DANS L’HERBIER DU CANCER… LA CAMOMILLE…

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 18-07-2012

Il existe deux sortes de camomille : l’une est sauvage, c’est la camomille allemande, l’autre est presque toujours cultivée, c’est la camomille romaine. Cependant, leurs propriétés sont sensiblement identiques, mais les avis sont partagés sur leur degré d’efficacité, certains affirmant que la camomille romaine est la plus forte alors que d’autres accordent la palme à la camomille allemande. Celle-ci serait en effet plus agréable au goût que la camomille romaine. Les Anciens louaient déjà les vertus de la camomille et les Egyptiens l’avaient dédiée au soleil en raison de son efficacité contre les fièvres. Dioscoride et Galien la préconisaient dans le même domaine ainsi que contre les courbatures et les troubles féminins, d’où son nom savant de « Matricaria chamomilla », on est bien là dans le monde féminin du Cancer qui est en analogie, dans le corps humain avec l’utérus.

Camomille romaine

Par ailleurs, la camomille était prescrite contre la paresse de l’estomac, les ballonnements, les digestions difficiles, ainsi que contre l’insomnie. On peut utiliser la camomille comme tonique de l’appétit, avant les repas, pour faciliter la digestion et lutter contre les flatulences. Comme on le sait, dans le corps humain, au Cancer et à la Lune correspondent tout ce qui est poche qui protègent et qui nourrit… On vient d’évoquer l’utérus, mais il ne faut pas en oublier pour autant l’estomac, autre poche toute aussi essentielle en matière de nourriture.

Les médecins d’autrefois tenaient la camomille pour un médicament précieux et la prescrivaient souvent, mais à des doses beaucoup plus concentrées que celles auxquelles on a habituellement recours. La camomille était fortement recommandée en cas de migraines à l’approche des règles, ainsi qu’en cas de règles douloureuses.

 Camomille allemande

On conseillait également d’ajouter quelques gouttes de jus de citron non seulement pour éclaircir la tisane, mais surtout pour en renforcer l’action.

En aromathérapie ou en huile de massage, la camomille combat le stress et l’anxiété. Elle agit sur les troubles du sommeil et lutte contre l’insomnie, grâce à un léger effet somnifère. Là encore, on est bien dans le monde du Cancer et de la Lune, tellement en rapport au monde de la nuit et si propice au sommeil. 

La camomille permet également de combattre l’inflammation des paupières, la conjonctivite, ainsi que les infections de la peau comme les dartres et l’eczéma. Mêlée à l’eau du bain, en décoction, elle décontracte et efface la fatigue.

La camomille soulage aussi les hémorroïdes, calme les prurits ainsi que les douleurs rhumatismales.

Fleurs de camomille séchées

Enfin, si vous êtes blonde, un shampooing confectionné avec un litre d’eau dans lequel ont bouilli, pendant vingt minutes, 100 grammes de fleurs de camomille, apporteront à vos cheveux de magnifiques reflets dorés.

Autre astuce : si vous vous frottez les mains et le visage avec les feuilles froissées de la matricaire, vous éloignerez guêpes et abeilles. Par ailleurs, certains affirment qu’avant de commencer une partie de cartes, il faut se laver les mains avec une infusion de camomille… En effet, ça porterait chance.

La camomille est originaire de Méditerranée orientale, mais on la trouve aujourd’hui dans le monde entier. En France, c’est en Anjou qu’elle est le plus cultivée. C’est l’une des plantes médicinales les plus populaires de l’Histoire. La camomille romaine, la plus utilisée, est une plante herbacée vivace de la famille des Astéracées.

Bibliographie

Nos Grand-mères savaient – La Vérité sur les plantes et la vie naturelle – Jean Palaiseul – Editions Robert Laffont

 


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LA PIERRE DE LUNE… PIERRE DU CANCER

(08 - LES PIERRES ET METAUX DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 17-07-2012

Les Romains pensaient que la Pierre de Lune était constituée de la lumière lunaire car ses reflets bleutés ou argentés évoquent la lumière de la Lune. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’on la taille en cabochon pour lui assurer le meilleur effet. C’est une pierre qu’on considère comme magique de par sa luminescence. On lui prête de nombreux bienfaits, comme celui de stimuler l’intuition et la sensibilité, tout en éliminant les blocages. Elle favoriserait aussi les qualités féminines telles que la douceur, la réceptivité et serait efficace pour traiter les douleurs menstruelles.

On disait aussi que la Pierre de Lune apportait protection aux voyageurs et était facteur de chance en général. Elle contribuerait également au bonheur conjugal et réconcilierait les amoureux en crise.

Sur le plan de la santé, la Pierre de Lune présenterait des vertus bénéfiques sur l’estomac, la rate, le pancréas et le système lymphatique.

Pierre de Lune

La pierre de lune offre toute une palette de couleurs allant de l’incolore au gris, en passant par le brun et le jaune, et même le vert ou le rose. Sa luminosité se situe entre le transparent et le translucide. Les plus beaux spécimens ont un reflet interne bleu, une limpidité parfaite et le corps de la pierre est incolore. C’est pourquoi les pierres les plus recherchées sont celles qui n’ont aucune connotation jaunâtre. Elles irradient alors par leurs reflets et habillent les collections de bijoux de jeunes créateurs et des maisons de joaillerie.

La pierre de Lune, qu’elle soit nacrée ou à reflet bleuté, provient de Ceylan. Cependant, on la rencontre également en Inde dans la région de Madras, ainsi qu’en Birmanie, en Tanzanie, à Madagascar et même aux Etats-Unis.

En Inde, la Pierre de Lune était portée par les amoureux en lune croissante pour aviver leur amour et le faire grandir. A la lune décroissante, placée sous la langue, la Pierre de Lune permettait au couple de percevoir l’avenir. Plusieurs récits relatent la singulière liaison entre les couleurs de la pierre avec les cycles de la Lune. Citons le cas du Pape Léon X dont la Pierre de Lune passait du blanc au bleu et vice versa suivant les phases de celle-ci.

Pierre de Lune du Sri Lanka

Si on la porte en Lune décroissante, la Pierre de Lune développe l’imagination, l’inspiration et donne de la clairvoyance, ou du moins permet d’éclairer les rêves. Ainsi tout ce qui est lié à la lune et à la femme sera activé par le port de cette gemme.

Jean-Louis Victor, dans son livre « Tarot chinois » décrit comment s’harmoniser et se servir des quatre phases lunaires. Les démarches deviennent plus fructueuses en agissant avec les forces de la nature. Voici un résumé de ces phases qui se divisent en périodes de sept jours : la Nouvelle Lune favorise les bases d’une action future ; le premier quartier soutient le mieux les projets et leurs aboutissements ; la Pleine Lune est propice aux réalisations concrètes et avantage les énergies amoureuses ; le dernier quartier reste le plus difficile et l’on préfèrera se mettre en veilleuse si l’on peut.

Mosaïque des phases de la Lune

La Lune possède les forces de coagulation dans la matière, elle régit les marées et la circulation des fluides dans le corps (la lymphe). Ainsi, la pierre de lune est propice à la maturation et à la gestation de toutes choses vers une émergence féconde.

La Pierre de Lune développe le côté féminin, ce qui rendra certains hommes plus sensibles, plus doux. Elle crée un climat d’harmonie dans le foyer et favorise les expériences à but constructif. La Pierre de Lune facilite la libération d’anciens schémas émotionnels négatifs et augmente les intuitions. Elle est bénéfique aux relations possessives avec la mère. Elle stimule les créations mentales, la réceptivité et la clairvoyance. Sur le plan physique, elle régit et favorise la circulation des fluides.

La Pierre de Lune est une variété d’adulaire, transparente à translucide, aux reflets opalescents et nacrés. Ses couleurs vont du brun clair au jaune pâle, mais aussi gris bleu, blanc, incolore. Par son éclat, la Pierre de Lune nous invite aux voyages et stimule l’imaginaire, c’est une pierre aux charmes mystérieux.

Bibliographie

Le Grand Livre de la Magie des Pierres – S. Da Ros – Editions Trajectoire  

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DANS LE BESTIAIRE DU CANCER… LE CHAT

(09 - LES ANIMAUX DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 14-07-2012

Pourquoi considérer le chat comme un animal lunaire ? D’abord parce que la nuit, il disparaît pour ne réapparaître qu’au petit jour, rentrant à la maison comme si de rien n’était, pour venir y dormir. Et quel sommeil… Il lui en faut en moyenne entre douze et seize heures, et parfois il dort encore davantage. Il ne reste éveillé qu’entre 8 et 12 heures dont une partie la nuit, où il part chasser. Autre trait de caractère typiquement lunaire, le chat connaît une grande proportion de sommeil paradoxal pendant lequel il rêve. La durée quotidienne de cette phase dure pour lui de 180 à 200 minutes alors que pour l’homme il n’est que de 100 minutes. C’est d’ailleurs pour cela que le chat est fréquemment utilisé dans le cadre d’expérimentations sur les cycles du sommeil.

Câlins de chats

Ensuite, le chat a besoin de son foyer, de sa maison, de ses habitudes. Le chat est un animal territorial. Cela signifie que la préservation de son lieu de vie est le moteur principal de ses interactions avec les autres individus. Ainsi, lorsque plusieurs chats partagent le même appartement, il n’est pas rare de les voir choisir chacun son propre parcours pour aller d’un lieu à un autre. Ils se sont comme partager le territoire. Le chat n’en est pas pour autant un animal strictement solitaire. Selon l’espace et les ressources disponibles, les chats forment différentes structures spatiales et sociales. Cela va des chats solitaires en milieu rural aux larges et denses groupes en milieu urbain.

Ainsi, le symbolisme du chat est très hétérogène, oscillant entre tendances bénéfiques et maléfiques, ce qui peut s’expliquer par l’attitude à la fois douce et sournoise de l’animal. D’ailleurs, si on remonte le temps, on constate que les Egyptiens le vénéraient alors qu’en Europe, au Moyen Age on le diabolisait. Il ne retrouvera ses lettres de noblesse qu’au XVIIIe siècle. En Asie, le chat est souvent synonyme de chance, de richesse et même de longévité.

Bastet la déesse égyptienne

Pour en revenir aux Egyptiens de l’Antiquité ce chat divinisé l’était sous les traits de la déesse Bastet, déesse protectrice, symbole de fécondité et de l’amour maternel, dont le culte se situait principalement dans la ville de Bubatis… Les archéologues ont mis en évidence de très nombreuses momies de chat qui montrent à quel point les Egyptiens les vénéraient. Certaines momies se trouvent au Musée du Louvre à Paris, au British Muséum de Londres ainsi qu’au Musée égyptien du Caire. Le chat avait un tel pouvoir dans l’Egypte ancienne que les Phéniciens venaient voler aux Egyptiens des couples de cet animal sacré pour les revendre aux Grecs. Aristophane cite même la présence d’un marché aux chats à Athènes. Nous retrouvons avec les symboles de fécondité et d’amour maternel de la déesse Bastet des images lunaires et Cancer.

Les Romains de leur côté vouent une passion aux gros animaux agressifs et ne viendront que tardivement à apprécier le chat. Celui-ci fut d’abord réservé aux classes aisées. Ensuite l’usage de posséder un chat se répandra dans tout l’Empire et dans toutes les couches de la population, car on en percevra très vite l’avantage de posséder un tel animal apte à défendre les récoltes et les greniers contre les rongeurs habituels et les pérégrinations des Romains assura la dispersion du chat dans toute l’Europe.

 

Le chat et l’oiseau – Mosaïque à Pompéi

En Islam, l’image du chat est positive, en raison de l’affection qu’éprouva Mahomet pour lui qui l’avait sauvé de la morsure d’un serpent. Cependant, si le chat est noir, il devient négatif d’en croiser un. Par ailleurs, une légende raconte que les rats incommodaient les passagers de l’Arche, Noé passa la main sur le front du lion qui éternua, projetant un couple de chats et c’est pourquoi le chat ressemble au lion. Toujours pour l’Islam, le chat est doué de baraka et s’il est noir il possède des qualités magiques. On donne sa chair à manger pour être délivré de la magie. La rate d’un chat noir, accrochée à une femme qui a ses menstrues, les arrête. On se sert de son sang pour écrire des charmes puissants. Les Djinn apparaissent souvent sous la forme de chats. En Perse, quand on tourmente un chat noir, on risque d’avoir affaire, sous cette apparence, à son propre « hemzâd », c’est-à-dire un génie né en même temps que l’homme pour lui tenir compagnie, et de se nuire ainsi à soi-même. Suivant d’autres, un chat noir est un Djinn malfaisant qu’il faut saluer, quand il entre de nuit dans une chambre. Dans bien des traditions, le chat noir symbolise l’obscurité et la mort.

Le chat est voué à Satan dans l’Europe chrétienne durant presque tout le Moyen Age, d’abord parce que par le passé il fut adoré des païens et aussi et surtout à cause de la réflexion de la lumière dans ses yeux qui passe pour représenter les flammes de l’Enfer. D’ailleurs, dans la symbolique médiévale, le chat est associé à la malchance et au mal, surtout s’il est noir, ainsi qu’à la sournoiserie et à la féminité. C’est l’animal du diable et des sorcières dont leur commerce est plutôt nocturne, comme la Lune. On en vient à lui attribuer des pouvoirs surnaturels dont la faculté est de posséder neuf vies. Et en même temps, on lui reconnaît un rôle prophylactique et sa fourrure est un objet de commerce. Ce chiffre neuf qu’on lui associe vient du fait que les sorcières pouvaient se changer neuf fois en chat et qu’il pouvait avoir neuf propriétaires différents, le dernier étant emporté en enfer… Dans le genre supplice, on se souvient de ce fouet de marine : le chat à neuf queues.

 

La Sorcière et son chat noir sur son balai

Comme le chat est le représentant du diable, au Moyen Age on pensait qu’il avait été offert à son propriétaire par celui-ci pour l’enrichir, comme dans la légende provençale des « matagots » qui ramènent une pièce d’or chaque matin. Le chat emporte aussi les sorcières au sabbat sur leur dos. Celles-ci peuvent aussi se jucher sur des chars tirés par des chats, comme la déesse Freya. De nombreux sorciers prennent la forme de chat durant leur réunion. C’est du moins ce que reconnurent les sorciers de Vernon lors de leur procès, mais cela se passait en… 1566.

Le chat noir comme on l’a vu est particulièrement sujet aux superstitions et aux croyances. En France, le noir et le rouge représentent les couleurs du diable. Aussi, les chats noirs étaient-ils souvent rejetés de peur qu’ils n’attirent le malheur. Bien au contraire, au Royaume-Uni croiser un chat noir porte bonheur…

 

La déesse Freya sur son char tiré par deux chats

Parfois encore, le chat est conçu comme un serviteur des Enfers. Les Nias de Sumatra connaissent l’arbre cosmique qui a donné naissance à toutes choses. Les morts, pour monter au ciel, prennent un pont  sous le pont, c’est le gouffre de l’enfer. Un gardien est posté à l’entrée du ciel avec un bouclier et une lance ; un chat lui sert à jeter les âmes coupables dans les eaux infernales.

La Renaissance marque un certain retour en grâce du chat, principalement en raison de son action préventive contre les rongeurs dévoreurs de récoltes. Les voyages par delà les océans font connaître des espèces exotiques qui aidèrent à la réhabilitation du chat, à l’exemple de l’Empereur Charles Quint qui emporte avec lui lors d’une retraite au Monastère de Yuste deux petits chats brésiliens offerts par sa sœur Catherine du Portugal.

Maneki-Neko le chat porte-bonheur du Japon

Au Japon l’attitude des Japonais à l’égard du chat est plus ambigüe puisqu’il fut longtemps considéré comme un animal de mauvais augure, capable, disait-on, de tuer les femmes et d’en revêtir leur forme. Dans le monde bouddhique, on lui reproche d’avoir été le seul, avec le serpent, à ne pas s’être pas ému de la mort du Bouddha, ce qui pourrait toutefois, d’un autre point de vue, être considéré comme un signe de sagesse supérieur. Toujours au Japon, le chat est quand même un porte-bonheur à travers des Maneki-Neko, sortes de talismans représentant un chat avec la patte derrière l’oreille. De plus, diverses légendes attribuent aux chats le pouvoir de prédire le temps qu’il fera et même de prévoir les séismes.

En Thaïlande et au Cambodge, on demande la bienveillance du dieu Indra à travers un rituel consistant à asperger d’eau un chat dans une cage et promené autour du village, dans l’intention surtout d’obtenir la pluie. Chaque villageois arrose le chat dont les cris, dit-on, émeuvent Indra, dispensateur de l’ondée fécondante.

Enfin, pour les Indiens Pawnees d’Amérique du Nord, le chat sauvage est un symbole d’adresse, de réflexion, d’ingéniosité. C’est un observateur malin et pondéré qui arrive toujours à ses fins. De ce fait, c’était pour eux un animal sacré qui ne pouvait être tué que pour des fins religieuses et en observant certains rites.

De l’adresse et de l’ingéniosité, on passe au don de clairvoyance ce qui fait que nombre de « sacs à médecine » sont faits de peau de chat sauvage, en Afrique centrale.

 

Le chat dans le tableau La Raie de Chardin

Le chat mit longtemps à conquérir sa place dans le monde artistique, en Europe. Ce n’est qu’à partir du XVIIe siècle qu’il apparaît de temps en temps dans la peinture française, flamande, anglaise ou italienne, le plus souvent comme un élément du décor et généralement dans une scène de cuisine où il joue le rôle de voleur de nourriture. Se souvenir du célèbre tableau de Chardin, intitulé La Raie, qui montre un chat arc-bouté sur la table. C’est Jean-Baptiste Perronneau qui fera d’un chat le premier plan du tableau, même s’il n’en est qu’un personnage secondaire comme la Fillette au chat, la Petite Fille au chat ou le Portrait de Magdaleine Pinceloup de La Grange.

En Angleterre, c’est le peintre Louis Wain qui fit du chat sa spécialité. Au début de sa carrière, ses chats étaient à la manière des fables de Jean de La Fontaine, représentés avec des comportements humains. Wain s’est par la suite intéressé au chat en lui-même par des portraits qui sont devenus de plus en plus abstraits, au fur et à mesure que la schizophrénie de l’artiste s’aggravait.

Au Japon, des artistes comme Hokusai et Hiroshige ont mis en scène des chats et même avant eux, un artiste comme Kaigetsudo Anchi en fait apparaître un, tenu en laisse par une élégante courtisane, dans une célèbre estampe qu’on peut voir au Musée national des Arts asiatiques Guimet et publiée aux alentours de 1715.

Le Chat de Philippe Geluck

Au XIXe et XXe siècles, nombreux furent les artistes qui le représentèrent : des sculpteurs comme Giacometti ou Barye ou des peintres comme Delacroix, Manet, Renoir, Toulouse-Lautrec, Raoul Dufy, Paul Klee, Balthus pour ne citer qu’eux. Ensuite, ce furent les humoristes qui se servirent du chat. On pense à ce chat noir et blanc qui accompagnait les « Vieilles Dames » de Jacques Faizant ou le chat philosophe de Philippe Geluck.

L’apparition du chat dans la littérature fut d’abord discrète. Peu apprécié au Moyen Age, on ne lui confère que l’utilité de chasser les souris et les écrits le concernant reflètent les idées de l’époque. Il faut attendre le IXe siècle et Hildegarde de Bingen qui lui consacre un paragraphe bref et peu élogieux dans son « Livre des subtilités des créatures divines » : « Au plus fort des mois d’été… le chat demeure sec et froid. Le chat ne reste pas volontiers avec l’homme, excepté celui qui le nourrit ».

Le célèbre « Roman de Renart » nous laisse l’image de Tibert le chat, tout aussi rusé et hypocrite que Renart, mais aimé par Noble, le lion.

C’est la Renaissance qui va peu à peu réhabiliter le chat et de nombreux écrivains et poètes vont améliorer sa réputation tels Pétrarque mort la tête posée sur son chat, ou Joachim du Bellay qui améliore la réputation du chasseur de souris.

 

Manet – Rendez-vous de chats – 1870

En 1869 paraît « Les Chats » de Jules Champfleury qui réunit toutes les connaissances de l’époque sur le chat et qui révèle la place privilégiée du chat dans les milieux intellectuels. Au XXe siècle, nombreux furent les auteurs qui firent du chat le héros de leurs œuvres, mais c’est surtout Colette qui les placera dans ses écrits.

Dans les fables de La Fontaine, c’est Raminagrobis qui garde au chat une image d’animal malin mais profiteur. Raminagrobis est un chat gras et bien nourri, tout comme Rodilardus ou Rodillard de Rabelais. Son comportement profiteur et sa malice sont mises en valeur par des compères aussi rusés que lui comme le singe ou le renard.

 

Le Chat botté

Dans les contes, le chat a une image plus mystérieuse. Ainsi dans « Les Contes du Chat perché » de Marcel Aymé, Alphonse dans le conte intitulé « La patte du chat », peut faire pleuvoir en passant sa patte derrière l’oreille. Dans « Alice au pays des merveilles », le Chat du Cheshire apparaît et disparaît par morceaux mystérieusement, en laissant flotter son sourire. Quant au Chat Botté de Charles Perrault, il est l’héritage inattendu que lègue le meunier à son troisième fils et qui rendra son maître riche par la ruse.

Dans les romans et les nouvelles, le chat garde souvent son aspect mystérieux, inspirant des récits fantastiques : Le Chat noir d’Egard Allan Poe où deux chats noirs précipitent la folie du personnage principal. Le chat peut aussi être le témoin de la vie des hommes : c’est « Je suis un chat » de Söseki Natsume où un chat dépeint la société japonaise de l’ère Meiji.

 

La bande dessinée n’est pas en reste et utilise les chats à travers des situations comiques ou racontant leur vie comme « Le Chat du Rabbin ». Parfois, ils sont accompagnés d’un compère antagoniste dans le but de faire rire, tels Sylvestre et Titi et Grosminet, Tom et Jerry, Pif et Hercule. Souvent aussi ce sont des personnages secondaires comme les chats Artémis, Luna et Diana… on ne peut plus lunaires, dans le manga Sailor Moon, ou encore Azraël compagnon de Gargamel dans les Schtroumpfs de Peyo.

Même la musique n’est pas en reste et a utilisé le chat… On se souvient du duo des chats ou du Contrapunto bestial d’Adriano Banchieri, ou même Capriccio stravagante, Il gatto datant de 1627 ou même « La Chatte anglaise » d’Hans Werner Henze. Des opéras sont composés de miaulements, notamment l’Enfant et les Sortilèges selon un livret de Colette, ou « Cats » célèbre comédie musicale avec des chats comme personnages principaux.

La Mère Michel, son chat et le père Lustucru

Dans la chanson, il y a bien sûr la célèbre « Mère Michel qui a perdu son chat », mais également Georges Brassens, un amoureux des chats qui en possédait neuf, et leur dédia plusieurs vers dans sa chanson « Testament ».

De même les proverbes et dictons liés au chat ils pullulent comme des souris dans la langue française, certains remontant même au Moyen Age. Ils mettent en scène l’animal lui-même avec toujours les mêmes clichés : il dort beaucoup, chasse les souris et bien sûr court très vite. Ces proverbes mettent aussi en avant les caractéristiques du chat, comme « avoir des yeux de chat », « donner sa langue au chat ».

Quant au mot « chat » lui-même, il vient du bas latin « cattus » qui d’après le Littré dans une édition datant de 1878, provient du verbe « cattare » qui signifie « guetter », nous ramenant au chat chasseur qui guette sa proie. Cependant, en latin classique « chat » se disait « felis » racine des mots français « félin », « félidés »… mais qui désignait uniquement le chat sauvage d’Europe, alors que « cattus » s’appliquait au chat domestique.

Toutefois, on désigne aussi plus familièrement le chat par « minet » et la chatte par « minette ». Ce terme est attesté dès 1560. Il provient de « mine », nom populaire du chat en gallo-roman. Ce mot est à l’origine de l’expression « dès potron-minet » qui signifie « de bon matin ». Toujours d’après le Littré, il s’agirait de la déformation de « paître au minet », c’est-à-dire du moment où le chat qui se lève tôt, va chercher son « paître », à savoir sa pâture, sa nourriture. Cependant pour Claude Duneton, cette expression provient de « poitron-jacquet », « jacquet » désignant l’écureuil, animal matinal marchant la queue levée, le « poitron » n’étant autre que le postérieur. « Dès potron-minet » signifie donc : « à l’heure où l’on voit le derrière du chat ». Quant au « minet » ou à la « minette » qui « fait ses mines », lorsque ce terme est appliqué à l’être humain, c’est un jeune homme ou une jeune fille qui s’efforce de plaire et se préoccupe beaucoup de son apparence.

Le « matou » est un chat mâle non castré, terme à l’origine incertaine qui viendrait peut-être d’une dérivation de « mite » comme dans « chattemite ». Le chat est aussi nommé familièrement « mistigri », composé du préfixe « miste » qui signifie « adroit » et de « gris », la couleur. Enfin, en argot, on appelle le chat un « greffier ». Il existe deux explications qui s’opposent, mais peut-être n’en font qu’une. D’une part, le jeu de mot sur « griffe » est évident et d’autre part, la fourrure de certains chats noirs porte une sorte de plastron blanc sur le poitrail évoquant le rabat blanc que l’on voyait sur la robe noire des greffiers jusqu’au XIXe siècle.

Bibliographie

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins 

 

 

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LA MAISON IV DU THEME ASTRAL… LA MAISON CANCER

(5.6 - LES MAISONS ASTROLOGIQUES) par sylvietribut le 13-07-2012

La Maison IV est en analogie avec le quatrième signe, le Cancer. C’est une Maison d’Eau, gouvernée par la Lune. C’est une Maison Cardinale qui évoque le besoin d’avoir des buts et des objectifs dans la vie. Ceux de la Maison IV et du Cancer tournent autour de la nécessité de construire son cadre de vie, d’acquérir et d’accroître un patrimoine souvent dans le but de fonder une famille ou tout au moins d’assurer sa propre sécurité et sa protection, à l’image du crabe bien à l’abri dans sa carapace. La Maison IV ce sera donc également l’œuf, le nid, la coquille… Cette Maison IV est donc relative aux biens fonciers, propriétés, domaines, transmis par héritage.

 

Les douze Maisons astrologiques

La Maison IV, Maison du Cancer est aussi la Maison de la Lune car dans le Cancer la Lune y a élu domicile. Comme la Lune, la Maison IV représente la maison, le foyer, la vie familiale et domestique, la vie privée du home, à l’intérieur, au domicile ainsi que le patrimoine et par extension le pays natal. La Maison IV évoque donc les caractéristiques et tendances familiales, les rapports avec le milieu de naissance, ainsi que les avantages et les inconvénients qui découlent de la famille. Elle renseigne également sur les conditions de vie au foyer. La Maison IV est celle de l’intimité et de notre besoin d’intimité.

La Maison IV est donc le lieu de nos origines et représente nos parents, nos ancêtres, notre mère souvent. On dit parfois que la Maison IV se rapporte au père en nativité masculine et à la mère en nativité féminine. Elle est donc la Maison de l’hérédité, des atavismes aussi. C’est avec la Maison IV que l’on jugera de l’hérédité et de l’influence des ascendants sur la personnalité.

 

Les ancêtres

En analogie avec la Lune, la Maison IV préside aux destinées de la maisonnée, comme elle préside à toute naissance et comme il se doit, elle coupera le fil de la vie et préside donc à la mort, et à toute mort symbolique, c’est pourquoi elle est dite « Maison de la fin des choses ». Se souvenir que le premier mort de la création est la Lune puisque pendant trois nuits, chaque mois lunaire, elle est comme morte, elle a disparu.  Par extension, la Maison IV ce sera aussi le tombeau, là où l’on reposera après la mort. On appelle également la Maison IV le Fond du Ciel.

Dans les âges de la vie, la Lune, le Cancer et la Maison IV représentent le bébé et on la retrouve en fin d’existence, après la décrépitude saturnienne, on retombe en enfance, étape lunaire par excellence.

 

La Lune en domicile en Cancer et en Maison IV

Dans un thème, le Maître de la Maison IV, ce qu’il représente et la situation qu’il occupe dans les signes et les Maisons, indiquent comment et par quoi les tendances exprimées par cette Maison peuvent être influencées. S’il n’y a aucune planète dans la Maison IV d’un thème, c’est le Maître de cette Maison IV qui en est le principal significateur.

Pour juger de l’importance de la Maison IV, il faudra l’analyser en détail :

–       Quel signe superpose la Maison IV dans le thème ;

–       Quel est le Maître de ce signe et donc de cette Maison IV et où se trouve-t-il dans le thème ;

–       Quels sont les aspects que ce Maître de Maison IV forme et reçoit des autres planètes du thème ;

–       Y a-t-il des planètes superposant cette Maison IV et de quelles Maisons ont-elles la Maîtrise.

Exemple :

–       Maison IV en Scorpion… Ce sont Pluton et Mars qui vont donc gouverner cette Maison IV.

–       On trouve dans ce thème Pluton en Vierge et en Maison II.

–       Quant à Mars, il superpose le Capricorne et la Maison VI, en harmonie avec Pluton.

–       Dans cette Maison IV, on trouve Neptune gouverneur de la Maison VI du thème.

L’influence du Scorpion sur la Maison IV évoque une ambiance familiale souvent troublée par la critique, la jalousie, la passion et parfois même la haine. Les décès ont une certaine répercussion sur la vie familiale et constituent autant de deuils pénibles. Le patrimoine peut également soulever des discussions, de même des questions d’héritages ne manqueront pas de se produire. Il existe également la possibilité de mener une vie secrète, de se cacher chez soi. Certains peuvent même être amenés à connaître la destruction de leur foyer consécutive à des événements.

La combinaison Maison IV/Maison II suggère que la situation financière est liée à celle de la famille. La fortune peut consister en biens fonciers, propriétés, immeubles, terrains. Selon l’ensemble du thème, le sujet dispose de la situation financière familiale qu’il peut accroître ou dépenser.

La combinaison Maison IV/Maison VI parle de l’influence des parents sur le travail et les obligations quotidiennes. De même les obligations du sujet sont liées à celles des parents, il peut être le continuateur de l’entreprise familiale. La famille rend à rester à sa charge, elle impose des obligations. Souvent, l’hérédité est maladive.

Neptune dans la Maison IV évoque des circonstances de naissance embrouillées. Une note de fantaisie imprègne le milieu familial. Les rapports familiaux sont vagues, les contours peu prononcés. La brouille n’est jamais loin, amenant beaucoup de confusion. Le patrimoine familial ne soulève périodiquement des problèmes singuliers, la fortune des parents est imprécise. La tendance est à la vie de bohème. La musique peut être une passion familiale et même la fin de vie aura un caractère assez romanesque.

  

 

 

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LA CONSTELLATION DU CRABE OU DU CANCER

(5.7 - CONSTELLATIONS ET ETOILES FIXES) par sylvietribut le 11-07-2012

La constellation du Crabe ou du Cancer se trouve à l’Est des Gémeaux, et elle est peu visible. Pour la trouver, il faut partir de Castor, la plus septentrionale des étoiles des Gémeaux, et construire un triangle équilatéral ayant pour base Procyon. Le sommet du triangle est sur l’écliptique, au centre du Cancer, sur Asellus Sud ou Delta Cancri, de magnitude 4. Encore moins visible, Asellus Nord, ou Gamma Cancri, est à 4° au Nord. Entre les deux, légèrement à l’ouest, se trouve un amas d’étoiles célèbres, Praesepe dite aussi la Crèche ou la Ruche, qui apparaît à l’œil nu sous la forme d’un petit nuage. Cet amas ne contient pas plus de 500 étoiles, et on peut en distinguer environ 80 avec de bonnes jumelles. Au sud, deux étoiles marquent les pattes du crabe : Acubens, et à l’Ouest, Al Tarf, alpha et bêta Cancri.

 

Constellation du Crabe ou du Cancer

Praesepe signifie « Essaim d’abeilles », et c’est un nom plein d’à-propos pour un amas d’étoiles ; mais on l’a vu aussi sous la forme d’une mangeoire, flanquée de deux ânes : Asellus Nord et Asellus Sud.

Cette constellation était appelée « Tortue » par les Babyloniens et « Scarabée » par les Egyptiens, 4 000 ans avant Jésus-Christ. Cependant, dès 2 000 ans avant Jésus-Christ, la plupart des civilisations la dénommaient « Crabe » ou une semblable créature à pinces. Quelques Grecs en parlaient sous le nom de « Porte des Hommes », là d’où les âmes provenaient pour pénétrer les corps à la naissance. Elle était l’une des 48 constellations identifiées par Ptolémée.

Dans la mythologie grecque, les récits concernant le Cancer sont aussi flous que les étoiles qui composent cette constellation. Le Crabe aurait été écrasé d’un coup de talon par Héraclès/Hercule, dont il essayait de pincer l’orteil, alors que le héros combattait l’Hydre, monstre au corps de chien et aux huit ou neuf têtes de serpent.

En revanche, dans les civilisations mésopotamiennes primitives, le Cancer joue un rôle important. Il représente la porte par laquelle passent les âmes, après leur séjour dans les étoiles, pour aller naître sous la forme d’êtres humains. Il existe un rapport entre le signe zodiacal du Cancer et le caractère peu visible de la constellation qui porte le même nom.

En effet, le passage du Soleil dans le signe marque le solstice d’été dans l’hémisphère Nord ; le Soleil atteint sa hauteur maximale au-dessus de l’horizon et « se tient immobile » : c’est l’étymologie latine du mot « solstice ». Ce moment-clé du calendrier solaire est marqué par les alignements de pierres que l’on trouve dans de nombreux sites préhistoriques, par exemple à Stonehenge (*).

La latitude du Soleil, au moment du solstice d’été, définit la position du tropique du Cancer. Le mot « tropique » vient du grec « tropos » qui signifie « tourner », et les solstices sont par conséquent des époques importantes, tant dans le calendrier que pour les affaires humaines.

 

Carl Gustav Jung

Le symbolisme du tropique du Cancer fournit la base d’une histoire bien connue, que raconte le psychologue Carl Gustav Jung lorsqu’il explique que c’est le complexe de synchronicité : simultanéité non causale, plus mystérieuse que la cause et l’effet, qui sous-tend tous les arts divinatoires, dont l’astrologie. Une patiente lettrée, mais névrosée, racontait à Jung un rêve dans lequel elle voyait un scarabée doré. Alors qu’elle parlait, Jung entendit frapper à la fenêtre de son bureau. Il ouvrit et un scarabée entra. Jung le prit et le présenta à sa patiente en disant : « Voilà votre scarabée ». La patiente resta abasourdie de l’irruption de la réalité dans son rêve, et le choc que lui procura cette « coïncidence » fut le tournant de sa thérapie.

 

Le site de Stonehenge – Angleterre

(*) En 1740, William Stukeley, qui s’intéressait à l’archéologie, a noté que l’axe des grandes pierres grises de Stonehenge, dans la plaine de Salisbury en Angleterre, était dirigé vers le Nord-Est, « là où le Soleil se lève quand les jours sont le plus longs ». Cependant, la croyance populaire avait depuis longtemps établir un lien entre le solstice d’été et Stonehenge puisque, depuis des siècles, on y organisait des fêtes de la mi-été. C’est ainsi qu’en 1223 l’évêque de Salisbury vilipendait, sans résultat, ces festivités, ces « jeux vils et inconvenants ». Il y avait probablement là trop de paganisme à son goût. Aujourd’hui, on sait que, au solstice d’été, pour un observateur placé au centre de Stonehenge, le Soleil se lève au-dessus de la grosse pierre d’assise, située à l’intérieur du site. Cependant, du point de vue astronomique, Stonehenge est très complexe, et c’est ce qui explique que ce lieu étonnant ait, depuis le début du XXe siècle, été considéré comme un ancien observatoire, mais aussi qu’il ait joué un rôle essentiel dans le développement de la connaissance de l’astronomie ancienne, ou archéo-astronomie.

 

Le scarabée d’or dans le miroir

Bibliographie

Le langage secret des Etoiles et des Planètes – Geoffrey Cornelius/Paul Devereux – Editions Solar – Paris

 

 

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UN MYTHE CANCER… ILITHYIE LA SAGE-FEMME

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 07-07-2012

Il est une déesse, Ilithyie, « celle qui vient en aide aux femmes en couches », qui entre tout naturellement dans la galerie des déesses maternelles. Elle était la déesse des naissances, protectrice des sages-femmes, tout comme la déesse égyptienne Taurt, déesse hippopotame, dont la présence est indispensable lors des accouchements. Ilithyie correspond à Lucine dans la mythologie romaine.

 

Taurt l’égyptienne déesse hippopotame – Protectrice des accouchements

Ilithyie, pour plaire à Héra/Junon, jouera un méchant tour à Alcmène, mère d’Héraclès/Hercule. Pour empêcher une femme de mettre son enfant au monde, il suffit qu’Ilithyie croise ses doigts et serre ses genoux. Héra lui demande de le faire pour rendre l’accouchement impossible et Alcmène souffre de plus en plus. Mais Galanthis, qui est auprès de la parturiente, entre dans la pièce où se trouve Ilithyie et annonce qu’Alcmène est délivrée. De saisissement, la déesse se lève, dénouant ainsi ses genoux et permet à Héraclès/Hercule de naître enfin. Galanthis, enchantée d’avoir joué ce tour, rit sous cape mais, pour se venger, Héra la transforme en belette.

Héraclès/Hercule bébé étouffant le serpent envoyé par Héra – Musée Capitolini – Rome

Furieuse, ivre de jalousie, la vengeance d’Héra n’est pas pour autant assouvie. Elle est déterminée à tuer le rejeton de son infidèle époux. Elle fait placer deux grands serpents dans le berceau d’Héraclès espérant ainsi le supprimer. Là encore son plan échoua car bien que bébé, Héraclès se saisit des serpents et les étrangle.

Accouchement d’Alcmène aidée par Galanthis

Homère parle tantôt d’un Ilithyie qui préside aux accouchements, tantôt de deux sœurs, les Ilithyies. Loin de faciliter les accouchements, elles semblent en provoquer les douleurs. Ilithyie serait donc la déesse des douleurs de l’enfantement.

 

Héra/Junon la Jalouse

Chez Hésiode, elle serait la fille de Zeus et d’Héra. Un hymne d’Olen de Lycie la présente comme une Hyperboréenne, mère d’Eros. Mais Pindare la rapproche des Moires.

 

Métamorphose de Galanthis en belette

Ilithyie n’apparaît dans le mythe qu’en tant que personnage secondaire. Dans la légende d’Héraclès, les Ilithyies sont retenues par Héra, qui veut empêcher Alcmène d’accoucher du héros avant que la femme de Sthénélos n’ait donné naissance à Eurysthée. Héra retient également Ilithyie prisonnière pour éviter qu’elle n’aide la délivrance de Léto, sur le point d’accoucher d’Apollon e Artémis. Léto souffre les douleurs de l’enfantement avant qu’Iris, messagère des dieux, ne parvienne à faire venir Ilithyie. Aussitôt qu’elle est arrivée, les dieux viennent au monde ; Ilithyie salue la naissance d’un grand cri, comme la Moire Lachésis. Elle assiste également à la délivrance d’Evadné, mère d’Iamos.

Accouchement de Léto

Ilithyie est sans doute une Déesse-Mère minoenne. Homère mentionne son sanctuaire dans une grotte à Amnisos. Ilithyie était particulièrement vénérée en Crète, en Laconie et à Délos.

Ilithyie est souvent représentée lors de la naissance d’Athéna. Elle était par exemple nommée sur une amphore tyrrhénienne du Peintre Prométhée (570-565 avant Jésus-Christ, où elle se tient derrière Zeus. Elle apparaît également dans le cortège des dieux aux noces de Thétis et Pélée sur le dinos Erskine.

 

Représentation d’un accouchement – Terre cuite

De nombreuses figurines en terre cuite montrent une femme accroupie en train d’accoucher, soutenue par une sage-femme. Il est possible qu’il s’agisse de représentations d’Ilithyie.

Le nom d’Ilithyie remonte au moins au mycénien. Il est mentionné sur une tablette de Cnossos à côté du mot « aminiso » à propos d’une offrande de miel.  Deux étymologies différentes ont été envisagées. La première part du thème « venir, aller » : Ilithyie serait « celle qui vient » ou « celle qui fait venir » ; la seconde estime qu’il s’agit d’un terme pré-hellénique.

Il existe évidemment dans d’autres civilisations des déesses de fertilité, s’occupant de grossesse, de naissance, des arts domestiques, des fleurs… tous domaines cancériens. Ce sera, par exemple, Xochiquetzal, mère de Xolotl et de Quetzalcoatl, le grand dieu aztèque.

La jeune Hébé – Antonio Canova – Musée de l’Ermitage – Saint-Pétersbourg

Chez les Grecs encore, un personnage moins ambigu, Hébé, la déesse enfant, peut aussi dans son aspect juvénile et innocent, faire partie des déesses Cancer. Fille de Zeus/Jupiter et d’Héra/Junon, pour une fois issue d’un couple légitime, et avant que son père n’installe Ganymède dans l’Olympe comme échanson des dieux, Hébé sert le nectar et l’ambroisie. A l’occasion elle soigne Arès/Mars blessé. On dit aussi que lorsqu’il devint immortel, Héraclès/Hercule épousa Hébé.

Ilithyie

Bibliographie

Dieux et Héros du Zodiaque – Joëlle de Gravelaine – Editions Robert Laffont 

 

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