DANS L’HERBIER GEMEAUX… LE LILAS

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 28-05-2010

Originaire d’Asie Mineure, le lilas ne fut introduit en France qu’en 1597. La légende raconte qu’il était apparu en Europe qu’à l’époque de François 1er via un cadeau du Sultan Soliman II le Magnifique à un ambassadeur italien en poste à Istanbul, où il embaumait les jardins secrets des harems. Les graines de lilas étaient utilisées pour monter les chapelets qui accompagnaient les prières des pèlerins en route vers la Terre Sainte. Le lilas devint ainsi chrétien et l’Eglise de France l’associa souvent aux cérémonies de printemps, et notamment les communions.

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Le nom de « lilas » vient de l’arabe « lîlak », lui-même issu du persan « nîlak » qui signifie bleuté, dérivé de l’adjectif « nil », bleu. Mais son nom scientifique « Syringa » lui a été donné par Linné. Il correspond au latin « syringa » qui se traduit par « roseau », ce qui évoque la tige creuse des pousses de lilas.
Les lilas arbrisseaux appartiennent à la famille des Oléacées (oliviers, frênes, jasmin, troène). Ils fleurissent presque les premiers au printemps avec de petites fleurs, disposées en grappes, au délicat parfum… lilas blanc… lilas mauve… lilas violet… lilas de Perse. Il existe une trentaine de variétés de lilas que l’on plante de novembre à mars. C’est en mai que la floraison est la plus abondante. Ses fragrances sont intenses, fraîches, fleuries et fruitées, légèrement musquées. Les petites fleurs d’un rose pâle ou violacé sont réunies en petites panicules retombantes.

Le terme « lilas » s’emploie aussi comme adjectif pour désigner une couleur bleue mêlée de rouge, qui est le plus ordinairement celle du lilas… une robe lilas… un ruban lilas…

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Il fallut attendre le XIXe siècle pour que le lilas devienne vraiment populaire, grâce à un lilas miniature pour petits jardins ou terrasses. C’est également à cette époque que les médecins signalèrent ses vertus fébrifuges spécialement efficaces dans les fièvres intermittentes. Les expérimentations entreprises par plusieurs de leurs confrères aboutirent à des résultats contradictoires : d’un côté, succès spectaculaires qui portaient à le présenter comme un succédané indigène du quinquina ; de l’autre, échecs en série qui conduisaient à conclure qu’il n’aurait jamais dû sortir de l’obscurité dans laquelle il était resté, si bien qu’on finit par l’oublier et qu’il est assez rarement utilisé en médecine populaire.

Quant aux fleurs, elles servent, en Russie, à préparer un onguent recommandé contre les rhumatismes articulaires. Il faut faire macérer pendant quinze jours, dans un bocal de verre, couvert d’un papier, comme un pot de confitures, exposé au soleil : 100 grammes de fleurs fraîches dans un demi-litre d’huile d’olive. On en frictionne deux fois par jour la partie rhumatisante jusqu’à pénétration complète de l’onguent.  

Sur le plan symbolique, le lilas est la fleur des premières déclarations d’amour, empreintes de pureté et d’innocence. Aux Etats-Unis, offrir du lilas à une jeune fille est supposé la maintenir célibataire toute une année durant. En Perse, on avait coutume d’offrir une branche de lilas à un amant auquel on voulait signifier la fin d’une relation.

Dans le langage des fleurs, le lilas blanc représente l’innocence, la jeunesse, la pureté. Le lilas mauve, c’est l’inquiétude amoureuse de la personne aimée. S’il est rose, c’est l’amour naissant, les premiers pas vers le tourmenté et languissant chemin de la passion.

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Les lilas blancs d’Edouard Manet

Dans l’herbier du zodiaque le lilas avec ses petites fleurs rejoint le monde des Gémeaux avec muguet et le gypsophile.  

 

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Bibliographie : Nos Grand-mères savaient – Jean Palaiseul – Editions Robert Laffont

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(2.4 - COLLECTIONS) par sylvietribut le 27-05-2010

  

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Cadran solaire représentant Johann Lichtenberger – Astrologue de Frédéric III (1493)                                                                                                                                      

Meridiana che representa Johann Lichtenberger – Astrologo di Federico III (1493)

 

« Un astrologue ne saurait avoir le privilège de se tromper toujours ».  Voltaire                              

« Un astrologo non avra il privilegio di sbagliarsi sempre » Voltaire

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MALICIEUX GEMEAUX

(5.2 -Ballade à travers les signes) par sylvietribut le 22-05-2010

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Le graphisme des Gémeaux est formé de deux lignes verticales réunies à leurs extrémités par deux barres horizontales : les verticales  pour l’esprit,  les horizontales pour la matière. Esprit et matières’opposent en Gémeaux dont le graphisme rappelle le symbole mathématique II (Pi).

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Le graphisme des Gémeaux évoque aussi la dualité des Gémeaux et la bipolarité, de même que les deux lobes pulmonaires expriment le processus respiratoire qui est également double : l’inspiration et l’expiration.

Ce graphisme figure des jouvenceaux de la légende grecque : Castor et Pollux.  

            Ses symboles

Les Gémeaux sont le symbole de la dualité dans la ressemblance et jusque dans l’identité. C’est l’image de toutes les oppositions intérieures et extérieures, contraires ou complémentaires, relatives ou absolues, qui se résolvent dans une tension créatrice. La phase des Gémeaux s’achève en débouchant sur l’épanouissement de l’été.

C’est le troisième signe du zodiaque, se situant avant le solstice d’été. Signe de Mercure, c’est le symbole double des contacts humains, des transports, des communications, des contingences du milieu dans lequel on vit, de la polarité, même sexuelle. Certains zodiaques représentent ce signe, non par l’image habituelle de deux enfants se tenant la main, mais par un homme et une femme et, même dans le zodiaque copte, par deux amants.

Deux éphèbes enlacés représentent ce signe, dit double, qui nous introduit dans le monde des contraires polaires : masculin-féminin, ténèbres-lumière, sujet-objet, intérieur-extérieur, conscient-inconscient. C’est en quoi il est en affinité avec Mercure, ce messager pourvu d’ailes aux pieds et portant en emblème le caducée.

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            Ses mythes

Castor et Pollux sont nés de l’œuf pondu par Léda après qu’elle fut fécondée par Jupiter qui avait pris la forme d’un cygne pour mieux la séduire. L’un tient à la main la lyre d’Apollon, symbole d’harmonie, l’autre la massue d’Hercule, symbole de la force agissante.

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Les deux enfants sont présents sous différents noms dans les mythes qui évoquent la création de l’humanité et dans les mythes fondateurs, telle la légende de la fondation de Rome avec le couple des jumeaux que forment Romulus et Remus.

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On trouve aussi dans la Bible deux jumeaux célèbres : Jacob et Esaü. Et dans l’Evangile, on rencontre Jean et Jacques.

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Les retrouvailles entre Jacob et Esaü 

            Sa psychologie

La caractérologie en fait un type primaire qui peut être soit nerveux, soit sanguin.

Signe Positif, c’est un extraverti.

Signe double, le dilemme Gémeaux : il est à la fois lui-même et les autres, ce qui lui donne l’art inné d’exprimer les sentiments, les pensées d’autrui, ainsi les autres se retrouvent-ils en lui.

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Les Apôtres Jean et Jacques – Duccio di Buoninsegna – Musée de l’œuvre du Dôme – Siena

 

Signe Mutable, parce qu’il apparaît alors que le printemps s’achève et que l’été est presque là. On est en pleine transition, mutation. Plein de projets, le Gémeaux est impatient de réaliser. Il est rapide, mobile, en perpétuelle mutation.

Signe d’Air, l’Air des Gémeaux ressemble au vent qui fait bouger les feuilles, un rien l’éveille, le met en alerte, mais très émotif, il ne contrôle pas toujours son tempérament nerveux et il lui est difficile de se concentrer.

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Signe de l’esprit, de la pensée logique et de l’acquisition des connaissances, l’Air étant à la mutabilité, on imagine que le sujet Gémeaux sera difficile à saisir et à décrire. C’est en effet un signe de grande liberté qui peut aller jusqu’à une inconstance quasiment névrotique, le point de vue changeant d’un jour à l’autre, évitant consciencieusement d’aboutir à une conclusion qui serait fatalement ressentie comme limitative et emprisonnante. En fait, le problème Gémeaux c’est un divorce entre l’esprit et les émotions : difficulté à exprimer des sentiments car on les raisonne ou on les étudie sous tous les aspects. Ce conflit de base provoque chez le sujet Gémeaux des changements d’humeur inattendus.

Et si le Gémeaux était… 

Un animal… il ne pourrait qu’être petits-singes singe ou fouine-2 fouine, papillon-38 papillon aussi

bouleau Un arbre, ce serait un bouleau 

Une plante, le genévrier genevrier

Et si c’était une fleur, ce serait muguet du muguet, gypsophile du gypsophile, lilas du lilas…

Un condiment, il serait anis anis… Sa saveur est acidulée et son parfum serait celui du citron vert citron-lime ou lime…

S’il était pierre, il serait beryl1 béryl, lepidolite lépidolite ou sardoine sardoine. 

Un métal… vif-argent-mercurele vif-argent ou mercure bien sûr.

 

Un instrument de musique, il serait hautbois-du-bas-languedoc hautbois…

Il ne peut avoir une couleur unie, ses couleurs sont couleurs-melangees mêlées, changeantes, moire moirées, mosaique mosaïques et ecossais écossais.

 

S’il était objet de collection…  jeux-de-societedes jeux, tous les jeux, ou casse-tete-chinois des casse-tête chinois.

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L’HORLOGE ZODIACALE DE LA CATHEDRALE DE CHARTRES

(2.4 - COLLECTIONS) par sylvietribut le 21-05-2010

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           Horloge zodiacale – Cathédrale de  Chartres – Orologio zodiacale – Cattedrale di Chartres

 

« Le destin c’est simplement la forme accélérée du temps ». Jean Giraudoux

« Il destino è semplicemente la forma accelerata del tempo ». Jean Giraudoux

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HORLOGE ASTROLOGIQUE DE PRAGUE

(2.4 - COLLECTIONS) par sylvietribut le 20-05-2010

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Horloge astrologique de Prague

« J’ai lentement mûri la conviction que toutes les lois d’évolution particulières des peuples, des nations, des classes et de leurs combats sont subordonnés à de plus grandes lois cosmiques qui régissent l’évolution générale de l’humanité ». Romain ROLLAND

« Ho lentamente maturato la convinzione che tutte le legge particolare d’evoluzione dei popoli, delle nazione, delle classe e del loro lotte sono subordinate a più grande legge cosmiche chi reggono l’evoluzione generale dell’umanità ». Romain ROLLAND

 

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HORLOGE ASTRONOMIQUE – BASILIQUE SAINT-JEAN – LYON

(2.4 - COLLECTIONS) par sylvietribut le 19-05-2010

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Horloge astronomique de la basilique Saint-Jean à Lyon

« Je vins au monde à Francfort-sur-Main le 28 août 1749, au douzième coup de midi. La constellation était heureuse, le Soleil se trouvait dans le signe de la Vierge ; Jupiter et Vénus étaient en bon aspect avec lui ; Mercure n’était pas défavorable, Saturne et Mars étaient neutres ; seule la Lune, pleine ce jour-là, exerçait la force de sa réverbération d’autant plus puissante que son heure planétaire avait commencé. Elle s’opposa donc à ma naissance jusqu’à ce que cette heure eût passé. Ces bons aspects, hautement appréciés plus tard par les astrologues, seront sans doute la raison pour laquelle je suis resté en vie car, par la maladresse de la sage-femme, on crut que j’étais mort en venant au monde, et ce n’est qu’après de nombreux efforts que je vis la lumière ». GOETHE – in Poésie et Vérité, chap. I.

“Sono nato a Francforte-su-Maino, il 28 agosto 1749, alle 12 di mezzogiorno. La constellazione era felice, il sole stava nel segno della Vergine ; Giove e Venere erano in aspetto buono con lui ; Mercurio non era sfavorevole, Saturno e Marte erano neutri ; sola la Luna, piena questo giorno, esercitava la forza della sua riverberazione di altrettanto che la sua ora planetaria aveva iniziata. Si oppose dunque alla mia nascita finchè quest’ora fu passata. Questi buoni aspetti, tanto apprezzati più tardi dagli astrologhi, saranno senza dubbio il motivo per quale sono rimasto in vita perchè dalla goffaggine delle ostetrica, ci credeva che fosso morto venando al mondo, e fu soltanto dopo tanti sforzi che vedei la luce”. GOETHE – in Poesia e Verità, cap. I.

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UN GRAND MEDECIN-ASTROLOGUE : PARACELSE

(6.5 - Biographie d'Astrologues célèbres) par sylvietribut le 13-05-2010

En réalité il se nommait Theophrastus Bombastus von Hohenheim. Il naquit en Suisse en 1493 et mourut à Salzbourg en 1541. Médecin et alchimiste, il ne dédaignait pas de plonger dans l’occultisme pour donner un sens à la nature qui l’entourait. Ainsi mit-il au point sa « Théorie des signatures ». Pour lui, l’ordre divin était partout et il suffisait de regarder attentivement pour le découvrir. Avant lui, Saint Hildegarde de Bingen avait déjà pressenti ces étranges coïncidences et elle a beaucoup contribué à la connaissance des plantes médicinales.

Orphelin de mère, le jeune Theophraste grandit à l’ombre de l’abbaye bénédictine d’Einsiedeln. Il est d’abord formé par son père, médecin et professeur d’alchimie. Puis, boudant l’enseignement traditionnel, il devient l’élève de Trithème, un bénédictin extrêmement versé dans les connaissances de l’alchimie, de l’astrologie et surtout de la Kabbale. Lorsqu’il quitte son maître Trithème, à l’âge de vingt-deux ans, Paracelse a saisi le lien commun qui unit ces trois disciplines : le monde est un dans son essence et « tout évolue vers une transmutation définitive de toute imperfection en une radieuse unité ». C’est en 1515 qu’il obtient son grade de docteur à l’Université de Ferrara, après avoir fréquenté diverses universités dont Vienne et Bologne.

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Ce portrait est connu pour être celui de Paracelse, par Metsys Quentin, XVIe siècle – Musée du Louvre à Paris

Très vite Paracelse va donner ses lettres de noblesse à ce qu’on appela la « théorie des signatures ». Il préconisait que c’est par une simple observation directe que l’on pouvait découvrir le mode d’emploi des plantes. Un cadeau fait à l’homme en quelque sorte, un présent de Dieu, à ceux qui voulaient bien faire l’effort de voir les choses cachées derrière les choses. Il n’y aurait donc qu’à observer la forme des végétaux, leur couleur, le lieu où ils poussent, pour en déduire les applications que l’on peut en tirer. 

C’est ainsi que les plantes « signent » leur usage. « Tout ce que la nature crée, écrivait-il, elle le forme à l’image de la vertu qu’elle entend y attacher ». Un exemple : le saule. Cet arbre pousse dans les zones humides, aux bords des étangs et des marais. Il doit alors soigner les maladies provoquées par ce milieu. C’est pourquoi Paracelse le préconisait pour soigner les rhumatismes et les fièvres.  

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Un usage confirmé par la science qui a découvert dans le saule un des constituants principaux de l’aspirine, la salicyline. Le colchique, dont le bulbe ressemble à un orteil touché par la goutte, devait, selon la même logique, soigner cette maladie. Et le colchique possède bel et bien un principe actif capable de soulager les atteintes de goutte. De la même manière, la rhubarbe préconisée aujourd’hui encore pour favoriser les sécrétions biliaires, contient un suc jaune comme la bile. Autre exemple, « la racine de satyrion (orchis) est formée comme les organes génitaux de l’homme, elle promet donc de restaurer par voie magique la puissance et les désirs sexuels. Hélas, le système ne fonctionne pas à tous les coups.

Médecin de génie, Paracelse fut aussi un grand alchimiste. Il est d’ailleurs considéré comme le père de la médecine spagyrique, c’est-à-dire qui s’attache à mettre l’accent sur le principe vital en toute chose. Sa thérapie, qui obtenait des résultats surprenants, se basait sur la corresponde entre le monde extérieur macrocosmos, influencé par les planètes, et les différentes parties de l’organisme humain, c’est-à-dire le microcosmos. Dans un de ses ouvrages, il écrit : « Nous sommes à l’image de Dieu, mais aussi à l’image du ciel tel qu’il était disposé au moment de notre naissance. On éviterait bien des problèmes si on savait, avant de soigner un malade, quel est son thème astral.  

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Comme de nombreux médecins formés à l’université qui exerçaient à cette époque en Europe, Paracelse fut aussi astrologue. Et l’astrologie jouait un rôle très important dans la médecine de Paracelse. Dans ses « Neuf livres del’Archodoxe », il consacra plusieurs chapitre à l’usage de talismans pour guérir les maladies, proposant des talismans pour différentes maladies ainsi que des talismans pour chaque signe du zodiaque. Il a aussi inventé un alphabet appelé « Alphabet des Mages » pour graver le nom des anges sur les talismans.

Paracelse était aussi un grand alchimiste. Il connaissait les mines de cuivre de Villach, les mines de fer de la Suède et les mines d’argent de Schwaz, tant sur l’aspect pratique, médical, que sur l’aspect technologique, alchimique. Il a résumé ainsi sa pensée : « Beaucoup ont dit que l’objectif de l’alchimie était la fabrication de l’or et de l’argent. Pour moi, le but est tout autre, il consiste à rechercher la vertu et le pouvoir qui réside peut-être dans les médicaments ». Il fait donc de la philosophie hermétique ou de l’iatrochimie (médecine hermétique), pas de l’alchimie proprement dite. Johann Huser, un de ses éditeurs, a montré que Paracelse n’a écrit aucun livre d’alchimie au sens traditionnel du terme.

Les théories de Paracelse continuent à séduire. Les Historiens se débattent encore, mais l’avènement de la distillation semble avoir contribué au changement. La technique s’est imposée à la fin du Moyen Age dans la communauté des alchimistes, de nombreux produits naturels ont été testés. A partir des substances naturelles comestibles, tels le fenouil, la noix de muscade et les clous de girofle, les chimistes obtiennent toujours trois types de produits : un fluide volatil, ou « esprit », une substance huileuse, enfin un résidu solide. 

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Paracelse remplace les quatre Eléments (Terre, Eau, Air, Feu) par trois substances ou plutôt en ajoutant le Sel aux deux substances jusqu’alors admises (soufre et Mercure), il place les trois Substances dans les quatre Eléments :

« Parmi toutes les substances, il en est trois qui donnent à chaque chose leur corps, c’est-à-dire que tout corps consiste en trois choses. Les noms de celles-ci sont : Soufre, Mercure, Sel. Si ces trois choses sont réunies, alors elles forment un corps… La vision des choses intérieures, qui est le secret, appartient aux médecins… Prenez l’exemple du bois. Celui-ci est un corps en lui-même. Brûlez-le. Ce qui brûlera, c’est le Soufre, ce qui s’exhale en fumée, c’est le Mercure ; ce qui reste en cendres, c’est le Sel…Ce qui brûle, c’est le Soufre ; celui-là (le Mercure) se sublime, parce qu’il est volatil ; la troisième Substance (le Sel) sert à constituer tout corps ».

Quand l’alchimie décompose une chose en ses constituants, le principe sulfureux se sépare comme une huile combustible ou une réside, le principe mercuriel vole comme une fumée ou se manifeste comme un liquide volatil, enfin le principe salé demeure, comme une matière cristalline ou amorphe indestructible.

Les médecins se convainquent alors que la digestion n’est pas une cuisson, comme ils l’avaient soutenu précédemment, mais une fermentation.

Pour la préparation des médicaments, Paracelse cherche le principe actif, la quintessence. « La quintessence d’une plante est si efficace qu’une demie-once opère plus que cent de la plante en son état naturel ». Paracelse accepte donc l’alchimie comme art médical pour préparer des remèdes (modus praeparandi rerum medicinalium), mais pas comme technique transmutatoire (alchimia transmutatoria).

Paracelse est souvent considéré comme le père de la toxicologie. Il a écrit : « Tout est poison, rien n’est sans poison, ce qui fait le poison c’est la dose ». Cela signifie que des substances souvent considérées comme toxiques peuvent être anodines ou même bénéfiques à petites doses ; inversement, une substance en principe inoffensive comme l’eau peut s’avérer mortelle si on l’absorbe en trop grande quantité. Il a vu que le mercure soigne la syphilis, mais mal dosé le mercure tue.

Paracelse est également le précurseur de la médecine psychosomatique. On lui attribue la première mention clinique ou scientifique de l’inconscient. Il a écrit :

« Ainsi, la cause de la maladie connue sous le nom de chorée est une simple question d’opinion et d’idée, suscitée par l’imagination, affectant ceux qui croient à ce qui leur a été suggéré. Cette idée et cette opinion sont à l’origine de la maladie à la fois chez les enfants que chez les adultes. Dans le cas des enfants c’est aussi l’imagination, fondée non pas sur la réflexion mais sur la perception, parce qu’ils ont entendu ou vu quelque chose. La raison est la suivante : la vue et l’ouïe sont si forts qu’ils ont inconsciemment fantasmé sur ce qu’ils ont vu ou entendu ».

Il pressentit l’organothérapie, c’est-à-dire l’utilisation des tissus, glandes ou organes à l’état naturel ou sous forme d’extraits : « Prends du fiel de bœuf pour la cirrhose hépatique et de l’extrait de splénique (de rate) pour les obstructions de la rate ».

Paracelse va également insister sur la conscience du médecin, son honnêteté, son sentiment de responsabilité, sa mission : « Je vous recommande de ne pas être âpre au gain, de mépriser le superflu et la fortune, de voir quelquefois des malades gratuitement, préférant le plaisir de la reconnaissance à celui d’un vain luxe… On ne peut point aimer la médecine sans aimer les hommes ».

Il dit encore « Tu ne dois pas seulement regarder l’homme, mais aussi la nature et ce que cache le ciel… Car l’homme en est composé ». Dans ses « Commentaires des Aphorismes d’Hippocrate », Paracelse écrit : « Le médecin ne doit pas trop se vanter : il a un maître au-dessus de lui, et c’est le temps, qui joue avec lui comme le chat avec la souris ».  Il prévient aussi : « Le médecin doit savoir ce que veut la nature et qu’elle est le Premier Médecin. L’homme vient ensuite ». 

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Bibliographie :

Les Plantes et leurs Vertus – Marie Borrel – Editions du Chêne                  

Plantes et Santé n°98 de janvier 2010 – Dossier « L’astrologie des Plantes ».

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DANS LA SYMBOLIQUE TAUREAU… LE POMMIER

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 10-05-2010

On parlait déjà du pommier dans la Bible et dans bon nombre d’autres livres sacrés comme le Livre des Morts égyptien. Sa présence est également omniprésente dans les contes et les légendes. Mais savez-vous qu’on le connaissait déjà comme arbre fruitier à l’Age de pierre. Des restes de repas datant de cette époque ont permis de conclure qu’il représentait, via la pomme, un élément important de la nutrition. Mais il fallut attendre les Romains pour que l’arbre soit enfin cultivé.

En fait, il y a plus de 3000 ans, elle était déjà consommée en Chine. Elle nous arriva par la route de la soie, via les Arabes, les Grecs, puis les Romains. Pline l’Ancien répertoria même environ 100 variétés. Aujourd’hui, il en existerait plus de 20 000, dont 7 000 cultivées à travers le monde. Au Moyen Age, les monastères et les couvents ont joué un rôle important dans le développement et la culture des pommiers. 

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Mais déjà chez les Gaulois, le pommier était arbre sacré, à l’égal du chêne. Dans les légendes celtiques, Lug inflige aux trois fils de Tuireann l’épreuve qui consiste à chercher trois pommes d’or du jardin des Hespérides. Ces pommes délivraient de la faim, de la soif, de la douleur, de la maladie et ne réduisaient jamais de volume. De ce fait, le pommier était le symbole de l’amour qui lie l’homme à la nature. Alors qu’au Caucase, le pommier était l’arbre reliant la terre au ciel. Le mot « ma » signifie « pomme » et « étoile ». Cela donna les pommes d’or des Grecs et des Celtes. En Normandie, un pommier qui pousse vite en hauteur est dit « filant ». 

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La tradition du sapin de Noël est récente en France. Elle a été importée d’Allemagne au XIXe siècle par la belle-fille de Louis-Philippe et ne devint populaire qu’après la guerre de 1870. Auparavant, d’autres arbres participaient à la fête de Noël. On racontait, en Charente, que des pommes venaient se poser sur les arbres pendant la messe. L’arbre à pommes des traditions alsacienne et allemande est en fait l’ancêtre du sapin de Noël. Une fête d’Adam et d’Eve avait lieu, autrefois, le 24 décembre en Alsace et il était déconseillé de manger des pommes ce jour-là. Dans les églises, l’arbre de la connaissance y était représenté par un sapin décoré de pommes rouges, en souvenir des pommes d’immortalité conservées par la déesse germanique Iduna. En effet, il faut savoir que les dieux mangent des pommes pour rajeunir.

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Iduna la Déesse

Des pommiers ornent les cimetières en Normandie et en Bretagne. Le jour de la Toussaint, en Bretagne, un faux pommier, branche de houx ou d’if, portant une pomme rouge sur chacun de ses rameaux, est vendu aux enchères au profit des âmes des défunts. Cet arbre, toujours vert, est à la fois arbre des morts et espoir de fécondité.

Une légendaire « île d’Avallon » est située dans l’autre monde, et cependant la Bretagne est riche en pommiers. D’après Bernardin de Saint-Pierre, c’est la conséquence de la vengeance de Thétis. Celle-ci, jalouse que Vénus ait remporté, en hommage à sa beauté, la pomme devenue pomme de discorde puisque les déesses  avaient demandé à Pâris de désigner la plus belle d’entre elles, fait dérober le fruit par un triton qui la porta sur le rivage des Gaules. Thétis en sema les pépins dans la campagne environnante afin de perpétuer le souvenir de sa vengeance et son triomphe.

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Thétis, Pâris et la Pomme de Discorde

Si la pomme est un fruit merveilleux, le pommier appelé Abellio en Celte, est un arbre de l’Autre-Monde. C’est une branche de pommier que la femme de l’Autre-Monde, qui vient chercher Bran, lui remet avant de l’entraîner par-delà la mer. Emain Ablach en irlandais, Ynys Afallach en gallois (île d’Avallon), autrement dit « la pommeraie » est le nom de ce séjour mythique, où reposent les rois et les héros défunts. Dans la tradition britannique, c’est là que roi Arthur s’est réfugié en attendant de revenir délivrer ses compatriotes gallois et bretons du joug étranger. Merlin, d’après les textes, enseigne sous un pommier.

De nombreux villages portent des noms dérivés de « pommier ». Dans le Nord, on trouve Pommereuil, en Normandie, c’est Pommeréval, en Seine-et-Marne il y a Pommeuse et Pomarède dans le Lot. Dans les Landes une petite localité s’appelle Pomarez, dans l’Hérault c’est Pomerols. Avallon dans l’Yonne est peut-être cette île légendaire et serait donc la ville des pommes, alors que dans le Cantal on trouve Valuéjols qu’on pourrait traduire par « endroit à pommiers ». Il existe également des églises consacrées à Notre-Dame-des-Pommiers comme celles de Ruoms et de Largentière en Ardèche, ou encore celle de Sisteron dans les Alpes-de-Haute-Provence, de Beaucaire dans les Bouches-du-Rhône. Ce que l’on ignore, c’est si ces églises ont été construites sur des terrains plantés de pommiers ou à l’emplacement d’anciens temples païens dédiés à Pomone, la déesse des fruits et des amours bucoliques.

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Notre-Dame-des-Pommiers à Largentière – XIIIe siècle

En médecine, la pomme occupe toujours une place particulière. En tant qu’aliment, ses propriétés curatives sont considérables : qu’elle favorise la fertilité ou chasse les maux de dents… Pline l’Ancien nous décrit un pommier assyrien qui aurait été utilisé comme antidote et dont les feuilles auraient préservé les vêtements de la vermine. Sainte Hildegarde recommande la pomme contre les douleurs du foie, de la rate et contre la migraine. Elle fait d’ailleurs l’éloge de la pomme en général.

Jadis, on connaissait les vertus thérapeutiques de la pomme qui entrait dans la composition d’onguents, comme les pommades qui, comme le mot l’indique, viennent de la pomme puisque confectionnées avec de la pulpe de pomme.

Fruit qui entretient la jeunesse, symbole de renouvellement et de perpétuelle fraîcheur. Gervasius raconte comment « Alexandre le Grand, en cherchant l’Eau de vie dans l’Inde, a trouvé des pommes qui prolongeaient jusqu’à 400 ans la vie des prêtres. Dans la mythologie scandinave, la pomme joue le rôle de fruit régénérateur et rajeunissant. Les dieux mangent des pommes et restent jeunes jusqu’au ragna rök, c’est-à-dire jusqu’à la fin du cycle cosmique actuel ».

Aujourd’hui encore, le pommier mériterait d’être qualifié d’arbre de vie car avec toutes ses caractéristiques et ses formes d’utilisation possibles, c’est un remède qui n’a pas son pareil parmi les arbres et les arbustes.  

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Bibliographie 

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins. 

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DANS LA SYMBOLIQUE TAUREAU… UNE PIERRE… L’EMERAUDE

(08 - LES PIERRES ET METAUX DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 08-05-2010

Verte et translucide, l’émeraude est la pierre de la lumière verte, ce qui lui confère à la fois une signification ésotérique et un pouvoir régénérateur.

Le mot « émeraude » proviendrait du latin « smaragdus », une déformation du mot perse « zamarat » qui signifie « cœur de pierre ». Comme d’autres pierres précieuses, mythes et légendes se mêlent à la réalité historique lorsqu’on évoque l’émeraude. Sa présence est attestée à Babylone au IIe millénaire avant Jésus-Christ, où elle servait de monnaie d’échange. Dans l’Antique Egypte, près de la Mer Rouge, se trouvaient des mines d’émeraude. Ces mines de Djebel Zabarah, redécouvertes en 1816 par un explorateur français, ont été abusivement surnommées « mines de Cléopâtre ». Elles étaient déjà épuisées, mais elles ne contenaient probablement que des gemmes de piètre qualité. 

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Dans l’Antiquité, des auteurs comme Théophraste, Hérodote ou Pline l’Ancien mentionnent la présence d’émeraudes et décrivent parfois des statues, des colonnes ou des obélisques taillées dans cette pierre. On sait maintenant que ce n’étaient pas de véritables émeraudes ; en effet, en ces temps reculés, d’autres pierres aux reflets verts pouvaient facilement donner le change et il existait même des imitations, notamment en verre. En revanche, il est probable que des statuettes aient été taillées dans des blocs de minéraux à l’état brut, de moindre qualité.

A l’époque romaine, on évoque une lame d’émeraude utilisée comme instrument optique par l’empereur Néron qui s’en servait pour corriger sa myopie pour observer les combats des gladiateurs. A cette époque, on connaissait seulement la mine d’Habachtal en Autriche. Découverte par des tribus celtes, elle a également été exploitée par les Romains.

Il faut également évoquer la légende de Cyprus racontée par Pline. Il aurait existé la statue d’un lion en marbre et aux yeux d’émeraude. Cette statue faisait face à la mer et était source de problème car l’éclat des émeraudes perçait la surface de la mer et faisait fuir les poissons, d’où la ruine des pêcheurs locaux. Ils finirent par comprendre qu’ils devaient déplacer la statue. Et effectivement, peu après, les poissons revinrent aussi nombreux qu’avant.

Au XVIe siècle, les Espagnols découvrent en Amérique du Sud de nouveaux gisements, principalement en Colombie. La mine de Chivor sera exploitée à partir de 1545 et celle de Muzo en 1560. Il existe d’ailleurs une légende inca : Tena, abusée par le mal incarné Sarb, trompa un jour son mari, le roi indien Fura. Ce dernier, fou de chagrin, mourut, désespéré. La malheureuse reine, après avoir repris ses esprits, consciente du désastre, monta sur la montagne pour y pleurer de désespoir pendant des jours et des jours. Les dieux eurent pitié de la reine. Ils élevèrent deux hautes montagnes et transformèrent Sarb en « rio minero », le fleuve qui coule aujourd’hui dans la vallée de Muzo. Les larmes innombrables de la reine se changèrent, quant à elles, en émeraudes.

Pour les Mezzo-Américains, l’émeraude était associée à la pluie, au sang, et çà tous les symboles du cycle lunaire. Elle constituait un gage de fertilité. Les Aztèques la nommaient quetzalitzli et l’associaient donc à l’oiseau quetzal aux longues plumes vertes, symbole du renouveau printanier. Elle était de ce fait liée à la direction Est, et à tout ce qui touchait le culte du Dieu-Héros Quetzealcoatl. Elle se distinguait du jade vert en ce qu’elle ne recouvrait pas, comme celui-ci, les rites sanglants offerts aux grandes divinités Huitzilopochtli et Thaloc, qui personnifiaient le soleil de midi et les non moins implacables orages tropicaux.  

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Ce sens bénéfique est aussi attesté en Europe selon une superstition qui attribua longtemps à l’émeraude la vertu miraculeuse de hâter l’enfantement. Par extension, elle aurait eu des vertus aphrodisiaques signalées par Rabelais.

En Inde, la pierre du « Grand Moghol », découverte en 1695, pèse 217,80 carats. Elle mesure environ 10 cm. Elle porte des inscriptions religieuses. Elle aurait été acheté pour 2,2 millions de dollars par un anonyme.

Jusqu’au début du XXe siècle, on appelait également « émeraude orientale » une pierre très différente : le corindon vert, dont la composition s’apparente à celle du rubis et du saphir.

Pour les alchimistes, l’émeraude était la pierre d’Hermès/Mercure, le messager des dieux et le grand Psychopompe. Ils appelaient aussi émeraude la rosée de Mai, mais cette rosée de Mai n’était elle-même que le symbole de la rosée mercurielle, du métal en fusion ou moment où, dans la cornue, il se transforme en vapeur. Ayant la propriété de percer les plus obscures ténèbres, elle donna son nom à la fameuse table d’Emeraude attribuée à Apollonius de Tyane, et qui renfermait « le Secret de la Création des Etres, et la Science des Causes de toutes choses. La tradition hermétique voulait aussi qu’une émeraude fût tombée du front de Lucifer pendant sa chute.

Sous son aspect néfaste elle est associée, dans le lapidaire chrétien, aux plus dangereuses créatures de l’enfer.

Les traditions populaires du Moyen Age conservent, cependant, à l’émeraude, tous ses pouvoirs bénéfiques auxquels se mêle nécessairement un peu de sorcellerie.  

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Pierre mystérieuse, et donc dangereuse à celui qui ne la connaît pas, l’émeraude a été un peu partout sur terre considérée comme le plus puissant des talismans. Issue des enfers, elle peut se retourner contre les créatures infernales, dont elle connaît les secrets. C’est pourquoi on dit en Inde que la seule vue d’une émeraude cause une telle terreur à la vipère ou au cobra que leurs yeux sautent hors de leur tête. Attachée au bras gauche, elle protègerait de la fascination. Selon un manuscrit gothique d’Oxford, elle donne la liberté au prisonnier, mais à la condition qu’elle soit consacrée, c’est-à-dire amputée de ses forces malignes.

Dans la vision de Saint Jean apparaît siégeant sur son trône « comme une vision de jaspe vert ou de cornaline ; un arc-en-ciel autour du trône est comme une vision d’émeraude ». Le Graal est un vase taillé dans une énorme émeraude.

Pierre de connaissance secrète, l’émeraude revêt donc, comme tout support de symbole, un aspect faste et un aspect néfaste, ce qui dans les religions du bien et du mal, se traduit par un aspect béni et un aspect maudit, comme par exemple avec Lucifer. Et nous en trouvons une précise illustration dans la statuette équestre de Saint Georges, du Trésor de Munich, précieuse pièce d’orfèvrerie baroque, dans laquelle le saint, vêtu de saphir, la couleur céleste, et monté sur le cheval blanc solaire, terrasse un dragon d’émeraude. Dans cet exemple issu de la tradition chrétienne qui a progressivement séparé les valeurs ouraniennes et chthoniennes, faisant des premières le Bien et des secondes le Mal, le bleu du saphir s’oppose au vert de l’émeraude, qui symbolise la science maudite. Pourtant, l’ambivalence symbolique de l’émeraude n’est pas exclue des traditions chrétiennes puisqu’elle est aussi la pierre du Pape.

Le Moyen Age chrétien avait conservé certaines croyances égyptiennes et étrusques, selon lesquelles l’émeraude, placée sur la langue, était censée permettre d’appeler les mauvais esprits et de converser avec eux ; un pouvoir de guérison par attouchement lui était reconnu, notamment pour les affections de la vue ; c’était la pierre de la clairvoyance, comme de la fertilité et de l’immortalité. A Rome, elle était l’attribut de Vénus et en Inde, elle confère l’immortalité.

Cratophanie élémentaire, l’émeraude est en somme une expression du renouveau périodique, et donc des forces positives de la terre ; elle est en ce sens un symbole de printemps d’où son rapport avec le Taureau, de la vie manifestée, de l’évolution, s’opposant aux forces hivernales, mortelles, involutives ; elle est considérée comme humide, aqueuse, lunaire et s’oppose à ce qui est sec, igné, solaire. C’est ainsi qu’elle s’oppose au saphir. Mais elle agit aussi, non plus allopathiquement mais homéopathiquement, sur d’autres expressions chthoniennes, néfastes celles-là.

L’émeraude est la pierre par excellence des Mages car elle favoriserait les entreprises d’amour, facilitant aussi la divination et les songes prophétiques. Elle donnerait également de la vigueur aux vieillards et apaiserait les épileptiques. Consacrée à Vénus, elle est appelée « pierre de chasteté » car elle se brise quand son possesseur commet un acte contraire aux bonnes mœurs. De ce fait l’émeraude serait censée protéger le mariage et accroître la fertilité et aider aux accouchements. A Rome, elle était symbole d’amour.

Dans l’Egypte antique, l’émeraude est porteuse du symbole d’immortalité. Symbole d’espoir et de vie éternelle, la couleur verte de l’émeraude est choisie comme emblème de l’Islam. Dans la tradition musulmane, c’est le trône sur lequel repose la plume et la table du coran. C’est également une émeraude qui orne les tiares papales.

Par ailleurs, on dit que l’émeraude protège les blonds, ainsi que les marins, les escrocs et les trafiquants.

Dans le folklore français, l’émeraude symbolise quarante années de mariage.  

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Bibliographie

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins.

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DANS LA MYTHOLOGIE TAUREAU… IO, LA GENISSE

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 06-05-2010

Io, n’est pas seulement l’énigme facile des cruciverbistes. Io était avant tout une des prêtresses d’Héra. Zeus/Jupiter qui aurait bu un philtre d’amour s’éprit d’elle, sans plus réfléchir aux ennuis que pourrait lui attirer le fait de chasser sur un territoire particulièrement bien gardé. La version du philtre, cependant, peut être contestée car apparemment Jupiter n’avait nul besoin de boire quoi que ce soit pour tomber amoureux d’une mortelle ou d’une déesse. Héra/Junon, bien sûr, fut vite avertie. Elle s’empressa de reprocher à Zeus, une fois de plus, son infidélité. Et lui ne sut mieux faire que de nier. Aussitôt, il changea Io en vache blanche. Mais Héra ne s’y trompa pas et revendiqua la garde de cette jeune vache, la confiant à Argos aux cent yeux. C’est dire que rien ne pouvait échapper aux regards de celui-ci.

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Argos gardant la génisse Io

Pourtant,  Jupiter peu disposé à renoncer à son caprice et voulant retrouver à tout prix sa génisse, chargea Hermès/Mercure de la dérober en trompant la vigilance d’Argos Panoptès. Difficile mission dont Hermès s’acquitta mais au prix du meurtre d’Argos qu’il endormit au son de sa flûte. Héra infligea alors à Io la présence persécutrice d’un taon qui la poursuivit où qu’elle aille. Elle parcourut le monde, haletante, ne connaissant aucun répit mais elle se retrouva en Egypte où Jupiter lui rendit enfin son apparence humaine.

Après avoir épousé Télégonos, Io donna naissance à Ipaphos, son fils par Jupiter qui l’avait « touchée » dans cette intention et institua le « culte d’Isis », nous raconte Robert Graves. Il ajoute qu’Ipaphos était le bœuf Apis et qu’il régna sur l’Egypte… Du moins est-ce là une version, mais quelle que soit celle à laquelle on s’arrête, il y est toujours question de bœufs et de vaches même si Io est parfois assimilée à Héra elle-même ou à Déméter, cette dernière étant fortement nourrie de l’image d’Isis revue et corrigée par Apulée.

La mythologie prend ainsi, parfois, un tour circulaire. Mais Io, quels que soient ses liens à Zeus ou à Isis, est avant tout une déesse dont le nom évoque la lune, et donc la fécondité. Et puis se souvenir que le Taureau est le lieu d’exaltation de la Lune, c’est-à-dire un signe où elle est particulièrement en affinité.

Le Taureau, selon sa couleur, est porteur de symboles différents. Noir, le voici chthonien, taureau de la mort, comme d’autres animaux au pelage sombre. On songe au poème de Garcia Lorca : « Toro negro de pena »… Ce taureau qui, dans l’arène, a fait couler le sang du torero… Le contenu archaïque est ici très puissant, associé au sang, au sacrifice et donc au sacré.

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Zeus sortant de la nuée enlaçant Io – sculpture sur ivoire

Mais revenons encore quelques instants vers Io. Elle était la fille d’Inachos, dieu-fleuve et premier roi d’Argos, et de Mélia. Elle passe aussi pour être la fille de Iasos, fils de Triopas. Io rêva à plusieurs reprises que Zeus venait vers elle en murmurant et la suppliait de le rejoindre dans les prairies de Lerne. Lorsqu’Io parla à son père des rêves qu’elle avait eus, Inachos consulta les oracles de Delphes et de Dodone qui, après quelques réponses évasives, lui dirent qu’il devait bannir sa fille du pays à jamais s’il ne voulait pas que son peuple fût foudroyé par Zeus. Il n’en fut rien, mais le destin d’Io était scellé quand même. Destin d’errante poursuivie par un taon. Elle passa par Dodone qui la salua comme la future épouse de Zeus, puis longea la mer Adriatique, donnant son nom au golfe Ionien. Ensuite, elle se dirigea vers le nord et arriva dans une région, proche de l’Océan, où Prométhée était enchaîné à la montagne. Ce dernier la renseigna sur son destin. Ensuite, elle traversa le Scythie et le Caucase, longea la Mer Noire et passa par le Bosphore, le passage de la vache en souvenir d’elle. De là, elle se dirigea à l’est, vers le pays des Gorgones et des Grées, et finit par arriver en Egypte où, dans la ville de Canope, Zeus enfin la rejoignit et lui rendit sa forme primitive. Et touchant de la main le corps de Io, il engendra un fils, Epaphos qui signifie « le toucher de Zeus ». Epaphos régna sur l’Egypte et l’Afrique et donna naissance à de nombreuses dynasties, au nombre desquelles figure la famille royale d’Argos.

Telle est la version d’Eschyle, raconté dans la pièce « Prométhée enchaîné ». La légende que rapporte Ovide est assez différente. Selon lui, Zeus aperçut Io se promenant près du fleuve ; il lui demanda de le rejoindre à midi dans les bois, et là il recouvrit d’une nuée l’endroit où il s’unit à elle. Héra vit les nuages qui s’étendait sur Argos et soupçonna l’aventure, mais Zeus transforma Io en génisse avant que les nuages ne fussent dispersés. Il jura que l’animal était une génisse ordinaire, mais Héra ne se laissa pas duper. Elle demanda qu’on la lui offrît, ce que Zeus ne put refuser. Ses soupçons n’étant pas dissipés, Héra la confia à la garde d’Argos et, en arrivant sur les rives du fleuve Inachos, Io inscrivit son histoire dans la poussière, pour son père. Celui-ci comprit ce qu’il était advenu à sa fille et pleura. Cependant, Hermès réussit à tromper la surveillance d’Argos et à le tuer.

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Mégère (la Haine) une des Erinyes

Héra, après avoir transporté les yeux de son serviteur sur la queue de son paon, envoya contre Io une Erinye qui, sous la forme d’un taon, la tourmenta à travers toute la terre. Elle arriva finalement en Egypte, où Zeus eut pitié d’elle, ou elle-même demanda grâce à Héra. Elle retrouva sa forme humaine et fut adorée sous le nom de la déesse égyptienne Isis. Elle donna naissance à Epaphos, qui reçut lui aussi un culte, identifié au dieu-Taureau Apis.

Avec les mythes, c’est comme avec les Evangiles, il y a plusieurs narrateurs et donc plusieurs versions… Et heureusement pour Io, dans chacune d’elles tout est bien qui finit bien…

 

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Bibliographie

Dieux et héros du Zodiaque – Joëlle de Gravelaine – Editions Robert Laffont

Dictionnaire de la Mythologie – Michael Grant et John Hazel – Marabout

taon

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