DANS LE MONDE DU SAGITTAIRE… LE THE

(7.01 - LES THES DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 28-11-2009

UNIVERSEL, MEDICINAL ET SPIRITUEL…

LE THE

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D’origine chinoise, où il est connu depuis l’Antiquité, le thé est aujourd’hui la boisson la plus bue au monde après l’eau. La boisson elle-même peut prendre des formes très diverses : additionnée de lait et de sucre au Royaume-Uni, longuement bouillie avec des épices en Mongolie, préparée dans de minuscules théières dans la technique chinoise du gongfu cha, la cérémonie du thé.

Cette boisson se répandit dans tout l’Orient, et parvint en Occident au cours du XVIIe siècle. Ce sont les Hollandais qui introduisirent le thé en Europe. Ils l’avaient acheté à Java et le nommèrent thee, d’où le français thé, l’allemand tee, l’anglais tea ou l’italien tè.

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Le théier, arbre à thé ou tout simplement thé, est un arbuste originaire d’Extrême-Orient, de la famille des Théacées. On distingue trois formes de cette espèce cultivées dans le monde entier : le Camellia sinensis assamica (Assam), le Camellia sinensis sinensis (Yunnan) et le Camellia sinensis cambodiensis. 

Les principaux pays producteurs sont la Chine, l’Inde, le Sri Lanka, le Vietnam, Taïwan, le Japon, le Népal, la Turquie, le Kenya et la Tanzanie. Dans le commerce du thé, le Sri Lanka et Taïwan sont désignés respectivement par leurs anciens noms de Ceylan et Formose.

Suivant l’espèce, le théier se cultive dans un milieu climat tropical humide pour l’Assam ou supporte des conditions plus rigoureuses pour le Yunnan : Japon, Chine, Géorgie, Iran, Turquie, Himalaya indien. En plantation, le théier est taillé pour ne pas dépasser un mètre de haut afin d’en faciliter la cueillette. Les premières récoltes commencent au bout de trois à quatre ans.

plantation-de-the-en-malaisie    Plantation de thé en Malaisie

La cueillette s’effectue encore à la main, le plus souvent par des femmes, sauf au Japon et en Géorgie où elle est mécanisée. Elle se pratique plusieurs fois par an, jusqu’à quatre fois ou plus suivant les régions. Les cueillettes se font par round de 4 à 14 jours, le temps que le théier se renouvelle.

Les feuilles les plus jeunes sont vert clair. Ce sont les plus riches en substance (caféine, tanin, etc.) et celles qui fournissent la boisson la plus goûteuse et la plus raffinée. A l’extrémité des branches se trouve un bourgeon recouvert d’un duvet blanchâtre, le « pekoe », qui signifie en chinois « duvet blanc » et qui n’est autre que la jeune pousse enroulée sur elle-même. Ce bourgeon est particulièrement recherché. Plus on redescend sur la branche, plus les feuilles sont larges et moins la boisson est savoureuse.

On effectue donc plusieurs sortes de cueillette suivant la qualité recherchée de la boisson. Dans la cueillette dite « impériale », on cueille uniquement le pekoe plus une feuille, dans la cueillette « fine », le pekoe plus deux feuilles et dans la cueillette normale, le pekoe et trois feuilles ou plus.

Les différentes sortes de thés (noirs, verts, oolong…) ne proviennent pas de différentes espèces de théier, comme on l’a longtemps cru en Occident, mais sont obtenues en traitant différemment les feuilles récoltées. Si les opérations élémentaires sont simples à décrire, les méthodes exactes sont des secrets industriels jalousement gardés. En plus des opérations classiques, les feuilles de thé sont parfois façonnées à la main, en boules, en fleurs, en dragons, en galettes….

fleur-de-the 

VERT OU NOIR… QU’IMPORTE… C’EST LA BOISSON SANTE PAR EXCELLENCE 

C’est la boisson la plus consommée au monde. Au point que l’on a oublié qu’il s’agit d’un véritable médicament. Le thé est une boisson dépurative, diurétique, digestive, anti cholestérol, antiviral, anti-âge… Il contient des vitamines (B2, K et PP), des oligoéléments, des flavonoïdes.

Selon le mode de préparation, on obtient du thé vert (non fermenté) ou du thé noir (fermenté). Si ce dernier est surtout protecteur du système cardio-vasculaire, le thé vert, très riche en tanins, est anti tumoral. Des études sur des souris ont montré que la consommation quotidienne de thé vert stopperait l’évolution des cancers de la peau dans plus de 80 % des cas, et des cancers des poumons ou de l’estomac dans plus de 50 % des cas. Cette action serait due à une très forte concentration en poly phénols, qui empêchent la dégénération cellulaire, et en gallate d’épigalocatéchine, qui freine la multiplication tumorale.

Une à trois tasses par jour suffisent pour en profiter pleinement sans insomnie. Un petit truc pour filtrer sa théine : jeter la première eau infusée puis s’en resservir une tasse. En effet, contrairement aux idées reçues, un thé léger est bien plus énervant qu’un thé longuement infusé : la théine se libère à 75 % dans les trois premières minutes. Mais c’est l’inverse pour le thé vert : plus il infuse, plus il se charge de caféine.

On n’innove donc pas en rangeant le thé parmi les plantes médicinales. C’est comme telle qu’il fut introduit en Occident au XVIIe siècle et maintenant qu’il a cessé d’être une denrée exceptionnelle, nous aurions tort d’oublier de faire appel à lui en cas de besoin sous prétexte qu’il est d’usage commun.

Les thés noirs communément commercialisés en Occident sont issus d’un processus de fabrication mis au point par les Britanniques, en Inde, au milieu du XIXe siècle. Les Britanniques se sont inspirés des méthodes chinoises qu’ils ont largement rationnalisées et simplifiées, introduisant notamment l’usage de machines (broyeuses, séchoirs, tamis…), là où les Chinois continuent à préparer les thés à la main. 

LE THE VERT : UN MANGEUR DE GRAISSES

La légende raconte que le thé fut découvert en 2737 avant Jésus-Christ par l’empereur chinois Chen Nong, qui s’apprêtait à boire une tasse d’eau chaude à l’ombre d’un théier lorsqu’une feuille se détacha de l’arbre et tomba dans le récipient. Des récipients datant de la dynastie Han (de – 206 à 220) ont été retrouvés, mais c’est sous la dynastie des Tang (618-907) que le thé a été clairement identifié comme la boisson populaire.

Le thé vert est un thé dont les feuilles, après la cueillette, sont le plus souvent flétries et chauffées à haute température, afin de neutraliser les enzymes responsables de l’oxydation. Elles sont ensuite roulées et séchées plusieurs fois afin d’obtenir une forme particulière. On peut distinguer deux méthodes principales pour obtenir du thé vert :  

       La méthode chinoise, d’une part, par laquelle les feuilles sont chauffées dans de grandes bassines de cuivre placées sur le feu ;  

       La méthode japonaise, d’autre part, par laquelle les feuilles sont chauffées à la vapeur, très brièvement, en moins d’une minute, avant d’être roulées et séchées. 

L’Orthosiphon est un thé qui pousse à foison dans les lieux humides de l’île de Java et dans les régions marécageuses de l’Inde ou de l’Australie. Les Malaisiens l’ont baptisé « moustache de chat » à cause des quatre étamines effilées qui garnissent le cœur de sa fleur. Là-bas, on fait sécher ses feuilles comme celles du thé, pour éviter la fermentation et lui conserver à la fois sa saveur et ses vertus thérapeutiques. La principale : il est diurétique. Il augmente le volume des urines et accélère en même temps l’évacuation des déchets : urée, acide urique, toxines métaboliques… C’est pourquoi l’orthosiphon est recommandé pour apaiser les troubles aussi divers que les rhumatismes, l’eczéma ou certaines migraines. Tous ces troubles et bien d’autres, sont en effet dus en partie à l’accumulation de toxines dans les tissus. Traditionnellement, on utilise l’orthosiphon pour lutter contre les maladies des reins et de la vessie. C’est en Indonésie qu’on l’appelle le « thé de Java ». Ses feuilles augmentent le volume et la fréquence des urines favorisant ainsi l’élimination des déchets. Elles ont aussi un effet sédatif léger, qui aide à lutter contre la nervosité provoquée par certains régimes.

On compte deux cuillerées à soupe pour un demi-litre d’eau bouillante, à laisser infuser dix minutes. On peut en boire trois à quatre fois par jour, entre les repas.

COMME LE SAGITTAIRE LE THE A BESOIN DE TOUT UN CEREMONIAL ET INVITE PAR LA MEME A LA SPIRITUALITE

L’admirable cérémonie du thé japonais ne relève pas seulement d’une esthétique, fût-elle la plus parfaite. La pureté du décor, des instruments et des gestes peuvent, certes, la faire apparaître comme une sorte de culte inégalé de la beauté. Mais la première cérémonie du thé, disent les Taoïstes, est l’offrande de la coupe par Yin-hi à Laotseu, qu’allait lui remettre le Tao-te king. Et le théier, disent les adeptes du Zen, est né des paupières de Bodhidharma, qu’il avait coupées et jetées au loin pour s’interdire la somnolence pendant la méditation. C’est pourquoi le thé est utilisé dans le même dessein par les moines : les tenir éveillés.

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Si la cérémonie du thé a toutes les apparences d’un rite communiel, qu’elle a probablement été, en vue, prétend-on d’atténuer la rudesse des mœurs, de discipliner les passions, de surmonter les antagonismes guerriers, et d’établir la paix, sa caractéristique principale est la sobriété, le dépouillement de l’acte, qui vise au dépouillement de l’individualité.

Comme dans tous les arts Zen, le but à atteindre est que rien dans l’acte ne soit accompli par l’ego, mais par la nature propre ou par la vacuité. Le thé est finalement le symbole de l’Essence à laquelle participe le Soi ; mais cette participation n’est pas vacuité sans le sommeil ; elle est veille intense et active dans le silence contemplatif.

COMME LE SAGITTAIRE LE THE PASSE LES FRONTIERES ET LES CONTINENTS… COMME LE SAGITTAIRE LE THE EST DE TOUTES COULEURS… 

On le trouve à Ceylan et rien ne prédestinait Ceylan à devenir « l’île de thé » qu’elle est aujourd’hui. C’est l’Ecossais James Taylor qui a permis cette grande révolution en y plantant vers 1860 les premiers théiers provenant de Chine et d’Assam. Aujourd’hui les plantations couvrent une grande partie de l’île et s’étendent jusqu’à 2500 mètres. Les liqueurs produites sont ambrées, onctueuses, astringentes et charpentées.  

Le thé de Darjeeling provient des plantations de cette région du Nord de l’Inde, situées sur les contreforts de l’Himalaya, entre Bhoutan, Népal et Sikkim. Ici toutes les conditions sont propices à la production de très grands jardins : haute altitude, ensoleillement et brumes accrochées aux montagnes. Les thés de cette région offrent des liqueurs avec un arôme et une finesse inégalée et des notes telles que : amande, muscat et fruits mûrs.

Connaissez-vous les thés du Népal ? Ce pays frontalier de l’Inde s’est inspiré des plantations de la région de Darjeeling, qu’il jouxte, pour installer depuis les années 20 ses quelque 16 000 hectares de plantations. Le Népal compte aujourd’hui 85 plantations et produits majoritairement des CTC, mais également une petite production orthodoxe de très belle qualité, réalisée de manière artisanale par de petits fermiers respectueux de l’environnement, et qui a fait la renommée de cette origine.

Les thés de Chine sont appelés « thés noirs ». Pourtant, en Chine, ils sont connus sous le nom de « Hong cha », signifiant « thés rouges », à cause de la teinte fauve que prennent les feuilles à l’infusion. Ils sont apparus en Chine bien plus tardivement que le thé vert, à la fin du XVIIe siècle, suite à l’essor économique résultant des premières exportations. Provenant essentiellement des provinces d’Anhui, Yunnan et Fujian, les thés noirs de Chine offrent une belle et vaste palette aromatique, à explorer absolument.

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Brique de thé de Chine

Quant au thé rouge vendu en Europe, c’est la dénomination donnée improprement à une plante, différente du thé, poussant en Afrique du Sud, le Rooibos (Aspalathus linearis) qui ne contient pas de caféine et peu de tanin.

Nommés « thés sombres » en Occident et « thés noirs » en Orient, en raison de leurs feuilles qui tournent à l’infusion au noir profond, ces thés sont avant tout connus grâce aux célèbres Pu-Erh, manufacturés exclusivement dans la province chinoise de Yunnan. L’appellation Pu-Erh provient du nom d’un village du sud du Yunnan, Pu er, situé sur la route de la soie, et qui était autrefois une plate-forme de commerce entre le Gouvernement chinois et les tribus aborigènes du Yunnan. Ces thés se distinguent par leur parfum surprenant de terre humide et leurs notes minérales, résultat d’une post-fermentation, et par le fait que ce sont des thés de garde. Affinés en cave, ils se bonifient avec le temps. La liqueur s’arrondit et les arômes se complexifient.

Et puis il existe les thés de Chine fumés. Ils ont la particularité d’évoquer aux Occidentaux « le thé de Chine » alors que pour les Chinois, ils représentent « le thé des étrangers ». L’arrivée de ce thé en Occident remonte à la fin de la dynastie Qing, époque où les ports chinois se sont ouverts à l’export. Originaires de la province du Fujian, ces thés sont cultivés sur les flancs des montagnes Wuyi. Leur goût fumé puissant provient d’un séchage des feuilles, après oxydation, dans un enfumoir empli de braises d’acacia, d’épicéa ou de cyprès. 

En Chine avant la dynastie Song, les fleurs de jasmin étaient exclusivement réservées aux jardins royaux. Depuis cette période, une tradition du thé au jasmin s’est développée. Après la cueillette, les fleurs sont étalées sur des tamis en bambou. Celles-ci s’épanouissent et libèrent une forte fragrance durant les heures nocturnes. Elles sont alors mêlées aux feuilles de thé jusqu’à ce que celui-ci s’imprègne de leur arôme. En résulte une liqueur douce et très parfumée.

natte-de-the Natte de thé  

Thé noir compressé du Yunnan enveloppé dans une feuille de palme, nouée de manière à former cinq boules, chacune servant à préparer un litre et demi de thé. Les nattes peuvent être plongées dans l’eau du bain pour un grand moment de détente.

C’est encore en Chine que l’on trouve le thé jaune. Cette famille de thés rares, produits uniquement en Chine, tirerait son nom de la couleur emblématique de l’empereur, qui se délectait de ces thés. Plus vraisemblablement, cette appellation proviendrait des reflets jaunes que prend le duvet des feuilles à la suite d’un procédé d’oxydation particulier : après une dessiccation rapide, les feuilles sont enroulées dans des « Niu Pi Zhi », vieux papiers jaunes, et laissées à sécher naturellement. Ce thé unique est produit dans la région du Meng Ding « Pic masqué » dans la province du Sichuan : une liqueur aux notes de noix et à la saveur légèrement sucrée.

Les thés blancs sont également la spécialité d’une province chinoise, le Fujian. Ils tiennent leur nom du duvet blanc qu’arborent les jeunes pousses des variétés de théiers sélectionnés pour leur manufacture, appelés Da Bai, « Grand blanc ». Considérés comme rafraîchissants par les Chinois, ces thés sont consommés pendant les fortes chaleurs. Ils se distinguent par leur grande subtilité et nécessiteront le plus grand soin pour leur préparation. Ils excelleront, préparés en Gaiwan, avec des infusions très courtes et répétées, ou bien en infusion plus longues en eau tiède ou froide. Une expérience également intéressante consiste à infuser les thés blancs, le temps d’une nuit, dans le l’eau froide, au réfrigérateur.

Les oolongs de Formose sont de grands thés qui tirent leur nom du chinois « Wu Long » qui signifie « Dragon Noir » et qui symbolise l’autorité et la noblesse. Les plus connus à travers le monde sont ceux produits sur l’île de Formose (Taïwan) mais ils trouvent leur origine dans le Fujian, en Chine. Appelés « semi-fermentés », « semi-oxydés », ou encore « thé bleu-vert », ils sont à mi-chemin entre thé vert et thé noir. Ils allient la saveur tonifiante du premier et la douceur du second. En résulte une immense palette aromatique. Un voyage qui ne cesse de surprendre. Toutefois, il existe aussi des oolongs de Chine en provenance des provinces de Fujian, de Guangdong, et des montagnes de Wuyi. Le Oolong est un type de thé très populaire en Asie, où il est communément servi dans les restaurants. Sa popularité est telle que Mac Donald en propose au Japon dans ses établissements. 

Au Japon on trouve des thés verts qui constituent la totalité de la production du pays, les thés verts japonais se distinguent par leur raffinement. Les élégantes pousses sculptées en aiguilles, les Sencha, offrent un univers organolesptique à part. Des notes végétales, fraîches et marines et une texture développées qui fait dire aux Japonais qu’ils privilégient, dans leur façon de manufacturer le thé, l’expression des saveurs alors que les Chinois eux, privilégient les arômes. De façon idéale, ces thés se prépareront à température modérée et tout particulièrement les grands crus (60-70°). Au centre de la cérémonie japonaise, le Matcha que l’on prépare dans un large bol avec une cuillérée à café de poudre, mélangé à 15 cl d’eau frémissante et fouettée au chasen, un fouet de bambou, jusqu’à obtention d’une mousse légère. C’est alors une liqueur amère aux notes végétales puissantes. 

Au Laos aussi on trouve du thé vert, récolté et fabriqué manuellement. Le séchage se fait au feu de bois puis au soleil. Après humidification à la vapeur, le thé est compacté dans des moules en bambou. Chaque bâtonnet est ensuite ligaturé à l’aide de liens de bambou. Ils sont subtilement fumé ces bâtonnets de thé vert du Komen. 

Les thés verts du Vietnam sont aussi à découvrir : le Shan Tran est un thé à la feuille épaisse et torsadée et aux reflets argentés. Les feuilles sont récoltées sur des théiers anciens le long de la frontière chinoise. Une liqueur au goût franc révélant des notes fraîches, fruitées et aromatiques ; le Lotus O.P. dont la mode fut lancée sous la dynastie Nguyen (1848-1883). On déposait alors du thé dans des fleurs de lotus pour qu’ils s’imprègnent de leur parfum. Une feuille légèrement roulée pour une infusion douce, aux notes entêtantes de fleur de lotus.

On change de continent pour l’Afrique qui nous offre le thé du Kenya il est le produit de la seule plantation de ce pays produisant encore du thé selon la méthode orthodoxe. Cela donne une tasse corsée et aromatique, mais sans amertume. Il est parfait pour le matin, avec ou sans lait.

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LES THES PARFUMES

Dans les années 1950, Jean Jumeau-Lafond redonne un second souffle aux thés aromatisés en enrichissant l’idée de l’indémodable Earl Grey. Un mélange Goût Russe Douchka naît de sa passion et de son génie. Une création intime, inspirée par sa femme qui ajoutait une tranche d’orange dans sa tasse d’Earl Grey, et apportait ainsi une touche de douceur sur une liqueur onctueuse et délicate. Depuis les experts de Dammann Frères conjuguent leur talent et inspiration pour allier les saveurs propres aux thés noirs de Chine, de Ceylan aux saveurs de fruits, de fleurs et d’épices puisées aux quatre coins du monde.

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L’Earl Grey est un mélange de thé noir aromatisé à la bergamote. On trouve également des versions thé vert, d’Oolong et même de thé blanc. Et voici son histoire : le comte Charles Grey (1764-1845), second comte Grey (en anglais : Earl Grey), aurait rapporté la recette d’un voyage diplomatique en Chine et l’aurait offerte à la Maison de thé Jacksons of Picadilly qui aurait donné le nom d’Earl Grey au nouveau mélange en guise de remerciement. En réalité, l’Earl Grey est fabriqué à base de thé noir indien et srilankais, les Chinois n’ayant jamais été de grands consommateurs de thé noir. Quant à Charles Grey, il n’a jamais mis les pieds en Chine. 

Twinings commercialisa le premier « Earl Gre’s tea » sur le marché britannique. Le blend de Twinings contient du thé de Chine, du Darjeeling, du thé de Ceylan ainsi qu’une petite quantité de Lapsang souchong, un thé noir fumé et corsé.  Jacksons of Piccadilly revendique également la paternité de l’Earl Grey et affirme avoir reçu la recette en 1830 de la part du comte. La rivalité entre les deux Maisons se poursuit malgré le fait qu’elles soient aujourd’hui liées à la même Maison mère.

Les thés parfumés les plus célèbres sont :

       Le thé au jasmin : thé vert auquel sont ajoutés lors de l’oxydation des fleurs de jasmin.

       Le thé à la menthe : thé vert en général du Gunpowdor auquel sont ajoutées lors de l’infusion des feuilles de menthe fraîche et du sucre.

       L’Earl Grey : thé noir parfumé à l’essence de bergamote.

Quelques thés célèbres :

       Darjeeling, Assam et Nilgiri : thés noirs originaires des régions du même nom en Inde où la culture du thé fut importée par les Britanniques au XIXe siècle.

       Ceylan : thé noir originaire du Sri Lanka, pays dont l’ancien nom est Ceylan.  

       Gunpowder : thé vert d’origine chinoise. Ce thé est fabriqué de telle manière qu’il forme de petites boulettes très dures. Cette forme et sa couleur vert foncé lui ont valu cette appellation qui signifie en anglais « poudre à canon ». Ce thé, de faible qualité, est célèbre car c’est lui qui est utilisé pour la préparation du thé à la menthe dans les pays du Maghreb où il est le thé de l’hospitalité. On pense que l’origine du thé à la menthe vient de la volonté qu’ont eue les Britanniques de trouver, au XIXe siècle, de nouveaux marchés pour le thé, dont ils avaient développé la culture dans leur empire des Indes. La fermeture des marchés slaves après la Guerre de Crimée avait en effet entraîné une grave crise de débouché. Cela les conduisit à chercher de nouveaux marchés pour leur produit, dont en particulier le Maghreb. Les habitants se sont rapidement emparés du thé, qu’ils ont ajouté aux infusions de menthe ou d’absinthe qu’ils buvaient alors. Ils ont ainsi inventé une nouvelle boisson : le thé à la menthe.

the-a-la-menthe1Un   Le célèbre proverbe décrit l’évolution du thé à la menthe : 

. Le premier verre est aussi amer que la vie,

. Le deuxième est aussi fort que l’amour,

. Le troisième est aussi doux que la mort. 

Par ailleurs, il faut savoir que de nombreuses études expérimentales et cliniques ont révélé que le thé exerçait un effet protecteur contre les maladies cardio- vasculaires. Toutefois, une étude allemande a prouvé récemment que, si la consommation de thé noir permet d’améliorer de manière significative la dilatation des artères par rapport à la consommation d’eau chaude, l’ajout de lait a totalement supprimé les effets du thé en raison de la présence de caséines et de la formation de complexes avec les catéchines du thé.

         Lapsang Souchong : thé chinois de la province du Fujian. C’est un thé noir dont les feuilles sont placées dans la fumée d’un feu d’épicéa ou de cyprès, ce qui lui donne un goût fumé plus ou moins marqué.

Il existe même un thé au beurre, ou thé au beurre de yak rance, connu sous le nom de Po Cha. C’est une boisson typique du Tibet, également consommé au Bhoutan. Elle est faite à partir de thé, de sel, de beurre et de lait de yak. Le Suutei tsaï et un thé au lait salé traditionnellement bu en Mongoli.

Economie du thé

L’essentiel du thé est produit par de grandes exploitations en Inde, en Chine ou au Sri Lanka, à destination des grandes entreprises de l’agro-alimentaire. A l’opposé de cette production industrielle, de nombreux « jardins », plantations parfois minuscules, fabriquent des thés très recherchés par des amateurs. Ces derniers peuvent se comparés aux très grands crus de vins français à la fois par leur rareté et par leur prix. Leur économie échappe largement aux grands courants mondiaux. 

En 2006, la production mondiale de thé a atteint 3,64 millions de tonnes. Le principal pays producteur est la Chine, suivie de l’Inde, du Sri Lanka, du Kenya et de la Turquie. Ces cinq pays réalisent plus de 75 % de la production mondiale. La Chine reste aujourd’hui le seul pays à produire toutes les familles de thé : thé blanc, thé jaune, thé bleu-vert, thé rouge et thé noir. Les autres pays producteurs de thé sont : l’Indonésie, le Vietnam, le Japon, l’Argentine, l’Iran, le Bangladesh, le Malawi, l’Ouganda. Quant aux importateurs, c’est d’abord l’Union Européenne, avec le Royaume-Uni en tête. Ensuite, vient la Russie, le Pakistan, les Etats-Unis, le Kenya, le Japon, le Maroc qui est même le premier importateur de thé vert chinois.

tasse-de-the1Sans allez si loin, si vous habitez Rambouillet ou sa région, sachez que vous pouvez y trouver tous les thés du Monde. Une charmante petite boutique et une non moins charmante marchande de thés, Laurence, vous conseillera, prendra le temps de vous faire découvrir les merveilleux parfums de ses thés mystérieux. Et sa palette est vaste, elle en propose une centaine.

D’ailleurs, il n’est que de pousser la porte pour que vous arrive de délicieux effluves : Jardin de Mogador, Rêve de la Martinique, Les Riads, Mélange vénitien, Ile de Madagascar, Calabria, Douchka, Saint-Pétersbourg, Cerisier de Chine, L’oriental, Thé des Marquises… Et tant tant d’autres noms qui évoquent horizons mythiques ou horizons lointains… que vous verrez en rêve dans les volutes de fumée de votre thé bien chaud, confortablement assis dans votre fauteuil.            

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CAF’THE

15 bis rue Chasles

78120 RAMBOUILLET

Tél. 01.34.83.33.11

J’oubliais de vous dire que vous trouverez aussi chez Laurence petits gâteaux et autres douceurs pour accompagner votre thé, et puis des théières, des mugs, des tasses, des boîtes à thé, des boules à thé… Tout tout tout pour le thé… Autres merveilles de la boutique des cafés des quatre coins du monde, que Laurence torréfie elle-même… Et elle propose même une petite collection de riz… Chez elle, rien à voir avec les productions standardisées de l’agro-alimentaire et les prix sont tout doux et même plus doux que dans la grande distribution…

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Quel rapport entre le Sagittaire et le thé me direz-vous ?

Le Sagittaire est considéré comme le globe-trotter du zodiaque. Il parcourt le monde en tous sens. Il est à la fois l’explorateur, le colonisateur, le trappeur, le missionnaire. Il gouverne aussi bien les agences de voyages, que les entreprises de transport ou celles qui s’occupent d’import-export. Or, le thé a largement dépassé son pays d’origine, la Chine, non seulement pour être cultivé ailleurs, mais aussi en étant consommé sous toutes les latitudes, tous les continents, du Nord au Sud, d’Est en Ouest. Il est d’ailleurs devenu la boisson la plus bue dans le monde après l’eau, sans distinction de races et de religions. C’est la boisson consensus par excellence. 

Enfin on prête au Sagittaire un fort coefficient de spiritualité et de philosophie. Le thé a lui aussi besoin de tout un cérémonial pour être apprécié. Il est un trait d’union entre le bien-être gustatif qu’il procure et l’élévation de l’âme puisqu’il invite à la méditation. De plus, le cérémonial qu’il nécessite concourt à adopter une attitude zen.  

Dans le corps humain, le Sagittaire correspond au foie. Or, le thé est la boisson dépurative par excellence. Chiron, le dieu guérisseur, faisait partie de la famille des Centaures, montres impitoyables du monde du Sagittaire. Pour avoir apporté son aide à Jupiter, celui-ci lui conféra le pouvoir de soigner et de guérir les maux des dieux et des hommes, seulement estropié il ne pouvait se guérir lui-même. Le Sagittaire est considéré comme un des trois signes soignants du zodiaque avec la Vierge et les Poissons. On trouve d’ailleurs beaucoup de Sagittaire ou de Jupitériens parmi les grands patrons du monde hospitalier. 

Jupiter était le frère et le complice de Déméter, la déesse de la Terre et des moissons de toutes sortes. Il était d’ailleurs disent certains le père de Perséphone, la fille de Déméter. Quand celle-ci disparut à l’improviste et que Déméter submergée par la douleur ne s’occupe plus de nourrir les hommes, il lui promet son aide pour retrouver sa fille, ainsi moissons et cueillettes contribuèrent-elles de nouveau à la prospérité de la terre et des hommes.

Enfin, Jupiter avait un grand pouvoir de métamorphose. Le thé lui ressemble car il ne se présente pas seulement sous forme de feuilles, mais il se cache aussi bien sous forme de plaques, de galettes, de boulettes, de nattes tressées et même caché dans des fleurs… Il se parfume, se colore, se marie, se fume… Et puis, tout comme Jupiter, le thé contribue à la prospérité de ceux qui le servent et au bien-être de ceux qui le consomment.

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Bibliographie :

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

Les Plantes et leurs vertus – Les Carnets du Jardin – Marie Borrel – Editions du Chêne

Dammann Frères – Catalogue

Vivre au Naturel – Dominique Lesbros – Editions Parigramme

Nos grand-mères savaient – La vérité sur les plantes et la vie naturelle – Jean Palaiseul  – Robert Laffont 

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LES GALOPS DU SAGITTAIRE

(5.2 -Ballade à travers les signes) par sylvietribut le 24-11-2009

Le 22 novembre 2009, le Soleil  a fait son entrée dans le Sagittaire qu’il quittera ce signe le 21 décembre prochain dans la journée.

         Son graphisme glyphe-du-sagittaire-23

Du graphisme du Scorpion il ne reste que le dard devenu flèche. Le M, commun au Scorpion et à la Vierge, a disparu car le Sagittaire est comme la Vierge un signe d’accomplissement et par le Scorpion, il existe possibilité de transformation. Le  Sagittaire est traditionnellement illustré par un Centaure décochant une flèche.

         Ses symboles

Mi-cheval, mi-humain, le Centaure symbolise la double nature de l’homme, animale et spirituelle. Mais la flèche représente la possibilité de se dégager aussi bien des contraintes de l’animal que de l’humain pour accéder au plan supérieur des dieux.

La flèche est symbole de rapidité, de droiture et d’assurance : la flèche ne fait pas de détours, elle va droit au but. C’est une flèche qui relit la terre au ciel, elle traverse l’espace-temps et exprime l’ouverture de la pensée et de l’être Sagittaire.

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Solidement posé sur le sol de ses quatre pattes de cheval, son corps prend forme humaine à partir de la moitié supérieure et, de son arc tendu, il vise les étoiles. Son but : le ciel lointain. Son idéal, pour élevé qu’il soit, n’est pas désincarné. Ce vigoureux Centaure lutte sur la terre pour sauver l’espèce humaine. Le Sagittaire c’est le feu de la foi agissante. 

C’est dans le Sagittaire que Zeus-Jupiter le dieu des dieux règne en majesté. 

         Ses mythes

~ Zeus-Jupiter, roi de l’Olympe, est le dieu de la  lumière, du ciel clair et de la foudre : dispensateur des biens et des maux, il veille sur le bon ordre des mondes terrestres et célestes. Il commande aux étoiles et à toute la terre. Il prononce les oracles, il établit les lois et, avec la foudre, fait régner la justice.

Fils de Cronos-Saturne qui dévorait ses enfants à leur naissance, il échappa au sort de ses frères, grâce à Rhéa, sa mère. Pour sauver son enfant, elle donna une pierre enveloppée d’un lange à Saturne, qui la mangea en le prenant pour son fils. Confié aux nymphes, il fut nourri de miel et du lait de la chèvre Amalthée, dont la jolie statue se trouve à Rambouillet, dans la Laiterie de la Reine.

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Arrivé à l’âge adulte, Jupiter voulut s’emparer du pouvoir de Saturne mais avant il demanda conseil à Métis (la prudence) qui lui donna une drogue grâce à laquelle Saturne dut vomir tous ses enfants (ses désirs refoulés) qu’il avait incorporés.

Après une longue lutte qu’on nomma Titanomachie, Jupiter, aidé des Cyclopes (les forces instinctives et passionnelles) qu’il avait libérés du Tartare, vainquit Saturne et les Titans (désir d’ambition et de domination) qu’il chassât du ciel. Mais les Géants protestèrent et voulant venger les Titans, ils attaquèrent Jupiter dans une lutte qu’on appela la Gigantomachie. Pour les vaincre, Jupiter fit appel à un homme : Héraclès. 

Mais la lutte la plus dure fut celle qu’il dut entreprendre contre Typhon (le fléau des mortels), monstre à forme mi- humaine, mi-bestiale qui symbolisait l’urgence des désirs se déchaînant contre la sagesse.

Nombreuses furent les amours de Jupiter ; parmi elles, il faut compter Thémis, la déesse des lois, avec laquelle il engendra les Heures : discipline, justice et paix qui assurent le maintien de la Société, et les Moires ou les Parques qui personnifiaient le destin.   

                                                                                           ingres-jupiter-et-thetis1 Ingres – Jupiter et Thémis

 

~ Les Centaures : un jour Ixion tomba amoureux d’Héra-Junon, la femme de Zeus-Jupiter et voulut s’unir à elle. Mais Jupiter ayant compris ses intentions, il façonna un nuage à l’image de sa femme. Ixion crut s’accoupler à la déesse et, neuf mois plus tard, naquirent les Centaures, chevaux à buste humain et munis de bras. Les Centaures, qui figuraient dans le cortège de Dionysos, avaient des moeurs sauvages. Buveurs émérites, ils étaient violents et violeurs et leurs forces étaient totalement dévastatrices.Cas particulier chez les Centaures, Chiron, un des leurs était né de Cronos-Saturne et de la nymphe Phylira. Chiron connaissait l’art de la médecine et ses talents d’éducateur avaient rassemblé autour de lui de nombreux héros. Mais un jour qu’il était en compagnie d’Héraclès, une de ses flèches empoisonnée le blessa au pied. Sa blessure était inguérissable. Chiron n’en pouvait plus de douleur. Il préféra échanger son immortalité contre la mortalité de Prométhée. C’est le mythe qui illustre le mieux les conflits profonds de l’instinct et de la raison. 

~ Dionysos : Dionysos est né de la cuisse de Zeus-Jupiter et sa mère était Sémélé, la fille du roi de Thèbes. Dionysos, peu après sa naissance, fut démembré, cuit et même bouilli dans un chaudron. Il lui faudra tout l’amour de sa grand-mère Gaïa pour le sortir de ce traitement de choc. Il n’en est pas moins le dieu de la nature et du vin. 

le-triomphe-de-dionysos-mosaiqueLe triomphe de Dionysos

 

~ Dionysos et Silène : Silène était le précepteur de Dionysos, un véritable sage, prophète et savant. Son seul problème : il ne pouvait enseigner du fait qu’il était toujours ivre, jovial et voluptueux.

~ Dionysos et Athéna : Dionysos est né de la cuisse de Jupiter, Athéna, elle, est née de sa tête. Ce couple frère-sœur symbolise la plus haute évolution affective humaine que peuvent vivre l’homme et la femme.

~ Héraclès et les cavales de Diomède : Héraclès dut capturer les juments de Diomède car elles avaient pour particularité de dévorer les hommes. De plus Diomède était d’origine incestueuse et, loin d’en être affecté, il s’en vantait

~ Pégase, le cheval ailé de Jupiter, né d’une goutte de sang de Méduse, et Bellérophon forment un couple presque invincible.

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~ Les Amazones sont les premières cavalières de l’Histoire.

~ Diane-Artémis c’est la chaste chasseresse, apparentée aussi à la Lune. Elle tient d’ailleurs un arc d’argent qui n’est autre qu’un croissant de Lune.

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 Artémis – Parc de Rambouillet

         Sa psychologie

Le Sagittaire est un signe positif, c’est un extraverti. 

Le Sagittaire est un signe double : l’archer qui représente le Sagittaire mi-homme, mi-cheval symbolise la dualité de ce signe entre instinct et  raison, corps et esprit. Il lui faudra réconcilier ces opposés. Les manifestations extérieures de ce conflit de base prendront l’allure de changements soudains dans les enthousiasmes du sujet Sagittaire.

C’est aussi pour cela qu’on le dit signe mutable, ce qui le rend instable et de ce fait, il ne finit pas toujours ce qu’il a commencé. Telle la flèche, il préfère le voyage et ses aléas au but qui est perçu comme une retombée sans intérêt. Le Sagittaire est souvent un voyageur, dans son corps comme dans son esprit. Jupiter, maître de la sagesse, colore ses expériences de motivations philosophiques, spirituelles, religieuses ou artistiques. Le Sagittaire a perpétuellement le désir de s’élever et de progresser. En cas de voyage d’ordre matériel, le sujet est alors animé par un idéal de merveilleux et de plaisirs fantastiques. Il est toujours en quête de vérité et de savoir. Les atouts majeurs du Sagittaire : l’optimisme et l’enthousiasme. Sa faiblesse réside dans son manque de sens pratique et son désintéressement.

Le Feu est l’élément du Sagittaire : l’élément d’énergie intense, de dynamisme et de transformation. Avec le Feu du Sagittaire, l’être transforme avec enthousiasme ses émotions en activité. La caractérologie en fait un bilieux, sanguin, actif.

Le Feu du Sagittaire est un feu sous la cendre, une braise rouge qui ne s’éteint pas : le Sagittaire est animé par une conscience toujours en éveil, qu’un feu intérieur, qu’un esprit ravive constamment.

Un souffle d’air transforme la braise en flamme : c’est un enthousiaste qui peut se montrer parfois excessif. Le Sagittaire est toujours partagé entre une tentation anarchiste et une tentation bourgeoise. Il a un côté cyclothymique. C’est un maniaco-dépressif.  

Les parties du corps correspondant au Sagittaire sont les hanches et les cuisses qui permettent la marche et favorisent les rapprochements et les contacts. Au Sagittaire sont associées des valeurs d’activité : c’est un être plein de tonus et de vitalité. 

Au jeu du portrait chinois, si on se posait la question… 

… et si le Sagittaire un animal, ce serait… cerf-en-foret un cerf,                  dauphin un dauphin,                zebre un zèbre,   chien un chien…       ou un mustang                 mustang  

… et si c’était un arbre, il aurait la force et la noblesse du hêtre hetre aux feuilles d’or et au tronc lisse.

glaieul Si c’était une fleur, ce serait un glaïeul.

Si c’était une plante : thuya un thuya…                                           du thé    the 

Si c’était un condiment : la menthe Single peppermint plant ou  le romarin romarin 

etain Son métal est l’étain.

Ses pierres sont le grenat       grenat                        et l’hyacinthe hyacinthe1

 

Ses couleurs sont le pourpre, le bleu nuit, le violet ou le parme.

 Si c’était un parfum : ce serait bergamote la bergamote, le cédrat cedrat-digitata ou        le cuir de Russie cuir-de-russie

Si c’était un instrument de musique : le saxophone saxophoneou  les orgues orgue-saint-sulspice-paris

Et si c’était un objet de collection : des étains, des souvenirs de voyages, des objets du monde entier… 

                                                                               jupiter  Jupiter, la planète-maîtresse du Sagittaire…

 

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LES ORIGINES MYTHIQUES DE PARIS

(6.2 - Paris Insolite - Paris Mystérieux - Paris Esotérique) par sylvietribut le 20-11-2009

Un fleuve dont les bras enserrent un chapelet d’îles refuges, un marécage protecteur, des forêts généreuses tout autour : voilà le site primitif de Paris, sa raison d’être. Sans cela les hommes auraient peut-être passé leur chemin. Mais non, ils s’arrêtèrent, et cela dès le IVe millénaire avant Jésus-Christ. 

                                  arenes-de-lutece                                                                                          

Quelques milliers de siècles plus tard, au IIIe siècle avant notre ère, une tribu celte au nom riant de Parisii s’installe sur la future île de la Cité et y fonde son « chef-lieu » : Lutecia.  Ce n’est pas encore une ville, mais un oppidum, lieu de défense, de culte, de commerce, bref, de pouvoir. Jules César est le premier à le désigner par écrit dans la Guerre des Gaules. Même s’il n’a pas assisté en personne aux combats, il raconte comment Labienus, son lieutenant, a conquis Lutecia. Dans la plaine de Grenelle, les Gaulois ont combattu jusqu’à la mort de leur chef, Camulogène. Les Romains reconstruisent la ville, elle atteindra son apogée au IIIe siècle pour subir, ensuite, les attaques des Barbares.

Les Arènes de Lutèce  – Entrée 49 rue Monge ou rue des Arènes et square René Capitan PARIS Ve

 

 

 

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Mais revenons à l’étymologie de Lutèce. Selon Gilles Corrozet, un certain Lucus (ou Luce) descendant de… Noé ( !) serait devenu roi des Celtes et aurait fondé une ville : Lutèce ou Lucotece. Pour certains, Lutèce viendrait de « luto » qui signifie « boue » ou « fange », car le site était alors bordé au nord de marécages. Pour d’autres, elle tirerait son nom du grec « leuxos », « blanc », car l’assiette de la ville est totalement blanche avec d’un côté ses carrières et de l’autre ses plâtrières. On se régale de l’interprétation qu’en fait Rabelais qui nomme la ville « Blanchette, pour les blanches cuisses des dames dudit lieu ».

On ne sait dater exactement quand Lutèce devient Paris. Vers le IIIe siècle, « Lutèce » se perd au profit de « cité des Parisii ». Les Historiens s’accordent à dire que « Paris » vient du nom de cette tribu gauloise. Trop simple, trop modeste pour une Ville lumière qui se doit d’avoir un mythe fondateur. Alors pour surpasser Rome, elle s’en invente plusieurs.  

PARIS

Raoul de Presle nous renvoie l’écho de la croyance la plus en vogue au XVe siècle. Celle du Paris aux origines troyennes. Francion, fils d’Hector, petit-fils de Priam, fuit Troie après la guerre légendaire. Il s’arrête en Hongrie pour y fonder Sicambre. Mais la croissance de la population est telle qu’au bout de deux siècles, la Hongrie ne suffit plus aux Troyens. Conduits par un chef nommé Iboz, ils traversent la Germanie et le Rhin pour s’établir sur une île de la Seine « et pour ce  qu’ils le virent gras, abondant, délectable, plantureux et bien assis pour y habiter, y firent et fondèrent une cité laquelle ils appelèrent Lutèce, a luto, c’est-à-dire boue ou graisse de terre, pour ce que la dicte isle estoit remplie de toute fertilité ». Ils s’appelèrent Parisiens, pour Pâris, fils du roi Priam, et c’est en son honneur que plus tard le nom de Lutèce sera changé pour celui de Paris.

Un autre mythe rattache la fondation de Paris au passage du demi-dieu Héraclès sur ses terres. Pour accomplir le onzième des douze travaux commandés par Eurysthée, Hercule doit se rendre en Espagne pour y cueillir les pommes d’or du jardin des Hespérides. Mais avant d’aller combattre le dragon espagnol, Hercule fait une halte sur une île, l’actuelle île de la Cité. Il prend tant de plaisir à cette pause qu’il décide de la prolonger, commence à bâtir quelques maisons. « Puis voulant passer outre pour parfaire ses entreprises et ses conquestes, laissa en la dicte isle une bende et compagnie de ses gens darmes et vassaulx qui Parrisient estoient nommez selon le nom de leur pays, qui est en Grece du coste de l’Asie Parasia nommee ».

eglise-saint-germain-des-pres D’autres enfin lient Paris au culte d’Isis, déesse égyptienne et lunaire, qui aurait été adorée à Lutèce. « Paris » ou « Para Isis », c’est-à-dire proche du temple d’Isis sur les ruines duquel s’élève, dit-on, l’église Saint-Germain-des-Prés, l’église la plus ancienne de Paris. L’abbé du Breul, en 1612, reprend cette idée : « Au lieu où le roy Childebert fit construire l’église Saint-Vincent, à présent dite de Saint-Germain, et à laquelle il donna son fief d’Issy, la commune opinion est, qu’il y avoit le Temple d’Isis, la femme d’Osiris, autrement dit Jupiter le Juste, et que d’icelle le village d’Issy a pris son nom ».

Isis a-t-elle vraiment reçu un culte en Gaule ? La question est toujours débattue. Isis, déesse de la fécondité bienveillante et garante de bonne fortune, a peut-être rassuré les hommes en période trouble. La légende de son attachement à Paris se diffuse au XIVe siècle, moment où la ville en rupture avec son roi a besoin de s’ancrer dans un passé plus ancien. Mais c’est au XVIIe siècle qu’elle est la plus populaire : les plans de la ville ne manquent plus de mentionner les temples d’Isis. Chaque statue de femme trouvée est identifiée comme une statue de la déesse égyptienne, elle est  la tête de bronze découverte dans le jardin de Saint-Eustache, en réalité la déesse Diane, qui ouvrira une polémique qui restera vive durant des siècles et des siècles. Cependant, Diane est elle-même une déesse lunaire, elle personnifie même la Nouvelle Lune, tout comme Isis.

 

Bibliographie : Légendes et récits de Paris – Nathalie Tournillon – Editions Ouest France Rennes

 

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LA TURQUOISE : UNE PIERRE SCORPION

(08 - LES PIERRES ET METAUX DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 15-11-2009

Sa Vertu : la purification

                                                Son Don : la confiance

Considérée comme porte-bonheur depuis des siècles, la turquoise est utilisée pour ses pouvoirs magiques. Cela est dû à ses vibrations et à son action sur les corps subtils. Pour les Tibétains, la turquoise symbolise le ciel et l’eau, apportant chance et protection. Cette pierre absorbe les énergies négatives et, par son effet purificateur, instaure la paix et la joie. Le chef apache Geromino possédait une turquoise, celle-ci lui favorisait des visions. Cette pierre est une aide précieuse pour qui veut acquérir la sagesse.

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La turquoise purifie et éloigne les énergies négatives. Elle permet de libérer les émotions bloquées et les peurs. C’est aussi un porte-bonheur quand elle est offerte. Sur le plan physique, du fait qu’elle comporte du cuivre dans sa composition chimique, elle active la circulation d’énergie dans le corps. C’est d’ailleurs sa composante « cuivre » qui lui donne son aspect opaque et surtout sa couleur bleu-vert.

Et c’est pour ça que la Turquoise est rattachée au Scorpion, signe Fixe, représentant la densification de l’énergie, la force et aussi l’inertie. Ce signe qui a mauvaise réputation et en fait l’incompris du zodiaque. Rattaché aux profondeurs de l’inconscient, c’est un signe d’intensité, habité par les questions sur la vie, la mort et l’autodestruction.

Pour en revenir à la turquoise son nom viendrait de l’italien et serait la « pierre turque », peut-être parce qu’elle est apparue en Europe à l’époque des croisades. Pour finir, elle a donné son nom à une nuance de bleu. Depuis longtemps, elle est appréciée et utilisée par les artisans et les orfèvres comme pierre gemme. Aujourd’hui, elle est concurrencée par des imitations et des substituts synthétiques. Aussi si vous souhaitez la porter pour ses propriétés et ses vertus, vérifiez qu’il ne s’agit pas d’une turquoise synthétique.

L’exploitation de la turquoise est très ancienne ; si beaucoup de gisements sont aujourd’hui épuisés, d’autres fournissent encore quelques pierres. Depuis au moins 2 000 ans, l’ancien territoire de la Perse, aujourd’hui l’Iran, reste l’une des plus importantes régions productrices du monde. L’un des gisements les plus vieux est celui du mont Ali-mersai, dans l’actuelle province du Khorasan.

Sous la première dynastie des pharaons, et peut-être même avant, les Égyptiens utilisaient la turquoise et l’extrayaient de la péninsule du Sinaï. Les mines de Serabit el-Khadin et Wadi Maghareh représentent sans doute les plus anciennes mines. La couleur de la pierre est plus verte que la turquoise iranienne.

Aux Etats-Unis, aux XIe ou XIIe siècles, la Turquoise, était exploitée dans le Chaco Canyon. On trouvait autrefois beaucoup de turquoise dans les états du Sud-Ouest des États-Unis : Arizona, Californie, Colorado, Nouveau-Mexique, Nevada. Aujourd’hui, seul le site d’Apache Canyon en Californie donne de bons rendements.

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Reportez-vous, par la pensée, à l’époque où le globe terrestre n’avait pas encore l’aspect que vous lui connaissez. Des masses énormes de matières diverses dérivaient, se choquaient, fusionnaient, se déplaçaient. Des températures fabuleuses, associées à des pressions gigantesques, permettaient des amalgames impossibles à concevoir de nos jours mais dont nous constatons les résultats. Certains de ces bouleversements géants ont donné naissance à des cristaux. Les uns furent colorés, d’autres non. C’est à ces cristaux colorés, précieux à cause de leur rareté, que fut attribué le nom de « pierres précieuses de couleur ».

La turquoise est ancienne et pourtant, elle est toujours au top de la mode. Son bleu ciel brillant appartient aux couleurs favorites, de tous les temps et de toutes les tendances, de la mode internationale. Dans toutes les traditions culturelles, qu’elles soient du Nouveau Monde ou de l’Ancien, la turquoise a été considérée comme une pierre sacrée, un porte-bonheur, un talisman. Elle était utilisée par les Egyptiens, 6 000 ans avant Jésus-Christ. On a retrouvé des bracelets en turquoise sur les bras de la momie de la Reine Zar, Reine de la première dynastie, soit 5 500 avant Jésus-Christ. Les mines de Nishapur en Perse étaient connues pour l’excellente qualité de leurs turquoises. Cette pierre était d’ailleurs un article de troc pour les premiers Persans.

Dans l’ancien royaume de Perse, on portait généralement la turquoise en collier, ou en bague, comme protection pour éloigner le spectre d’une mort, autre que naturelle. Si la pierre changeait de couleur, il y avait, pour qui la portait, un danger imminent. Depuis ces temps reculés, on s’est en effet aperçu que la turquoise était susceptible de changer de couleur mais cette réaction n’indique en rien un danger quelconque. La raison véritable en est plutôt l’influence de la lumière, l’effet des produits cosmétiques, de la poussière ou même de la variation du degré d’acidité de la peau, tous motifs susceptibles de provoquer une réaction chimique de la pierre.décorant des poignards, des cimeterres ou des harnais de chevaux.
On retrouve aussi la Turquoise au Turkistan au cours des Ier et IIIe siècles avant notre ère. En Inde et au Tibet, on l’employait en médecine, dans l’art et la bijouterie. La Turquoise ne devint populaire en Europe qu’après la Renaissance.

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A une certaine époque, la turquoise était censée être à l’origine de la richesse matérielle de qui en était porteur. Al Kazwini, philosophe persan, écrivait par exemple : « Qui porte à la main une turquoise et s’en sert comme sceau, ne sera jamais pauvre ». La turquoise était appréciée, en tant que pierre ornementale pour les turbans. Elle était souvent portée en colliers, censés protéger du « mauvais oeil ». On s’en servait aussi come talisman.

En Amérique du Nord, les Indiens Anasazi extrayaient ce minerai dans le sud-ouest du continent américain. Les Indiens Navajo pensaient que la turquoise était un morceau du ciel tombé sur terre. Les Apaches, eux, croyaient qu’elle combinait les esprits de la mer et du ciel afin d’aider les guerriers et les chasseurs. Les Zunis disaient qu’elle les protégeait des démons et les Aztèques réservaient la turquoise à l’usage exclusif des Dieux et la pierre ne pouvait être portée par des mortels. Ils décoraient leurs masques de cérémonie de cette pierre, qui, d’après leurs croyances, était une «pierre sacrée». Aujourd’hui, les Indiens d’Amérique du Nord fabriquent toujours des pièces de joaillerie traditionnelle, en argent, et les sertissent de turquoises. Ils croient que cette pierre-gemme, couleur de ciel, établit un lien direct entre le divin et le terrestre.

De tous temps, la turquoise a été, dans l’Histoire, une protection qui éloignait l’influence des puissances obscures ou maléfiques et protégeait contre elles. A une époque reculée, elle protégeait les cavaliers et leurs chevaux, de chutes accidentelles. De nos jours, elle est tenue pour la pierre bénéfique des aviateurs, du personnel navigant et autres professions, qui ont besoin de protection particulière, pour éloigner le spectre des accidents.

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La turquoise, considérée comme pierre de vie et de bonne fortune, avait même des propriétés curatives. Elle était employée comme un médicament par les Indiens qui pensaient qu’elle soignait les désordres gastriques, les hémorragies internes, les piqûres de serpents et de scorpions. En plaçant les pierres, directement ou en baume, sur les paupières on pouvait prévenir la cécité. En talisman, elle protégeait des blessures par accident et de la folie. Dans l’enseignement moderne des « Pouvoirs de guérison des Pierres » il est recommandé de porter des turquoises, si l’on éprouve quelque inquiétude, génératrice possible de dépression, devant les problèmes que pose la vie quotidienne. Leur couleur claire et gaie est censée apporter de la confiance en soi, aux personnes qui se sentent écrasées. La turquoise est également très populaire en tant que gage d’amitié car elle a la réputation d’être un élément de fidélité et de relations solides.

La turquoise est un aluminophosphate de cuivre, de dureté 6, c’est-à-dire considérablement moins dure que le quartz. Rappelons que le diamant est de dureté 10. Elle se trouve naturellement, dans toutes les nuances allant du bleu ciel au vert grisâtre, là où, d’ordinaire, le sol recèle du cuivre en forte proportion. Toutefois, il n’y a que les meilleures qualités qui aient la couleur typique de la turquoise. Dans les pierres ordinaires, elle est plutôt légère et va du bleu tirant sur le vert au vert pâle. La couleur bleue vient du cuivre, alors que la teinte verte vient du fer ou du chrome. Il est fréquent que la matière soit veinée ou comporte des taches qui, suivant le cas, sont brunes, grisâtres ou même noires. Ces marques, plus ou moins accentuées sont appelées «toiles d’araignée». Les microcristaux sont vraiment minuscules et, généralement, invisibles à l’œil nu. En général, les turquoises se trouvent incrustées, soit en filons, soit en nodules, soit en pépites.  

Les endroits où l’on trouvait de la turquoise étaient bien connus des Indiens, bien avant l’arrivée des mineurs, d’ailleurs un commerce s’était développé avec les tribus de la Côte Pacifique qui échangeaient des coquillages contre des turquoises. La pierre était aussi employée dans la religion, l’art, le commerce et les négociations de traités. Cette belle pierre est restée la pierre des Indiens du Sud qui continuent de la travailler. D’ailleurs, les gisements les plus connus se trouvent aux USA et au Mexique, ainsi qu’en Israël, en Iran, en Afghanistan et en Chine. Les plus belles viennent du Nord de l’Iran.  Elles ont un merveilleux bleu tendre. Il est très rare qu’on taille la turquoise à facettes. Elle est, d’habitude, taillée en cabochon ou en boule. On la taille également en formes fantaisies.  

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La turquoise est relativement tendre et, donc, très délicate. Du fait que, même les meilleures qualités sont susceptibles de pâlir à l’usage, on enduit aujourd’hui, de cire, les pierres de toutes spécifications, de façon à ce que ce traitement améliore leur résistance. Il va, en effet, donner à ces pierres si sensibles, une plus grande robustesse. On trouve également, en abondance, des turquoises qui ont été enduites de résines synthétiques. Elles sont d’un prix très abordable. Leur couleur est gaie et elles sont bien résistantes. Mais il est bon de faire attention car, beaucoup d’entre elles, sont susceptibles d’avoir été baignées dans une solution colorante, avant d’avoir été enduites de cire et, d’après les règles de l’ICA, ce processus doit obligatoirement être déclaré. Il existe, en outre, des pierres qui sont faites de poudre de turquoise et sont dites « reconstituées ».

A cause de leur sensibilité particulière, presque toutes les turquoises ont donc été traitées de façon à préserver leur beauté. Mais la nature des traitements diffère considérablement. Il tombe sous le sens que les pierres qui étaient naturellement belles et qui ont été simplement enduites de cire ou endurcies grâce à de la résine artificielle, atteignent des prix plus élevés et soient plus appréciées, que celles qui ont été traitées de façon à en renforcer la couleur. Il vaut donc mieux acheter une turquoise chez un bijoutier en qui vous avez confiance. La meilleure qualité de turquoises est d’un bleu ciel, pur. Une telle couleur a de la valeur avec ou sans les veinules en toile d’araignée. La qualité décroît, quand augmente la composante de couleur verte. De même, elle baisse quand s’accroissent la quantité de taches et les irrégularités dans les fils d’araignée.
La turquoise doit être gardée à l’abri des produits cosmétiques, de la chaleur trop intense et de la lumière trop forte. Voici une pierre qui n’apprécie guère le bain de soleil. Il est bon de la nettoyer de temps à autre avec un chiffon doux, après qu’on l‘ait portée. La couleur de la turquoise procure une sensation de bonheur et de relaxation car elle réunit le bleu du ciel et le vert tonique des flots marins. C’est un morceau de ciel qu’on porte sur soi.

Dans le folklore français, les noces de Turquoise correspondent à 18 ans de mariage.

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Bibliographie : Dictionnaire des Symboles Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Editions Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

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DANS LA SYMBOLIQUE SCORPION : LE MONSTRE

(6.6.8 - LES MYTHES DU SCORPION ET DE PLUTON) par sylvietribut le 10-11-2009

Il existe plusieurs étymologies possibles du mot « monstre ». L’une suggère que le mot viendrait d’un verbe latin « montrer », ce qui laisserait supposer que le mot désignait à l’origine un phénomène qu’on montrait dans les foires et les cirques. L’autre étymologie est la racine latine « monstrum », signifiant simplement « présage », sans connotation péjorative.

meduse-le-caravage-galerie-des-offices-florence Méduse par Le Caravage – Galerie des Offices – Florence

En général, le terme désigne aussi bien les créatures fantastiques que les êtres réels. Cependant, en biologie, un monstre est un individu dont la conformation s’écarte notablement des standards de son espèce, suite à une anomalie du développement embryonnaire. La tératologie est la discipline chargée de l’étude scientifique des monstres. Par extension, on parle aussi de monstruosité sur le plan moral quand quelqu’un commet des actions que la majorité des gens réprouvent. Le mot insiste parfois sur son côté spectaculaire. C’est le cas du « monstre sacré », comme l’étaient Marilyn Monroe ou James Dean. Quant à Diderot, il qualifiait la femme de « monstre de l’homme » et, en réponse, Julie de Lespinasse, qualifiait l’homme de « monstre de la femme ». Julie de Lespinasse était d’ailleurs Scorpion.

Le monstre est de manière plus général un individu qui par certaines de ses caractéristiques propres se démarque de façon significative de ses congénères. Ces caractéristiques peuvent être physiques, morales ou intellectuelles ; toutefois la monstruosité proprement dite n’est pas forcément négative, elle peut être un gain par rapport à une norme commune. Par exemple, Albert Einstein de par ses capacités intellectuelles hors normes peut-être considéré comme un monstre. Par ailleurs, le monstre symbolise le gardien d’un trésor, comme le trésor de l’immortalité par exemple, c’est-à-dire l’ensemble des difficultés à vaincre, des obstacles à surmonter, pour accéder enfin à ce trésor, matériel, biologique ou spirituel. Le monstre est là pour provoquer à l’effort, à la domination de la peur, à l’héroïsme. Il intervient en ce sens dans de nombreux rites initiatiques. Il appartient au sujet de « faire ses preuves », de donner la mesure de ses capacités et de ses mérites. Il faut vaincre le dragon, le serpent, les plantes épineuses, toute espèce de monstre, y compris soi-même, pour posséder les biens supérieurs que l’on convoite. Ils montent la garde à la porte des palais royaux, des temples et des tombeaux. Dans de nombreux cas, le monstre n’est en effet que l’image d’un certain moi, ce moi qu’il faut vaincre pour développer un moi supérieur. Le conflit est souvent symbolisé dans l’imagerie antique par le combat de l’aigle et du serpent.

En tant que gardien du trésor, le monstre est aussi « signal du sacré ». On pourrait dire : là où est le monstre, là est le trésor. Rares les lieux sacrés à l’entrée desquels ne soit posté un monstre : dragon, naja, boa, tigre, griffon, etc. L’arbre de vie est sous la surveillance des griffons ; les pommes d’or des Hespérides sous celle du dragon, ainsi que la toison d’or de Colchide ; le cratère de Dionysos sous celle des serpents ; tous les trésors de diamants et de perles, de la terre et des océans, sont gardés par des monstres. Toutes les voies de la richesse, de la gloire, de la connaissance, du salut, de l’immortalité sont préservées. On ne s’en empare que par un acte héroïque. Le monstre tué, qu’il soit extérieur ou qu’il soit intérieur à nous-mêmes, l’accès au trésor est ouvert.

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Le monstre relève aussi de la symbolique des rites de passage : il dévore le vieil homme, pour que naisse l’homme nouveau. Le monde qu’il garde et dans lequel il introduit n’est pas le monde extérieur de trésors fabuleux, mais le monde intérieur de l’esprit, dans lequel on n’accède que par une transformation intérieure. C’est pourquoi on voit dans toutes les civilisations des images de monstres avaleurs, androphages et psychopompes, symboles de la nécessité d’une régénération. Ce que l’on a considéré, par exemple, comme des monstruosités des révolutions prend un sens tout particulier à la lumière de cette interprétation : elle signifie que la révolution peut aller jusqu’à une transformation radicale de l’homme, pour le rendre apte à vivre dans un monde nouveau. « Meure le vieil homme, vive l’homme nouveau » : cette formule pourrait résumer la symbolique du monstre.

Dans la tradition biblique, le monstre symbolise les forces irrationnelles : il possède les caractéristiques de l’informe, du chaotique, du ténébreux, de l’abyssal. Le monstre apparaît donc comme désordonné, privé de mesure, il évoque la période d’avant la création de l’ordre. Ezéchiel parle de ses quatre aspects : il se manifeste dans la tempête avec une grosse nuée et une gerbe de feu ; il paraît signifier les quatre vents et les quatre points cardinaux. C’est l’orage, avec ses nuages sombres, le tonnerre et les éclairs. Le monstre est souvent associé non seulement au vent, mais aussi à l’eau, l’eau appartenant au monde souterrain ; le royaume sous terre est aussi le domaine du monstre. Il en est d’ailleurs de même pour l’homme. Celui-ci naît du vent (esprit) et de l’eau. Aussi chaque homme comporte-t-il son propre monstre, avec lequel il doit constamment lutter. Le monstre répand la terreur là où il apparaît et l’homme l’affronte à chaque instant.

Le monstre est encore le symbole de la résurrection : il avale l’homme, afin de provoquer une nouvelle naissance. Tout être traverse son propre chaos avant de pouvoir se structurer, le passage par les ténèbres précède l’entrée dans la lumière. Il convient de dépasser en soi-même l’incompréhensible, qui es terrifiant parce qu’il est incompréhensible et qu’il paraît privé de lois. Or, l’incontrôlable possède cependant ses propres lois. Ce thème est illustré par Jonas qui, englouti dans le ventre d’un monstre mari, en sortira profondément changé.

Selon Diel, les monstres symbolisent une fonction psychique, l’imagination exaltée et erronée, source des désordres et des malheurs ; c’est une déformation maladive, un fonctionnement malsain de la force vitale. Si les monstres représentent une menace extérieure, ils révèlent aussi un péril intérieur : ils sont comme les formes hideuses d’un désir perverti. Ils procèdent d’une certaine angoisse, dont ils sont les images. Car l’angoisse est un certain état convulsif, composé de deux attitudes diamétralement opposées : l’exaltation désireuse et l’inhibition craintive. Ils sortent généralement de la région souterraine, de cavités, des antres sombres ; tout autant d’images du subconscient.

Bien des artistes ont représenté des monstres. En effet, dès les premières représentations artistiques, on trouve des hommes à tête d’animaux ou des animaux fantastiques mélangeant les caractéristiques de plusieurs bêtes. Depuis toujours, l’homme a représenté des personnages angoissants et imaginaires. Mêmes les œuvres religieuses représentent fréquemment des monstres. Parmi les artistes ayant représentés des monstres, on trouve Jérôme Bosch, Francisco Goya et Giger.

goya-le-sabbat-des-sorcieres Le Sabbat des Sorcières – Francisco Goya

Dans toutes les mythologies, le monstre est omniprésent. Dans la mythologie gréco-latine, le plus célèbre est la Gorgone, dont le masque de méduse pétrifiait les humains, d’où le terme « méduser ». Les croyances païennes font resurgir la figure du monstre, assimilé à une terreur collective. Le monstre est souvent double et se cache sous une apparence humaine. La thématique du loup-garou en est un exemple. La résurgence de la mythologie, après l’Humanisme, traite les figures de monstre de façon ornementale, et souvent allégoriques, voire même métaphysiques. Dans sa reprise de la fable d’Apulée, La Fontaine, dans les Amours de Psyché, présente un « monstre » de galanterie : l’Amour.

Il existe également des monstres célèbres dans la littérature, comme Quasimodo dans Notre-Dame de Paris de Victor Hugo, ou bien Dracula, ou encore le monstre crée par le docteur Frankenstein, dans le roman homonyme de Mary Shelley.

godzillaPlus moderne, Godzilla, monstre du cinéma japonais, qui a l’apparence d’un lézard géant préhistorique.

Enfin, il y eu dans des monstres célèbres comme l’anencéphale de Vichy dont l’histoire est relatée par P. Duvic en 1973 dans un livre intitulé « Monstres et monstruosités ». Il y a aussi Joseph Merrick, dit Elephant Man, l’homme-éléphant, rendu célèbre par le film de David Lynch. Hors norme aussi le Russe Fédor Machnov qui mesurait 2m82 et pesait 187 kg.

Il y eut également l’Américain Isaac Spragues qui, à l’âge de dix ans se met subitement à maigrir pour ne plus peser que 20 kg jusqu’à la fin de sa vie, tout en ayant une taille normale. Et tant d’autres encore dont la célèbre femme à barbe. 

Enfin, comment ne pas évoquer la chauve-souris de par son aspect monstrueux, d’autant que selon la loi mosaïque, c’est un animal impur, devenu le symbole de l’idolâtrie et de la frayeur. Pourtant, en Extrême-Orient, la chauve-souris est symbole de bonheur parce que le caractère fou qui la désigne est l’homophone du caractère qui signifie bonheur. Son image accompagne parfois le caractère longévité dans l’expression des souhaits.

Chez les Mayas, la chauve-souris est l’une des divinités incarnant les forces souterraines. La « Maison de la chauve-souris » est l’une des régions souterraines qu’il faut traverser pour atteindre le pays de la mort. La chauve-souris est le maître du feu. Elle est destructrice de la vie, dévoreuse de lumière, et apparaît donc comme un substitut des grandes divinités chthoniennes. Elle est également divinité de la mort chez les Mexicains qui l’associent au point cardinal Nord et la représentent souvent combinée avec une mâchoire ouverte, parfois remplacée par un couteau sacrificiel.

chauve-souris  

Pour les Indiens Zuni, les chauves-souris sont les annonciatrices de la pluie. Dans un mythe des Indiens Chami, apparentés au groupe Choko, sur le versant Pacifique de la cordillère des Andes colombiennes, le héros mythique Aribada tue la chauve-souris Inka (le vampire) pour s’emparer de son pouvoir d’endormir ses victimes. On dit en effet que le vampire, lorsqu’il veut mordre un homme endormi, généralement entre les orteils, pour lui sucer le sang sans l’éveiller bat constamment des ailes. Aribada, s’étant emparé de ce pouvoir, s’introduit la nuit auprès des femmes endormies et agite deux mouchoirs, l’un blanc et l’autre rouge, pour abuser d’elles à leur insu. Ceci est à rapprocher des pouvoirs érotico-libidineux déjà reconnus à la chauve-souris par Pline.

En Afrique, d’après une tradition peule d’initiation, la chauve-souris revêt une double signification. Au sens positif, elle est l’image de la perspicacité : être qui voit même dans l’obscurité, quand tout le monde est plongé dans la nuit. Au sens négatif, elle est la figure de l’ennemi de la lumière, de l’extravagant qui fait tout à rebours et qui voit tout  l’envers comme un homme pendu par les pieds. Ses grandes oreilles, en diurne sont l’emblème d’une ouïe développée pour tout capter ; en nocturne : ce sont des excroissances hideuses. Quand elle est souris volante en nocturne, elle est aveuglement aux vérités les plus lumineuses et entassement par grappes de puanteurs et laideurs morales ; en diurne : elle est image d’une certaine unité des êtres, leurs limites, s’effaçant dans l’hybride grâce à des alliances.

Dans l’iconographie de la Renaissance, illustrant de vieilles légendes, la chauve-souris, seul être volant qui possède des mamelles, symbolisait la femme féconde. On la voyait auprès d’Artémis, la déesse aux nombreuses mamelles qui, bien qu’elle fut vierge ou plutôt en raison de cette qualité, protégeait la naissance et la croissance.

Dans les traditions alchimistes, l’ambiguïté de cette nature hybride, la souris-oiseau, explique l’ambivalence de ses symboles : la chauve-souris représente l’androgyne, le dragon ailé, les démons. Ses ailes seraient celles des habitants de l’enfer. Une riche iconographie illustre ces interprétations.

La chauve-souris symbolise encore d’être définitivement arrêté à une phase de son évolution ascendante : il n’est plus le degré inférieur, pas encore le degré supérieur ; oiseau manqué, il est bien, comme disait Buffon, « un être monstre ».

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Bibliographie 

Dictionnaire des symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins.

 

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DANS LE MONDE DU SCORPION… LE LOUP ET LA LOUVE

(09 - LES ANIMAUX DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 07-11-2009

Le loup est synonyme de sauvagerie et la louve de débauche. Mais le langage des symboles interprète ces animaux d’une façon infiniment plus complexe du fait, tout d’abord, qu’à l’instar de tout autre vecteur symbolique, ils peuvent être valorisés positivement autant que négativement.

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Positif apparaît le symbolisme du loup, si l’on remarque qu’il voit la nuit. Il devient alors symbole de lumière, solaire, héros guerrier, ancêtre mythique. C’est pourquoi chez les Nordiques et chez les Grecs où il est attribué à Belen ou à Apollon.

Le créateur des dynasties chinoise et mongole est le loup bleu céleste. Sa force et son ardeur au combat en font une allégorie que les peuples turcs perpétueront jusque dans l’histoire contemporaine, puisque Mustapha Kemal, qui s’était nommé lui-même Atatürk, c’est-à-dire « Père des Turcs », avait reçu de ses partisans le surnom de « loup gris ». Le peuple turc qui, rassemblé autour de lui, menait le combat pour retrouver son identité, menacée par la décadence de l’empire ottoman, reconduisait ainsi une très ancienne image : celle de l’ancêtre mythique de Gengis Khan, loup bleu, cratophanie de la lumière ouranienne, c’est-à-dire la foudre, et dont l’union avec la biche blanche ou fauve, représentant la terre, plaçait à l’origine de ce peuple la hiérogamie terre-ciel.

Les peuples de la Prairie nord-américaine semblent avoir interprété de la même façon la signification symbolique de cet animal : « Je suis le loup solitaire, je rôde en maints pays » dit le chant de guerre des Indiens de la Prairie.

La Chine connaît également un loup céleste, l’étoile Sirius, qui est le gardien du Palais céleste, la Grande Ourse. Ce caractère polaire se retrouve dans l’attribution du loup du Nord. On remarque toutefois que ce rôle de gardien fait place à l’aspect féroce de l’animal : ainsi, dans certaines régions du Japon, l’invoque-t-on comme protecteur contre les autres animaux sauvages. Il évoque une idée de force mal contenue, se dépensant avec fureur, mais sans discernement.

La louve de Romulus et Remus est, elle, non pas solaire et céleste, mais terrienne sinon chthonienne. Ainsi, dans un cas comme dans l’autre, cet animal reste associé à l’idée de fécondité. La croyance populaire, en pays turc, a jusqu’à nos jours conservé cet héritage. Parmi les bézoards appréciés par les Yakoutes, en Sibérie, celui du loup est considéré comme le plus puissant ; en Anatolie, c’est-à-dire à l’autre extrémité de l’extension géographique des peuples altaïques, on voit encore des femmes stériles invoquer le loup pour avoir des enfants.

Au Kamchatka « à la fête annuelle d’octobre, on fait une image de loup en foin et on la conserve un an pour que le loup épouse les filles du village ; chez les Samoyèdes on a recueilli une légende qui met en scène une femme qui vit dans une caverne avec un loup ».

Cet aspect chthonien ou infernal du symbole constitue son autre face majeure. Elle semble restée dominante dans le folklore européen, comme en témoigne par exemple le conte du Chaperon Rouge. On le voyait déjà apparaître dans la mythologie gréco-latine avec la louve de Mormolycé, nourrice d’Achéron, dont on menaçait les enfants comme, de nos jours, on évoque « le grand méchant loup » ; c’est le manteau de peau de loup dont se revêt Hadès/Pluton, maître des Enfers ; les oreilles de loup du dieu de la mort étrusque.

C’est aussi selon Diodore de Sicile, Osiris ressuscitant sous forme de loup « pour aider sa femme et son fils à vaincre son frère méchant ».

C’est aussi une des formes données à Zeus, à qui on immolait en sacrifice des êtres humains, aux temps où régnait la magie agricole, pour mettre un terme aux sécheresses, aux fléaux naturels de toute sorte : Zeus déversait alors la pluie, fertilisait les champs, dirigeait les vents.

Dans l’imagerie du Moyen Age européen les sorciers se transforment le plus souvent en loups pour se rendre au Sabbat, tandis que les sorcières, dans les mêmes occasions, portent des jarretelles en peau de loup. En Espagne, il est monture du sorcier. La croyance aux lycanthropes ou loups-garous est attestée depuis l’Antiquité en Europe ; Virgile en fait déjà mention. En France, à peine commençait-on à en douter sous Louis XIV. C’est une des composantes des croyances européennes, un des aspects sans doute que revêtent les esprits des forêts.

 

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Selon Collin de Plancy, « Bodin raconte sans rougir qu’en 1542 on vit un matin cent cinquante loups-garous sur une place de Constantinople ».

Ce symbolisme de dévorateur est celui de la gueule, image initiatique et archétypale liée au phénomène de l’alternance jours-nuit, mort-vie : la gueule dévore et rejette, elle est initiatrice, prenant selon la faune de l’endroit, l’apparence de l’animal le plus vorace : ici le loup, là le jaguar, le crocodile.

La mythologie scandinave présente spécifiquement le loup comme un dévorateur d’astres ce qui peut être rapproché du « loup dévorateur de la caille » dont parle le Rig-Veda. Si la caille est un symbole de lumière, la gueule du loup est la nuit, la caverne, les enfers, la phase de pralâya cosmique ; la délivrance de la gueule du loup, c’est l’aurore, la lumière initiatique faisant suite à la descente aux enfers, le kalpa.

Fenrir, le loup géant, est un des ennemis les plus implacables des dieux. Seule la magie des nains peut arrêter sa course, grâce à un ruban fantastique que nul ne peut rompre ou couper.

osiris-relief-anubisDans la mythologie égyptienne, Anubis, le grand psychopompe, est appelé Impou, « celui qui a la forme d’un chien sauvage » ; on le révère à Cynopolis, comme le dieu des enfers.

Cette gueule monstrueuse du loup dont Marie Bonaparte parle dans son auto-analyse, comme étant associée aux terreurs de son enfance consécutives à la mort de sa mère, n’est pas sans rappeler les contes de Perrault : « Grand-Mère comme tu as de grandes dents ! ». Il y a donc, observe G. Durand, une convergence très nette entre la morsure des canidés et la crainte du temps destructeur. Kronos apparaît ici avec le visage d’Anubis, du monstre dévorant le temps humain ou s’attaquant même aux astres mesureurs du temps.

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 Notons pour conclure que ce loup infernal, surtout sa femelle, incarnation du désir sexuel, constituent un obstacle sur la route du pèlerin musulman en marche vers La Mecque, et plus encore sur le chemin de Damas, où elle prend les dimensions de la bête de l’Apocalypse.

Le loup est l’animal le plus emblématique de l’histoire de l’Europe. Il était d’ailleurs à l’honneur durant l’Antiquité chez la totalité des anciens peuples européens. De plus, le loup occupe une place dans toutes les religions d’Europe même monothéistes. Il est respecté, vénéré ou craint.

Avant le développement de l’agriculture et de l’élevage, de nombreux peuples d’Europe se disaient descendants des loups et vouaient ainsi un culte au dieu-loup ancêtre. Dans l’Antiquité, voir un loup avant le début d’une bataille était aussi présage de victoire, le loup étant l’animal symbolique du chasseur et du guerrier.

Le loup dans le folklore

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Romulus et Remus, furent élevés par la louve du Capitole. Mais il faut savoir que les jumeaux furent rajoutés bien après la louve. Les relations entre les loups et les hommes sont toujours houleuses. Le folklore montre le loup comme un prédateur sanguinaire, sauf dans quelques exceptions, comme en Italie où à cause du mythe de Romulus et Remus, elle joue un rôle protecteur et nourricier. Il en va de même chez les Esquimaux et chez les Amérindiens.

Dans la Bible, le loup est associé à la tribu de Benjamin.

saint-francois-et-le-loup-de-gubbio2Dans la Légende dorée, on trouve le loup de Gubbio amadoué par Saint François. A ce propos diverses questions se posent.  Est-ce : une pure allégorie ? L’adaptation d’une légende ancienne, étrangère à Saint François ? Un miracle réel ? Une transposition, sous une forme dramatique et pittoresque ? Ou bien la délivrance de Gubbio ravagée par des loups ? Ou encore un voyage de Saint François au monastère de San Verecondo, près de Gubbio, au cours duquel le saint répondit à des paysans qui l’engageaient à s’arrêter par crainte de loups féroces et qui lui fit répondre : « Je n’ai fait faire à frère loup aucun mal qui lui permette d’avoir l’audace de dévorer votre frère âne ». Mais ce pourrait être aussi la transformation de l’histoire d’un brigand avec qui les habitants de Gubbio auraient fait la paix par l’entremise de Saint François. La tradition de Gubbio, où l’on aurait récemment trouvé le crâne d’un loup à l’endroit qui passait depuis longtemps pour être le tombeau de cette brave vête, fixe l’épisode à 1220, mais si on le rattache au voyage de Saint François à San Verecondo, il serait postérieur à la stigmatisation. Toutefois, les monuments de Gubbio rappellent le souvenir de « frère loup », qui était peut-être une louve !

Soit dit en passant, Gubbio est vraie ville du Moyen Age, intacte et délicieuse dans ses murs d’enceinte, à flanc de montagne, où l’on imagine bien que les loups devaient pulluler. D’ailleurs, il y a toujours des loups en Italie, juste en peu plus bas sur l’Apennin, dans les Abruzzes. Un détour s’impose si vous vous rendez en Ombrie et à Assise. 

 

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Dans l’imagination occidentale, le loup incarne l’animal féroce par excellence. Craint dans toute l’Antiquité et au Moyen Age, il revient aux temps modernes périodiquement se réincarner dans une quelconque bête du Gévaudan.

la-bete-du-gevaudan1 Cette Bête du Gévaudan aurait été un animal à l’origine d’une série d’attaques contre des humains survenues entre 1764 et 1767. Ces attaques, le plus souvent mortelles, entre 88 et 124 recensées selon les sources, eurent lieu principalement dans le nord de l’ancien pays du Gévaudan, ce qui correspond globalement à l’actuel département de la Lozère. Quelques cas avaient été signalés dans le sud de l’Auvergne, dans le nord du Vivarais et du Rouergue. La Bête du Gévaudan dépassa rapidement le stade du fait divers, au point de mobiliser de nombreuses troupes royales et de donner naissance à toutes sortes de rumeurs, tant sur la nature de cette bête, vue tour à tour comme un loup, un animal exotique et même un loup-garou, voire un tueur en série à une époque plus récente, que sur les raisons qui la poussaient à s’attaquer aux populations, du châtiment divin à la théorie de l’animal dressé pour tuer. L’affaire ne fut jamais élucidée. Entre 1764 et 1767, deux animaux, identifiés comme de gros loups, furent abattus. Le premier par François Antoine, porte-arquebuse du roi de France, en septembre 1765, sur le domaine de l’abbaye royale des Chazes. A partir de cette date, les journaux et la cour se désintéressèrent du Gévaudan, bien que d’autres morts attribuées à la Bête aient été déplorées ultérieurement. Le second loup fut abattu par Jean Chastel, enfant du pays domicilié à La Besseyre-Saint-Mary, le 19 juin 1767. Selon la tradition, l’animal tué par Jean Chastel était bien la Bête du Gévaudan car, ensuite, plus aucune mort ne lui fut plus attribuée. 

le-loup-et-lagneau-la-fontaine Auparavant le loup avait beaucoup inspiré Jean de La Fontaine puisque pas moins sept fables en font le protagoniste : le loup et l’agneau, le loup et le chien, le loup plaidant contre le renard par-devant le singe, le loup devenu berger, le loup et la cigogne, le loup et les brebis, le loup et le chien maigre.

la-chevre-de-moniseur-seguin-alphonse-daudet Plus tard, Alphonse Daudet dans une de ses lettres raconte à son ami et poète Gringoire la triste destinée de la chèvre de Monsieur Seguin qui paya fort cher son goût pour la liberté, bien qu’elle fût prévenue du sort que le loup lui réservait. Daudet se sert du loup. Et la morale du conte est implicite. Il dit en toutes lettres que « le loup se jeta sur la petite chèvre et la mangea ». C’est ainsi que Daudet ne dit pas clairement quel pourrait être, d’après lui, le sort de Gringoire s’il persiste à être poète. Le loup représenterait donc la société impitoyable, ou plus simplement la faim, évoqué au début du conte quand il décrit « cette face maigre qui crie la faim… ». Quelle que soit l’interprétation, Daudet voit pour Gringoire un sombre avenir de sans-le-sou et des conditions associées. 

Enfin, l’expression « attraper » ou « choper le loup » signifie familièrement avoir une irritation au niveau de différentes zones sensibles du corps : aisselles, pli de l’aine, intérieur des cuisses, anus, etc… due à des frottements répétés ou à une mauvaise hygiène. Cette expression provient probablement des hurlements, comparables à ceux du loup, que la douleur peut provoquer.

Quant à Sigmund Freud, il associait, dans l’inconscient, le loup au désir, aux pulsions primales, particulièrement sexuelles.

Avec le loup, son histoire, ses symboles et ses légendes, on est bien dans l’univers Scorpion.

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Bibliographie : Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Editions Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

 

 

 

 

 

 

 

 

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LA SCORPIONESQUE ET MORTIFERE BELLADONE

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 05-11-2009

Avec la Belladone, on est toujours dans la symbolique Scorpion de la vie et de la mort. Et, si l’on en croit les témoignages de chercheurs allemands du début du XXe siècle ayant expérimenté une pommade contenant des extraits de trois plantes mortifères, on peut, même de nos jours « vivre » les expériences des nuits de sabbats aux courses effrénées, aux plaisirs intenses, que les sorcières avouaient sous la torture. Ces scientifiques se sont livrés à leurs expériences insolites pour tester une recette d’onguent du XVIIe siècle, découverte fortuitement au cours d’une recherche sur la sorcellerie. Même si la recette est imaginaire, il n’en reste pas moins vrai que la combinaison des trois plantes dans une composition quelconque ne peut être que dangereuse.

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Plante curieuse et capricieuse que la Belladone aux fleurs livides, au contact visqueux, à l’odeur fétide : elle apparaît mystérieusement dans un endroit en massif de plusieurs pieds une année pour disparaître ensuite de façon radicale sans aucune raison apparente. Son nom, Atropa belladonna, évoque l’inflexible belle femme – mais aussi, Atropos, la Parque chargée de couper le fil de la vie, tant cette plante inquiétante est fatale par la toxicité de toutes ses parties. Parmi les divers alcaloïdes qu’elle contient, l’atropine, la scopolamine et la nicotine sont des poisons dangereux. Une vingtaine de ses fruits luisants, de la taille d’une cerise, d’un noir violacé, à la chair sucrée, suffisent pour tuer un homme. L’intoxication se manifeste par un sentiment d’étouffement progressif, et la mort, due à la paralysie des muscles respiratoires, survient rapidement.

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 Atropos

 Quant à l’appellation séduisante de « bella donna » (belle femme), elle provient de l’usage que faisaient, à la Renaissance, les belles Italiennes d’un collyre à l’extrait d’atropine, pour dilater la pupille et rendre les yeux brillants. En effet, la dilatation des pupilles est une des manifestations de l’excitation sexuelle et de l’admiration désirante, manifestation inconsciemment perçue par les hommes et qui les stimule ; de plus, cela faisait légèrement loucher, c’était à cette époque caractéristique de la beauté, d’où l’expression « avoir une coquetterie dans l’œil ». Cette préparation est d’ailleurs toujours utilisée en ophtalmologie.

jusquiame-noireLa Jusquiame que l’on trouve dans les décombres et les terrains vagues est aussi une plante capricieuse qui apparaît et disparaît au gré des années. Les feuilles, grandes et molles, répandent une odeur repoussante. Les fleurs à l’aspect inquiétant, d’un jaune sale veiné de violet, réunies en bouquets au sommet des tiges, donnent naissance à des capsules contenant des graines en forme de rein ; toutes ces caractéristiques avaient excité l’imagination populaire et, si  les animaux ne la touchaient jamais à cause de son odeur, les hommes en tiraient un baume utilisé en frictions contre les rhumatismes.

Si par malchance les journaliers qui coupaient de l’herbe pour le fourrage n’étaient pas très attentifs, quelques feuilles de jusquiame mêlées aux plantes sèches suffisaient pour provoquer chez les animaux une agonie atroce : après de violentes convulsions et des ballonnements, ils mouraient paralysés. De tels effets ne pouvaient être dus qu’à des sorciers : accusés d’avoir infesté la nourriture des bêtes, ils devenaient des personnages haïs dans les sociétés rurales. En fait, l’hyosciannine, un des alcaloïdes de la Jusquiame, connue sous le nom classificatoire Hyoscyamus niger, est un poison puissant utilisé en pharmacologie, à petites doses, comme antinévralgique et narcotique.

 Le nom de Jusquiame vient du grec ancien « hyoskyamos » littéralement « fève de porc » : il s’agit d’une allusion à l’épisode de l’Odyssée lorsque la magicienne Circé transforme en pourceaux les compagnons d’Ulysse en leur faisant pour cela boire un philtre contenant de la jusquiame.

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Mais Ulysse était immunisé grâce à un antidote végétal dont Hermès lui avait fait présent. Certains interprètent cet épisode comme une métaphore opposant la bestialité, c’est-à-dire le pourceau, à la raison. Toutefois, les Solanacées vireuses, dont fait partie la jusquiame, sont fréquemment évoquées dans les histoires de métamorphoses d’homme en animal. Elles peuvent en effet générer des hallucinations particulièrement puissantes, y compris celle d’avoir pris la forme d’un animal, au point d’en adopter le comportement.

Enfin la Stramoine, aux larges feuilles velues et aux fleurs en forme d’entonnoir, était jadis cultivée dans les jardins et réputée éloigner les taupes. Elle contient elle aussi divers alcaloïdes extrêmement toxiques.  En réalité toute la famille des solanacées, dont fait partie aussi la pomme de terre, sont dangereuses. Heureusement pour nous ce sont les feuilles et non les tubercules qui se révèlent vénéneuses.

stramoine

 

Dans le domaine des belles empoisonneuses, ces trois-là ne sont pas seules au monde. Comme les littératures grecque et romaine, l’histoire moderne est riche en empoisonnements. Elle recèle une multitude de pratiques criminelles où les stratégies familiales, les questions d’honneur et la politique s’entremêlent et où la macération et la concoction de quelques herbes « choisies » s’offrent aux convenances, aux compromis et à la ruse. Nous sommes toujours dans le monde et la symbolique du Scorpion.

Enfin, deux auteurs du Ier siècle avant Jésus-Christ, Diodore de Sicile et Strabon, rapportent que les Celtes empoisonnaient leurs pointes de flèches avec le suc de la stramoine datura, la description du fruit ne laissant aucun doute quant à l’identité de la plante. Beaucoup plus tard… Condorcet est mort en avalant du stramonium et de l’opium.

cigue1L’empoisonnement le plus fameux est certainement celui de Socrate, raconté par Platon dans le Phédon. A base de ciguë, ce poison provoquait l’arrêt progressif de la circulation et du cœur, qui se manifestait par un refroidissement des extrémités avant la mort. La sérénité de Socrate durant son agonie et l’absence des spasmes violents qui caractérisent l’intoxication par la ciguë semble indiquer la présence dans cette tisane léthale, de narcotiques tels que la jusquiame. Toutefois la formule, secret d’Etat athénien, fut perdue avec la fin de l’Antiquité.

La Rome antique et l’Italie de la Renaissance, ainsi que les cours européennes, gèrent les affaires politiques à coups d’empoisonnements. Chatons de bagues et médaillons creux, cachettes raffinées de poudres ou de philtres mortels, en sont la preuve. On les administre à ses ennemis ou à soi-même, en cas d’ultime nécessité. Jusqu’au XVIIIe siècle où commence la « carrière » de l’arsenic, les plantes maudites sont à l’origine de milliers de morts et de scandales dues au « mauvais café » ou au « vin de la trahison ».

La mort ne frappait pas seulement les victimes mais aussi les empoisonneuses présumées que l’on faisait brûler vives comme des personnes encombrantes. Car si les hommes sont impliqués dans les meurtres violents, les femmes, elles, ont toujours préféré les armes silencieuses et discrètes qui tuent sans effusion de sang.

Sorcières et empoisonneuses, les femmes le furent autant que guérisseuses. La connaissance des herbes sacrées, des herbes d’amour et d’autres sortilèges allait de pair avec celle des plantes de la mort. Mais surtout les femmes connaissaient les plantes « bonnes » pour les avortements, qui s’avéraient souvent dangereuses. Et ce ne sont pas seulement les sorcières qui jouaient avec la mort, car les empoisonnements dans les campagnes étaient beaucoup plus fréquents qu’on veut bien le laisser croire ; combien de témoignages de morts subites dans d’atroces douleurs, combien de personnes paralysées évoquées dans les seules Mémoires de Saint-Simon, par exemple.

On préparait encore le « bouillon d’onze heures » destiné aux parents encombrants, arrière-grand-tantes et oncles célibataires dont on convoitait l’héritage. Mais de jeunes enfants et des nourrissons s’inscrivaient eux aussi dans la clientèle potentielle des empoisonneuses comme le prouvent les procès-verbaux de la justice jusqu’au siècle dernier.

aconit1L’aconit, appelée aussi « casque de Jupiter », la digitale, les ciguës figurent traditionnellement au nombre des plantes les plus dangereuses. Mais on oublie souvent que le tubercule de notre charmant cyclamen est d’une efficacité sans égal. Utilisé pour les avortements, sa toxicité n’avait pas échappé aux braconniers qui broyaient quelques petites boulettes et jetaient la pâte dans les rivières : quelques minutes plus tard des poissons endormis venaient à la surface le ventre en l’air.

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Autre famille de plantes traîtresses : les liliacées. Ce sont des plantes à oignons : les bulbes des colchiques d’automne, les muguets ou les amaryllis peuvent être fatals. De même plusieurs variétés de renoncules ont des racines toxiques : les pivoines, les anémones, les boutons d’or pour ne mentionner que les plus communs.

Curieusement deux plantes connues depuis la plus haute Antiquité comme plantes de l’immortalité sont, elles aussi, dangereuses. Il s’agit de l’if, que l’on trouve souvent taillé dans les haies et dans les cimetières. La plante femelle est extrêmement toxique. Quelques grammes de son feuillage peuvent faire périr le cheval, particulièrement sensible à son poison, la taxine, qui attaque le système nerveux. Jadis l’if faisait partie des plantes que l’on cultivait dans les abords des châteaux féodaux car on utilisait ses branches extrêmement flexibles et solides pour la fabrication des arcs. Une autre plante, toujours verte elle aussi, mais extrêmement dangereuse est la sabine, originaire des Alpes de Provence et du Dauphiné. Consommés par les animaux, ses jeunes rameaux provoquent une mort rapide par occlusion du circuit intestinal. Jadis la sabine était une « arme » aux mains des sorcières pour provoquer des avortements.  

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Toutes ces plantes toxiques dont le catalogue n’est pas exhaustif ne trahissent cependant pas une forme de vengeance de la nature. Prudemment utilisées, elles étaient et restent des médicaments dont la pharmacopée tire des remèdes irremplaçables. Certes la nature n’est pas aussi paisible qu’elle peut paraître aux yeux des citadins ou des romantiques. Les plantes ne se répartissent pas en utiles ou nuisibles. C’est l’ignorance des lois qui régissent la vie du troisième règne qui engendre seule le danger. Dès lors qu’on en prend conscience, la nature devient intelligible et les poisons qui hantent tellement l’inconscient deviennent eux aussi des végétaux sinon domestiqués, du moins nécessaires et utiles. 

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Bibliographie : Fêtes et Croyances Populaires en Europe d’Yvonne de Sike

 

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