comme elle, vivent dans la douleur. Car la grande maudite, toujours cachée, latente, souffre de sa condition. Après tout, elle n’est sans doute pas si mauvaise.

 

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Loreleï

Enfin, Lilith est comparée à la Lune noire, à l’ombre de l’inconscient, aux obscures pulsions. Elle dévore les nouveau-nés, dévorée elle-même par la jalousie, non d’une rivale, mais de son incapacité à se soumettre.

On fait de Lilith la première féministe car il s’agit peut-être du plus ancien mythe de la féminité contradictoire. C’est aussi la représentation symbolique du matriarcat préexistant au patriarcat, mais finalement supplanté par l’avènement de celui-ci.

Les Féministes ont voulu voir en Lilith leur représentante, celle qui refusa de se soumettre à la domination masculine d’Adam et qui se vengea cruellement de son exclusion en trompant sa nouvelle compagne. Dans les années 1970, certaines militantes du groupuscule la « Cause des Femmes » avaient repris Lilith et son image comme porte-flambeau de leur lutte. En effet, contrairement à Eve, que la Bible présente comme ayant été conçue à partir d’une côte d’Adam afin qu’elle lui soit dépendante et donc soumise, Lilith aurait été formée à partir d’argile, comme Adam, et serait donc son « égale ». Ce qui placerait la femme dans un statut, non plus de subordination, mais de parité-égalité face à l’homme.

Un autre courant féministe, moins radical, se base lui sur l’existence dans les sociétés du paléolithique d’un courant matriarcal d’abord prédominant mais évincé, peu à peu, par le triomphe du patriarcat dans les sociétés néolithiques. Il s’agit du passage d’une société de chasseurs-cueilleurs à celui d’une société de pré-agriculteurs, où l’homme jusqu’alors nomadisant reste fixé dans un « village » qu’il maîtrise. Dans un article de Mary Daly, intitulé « Si Dieu était une femme », une théologie toute puissante représente un Dieu masculin, tout puissant, lui faisant dire : « Si Dieu est mâle, alors le mâle est Dieu ». C’est d’autant plus fort qu’ainsi camouflé et prétendument pratiqué « au nom de Dieu », le pouvoir religieux de type patriarcal cache une violence radicale vis-à-vis des femmes : il impose et justifie l’expérience masculine comme norme, ainsi que les stéréotypes sans fondement théologique sérieux sur le masculin et le féminin. Et Mary Daly de poursuivre : « Dans l’Eglise, le pouvoir de décision appartient à des hommes célibataires dont la légitimité est, dans les faits, celle qu’ils s’octroient mutuellement. Cela signifie que non seulement l’ensemble des femmes, mais aussi la plupart des hommes subissent cette violence. Cela signifie aussi que l’institution se prive d’une part importante de l’humanité et d’une image de Dieu apportée par les femmes.

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L’arbre de la Tentation : Adam, Eve et Lilith dans l’œuvre de Michel-Ange 

« Quoiqu’il en soit, il faut bien convenir que Lilith, femme de l’essentiel, ne pourra jamais vivre à la démesure de son désir. Elle rencontrera toujours la peur et la fuite d’Adam. Car pour Lilith, il ne peut être question de séparer le désir de l’absolu de l’amour. Découvrant que cet absolu est condamné, elle se replie sous sa tente fleurie, comme la Dame à la Licorne, elle épousera sa solitude ; le refus, la distance deviennent ses compagnons. Elle admettra sa défaite et choisira la hauteur, la sublimation, la verticalité, le silence. Elle est incapable d’apprivoiser le relatif. Avec le refus, l’absence, l’inaccessibilité, le mot distance devient inséparable du regard. Et en effet, Lilith se sert de son regard pour tenir Adam à distance, comme elle se sert de son silence. Par le regard, elle le foudroie sans ciller, sans rien montrer pour autant. Ce regard de Lilith ne se contente pas de regarder. Il voit. Il transperce. Il perçoit impitoyablement les faiblesses, les enfantillages, les petits mensonges, les pauvres dérobades. Lilith ne veut pas de ces concessions dont on survit. En refusant de répondre lorsque la question est mal posée, en fustigeant la vacuité de la parole de l’autre par une absence chargée à balles, elle transforme le silence en arme et le regard en cri. Trop orgueilleuse pour s’abaisser à expliquer ses propres évidences, trop rigoureuse pour ne pas tout dire si elle commence à parler, elle n’a pas d’autre ressource que le silence devant l’impossible dialogue. Plus Adam suppliera dès qu’il commence à comprendre à quoi ce silence le condamne et en quoi il le condamne, plus Lilith lui opposera un silence de plomb. Car dès lors qu’elle voudrait parler, elle ne le pourrait plus. Piégée elle-même par son refus d’être refusée, elle est renvoyée à sa pesanteur, à sa propre castration, elle qui castre Adam en dressant devant lui ce mur de verre. Elle se tait mais ne peut s’empêcher de le regarder et ce regard ajoute encore à la distance inexorable qui les sépare ». Bien des Lilith d’aujourd’hui peuvent encore se reconnaître dans ce beau texte de Joëlle de Gravelaine.

La Lune Noire en Astrologie

La Lune Noire est un point fictif dans le ciel, dont l’importance s’avère capitale dans le thème astrologique. Elle représente le deuxième foyer de l’orbite lunaire. Elle est le champ d’influences occultes de la Lune qui, dans son mouvement elliptique autour de la Terre, forme un axe dont les deux extrémités se nomment : l’une, le périgée, point de son orbite où elle se trouve le plus près de la Terre ; et l’autre, qui est son opposé, l’apogée, point de son orbite où elle se trouve le plus éloignée. Le périgée n’est pas fixe et son déplacement est d’environ 40° par an. Son pas journalier se calcule sur 6 à 7’ d’arc. Sa révolution se fait en 3 232 jours, soit environ 8 ans, 10 mois et quelques jours.

glyphe-de-la-lune-noireSon hiéroglyphe est figuré par une faucille barrée ou par deux croissants de lune formant un soleil central ponctué d’un point : l’œil même de la licorne, lieu métaphysique s’il en est.

Cette Lune Noire qu’on associe à Lilith, la première femme d’Adam, dont le sexe s’ouvrait dans le cerveau, est liée essentiellement à des notions d’intangible, d’inaccessible, de présence démesurée de l’absence (et l’inverse), d’hyper lucidité douloureuse à force d’intensité. Plus qu’un centre répulsif occulte, la Lune Noire incarne la solitude vertigineuse, le Vide absolu qui n’est autre que le Plein par Densité.

Selon l’emplacement de la Lune Noire dans le thème, en signe, en maison et les aspects qu’elle forme avec les planètes, l’interprétation variera sensiblement.

Parce qu’elle véhicule des valeurs radicales, parfois instantanées comme l’Insight (°) en psychanalyse ou le passage à l’acte suicidaire, elle peut être dans le thème synonyme du meilleur ou du pire : l’initiation verticale et féconde, le rôle médiateur par excellence ou bien armer le bras du criminel, parfois retourner contre soi le « couteau du sacrifice ». Elle peut marquer l’ambivalence du désir et du refus, l’accès fulgurant à l’inconscient ou l’aveugle résistance de l’inconscient.

Avant toute chose, il convient d’éviter toute confusion possible avec Saturne et avec Pluton, bien que la Lune Noire ait un rapport sensible avec ces planètes. Mais avec Saturne, nous connaissons la frustration et la culpabilité, tout ce qui est de l’ordre du manque et du deuil, mais nous n’avons pas la « sanction-guillotine », ni un processus sacrificiel.

Avec Pluton, nous connaissons l’expiation, le Tribunal des Enfers, l’angoisse, la mutation, la transformation, mais là encore il s’agit d’un processus lent, aussi lent que la progression de la plus lente des planètes du système solaire. Avec Pluton, pas d’événement immédiat.

Saturne fait éprouver la culpabilité qui conduira au châtiment plutonien, mais la Lune Noire armera le bras du bourreau et exécutera la sentence. Par ailleurs, s’il y a quelque chose de sacrificiel dans la nature de Saturne et de Pluton, ni l’un, ni l’autre n’ont quoi que ce soit à voir avec la transgression ou la désobéissance.

Autre action-clef de la Lune Noire : elle marque la remise en question qui peut aller jusqu’au changement radical, le rejet définitif, la prise de conscience illuminatrice, selon bien sûr, les planètes et les secteurs touchés, en transit sur le thème natal. Là où se trouve la Lune Noire dans le thème, surtout en Maisons angulaires, fortement aspectée ou liée au Soleil ou à la Lune, elle laisse une signature significative.

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 (°) Insight : Terme anglais, sans équivalent en français, sinon le mot « intuition » réservé à la psychologie humaine. Compréhension soudaine d’une situation déterminée. Brusque découverte de la solution d’un problème, la structure d’une figure ou d’un objet perçu.

 

dames-aux-licornes-gustave-moreau La Dame à la Licorne – Gustave Moreau

CONNAISSEZ-VOUS LA POSITION DE LA LUNE NOIRE DANS VOTRE THEME ? LORS D’UNE CONSULTATION POUR L’ANALYSE DE VOTRE THEME, DEMANDEZ A CE QU’ON VOUS PARLE DE VOTRE LUNE NOIRE, SA POSITION DANS LES SIGNES, DANS LES MAISONS, LES ASPECTS QU’ELLE FORME AVEC LES AUTRES PLANETES DE VOTRE THEME ET AUSSI DE SON INCIDENCE SUR VOTRE VIE… VOUS SAUREZ AINSI QUEL TYPE DE LILITH SOMMEILLE EN VOUS…

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Mélusine 

Bibliographie :

FEMMES de Sabrina Mervin et Carol Prunhuber – Editions Hermé

LE RETOUR DE LILITH – LA LUNE NOIRE – Joëlle de Gravelaine – Editions L’Espace Bleu

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Editions Robert Laffont/Jupiter – Bouquins

        

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COUPER SES CHEVEUX A LA PLEINE LUNE

(2.1 - SOIREES ET MANIFESTATIONS) par sylvietribut le 30-08-2009

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Quand un coiffeur et une astrologue décident de conjuguer leurs talents au service de leurs clients …

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Ainsi, sous la lumière argentée de la Pleine Lune,

vendredi 4 septembre 2009, entre 20 heures et minuit,

Jacques Delawarde Coiffure restera ouvert

(7 rue Patenôtre à Rambouillet)

Jacques et son équipe seront aux ciseaux et Sylvie Tribut, astrologue, vous conseillera sur les époques propices pour vous occuper de vous, de votre beauté, de votre look. Pensez à vous munir de votre heure de naissance.

D’ores et déjà pour en savoir plus sur l’influence de la Lune et son cycle capricieux, rendez-vous sur le site :

www.sylvie-tribut-astrologue.com

Quant à Jacques Delawarde Coiffure, il vous propose toute une gamme de services et de produits. Visitez son site :

www.jacques.delawarde.fr

Et surtout, pensez à prendre rendez-vous sans attendre : 01.30.41.89.19 (coupes uniquement).

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ASTROLOGIE… SANTE… BEAUTE

(10 - ASTROLOGIE... BEAUTE... SANTE...) par sylvietribut le 30-08-2009

ciseaux1LA LUNE… VOS CHEVEUX… VOTRE BEAUTE… VOTRE SANTE

 

 

 

 

CHEVEUX

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ONGLES

 

 

PEAU

 

 

 

 

 

POIL

 

 

 

 

SANTE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

        LUNE CROISSANTE

 

 

Coupe pour repousse vigoureuse (en Lune montante et Dernier Quartier)

 

Teinture (en Lune descendante)

 

Soin des cheveux gras

 

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Soins de la peau : gommage, désincrustation fumigation

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Se ménager pour prendre des forces

 

Traitement reminéralisant stimulant antifatigue circulatoire

 

Eviter de manger trop

 

PLEINE LUNE

 

 

Coupe pour repousse rapide et vigoureuse

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Eviter les interventions médicales

3 jours avant,

3 jours après la Pleine Lune

         LUNE DECROISSANTE

 

 

Coupe pour cheveux abimés, pour repousse lente 

 

 

Masque traitant et soin (juste après la Pleine Lune)

 

 

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Coupe et soin

 

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Soins des peaux grasses

 

 

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Epilation (en Lune descendante)

 

 

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Cure d’élimination

des toxines

 

Régime minceur juste après la Pleine Lune

 

 

 

Cicatrisation favorisée pendant le dernier quartier

 

Baisse de régime, fatigue pendant le dernier quartier

 

NOUVELLE LUNE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Journée de jeûne

Détoxication

 

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L’AMBRE… PIERRE DU SOLEIL… PIERRE DU LION

(08 - LES PIERRES ET METAUX DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 15-08-2009

Le nom d’ambre, appelé parfois « succin », dériverait du mot arabe « anbar » qui signifie « doré ». 

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C’est Thalès qui découvrit, vers 600 ans avant Jésus-Christ, les propriétés magnétiques de l’ambre. L’ambre jaune se dit en grec « electron » d’où le nom « électricité ». Les chapelets, les amulettes d’ambre, sont comme des condensateurs de courant. En se chargeant eux-mêmes, ils déchargent de leurs propres excès ceux qui les portent ou les égrènent.

L’ambre représente le fil psychique reliant l’énergie individuelle à l’énergie cosmique, l’âme individuelle à l’âme universelle. Il symbolise l’attraction solaire, spirituelle et divine.  

La Légende de l’Ambre

Les Anciens expliquaient la naissance de l’ambre par l’histoire de Phaéton, le fils d’Hélios. Phaéton obtint un jour la permission de conduire le char du Soleil, mais dans sa maladresse, il mena son équipage trop près de la Terre, qu’il condamnait ainsi à une terrible sécheresse. Pour arrêter ces désordres, Zeus-Jupiter lança sa foudre sur le char et Phaéton tomba dans un fleuve où il trouva la mort. Les dieux eurent pitié du chagrin inconsolable de ses sœurs et les changèrent en arbre. Les larmes des jeunes filles furent autant de gouttes de résine qui devinrent de l’ambre.

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 Rubens : La chute de Phaéton (1636) – Musées royaux des Beaux Arts  de Bruxelles

Cette légende, et bien d’autres croyances attribuaient à l’ambre des pouvoirs magiques et curatifs, développèrent un artisanat actif, encore vivace aujourd’hui dans la bijouterie. Ainsi, les chevaliers teutoniques détenaient le monopole de l’ambre et diffusèrent des chapelets dans toute la chrétienté.

Chez les Celtes, Ogmios se présente dans la légende sous la forme d’un vieillard. Il attire une multitude d’hommes et les tient attachés par les oreilles à l’aide d’une chaîne d’ambre. Les captifs pourraient fuir en raison de la fragilité de leur chaîne. Ils préfèrent suivre leur guide. Le lien par l’ambre est d’ordre spirituel. Un visage d’ambre est volontiers attribué aux héros et aux saints. Il signifie un reflet du ciel en leur personne et leur force d’attraction.

Apollon versait des larmes d’ambre quand, banni par l’Olympe, il se rendait chez les Hyperboréens. Elles exprimaient la nostalgie du Paradis et le lien subtil qui l’unissait encore à l’Elysée.

Le Pseudo-Denys l’Aréopagite explique que l’ambre est attribué aux essences célestes parce que, « réunissant en lui les formes de l’or et de l’argent, il symbolise à la fois la pureté incorruptible, inépuisable, indéfectible et intangible qui appartient à l’or, et l’éclat lumineux, brillant et céleste qui appartient à l’argent ».

Selon une croyance populaire, l’homme qui conserve sur lui, en toute circonstance, un objet d’ambre ne peut être trahi par sa virilité.

Par ailleurs, l’ambre aurait de grands pouvoirs curatifs en agissant sur le système nerveux central, sur les inflammations virales. Elle aurait également des effets positifs sur les allergies ainsi que sur la gorge et la thyroïde. Enfin, chez les Gaulois, l’ambre entrait dans la composition de certains collyres.

L’ambre (succinite) n’est pas un cristal. D’origine organique, elle n’a pas de système de cristallisation, ses couleurs vont souvent du brun au jaune doré. Il existe aussi l’ambre gris, concrétions biliaires des cachalots. L’ambre gris qui réside dans le foie de l’animal (en relation avec le corps émotionnel), capte la peur et l’angoisse au moment de sa mort. Tout comme l’ivoire, il est fortement recommandé de ne pas financer les massacres inutiles des animaux pour un plaisir personnel et souvent éphémère.

Résine végétale fossile, d’un jaune plus ou moins foncé, diaphane, d’une odeur agréable. Cette résine fossile est incomparablement plus dure que n’importe quelle réside actuelle. Par ailleurs, l’ambre est souvent porteur d’inclusions de plantes ou d’insectes. Sa vibration végétale douce et solaire, c’est du « miel » solidifié.

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Selon une autre légende qui a perduré longtemps, l’ambre serait dû à une sécrétion glandulaire ou à l’urine des grands mammifères marins comme la baleine ou le cachalot. L’ambre gris est d’ailleurs bien une substance issue des sécrétions biliaires des cachalots.

Les poètes anciens supposaient que les grains d’ambre n’étaient autre chose que les larmes des sœurs de Phaéton ; mais la science, qui n’est pas du tout sentimentale, nous apprend qu’il est le produit d’une espèce de conifère le « Pinus succinifera », dont on ne rencontre plus que les graines et cônes ; ce produit a subi une transformation dans le sein de la terre et est devenu l’ambre.

L’ambre dans l’Histoire

Au IVe siècle avant Jésus-Christ, Aristote, philosophe et naturaliste, classait l’ambre avec les substances végétales et en parallèle avec ces autres résines que sont la myrrhe et l’encens. Dans son œuvre, « Histoire naturelle », encyclopédie des connaissances des Anciens, Pline en a fait un classement identique. A la fin du VIIe siècle avant Jésus-Christ, Thalès découvrit que l’ambre attire les corps légers lorsqu’on le frotte fortement, l’ambre étant donc doté de propriétés électrostatiques. Quant au savant russe Lomonosov, il considérait que l’ambre était une résine fossile provenant d’un arbre, opinion confirmée en 1811 par le savant Wrede. 

Il y a quarante millions d’années, les régions du centre et du nord de l’Europe étaient couvertes de forêts au sein desquelles se trouvaient de nombreux ancêtres de nos pins et épicéas ; dix millions d’années plus tard, ces forêts furent en partie englouties par les eaux. Ceci explique que le littoral de la Baltique soit riche en ambre, une résine fossilisée dans laquelle divers insectes, arachnides, etc.… attirés par son odeur en sont restés prisonniers, comme ont pu être inclus par dépôt, des feuilles, bois, pollens, plumes, etc.…

La résine, qui est un excellent agent de fossilisation a conservé ces différentes inclusions animales et végétales. Puis, suivant un processus long, pas très bien élucidé et faisant intervenir de nombreux éléments, la résine au bout de plusieurs millions d’années se transforme en ambre. 

amber

L’ambre de la Baltique serait chargé de légendes et de mystères car il contient la « lumière du monde », cet ambre que les riverains de la mer Baltique surnomment encore aujourd’hui « les larmes des oiseaux de mer ». Les hommes ont toujours été fascinés par l’ambre auquel ils ont très tôt, attribué des pouvoirs magiques et quasi divins.

Dès l’âge de pierre, l’ambre fut utilisé dans un but décoratif et curatif et fit l’objet, durant l’Antiquité d’un commerce important. En Europe, on la trouve dès le Néolithique, mais il est surtout abondant à l’âge du Bronze, les sites Mycéniens de la Grèce, particulièrement les tombes à Tholos ont livré de l’ambre en abondance : notamment des perles de colliers… On en a retrouvé à Mycènes, en Grèce, en Crête, en Italie, en Irlande, dans la Péninsule Ibérique, en Allemagne… Mais aussi en Inde et en Perse. L’analyse chimique a montré que la majorité de l’ambre du monde méditerranéen provenait de la Baltique.

On a retrouvé en grande partie les Routes de l’Ambre de la Baltique qui traversaient la Pologne, l’Allemagne et la Yougoslavie. A l’autre bout du monde antique, l’ambre est mentionné dans les textes chinois à l’époque des Han deux siècles avant notre ère. Il provenait de la Baltique et passait par la Russie et le Cachemire avant d’arriver en Chine.

Que fait-on avec l’ambre ?

A l’état naturel, les modules d’ambre sont translucides, transparents même troubles avec des colorations diverses entre le brun rougeâtre et la teinte miel résultant de la quantité et du contenu des bulles qui y sont emprisonnées. Ce qui donne une infinie variété de tons et de nuances qui changent en fonction de la lumière qui les frappe. La résine fossilisée devient un minéral facile à tailler et il séduit par sa couleur et son éclat. Devant tant de beauté, l’homme se servit de l’ambre pour en faire des parures, des bijoux, des talismans divers.

Les Gaulois portaient des talismans d’ambre, les Romains en mettaient dans leurs cheveux ou portaient l’ambre autour du cou pour éloigner les mauvais esprits. Au Moyen-âge, les artisans de Bruges se rendirent célèbres par la fabrication de chapelets d’ambre diffusés par les chevaliers teutoniques. Au Maroc, les petites mains porte-bonheur d’ambre (Khansas) annihilent les actions malfaisantes des Djinns. On se servit de l’ambre pour confectionner les embouts des narguilés…

Brûlé, l’ambre dégage un parfum aimé des dieux. Les Romains, et Néron en particulier, faisaient brûler de l’ambre comme de l’encens, ce qui se fait encore de nos jours.

L’ambre avait aussi pour les Anciens des vertus thérapeutiques nombreuses et c’est en raison des bienfaits qu’elle procurait à ceux qui en portaient qu’elle fut longtemps appelée « pierre magique des temps anciens ». On l’utilisait pour activer la circulation du sang, calmer la fièvre et les infections, pour l’asthme et les voies respiratoires, donner des forces et combattre la fatigue, contre le stress et la dépression, pour agir sur les glandes endocrines, soigner la vue, contre les irritations de la peau…

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Dans les campagnes, on offrait un collier d’ambre aux nouveau-nés pour les fortifier et les aider à dormir. Cette pratique a encore cours dans certains pays méridionaux pour facilité la pousse des dents de l’enfant ou lui épargner les irritations de la peau.

L’ambre passe pour soulager les douleurs des articulations dues aux rhumatismes. L’ambre jeune produit des ions négatifs par frottements, ce qui favorise la circulation des énergies dans tout l’organisme. Cela enlève la fatigue due à la pollution électromagnétique.

Les études ont montré que les ions négatifs : améliorent la circulation sanguine et son Ph, le rendant plus alcalin, régulent le système nerveux, améliorent les réflexes, activent le métabolisme et combattent les inflammations. Ils freinent également l’oxydation des cellules et favorisent leur régénération… Ils sont également utilisés dans le traitement des eczémas. Des tests scientifiques effectués sur des tissus constitués à base d’apprêt d’ambre ont permis de constater la supériorité de ses propriétés électriques et électrostatiques. De plus ses propriétés augmentent après plusieurs lavages. Des tests cliniques ont aussi été réalisés sur des patients souffrant de douleurs ou tensions musculaires.

Ambre gris et Ambre blanc

Il ne faut pas confondre l’ambre jaune fossile avec l’ambre gris et l’ambre blanc.

L’ambre gris est une substance rejetée par les cachalots : concrétions intestinales constituées de morceaux de calmars. Cet ambre gris appelé « or flottant » est très recherché, est apprécié en parfumerie. L’ambre blanc, spermaceti, substance huileuse, appelée « blanc de baleine » est retiré d’une poche cérébrale du cachalot. Il est utilisé pour faire des pommades et en cosmétique.

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John Singer Sargent – Fumée d’ambre gris

Quant à l’ambre doré, avec ses couleurs changeantes, du jaune citron au brun sombre, souvent de couleur miel, est une oléorésine fossile secrétée par des conifères, entre autres utilisée dans l’industrie et pour la fabrication d’objets ornementaux. Bien que non minéralisé, il est parfois vu et utilisé comme une gemme. Il existe quatre autres gemmes organiques : les perles (la nacre), le jais, l’ivoire et le corail, en particulier le rouge et le noir). C’est la gemme la plus légère des cinq et aussi la plus tendre, par opposition au diamant qui est le plus dur. L’ambre se porte en bijou depuis l’Antiquité, tantôt sommairement serti d’un fil de fer, tantôt savamment travaillé comme pendentif.

Entre autres peuples, les Celtes l’ont beaucoup utilisé sous forme de perles, de façon plus marquée à partir du VIe siècle avant Jésus-Christ. Cette vogue disparaît à peu près deux siècles plus tard. Des pièces d’art celtique en marbre ont été léguées par les Anglo-Saxons.

Parce que l’ambre semble préserver des végétaux et des animaux, il a été associé à la jeunesse éternelle. Ainsi les anciennes Romaines en gardaient des morceaux en main, à la cour. De l’ambre a aussi été découvert dans des tombes égyptiennes.

Selon certains anciens comme Pline, Aristote ou Ovide, l’ambre serait le résultat d’une résine végétale s’écoulant de peupliers ou d’aulnes. Selon le poète Ovide, lorsque les Héliades, filles d’Hélios furent métamorphosées en aulnes et en peupliers, elles continuèrent à pleurer la mort de leur frère, Phaéton.

Leur mère tenta de les sauver et commença à arracher les écorces qui recourait leurs corps, alors qu’elles la supplièrent : « Pitié ma mère, je t’en supplie ! C’est notre corps qui, avec l’arbre est déchiré. Et maintenant adieu ! L’écorce vient étouffer leurs dernières paroles. Il en coule des pleurs, et goutte à goutte se solidifie l’ambre, né des rameaux nouveaux. Le fleuve transparent le recueille et l’emporte aux femmes latines qui s’en pareront ».

Les Slaves l’ont associé aux larmes pétrifiées des dieux. L’ambre servait de talisman de protection en général et aussi en particulier contre les enlèvements d’enfants. Il symbolisait aussi le lien éternel du mariage. 

Symbolique et croyances

Les noces d’ambre symbolisent les 34 ans de mariage dans la tradition française. Il est parfois dit que l’ambre porte en lui la mémoire.

L’ambre, dédié à Apollon, passe pour réchauffer le cœur et transmettre l’énergie solaire. Un collier d’ambre possèderait ainsi le pouvoir de réchauffer et l’on en mettait au cou des jeunes enfants. Un collier d’ambre soulagerait également les douleurs dentaires des bébés lors de la poussée dentaire.

Un anneau d’ambre, porté en permanence par un homme, permettrait de garder confiance en sa virilité. Les Chinois sculptaient dans l’ambre de petits animaux qui étaient censés favoriser la fécondité. Un anneau de poignet porté par une femme et provoquant des rougeurs, indiquerait que cette dernière est adultère.

L’ambre en poudre, aiderait à lutter contre la dépression et l’angoisse, aurait une action bénéfique sur les voies respiratoires, arrêterait les saignements de nez, permettrait d’éviter les fausses couches et limiterait les souffrances dues à la pousse des dents de laits chez les jeunes enfants. En France, au Moyen-âge, l’ambre en poudre était l’ingrédient de certains philtres d’amour, peut-être en analogie avec son pouvoir « magnétique » ou plus exactement électrique.

Attention aux contrefaçons

Du fait de la rareté de certains ambres, de nombreuses pièces contrefaites sont commercialisées. Les principaux matériaux utilisés par les faussaires sont le plastique et le copal. Le terme générique « plastique » regroupe ici : ambre naturel, ambre pressé, ambre fondu, ambroïde, polybern, bakélite, celluloïd, galalithe, plastique vrai, érinoïd, catalin, et cellon…

Les faussaires savent fabriquer à la perfection des pièces contenant une inclusion contrefaite, avec de l’ambre véritable. Cependant, leur fabrication, certes peu coûteuses, ne concernent généralement que les inclusions « spéciales » dites rares (scorpions, vertébrés, fleurs, etc.) assez rentables. Ce sont les inclusions végétales qui sont surtout difficiles à expertiser.

Ces méthodes, utilisant de l’ambre véritable, contournent presque tous les tests des vérifications (excepté la combustion). Il n’est cependant pas nécessaire d’avoir des connaissances pointues en biologie animale pour distinguer une inclusion animale moderne d’un fossile authentique. Le bon sens est suffisant. Et évidemment une observation attentive.

Il existe une myriade de tests assez simples permettant « d’authentifier » une pièce d’ambre véritable. Cependant, une réponse positive à un seul, ou même plusieurs, de ces tests ne suffit surtout pas à valider la qualité d’ambre véritable. On pensera alors éventuellement à la combustion, seul test fiable unique, qui peut suffire pour valider le faux du vrai :

       Par la chaleur : on place une aiguille chauffée à blanc sur l’ambre, une pièce véritable dégage une odeur de pin, l’aiguille laisse une marque blanche qui effrite l’ambre et le copal. A l’inverse, une pièce en plastique dégage une odeur âcre. De plus, l’aiguille laisse une marque noire et colle au point de chauffe. 

       Avec de l’acétone : on frotte l’ambre avec un coton imbibé d’acétone, ou tout simplement de dissolvant à vernir à ongles. L’ambre véritable ne se dissout pas, à l’inverse de certains plastiques utilisés pour les contrefaçons. Quant au copal, il devient collant.

       A l’eau chaude : on plonge la pièce d’ambre dans l’eau chaude. L’ambre véritable dégage une odeur de pin brûlé. Quant à certains plastiques, utilisés pour les contrefaçons, il y a une odeur camphrée ou phénolée.

       Avec de l’alcool : plongée dans l’alcool, l’ambre est attaquée lentement, alors qu’une pièce contrefaite est rapidement attaquée.

       Par grattage : avec un couteau ou une aiguille, l’ambre s’effrite. Avec une pièce en plastique, l’aiguille tend à rester coincée dans la pièce.

       Par flottaison : on plonge l’ambre dans un mélange de 25 cl d’eau et 4 cm3 de sel. L’ambre et le copal flottent alors que certains plastiques coulent.

      Par frottement : on frotte l’ambre avec un chiffon de laine pour avoir une réaction électrostatique. L’ambre est très électrostatique ; la réaction est vérifiable sur les cheveux, de la paille ou de petits bouts de papier. Certains plastiques de contrefaçons ne provoquent qu’une faible réaction électrostatique ce qui permet de garantir qu’il ne s’agit pas d’ambre. Cependant, d’autres plastiques peuvent provoquer une forte réaction et sans laisser une odeur camphrée après le frottement.

       Par fluorescence : on place sous une « lumière noire », c’est-à-dire une lumière composée de violet et proche de l’ultraviolet, de 360 à 250 nm environ, une pièce d’ambre authentique montre une brillance fluorescente caractéristique, qui peut varier selon les pièces en fonction de la chimie des roches encaissantes.

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Perle d’or et d’ambre – Deux symboles solaires par excellence

Bibliographie 

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

Les Pierres Précieuses et les Différents Ornements de J. Rambosson

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LA TOUR ASTROLOGIQUE

(6.2 - Paris Insolite - Paris Mystérieux - Paris Esotérique) par sylvietribut le 13-08-2009

Savez-vous qu’il existe dans Paris une colonne astrologique ? Elle se trouve dans le 1er arrondissement, rue de Viarmes et, en prenant la rue de Vauvilliers, vous la découvrirez adossée à la Bourse du Commerce. En voici l’histoire, imbriquée dans la grande, celle de la l’Histoire de France.

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Lorsqu’en 1190, Philippe Auguste entoura Paris d’une enceinte, le quartier où s’élève maintenant la Bourse du Commerce n’était que prés, champs et jardins. A la place qu’occupe maintenant celle-ci, on trouvait, en 1232, un Hôtel de Nesle, habité pendant 20 ans par Blanche de Castille, mère de Saint Louis. Elle y mourut sur un lit de paille, par humilité, le 1er décembre 1252, profondément regrettée des Parisiens.

En 1388, Charles VI donna cet hôtel à son frère Louis, le célèbre duc d’Orléans, que son cousin germain Jean sans Peur devait assassiner dix-neuf ans après. Le duc d’Orléans fit un logis magnifique de cet hôtel, devenu l’Hôtel d’Orléans, et où, d’après Brantôme, le « chroniqueur » de l’époque, il avait installé un « cabinet aux pourtraicts » où étaient exposés ceux de ses nombreuses maîtresses ; lorsque Jean sans Peur vint visiter le bel hôtel de son cousin, il put considérer le portrait de sa femme placé bien en vue au premier plan.

En 1499, Louis XII, le « père du peuple », ex-Louis II d’Orléans, céda la majeure partie de l’hôtel pour qu’y fût établi le « couvent des Filles-Pénitentes ou Repenties ». Ce couvent était assez particulier ; pour y être admises, les candidates étaient tenues de fournir des preuves de leur libertinage, de la vie dissolue qu’elles avaient menée et de jurer sur les saints Evangiles qu’elles ne s’étaient pas prostituées exprès pour avoir la faveur de faire partie de la communauté. De sévères matrones passaient une scrupuleuse visite ; si la postulante était trouvée vierge, elle était chassée sur-le-champ. Les rois s’intéressèrent beaucoup à ce couvent : Louis XII, François 1er, Henri II, François II et Charles IX y firent souvent des visites.

cosimo-ruggieri-astrologue-de-catherine-de-medicisEn 1572, à la suite du fameux horoscope où Florentin Cosme Ruggieri avait prédit à Catherine de Médicis « qu’elle mourrait près de Saint-Germain », la reine renonça à habiter le château des Tuileries situé dans la paroisse  de Saint-Germain-l’Auxerrois et délogea les « Filles-Pénitentes » qu’elle transféra dans le monastère de Saint-Magloire, rue Saint-Denis. Elle fit construire, en place du couvent, un hôtel superbe, le plus beau de Paris avec le palais du Louvre et le château des Tuileries. Ce fut « l’hôtel de la Reine », oeuvre de Bullant. Il comportait deux parties : l’hôtel et son jardin. La colonne que l’on voit actuellement était édifiée à l’intérieur même de l’hôtel, dans l’encoignure d’une courette ; son premier étage faisait face à l’une des deux pièces formant le logis particulier de la reine. 

 L’hôtel, dont l’entrée était située face au débouché de la rue Vieille-Etuves, l’actuelle rue Sauval, sur la rue Aux-Fers, devenue rue Berger, comprenait cinq appartements princiers de cinq pièces chacun ; son personnel était composé de 86 dames d’honneur, le fameux « escadron volant », 25 demoiselles d’honneur, 40 femmes de chambre, 36 aumôniers, 13 médecins et apothicaires, 11 maîtres d’hôtel, au total 300 personnes. Le jardin renfermait les communs, une chapelle, des étuves, une volière, ainsi que 26 écuries pour 52 montures, mules, haquenées et chevaux.Catherine de Médicis habita ici pendant 14 ans, mais c’est à Blois qu’elle mourut, en 1589. Malade, elle reçut d’un prêtre de cette ville les derniers sacrements ; elle lui demanda son nom : « Madame, je m’appelle Julien de Saint-Germain ». Catherine comprit que l’horoscope avait vu juste et qu’elle allait mourir, ce qui se produisit peu après. 

 

catherine-de-medicis-par-chaumont-galerie-des-offices-florenceCatherine de Médicis – Galerie des Offices à Florence

C’est en 1606, que l’Hôtel de la Reine fut acheté par le fils du prince de Condé, Charles deBourbon-Condé, comte de Soissons. Il le fit réparer et agrandir, d’où un nouvel hôtel magnifique appelé dès lors « l’Hôtel de Soissons ». C’est dans cet hôtel que naquirent en 1655, le général Louis-Guillaume de Bade et, en 1663, le prince François-Eugène de Savoie-Carignan, fils d’Eugène Maurice de Savoie-Carignan, comte de Soissons, et d’Olympe Mancini, nièce de Mazarin, très brillant général connu sous le nom de prince Eugène, ennemi redoutable de la France, que Napoléon mit au rang de Turenne et de Frédéric II.

Le dernier propriétaire, Victor-Amédée de Savoie, criblé de dettes, transforma l’hôtel en un somptueux tripot ; puis, en 1718, il fit construire dans les jardins quantité d’échoppes qu’il loua très cher aux agioteurs de la Banque générale de Law avant que ceux-ci n’allassent s’installer, un an après, dans la rue Quincampoix. L’hôtel fut démoli en 1748 et ses matériaux vendus pour payer les créanciers de Victor-Amédée de Savoie. La colonne fut rachetée par la Ville à son acquéreur, Laurent Destouches, qui l’avait acquise pour la sauver de cette démolition.

Entre 1763-1766, la Ville fit construire sur l’emplacement de l’Hôtel de Soissons un édifice, de forme circulaire, destiné à la vente et à l’entrepôt des blés et farines ; ce fut la « Halle aux Blés ». On avait envisagé d’abord de transporter la colonne en son centre, mais le projet fut abandonné et la colonne resta à sa place primitive, adossée au mur extérieur de la Halle avec laquelle elle n’eut aucune communication. En 1887, la Bourse du Commerce remplaçait la Halle aux Blés.

tour-astrologique-monogramme-de-catherine-de-medicis-et-dhenri-iiQuant à la « Colonne Astrologique », construite par Bullant, elle appartient à l’ordre toscan par son chapiteau et à l’ordre dorique par son fût. Sa hauteur est d’environ 31 mètres, son diamètre, de 3,15 mètres à la base et de 2,65 mètres au sommet ; sa surface présente 18 cannelures, séparées entre elles par des arêtes dentelées. On y voit encore des monogrammes faits de C et de H entrelacés. Elle contient un escalier à vis de 147 marches, éclairé par quelques étroites barbacanes.

 On ignore encore le but de cette colonne. Pour certains, ce pouvait être une tour de guet, pour d’autres, un monument élevé par la reine Catherine de Médicis à la mémoire de feu son époux, le roi Henri II. Reste la solution d’un observatoire dominant le palais et ses alentours où, à défaut de la superstitieuse reine qui, déjà âgée et corpulente, ne pouvait gravir ces 147 marches, montèrent souvent ses astrologues et cabalistes pour observer le firmament.

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Cette mystérieuse colonne, qui est classée, constitue un précieux souvenir d’un lieu où deux reines de France ont vécu, où fut un couvent de jolies pécheresses du XVIe siècle, où naquirent deux illustres généraux et où fut, à deux reprises, un temple de l’agiotage.

En traversant la rue Berger pour prendre la rue Sauval, on remarque au n° 11 de la rue du Louvre, face à la rue Berger, le vestige d’une tour de l’enceinte de Philippe Auguste.

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Bibliographie : « Lutèce à prefent nômée Paris cité capitalle de France » – Connaissance du Vieux Paris par Jacques Hillairet

 

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LEGUME OU FRUIT DU SOLEIL… LA POMME D’OR

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 08-08-2009

Chez les Aztèques, c’était un « fruit charnu ». On l’appelait la « tomalt ». Elle était plutôt petite et jaune, très répandue au Mexique et au Pérou. C’est de là-bas que les conquistadors espagnols l’ont rapportée en Europe sous forme de petites graines, « la tomata ». Adoptée pour sa consommation dès le XVIIe siècle dans le sud de la France, la tomate a longtemps été, au nord de la Loire, considérée comme une plante d’ornement. C’est en 1790, pendant les fêtes de la Révolution, que les Marseillais l’ont fait goûter et découvrir aux Parisiens.

tomates

La première attestation de « tomate » en français date de 1598 dans la traduction de l’ouvrage de José de Acosta, « Historia natural y moral de las Indias », par Robert Regnault. Le mot « Tomate » n’est entré dans le dictionnaire de l’Académie française qu’en 1835, le fruit s’est longtemps appelé « pomme d’amour » ou  » pomme d’or ». Le nom de la tomate figure dans les « mots sans frontières » recensés par Sergio Corrêa da Costa. On le retrouve en effet dans de nombreuses langues avec de faibles variations phonétiques et orthographiques. On a ainsi dans les langues européennes : tomato en anglais, tomate en allemand, espagnol, français et portugais, tomat en danois, norvégien, suédois et estonien, tomaat en néerlandais, à l’exception notable de l’italien, pomodoro. Quoiqu’il en soit la tomate, dont l’appartenance à la famille des Solanacées avait été reconnue par les botanistes de la Renaissance, a été classée scientifiquement par Linné en 1753 dans le genre Solanum avec comme nom binomial Solanum lycopersicum.

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La tomate est donc bien un légume solaire, le légume du Soleil, le légume du plein été, lorsque le Soleil est le plus haut dans le ciel et où nous ressentons le mieux les bienfaits de ses rayons et de sa chaleur… Ne dit-on pas « rouge comme une tomate » quand on a pris un coup de soleil. On le dit aussi d’ailleurs quand on rougit de confusion.

Cependant, comme on vient de le voir, en Italie la tomate est appelée « pomodoro », la « pomme d’or » et cet or est une autre référence au soleil et au signe du Lion, qui correspond au milieu de l’été, signe dont on dit que le Soleil y est en domicile.  Cette pomme d’or invite à s’interroger : et si la tomate avait été connue des dieux grecs, bien avant que nous ne la découvrions chez les Aztèques. Et voilà ce mythe de la pomme de la discorde nous fait douter… Ce serait donc une tomate qui serait à l’origine de la guerre de Troie ?

Pâris était l’un des plus jeunes fils du roi Priam et de la reine Hécube, les souverains de Troie. Il avait pour frère Hector qui trouvera la mort durant la guerre de Troie et, pour sœur, Cassandre, la voyante que personne ne croyait. Un peu avant de le mettre au monde, sa mère, la reine Hécube, rêva qu’elle donnait naissance à une torche qui incendiait et détruisait toute la ville, ou bien qu’un monstre aux cent bras mettait la cité en ruine. Un devin, Aesacos, fils que Priam avait eu de la nymphe Alexirrhoé, ou bien une Sybille, avertit Priam que ce rêve était de mauvais augure et que l’enfant devait mourir ; Priam confia alors le nouveau-né à un berger, Agélaos, qui l’abandonna sur le Mont Ida. Mais cinq jours plus tard, le berger le retrouva toujours vivant, car une ourse l’avait nourri ; il eut pitié de l’enfant et l’éleva comme son propre fils. Pâris devint un jeune homme d’une beauté frappante et, le moment venu, il se réconcilia avec sa famille. En effet, Priam avait envoyé des serviteurs dans la montagne pour rapporter un taureau destiné à être le prix des jeux funèbres donnés par le roi. Le taureau choisi était l’animal favori de Pâris, et ce dernier suivit les serviteurs, bien décidé à prendre part aux jeux et à reconquérir l’animal. En effet, il remporta de si belles victoires qu’il excita la jalousie des fils de Priam et lorsque Deïphobe tira l’épée contre lui, il chercha refuge à l’autel de Zeus dans la cour du palais. Cassandre l’aperçut et reconnut en lui le fils que Priam avait perdu ; Pâris fut alors accueilli, et la vision de la reine Hécube oubliée. Auparavant, Pâris avait épousé une nymphe, Oenoné, fille du fleuve Cébren, et continua à vivre avec elle sur le Mont Ida, en gardant les troupeaux de son père avec ses camarades.

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Les Noces de Thétis et de Pelée par Cornelis Van Haarlem (1593)

C’est là qu’Hermès (Mercure), sur l’ordre de Zeus (Jupiter), conduisit Pâris auprès d’Héra (Junon), Athéna (Minerve) et Aphrodite (Vénus) qui se disputaient la pomme d’or lancée par Eris (la Discorde) lors des noces de Thétis et de Pélée : le fruit portait l’inscription « à la plus belle ». Chacune des trois déesses essaya d’acheter le beau juge : Héra lui offrit l’empire de la terre toute entière ; Athéna, la victoire dans tous les combats et Aphrodite lui offrit la plus belle femme du monde. Ce fut cette dernière proposition qui convainquit Pâris et il accorda le prix à Aphrodite. Dès lors la déesse le protégea et fit en sorte qu’il rencontre Hélène, épouse de Ménélas le roi de Sparte en Grèce.

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Le jugement de Pâris – Miniature

Priam, sans doute sous l’influence d’Aphrodite, envoya Pâris le représenter auprès du roi de Sparte. <peut-être Pâris déclara-t-il qu’il avait l’intention de ramener Hélène avec lui, car la jeune femme était célèbre pour sa beauté et avait été demandée en mariage par tous les jeunes princes de Grèce. On racontait aussi qu’Hélénos et Cassandre avaient prédit à ce moment-là que le départ de Pâris apporterait la ruine de Troie. Oenoné, la compagne de Pâris, sentant qu’il allait l’abandonner, lui demanda de revenir près d’elle sur le Mont Ida s’il était blessé, qu’elle le soignerait grâce à ses connaissances en médecine.

Lorsque Pâris arriva à Sparte, Ménélas l’accueillit avec hospitalité tandis que sa femme Hélène tombait éperdument amoureuse de lui. Neuf jours plus tard, Ménélas dut se rendre aux funérailles de son grand-père Catrée, en Crète, et Pâris s’enfuit avec Hélène, emportant avec lui les trésors magnifiques des coffres de Ménélas.

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Hélène et Pâris – Musée du Louvre – DAVID (1788)

Les traditions diffèrent sur le temps que les deux amants mirent pour atteindre Troie. Quoi qu’il en soit,  quand il se fut révélé impossible de régler le différend par la voie diplomatique, une immense armée recrutée dans la plupart des royaumes et principautés de Grèce attaqua Troie sous le commandement suprême d’Agamemnon, le frère de Ménélas. Notez au passage l’enchaînement des événements qui président à un destin et toujours à partir d’un fait qui semble bien anodin. Cette pomme d’or allait en effet être à l’origine d’une guerre longue et impitoyable et la chute de Troie.

Cette pomme d’or provenait du jardin des Hespérides, qui n’étaient pas encore ces résidences médicalisées pour personnes âgées dont on voit les publicités dans les journaux. Les Hespérides étaient les filles d’Atlas et d’Hespéris. Elles vivaient dans un jardin plein de pommes d’or mais dont l’entrée était gardée par un dragon. Héraclès (Hercule) triompha du dragon et s’empara du jardin avec toutes ces richesses. Le mythe évoque l’existence d’une sorte de Paradis, objet des désirs humains, et d’une possibilité d’immortalité, que symbolise les pommes d’or ; le dragon désigne les terribles difficultés d’accès à ce Paradis et Héraclès, le héros qui triomphe de tous les obstacles. L’ensemble est un des symboles de la lutte de l’homme pour parvenir à la spiritualisation qui lui assurera l’immortalité. Atlas, dit la légende, enseigna l’astronomie à Héraclès, le dragon donna son nom à une constellation et Héraclès fut identifié au Soleil. Maintenant, en ce qui concerne ces pommes d’or si le « pomodoro » italien évoque une tomate, il y en a qui affirme que la pomme d’or de la discorde provenant du jardin des Hespérides étaient une orange… Qui le saura jamais ?

Toutefois, on peut affirmer que le bonheur est dans la tomate… Savoureuse et pleine de qualités, très revitalisante, c’est une alliée de la minceur. Avec elle, on se sent bien. En effet, ce fruit-légume a des vertus thérapeutiques reconnues, comme nous l’ont confié nos grands-mères. Une compresse imbibée du jus d’une tomate fraîche soulage les piqûres d’insectes. Coupée en rondelles, une tomate peut aussi soigner un coup de soleil. Il semblerait que ceux qui en mangent beaucoup y soient moins sujets. Essayez-la aussi en masque sur les paupières pour calmer des yeux irrités.

De même la tomate est très bonne pour la peau, grâce à ses antioxydants : elle assainit et éclaircit le teint. Pour un bon nettoyage de peau, appliquez tous les trois ou quatre jours du jus de tomate ou de la pulpe de tomates fraîches sur le visage et les mains et rincez à l’eau. Tout comme la carotte, la tomate est très riche en lycopène, elle stimule le bronzage et l’effet bonne mine.

En Crète, la tomate est l’une des composantes de la fameuse diète méditerranéenne qui permet de vivre longtemps et en bonne santé. Dégustée crue, c’est en début de repas, ou comme coupe-faim, qu’elle est idéale. Très pauvre en calories, la tomate est très riche en eau, donc rafraîchissante et hydratante. Riche en vitamines C et en magnésium, on en mange à volonté pour chasser les toxines et la fatigue. Ses anti-oxydants contenus dans le lycopène font baisser les mauvaises graisses et l’hypertension.

Enfin, au jardin, le purin de tomate, obtenu par macération de feuilles et tiges dans l’eau, serait efficace pour prévenir ou éloigner certains insectes parasites, notamment les pucerons.

Avec son arôme, son odeur, sa fraîcheur en bouche, la tomate justifie le vieux dicton provençal : « C’est la sauce tomate qui fait la bonne viande ». Avec la tomate, le rouge est multiple. Dans la famille des tomates rouges classiques, les consommateurs préfèrent d’abord les biens rondes et les charnues très goûteuses, puis celle en grappes si proches de celles du jardin. Parmi les variétés les plus prisées, la grosse cœur de bœuf, charnue et ferme, plutôt acide et très parfumée. Elle est délicieuse, tout simplement revenue à la poêle ou crue, marinée à l’huile d’olive et au jus de citron.

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Ludiques et raffinées, les grappes de petites tomates cerise avec leur léger goût sucré sont exquises à l’heure de l’apéritif ou en pique-nique. On peut aussi les confire ou les plonger dans un caramel croquant en mini pommes d’amour. Dès le mois de juin, la Marmande ronde, fruitée et généreuse, est idéalement équilibrée entre sucré et acide, chair et jus. Résultat : c’est la reine des tartares de tomates et des tomates farcies. Quant à la Roma, à la forme allongée, très ferme mais sucrée et peu juteuse, est encore meilleure à la cuisson, favorite de toutes les sauces italiennes, des soupes et des ratatouilles.

Comme officiellement il existe 14 000 variétés de tomates, il ne faut pas hésiter à goûter des raretés souvent hautes en couleurs, découvertes au hasard de petits maraîchers passionnés. Et revoilà les pommes d’or du jardin des Hespérides avec ces tomates jaunes, moelleuses et douces, les oranges juteuses et très fruitées, idéales pour les salades inventives . Pour les sauces et les potages, les tomates foncées, presque noires, ont une saveur riche avec un goût généreux et prononcé. Pour les vrais amateurs, les roses, délicates, subtilement aromatiques, s’expriment naturellement avec quelques cristaux de fleur de sel. Les zébrées se dégustent tout simplement crues, avec un filet d’huile d’olive. En fin de saison, on trouve les tomates vertes, charnues et sucrées, cuites en confitures, relevées d’une gousse de vanille et de citron.

Histoire de la tomate à travers les siècles

Elle fut introduite en Europe, au début du XVIe siècle par les Espagnols, d’abord en Espagne, puis en Italie, par Naples, alors possession de la couronne espagnole. Initialement considérée comme plante ornementale, elle est cultivée depuis le XVIIIe siècle pour son fruit, consommé comme légume. La première mention de la tomate dans la littérature européenne apparaît dans un ouvrage publié pour la première fois en 1544, les « Comentari » de Pietro Andrea Mattioli, botaniste et médecin italien, qui en donne une description sommaire au chapitre consacré aux mandragores et l’appelle « pomi d’oro » « mala aureo » : pomme d’or. La plante étant de la même famille que la belladone, ses fruits n’étaient pas considérés comme comestibles, mais utiles en médecine.

En Grande-Bretagne, John Gerard, botaniste et chirurgien anglais, fut le premier à cultiver la tomate dans les années 1590. Il représenta la plante qu’il considérait comme vénéneuse, y compris le fruit, dans son herbier « The Her all or General Historie of Plantes ». Son avis négatif prévalut en Grand-Bretagne et dans les colonies britanniques d’Amérique du Nord pendant encore deux siècles.

L’introduction en France fut lente. Elle commença par la Provence. En 1600, Olivier de Serres, un des premiers agronomes français, qui cultivait son domaine du Pradel dans l’Ardèche, classe la tomate parmi les plantes d’ornement. Voici ce qu’il écrivait dans « Le théâtre d’agriculture et mesnage des champs » : « Les pommes d’amour, de merveille, et dorées, demandent commun terroir et traictement, comme aussi communément, servent-elles à couvrir cabinets et tonnelles, grimpans gaiement par dessus, s’agrafans fermement aux appuis. La diversité de leur feuillage, rend le lieu auquel l’on les assemble, fort plaisant : et de bonne grâce, les gentils fruicts que ces plantes produisent, pendans parmi leur rameure… Leurs fruicts ne sont bons à manger : seulement sont-ils utiles en la médecine, et plaisans à manier et flairer ».

En France, à la fin du XVIIIe siècle, les qualités culinaires du fruit de la tomate sont mises en avant dans l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert : « Le fruit de tomate étant mûr et d’un beau rouge, et il contient une pulpe fine, légère et très succulente, d’un goût aigrelet relevé et fort agréable, lorsque ce fruit est cuit dans le bouillon ou ans divers ragoûts. C’est ainsi qu’on le mange fort communément en Espagne et dans nos provinces méridionales, où on n’a jamais observé qu’il produisît de mauvais effets ». En 1760, le catalogue de la maison Andrieux-Vilmorin classe encore la tomate comme plante ornementale, les premières variétés potagères apparaissent dans l’édition de 1778 et dans « le Bon jardinier » en 1785. La diffusion de la tomate s’accéléra en France pendant la Révolution avec la montée des Provençaux à Paris pour la fête de la Fédération en 1790. Deux restaurants tenus par des Marseillais, les « Trois frères provençaux » et le « Bœuf à la mode » participèrent à la popularisation de la tomate dans la capitale.

Aux Etats-Unis, le président Jefferson qui avait séjourné en France de 1784 à 1789, fut au début du XIXe siècle un propagandiste de la tomate qu’il fit cultiver dans son domaine de Monticello en Virginie et entrer à la table présidentielle en 1806.

Les fêtes de la tomate

De nombreuses fêtes de la tomate sont organisées dans le monde, notamment aux États-Unis, en Europe et dans divers pays comme Israël, l’Argentine ou l’Australie. Ce sont souvent des « fêtes des plantes » axées sur la tomate et souvent d’autres légumes dans lesquelles sont présentées des fruits de nombreuses variétés, des concours des plus belles tomates, et qui sont l’occasion pour les passionnés d’échanger des semences ou de découvrir de nouvelles recettes.

En France, une « fête de la tomate et des légumes anciens » se tient depuis quelques années à la mi-septembre à Haverskerque (Nord). A Gunnedah (Nouvelles-Galles-du-Sud) en Australie, la « National Tomato Competition » organisée en janvier est un concours de la plus grosse tomate.

Celle qui est organisée chaque année en août à Buñol, commune espagnole de la province de Valence, la « Tomatina », se distingue par son caractère de bataille festive dans laquelle les seules munitions utilisées sont des tomates bien mûres. Une fête similaire, la « Gran Tomatina Colombiana », se déroule en Colombie dans la commune de Sutamarchán chaque année en juin depuis 2005.

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La Tomitina en Espagne

La Tomate dans l’art

Pablo Picasso peignit en août 1944 une série de neuf tableaux représentant un plant de tomate sur le rebord d’une fenêtre. Réalisées dans l’appartement de son ancienne compagne, Marie-Thérèse Walter et de sa fille Maya à Paris, où le peintre s’était réfugié pendant les combats pour la Libération de la capitale, ces peintures sont, selon Jean Sutherland Boggs, « une métaphore pittoresque et décorative de la nécessité pour l’être humain de survivre et prospérer même sous les contraintes de la guerre ».

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Picasso – Pied de tomate

En 1962, Andy Warhol produisit une œuvre intitulée « Campbell’s Soup Cans », constituée d’une série de 32 tableaux représentant une série de boîtes de soupes rouge et blanche de la société Campbell, au premier desquelles la soupe de tomate.

Les formes arrondies de la tomate ont inspiré en 1971 au designer finlandais Eero Aarnio le dessin du « fauteuil tomate » (tomato chair).

Dans un registre humoristique, Alphonse Allais intitula en 1882 un tableau abstrait uniformément rouge « Récolte de la tomate par des cardinaux apoplectiques au bord de la Mer Rouge ».

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Andy Warhol – Robe sauce tomate

Symbolisme et tomates

Chez les Bambaras, peuple d’Afrique de l’Ouest (Mali, Sénégal, Guinée), la tomate est un symbole de fécondité, et les couples doivent en manger avant de s’unir. La tomate est l’emblème, fruit ou légume officiel, de plusieurs États américains :

  • Arkansas (fruit et légume officiel), il s’agit d’une variété à fruits roses, la « South Arkansas Vine Ripe Pink Tomato »,
  • Louisiane (légume officiel), variété Creole tomato,
  • New-Jersey (légume officiel),
  • Ohio (fruit officiel),
  • Tenessee (fruit officiel).

        ·      En outre, le jus de tomate est la boisson officielle de l’Ohio.

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Le parti socialiste néerlandais a adopté comme symbole une tomate rouge qui figure dans son logo.

 

Fruit ou Légume

D’un point de vue botanique, la tomate est indiscutablement un fruit, puisqu’elle dérive, y compris ses graines, de la transformation de l’ovaire d’une plante à fleurs. Cependant, d’un point de vue culinaire, elle n’a pas le même goût sucré que les fruits consommés comme tels, le plus souvent à la fin du repas, et est généralement servie, comme légume, dans des préparations salées, en entrée ou en salade, ou en accompagnement du plat principal. L’origine de la controverse vient du fait que les tomates sont traitées comme des fruits dans les pratiques de conserve domestique. Les tomates ont en effet une acidité suffisante pour être préparées à l’eau plutôt que dans un stérilisateur à vapeur comme c’est le cas pour les « légumes ».

Cette controverse a eu des implications légales aux États-Unis. En 1887, des droits de douane appliqués aux légumes mais pas aux fruits ont fait du statut de la tomate un sujet d’importance au regard de la loi. La Cour suprême des États-Unis mit fin à la controverse le 10 mai 1893 en déclarant que la tomate était un légume, selon la définition populaire qui classe les légumes, généralement servis au cours du repas et non au dessert, en fonction de leur utilisation. La décision s’applique seulement à l’interprétation du tarif douanier du 3 mars 1883 et la Cour ne prétend pas reclasser la tomate pour d’autres considérations que celles relatives au paiement de taxes douanières.

La tomate a été choisie comme légume-emblème officiel par l’État du New Jersey. L’Arkansas en revanche n’a pas tranché entre fruit et légume en faisant de la variété « South Arkansas Vine Ripe Pink Tomato » à la fois le fruit-emblème et le légume-emblème de l’État, dans une décision unique citant ses usages culinaires et la classification botanique. En 2006, la chambre des représentants de l’Ohio adopta une loi qui devait déclarer la tomate comme le fruit-emblème de l’État, mais elle ne fut pas ratifiée par le Sénat et il fallu attendre avril 2009 pour qu’une nouvelle loi fasse de la tomate le fruit officiel de l’Ohio. Le jus de tomate est depuis 1965 la boisson officielle de l’Ohio. A.W. Livingston, originaire de Reynoldsburg (Ohio), a joué un grand rôle dans la popularisation de la tomate vers la fin des années 1800.

Du fait de la définition scientifique du fruit, la tomate reste considérée comme un fruit aux États-Unis dès lors qu’il ne s’agit pas de questions douanières. Ce n’est d’ailleurs pas le seul fruit botanique consommé comme légume : l’aubergine, le concombre et les courges de toutes sortes partagent la même ambiguïté.

Tomates et records

L’immense pied de tomate qui pousse dans les serres expérimentales du parc Disney d’Orlando en Floride est probablement le plus grand du monde. La plante a été reconnue par le Livre Guinness des records pour sa production de 32 000 tomates d’un poids total de 522 kg. Elle produit des milliers de tomates en même temps sur un seul pied. Yong Huang, directeur de science agricole à Epcot, a découvert ce plant unique à Pékin (Chine). Huang en rapporta des graines à Epcot et fit construire une serre spécialisée. Les tomates, qui ont la taille d’une balle de golf, sont servies dans les restaurants du parc Disney. Les visiteurs peuvent voir ce pied de tomate record en empruntant le parcours en bateau Living with the Land du parc d’Epcot.

La plus grosse tomate jamais récoltée pesait 3,51 kg. Cette tomate de la variété ‘Delicious’ fut cueillie aux États-Unis en 1986 dans sa serre à Edmond (Oklahoma) par un certain Gordon Graham.

On qualifie plutôt la tomate de légume car c’est une plante potagère qu’on utilise en quantité généreuse dans des plats plutôt salés. Pourtant, du point de vue botanique, c’est un fruit. Sur la planète, elle tient une place de choix dans notre alimentation. C’‘est d’ailleurs l’un des légumes parmi les plus consommés en France. Avec près de 15 kg par personne et par an, elle arrive en seconde position derrière la pomme de terre. Si les consommateurs la dégustent crue, en salade ou à la croque au sel, et beaucoup en jus, ils l’apprécient tout autant quand elle est farcie, confite, en sauce ou simplement sautée à la poêle. Certains en font même des confitures.

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Bibliographie

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant  – Collection Bouquin –  Editions Robert Laffont/Jupiter

Dictionnaire de la Mythologie – Michael Grant et John Hazel – Editions Marabout

 

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