HALLOWE’EN… LE RETOUR DES OMBRES

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 29-10-2012

La rencontre de deux traditions, celtique et chrétienne, et le souvenir d’un événement historique, la conspiration des Poudres, se combinent dans une célébration anglo-saxonne de la Toussaint.

Le 31 octobre, pour Hallowe’en (de all hallow even, « veille de tous les saints »), tout en priant pour ceux qui ne figurent pas dans le calendrier, on allumait jadis des feux en frottant deux silex de façon à obtenir l’expulsion des influences maléfiques issues, disait-on, du sabbat des sorcières.

Le Sabbat des Sorcières – Francesco Goya

Ces feux, allumés jusqu’au début du XXe siècle en Ecosse et en Irlande, étaient censés inciter le soleil mourant à reprendre de l’énergie, ainsi qu’à apporter du réconfort aux âmes du purgatoire, pour lesquelles on priait le 2 novembre, « jour de toutes les âmes ». A ces feux s’ajoutaient des rites divinatoires et des jeux où les enfants s’ingéniaient à se saisir, les yeux bandés et sans les mains, de morceaux de pomme, de noix, de chandelles, objets chargés de prédire l’avenir.

Dans les traditions britanniques, les feux et les jeux de Hallowe’en trouvent leur prolongement le 5 novembre, lors des bûchers et des quêtes de la Guy Fawkes Night, commémorant la découverte de la conspiration des Poudres et indirectement la victoire du protestantisme. La veille du 5 novembre 1605, quelques minutes avant que les cloches sonnent minuit, Guy Fawkes, un gentilhomme originaire du comté d’York, fut arrêté dans les souterrains du Parlement de Londres au moment même où il s’apprêtait à mettre le feu à trente-six barils de poudre assemblés là dans le plus grand secret. Le complot visait à éliminer le roi protestant Jacques 1er, son fils et le Parlement, pour leur substituer la fille du roi kidnappée et élevée dans la foi catholique. Cette conspiration déjouée, le 5 novembre fut décrété « jour d’action de grâces », et se mua avec le temps en une fête populaire animée de nos jours par les enfants.

Effigie de Guy Fawkes

A la fin d’octobre, ceux-ci parcourent les rues à la nuit tombante en badinant leur « Guy », escogriffe bourré de paille, et ils font la quête en échange de la présentation de leur fantoche et de leurs chants rituels. L’argent récolté servira à l’achat de feux d’artifice qui seront allumés le 5 novembre, pour célébrer la mise à mort du Guy : des milliers de bûchers s’allument ce soir à travers le pays pour brûler dans une ambiance turbulente la représentation du conspirateur, et rétablir symboliquement l’ordre politique.

C’est à Lewes, dans le Sussex, que le militantisme protestant garde toute sa ferveur : le soir du 5 novembre on organise une gigantesque procession aux flambeaux derrière une bannière du XVIIIe siècle sur laquelle est inscrit « Pas de papauté » et au milieu d’une foule de visiteurs, on brûle les effigies du pape Paul IV et des Guys. Est-ce seulement pour commémorer un événement historique ou plutôt pour se venger inconsciemment des représentants du catholicisme responsables du bannissement des traditions anciennes ? La question reste ouverte.

C’est outre-Atlantique, aux Etats-Unis et au Canada, que la fête de Hallowe’en a retrouvé dans leur forme ancienne les réjouissances et les cortèges burlesques, dans une évocation apparente de la mort de la fin du XIXe siècle, jeunes gens et jeunes filles déguisés avec des draps de lit en squelettes ou en sorcières mimaient le retour des fantômes, hantant les adultes. On gribouillait des messages moqueurs sur les murs, on dégonflait les pneus, on renversait les poubelles, on trimballait des cadavres sans tête.

 

Les Citrouilles d’Hallowe’en

Récupérée par les institutions, la fête s’est momentanément assagie ; elle se réduit à des amusements carnavalesques d’enfants, à des quêtes de bonbons avec des lanternes faites de citrouilles évidées. Mais à partir des années soixante-dix, elle est devenue de nouveau l’occasion de manifestations subversives, avec parades carnavalesques et danses effrénées où l’exhibition des déviances sexuelles occupe le premier plan. On est bien loin de la fête que le commerce et surtout la grande distribution essaie de promouvoir en Europe…

D’autres pays célèbrent des fêtes assez semblables à celle d’Hallowe’en. En Chine, par exemple il existe une Fête des Fantômes. De même les Mexicains fêtent le Jour des morts. Sur l’île de Man, le 31 octobre, c’est la fête de Hop-tu-Naa. En Catalogne, on célèbre la fête de la châtaigne appelée « Castanyada » qui provient d’une ancienne fête rituelle funéraire. Quant au Japon, sa fête traditionnelle des morts s’appelle « O-Bon ». C’est l’occasion pour visiter les sépultures des défunts et y déposer des offrandes et des fleurs. Cependant, cette fête se déroule du 13 au 15 août.

 

Eplucher une pomme en une seule épluchure

Petit rituel de divination à pratiquer le jour de la fête de Hallowe’en et qui avait cours au début du XXe siècle : on épluche une pomme en une seule épluchure. Le sens dans lequel se déroule l’épluchage et le nombre de tours effectués sans casser l’épluchure correspondraient au nombre d’années à attendre pour la jeune fille avant qu’elle ne se marie. C’est une coutume qui vient tout droit d’Irlande.

 

Bibliographie

Fêtes et Croyances populaires en Europe – Yvonne de Sike – Editions Bordas

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LA CONSTELLATION DU SCORPION ET D’OPHIUCUS

(5.7 - CONSTELLATIONS ET ETOILES FIXES) par sylvietribut le 27-10-2012

Dans le ciel méditerranéen, on distingue très bien la queue recourbée du Scorpion. Huitième constellation du zodiaque, le Scorpion se trouve sur la portion de l’écliptique qui s’étend vers le sud. Une partie de la queue s’obscurcit à une latitude nord supérieure à 47°, et disparaît complètement au-dessus de 52° de latitude nord. En revanche, la constellation et parfaitement visible dans l’hémisphère austral. Au cœur du Scorpion se trouve Antarès, étoile rougeoyante, la plus brillante dans cette partie du ciel ; elle permet de repérer l’écliptique puisqu’elle se trouve à 5° au sud de ce cercle. A l’ouest d’Antarès se trouvent trois étoiles qui forment un éventail et qui constituent la pince du Scorpion, bien que dans les temps anciens la constellation se soit étendue jusqu’aux étoiles peu visibles qui forment maintenant les plateaux de la Balance. On peut repérer la constellation à partir du Sagittaire, dont la pointe se trouve à l’ouest d’Antarès, à un peu plus de 20°.

 

La Constellation du Scorpion

Il y a environ 5 000 ans, dans le croissant fertile du Tigre et de l’Euphrate, le passage du Soleil par la constellation du Scorpion correspondait à l’équinoxe d’automne. Antarès était alors l’une des quatre étoiles royales marquant les points des solstices et des équinoxes sur le cercle de l’écliptique ; ces étoiles forment une grande croix, Aldébaran étant dans le Taureau, Régulus dans le Lion et Fomalhaut dans le Verseau.

La constellation du Scorpion est souvent perçue comme maléfique, porteuse de mort, peut-être à cause de la rutilance d’Antarès, dont le nom signifie « Rival d’Arès ». Ce caractère est renforcé par le fait que Mars, l’équivalent romain d’Arès, est considéré en astrologie comme symbole de meurtre, et qu’il a élu domicile dans le Scorpion.

La mythologie grecque établit une corrélation étroite entre les histoires du Scorpion, du chasseur Orion et du guérisseur Asclépios, assimilé avec la constellation Ophiucus. Un jour, Orion prétendit stupidement qu’il était capable de tuer toutes les bêtes sauvages. Gaia le punit de son arrogance en lui envoyant un scorpion pour le piquer au talon. Cette histoire était inscrite dans les mouvements des constellations. Lorsque le Scorpion s’élevait sur l’horizon oriental, Orion mourait et disparaissait à l’occident. Mais Asclépios guérit Orion et écrasa le scorpion et lorsque Orion s’élevait à nouveau à l’est, Asclépios/Ophiucus poussait le Scorpion vers le bas, à l’ouest.

 

Le Scorpion, Ophiucus et la Balance

Ophiucus, en latin » Ophiuchus » vient d’un terme grec qui signifie « montreur de serpents » et qu’on a traduit par « serpentaire », nom souvent donné à la constellation. Aucun personnage de la mythologie ne porte ce nom, mais cette silhouette céleste est souvent assimilée à Asclépios, dieu de la Médecine et fils d’Apollon, dont l’emblème, deux serpents entrelacés, est devenu le symbole de la profession médicale. Asclépios a été initié à l’art de guérir par Apollon et par le centaure Chiron. Le Serpentaire se trouve au-dessus du Scorpion, sa tête étant au nord, au-dessus de la figure inversée d’Hercule ; les têtes des deux héros se touchent donc presque. Dans ses mains, le Serpentaire tient un serpent, la constellation du serpent, dont la tête et la queue étaient autrefois deux parties d’une même constellation, et qui sont maintenant séparées par Ophiucus ; à l’ouest se trouve la tête du Serpent, Serpens Caput, et à l’est la queue du Serpent, Serpens Cauda. Dans ce groupe, il n’y a pas d’étoiles très brillantes ; la principale, correspondant à la tête d’Ophiucus, est Ras Alhague, de magnitude 2, qui signifie en arabe « Tête du charmeur de serpents ».

 

Orion piqué par le Scorpion tenant dans sa main un serpent

Ophiucus se trouve au centre d’une controverse, car les opposants à l’astrologie expliquent qu’il constitue le treizième cycle du zodiaque et que ceux qui sont nés entre le 30 novembre et le 17 ou 18 décembre ne sont pas des Sagittaires, mais des Serpentaires. Les astrologues répondent en invoquant la précession. Les signes du zodiaque correspondent à douze arcs de 30° qui s’étendent de part et d’autre de l’écliptique, et qui sont mesurés à partir du point de l’équinoxe de printemps. C’est la course du Soleil, passant par ces douze étapes en une année, qui détermine les prédictions astrologiques ; mais les noms et une partie du symbolisme de ces signes ont pour origine douze groupes d’étoiles de grandeurs différentes situées le long de l’écliptique. Etant donné la précession, les douze signes sont depuis longtemps décalés par rapport à leur constellation. La projection d’Ophiucus sur l’écliptique se trouve entre la constellation du Sagittaire et celle du Capricorne, d’où l’idée d’une treizième constellation zodiacale ; toutefois, cela n’a pas d’incidence sur les douze signes du zodiaque. Le treizième signe n’est donc qu’un simple argument polémique.

A l’est d’Ophiucus se trouve la Balance, très peu visible. On la trouve sur l’écliptique, à peu près à mi-distance entre l’Epi de la Vierge et Antarès du Scorpion. Au milieu se trouve le pivot de la Balance, l’étoile Zuben Algenubi (alpha Librae), placée presque exactement sur l’écliptique. A 8° au nord-est, se trouve Zuben Elschemali (bêta Librae), un peu plus brillante. Les Grecs associaient cette constellation au Scorpion, mais les Romains y ont vu l’image d’une balance, symbole de la justice.

Bibliographie

Le Langage secret des étoiles et des planètes – Geoffrey Cornelius et Paul Devereux

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THEMIS… DEESSE DE LA JUSTICE ET DE LA BALANCE

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 22-10-2012

Depuis l’Olympe, Thémis régnait sur la Justice et dans la grande galerie des dieux et des déesses, elle tenait un rang particulièrement important. Elle était fille d’Ouranos et de Gaïa, c’est-à-dire du Ciel et de la Terre. De ce fait, elle était sœur de Saturne et tante de Jupiter. Thémis était donc une Titanide. Sa double origine souligne de façon très nette cette dualité qui caractérise bien le signe de la Balance. Sa situation à l’équinoxe d’automne le place au point de rencontre des valeurs matérielles et des valeurs spirituelles, des forces du jour et des forces de nuit, de la Terre et du Ciel.

Thémis

Assiste au pied du trône de Zeus/Jupiter, Thémis aidait de ses conseils avisés, le roi des dieux à gouverner l’univers. Elle-même veillait à ce que règne partout, dans le ciel comme sur la terre, entre les dieux comme entre les hommes, l’ordre et la paix. Et si une mission délicate se présentait, c’est à Thémis que le Maître de l’Olympe la confiait. Voilà bien tous les symboles que la Balance véhicule : paix, sûreté du jugement, diplomatie, esprit de conciliation. Ses couleurs vestimentaires étaient dominées par le blanc, symbole de pureté et de candeur, « candide » en latin signifie « blanc », et puis aussi le noir et le pourpre.

Les attributs que le mythe confère à Thémis et avec lesquels les artistes à travers les siècles l’ont représentée sont la balance et le glaive. Parfois, elle porte aussi un bandeau sur les yeux. Quelles significations peut-on donner à ces attributs ?

La balance, c’est bien sûr le symbole universel de la justice dont l’impartialité est garantie par le bandeau sur les yeux. Quant au glaive, il peut surprendre lorsqu’on connaît le dégoût que la violence inspire aux natifs de la Balance. Mais ce qu’on oublie, c’est que l’injustice leur est proprement insupportable et qu’ils sont capables de devenir violents lorsqu’il s’agit de rétablir la justice ou de se révolter contre l’injustice, surpris eux-mêmes de la détermination qui les anime en de telles circonstances.

De son neveu Jupiter qui, dit-on, la força à l’épouser alors qu’elle désirait garder sa virginité, Thémis eut trois filles : l’Equité, la Loi et la Paix. Il y a d’étroites relations entre ces trois sœurs qui sont inséparables car, lorsque l’équité est garantie par la loi, la paix règne entre les hommes.

A noter que la seconde épouse de Zeus/Jupiter fut Héra. Quel contraste entre Thémis, Vénus en Balance, qui évoque la force de la permanence et de l’impartialité et Héra, Vénus en Taureau, possédée par une jalousie dévorante.

Bien que la Balance ne soit ni son domicile, ni le lieu de son exaltation, la planète Jupiter est à l’aise dans ce signe, sans doute en raison des bons rapports que le Maître des dieux entretenait avec Thémis. De plus, sa présence dans la Balance peut avoir d’heureux effets si l’on en juge par ces trois filles qui naquirent de leur union. Voilà un bel exemple montrant comment on peut appliquer la mythologie à l’astrologie, comme si dieux et planètes se confondaient.

La danse des Heures de Bartolozzi

Thémis, mère incestueuse malgré elle, eut encore d’autres enfants de son royal époux et neveu. Il est vrai que l’inceste n’était pas mal perçu dans l’Olympe. Thémis mit donc au monde les Heures, également au nombre de trois : Thallo, Carpo et Auxo. Ces divinités qui se présentent à nous comme des vierges charmantes, parées de fleurs et de fruits, chargées d’ouvrir au soleil et de fermer à la nuit les portes d’or de l’Olympe. En outre, elles présidaient à l’ordre de la nature et à la succession des saisons. Quand elles n’étaient pas retenues par leurs charges, elles dansaient et chantaient en compagnie des Muses et des Grâces.

Avec les Heures, on retrouve les concepts d’équilibre (l’ordre du monde) et de proportion (temps divisé en saisons et en heures) propres à la Balance. Par ailleurs, l’influence de Vénus, planète-maîtresse de la Balance, se manifeste dans la grâce, les chants, les fleurs et les fruits. Vénus-Uranie, attribuée à la Balance, est considérée comme plus éthérée, plus idéaliste que la Vénus du Taureau.

 

Les Parques

Très différentes des Heures étaient les trois dernières filles que Thémis donna à Jupiter-Zeus, les redoutables Parques, qui fixaient le destin des hommes. Le tableau de Michel-Ange qui les représente dans l’exercice de leurs fonctions n’est pas pour nous rassurer. Ce ne sont pas de charmantes jeunes filles, mais des femmes d’âge mûr dont la vue inspire la crainte. Ces trois sœurs se nomment : Clotho, Lachésis et Atropos. Chacune avait une tâche bien déterminée : Clotho tenait la quenouille qui filait le fil de la vie dont Lachésis mesurait la longueur et que les ciseaux d’Atropos tranchaient inexorablement quand sonnait l’heure du destin.

Si les Heures rappellent la douce et belle Vénus, planète dignifiée dans la Balance, les Parques font immédiatement penser à Saturne, planète exaltée dans la Balance. Or, sur d’anciennes gravures, Saturne est représenté avec deux attributs : la faux et le sablier, qui confirment ce rapprochement avec les Parques. Il y a, d’une part, une analogie évidente entre la faux et les ciseaux et d’autre part, entre le sablier et le fil de la vie qui se déroule. Quelles belles coïncidences dans toutes ces analogies que nous devons à la divine Thémis dont on disait qu’elle avait de belles joues, trait particulièrement vénusien.

L’autre mari de Thémis fut le Titan Japet de qui elle eut Prométhée. Elle transmit à son fils une grande partie de sa sagesse et comme elle connaissait aussi l’avenir et des secrets dont Zeus-Jupiter lui-même était ignorant, tel que le destin de Thétis, qui devait devenir plus puissant que son père. C’est grâce à sa sagesse que Prométhée, plus tard, fut libéré de son châtiment par Zeus-Jupiter.

Succédant à Gaïa comme possesseur de l’oracle de Delphes, Thémis révéla à Pyrrha et à Deucalion le moyen de repeupler la terre après le déluge. Elle avertit également Atlas qu’un jour un fils de Zeus/Jupiter viendrait voler les pommes d’or des Hespérides. Ce fut pour cette raison qu’Atlas refusa d’aider Persée lorsque celui-ci le lui demanda. Elle transmit plus tard l’oracle de Delphes à sa sœur Phoebé, ou bien dit-on aussi à Apollon, lorsque le dieu revint du Tempé où il avait été purifié du meurtre de Python… Mais là est une autre histoire qui n’appartient pas au monde de la Balance.

Par ailleurs, comme on sait la Balance préside aux mariages et la lecture des mythes nous apprend que viol de Rhéa, déesse de la Terre, impliqua que les Hellènes adorateurs de Zeus, transformèrent toutes les cérémonies funéraires et agricoles. De plus, elle lui avait interdit de se marier, ce qui signifie que jusqu’alors la monogamie était tout à fait inconnue ; les femmes prenaient autant d’amants qu’il leur plaisait. Le fait que Zeus soit le père des Saisons par Thémis signifie que les Hellènes réglèrent également le calendrier : Thémis, l’ordre, était la Grande Déesse qui divisa l’année en treize mois comportant deux saisons séparées par les solstices d’hiver et d’été. A Athènes, ces saisons étaient personnifiées par Thallô et Carpô ou Carpho, qui signifient respectivement « qui germe » et « qui se fane » ; leur temple contenait un autel à Dionysos phallique, mais là encore cela n’appartient pas au monde ordonné de la Balance.

 

La Justice – Allégorie du bon et du mauvais gouvernement – Ambrogio Lorenzetti – Palazzo civico Siena – Italie

La « thémis » est la justice immanente, c’est-à-dire celle qui ne passe pas par la médiation d’une procédure judiciaire, mais celle qui relève directement des dieux. Dans la mythologie grecque, les dieux étaient les gardiens du cosmos et il fallait que chacun reste à sa place. Les dieux frappaient ceux qui venaient troubler l’ordre de l’univers, comme ceux qui s’écartaient de leur position. C’est la représentation de Thémis que nous avons aujourd’hui encore sur nos palais de justice actuels : une femme qui d’une main tient une balance, c’est-à-dire qui maintient l’équilibre du cosmos, et de l’autre un glaive. Parfois elle porte un bandeau sur les yeux, signe de son impartialité.

Cependant, à l’époque grecque, Thémis ne représentait pas la justice judiciaire. Thémis était une justice divine. On voit là l’origine religieuse de la justice, c’est un attribut divin. Les dieux ne rendaient pas justice mais ils frappaient ceux qui introduisaient du chaos dans l’ordre de l’Univers. L’ordre, c’est quand chacun reste à sa place, c’est le « connais-toi toi-même » du Temple de Delphes, c’est être dans la mesure ; la démesure, l’excès étant facteur de chaos. La première fonction de la justice divine était d’empêcher la démesure. Les hommes n’avaient rien à faire, cette justice ne relevait pas d’eux. L’homme devait juste rester à sa place.

Sous sa forme archaïque, la justice est simple : il faut évaluer, peser l’égalité entre l’action et la répression de cette action ; c’est une justice simple, de pure égalité, la seule chose visée est que le monde retrouve l’ordre qui était le sien. La justice veut rétablir l’ordre. Elle ne prend pas en compte l’amendement du coupable : que le coupable soit meilleur ou son affliction… Seul l’ordre intéresse cette justice. Notre justice judiciaire a ce but, celui aussi de ramener la démesure dans l’ordre. Notre justice actuelle est en fait la descendante de Dicé, la fille de Thémis selon la mythologie.

 

Dicé, Eunomie et Eiréné – Filles de Thémis et de Jupiter

Dicé personnifiait la justice humaine dans ses aspects moraux et pénaux. Il faut savoir que Dicé était née mortelle et que Zeus/Jupiter la fit venir sur terre pour maintenir la justice au sein du genre humain. Cependant, il se rendit compte rapidement que cette tâche était impossible et il la rappela auprès de lui sur le Mont Olympe.

C’est dans le climat philosophique d’Athènes, au Ve siècle avant Jésus-Christ, que Dicé fut personnifiée comme la déesse de la justice morale. Dicé était l’une des trois Heures que Thémis avaient eues avec Zeus/Jupiter comme le mentionne Hésiode. Ses deux sœurs étaient Eunomie et Eiréné. La première représentait la justice humaine dans son aspect légal, c’est-à-dire la Loi et l’Ordre ; la seconde était la paix qui fut comparée par les Romains à Astrée.

Selon Hésiode et Homère, les Heures habitaient l’Olympe. Elles avaient des temples à Corinthe, Athènes, Olympie. On célébrait en leur honneur des fêtes appelées Horées, dans lesquelles on demandait la prospérité des biens de la Terre. Les Grecs n’admettaient que trois Heures : Eunomie, Dicé et Eiréné que l’on retrouve dans le prénom Irène. Les Romains compteront ensuite douze Heures qui représenteront les douze mois de l’année.

 

Thémis – Francfort – Allemagne

 

Bibliographie

Dictionnaire de la Mythologie – Michael Grant & John Hazel – Chez Marabout

Le Grand Livre de la Balance – Henri Latou – Tchou Editeur

Les Mythes grecs – Robert Graves – Editions Fayard

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DANS LE BESTIAIRE DE LA BALANCE… LA COLOMBE

(09 - LES ANIMAUX DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 15-10-2012

Dans la Bible, c’est une colombe que Noé envoie depuis son arche pour savoir si les eaux se sont retirées de la terre après le déluge. Celle-ci revient vers Noé dans le soir avec un rameau d’olivier dans son bec, indiquant ainsi à Noé que les eaux ont baissé, mais en signe de réconciliation avec Dieu. Elle est la messagère de Dieu et symbolise la paix, l’harmonie, l’espoir et le bonheur retrouvé. Dans le Christianisme, la colombe est le Saint-Esprit. Elle est présente tant à l’Annonciation qu’au baptême du Christ, le Saint-Esprit descendit sur lui sous la forme de cet oiseau.


La blanche colombe

Dans le Cantique des Cantiques, un recueil de chants d’amour qui font partie de l’Ancien Testament, les colombes occupent aussi une place de choix. En plus de son message de paix, la colombe est un symbole de pureté, cependant toutes les colombes ne sont pas blanches.

En Chine, la colombe, comme le pigeon sont emblèmes de longévité et de fidélité conjugale. D’ailleurs, comme la plupart des représentations d’animaux ailés dans la même aire culturelle, on a pu dire que la colombe représentait la sublimation de l’instinct et plus spécifiquement de l’éros.

Dans la culture amérindienne, offrir une plume de colombe à quelqu’un équivaut à une déclaration d’amour.

Dans une acception païenne qui valorise différemment la notion de pureté, non en l’opposant à l’amour charnel mais en l’associant à lui, la colombe, oiseau de Vénus/Aphrodite, représente l’accomplissement amoureux que l’amant offre à l’objet de son désir. Dans l’Antiquité, on offrait des colombes en sacrifice aux déesses de l’amour, comme Astarté et Vénus. On a retrouvé des colombes à Pompéi sur des mosaïques.

 

Les colombes de Pompéi – Mosaïque

Ces acceptions, qui ne diffèrent qu’en apparence, font que la colombe représente souvent ce que l’homme juge impérissable, c’est-à-dire le principe vital, l’âme. A ce titre, sur certains vases funéraires grecs, elle est représentée buvant à un vase qui symbolise la source de mémoire. L’image est reconduite dans l’iconographie chrétienne qui, par exemple, dans le récit du martyr de saint Polycarpe, un disciple de l’apôtre Saint Jean, figure une colombe sortant du corps du saint après sa mort.

Tout ce symbolisme est évidemment issu de la beauté et de la grâce de cet oiseau, de sa blancheur immaculée, de la douceur de son roucoulement. Ce qui explique que, dans la langue la plus triviale comme dans la plus élevée, de l’argot parisien au Cantique des Cantiques, le terme de colombe compte parmi les plus universelles métaphores célébrant la femme. « Dans la mesure où l’âme s’approche de la lumière, dit Jean Daniélou citant Grégoire de Nysse, elle devient belle et prend dans la lumière la forme d’une colombe. Mais l’amoureux n’appelle-t-il pas son aimée « mon âme » ?

Notons enfin que la colombe est un oiseau éminemment sociable, ce qui renforce la valorisation toujours positive de son symbolisme.

 

La colombe de la paix de Pablo Picasso

La colombe a inspiré bon nombre d’artistes : Pablo Picasso en a produit de nombreuses œuvres où les colombes sont très présentes, et notamment la Colombe de la Paix, en 1949. Cette année-là eut lieu, à Paris Salle Pleyel, un gigantesque Congrès de la Paix organisé par le Mouvement mondial des partisans de la paix. Picasso était alors membre du Parti communiste, comme de nombreux intellectuels. En janvier 1949, le Parti Communiste, très engagé dans l’action pour la paix aux côtés des Chrétiens et des Libres penseurs, demanda à Picasso de dessiner une affiche symbolisant le Mouvement de la Paix. Pour cette colombe, Picasso s’inspira des pigeons blancs qu’il avait en cage dans son atelier pour tracer le profil d’une colombe, ainsi que des arbres de son enfance à Malaga. Au printemps, naissait sa fille qu’il eut avec Françoise Gilot. Il la prénomma Palomba, « Colombe » en espagnol.

 

La colombe de René Magritte

 

La colombe de Georges Braque

René Magritte et Georges Braque ont également peint des tableaux célèbres représentant des colombes. Quant à Guillaume Apollinaire, il a écrit un calligramme, ou recueil de poèmes,  bien connu : « La colombe poignardée et le jet d’eau ».

Si vous vous promenez au jardin des Tuileries peut-être remarquerez-vous la Nymphe à la colombe. Elle forme un groupe consacré à la chasse avec le Chasseur au repos et la Nymphe au carquois. Initialement, elle se trouvait dans le parc de Marly. Elle fut commandée en 1707 à Nicolas Coustou et est datée de 1710. Le groupe quittera Marly et sera transporté aux Tuileries en 1716.

 

La Nymphe à la colombe – Nicolas Coustou – Jardins des Tuileries – Paris

Il existe une rue de la Colombe dans l’île de la Cité à Paris où se trouve au n° 4, La Colombe, le plus vieux bistrot de Paris qui devient un célèbre cabaret « rive gauche », qui de 1954 à 1964 fit débuter de nombreux chanteurs-poètes.

La colombe a même inspiré les pâtissiers. On raconte qu’en 1176, le chef de la Ligue des communes lombardes, pour célébrer la victoire du « Carrocio » contre Frédéric Barberousse durant la bataille de Legnano, fit préparer un pain en forme de colombe, qu’il considérait comme un signe de protection, en hommage aux trois colombes qui s’étaient posées providentiellement sur les enseignes lombardes durant Le conflit. Le « Carrocio » était au Moyen Age un char de guerre que les communes déplaçaient, avec le drapeau et l’autel, pour se réunir en prières avant le combat.

 

La colombe pascale d’Italie

Comment ne pas citer aussi le dessert pascal italien, la « colomba », une brioche garnie de fruits confits en forme de colombe qui symbolise Pâques et la bonne nouvelle qu’est la résurrection du Christ. Cependant, la tradition perpétuerait une légende qui circule toujours en Italie. Au VIe siècle, Alboïn, roi des Lombards, demanda lors du siège de Pavia un tribut de douze jeunes filles, les plus belles de la cité. Un vieil homme eut l’idée d’offrir au terrible  Alboïn en signe de paix, un jour de Pâques, ce pain sucré en forme de colombe. Séduit, le despote promit de toujours respecter les colombes. Ensuite, il demanda qu’on lui amène les captives. A la première à qui il demanda comment elle s’appelait, il s’entendit répondre : « Colombe », la seconde se prénommait aussi Colombe et les unes après les autres les douze jeunes filles annoncèrent toute le même nom, Colombe. Cet heureux stratagème plut à Alboïn qui renonça à détruire Pavia et au contraire choisit d’y installer son gouvernement.

 

La colombe de Bâle – Timbre

Enfin, la colombe figure sur un timbre postal, c’est la Colombe de Bâle. Ce nom fut donné au premier timbre émis par la poste du canton suisse de Bâle en 1845. Non dentelé, il représentait une colombe blanche sur un écu rouge, entouré de la mention « Stadt-Post-Basel », c’est-à-dire « Poste Urbaine de Bâle ». Ce fut le premier timbre-poste en relief et en couleur : blanc, rouge et un pourtour bleu clair.

 

La jeune fille à la colombe – Chaplin

Bibliographie

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

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DANS L’HERBIER DE LA BALANCE… LE JASMIN

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 11-10-2012

Cette plante gracieuse est originaire des Indes. Particulièrement appréciée pour sa senteur capiteuse, elle entre dans la composition de plusieurs parfums renommés. Le jasmin est, avec la rose, une des deux fleurs reines de la parfumerie. Ces deux fleurs ont fait le succès du parfum Joy qui fut créé en 1930 par Jean Patou qui disait qu’il fallait 10 600 fleurs de jasmin pour produire une once de parfum.

Quant à la blancheur du jasmin elle en fait la fleur-symbole de l’amabilité.

JASMIN 2 

Jasmin blanc symbole de l’amabilité

Les tiges ligneuses du jasmin s’enroulent sur tout support en formant des méandres, symboles d’élégance. Une tonnelle où le jasmin s’enlace est un délice pour l’odorat. Ce qui fit écrire à Jean de La Fontaine :

Jasmins dont un air doux s’exhale,

Fleurs que les vents n’ont pu ternir,

Aminte en blancheur vous égale,

Et vous m’en faites souvenir.

Les Tunisiens en font de petits bouquets en boutons que les enfants proposent à la terrasse des cafés et que les hommes portent sur l’oreille, en offrir est une preuve d’amour. En Arabe, le nom du jasmin odorant signifie « cadeau de Dieu », et tant en Orient qu’en Occident, la fleur est liée à la grâce féminine. Le jasmin est à l’origine du prénom arabe Yasmina, et de ses dérivés : Yasmine et Yassmine. Damas est la ville du jasmin par excellence tant cette fleur est cultivée dans chaque maison, au pied de chaque immeuble.

 

Petits bouquets de jasmin de Tunisie

En Inde, Kâma, le dieu de l’amour, atteignait ses victimes par des flèches auxquelles il attachait des fleurs de jasmin. Et si on se réfère à l’Antiquité, on apprend que Cléopâtre serait allée à la rencontre de Marc Antoine dans un bateau dont les voiles étaient enduites d’essence de jasmin. D’ailleurs, le jasmin serait originaire d’Indes et d’Egypte.

Dans la tradition chrétienne, elle est  associée à la Vierge Marie, alors qu’en Thaïlande, elle symbolise la maternité.

En France, au XVIIe siècle, la ville de Grasse s’était lancée dans la culture du jasmin. Sa récolte est aujourd’hui devenue rare. Elle se déroule au mois d’août. Les fleurs de jasmin doivent être cueillies juste avant l’aube et traitées le plus rapidement possible. Les fleurs de jasmin s’ouvrent la nuit et seulement à une température supérieure à 17° C.

Dans le folklore français, les noces de jasmin symbolisent 66 ans de mariage.

JASMIN JAUNE 2

Jasmin jaune

Il existe aussi un jasmin jaune très résistant au froid. Il fleurit à la fin de l’hiver lorsque la terre est nue. Ses étoiles jaunes sont un premier frémissement de la nature.

Par ailleurs, indépendamment du goût délicieux que la fleur de jasmin donne au thé, celle-ci est recommandé contre les maux de tête. Très calmantes, elles relaxent et apaisent la toux nerveuse. Posologie en infusion : 20 grammes par litre d’eau bouillante et deux tasses par jour, la seconde au coucher. De plus, dans l’huile d’olive, la macération des fleurs est excellente en friction contre les douleurs des paralysies nerveuses. Pour cet usage externe : recouvrir dans un bocal des fleurs de deux fois leur volume d’huile d’olive. Laisser macérer un mois avant usage.

Comme les fleurs de jasmin sont rares et leur prix élevé, si vous en avez dans votre jardin, cela vaut la peine de les récolter.

JASMIN

Bibliographie

Le Langage des Fleurs – Marthe Seguin-Fontes – Editions du Chêne – Hachette Livre

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LA MAISON VII DU THEME ASTRAL… LA MAISON DE LA BALANCE

(5.6 - LES MAISONS ASTROLOGIQUES) par sylvietribut le 10-10-2012

La Maison VII est en analogie avec le septième signe, la Balance. C’est une Maison d’Air, gouvernée par Vénus, qui suggère la recherche de la concorde, de l’harmonie ainsi qu’une grande diplomatie des propos tant pour convaincre que pour plaire. C’est une Maison Cardinale qui évoque l’importance de construire les relations, les unions et d’amener la vie de tout un chacun vers l’association et le mariage.

Ainsi à partir de la Maison VII on ne parle plus en son nom propre, mais on prend en compte forcément quelqu’un d’autre. Par exemple, si l’Ascendant dit « Je suis » ou « J’entre dans l’existence », la Maison VII dit « Nous sommes » ou « je m’associe ».

Cette Maison VII s’appelle aussi le Descendant car c’est le lieu où était le Soleil le jour de la naissance quand il se couchait.

 

Le zodiaque et les douze Maisons astrologiques

La Maison VII indique donc comment la personne rencontrera le monde extérieur en général et plus particulièrement les personnes avec lesquelles elle va s’associer de manière intime et étroite. C’est à la fois la Maison du mariage et souvent du divorce aussi. C’est donc la Maison des procès.

Cette Maison VII va donc également donner des renseignements sur le partenaire qui nous est dévolu, qu’il soit sentimental ou d’affaires. Le mécanisme psychologique de la projection est clairement annoncé par la signification traditionnelle de cette Maison : l’Autre. En fait, cet autre est celui à l’intérieur de soi.

Ce mécanisme de projection de l’inconscient, la partie contractuelle de la psyché, appelée par Jung « animus » pour la femme et « anima » pour l’homme est intimement liée aux qualités du partenaire telles qu’elles sont définies en Maison VII.

Dans cette Maison VII, on peut également percevoir la personnalité du deuxième enfant.

Enfin, la Maison VII représente la vie sociale du sujet. Elle recouvre toutes les associations contractuelles qui nous lient aux autres et donc, elle parle aussi des contrats. Elle régit nos rapports aux autres : collaborateurs, associés, ou bien adversaires et ennemis.

Comme on le voit la Maison VII est d’abord un lieu d’association, traditionnellement lié aux contrats, aux engagements, d’où sa réputation de lien, dont les liens du mariage, source d’aliénation bien souvent, devenant accessoirement lieu de conflits et de guerre en astrologie mondiale, de divorce et de procès dans les thèmes personnels.

Avec la Maison VII, on est en permanence dans cette dualité lien/aliénation. La Maison VII, dans son analogie avec la Balance, marque toutes les hésitations, et donc toutes les ambiguïtés : on ne sait dire ni tout à fait oui, ni tout à fait non, et en tout cas, si on dit « oui », on s’arrangera pour le faire « payer » à l’autre.

La Maison VII c’est aussi une projection du sujet Ascendant sur l’autre, avec cette tentation de le voir tel qu’on voudrait qui soit et non tel qu’il est réellement, d’où bien des déceptions et désillusions en perspective, dues non pas à celui qui s’incarne dans la Maison VII, mais à cause de ce que l’Ascendant projette sur son vis-à-vis.

Enfin, la Maison VII est aussi un lieu d’identification qui entraîne une sur-adaptation à l’autre. Ainsi, les phases de « soumission-dépression » alternent avec les phases de révolte et d’excitation qui constituent la toile de fond cyclothymique de la Maison VII/Balance.

 

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