LE LION SOUS LES RAYONS DU SOLEIL

(05 - PETIT COURS D'ASTROLOGIE, 5.3.1 - SOLEIL) par sylvietribut le 28-07-2010

Depuis le 23 juillet, le Soleil est de retour dans le Lion. Le Soleil est le gouverneur du signe. En fait, c’est l’astre le plus important du zodiaque. Il marque de son empreinte le destin du natif. L’emplacement du Soleil dans un signe zodiacal définit le thème natal de base, en indiquant les traits dominants de la personnalité, les forces cachées et les failles du sujet. La position du Soleil à la naissance renseigne également sur la façon dont le sujet peut évoluer et sur le type d’expériences qu’il sera amené à vivre. Le Soleil est la planète du Moi et de l’ego dans son élaboration. 

signe astrologique 

Le Soleil étant l’astre principal, le Maître du ciel, son influence est prépondérante et il importe pour toute interprétation de ne pas oublier que tout aspect difficile qu’il reçoit doit être longuement étudié sur le plan de sa signification. Une perturbation organique n’enlève pas les qualités sociales. Les significateurs doivent être strictement sélectionnés. Le plan moral (psychisme) sera toujours favorisé par un bon aspect des « bénéfiques » : Jupiter, Vénus, Lune. Un défaut de soutien sans aspect « maléfique » ne retirera pas les qualités naturelles.

Le Soleil représente la personnalité de base du sujet et son potentiel énergétique. Il indique ses points de force ou de faiblesse, les leçons qu’il doit entendre et les talents qu’il doit s’attacher à développer.

Le Soleil représente également l’aspect mâle d’un être  et cela quel que soit son sexe réel, au même titre que la Lune en symbolise l’aspect femelle. 

Représenté par la figure géométrique la plus parfaite, le cercle, le Soleil était déjà dans l’Antiquité figuré sous la forme d’un disque. C’est l’image de la totalité engageant tous les attributs de cette force extraordinaire qui apporte la vie à notre Terre. Pour l’Astrologue, le Soleil représente la création et l’activité. Il est la force cosmique élémentaire, incarnant tous les éléments positifs dans la vie et la vie elle-même. Son graphisme est un cercle habité par un point.

glyphe-du-soleil 

Au plan astronomique, le Soleil est une étoile, boule de gaz d’un diamètre de 1.392.000 km. L’hydrogène y est transformé en hélium, source d’énergie solaire qui, libérée dans l’espace comme un rayonnement calorifique, parvient à la Terre. Il correspond à l’élément Feu.

Au plan physiologique, le Soleil correspond au Yang, principe chinois, positif et masculin. Il règle le pouvoir de régénération de l’organisme, ainsi que, en collaboration avec Mars, la production du sang. Le cœur est son organe type, là où réside sa force. C’est en même temps son point faible. Un Soleil dissoné dans un thème indique une faible constitution, un sang pauvre, d’éventuels troubles cardio-vasculaires. Dans le corps humain, le Soleil est en relation avec les autres principes de vie et en particulier, les artères, la colonne vertébrale, le cerveau et la vue (en particulier l’œil droit).

Au plan psychologique, le Soleil présente des valeurs d’extraversion, mais du fait qu’il est un centre créateur, une source d’énergie, il atteint normalement un équilibre extraversion-introversion et est capable de participer également à ces deux tendances contraires de l’être humain.

Le Soleil correspond au type passionné, émotif-actif-secondaire, ce qui fait de lui l’être à la plus haute tension, idéaliste et réaliste à la fois, plein d’ambition et ne craignant pas les responsabilités les plus hautes. Il est le symbole de l’âge adulte, de l’être en pleine possession de tous ses moyens.

Au plan psychanalytique, le Soleil représente l’Idéal du Moi, dans la mesure où il a toujours symbolisé le père, le chef, le héros. En fait, ce n’est pas l’image authentique du père que le Soleil imprime dans le psychisme du sujet, c’est l’idée qu’il s’en fait. Le type de relation qui s’établit dans la petite enfance a les plus grandes chances de se reproduire plus tard dans les rapports du sujet avec tous ceux qui, pour lui, représenteront l’autorité, qu’il s’agisse du maître d’école, du patron, de l’Etat. Le Soleil est donc le significateur du principe d’autorité.

Lorsqu’il reçoit des aspects dissonants dans un thème, le Soleil perd sa supériorité et n’atteint pas un haut niveau de conscience. Il peut devenir égocentrique, vaniteux, médiocre, sans idéal. Bien aspecté, au contraire, c’est l’indice d’une virilité achevée, surtout sous son aspect moral.

Dans sa vie affective, l’individu solaire sait commander à ses penchants et recherche aussi la perfection. Son idéal trop haut le conduit parfois à des déceptions. On notera aussi son esprit brillant, son sens de la synthèse, sa générosité, son sens esthétique sûr, ses manières distinguées sans prétention affichée.

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Dans un thème astral, le Soleil gouverne la Maison V, la Maison du Lion, la Maison de la créativité, de la récréativité, des amours et des enfants. Il précise aussi :

– comment le sujet va s’insérer dans sa vie sociale et professionnelle ;

– comment il réalisera son idéal intérieur, son désir de briller et sa volonté de puissance, sa fonction virile au sens large du mot, son génie créateur ;   

– son objectivité, sa vie consciente, sa moralité ;

– ses risques d’échec par excès, surmenage, passion du jeu ou orgueil.

Dans un thème féminin, le Soleil représentera son Animus, c’est-à-dire l’image de l’homme que la femme porte en elle, la façon dont elle ressent ses rapports généraux avec lui en tant que père, époux, amant, chef. 

perle-dor-et-dambreDans la tradition, le Soleil symbolise l’or, la couleur jaune, le doré, l’orangé.

Dans le bestiaire solaire, il est le lion tete-de-lion animal et signe, ou le paon le-paon-faisant-la-roue  

Si c’était une fleur, ce serait l’héliotrope heliotrope ou bien le tournesol tournesol-01

Si c’était un fruit… une orange orange-slice … un melon melon2 

Mais le Soleil, c’est encore : safran-07 le safran, romarin-en-fleurs le romarin et laurier le laurier, celui dont on couronnait les vainqueurs, cette couronne qui n’est autre que l’auréole des saints. Auréole… dont la racine « aure » a donné aurifère : qui renferme de l’or ou le verbe aurifier qui signifie : obturer une dent creuse avec de l’or…

Remarquez que les prénoms Aurélien, Aurélie, Laure, Laurent, Laurence sont souvent portés par des personnalités solaires et si on y regarde de plus près, il n’est pas rare de trouver des Lion ou Ascendant Lion, ou bien un Soleil dignifié dans le thème des porteurs de ces prénoms.

Dans le tarot, l’arcane XIX représente le Soleil le-soleil-arcane-xix-du-tarot3

Le jour du Soleil, c’est le dimanche.

Et dans un tout autre registre, le soleil c’est le monde des miroirs, des médailles, des monnaies anciennes.

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Reflets d’Or – Nellie Convers – Création et restauration de miroirs à la feuille d’or – Tél. 02.33.83.68.03

Le Soleil dans la mythologie

ra-legyptien1Depuis la plus haute Antiquité, le Soleil, déifié, a été l’objet de culte et de vénération : Râ en Egypte, Apollon en Grèce.

Apollon, fils de Jupiter, dont une des particularités était de ne jamais proférer un seul mensonge : le héros solaire, par essence, ne tolère aucune ombre.

Dans la mythologie sumérienne, le Soleil était féminin et la Lune masculine. Mais la tradition grecque l’a emportée et le Soleil est devenu masculin sous les traits du dieu Hélios et la Lune, féminine, sous l’aspect de la sœur d’Hélios, Séléné.

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Hélios, le Soleil, ou plutôt la divinité qui le personnifie, est appelé sol par les Romains. Hypérion, celui qui va au-dessus, et Phoebos, le brillant, sont deux surnoms qu’on lui donnait à l’origine, mais, par la suite, ils se différencièrent de lui. Hypérion passait souvent pour le père d’Hélios : comme lui, il était armé de flèches, les rayons du Soleil. Hélios est celui qui voit et entend tout et, à ce titre, on le prenait comme garant des serments ; Déméter le consulta pour savoir où Perséphone avait disparu. Mais son culte était peu important et, à l’exception de la course de Phaéthon, il apparaît rarement dans la légende. Par contre, de lui il nous est resté l’hélium.

Dans le mythe de Phaéthon, Hélios conduit un char tiré par de fougueux coursiers et traverse le ciel, d’Est en Ouest, pendant le jour annoncé par Eos, l’Aurore, dont le char précède le sien. Selon certaines traditions, il regagne l’Est, de nuit, dans une grande coupe d’or qui flotte sur l’océan, dont les eaux entourent la terre.

Quant aux souverains, ils ont toujours porté des bijoux et des couronnes en or, métal solaire, et les saints, des auréoles de lumière, à l’image du rayonnement solaire, dispensateur de vie, de pouvoir et d’énergie.

Le Soleil dans les signes du zodiaque

Le signe de notre Soleil montre la route que nous devons emprunter pour édifier un ego sain et pour nous individualiser. Nous devons développer les qualités positives et constructives de notre signe solaire pour nous réaliser et nous épanouir. Nous devons les intégrer dans notre vie, en y conformant éventuellement le choix de notre profession.

Le signe de notre Soleil symbolise le but vers lequel diriger nos efforts conscients, et non ce qui nous vient instinctivement.

Le signe de notre Soleil colore également notre image animus-père.

glyphe-du-lion21Et puis, le signe du Soleil, c’est le Lion.

Le Soleil dans les Maisons du thème astral

La Maison où se trouve le Soleil ainsi que celle dont la cuspide est en Lion ou qui contient ce signe, désigne un domaine de vie dans lequel nous devons nous impliquer activement et où nous avons besoin de nous distinguer, de nous faire remarquer et de nous singulariser. C’est là que nous prenons mieux conscience de nous-mêmes, de notre ego et de notre identité. C’est également là que nous nous séparons de la mère archétypique pour dégager notre Moi séparé. 

La vie nous demande beaucoup d’efforts dans la Maison où se trouve notre Soleil et nous avons toujours l’impression de pouvoir faire mieux. C’est dans ce domaine de notre vie que nous devons nous battre avec des dragons qui nous empêchent d’avancer ou qui font obstacle à notre développement et notre accomplissement. La Maison où se trouve notre Soleil peut nous renseigner sur la nature d’une éventuelle vocation.

Tout ce qui concerne le père ou l’animus peut se voir dans cette Maison occupée par le Soleil.

Les Aspects du Soleil dans le thème astral

Toute planète aspectant le Soleil représente une énergie ou un archétype lié, positivement ou négativement, au développement de notre individualité, de notre sentiment d’identité et de notre expression personnelle. Nous devons trouver le moyen d’exprimer et d’inclure cette énergie dans notre vie, peut-être en choisissant une profession en relation avec cette planète. Si vous avez, par exemple, dans votre thème un aspect Soleil-Neptune, vous rencontrerez forcément Neptune au cours de votre vie ; vous l’exprimerez peut-être dans une carrière « neptunienne » en rapport avec la musique, les arts ou les professions d’aide.

Nous rencontrons les planètes aspectant notre Soleil par l’intermédiaire de ceux qui interviennent dans notre vie, surtout lorsqu’il s’agit d’une opposition. Si vous avez, par exemple, une opposition Soleil-Saturne, vous allez trouver que les autres vous limitent ou vous bloquent. Mais vous devrez, en fin de compte, reconnaître et intégrer ces qualités initialement projetées sur les autres.

Toute planète aspectant le Soleil influe sur les questions concernant le père et l’animus. 

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 Bibliographie : Dictionnaire de la Mythologie – Michael Grant et John Hazel – Collection Marabout

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DES REVES PROPHETIQUES CELEBRES

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 22-07-2010

reveLa croyance que les images apparues dans le sommeil sont des signes révélateurs du Destin est une des superstitions essentielles de l’humanité. C’est une conséquence naturelle de l’idée religieuse innée dans l’âme de tous les peuples, de tous les temps et de tous les pays. Elle suppose, en effet, la foi en l’existence d’un être ou d’êtres supérieurs à l’homme, en intelligence, en lui envoyant par le moyen des rêves, des avertissements et des conseils. Dès l’époque des conquérants assyriens, la science des songes fut une des méthodes les plus usuelles pour connaître la volonté des dieux.

Cette croyance s’appuyait sur un raisonnement philosophique. Dans l’impuissance de la volonté à redresser les images incohérentes du rêve, les Anciens voyaient l’intervention indéniable de la divinité, et le lien avec le monde surnaturel.

Les rêves jouaient donc chez eux un rôle considérable ; leur influence se faisait sentir dans toutes les circonstances de la vie privée et même de la vie publique, et cette influence, dans notre civilisation éclairée et raffinée, s’est  conservée au moins dans les classes de culture élémentaire. Ceux dont la mentalité n’a pas été développée par une haute éducation intellectuelle attribuent aux rêves une importance dont nous ne pouvons que difficilement nous faire une idée. Ils constituent, sans s’en douter, les plus fameux philosophes. Même Aristote rattachait les rêves au monde surnaturel ; il les regardait comme des communications divines faites en langage symbolique pour être observées et interprétées par l’intelligence humaine. « Du moment, disait-il, que l’esprit ne se dirige plus, que la volonté est impuissante à régler et à coordonner les images, les sentiments, les impressions, l’impulsion directe des puissances supérieures se manifeste ouvertement ».

Eschyle assurait que l’esprit, quand on dort, a les yeux perçants, et Marc-Aurèle pensait que les dieux ont la bonté de donner aux hommes, par les songes, les secours dont ils ont besoin. Mais les Anciens n’acceptaient pas à l’aveuglette tous les signes ; ils savaient que la qualité des songes est subordonnée au bon fonctionnement des organes, surtout aux phénomènes de la circulation et de la digestion. Aussi accordaient-ils plus de créance aux songes du matin et négligeaient-ils ceux qui suivaient un repas trop copieux. Après l’ingestion de fèves, les songes étaient considérés comme absolument dénués de vérité. Il était recommandé de ne pas se coucher sur le côté droit, ni sur le dos, car cette sorte de station comprime le foie, miroir des songes vrais. Et, voyez la persistance de la tradition : nous disons encore aujourd’hui que dormir sur le dos provoque le cauchemar. C’est un fait d’expérience, et l’expérience l’emporte sur la science théorique.

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PICASSO – LE REVE

L’influence des saisons était un facteur considérable dans l’interprétation des songes, bonne au printemps, mauvaise en automne, à cause des perturbations atmosphériques qui déforment les images sur l’écran céleste ou la volonté divine les photographies. Les différentes positions de la lune entraient aussi comme d’importants facteurs dans l’explication des songes ; il en était de même de l’heure du jour ou de la nuit. La signification de certaines heures (3 heures, 9 heures, midi, minuit) était particulièrement  symbolique.

Malgré l’exemple des Anciens, la foi aux songes annonciateurs rencontre des incrédules. Certains disent : « Le rêve appartient au passé, donc il ne saurait être prophétique ». D’abord, est-il sûr que le rêve appartient toujours au passé ? Cela dépend de la manière dont on interprète le signe.

Ainsi on rêve d’une personne à laquelle on n’avait pas pensé depuis un très long temps ; on en reçoit des nouvelles ou on la voit dans la journée. Le rêve a été prophétique. Mais cette personne appartient à notre passé, ce qui justifie la règle.

D’autres prétendent qu’on ne rêve pas de personnes ou de choses jamais vues, jamais connues. Cette affirmation est contredite par des observations émanant d’érudits dont le nom fait autorité.

Monsieur Flammarion (*) rapporta un jour ce fait curieux. Un excursionniste, Monsieur  Bérard s’étant arrêté dans une auberge isolée, vit en songe tous les détails d’un assassinat qui devait être commis plus tard dans la chambre même qu’il occupait. Par le singulier effet de dédoublement fréquent dans les rêves, il était en même temps spectateur et acteur.  

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Un autre que lui était couché dans le lit de cette pauvre chambre et assistait au meurtre. Le couple d’aubergistes, deux vieux à tête patriarcale, entra à la lueur d’une lanterne, marchant à pas étouffés. L’homme posa sa lanterne sur une table, empila des oreillers sur la tête du dormeur et, aidé par sa femme, les appuya de toutes ses forces. La victime râla un peu de temps, puis tout bruit s’éteignit. Alors le meurtrier alla ouvrir une porte donnant accès dans une grange ; on y descendait par une échelle. Il prit ensuite la lanterne dont il tint l’anneau avec ses dents afin d’avoir les mains libres. Il saisit le cadavre par les épaules ; la femme le souleva par les pieds, et tous deux se dirigèrent vers la porte, vers l’échelle, vers la grange où ils enterrèrent leur victime.

Trois ans après cette nuit de cauchemar, Monsieur Bérard se trouvant à Paris dans le cabinet d’un de ses amis, juge d’instruction, le vit fort perplexe au sujet d’une affaire extraordinairement obscure. Un avocat, Monsieur Victor Arnaud, avait disparu. Toutes les recherches restaient infructueuses. Il s’était arrêté pour souper et coucher dans une auberge. A partir de ce moment, nul ne l’avait revu.

Les aubergistes affirmaient qu’il était parti le lendemain matin dès la pointe du jour. En dépit de leur affirmation et de leur figure honnête, ils avaient été arrêtés. Mais impossible de les convaincre et ils niaient avec énergie le crime qu’on leur imputait. Monsieur Bérard fut saisi par l’étrange coïncidence de cette auberge qui était celle-là même où il s’était arrêté. Il se rappela le couple et le rêve étrange qu’il avait fait ; il demanda à voir les inculpés. C’étaient bien les personnages qu’il s’attendait à rencontrer. Il les confondit en leur narrant tous les détails qu’ils croyaient si bien cachés. « Vous êtes donc le diable ? » cria la femme.

N’était-ce pas là un songe prophétique ?

Monsieur Flammarion cite un autre rêve. La femme d’un mineur vit couper la corde de la benne servant à la descente des ouvriers dans les puits. Elle donna l’alarme ; le fait fut vérifié à temps, et plusieurs braves gens durent la vie à cette révélation.

Un professeur de Strasbourg vit en rêve cinq cercueils sortir de sa maison. Quelques jours plus tard, cinq personnes y furent asphyxiés par une fuite de gaz.

Les exemples pourraient être multipliés à l’infini. La science et la tradition autorisent à croire aux songes prophétiques. L’Histoire même foisonne de faits concluants.

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 Le Songe de Nabuchodonosor

Faut-il citer l’Ancien Testament, les songes du Pharaon, de Jacob, d’Athalie, de Nabuchodonosor, de Balthazar l’un des rois mages, et bien d’autres ? Faut-il chercher et recueillir des preuves dans les souvenirs historiques de tous les temps, citer les songes annonciateurs d’Hécube, reine de Troie, de Mandane, roi de Perse, de Tarquin roi de Rome, qui virent se dérouler les circonstances mémorables de la ruine ou de la grandeur de leur pays. Faut-il parler de Brutus qui, la veille de la bataille de Philippes, aperçut en songe un fantôme qui lui prédit sa défaite ? Faut-il nommer la reine Basine, mère de Clovis, apprenant durant son sommeil l’histoire de sa descendance ; rappeler que Catherine de Médicis, assista en rêve et par anticipation, au tournoi dans lequel fut tué son époux Henri II par maladresse ou autrement ? N’entendit-elle pas une voix crier : « Il l’a blessé à l’œil, il l’a tué ». En effet, le roi, blessé à l’œil d’un éclat de lance qui pénétra dans le cerveau, mourut le lendemain.

La princesse de Condé suivit en rêve la bataille de Jarnac où son fils devait périr. Elle découvrit le jeune prince agonisant sous une haie. Elle se réveilla en criant : « Relevez-le ; il est là dans ce fossé ». Cette vision funèbre eut le jour suivant sa terrible réalisation.

Le duc de Villeroy, ambassadeur à Vienne, sous Louis XIV, apparut en songe à sa femme restée à Paris et lui fit ses adieux, car il allait mourir. Bouleversée, la duchesse partit en poste pour l’Autriche. Quand elle arriva après plusieurs jours de voyage, son mari était dans le cercueil, prêt à être descendu dans les caveaux de la cathédrale de Saint-Etienne. Elle voulut le revoir et fit ouvrir le cercueil. C’est cette scène, c’est ce geste suprême de l’épouse éplorée, que perpétue le beau mausolée du duc dans une chapelle de Notre-Dame de Paris.

madame-roland Madame Roland eut aussi en rêve la révélation de la mort de sa mère.

Franklin, cet esprit rassis et si merveilleusement équilibré, croyait aux songes symboliques et prophétiques. Alexandre Dumas fils quant à lui racontait que dans la famille des Montmorency, celui qui doit mourir voit apparaître trois jours avant sa mort le dernier défunt. Tous ces exemples viennent appuyer la croyance dans les songes.

Toutefois, une très réelle superstition a cours, dans un grand nombre de localités. Elle veut que certains jours,  certains vendredis, surtout le premier vendredi de chaque mois, après l’accomplissement de rites préparatoires, après être montée au lit du pied gauche, par exemple, une jeune fille voit en rêve son futur époux. Il n’est pas besoin d’insister sur la puérilité et même la sottise de cette croyance.

Il arriva cependant qu’une jeune fille vît en rêve un jeune homme inconnu qu’elle épousait. Quelque temps après, elle le rencontra dans le monde et, grâce à des circonstances propices, son rêve eut une heureuse réalisation. Elle devint Madame de la Bédollière.

Ces faits et bien d’autres confirment qu’il existe des songes prophétiques, et justifient donc l’intérêt qu’un grand nombre de personne attachent aux rêves.

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(*) On peut penser qu’il s’agit d’Ernest Flammarion (1846-1936) fondateur de la Maison d’édition qui porte son nom, à moins qu’il n’ait été question de son frère Camille, le célèbre astronome.

madame-de-thebesMadame de Thèbes, de son vrai nom Anne Victorine Savigny (1845-1916), fut sans doute une des françaises les plus connues des amateurs, historiens et praticiens de la chiromancie. Elle consultait au n° 29 de l’avenue Wagram à Paris où elle s’était établie sur le conseil d’Alexandre Dumas fils.

 

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Bibliographie : L’Enigme du Rêve – Madame de Thèbes – Tiquetonne Editions

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Etes-vous bien ou mal luné ?

(6.1 - Etymologie) par sylvietribut le 21-07-2010

C’est-à-dire êtes-vous de bonne ou de mauvaise humeur ?

Comme chacun sait la Lune a une influence très important sur bon nombre de choses que ce soit sur la durée de rotation de la terre, les marées, le comportement de certains animaux ou bien sur la pousse des plantes et même des cheveux.

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Cependant les astrologues et amateurs d’astrologie ont vite repéré que la Lune avait une très grande influence sur nous, les humains en général et encore davantage sur les êtres « lunaires » c’est-à-dire les Cancer ou Ascendant Cancer, ou encore ceux dont la Lune est prépondérante dans le thème. Et voici comme cela s’explique : la lune fait sa révolution, ou bien le tour du zodiaque, en 28 jours environ, son pas horaire est donc de 0°50. Aussi la Lune à 10 heures du matin non seulement n’a pas la même position sur le zodiaque qu’à 22 heures le soir, mais en plus elle a pu changer de signe. De ce fait, elle ne forme pas les mêmes configurations et les mêmes échanges avec les autres planètes dans le ciel, et il en sera de même avec les planètes de notre thème. Ce qui explique pourquoi nos humeurs, que régit la Lune, sont-elles souvent bien différentes toutes au long de la journée, selon que les configurations qu’elle forme sont harmonieuses ou bien difficiles, tendues ou détachées.

Exemple : Pour la seule journée de vendredi 16 juillet 2010, la Lune a-t-elle formé pas moins de quatre configurations, tout en changeant de signe passant de la Balance au Scorpion :

       A 15 h 15, la Lune était conjointe à Saturne sur le 29° de la Vierge,

       A 17 h 20, la Lune sur le 0° Balance s’opposait à Uranus,

       A 22 h 05, la Lune sur 3° Balance vient s’opposer à Jupiter,

       A 22 h 30, la Lune toujours depuis la Balance était en conflit avec Pluton.

D’où certainement pour beaucoup d’entre nous une journée ou une humeur  morose en début d’après-midi, plus agitée en début de soirée et franchement plus tourmentée en fin de journée. D’où l’importance de consulter régulièrement mon calendrier lunaire pour optimiser votre quotidien. 

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Face de Lune

Quant à l’expression, elle date d’une époque où les hommes étaient déjà persuadés que la Lune, satellite de la Terre, avait une très nette influence sur l’humeur ou le psychisme. Celui qui est « bien luné » est donc dans une phase favorable, propice à la bonne humeur, et inversement pour le mal luné.

Au milieu du XVIIIe siècle, on employait « être dans une bonne ou mauvaise lune », pour dire exactement la même chose.

Dans ce même ordre d’idée, à savoir l’humeur inégale, la Lune est protagoniste de nombreuses expressions populaires, comme par exemple :

       Demander la Lune qui signifie demander l’impossible,

       Etre dans la Lune, c’est-à-dire avoir l’esprit ailleurs,

       Lune de mer et poisson-lune, le môle est un poisson des mers chaudes,

       Une face de pleine lune correspond à un visage joufflu

       Et puis, il y a aussi la Lune de Miel,

       Con comme la Lune

       Prendre la Lune avec les dents

       Décrocher la lune…

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RUE DE LA LUNE – PARIS 2e ARRONDISSEMENT

(6.2 - Paris Insolite - Paris Mystérieux - Paris Esotérique) par sylvietribut le 20-07-2010

A priori le nom de cette rue proviendrait d’une enseigne qui côtoyait le Soleil aux numéros 1 et 2 de la rue. Cependant, elle a un réel rapport avec le principal symbole de la Lune, à savoir la fécondité.

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Cette rue fut ouverte entre 1630 et 1638. Elle suit le tracé du rempart de l’enceinte datant de Louis XIII. Au n° 23 bis se situait l’église de Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle. L’église actuelle, construite par Godde, entre 1823 et 1830, est la troisième église qu’on trouve à cet emplacement. Une première chapelle, édifiée au XVIe siècle et dédiée, vers 1563, à Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle, en mémoire de l’Annonciation (*), fut démolie par la Ligue, en 1591, avec les moulins et les maisons de la butte lorsque le roi de Navarre, le futur Henri IV, assiégea Paris. Elle fut remplacée, à partir de 1624, par une église plus vaste dont Anne d’Autriche posa la première pierre. La plaque commémorative de cette cérémonie fut retrouvée lors des fouilles effectuées, en 1845, autour de l’église et a été placée dans la chapelle voisine du maître-autel.

Anne d’Autriche y vint souvent en pèlerinage durant ses 23 années de stérilité. C’est en remerciement de la naissance de Louis XIV qu’elle peut avoir offert à l’église un tableau attribué à Mignard. Pour raison de vétusté, cette église fut démolie, sauf son clocher qui resta utilisé par la troisième église évoquée précédemment.

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Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à Paris

Par ailleurs, pour rester dans la symbolique lunaire et le monde féminin, il y avait dans une encoignure de la rue Poissonnière deux maisons de tolérance, l’une relierait aujourd’hui une rue à l’autre. L’un des deux établissements avait une porte qui s’entrebâillait sur la rue Lune. Elle avait été fondée vers 1820 par un marchand à la toilette. Mais l’endroit avait depuis des temps immémoriaux une réputation de galanterie. La partie située près de la rue Poissonnière et des remparts s’appelait « Le Champs aux femmes », à l’époque de Louis XIV. A l’angle de la Rue de la Lune, deux maisons tricentenaires faisaient commerce dans une spécialité fort recherchée et jouxtaient la Compagnie Colonelle des Gardes Françaises. Une autre maison fut fondée en 1820, elle succédait au commerce d’un galant qui vendait ses charmes aux dames fortunées. Il se faisait appeler Henri de Renneville et, dit-on, il ne dédaignait pas les faveurs de leurs maris.

Ensuite, c’est une rebouteuse qui ne craignait pas de se transformer en hétaïre, une fois la guérison de ses patients assurée. Et puis, vers 1690, on trouve au milieu de cette rue de la Lune, au n° 41, un certain Claude du Plaisir qui fut obligé de déménager car les marcheurs de nuit prenaient au mot la maison de ce fort honnête homme. La plupart de ces maisons avaient une double entrée, l’une rue de la Lune et l’autre côté boulevard, ce qui est encore le cas aujourd’hui pour certaines… Les deux faces de la Lune en quelque sorte…

Voici d’ailleurs ce que le relate un chroniqueur de l’époque « Au début du règne de Louis XIV, un galant mettait en cette rue  de  la Lune le beau sexe à contribution, dans des conditions peu communes. Il se nommait Henri Barjot de Rennevilliers. Il fallait qu’une femme fût bien adroite pour passer par ses mains sans autres frais. Si la belle avait plusieurs bagues, ce n’était jamais la plus simple qu’il soutirait à titre de souvenir, quand ce n’était pas l’argent de son mari… Il vivait donc fort à l’aise dans les meilleurs quartiers de Paris et ne se retirait à la Ville Neuve dont la rue de la Lune faisait partie, que sur une déveine en amour et au jeu, qui l’obligeait à des économies. Son train de vie, dans les périodes creuses, se réduisait souvent à une vieille femme, nommée Blanc, qui n’attendait même pas après ses gages pour vivre ; elle avait appris, en servant dans un hôpital, à saigner, à remettre les membres disloqués, et elle continuait à faire le chirurgien. Cette rebouteuse en craignait pas de se transformer parfois en amazone. Elle ne montait à cheval, sur le tard, qu’avec une épée à la main droite et un flambeau dans l’autre, quand elle allait quérir son maître par la ville. La bouchère et la boulangère étaient toujours payées à sa manière par ce mauvais sujet, qui ne prenait jamais de fournisseur veuf. Une fois même, Rennevilliers avait affaire à une vieille femme de la rue de la Pourpointerie ou des Lombard qui lui avait longtemps habillé des laquais. En arrivant, sur la promesse formelle qu’il lui serait enfin donné satisfaction,  la malheureuse pourtant déployait un sac vide. Cependant, avant de repasser la porte, elle jetait ses parties au feu en s’écriant : « Que demander à un honnête homme qui a pour la vieillesse tant d’égards » !

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Rue de la Lune – Vieille porte d’une maison de tolérance

Entre les rues Neuve-Saint-Etienne et Sainte-Barbe, les actuelles rues de la Ville-Neuve et Pourtalé, le côté des numéros pairs fut bâti par François Berthelot, secrétaire des commandements de la Dauphine, et Marie Regnauld, sa femme, pour y placer soixante soldats blessés. Mais la fondation de l’Hôtel des Invalides, en atteignant royalement le but des institutions du même genre, supprima la momerie des soldats infirmes. La maison principale de la rue de la Lune fut achetée, en 1683, par les Dames de Saint-Chaumont, qui en firent le Petit Saint-Chaumont. Le chef-lieu de cette communauté des filles de l’Union-Chrétienne recevait des élèves, rue Saint-Denis, à des conditions autres que la succursale, qui prenait des pensionnaires à raison de 250 à 400 livres. Les bâtiments de cette annexe donnaient également sur le Cours, ancien rempart, et dataient seulement de la renaissance de la rue, dont l’acte de naissance remontait au milieu du XVIe siècle. On en avait rasé les maisons dès 1593, pour fortifier la ceinture de Paris, dont la Ligue refusait l’entrée au Béarnais (Henri IV). Une chapelle Sainte Barbe avait elle-même disparu et c’est trente ans plus tard qu’on avait élevé, à sa place, Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle, presque entièrement reconstruite sous la Restauration.

De Caux, huissier de salle à la cour de Versailles, avait aussi Louis XIV pour seigneur direct dans trois propriétés qui se suivaient rue de la Lune : le 4 bis en était une. Peut-être y avait-il au n° 42 une maison de secours et une école de filles ? Cet immeuble et l’immeuble adjacent appartenaient aux pauvres de la paroisse Bonne-Nouvelle. Ils étaient chargés de 2 livres, 5 sols, 5 deniers de cens, redevance acquittée pour l’année 1703 par les mains de Françoise Enault, supérieure, Marguerite Gautier et Jacqueline Guénot, sœurs de la Charité attachées à la dite paroisse.

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A noter qu’il existe également à Paris une rue du Croissant qui se trouve également dans le IIe arrondissement de Paris. Elle doit également son nom à une enseigne présente dans cette rue en 1612, plus qu’à la Lune. Au n° 19 de la rue, il y avait au XVIIe siècle, une chapelle et un cimetière où fut enterré Molière, en 1673.

Au n° 146, à l’angle du côté pair de la rue du Croissant, le Café du Croissant où Jean Jaurès fut assassiné par Raoul Villain, le 31 juillet 1914, à 21 h 40.

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 (*) L’Annonciation est l’annonce faite à la Vierge Marie de sa maternité divine par l’archange Gabriel. Cet événement biblique est célébré par les catholiques et les orthodoxes.

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L’Annonciation de Botticelli

BIBLIOGRAPHIE : Connaissance du Vieux Paris – Jacques Hillairet

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LA TOURMALINE VERTE… PIERRE SYMBOLIQUE DU CANCER

(08 - LES PIERRES ET METAUX DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 17-07-2010

Reportez-vous, par la pensée, à l’époque où le globe terrestre n’avait pas encore l’aspect que vous lui connaissez. Des masses énormes de matières diverses dérivaient, se choquaient, fusionnaient, se déplaçaient. Des températures fabuleuses, associées à des pressions gigantesques, permettaient des amalgames impossibles à concevoir de nos jours mais dont nous constatons les résultats. Certains de ces bouleversements géants ont donné naissance à des cristaux. Les uns furent colorés, d’autres non. C’est à ces cristaux colorés, précieux à cause de leur rareté, que fut attribué le nom de « pierres précieuses de couleur ».

tourmaline_verte_pierreLa tourmaline est, par sa couleur, un miracle quasiment unique : voici une pierre qui est susceptible d’exister respectivement, en rouge, en vert, en bleu, en jaune, en noir, ou même sans couleur du tout. Il est fréquent qu’une seule et même pierre possède deux couleurs. Les tourmalines qui changent de couleur ou qui sont chatoyantes, sont des raretés très recherchées. Toutefois, la couleur classique de la tourmaline est le vert. Si vous demandez une tourmaline à un négociant en pierres, la variété verte est celle qui lui viendra en premier à l’esprit.

Pourtant, même la tourmaline verte présente tout un éventail de nuances. Certaines sont très pâles, d’autres sont tellement foncées que le vert n’est perceptible que si la pierre est exposée à une forte lumière. Il y a des tourmalines d’un vert poireau délicat mais il en est d’autres d’un vert jaune marqué, d’un vert olive ou d’un vert tirant sur le brun. Des tourmalines de grande beauté, couvrent de façon spectaculaire, le spectre allant du bleu-vert au vert-bouteille-soutenu et ce sont là les meilleures couleurs pour cette pierre.

Elle est très demandée. Les femmes aiment beaucoup la tourmaline en tant que pierre parfaite pour la joaillerie. Cependant, elle est aussi, ces temps derniers, la pierre préférée de nombreux hommes.

LA TOURMALINE BRESILIENNE POURRAIT VENIR D’AFRIQUE. POURQUOI ?
Il arrive que les négociants offrent des tourmalines en lui ajoutant un nom qui, à première vue, indiquerait son origine. Par exemple, une tourmaline « vert bouteille » peut également être offerte sous l’appellation « tourmaline  du Brésil ». Il faut remarquer que cela n’implique pas nécessairement que la pierre ait été extraite au Brésil. Dans le passé, il était entendu que toute tourmaline de cette couleur, venait exclusivement du Brésil, alors que les teintes bleu-vert jusqu’au vert, étaient généralement africaines.  

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Les choses ont aujourd’hui changé mais les appellations habituelles du négoce sont restées, de sorte que des tourmalines vert bouteille sont encore appelées « du Brésil » et les bleu-vertes sont dites tourmalines « d’Afrique », sans égard à leur lieu d’origine véritable. Un autre nom, rarement utilisé, sauf, généralement, par les experts est « verdelithe », composé à partir du latin « viridis » soit vert et le suffixe grec « lith » signifiant « pierre ». Mais, de manière générale, on dit « tourmaline verte ».
LE CHROME FAIT RESSEMBLER LA TOURMALINE A L’EMERAUDE
La tourmaline est un complexe de borosilicates. La différence de leurs couleurs provient, en fait, de minuscules traces d’autres matières, en quantité infinitésimale. En raison de sa structure complexe, cette pierre existe en diverses variétés, dépendant de leur lieu d’élaboration. Individualité passionnante car, chaque lieu où on la trouve, donne naissance à une différente sorte de tourmalines. Avec un peu de chance vous allez découvrir sur le marché l’un ou l’autre de ces exemplaires exceptionnels : la précieuse « chrome tourmaline ».
Tel est le nom commercial de la tourmaline vert émeraude, originaire de Tanzanie et qui doit sa couleur particulière à des traces de vanadium et de chrome. Sa couleur exceptionnelle rappelle de façon frappante celle d’une très bonne émeraude qui, pour sa part, est l’une des pierres les plus onéreuses du monde.

On trouve des tourmalines à peu près partout, en cristaux tout petits et généralement foncés. Mais les gisements sont vraiment bien rares, où l’on trouve des cristaux de bonne qualité et de belle dimension, qui valent la peine d’être taillés. Dans certains cas, ils deviennent des pierres magnifiques. Les plus importants lieux d’extraction sont au Brésil, en Namibie, au Nigeria, au Mozambique, au Pakistan et en Afghanistan. Toutefois, quand il s’agit de bonne couleur et de bonne pureté, toutes ces mines en produisent extrêmement peu. Et s’il arrive qu’elles n’aient pas d’inclusion, elles valent une fortune.

UNE OUVRAISON DIFFICILE

La tourmaline verte peut être taillée de bien des façons différentes. Toutefois cela requiert une connaissance du métier et un savoir-faire de haut niveau. La tourmaline, de façon générale, présente, à l’intérieur du cristal, une densité variable de couleur, qui dépend de l’axe de croissance. C’est pourquoi les pierres foncées doivent être taillées de façon à ce que la table soit parallèle à l’axe principal. Au contraire, pour les pierres de couleur plus pâle, la table doit être parallèle à l’axe longitudinal, de façon à garder un maximum de couleur. Il faut que le lapidaire garde bien cette caractéristique en tête, quand il prépare sa taille et quand il l’exécute. Sans cela, la pierre une fois taillée pourrait être, soit trop foncée, soit trop claire et ce serait vraiment dommage car il n’est pas besoin d’être un expert en pierres précieuses, pour se rendre compte de l’attrait qu’exerce la tourmaline verte. Ses couleurs en sont merveilleusement harmonieuses et plaisantes. On pourrait presque dire mystiques. La tourmaline verte est un concentré du principe de vie incluant tous ses aspects, son individualité éclatante et sa personnalité irremplaçable.

La tourmaline a la particularité d’être composée d’une vaste gamme d’éléments chimiques. Ayant des propriétés pyro-électriques et piézo-électriques, elle s’emploie dans l’industrie, ce qui n’empêche nullement son utilisation en tant que gemme.

Les tourmalines couvrent toute une gamme de couleurs, de plus elles sont réfractaires aux énergies négatives :

achroiteL’Achroïte est incolore ou presque : ses vertus sont proches du cristal de roche ou du quartz fumé. 

– la Rubellite varie du rouge rose au rose violacé rubellite1 a des effets sur les émotions, sur l’estomac (pour les ulcères, sur la peau et sur les bronches). La tourmaline rose tempère les émotions excessives et permet d’en comprendre la cause. 

– l’Indicolite ou Indigolite indicolite revêt les tons de bleu et suivant les tons de ses couleurs, elle s’identifie aux vertus des pierres bleues. 

tourmaline-melon-d-eau-madagascar La Tourmaline « melon d’eau » est polychrome ; elle marie les vertus de la verdélite et de la rubellite.

– la Verdélite verdelite couvre tous les tons de vert. Elle a une action sur tous les méridiens, sur le système nerveux. Pour les états dépressifs et les baisses énergétiques (fatigue générale). C’est une pierre de jeunesse. Les plus pures sont évidemment les plus efficaces mais aussi les plus onéreuses. 

dravite-de-lile-delbe La Dravite jaune vire du brun au brun foncé. Elle peut remplacer la sardoine.

– la Scorlite est noire la-scorlite-ou-tourmaline-noire. C’est une pierre de protection, de stabilité, d’ancrage. Elle agit sur le premier centre pour la concentration et les personnes chaotiques. C’est un filtre à toutes les énergies négatives. Elle agit tel un  purificateur de nos zones cristallisées (blocages émotionnels ou mentaux). Elle éveille en outre la force de pallier et dissipe ces désordres. La tourmaline noire stimule et désintoxique le corps.

Tourmaline vient du cingalais « turamali » qui signifie « pierre qui attire les cendres ». Elle était connue des Romains qui lui attribuaient le pouvoir de chasser les peurs et la mélancolie. On lui accorde aussi la propriété de renforcer les dons occultes. Mais les principales caractéristiques des tourmalines sont sa pyroélectricité : en les chauffant, elles se polarisent, un pôle positif, un pôle négatif, ce qui leur permet d’attirer les corps légers.

La cristallisation de certains de ses gros cristaux prismatiques leur fait parfois former un triangle équilatéral presque parfait. Ce triangle représente dans la symbolique la divinité, l’harmonie, la proportion et il est aussi rattaché à la terre.

On utilise les tourmalines surtout en thérapie et comme pierres à porter sur soi. Elles sont attrayantes et stimulent la subtilité en l’homme. Leurs actions filtrent les énergies négatives.

Les noces de Tourmaline symbolisent les 52 ans de mariage dans le folklore français.  

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Bibliographie : Le Grand Livre de la Magie des Pierres – S. Da Ros – Editions Trajectoire 

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PARMI DIVERS MYTHES CANCER : LA FONTAINE D’ARETHUSE

(05 - PETIT COURS D'ASTROLOGIE, 06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 15-07-2010

C’est une bien jolie histoire que celle d’Aréthuse illustrant le Cancer, ce signe d’Eau associé à une fontaine. Aréthuse était une jolie nymphe du cortège d’Artémis que le dieu du fleuve Alphée poursuivait de ses assiduités. Il la pourchassait, elle fuyait, disparaissant sous terre. Elle s’enfuit ainsi jusqu’en Sicile où elle implora le secours d’Artémis qui, après avoir tenté de la cacher dans un nuage, la changea en fontaine. Mais le dieu, follement épris, n’abandonna pas, et nul ne sait si le fleuve persévérant est parvenu ou non à mêler ses eaux aux siennes.

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Une autre version du mythe affirme qu’Alphée mêla ses eaux à celles d’Aréthuse, disparaissant pour venir rejaillir à Ortigia, île voisine de Syracuse, où elles forment une fontaine d’eau douce, bien qu’entourée des eaux salées de la mer.

C’est Aréthuse qui informa Déméter du lieu où se trouvait sa fille, Perséphone, qu’Hadès/Pluton avait emportée aux enfers. En effet,  Eros, fils d’Aphrodite, lui avait jeté une flèche amoureuse. Il faut savoir qu’Aphrodite ne supportait pas de voir des déesses célibataires.

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La Fontaine d’Aréthuse – Ile d’Ortigia – Sicile

On notera au passage qu’un cinéaste, très influencé par le signe du Cancer, a donné pour titre à l’un de ses premiers films La fontaine d’Aréthuse, et à un autre, la Source…

morphee-houdonMorphée aux ailes de papillon provoque en nous une association immédiate avec le sommeil. Il est fils de Nyx, la nuit, et de Sommeil, offrant aux humains les rêves les plus heureux. Et c’est pourquoi nous sommes toujours enchantés à l’idée de retrouver tous les soirs les bras de Morphée. Dans sa main, la fleur du Cancer, le pavot, qui fournit l’opium et favorise la fuite dans le rêve. 

pavot-oriental 

daphne-et-apollon-john-william-waterhouseDaphné, fille d’un dieu fleuve et de Gaïa, la Terre, est elle aussi follement désirée par Apollon. Mais elle le fuit. Comme beaucoup de jeunes filles en pareilles circonstances, elle appelle sa mère, la supplie de la sauver… Peu à peu, elle se transformera, ses cheveux deviennent feuillage, ses pieds, racines. La voilà changée en laurier. Certains disent qu’elle ne voulait pas grandir ni devenir femme. Cette version mérite qu’on s’y arrête car elle correspond à la tentation cancérienne d’un retour à l’enfance et à la protection maternelle.

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Bibliographie : Dieux et Héros du Zodiaque – Joëlle de Gravelaine – Editions Robert Laffont

dauphin

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DANS LE BESTIAIRE LUNAIRE… LA PIE

(09 - LES ANIMAUX DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 12-07-2010

Symbole lunaire et féminin, le miroir est en Chine l’emblème de la reine. Le miroir prend « le feu du soleil ». Il est par ailleurs le signe de l’harmonie, de l’union conjugale, le miroir brisé étant celui de la séparation ; la moitié brisée du miroir vient éventuellement, sous la forme d’une pie, rendre compte au mari des infidélités de la femme. L’oiseau, nommé « p’o-king » ou « miroir brisé », est en relation avec les phases de la lune ; l’union du roi et de la reine s’effectue lorsque la lune est pleine, le miroir reconstitué en son entier. 

pie-bavarde-2 

La pie est communément prise comme synonyme de bavarde et aussi de voleuse ce qu’explique assez nettement le comportement de l’oiseau. C’est aussi pourquoi la grive-pie symbolise chez les Montagnards du Sud-Viêt-Nam l’ancêtre qui enseigna un certain art de rendre justice, et en tout cas à tenir des palabres. Les Sioux assurent, de leur côté, que la pie connaît tout.

La pie, c’est aussi cet oiseau qui apporte de bonnes nouvelles et de ce fait elle symbolise la joie. Sur une branche de grenadier, elle exprime le bonheur d’avoir une descendance nombreuse. Deux pies représentent la fidélité conjugale comme un double bonheur. Et en Chine, on lui accorde le pouvoir de connaître les infidélités conjugales, car le demi-miroir que lui a remis le mari se transforme en pie et va faire rapport, si la femme l’a trompé pendant son absence. L’identification pie-miroir est curieuse, si l’on se souvient du goût des pies pour les fragments d’objets brillants.

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La voie lactée

De multiples pies parmi des branches de prunier chargées de deux fruits forment les décors dit du « bonheur de chaque jour » (30 pies) ou « de chaque heure » (24 pies), porteur du message similaire : « puissent les choses heureuses vous arriver chaque jour du mois ou chaque heure de la journée ». Dans légende du Bouvier et de la Tisserande ou la Fileuse, chaque 7e jour du 7e mois lunaire, les pies s’envolent vers le ciel et font le pont sur la Voie lactée pour le cortège nuptial lorsque la Tisserande céleste va rejoindre le Bouvier. Et c’est pourquoi, dit-on, les pies ont la tête dégarnie.

bouvier-tisserande

Le bouvier n’est autre que l’étoile Altaïr alors que la Tisserande est l’étoile Véga. On dit qu’ils eurent deux enfants : Beta Aquilae et Gamma Aquilae.

La pie est une fée, chen-niu. En effet, la fille de Yen-ti, roi du feu, se transforma en pie et monta au ciel après l’incendie de son nid, ce qui est une apothéose d’Immortel taoïste. En quoi la pie joue un rôle analogue à celui de la grue. La cendre de nid de pie sert d’ailleurs à préparer un bain pour les œufs de vers à soie, coutume qui évoque le symbolisme de l’éclosion. 

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Comme une petite lune… l’œuf de la pie bavarde

Dans la Rome antique, on immolait des pies à Bacchus pour que le vin aidant, les langues se délient et les secrets s’échappent.

D’après les légendes grecques, les Piérides étaient neuf jeunes filles de Thrace qui voulurent rivaliser avec les neuf Muses. Vaincues à un concours de chant, elles furent transformées en pies. On pourrait voir dans les pies de cette légende, racontée par Ovide, le symbole de l’envie, de la présomption, de la jacasserie et du snobisme. 

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Le Défi des Piérides – Giovanni Battista di Jacopo dit Rosso Fiorentino – 1765 – Musée du Louvre – Paris

Le symbole de la pie dans le folklore occidental, est généralement sombre et les manifestations de cet oiseau interprétées comme un signe néfaste.

la-pie-voleuse-la-gazza-ladraQuant à sa réputation de voleuse, elle a servi de prétexte à Rossini pour en faire un opéra célèbre « la gazza ladra », la pie voleuse. Et même Hergé s’en sert dans sa non moins célèbre bande dessinée « Les Bijoux de la Castafiore ». 

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Ses vocalisations fréquentes ont laissé dans le langage courant l’expression « bavarde comme une pie » comme sa curiosité légendaire s’évoque puisqu’on dit facilement « curieuse comme une pie ». Quant au « nid de pie », c’est un bâti haut perché, rappelant les positions des nids de cet oiseau qui connaît bien les prédateurs.

Les vaches et les chevaux à la coloration noire et blanche se voient habillés d’une robe « pie » en référence au plumage de l’oiseau. Et la « queue de pie » est le nom d’un habit noir à basques longues à l’arrière évoquant les longues ailes rectrices de l’oiseau.

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Enfin la pie figure souvent en héraldique sur les blasons.

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Blason de la ville de Bad Elster en Allemagne

Bibliographie :

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Editions Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

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DANS L’HERBIER DU CANCER … LA BELLE DE NUIT

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 08-07-2010

Originaire des Antilles, la Belle de nuit ou « jasmin de nuit » n’est en aucune façon apparentée au jasmin qui fait partie de la famille des Oléacées, mais est en fait une « cousine » du datura, du piment et de la tomate, autres représentants des Solanacées. C’est la vigueur de son parfum qui lui a valu ce nom d’emprunt, parfum qui s’exhale à la tombée de la nuit et durera jusqu’au matin, coïncidant avec l’ouverture de ses petites fleurs blanches en grappes généreuses. Ces fleurs insignifiantes sont suivies de baies blanches dont les oiseaux se régalent. Son aspect est celui d’un arbuste, les longues branches souples pouvant retomber élégamment au sol. Ses feuilles persistantes sont ovales d’un vert brillant.

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Selenicereus est un genre botanique de la famille des Cactaceae. Si l’on décompose ce nom « Selenicereus » on retrouve le mot grec « Séléné » qui était une déesse grecque apparentée à la Lune. Quant à « cereus », il se traduit par « cierge ». Ainsi donc cette Belle de nuit n’est autre que le « Cierge de Séléné ». L’idée de cierge serait en référence avec l’ouverture nocturne des fleurs de la Belle de nuit. D’ailleurs, on l’appelle aussi « Reine de la nuit » car les Selenicereus sont des cactus épiphytes ou lithophytes, c’est-à-dire grimpant le long des troncs d’arbres à l’aide de racines aériennes. Ce sont des tiges cylindriques, fines et sarmenteuses, ramifiées avec de deux à huit côtes et mesurant 5 mètres de long et parfois plus. Ce sont ces tiges qui comportent des côtes et des racines aériennes, les aréoles avec de courtes épines radiales.

Bien sûr la floraison des Belles de Nuit est généralement nocturne et a lieu en été, avec des fleurs de grande traille, de 12 à 40 cm de diamètre, aux pétales externes longs et fins, avec la présence d’épines le long du tube floral. La fleur ne s’ouvre qu’une fois, de la nuit à l’aube, en exhalant un parfum puissant.

Dans la mythologie grecque, Séléné était la fille des Titans, Hypérion et Théia, sœur d’Hélios, le Soleil, et d’Eos, l’Aurore, et donc était elle-même la Lune, et plus spécifiquement la Pleine Lune, second membre de la triade composée d’Artémis, le croissant de Lune, et d’Hécate la Nouvelle Lune. Pourtant, elle est souvent assimilée à Artémis, même si elle personnifie plutôt l’astre lunaire lui-même. Et c’est cette déesse Séléné qui fut « romanisée » sous le nom de « Luna ». Et c’est cette Lune que la tradition astrologique rattache au Cancer dont on dit que la Lune y est dans son domicile.

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Séléné entourée de Phosphoros, l’étoile du matin, et d’Hespros, l’étoile du soir – Autel de marbre du IIe Siècle trouvé en Italie – Musée du Louvre

Elle est généralement décrite comme une belle femme au visage d’une blancheur étincelante, vêtue de longues robes fluides blanches ou argentées et portant une lune en croissant retournée sur sa tête. D’autres sources racontent qu’elle porte également une torche et d’autres encore lui prêtent deux grandes ailes blanches dans le dos.

Après s’être baignée dans l’Océan, elle conduit un char argenté à travers le ciel obscur, tiré par des chevaux blancs, dans certains contes, et par des bœufs blancs dans d’autres. Elle est également souvent dépeinte montant un cheval ou un taureau. Elle luit d’une douce lumière argentée pendant qu’elle voyage à travers les cieux, renvoyant sa douce lumière sur la terre ensommeillée.

On lui connaît plusieurs amants, parmi lesquels :

       Pan qui la séduira en lui offrant un troupeau de bœufs blancs,

       Zeus/Jupiter de qui elle aura deux filles : Hersé et Pandia,

       Endymion, un jeune et beau berger, qu’elle plongera dans un sommeil éternel pour qu’il conserve sa beauté.

Quand, plus tard, on associa Artémis à la Lune, Séléné perdit l’intérêt des mythographes.

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PERSONNAGES DE L’IMAGINAIRE LUNAIRE : LORIALETS… PIERROT… ARLEQUIN… PAILLASSE…

(05 - PETIT COURS D'ASTROLOGIE, 06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 05-07-2010

Les Lorialets qu’on appelle aussi les Lunatiques sont des créatures imaginaires qui peuplent la mythologie européenne. Leur lien avec la Lune est incontestable bien qu’il diffère selon les versions tout en restant très proches. Certains sont censés descendre de l’astre ou d’une déesse lunaire, alors que d’autres dépendent des rayons même de la lune pour survivre. Ils sont souvent représentés comme des êtres pâles et mélancoliques et on les assimile parfois aux albinos et aux enfants de la lune.

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On dit que les Lorialets sont des enfants nés de l’union d’une femme et d’un rayon de Lune, ou bien de celle d’un homme et de la Lune incarnée, pour l’occasion, dans un corps de femme. Mais il existe bien des versions concernant la conception des Lorialets.

D’après la mythologie gréco-romaine, les Lorialets seraient les descendants de Séléné, la grande déesse lunaire de la Pleine Lune, et d’Endymion, son amant qu’elle maintint éternellement endormi pour qu’il conserve sa beauté. Le couple est censé avoir conçu cinquante garçons et cinquante filles pendant le sommeil du jeune homme. Cependant, un seul garçon partit vivre sur la terre où il donna naissance au peuple des Lorialets.

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Rabelais dans ses chroniques Gargantuines, ouvrage bien antérieur à son célèbre roman « La vie très horrifique du Grand Gargantua, père de Pantagruel », prétend que les Lorialets sont des enfants mortels et donc humains, nés ou conçus à la lumière de la lune, ou bien l’ayant regardée trop longtemps.

D’après certaines légendes, les Lorialets sont dotés d’une fine pilosité nacrée et d’ailes invisibles, tandis que dans d’autres leur apparence est tout simplement humaine. Cependant, tous possèdent un visage pâle, mélancolique avec toujours un air rêveur. Ils ne sont pas satisfaits de leur vie sur la Terre et n’aspirent qu’à retourner sur la lune qu’ils considèrent comme leur véritable patrie. La plupart des Lorialets restent de malheureux innocents jusqu’à leur mort et ne connaissent jamais l’amour car les déesses lunaires prônent la chasteté. Dans une version de la légende de Séléné et d’Endymion, c’est la crainte de rompre son vœu de chasteté qui pousse la déesse à endormir son amant. Le Lorialet a une grande difficulté à s’intégrer à son environnement. Toutefois, tous sont de grands artistes, dotés d’un imaginaire foisonnant. Certains sont musiciens, d’autres peintres et presque tous poètes…

Il est d’autres récits plus anciens encore qui attribuent aux Lorialets des pouvoirs sur le temps qu’ils influenceraient inconsciemment en fonction de leur humeur et des cycles de la Lune. On dit aussi qu’ils possèdent un don de prophétie qu’ils n’exploitent jamais. 

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Pierrot de Watteau

La durée de vie de ces Lunatiques varie. Dans certaines légendes, les Lorialets vivent éternellement à condition de rester exposés aux rayons de la Lune, alors que d’autres versions affirment qu’ils ne peuvent pas vivre très longtemps.

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Ophélia de Waterhouse

Parmi les Lorialets célèbres on trouve Ophélia, l’héroïne du Labyrinthe de Pan de Guillermo del Toro, qui apprend en discutant avec un faune qu’elle est la fille du roi du royaume souterrain et de la Lune qui l’a engendrée. C’est également l’enfant albinos de la chanson traditionnelle espagnole « Hijo de la Luna », conçu par une femme désireuse d’avoir un enfant et la Lune à qui elle avait formulé son souhait. Et puis aussi, c’est Marcellino et bien sûr Pierrot la Lune.

L’histoire de Marcellino se situe au XVIIe siècle. C’est un petit garçon de cinq ans, qui a été abandonné par sa maman à sa naissance devant la porte d’un monastère. Les moines le découvrent et cherchent sa mère en vain et décident finalement de l’adopter et de lui donner le nom du saint du jour où ils l’ont découvert. La légende veut que tous les enfants nés la nuit d’une millième lune possèdent le don de parler aux animaux. En grandissant, le petit garçon va découvrir qu’il a hérité de ce formidable pouvoir. Il décide alors de devenir le défenseur de la cause animal et son plus grand souhait est de retrouver sa mère. Entre temps, le seigneur qui règne sur la région et qui est en mal d’enfant, jette son dévolu sur Marcellino et décide de l’emmener dans son château. Cependant, Marcellino refuse cette nouvelle vie et finit par s’enfuir pour se réfugier de nouveau chez les moines qui le cachent.

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Marcellino, pane e vino, fut un très beau film de Luigi Comencini, incomparable pour filmer les enfants.

Pedrolino ou Pierrot est un personnage de l’ancienne comédie italienne, un des valets bouffons ou zanni de la comédie italienne. Pierrot est candide, badin, mais avec une certaine dose de bon sens. Il est vêtu de blanc. Il ne porte pas de masque, mais son visage est fariné. Souvent, dans la commedia dell’arte, il est le rival d’Arlequin auprès de Francisquine ou de Zerbinette et bien sûr il est amoureux de Colombine. Pierrot aime Colombine, son amie d’enfance et sa voisine. Mais Colombine est blanchisseuse et travaille le jour, tandis que Pierrot est boulanger et travaille la nuit. Petit-à-petit, Colombine se lasse de cet amoureux et de son rythme de vie… N’est-ce pas une belle illustration du jeu de cache-cache entre le soleil qui blanchit le jour et Pierrot, la Lune, qui vit dans l’obscurité de son fournil…

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Colombine

Les Pierrots se sont aussi les Bertoldo, Bertolino, Pagliaccio ou le Paillasse français. Une variété de Pierrot italien s’appelait Brighella, tout vêtu de blanc comme le Pierrot français. Il était originaire de Ferrare en Emilie province d’Italie du Nord. Il était rusé et d’une grossière insolence.

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Arlequin – Picasso (son fils Paul)

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Pierrot – Auguste Renoir ( son fils Claude)

En France, Pierrot fait son apparition en 1577 dans la troupe des Gelosi. Ce personnage comique se retrouve également sous le nom de Pierrot dans le Don Juan de Molière, il représente alors un paysan. De la comédie italienne Pierrot passa au théâtre de la Foire, puis à l’Opéra-Comique. Il fut un temps oublié et redevint en vogue dans les pantomimes. De tous les masques et bouffons de la comédie italienne, Pierrot est celui qui est resté le plus célèbre… 

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Dessin « Le Lorialet » de l’Antre de Mélusine : www.lantredemelusine.blogspot.com

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