LA CONSTELLATION DE LA VIERGE

(5.7 - CONSTELLATIONS ET ETOILES FIXES) par sylvietribut le 28-08-2012

La Vierge est une constellation zodiacale très ancienne, la seconde par la grandeur, bien qu’à part son étoile principale l’Epi (Alpha Virginis, de magnitude 1,2) elle soit relativement difficile à repérer. L’Epi se trouve au sud immédiat du cercle de l’écliptique.

Elle est plus facile à localiser si l’on prend les constellations voisines comme repères, par exemple si l’on suit la légère courbe de la queue de la Grande Ourse, un peu au sud-est, jusqu’à Arcturus (Alpha Boris), et qu’on la prolonge à peu près de la même distance, on arrive au sud de l’Epi, seule étoile brillante de cette région du ciel.

 

Constellation de la Vierge

La Vierge est représentée sous l’aspect d’une jeune fille, souvent ailée, étendue sur l’écliptique. Elle tient une palme de la main droite, et une gerbe de blé de la main gauche, c’est « l’Epi de la Vierge », l’Epi. Dans les civilisations mésopotamienne et égyptienne, la Vierge fut très tôt représentée par un personnage féminin lié à la fécondité.

 

La déesse Ashtart

Dans la mythologie babylonienne, elle représentait Ashtart, reine des étoiles. Dans ses chroniques de l’histoire anglo-saxonne, écrites au VIIe siècle, Bède le Vénérable établit un lien entre la déesse Astarté, assimilée à Ashtart, et la déesse saxonne de la Fécondité, Eostre, qui est à l’origine du terme saxon signifiant « Pâques ». Il s’agit en fait d’une simple constatation. A l’époque de Bède, les étoiles de la Vierge brillaient vivement dans le ciel nocturne en mars et en avril, au début de la saison des cultures dans l’hémisphère Nord, et elles demeuraient visibles jusqu’à la fin de l’été, pour assurer une récolte abondante. Douze siècles plus tard, les choses ont encore peu changé.

Certains auteurs grecs ont assimilé la Vierge à l’ancienne déesse égyptienne Isis ; toutefois, c’est surtout avec Perséphone, fille de la déesse de la Terre cultivée, Déméter, qu’elle a été confondue. Plus tard, Cérès, l’équivalent romain de Déméter, sera directement, et non plus par l’intermédiaire de sa fille, identifiée à la constellation ; le thème de la fertilité et des récoltes apparaît dans la légende bien connue de l’enlèvement de Perséphone. C’est à travers les jeunes pousses printanières, à l’occasion de l’un de ses rares excursions dans le monde supérieur, que le seigneur des Enfers, Hadès, vit la jeune fille. Il ramena la belle chez lui et en fit la reine de son royaume.

 

Perséphone et la grenade d’après Rossetti

Des jours et des jours durant, Déméter erra sur la Terre pour retrouver sa fille. Finalement, folle de tristesse et de rage, elle décida de ne plus fertiliser la terre jusqu’à ce que sa fille lui fût rendue. Zeus obligea son frère Hadès à restituer Perséphone, à la condition qu’elle n’eût pas goûté la nourriture des Enfers. Mais Perséphone avait grignoté quelques grains de grenade. Plein de compassion pour Déméter et pour sa fille, Zeus décréta que Perséphone pourrait néanmoins passer la moitié de l’année avec Déméter, le printemps et l’été, mais qu’elle devrait retourner avec Hadès pendant l’autre moitié, l’automne et l’hiver. Aussi, lorsque Perséphone revient chez sa mère, elle apporte le printemps. C’est là l’origine des fêtes initiatiques célébrées par les Athéniens, les « mystères d’Eleusis ».

 

Thémis la déesse de la Justice

Le mythe de Déméter-Cérès est à l’origine de la signification symbolique actuelle de la constellation. Cependant, on trouve aussi un autre élément important chez les auteurs classiques, chez qui la Vierge est assimilée à Astrée, fille de Zeus et de Thémis, déesse de la Justice. Elle a pour attribut la balance, qui est aussi la constellation du même nom. Selon le poète grec Aratos (v. 315-v. 45 avant Jésus-Christ), « elle était établie sur la Terre depuis les temps anciens et côtoyait les hommes, les exhortant sans cesse à se montrer magnanimes envers leurs prochains ». C’était l’Age d’or. Mais au cours de l’Age d’argent et de l’Age de bronze, l’humanité est passée de la grâce à l’avilissement, « et la Justice, abhorrant cette race d’hommes, s’est envolée vers le ciel afin d’y élire domicile ; c’est là qu’encore aujourd’hui, la nuit tombée, les hommes contemplent la Vierge ».

 

Erigone séduite par Dionysos

Dans l’Antiquité grecque, on a également établi un lien entre la Vierge et Erigone, fille d’Icarios qui avait introduit dans ses Etats le culte de Dionysos, le dieu du vin et de la vigne. Erigone fut aimée du dieu qui, pour la séduire, se transforma en grappe de raisin. Apprenant la mort de son père massacré par des bergers ivres, Erigone se pendit de désespoir. Zeus, pour récompenser sa piété filiale, la plaça dans la constellation de la Vierge.

En Inde, la Vierge était connue sous le nom de « Kanya », mère du dieu Krishna, et était représentée sous la forme d’une déesse assise devant un feu. En Europe, depuis les premiers temps du christianisme, la Vierge est assimilée à la Vierge Marie. On a même vu dans l’Epi, l’étoile la plus brillante, le Divin Enfant dans les bras de sa mère.

 

La constellation chinoise de la Vierge froide

Le nom chinois de cette constellation, « Vierge froide », montre l’influence que l’Europe exerce sur l’Asie depuis le XVIIe siècle. Mais à une époque plus ancienne, les astrologues chinois considéraient l’Epi comme l’étoile la plus importante de la première Maison lunaire Chio, la « Corne ». Cette étoile marquait la limite entre les palais célestes du Sud et de l’Est, connus respectivement sous les noms « d’Oiseau vermillon » et de « Dragon bleu ».

 

La Vierge – Zodiaque de l’Observatoire de Jantar Mantar de Jaipur

Bibliographie

Le langage secret des Etoiles et des Planètes – Geoffrey Cornelius/Paul Devereux – Editions Solar – Paris

 

Tagged Under : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

EMPEDOCLE… PHILOSOPHE… MEDECIN… ET ASTROLOGUE

(6.5 - Biographie d'Astrologues célèbres) par sylvietribut le 22-08-2012

Empédocle serait né à Agrigente, en Sicile, en 495 avant Jésus-Christ. Il était issu d’une famille aristocratique. Doté d’une forte personnalité, ce fut un homme d’Etat, un médecin, un poète. On disait même qu’il accomplissait des miracles. Il était d’ailleurs considéré comme un mystique, un guérisseur et bien sûr un philosophe. Il fut disciple de Pythagore et d’Héraclite. Il fit partie de l’Ecole d’Elée, tout comme Parménide et Pythagore.

  

Empédocle – Fresque de Signorelli – Duomo d’Orvieto – Ombrie – Italie

Ce fut aussi un ardent démocrate et un homme de grand génie et c’est pourquoi les habitants d’Agrigente lui offrirent la couronne de la ville après la chute de la tyrannie. Mais modeste, il la refusa. Par la suite, comme il avait des idées politiques bien différentes des autres, il fut contraint de s’exiler. Il voyagea donc entre Italie du sud et Grèce.

Les premiers philosophes grecs, en particulier ceux de l’école ionienne, avaient tour à tour proposé comme éléments fondamentaux, la source de toutes choses, l’Eau, l’Air, la Terre et le Feu. Comme le médecin Hippocrate, Empédocle pense que le monde est composé de quatre éléments : le Feu, l’Air, la Terre et l’Eau. Cependant, il soutint que ces quatre éléments n’étaient pas hiérarchisés, mais qu’ils se combinaient grâce à l’amour qui les unissait, et à la discorde qui les séparait. Cette conviction fut presque unanimement admise par les penseurs de la Grèce antique, et Platon l’exposa dans le Timée.

  

La Théorie des Quatre Eléments vue par Empédocle

 Ces éléments sont, selon Empédocle, éternels, immuables et doués de conscience. Rien n’est crée, rien n’est détruit, tout se transforme selon la proportion de ces quatre éléments dans une même chose. Il affirme que les rapports sont réglés par deux forces : l’amour et la haine, qui les unissent et divisent tour à tour.

C’est Claude Ptolémée qui appliqua la théorie des quatre éléments à l’astrologie dont il fut le codificateur au début de l’ère chrétienne. Il attribua chaque élément à trois signes, c’est ce qu’on nomme la triplicité. Les quatre éléments répondent aux apparences et aux états de la matière. En effet, la Terre est le principe et le support de l’état solide et de la sécheresse. L’eau, quant à elle, est principe et support de l’état liquide et du froid. L’air représente l’état volatil et gazeux et le Feu répond à la fois à la notion de fluide léger, mais est aussi support symbolique de la lumière, de la chaleur et des affinités. Voilà comment Empédocle, ses contemporains et ses successeurs, percevaient les éléments de l’Univers.

Cette doctrine donna naissance à une école médicale, connue sous le nom de Philistion, où les propriétés de ces mêmes éléments : le chaud du Feu, le froid de l’Air, l’humidité de l’Eau et le sec de la Terre, étaient considérées comme les forces actives dont une certaine combinaison dans l’organisme déterminait la santé, le degré d’intelligence et les divers tempéraments ou caractères.

Ce qu’Empédocle apporte à cette classification de l’Univers, c’est le fruit de sa méditation sur l’harmonie de toutes choses, philosophie dynamique de la nature fondée sur le rapport Amour/Haine. Il soutenait que pour que les deux tendances soient liées en elles, il fallait commencer par les séparer et que tout changement avait lieu soit par combinaison, soit par dissociation des éléments. Il affirmait qu’il existait deux puissances actives : l’une qui les réunit quand elles sont séparées, c’est l’Amour ; l’autre, qui les sépare quand ils sont réunis, c’est la Haine. Enfin, il était un état où tout était uni par l’Amitié, le « sphaïros ». Il était convaincu que même si la Haine prévalait parfois sur l’Amour, ou bien le contraire, tout ramenait quand même au sphaïros. Pour Empédocle, ce rapport entre l’Amour et la Haine signifiait que le monde était toujours en devenir passant par l’unité et par la séparation.

Cependant, Empédocle s’inspira de plusieurs autres philosophes tels qu’Héraclite ou Pythagore. On le définit donc comme « éclectique ». C’est aux Ioniens qu’il prit sa théorie des quatre éléments : Air, Terre, Eau, Feu. Et c’est aux Eléates prendra l’idée que ces éléments sont confondus dans l’unité du tout, théorie qui connut un certain succès jusqu’à l’époque de la chimie moderne. Au milieu du Ve siècle avant Jésus-Christ, Empédocle tenta de concilier la permanence des substances avec le changement perpétuel des apparences de l’Univers. Pour lui ce qui apparaît comme le commencement ou la fin d’un être n’est qu’une illusion. En réalité, il n’y a rien que mélange, réunion de plusieurs substances. Les éléments dont toutes les choses sont composées consistent en quatre substances différentes, incréées et impérissables : Eau, Terre, Feu, Air.

La théorie des éléments est loin d’être absurde et arbitraire ; elle est née de l’observation du mouvement apparent au cours de l’année, quand la cosmologie était rudimentaire, et n’est que l’expression du bons sens : l’Eau correspond au mouvement déclinant du Soleil, qui s’achève au solstice d’hiver ; la Terre, au point vernal, ou équinoxe de printemps ; Le Feu, au mouvement ascendant du Soleil, trouvant son terme au solstice d’été ; l’Air, à l’équinoxe d’automne. Ce rythme solaire entretenait la succession des saisons, les travaux de la terre, l’aspect des cultures et modifiait le comportement des peuples tirant principalement leurs ressources de l’agriculture. 

 

Théorie des Humeurs

De là allait découler la théorie des Humeurs qui aura une application directe dans la Médecine et la théorie des Incompatibilités qu’on applique en Astrologie.

C’est Galien qui va appliquer à la médecine la théorie des quatre éléments ou « humeurs peccantes », connue également sous le nom « d’humorisme » comme le formula Galien : les quatre humeurs, bile, pituite ou atrabile, sang et lymphe, sont à l’origine de toutes les maladies quand elles sont altérées ou en surabondance dans l’organisme humain. A la fin du XVIIe siècle, Pinel et Broussais combattirent cette conception, jusque-là admise par la majorité des physiologistes Au XXe siècle, sous l’influence des travaux de Richet, on y est revenu sous une forme un peu différente.

En astrologie, la théorie des humeurs sert, depuis Ptolémée, à esquisser le profil psychologique. La bile correspond au Feu (Bélier, Lion, Sagittaire), la pituite à la Terre (Taureau, Vierge, Capricorne), le sang à l’Air (Gémeaux, Balance, Verseau) et la lymphe à l’Eau (Cancer, Scorpion, Poissons). Enfin, on parle d’Incompatibilité lorsqu’il y a dissonance entre la planète maîtresse d’un signe de nature élémentaire donnée transite dans un signe d’une nature opposée. On tient compte aussi parfois des incompatibilités entre planètes dites féminines et planètes dites masculines.  

Pour en revenir à Empédocle, c’était un orateur hors pair. Il avait de plus la réputation d’être un savant, ce qui ne l’empêchait pas d’être un champion de courses de chars. Galien en parle comme le fondateur de l’école sicilienne de médecine, connue sous le nom de « Philistion », qui est à la base de sa doctrine des quatre éléments.

 Il était poète à ses heures et composa pour un ami « De la nature de l’Univers » et pour le peuple d’Acragas le poème « Purification ». Empédocle s’efforce d’y expliquer le monde sur des fondements scientifiques et rationnels, une œuvre de 400 vers.

  

Eruption de l’Etna

A la fin de sa vie, Empédocle décréta qu’il avait atteint l’état suprême puisqu’il était devenu à la fois philosophe, médecin et même faiseur de miracles. Ce n’était donc plus en mortel, mais un dieu immortel.

De nombreuses versions courent sur la mort d’Empédocle. La plus connue est celle selon laquelle il se suicida en se jetant dans le cratère de l’Etna, laissant sur le bord ses sandales. C’était en 435 avant Jésus-Christ. Une autre version affirme qu’Empédocle sauta dans le cratère de l’Etna pour prouver à ses disciples sa divinité et le volcan aurait, dit-on, recrachait une de ses sandales. 

Empédocle fut sans doute le plus étrange et les plus excentrique des Présocratiques. Il était, selon Nietzche : « la figure la plus bariolée de la philosophie ancienne ». 

«  Il s’habillait de vêtements de pourpre avec une ceinture d’or, des souliers de bronze et une couronne delphique. Il portait des cheveux longs, se faisait suivre par les esclaves et gardait toujours la même gravité de visage. Quiconque le rencontrait croyait croiser un roi » nous rapporte Favorinus d’Arles.

 

La sandale d’Empédocle 

Bibliographie

Dictionnaire de l’Astrologie – Jean-Louis Brau – Librairie Larousse – Les Dictionnaires de l’Homme du XXe siècle

Tagged Under : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

LA MAISON V DU THEME ASTRAL … LA MAISON DU LION

(5.6 - LES MAISONS ASTROLOGIQUES) par sylvietribut le 21-08-2012

La Maison V est en analogie avec le cinquième signe, le Lion. C’est une Maison de Feu, gouvernée par le Soleil, ce qui évoque la passion, l’élan, l’action aussi. C’est une Maison Fixe qui suggère une ténacité à imposer ce que l’on croit, à persévérer dans ce que l’on entreprend, dans ce que l’on crée, car la Maison V c’est avant tout la Maison des dons, de la création, de la créativité, de la récréativité comme loisirs et farniente. Un Lion ne travaille pas, il s’amuse et quand il ne s’amuse plus, il laisse tomber… On comprendra que la Maison V est la Maison des plaisirs, du plaisir. C’est une Maison ludique. On la dit « heureuse ».

 

Les douze Maisons astrologiques

La Maison V c’est la Maison de l’élégance, de la mode, du chic, des habits bien coupés dans de belles étoffes. C’est d’ailleurs la Maison des ornements, des décors, des décorateurs et des couturiers.

 

Apollon le dieu solaire ceint de sa couronne de laurier

Alors côté de la création de la Maison V, ce sont aussi bien les enfants, que l’œuvre, les œuvres. En effet, pour les Anciens, le Soleil c’était Apollon lui-même, le dieu de la divination et des Arts, tout particulièrement la musique. Il était le dieu-archer. Les Muses dépendaient directement de lui. Les Muses étaient les déesses des arts nobles de la musique, de la littérature. Puis leur domaine s’étendit à certaines sciences comme l’Histoire, la philosophie, l’astronomie et l’astrologie. L’importance des Muses avait pour origine leur popularité auprès des poètes qui leur attribuaient leur inspiration et aimaient invoquer leur aide.

 

Apollon et les neuf Muses

Les Muses étaient au nombre de neuf : Calliopé à la voix harmonieuse était la Poésie épique ; Clio était l’Histoire ; Euterpe, la gaieté, et sa flûte représentait la musique ; Tersichore était la joie de la danse et de la poésie légère ; Erato l’aimable était la Lyrique chorale ; Melpomène était le chant dans la Tragédie ; Thalie l’abondance et la bonne chair était aussi la Comédie ; Polymnie était la pantomime et Uranie la céleste était l’Astronomie et l’Astrologie. Apollon en tant que dieu de la Musique et aussi des devins était leur Maître. Et on racontait qu’elles dansaient avec lui et d’autres divinités, les Grâces et les Heures, lors des fêtes des dieux, sur l’Olympe.

Du côté, des enfants de la Maison V qu’ils soient légitimes ou illégitimes ils sont aimés. La Maison V est plus particulièrement celle du premier enfant s’il y en a plusieurs. La Maison V c’est d’ailleurs la Maison des Amours, des relations sentimentales et des affections, des liaisons aussi.

 

Femme élégante

La Maison V est une Maison noble, riche aussi les spéculations et les jeux y sont favorisés, sans oublier les courses, les sports et même le cinéma, et les spectacles en général, et les fêtes en particulier. 

En astrologie mondiale, la Maison V représente les ambassades, les théâtres, les écoles, l’enseignement et la morale.

Pour juger de l’importance de la Maison V, il faudra l’analyser en détail :

–       Quel signe superpose la Maison V dans le thème ;

–       Quel est le Maître de ce signe et donc de cette Maison V et où se trouve-t-il dans le thème ;

–       Quels sont les aspects que ce Maître de Maison V forme et reçoit des autres planètes du thème ;

–       Y a-t-il des planètes superposant cette Maison V et de quelles Maisons ont-elles la Maîtrise.

Exemple :

–       Maison V en Sagittaire… C’est Jupiter qui va donc gouverner cette Maison V.

–       On trouve dans ce thème Jupiter en Verseau et en Maison VII.

–       Dans cette Maison V, on trouve la Lune gouverneur de la Maison XII du thème.

L’influence du Sagittaire sur la Maison V évoque de la bienveillance, une recherche des relations morales ou intellectuelles qui valorisent et auxquelles on cherche à donner un caractère légal. On possède le sens de la liberté, de l’indépendance. On a souvent le goût du risque et certains ayant cette position dans leur thème aiment le sport. Sur le plan matériel, c’est la probabilité de spéculations nombreuses pouvant engager de grosses sommes d’argent. On peut d’ailleurs aimer le jeu et en particulier les courses, le Sagittaire est le signe du cheval. Sur le plan affectif, c’est souvent la recherche de l’aventure en amour. On peut avoir plusieurs enfants, au moins deux, le Sagittaire étant un signe double.

La combinaison Maison V/Maison VII suggère le mariage (Maison VII) d’amour (Maison V). Il y a d’ailleurs une tendance à légaliser ses amours. Le Sagittaire étant double, on peut presque toujours parler au pluriel. On pourrait également décliner la combinaison en avançant qu’on puisse rencontrer l’amour via des relations extérieures, l’influence d’une association, d’un groupe, des autres (Maison VII). De toute façon, il existe une forte influence des amours, du jeu, des distractions, des arts, des spéculations ou des enfants sur le sujet dont le thème comporte cette combinaison. Si les planètes qui gouvernent ces deux Maisons sont bien configurées, les réalisations dans ces domaines seront importantes.

La Lune dans la Maison V c’est en quelque sorte la planète de la fécondité dans la Maison des enfants, ce qui peut donner une progéniture importante, surtout si La lune est dans un signe fécond. Pour un homme on dit qu’il aura des filles et qu’elles seront belles. Cette position lunaire porte aux plaisirs, à la recherche de distractions. Elle permet des liaisons amoureuses faciles, les rend populaires, mais elle les fait aussi changeantes et capricieuses. Les spéculations sont rapides, immédiates, mais plus nombreuses qu’importantes. Cette position confère une certaine chance dans les spéculations comme dans le jeu. Notez que cette Lune gouverne la Maison XII de ce thème, puisqu’une Maison V en Sagittaire provient presque toujours d’un Ascendant Lion et donc d’une Maison XII en Cancer sous l’influence de la Lune, ce qui peut tout aussi bien signifier que le sujet pourrait entretenir une liaison secrète, comme indiquer aussi des déceptions amoureuses, des problèmes sentimentaux, des peines de cœur. La Maison XII est en effet le symbole des épreuves ou du secret. Ce pourrait également signifier un enfant caché, d’autant que cette Lune se trouve en Sagittaire qui donne le goût d’une vie conforme et bourgeoise et voilà qu’on tombe dans des situations que la morale réprouve.

 

 

 

 

Tagged Under : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

L’ASTROLOGIE A VERSAILLES

(6.3 - Autres lieux ésotériques ou mythiques) par sylvietribut le 20-08-2012

Le 19 mai 2012, le Château de Versailles ouvrait exceptionnellement, de nuit, les Grands Appartements du Roi-Soleil, sur le thème « Passion des astres à Versailles ».

 

Parce qu’en 1609 Galilée dirige une lunette vers le ciel et ouvre une nouvelle frontière, que l’univers se révèle et le Soleil s’immobilise, que la Terre perd sa place au cœur du système, l’astronomie devient la science reine du XVIIe siècle. 

Et c’est ainsi qu’écho de cette passion des astres, chaque salon du Grand Appartement du Roi fut dédié à l’une des sept planètes alors connues : Vénus, Diane qui symbolise la Lune, Mars, Mercure, Apollon qui n’est autre que le Soleil, Jupiter et Saturne. L’astrologie n’est jamais loin et la pensée magique encore sous-jacente, mais en même temps la société cultivée se passionne pour les progrès nouveaux et certaines découvertes scientifiques trouvent leur place au cœur même des grands décors de Versailles.

Pour la VIIIe nuit européenne des musées le Château de Versailles a proposé aux noctambules une exceptionnelle mise en lumière et en perspective des espaces les plus prestigieux du château de Louis XIV : les Grands Appartements et la Galerie des Glaces. Une scénographie éphémère et inédite, mêlant illuminations, installations et projections vidéo, mariant les représentations d’hier aux dernières images de l’astrophysique d’aujourd’hui, vint révéler le temps d’une nuit, ce rare témoin du passage de l’astrologie vers l’astronomie.

Ainsi des personnages soufflant un « air noir et pluvieux » au milieu d’épais nuages et d’éclairs, tiennent l’un un poisson et l’autre un bélier, symbolisent les mois de février, mars et avril, durant lesquels eût lieu la conquête de la Franche-Comté et période qui fut marquée par des « pluies extraordinaires qui régnèrent en cette année-là jusqu’à la fin du mois de mai (1674), selon ce que relatera plus tard, en 1684, François Charpentier. Comme la conquête eût lieu dans le froid et les intempéries, on note un vieillard secouant son manteau pour faire tomber la neige : c’est l’Hiver qui est représenté « se retirant » pour laisser la place au printemps. Le Taureau qui est juste à côté symbolise les mois d’avril et de mai qui virent la fin de la campagne militaire avec la reddition de Besançon. La ville capitula en effet le 14 mai, mais la citadelle ne fut prise que le 22 mai 1674. 

 

Le Char du Soleil dans le cabinet des Planètes à Versailles

L’appartement des Planètes (1671-1681) est une suite de sept salons en enfilade dédiés aux planètes à la gloire d’Apollon et du Soleil. Le commanditaire n’était autre que Louis XIV qui s’identifiait à Apollon et donc au Soleil. Quand aux décors ils furent réalisés par Charles Le Brun et André Félicien.

Bien qu’âgé de seulement 15 ans, Louis XIV apparaît pour la première fois en Apollon dans le Ballet de la Nuit. Il était précédé de l’Aurore et entouré des douze Heures du jour. Cela se passait un 23 février 1653. En 1654, il récidive et ouvre le spectacle des Noces de Pelée et de Thétis, dans le rôle d’Apollon.

En 1659, Charles Le Brun peint un lever du jour au grand cabinet de l’hôtel de La Rivière. Il représente au centre le Soleil sur son char, en compagnie des Heures. La Nuit, le Point du jour, Pan et Pomone, Flore, la Rosée et l’Aurore encadrent le Soleil.

En 1661, Louis XIV et sa belle-sœur Henriette d’Angleterre dansent à Fontainebleau le Ballet des Saisons qui puise son inspiration des Métamorphoses d’Ovide. L’année suivante, au final de l’opéra italien de Francesco Cavalli, Ercole amante, joué aux Tuileries, Louis XIV apparaît en Soleil, précédé par l’Aurore et suivi des Heures.

  

Le Soleil sur la grille du château de Versailles

Toujours en 1661, début juin, Louis XIV organise un Carrousel au jardin des Tuileries pour célébrer la naissance du dauphin Louis. Le mot « carrousel » avait été rapporté d’Italie par les armées de Charles VIII. Il dérive du latin « carrus sol » et du mot italien « carozela » qui signifie « char du soleil ». Quant à Monsieur, frère du roi, il exhibe une lune portant la devise « Uno sole minor » qu’on peut traduire par « un soleil plus petit ». Il faut savoir que pour Louis XIV, comme pour les astrologues, le Soleil est synonyme de noblesse, d’unicité, d’efficience bénéfique comme de force tranquille et bien sûr d’éclat lumineux.

A partir de 1663, les gardes du corps de Louis XIV vont porter le Soleil et la devise du roi sur leurs étendards et leurs boutons. Ces motifs perdureront jusqu’en 1791. Toujours en 1663, la restauration de la galerie du Roi au Louvre, incendiée deux ans auparavant, est adoptée par le roi et confié à Charles Le Brun. La consigne étant que le décor doit représenter les épisodes de la vie d’Apollon.

  

Uranie déesse de l’Astrologie en bonne place à Versailles

En mai 1664, la Fête des Plaisirs de l’île enchantée est donnée dans les jardins de Versailles. Apollon est mis en scène, assis sur son char tiré par quatre chevaux. Il est entouré des Heures du jour, des Saisons et des signes du Zodiaque, ainsi que des quatre Ages : d’Or, d’Argent, d’Airain et de Fer.

Plus tard, pour créer la perspective centrale des jardins, André Le Nôtre respectera la configuration naturelle du parc. Ainsi, l’axe est-ouest matérialise la course diurne du Soleil.

En juillet 1668, les figures du mythe solaire paradent lors de la Fête du Grand Divertissement de Versailles. Au centre du Salon du Festin sont représentés Apollon et les Muses et au plafond de la Salle de Bal : huit soleils et les douze mois. En 1669, dans le Ballet de Flore, Louis XIV tient de nouveau le rôle du Soleil. 

C’est en 1670 que Louis XIV danse pour la dernière fois. Il interprète le rôle d’Apollon combattant Python dans Les Amants magnifiques.

Entre 1672 et 1673, Charles Le Brun dirige le programme de décoration de l’appartement du Roi connu aujourd’hui sous le nom de Grand Appartement du Roi. C’est bien sûr le salon d’Apollon qui constitue le centre de l’appartement avec la Grande Chambre du Roi. Six autres salons se répartissent de part et d’autres et portent le nom des planètes : Vénus, Mars, Mercure, Jupiter et Saturne, ainsi que Diane qui symbolise la Lune. L’appartement du Roi s’interprète comme une libre redistribution du système solaire de Ptolémée. Groupées autour du Soleil, censées graviter autour de lui, les planètes constituent une sorte de cour céleste.

A Saint-Cloud aussi on retrouve la même thématique. C’est Pierre Mignard qui peint une galerie d’Apollon pour Monsieur, frère du Roi. Le grand plafond représente le Soleil entouré des Heures et de l’Aurore. A Marly aussi le mythe solaire tient une place importante. Ici, c’est Jules Hardouin-Mansart qui imagine un pavillon central orné aux quatre frontons des épisodes de la course d’Apollon, entouré de douze pavillons secondaires : le soleil et les douze mois de l’année ou les douze signes du zodiaque.

Le vase aux tournesols du parc du château de Versailles

Toujours dans la symbolique solaire, Jean Legeret et Jean Dugoulon réalisent, pour les jardins de Versailles, deux vases en marbre décorés de tournesols. Comme on le sait cette fleur suit le soleil dans sa course. 

Enfin, en 1712, un architecte suédois, Nicodème Tessin, soumet un projet de construction d’un temple d’Apollon à Versailles. Il s’agit d’un palais de marbre blanc et de bronze doré destiné à abriter le musée des collections du château, inspiré de la légende d’Apollon et de l’astrologie. Il ne fut jamais construit.

Bien que propriété de Louis XV, on peut visiter à Versailles le Cabinet de la Pendule Astronomique. La pendule indique la date, l’heure réelle, l’heure moyenne. Elle donne les phases de la Lune et la sphère en cristal qui la couronne permet de voir les mouvements des planètes selon Copernic. Les artistes créateurs en étaient : Claude Siméon Passement, Louis Dauthiau et Caffieri.  Les sculpteurs et bronziers en étaient Jacques et Philippe. Ce cabinet se trouve dans l’appartement de Louis XV

 

La pendule astronomique du cabinet des pendules à Versailles

Elle mesure plus de deux mètres de hauteur. C’est une œuvre exceptionnelle couronnée d’une sphère mouvante. La Terre est représentée par un globe de bronze sur lequel tous les pays sont gravés.   

 Cadran solaire surplombant la pendule astronomique du cabinet des pendules à Versailles   

 

 

Tagged Under : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

LES LAURIERS D’APOLLON

(6.1 - Etymologie) par sylvietribut le 16-08-2012

De l’origine de l’expression « Se reposer sur ses lauriers » ou même «  s’endormir sur ses lauriers »…

C’est-à-dire ne pas poursuivre une carrière glorieusement commencée, ou bien compter sur des succès passés pour s’éviter à l’avenir de tout effort.

Le laurier était l’arbre consacré à Apollon. On en faisait les couronnes dont on ornait le front des poètes, des généraux victorieux, des empereurs. La Gloire est d’ailleurs presque toujours représentée sous les traits d’une femme couronnée de lauriers. On parle des lauriers de la victoire. César, puis Napoléon, eurent des couronnes de laurier d’or.

 

Apollon et Daphné – Bernini

Il faut dire que le laurier est originaire des rivages de la Méditerranée où il serait né d’une métamorphose : celle de la nymphe Daphné que les dieux changèrent en un végétal parfumé pour la soustraire aux assauts amoureux d’Apollon, dieu des Arts et de la lumière puisqu’il conduisait le char du Soleil. Grecs et Romains l’avaient tout naturellement consacré au Soleil et ils étaient persuadés qu’il protégeait de la foudre ; d’ailleurs, Tiberius Cesar portait un chapeau de laurier quand il tonnait.

Tout comme l’olivier, le laurier était un symbole de paix. A Rome, on en agitait des rameaux en signe de liesse ; on en décorait le palais des empereurs et des grands pontifes, ainsi que les statues de Jupiter à l’annonce d’une victoire. On en couronnait les généraux vainqueurs, ainsi que les poètes ou les amants heureux. Au Moyen Age, on ceignait aussi le front des artistes, des poètes, des savants et des nouveaux promus à un titre universitaire, coutume qui perdure en Italie à cette occasion, d’où le nom de « bacca laurea » donné à l’examen qui connait tant d’avatars chez nous depuis des années.

 

Une nouvelle diplômée

Ce laurier d’Apollon symbolisait aussi l’immortalité acquise par la victoire. Cet arbre apollinien signifie aussi les conditions spirituelles de la victoire, la sagesse unie à l’héroïsme.

La couronne, comme l’auréole, sont des symboles solaires. La couronne surtout était l’insigne du pouvoir et de la lumière. Autrefois, elle était ornée de pointes qui figuraient des rayons de lumière. L’iconographie alchimiste montre les esprits des planètes recevant leur lumière, sous forme de couronne, des mains de leur roi, le soleil. Toute couronne participe à l’éclat du symbolisme de la couronne solaire. L’auréole quant à elle évoque aussi un rayonnement d’origine solaire, mais d’un caractère sacré, suggérant le divin ou la sainteté. La tonsure des prêtres et des moines s’apparente à l’auréole puisqu’elle forme couronne. Elle indique leur vocation exclusive au spirituel, l’ouverture de l’âme.

 

La couronne de laurier de Napoléon 1er

Bibliographie

Trésors des expressions françaises – Sylvie Weil et Louise Rameau – Belin – Le Français retrouvé

Nos grands-mères savaient – La Vérité sur les plantes et la vie naturelle – Jean Palaiseul 

 

 

 

Tagged Under : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

LES AGRUMES… COMME AUTANT DE PETITS SOLEILS

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 14-08-2012

Il est d’usage d’évoquer la mythologie grecque pour appeler les agrumes « hespérides » du nom du fabuleux jardin, ainsi que d’un des douze travaux d’Hercule, celui-ci ayant eu pour tâche de cueillir les pommes d’or de ce Jardin des Hespérides bien gardé par le Titan Atlas aidé d’un dragon.

Vitrail d’agrumes

Les Hespérides étaient en fait les filles d’Atlas et d’Hespéris. Elles vivaient dans le jardin des pommes d’or. Mais Hercule/Héraclès triomphera du dragon et s’empara du jardin avec toutes ses richesses. Le mythe représente l’existence d’une sorte de Paradis, objet des désirs humains, et d’une possibilité d’immortalité (la pomme d’or) ; le dragon désigne les terribles difficultés d’accès à ce Paradis et Héraclès, le héros qui triomphe de tous les obstacles. L’ensemble est un des symboles de la lutte de l’homme pour parvenir à la spiritualisation qui lui assurera l’immortalité. Atlas, dit la légende, enseigna l’astronomie à Héraclès, le dragon donna son nom à une constellation et Héraclès fut identifié au soleil. Quant aux pommes d’or, il s’agit vraisemblablement d’une interprétation de la Renaissance car les Grecs anciens ne cultivaient pas d’agrumes et le verger des Hespérides situé sur la côte Atlantique produisait vraisemblablement des coings. Noter que le coing est un symbole ancien du mariage, consacré à Aphrodite/Vénus et à Dionysos/Bacchus.

 

Les coings

Les agrumes, à proprement parler, auraient été cultivés en Orient dès le IVe millénaire. De tous temps, ils furent appréciés pour leurs qualités décoratives, leurs parfums, leurs vertus médicinales et bien sûr leur goût. A ce propos, le mot « agrume » vient de l’italien « agrumi » et de l’ancien français « aigruns » signifiant « fruits aigres ». Quant à leur diffusion en Asie, elle se réalise au Moyen Age alors qu’en Occident, elle fut lente et sélective. Depuis, les agrumes sont les fruits les plus cultivés du mondes : les Arabes andalous du Moyen Age avec la maîtrise des techniques du sucre et de la distillation (agrumes confits et eau de fleur d’oranger) les diffusent en Occident ; puis, la systématisation de l’usage de la vitamine C aux U.S.A. dans les années 1920 qui les diffuse dans le nouveau monde et en premier lieu en Floride, avec le jus d’orange du matin.

 

La Jeune Fille aux Citrons – William-Adolphe Bouguereau – 1899

Les agrumes sont les fruits des végétaux des genres Citrus, Fortunella, Microcitrus, Eremocitrus et Poncirus, parmi lesquels on trouve les citrons, les clémentines, les kumquats, les bergamotes, les limes et limettes, les mandarines, les oranges, les pamplemousse et pomelos, les tangerines et les cédrats. Le genre « Fortunella » regroupe les kumquats. Le genre « Poncirus » renferme deux espèces aux fruits non comestibles frais.

 

Citrus cédrat

Le cédratier (Citrus medica), cultivé en Mésopotamie, fut la première espèce connu en Europe (300 ans avant Jésus-Christ). Le Cédrat ressemble à un gros citron. C’est un fruit sacré dans le Judaïsme. Moïse ordonna de tresser ensemble des rameaux de cédratier, des palmes et des branches de saule pour faire les thyrses consacrés à la fête des Tabernacles. Le cédratier était pour les Juifs un arbre sacré dont le fruit n’était pas soumis à la dîme et on le portait en main en entrant dans le Temple. En Chine, on l’appelle la « main du Bouddha », une variété de cédrat qui germe en pousses ressemblant au geste de la main de Bouddha. Les sons qui forment le nom du cédrat en chinois symbolisent la longévité et le bonheur. Le cédrat, la pêche et la grenade constituent un trio qu’on appelle les « Trois bénédictions » ou « abondances », symbolisant la prospérité, la longévité et l’abondance des descendants. Ensuite, comme la plupart des fruits à nombreux pépins, c’est un symbole de fécondité. Au Moyen Age, le cédrat était utilisé dans les opérations magiques. Et depuis toujours, le cédrat sert à préparer l’essence de bergamote et son écorce confite est très appréciée.

 

Les oranges

Les oranges dans la symbolique de l’Extrême-Orient sont des mandarines plutôt que les grosses variétés d’oranges de l’Occident. Elles représentent la chance par leur couleur doré et la perfection par leur forme ronde. Et puis, comme tous les fruits à nombreux pépins, l’orange est un symbole de fécondité. Au Viêt-Nam, on faisait autrefois présent d’oranges aux jeunes couples. Dans la Chine ancienne, probablement pour la même raison, l’offrande d’oranges aux jeunes filles signifiait une demande en mariage. L’oranger fut introduit dans le bassin méditerranéen entre les Xe et XIIe siècles alors que le mandarinier n’est apparu qu’au XIXe siècle.

Originaire du Cachemire, le citron aurait gagné la Chine il y a plus de 3 000 ans. Les Arabes l’ont acclimaté dans tout le bassin méditerranéen et notamment en Espagne. Quant aux Romains ils connaissaient le citronnier dès le 1er siècle de notre ère. Aujourd’hui encore, ce sont nos Voisins espagnols qui assurent 80 % de notre approvisionnement. Quant à la production française, si elle est infime (250 tonnes environ), elle est cependant réputée, avec le fameux citron de Menton qui mûrit en hiver.

 

Les limes

En Inde, la lime éloigne les esprits, sans doute en raison de son amertume. Quant au pomélo, ce gros fruit jaune fait office pour le Nouvel An chinois de signe de richesse et de prospérité parce que sa couleur est associée à l’or et que son nom (you) est homophone du mot pour « avoir » ou « posséder ». 

Le bigaradier porte un fruit, la bigarade, qu’on appelle également « orange amère ». Elle est plus petite que l’orange douce et sa peau rugueuse est tentée de vert ou de jaune. Sa chair est acide, peu juteuse, très amère et contient beaucoup de pépins. L’arbre, le bigaradier, est haut de 5 à 10 mètres. Au début de l’ère chrétienne, on le trouvait en Inde, puis il fut introduit dans le sud de la France par les Croisés. Les Maures le cultivaient intensivement près de Séville en Espagne, ce qui lui valut son surnom d’orange de Séville.

 

Bigarades

Il semblerait que la bergamote vienne d’Orient et aurait été introduite en Europe par les Croisés. Son nom serait une déformation du mot turc « beg armudi » qui signifie « poire du seigneur », alors que d’autres soutiennent qu’elle a été rapportée des îles Canaries par Christophe Colomb et tirerait son nom de la ville de Berga, au nord de Barcelone, où elle était cultivée à l’origine. Selon une légende, par nuit de pleine lune, la bergamote nous ferait voir l’endroit où naissent les fées.

 

Bibliographie

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins.  

 

 

Tagged Under : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

UNE PIERRE SOLAIRE… LA TOPAZE IMPERIALE

(08 - LES PIERRES ET METAUX DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 11-08-2012

La topaze impériale est une pierre jaune orangé, avec des transparences et des reflets dorés. Elle confère une grande force. C’est la pierre du chercheur de trésor ou de l’explorateur de la conscience. Dans l’Apocalypse de Saint-Jean, elle symbolise la douzième marche de la Jérusalem céleste, qui représente la connaissance.

Pline l’Ancien écrivait : «  Juba dit que Topaze est une île de la mer Rouge… Toujours perdue dans les nuages de brume, elle se laisse très difficilement découvrir par les navigateurs : d’où son nom car en langue Trogloclyde, « topazin » veut dire « chercher ».

 

La topaze impériale

En effet, en grec «  Topos » et «  azos » désigne un lieu désertique. Ce mot proviendrait de l’arabe «  topazas » qui signifie « chercher » ou « trouver ».

En Mer rouge, l’île désertique de Zabargad aurait abrité, dans l’Antiquité, des mines de topaze. En réalité, il s’agit de péridot. Au Moyen Age ainsi qu’à la Renaissance « Topaze » désignait diverses gemmes de couleur jaune.

 

Amon Râ le dieu solaire égyptien

La Topaze fut rattachée à l’or, symbole de sagesse et de richesses spirituelles. Parallèlement, on lui prêtait la propriété d’attirer l’or et de faire découvrir des trésors. On est bien dans l’univers brillant et précieux du Lion. D’ailleurs, dans l’Egypte ancienne on portait autour du cou, comme amulettes, des pointes de topaze impériale de couleur or. Les Egyptiens voyaient dans la topaze l’incarnation du dieu Râ, le dieu solaire, Elle était censée de leur préserver de bien des maux. Dans la Grèce et la Rome antiques, on portait cette pierre pour aller au combat car on lui attribuait le pouvoir d’aiguiser l’entendement et d’accroître le courage du combattant. Dans le couple, la topaze était censée éveiller l’amour et la passion. Toujours dans l’Antiquité, la topaze impériale participait à l’art de guérir notamment les problèmes mentaux et les dépressions, mais aussi elle était censée favoriser la fécondité et être efficace dans les cas d’empoisonnement.

Enfin, la Topaze était associée à Dan, l’un des douze fils d’Israël, mais elle devint par la suite la pierre de l’apôtre Jacques le mineur, surnommé aussi Jacques le juste. Dans la Bible, la Topaze est associée à l’ange Ashmodel de l’ordre supérieur des Chérubins siégeant immédiatement auprès de Dieu.

Depuis des millénaires on connaît la topaze impériale. Elle était réservée aux souverains puisque son éclat orangé était assimilé au soleil. 3000 ans plus tard, ce furent les tsars de Russie qui s’approprièrent la totalité de la production russe et la qualifièrent d’impériale. Les souverains de Bohème portaient eux aussi des topazes impériales d’autant que l’Allemagne possédait un gisement de cette pierre très convoitée.

 

La Topaze d’Alphonse Mucha

La Topaze est un cristal utilisé en joaillerie, classée comme pierre fine. La Topaze se présente en une large variété de couleurs à l’état naturel. Parmi les plus convoitées figure la Topaze impériale que l’on trouve essentiellement au Brésil, dans l’Ouro Preto, dans sa couleur caractéristique doré intense à rouge-orangé. Certaines topazes du Pakistan et de Russie s’en rapprochent. Certaines nuances plus foncées peuvent être obtenue par chauffage, ainsi les topazes jaune pâle deviennent rosées, ou irradiation, notamment pour renforcer la couleur bleue. Les différentes couleurs sont dues à une très faible substitution de l’aluminium de la structure cristalline par du chrome, du fer, du cobalt, etc… Une longue exposition à la lumière solaire peut provoquer un changement de couleur, surtout pour les variétés brunes. On dit que porter une topaze impériale favorise les investigations, qu’elle éclaire de sa lumière dorée tout chercheur sincère qui s’oriente vers les valeurs de l’esprit. Elle apporte des qualités d’organisation, structure la pensée et augmente les capacités intellectuelles. C’est aussi le symbole de l’illumination car elle crée un pont entre le mental pensant et les idées abstraites de l’esprit. En Iran, voir en songe une topaze symbolise le courage, la loyauté et la piété d’une personne. Mais en général, rêver de la perte d’une topaze indique le risque d’être victime d’une conspiration inspirée par la jalousie.

Sur le plan physique, la Topaze impériale renforce et vitalise le corps physique et éthérique avec son rayonnement solaire. Elle régularise le flux et la concentration biliaire. De plus, la Topaze donne confiance face à l’inconnu et accorde joie de vivre et enthousiasme.

Sur un tout autre plan, la Topaze neutraliserait les liquides empoisonnés. 

Topaze en bijou

Dans le folklore français, la Topaze symbolise 44 ans de mariage et bien sûr il convient d’offrir une topaze à son épouse.

Enfin, Topaze est une pièce de théâtre de Marcel Pagnol. C’est l’histoire d’un maître d’école au sens civique irréprochable et au salaire modeste. Licencié pour s’être montré trop honnête et influencé par les exemples qu’il a sous les yeux, il devient peu à peu malhonnête et heureux de l’être, en se lançant, sous l’influence d’une femme et d’un conseiller municipal peu scrupuleux, dans le monde des affaires. Un film fut tiré de cette célèbre pièce et Fernandel fut Topaze.

 

Bibliographie

Le Grand livre de la Magie des Pierres – S. Da Ros – Editions Trajectoire 

 

 

Tagged Under : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

DANS L’HERBIER DU LION… L’ANIS ETOILE

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 10-08-2012

Jolie forme d’étoile et délicat parfum d’anis, l’anis étoilé est l’épice de la bonne humeur. Peut-être parce qu’on l’associe au soleil du Midi et au pastis qu’on y sert généreusement.

C’est à Marco Polo qu’on doit de connaître aujourd’hui l’anis étoilé qu’il rapporta de Chine, sous le nom savant est « Badiane chinoise », mais il garda longtemps le secret de son origine car l’épice pouvait se vendre à prix d’or. Cette belle étoile est le fruit du badianier de Chine, Illicium verum dans sa formule latine. C’est sa forme d’étoile à huit branches qui lui valut son nom d’anis étoilé.

 

La Badiane ou Anis Etoilé

L’anis étoilé était connu et estimé en Chine depuis plus de onze siècles avant notre ère. Sous la dynastie des Song, ses fruits étaient levés comme impôts. Cette badiane est originaire du sud-ouest de la Chine. Elle y était utilisée comme masticatoire depuis plus de 3 000 ans. Dans la pharmacopée chinoise, elle était employée contre les troubles gastriques.

 

Sir Thomas Cavendish

Cependant, il fallut attendre la Renaissance pour que l’anis étoilé soit vraiment utilisé en Occident ainsi que le concours des Anglais qui l’importèrent à leur tour ; c’est Thomas Cavendish, explorateur anglais, qui le rapporte des Philippines vers 1588. Sa rareté en faisait une épice difficile à acquérir au Moyen Age, sa rareté faisant son coût élevé. On l’appelait à l’époque « le fenouil de Chine ».  Toutefois, il paraîtrait que les Chinois eux-mêmes, bien que les plus anciens consommateurs d’épices de l’Histoire, n’aient commencé à utiliser l’anis étoilé qu’au XVIe siècle.

Jusqu’au XVIIe siècle, cette épice reste rare en Europe. Seuls quelques initiés en parlent, comme Charles de Lécluse en 1601, ou même Kaempfer vers 1690. Le dénommé Pomet note, en 1694, que les Hollandais en parfument leur thé à l’exemple des Chinois. A cette époque, la badiane commence vraiment à s’implanter en Europe via la Russie. On l’appelle d’ailleurs l’anis de Chine mais aussi l’anis de Sibérie.

 

Les carpelles et leurs graines brillantes

L’anis étoilé ou badiane chinoise se compose d’un polyfollicule ligneux à huit carpelles contenant chacun une graine brillante. Il forme ainsi une étoile à huit branches très caractéristique d’où le nom vernaculaire d’anis étoilé. Les fruits sont cueillis verts avant d’être séchés au soleil où ils prennent une couleur marron rouge. C’est cette graine brune, luisante qui a un goût anisé et de réglisse, légèrement poivré. Cependant, c’est la cosse qui est la plus parfumée. La badiane est surtout riche en essence d’anis, une huile essentielle qui se compose principalement d’anéthol, à 90-95 %.

Le badianier est un arbre tropical rare de la famille des Illiciaceae,  pouvant atteindre 8 mètres de hauteur. Ses feuilles sont vertes et allongées, et ses fleurs, de grande taille, sont de couleur jaune ou rose. Il pousse principalement dans le sud de la Chine, au Viet Nam et aux Philippines.

 

Le badianier

L’anis étoilé est particulièrement efficace en cas d’aérophagie et de migraines. C’est un bon diurétique qui facilite donc la digestion, prévient des ballonnements et flatulences, mais soigne aussi les problèmes d’estomac. L’anis étoilé est également efficace contre la toux et enraye tout syndrome grippal. En cas de mauvaise haleine, on peut avoir recours à lui avec bonheur. Pour ce problème, il suffit simplement de sucer le fruit de la badiane et non de faire une tisane ; ce remède s’appelle aussi le bonbon de badiane. Il est aussi utilisé comme une épice à l’arôme plus puissant que l’anis vert et entre dans la composition du mélange de la poudre aux cinq épices : badiane, poivre du Sichuan, cannelle, clou de girofle et graines de fenouil. L’arôme de la badiane est principalement dû à l’anéthol.

En Europe, l’anis étoilé est utilisé dans la fabrication du Pastis, de l’Ouzo, du Raki et de la Sambuca. En pâtisserie, il aromatise gâteaux et galettes traditionnelles de l’ouest de la France, ainsi qu’infusé dans du lait. En Allemagne, il est utilisé dans la fabrication des marmelades. Comme il facilite les digestions difficiles, on peut le servir en apéritif, en digestif ou même en dessert.

L’anis étoilé importé en France est la badiane de Chine. Il existe une sorte de badiane du Japon, mais son usage est toxique et interdit d’importation en Europe.

 

La fleur de badiane comme un petit soleil  

 

 

 

Tagged Under : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

UN MYTHE LION… ATALANTE LA CHASSERESSE

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 07-08-2012

Atalante comme Artémis s’adonnait à la chasse et comme elle, avait fait le vœu de virginité. La légende d’Atalante a deux origines : l’une béotienne, l’autre arcadienne. Dans cette dernière, Elle est fille d’Iasos, lui-même fils de Lycurgue ; alors que dans la légende béotienne, elle est la fille de Schoenée, fils d’Athamas. Sa mère est Clyméné, fille de Minyas.

Alors qu’Atalante était un bébé, son père l’abandonna, car il ne voulait pas de fille. Une ourse la trouva et la nourrit, puis des chasseurs la découvrirent et l’élevèrent. Par la suite, elle montra une inclination plus grande pour la chasse et les travaux masculins que pour le mariage et les occupations féminines. Les Centaures Rhoecos et Hylaeos tentèrent de la violer, mais elle les tua avec ses flèches. Plus tard, elle voulut même s’enrôler parmi les Argonautes, mais Jason eut peur que la présence d’une seule femme ne provoquât des conflits. Au retour des Argonautes en Grèce, Atalante prit part aux jeux funèbres de Pélias et battit Pélée à la lutte.

 

Méléagre tuant le sanglier – Nicolas Coustou (1706) – Parc de Marly-le-Roi

Sa célébrité lui vient principalement de deux légendes : la chasse au sanglier de Calydon et la course dans laquelle l’homme qui la battrait gagnerait sa main.

A Calydon, Atalante se joignit à la partie de chasse, pour tuer le sanglier. Ancée et Céphée qui, semble-t-il étaient ses oncles, et quelques autres refusèrent de chasser en compagnie d’une femme. Cependant, Méléagre qui aimait Atalante, les obligea à se joindre à eux. Atalante, la première, blessa le sanglier d’une flèche, mais ce fut Méléagre qui tua la bête. Il donna la dépouille à Atalante car elle avait la première fait couler le sang, mais les oncles de Méléagre essayèrent de la lui enlever. Voyant cela, Méléagre les tua et, à son tour mourut, puni par sa mère, Althée, et de ce fait il n’épousa jamais Atalante.

Atalante chassant le sanglier de Calydon

Après cet épisode, la célébrité d’Atalante parvint jusqu’aux oreilles de son père qui découvrit qu’elle était sa fille. Il insista pour qu’elle se mariât, mais elle demeurait fidèle à son vœu. Aussi, elle mit comme condition à son mariage que son mari devait d’abord la gagner à la course. Les hommes qui perdraient seraient immédiatement mis à mort. En dépit de cette condition, beaucoup de jeunes hommes furent attirés par sa beauté et concoururent. Mais, bien qu’elle courût entièrement vêtue ou même armée, alors qu’eux étaient nus, tous perdaient et mouraient. Enfin, grâce à Aphrodite/Vénus elle fut battue. Un jeune homme lança les pommes pendant la course, empêchant par trois fois Atalante de le dépasser : soit par curiosité, soit par avidité, ou alors parce qu’elle voulait sa victoire, elle s’arrêta pour les ramasser, et elle fut battue.

Cependant, le jeune homme négligea de s’acquitter de ses devoirs envers Aphrodite/Vénus. De plus, à leur retour, il consomma son union avec Atalante dans l’enceinte d’un temple. Aphrodite pour ce sacrilège, les transforma en lions, et les lions, croyait-on, ne s’unissent pas entre eux, mais à des léopards.

Atalante à la course – Pierre Le Pautre (1659-1744)

Selon Properce(*), Milanion obtint Atalante en partageant sa fatigue à la chasse, plutôt qu’en disputant une course. Une autre tradition fait d’Atalante la mère de Parhénopaeos ce qui signifie « fils d’une vierge », qu’elle abandonna dans son enfance et comme elle, il fut élevé par des gens de la campagne.

Pour l’astrologue le Lion est en rapport avec le père qui n’est pas sans poser problème à bons nombres de Lion ou Ascendant Lion. Or, Atalante ne fut jamais reconnue comme une fille par son père. En garçon manqué, elle refusa de se « soumettre » à l’amour d’un homme. Et pourtant le mythe nous raconte qu’elle fut vaincue à la course et ainsi conquise par un jeune homme. Mais comme ils profanèrent un temple, ils furent tous deux transformés en lions. Ce mythe évoque un comportement anal qui ne se résout pas à lâcher le pouvoir. Atalante signifie « résolue ».

(*) Properce est un poète latin, né vers 47 avant Jésus-Christ, en Ombrie, sans doute à proximité de la ville actuelle d’Assise ; il est mort vers 16/15 avant Jésus-Christ.

 

 

                                Le lion de la Fontaine de l’Obélisque – Rome

 

Bibliographie :

Dictionnaire de la Mythologie – Michel Grant et John Hazel – Marabout

L’Astrologie : Interprétation des signes par les mythes – Gisèle Bone et Géraldine Jouin – Editions du Rocher

 

 

Tagged Under : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

LA CONSTELLATION DU LION

(5.7 - CONSTELLATIONS ET ETOILES FIXES) par sylvietribut le 06-08-2012

Avez-vous remarqué l’étonnante constellation zodiacale du Lion qui domine les nuits de printemps dans l’Hémisphère Nord et celles d’automne dans l’Hémisphère Sud. On distingue facilement le passage du roi Lion, à l’occident, parce que cette constellation forme le premier groupe important d’étoiles à l’est des Gémeaux. Alors qu’on aperçoit à peine la constellation du Cancer, on voit tout de suite Régulus, Alpha Leonis de magnitude 1,3 blanc et outremer, l’étoile qui se trouve au cœur du Lion, presque sur l’écliptique.

Constellation du Lion – Johannes Hevelius – 1690

La tête du Lion est représentée par un groupe d’étoiles distinctes, connu sous le nom de « Faucille » ; ce sont les étoiles Algieba ou « Crinière du Lion » ou Gamma Leonis, puis Adhafera ou Dzêta Leonis, ainsi que Eta et Kappa Leonis. Régulus était d’ailleurs considérée autrefois comme une étoile faisant partie de la Faucille. A l’ouest, Zosma ou Delta Leonis marque la croupe du Lion alors que Denebola ou « Bêta Leonis » bleue et de magnitude 2, représente la queue.

Le Lion occupe une position stratégique et les interprétations symboliques sont remarquablement homogènes depuis les temps les plus reculés ; il faut en rechercher l’origine dans les mythologies mésopotamienne et égyptienne, qui ont influencé, peu ou prou, les récits ultérieurs, juifs, grecs, latins, perses et arabes, ainsi que la tradition européenne. Plusieurs éléments se sont mêlés pour donner au Lion le statut de roi des signes, ou de signe des rois. Il y a tout d’abord, incontestablement, une dimension solaire, le Lion représentant le Soleil lui-même.

Lion dans la Vallée du Nil

Dans la période de formation des civilisations mésopotamienne et égyptienne, il y a 5 000 ans, le passage du Soleil à midi, dans cette partie du ciel, coïncidait avec le solstice d’été. Le Lion était donc la constellation du plein été, c’est-à-dire du royaume du Soleil. Dans son « Histoire naturelle », Pline (1er siècle) raconte que les Egyptiens vénéraient le Lion parce que la crue du Nil coïncidait avec le passage du Soleil dans les étoiles de cette constellation. Ces mêmes Egyptiens assimilaient Sirius, ou Sothis, au Soleil parce que le lever héliaque de cette étoile se produisait à la mi-juillet, au moment de la crue du Nil. Les vannes du canal irriguant la vallée du Nil étaient souvent décorées de mufles de lion, et c’est peut-être là l’origine du motif sculpté ornant de nombreuses fontaines en Grèce et à Rome. Pourquoi avoir choisi le Lion ? On ne le sait pas exactement, mais il est difficile d’imaginer un animal plus noble, et quand ses liens avec le Soleil ont été établis, il s’est imposé définitivement.

Régulus, parfois appelé Cor Leonis, le « Cœur du Lion », est chargée de toute la signification symbolique attribuée à la constellation. Cependant, il s’agit probablement d’une tradition antérieure à la mythologie égyptienne, puisque le Lion était autrefois une constellation plus petite que celle que nous connaissons aujourd’hui sous ce nom, étant donné que les étoiles de la Faucille étaient considérées séparément. Il semble que dans l’astrologie mésopotamienne Régulus ait été l’une des quatre étoiles royales, gardiennes des affaires des cieux.

Ces quatre étoiles, toute de magnitude proche de 1, se trouvent près de l’écliptique, et sont disposées en grande croix : Régulus, dans le Lion, et Fomalhaut, dans la constellation opposée du Verseau, forment l’un des bras, tandis qu’Aldébaran, dans le Taureau, et Antarès, dans le Scorpion, complètent la croix. Dans les premiers mythes à caractère astral, ces quatre gardiennes des cieux, et leurs constellations respectives, représentent les quatre moments essentiels de l’année solaire : les équinoxes et les solstices.

 

Héraclès et le lion de Némée – Statue de la Piazza Eraclea à Policoro – Basilicate – Italie

Dans la mythologie grecque, la constellation du Lion est assimilée au Lion de Némée qu’Héraclès dépeça lors du premier de ses douze travaux. Ce lion était une bête énorme et sa peau ne pouvait être entamée ni par la pierre, ni par le métal. Il appartenait à la déesse lunaire Séléné. Puisque le lion était invincible par le moyen des armes, Héraclès n’avait d’autre choix que de l’affronter à mains nues. Le héros perdit un doigt dans la bataille, mais il réussit à attraper le lion par le cou et à l’étouffer. Puis il dépeça l’animal en se servant de l’une de ses griffes. De la dépouille du lion Héraclès se fit son armure, et de sa tête, son casque.

Au nord-est de Denebola, la « Queue du Lion », située au-dessus de la constellation de la Vierge, se trouve un petit nuage d’étoiles mineures qui forme le groupe principal de la constellation Coma Berenices ou « Chevelure de Bérénice ». Ce groupe marque à peu près le pôle Nord de notre galaxie, l’axe autour duquel tourne notre vaste système d’étoiles, selon un mouvement périodique qui dure environ 225 millions d’années.

Le poète Ovide (43 avant Jésus-Christ/18 après Jésus-Christ) raconte une triste histoire qui établit un lien entre cette constellation et le Lion. Il était une fois deux amoureux, Pyrame et Thisbé, qui vivaient dans des maisons voisines. Malheureusement, leurs parents étaient opposés à leur union et ils devaient se rencontrer en secret, ou se parler à voix basse à travers une fissure du mur.

 

Thisbé écoutant Pyrame à travers la faille du mur – John William Waterhouse (1909)

Un soir, ils se donnèrent un rendez-vous clandestin à la lisière du bois. Alors que Thisbé attendait, un lion survint, une proie dans la gueule. L’animal ne semblait prêter aucune attention à la jeune fille, mais celle-ci eut peur et courut au-devant de Pyrame pour l’avertir. Dans sa hâte, elle perdit son voile, qui tomba non loin du Lion. Celui-ci abandonnant son festin, macula l’étoffe de ses griffes sanglantes. Dans sa fuite éperdue, Thisbé manqua Pyrame et lorsque le jeune homme arriva au lieu du rendez-vous, il ne vit de la jeune fille que son voile déchiré et taché de sang. Persuadé que le lion avait dévoré sa bien-aimée, plein d’une fureur désespérée, il se rua sur le fauve, mais celui-ci le tua d’un seul coup de patte. Cependant, Thisbé revint et, voyant le corps gisant de Pyrame, elle s’effondra en pleurant à chaudes larmes. Le lion, encore sous l’excitation du combat, se précipita sur la jeune fille et la tua, unissant ainsi le couple dans la mort.

Le sang de Thisbé fit naître un mûrier et c’est pourquoi, depuis ce jour, un jus rouge s’écoule des baies de cet arbre. Pour rappeler aux parents qu’il ne faut pas contrecarrer les sentiments de leurs enfants, Zeus/ Jupiter a placé le voile de Thisbé dans le ciel. C’est Coma Berenices.

 

Les mûres de Thisbé

Tôt le matin, vers le 16 novembre, dans le ciel de l’hémisphère Nord, on voit parfois une impressionnante pluie de météorites ; ce sont les Léonides, qui viennent d’un point situé à l’ouest d’Adhafera, dans le Lion. Ce phénomène se produit lorsque les Léonides, sans doute les débris d’une comète désintégrée, arrivent dans l’atmosphère terrestre.

Les Léonides sont donc un essaim de météorites qui s’enflamment en entrant dans l’atmosphère. Dès lors, on comprend que la mythologie en ait fait des dragons volants. Dans les civilisations méditerranéennes anciennes, et en Chine, on les considérait comme des messagers, ou des anges, venus du ciel.

 

Le Lion dans une fontaine de Rome

Bibliographie

Le langage secret des Etoiles et des Planètes – Geoffrey Cornelius/Paul Devereux – Editions Solar – Paris 

Tagged Under : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,