QUELQUES DEVINS CELEBRES (suite)

(6.4 - L'Astrologie dans l'Histoire) par sylvietribut le 24-02-2012

A la veille de la Révolution française, un homme de 70 ans, poète et voyant occasionnel, formule l’une des prophéties les plus fulgurantes de cette fin du XVIIIe siècle. Il s’appelle Jacques Cazotte et dîne, par une agréable soirée de l’été 1788, chez la duchesse de Gramont, en compagnie d’éminentes personnalités de l’époque : Chamfort, Condorcet, La Harpe, Vicq d’Azur. Le repas est excellent, l’ambiance heureuse et joyeuse. La fixité du regard de Cazotte qui s’est retiré un peu à l’écart sur un banc du jardin, indique qu’il est tombé dans un état proche de la transe.

Jacques Cazotte

« Ca y est, pensent les convives, voilà que ça le reprend ! ». Histoire de s’amuser un peu, ils demandent au poète-voyant de donner à chacun des détails sur sa destinée. D’un air lugubre, Cazotte fixe intensément le visage des invités puis, commençant par Condorcet, lui déclare : « Vous mourrez sur le sol de pierre d’une cellule de prison, ayant absorbé du poison pour tromper le bourreau, poison que la félicité de ces temps-là vous contraindra à porter toujours sur vous ».

A Chamfort, il dit : « Vous, vous vous ouvrirez les veines avec un rasoir, vingt-deux fois, mais vous ne mourrez que quelques mois plus tard ».

Jean de La Harpe, dramaturge athée, s’entend prédire une conversion au catholicisme pur et dur, et à Vicq d’Azur, il prédit le suicide. Cazotte termine sur l’annonce de sa propre exécution, par la guillotine.

Passablement déprimés, les invités rentrent chez eux et La Harpe consigne sur un carnet les sinistres et stupides prophéties de Cazotte afin de pouvoir le ridiculiser quand le temps l’aura fait mentir.

Un an après ce dîner, la Révolution bouleversait la France. En 1793, pour échapper à une arrestation, Chamfort s’ouvre vingt-deux fois les veines et meurt deux mois après. En 1794, Condorcet préfère s’empoisonner plutôt que d’avoir le corps coupé en deux par la guillotine.

Emprisonné dans un donjon, La Harpe est ébloui par la révélation divine et se convertit au catholicisme. Après sa sortie de prison, il entre dans un monastère où il meurt en 1803. Ces notes sur les prophéties de Cazotte seront publiées en 1806.

Quant au poète-voyant, Cazotte, il fut guillotiné, comme il l’avait prédit, le 25 septembre 1792. A part Vicq d’Azur, mort d’une forte fièvre et non d’un suicide, Cazotte ne s’est pas trompé d’un iota. Tout s’est passé exactement comme il l’avait prédit.

 

A suivre

 

 

Partager

Tagged Under : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

QU’ENTEND-ON PAR SIGNES FIXES

(5.1 - Généralités) par sylvietribut le 19-02-2012

Comme il y avait quatre signes Cardinaux et quatre signes Mutables, il y a quatre signes Fixes. Ce sont le Taureau, le Lion, le Scorpion et le Verseau.

  

  

 Les signes Cardinaux initiaient les quatre saisons, les signes Fixes sont le cœur des quatre saisons. Si le Bélier qui commence une saison, le printemps, indique un désir de mouvement, le Taureau, signe Fixe qui suit, marque un désir de construction et d’enracinement.

Quand les signes Fixes prédominent dans un thème, ils indiquent une tendance à l’optimisme, reflètent une aversion foncière pour le changement, mais quand celui-ci se produit, il est très important et correspond à un bouleversement total. La caractéristique fondamentale des signes Fixes est donc la stabilité, la fermeté et leurs défauts sont l’entêtement, l’obstination. Aussi, une réalisation pour être durable, doit commencer sous les signes Fixes de préférence. Les signes Fixes représentent le monde des matérialités et des faits.

Quand les signes Fixes prévalent dans un thème, les sensations, les sentiments, les désirs et les émotions sont très puissants. 

Parmi les signes Fixes, les plus obstinés et les plus accrocheurs sont : le Taureau et le Scorpion, alors que les plus dilettantes sont le Lion et le Verseau.

 A noter dans l’iconographie chrétienne, la correspondance entre les signes Fixes et les quatre évangélistes :

à Luc correspond le Taureau,

à Marc correspond le Lion,

à Jean correspond l’Aigle (le Scorpion)

à Matthieu échut l’ange, le Verseau, 

Les personnes ayant une majorité de planètes en signes Fixes sont les constructeurs du Zodiaque. Elles sont opposées à tout changement et tendent à faire obstacle aux innovations qu’elles désapprouvent. Un certain entêtement caractérise leur comportement lorsqu’elles considèrent que leur amour-propre est en jeu. Elles sont capables d’une grande détermination et savent attendre patiemment que les opportunités se présentent. Elles font preuve d’une endurance remarquable dans l’effort et leur réussite est due à leur aptitude à poursuivre leur but avec acharnement, sans s’en laisser détourner. Certaines considèrent le pouvoir comme un moyen d’asseoir leur sécurité, et tendent à se comporter en despotes dès lors qu’elles parviennent à un poste d’autorité. Sinon, elles pourraient être tentées d’exercer un pouvoir pour lequel elles ne sont pas habilitées. Ces signes correspondent au « Tamas » indien : Inertie/Stabilité, l’objet inamovible.

Une fois le décor planté par les signes Cardinaux, les signes Fixes : Taureau, Lion, Scorpion, Verseau n’ont plus qu’à s’épanouir, qu’à se développer. Ils peuvent déployer leur structure affective intérieure. Signes indispensables à la stabilité de notre équilibre, ils peuvent cependant se révéler rebelles à tout changement. On se trouve alors en face d’être bornés et rigides par peur de l’inconnu.

Uranus gouverne la croix formée par les signes Fixes :

 Uranus est en chute en Taureau,

Uranus est en exil en Lion,

Uranus est en exaltation en Scorpion,

Uranus est en domicile en Verseau.

Or, Uranus n’est pas une planète individuelle, mais au contraire une planète collective, qui porte les valeurs de la liberté, du génie, de l’originalité, valeurs favorisant l’intégration à l’espèce humaine. Qui est gouverné par une planète de l’ordre collectif comme Uranus sera intégré dans le collectif, c’est-à-dire qu’il sera et se sentira solidaire de ses congénères quand il aura acquis sa liberté intérieure et développé sa créativité et son originalité. Uranus, maître de la croix Fixe, est la conquête de la liberté intérieure. On est vraiment Fixe, donc stable affectivement, quand on est libre intérieurement, ce qui signifie détaché des liens infantiles.

Les signes Fixes sont donc notre structure car ils fixent notre organisation affective. Chacun d’entre eux opère une castration, comme Ouranos le fut par son fils Cronos (Saturne), bénéfique pour notre évolution. C’est la raison pour laquelle Uranus symbolise à la fois fixité et bouleversement.

 

 

Tagged Under : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

SI LE VERSEAU ETAIT OBJET… CE SERAIT… UN MASQUE

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 18-02-2012

Par habitude culturelle ou par négligence intellectuelle, on parle de carnaval sitôt qu’il est question de déguisements, d’abondante consommation de nourritures riches et d’alcool, d’amusements, de débridements et de transgressions des règles sociales. Sous la protection du rite et de l’anonymat, ces fêtes ressemblent à une inversion du temps « quotidien ». Et c’est cette idée de transgression qui relie le masque au signe du Verseau, signe qui produit des personnalités inconventionnelles et transgressives. Ne parle-t-on pas d’ambivalence quand on parle du Verseau ou d’Uranus ?

Un rapide parcours à travers la polysémie du masque peut éclairer l’origine du carnaval et ses rapports avec les déguisements et faire mieux comprendre peut-être les ambiguïtés que l’on peut déceler sur les fonctions sociales de ces rites. Sans masque, point de déguisement et point de carnaval ; le masque semble l’élément indispensable de toutes les fêtes, qui mobilisent les sociétés européennes, rurales et urbaines, globalement entre le 1er novembre et le 1er mai.

Dans l’histoire des institutions sociales européennes, l’utilisation du masque est variable et riche. En fait, il est présent pendant des funérailles et ensuite pour le culte des ancêtres, dans la mise en œuvre des rites agraires de fertilité et de renouveau de la nature, dans le déroulement des cérémonies initiatiques. Il est aussi manifeste dans le théâtre tragique ou comique, les cortèges, les danses spontanées ou ritualisées.

Le masque

Le masque est reconnu, de premier abord, comme une modalité infaillible de manifestation du divin, de l’Etre universel. La personnalité du porteur n’est en général pas modifiée. Cependant, sous un autre aspect, le masque impose à l’acteur qui le porte une obligation d’identification au rôle qu’il figure, cette identification figuratif, réaliste et irréel, le masque a une valeur spirituelle, qui opère une catharsis, et c’est pour cela qu’il n’est pas utilisé ou manipulé innocemment.

Que l’utilisation du masque soit au départ rituelle ne laisse guère de doute depuis les temps les plus reculés. Il serait long et fastidieux de décrire l’amplitude du phénomène. En revanche, il est intéressant d’insister sur le masque funéraire dans lequel le mort était supposé se réintégrer. Entre masques royaux en or et portraits funéraires du Fayoum existent plusieurs autres modalités dans des témoignages artistiques provenant du monde méditerranéen.

Masque funéraire égyptien

Il existe dans la tradition romaine des « images, masques en cire moulés sur le visage des défunts, exposés ensuite dans des niches autour de l’atrium ; il s’agit d’un privilège des familles patriciennes, servant à justifier l’ancienneté et la noblesse de la famille. Pendant les funérailles d’un membre de la famille, parents et amis portant ces masques s’intégraient au cortège funèbre, pour ainsi permettre aux ancêtres de participer au deuil.

Portés aux moments critiques de l’année, les masques chasseraient, conjureraient et apaiseraient les âmes des morts. L’usage du masque pour les représentations théâtrales est bien connu : dès leur origine, la tragédie et la comédie en son marqués. Dans le caractère rituel et liturgique de la tragédie se reflèterait un esprit héroïque proche du culte des ancêtres, tandis que dans la comédie survivraient encore les esprits de la fertilité des parades et cortèges carnavalesques des fêtes dionysiaques.

Masques comique et tragique romains – IIe siècle après Jésus-Christ

On pourrait voir dans la comédie grecque ancienne une institutionnalisation des rituels ruraux ; cette forme de représentation théâtrale a été transformée en farces populaires et en mascarades à travers les représentations phlyaques ou bouffonneries parodiques, en Sicile et en Italie méridionale. Les personae, ou porte-voix, masques scéniques romains en carton-pâte colorié ont perdu leur fonction rituelle et ne visent qu’à amuser le public.

La tradition latine a survécu dans le haut Moyen Age grâce aux artistes ambulants, et constamment les jongleurs interviendront dans les jeux et les rites du carnaval, indépendamment des déguisements populaires. Les confréries d’acteurs succéderont aux sociétés des Fous, et ces groupements de danseurs et de musiciens animeront les fêtes carnavalesques dans plusieurs villes, perpétuant ainsi les liens entre le théâtre et le carnaval.

Bottega delle Maschere – Ezio Merlante

Les démons, le diable, le fol ou le bouffon, opèrent le renversement des hiérarchies et rappellent que le monde dualiste dissimule le mal sous de multiples masques, anthropomorphes ou zoomorphes, monstrueux ou grotesques. Carnavals et mystères théâtraux rivalisent dans présentation des diableries, dans un contexte où le sens du sacré reste néanmoins présent. Dns les Temps modernes et pour la Commedia dell’arte, l’usage du masque semble dégagé de tout esprit de rite tout en gardant la disposition au mime, à l’improvisation et à l’animation des masques. On est naturellement tenté de découvrir dans les fêtes carnavalesques l’origine de la Commedia dell’arte ainsi que de reconnaître entre Bergame, Padoue et Venise, au milieu des cortèges masqués du carnaval, le Docteur de Bologne, Pantalone, Brighella… Le passage de Zanni à Arlequin achève la transformation.

La Commedia dell’arte

A partir du XVIIe siècle règnent bateleurs et théâtres de foire où l’on réalisait de nombreuses créations pour le mardi gras. C’est le carnaval qui prendra la relève de la Commedia dell’arte mourante, au XVIIIe siècle.

Les carnavals et les masques contemporains sont parfois l’envers du carnaval et des masques traditionnels : ils sont une inversion grotesque d’un rituel déjà basé sur l’inversion de la réalité sociale mais toujours dans le même but, faire du rire le sacre de l’homme.

Cependant, le masque n’est pas sans danger pour celui qui le porte. Celui-ci ayant voulu capter les forces de l’autre en l’attirant dans les pièges de son masque, peut être à son tour possédé par l’autre. Le masque et son porteur s’intervertissent tour à tour et la force vitale qui s’est condensée dans le masque peut s’emparer de celui qui s’était place sous sa protection : le protecteur devient le maître. Celui qui se couvre d’un masque s’identifie, en apparence ou par une appropriation magique, au personnage représenté. C’est un symbole d’identification. Le symbolisme du masque s’est prêté à des scènes dramatiques, dans des contes, des pièces, des films, où la personne s’est identifiée à tel point à son personnage, à son masque, qu’elle ne peut plus arracher le masque ; elle est devenue l’image représentée. 

Bibliographie

Le Dictionnaire des symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

Fêtes et croyances populaires – Yvonne de Sike – Editions Bordas

 

 

Partager

Tagged Under : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

MADAME VERSEAU AMOUREUSE

(14 - LE ZODIAQUE AMOUREUX) par sylvietribut le 14-02-2012

Madame Verseau c’est avant tout une femme moderne, bien dans son époque, dont les heurts, la brusquerie, l’agitation ne sauraient effrayer. Toutes les générations de femmes Verseau ont joué sans gêne les affranchies : c’est sans doute une femme Verseau qui la première fit du vélocipède, la première qui coupa ses cheveux, raccourcit ses jupes jusqu’à arriver à la mini-jupe et portant le pantalon masculin bien avant la mode. Toujours elle incarnera son époque dans ce qu’elle a de plus audacieux, bousculant les conformismes, ne craignant pas d’épater le bourgeois, sensible et féminine quand même, elle se montrera d’une lucidité impitoyable.

Pour être heureuse, Madame Verseau devra trouver un compagnon assez évolué pour lui faire pleinement confiance et respecter sa liberté. Par ailleurs, elle doit compter sur sa nervosité ou plus, encore, se défier de son côté à persécuter. D’ailleurs comme elle est résolument non–conformiste et quelque peu excentrique, elle passe pour une douce toquée, victime de l’incompréhension des milieux bourgeois. De plus, Madame Verseau a besoin de calme et doit fuir les émotions violentes, et tout ce qui peut renforcer sa tendance au « survoltage ».

Madame Verseau rêve de merveilleuses amours, comme une petite fille romantique en quête du Prince Charmant. Mieux vaudrait que ce Prince soit un homme admirable : artiste, penseur, savant, homme politique en vue, peu importe. C’est son côté glorieuse. Mais malheur à celui qui trébuchera sur son piédestal. La déception la rendra dure, hostile, méprisante. Elle ne pardonnera jamais à celui qu’elle aura un moment admiré de l’avoir trompée, sans jamais se demander si elle ne devrait pas se reprocher son manque de discernement.

 

Jolie fontaine Verseau à Vernon – Normandie

En même temps, Madame Verseau aime les rapports inachevés, la part du rêve, un certain mystère dans les commencements, les échanges épistolaires passionnés, dans lesquels elle fait du style… les flirts au téléphone. Elle pratique l’escrime à fleuret moucheté… et les jeux de l’amour et du hasard… En fait, Madame Verseau se montre plus incohérente que Monsieur Verseau : elle prône le célibat ce qui ne l’empêche pas de se marier plusieurs fois… Elle épouse celui qu’elle n’aime plus… se remarie avec celui qu’elle a quitté… Après cinquante ans, elle veut toujours séduire bien qu’elle ait compris depuis longtemps qu’elle n’est jamais mieux que quand elle est seule. Parfois encore, elle persiste dans le mariage avec un homme qu’elle a cessé d’aimer mais dont elle a pitié et auquel elle se croit utile… Elle cherche alors à être son amie tout en l’assommant de ses bavardages intarissables. C’est sa façon à elle de réagir à l’angoisse, par l’excitation, l’agitation et les flots de paroles, contrairement à Monsieur Verseau qui généralement est silencieux comme une carpe.

Madame Verseau aime jouer les égéries. Pour l’homme qu’elle aime, et tant qu’elle l’aime, elle est capable de tout, sacrifiant son propre confort, son temps et sa santé. Elle pardonne même les infidélités et ne déteste pas les rapports ambigus.

Madame Verseau est la femme la plus surprenante des femmes du zodiaque… Même élevée dans les plus stricts principes, elle se montrera plus moralisante que les autres, jusqu’au jour où elle jette son bonnet par-dessus les moulins et fait la honte de sa famille, avec infiniment de plaisir et sur le tard, elle devient la plus savoureuse des vieilles dames indignes.

 

Tagged Under : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

MONSIEUR VERSEAU AMOUREUX

(14 - LE ZODIAQUE AMOUREUX) par sylvietribut le 14-02-2012

 Monsieur Verseau se complaît dans des contradictions inextricables. Il faut bien reconnaître que s’il parvenait plus souvent à savoir ce qu’il veut, sa vie affective serait plus heureuse. Cependant, Monsieur Verseau ne peut se contenter d’un amour petit bourgeois, d’une passion rapetissée par les exigences de la vie, des lois ou des tabous sociaux. Il aime pourtant avec sincérité, du moins le croit-il… Mais il a tellement peur d’aliéner sa liberté que le jour où il est question d’engagement, il trouve mille prétextes pour prendre la fuite, quitte à se dire ensuite très malheureux.

Le Verseau des Amoureux de Peynet

Il faut également remarquer que son sentiment de liberté s’épanouit davantage en participant à la vie collective. Aussi sa vie conjugale est souvent envahie par les copains et il est de ce fait rarement question de solitude à deux.

La vie amoureuse de Monsieur Verseau lui laisse le choix entre des amourettes sans lendemain, des aventures charmantes qui ne le satisfont pas vraiment ou des amours impossibles pour des femmes belles mais inaccessibles. Enfin de compte celles-ci lui procurent toute la gamme d’émotions auxquelles il aspire sans craindre qu’elles ne lui mettent le grappin dessus.

Il lui reste alors la solution « raisonnable » : le mariage d’amitié et de complicité, avec une fille intelligente et drôle, indépendante comme lui, dont il partagera le lit sans qu’il y ait jamais d’obligation pour personne, dans le plus parfait respect d’une liberté mutuelle. De toute façon, Monsieur Verseau préfèrera toujours l’union libre au mariage conventionnel et bourgeois.

Et pourtant, de tout le zodiaque, Monsieur Verseau est sans doute le moins misogyne, prêt à faire sa place, dans l’égalité, à la fille qui méritera son estime. Cependant avant de trouver âme-sœur, il pourrait bien additionner divorces et ruptures.

De ce fait Monsieur Verseau connaît la solitude. On ne peut que constater qu’il a vraiment du mal à fixer son attention sur des fréquentations régulières, quelles qu’elles soient. Ses relations les meilleures prennent généralement racine dans l’amitié et, en amour, il ne sait dissocier la camarade de la maîtresse et finit tôt ou tard par arrêter son choix sur une femme dépourvue de mesquinerie.

Par ailleurs, Monsieur Verseau est un gaffeur notoire ce qui lui vaut des situations bien embarrassantes. Il néglige souvent de souligner les occasions importantes sur le plan sentimental et même sur d’autres plans, mais s’il oublie de souhaiter la Saint Valentin, il a mille et une manières de compenser ses oublis.

Tagged Under : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

VENUS ET MARS… FAITES L’AMOUR PAS LA GUERRE

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 13-02-2012

venus-mars-homme-femmeConte, légende, mythe et archétype, l’histoire de Saint Valentin qui est à l’honneur cette semaine tient un peu de tout ça. Même ces archétypes que sont Vénus et Mars, symboles de l’amour et de la guerre, n’y échappent pas. En effet, qui parle de la grâce vénusienne de telle femme ou de l’allure martiale de tel homme, se réfère inconsciemment à ces deux planètes. Or, toute la légende de Saint Valentin est émaillée des symboles de Vénus et Mars, et le célèbre slogan des années soixante « Faites l’amour, pas la guerre » aurait pu être inventé par ce fameux Valentin.

Son histoire remonte au IVe siècle. En ce temps-là, à la mi-février, il existait une fête païenne qui célébrait l’arrivée du printemps. On l’appelait les Lupercales, en l’honneur de Lupercus, le dieu des troupeaux et des bergers. Durant cette fête, on organisait une sorte de loterie de l’amour où les jeunes hommes devaient tirer au sort le nom d’une jeune fille inscrit sur une petite feuille en forme de cœur, peut-être une feuille de tilleul, qu’on avait placé dans une urne. Ainsi les couples étaient formés pour une période d’un an. Cependant, en 496, le Pape intervint dans cette pratique qu’il jugeait peu respectueuse envers les femmes et décida donc d’honorer la mémoire de Valentin et le choisit au titre de Patron des Amoureux. Il décréta qu’on le fêterait le 14 février.

les-lupercales-romaines 

Les Lupercales romaines

saint_valentin_mosaique1Valentin, lui était né en 176. Il était évêque de Terni, une petite ville d’Ombrie en Italie centrale. On est alors en pleine époque romaine et Valentin va s’attirer les foudres de l’Empereur Claude II parce qu’il avait décidé de marier les couples. Or, l’Empereur venait d’interdire la célébration des mariages puisque, selon lui, les hommes qui étaient engagés dans la vie maritale et familiale devenaient de mauvais soldats car ils avaient alors des intérêts qu’ils laissaient derrière eux avec difficulté.

C’est donc à l’abri des regards indiscrets que Valentin bénissait l’union des couples qui lui en faisaient la demande. L’Empereur décida de mettre fin à cette pratique de façon sanglante. Comme on le voit, à la douce influence de Vénus, succède celle violente de Mars… Et le 14 février 268, Valentin fut décapité. Le pauvre homme payait de sa vie la défense de ceux qui s’aimaient.

La légende dit qu’avant d’être décapité, Valentin fut emprisonné et, tandis qu’il attendait son châtiment, il fit la connaissance de la fille du gardien de la prison. Celle-ci était aveugle. Valentin se lia d’amitié avec la jeune fille et lui redonna la vue. Juste avant de subir son martyr, il lui offrit des feuilles rappelant la forme d’un cœur et signa : « de ton Valentin ».

Mais revenons un peu sur le mythe de Vénus. Elle est la déesse de la beauté et de l’amour. Pourtant, elle est mariée avec un mari estropié, Vulcain. C’est le dieu de la Forge. Il est aussi laid qu’elle est belle. Alors, Vénus a aussi un amant, c’est Mars, le dieu de la guerre, viril et martial. Or, Mars, tout comme Vénus, s’illustrent incroyablement dans cette ville de Terni, la ville de Saint Valentin, mais sur un tout autre mode, qu’on pourrait qualifier de sanglant.

                                                      le-tintoret-vulcain-surprend-venus-et-mars 

LE TINTORET – Vulcain surprenant Vénus adultère – Remarquez Mars qui se cache sous une table

D’abord, Terni était autrefois surnommée « la Manchester de l’Ombrie ». Sa spécialité est l’acier inoxydable et l’armurerie. C’est d’ailleurs à Terni qu’a été fabriqué le révolver qui servit à assassiner le Président Kennedy. De plus, en remontant dans le temps, on apprend que, pendant la seconde guerre mondiale, Terni fut dévastée par les bombardements. Et bien auparavant encore, elle avait été périodiquement le cadre d’événements tragiques :

·         C’est à Terni qu’eut lieu, en 69 après Jésus-Christ, l’assassinat d’un général romain, sur l’ordre de l’Empereur Vitellius qui le suspectait de s’attirer les faveurs de l’Impératrice Pétronia. Voici donc une histoire d’amour qui finit mal…

·         En 252, l’Empereur Gallus désamorce la menace d’une invasion germanique en soudoyant l’ennemi. Il s’expose ainsi à la haine des soldats qui l’assassinent à Terni, ainsi que son fils, Volusianus.                                                                                                     venus-et-mars-fresque-de-pompei   

Vénus et Mars – Fresque de Pompéi

·         Vingt-deux plus tard, un enfant de Terni, Tacite Marcus Claudius Tacitus revêtit la pourpre impériale. Hélas, cela ne lui portera pas chance et sa réticence à devenir Empereur fut tragiquement confirmée par les événements. Il mourut exactement après six mois et vingt jours de règne. Son frère Florian qui se proclama aussitôt son successeur fut assassiné trois mois plus tard.

·         L’histoire ultérieure est une succession de destructions et de reconstructions : Ostrogoths, armées d’Orient et Lombards, tous mirent la ville à sac et l’incendièrent.  

                                                  basilica-san-valentino-a-terni 

Basilique Saint Valentin à Terni

Et pourtant, François d’Assise vint à Terni y prêcher l’amour du haut d’une petite estrade sur l’emplacement de la grande église gothique San Francesco.

Toujours à Terni, dans la chapelle Paradisi, il existe un singulier cycle de fresques inspirées de la Divine Comédie de Dante où y figurent les sept cycles de l’Enfer, la libération des âmes du Purgatoire et puis, le Paradis avec Béatrice, l’amante de Dante, et Dieu en majesté. La fresque est due à Bartolomeo di Tomaso et date du XVe siècle.

Les lieux, comme les gens, sont sous l’influence d’une ou plusieurs planètes. Terni est sans conteste une ville gouvernée par Mars et, heureusement, périodiquement Vénus vient y faire une petite incursion. A moins que le sort de la ville ne soit apaisée par son appartenance à une des plus douces et des plus belles régions d’Italie, l’Ombrie, région qui ne peut être que sous l’influence de Vénus.   

                                                                                            ombrie_verdure 

Paysage d’Ombrie

En cette Saint-Valentin 2012, Vénus séjourne sur le 7e degré du Bélier, et n’aura aucun aspect avec Mars qui se trouve sur le 20e degré Vierge, mais surtout Vénus entrera en conflit avec Pluton, le Maître du Scorpion. C’est n’est pas là un contexte très heureux : climat obsessionnel, remise en question, refoulement des sentiments assurés. Gare à qui oubliera cette sacro-sainte fête des Amoureux… Gare à qui ne mettra pas les petits plats dans les grands… Gare à qui fera un cadeau jugé trop mesquin, même en temps de crise… Quant aux commerçants eux-mêmes ils ne devraient pas vraiment tirer leur épingle du jeu. Dans cette affaire, les grands remises en cause devraient être les natifs du premier décan du Bélier, du Cancer, de la Balance et du Capricorne, ou bien parce que Vénus ou toute autre planète se trouvait dans l’un de ces décans à la naissance. Ceux qui pourraient peut-être ne pas être trop frustrés sont les Gémeaux, Lion, Sagittaire et Verseau, principalement du premier décan, ou bien parce quelque planète occupe le second décan d’un de ces signes. Quant aux autres signes : Taureau, Vierge, Scorpion ou Poissons, ou bien ils ne se sentiront pas concernés ou bien cela leur passe au-dessus de la tête, ou bien encore ils se contentent de ce qu’ils vivent et aucune tension ne peut les affecter.

les_amoureux_de_peynet

Mais pour en revenir au rapport entre Vénus et Mars, sachez qu’un bon rapport entre ces deux planètes dans un thème est la configuration-type d’une nature amoureuse, ce qui contribue à donner d’intenses élans amoureux. C’est le renforcement respectif des deux pôles de l’amour : la tendresse (Vénus) et le désir (Mars), le sentiment idéal (Vénus) et la passion charnelle (Mars) formant un tout bien relié. 

coeur 

 

Tagged Under : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

ENTREE DE NEPTUNE EN POISSONS

(04 - L'AGENDA ASTROLOGIQUE, 4.3.6 - NEPTUNE) par sylvietribut le 11-02-2012

Vendredi 3 février 2012, à 2 h 35, Neptune faisait son entrée définitive dans les Poissons pour ne quitter ce signe qu’en janvier 2026.

De ce fait, il est bien évident que tous les natifs des Poissons ne seront pas concernés en même temps par l’arrivée de Neptune dans leur signe. Pour vous donner un exemple, en cette année 2012, ne seront concernés que les 0°, 1°, 2° et 3° du signe, c’est-à-dire parce que votre soleil, votre Ascendant ou tout autre planète traversant l’un de ses 4 premiers degrés. Pour le Soleil, cela signifie une naissance un 19, 20, 21, 22 ou 23 février.

L’influence de Neptune sera difficile si dans votre thème le soleil, votre Ascendant, ou toute autre planète se situent sur ces quatre premiers degrés du Sagittaire et des Gémeaux, ainsi que ceux de la Vierge, signe qui recevra l’opposition de Neptune.

Ensuite, ce sont les quatre premiers degrés du Taureau, du Cancer, du Scorpion et du Capricorne qui seront sous l’influence inspirante de Neptune. Par contre, le Bélier, le Lion, la Balance et le Verseau ne seront pas concernés par cette influence de Neptune en Poissons.

Le signe double et d’Eau des Poissons dont Neptune est le Maître

Que représente la planète Neptune pour l’astrologue

Tout d’abord Neptune gouverne le signe des Poissons. Dans la mythologie, Neptune est le dieu des océans. En astrologie, c’est la planète qui estompe les limites physiques du monde visible et les contours de nos certitudes. Les lents changements de notre vie terrestre comme la mort de certaines croyances, l’évolution des styles de vie, l’oubli des modes et des idées, sont sous l’influence de Neptune.

La planète Neptune symbolise une force qui échappe à notre contrôle car elle se situe au-delà de la raison ou de tout ce qui est accessible à l’esprit logique. La seule façon de vraiment comprendre Neptune dans son essence consiste à s’y abandonner car elle se situe par définition et par fonction, au-delà des frontières. Neptune est d’ailleurs associée au mysticisme, au mystère, à l’unicité, au développement spirituel et à l’inspiration. On dit également qu’elle représente l’informel, l’illusion, la dissolution, l’imagination et l’idéalisme.

 

Neptune sur son char tiré par ses chevaux marins enlève Amphitrite

Dans sa forme la plus élaborée, Neptune induit au mysticisme et à la communion avec le divin. Dans la vie quotidienne, Neptune organise les rêves et les visions, l’inspiration et la poésie. L’influence de Neptune encourage la charité, la sensibilité et l’esprit de sacrifice. Mais dans ses aspects négatifs, Neptune apporte la rapacité, la fraude, la déception, la désillusion et le cynisme. Dans ses attributions comme dans ses influences symboliques, Neptune demeure vague, secret, flou, fluctuant.

En politique, Neptune représente le socialisme.

 

L’influence de Neptune en transit

Sur un plan essentiel, les transits de Neptune rendent sensible presque tout ce qu’on touche. L’important dans le cas d’un transit de Neptune est que le secteur, ou maison astrologique, dans lequel  la planète entre se trouvera transformé.

Dans le cas d’un transit harmonieux de Neptune, des émotions jusqu’alors inconnues s’éveillent et s’expriment. Inspiration et pressentiments ont libre cours : on vivra ce qui doit être, ce qui est en nous. Les entreprises dont toute raison nous aurait dissuadés ne font plus peur. On se montre réalisateur sans être réaliste pour autant. On peut faire ce que la situation, les conditions de vie semblaient nous interdire. On bénéficie même d’heureuses coïncidences ou opportunités. Sous cette influence, on recherche souvent la quiétude de la solitude. On peut faire preuve d’abnégation et de sacrifice. La personnalité se fait sensible, émotive, impressionnable. On est comme animé d’un esprit de charité, de compassion. La tendance est à la philanthropie. Pour certains, intérêt pour l’occulte et des dons de médiumnité peuvent se faire jour.

Dans le cas d’un transit dissonant de Neptune, la vie semble flotter au gré des vents contraires. On se trouve dans une inaptitude à dominer les perturbations qu’on engendre, à moins qu’on ne les subisse. On laisse les choses se faire ou se défaire, abandonnant toute volonté, ou la compensant par des coups de tête, de colère ou de cœur, justifiés par nos seules inspirations. Certains seront exaspérés par le sort qui les malmène et se révolteront contre l’inévitable ou contre eux-mêmes. D’autres encore trop acharnés à préserver confort, morale, sécurité, se condamneront à de bizarres inquiétudes, d’indéfinissables besoins, d’inexplicables manques. Certains se sentiront persécutés, d’autres seront l’objet d’obsessions morbides, se créant des prisons imaginaires. Ce transit permet parfois de manifester, quel qu’en soit l’enjeu, ce qui restait secret ou latent, ce qui, en nous, se taisait. Il existe aussi une tendance à décevoir ou à agir en sous-main. La sensiblerie est portée à son maximum pendant que la volonté est dans un grand état de faiblesse. Pour certains, ce sera une recherche de sensations morbides, de ce qui étourdit les sens et endort la conscience. Le goût pour l’alcool et les stupéfiants n’est pas rare, à moins qu’on ne s’assomme de tranquillisants.

 

 

Tagged Under : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

FEVRIER ET LES ANNEES BISSEXTILES

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 08-02-2012

Le plus souvent une année bissextile est considérée comme aussi néfaste et redoutable que l’année des treize lunes, dont la survenue est causée par un effet de contrepoint entre cycle des lunaisons et définition solaire de l’année. 

 

FEVRIER entre Verseau et Poissons – CALENDRIER DES BERGERS XVe siècle 

Déjà le mois de février à 28 jours, appelé « février le boiteux » dans les Balkans, constitue une anomalie calendaire et plusieurs versions de contes populaires expliquent comment février a perdu deux jours par rapport aux autres mois de l’année. Le plus souvent, c’est mars, le mois belliqueux, qui les lui a volés pour ainsi s’en augmenter ; la tradition ancienne voulait que les deux mois aient 29 jours chacun, mais mars a décidé de « s’agrandir » pour punir les humains qui le sous-estimaient sous prétexte qu’à partir de son vingt-neuvième jour ils croyaient avoir franchi l’étape difficile de l’année et se trouver déjà en période estivale.

En fait, février est un mois néfaste dès sa création : Fevruarius, du latin « februus », signifie « purification ». Ce mois de l’année romaine primitive, avec ses 28 jours, alors que les autres en comptaient 29 ou 31, car seuls les nombres impairs étaient fastes, jalonné de fêtes de purification, de rites de bénédiction, de célébrations publiques et privées d’expiation en l’honneur des morts et en faveur de la fécondité, révèle le désir des citoyens et de l’Etat d’en finir avec le temps écoulé et de marquer un nouveau départ. 

Les mois, indépendants des lunaisons, avaient alternativement 30 et 31 jours, et seul février se composait des 29 jours restants. Toutefois les Romains n’étaient pas mécontents de voir ainsi raccourci un mois dont le programme rituel était singulièrement chargé ; on obtenait ainsi une année de 365 jours pour une durée réelle de 365,25 jours. Le décalage était comblé en ajoutant un jour tous les quatre ans, inséré entre le vingt-quatrième et le vingt-cinquième jour du mois le plus court. Ce jour, le sixième avant les Calendes (°) de mars, dédoublait, d’une certaine façon, le sixième jour réel, d’où son nom : « bis sextus », à l’origine du mois et de l’année bissextile.

En 44 avant Jésus-Christ, le cinquième mois de l’année, Quintilis, fut dédié à Jules César pour honorer sa réforme calendaire et il est nommé depuis « Julius », d’où « juillet ». En l’an VIII avant J. C., le sénat romain remercia Auguste en lui attribuant l’ancien sixième mois : ainsi Sextilis devient Augustus, « août », et comme Auguste n’était en rien inférieur à César, il fallut ajouter à août un jour pour que les deux mois consécutifs aient 31 jours chacun. On retira ce jour à février qui se retrouva avec 28 jours, comme dans le calendrier primitif. Les festivités romaines de février éclairent certains aspects des fêtes chrétiennes de ce mois. 

Lorsque Jules César décida de réformer le calendrier, peut-être d’origine étrusque et fondé sur un calcul lunaire des mois, il convoqua un astronome grec d’Alexandrie, Sosigène, qui imposa l’année solaire : ce nouveau calendrier, dit « Julien » et qui prit effet en 45 avant J. C. est toujours le nôtre, légèrement modifié en 1582 par le Pape Grégoire XIII. 

 

Rome – Colonne de Trajan – La lustration

Début février, on célébrait avec grand faste la lustration des villes, « amburbium ». La lustration, rite de purification, consiste en une procession autour de la ville avec prières, sacrifices sanglants et libations. Avant les « suovetaurilia », sacrifice d’une truie, « sus », d’une brebis, « ovis », et d’un taureau, « taurus », les animaux étaient conduits en grande cérémonie autour de la ville, traçant ainsi eux-mêmes un cercle magique avant de transmettre, par leur immolation, dans l’espace ainsi délimité, les forces qui leur sont inhérentes.

L’ambivalence qui caractérise l’attitude des Romains envers les morts, jugés à la fois puissants et terrifiants mais aussi chétifs et faibles, s’exprime dans leurs rites funéraires qui visent aussi bien à les honorer qu’à les empêcher de persécuter les vivants et de nuire à la vie civile. Si le culte des morts est un souci constant des familles, l’Etat y veille aussi, et le calendrier religieux officiel comporte plusieurs fêtes en l’honneur des défunts. La plus importante, celle des « Parentalia » a lieu entre le 13 et le 21 février ; cette période entièrement consacrée aux morts était néfaste à la conclusion ou à la célébration de mariages. Les « Parentalia » débutaient avec un sacrifice offert par la grande vestale, incarnation de la vie de la cité et de l’ordre public. Pendant les neuf jours suivants, toutes les activités publiques et privées étaient interrompues. Le dernier jour, pour les « feralia », les familles apportaient sur les tombeaux de leurs parents des offrandes florales, généralement des violettes, plante de floraison précoce, et des épis de blé conservés à cet effet depuis les dernières moissons. 

Les Lupercales Romaines

Aux Ides (°) de février, le 15 du mois, avait lieu, en l’honneur du dieu-loup Faunus Lupercus, la fête des Lupercalia, organisée par la plus importante confrérie sacerdotale romaine, celle de Luperques. Ils couraient nus autour du Mont Palatin, chargés de symboles magiques, frappant au passage les femmes qu’ils rencontraient avec des lanières taillées dans la peau d’un bouc immolé dans la grotte du Lupercal, au sud-ouest du Palatin. Le but de ce rite était d’assurer la fécondité des Romaines, préoccupation constante de l’Etat, particulièrement depuis l’éclatement des frontières traditionnelles. 

 

Faunus – Petit-fils de Saturne

Faunus, « qui favet », était une divinité favorable, comme son nom l’indique, protectrice des bergers et des troupeaux, vite identifiée à Pan, mais son épithète « lupercus » et l’activité des luperques laissent supposer un fonds religieux beaucoup plus important. Après le sacrifice du bouc, on tachait de sang le front de deux jeunes gens en y posant le couteau sacrificiel, puis on effaçait ces traces avec un flocon de laine trempé dans du lait, à ce moment précis, des jeunes « ressuscités » devaient faire entendre un éclat de rire rituel. C’est seulement à la suite de cette cérémonie, qui comportait aussi le sacrifice d’un chien, que l’on chassait les femmes. La signification eschatologique des « Lupercalia » ne laisse pas de doute : les luperques figurent les morts, « êtres » sacrés de l’autre monde, aussi bien que ceux des esprits qui protègent les vivants contre la mort et contre les actions néfastes des trépassés. Dans cette cérémonie sont présents les trois éléments fondamentaux et indissociables de tous les rites : la mort, la purification et la fécondité. 

 

DAVID – Enlèvement des Sabines

La fécondité des mères était honorée par une autre fête qui suivait les « Lupercalia », fin février-début mars, très vraisemblablement le 1er mars : il s’agit des « Matronalia », célébrées par les matrones, c’est-à-dire les femmes mariées. Il semblerait que, pendant cette fête, les matrones avaient toute autorité sur la vie publique et privée. Suivant les traditions, cette célébration commémorait l’enlèvement des Sabines, quand ces nouvelles épouses romaines s’étaient interposées dans le combat entre Romains et Sabins. Ainsi, au moment où la végétation italienne s’éveille, on célèbre le renouveau avec des rites et des actes magiques qui ont trait à la victoire de la vie.

 

(°) Le terme « calendes » désignait en fait le premier jour du mois et devait correspondre à une Nouvelle Lune, le jour des annonces officielles. Le 15e jour des quatre mois longs de 31 jours, ou le 13e jour des autres mois étaient nommés « ides » et correspondaient à la Pleine Lune. En fait, l’expression « Renvoyer aux calendes grecques » signifie : remettre à une époque qui n’arrivera pas. En effet, les mois grecs n’avaient pas de calendes, c’était une spécificité des mois romains.

Bibliographie  

Fêtes et croyances populaires en Europe, Yvonne de Silke – Editions Bordas

 

Tagged Under : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

2 FEVRIER … CHANDELEUR … LUMIERE… DISQUE SOLAIRE… ET CREPES

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 01-02-2012

Dans des temps anciens, on parlait de « chandeleuse », quoi qu’il en soit la racine du mot est « chandelle ». L’étymologie vient de cette « chandeleuse » ou chandeleur vient du latin « Festa Candelarum », c’est-à-dire « Fête des Chandelles ». Et comme bien des fêtes judéo-chrétiennes, la chandeleur trouve son origine dans un mélange de traditions païennes et religieuses, chrétienne et juive en l’occurrence.

Chandeleur – Fête des Chandelles

En effet, au Ve siècle, le Pape Gélase Ier associa ce rite païen de la Fête des Chandelles avec la présentation de Jésus au temple et à la purification de la Vierge. Toutefois, ce n’est qu’en 1372 que la Fête de la Chandeleur sera officiellement associée à la purification de la Vierge. Ce même pape faisait distribuer des crêpes aux pèlerins qui arrivaient à Rome. Dans les églises, on remplaçait les torches par des chandelles bénies dont on pensait que la lueur éloignait le Malin, le diable, Satan prince des ténèbres, alors que le Christ était nommé « la lumière du monde ». Il en allait de même pour la fête juive de Hanoucca, ou Fête des lumières, qui dure huit jours.

En fait, dans la symbolique de la Chandeleur et dans la forme des crêpes et leur couleur, on retrouve l’adoration première des traditions païennes, le Soleil. La crêpe étant la représentation du disque solaire. On trouve d’ailleurs toutes sortes de galettes ou de crêpes dans toutes les civilisations primitives, qu’elles aient été faites à partir de farine de blé, de farine de maïs, de farine de riz, ou de toute autre céréale.

La crêpe représentation du disque solaire

Si la crêpe par sa rondeur, sa belle couleur dorée, symbolise le soleil, source de lumière, et donc pour les Chrétiens l’image du Christ, rappelant ainsi la prophétie de Saint-Siméon, il ne faut pas oublier que c’est une galette de céréales que les Romains mangeaient à la même époque, en l’honneur cette fois de la déesse Proserpine. Voilà qui incite à penser, une nouvelle fois, que la Fête de Présentation de l’Enfant Jésus, instaurée vers le Ve siècle, visait d’abord à remplacer un rite païen qui perdurait encore.

Chandeleur : Hypapante ou Purification

La Fête de la Présentation de l’Enfant Jésus au Temple, quarante jours après sa naissance, coïncide avec celle de la Purification de la Vierge, coutumes courantes de la vie publique et privée des Hébreux. Deux autres aspects de la fête, l’un saisonnier et agraire, l’autre célébrant la lumière ascendante, sont beaucoup plus importants par la richesse des traditions qu’ils évoquent.

 

Mantegna – Purification de la Vierge

La présentation de l’Enfant au Temple, son accueil par Saint Siméon, prophétisant sa vocation divine et son martyr sur la croix, donnent à la fête le nom d’Hypapante, c’est-à-dire « ce qui vient au-devant » de la gloire.

En Méditerranée orientale, la fête était très respectée des paysans qui redoutaient pendant cette période les chutes de grêle, désastreuses pour une végétation encore bien fragile. Ce jour-là, « les moulins chôment, les esclaves chôment et les ânes se reposent » suivant le dicton populaire et c’est pour cela que la Vierge de ce jour est appelée « Myliargoussa », « celle qui arrête les moulins ». Sa fête servait ici comme moyen de prévisions du temps et de la qualité des récoltes : « Le temps d’Hypapante est celui des quarante jours à venir », affirmaient les paysans, ou encore : « Hypapante enneigée, greniers bien chargés ».

Dans les traditions occidentales, la fête est connue sous le nom de Chandeleur parce que l’on conserve ce jour-là les chandelles allumées que l’on porte à travers les églises. Dans la « Légende dorée », Jacques de Voragine explique cette coutume par quatre bonne raisons dont la première consiste à « détruire » des pratiques mauvaises, échos des traditions préchrétiennes : « Autrefois, aux calendes de février, temps lustral, les Romains illuminaient les villes tous les cinq ans avec des cierges et des flambeaux, durant toute la nuit, en l’honneur de Februa, mère hypothétique de Mars, afin que celui-ci accorde la victoire aux armées romaines ». 

La Légende dorée par Jacques de Voragine – Dominicain et Archevêque de Gênes

Il s’agissait en fait de la « lustratio populi », appelée « lustrum », grande fête quinquennale de purification du peuple, accompagnée de sacrifices publics et privés.

La « Légende dorée » poursuit : « En outre, pendant ce mois, les Romains offraient des sacrifices à Febvrius, c’est-à-dire Pluton, et aux autres dieux infernaux pour les âmes de leurs ancêtres ; toute la nuit, ils veillaient en chantant leurs louanges et tenaient des cierges et des torches allumées »…. Le Pape Innocent dit encore que les femmes romaines célébraient ce jour-là la Fête des Lumières en souvenir de la fable de Proserpine : « elle était si belle que le dieu des Enfers, épris d’elle, l’enleva et en fit une déesse ». Et l’historien de poursuivre : « Ses parents la cherchèrent longtemps dans les forêts et les bois avec des torches et des flambeaux… Or, parce qu’il est difficile aux Chrétiens, nouvellement convertis, d’abandonner une coutume, le pape Sergius lui donna un but meilleur, en ordonnant aux Chrétiens de célébrer, chaque année à pareil jour, une fête en l’honneur de la sainte Mère du Seigneur, avec cierges allumés et chandelles bénites »…

D’autres sources font remonter l’origine de la Chandeleur à la  « Parentalia » romaine : fête annuelle en l’honneur des morts et au cours de laquelle, les Romains veillaient, éclairés par des cierges et des torches. On dit encore que la Chandeleur serait à relier au dieu Pan et durant la nuit, les adeptes du dieu parcouraient les rues de Rome en portant des flambeaux. De même la crêpe romaine symbolisait la roue solaire dont on faisait don aux divinités sans lequel le blé serait altéré. 

Imbolc et les grandes fêtes celtiques

Il faut également mentionner une célébration qui, cette fois, avait lieu dans le monde celte : la fête de la déesse Imbolc, qui se déroulait le 1er février. Imbolc semble signifier « lustration » et il s’agissait donc d’une fête de purification de l’eau lustrale, rite agraire très important censé favoriser la fécondité et la fertilité. Le relais chrétien de cette fête a été pris par Sainte Brigitte. Toutefois, on conserve toujours dans les villages les chandelles allumées dans l’église, croyant qu’elles écartent le tonnerre, les tempêtes et les orages. On a encore l’habitude un peu partout dans l’Occident catholique de faire des crêpes : s’il s’agit d’une évocation du disque solaire, il faut y voir aussi une coutume liée à la première récolte d’œufs de l’année.

Tout le monde connaît la célèbre prophétie : « A la Chandeleur, l’hiver s’apaise ou prend vigueur » et dans certaines traditions on guettait l’apparition ou non de l’ours ce jour-là, laquelle confirmait, ou non, le proverbe. On racontait que l’ours sortait de sa tanière et que, si le ciel était clair, il y rentrait pour y séjourner les quarante jours suivants, car l’hiver allait continuer. Si, par contre, le ciel était sombre, c’était le signe que l’hiver allait reculer et qu’on en sortait définitivement.

Ours de la Bible de Winchester – Fin du XIIe siècle

Dans les pays pyrénéens, chasses à l’ours et danses de l’ours symboliques ont lieu à la Chandeleur, laquelle peut marquer le début du carnaval si le cycle lunaire, dont dépend le calcul de sa date, le fait coïncider avec le 2 février.

D’autres proverbes se rapportent à la Chandeleur :

A la Chandeleur le jour croît de deux heures.
A la Chandeleur, le froid fait douleur.
Rosée à la Chandeleur, hiver à sa dernière heure.

Et puis, la Chandeleur, dernière fête du cycle de Noël, marque l’ouverture de la période de Carnaval. C’est en même temps un signe de renaissance et de promesse d’avenir. La crêpe servait à exorciser la misère et le dénuement. On disait qu’il fallait pour cela garder la première, garante, toute au long de l’année, jusqu’à la Chandeleur suivante, garante de la prospérité. Cette crêpe que l’on ne mange pas est la survivance du rite de l’offrande et, parfois, si l’on était plus fortuné, on mettait un louis d’or dans la crêpe.

Fêtes et croyances populaires en Europe – Yvonne de Sike – Editions Bordas

 

 

Tagged Under : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,