L’ENIGMATIQUE TABLETTE DES CELTES

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 29-08-2010

En 1897, des fragments d’une tablette de bronze, datant du premier siècle avant l’ère chrétienne, furent retrouvés à Coligny, en Bourgogne, dans l’Ain.

Une fois les morceaux rassemblés, la tablette s’avéra être le plus complet document en langue gauloise jamais découvert. Son déchiffrage révéla quarante mots différents, tous d’écriture latine, et une révélation… il s’agissait d’un calendrier lunaire ! Ce calendrier est une grande table de bronze du IIe siècle.  

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En effet, les Celtes utilisaient des ensembles de 62 mois lunaires. L’un de leurs mois contenait 30 jours, le suivant 29, ce qui donnait des périodes de 15 jours, parfois suivies de périodes de seulement 14, d’une nouvelle lune à l’autre. Leur année entière comptait donc 11 jours de moins que notre année solaire de 365 jours. Pour remédier à ce problème, les Celtes jonglaient simplement entre des années de 12 mois et d’autres de 13. Trois années de 12 par-ci, deux de 13 par-là, et au bout de 5 ans, le grand cycle de 62 mois pouvait recommencer.

Nous pouvons donc légitimement nous demander ceci : pourquoi un peuple aussi doué en calcul, n’a-t-il pas adopté l’année solaire comme maître étalon de son calendrier ? Pourquoi lui a-t-il préféré le cycle lunaire, plus capricieux ? Pourquoi liait-il la lune à l’agriculture, au détriment du soleil, à qui les végétaux doivent pourtant de pousser, et les fleurs d’éclore ? Pourquoi comptait-il ses jours de lever de lune en lever de lune, coutume toujours respectée par les Juifs et les Musulmans ?

Certains objecteraient qu’un calendrier lunaire permet des mesures réduites, des sauts temporels de petites unités, donc simplifie la vie quotidienne et religieuse. D’autres encore, que par sa position stratégique et inévitable, la lune était « adorée » par les peuples dits « archaïques »….

Mais, dans un cas comme dans l’autre, l’Histoire nous apprend que le rapport des hommes à « leur » lune, s’avère bien plus complexe que ce que les avocats des idées actuelles, nonobstant leurs objections, voudraient faire croire…

Pour la petite histoire, c’est en novembre 1897 qu’Alphonse Roux, un agriculteur, trouva dans un champ, au lieu-dit Verpoix, sur la commune de Coligny, un ensemble de 550 fragments de bronze enfouis à une trentaine de centimètres sous terre. Le travail d’assemblage révéla qu’il s’agissait de deux objets distincts : la statue d’un dieu d’environ 400 pièces, qu’on identifia comme étant Mars, et un calendrier de 149 pièces dont 120 portent des inscriptions, et dont il manque environ la moitié.  

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Le dieu de Coligny – Mars sans doute

Des fouilles récentes menées sur les lieux n’ont pas permis de retrouver d’autres fragments. Pour éviter des fouilles sauvages, la zone a été classée. Le calendrier et la statue sont exposés au Musée gallo-romain de Fourvière à Lyon. Une reconstitution à l’identique du calendrier est visible à la mairie de Coligny.

Ce calendrier a été reconstitué par Monsieur Dissard, conservateur du musée. L’objet se présente sous la forme d’une table aux dimensions de 1,50 m sur 0,90 m, les fragments assemblés couvrent les deux tiers de la surface totale. Les lettres et les chiffres sont gravés en caractères romains, mais la langue est gauloise.  Le document comporte 2 000 mots inscrits sur 16 colonnes et 2 200 lignes : c’est le plus long connu en cette langue. L’étude apporte une soixantaine de mots nouveaux dont le sens reste très incertain en l’état actuel des connaissances.

Ce calendrier luni-solaire présente 5 années de douze mois de 29 ou 30 jours. Le jour gaulois se compose d’une nuit suivie d’une journée, cette durée se nomme « latis » au singulier et « lates » au pluriel. Le changement de date intervient au coucher du soleil. Les mois sont divisés en deux quinzaines et à chaque jour correspond un trou, où l’on place une goupille pour indiquer la date. L’ajout de deux mois supplémentaires est nécessaire pour le faire coïncider avec le calendrier solaire, à la fin d’une période de 30 ans, période qui correspond à un « siècle » celtique. Le mot « Atenoux » pourrait désigner la Pleine Lune, « matu » et « anmatu » indiqueraient les périodes fastes et les jours néfastes. Exactement comme le calendrier lunaire que je vous propose chaque mois… Mais le cours de la lune n’est-il pas immuable ?

Les douze mois avec leur durée et leur attribut sont : Samonios (30 jours, matu), Dumanios (29 jours, anmatu), Riuros (30 jours, matu), Anagantios (29 jours, anmatu), Ogroniv (30 jours, matu), Giamonios (29 jours, anmatu), Simivi Sonnios (30 jours, matu), Equos (30 jours, anmatu), Elembius (29 jours, anmatu), Aedrinnis (30 jours, matu), Cantlos (29 jours, anmatu). Il faut y ajouter deux mois supplémentaires : Ciallos (entre Cutios et Giamonios, 30 jours, matu) et Quimon (entre Cantlos et Samanios, 30 jours, matu).

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La fête de Samain marque le début de l’année celtique, approximativement le 1er novembre.

La répugnance des druides à consigner leur savoir par écrit indique un contexte gallo-romain, et l’on retient la fin du IIe siècle après Jésus-Christ pour la date de fabrication du calendrier. Sa complexité dénote de bonnes connaissances astronomiques, ainsi qu’une lente élaboration. 

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Bibliographie : Tous les mystères de la Lune – Odile Alleguede – Editions Trajectoire

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LES FIGURES ROYALES DU LION

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 19-08-2010

Dans de nombreuses civilisations, le Lion est considéré comme destructeur du mal et de l’ignorance, associé à de grandes figures, comme celle de Krishna, celui, parmi les animaux, qui rugit de toute sa puissance, et se nourrit de l’énergie divine. Le soleil avec ses rayons ondulés et rectilignes, en alternance, symbolise la chaleur pour les uns et la lumière pour les autres. On parle aussi des cheveux de Shiva. Le Christ lui-même sera appelé le Lion de Judas. Tout comme Ali le gendre de Mahomet sera nommé le Lion d’Allah. On perçoit là la désignation d’un bras droit, du bras exécutant d’une force supérieure. Parmi les quatre évangélistes, Marc sera le Lion alors que Luc est le Taureau, Mathieu le Verseau et Jean le Scorpion-aigle, piliers de l’Eglise, bras agissants du Christ.

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Enfin, nous retrouvons toujours le Lion associé à la loi et à l’éveil de la conscience. Comme on le verra sur le trône de Salomon, symbole également du spectre, de royauté, de pouvoir temporel et intemporel. En Egypte, le lion est aussi un animal solaire associé au passé et à l’avenir, à la vigueur retrouvée. Même en Afrique, chez les Bambaras, on le voit lié au savoir divin. 

Pourtant Saint Jean de la Croix mentionne l’impétuosité de l’appétit, l’irascibilité, la force incontrôlée… telle qu’on la voit chez Héraclès/Hercule. On représente parfois sa massue comme l’ancêtre du sceptre royal… en plus « primitif ».  

Le soleil est fécondateur mais renvoie à des images d’excès et de feu.

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Le soleil n’a pas toujours été masculin ; quelque peuples l’associent à la lune, en souvenir d’Apollon, dieu lunaire avant sa « mutation » (ou sa permutation avec la force solaire de sa jumelle). Chez les Dogons, le soleil est femelle, matrice fécondée et chez les Celtes, il est symbole féminin. Ou encore comme chez les Mongols où il est appelé « le cheval du mirage ». Mère soleil et père lune y sont adorés. Les Samoyèdes parlent d’un œil bon, le soleil, et d’un mauvais œil, la lune. Parions que le bon est le droit et le mauvais le gauche. En Inde, le soleil se nomme aussi Surya le brillant, fils du dieu suprême, manifestation de la divinité, frère de l’Arc-en-ciel. Il est l’œil de Dieu, comme Caïn s’en souvient.

 

glyphe-du-soleil1En astrologie, le Soleil est représenté comme un cercle, avec un point au centre, évoquant l’œil symbolique du monde. Un disque solaire offrant la même image est suspendu au cou des Hébreux.

Parfois, le soleil est psychopompe, accompagnateur des morts, à l’image de la barque solaire. Il s’enfonce dans la terre avec le mort et réapparaît au matin. D’où la grande terreur des humains de le voir disparaître à jamais.

En Chine, pour devenir immortel il suffit de manger des graines de tournesol et d’absorber l’essence solaire.

Tous les dieux, les géants, les rois sont chargés de cette puissance. Que deviendrait le monde sans la chaleur et la lumière de l’astre diurne ? On conçoit qu’il ait été adoré avec crainte et respect. Comme on peut concevoir que le signe du Lion soit habituellement très valorisé… en particulier par ses natifs. Au signe il sera question de Père, de Moi, d’identité, d’idéal du Moi que tout Lion aspire à rejoindre. D’où aussi la névrose d’échec qui peut frapper celui qui ne peut se concevoir que comme porteur d’une œuvre sublime, unique, supérieure. Comment prendre le risque de sauter si on place la barre à six mètres ? Le Lion se rêve créateur. Il est plus souvent mécène. Ou conquérant.

Sa dimension la plus riche, en fait, il la doit à Neptune exalté dans le signe, qui lui ouvre les portes du cœur, de l’esprit, d’un accès à Dieu le père, faute d’un père mortel plus parfait et qui jamais ne constituera un modèle aussi exaltant.

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Si l’on devait encore proposer un mythe du Lion, on offrirait une méditation sur Narcisse l’ambigu. Beau, si beau, comme une « perfection interdite », écrivait Jacqueline Kelen qui prend sa défense avec force : « Respirant dans l’éternel mais ne le sachant pas – aussi bien n’a-t-il pas encore vu son image dans l’eau -, il ne serait être touché par les silhouettes temporelles, par les sentiments capricieux. Il est entier ; il ne connaît pas le manque : l’amour humain ordinaire ne peut donc le troubler. Il est voué à la contemplation et à la disparition. Narcisse n’est pas une figure humaine mais une furtive apparition de la Beauté et de l’Amour tels que Platon les a évoqués. Une annonciation ».

Ainsi peut-on l’absoudre de s’aimer trop, d’être fasciné par son propre reflet, d’être inaccessible au désir des autres puisqu’il perçoit dans la perfection de son image une perfection quasi divine. Comme celle du Soleil.

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Bibliographie : Dieux et héros du zodiaque – Joëlle de GRAVELAINE – chez Robert Laffont

 

 

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OISEAU ROYAL ET SOLAIRE… LE PAON

(09 - LES ANIMAUX DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 11-08-2010

Si nous faisons volontiers du paon une image de la vanité, cet oiseau préféré d’Héra (Junon) épouse de Zeus/Jupiter, est avant tout un symbole solaire ; ce qui correspond au déploiement de sa queue en forme de roue. D’après la mythologie grecque, les « yeux »visibles sur la queue du paon y furent placés par Héra elle-même en hommage à son fidèle gardien, Argos, qui avait cent yeux. Selon la légende, Argos avait été engagé par Héra pour espionner son époux, Zeus, qu’elle soupçonnait, il faut bien dire  à juste titre, d’adultère. Lorsque Zeus/Jupiter s’en rendit compte, il fit tuer Argos.

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Le paon est aussi l’emblème de la dynastie solaire birmane. La danse birmane du paon, l’usage du paon dans la danse cambodgienne du trot, sont en rapport avec la sécheresse provoquée par le soleil. La mise à mort du paon, comme celle du cerf, est un appel à la pluie, à la fertilisation céleste. Kumâra/Skanda, dont la monture est le paon, dont il existe notamment une représentation célèbre à Angkor-Vat, s’identifie à l’énergie solaire. Le paon de Skanda est certes le destructeur des serpents, c’est-à-dire des attachements corporels, et aussi du temps. Mais l’identification du serpent à l’élément eau confirme l’apparentement du paon au soleil, à l’élément feu, l’antithermique de l’eau. Le paon est d’ailleurs aussi, dans le Bardo-Thodol, le trône du Bouddha Amitâbha, auquel correspondent la couleur rouge et l’élément feu.

C’est encore dans ce cas, dit-on, le symbole de la beauté et du pouvoir de transmutation, car la beauté de son plumage est supposée produite par la transmutation spontanée des venins qu’il absorbe en détruisant les serpents. Sans doute s’agit-il là surtout d’un symbolisme d’immortalité.

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Dans le monde chinois, le paon sert à exprimer les vœux de paix et de prospérité. Il est aussi appelé l’entremetteur, à la fois parce qu’il est utilisé comme appeau et parce que son seul regard, dit-on, suffit à faire concevoir une femme.

Dans la tribu Maa du Sud-Viêt-Nam, les hommes se plantent des plumes de paon dans le chignon, ce qui les identifie sans doute au peuple des oiseaux, mais ce n’est peut-être pas sans rapport non plus avec le symbolisme du rayonnement solaire.

Dans la tradition chrétienne, le paon symbolise aussi la roue solaire et de ce fait il est un signe d’immortalité ; sa queue évoque le ciel étoilé. On remarque que l’iconographie occidentale représente parfois les paons s’abreuvant dans le Calice eucharistique. Au Moyen-Orient, ils sont représentés de part et d’autre de l’Arbre de Vie : symboles de l’âme incorruptible et de la dualité psychique de l’homme.

Le paon sert parfois de monture, il dirige de façon certaine son cavalier. Appelé « l’animal aux cent yeux », il devient signe de la béatitude éternelle, de la vision face à face de Dieu par l’âme. On le retrouve dans la sculpture romane et dans le symbolisme funéraire.  

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Symbole cosmique pour l’Islam : lorsqu’il fait la roue, il figure soit l’univers, soit la pleine lune, soit le soleil au zénith. Une légende soufie, probablement d’origine persane, dit que Dieu créa l’Esprit sous forme d’un paon et lui montra sa propre image dans le miroir de l’Essence divine. Le paon fut saisi d’une crainte respectueuse et laissa tomber des gouttes de sueur dont tous les autres êtres furent créés. Le déploiement de la queue du paon symbolise le déploiement cosmique de l’Esprit.

Dans les traditions ésotériques, le paon est un symbole de totalité, en ce qu’il réunit toutes les couleurs sur l’éventail de sa queue déroulée. Il indique l’identité de nature de l’ensemble des manifestations et leur fragilité, puisqu’elles apparaissent et disparaissent aussi vite que le paon se déploie et se replie.

« Paon » est un nom vernaculaire ambigu désignant certains oiseaux appartenant à plusieurs espèces et sous-espèces de la famille des phasianidés, classés dans les genres « Pavo » et « Afropavo ». Le paon porte sur la tête une aigrette en couronne et le plumage de la queue du mâle peut se dresser en roue. Les plumes de la queue possèdent des ocelles ressemblant à des yeux.

Dans l’absolu la plume est de couleur noire permettant une absorption complète du spectre lumineux, les barbules étant hérissées de micro-lamelles parallèles. Lorsque la plume est éclairée, selon le chemin parcouru par les radiations lumineuses dans les micro-lamelles, deux radiations lumineuses de mêmes couleurs peuvent s’annuler, la barbule recevant alors une lumière d’où a disparu une couleur, soit la couleur complémentaire. La couleur qui apparaît à nos yeux dépend de l’écartement des micro-lamelles, celui-ci est de l’ordre de la longueur d’onde, soit quelques dixièmes de microns.

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Pour le cas du paon blanc, la couleur blanche s’explique par l’absence de la mélanine dans les plumes. La plume blanche reflète l’intégralité du spectre lumineux, d’où l’absence de couleurs.

Les oiseaux très voyants paradent volontiers pour séduire leur partenaire ou écarter les rivaux. Le paon mâle fait la roue pour séduire les femelles lors de la parade nuptiale. Il étale en éventail les longues plumes de sa queue, puis tourne sur lui-même en les agitant pour faire admirer sa parure.

Charles Darwin et sa théorie de l’évolution ne comprenait pas l’existence des paons. En effet, d’après les théories de Darwin, un tel animal, très voyant, aux couleurs extravagantes, aux cris si aisément reconnaissables et perceptibles, et courant aussi lentement, aurait dû disparaître depuis longtemps parce qu’il était mal adapté à son environnement. Charles Darwin disait lui-même que les paons étaient son cauchemar. Amotz Zahavi l’expliquait dans le cadre de la théorie de l’évolution par une théorie appelée « théorie du handicap ». Darwin soutenait la théorie de la sélection sexuelle : évolution d’un attribut sexuel apparu au départ de façon arbitraire.

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Le Paon bleu (Pavo cristatus) est une espèce d’oiseau galliforme de la famille des phasianidés. C’est un oiseau originaire d’Asie, plus principalement d’Inde et du Sri Lanka. Il est connu pour ses couleurs brillantes et sa queue magnifique qu’il peut déployer en roue. Il aurait été rapporté d’Asie vers la Grèce au IVe siècle avant Jésus-Christ par Alexandre le Grand et s’est vite répandu dans toute l’Europe tant sa beauté suscitait l’admiration.

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On trouve des représentations de paons sur les fresques de Pompéi. Le paon était, pour les Romains, tout à la fois un oiseau de table et d’agrément.

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Bibliographie 

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Editions Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins 

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DEUX FLEURS SOLAIRES… L’HELIOTROPE ET LE TOURNESOL

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 07-08-2010

                        * L’HELIOTROPE

Cette plante symbolise le soleil tournant ou la lumière mobile dont le soleil est la source. La fleur est une ontophanie de la lumière. Après avoir orné les têtes d’empereurs romains, des rois de l’Europe orientale et d’Asie, elle est utilisée dans l’iconographie chrétienne pour caractériser les personnes divines : la Vierge, les anges, les prophètes, les apôtres et les saints.

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Ce végétal solaire figure dans un vitrail de Saint-Rémi de Reims : « deux tiges d’héliotrope sortant du nimbe qui entoure le visage de la Vierge et de saint Jean qui assistent éplorés à la mort du Christ ».

La propriété de cette plante d’avoir un mouvement tournant, pour suivre l’évolution du soleil, symbolise l’attitude de l’amante, de l’âme qui tourne continuellement son regard et sa pensée vers l’être aimé, la perfection toujours tendue vers une présence contemplative et unitive.

Aussi, l’héliotrope symbolise-t-il encore la prière. Fleur solaire, « elle chante, selon Proclus, la louange du chef de la série divine à laquelle elle appartient, louange spirituelle et louange raisonnable ou physique ou sensible ». Pour Proclus, philosophe néo-platonicien et grammairien, l’héliotrope, en sa couleur de ciel, prie parce qu’il se tourne toujours, en une insigne fidélité vers son Seigneur.

 

clytia-metamorphosee-en-heliotropeDans la légende grecque, Clytia fut aimée, puis délaissée par le Soleil, pour l’amour d’une autre jeune fille. Inconsolable, Clytia se consuma de chagrin et se transforma en héliotrope, la fleur qui tourne toujours autour du Soleil, comme autour de l’amant perdu. Elle symbolise l’incapacité de surmonter sa passion et la réceptivité à l’influx de l’être aimé.

Par son parfum suave, l’héliotrope symbolise aussi l’enivrement, celui de la mystique, comme ceux de la gloire et de l’amour.

                   * LE TOURNESOL

Le tournesol, ou grand soleil, est un mot emprunté à l’italien tornasole, qui tourne avec le soleil. Les noms communs en sont : tournesol, grand-soleil, soleil des jardins, soleil commun, graine à perroquet… Ces grands soleils furent immortalisés par Vincent Van Gogh. Mais c’est aussi le célèbre Professeur Tournesol, si cher à Tintin.

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En Chine, le tournesol est une nourriture d’immortalité. Il fut notamment utilisé comme tel. Sa couleur changeante pourrait être en rapport avec les orients et le caractériserait donc lui-même comme héliotrope.

Le tournesol est sujet à  l’héliotropisme avant la floraison. Ce phénomène agit sur la croissance de la tige en fonction de l’éclairement. Il permet aux feuilles de garder tout au long de la journée une exposition optimale au soleil. Au début de la floraison, la fleur pointe définitivement dans la direction Est/Sud-Est.

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Quand le tournesol est jeune, il pousse très vite au cours de la journée. Au fur et à mesure de sa croissance, il se tourne vers le soleil. Le côté à l’ombre poussant plus vite que le côté qui reçoit la lumière, sa tige se courbe en fonction du mouvement du soleil, donnant l’impression que la fleur suit le soleil. Quand le tournesol parvient à maturité, ce mouvement s’arrête. 

Magique cette fascination pour le Soleil… et il en est qui jure que les astres n’ont aucune influence sur le vivant !

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Bibliographie :

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

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L’OR – SYMBOLE DU LION

(08 - LES PIERRES ET METAUX DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 02-08-2010

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L’or est considéré dans la tradition comme le plus précieux des métaux. C’est le métal parfait parce qu’il est inaltérable. En chinois, le même caractère « Kin » désigne à la fois « or » et « métal ». Il a l’éclat de la lumière. L’or, dit-on en Inde, est la lumière minérale. Il a le caractère igné, solaire et royal, voire divin. Dans certains pays, la chair des Dieux est faite d’or ; celle des Pharaons égyptiens l’était également. Les icônes du Bouddha sont dorées, signe de l’illumination et de l’absolue perfection. Le fond des icônes byzantines est doré : reflet de la lumière céleste.

En diverses régions, et notamment en Extrême-Orient, l’or est censé naître de la terre. Le caractère Kin primitif évoque des pépites souterraines. Il serait le produit de la gestation d’un embryon, ou de la transformation du perfectionnement de métaux vulgaires. C’est l’enfant des désirs de la nature. L’alchimie se contente d’achever, d’accélérer la transmutation naturelle : elle ne crée pas la matière originelle. La transmutation est une rédemption ; celle du plomb en or, dirait Silesius, c’est la transformation de l’homme par Dieu en Dieu. Tel est le but mystique de l’alchimie spirituelle.

L’or-lumière est très généralement le symbole de la connaissance, c’est le yang essentiel. L’or, disent les Brahmana, c’est l’immortalité. Il faut se rappeler, en outre, à propos de la perfection, la primordialité de l’Age d’or traditionnel, les âges suivants : d’argent, d’airain et de fer, marquant les étapes descendantes du cycle.

Dans la tradition grecque, l’or évoque le Soleil et toute sa symbolique : fécondité, richesse, domination… La toison d’or ajoute un coefficient de ce symbolisme solaire à l’animal qui la porte ; au bélier, par exemple, qui représente par lui-même la puissance génératrice d’ordre corporel et par transposition symbolique, d’ordre spirituel. La toison d’or devient l’insigne du maître et de l’initiateur.

L’or est une arme de lumière. On n’usait que de couteaux en or pour les sacrifices aux divinités ouraniennes. De même, les druides ne coupaient le gui qu’avec une faucille d’or. Apollon, dieu-soleil, était revêtu et armé d’or : tunique, agrafes, lyre, arc, carquois, brodequins.

Hermès, l’initié, le psychopompe, le messager divin et le dieu du commerce, est aussi le dieu des voleurs, signifiant ainsi l’ambivalence de l’or. Mais des Anciens voyaient dans ce dernier titre du dieu « un symbole des mystères soustraits à la connaissance du vulgaire : les prêtres dérobaient l’or, symbole de la lumière, au regard des profanes ».

Toujours en raison de cette identification à la lumière solaire, l’or a été un des symboles de Jésus, Lumière, Soleil, Orient : « On comprend pourquoi des artistes chrétiens donnèrent à Jésus-Christ des cheveux blonds dorés comme à Apollon et placèrent une auréole sur sa tête ».

Mais l’or est un trésor ambivalent. Si l’or-couleur et l’or-pur métal sont des symboles solaires, l’or-monnaie est un symbole de pervertissement et d’exaltation impure des désirs, une matérialisation du spirituel et de l’esthétique, une dégradation de l’immortel en mortel.

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Les Anges de Tommaso del Mazza – Avignon – Petit Palais

Le nom de l’or vient du latin « aus » et « aurum », qui a donné l’adjectif « aurifère », ainsi que le mot « auréole » ; dans les anciens textes français, on le trouve parfois sous l’acception « Aur ». Aussi, on peut penser que les Aurèle, Aurélien, Aurélie, Aurélia, Aurore sont des êtres en or, ainsi que les Laurent, Laurie, Laure, Laureline, Laurentine, Laurence, Lauriane ou Loriane, Lauranne, Laura, Anne-Laure et Marie-Laure le sont tout autant. On remarque d’ailleurs que les porteurs de ces prénoms sont souvent nés sous le signe du Lion, ou bien ont un Ascendant Lion, ou encore le Soleil très valorisé dans leur thème.

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Chryséléphantine – La danseuse au cerceau

En grec ancien, « or » se dit « chrysos » : une statue d’or et d’ivoire est dite « chryséléphantine » ; de même « chrysanthème » se traduit par « fleur d’or ».

Un peu d’Histoire…

L’Homme utilise l’or depuis le Chalcolithique, à la fin de la Préhistoire. C’était le second métal connu après le cuivre. Le plus vieil objet en or a été mis au jour dans la nécropole de Varna. Il est daté du milieu du Ve millénaire av. J.C.

C’est durant l’Antiquité, au VIe siècle av. J.-C., en Perse, que Cyrus II aurait frappé une monnaie en or pour la première fois. L’usage se répandit ensuite en Grèce, puis dans l’ensemble du monde antique durant la période hellénistique à côté des monnaies d’argent, de moindre valeur.

Au début du IIe siècle, vainqueur des Daces, Trajan rapporte à Rome un butin faramineux : 165 tonnes d’or et 300 tonnes d’argent. On parle alors de « l’or des Daces ».

Les Romains instaurèrent le monométallisme or avec Constantin Ier (début du IVe siècle). Ce sont les conquêtes sassanides, puis arabes qui mirent fin à l’importance de l’or en Occident, en provoquant sa pénurie durant tout le haut Moyen Âge. La diffusion de l’or dans le monde occidental connut un renouveau d’abord en Méditerranée au XIe siècle, puis au XIIIe siècle.

Les taxes de compensation dans les codes germaniques étaient appelées « wergeld ». Les Vikings soumirent les États attaqués à un tribut appelé « danegeld » : « or des Danois ». Si en allemand, l’or se dit « geld », en anglais, il est « gold ».

Au Moyen Âge, les alchimistes tentèrent de fabriquer de l’or à partir d’autres substances comme le plomb. Ils pensaient obtenir ce résultat en utilisant la mythique pierre philosophale. Aujourd’hui on a réussi à fabriquer de l’or à partir d’autres métaux dans des accélérateurs de particule, mais le coût de production est plus élevé que le prix de l’or, cette méthode a donc été abandonnée.

En alchimie, le symbole de l’or est un point entouré d’un cercle, symbole utilisé en astrologie pour représenter le Soleil.                    

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La recherche d’or constitua l’une des raisons de la conquête du continent américain. Ainsi, Hernán Cortés entreprit la conquête de l’empire aztèque, situé au Mexique notamment pour accaparer l’or que possédait l’empereur aztèque. Hernán Cortés envoya une grande quantité de ce précieux métal à Charles Quint, roi d’Espagne, dont une partie sous forme de bijoux, mais la plupart furent fondus pour financer les guerres menées par l’Espagne. Les conquistadors devaient prélever le quinto real (c’est-à-dire un cinquième de l’or récupéré) et l’envoyer à Charles Quint. L’or affluant depuis les mines du Nouveau Monde provoqua la richesse de l’Espagne et du Portugal au début de la période moderne, avant de profiter aux autres États européens qui surent mieux le capter, tels la France et la Grande-Bretagne. A la même époque se diffusa la légende de l’Eldorado.

Au XIXe siècle, une ruée vers l’or se déclare en Californie et contribue pour une part à la conquête de l’Ouest américain et à la croissance démographique et économique de nombreuses villes californiennes, dont San Francisco. Les cités minières construites en des endroits trop reculés furent abandonnées dès que le filon à l’origine de leur richesse vint à se tarir. Ces cités sont aujourd’hui ce qu’on appelle des cités fantômes, vides de population, mais dont les murs tiennent parfois encore debout, préservés par l’aridité du climat local. Les États-Unis restent le deuxième pays producteur d’or dans le monde en 2004.

Aujourd’hui, la plus grande réserve d’or mondiale se trouve aux États-Unis, il s’agit de la réserve fédérale de New York, pourtant moins célèbre que celle de Fort Knox, dans le Kentucky. En 1995, les réserves d’or dans les banques du monde entier se montaient à environ 910 millions d’onces ce qui représente un cube proche de 12 m d’arête.

Enfin, les sports modernes utilisent l’or comme récompense suprême lors des différentes compétitions : médailles d’or aux jeux Olympiques, Ballons d’or pour le football.

Propriétés et usages

La couleur de base de l’or est jaune à reflets complexes que l’on connaît naturellement comme doré dans la langue française. Par transparence au travers d’une feuille très fine, l’or apparaît vert.

L’or pur a été utilisé dans certains bijoux asiatiques, qui ont donc la particularité d’être déformables, ce qui oblige à se limiter à des formes simples : type bracelets en torsades. Il reste cependant peu utilisé en bijouterie ; afin d’obtenir une meilleure tenue mécanique ainsi que des couleurs originales, il est allié :

– à l’argent, c’est l’or vert,

– au cuivre et au nickel, c’est l’or jaune ou l’or rosé,

– au cuivre, l’or rouge,

– au nickel, l’or blanc,

– au fer, c’est l’or gris

– à l’aluminium, c’est l’or violet.

En orfèvrerie, l’argent recouvert d’or s’appelle le vermeil.

feuille-dorL’or est ainsi utilisé pour créer des bijoux, des médailles, des objets de luxe (montres, stylos). Il peut également être utilisé sous forme de feuilles pour dorer les boiseries, les livres, les ferronneries par un procédé de dorure ; ainsi que les bonbons en chocolat en occident et les gâteaux en Inde.

Le pourcentage d’or dans le métal s’appelle le titre. Depuis très longtemps, il peut faire l’objet d’une garantie, actuellement de l’État, grâce à un poinçon qui indique le titre de l’alliage utilisé. Les orfèvres l’évaluent grossièrement grâce à la pierre de touche. En France, le marquage des bijoux en or est obligatoire depuis le 9.11.1797 par l’apposition de poinçons (sauf si l’objet est trop petit pour recevoir le poinçon). Deux poinçons sont utilisés : le premier, appelé « poinçon d’État », indique le titre ; le second est celui du fabriquant, il est appelé « poinçon de Maître ». Le poinçon actuel est une tête d’aigle pour l’or massif. Les carats correspondent au pourcentage massique d’or compris dans le métal. On peut aussi parler de millièmes.

De nos jours, dans l’industrie, l’or est fréquemment utilisé dans les hautes technologies, à cause de son inaltérabilité et de sa bonne conductivité électrique. Il est utilisé par exemple en électronique, afin de réaliser des contacts électriques inoxydables. Il est également utilisé pour opacifier des organes optiques dans le cadre de technologies spatiales, et comme catalyseur dans des piles à combustible.

En médecine, l’or a été, et reste, pour qui accepte de faire face à la dépense, un substitut nettement supérieur aux amalgames pour les collusions dentaires, mais demande l’emploi d’une technique différente des classiques «plombages » : ce sont les inlays. Enfin, certains dérivés organiques de l’or, dits « sels d’or » sont parfois utilisés dans le traitement de certaines affections en rhumatologie.

1293

Une bonne adresse si vous avez une glace ancienne, un cadre, une console, ou tout autre objet, à restaurer et à dorer à la feuille d’or :

Reflets d’Or – Nellie Convers (Orne) – Tél. 02.33.83.68.03

La symbolique de l’or

– Les noces d’or symbolisent les 50 ans de mariage dans le folklore français.

– L’or est le 10e niveau dans la progression de la Sarbacane Sportive.

– L’or représente la lumière solaire en tant que symbole de la lumière manifestée, mais aussi symbole d’énergie (YIN).

– L’or est le matériau symbolique des médailles sportives correspondant à la première place avant l’argent et le bronze.

– L’or exprime la connaissance. On parle aussi de l’Age d’or qui constitue la perfection.

– L’or est le métal des rois et des empereurs, non seulement en Occident mais dans tout le reste du monde. Il évoque le Soleil et toute sa symbolique : fécondité, richesse, domination rayonnement ; centre de chaleur, amour, don, foyer de lumière et de connaissance.

L’or et la religion

L’or pur est inaltérable. C’est vraisemblablement cela qui en fait un métal si prisé, plus que sa rareté. Cela lui a aussi donné une grande charge symbolique, dès sa découverte par l’homme. Inaltérable, comme les dieux sont éternels, éclatant comme le soleil, d’ailleurs son nom latin « aurum » signifie aussi « aurore ». L’or symbolise ainsi le pouvoir et le divin. Dans de nombreuses civilisations, pourtant sans connexion, l’or fut le symbole du divin par excellence. Cela peut s’expliquer notamment par deux propriétés qu’il possède :

– sa quasi-inaltérabilité au temps, qui en fait un matériel d’immortalité,

– sa couleur jaune éclatante qui reflète la puissance du soleil jaune.  

masque-dor-de-toutankamon2Les Égyptiens de l’Antiquité, qui avaient un intérêt quasi obsessionnel de l’éternité, donnaient à l’or des propriétés divines en le définissant comme la chair des dieux. C’est en or que l’on confectionnait les masques funéraires qui avaient pour but de fixer à jamais le visage idéalisé du pharaon et de l’identifier aux étoiles. Le masque d’or du pharaon Toutankhamon est fait de 11 kilogrammes d’or massif et on estime avoir retrouvé dans son tombeau, l’un des plus petits de la vallée des Rois, plus d’une tonne d’or pur.

Le Bouddha d’or de Bangkok mesure plus de 3 m de haut pour 5,5 tonnes. C’est la plus grande statue d’or massif du monde. 

– Dans la Livre de l’Exode, le veau d’or symbolise l’idolâtrie. Néanmoins, l’or est aussi utilisé pour de nombreux objets culturels du Temple de Jérusalem : menorah, coupes, arche d’alliance…  

– Dans le Nouveau Testament, les mages venus d’Orient apportent de l’or à Jésus. Dans le livre de l’Apocalypse, le Christ apparait à Jean entouré de sept chandeliers d’or et un ange verse de l’encens avec une pelle en or.

L’or est donc, dans les cultures juives et chrétiennes, le métal qui souligne la dignité de la divinité. Dans l’art religieux, les saints et les anges ont souvent leurs têtes entourées d’or sous la forme du nimbe. L’or symbolise aussi la lumière de Dieu, et donc sa présence, dans l’art de l’icône et dans beaucoup d’œuvres d’art chrétiennes occidentales où il occupe les fonds : mosaïques de Ravenne, de Palerme.

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Ravenna – San Vitale

Histoires d’or

– L’ancienne mine d’or de Skidoo, dans la vallée de la Mort en Californie. 

– Durant l’Antiquité, Midas et Crésus, ces deux rois de Lydie, tiraient leur or en particulier du fleuve Pactole. Avec le roi Salomon, ils étaient connus pour leur légendaire richesse et pour leur goût de l’or.

– Le consul romain Crassus, connu pour sa soif d’or et pour son immense richesse, fut fait prisonnier par le général parthe Suréna. Ce dernier, pour exécuter son captif, aurait coulé de l’or dans la gorge du Romain.  

– Le « bon saint Éloi » de la chanson « Le bon roi Dagobert » était orfèvre. Les orfèvres de l’époque mérovingienne, en raison d’une pénurie d’or en Occident, étaient connus pour récupérer les chutes d’or, quitte à « rogner » un peu plus les objets lors de leur fabrication, en les raclant. Avec la quantité habituellement nécessaire pour faire un trône, saint Éloi fabriqua deux trônes, prouvant par là même son honnêteté.

– Au Moyen Âge, les alchimistes cherchaient le moyen de transmuter le plomb en or.  

– La recherche de l’Eldorado, le pays de l’or, fut l’une des motivations de la colonisation de l’Amérique latine. 

– Un livre de Blaise Cendrars « L’Or » raconte la ruée vers l’or aux États-Unis, mais surtout la malheureuse histoire de John Sutter, à qui appartenait légalement l’or extrait, et dont les droits ne furent jamais reconnus par la justice.  

– Un livre, « Le Trésor de la Sierra Madre » de B. Traven, raconte comment trois Américains succombent à la fièvre de l’or au retour de leur expédition dans la  jungle mexicaine. Ce livre a été adapté au cinéma par John Huston en 1948.

– « L’Or du Rhin », premier des quatre opéras constituant le prélude de L’Anneau du Nibelung de Richard Wagner, relate comment Alberich s’empare de l’or du Rhin, forge l’anneau dont la malédiction traversera toute la Tétralogie.

– Lors des tout premiers tests de la base de données documentaire de la Bourse de Paris, aucune information relative à l’or ne pouvait être retrouvée, jusqu’à ce qu’un ingénieur eût l’idée de consulter la liste de mots vides (« à ne pas indexer ») fournie en standard avec le logiciel, et d’en retirer une certaine conjonction de coordination !

– La pyrite FeS2 est aussi appelée « or des fous » à cause de sa couleur jaune ressemblant à celle de l’or.

Des expressions qui parlent d’or 

– « Tout ce qui brille n’est pas d’or » : invite à être prudent.

– « La parole est d’argent et le silence est d’or » : le silence vaut mieux que la parole ;

– « Se faire des couilles en or » : bien que vulgaire l’expression qualifie une activité lucrative ;

– « As good as gold » utilisé après 1945 pour désigner le dollar ;

– « Une personne en or» représente une personne pleine de qualités : gentille, douce, agréable… 

– « Avoir un cœur d’or » : c’est se montrer généreux ;

– « Rouler sur l’or » : être riche ;

– « Se dorer la pilule » : se faire bronzer ou ne pas faire grand chose. Autrefois, certaines pilules au goût particulièrement désagréable étaient roulées dans une feuille d’or qui ne se rompait qu’une fois dans l’estomac ;

– « C’est une vraie mine d’or » : définit une situation ou une personne ou un objet très lucratifs ;

– « Valoir de l’or » : valoir cher, être précieux.

– « Valoir son pesant d’or » : valoir cher

– « Poule aux œufs d’or » : affaire très lucrative dont la pérennité est souvent remise en cause.

faberge-oeuf-pascal-et-pouleL’oeuf et la poule de Fabergé 

L’histoire du Roi Midas

Midas (VIIIe siècle av. J.C.), est le héros de plusieurs légendes mythologiques. Il était le fils de Gordias et de Cybèle, déesse phrygienne, ou bien d’une prophétesse de Telmessos. On ne sait pas très bien. Il était roi de Phrygie au moment où celle-ci atteint son apogée, avant la conquête cimmérienne. Un jour, le vieux Silène, qui avait été le tuteur de Dionysos, fut capturé, ivre, par des paysans de Lydie et amené, enchaîné de guirlandes de fleurs à Midas ; celui-ci reconnut le compagnon de Dionysos, le traita avec bienveillance et l’hébergea avec prodigalité pendant dix jours et dix nuits. Puis il ramena Silène en Lydie et le rendit au dieu. Dionysos, pour remercier l’hôte de celui qui l’avait élevé, lui accorda un vœu. Midas demanda alors la faculté de transformer en or tout ce qu’il touchait. Midas fut tout d’abord ravi des résultats, mais sa joie se transforma en horreur lorsqu’il se rendit compte que la nourriture et les boissons étaient aussi transformées en or. Incapable de manger et de boire, il supplie le dieu de reprendre son présent. Dionysos lui ordonne alors de se laver les mains dans les eaux du Pactole, dont le sable resta chargé de paillettes d’or. Cette légende explique le caractère aurifère du Pactole, auquel la Phrygie doit une bonne partie de son empire. Midas se serait suicidé, en buvant le sang d’un bœuf ou d’un taureau. 

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 Cette « légende dorée » serait à méditer longuement à notre époque où les champs de céréales vont devenir des champs de biocarburants. Nous pourrons donc toujours rouler, mais quand sera-t-il des aliments de base de l’humanité… Les mythes ne sont pas de vieilles légendes pour enfants sages, se sont des archétypes qui ne prennent pas une ride.

perle-dor-et-dambre Perle d’or et d’ambre

 

Bibliographie :

Dictionnaire des symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Collection Bouquins chez Robert Laffont

Dictionnaire de la Mythologie – Michel Grant et John Hazel – Chez Marabout

poincon-or1

 

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LIEUX INSOLITES, ESOTERIQUES, MYSTERIEUX OU MYTHIQUES A TRAVERS LE MONDE

(6.3 - Autres lieux ésotériques ou mythiques) par sylvietribut le 01-08-2010

L’OBSERVATOIRE ASTRONOMIQUE DE JAIPUR – CAPITALE DE L’ETAT DU RAJASTHAN – DECLARE PATRIMOINE MONDIAL DE L’HUMANITE PAR L’UNESCO – AOUT 2010

L’astrologie et l’Inde

Si  l’astrologie, qui à l’origine ne se distinguait pas de l’astronomie, était pratiquée en Inde depuis plus de 1500 ans, ses racines sont sans doute deux fois plus anciennes. Elle est née de la fusion de deux grandes traditions : la science jyoti de la divine astronomie décrite dans les Purânas (*) et le système astrologique inventé par les Grecs.

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Les astrologies occidentale et indienne croient toutes deux au zodiaque et à l’influence des planètes sur les signes. Les plus anciens textes astrologiques indiens, les Yâvana-jâkatas, montrent une forte influence grecque, à laquelle se mêlent des éléments indigènes. Cette synthèse permit l’essor de la science et de l’astrologie indienne. Les astrologues bénéficiaient de l’apport des deux traditions ; comprenant que le modèle d’une terre plate ne pouvait rendre compte de certaines différences dans la position des étoiles en Inde et en Grèce, ils inventèrent une nouveau modèle, celui d’une terre sphérique.

Ce qui sépare les astrologies occidentale et indienne, c’est la mesure du passage du temps. Alors que l’Occident emploie le système « tropical » pour coordonner le zodiaque et les rotations réelles des étoiles, l’Inde utilise le temps « sidéral ». Celui-ci se fonde sur la position des étoiles dans le ciel, alors que le modèle occidental est un concept plus abstrait. Mais ses textes de référence datant du début de notre ère, l’astrologie indienne ne connaît que les cinq premières planètes du système solaire.

Muhurta est « l’astrologie élective », qui prévoit le moment adéquat pour commencer une entreprise.

Vivaha est « l’astrologie nuptiale », qui décide de la légitimité d’un couple et de la période idéale pour le mariage. Dans les annonces matrimoniales des journaux indiens, les prétendants mentionnent souvent leur thème astral.

Les jyotis (« lumières » ou « corps célestes ») furent d’abord étudiés dans les Védângas, commentaires des Védas, en 400 avant Jésus-Christ. Comme l’ancienne astrologie occidentale, le jyoti était considéré comme une science, incluant la philosophie, l’astronomie et les mathématiques.

Les premiers astronomes, ou jyotishas, tentèrent d’établir un calendrier religieux, fondé sur le passage de la Lune à travers des groupes de vingt-sept ou vingt-huit étoiles (les Maisons Lunaires) au cours d’un cycle apparemment mensuel. Confrontés aux mouvements irréguliers de la lune de mois en mois, les jyotishas s’efforcèrent de trouver un cycle plus long, où le mouvement se répéterait exactement, ainsi découvrirent-ils le cycle des dix-neuf années solaires.

Ces astrologues, qui étaient des prêtres brahmanes, utilisaient leur connaissance des étoiles afin de prévoir les périodes les plus favorables pour les sacrifices. Puisque le bien-être du royaume dépendait du parfait déroulement  des rites, leur rôle était fondamental. L’Atharva-Véda affirme : « Un roi sans astrologue est comme un enfant sans père ».

jantar-mantar-jaipur La ville rose

Son plan, conçu dans les années 1720, à la demande du maharaja Jai Singh II, fondateur de Jaipur, organise la ville selon un tracé resté intact. Son urbanisme fut dicté par l’astronomie. L’architecte Vidyadhar adopta le diagramme rituel prescrit par le « Vastu Vidya » : un carré divisé en neuf portions égales (dix si l’on compte l’extension au sud-est) par quatre larges avenues se coupant à angle droit. En réalité, l’une des deux artères, est-ouest est interrompue par le palais et le tracé se révèle irrégulier, au nord, à cause de la topographie et le non-respect du plan original par les successeurs de Jai Singh. Les neuf quartiers (muhalla) ainsi délimités, assimlilés aux neuf planètes de l’astrologie hindoue, furent répartis par caste, autrement dit par corps de métier, les deux centraux étant dévolus au souverain. On retrouve aujourd’hui encore des descendants des tailleurs de pierre ou des bijoutiers installés dans le quartier qui leur fut affecté au XVIIIe siècle. Chaque « muhalla » est lui-même divisé par des rues et des ruelles parallèles aux avenues. Pour créer un sentiment d’unité, tous les bâtiments devaient avoir le même nombre d’étages et le même style.

 

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Les étranges structures du Jantar Mantar, l’observatoire astronomique, à la géométrie très pure, ne sont pas de géantes sculptures abstraites, comme on a tendance à le penser, mais des instruments astronomiques colossaux que Jai Singh II fit construire entre 1728 et 1733 pour affiner ses observations et calculs sur la course des astres, en vue de réviser les calendriers hindou et musulman à des fins astrologiques. Quelques années plus tôt, il avait fait édifier des instruments plus ou moins semblables, mais moins nombreux, à Delhi, à la demande de l’empereur. Le génial maharaja était en effet très au fait des dernières connaissances en matière d’astronomie.

Il avait lu les écrits de tous les spécialistes : hindous, grecs, arabes, persans et autres européens, et avait fait venir à sa cour des astronomes, dont deux jésuites, l’un français et l’autre portugais ? 

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Ces 17 instruments, construits en maçonnerie et enduits de stuc badigeonné de jaune, sont dépourvus de toute décoration, ce qui accentue l’étonnante force plastique de leurs volumes géométriques. A l’entrée, juste à gauche, on trouve le Laghu Samrat Yantra, c’est un petit cadran solaire qui sert entre autres à déterminer l’heure exacte de Jaipur, qui peut varier de 10 à 41 minutes avec l’heure officielle de l’Inde. A côté, deux blocs hémisphériques forment le  Nari Valaya Yantra. Ils représentent l’hémisphère Nord et l’hémisphère Sud, et permettent de calculer les heures en différents points du globe. L’immense disque métallique voisin, le Yantra Raj, aurait inspiré deux volumes entiers de Jai Singh II. Le trou central représente l’étoile polaire tandis que la ligne située 27° au-dessus, correspond à la latitude de Jaipur. L’instrument aide à calculer la position de diverses constellations. Près du petit cadran solaire, l’instrument constitué de deux cavités hémisphériques, le instruments. Le côté droit du parc est occupé par douze Rahi Valaya Yantra, petites constructions trapézoïdales, chacune servant à mesurer l’apparition d’un signe du zodiaque au-dessus de l’horizon. Enfin, le Ram Yantra est un astrolabe, formé de deux structures cylindriques de douze colonnes chacune. Il permettait de calculer l’altitude et l’azimut des astres.  

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Au fond du parc, l’immense cadran solaire (gnomon) gradué,  Brihat Samrat Yantra, permet de déterminer les coordonnées locales grâce à l’ombre projetée par une aiguille longue de 27 mètres. Le Rashivilaya Yantra est composé de douze cadrans permettant la recherche des coordonnées elliptiques. Ils sont chacun orientés vers un signe zodiacal.

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En fait cet observatoire a été construit à l’attention du gourou de Jai Sing II, le pandit Jagannath, dans le but d’établir des thèmes astraux et de déterminer les moments les plus propices pour les grands événements (mariages, déplacements…)

Le nom du site provient de Yantra qui signifie « instrument », et de mandir, qui se traduit par « temple », autrement dit « le temple des instruments ». Il aurait été appelé à l’origine yantra mantra, mantra signifiant « formule ». 

(*) Les Purânas comptent, avec les Védas, parmi les grands textes sacrés hindous. Ils furent rassemblés entre les IVe et XIIe siècles, mais leur origine est bien plus ancienne. Attribués au sage Vyâsa, les Puranas contiennent nombre de récits mythologiques, desquels proviennent la plus grande partie du panthéon et des épopées de l’hindouisme.

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Bibliographie

L’Inde éternelle – Ricard Waterstone – Sagesse du Monde                                                                                                                                        Rajasthan : Delhi et Agra – Guide NEOS – Michelin – Editions des Voyages

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