PETITE HISTOIRE DU MUGUET et DU 1er MAI

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 30-04-2011

Connaissez-vous les noms que l’on donne à notre muguet du 1er Mai ? Clochette des bois, lis de mai, lis des vallées, muguet des  bois, muguet à clochettes et… gazon du Parnasse… En effet, la légende nous raconte que le muguet fut créé par Apollon, l’un des grands dieux de l’Olympe, afin de donner à fouler aux neuf muses qui l’entouraient, un gazon digne de leurs pieds. De nos jours, on offre à ceux qu’on aime un brin de muguet censé leur porter bonheur et joie.

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En fait, partout en Europe, depuis les temps les plus reculés, les célébrations du mois de mai étaient l’occasion de divertissements collectifs qui exaltaient la force végétale et la vitalité de l’homme. On retrouve cette notion de nouvelle étape dans la fête du Travail, de création récente, et que l’on célèbrera demain. Elle fut en effet instaurée en 1889, en souvenir des victimes du Moving Day de 1886 à Chicago. Cette fête conserve d’une certaine façon, pour la mentalité moderne, le mythe de la régénération et du bien-être exprimé dans les festivités anciennes et traditionnelles.  

Il existe une peinture du XIXe siècle qui évoque le 1er mai à Corfou. On y voit une population rurale qui se rassemble dans la ville pour dresser l’arbre de mai. Cette fête est aussi à l’origine des premières revendications paysannes. En effet, avec le 1er mai, commençaient diverses célébrations faisant appel aux symboles de la végétation, arbres, branches, fleurs, ou culte des sources et de l’eau vive ; on attendait en fait le retour des morts et des êtres mythiques ; on organisait des luttes rituelles. C’était aussi le temps de l’amour et de l’érotisme, celui où s’allumaient les bûchers de Walpurgis, dont parle Goethe dans Faust, et de ceux du sabbat des sorcières.  

Ce 1er mai est de toute évidence une date importante dans le temps cyclique de l’année. Les scenarii mythiques varient selon les traditions et les climats, lesquels, déterminent l’épanouissement plus ou moins précoce de la végétation, conditionnant ainsi la date des cérémonies. Débutant le 1er mai au Sud, elles se prolongeaient jusqu’à la Pentecôte et à la Saint-Jean  dans les pays nordiques : chez les Russes, le culte du Semik, adoration du bouleau sacré, se célèbre la septième semaine après Pâques ; en Suède, les « maj stänger », les « mâts de mai », s’élèvent dans la nuit du solstice, alors même qu’au Sud de l’Europe le soleil à son plus haut peut brûler la terre et carboniser les moissons sur les aires de battage. 

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Maia l’aînée des sept Pléiades

 

Pour les Romains, le mois de mai était celui de Maia, déesse de la fécondité, projection de l’énergie vitale, l’une des représentations de la Terre-Mère. Elle fut identifiée plus tard à la nymphe Maia, l’aînée des Pléiades, filles d’Atlas qui portait le monde sur ses épaules. Les Chrétiens comme d’habitude mirent leurs pas dans ceux des Romains, et le mois de mai est devenu le mois de Marie. Le culte de la Mère de Dieu, qui atteignit son apogée au Moyen Age, reprit à son compte plusieurs attributs des déesses de la Terre et c’est au cours de cette période que Marie fut créditée de plusieurs miracles. Par ailleurs, lors de la cérémonie romaine des Argées, qui au mois de mai concluaient les Lemuria (fête des morts), les vestales, sur le pont Sublicius, précipitaient dans le Tibre trente mannequins d’osier représentant des vieillards.

La date du 1er mai avait une importance toute particulière dans le monde celtique où elle correspondait au culte de Beltaine, qui signifie « feux de Bel », fête restée vivace en Irlande et en Ecosse jusqu’au XVIIIe siècle. Bel était le dieu irlandais correspondant au gaulois Belenos, dieu des Sources, des Sanctuaires prophétiques et de la Médecine. Si Beltaine était une fête du feu, exaltant la lumière et la chaleur, elle était aussi la sacralisation de la végétation. Survenant au moment où les troupeaux sortent de leurs abris d’hiver pour gagner les champs, les feux de Bel étaient liés aussi à une fête pastorale : à la sortie des étables, on obligeait les bêtes à traverser les feux pour ainsi les immuniser contre les épidémies estivales.  

Cependant, dans le calendrier européen, c’est l’arbre de mai, le may-pole, qui exprime l’acte primordial de la régénération cosmique. L’arbre, qui incarne toujours la vie inépuisable, mais dompté, coupé et décoré, conduit en cortège au centre du village, transmet à la communauté ses forces et sa vigueur. Cette communion est stimulée par des danses et des chants exubérants. La sexualité s’épanouit aussi dans cet ensemble de rites telluriques et agraires, pour attester que la vie est un tout. En Angleterre, l’arbre de mai était l’occasion d’une initiation sexuelle : le puritain Philip Stubbes, dans son livre « Anatomie of Abuses » (1583) fulminait contre ces survivances païennes : les jeunes gens des deux sexes passaient la nuit dans la forêt, avec Satan pour Dieu ; et, après avoir amené au village le mât de mai, cette « idole puante », ils dansaient autour avec frénésie ; un tiers seulement des jeunes filles qui participaient à la fête étaient encore vierges en rentrant chez elles. 

Le scénario est un peu partout semblable : dans la nuit du 30 avril au 1er mai, les jeunes gens coupent dans la forêt la plus proche l’arbre choisi pour la fête. Amputé de la plupart de ses branches, érigé ensuite sur la place principale, enrubanné, décoré de fleurs, de couronnes, de bannières, de gâteaux, il est la représentation « vivante » de l’axe cosmique autour duquel gravite la jeunesse. Qu’on l’appelle Maibaum, Maggiolata, etc… l’arbre de mai est toujours pris en charge par les jeunes célibataires. Jadis, on en érigeait un pour chaque jeune fille nubile, ce qui équivalait à une déclaration d’amour. Aidés de leurs amis, les jeunes amoureux manifestaient ainsi leurs intentions aux yeux de toute la société. Si la proposition était acceptée par la famille de la jeune fille, le garçon était invité à la maison pour conclure les fiançailles.  

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Bal autour de l’Arbre de Mai à la Renaissance

 

En France dans la nuit du 30 avril, pendant qu’on plantait l’arbre sur la grand-place en présence des diverses corporations, les jeunes gens, avec un panier décoré et des bouquets de fleurs, faisaient le tour du village, au rythme des fifres et des tambours. Ils déposaient devant les portes de jeunes filles des fleurs ou des branches dont le « langage » codé exprimait leurs sentiments : l’aubépine était un signe de grand respect et annonçait les prochaines épousailles ; le lilas rendait hommage à la beauté, à l’innocence et à la modestie de la jeune fille ; le chêne garantissait un amour profond et l’hospitalité ; la ronce ou le houx dénonçaient les caractères difficiles. Les membres de cette joyeuse tournée, qui avaient ainsi la liberté d’exprimer impunément leurs sentiments, quémandaient dans chaque maison des victuailles, en plus des boissons et des gâteaux consommés sur place. Les dons de mai, trait commun aux cultures européennes, contenaient toujours des œufs, des fruits secs et des gâteaux spécifiques, symboles de l’indestructibilité de la vie. Les jeunes gens du groupe avaient le droit d’invectiver ceux qui se montraient pingres, refusant de participer aux rites de commensalité. En qualité de messagers de la végétation, ils les menaçaient, en vers ou en prose, sous forme de souhaits négatifs, de sanctions qui devaient frapper leurs prochaines récoltes. Le lendemain, le mât, injurié, pouvait être livré aux flammes. Ses cendres, signe de bonheur et de fertilité, étaient en général conservées jusqu’au printemps suivant. Cette combustion de l’arbre de mai n’est pas sans rappeler d’autres coutumes où l’on élimine par le feu le passé pour commencer une ère nouvelle dans l’année cyclique.

Parfois, la végétation était représentée par un être surnaturel. Dans le monde alémanique, c’était le Mabaru, « l’ours de mai », qui prenait la place du mât, sorte de cône ambulant couvert de branchages, de fleurs et de rubans, préparé par une Knabenschaft (société de garçons). Les jeunes célibataires qui constituaient ces associations se voyaient chargés de multiples fonctions rituelles : organisation des fêtes, surveillance des bonnes mœurs… Ils assumaient alors la fabrication de fantoches qu’ils bourraient de lettres, les « Mäisbriefe », où étaient inscrits les péchés de la société. Elles étaient brûlées à la fin de la fête en même temps que leur porteur. L’ours de mai pouvait aussi avoir la forme d’une femme (Mäiswyb) ou d’un homme (Mäismaa) que l’on jetait ensuite dans un torrent ou que l’on brûlait pour accomplir un rite de purification.  

Ailleurs, l’esprit de mai et des feuillages s’investissait sur le Feuillu, la « bête » couverte de branchages et de feuilles, le fou de mai, esprit de la croissance de la végétation. Les Feuillus avaient souvent pour tâche d’asperger l’assistance avec l’eau de la fontaine, décorée elle aussi pour l’occasion de fleurs et de rubans. Ils favorisaient ainsi la bonne santé des spectateurs et leur garantissaient fertilité et fécondité.  

Une coutume qui perdure encore marque fréquemment l’arrivée du mai : c’est l’élection du roi et de la reine de la fête, couple vigoureux qui stimule, par magie analogique, les énergies de la nature. L’élection se faisait souvent par concours et à la suite de luttes rituelles. Sous différentes appellations, Maître et Maîtresse, Fiancés, Amoureux, ces jeunes se substituaient au couple primordial des fêtes anciennes et des hiérogamies. 

Dans les pays du Nord, on retrouve un peu plus tard le même rituel du couple royal : le roi et la reine de la Pentecôte animent les fêtes du jour. Ce roi se comporte parfois comme un bouffon. On fait alors la quête pour « acheter du savon et laver la barbe du fou », répétant ainsi une coutume carnavalesque de rasage et d’humanisation de l’homme sauvage. Le roi, de même que l’arbre de mai, est lui aussi condamné à mort, comme à l’issue du carnaval.  

Même si mai se présentait comme le mois des rencontres et des approches amoureuses, il ne semblait pas propice aux mariages durables. « Que les vierges et les veuves se gardent bien d’allumer dans ce mois les flambeaux de l’hyménée. Ces flambeaux se changeraient bientôt en torches funèbres », écrivait Ovide. L’Eglise par la suite, devait déconseiller les mariages au mois de mai puisque mois de Marie. Cependant, l’explication la plus plausible est astronomique : l’observation du ciel met en évidence une opposition des deux principales planètes régissant le psychisme humain, Vénus et Mars. On en concluait alors que les enfants conçus pendant cette période ne pourraient être efficaces ni en amour ni à la guerre. Dans les pays balkaniques, on considérait que mai était propice aux magies et aux sortilèges et on invoquait l’aspect proprement sexuel de l’interdit : « Mai est le mois des amours des ânes ». Autrement dit, les amours humaines auraient été entachées de bestialité, ou inhibées par le « nouement » du mari. Le risque était grand pendant ce mois où « la sève monte sur la tête », où l’érotisme ambiant favorise les débordements et où les esprits mauvais guettent les hommes. Dans ce sens, seul l’âne, au sexe particulièrement long, saurait déjouer une magie capable de « nouer ». 

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Quant à notre tradition du muguet, on la fait remonter à la Renaissance, Charles IX en ayant offert autour de lui en 1561 comme porte-bonheur. Le muguet fleurissant quand vient le printemps, c’est donc une plante idéale pour célébrer le printemps, les beaux jours qui reviennent et également pour attirer les bonnes grâces pour de futures bonnes récoltes. Ce n’est qu’au début du XXe siècle que le muguet sera associé à la Fête du Travail, qui elle date de 1889. En fait, c’est sous Pétain que la fête des Travailleurs devînt la Fête du Travail et l’églantine rouge, associée à la gauche, fut remplacée par le muguet. La vente de muguet dans les rues remonte pour sa part aux environs de 1936. En France, les particuliers et les associations ont le droit de vendre du muguet dans les rues le 1er mai, en plus des fleuristes. 

Cette tradition du muguet « porte-bonheur » qui fleurit aux alentours du 1er mai est aussi très présente en Belgique. Et, depuis 1982, le muguet est la fleur nationale de la Finlande. Enfin, si d’après le langage des fleurs, le muguet signifie « retour de bonheur », pour certains seuls les brins de muguet ayant spontanément et naturellement treize fleurs portent réellement bonheur. Quant aux « noces de muguet », elles symbolisent, dans le folklore français, les treize ans de mariage. 

Par ailleurs, c’est en parfumerie que le muguet est surtout connu, même s’il y est rarement utilisé sous sa forme naturelle. Dès le XVIe siècle, le muguet était un parfum apprécié, notamment des hommes, puisque le terme « muguet » a servi à désigner jusqu’au XIXe siècle un jeune homme élégant. Aujourd’hui, on utilise le muguet dans les parfums féminins comme note de cœur, mais sous forme synthétique, le terpinéol (ou terpinol) étant un excellent succédané. Le muguet a fait la célébrité du parfum Diorissimo, créé en 1956 par Edmond Roudnitska. Enfin, le muguet est souvent utilisé comme parfum de savon.  

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Diorissimo – Affiche de Gruau

 

Quant au nom latin de la plante il indique qu’elle pousse en mai dans les vallées. On l’appelle d’ailleurs parfois « lys des vallées », formulation que l’on retrouve dans son nom anglais « lily of the valley ». Quant à son nom français, connu dans les textes depuis 1200 sous la forme « mugue » ou « musguet », c’est un dérivé de musc, sans doute une altération de muscade, en raison du parfum de la fleur. Comme toutes les plantes réputées, Convallaria majalis, son nom latin, a une multitude de noms. Outre muguet de mai citons : Muguet des bois, Clochette des bois, grelot, grillet. Ces noms rappellent la forme campanulée de la fleur. Clochette des bois est, par ailleurs, un sobriquet spontané pour diverses plantes. Lys ou (Lis) de mai, Lys ou (Lis) des vallées. Des noms qui donnent de la majesté à la plante. Mais on trouve aussi, « Amourette » et « Larmes de sainte Marie ». C’est parfois dans la littérature, sous son nom scientifique de Convallaria maialis qu’on fait référence au muguet. La raison est simple : en latin classique, le « j » n’existait pas réellement, celui-ci n’étant qu’une déformation du « i ». Certains auteurs puristes préfèrent donc mettre un i : maialis dérive du latin maius, le mois de Mai. Néanmoins le nom binominal est en latin réputé et non en latin classique et cette pratique n’est pas conseillée. maialis (ou majalis) est le nom latin du muguet. En latin classique, « majalis » signifiait également «cochon» ou «du cochon », avec une connotation insultante. Ce n’est pas vraiment la même chose, ni la même odeur !

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Le muguet fait partie de la famille des Liliacées. Cette plante herbacée que tout le monde connaît bien se rencontre dans toute l’Europe, l’Asie et l’Amérique du Nord. En France, elle est plus rare dans le Sud. Le muguet est  utilisé comme plante ornementale mais il ne fleurit que quelques temps (3 à 4 semaines). Il se cultive facilement en jardin, du moment que celui-ci est frais et ombragé. Il est toutefois conseillé d’ôter les fleurs fanées avant qu’elles ne fructifient, surtout quand des enfants sont susceptibles d’avoir accès au jardin. Les baies de muguet, arrivées à maturité ou non, sont très jolies, très appétissantes. Elles ressemblent réellement à de petits bonbons du commerce, avec une grande toxicité en plus. On peut bien sûr cueillir les brins fleuris pour la composition de bouquets. C’est une plante idéale pour un vase soliflore où son inflorescence délicate est mise en valeur. Néanmoins, la présence de muguet dans une pièce trop fermée est malsaine : elle provoque des maux de tête parfois graves. Autre phénomène perfide, l’eau du vase dans laquelle le muguet a trempé est rapidement contaminée et devient à son tour très toxique…

Et pourtant, le muguet a des propriétés médicinales importantes. A notre époque, les alcaloïdes actifs du muguet ont été isolés en laboratoire et entrent dans la préparation de plusieurs médicaments. Ceux-ci sont prescrits afin de régulariser, ralentir ou bien renforcer les contractions cardiaques sans pour cela augmenter la tension artérielle… Ils ont également une bonne action diurétique. Avant notre pharmacopée moderne, on préparait dans nos campagnes une infusion de fleurs de muguet destinée à soutenir les personnes « faibles du cœur »… C’est Matthiole, au XVIe siècle, qui indiquait déjà le muguet comme « propre à fortifier le cœur et à en combattre les spasmes et les battements ». Le muguet est également utilisé sous forme de teinture, d’extraits, de pilules et de potions. Enfin, les fleurs de muguet séchées et prisées comme du tabac sont un vieux remède souverain contre les maux de tête.

 

gemeauxQuant à l’astrologie, elle fait du muguet une fleur Gémeaux.

 

 

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Bibliographie 

« Fêtes et croyances populaires en Europe » – Yvonne de Side – Bordas

« Les secrets d’une herboriste » – Marie-Antoinette Mulot – Editions du Dauphin

« Nos grand-mères savaient – La vérité sur les plantes et la vie naturelle » – Jean Palaiseul – Robert Laffont             

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LES QUATRE ELEMENTS

(5.1 - Généralités) par sylvietribut le 27-04-2011

LA TERRE

Les quatre éléments jouent un rôle prépondérant dans l’analyse du thème astral. Lorsqu’un élément prédomine dans un thème, on peut d’emblée en tirer des conclusions concernant la physiologie, la psychologie et le destin. Dans un thème, plusieurs planètes en signes de Terre sont un facteur de stabilité et d’ordre. Elles dénotent un esprit pratique, organisé, gestionnaire. Toutefois, trop de Terre dans un thème dénote la volonté de mettre en forme des choses non encore arrivées à maturité. Pas assez de Terre, et l’on se trouve dans l’impossibilité de faire aboutir ses désirs et ses idées.

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La Terre a pour fonction d’aménager, de solidifier, de rendre durable ce que le Feu a conquis. Son royaume est celui de la matière et de la forme. Elle construit et alimente. Plusieurs planètes dans la Terre indiquent un sujet pratique, attiré vers les domaines concrets de l’existence. Il est intéressé et limité par les contingences matérielles de l’existence. 

Au positif, ces signes confèrent un caractère calme, réservé, une certaine stabilité et beaucoup de sens pratique.   

Au négatif,  la Terre présume des comportements indolents, des habitudes rigides, une certaine méfiance dans les relations avec les autres.

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Les signes de TERRE sont en affinité avec les signes FIXES 

La TERRE est un élément froid et sec, avec prédominance du sec. Elle est en analogie avec la couleur verte. 

Dans le corps humain, la TERRE est en rapport avec la charpente osseuse. La Terre régit également les cellules et tissus dans leur ensemble, leur état quantitatif et qualitatif, leur proportion ; les appareils et organes qui interviennent plus particulièrement dans leur formation, entretien, renouvellement. La Terre est en rapport avec les glandes endocrines (thymus et thyroïde notamment), le sympathique cervical, l’intestin, mais également le système nerveux sensitivo-moteur, appareil locomoteur (système ostéo-articulaire notamment). Et dans le schéma des Anciens : cou et nuque, intestin et abdomen, genoux.  

La TERRE correspond à un tempérament flegmatique, mélancolique et nerveux. 

Sur le plan professionnel, la TERRE est en rapport avec toutes les professions manuelles, toutes les professions cantonnées dans des vues entièrement contingentes, ou dans lesquelles la réalisation tient le premier plan : les occupations subalternes : celles qui touchent à la terre, au sous-sol, à la gestion des biens fonciers ; les affaires matérielles de tous genres, les commerces de produits indispensables à la vie. Sur le plan intellectuel : la médecine anatomique, la médecine pharmaceutique à doses massives (allopathie) et à doses impondérables (biochimie, homéopathie) ; l’ostéopathie : massothérapie, chirothérapie ; les recherches scientifiques orientées uniquement vers un but utilitaire ou touchant la matière, ou bien encore une littérature sans idéal. 

Les signes de Terre sont au nombre de trois : le Taureau, la Vierge le Capricorne.

glyphe-taureau1Le Taureau (20 avril au 20 mai), c’est l’exubérance de la nature sur laquelle on vit sans se préoccuper de rien. Pourtant, la poussée de sève du printemps commence à faiblir et il est temps de jauger de l’énergie personnelle. Le Taureau est donc le signe de la force vitale, de l’endurance et de la résistance. Le symbole représente le museau et les cornes de l’animal. Il exprime la façon dont la vie exerce constamment ses pouvoirs. Pour l’homme, c’est la période du sein maternel donné sans compter. Signe du rêve, le Taureau encourage à dormir pour réveiller des énergies. Par ailleurs, le Taureau marquera toujours la capacité d’un individu à préserver ses intérêts immédiats, à appréhender fondamentalement la réalité, à travers les matériaux qu’il absorbe ou dont il se pénètre, et quel ton il utilise pour exprimer ses réactions. Le Soleil en Taureau décrit un individu avide d’expériences, pour peu qu’il puisse vivre à sa manière, un individu enclin à la patience et prêt à défendre ses idéaux de façon inébranlable. Dans l’homme-zodiaque, le Taureau, régit la gorge et le cou. 

vierge-302La Vierge (23 août au 22 septembre) : l’automne commence à se préparer, il est temps de mettre de l’ordre dans les avantages sociaux, de compter sur les rapports humains. La Vierge c’est le signe du réajustement. La nourriture a été gagnée par le labeur, bien que soumise aux cycles de la nature. C’est aussi la nourriture cuisinée selon les goûts de chacun. En Vierge commence l’angoisse du manque qui génère l’économie et les stockages. Signe de la première rencontre consciente avec l’inconscient collectif, la Vierge réveille les énergies qui dorment. Son symbole est une vierge représentée par le M de la matière primitive, orné d’un trait supplémentaire suggérant une ceinture de chasteté. Il exprime les préoccupations du natif qui aiguisent son sens critique. La Vierge a la faculté de tout cataloguer, y compris ses relations. La Vierge c’est la capacité à assimiler la substance de l’expérience et à en trier les éléments nécessaires. Le Soleil en Vierge décrit un individu qui aime entretenir avec les autres des relations étroites et routinières. La Vierge adore classer et ranger. Dans l’homme-zodiaque, la Vierge correspond aux intestins et à l’abdomen. 

capricorne-522Le Capricorne (22 décembre au 19 janvier)  est la terre aride de l’hiver où il n’y a plus de nourriture. En fait, toute la nourriture est à l’intérieur de soi et on devient une corne d’abondance pour autrui, source de dormances qui se réveilleront plus tard. La plénitude de l’hiver propice aux joies plus profondes, aux sentiments vrais, incite à se dominer. Le Capricorne est le signe de la critique. La chèvre en est le symbole, schématisé par sa tête et sa corne. Le Capricorne exprime ainsi l’apogée des ressources créatrices. Il fait preuve de discernement. Un Soleil en Capricorne décrit un individu particulièrement capable de faire face aux situations critiques, et se montrant généralement à la hauteur. Il prône l’efficacité, le respect des convenances, il fait montre aussi d’un tempérament soucieux.  Dans l’homme-zodiaque, le Capricorne correspond à la peau et aux genoux.

Et dans votre thème, outre la position du Soleil, savez-vous quel élément prédomine ? C’est l’analyse du thème astral qui permet de le savoir, pour mieux valoriser les aspects positifs de l’élément et en atténuer les défauts.   

 

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LES ORIGINES DE PAQUES NOUS RAMENENT A ADONIS, LE BIEN-AIME DES DEESSES

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 22-04-2011

A l’époque où fleurissent les anémones rouges, prémices du beau temps, revient chaque année à Chypre, Adonis, le jeune dieu de la Beauté et de l’Amour, symbole du renouvellement annuel de la vie et de la végétation. La fête printanière se perpétue de nos jours dans les célébrations de Pâques, sans que personne ne fasse évidemment allusion ni à Adonis, ni à Aphrodite/Vénus, divinité au souvenir ineffaçable.

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Jadis, à Byblos, la cité phénicienne qui s’enorgueillissait de posséder le temple le plus vaste dédié à Adonis, les femmes accompagnaient avec des lamentations et des pleurs la mort annuelle du dieu, et toute la cité exposait des pots avec des jeunes pousses, décorés de fleurs, dans les rues de la ville pour célébrer le renouveau de la végétation du monde. Pour que ces « végétations » fragiles accompagnent le dieu dans son voyage mortuaire, on les jetait dans la mer ou dans une source avec des statuettes à l’effigie d’Adonis ; le lendemain on célébrait sa résurrection.

On retrouve des pratiques étonnamment semblables dans les églises siciliennes et sardes les jours de la Passion. A l’approche de Pâques, les femmes font germer dans des soucoupes des graines de blé, d’orge et des lentilles. Les pousses, pâles parce que maintenues dans l’obscurité, se développent rapidement et, le jour de la Passion, ces bouquets exsangues, les « neinneris », entourés de rubans rouges, sont déposés dans les reposoirs du Christ. A la fin de l’office, chargés d’un pouvoir bénéfique, ils sont rapportés à la maison, puis séchés pour conjurer les maux pendant toute l’année.

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Adonis le bien-aimé des déesses

Enfin, suivant la tradition, le sang d’Adonis a donné sa couleur rouge à l’anémone, tandis que le sang du Christ aurait donné sa couleur au coquelicot qui était jadis une fleur terne de la colline du Golgotha.

coquelicot  

Bibliographie  

Fêtes et croyances populaires en Europe – Au fil des saisons» – Yvonne de Sike – Editions BORDAS. 

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L’OEUF PASCAL

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 21-04-2011

Œufs décorés aux rubans multicolores, œufs en sucre coloré ou en chocolat que l’on cherche dans les buissons du jardin, œufs peints, couverts de symboles qui remontent à des traditions anciennes, véritables chefs-d’œuvre d’ingéniosité artistique féminine, ou encore œufs en or sertis d’émail et de pierres précieuses, tous se réfèrent aux traditions pascales et au souvenir de la Résurrection et sont offerts en gage d’amour, d’amitié ou par respect des conventions.

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De nos jours, l’œuf de Pâques est l’emblème de cette fête, comme l’arbre de Noël et le père Noël sont devenus l’expression profane de la Nativité. Cadeau printanier offert aux enfants sages, il est, selon les traditions et les pays, distribué par les cloches, les cigognes, les coucous ou les lièvres. 

Considéré dans les traditions sacrées de l’Antiquité comme une enveloppe matérielle à partir de laquelle se développe la « manifestation » au sens plein du terme, symbole de vie et de perfection, c’est assez naturellement que l’œuf s’imposa comme symbole chrétien du message pascal. Du monde celtique aux îles du Sud-est asiatique, en passant par la Grèce, l’Egypte, le Tibet, la Chine ou la Japon, il existe une tradition commune, simplement déclinée en variantes, de la naissance du monde dans un œuf. 

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Ainsi dans l’œuvre de Vladimir Kush

Dans la mythologie indienne, le cosmos se retire entre deux périodes d’activité pour se reposer et se régénérer dans l’œuf d’or qui contient l’univers. Dans les livres sacrés persans, l’œuf apparaît au milieu de la nuit universelle, s’ouvre en deux et donne naissance au monde. Dans le même esprit, le Kalevala, le livre sacré des anciens Finnois, enseigne que le monde s’est formé à partir d’un œuf primordial tombé des cieux sur les genoux de la déesse Ithamara, la mère des eaux. Parfois le serpent des traditions celtiques ou le dragon chinois préexistent à l’œuf. Ailleurs, l’œuf est fécondé par le soleil ou flotte, selon la conception égyptienne, dans les eaux de la mer primordiale représentant le Verbe créateur. 

Mais l’œuf cosmique est aussi à l’origine de la dualité comme le figure le mythe de Léda, la mère de l’œuf divin d’où sortirent les jumeaux Castor et Pollux. Principe de vie, l’œuf se réduit parfois à une simple coquille de l’âme humaine. La tradition selon laquelle l’âme du héros, bénéfique ou maléfique, est contenue dans l’œuf est commune dans les contes populaires de plusieurs parties du monde. La destruction de l’œuf met fin aux supercheries du monstre ou plonge dans le néant l’enchanteur, qui autrement resterait immortel.  

A Naples, on raconte que Virgile en personne plaça sous les fondations du « château de l’œuf » l’œuf porteur de l’avenir de la ville : lorsqu’il se briserait, Naples disparaîtrait. Les optimistes associent volontiers cette destruction à l’éruption du Vésuve et à la disparition de Pompéi. Mais les Napolitains, dans leur majorité, croient dur comme fer que la fin viendra par l’association des trois éléments : le feu (et les émanations toxiques d’une éruption), la lave (la terre) et l’eau (les vagues gigantesques d’un raz de marée). 

 

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Château de l’œuf dans la baie de Naples

En Chine, depuis les temps les plus reculés, l’œuf est une offrande printanière en signe de fécondité et de renouveau. Mais les traditions européennes recensées par les historiens des religions offrent un exemple d’utilisation des œufs comme offrande propitiatoire : il s’agit de la fête romaine du 19 avril où l’on apportait dans les sanctuaires de Cérès, déesse de l’Agriculture, du pain et des œufs pour obtenir ses faveurs et s’assurer la maturation des jeunes épis. Et comme tout renouveau découle d’une destruction réelle ou symbolique, l’œuf se retrouve dans plusieurs autres traditions comme signe de désolation, de deuil et de mort et donc, ultimement, comme symbole de pérennité et de vie éternelle. L’œuf figure souvent comme offrande aux morts qu’il accompagne vers l’au-delà : les exemples les plus anciens de cette utilisation sont ceux découverts dans les tombes d’Ur, la capitale sumérienne d’il y a six mille ans. Des œufs en argile trouvés dans les tombes en Suède ou en Russie, reflétant les anciennes coutumes indo-européennes, sont interprétés comme des emblèmes d’immortalité. En outre, dans les traditions russes, ukrainiennes ou roumaines, le repas de Pâques est consommé sur les tombes afin d’associer les morts à la fête, et les coquilles des œufs consommés y sont répandues. Egalement symboles de résurrection, les œufs placés dans les mains de statuettes de Dionysos découvertes dans des tombes de l’époque classique en Béotie. Cette notion de continuité ou de manifestation cyclique de la vie fait de l’œuf une nourriture interdite par les doctrines, tel l’orphisme, qui condamnaient ce désir de retour périodique à une nouvelle existence en recommandant la transfiguration spirituelle. 

Par contre, l’œuf du repas de la Pâque juive a pour fonction de rappeler la désolation. L’œuf du « seder » évoque le sacrifice au Temple de Jérusalem et on lui accorde une valeur de deuil. Par ailleurs, les jours de deuil, on mange un œuf dur. Dans les traditions judaïques en général, l’œuf représente une vie avortée, un poussin non parvenu à terme. 

C’est chez les Coptes, en Egypte, que l’on rencontre la coutume d’offrir à Pâques des œufs colorés et cela à partir du Xe siècle. On en trouve aussi des témoignages sporadiques à Constantinople tant à la cour que dans le peuple. Dans le monde orthodoxe, les œufs sont teints le Jeudi saint et leur couleur rouge fait allusion à la Passion, plus précisément au sang du Christ dont l’effusion est signe de mort mais aussi de Rédemption. 

Les œufs constituent la base de plusieurs variantes de gâteaux de Pâques : le tsoureki balkanique, sorte de pain au lait ou de brioche, décoré aux œufs rouges, et la paskha russe, par exemple. Ils font, en quelque sorte, pendant à la bûche de Noël des traditions occidentales. 

Tsoureki balkanique   tsoureki                                               Paskha russe   paskha

En Occident, au cours du XIIe siècle, sous l’influence de traditions très vraisemblablement importées d’Orient par les Croisés, l’Eglise procéda à des bénédictions des œufs. Au XVe siècle, la coutume prend racine en Alsace et à partir du XVIe siècle elle apparaît à la cour des rois de France, en Allemagne et en Angleterre notamment. 

On a souvent été tenté d’expliquer la coutume des œufs de Pâques par le besoin d’en consommer après le long jeûne du Carême qui les proscrivait. Or c’est justement pendant cette période du début du printemps que les poules se montrent le plus prolifiques. Ainsi à la fin du Carême une grande quantité d’œufs se trouvaient dans les provisions des ménages qui commençaient donc par en distribuer comme récompense aux enfants pendant leurs tournées d’annonce de la Résurrection. 

Cette explication rationalisante ne recouvre qu’un seul volet d’une réalité beaucoup plus complexe, amalgamant traditions anciennes, aspirations métaphysiques, conventions sociale, inspiration artistique, questions dogmatiques et pragmatisme économique. 

Pâques dans les traditions populaire 

Dans les pays chrétiens, l’œuf de Pâques est le cadeau favori le jour de Pâques. En Allemagne, en Suisse, en Autriche, en France notamment en Alsace, mais aussi en Moselle, ainsi qu’en Martinique, en Guadeloupe et en Guyane, le lundi de Pâques s’accompagne d’un autre jour férié : le « Karfreitag », soit le Vendredi saint. Pâques y est considéré comme une sorte de deuxième Noël et il n’est pas rare que les gens s’offrent des cadeaux entre eux à cette occasion. 

En Alsace, on confectionne un biscuit en forme d’agneau appelé « Osterlammele » ou « Lamala ». Cette tradition typiquement alsacienne du « Lammele » est attestée par le théologien catholique Thomas Murner en 1519 : le fiancé offrait un agneau pascal à sa promise. On l’offrait aussi aux enfants au retour de la messe du jour de Pâques. Après le temps du Carême, ce biscuit riche en œufs permettait d’écouler le stock d’œufs accumulé avant Pâques et dont la consommation était proscrite. L’agneau était décoré d’un étendard aux couleurs du Vatican (jaune et blanc) ou de l’Alsace (rouge et blanc). 

Comme pour Noël, les Suisses et les Allemands décorent leur maison à l’approche de Pâques. Les œufs de Pâques sont apportés par le lièvre de Pâques (Osterhase). Chocolats et décorations diverses, souvent en forme de lapin, ornent ainsi les boutiques et les appartements. On y fait aussi des bouquets de Pâques sur lesquels on accroche divers sujets et des œufs peints. Les arbres dans les jardins ont droit également à une parure multicolore avec l’arrivée du printemps, les œufs et lapins poussent partout ! 

Les Allemands, comme les Américains, décorent des œufs cuits durs avec de la peinture ou des feutres. Les Américains espèrent que l’« Easter Bunny » leur apportera des lapins en chocolat et des sucreries dans un panier tressé.

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En Belgique, en Suisse et en France, ce sont les cloches de Pâques qui apportent les œufs de Pâques. Depuis le jeudi saint, les cloches sont silencieuses, en signe de deuil. On dit qu’elles sont parties pour Rome, et elles reviennent le jour de Pâques en ramenant des œufs qu’elles sèment à leur passage. En Italie, on attache les cloches le jour du jeudi-saint pour éviter qu’elles ne sonnent.

En Allemagne et en France, le repas de Pâques est souvent l’occasion de partager un gigot d’agneau rôti accompagné de flageolets. En Pologne, un panier garni est préparé le vendredi, conservé sans être mangé le samedi, et béni le dimanche par le prêtre. 

En Italie, de nos jours encore, on fait aussi bénir les œufs que l’on place au centre de la table.  

En France, et surtout au Québec, certains mythes populaires parlent de la cueillette de l’Eau de Pâques. En Serbie, il y a beaucoup de rites qui plaisent aux enfants, en particulier : 

– On colorie les œufs pour cette journée, essentiellement en rouge, mais on utilise aussi d’autres couleurs.

– On s’échange ces œufs coloriés pendant toutes les fêtes de Pâques et la semaine qui suit.

– On considère que le premier œuf peint est le gardien de la maison et on le conserve.

La Pâque orthodoxe véhicule aussi une autre tradition, très populaire : une fois les œufs coloriés ou peints, on peut choisir un œuf et le décréter comme œuf porte-bonheur. Cet œuf servira à toquer l’œuf d’une autre personne. Si jamais votre œuf est brisé lorsque vous toquez l’œuf de votre « adversaire », vous remportez son œuf. Si c’est le contraire, alors vous perdez votre œuf au profit du vainqueur, il ne vous reste plus qu’à choisir un nouvel œuf. 

Pendant cette journée, les Chrétiens orthodoxes se saluent par l’exclamation « Christ est ressuscité ! », en serbe cyrillique, à laquelle on répond : « Il est vraiment ressuscité ! » en cyrillique.

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Quant aux Russes orthodoxes, ils font bénir les œufs à l’église et les font cuire pour leur déjeuner de Pâques.

En République tchèque, les jeunes filles colorent les œufs durs. Elles utilisent également de la cire qu’elles mettent autour de l’œuf qui, une fois coloré et la cire enlevée, crée des motifs. Les garçons tressent avec des roseaux, des rubans colorés en faisant des sortes de fouets. Les dimanches de Pâques, les garçons font le tour de leur voisinage pour « fouetter » les jeunes filles et leur demander des œufs, à défaut un verre d’alcool. Cette coutume de « fouetter » les jeunes filles n’est pas sans rappeler les Lupercales romaines. 

En Allemagne, la tradition veut, pour les enfants, que ce soit un lapin blanc invisible qui les cache. Les enfants confectionnent des nids avec des feuilles, de la mousse ou de l’herbe qu’ils installent dans le jardin, dans l’espoir que le lapin les garnisse d’œufs multicolores durant la nuit de Pâques. Si le lapin et le lièvre sont les cacheurs d’œufs privilégiés, d’autres animaux peuvent tenir ce rôle : la poule (au Tyrol), le coucou (en Suisse), la cigogne (en Alsace et dans la région de Thuringe en Allemagne), le renard (en Westphalie en Allemagne). 

La tradition d’offrir des œufs remonterait à l’Antiquité. Déjà, les Egyptiens et les Romains offraient des œufs peints au printemps car ils étaient le symbole de la vie et de la renaissance. 

Par la suite, c’est en Russie que la célébration de Pâques atteint son plus grand éclat. Pâques est la plus grande fête du calendrier orthodoxe russe. Tolstoï, Gogol, Dostoïevski ne choisissent-ils pas la nuit de Pâques pour faire renaître leurs personnages après des drames et des bouleversements. Ici, Pâques est célébrée par un échange d’œuf et trois baisers accolades. Le type d’œuf offert dépend de la fortune de chacun mais l’œuf de poule peint est, sans conteste, le plus populaire. Vient ensuite l’œuf de verre, de porcelaine, de bois, d’argent jusqu’à l’œuf précieux en or. 

Carl Fabergé fut le créateur d’œufs précieux destinés aux Tsars. Toute l’histoire débuta en 1884 lorsque Fabergé fabriqua un œuf de Pâques commandé par le Tsar Alexandre III pour son épouse bien-aimée, la tsarine Maria. L’œuf avait été conçu pour rappeler à l’impératrice son pays natal. C’était un œuf d’un raffinement extrême fait d’émail translucide à reflet d’huître avec des incrustations d’argent, d’or, de pierres précieuses. Cet œuf devint légendaire et le Tsar nomma Fabergé fournisseur impérial. Il dût ainsi créer un œuf, symbole de vie et de résurrection, tous les ans, que le Tsar commandait comme présent pour son épouse et cela dura 11 ans.

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À sa mort, le Tsar Nicholas II et son fils Alexandre perpétuèrent la tradition. L’œuf devait toujours contenir une surprise qui était tenue secrète, même des membres de la famille et ce, jusqu’au jour de Pâques. Quand le Tsar, curieux, demandait à Fabergé de dévoiler le secret ou au moins de lui donner un indice, Fabergé répondait irrévocablement et à chaque fois : « Votre majesté sera satisfaite ! ». Fabergé s’inspirait de l’art byzantin. D’autres œufs furent ajoutés à la collection et commémoraient certaines dates importantes comme le couronnement du Tsar Nicholas II, l’avènement du chemin de fer jusqu’en Sibérie… certains anniversaires. D’autres mirent en scène le yacht impérial, la cathédrale Uspensky, le palais Gatchina et, plus tard, durant la Guerre, les œufs représentèrent la Croix rouge et les militaires. La collection comporte cinquante-six œufs impériaux. C’est en Allemagne que la Maison Fabergé perpétue la tradition avec son maître-artisan et joaillier Victor Mayer.

Superstitions et croyances 

Autrefois les gens étaient très superstitieux et de nombreuses croyances populaires étaient attribuées aux œufs de Pâques, porteurs de chance :
            – Offrir à un nouveau-né lui assure une vie prometteuse et lui portera chance.
            – Un œuf enterré durant un siècle verra son jaune se transformer en diamant.
            – Enterrer des œufs de Pâques au pied d’une vigne la protègera et la rendra prospère.
            – Un œuf avec deux jaunes apportera chance et fortune à son propriétaire.
            – Un œuf béni à Pâques éloigne la maladie de son foyer.

Les repas de Pâques

Dans la plupart des pays européens (France, Belgique, Italie, Pologne etc.), l’agneau est l’une des pièces maîtresse du repas du dimanche de Pâques. Il rappelle d’une manière originale l’agneau de Dieu qui a donné sa vie pour le Salut du monde. 

En Grèce, Pâques est la plus grande fête religieuse de l’année. On cuit à la broche et en plein air l’agneau pascal badigeonné d’un mélange d’huile, d’origan et de citron pour célébrer la fin du jeûne et la résurrection. Dans plusieurs villes de Grèce, les broches sont installées sur les trottoirs pour que les passants puissent aussi s’associer à la fête. Le dimanche de Pâques est célébré avec une abondance de nourriture. 

En Allemagne, en Angleterre, au Québec, c’est le jambon qui est servi traditionnellement le jour de Pâques. Le porc est un symbole de chance dans plusieurs pays. 

En Hongrie, l’agneau et le jambon « béni » sont à la fête. 

En Italie, la « Pastiera » est une tarte confectionnée pour cette occasion, fourrée de fromage ricotta et truffée de fruits confits. 

Enfin, Pâques a donné naissance au prénom Pascal.  

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Bibliographie : Fêtes et Croyances Populaires en Europe – Yvonne de Sike 

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LES SEPT METAUX ET LEURS SYMBOLES

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 17-04-2011

Sept métaux furent connus et reconnus comme tels de l’Antiquité jusqu’à la Renaissance. Ils étaient en correspondance avec les pensées astrologique et alchimique et les sept « planètes », c’est-à-dire les deux luminaires, Soleil et Lune, et les cinq planètes que sont Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne, observables à l’œil nu, elles-mêmes associées aux dieux du panthéon gréco-romain. Au terme de diverses variations, se sont établies les correspondances : Soleil et Or, Lune et Argent, Mercure et Mercure ou vif-argent, Vénus et le cuivre, Mars et le fer, Jupiter et étain et Saturne et plomb. 

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L’arbre symbolique des corrélations entre métaux et planètes de même origine – Museum Hermeticum – 1678

Ainsi, les métaux sont les éléments planétaires du monde souterrain et les planètes, les métaux du ciel car le symbolisme des uns et des autres sont mis en parallèle. Les métaux symbolisent les énergies cosmiques solidifiées et condensées, aux influences et aux attributions diverses. Par la suite, en tant que symbole d’énergie, C.G. Jung les a assimilé à la libido. En effet, leur caractère souterrain les apparente aux désirs sexuels et sublimer ceux-ci, c’est opérer une transmutation de vil métal en or pur. Ici, l’analogie joue en faveur, non plus seulement de l’astrologie, mais de l’alchimie. Il s’agit de se libérer des servitudes charnelles, comme des influx planétaires et métalliques nocifs. La voie de l’individuation est comparable à celle des transmutations. La sublimation ou la spiritualisation, comme le Grand Œuvre des alchimistes, passe par le feu, par la destruction, par la restauration à un niveau supérieur. Suivant une autre tendance, il s’agira, non pas de se libérer des influx métalliques et planétaires, mais de les intégrer dans une existence totalement équilibrée.

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La déesse Ishtar

Le dépouillement des métaux est un rite initiatique et symbolique très ancien. Il se rattache sans doute à ce caractère impur attribué aux métaux. On l’a rapproché du mythe de la déesse babylonienne Ishtar, contrainte, au cours de sa descente dans le monde infernal, de déposer successivement ses parures pour franchir les sept enceintes avant de paraître, nue, devant sa sœur, la redoutable souveraine du royaume des morts. On retrouve quelque chose d’analogue dans les rites maçonniques d’initiation : le récipiendaire est invité à se dépouiller de ses métaux (monnaies, bagues, chaînes, montre, etc.), pour marquer son détachement de tout bien matériel et de toute convention et sa volonté de recouvrer l’innocence originelle.

Dérivé du grec « métallon », le mot « métal » est rapproché, par René Alleau, de la racine « mé » ou « més », qui est le nom le plus ancien donné à la lune.

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L’or

Le symbolisme des métaux comporte un double aspect : d’une part, ceux qui les travaillent, comme les forgerons, ont souvent été partiellement exclus de la communauté, leur activité d’ordre infernal s’avérant dangereuse ; d’autre part, ils ont parfois joué, au contraire, un rôle social capital, et leurs métiers ont pu servir de support à des organisations initiatiques : mystères de la Grèce ancienne, confréries chinoises et africaines… Le premier aspect devrait être le plus important, car l’origine des minerais, le rapport de la forge avec le feu souterrain, donc avec l’enfer, sont significatifs. L’aspect bénéfique se fonde sur la purification et la transmutation, ainsi que sur la fonction cosmologique de transformateur. Le métal pur se dégageant du minerai grossier c’est, disait Jacob Boehme, l’esprit se dégageant de la substance pour devenir visible.

Les métaux sont propres à subir une transformation dans le but en alchimie est d’en tirer le soufre. La fusion des métaux est comparable à une mort, le soufre extrait représente sa vertu, c’est-à-dire le noyau ou l’esprit du métal.

En Chine, l’opération de la fonte est assimilée à l’obtention de l’immortalité. C’est là l’origine du symbolisme alchimique : en chinois, le caractère « kin », qui figure des fragments de minerais dans la terre, a indifféremment le sens de métal ou d’or. Toutefois, si l’or est le yang pur, le métal-élément est d’essence yin : il correspond à l’Ouest, à l’automne, à la couleur blanche. « Fondez l’univers et reformez-le, dit un rituel de société secrète. C’est le « solve e coagula » hermétique, l’influence alternée du Ciel et de la Terre, l’aspect yang et l’aspect yin. L’alliage, avons-nous dit, est alliance ; c’est que les métaux sont substances vivantes et sexuées, possédant du sang ; c’est, dit Nicolas Flamel, « l’esprit minéral qui es dans les métaux » ; les métaux sont mariés par la fonte ; c’est pourquoi elle ne réussit que par l’apport au creuset du fondeur et de sa femme (yang et yin), ou du moins de leurs substituts (cheveux et rognures d’ongles).

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L’Alchimie de Nicolas Flamel – Ici on reconnaît Mercure et Saturne

L’aspect impur des métaux, signe de la « solidification cyclique », se retrouve dans l’interdiction du métal dans les autels hébreux et des outils de métal dans la construction du Temple de Salomon, ainsi que dans le symbolisme maçonnique du dépouillement des métaux. Cette exclusive vise d’ailleurs surtout le fer car, ainsi que l’indique la doctrine des quatre yuga (les âges d’or, d’argent, d’airain et de fer), il existe une hiérarchie descendante des symboles métalliques en rapport avec la solidification, le durcissement progressif des âges du monde.

En effet, un système de correspondance a été établi entre les métaux et les planètes ou étoiles qui, suivant un ordre ascendant dans la hiérarchie des métaux, se résume ainsi :              

                                                                               Plomb                                       =                                  Saturne

                                                                               Etain                                        =                                  Jupiter

                                                                               Fer                                          =                                  Mars

                                                                               Cuivre                                      =                                  Vénus

                                                                               Mercure                                   =                                  Mercure

                                                                               Argent                                     =                                  Lune

                                                                               Or                                           =                                  Soleil

Cette hiérarchie cosmique se retrouve dans les mythes des races et des âges, dans Hésiode par exemple. L’Age d’or et la race d’or ne sont que merveilles, tandis que l’âge de fer et la race de fer ne sont que brutalités et tyrannies. La hiérarchie des métaux se retrouve encore dans les coutumes de la hiérarchie sociale : couverts de fer, d’argent ou d’or, selon les classes ; au Moyen Age, éperons d’or pour les chevaliers, d’argent pour les écuyers. C’est moins une question de prix qui les distingue qu’une notion de hiérarchie fondée sur la symbolique des métaux. Cependant, la symbolique reconnaît aussi les alliages, tels que l’airain.

Les métaux étaient connus des civilisations antiques comme les Mésopotamiens, les Egyptiens, les Grecs et les Romains. L’or était utilisé depuis – 6000, le cuivre depuis – 4 200, l’argent depuis – 4 000, le plomb depuis – 3 500, l’étain depuis 1 750, le fer depuis – 1500 et mercure depuis – 750.

La philosophie grecque de la matière se fondait essentiellement sur la théorie des Quatre éléments que sont l’Eau, l’Air, la Terre et le Feu, illustrée notamment par Empédocle, reprise et complétée par Platon et Aristote.  

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Empédocle  par Luca Signorelli – Cathédrale d’Orvieto – Italie

Empédocle était à la fois un philosophe, un ingénieur et un médecin grec qui vivait au Ve siècle avant Jésus-Christ, mais sa date de naissance reste inconnue et sa vie l’est tout autant. Il ne nous reste que celle d’un personnage légendaire dû à une personnalité assez excentrique. On sait qu’il fut une personnalité importante d’Agrigente en Sicile, défenseur de la démocratie, mais il fut banni et termina sa vie dans le Péloponnèse. D’après la légende, Empédocle se jeta dans les fournaises de l’Etna en abandonnant sur le bord une de ses chaussures, preuve de sa mort. Cette histoire fut toutefois réfutée par Strabon.

Selon Nietzche, Empédocle était « la figure la plus bariolée de la philosophie ancienne ». Favorinus d’Arles rapporte « qu’il s’habillait de vêtements de pourpre avec une ceinture d’or, des souliers de bronze et une couronne delphique. Il portait des cheveux longs, se faisait suivre par des esclaves, et gardait toujours la même gravité de visage. Quiconque le rencontrait croyait croiser un roi ».

Quant à sa doctrine physique, elle se réfère des quatre éléments : le Feu, l’Air, la Terre et l’Eau. Il nous reste d’ailleurs quelques vers :

« Connais premièrement la quadruple racine

De toutes choses : Zeus aux feux lumineux,

Héra mère de vie, et puis Aidônéus,

Nestis enfin, aux pleurs dont les mortels s’abreuvent ».

Ce qu’on pourrait interpréter de la façon suivante : Zeus, dieu de la lumière céleste, représente le Feu ; Héra, épouse de Zeus, désigne l’Air ; Aidônéus (Hadès), dieu des enfers, symbolise la Terre ; Nestis (Poséidon) est l’Eau.  

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Les Quatre Eléments – Jan Van Kessel (1626-1679)

De son côté, Platon associe les quatre éléments à quatre polyèdres réguliers, les solides de Platon : le Feu au tétraèdre, la Terre au cube, l’Air à l’octaèdre, l’Eau à l’icosaèdre. La caractéristique des métaux est qu’ils puissent fondre et se solidifier, ce qui en fait une variété de l’élément Eau. L’or, incorruptible c’est-à-dire inoxydable, est le plus parfait, alors que les différentes sortes de cuivre sont imparfaites du fait des interstices plus importants entre leurs parties, d’où leur densité plus faible, et la présence de l’élément Terre qui apparaît avec le temps : oxydation en vert-de-gris dans le langage moderne. Cependant, la caractéristique de fusibilité n’est pas limitée à ce que nous appelons métaux et s’applique aussi aux verres, aux cires et aux résides. Il n’y avait d’ailleurs pas à l’époque de terme grec pour catégoriser les métaux. Le mot « metallon » désignait les mines : or, cuivre ou même sel.

Avec Aristote apparaît la distinction des métaux des autres minerais, en tant que corps « fusibles ou malléables, comme le fer, l’or, le cuivre ». Aristote explique la formation des métaux dans le cadre de sa théorie des exhalaisons, l’exhalaison sèche provenant du Feu, et l’exhalaison humide provenant de l’Eau.

C’est probablement à partir du IIIe siècle avant notre ère, après les conquêtes d’Alexandre, et sous l’influence de l’astrologie chaldéenne, que s’est établi progressivement l’idée de l’influence des astres sur la formation des métaux. Elle se trouve développée chez Proclus au Ve siècle de notre ère : « Or, argent, comme chacun des autres choses, naissent dans le sol sous l’action des dieux célestes et de l’effluence d’en haut. Il est sûr du moins que, à ce que l’on dit, l’or appartient au Soleil, l’argent à la Lune, le plomb à Saturne, le fer à Mars. Ces métaux sont donc engendrés d’en haut, mais se forment dans la terre, non pas dans ces astres qui envoient ces effluves ».

Cette liste fut reprise et complétée par le philosophe Olympiodore le Jeune : « Il faut aussi savoir que le divin Proclus dans ses commentaires sur le Timée, fait correspondre les métaux aux sept planètes : il dit que d’une part le plomb est consacré à Saturne à cause de sa nature lourde sombre et froide, de l’autre « l’electrum » est consacré à Jupiter, à cause de la nature productive et tempérée de la vie de l’astre. De même pour le « migma ». Le migma est en réalité plus noble que l’or et mieux tempéré. A Mars est consacré le fer de par sa nature coupante et aiguisée ; l’or au Soleil comme à ce qui est source de lumière. Et à Vénus est consacré l’étain parce qu’il est translucide et brillant, et en même temps proche de la Lune, de même que l’étain est proche de l’argent. Et la Lune est consacrée à l’argent, puisque l’argent aussi, lorsqu’il est placé auprès de l’or, semble recevoir la lumière de celui-ci, et devenir plus resplendissant, comme la Lune est éclairée par le Soleil ». Aux propriétés de ductilité et de fusibilité énoncées par Aristote, Olympiodore ajoute celle de l’éclat métallique.

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Le Lion vert alchimique et les sept métaux

Quant à « l’electrum », il désigne l’or blanc, alliage or-argent terme désignant aussi l’ambre dans l’antiquité. Le migma est probablement une variété d’or blanc, distingué par           « l’elektrum » soit par le taux d’argent, soit par l’opposition artificiel/naturel.

La liste de correspondance d’Olympiodore se retrouve dans le Marcianus, daté du Xe ou du XIe siècle, du recueil byzantin des alchimistes grecs. Cette correspondance apporte une unité théorique aux métaux, allant au-delà des aspects métallurgiques de fusibilité et de malléabilité, permettant au concept alchimique la transmutation des métaux de se développer, idée qui apparaît dans la philosophie grecque classique; 

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Bibliographie

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupier – Collection Bouquins 

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PETITE HISTOIRE DES RAMEAUX

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 15-04-2011

Le Dimanche des Rameaux ouvre la Semaine Sainte. On l’appelle aussi le Dimanche des Palmes, ou encore le Dimanche de Pâques fleuries. Ce jour commémore l’unique gloire terrestre du Christ, son entrée triomphale à Jérusalem, juste avant la torture et l’humiliation suivies de la Passion.

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Matthieu rapporte dans son Evangile : « Les disciplines ramenèrent l’ânesse et l’âne, les couvrirent de leurs manteaux et y firent monter Jésus. Une foule immense étendait ses vêtements sur la route ; certains coupaient des palmes pour en joncher le chemin et criaient Hosanna ! ». Dès le IVe siècle une procession se déroulait à Jérusalem ce jour-là et les Chrétiens partaient, comme le Christ, du Mont des Oliviers pour se rendre devant la basilique du Saint-Sépulcre.

Dès le IXe siècle, l’Eglise catholique a inclus dans son rituel du jour la bénédiction des rameaux et la procession des fidèles. Celle-ci, qui commémore l’entrée de Jésus à Jérusalem, symbolise aussi, lorsqu’elle pénètre dans l’édifice, la réunion de la Jérusalem terrestre à la Jérusalem céleste que promet au croyant le sacrifice du Christ sur la Croix. C’est selon ce discours pieux et en s‘appuyant sur l’image des palmes mentionnées par l’Evangile que l’Eglise a christianisé un ensemble de pratiques anciennes tournant autour de l’arbre printanier verdoyant, manifestation de la vitalité. Il n’est pas sans importance de constater la variété des plantes utilisées pour faire office de « rameaux », associant ainsi au rituel chrétien les espèces végétales les plus représentatives pour chaque culture et par rapport à la latitude des lieux. Il va de soi que, dans cette variété d’usages, le buis est loin d’être la seule plante représentative.

palme1Sur les bords de la Méditerranée où le palmier se dresse, gracieux, ce sont de véritables palmes, symboles de victoire, de régénérescence et d’immortalité que les fidèles portent religieusement pendant la procession. Parfois, les feuilles aiguës de l’arbre sont tressées en forme de croix, d’oiseaux, de fleurs stylisées, etc. Dans le Comté de Nice, une véritable industrie artisanale produit ces figures de toutes tailles en palmes tressées, dont la tradition se perpétue toujours dans le Midi de la France.

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A Chypre et en Grèce, les palmes sont combinées avec des branches de laurier ou d’olivier. Ces deux plantes « royales » sont d’une grande richesse symbolique. L’olivier est l’arbre de la paix, de la fécondité, de la purification, de la victoire et de la récompense. L’olivier d’Athéna sur l’Acropole d’Athènes est la meilleure preuve de l’importance de cet arbre sacré sur le pourtour de la Méditerranée orientale. Dans la Genèse, c’est une colombe qui apporte dans son bec un rameau d’olivier pour annoncer la fin du déluge : « La colombe revint vers Noé sur le soir et voici qu’elle avait dans son bec un rameau tout frais d’olivier ». C’était un message de pardon, de paix recouvrée et de salut. Le rameau vert symbolisait la victoire de la vie et de l’amour. Dans l’art médiéval, le rameau est l’attribut, tantôt de la logique, tantôt de la chasteté, tantôt de la renaissance printanière. Un rameau de bois vert enflammé signifie la pérennité d’un amour, malgré la perte de l’espérance. On en voit un exemple dans une des salles du Palazzo Vecchio à Florence. Vasari l’explique ainsi : « Un tronc coupé mais encore vert qui, des endroits où les rameaux ont été taillés, jette du feu. On y lit le mot « semper » (toujours)… C’est la devise que Julien de Médicis portait sur son casque lors de la « giostra » (tournoi).  Elle signifiait que, bien que l’amour eût été coupé de l’espérance, il n’en demeurait pas moins vert, pas moins ardent et ne se consumait pas. Cette devise aurait été modifiée par le neveu de Julien, Pierre de Médicis, fils de Laurent le Magnifique, en celle-ci : « Dans le bois vert la flamme brûle les tendres moelles ». Mais le sens ne fait qu’expliciter le précédent : « Celui d’un amour passionné qui brûle le bois vert ou si tenace qu’il survit à l’espérance, coupée avec les rameaux ».

laurier-rose

Quant au laurier, l’arbre d’Apollon, des pythonisses et de la divination delphique, il est le symbole de l’immortalité et de la spiritualité : c’est avec une couronne de laurier que l’on honorait les héros, les génies et les sages, avant qu’elle devienne au temps de l’Empire romain, la couronne de la victoire par les armes. Les « palmes » en branches de laurier étaient la coutume en Bretagne, dans les Pyrénées et dans le Languedoc. Les jeunes garçons entraient en compétition pour exhiber les rameaux les plus grands qu’ils coupaient le Samedi saint pour en confier la décoration aux femmes de la famille : fleurs, œufs de Pâques, gâteaux, galettes et couronnes étaient utilisés, donnant ainsi aux rameaux un aspect comparable à celui des arbres de Noël.

buisDans une large zone de l’Europe occidentale, ce sont les branches de buis, l’arbre toujours vert, qui font office de rameaux. Consacrée dans l’Antiquité à Hadès et à Cybèle, cette plante conserve toujours son aspect funéraire évoquant en même temps l’immortalité, grâce à son feuillage persistant. Signalons que les Gaulois avaient divinisé le buis, faisant de lui un symbole d’éternité. D’autre part, considéré comme une plante infernale, le buis était associé dans l’Antiquité à la stérilité et les hommes prenaient soin de déposer des branches de buis sur les autels de Vénus, déesse de l’Amour et de la vigueur sexuelle, pour conserver leur virilité.

Par endroits, le houx alterne avec le buis ou le remplace. La coutume est d’en confectionner des bouquets que l’on accroche au sommet d’une perche, garnis de friandises, de cloches en sucre, de gâteaux en forme d’oiseaux,  à l’attention des enfants. Parfois, on présente à la bénédiction des rameaux artificiels enrubannés, composés de grappes de bonbons et de fruits confits. On y ajoute des bonshommes en pain d’épices, évocation peut-être des pains de Lazare largement répandus dans le monde orthodoxe, des îles grecques aux confins du Danube. Dans la catégorie des palmes décorées méritent une mention particulière les « verbos », les « verges », utilisés comme rameaux dans les Pays Baltes : il s’agit de bâtons décorés de fleurs sèches, de céréales, etc., de véritables chefs-d’œuvre dans la réalisation desquels rivalisent les combinaisons de couleurs et les dessins ; cette production originale de verges décoratives sera conservée d’année en année comme porte-bonheur de la maison.

Au Nord de l’Europe où ce jour printanier s’enveloppe encore dans les froids d’un hiver qui n’en finit pas de partir, ce sont les branches de saules qui servent de palmes et le dimanche des Rameaux est ici appelé « Dimanche des Saules », car les chatons du saule sont le premier signe du printemps. Dans une large aire septentrionale allant de la Pologne à la Russie, le jour des Rameaux, on avalait les chatons et on se frappait avec les branches de saule. On prononçait en même temps des formules magiques destinées à assurer la santé, comme en témoigne par exemple cette incantation russe : « La maladie à la forêt, la santé dans nos os ». Selon les croyances populaires, pour éviter les fièvres d’été, il était recommandé de manger des chatons neuf par neuf. Les femmes stériles utilisaient le même remède et, plusieurs mois après la consommation des bourgeons bénis, elles enfantaient.

chatons-de-saule-pleureur  

Mais les fustigations pascales, coutume observée en Europe Centrale, dans certaines régions d’Allemagne et d’Autriche, se pratiquent surtout parmi les populations slaves du Grand Nord jusqu’aux bords de la mer Adriatique, en Slavonie et en Croatie. Pendant la semaine sainte, on accumule dans un coin de l’église des verges plus ou moins décorées et, quand la messe de la mise au tombeau est terminée, les fidèles se flagellent les uns les autres en prononçant « Vigueur ! Santé ! ». Les fustigations avec des branches vertes bénies continuent le lundi de Pâques où les hommes vont de maison en maison pour « battre » les amis mais surtout les femmes qui leur offrent des œufs décorés. Par endroits, le mardi après Pâques, ce sont les femmes qui prennent leur revanche en flagellant les hommes. Ces coups sont réputés porter chance, éloigner les mouches pendant l’été et protéger des douleurs musculaires ou articulaires pendant toute l’année. Le caractère sexuel des fustigations est mis ici ou là particulièrement en évidence, soit par le décor des verges soit par les vœux prononcés ayant trait à la fécondité.

Autre symbole important dans cet épisode des Rameaux, l’ânesse que le Christ envoie chercher par deux disciples organisant son entrée à Jérusalem le jour de la Pâque juive, pour manifester publiquement qu’il est le messie que les Juifs attendent. C’est une monture modeste comme l’avait annoncé le prophète pour montrer le caractère humble et pacifique de son règne. Cependant, selon certaines traditions, l’âne apparaît comme un animal sacré. Il jouait un rôle important dans les cultes à Apollon : à Delphes, des ânes étaient offerts en sacrifice. C’est un âne qui portait le coffre servant de berceau à Dionysos. L’ânesse quant à elle est symbole de paix, de pauvreté, d’humilité, de patience et de courage et généralement présentée avec faveur dans la Bible : c’est Samuel partant à la recherche des ânesses perdues ; Balaam qui est instruit par son ânesse qui l’avertit de la présence d’un ange de Yahvé ; c’est Joseph qui emmène Marie et Jésus à dos d’ânesse en Egypte pour fuir les persécutions d’Hérode et c’est tout naturellement que l’on retrouve l’ânesse pour son entrée triomphante à Jérusalem. 

rameau-dolivier  

Bibliographie   

Fêtes et croyances populaires en Europe par Yvonne de Sike – Editions Bordas                                                                                                                                          Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins  

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DANS LE BESTIAIRE DU BELIER… L’AGNEAU

(09 - LES ANIMAUX DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 11-04-2011

Les premières traces d’élevage d’agneaux sont attestées au Moyen Orient et remontent à plus de 12 000 ans. A toutes les étapes du développement de la civilisation méditerranéenne, civilisation de pasteurs nomades autant que d’agriculteurs sédentarisés, l’agneau premier-né, celui qu’on appelle aujourd’hui « agneau de la Saint-Jean », apparaît, dans sa blancheur immaculée et glorieuse, comme une cratophanie printanière. Il incarne le triomphe du renouveau, la victoire, toujours à refaire, de la vie sur la mort. C’est cette même fonction archétypale qui fait de lui par excellence la victime propitiatoire, celui qu’il faut sacrifier pour assurer son propre salut.  

agneau

Et là, comme en beaucoup d’autres rites et coutumes, les adeptes de Dionysos préfigurent le temps des grandes révélations : ainsi, pour permettre au dieu de réapparaître aux bords du lac de Lerne, par lequel il était descendu aux enfers chercher sa mère Sémélé, « ils jetaient dans le gouffre un agneau pour apaiser le Pylaochos, gardien des portes infernales ».

Dans le monde proche-oriental, depuis le néolithique, la tension entre bergers nomades et paysans sédentaires ne cesse de croître avec les siècles. Elle est souvent une explication aux conflits ethniques synthétisés par la lutte fratricide de Caïn et d’Abel. Ici, l’agneau prend des connotations nouvelles.

Avec la révélation hébraïque ce symbole va prendre tout son sens : l’agneau, ou la brebis, symbolise d’abord l’Israélite, membre du troupeau de Dieu paissant sous la conduite de bergers, c’est-à-dire les chefs politiques ; l’image sera d’ailleurs reprise par le christianisme.

Mais surtout, avec une constance qu’aucun événement ne vient altérer, jusqu’à nos jours, l’agneau de lait, des juifs aux chrétiens, et de ceux-ci aux musulmans, est la victime sacrificielle de toutes les occasions, et surtout du Renouveau où se succèdent Pâque juive, Pâques chrétiennes, mort et résurrection du Christ agneau de Dieu, et sacrifice du Ramadam, ce Kurban qui, dans la langue courante au Moyen-Orient devient l’apostrophe affectueuse par laquelle on salue l’ami véritable, comme on lui dirait « frère ».

Une étude détaillée de ces trois rituels fait apparaître la continuité de leurs significations symboliques, jusque dans les moindres détails. Ainsi l’effusion du sang rédempteur du Christ sur la croix n’est pas sans rapport avec ce sang salvateur de l’agneau sacrifié dont les juifs enduisent les montants et le linteau de leur porte pour écarter de leur maison les forces du mal.

Lorsque Jean-Baptiste s’écrie en voyant Jésus : « Voici l’agneau de Dieu qui ôte le péché du monde », il se rattache certainement, au moins en partie, au thème sacrificiel. C’est l’accent pascal qui apparaît au premier plan dans la première épitre de Pierre : le chrétien est libéré, comme jadis Israël d’Egypte, par le sang d’un agneau, Jésus-Christ. Jean affirme également que la mort du Christ accomplit parfaitement le sacrifice de l’agneau pascal. Toutefois, le christianisme primitif se rattache également, en parlant de Jésus comme d’un agneau, à une autre prophétie de l’Ancien Testament : la mystérieuse page dans laquelle Isaïe annonce un messie souffrant, symbolisé par l’image d’un agneau mené à l’abattoir. 

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Le Bélier – Zodiaque de la Cathédrale Notre-Dame d’Amiens

L’agneau est sur la montagne de Sion et au centre de la Jérusalem céleste, dans l’Apocalypse. Se fondant sur une description presque identique du Brahma-pura donnée par la Bhagavad-Gitâ et de la Jérusalem céleste, Guénon a suggéré un rapprochement, purement phonétique, entre l’agneau et l’Agni védique, lequel est d’ailleurs porté par un bélier. La similitude ne saurait être fortuite car, outre le caractère sacrificiel d’Agni, l’un et l’autre apparaissent comme la lumière au centre de l’être, celle qu’on atteint dans la quête de la Connaissance suprême. Ce rapprochement avec le dieu védique du feu manifeste l’aspect solaire, viril et lumineux de l’agneau : c’est la face léonine de l’agneau que l’on trouve également signalé dans l’Apocalypse, qui emploie 28 fois le mot agneau pour désigner le Christ. Comme, d’une part, le mot grec n’est pas exactement le même que dans les cas précédents, et que, d’autre part, cet agneau exerce sa colère, fait la guerre et remporte la victoire, on a pu, non sans quelque vraisemblance, supposer une influence du symbolisme astral, le bélier du Zodiaque. Quoi qu’il en soit, la symbolique antérieure est encore présente : il s’agit d’un agneau immolé et donc sacrificiel ou même pascal. Mais le symbole renvoie ici au Christ ressuscité et glorifié. C’est pourquoi on y décèle des harmoniques nouvelles : l’agneau vainqueur de la mort, des puissances du mal, tout-puissant, divin et juge.

C’est sans doute pour éviter toute confusion des cultes et des croyances, qui pourrait résulter de la similitude des symboles, qu’un concile tenu à Constantinople, en 692, ordonna que l’art chrétien représente le Christ en Croix, non plus sous la forme de l’agneau, ni entouré du soleil et de la lune, mais sous les traits de l’homme.

En dehors des trois religions du Livre, l’agneau était présent dans plusieurs religions en tant qu’animal sans défense par excellence, doux et docile. Des agneaux noirs étaient sacrifiés aux divinités grecques des vents pour s’assurer une bonne navigation. Dans les grandes religions modernes, l’agneau est sacrifié à Dieu.

Par ailleurs, l’agneau qualifié d’animal pur, cacher et hallal, peut être mangé dans la religion juive ou musulmane. Dans l’Islam, un agneau est égorgé aux fêtes de l’Aïd.

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Agneau de Tartarie ou Barometz

Enfin, on désigne sous le nom « d’agneau de Sibérie, agneau des Scythes, agneau de Tartarie », une créature mythologique mi-animale, mi-plante, qu’on appelle également Barometz.

Dans la religion chrétienne, on retrouve l’agneau dans les bestiaires médiévaux mais aussi dans :

       L’Agneau de Dieu que l’on retrouve dans l’Evangile selon Jean désigne Jésus,

 

       L’Agnus Dei est un chant religieux,  

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Agneau de la Corporation des Drapiers à Rouen

       L’agneau de Pâques ou Agneau pascal qui est l’emblème des corporations de drapiers. On le retrouve aussi en héraldique dans le blason de plusieurs villes, comme Grasse ou Rouen.

       Dans l’iconographie chrétienne, on rencontre souvent l’agneau couché sur le livre aux sept sceaux : cette figure, tirée de l’Apocalypse, orne presque tous les autels, tant en peinture qu’en relief. On place souvent entre les pattes de l’agneau la croix de la Résurrection. On représente également parfois l’agneau debout au-dessus d’un rocher, d’où s’échappent les quatre fleuves du Paradis, symboles des quatre Evangélistes.  

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Sainte Geneviève Patronne de Paris – Eglise Saint-Etienne-du-Mont à Paris

       Toujours dans l’iconographie chrétienne, l’agneau est le symbole du Christ dont il évoque le sacrifice. C’est également l’attribut de Jean-Baptiste, de Sainte Agnès, Sainte Reine ou encore de Sainte Geneviève.

       Dans les représentations d’Adam et Eve après la chute, la présence d’un agneau rappelle que le péché originel a été racheté par Jésus-Christ, l’Agneau de Dieu.

       Les illustrations du sacrifice d’Abel le montrent parfois portant un agneau sur ses épaules.

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Giotto – La Nativité

       Des agneaux figurent dans les représentations de l’annonce faites aux bergers, ou de la Nativité.

Par ailleurs, dans les contes et la littérature, l’agneau garde souvent une valeur de victime innocente :

       C’est la victime du loup dans les fables d’Esope que Jean de la Fontaine reprendra dans Le Loup et l’Agneau.  

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       C’est Thibault Agnelet, le berger de Maître Guillaume dans la Farce de Maître Patelin, qui est tout naturellement le naïf de la farce.  

       Une légende autour du pic de la Dent du Chat montre un agneau servant d’appât pour traquer un chat sauvage qui terrorise les voyageurs. 

       Le titre du roman américain le Silence des Agneaux, dont est tiré le film du même nom réalisé par Jonathan Demme en 1991, évoque l’impuissance des victimes d’un tueur en série. 

       Et puis, ne dit-on pas aussi : Doux comme un agneau.

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Agnolotti d’Italie

D’autre part, savez-vous que les « agnolotti » italien sont des pâtes farcies en forme de petites poches semi-circulaires ?

Présent sur la table des repas de Pâques, à côté d’autres nourritures grasses, l’agneau semble avoir perdu son exclusivité rituelle, sauf en Alsace : sous forme de gâteau, saupoudré de sucre glacé, un ruban rouge autour du cou, l’agneau pascal devient cadeau et décoration indispensable de la fête. On y raconte encore qu’un agneau d’or surgit à l’aurore du jour de Pâques et sautille par trois fois devant le soleil levant, avant de disparaître. Faut-il voir dans cette croyance un lointain écho au signe zodiacal du Bélier prédominant pendant la période où l’on célèbre la fête de Pâques ? 

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Agneau pascal alsacien

Bibliographie

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

Fêtes et croyances populaires en Europe – Yvonne de Sike 

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LE VOCABULAIRE GUERRIER DE MARS

(6.1 - Etymologie) par sylvietribut le 10-04-2011

Mars était le dieu de la guerre chez les Romains. L’origine du mot Mars est latine : Martialis.  

De là a été tiré l’adjectif « martial » qui dénote une âme belliqueuse, ou bien qui qualifie un rapport au combat, à la guerre comme l’évoquent les arts martiaux.

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Mars le dieu de la guerre dans la Rome Antique  

Martial est également relatif, en biologie, au métabolisme du fer dans un organisme. Le fer est le métal que régit Mars, la planète. En médecine, on parle d’ailleurs d’un bilan martial pour l’analyse du dosage du fer dans l’organisme. Pour l’astrologue, le sang appartient au monde de Mars, la planète.

La couleur rouge sang caractéristique de Mars, la planète, lui valut dans l’Antiquité le rapprochement avec le dieu grec de la guerre Arès, puis avec son équivalent romain Mars, le rouge évoquant le sang des champs de bataille.

Toujours lié à l’adjectif « martial », on trouve également la « cour martiale » qui est un tribunal militaire, ou encore de « loi martiale » qui est une loi qui a cours en tant de guerre.

Ce qui est amusant, c’est que l’anagramme de « martial » est « marital »… La vie conjugale, la vie maritale, doit-elle être considérée comme un combat ?

Mardi provient du latin « Martis dies » qui signifie « jour de Mars ».

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Le mois de Mars des Très Riches Heures du Duc de Berry

Pourquoi le troisième mois de notre année s’appelle-t-il « Mars » ?  

A l’origine du calendrier romain, le mois de mars était le premier de l’année car le retour des beaux jours marquait le début de la période de la reprise de la guerre après l’hiver. Son nom vient du latin Martius, nom donné à ce mois par les Romains en l’honneur du dieu Mars, dieu de la guerre. Mars était d’ailleurs le plus important des dieux de la guerre honorés par les légions romaines. Son culte connaissait deux temps forts : au mois de mars et en octobre, ces deux mois marquant le début et la fin de la saison guerrière. Si l’équinoxe de printemps inaugure le signe du Bélier, signe où Mars se trouve en domicile, l’équinoxe d’automne initie le signe de la Balance, lieu d’exil de Mars, c’est-à-dire où l’agressivité martienne laisse le pas à la douceur vénusienne de la Balance.  

Par la suite, Janvier, mois d’élection des magistrats, devint le commencement de la nouvelle année, avec le solstice d’hiver et le signe du Capricorne, lieu d’exaltation de Mars. De ce fait, le mois de mars est devenu le troisième mois de l’année, et c’est ainsi que décembre, étymologiquement le dixième mois, est devenu le douzième. 

Le mot « mars », du latin Martis, apparaît également en vieux-latin et dans l’usage poétique sous la forme de « Mavors » ou « Mavortis ». Il est apparenté en langue osque à « Mamers » ou Mamertos. Les adjectifs formés sont donc « martius » et « martialis », dont proviennent, comme on vient de le voir, martial et les noms de personnes tels que « Martin ».   

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Mamers – Sous Préfecture de la Sarthe 

Ainsi, on peut penser que Mamers, petite sous-préfecture de la Sarthe, serait une ville ayant pu être consacrée au dieu Mars. D’après les études de Monsieur Verdier, Mamers aurait pour origine une villa romaine fondée par un certain Mamertus, qui n’a rien de commun avec son homonyme Saint Mamers. Installé sur une vieille voie de rive préhistorique qui suivait la Dive, l’immense domaine de Mamertus possédait au nord, une annexe à Jaillé qui s’étendait sur les deux rives de la rivière. Cependant, l’enceinte ovale de fossés et de talus de la « maison du maître », c’est-à-dire l’enceinte autour de l’actuelle Place Carnot, laisserait penser que Mamertus était gaulois d’origine.

Et pourtant, avant d’être les habitants de Mamers, les Mamertins désignaient les membres d’une colonie du peuple osque, originaire de Campanie, qui s’installèrent en Sicile, à Messine plus précisément, dont les habitants s’appellent aussi des Mamertins. Cela se passait sous le règne du tyran de Syracuse nommé Agathocle. Comme c’était l’usage, ces émigrants se plaçaient sous la protection d’un dieu, en l’occurrence le dieu Mars qui en osque se traduit par Mamers. La tutelle du dieu de la guerre donna courage et vaillance militaire aux Mamertins enrôlés par le tyran de Syracuse comme mercenaires de son armée et contribuèrent à assurer à ce souverain la domination de la moitié de l’île, l’autre moitié demeurant sous l’influence carthaginoise. En – 306 avant Jésus-Christ, Agathocle put prendre, grâce au concours des Mamertins, le titre de roi de Sicile. A la mort d’Agathocle, en – 289 avant Jésus-Christ, menacés par les Carthaginois, les Mamertins firent appel aux Romains en – 264 avant Jésus-Christ déclenchant du même coup la première « Guerre Punique ».

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Mamers – Autrefois ville de garnisons

Renforçant l’idée que la ville de Mamers serait liée au dieu Mars, c’est qu’elle fut par deux fois ville de garnisons. En 1906, elle abrita le 115e régiment d’infanterie et entre 1939 et 1940, ce fut alors le 71e régiment d’infanterie qui eût pour base Mamers.

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Blason de la ville de Mamers  

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SILEX… PIERRE DE GUERRE… PIERRE DE MARS

(08 - LES PIERRES ET METAUX DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 09-04-2011

Le silex fut la pierre par excellence des chasseurs et des combattants de la Préhistoire qui s’en servaient pour la fabrication de leurs armes et de leurs outils, du fait de la possibilité de le fractionner en formant des arêtes tranchantes.

silex

La percussion d’un silex fut aussi l’une des techniques de production du feu. Frappé contre une roche riche en fer, le silex produit des étincelles susceptibles d’être fixées par des matériaux tels que l’amadou. Entre les XVIIe et XIXe siècle, le silex était utilisé en tant que percuteur pour les fusils. Des lamelles de silex éclaté servaient à produire l’étincelle qui enflammait la poudre des arquebuses et des premiers fusils.

Le silex, anciennement lame des couteaux de sacrifice, a conservé une valeur magique bénéfique chez les Indiens d’Amérique centrale. Il conjure les maléfices et écarte les mauvais esprits.  

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Dans la pensée mexicaine, le silex s’apparente au froid, à la nuit, au pays de la mort, au Nord. Les années « silex » sont dominées par ce symbolisme qui entraîne aridité, sécheresse et famine. Dans la glyptique Maya, le silex a la main pour substitut. Divinisé, le silex est au Mexique le fils de la déesse du couple primordial, qui a présidé à toute création.

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Tourelle avec alternance de silex, grès et brique – Château d’Auberville-La-Manuel – Pays de Caux

En Europe et en France en particulier, le silex a également été utilisé comme roche à bâtir dans la maçonnerie traditionnelle comme on le trouve encore dans l’habitat du Loiret, du Vexin français, en Normandie. On en trouve en grande quantité dans les sols argileux de Haute-Normandie, de Champagne, de Picardie et dans le Pas-de-Calais. C’est une roche sédimentaire siliceuse très dure constituée de calcédoine presque pure et d’impuretés telles que de l’eau ou des oxydes, ces derniers influant sur sa couleur.

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Château du Grand Pressigny – Indre-et-Loire

C’est au château du Grand Pressigny, en Indre-et-Loire qu’on trouve une grande quantité d’outils ayant été fabriqués à base de silex, pierre abondante dans les environs. En effet, les environs du Grand-Pressigny sont reconnus comme étant un haut-lieu de l’industrie lithique à base de silex local, sur une période commençant au paléolithique et poursuivie au néolithique jusqu’à l’utilisation des métaux.

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Bibliographie

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

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L’AIL… SAVEUR DE MARS ET DU BELIER

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 05-04-2011

Un bouquet d’ail accroché à la tête du lit ou un collier de fleurs d’ail éloigne les vampires, selon une tradition d’Europe centrale… Les vampires, ses assoiffés de sang… voilà bien des personnages de la mythologie martienne. A noter que la tête représente toujours et en toute chose l’image du Bélier et de Mars. 

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Pline note que l’ail éloigne les serpents et protège de la folie. En Sibérie, selon les croyances des Bouriates, l’approche des âmes des femmes mortes en couches, et qui reviennent la nuit persécuter les vivants, se reconnaît à l’odeur d’ail qu’elles répandent.

Les Batak de Bornéo accordent à l’ail le pouvoir de retrouver les âmes perdues. Le même auteur rapporte que dans les anciennes coutumes du Var, à Draguignan, des gousses d’ail étaient rôties sur les feux de la Saint-Jean, allumés dans toutes les rues de la ville ; ces gousses étaient ensuite partagées entre tous les foyers.

L’Antiquité classique concédait à l’ail certaines vertus dont on retrouve les traces dans le folklore grec contemporain. Ainsi lors des Thesmophories, aussi bien que dans la Scirophorie, les femmes mangeaient de l’ail, cette plante passant pour faciliter la pratique de la chasteté, imposée pendant la durée des fêtes, d’ailleurs les Grecs détestaient l’ail.

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Caïeux d’ail

Cependant, la croyance la plus persistante, dans le bassin méditerranéen et jusqu’en Inde, est que l’ail protège contre le mauvais œil. Pour cette raison, on retrouve en Sicile, en Italie, en Grèce et en Inde des bouquets de têtes d’ail attachés de laine rouge, la couleur de Mars. En Grèce, le seul fait de prononcer le mot « ail » conjure les mauvais sorts.

Lors des fêtes rituelles du renouveau, à caractère dionysiaque, célébrées encore de nos jours en Thrace grecque,  le principal personnage de la cérémonie, qui comprend des ordalies avec marche sur des braises ardentes, porte à la main un chapelet d’ail.

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Cueillette de l’ail au Moyen Age

De nos jours encore, les bergers des Carpates, avant de traire pour la première fois leurs brebis, se frottent les mains avec de l’ail béni, afin de protéger le troupeau contre les morsures de serpents. Dans toutes ces pratiques, l’ail se révèle comme un agent protecteur contre des influences néfastes ou des agressions dangereuses.

Les vertus thérapeutiques de l’ail sont hors normes et connues depuis l’Antiquité à tel point qu’il était utilisé comme monnaie d’échange. Les anciens Egyptiens en avaient fait un dieu, peut-être l’anti-serpent, à cause de son odeur. Ils en suspendaient des colliers au cou des enfants pour chasser les vers, procédé encore utilisé de nos jours à la campagne. Ils gavaient aussi d’ail les esclaves qui construisaient les pyramides pour accroître leur force et leur endurance. Le pharaon Chéops en faisait distribuer une ration journalière aux ouvriers qui construisaient la Grande Pyramide pour leur donner des forces et les protéger des épidémies. D’ailleurs, les papyrus nous révèlent de curieuses recettes : pour empêcher un serpent de sortir de son trou, il fallait placer une gousse d’ail à l’orifice (Papyrus Ebbers) et, pour distinguer une femme qui enfanterait d’une qui se révèlerait inapte, il fallait utiliser l’ail en pessaire (Papyrus de Kahoun et de Carlsberg). Cette méthode fut reprise par Hippocrate dans son traité « Sur les femmes stériles » et traduite ainsi par Littré : « gousse d’ail, la nettoyer, en ôter les peaux, l’appliquer en pessaire et voir le lendemain si la femme sent l’ail par la bouche ; si elle le sent, elle concevra ; sinon, non » (Essai sur la médecine égyptienne de l’époque pharaonique, Gustave Lefebvre, Presses Universitaires de France).

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Fleur d’ail sauvage

Les Grecs qui l’appelaient « rose puante » en faisaient une grosse consommation, surtout les Athéniens, ce qui ne les empêchait pourtant pas d’interdire l’accès au temple de Cybèle, la Mère des dieux, à ceux qui en avaient usé, sans doute parce que l’odeur était peu favorable aux pratique magiques : Hermès/Mercure ne conseillait-il pas à Ulysse de recourir à l’ail pour échapper aux enchantements de Circé qui avait transformé ses compagnons en pourceaux ? Avant de se mesurer sur le stade ou de descendre dans l’arène, les athlètes et les lutteurs croquaient quelques gosses pour avoir plus de force et de courage. Avec le monde du sport et des stades, on est de plein pied dans l’univers de Mars.

Chez les Romains, le peuple, les soldats, les moissonneurs se nourrissaient d’ail, toujours parce qu’il était tenu pour un puissant tonique. On en mêlait à la pâtée des coqs de combat et Galien le baptisait la « thériaque des paysans », la thériaque étant considérée dans l’ancienne médecine comme une panacée. Le mot « ail » vient d’ailleurs du latin « allium ».

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La déesse Cybèle

A Rome, comme en Grèce, il était interdit d’entrer dans le temple de Cybèle à ceux qui venaient de consommer de l’ail. Horace fulminait dans une de ses épodes de violentes imprécations contre l’ail. Sans doute encore à cause de l’odeur. Il souhaitait à son protecteur Mécène, s’il sacrifiait à la mode gastronomique du temps : « Que ta maîtresse repousse de sa main tes baisers, et s’enfuie loin de toi ! ». Enfin, comme l’ail entrait dans la nourriture ordinaire des soldats romains, l’ail était devenu un symbole de la vie militaire, mais Mars n’est-il pas le dieu de la Guerre ?

En France par la suite, Charlemagne ou bien son fils Louis le Pieux en recommandaient la culture dans ses Capitulaires ; les moines du Moyen Age le font pousser en abondance dans les jardins de leurs couvents ; il est aussi l’antidote des buveurs qui, pour prévenir l’ivresse, en faisaient macérer quelques gousses dans leurs énormes brocs qu’ils lampaient, ou en frictionnaient vigoureusement leur pain ; il est vraisemblable que si, comme on le dit, le grand-père du futur Henri IV lui frotta à sa naissance les lèvres d’une gousse d’ail et lui fit boire quelques gouttes de Jurançon, ce fut à la fois pour qu’il devienne un franc-buveur et aussi par respect d’une certaine magie sur le rôle protecteur de l’ail, magie qui se prolonge jusqu’en Suède où l’on en attache une gousse au cou des bestiaux pour les préserver contre les troll, méchants lutins qui vont, la nuit, traire les vaches et blesser les chevaux… 

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Henri IV – Roi de France et de Navarre

Il va de soi qu’en raison de ses nombreuses propriétés, confirmées aujourd’hui par la science, l’ail constitue un des atouts majeurs de la médecine populaire. On le met, si l’on peut dire, à toutes les sauces, en dehors de la cuisine où il est « de rigueur », entre autres pour certains plats comme le gigot, la brandade, ailloli, et les recettes foisonnent. On peut encore évoquer celles qui ont été plébiscitées par les siècles, tout en rappelant que l’ail ne convient pas aux personnes atteintes de maladies de peau type eczéma, dartres, etc… et aux nourrices ou aux mères qui allaitent, car l’ail altère leur lait et donne des coliques aux nouveau-nés :

       Pour faire baisser la tension : une gousse écrasée et mise à macérer le soir dans un verre d’eau qu’on boit au matin à jeun,

       Pour faire avorter un rhume de cerveau : respirer plusieurs fois par jour de l’ail écrasé ou coupé en morceaux ; ce qui rappelle qu’au temps des grandes épidémies de peste, choléra, typhus et fièvre thypoïde, on mettait à profit son remarquable pouvoir antiseptique et bactéricide en conseillant à ceux qui approchaient les malades soit d’en mâcher, soit d’en garnir leur masque.  

       Pour faciliter la digestion, supprimer les fermentations et les gaz intestinaux : infusion légère de 5 à 10 grammes pour un litre d’eau, en ajoutant un peu de mélisse et d’angélique, une tasse après les repas.

       Contre les vers intestinaux et l’hydropisie… 

       Contre la coqueluche, la toux, le catarrhe des bronches et en général les affections pulmonaires…

       Contre l’enrouement et l’extinction de voix : manger une gousse quatre ou cinq fois par jours. Dioscoride prescrivait déjà pour éclaircir la voix un cocktail de lait, ou d’eau, d’ail et de miel.

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Médecins du Moyen Age 

       Durant les grandes épidémies du Moyen Age, les médecins se protégeaient contre toute maladie infectieuse en portant un masque avec un long nez de cuir badigeonné d’un mélange à base d’ail et d’herbes aromatiques.

–    Dans les campagnes québécoises, et jusqu’à peu de temps encore, l’ail avait toutes les vertus. Après « avoir fait le train », ce qui signifie traire les vaches, le fermier prenait un copieux petit déjeuner arrosé d’un petit verre de whisky dans lequel on avait fait tremper des gousses d’ail. Puant, mais revigoré, il était prêt à attaquer une nouvelle journée de travail.

 

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Récolte de l’ail – Casanatense – XVe siècle

 

       A l’automne, il suffisait de boire une seule fois un verre de lait chaud où avaient mijoté 30 minutes des gousses d’ail. Cette boisson était sensée immuniser le corps contre les rigueurs de l’hiver. Un villageois raconte : « ça se sentait dans tout le voisinage, à tel point qu’il suffisait qu’une bonne ménagère décide de préparer son infusion pour que tout le village se mette à l’unisson ». 

       Enfin, il existait le « vinaigre des quatre voleurs » : quatre voleurs célèbres purgeaient leur peine en travaillant sur un charnier. Condamnés à mort à plus ou moins brève échéance, ils échappèrent pourtant au terrible fléau de l’épidémie en découvrant une réserve de vinaigre de vin où avaient macéré des gousses d’ail, réserve qu’ils vidèrent pour se désaltérer entre deux cadavres.

 

       Quant à l’ail des ours, c’est une plante médicinale déjà connue des Celtes et des Germains. On en a retrouvé des restes dans des habitations du Néolithique. Depuis quelques années, il a retrouvé une certaine popularité du fait de sa haute teneur en vitamine C et ses propriétés amaigrissantes. 

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Ail en Fleurs

L’ail est donc un véritable « tout-en-un ». Bourré d’antioxydants, il terrasse les infections, apaise les maux de gorge, fluidifie le sang, réduit la tension et le cholestérol, tout en renforçant la puissance sexuelle. Sang, tension, puissance sexuelle, autant de domaines régis par Mars.

Pour un maximum d’efficacité, il est recommandé de consommer l’ail frais pour profiter à fond de sa saveur, et cru car ses vertus antibiotiques s’évaporent à la cuisson. Et, pour limiter les problèmes d’haleine, croquez un grain de café ou mâchouillez une feuille de menthe. Toutefois, un vieux paysan plein de bon sens constatait « Si tout le monde mangeait de l’ail, personne n’en serait gêné ».

L’ail est aussi un allié du jardinier car il permet de lutter contre les parasites et les maladies des arbres. Ainsi, on peut planter de l’ail au pied d’un pêcher ou d’un abricotier pour éviter la cloque du pêcher. L’ail sert aussi à repousser les fourmis et les pucerons.

Quant aux confréries de l’Ail, comme celle de Piolenc, dans le Vaucluse, elles s’habillent de rouge, couleur de Mars, couleur du Bélier.

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La Confrérie de l’Ail – Piolenc – Vaucluse 

L’ail cultivé est une plante potagère vivace dont les bulbes à l’odeur et au goût forts sont employés comme condiment en cuisine dans de nombreuses recettes. Une tête d’ail se compose de plusieurs caïeux ou gousses d’ail. L’aillet est un ail immature qui n’a pas encore formé ses  gousses. On ne le trouve qu’au printemps. Découpé en fines rondelles, il sert à parfumer les salades. Sa saveur prononcée se rapproche de celle de l’ail. Pour éviter la mauvaise haleine, le cuisinier averti qui cuisine l’ail  aura soin de retirer « l’indiscret », c’est-à-dire le germe vert.

Petit rappel : au pluriel « ail » devient « aulx », « ails » étant employé uniquement en botanique.

Pour terminer,  voici ce que préconisait le grand Curnonsky :

Une caresse d’ail revigore,
un excès d’ail endort 
 

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Bibliographie

Le Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

Vivre au Naturel – Dominique Lesbros – Editions Parigramme

Nos Grand-mères savaient – Jean Palaiseul – Editions Robert Laffont

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