DANS L’UNIVERS OCEANIQUE DE NEPTUNE, LE MAITRE DES POISSONS
(05 - PETIT COURS D'ASTROLOGIE, 5.3.9 - NEPTUNE) par sylvietribut le 26-02-2011
Un peu d’histoire
Neptune a été découverte en 1846 par l’astronome allemand Johann Galle. Toutefois, Urbain Le Verrier avait déjà prouvé que la planète existait, à l’aide de calculs ; il avait aussi déterminé sa position alors qu’il constatait l’existence d’irrégularités dans son orbite, attribuées à la présence d’un champ gravitationnel. Coïncidence, Le Verrier était natif des Poissons.
Neptune
Les événements historiques qui ont coïncidé avec la découverte de Neptune sont complexes. Vers 1840, l’Europe est entrée dans le Romantisme, en réaction contre la philosophie des Lumières ; 1848 a vu le début du spiritisme moderne, après qu’un esprit se fut manifesté dans la maison des célèbres sœurs Fox, dans l’Etat de New York. Cette même année a aussi été marquée par la publication du Manifeste du parti communiste, ce qui a conduit à associer Neptune au socialisme, issu du désir de soulager les classes les plus défavorisées. Durant cette période, la photographie ainsi que les industries pétrochimiques et pharmaceutiques ont pris leur essor. Tous ces événements, courants de pensée et activités sont pour l’astrologue inspirés ou symbolisés par Neptune et appartiennent aux domaines des Poissons.
Son graphisme
C’est un trident, symbole des divinités de la mer, dont le palais est au fond des abîmes aquatiques. A l’origine, le trident était l’image des dents des monstres marins, semblables aux vagues hérissées d’écume que soulèvent les tempêtes ; il est aussi une des plus anciennes armes de pêche. Il est également l’arme offensive d’une catégorie de gladiateurs, les rétiaires, qui combattaient avec un trident et un filet.
Le trident est l’emblème de Poséidon/Neptune, dieu des océans, et il indique sa domination sur le monde des eaux qu’il peut agiter ou calmer. C’est aussi, avec le filet, dans la même perspective, le symbole du Christ, pêcheur d’hommes. Il est encore celui de la Trinité ; mais dans ce cas, ses branches doivent être égales. Il a pu servir comme représentation cachée de la Croix.
Au plan astronomique
Neptune, c’est une petite géante gazeuse, elle a, approximativement, le même diamètre qu’Uranus (52 930 km). Cependant, elle est séparée du Soleil par 4 492 millions de kilomètres. Elle gravite autour de lui en 164,8 ans. On peut la voir, assez mal, avec des jumelles.
Sa mythologie
Neptune est le dieu des Mers, des Océans, des Fleuves, des Sources, des Lacs, le domaine des eaux lui appartient. Son attribut, le trident, ou harpon à trois pointes, analogue au foudre de Jupiter, a pu représenter à l’origine le jaillissement des vagues et des éclairs. Car Neptune est un dieu redoutable : il est plutôt le dieu de la mer soulevée. Il connut de nombreuses liaisons amoureuses, avec des déesses ou des mortelles. C’était le plus volage des dieux, mais il n’engendra guère que des monstres et des bandits. Il eut une fille avec Déméter, on dit que seuls les initiés peuvent savoir son nom, peut-être Pausanias, car le secret est resté caché.
Statue de Neptune - Bologna – Italie
Neptune est également une puissance chthonienne, dieu des tremblements de terre, les séismes provenant, selon les Anciens, des tempêtes de la mer, sur laquelle reposent les continents ; il est le dieu qui fait tressaillir la terre. C’est à Neptune que Platon attribuera le pouvoir, dans l’Atlantide fabuleuse, de faire jaillir de dessous le sol deux sources d’eau, l’une chaude, l’autre froide et de faire pousser sur la terre des plantes nourricières de toutes sortes, en suffisance.
Amphitrite, fille de Nérée et de Doris, est unie à Neptune par les liens du mariage. Ce dieu l’avait en effet aperçue alors qu’elle jouait sur une plage avec ses sœurs, les Néréides et l’avait désirée pour femme. Elle s’échappa et vint se réfugier auprès d’Atlas, aux toutes dernières et lointaines limites de la mer. Un dauphin l’enleva et la livra au dieu de la Mer qui la rendit mère de Triton. Ce dieu fut adoré par les marins et reçut ensuite un culte et une légende. Il avait pour demeure la mer toute entière par sa naissance. Il avait des apparences diverses, mais on le représente généralement comme un homme dont le corps se termine par deux énormes queues de poisson. A la fois bienveillant et terrible, il souffle dans une énorme conque marine qui mugit au cours des tempêtes. Il servait d’intermédiaire entre les marins et Neptune, son père. Il indiqua aux Argonautes la bonne route, rappela à lui les eaux du Déluge et calma la tourmente suscitée par Junon contre le Troyen Enée.
Au plan psychologique
De tendance plutôt introvertie, c’est-à-dire axé sur son Moi, Neptune n’entre pas totalement dans la classification créée par Jung. Il peut présenter des valeurs d’extraversion en fonction des périodes. Par contre, toujours dans l’optique jungienne, il pourrait représenter la fonction « transcendante ».
En caractérologie
Neptune serait, selon André Barbault, soit émotif non actif-primaire, soit émotif non actif-secondaire, selon probablement l’importance de Saturne dans le thème. Contrairement à Uranus, il dispose d’un champ de conscience plus large, dans lequel les impressions diluent l’attention, au risque d’aggraver le manque de volonté et d’activité.
Au plan psychanalytique
Neptune correspondrait à ce que l’on a appelé le complexe du « Nirvâna », cet état de dissolution et de flottement béat où le Moi n’a plus d’action. D’une façon plus générale, Neptune représente l’inconscient, de même que la Lune. Mais il s’agirait pour lui de l’inconscient collectif, réceptacle des tendances héritées des plus lointains ancêtres, la Lune au contraire représentant plus spécifiquement l’inconscient personnel indifférencié.
Sur le plan intellectuel, Neptune n’a rien de rationnel. Il est là aussi tout l’opposé d’Uranus. Il sent les choses en raison de sa perméabilité psychique. Il règle ses problèmes par intuition ; c’est le type « intuitif introverti ». Ses pensées surgissent de lui-même comme les nuages de la mer.
On lui reproche souvent d’être « flou » ou d’avoir un psychisme « noyé », alors qu’il a l’impression de ne faire qu’un avec le monde. Comme l’a écrit un poète américain, « il flotte sur la rivière de ses pensées ».
Il ne construit pas une œuvre de l’esprit, mais est porté par une œuvre formée d’elle-même au fond de lui. Mais son imagination, sa capacité de former des images, est souvent déformante, à l’image des reflets de la lumière sur le clapotis des vagues. Ce climat intérieur exclut donc toute logique et il est absolument vain de prétendre convaincre le Neptunien par des arguments raisonnables. Pour lui, rien n’est simple ; tout a une motivation ou une signification secrète inconnue du vulgaire. Mais si elle est déformante, son imagination est d’une grande fécondité.
Pour lui l’évasion nécessaire n’est pas tellement dans l’action, comme avec Uranus, mais dans le rêve, dans l’irréel. Et positivement, cela peut déboucher sur l’art, la mystique parfois. Il lui arrive de se trouver à la limite de l’étrange et de l’anormal : la fusion devient confusion, la raison se liquéfie. Chimères, chaos, utopie rêvée, il advient que tout cela tourne à la déception. La dimension supra-humaine risque d’être la proie de charlatans ou d’entités nocives. Mais le sens de l’infini subsistera toujours… tandis que le principe de dissolution liquéfie la volonté et toutes les structures de la personnalité.
Dans les cas extrêmes d’aspects neptuniens difficiles, le déséquilibre mental glisse vers la schizophrénie. Au contraire d’Uranus, avec qui le Moi peut disparaître dans une explosion désintégrante de ses tendances, le Moi neptunien se fond peu à peu, se désagrège et n’a plus aucun contact avec la réalité.
En astrologie
Selon une expression de Jean Carteret (un des plus prestigieux astrologues contemporains), Neptune représente « le monde en nous », par contraste avec Uranus qui est « soi dans le monde ». L’opposition diamétrale entre ces deux planètes dégage leurs grandes lignes respectives, qui traduisent une complémentarité. Pour l’astrologue, la planète Neptune est un principe d’extension, de fusion et de communion qui cherche à réaliser l’unité d’un monde, mais risque d’aboutir à la confusion et à la dissolution par son ignorance des réalités contraignantes. C’est aussi un principe d’évasion vers l’idéal, un point de contact avec l’infini.
La planète Neptune symbolise une force qui échappe entièrement à notre contrôle car elle se situe au-delà de la raison ou de tout ce qui est accessible à l’esprit logique. La seule façon de vraiment comprendre Neptune dans son essence consiste à s’y abandonner ; car elle se situe par définition et par fonction au-delà des frontières.
Neptune est associée au mysticisme, au mystère, à l’unicité, au développement spirituel et à l’inspiration. On dit également qu’elle représente l’informel, l’illusion, la dissolution, l’imagination et l’idéalisme.
La manière la plus appropriée de décrire la signification essentielle de Neptune consiste à dire qu’elle représente le besoin de perdre son Moi dans un autre état de conscience (supérieur ou inférieur) et le besoin de se soustraire à toutes limitations, tant à celles de l’existence matérielle et de l’ennui qui lui est inhérent, qu’à celles de la personnalité et de l’ego.
Liberté transcendante, unification, libération de l’ego et du Moi, désir de repousser ses limites personnelles et celles du monde matériel. Besoin d’expérimenter une identité avec la vie, immersion complète avec le tout, tel est Neptune.
Fontana dei Pesci – Cerveteri – Province de Rome
Neptune est traditionnellement en affinité avec l’Eau et le signe des Poissons, les couleurs bleutés. La planète symbolise les croyances et les illusions, la religion et les mystères. C’est une fonction d’identification, un principe de perméabilité, de communion. Dans un thème elle représente les capacités d’assimilation, la réceptivité personnelle, les secrets et le merveilleux. Elle symbolise la complexité des choses : à la fois puissance de l’instinct grégaire et désir d’évasion. C’est un facteur de médiumnité ou d’inspiration, de tolérance ou de fanatisme, d’intuition et d’indécision. Elle présume aussi bien l’inertie que la continuité, l’enthousiasme que l’abandon, l’étrange ou l’irrationnel, l’immobilisation ou la fuite. Neptune sacrifie volontiers le matériel au spirituel. Elle estompe les limites physiques du monde visible et les contours de nos certitudes. Les lents changements de notre vie terrestre (la mort de certaines croyances, l’évolution des styles de vie, l’oubli des modes et des idées) sont sous l’influence du dieu de la mer mouvante.
En politique, Neptune représente le socialisme. En économie, le pétrole. Dans sa forme la plus élaborée, Neptune induit au mysticisme et à la communion avec le Divin. Dans la vie quotidienne, elle organise les rêves et les visions, l’inspiration et la poésie. Elle encourage la charité, la sensibilité et l’esprit de sacrifice. Mais dans ses aspects négatifs, Neptune apporte la rapacité, la fraude, la déception, la désillusion et le cynisme. Dans ses attributions, comme dans ses influences symboliques, Neptune demeure vague, secret, flou, fluctuant.
Les personnes influencées par cette planète sont très changeantes et adoptent facilement des visages différents. On trouve beaucoup d’acteurs parmi les Neptuniens, ou bien des gourous, des escrocs, des gens qui font la mode, des mystiques et, au pire des gens qui tombent dans l’alcoolisme, la drogue.
Au plan physiologique
L’élément physiologique attribué à Neptune est l’Eau, qui réunit le froid et l’humide. Il en résulte un tempérament lymphatique, assez semblable à celui de la Lune, donnant la priorité à l’appareil digestif, accentuant le côté végétatif, l’atonie, le besoin de repos.
Les fonctions organiques les plus marquantes concernent la nutrition ainsi que l’action des glandes à sécrétions interne dans leur ensemble. La vitalité est liée à la nutrition et l’organisme a souvent besoin d’être stimulé. Le sujet neptunien peut aisément accuser une réceptivité excessive à toutes les infections, aux fermentations digestives.
L’irrégularité de toutes les sécrétions doit être surveillée. Le Neptunien doit prendre les plus grandes précautions en période d’épidémie, de même qu’aux risques de pollution de toute nature. Son organisme est trop porté à devenir un bouillon de culture.
La Fontaine de Neptune à Nettuno, station balnéaire du Latium, au sud de Rome
































































