LA LUNE ET LE CANCER DANS LES BRAS DE MORPHEE

(05 - PETIT COURS D'ASTROLOGIE, 5.3.2 - LUNE) par sylvietribut le 28-06-2010

C’est en corrélation avec celui du Soleil que se manifeste le symbolisme de la Lune. Ses deux caractères les plus fondamentaux dérivent, d’une part, de ce que la lune est privée de lumière propre et n’et qu’un reflet du soleil ; d’autre part, de ce qu’elle traverse des phases différentes et change de forme. C’est pourquoi elle symbolise la dépendance et le principe féminin, sauf exception bien sûr, ainsi que la périodicité et le renouvellement. A ce double titre, elle est symbole de transformation et de croissance.

La Lune est un symbole des rythmes biologiques : « Astre qui croît, décroît et disparaît, dont la vie est soumise à la loi universelle du devenir, de la naissance et de la mort…. La lune connaît une histoire pathétique, de même que celle de l’homme… mais sa mort n’est jamais définitive… Cet éternel retour à ses formes initiales, cette périodicité sans fin font que la lune est par excellence l’astre des rythmes de la vie… Elle contrôle tous les plans cosmiques régis par la loi du devenir cyclique : eaux, pluie, végétation, fertilité… »

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Quartier de Lune dans le ciel d’Arzon (Morbihan)

La Lune symbolise aussi le temps qui passe, le temps vivant, dont elle est la mesure, par ses phases successives et régulières. La Lune est aussi le premier mort. Pendant trois nuits, chaque mois lunaire, elle est comme morte, elle a disparu…. Puis elle reparaît et grandit en éclat. De même, les morts sont censés acquérir une nouvelle modalité d’existence. La lune est pour l’homme le symbole de ce passage de la vie à la mort et de la mort à la vie ; elle est même considérée, chez de nombreux peuples, comme le lieu de ce passage, à l’instar des lieux souterrains. C’est pourquoi de nombreuses divinités lunaires sont en même temps chthoniennes et funéraires : Mên, Perséphone et probablement Hermès lui-même. Le voyage dans la lune ou même le séjour immortel dans la lune, après la mort terrestre, sont réservés, selon certaines croyances, à des privilégiés : souverains, héros, initiés, magiciens.

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La Lune est un symbole de la connaissance indirecte, discursive, progressive, froide. La lune, astre des nuits, évoque métaphoriquement la beauté, et aussi la lumière dans l’immensité ténébreuse. Mais cette lumière n’étant que le reflet du soleil, la lune est seulement le symbole de la connaissance par reflet, c’est-à-dire de la connaissance théorique, conceptuelle, rationnelle ; ce en quoi on lui rattache le symbolisme de la chouette. C’est aussi pourquoi la lune est yin par rapport au soleil yang : elle est passive, réceptive. Elle l’eau par rapport au feu solaire, le froid par rapport à la chaleur, le nord et l’hiver symboliques opposés au sud et à l’été.   

La Lune et ses symboles astrologiques

La Lune est traditionnellement en affinité avec le signe du Cancer, la Maison IV et l’élément Eau. En effet, le signe du Cancer est chargé d’images féminines et maternelles. Il ouvre à la fois sur l’imagination fécondante, l’intimité, le sommeil. Si le graphisme du signe évoque le « crabe » avec ses pinces, il semble bien plus évident d’y voir un fœtus à l’abri dans son œuf, rêvant en suçant son pouce qu’il ne quittera jamais ce havre de paix.

 Dans « l’Eau et les Rêves », Gaston Bachelard, en quelques lignes montre l’agencement des symboles associés à cet élément : « Quand nous aurons compris que toute combinaison des éléments matériels est, pour l’inconscient, un mariage, nous pourrons rendre compte du caractère presque toujours féminin attribué à l’eau par l’imagination naïve et par conséquent poétique. Nous verrons aussi la profonde maternité des eaux. L’eau gonfle des germes et fait jaillir les sources. L’eau est une matière qu’on voit partout naître et croître. La source est une naissance irrésistible, une naissance continue ».

le-cancer1En astrologie, le signe du Cancer regroupe dans sa symbolique la naissance, la source, la fontaine, le fleuve, là où elle attribuera l’étang, les eaux dormantes, les « eaux de mort » du Scorpion ; et la mer, avec ses violences et sa puissance, son immensité et sa nature illimitée, aux Poissons. Le Cancer, c’est le signe des commencements, celui de « l’ouverture des Portes du Destin ». Au Cancer se situe le Chaos originel, la soupe primordiale, là où tout est encore indifférencié. De ce Chaos naîtront les dieux, les hommes et les civilisations. Par ces Portes s’engouffreront les âmes sous forme d’abeilles qui entreront dans le zodiaque.

La Lune, dont le disque apparent est de la même dimension que celui du Soleil, a en astrologie un rôle particulièrement important. Elle symbolise le principe passif, mais fécond, la nuit, l’humidité, le subconscient, l’imagination, le psychisme, le rêve, la réceptivité, la femme et tout ce qui est instable, transitoire, et influençable, par analogie avec son rôle astronomique de réflecteur de la lumière solaire. La Lune fait le tour du Zodiaque en 28 jours et certains historiens pensent que le Zodiaque lunaire des 28 demeures, peu usité actuellement en astrologie occidentale, est plus ancien que le Zodiaque solaire des 12 signes ; ce qui explique l’importance de la lune dans toutes les religions et les traditions.

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Eboli sotto la Luna – Basilicata – Italia

 Par son cours capricieux, les formes multiples qu’elle revêt, la vie nocturne qui est son royaume, la Lune est avant tout l’antithèse du Soleil. Elle représente donc en nous ce qu’il y a d’inconscient, de changeant, de flou, la vie organique qui continue durant notre sommeil et s’exprime par le rêve. La Lune est le lien invisible existant entre les forces cachées de la nature et l’homme. Médiatrice entre le cosmos et l’humain, son influence quotidienne est plus marquée chez les femmes dont elle régit le cycle et… l’humeur capricieuse. Matrice de la vie, elle exprime des valeurs de fécondité et de gestation. La Lune a donc pour fonction la reproduction.

 Physiquement, elle symbolise les fonctions les plus végétatives de l’organisme : la nutrition, le sommeil. Psychologiquement, les couches profondes du psychisme. C’est un facteur d’intuition, de plasticité, de sympathie. Dans le cours d’une existence individuelle, elle correspond naturellement à la période de la petite enfance ; elle souligne les liens de dépendance à la mère, au passé. Par conséquent, elle donne des indications sur les relations qu’entretient le sujet avec sa mère et ses propres qualités maternelles. Pour des raisons culturelles évidentes, les femmes sont plus concernées que les hommes par les aspects lunaires et leur action sur l’être profond. Dans un thème féminin, on pourra évaluer la façon dont la personne peut ressentir et éprouver sa propre féminité.

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Picasso – Maternité

La Lune est un principe d’introversion. Elle représente dans le thème astral la féminité, la sensibilité. Dans un thème masculin, elle représentera plus particulièrement les personnages de la mère et de l’épouse. La Lune symbolise également le foyer, la famille et la vie domestique. Un thème à fortes composantes lunaires donne au natif des instincts chaleureux et le sens de l’accueil.

Après le Soleil, c’est la seconde planète importante dans le thème natal. Sa rapidité de mouvement laisse soupçonner que son influence portera essentiellement sur les événements au jour le jour, le détail, l’anecdote, les sentiments et leurs fluctuations. C’est donc la Lune qui interviendra le plus souvent dans les applications de l’astrologie médicale, horaire ou événementielle.  

La Lune, si elle est bien configurée dans le thème astral, est un facteur de réussite car elle crée un lien avec la foule, le sujet se sentant sur la même longueur d’onde que l’âme du public. Elle peut aussi être un facteur de chance chez les hommes politiques qui savent se rendre populaires sans effort. Le destin peut cependant être fluctuant, mouvant même. Le risque est de ne pas prendre d’initiatives, de compter sur la chance pure, sur les circonstances et de perdre ainsi un temps précieux. Souvent l’être lunaire reste sur un plan de dépendance alors qu’il aurait pu accéder à une réussite plus enviable et plus libre, mais il joue alors son rôle de satellite.

Dans un thème individuel, la Lune nous renseigne sur : 

– la vie intime du sujet, en liaison avec son enfance, sa mère, sa famille, son épanouissement secret ;

– sa part de rêve et d’imagination, aussi bien que de routine et de vie végétative.

– la popularité du sujet et sa vie quotidienne.

Dans le thème d’un homme, la Lune représente son Anima, l’image féminine qu’il porte au plus profond de lui, ses rapports généraux avec l’élément féminin. Dans un thème féminin, elle permet de prévoir comment est vécue la condition féminine de la personne.

La Lune invite au rêve et donc aux voyages. Elle donne des aptitudes pour le commerce qui met en relation direct avec le public : restauration, alimentation, services… comportement chaleureux, sens de l’accueil donnent au Lunaire un goût prononcé pour les professions ayant trait au service social.

La Lune décroissante dans le thème natal affaiblit le tempérament, celui-ci est très généralement rêveur et lymphatique. Ne pas oublier dans le jugement de la position de la Lune, parce que celle-ci est convertible, c’est-à-dire favorable ou difficile selon les aspects ou radiations qu’elle reçoit des autres planètes. Sa conjonction avec une autre planète l’imprègne très fortement.

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La Lune sur le plan physiologique

Les valeurs élémentales de la Lune sont le froid et l’humide qui lui donnent un tempérament lymphatique, axé sur la nutrition. La Lune gouverne l’harmonie fonctionnelle, les fonctions naturelles. Elle régit l’estomac et toutes les fonctions d’assimilation et de digestion. Elle indique dans un thème la façon de se nourrir. Elle régit la lymphe, les fluides, le grand sympathique. Dans le thème d’une femme elle est en rapport avec les fonctions de fécondité et de gestation. Elle régit les organes féminins internes et en particulier l’utérus. Elle joue aussi un rôle sur la vue et notamment elle gouverne l’œil gauche.

Elle est le Yin chinois, femelle et humide, par rapport au Yang, sec et mâle, représenté par le Soleil.

Dans les âges de la vie, la Lune correspond naturellement à la période de la petite enfance, elle souligne les liens de dépendance à la mère, à la vie familiale, au passé. Cependant, aux approches de la mort, dans la vieillesse, la Lune recommence à jouer un rôle, c’est la décrépitude… On retombe en enfance.

La Lune sur le plan psychologique

Elle représente la part inconsciente de notre psychisme, la base primitive commune entre l’animal et l’homme, tout ce qui reste infantile au fond de nous. Ses fonctions dominantes sont la mémoire automatique, le passé vivant basé sur les impressions et souvenirs d’enfance. C’est aussi le rêve, l’imagination, les perceptions extra-sensorielles, les prémonitions. Globalement, c’est notre monde intérieur avec ses fantasmes tissant le cocon dans lequel l’éternel enfant se protège des réalités extérieures. La Lune, c’est la partie la plus intime de notre Moi.

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Plage sauvage Marina di Alberese – Maremma Toscana – Italie

A l’instar de son influence sur les marées, elle régit de la même façon le monde émotionnel. Elle incarne ce que les psychologues appellent « la  persona », le masque que l’on se crée pour cacher sa sensibilité et faire face au reste du monde considéré comme ennemi. 

La Lune est le symbole de la capacité d’adaptation à la vie quotidienne. Par sa position dans les signes, elle indique nos automatismes fondés sur les habitudes. Elle se rapporte à l’influence de la mère, à l’image-mère, à l’Animus-Anima, aux rapports avec le public, à l’influence des femmes ou de l’épouse. La personne marquée par une dominante lunaire vit au rythme de ses sensations intérieures. Elle est rêveuse, peu active, imaginative, attachée à son enfance, sa famille et ses souvenirs.

Réaction, prédisposition subconsciente, conscience de soi (image de soi), réponses conditionnées. Tendance à rechercher un soutien intérieur, aspiration à la sécurité émotionnelle et domestique. Besoin de tranquillité émotionnelle et d’un sens d’appartenance ; besoin de se sentir en accord avec soi-même : tout cela fait partie du monde lunaire.

La Lune en caractérologie

Deux types s’accordent avec la Lune :

– le premier est nerveux (émotif, non-actif primaire) qui est le lunaire capricieux, un peu bohème, un peu instable, à l’âme vagabonde ;

– le second est de type amorphe (non émotif, non-actif primaire) ; il est plus stable, attaché à ses habitudes, sa routine quotidienne, guidé par ses appétits matériels.

La Lune en psychanalyse

Par rapport à la psychanalyse freudienne, la Lune représente notre CA, notre inconscient personnel, réservoir de forces instinctives, par opposition aux valeurs conscientes et idéales incarnées par le Soleil. C’est le côté infantile de la personnalité, ne songeant qu’à la satisfaction animal de ses appétits. Pour Jung, la Lune symbolise l’Anima, la partie émotive de notre psyché que l’homme refoule généralement. Elle est l’archétype de la femme, surtout vue dans son rôle de mère.

L’influx lunaire apporte une grande réceptivité qui rend le psychisme très malléable, plastique, parfois insaisissable. Le sujet lunaire peut osciller entre un état passif, indécis et même amorphe et, à l’opposé, un comportement qui retransmet la violence d’une autre planète, avec Mars par exemple. La Lune peut donc jouer tantôt comme un simple satellite, tantôt au contraire se manifester par un certain déchaînement instinctif. Elle peut aussi exprimer du narcissisme lorsque la personne reste fixée à l’enfance. 

La Lune et la tradition

L’argent est le métal lunaire par excellence. Ses couleurs sont le blanc-bleuté et le gris perle.

huitre-perliereLes perles appartiennent d’ailleurs au monde de la Lune.

                        chat-au-clair-de-lune1 Le Chat                    le-lapin-symbole-lunaire le lapin                

 Et la grenouille grenouille-arc-en-ciel sont des animaux lunaires, de même que tous les animaux nocturnes.

saule-pleureur-argente1L’arbre lunaire est le saule-pleureur argenté, mais les nénuphars nenuphars1 font également partie du monde lunaire.

laitue1 La laitue est le légume lunaire puisqu’elle fait dormir.

Le pavot est également lunaire,  c’est la fleur du sommeil et du rêve pavot-oriental

fleur-doranger2Quant à l’eau de fleur d’oranger, elle aussi favorise le sommeil si elle est prise le soir en tisane.

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Les masques et les déguisements symbolisent bien le monde lunaire, la lune elle-même se travestissant tout au long de son cycle.

Sur un plan individuel, la Lune représente l’enfance, la sensibilité et sur le plan collectif : le public, la foule.

Elle est aussi en relation avec l’eau, les marées et le cycle menstruel des femmes (28 jours).

Son jour est le lundi. 

tarot-la-lune2A l’époque médiévale, on associait la Lune à la déesse Fortune, celle de la lame de la Roue de Fortune dans le jeu de Tarot. La Lune est le XVIIIe arcane majeur du Tarot, selon certains interprètes, elle exprimerait l’enlisement de l’esprit dans la matière : la neurasthénie, la tristesse, la solitude, les maladies, ou encore le fanatisme, la fausseté, la fausse sécurité, les apparences trompeuses, la fausse route, le vol commis par des proches ou des serviteurs, les promesses sans valeur. On dit aussi qu’elle est le travail, la conquête pénible du vrai, l’instruction par la douleur ou les illusions, les déceptions, les pièges, le chantage et les égarements. Cet arcane complète les significations de l’Amoureux, arcane VI, et comme cette lame correspond en astrologie à la sixième Maison astrologique. Ajoutons que la Lune d’un Tarot français du commencement du XVIIIe siècle éclaire non pas deux chiens aboyant comme dans les jeux courants, mais une vache, une cigogne et une brebis, ce qu’on peut mettre en parallèle avec l’attribution des animaux domestiques à la sixième Maison du thème astral.

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La Lune dans la mythologie

artemis-1001Ce sont deux déesses vierges qui symbolisent la Lune : la Diane latine et l’Artémis grecque, chasseresses dont l’arc est un croissant de lune. Vierges éternelles, farouches et vindicatives, Artémis ou Diane est sœur d’Apollon. Chassant inlassablement à travers les bois et les montagnes, elle représente la dureté et la sauvagerie de la nature. Antithèse d’Aphrodite-Vénus, elle persécute ceux qui s’adonnent aux plaisirs de l’amour. Comme Orion, le chasseur géant fils de Poséidon qui voulut la séduire et fut tué par le scorpion qu’elle lui envoya. Elle est considérée comme la déesse protectrice des petits enfants et des jeunes animaux. Ses flèches ne rataient jamais leur cible et passaient pour donner une mort sans douleur.

selene-et-endymionSéléné était connue chez les Romains sous le nom de Luna. Elle est généralement décrite comme une belle femme au visage pâle ou blanc, vêtue de longues robes fluides blanches ou argentées et portant une lune en croissant retournée sur sa tête. Elle conduit un char argenté à travers le ciel obscur, tiré par des chevaux blancs ou des bœufs blancs, selon la légende. Elle luit d’une douce lumière argentée pendant qu’elle voyage à travers les cieux, renvoyant sa douce lumière sur la terre endormie. Elle donna deux filles à Zeus-Jupiter, Hersé, la rosée, et Pandia. Pan la séduisit en lui offrant une superbe toison blanche. Le plus souvent, on en fait l’amante d’Endymion, alors que d’autre mythe en font son fils, quoi qu’il en soit elle l’endormit à jamais. Quand plus tard on associa Artémis à la Lune, Séléné perdit l’intérêt des mythographes.  

eurynome-et-ophion1Auparavant, il y eût Eurymoné. C’était une déesse lune et déesse de toutes choses qui émergea nue du Chaos, ce qui semble faire d’elle une déesse très ancienne. A elle seule, elle accomplit ce que les dieux mésopotamiens font avec effort et fureur : elle sépara le ciel et la terre et dansa sur les vagues car il lui fallait bien poser les pieds quelque part. Elle prit dans ses mains le vent du Nord, le frotta et fit apparaître Ophion, le grand serpent. Devant lui, elle dansa lascivement lui inspirant un désir fou. Alors il l’enlaça et ainsi Eurynomé fut fécondée. Elle prit alors l’apparence d’une colombe et pondit l’œuf universel. Ophion s’enroula autour de lui sept fois, jusqu’à l’éclosion. De cet œuf, tout ce qui existe surgit : le soleil, la lune, les étoiles, les montagnes, les créatures vivantes, les rivières. Mais Ophion commit une erreur. Il se vante, l’orgueilleux serpent, d’avoir à lui seul créé l’univers. Faute impardonnable aux yeux d’une aussi grande Déesse Mère… Alors elle lui écrasa la tête de son talon, lui brisa les dents et l’exila à tout jamais au tréfonds de la terre. On lui prêta aussi la création des « sept puissances planétaires ». Sans doute faut-il voir dans ces puissances planétaires les sept planètes visibles à l’œil nu, seules connues des Anciens. 

ilithyieUne autre déesse, Ilithyie, « celle qui vient en aide aux femmes en couches », entre tout naturellement dans cette galerie des déesses maternelles. Elle est déesse des naissances, protectrice des sages-femmes, tout comme la déesse égyptienne Taurt, déesse hippopotame, dont la présence est indispensable lors des accouchements. Ilithyie, pour plaire à Héra, jouera un méchant tour à Alcmène, mère d’Héraklès. Pour empêcher une femme de mettre son enfant au monde, il suffit qu’Ilithyie croise ses doigts et serre ses genoux. Héra lui demande de le faire pour rendre l’accouchement impossible et Alcmène souffre de plus en plus. Mais Galanthis qui est auprès de la parturiente, entre dans la pièce où se trouve Ilithyie et annonce qu’Alcmène est délivrée. De saisissement la déesse se lève, dénouant ainsi ses genoux et permet à Héraklès de naître enfin. Galanthis, enchantée d’avoir joué ce tour, rit sous cape mais, pour se venger, Héra la transforme en belette.

Chez les Grecs, un personnage moins ambigu, Hébé, la déesse-enfant, peut aussi dans son aspect juvénile et innocent, faire partie des déesses Cancer. Fille de Zeus et d’Héra, pour fois issue d’un couple légitime, avant que son père n’installe Ganymède dans l’Olympe comme échanson des dieux, Hébé sert le nectar et l’ambroisie.

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Hébé par Canova

Morphée aux ailes de papillon provoque en nous une association immédiate avec le sommeil. Il est le fils de Nyx, la nuit, et d’Hypnos, le Sommeil, offrant aux humains les rêves les plus heureux. Et c’est pourquoi nous sommes toujours enchantés à l’idée de retrouver les bras de Morphée. Dans sa main, la fleur du Cancer, le pavot, qui fournit l’opium et favorise la fuite dans le rêve. Morphée est la divinité des rêves. Il apparaît aux rêveurs sous la forme d’être humains. Son nom est dérivé de « morphè » (forme) et signifie donc « celui qui transforme ».

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Morphée par Houdon

Quant à Daphné, c’est une nymphe, fille d’un dieu fleuve Pénée et de Gaïa, la Terre. C’était une vierge chasseresse, comme Artémis. Elle est aussi follement désirée par Apollon. Mais elle le fuit. Comme beaucoup de jeunes filles en pareilles circonstances, elle appelle sa mère, la supplie de la sauver… Peu à peu, elle se transformera, ses cheveux deviennent feuillage, ses pieds, racines et la voilà changée en laurier. Certains disent qu’elle ne voulait pas grandir ni devenir femme. Cette version mérite qu’on s’y arrête car elle correspond à la tentation Cancer d’un retour à l’enfance et à la protection maternelle. 

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Daphné et Apollon par John William Waterhouse

La Lune sur le plan astronomique

La Lune un satellite de la Terre. Elle en fait le tour en 27 jours, 7 heures et 43 minutes. Son diamètre est de 3 473 km. C’est le plus gros satellite du système solaire. En physique, la Lune est responsable du flux et du reflux des marées.  

Le graphisme de la Lune

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Il est facile à retenir, la Lune est représentée par un croissant à son premier quartier. 

PRINCIPES d’INTERPRETATION DE LA LUNE DANS LE THEME ASTRAL

La position de la Lune par rapport aux signes du zodiaque

Le signe de notre Lune natale nous dit comment nous ressentons et voyons notre mère ; il nous renseigne également sur notre propre attitude de parent, ou de mère, sur la manière dont nous nous occupons d’autrui et dont nous voudrions que l’on s’occupe de nous. Il décrit notre image de l’Anima et du féminin.

Le signe de notre Lune dépeint notre sensibilité et notre émotivité et indique la manière dont nous réagissons instinctivement aux événements et aux situations. A moins qu’elle ne soit trop inhibée par d’autres aspects (ou par un fort conditionnement culturel), nous adoptons spontanément le comportement de ce signe face à la vie.

Par son signe, la Lune décrit une façon d’être qui nous procure confort et sécurité. Elle montre ce que nous faisons lorsque nous avons besoin de nous reposer, de marquer un temps d’arrêt, de trouver un refuge. Elle donne des indications sur notre vie familiale et privée.

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 La position de la Lune dans les Maisons astrologiques

La Maison qu’habite notre Lune natale montre le domaine de notre vie où nous sommes attentifs et sensibles aux besoins des autres, mais aussi celui où nous nous laissons facilement influencer par autrui, où nous reflétons ou nous imitons les autres et où nous cherchons à fusionner avec notre entourage.

La Maison où est notre Lune indique la sphère de notre vie où nous sommes conditionnés par les habitudes du passé. Elle évoque les expériences que nous avons vécues avec notre mère, ainsi que l’influence qu’exercent sur nous les opinions, les attentes, les valeurs et les critères de notre famille ou de notre culture. C’est là que nous agissons de manière régressive ou puérile en nous cramponnant aux autres.

Nous avons une prédilection pour le domaine de vie associé à cette Maison car nous nous y sentons à l’aise et en sécurité, et nous y éprouvons un sentiment d’appartenance. C’est là que nous nous retirons lorsque nous avons besoin de nous reposer ou de nous réfugier. La Maison habitée par la Lune indique le domaine de notre vie où nous allons vivre des hauts et des bas, divers états d’esprit et autres variations du comportement.

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Les aspects que forme la Lune avec les autres planètes du thème

Les aspects de la Lune influent sur l’image de notre Anima et révèlent ce que nous avons rencontré par l’intermédiaire de notre mère, de la personne qui s’est occupée de nous, ou des femmes en général. Est-ce, par exemple, Jupiter ou Saturne que nous avons contacté par leur intermédiaire ? Sommes-nous conscients de notre Anima ou la projetons-nous ?

Les planètes aspectant la Lune décrivent notre conditionnement d’enfance, ainsi que la nature de notre sensibilité, de nos réactions instinctives et de nos rencontres émotionnelles. Sommes-nous ouverts, fermés, sur la défensive, rapides ou lents à réagir ? Les aspects de la Lune influent également sur la manière dont nous prenons soin des autres ou dont nous aimerions que l’on prenne soin de nous.

Les aspects de la Lune nous renseignent sur notre vie familiale et privée.

Les planètes aspectant la Lune peuvent se manifester dans notre constitution physique et dans nos attitudes et mouvements corporels. Pour une femme, elles concernent plus particulièrement la relation qu’elle entretient avec son corps.

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Bibliographie 

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Editions Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins                                                                             

Dictionnaire de la Mythologie – Michel Grant et John Hazel – Collection Marabout                                                                                                                                                   

Dieux et Héros du Zodiaque – Joëlle de Gravelaine – Editions Robert Laffont                                                                                                                                                         

Photo  « Quartier de Lune dans le ciel d’Arzon – Morbihan » –  http://lesecritsdumacaron.hautetfort.com/

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LA LUNE, LES PLANTES, LA SANTE ET LA SAINT-JEAN

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME, 07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 24-06-2010

La doctrine médicale des Anciens était essentiellement astrologique. Elle se basait sur les quatre tempéraments et sur l’analogie de la division zodiacale avec le corps humain. Ces quatre tempéraments ont été codifiés par Hippocrate. Ils sont en analogie avec les quatre saisons et les quatre quartiers du mois lunaire :

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* Au printemps et durant la phase croissante de la Lune correspond le tempérament sanguin (humide + chaud), en analogie avec l’élément Air.

* A l’été et au premier quartier de la Lune correspond le tempérament bilieux (sec + chaud), en analogie avec l’élément Feu.

* A l’automne et à la phase après la Pleine Lune correspond le tempérament nerveux (sec + froid), en analogie avec l’élément Terre.

* A l’hiver et au dernier quartier de la Lune correspond le tempérament lymphatique (humide + froid), en analogie avec l’élément Eau. 

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Galien et Hippocrate  – Peinture murale du XIIe siècle – AGNANI – ITALIE

 

Dans la répartition des quatre tempéraments d’Hippocrate, le principe du chaud appartient à la Lune Montante, celui du froid à la Lune Descendante. De même, le principe humide appartient au dernier quartier et à la phase croissante, tandis que le principe sec appartient au premier quartier et au quartier suivant après la Pleine Lune. 

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Les Anciens juxtaposaient le corps humain à la ceinture du Zodiaque comme le montre superbement l’abondante iconographie médiévale. Si le Soleil était la grande aiguille de l’horloge astrale, la Lune était la petite et elle indiquait pour le mois telle ou telle partie du corps sensibilisée, au fur et à mesure qu’elle parcourait le Zodiaque, en commençant par la tête (Bélier) jusqu’aux pieds (Poissons), de haut en bas.

Les plantes médicinales

La Lune régit de par sa nature humide les herbes guérisseuses dans toutes les civilisations. Mère des eaux, elle est l’adversaire des serpents et des monstres fabuleux qui détruisent les herbes naturelles car ils les avalent. L’offrande des herbes sous forme de fumigation les écartait de notre chemin. Tel était l’enseignement traditionnel.

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 Armoise 

L’armoise était considérée comme l’herbe lunaire par excellence, de l’Inde à l’Egypte, de la Grèce à la Rome antique. Cette plante tient son nom de la contraction du grec Artémis dont les Latins firent « Diane ». A la déesse Artémis était consacrée la Lune Montante. Elle présidait la chasse. C’était donc une déesse vierge aux activités masculines. Elle symbolisait le matriarcat et ses prérogatives spécifiques, dont l’art de l’accouchement. Sa mission principale était, en dehors de la chasse, de porter secours aux femmes dans leurs maladies, notamment en régularisant leur cycle. En somme l’appellation « armoise » qui évoque à la fois la lune et la déesse protectrice du sexe dit faible, indique clairement ses utilisations essentielles, et explique pourquoi, depuis Hippocrate, Pline et Dioscoride, elle est considérée comme la « plante féminine » par excellence.

Il semble qu’il s’agisse aussi de la sélénite, herbe aux vertus fabuleuses, dont le nom dérive de celui de la déesse Séléné, autre figure lunaire, et équivalent en grec de l’Isis égyptienne. Les initiés des mystères d’Isis en portaient un rameau à la main. Très diurétique, elle facilitait toutes les fonctions d’évacuation. On la prenait soit en décoction comme boisson, soit en friction, soit en la broyant crue dans du vin, soit en cataplasme sur le ventre pendant la nuit. Les pèlerins allemands en route pour Saint-Jacques-de-Compostelle la portaient sur la plante des pieds dans leurs chaussures pour soulager et éviter les morsures.

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En fait, le genre « armoise » se divise en une dizaine de plantes aux utilisations bien précises :

– L’armoise commune Artemisia vulgaris, très répandue dans nos régions : elle fleurit en août. Puissant tonique, c’était surtout l’herbe abortive par excellence, couramment employée dans les campagnes. C’était un vrai « secret de bonne femme ». 

– L’armoise absinthe a vu sa carrière arrêtée par la loi du 16 mars 1915, prohibant la fabrication et la vente de l’apéritif cher aux poètes français de la fin du XIXe siècle. 

– D’autres armoises exotiques, de Russie et du Moyen-Orient, sont utilisées comme vermifuge populaire en capitules desséchées sous le nom de « graines aux vers » (semen-contra officinal : semences contre les vers) parce qu’elles contiennent de la santonine. Dans nos régions, l’armoise maritime ou sanguenite fait le même effet. Elle fleurit sur nos côtes.

– On connaît aussi dans nos jardins la citronnelle (Artemisia abrotanum) à la forte odeur de camphre et de citron, dont la propriété serait d’éloigner les moustiques.

– Et enfin, l’estragon bien connu comme base de tout condiment

– Une dernière utilisation : comme liqueur pour les quatre espèces d’armoise naine des glaciers (herbe appelée génépi en patois savoyard), qui sont les secrets de la Chartreuse et de la Bénédictine.

Et comme toujours, il y a un temps pour tout et notamment il est celui de la cueillette

Les anthropologues rapportent que la cueillette des plantes guérisseuses avait lieu à des dates précises et donnait lieu à des rituels très élaborés, dont on trouve encore les marques dans les folklores du XIXe siècle, particulièrement en Europe Centrale.

Une certaine confusion apparente, des Amériques à l’Afrique noire, et des chamanismes russes et orientaux, fait apparaître ces dates tantôt inversées dans l’année, tantôt dans le mois lunaire. La cause en est astronomique, puisque les saisons sont inversées dans les hémisphères. Par ailleurs, la connaissance de l’astrologie est un plus pour comprendre les rites de ces civilisations que l’on dit archaïques qui, comme l’a rappelé en son temps Jung, est « le premier savoir du monde », unique base de toutes les religions anciennes.

Ainsi, il semble que les plantes à dominante solaire (telle l’héliotrope, la camomille, la marguerite…) doivent être cueillies quand le soleil est au plus haut de sa course, astronomiquement parlant dans sa plus haute déclinaison nord, c’est-à-dire au solstice d’été. Certains peuples s’y préparaient dès la Nouvelle Lune précédente, comme par exemple les Indiens d’Amérique du Nord.

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Cependant, il y a inversion pour les plantes à dominante lunaire qui doivent être cueillies à l’équinoxe de printemps et à la Pleine Lune, à la plus forte attraction lunaire annuelle, correspondant généralement à la plus forte marée. Exemple : le lierre et le gui, lequel était employé comme effet contraire à l’armoise. C’était un secret de bonne femme pour guérir de la stérilité.

Par ailleurs, il faut savoir que chaque plante est régie par une planète et son symbole évoque comment s’en servir pratiquement. Ainsi sont régies par Vénus : la verveine, le seringa, la pivoine, le sureau et la bardane.

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D’autres plantes ont plusieurs gouverneurs, comme les plantes carminatives, ainsi nommées parce qu’elles ont la propriété d’expulser l’air des intestins. L’origine étymologique du mot « carminatif » est un vrai jeu de mots : du latin « carmen » qui signifie « le chant » parce que cette action s’accompagne en général de bruits, mais aussi « carminatum » de « carminare » qui signifie « nettoyer ». Ces plantes carminatives sont gouvernées par Mars, Saturne et Neptune. Ces trois planètes contiennent bien les idées de dépense ou d’évacuation (Mars), de rétractation ou d’assèchement (Saturne) et de vents (Neptune). Parmi les plantes carminatives, il y a le cumin, la plus importante, mais aussi la mélisse, la sauge, l’anis, le carvi, le fenouil et la coriandre. 

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Enfin, toutes les plantes qui sont régies par d’autres planètes que les luminaires participent aux divers rituels des herbes de la Saint-Jean, au solstice d’été. Les cueillettes du solstice d’été donnaient lieu à des réjouissances païennes qui rappelaient les fêtes des cultes gnostiques et l’Eglise les a toujours condamnées sévèrement. Le Concile de Ferrara en 1612 interdit les pratiques de la nuit de la Saint-Jean : amasser de la fougère, semer, couper, arracher des herbes, en faire des ceintures et les porter sous ses habits, ou des couronnes à suspendre aux murs des maisons, des étables et des bergeries. Et par ordonnance du 20 juin 1653, le Consul de la ville de Nuremberg interdit les sauts au-dessus des feux de la Saint-Jean, composés d’herbes et de fleurs.

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Le solstice d’été était donc une fête du Soleil et les feux que l’on allume le jour de la Saint-Jean, ont pour but de soutenir le soleil dans la seconde partie de sa course. Car, de juin à décembre, les jours ne feront que décroître, et le soleil brillera de moins en moins. Les herbes solaires comme le millepertuis, l’héliotrope, l’origan, atteignent la plénitude de leur vertu quand elles sont cueillies en ce jour d’apogée.

D’autre part, la nuit qui précède la Saint-Jean est la plus courte de l’année, et dorénavant les nuits vont croître et la Lune brillera de plus en plus. Toutes les forces participant au principe de l’humidité seront plus vivifiantes. De là ces baignades naturistes qui sont dans les pays scandinaves l’un des rites essentiels de la fête. C’est pour la Lune une sorte de renouveau, et toutes les herbes y participent. Cueillies sous les rayons de la Lune de la Saint-Jean, leurs vertus roboratives sont à l’apogée.

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MUSIQUE ET ASTROLOGIE…

(12 - ASTROLOGIE ET MUSIQUE) par sylvietribut le 16-06-2010

Lyre, Cithare, Harpe, Luth…

La tradition nous rapporte que la lyre fut inventée par Mercure ou par l’une des neuf Muses, Polymnie. C’était l’instrument de musique favori d’Apollon et d’Orphée, aux accents prestigieux. Et c’est aussi depuis toujours le symbole des poètes. Plus généralement, la lyre est le symbole de l’harmonie cosmique : c’est au son de la lyre qu’Amphion bâtit les murs de Thèbes.  

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Polymnie, Erato et Melpomène

Dans la mythologie grecque, Amphion était le fils de Jupiter et d’Antiope, frère jumeau de Zéthos. Tous deux, sur l’ordre de leur oncle Lycos, roi de Thèbes, furent abandonnés enfants sur le mont Cithéron et recueillis par des bergers. Amphion devint alors un grand poète et un musicien, comme Orphée. Orphée avait le pouvoir d’entraîner les animaux par son chant ; Amphion, lui, pouvait par le même moyen déplacer des pierres. En effet, pour venger sa mère, maltraitée par Dircé, il tua celle-ci puis bâtit les remparts de Thèbes uniquement à l’aide de sa flûte et de sa lyre. Uni à Niobé, il en eût plusieurs enfants, les Niobides.

Cette lyre, attribut d’Apollon, symbolise également les pouvoirs de divination qui étaient propres au dieu. Mais en tant qu’attribut des Muses Uranie (l’astrologie) et Erato (la musique), la lyre symbolisait l’inspiration poétique et musicale.

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Amphion par Vigée-Lebrun 

Dans la mythologie grecque, Uranie était la Muse qui présidait à l’astronomie et à l’astrologie, ces deux disciplines étant indissociables chez les Grecs. Elle était la mère de Linos, conçue avec Apollon ou bien Amphimaros. On la représente vêtue d’une robe de couleur d’azur, couronnée d’étoile, et soutenant des deux mains un globe qu’elle semble mesurer, ou bien ayant près d’elle un globe posé sur un trépied, et plusieurs instruments de mathématiques. Elle est assistée par les Ouranies, les nymphes célestes. Selon Catulle, Bacchus la rendit mère d’Hymen.

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Uranie

Dans l’iconographie chrétienne, la lyre évoque la participation active à l’union béatifique. Ce rôle est celui de la harpe de David. Les sept cordes de la lyre correspondraient aux sept planètes : elles s’accordent dans leurs vibrations, comme celles-ci dans leurs révolutions cosmiques ; quand le nombre de cordes fut élevé à douze, on voulut y voir une correspondance avec les douze signes du zodiaque.  La notion d’harmonie s’exprime aussi par les harpes « des vainqueurs de la bête de l’Apocalypse ».  

Se fondant sur le récit mythologique de l’invention de la lyre, Jean Servier (*) considérait la lyre comme un autel symbolique unissant le ciel et la terre. Mercure, ayant volé les bœufs à Apollon, couvrit de la peau de l’un d’eux une carapace de tortue, fixa une paire de cornes à celle-ci et tendit des cordes boyaux sur cette caisse de résonance. « Or, dans les civilisations méditerranéennes, le bœuf représente le Taureau céleste… Faire vibrer la lyre, c’est faire vibrer le monde. Les noces cosmiques s’accomplissent, la terre est fécondée par le ciel ; il pleut sur les champs et les flancs des femelles s’alourdissent. Tous les instruments de musique semblent avoir été autant de moyens d’accéder à l’harmonie secrète du monde ». 

(*) Jean Servier était professeur d’ethnologie et de sociologie à la faculté de Montpellier. 

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DANS LE BESTIAIRE GEMEAUX… LE PAPILLON

(09 - LES ANIMAUX DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 13-06-2010

On considère souvent que le papillon, comme les Gémeaux, symbolisent légèreté et inconstance. La notion de papillon se brûlant à la chandelle ne nous est pas particulière : « Comme les papillons se hâtent à leur mort dans la flamme brillante, lit-on dans la Bhagavad Gîtâ, ainsi les hommes courent à leur perte… ».

Grâce et légèreté, le papillon est, au Japon, un emblème de la femme ; mais deux papillons figurent le bonheur conjugal. Ainsi le sujet Gémeaux qui a besoin de l’autre pour pouvoir se lire dans ses yeux et faire route avec l’autre.

Légèreté subtile, les papillons sont des esprits voyageurs ; leur vue annonce une visite ou bien la mort d’un proche.  

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Un autre aspect du symbolisme du papillon est fondé sur ses métamorphoses : la chrysalide est l’œuf qui contient la potentialité de l’être : le papillon qui en sort est un symbole de résurrection. C’est encore, si l’on préfère, la sortie du tombeau. C’est aussi celui de Yuan-k’o, l’Immortel jardinier dont la belle épouse enseigne le secret des vers à soie et qui est peut-être elle-même un ver à soie.

Il peut sembler paradoxal que le papillon serve, dans le monde sino-vietnamien, à exprimer un vœu de longévité : cette assimilation résulte d’une homophonie, deux caractères de même prononciation (t’ie) signifiant respectivement « papillon » et « grand âge, septuagénaire ». En outre le papillon est parfois associé au chrysanthème pour symboliser l’automne.  

Les témoignages les plus anciens, découverts dans l’ambre du Liban, datent de 100 millions d’années. Comme les sauterelles et les coccinelles, les papillons descendent des Mécoptères, ou mouches-scorpions, qui volaient dans les forêts de fougères de la Préhistoire.

Chez les Grecs, le papillon représentait le symbole de l’immortalité. Le philosophe grec Aristote nomma le papillon Psyché (l’âme) dans son célèbre Historia Animalium, en 344 avant notre ère. Parfois, on représente Psyché avec des ailes de papillon. De nombreuses pièces de monnaies grecques sont ornées d’un dessin de papillon. 

attacus-atlas-141L’Attacus Atlas, vedette des papillons en liberté, doit son nom à la mythologie grecque et au dieu Atlas, ce géant qui devait porter le monde sur ses épaules. L’Attacus est lui-même un géant pouvant atteindre 30 cm d’envergure.

Chez les Romains, des papillons sculptés dont été retrouvés dans le sarcophage dédiée à la déesse Minerve, protectrice de Rome.

Dans le Tochmarc Etaine ou Courtise d’Etain, récit irlandais du cycle mythologique, la déesse, épouse du dieu Mider et symbole de la souveraineté, est transformée en une flaque d’eau par la première épouse du dieu, qui est jalouse. Mais de cette flaque naît, peu de temps après, un ver, qui devient un magnifique papillon, que le texte irlandais appelle quelque fois une mouche ; mais le symbolisme est éminemment favorable. Les dieux Mider, puis Oengus, le recueillent et la protègent.

Chez les Aztèques, le papillon est un symbole de l’âme, ou du souffle vital, échappé de la bouche de l’agonisant. Un papillon jouant parmi les fleurs représente l’âme du guerrier tombé sur les champs de bataille. Les guerriers morts accompagnent le soleil dans la première moitié de sa course visible, jusqu’à midi ; ensuite, ils redescendent sur terre sous forme de colibris ou de papillons.

Toutes ces interprétations découlent probablement de l’association analogique du papillon et de la flamme, du fait des ses couleurs et du battement de ses ailes. Ainsi le dieu du feu, chez les Aztèques, porte comme emblème un pectoral nommé « papillon d’obsidienne ». L’obsidienne, comme le silex, est une pierre de feu ; on sait qu’elle forme également la lame des couteaux sacrificiels. Le Soleil, dans la Maison des Aigles ou Temple des Guerriers, était figuré par une image de papillon. 

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Symbole du Feu solaire et diurne, et pour cette raison de l’âme des guerriers, le papillon est aussi pour les Mexicains un symbole du soleil noir, traversant les mondes souterrains pendant sa course nocturne. Il est ainsi symbole du feu chthonien caché, lié à la notion de sacrifice, de mort et de résurrection. C’est alors le papillon d’obsidienne, attribut des divinités chthoniennes, associées à la mort. Dans la glyptique aztèque, il devient un substitut de la main, comme un signe du nombre cinq, nombre du Centre du Monde. Les mains sont, avec les bras, dans l’homme-zodiaque, en rapport avec les Gémeaux.

chenille-de-papillonUn apologue des Baluba et des Lulua du Kasaï, au Congo Central, illustre à la fois l’analogie âme-papillon et le glissement du symbole de l’image. L’homme, disent-ils, suit de la vie à la mort le cycle du papillon. Dans son enfance, il est petite chenille, puis une grande chenille à la maturité. Il devient chrysalide dans sa vieillesse ; sa tombe est le cocon d’où sort son âme qui s’envole sous la forme d’un papillon ; la ponte de ce papillon est l’expression de sa réincarnation. De même la psychanalyse moderne voit dans le papillon un symbole de renaissance. 

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Une croyance populaire de l’Antiquité gréco-romaine donnait également à l’âme quittant le corps des morts la forme d’un papillon. Sur les fresques de Pompéi, Psyché est représentée comme une petite fille semblable à un papillon. Cette croyance se retrouve chez certaines populations turques d’Asie centrale, qui ont subi une influence iranienne et pour lesquelles les défunts peuvent apparaître sous la forme d’un papillon de nuit.

Enfin, comment ne pas évoquer ces quelques vers d’Alphonse de Lamartine extraits des Nouvelles Méditations Romantiques :

papillon

Naître avec le printemps, mourir avec les roses,

Sur l’aile du zéphyr nager dans un ciel pur,

Balancé sur le sein des fleurs à peine écloses

S’énivrer de parfums, de lumières et d’azur

Secouant, jeune encore, la poudre de ses ailes,

S’envoler comme un souffle aux voûtes éternelles

Voilà du papillon le destin enchanté

          Il ressemble au désir, qui jamais ne se pose             

Et sans se satisfaire, effleurant toute chose,

Retourne enfin au ciel chercher la volupté !

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Bibliographie

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

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LA LEPIDOLITE… LA PIERRE DES GEMEAUX

(08 - LES PIERRES ET METAUX DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 10-06-2010

Cette variété de mica rose parme était déjà connue des Atlantes, c’était le constituant essentiel de leurs temples. La Lépidolite nous vient du Brésil, des Etats-Unis ; on la trouve aussi en République Dominicaine, à Madagascar, et même en République tchèque. Pourpre ou rose violacée, elle est relativement facile à se procurer. Et elle a de nombreuses qualités…

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Dans le livre très bien documenté d’Elie-Charles Flamand, « Les Pierres magiques », un passage intéressant décrit le lépidolite (extrait du Peri Lithon) : « Je dis que les dieux aiment aussi l’opale que la peau semblable à celle d’un jeune enfant. Elle guérit les yeux faibles et qui versent trop facilement les larmes, en la mêlant avec le myrte qui répand une bonne odeur, et avec la lépidote (1) qui brille par ses écailles blanchissantes. Ainsi mélangées, elles t’apprendront les biens et les maux que réserve mystérieusement l’avenir et, si tu désires le savoir, la lépidote chasse également les douleurs terribles des nerfs. Ces deux pierres divines sont également aimées du soleil aux cheveux d’or et tu seras étonné quand tu les verras ; toutes deux portent des rayons droits et brillants qui semblent une chevelure. Leur apparence est cependant différente : l’une ressemble au cristal transparent, l’autre à la chrysolite ; si la lépidolite ne jetait des rayons semblables à des cheveux, ce serait tout à fait une chrysolite. Je dis que l’une et l’autre sont bonnes. Le soleil, ce grand nourricier, les a dotées toutes deux d’une merveilleuse puissance. Elles donnent aux hommes la beauté de la forme et la vigueur dans le combat, même s’ils sont déjà d’un âge respectable. Ceux qui portent ces pierres prennent aussitôt l’allure généreuse des héros et les dieux leur accordent ce don précieux. Car l’audace et le calme plaisent également aux immortels.

Cette pierre a des vertus spirituelles très puissantes, mais douces et apaisantes : prise de conscience, régressions dans le passé, clairvoyance, travail sur les rêves. Sur les nerfs qui appartiennent également au monde Gémeaux, ses effets sont instantanés ; elle stimule dans les états dépressifs, elle aide à décrocher des fixations et instaure le lâcher-prise. Souplesse, détachement, recul sur le monde, elle est bien utile aujourd’hui pour comprendre ce qui se passe. En fait, la Lépidolite contient du lithium, bien connu pour aider à stabiliser les troubles de l’humeur. De ce fait, elle aide aussi à surmonter les différentes formes de dépendance, drogues ou autres, ainsi que certains troubles du comportement, alimentaire notamment.

 

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Les Atlantes et la Fortune – Venise – Punta della Dogana da Mare

Sur le plan physique, elle améliore les connexions nerveuses du cerveau. Il est donc conseillé de porter sur soi la lépidolite pour les problèmes d’anxiété, d’angoisse, elle apaise et aide à trouver le sommeil en éloignant les pensées négatives. Pensez à placer une lépidolite sous votre oreiller ; de même lorsque des changements importants se présentent dans la vie. Au niveau physique, la lépidolite aide à renforcer la musculature du dos et soulage les courbatures. Elle agit aussi sur les douleurs articulaires, calme la sciatique et les névralgies. Elle est également recommandée en période de ménopause pour en diminuer les manifestations désagréables. Pour profiter de ses qualités, appliquez-la sur l’endroit douloureux, prenez-en souvent un morceau dans vos mains, ou alors portez-la en bijou ! Elle dissipe d’ailleurs la négativité sous toutes formes ! D’une manière générale, c’est une pierre calmante, apaisante, qui soutient toute guérison émotionnelle. Enfin, la lépidolite contribue à éliminer la pollution électromagnétique : vous pouvez la placer sur votre ordinateur, elle en absorbera les émanations négatives.

Quelle que soit votre manière préférée de l’utiliser, pensez à la nettoyer régulièrement : lavez-la à l’eau distillée, puis exposez-la au soleil.

(1)    Du grec lepis, lepidos, qui signifie « écaille ». Sorte de mica que les minéralogistes modernes appellent lépidolite.

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Bibliographie  

Le grand livre de la magie des Pierres, S. Da Ros – Editions Trajectoire

Les pierres magiques, Elie-Charles Flamand – Editions Courrier du Livre (1981)

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POUR ILLUSTRER LES GEMEAUX… UN MYTHE… CASTOR ET POLLUX

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 08-06-2010

Ces jumeaux célestes qu’on appelle aussi les Dioscures sont un peu éclipsés par leurs deux sœurs plus célèbres qu’eux : la belle Hélène et la sombre Clytemnestre. Certains auteurs, tel Homère, affirment que Castor, Pollux, Hélène et Clytemnestre, les Tyndarides, seraient tous enfants du roi de Sparte, Tyndare… Tous jumeaux et donc nés en même temps.

Pourtant, la version la plus classique veut que Castor soit le fils du roi, mortel, Tyndare, mais que Pollux aurait eu Zeus pour géniteur. Quant aux filles, le mystère est plus épais encore. On lit d’ailleurs parfois que seul Pollux aurait été fils de Zeus/Jupiter ayant pris l’apparence d’un cygne, aurait pondu deux œufs contenant chacun un garçon et une fille, Castor et Clytemnestre ayant Tyndare pour royal géniteur et Pollux et Hélène étant enfants de Zeus.

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A qui se fier ? Léda elle-même ne peut nous éclairer. Fidèle épouse de Tyndare, elle a la prudence, le jour où Zeus la contraint à lui céder, de s’accoupler avec son époux, au risque de faire des enfants mal partagés en matière d’immortalité. Il lui fallait bien préserver sa réputation de femme vertueuse.

Ces enfants, et les filles en particulier, provoqueront bien des remous dans l’histoire grecque : Hélène, sa vie durant et bien au-delà, portera la responsabilité de la guerre de Troie et des morts innombrables qu’elle a provoquées.

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Hélène sur les remparts de Troie – Gustave Moreau

Clytemnestre, deviendra, contre son gré, l’épouse d’Agamemnon. En effet, pour justifier les actes meurtriers de Clytemnestre, il l’épouse bien qu’il vienne de faire assassiner son premier mari, fils aîné de Thyeste. Elle tuera donc à son tour son second époux avec la complicité de son amant, Egisthe.

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Clytemnestre – John Collier (1882)

Mais revenons à Castor et Pollux qui, selon une autre version, étaient tous deux fils de Zeus, d’où leur nom de Dioscures. Ils furent immortalisés et considérés comme les protecteurs particuliers des marins, auxquels ils apparaissaient sous la forme des feux Saint-Elme (*), Ce furent des dieux importants, tant à Sparte qu’à Rome. Les Dioscures, encore jeunes, prirent part à l’expédition des Argonautes ; Castor, cavalier émérite, avait peu d’occasions de montrer ses talents, mais Pollux, très habile à la lutte, battit Amycos, le roi brutal des Brébryces. Lors du voyage du retour, tous deux aidèrent Jason et Pélée à détruire la ville d’Iolcos, en châtiment de la trahison de son roi, Acaste, envers Pélée. Selon Ovide, les Dioscures prirent part à la chasse au sanglier de Calydon. Thésée et Pirithoos ayant emmené Hélène en Attique, où Thésée avait laissé la jeune fille, ils sauvèrent leur sœur, enlevèrent la mère de Thésée, Aethra, qu’ils ramenèrent à Sparte, et mirent sur le trône d’Athènes un rival, Ménesthée.

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Castor et Pollux – Les Dioscures

Castor et Pollux voulaient épouser Phoebé et Hilaera, les filles de leur oncle Leucippos, qui vivait en Messénie. Les jeunes filles étaient déjà fiancées à Idas et Lyncée, les fils d’Apharée, roi de Messénie. Mais les Dioscures les enlevèrent pour les conduire à Sparte. Hilaera donna Anagon à Castor, et de Pollux, Phoebé eut Mnésiléos. Cela fut le début d’une inimitié entre les quatre jeunes hommes qui étaient aussi cousins. L’épilogue sera la mort de trois d’entre eux. Ces morts survinrent de la façon suivante : les quatre cousins revenaient d’une expédition montée pour voler du bétail en Arcadie et se réjouissaient du butin ; soudain Idas annonça que celui qui terminerait le premier sa part de viande aurait la moitié du troupeau et le second l’autre moitié. Il avait lui-même partagé la viande, et son frère et lui avaient mangé presque toute leur portion. Cette conduite déloyale rendis les Dioscures furieux : ils se mirent en route pour la Messénie, reprirent possession du troupeau et le ramenèrent à Sparte. Idas et Lyncée partirent à leur poursuite ; Lyncée, qui était doué d’une vue extraordinaire, vit depuis le mont Taygète, les jumeaux se cachant au loin, dans un chêne creux. Idas survint par-derrière, et frappa Castor de son javelot. Pollux poursuivit alors ses deux cousins jusqu’à la tombe de leur père, en Messénie. Idas lança sur lui la pierre poli du tombeau, mais sans réussir à le blesser. Là-dessus, Pollux frappa Lyncée de sa lance, pendant que Zeus foudroyait Idas. Pollux revient alors vers Castor, qui était sur le point de mourir ; mais Zeus exauça la prière de Pollux qui demandait à partager son immortalité avec son frère. Ainsi, chacun à son tour passerait un jour au palais d’Hadès, le royaume des morts, et un jour à l’Olympe, le royaume des dieux.

Selon des auteurs grecs plus récents, Zeus plaça les jumeaux dans le ciel et en fit la constellation des Gémeaux.

Les Romains adoptèrent le culte des Dioscures avec beaucoup d’enthousiasme, en particulier après l’apparition des deux héros à la bataille du lac Régille, opposant la jeune République, menée par Aulus Postumius, et les armées de Tarquin le superbe et ses alliés latins. De même, on racontait qu’ils avaient aidé les armées de Locres d’Epizéphyre, dans le sud de l’Italie, contre la cité voisine de Crotone. A Régille, les Dioscures chargèrent l’ennemi à la tête de la cavalerie romaine ; peu de temps après, ils apparurent aussi sur le Forum romain à quelques kilomètres de là, vêtus exactement de la même façon. Là, ils firent boire leurs chevaux à la source qui se trouvait près du temple de Vesta et annoncèrent la victoire à la foule. Le temple de Castor et Pollux fut érigé sur le forum pour commémorer cet événement et les Dioscures devinent les protecteurs de l’ordre des chevaliers.

Bien des siècles plus tard, Jean-Philippe Rameau leur consacra un opéra : Castor et Pollux.

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(*) Le feu de Saint-Elme est un phénomène physique qui ne se produit que dans certaines conditions météorologiques, qui se manifeste par des lueurs apparaissant surtout aux extrémités des mâts des navires certains soirs. Ce phénomène se crée parfois en altitude, au-dessous des cumulonimbus. Dans ce cas, on parlera de « farfadets ». Ce feu de Saint-Elme est une manifestation de l’effet de couronne qui se produit lorsque le champ électrique à proximité d’un conducteur est assez fort pour provoquer une décharge dans l’air ambiant et ainsi stimuler les molécules d’air qui émettent alors une lumière caractéristique.

Ce phénomène tirerait son nom de Saint-Elme ou Erasme de Formia, patron des marins, qui aurait continué à pêcher après que la foudre eut frappé le sol près de lui ; il fut ensuite prié par les marins qui craignaient les orages en mer. Un feu de Saint-Elme est alors vu comme un signe de protection du Saint.

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Saint Erasme de Formia

Ce phénomène impressionnait et intriguait les Anciens. Voici d’ailleurs comme Pline l’Ancien le décrit : « Il se montre des étoiles dans la mer et sur la terre. J’ai vu, la nuit, pendant les factions des sentinelles devant les retranchements, briller à la pointe des javelots des lueurs à la forme étoilée. Les étoiles se posent sur les antennes et sur d’autres parties des vaisseaux avec une espèce de son vocal, comme des oiseaux allant de place en place. Cette espèce d’étoile est dangereuse quand il n’en vient qu’une seule ; elle cause la submersion du bâtiment ; et si elle tombe dans la partie inférieure de la carène, elle y met le feu. Mais s’il en vient deux, l’augure en est favorable. Elles annoncent une heureuse navigation. L’on prétend même que, survenant, elles mettent en fuite Hélène, nom de cette étoile funeste et menaçante. Aussi attribue-t-on cette apparition divine à Castor et à Pollux, et on les invoque comme les dieux de la mer. La tête de l’homme est quelquefois, pendant le soir, entourée de ces lueurs, et c’est un présage de grandes choses. La raison de tout cela est un mystère caché derrière la majesté de la nature ».

Le feu de Saint-Elme a été illustré par Hergé, en 1960, dans Tintin au Tibet : le Capitaine Haddock escalade un flanc de montagne, son piolet est soudain enveloppé par champ magnétique, curieusement de couleur verte, et Tintin lui explique le phénomène. A noter que Tintin est un personnage qui entre totalement dans la symbolique Gémeaux en tant qu’éternel adolescent, accompagné des jumeaux DuponT et DuponD.  

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Bibliographie

Dictionnaire de la Mythologie – Michael Grant et John Hazel – Chez Marabout.

Dieux et Héros du zodiaque – Joëlle de Gravelaine – Robert Laffont

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