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(22 - ITINERAIRES ET HEBERBEMENTS - RANDONNEES PEDESTRES... A VELO... OU MOTORISEES...) par sylvietribut le 24-08-2011

VOUS AVEZ UN PROJET… N’HESITEZ PAS A ME CONTACTER… Sylvie Tribut – sylvietribut@club-internet.fr

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SYMBOLES INSOLITES ET SOLAIRES DANS L’ARCHITECTURE MEDIEVALE

(6.3 - Autres lieux ésotériques ou mythiques) par sylvietribut le 20-08-2011

L’alignement des temples sur les corps célestes n’est pas un usage spécifique aux temps préhistoriques et païens, ou aux civilisations orientales. L’Europe chrétienne du Moyen Age le pratiquait aussi. De la part des premiers chrétiens, c’était un peu une manière de récupérer à leur profit les traditions païennes. Cependant, même aujourd’hui, les églises et les tombes sont souvent orientées est-ouest, et les autels des églises vers l’est, c’est-à-dire vers le Soleil levant, où le Christ doit apparaître, lors de son retour, selon la cosmologie chrétienne.

Mais, en fait, les églises médiévales étaient en général alignées sur la position du Soleil le jour de la fête du saint à qui elles étaient dédiées, et non sur l’est. Une étude effectuée sur près de trois cents églises anglaises par Hugh Benson, en 1950, a montré que la majorité des bâtiments étaient effectivement orientés de cette manière. Le même chercheur a trouvé également que la très ancienne église Saint-Piran, en Cornouailles, était alignée sur une levée de terre préhistorique se trouvant à 5 km et correspondant au point du lever du Soleil le 15 août, au VIIe siècle.

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Cathédrale de Chartres

Bien qu’il existe peut de documents écrits sur le sujet, il semble que, dans l’Europe du haut Moyen Age, l’astronomie ait été utilisée d’une manière plus complexe. On trouve des éléments très intéressants dans la cathédrale de Chartres, un des plus beaux fleurons de l’architecture gothique, qui a été construite à l’emplacement d’un important centre druidique établi par les Carnutes, peuple celtique de la Gaule, devenu par la suite un lieu de culte pour les Romains. Certains scientifiques estiment que le caractère sacré du lieu a précédé l’âge de fer celtique, et qu’au néolithique il y avait là un dolmen. La fondation de la cathédrale est peut-être également liée au retour des Templiers de la croisade en Terre sainte. L’ordre religieux et militaire des Templiers, constitué en 1118, était établi au temple de Salomon à Jérusalem, où il recherchait, dit-on, l’Arche d’alliance. En effet, à l’extérieur de la cathédrale de Chartres, on trouve des sculptures représentant des scènes liées à cette arche.

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Oculus dans le vitrail de la Cathédrale de Chartres

A midi, au solstice d’hiver, lorsque le Soleil est à son apogée, un rayon de lumière traverse un petit morceau de verre non coloré d’un vitrail dédié à Saint Apollinaire. Ce pinceau de lumière tombe sur une dalle de pierre qui diffère de celles qui l’entourent : elle est plus grande, d’une autre nuance de couleur, désaxée et, plus significatif encore, elle comporte un petit disque de métal. Le rayon de Soleil du solstice tombe juste sur celui-ci.

Certains spécialistes disent qu’il s’agit d’une coïncidence. C’est une démarche scientifique étrange, mais elle participe de la volonté d’effacer de la cathédrale de Chartres tous les éléments préchrétiens qui, selon d’autres chercheurs, ont été intégrés dans cette remarquable construction par les maîtres maçons.

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Cathédrale d’Aix-la-Chapelle – Trône de Charlemagne

La cathédrale d’Aix-la-Chapelle, en Allemagne, présente elle aussi des éléments astronomiques de grand intérêt. Le site était fréquenté par les Celtes, par les Germains et par les Romains, parce qu’il comportait des sources d’eaux thermales ayant, disait-on, des propriétés médicinales. Au VIIIe siècle, Charlemagne décida d’y construire son palais impérial, pour créer une « seconde Rome ». L’empereur qui souhaitait éliminer le paganisme de ses territoires, attirait à la cour des savants et des artistes de toute l’Europe, et cherchait à renouer avec la vitalité artistique et scientifique de l’Antiquité. La chapelle octogonale de son palais, située au-dessus de bains romains, est intégrée dans la cathédrale actuelle. Un jour, vers la fin des années 70, un photographe, Hermann Weisweiler, attendait une lumière favorable pour prendre des clichés ; il vit un rayon de Soleil traverser soudainement, exactement à angle droit, une fenêtre supérieure de la chapelle octogonale. Très étonné, il poursuivit ses observations et constata que la chapelle était un véritable cadran solaire.

A midi, le 21 juin, jour du solstice d’été, un rayon de lumière tombe directement sur la boule dorée qui pend du plafond en dôme, surmontant le « chandelier de Barberousse » qui représente la Jérusalem céleste. A cette date, au VIIIe siècle, un rayon de Soleil devait aussi illuminer le visage, ou la couronne, de Charlemagne lorsqu’il était assis sur son trône, utilisé pour les couronnements pendant tout le Moyen Age. A midi, au solstice d’hiver, le Soleil éclaire une mosaïque montrant le Christ entre les symboles alpha et oméga, représentant le Commencement et la Fin. Et lorsque Charlemagne se levait de son trône, lui seul devait voir à travers une fenêtre supérieure, à l’équinoxe, le Soleil levant briller à l’horizontale. Et, qui plus est, un rayon de Soleil tombait sur le trône le 16 avril, date de naissance de l’Empereur.

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Cathédrale Saint-Lizier – Ariège

La cathédrale de Saint-Lizier, dans l’Ariège, étudiée en 1981 par trois chercheurs, présente un axe central aligné sur les équinoxes, dont le prolongement vers l’est et vers l’ouest passe par deux autres églises. Deux croix, situées à 1,5 km de part et d’autre de la cathédrale, marquent l’alignement sur le lever du Soleil au solstice d’été, tandis que la ligne correspondant au lever du Soleil au solstice d’hiver joint la cathédrale au mont Redon, ancienne colline sacrée, au nord-est, et la chapelle de Marsun, au sud-est.

A Elm, dans le canton suisse de Glarus, le Mont Tschingelhorner, qui domine le village au sud-est, est percé d’un tunnel naturel de 20 mètres de diamètre, appelé « trou de Saint Martin ». Selon la légende, Saint Martin l’a percé en lançant sa canne ferrée contre un géant. Chaque année, au moment des équinoxes, les rayons du Soleil levant passent par ce trou, et illuminent pendant deux minutes la tour de l’église de Saint-Elm, distante de 5 km. Le phénomène est évidemment antérieur à l’ère chrétienne, mais il est significatif des préoccupations astronomiques qui présidaient au choix de l’emplacement des églises. On constate d’ailleurs que quatre autres églises des Alpes présentent un phénomène similaire.

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Méridienne solaire – Cathédrale de Bourges

Bibliographie : Le Langage Secret des Etoiles et des Planètes – Geoffrey Cornelius et Paul Devereux.

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DANS LE BESTIAIRE SOLAIRE… L’APE REGINA… LA REINE DES ABEILLES

(09 - LES ANIMAUX DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 17-08-2011

Messagère de l’été, l’abeille est associée à la lumière et au soleil car selon la mythologie égyptienne, elle serait née des larmes du dieu-soleil Ré tombées sur terre. Pour les Nosaïris, hérésiarques musulmans de Syrie, Ali, lion d’Allah est le Prince des abeilles qui, selon certaines versions, seraient les anges, et selon d’autres, les croyants.

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Dans le langage métaphorique des derviches Bektachi, l’abeille représente le derviche et le miel est la divine réalité qu’il recherche. De même dans certains textes de l’Inde, l’abeille représente l’esprit s’enivrant du pollen de la connaissance.

Personnage de fable pour les Soudanais et les habitants de la boucle du Niger, elle est symbole royal en Chaldée, bien avant que le Premier Empire en France ne la glorifie. Ce symbolisme royal ou impérial est solaire.

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L’abeille dans l’Egypte ancienne

Symbole de l’âme, elle est parfois identifiée à Déméter pour la Grèce antique où elle peut représenter l’âme descendue aux enfers ; ou bien, au contraire, elle matérialise l’âme sortant du corps. A Eleusis et à Ephèse, les prêtresses portent le nom d’abeilles. Virgile en a célébré les vertus. On les trouve représentées sur les tombeaux en tant que signes de survie post-mortuaire. Car l’abeille devient symbole de résurrection. La saison d’hiver, trois mois, durant laquelle elle semble disparaître, car elle ne sort pas de sa ruche, est rapprochée du temps, trois jours, durant lequel le corps du Christ est invisible, après sa mort, avant d’apparaître de nouveau ressuscité.

On la retrouve au Cachemire et au Bengale, et dans de nombreuses traditions indiennes d’Amérique du Sud, ainsi qu’en Asie centrale et en Sibérie. Platon, enfin, affirme que les âmes des hommes sobres se réincarnent sous forme d’abeille.

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Les abeilles d’Aristée

Une histoire de la mythologie grecque raconte qu’un jour les abeilles d’Aristée, fils d’Apollon, étaient toutes mortes. Amoureux de la Dryade Eurydice, il fut cause de sa mort, en la poursuivant le jour de ses noces avec Orphée : comme elle fuyait devant lui, la malheureuse n’aperçut pas sous ses pieds un serpent caché dans les hautes herbes. Pour la venger, les nymphes, ses compagnes, firent périr toutes les abeilles d’Aristée. Sa mère, Cyrène, dont il implora le secours afin de réparer cette perte, le mena consulter Protée, dont il apprit la cause de son infortune, et reçut ordre d’apaiser les mânes d’Eurydice par des sacrifices expiatoires. Docile à ses conseils, Aristée, ayant immédiatement immolé quatre jeunes taureaux et autant de génisses, en vit sortir une nuée d’abeilles qui lui permirent de reconstituer ses ruches.

L’abeille symbolise également l’éloquence, la poésie et l’intelligence. La légende concerne Pindare et Platon, puisque des abeilles se seraient posées sur leurs lèvres au berceau,  elle est d’ailleurs reprise par Ambroise de Milan ; les abeilles frôlent ses lèvres et pénètrent dans sa bouche. Les propos de Virgile selon lequel les abeilles renferment une parcelle de la divine Intelligence reste vivant chez les Chrétiens du Moyen Age. On retrouve ici la valeur symbolique du bourdonnement, véritable chant, de l’abeille.

Par son miel et par son dard, l’abeille est considérée comme l’emblème du Christ ; d’un côté, sa douceur et sa miséricorde ; et de l’autre, l’exercice de sa justice en tant que Christ-juge. Les auteurs du Moyen Age évoquent souvent cette figure. Pour Bernard de Clairvaux, elle symbolise l’Esprit Saint.

Les Celtes se réconfortaient avec du vin miellé et de l’hydromel. L’abeille, dont le miel servait à faire de l’hydromel ou liqueur d’immortalité, était l’objet, en Irlande, d’une étroite surveillance légale. Un texte juridique dit que « la noblesse des abeilles vient du paradis et c’est à cause du péché de l’homme qu’elles vinrent de là ; Dieu répandit sa grâce sur elles et c’est à cause de cela qu’on ne peut chanter la messe sans la cire ». 

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Fontaine des Abeilles de Bernini à Rome (détail)

L’ensemble des traits empruntés à toutes les traditions culturelles dénote que, partout, l’abeille apparaît essentiellement comme douée d’une nature ignée, c’est un être de feu. Elle représente les prêtresses du Temple, les Pythonisses, les âmes pures des initiés, l’Esprit, la Parole ; elle purifie par le feu et elle nourrit par le miel ; elle brûle par son dard et illumine par son éclat.

Sur le plan social, elle symbolise le maître de l’ordre et de la prospérité, roi ou empereur, non moins que l’ardeur belliqueuse et le courage. Elle s’apparente aux héros civilisateurs, qui établissent l’harmonie par la sagesse et par le glaive. 

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Quant à la ruche, c’est un symbole lunaire et Cancer puisqu’elle est la maison des abeilles et, par métonymie, les abeilles elles-mêmes, en tant que collectivité, peuple. Sa valeur symbolique est claire : en tant que « maison », la ruche est rassurante, protectrice, maternelle. En tant que collectivité, elle est laborieuse : le but de la ruche n’est-il pas celui de l’atelier, de l’usine. Elle symbolise cette union appliquée, organisée, soumise à des règles strictes, qui est censée apaiser les inquiétudes fondamentales de l’être et donner la paix. Ainsi dans les sectes initiatiques ou les communautés religieuses formes d’organisations évoquant symboliquement celles par lesquelles certains maîtres, chefs d’Etat ou d’entreprise assurant aujourd’hui leur pouvoir, sous les noms d’ordre, de justice et de sécurité.

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L’abeille napoléonienne

Bibliographie

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins 

 

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LE ZODIAQUE AMOUREUX… MONSIEUR LION AMOUREUX…

(05 - PETIT COURS D'ASTROLOGIE, 14 - LE ZODIAQUE AMOUREUX) par sylvietribut le 16-08-2011

Quand il est amoureux, le Lion est « tout feu, tout flamme ». Il est généralement sincère et fidèle, mais à condition d’être payé de retour. Ses attitudes amoureuses sont parfois théâtrales, véhémentes. C’est le Lion superbe et généreux. Il aime à protéger la femme aimée. Pour elle, il est capable de soulever des montagnes. En retour, il lui demande une admiration inaltérable et aussi… de faire en sorte que les autres hommes l’envient d’avoir à son bras une compagne aussi belle, aussi élégante, aussi remarquable. En clair, il demande à la femme qu’il aime d’être un élément de son prestige, sans pour autant ne jamais devenir une rivale. La compagne idéale ne peut être que celle qui l’aide à réussir ou fait passer par lui et par lui seul ses ambitions personnelles.  

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Le Lion des Amoureux de Peynet

Le type Lion plus évolué se montre cependant un compagnon agréable et se révéler en amour un admirateur ardent et enthousiaste. Amoureux ardent, très attaché à une certaine qualité érotique et esthétique de la relation sexuelle, il se donne généreusement et fait en quelque sorte une bonne action lorsqu’il daigne accorder ses faveurs à une dame de son choix. Disons peut-être qu’il se prête, avec gentillesse, et attention vraie à l’être avec lequel il établit un rapport. Il rayonne comme le soleil, maître du signe, et s’il brûle parfois, il en est sincèrement désolé car il déteste faire souffrir. Il n’y a aucun sadisme conscient en lui. Mais il ne faut pas lui « manquer ».

Monsieur Lion est assez centré sur lui-même, toujours inquiet de lui-même pour pouvoir aimer de façon absolue mais il fera la vie agréable à la femme qu’il se choisit, qui lui donnera des enfants et qui lui assurera une relation affective suffisamment riche… Mais sa fidélité est incertaine.

Toutefois, s’il vient à être trompé ou simplement quitté et qu’il était amoureux, une part de son cœur lui est comme arraché… et il aura besoin de beaucoup de temps pour oublier, refaire surface et redevenir tout feu tout flamme. 

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LE ZODIAQUE AMOUREUX… MADAME LION AMOUREUSE…

(14 - LE ZODIAQUE AMOUREUX) par sylvietribut le 16-08-2011

Madame Lion aime être admirée, non seulement par un seul être, mais par tout le monde. Qu’on lui donne de quoi se mettre en valeur et elle en sera très heureuse. Cependant, si elle a la chance de rencontrer, jeune, un homme digne de son admiration, elle deviendra une épouse admirable, élevant parfaitement ses enfants dont elle saura éveiller les dons, l’intelligence et le cœur. Madame Lion demande beaucoup mais donne tout autant.

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Madame Lion

Si elle a moins de chance et si elle connaît tôt des déceptions, elle pourra se tourner vers les amours saphiques, jouant alors le rôle de l’homme, se montrant protectrice et généreuse mais conservant son indépendance à laquelle elle s’attache un peu plus chaque jour.

Parfois, elle s’adapte à un mari qui ne lui convient pas, cherchant dans sa propre carrière les satisfactions qu’il lui refuse. Elle aime aussi jouer les égéries, inspirant un poète ou un artiste, protégeant sa tranquillité. Elle servira toujours la carrière de celui qu’elle aime, attendant qu’il rejaillisse sur elle un peu de ce succès auquel elle a un peu contribué.  

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Cependant, si la femme Lion est un peu trop centrée sur elle-même, on aura à faire à une collectionneuse, croqueuse d’amants qu’elle aura tendance à exploiter pour servir sa propre gloire. Parfois, dans une grande crise de conscience, elle tiendra des discours enflammés, pleins de Dieu et de religion et parlera même d’entrer au couvent… Cela fait partie de son théâtre… car Madame Lion est aussi théâtrale que son alter ego léonin. En quelque sorte, Madame Lion ne se différencie pas vraiment du sujet mâle du signe. Elle aime autant que lui la grande vie et souvent s’habille en conséquence et si on l’invite elle sera plus sensible au champagne qu’à la bière et si elle accepte la bière sachez que c’est plutôt pour ne pas rester sans compagnie.

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UNE PLANTE D’ETE… UNE PLANTE SOLAIRE… LE ROMARIN

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 15-08-2011

On l’appelle aussi Rose-marine, encensier, herbe aux couronnes, herbe des troubadours.

Grecs et Romains avaient en grande estime cet arbuste « plaisant aux dieux », plante commune de la garrigue méditerranéenne, adoptée rapidement par les légendes chrétiennes qui en firent un élixir de jeunesse et de beauté ; de toute cette gloire peu de traces restent de nos jours et le romarin n’est plus utilisé que comme condiment pour les cuisines méridionales.

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« Rosmarinus officinalis » pour les botanistes, le romarin s’appelait « dendrolivanon » chez les Grecs, soit « l’arbre à encens », qui partageait avec le thym le privilège d’être brûlé sur les autels des dieux. Pour les Romains qui l’appelaient « rosée marine », c’était une herbe sacrée qui portait bonheur aux vivants et assurait aux morts un séjour paisible dans l’au-delà : ils en tressaient des couronnes soit pour les mariages, soit pour les déposer sur les tombes à l’occasion d’un culte officiel rendu aux ancêtres.

De nos jours encore, dans le sud-est européen, le romarin planté sur les tombes exprime la sollicitude pour l’âme du défunt et parfois même rappelle symboliquement la Résurrection de la chair. En Sicile, on fabriquait avec des rameaux de romarin une poupée dédiée à un malade, que l’on présentait à l’église pour hâter sa guérison.

Les Chrétiens associèrent le romarin à la Vierge Marie qui se serait reposée au pied de l’arbrisseau lors de la fuite en Egypte et aurait étalé sur ses rameaux les langes de l’Enfant Jésus. « Depuis, les fleurs sont d’un bleu azur et s’épanouissent le jour de la Passion » ; c’est pourquoi, dit-on, les familles qui prennent soin d’en parfumer la maison, le Vendredi saint, bénéficient de la protection de Notre-Dame. En souvenir de cette rencontre avec la Sainte Famille, le romarin est resté un arbuste ne dépassant jamais la taille d’un homme adulte demeurant ainsi toujours accessible à ceux qui souhaiteraient en sentir le parfum.

eau-de-la-reine-de-hongrieA partir du XVIe siècle, le romarin commence une nouvelle carrière sous forme d’un alcoolat, l’Eau de la Reine de Hongrie, arme secrète des grandes dames soucieuses de conserver jeunesse et beauté.

Selon un témoignage laissé par la reine Isabella de Hongrie dans un livre d’heures, celle-ci, « âgée de septante-deux ans, fort infirme et fort goutteuse », s’était retrouvée, grâce à l’alcoolat, « jeune et belle… au point de plaire au roy de Pologne », dont elle refusa la proposition de mariage pour se consacrer à la religion.

C’est donc grâce à l’énigmatique reine Donna Isabella de Hongrie que le romarin a véritablement pris ses lettres de noblesse. L’histoire veut qu’un ermite ait glissé dans une eau de romarin, la formule d’une éternelle jeunesse. Celle-ci aurait permis à Donna Isabella, septuagénaire, laide, paralytique et goutteuse de retrouver la splendeur de ses 20 ans et de séduire un jeune Roi de Pologne. Histoire vraie romancée ou légende, quoi qu’il en soit, les dames de la Cour de Louis XIV se sont toutes laissé convaincre par les vertus de cette eau de romarin. Plus tard, à l’époque de Louis XIV, l’Eau de la Reine de Hongrie faisait des miracles sur les rhumatismes – principalement sur ceux du roi – et elle était souveraine contre tous les troubles d’origine nerveuse. Les dames de la cour ne s’en séparaient jamais. Madame de Sévigné écrit à sa fille, Madame de Grignan : « Elle est divine ; je vous en remercie encore ; je m’en enivre tous les jours ; j’en ai dans ma poche. C’est une folie comme le tabac ; quand on s’y est accoutumé, on ne peut plus s’en passer ». L’Eau de la Reine de Hongrie, comme plus tard au XIXe siècle l’eau de fleurs d’oranger, autre plante solaire, passait pour être un remède efficace contre les «vapeurs» du retour d’âge.  

Toutes ces propriétés apparemment hétéroclites et mythiques sont confirmées par la phytothérapie moderne qui considère l’huile essentielle extraite des feuilles de romarin comme un excellent stimulant, un cardiotonique et en même temps un antispasmodique. Elle purifie, grâce à ses qualités antiseptiques, et se révèle un  puissant emménagogue, mais à trop forte dose elle est toxique, notamment pour les femmes enceintes.

On l’aura compris, le romarin, plante qui séduisit et guérit rois et reines, ne pouvait qu’être une plante solaire, une des plantes du Lion, signe symbole de prestige et de royauté. Autre symbole solaire et royal, on appelle le Romarin « l’herbe aux couronnes ». Il était symbole des fêtes, nuptiales ou funéraires, et était abondamment utilisé pour confectionner des couronnes. Tout d’abord destinées à parer les jeunes épouses lors de la cérémonie, ces feuilles ont par la suite orné les têtes des étudiants en Grèce, car le romarin était reconnu pour avoir une action stimulante sur les fonctions mentales.

Le romarin est un arbrisseau vivace de la famille des labiées. Ses branches, couvertes d’une écorce écailleuse portent des tiges ligneuses. Ressemblant à des aiguilles, ses petites feuilles à bords enroulés vert sombre sur le dessus, sont blanchâtres sur la face inférieure. Entre février et avril apparaissent de petites fleurs bleu pâle en cloche qui laissent ensuite place à des fruits bruns. Reconnaissable à son odeur d’encens camphré, le romarin porte tout justement le nom d’encensier ou encore de rose marine, comme le veut son étymologie latine (rosmarinus).

Originaire des garrigues de la région méditerranéenne, le romarin pousse à l’état sauvage sur les sols calcaires, jusqu’à 1 500 mètres d’altitude. Il est désormais cultivé dans toutes les régions d’Europe qui bénéficient d’un climat tempéré aux hivers doux. On récolte les sommités et les feuilles à des fins condimentaires mais aussi médicinales puisque le romarin entre dans la composition de nombreux produits des industries cosmétiques et alimentaires.

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Bibliographie : Fêtes et croyances populaires en Europe d’Yvonne de Sike – Editions Bordas

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LES QUATRE ELEMENTS : LE FEU

(5.1 - Généralités) par sylvietribut le 05-08-2011

Les quatre éléments jouent un rôle prépondérant dans l’analyse du thème astral. Lorsqu’un élément prédomine dans un thème, on peut d’emblée en tirer des conclusions concernant la physiologie, la psychologie et le destin. Les signes de Feu sont au nombre de trois : le Bélier, le Lion et le Sagittaire. 

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Dans un thème, plusieurs planètes en signes de Feu sont un facteur de vitalité, de volontarisme et d’esprit d’entreprise. Au positif, cela confère un caractère courageux, enthousiaste, des comportements énergiques et beaucoup de rapidité pour se décider à agir. Par contre, au négatif, cela présage un caractère violent et orgueilleux, des comportements impulsifs et velléitaires.  

Les signes de Feu sont en affinité avec les signes Cardinaux. Le Feu est chaud et sec, avec une prédominance du chaud. Il est en analogie avec la couleur rouge. Dans le corps humain, le Feu est en rapport avec le sang. Il correspond à un tempérament bilieux, colérique, moteur, positif.   

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Les professions et métiers choisis par les personnes marquées par le Feu sont ceux qui requièrent de l’activité physique, de l’énergie et la mise en œuvre d’un mental actif : les rôles actifs, dans un sens très large, les dirigeants et éducateurs, le pouvoir exécutif, les professions intéressant le feu, l’énergie, la force (pompiers, chauffeurs, électriciens, carrière militaire, médecine énergétique, électricité, radiations diverses, pharmaco-dynamie, homéopathie moderne, réflexothérapie, magnétisme, psychothérapie).

balier Le Soleil en Bélier, entre le 21 mars et le 19 avril, c’est la plénitude du printemps, propice à l’action originale et dynamique, ce qui fait du Bélier le signe des pionniers. Le graphisme du signe représente les cornes de l’animal et exprime la persistance avec laquelle la vitalité printanière reprend son activité. Dans tout thème astral, des planètes en Bélier montreront l’esprit d’entreprise du sujet. Dans l’homme-zodiaque, le Bélier correspond à la tête. Si le Soleil superpose ce signe, on aura sans doute à faire à un individu intrépide, souvent capable de se faire une place dans la vie et de résoudre chaque problème de façon rapide et positive.  

lionLe Soleil en Lion, entre le 23 juillet et le 22 août, c’est la plénitude de l’été qui s’affaiblit graduellement. Il est temps de mettre en valeur des qualités personnelles. Le Lion est le signe de l’aisance. Le graphisme du signe représente la tête et la crinière de l’animal et exprime la fierté et l’amour-propre nécessaires pour trouver et préserver son idéal. Le Lion marque la propension du sujet à se mettre véritablement en valeur. Dans l’homme-zodiaque, ce signe correspond au cœur, à la partie supérieure du dos et à la colonne vertébrale. Il révèle ainsi le rythme fondamental de l’existence du sujet ainsi que le tréfonds de sa morale quotidienne. Si le Soleil superpose ce signe, cela décrit un individu particulièrement doué pour tout amplifier, ou pour donner de l’importance à ses actes, et qui peut prendre en main n’importe quelle situation pourvu qu’il la domine.  

sagitaireLe Soleil en Sagittaire, entre le 22 novembre et le 21 décembre, l’hiver se prépare, il est temps de mettre en ordre les ressources secrètes de la personnalité. Le Sagittaire est le signe de la distribution. Son graphisme représente le centaure armé de son arc, stylisé par la flèche. Il exprime la permanente association dans la vie de l’instinct et de la raison. Ce signe montre que le sujet entretient avec les autres des relations sans restriction. Dans l’homme-zodiaque, ce signe indique la chair de l’organisme tout entier et correspond aux hanches et aux cuisses. Il révèle une personnalité exubérante, capable de donner réellement corps à son expérience. Le Soleil superposant ce signe décrit un individu qui adore les relations de camaraderie. Il manque souvent de discernement mais il est capable de réveiller les véritables aspirations de chacun.  

Et dans votre thème, outre la position du Soleil, savez-vous quel élément prédomine ?  

C’est l’analyse du thème astral qui permet de le savoir pour mieux valoriser les aspects positifs de l’élément et en atténuer les défauts.

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LES ETOILES, LES ORACLES ET LE DESTIN

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 04-08-2011

Dans les systèmes astrologiques les plus élaborés, les relations entre les caractères, le destin et le ciel sont à la fois simples et subtiles, exprimant non pas l’ingérence de forces extérieures, mais une harmonie complexe et totale à l’intérieur même de l’Univers. On retrouve quelque chose de cette sensibilité dans le commentaire de l’hexagramme K’ien, le créateur du Yi King, le Livre des Transformations : « La nature du grand homme est en harmonie avec le ciel et la Terre, sa lumière avec le Soleil et la Lune, sa cohérence avec les quatre saisons, le bonheur et le malheur qu’il crée avec les dieux et les esprits ! ».

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Cassiopée

 

Depuis le siècle des Lumières, la science a sans cesse progressé dans sa maîtrise du monde matériel. Le rationalisme va jusqu’à coucher la nature humaine sur une table de dissection. Pourtant, beaucoup pensent encore que les Anciens, les peuples que d’aucuns appellent « primitifs », ont encore aujourd’hui quelque chose de fondamental à nous apporter : la connaissance immédiate que l’Univers tout entier est animé, et que la matière est habitée de volonté et d’intelligence.  

On ne trouve pas, dans ce mode de savoir primordial, de séparation absolue entre sujet et objet, entre observateur et observé, entre âme humaine et intelligence de la nature. L’imagination « mytho-poétique », à l’œuvre dans la création des mythes, nous met en relation, en accord profond avec l’univers qui nous entoure. Ce rapport intime est à la base de ces phénomènes culturels que l’on retrouve dans toutes les civilisations et que sont l’interprétation des oracles et les systèmes de divination en général. Par exemple, les vols d’oiseaux ont longtemps été considérés comme des signes divinatoires. Cette croyance est probablement liée au fait que les migrations d’oiseaux annonçaient les changements de saisons.

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Dans toutes les sociétés traditionnelles, prophètes et chamans interprètent les présages, mais c’est chez les peuples de Mésopotamie, l’actuel Iraq, que nous trouvons les systèmes de divination les plus élaborés, issus d’une longue suite d’observations et d’études. Dans les rites mésopotamiens, depuis le IIIe millénaire avant J.C., les entrailles d’animaux sacrifiés étaient soumises à examen, afin d’obtenir les réponses des dieux à des questions posées sur l’avenir.

Le foie, reconnu par les savants de l’Egypte et de la Grèce antiques comme le siège de la vie, était le miroir des dieux par excellence ; aussi, depuis 1900 avant J.C. au moins, la divination fondée sur l’examen du foie s’est-elle codifiée, donnant lieu à une littérature abondante, fixée sur des tablettes d’argile. Les Mésopotamiens se livraient à l’examen du foie et des entrailles des victimes des sacrifices (l’extipicine), à celui de l’aspect que prend le mélange d’eau et d’huile, ainsi qu’à l’étude de la forme des nuages de fumée s’élevant de l’encens que l’on faisait brûler. 

Ces pratiques se sont répandues dans le monde grec, et on en trouve également des traces dans la nébuleuse culture étrusque : certaines familles étrusques d’origine noble prirent la direction du collège augural de Rome. 

Si les augures recherchaient des présages dans le vol des oiseaux, c’est parce que tout ce qui se passait dans le ciel était considéré comme relevant du divin. Les créatures ailées étaient les messagers envoyés par les dieux, depuis leur demeure céleste. Les présages que l’on pouvait lire dans le tonnerre et les éclairs, comme ceux que l’on tirait du chant et du vol des oiseaux, étaient marqués du sceau de Zeus, pour les Grecs, ou de Jupiter pour les Romains. Et il est intéressant de remarquer que les signes divinatoires n’avaient pas tous le même statut, que ceux qui apparaissaient dans le ciel étaient considérés comme supérieurs à ceux qui se produisaient au sol, tout comme les prodiges de Zeus/Jupiter avaient davantage de force et de signification que ceux d’une divinité liée à la Terre.  

Dès lors, on comprend mieux pourquoi l’astrologie a pris le pas, dans la culture mésopotamienne tardive, probablement vers le VIIIe siècle avant J.C., sur toutes les autres formes d’art divinatoire. La connaissance de plus en plus précise du mouvement cyclique des planètes et des étoiles, qui représentaient les dieux du ciel, donnait à ses détenteurs l’illusion de maîtriser le destin lui-même.  

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C’est ainsi que le dieu mésopotamien Nabu, l’équivalent de la planète et du dieu Mercure, était le dieu de la Sagesse et le patron des scribes. Lors de la cérémonie qui célébrait le début de chaque année, son père, Mardouk, l’équivalent de Jupiter, donnait ses directives pour l’année à venir, et Nabu les inscrivait sur les Tablettes du Destin. Les prêtres capables de prédire le mouvement et l’apparition des astres liés à Mardouk et à Nabu étaient considérés comme les interprètes privilégiés de Nabu. 

A son plus haut niveau, la divination ouvre la voie à la connaissance intuitive de soi-même. Dans la Grèce ancienne, à Delphes, où les pythies assises sur l’omphalos disaient l’oracle du dieu du Soleil, Apollon, était inscrit l’adage fameux : « Connais-toi toi-même ». La connaissance de soi est en effet celle de notre destinée, et l’axe autour duquel tourne tout notre être conscient. Cette connaissance est l’essence de la divination, et on la considère comme la science des oracles la plus haute.  

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La Pythie de Delphes 

Bibliographie 

Le langage secret des Etoiles et des Planètes de Geoffray Cornelius et Paul Devereux 

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