UN MYTHE VERSEAU… DEDALE UN INGENIEUR INGENIEUX

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME, 6.6.11 - LES MYTHES DU VERSEAU ET D'URANUS) par sylvietribut le 29-01-2013

Dédale est l’artisan athénien mythique. Son nom d’ailleurs signifie « ingénieux ». Il était célèbre pour ses nombreuses œuvres et inventions. Selon la légende, son père descendait du roi Erechthée et n’était autre que Eupalamos, c’est-à-dire « celui qui est agile de ses mains », ou Métion qui signifie « intelligent ». Socrate d’ailleurs prétendait descendre de Dédale. C’est ici qu’on rencontre l’aspect fondamental qui définit les dieux artisans et inventeurs comme héritiers d’Ouranos, Uranus le Maître du Verseau. Nous sommes ici invités à aborder le mythe de Dédale et d’Icare qui, ensemble, représentent bien la double fonction du signe du Verseau, incarnée par le père, Dédale, l’inventeur, et le fils, Icare, inconscient et grisé par l’invention du père. Invention qui peut le sauver, mais aussi le perdre.

DEDALE HEROS DE LA DEMESURE 

Dédale et Pasiphaé

En grandissant, Dédale, devint le meilleur peintre et sculpteur d’Athènes. Ses œuvres étaient si vivantes qu’elles paraissaient réelles. Sa sœur lui confia son fils Perdix, qu’on nommait également Talos ou Calos, comme élève. Mais le garçon se révéla meilleur artisan que Dédale lui-même, en inventant la scie. Il s’était inspiré de la mâchoire du serpent, ou de l’arête dorsale du poisson. Il inventa également le compas du géomètre et le tour du potier. Dédale alors tua son neveu dans un accès de jalousie, en le poussant du haut de l’Acropole, ou d’une falaise, dans la mer. Athéna, qui l’aimait pour son habileté, le vit tomber et le transforma en perdrix, laquelle prit son nom.

 PERDRIX ROUGE

Perdrix rouge

A travers ce nouvel épisode du mythe, s’esquisse la structure paranoïaque, ou seulement paranoïde, du Verseau. Et puis, avec ses automates sortis de ses mains, on pourrait considérer Dédale comme le précurseur de la robotique. Par ailleurs, on notera le lien entre l’oiseau et le Verseau, entre l’air et le signe, qu’on retrouvera plus tard avec Icare volant entre ciel et terre. L’oiseau est messager, intermédiaire entre les dieux et les hommes ; il abrite souvent l’âme d’un roi mort, il symbolise le sentiment, la spiritualité, la musique… Mais en ce qui concerne Dédale, l’intention criminelle était bien là. Seulement, pour les dieux, toute tentative de meurtre était inconcevable et Dédale pour ce crime dut payer le prix du sang.

Tout d’abord, Dédale dut comparaître devant l’Aréopage. On lui prête des remords et pour expier sa faute il aurait décidé, lui-même, de s’exiler. Voilà qui n’est pas impossible. Une fois la colère retombée, la pulsion paranoïaque, le geste lié au fol orgueil et le refus d’être un jour surpassé, le Verseau Dédale retrouve sa bonne nature.

Notons au passage l’extrême complexité du signe qui fait aussi bien les grands révolutionnaires, les libérateurs prêts au sacrifice de leur vie, les êtres non-conformistes, tolérants, acceptant la différence de l’autre, mus par le souci du bien commun, que les dictateurs prêts à imposer par la force leur seule volonté. Et d’ailleurs, on constate que bien des hommes de pouvoir portent dans leur thème un Uranus à l’Ascendant. Tout comme une certaine tradition voit dans les Uraniens des nains ou des géants. Géants qui toiseront le vulgum pecus ou nains complexés qui devront compenser leur petite taille par l’exercice de l’autorité.

Comme nous savons qu’en Grèce tout crime exige purification, voilà notre Dédale partit en exil en Crète. Là, il fut accueilli par le roi Minos qui ne laissera pas en friche les talents de son hôte, même si parfois Dédale construisit des objets que le roi ne pourra que réprouver. Mais à la demande du roi, Dédale accomplit des exploits de construction mécanique.

 PASIPHAE S'INTRODUISANT DANS LA VACHE EN BOIS DE DEDALE

Dédale aide Pasiphaé à s’introduire dans la vache en bois – Giulio Romano – Palazzo Tè – Mantoue

Cependant, son invention la plus étrange fut une demande de la reine Pasiphaé, l’épouse de Minos, qui lui commande le simulacre d’une séduisante vache en bois, leurre supposé tromper le magnifique taureau blanc dont Pasiphaé s’était éprise, et dans laquelle la reine Pasiphaé se cacha pour assouvir sa passion pour un taureau. Pour que la bête tombe dans le piège, il fallut que l’inventeur n’ait rien négligé et que la vache dans laquelle la reine prit place ait le regard irrésistible et le cil battant. Car en tant que femme, Pasiphaé n’a aucun attrait aux yeux de l’animal et celui-ci ne prête à la reine éperdue aucune attention. Le taureau fut trompé par l’imitation et féconda la reine. Et c’est ainsi que Pasiphaé conçut le Minotaure, qui était moitié homme, moitié taureau. Voilà qui embarrassa bien Minos, si honteux de l’existence de ce monstre, qu’il ne pouvait en revendiquer la paternité, tout en réprouvant les débordements bestiaux de son épouse. Minos, comme Ouranos, ne sait que faire de ce rejeton monstrueux. C’est alors qu’il charge Dédale de la construction d’un Labyrinthe, enchevêtrement souterrain de tunnels et de couloirs et qui n’avait qu’une seule entrée. L’ensemble avait été conçu de telle sorte que quiconque y pénétrait n’en pouvait plus ressortir. On n’a jamais retrouvé trace de cette fabuleuse construction : pourtant on a récolté quelques pièces de monnaie originaires de Cnossos et sur lesquelles est représenté ce « lieu de perdition ». Etait-il déjà, à l’époque, mythique, symbolique, ou a-t-il simplement disparu ? Nul ne le saura jamais.

 le labyrinthe

Le labyrinthe

Cependant, le magnifique taureau blanc n’était pas là par hasard. En effet, les dieux avaient aussi des comptes à régler avec Minos. En effet, quand celui-ci revendiqua ses droits au trône de Crète, comme preuve de ses droits de succession, il se vanta que les dieux exauceraient toute prière qu’il leur ferait. Après avoir dédié un autel à Poséidon/Neptune et fait tous les préparatifs pour le sacrifice, il demanda qu’un taureau sortît de la mer. Aussitôt un taureau d’un blanc éblouissant apparut et se mit à nager vers le rivage, mais Minos fut tellement impressionné par sa beauté qu’il l’envoya rejoindre ses propres troupeaux et il en tua un autre à la place.

Les droits de Minos au trône furent reconnus par les Crétois. Entre temps, Minos avait épousé Pasiphaé, fille d’Hélios et de la nymphe Crété, connue également sous le nom de Perséis. Cependant  Poséidon, pour se venger de l’affront que Minos lui avait fait, fit que Pasiphaé s’éprit du taureau blanc qui avait été détourné du sacrifice. On dit qu’elle confia sa passion contre nature à Dédale, l’hôte de Minos, qui enchantait la famille avec ses poupées de bois animées. Et c’est ainsi que Dédale promit de l’aider et construisit une vache creuse, en bois, qu’il revêtit de la peau d’une vraie vache, il la plaça sur des roues, dissimulées dans ses sabots, la poussa dans le pré où le taureau blanc de Poséidon broutait l’herbe sous les chênes parmi les vaches de Minos. Puis, après avoir montré à Pasiphaé comment ouvrir les portes repliées dans le dos de la vache et comment se glisser à l’intérieur en glissant ses jambes dans les pattes de derrière de la vache, il se retira discrètement. Et c’est ainsi que le taureau blanc curieux approcha et s’accoupla avec la vache. Pasiphaé, ainsi satisfaite, donna naissance, quelques temps après, au fameux Minotaure.

 THESEE TUANT LE MINAUTORE DANS LE LABYRINTHE

Thésée tuant le Minotaure au centre du labyrinthe

C’est donc ce Minotaure qui fut installé au centre du labyrinthe conçu par Dédale. On le nourrissait de chair humaine. Pour cela, les Athéniens que Minos avait battus à la guerre, devaient envoyer chaque année, ou tous les neuf ans, un tribut de sept jeunes hommes et sept jeunes filles, qui étaient jetés un à un dans le labyrinthe pour servir de pâture au monstre. Rien ne nous dit que le Minotaure les ait dévorés. Après tout peut-être ne sont-ils que des égarés à jamais ? Mais Minos veut faire croire à l’effrayant appétit de ce beau-fils encombrant pour décourager quiconque d’y venir voir…

Quelques années plus tard, Thésée entrera en scène en se rendant en Crète. Thésée est brave, sage, courageux. Il veut tenter de délivrer la Crète de ce fléau. Il y réussira avec l’aide d’Ariane. En effet, celle-ci est tombée amoureuse de Thésée dès le premier regard et, plus tard, comme tant d’autres fidèles alliées du héros grec, elle sera abandonnée. C’est là qu’intervient de nouveau Dédale à la demande d’Ariane cette fois. Il va fabriquer le fil qui permettra à Thésée de retrouver son chemin et de s’échapper du Labyrinthe une fois le Minotaure tué.

DEDALE ET ICARE - VILLA ALBANI - ROMA - BAS RELIEF ANTIQUE - 

Dédale fabriquant les ailes pour son fils Icare – Villa Albani – Roma – Bas-relief antique

Quand Minos découvrit la trahison de Dédale, il fut furieux car il eût le sentiment justifié que Dédale l’avait trahi. Là encore, on comprend que, s’il accepte que Thésée le débarrasse de l’encombrant rejeton, il n’a nulle envie que l’incartade de sa femme et ses tristes conséquences soient connues dans les îles grecques. Sans nul doute, Minos aurait préféré que Thésée, sa mission accomplie, s’évanouisse à jamais, discrètement, dans le labyrinthe. Et comme il en veut aussi à Dédale, non seulement de l’avoir trahi, mais d’avoir aussi été le constructeur mal inspiré de la vache fatale à son honneur de roi et d’époux, il décrète que Dédale, Icare et Pasiphaé seront enfermés dans le labyrinthe car Dédale n’est pas vraiment sûr d’en retrouver la sortie. Icare est le jeune fils de Dédale qu’il avait eu d’une esclave de Minos. On voit là que le héros Verseau n’a pas de préjugés de classe.

Enfin, se rendant compte que toutes les méthodes habituelles pour s’échapper demeuraient vaines, Dédale décida de s’envoler de l’endroit avec des ailes semblables à celles des oiseaux. « La fuite, dit Dédale, peut être entravée par la terre et par l’eau, mais l’air et le ciel sont libres ». La seule issue consiste donc à s’envoler.

Retenir un Verseau prisonnier, voilà une gageure que Minos va sous-estimer imprudemment…

Mais là est une autre histoire…

Alouette en plein vol 

Bibliographie

Dictionnaire de la Mythologie – Michael Grant et John Hazel – Collection Marabout

Dieux et Héros du Zodiaque – Joëlle de Gravelaine – Robert Laffont Editeur

Les Mythes Grecs – Robert Graves – Librairie Fayard

 

 

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LA CONSTELLATION DU VERSEAU

(5.7 - CONSTELLATIONS ET ETOILES FIXES) par sylvietribut le 26-01-2013

La onzième constellation, le Verseau ou Aquarius, culmine à minuit en août et en septembre. Elle se trouve au sud-ouest du Carré de Pégase. Le Verseau est représenté sous la forme d’un homme inclinant une cruche d’eau d’où jaillit un flot portant le nom de « Fluvius Aquarii », la « Rivière du Verseau ». Ce flot éclabousse l’écliptique et dessine vers le sud une grande courbe qui passe sous les pieds du porteur d’eau ; le Poisson austral y nage à contre-courant, marqué par l’étoile Fomalhaut, de magnitude 1,16, très brillante.

Malgré ce repère, la constellation du Verseau est assez difficile à observer, car elle ne compte que des étoiles dont la magnitude est comprise entre 3 et 4. Il faut donc faire preuve de quelque imagination pour « voir » cette constellation qui, néanmoins, a depuis toujours fasciné les hommes.

 Aquarius

La constellation du Verseau

L’image que nous en avons est à peu près celle qui est gravée dans les pierres de l’époque babylonienne : le porteur d’eau se trouve dans une position incommode, incliné en arrière, avec un bras allongé vers le Capricorne. Il pourrait être lié au Déluge, mentionné dans la Bible, mais aussi dans des textes de la haute époque babylonienne (IIe millénaire avant Jésus-Christ). En effet, durant cette période, le onzième mois, correspondant au Verseau, était appelé « malédiction de la pluie ».

Le poète grec Pindare (v. 518-438 avant J.C.) évoque l’ancienne croyance selon laquelle la constellation du Verseau symbolisait l’esprit de la source du Nil, qui donne la vie à la Terre entière. Pour les anciens Egyptiens, ce fleuve était le dieu Hâpy, et il résidait près de la source primordiale, d’où il versait l’eau de ses urnes sur la Terre et dans le ciel.

 GANYMEDE ET L'AIGLE DE JUPITER

Ganymède l’échanson des dieux

Dans la mythologie grecque, le Verseau a les traits de Ganymède, beau prince troyen fils de Tros, fondateur de Troie. Zeus/Jupiter, séduit par la beauté du jeune homme, prit la forme d’un aigle et l’enleva pour l’installer sur le mont Olympe, où il devint l’échanson des dieux.

Le Verseau, symbole d’humanité, est aujourd’hui à la mode à travers la théorie du New Age, ou âge du Verseau, qui correspondrait à un stade supérieur dans l’évolution spirituelle, et qui est liée au millénarisme. Mais, étant donné la lenteur du mouvement de précession, il faudra attendre trois siècles pour que l’équinoxe de printemps vienne dans l’alignement de la partie la plus à l’est du Verseau. Celui-ci pourra alors déverser ses eaux de renouveau sur le monde.

Aquario

Bibliographie

Le Langage secret des Etoiles et des Planètes – Geoffrey Cornelius/Paul Devereux

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LES ANIMAUX DU ZODIAQUE – POEME

(09 - LES ANIMAUX DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 19-01-2013

 

Quand ils ont quitté les baraques

Du soleil, leur patient berger,

Les animaux du zodiaque

Vont boire dans la voie lactée.

 

Puis ils s’égaillent dans les prés

Du ciel plein des graminées pâles

En croquant parfois une étoile

Qui éclate en grains de clarté.

 

ZODIAQUE DE MATFRE ERMENGAU DE BEZIERS - BREVIAIRE D'AMOUR 

Zodiaque du Bréviaire d’amour – Manuscrit catalan

 

Il arrive aussi que la Vierge

Leur tende en riant son épi

Et leur montre, ourlé de lumière,

Le grand portail du paradis.

 

Mais dès que le fouet de l’aurore

S’en vient claquer au-dessus d’eaux,

Bélier, Taureau et Capricorne

Font tourner la roue d’or des cieux.

                                                                                                                                              

                                                                                                                                                                              Maurice Carême  

 

MAURICE CAREME 

 

 

 Maurice Carême, écrivain et poète belge de langue française, né mai en 1899 et décédé en janvier 1978.

 

 

 

 

 

 

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DANS L’HERBIER DU CAPRICORNE… LE THYM

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 18-01-2013

Si le Capricorne avait une saveur, une odeur… ce serait celle du thym. « Thymus » provint du grec « thumon » qui signifie « offrande (qu’on brûle) » et « parfum » sans doute à cause de l’odeur agréable que la plante dégage naturellement ou lorsqu’on la fait brûler.

 GUSTAVE MOREAU - HELENE SUR LES REMPARTS DE TROIE

Hélène sur les remparts de Troie – Gustave Moreau

La légende veut que le thym soit né des larmes de la Belle Hélène lorsque Pâris l’enleva et de chaque larme tombée au sol naissait une touffe de thym. Il faut dire que le thym pousse spontanément dans les pays du pourtour méditerranéen. Il est donc connu, ainsi que ces vertus, depuis la plus lointaine Antiquité. Les Egyptiens et les Etrusques le faisaient entrer dans les préparations servant à l’embaumement de leurs morts ; les Grecs en brûlaient devant l’autel de leurs dieux, les places publiques et les riches demeures, pensant que cette plante était source de courage et ils en mettaient aussi dans leurs plats. Les Romains faisaient de même et la diffusèrent en Europe au fil de leurs invasions. Les femmes romaines l’employaient en eau de toilette et en onguent pour entretenir leur beauté. Il existait même un baume censé retarder le vieillissement. Les Romaines s’en servaient aussi pour purifier les habitations et pour « donner du parfum aux fromages et aux liqueurs ». On sait maintenant que c’est un puissant antiseptique, « l’ennemi de la toxine » disait le professeur Trousseau. C’est aussi un stimulant des fonctions respiratoires, digestives et circulatoires.

Ce symbole de courage se perpétue au Moyen Age, notamment lors des Croisades. Les jeunes filles brodaient des abeilles voletant autour d’une branche de thym sur les écharpes qu’elles offraient à leur chevalier qui partait trop loin de leur cœur. Quant aux sorcières, elles fabriquaient des philtres d’amour à base de marjolaine, de thym, de verveine et de fleurs de myrte.

 SERPOLET OU THYM SAUVAGE

Serpollet ou thym sauvage

Le thym était aussi placé sous les oreillers car on disait qu’il favorisait le sommeil en chassant les cauchemars et la mélancolie. Les Romains, qui l’affectionnaient particulièrement, en emplissaient leurs couches pour jouir d’un meilleur sommeil. On posait aussi une branche de thym sur les cercueils lors des funérailles car on pensait qu’il facilitait le passage dans l’autre vie.

Dans le langage des fleurs, le thym est symbole de courage, d’amour durable, de dynamisme, de résistance physique et donnerait un esprit de créativité.

Dans le calendrier républicain, le thym correspondait au 28 Prairial.

Le thym ou serpolet appartient à la famille des Lamiacées. Ce genre comporte pas moins de 300 espèces. Ces plantes sont riches en huiles essentielles et à ce titre font partie des plantes aromatiques. La principale huile essentielle de Thymus vulgaris est un terpénoïde quilui doit son nom, le thymol, une substance bactéricide. Dans le sud de la France, le thym est souvent appelé « farigoule » et en occitan « farigola ». C’est d’ailleurs à partir du XVIe siècle que le thym est devenu l’emblème de la cuisine provençale puisque c’est en Provence qu’il y pousse spontanément, sur les collines arides de la garrigue, où il nourrit lapins et chèvres.

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Chèvre dans la garrigue

Le thym est en effet très résistant. Il a besoin de soleil et pousse à l’état sauvage sur les collines arides et rocailleuses et c’est pourquoi il entre bien dans la symbolique du Capricorne. Le thym peut d’ailleurs pousser jusqu’à 1 500 à 2 000 mètres d’altitude. Cependant, on peut cultiver le thym qui se reproduit par semis et par division de racines, marcottage ou bouturage.

On utilise le thym comme aromate en cuisine et comme plante médicinale, dans les tisanes et même dans les bonbons, comme par exemple les Ricola. En tisane, le thym permet de soigner les infections respiratoires. C’est un antiseptique qui a des propriétés antivirales. Le thym est aussi stomachique, expectorant et anti spasmodique. Toutefois, une tisane de thym est également efficace pour drainer le foie. Enfin, c’est un excellent calmant. Autrefois, on utilisait même du thym contre le hoquet et les morsures de serpent.

En infusion, le thym apaise les problèmes respiratoires : bronchite, rhume, grippe et asthme. On trouve d’ailleurs un rapide soulagement dès les premières gorgées.

On utilise aussi le thym pour fabriquer des liqueurs particulièrement parfumées quand elles sont à base de fleurs ramassées en été.

THYM 

Thym des jardins

Bibliographie

Nos grand-mères savaient – Jean Palaiseul – Editions Robert Laffont

 

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LA MAISON X DU THEME ASTRAL… LA MAISON CAPRICORNE

(5.6 - LES MAISONS ASTROLOGIQUES) par sylvietribut le 17-01-2013

La Maison X, qu’on définit également par Milieu du Ciel, M.C., Méridien, est en analogie avec le dixième signe, le Capricorne. C’est une Maison de Terre, gouvernée par Saturne. C’est une Maison Cardinale qui indique l’importance de construire, de se bâtir une situation, de gravir les échelons d’une hiérarchie. D’ailleurs, en astrologie mondiale, cette Maison est celle du pouvoir. Dans un thème natal, il va s’agir du pouvoir potentiel du sujet, son action dans la société, sa montée sociale, son crédit, sa réputation, son degré de popularité ainsi que la voie qu’il choisit pour se développer dans la société.

ZODIAQUE ET MAISONS ASTROLOGIQUES 

La Maison X du thème astral et son analogie avec le Capricorne

Cependant, cette Maison X est indissociable de la Maison IV. En effet, comme on l’a déjà vu, à partir de la Maison VII, on n’appréhende plus les choses dans le seul sens de la Maison concernée, mais on prend en compte l’axe dans lequel elle s’inscrit. On parlera donc ici de l’Axe IV/X.

L’Axe du Méridien, colonne vertébrale du thème astral et comme un arbre qui plonge ses racines dans le « terroir natal », le pays de ses ancêtres, dans ce passé proche et lointain qui est la source même, le creuset où se sont lentement forgés « les outils de l’être », mais ce sont aussi les fruits de l’héritage de la lignée.

L'ARBRE ET SES RACINES 

Si dans l’axe horizontal de la Croix on va vers la Conscience, dans l’axe vertical du Méridien, il s’agit de la construction concrète de l’être. Le Méridien projette à la verticale la destinée car c’est en Maison X que se situe la rencontre avec le Fatum de chaque individu, c’est-à-dire son destin.

La Maison IV est en analogie avec le Cancer dont la planète-maîtresse est la Lune qui en fait la « Maison-matrice », la « Maison-mère » dans tous les sens du terme et souligne l’importance de la mère biologique, le foyer comme centre familial qui succède d’ailleurs au ventre maternel. Liée au passé, au Cancer et à la Lune, on trouve aussi en Maison IV la mémoire : mémoire des choses anciennes qui peut conduire à l’archéologie ; racines souterraines enfouies dans l’inconscient qui peuvent conduire à la psychanalyse, à la spéléologie ou à la géobiologie ; mémoire des ancêtres qui entraîne à la recherche généalogique, mémoire anténatale peut-être, à l’origine incertaine du rêve du Cancer. Imagination qui crée le rêve de l’être futur autant qu’elle cherche à retrouver le temps passé, le temps perdu.

 FOETUS... SON SIGNE... LE CANCER

Maison IV… Maison du Cancer… Maison-matrice celle du foetus

Avec la Maison IV, nous sommes au plus profond de l’être, au Nadir qui est aussi le « point minuit de la conscience » comme l’appelait Dane Rudhyar, où tout n’est encore que confusion et obscurité, chaos de sentiments et de vagues perceptions, à l’image du chaos originel. Et c’est de ce désordre et de ce chaos que va naître la création ordonnée, structurée de la Maison X, préfigurant la vieillesse et la fin d’un ordre qui, à peine établir, est déjà trop ancien pour se survivre à lui-même.

De la Maison IV on peut dire qu’elle est le lieu de tous les possibles hérités, le lieu de convergence où aboutit l’infinie variété des semences entrecroisées au fil du Temps, produit bariolé de la mixité du passé, sur lequel vont s’exercer toutes les pressions et influences du milieu parental, familial et socioculturel.

A la fois point d’arrivée du passé et point de départ vers le présent concret de la Maison X, cette Maison IV peut en effet être considérée comme le centre, centre de la Terre, centre du Moi, point d’aboutissement et point de départ ; centre non pas statique, mais dynamique, cyclique : d’où la signification traditionnelle attribuée à la Maison IV, de Maison de « la fin des choses », où l’on creuse la tombe dans la terre. Mais on la creuse aussi pour y planter ses racines, pour y construire sa maison. Terre que l’on cultive pour assurer la nourriture biologique, y faire son lit et son nid, aspect très « cancérien » des choses. C’est aussi une terre de culture spirituelle.

En Maison IV, on rassemble les pierres destinées à construire la Maison de la « persona » qui est aussi la Maison du Moi.

Maison-bercail, Maison des origines, de la petite enfance, mais aussi Maison de la fin de vie, car on retourne toujours au point de départ : on y revient toujours, à son pays natal ; on y est attaché par tout ce qu’il y a de plus profond en soi : on part vers la Maison X armé de ses outils pour s’affirmer, on revient vers la Maison IV pour y achever une vie.

 SATURNE EN DIGNITE EN CAPRICORNE

Saturne en domicile en Capricorne et en Maison X

La Maison X, Maison du Capricorne, Maison de Saturne, « le Grand Architecte » est d’une certaine manière le « toit » de l’être, le « toit du Moi ». Maison traditionnelle de la réussite sociale, du rang, du statut, de la carrière, de la situation de l’individu par rapport à la société, elle est également celle du « métier », le résultat du travail : travail sur le métier, sur l’environnement, travail sur soi, travail patient et acharné pour réaliser ce que l’on est.

En Maison X, on est ce que l’on fait, et la reconnaissance par les autres pour que la réalité du Moi soit objectivée sans doute ni réserve. On peut dire qu’en Maison VII on n’est rien sans l’autre, comme en Maison X on n’est rien sans combler le besoin de faire quelque chose de sa vie, sans laisser son empreinte sur le monde. L’ambition de la Maison X peut revêtir toutes les formes possibles, dans tous les domaines possibles, et ce sont le signe et les planètes présentes en Maison X qui orientent vers tel ou tel de ces domaines, qu’il soit politique, commercial, financier, psychologique, artistique ou tout autre.

Standing et réussite sociale, pouvoir et notoriété sont les instruments de la Maison X, les moyens nécessaires pour atteindre à une réalité du Moi, qui passe des potentialités de la Maison IV à leur actualisation en Maison X. Tous les outils de la Maison IV sont mis en action, au service de cette ambition, tout le labeur d’une vie, ne peuvent rien contre le Fatum inscrit tout là-haut en Maison X, et la chute est toujours proche et menaçante car à partir de la Maison X on ne peut plus que redescendre la pente si laborieusement gravie, si on ne dépasse pas les seules valeurs sociales de la réussite.

La Maison X est aussi le lieu où l’on amorce le passage au Si, le dépassement du Moi. On l’amorce seulement, car le chemin du dépouillement saturnien est difficile, et on reste solidement attaché en Maison X à sa propre construction. Il existe en effet une adéquation étroite entre la « personne » et la « fonction », entre les « outils de la Maison IV », point d’appui ou handicap, selon l’influence de la famille et du milieu de naissance, et le statut social atteint en Maison X.

Ce trajet vertical de l’Axe IV/X, qui va du Cancer au Capricorne, conduit de l’œuf initial à la réalisation de l’image de soi par le travail et le métier. En Maison IV convergent et s’assemblent les éléments constitutifs de l’être en puissance, hérité, patrimoine ancestral, monde du psychisme, de l’émotion, du rêve, et de la mémoire d’avoir été, mémoire sans laquelle rien ne saurait exister : monde aquatique de la Maison IV Cancer qui va irrésistiblement vers ce que l’on pourrait appeler « la Puissance de l’être » en Maison X.

 DECROCHER LA LUNE1

Mais inversement l’échelle sociale du Capricorne invite à décrocher la Lune

 

 

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LA CONSTELLATION DU CAPRICORNE

(5.7 - CONSTELLATIONS ET ETOILES FIXES) par sylvietribut le 13-01-2013

La dixième constellation du zodiaque, le Capricorne ou la Chèvre, est un ensemble peu visible pour un observateur placé dans l’hémisphère boréal, car elle se trouve nettement au sud de l’équateur et ne comprend pas d’étoiles brillantes. On peut l’observer quand elle culmine, en août vers le milieu de la nuit. On la trouve quand on trace une ligne partant de Véga, dans la Lyre, et passant par Altaïr, dans l’Aigle. On arrive ainsi jusqu’aux cornes et à la tête de la Chèvre, marquées par les étoiles alpha et bêta, Giedi qui, en arabe, désigne une sorte de chèvre sauvage, et Dabih « le Plus Chanceux des Tueurs ». La queue de poisson de l’animal est marquée par les étoiles Gamma et Delta, Nashira « le Porteur de bonnes nouvelles » et Deneb Algedi « la Queue de la Chèvre ».

 CAPRICORNE - LIBRAIRIE DU XIIe SIECLE

Le Capricorne représenté par une créature amphibie à tête de chèvre et à queue de poisson

Psautier anglais datant de 1170 environ

Si les auteurs grecs classiques considèrent le Capricorne comme une simple chèvre, la mythologie mésopotamienne ancienne y voit une chèvre-poisson. On peut sans doute le rapprocher de la divinité chaldéenne Oannes, dieu de la Sagesse, mi-homme, mi-poisson. En Inde, le Capricorne est représenté sous divers aspects, le plus souvent sous celui d’une antilope ou d’un crocodile, mais aussi sous l’aspect d’un hippopotame à tête de chèvre. Comme on le voit, il s’agit le plus souvent de créatures amphibies.

 Capricornus

La Constellation du Capricorne

En Grèce, les mythes concernant le Capricorne évoquent le thème de la Chèvre à travers l’histoire du Satyre Pan, doté de sabots de chèvre. Pour se venger des dieux de l’Olympe qui avaient mis les Titans en déroute, Rhéa créa un monstre marin terrifiant, le Typhon. Lorsque ce dernier se rua vers l’Olympe, Pan plongea dans une rivière et tenta de se déguiser en poisson, mais sans se transformer complètement. Quand, sous sa forme hybride, il revint sur la Terre, il constata que le Typhon avait arraché les tendons du corps de Zeus/Jupiter. Cependant, certains grecs identifiaient la Chèvre à Amalthée, la chèvre qui nourrit Zeus/Jupiter dans son enfance.

Pan, qui maîtrisait l’art des sons, lança un cri perçant pour effrayer le monstre, tandis qu’Hermès/Mercure rassemblait prestement les restes des membres de Zeus/Jupiter. Reconstitué, le grand dieu lança un formidable éclair et foudroya l’effroyable créature, la mettant définitivement hors de combat. Zeus/Jupiter remercia Pan en le plaçant dans le ciel et en lui donnant la forme du Capricorne.

PAN 

Pan et sa flûte

Le poète et mythologue Robert Graves voit dans Pan un héritier du personnage diabolique célébré dans un ancien culte arcadien de la fertilité, qui a survécu en Europe du Nord dans le culte des sorciers.

Dans l’ordre du zodiaque, la constellation du Capricorne ou de la Chèvre se situe entre Sagittaire à l’ouest et Verseau à l’est.

Cette constellation est l’une des plus anciennes qui existent, peut-être la plus ancienne, malgré sa faible luminosité. Des descriptions d’une chèvre ou d’une chèvre-poisson ont été trouvées sur des tablettes babyloniennes datant de 3 000 ans. Il est vrai qu’à cette époque, le solstice d’hiver avait lieu quand le Soleil s’y trouvait et cette position du Soleil renaissant avant son essor durant le printemps a probablement contribué à sa création. Le Capricorne était l’une des quarante-huit constellations identifiées par Ptolémée.

La planète Neptune fut découverte dans cette constellation, près de Deneb Algedi, le 23 septembre 1846.

 JUPITER ET LA CHEVRE AMALTHEE

Jupiter enfant nourri par la chèvre Amalthée

Bibliographie

Le Langage secret des Etoiles et des Planètes – Geoffrey Cornelius/Paul Devereux – Editions Solar – Paris

Deco_Noel1Pour vos étrennes de Nouvel An, pour une fête, pour un anniversaire, ou tout simplement pour faire plaisir, pensez à offrir une consultation astrologique…

 

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UN MYTHE CAPRICORNE… JANUS COMME JANVIER

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 09-01-2013

Vers la fin du IIIe millénaire avant Jésus-Christ, des peuplades venues du Nord ou de l’Est ont envahi une grande partie du continent européen. Ce sont eux les fameux peuples « indo-européens ». Ils partageaient une vision tripartite du monde, comme on le trouve en Inde avec les gunas : Satvas, Rajas et Tamas,  recouvrant à peu près les mêmes fonctions. Les premiers sont les brahmanes, les seconds sont les guerriers et les troisièmes, les marchands. Tout est lu à travers une classification liée à Mars, Jupiter et… Quirinus.

La première fonction renvoie, dans la hiérarchie, à la loi, à la souveraineté magique et juridique qui fait évidemment penser à Jupiter ; la seconde parle de force physique, d’activité guerrière, sous la protection de Mars ; et la troisième est la « richesse tranquille et féconde », celle de Quirinus. On est tenté d’associer la fonction de Quirinus, superposé à Janus, à l’arrivée de Saturne dans le Latium. N’est-ce pas lui qui apporte l’abondance, la richesse, l’agriculture, l’Age d’or, ou les trouve-t-il là où il est accueilli ? Ou bien encore, y a-t-il superposition des deux personnages, Saturne et Janus au double visage ?

JANUS - MUSEE DU VATICAN

Janus au double visage – Musée du Vatican

Janus est associé à la paix, à la tranquillité, à l’abondance. Mais Saturne est également considéré comme le dieu de la paix. L’agriculture est également liée à Saturne sous sa forme d’Ops. Janus est, quant à lui, le dieu des grains, alors que Saturne était celui des semences. Voilà une analogie de plus. Si on songe que janvier vient directement de Janus et que janvier est aussi le mois du Capricorne, gouverné par Saturne, la tentation est forte de les rapprocher.

Par ailleurs, selon l’exigence de la reine Medb des Celtes, « tout candidat à la royauté suprême d’Irlande devait être un homme « sans jalousie, sans peur, sans avarice », magnanime dans son pouvoir, brave au combat, généreux de son bien… Nous tenons la preuve que les druides eux aussi avait reconnu dans les âmes la même architecture que dans les royaumes ». Ainsi, nous retrouvons bien les vertus exigées des trois dieux : magnanimité de Jupiter dans son pouvoir, bravoure de Mars au combat, générosité de Janus, ou de Saturne, lui qu’on taxe si facilement d’avarice.

Mais qui est donc Janus-Quirinus ? Il pourrait s’agir soit d’un « Romulus divinisé », soit d’un dieu sabin introduit par Titus Tatius avec d’autres divinités de troisième fonction, liée à la masse, à la plèbe, éloignée de la guerre, associée à l’abondance et à la richesse. Cette abondance, ne nous en parle-t-on pas déjà à propos de Saturne exilé et reçu par Janus-Quirinus dans ses terres ?

 JANUS - LE DIEU DES PORTES ET DES CLES

Janus le gardien des portes détenteur des clefs

Janus était l’un des plus anciens dieux romains, fêté le premier jour du premier mois. Janus était le dieu des commencements. C’était le gardien des portes. Son nom vient en effet de « janua » qui signifie « porte ». Ses temples avaient d’ailleurs deux entrées, parfois quatre, fermées en temps de paix, mais ouvertes en temps de guerre, c’est-à-dire très souvent. Sous l’appellation de Quirinus, il était le détenteur des clefs, de la baguette du porteur, ouvrant et fermant les portes de l’année. Peut-être donc était-il lui aussi associé à l’écoulement du temps, un temps réglé avec rigueur… des Saturnales ne passe-t-on pas au jour de l’an…

De même Janus gouvernait les calendes de tous les mois de l’année, « douze autels correspondant aux douze mois lui étaient consacrés ». Dans cette activité, il était associé à Junon. Les deux divinités participaient conjointement à la transmission d’un mois à l’autre. En d’autres termes, à l’heureuse naissance de la Nouvelle Lune.

Janus était représenté tenant de la main gauche une clef et, de la main droite, une verge, pour mieux marquer qu’il était le gardien des portes et qu’il présidait aux chemins. Sur ses statues souvent on remarque sur la main droite le nombre 300 et sur la gauche, celui de 65, pour exprimer la mesure de l’année. C’est lui qu’on invoqué le premier lorsqu’on faisait un sacrifice à quelque autre dieu.

C’est Ovide qui nous parle de Janus au double visage, peut-être parce qu’il exerçait son pouvoir sur le ciel, sur la mer, comme sur la terre. Il était aussi ancien que le monde. Tout s’ouvrait ou se fermait selon sa volonté. Lui seul gouvernait la vaste étendue de l’univers. Il présidait aux portes du ciel et les gardait de concert avec les heures. Il observait en même temps l’Orient et l’Occident. Macrobe quant à lui soutient que Janus était supérieur à tous les autres dieux et l’appelait : « deus deorum » qu’on peut traduire par « dieu des dieux ». Sur le revers de ses médailles figurait d’ailleurs un navire, ou parfois, plus simplement, une proue, en mémoire de l’arrivée de Saturne en Italie sur un vaisseau.

Il existait plusieurs temples de Janus à Rome : les uns dédiés à Janus Bifrons et les autres à Janus Quadrifrons. Au-delà de la porte du Janicule, en dehors des murs de Rome, on avait élevé douze autels à Janus, un pour chaque mois de l’année. On affirme d’ailleurs que Janus bâtit une ville qu’il appela de son nom, à savoir Janicule.

GIANICOLO - LE BALCON DE ROME 

                       Gianicolo le balcon de  Rome                         

Le Janicule, « Ianiculum » en latin et « Gianicolo » en italien, est situé sur la rive droite du Tibre, au sud de la cité du Vatican. Il est considéré comme la huitième colline de Rome. On appelle Rome la ville des sept collines. Il faut dire que sa hauteur maximale est de 146 mètres. Le nom de la colline proviendrait, selon la tradition du dieu Janus, qui aurait fondé en ce lieu un centre habité. Le culte de ce dieu romain était bien présent sur cette colline. Dans la réalité, la relation entre cette divinité et le lieu semble seulement marquée par l’existence d’un « sacellum » dédié au fils Fons ou Fontus. Par contre, était bien présente un petit centre habité « Pagus Ianiculensis » situé aux pieds de la colline dans les zones de Trastevere, aujourd’hui correspondant à la place Mastai.

AUTUN - TEMPLE DE JANUS 

Temple de Janus à Autun – Saône-et-Loire

En France, c’est à Autun, en Saône-et-Loire que l’on trouve un temple de Janus d’époque gallo-romaine dans le meilleur état de conservation possible. Cependant, on doute que ce temple ait vraiment été dédié à ce dieu précisément.

Quant aux « Janides », c’étaient des devins romains, descendants du dieu au double visage et qui prédisaient à travers les peaux des victimes sacrifiées… Une histoire de peau bien en rapport avec le monde de Saturne… mais aussi de divination…

 janus

Bibliographie

Dieux et Héros du Zodiaque – Joëlle de Gravelaine – Robert Laffont Editeur

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EPIPHANIE ET FETE DES ASTROLOGUES

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 05-01-2013

SUR LES TRACES DE LA COMETE

Les Anciens regardaient avec une certaine curiosité mêlée d’effroi certains objets célestes, telles les comètes. Ces visiteurs éphémères du système solaire intérieur, qui paraissent plus brillants que des étoiles, sont en fait de petites masses de roche et de glace, dont la surface, transformée en vapeur par la chaleur du Soleil, forme une « coma » ou nuage de gaz et de poussière entourant le noyau de la comète ; et celle-ci engendre une queue qui s’étire sur des millions de kilomètres à partir d’une masse centrale qui ne compte que quelques kilomètres.

COMETE 

La comète

Autrefois, dans les astrologies chinoise et gréco-romaine, les conjonctions des planètes, particulièrement celles de Jupiter et de Saturne, coïncidaient avec des bouleversements d’ordre terrestre. L’astrologie arabe a repris cette théorie et a abouti à une conception très compliquée de l’Histoire, des récits bibliques, de la naissance et de la disparition des religions.

Aristote considérait que les comètes étaient des perturbations embrasées des couches supérieures de l’atmosphère, ce qui en faisait des éléments météorologiques plutôt qu’astrologiques. L’astrologie, au contraire, par sa démarche symbolique, permet d’interpréter, à travers des correspondances, tout événement céleste.

Selon Ptolémée (IIe siècle), les comètes « indiquent, selon l’endroit du zodiaque où leur tête apparaît et la direction vers laquelle pointe leur queue, les régions où les malheurs vont s’abattre ». Les diverses zones géographiques ont longtemps été associées aux signes du zodiaque : par exemple, « l’Italie, l’Apulie ou les Pouilles, la Gaule et la Sicile sont associées au Lion et au Soleil ».

OBSERVATION D'UNE COMETE - TAPISSERIE DE BAYEUX 

Observation de la comète – Tapisserie de Bayeux

La comète de Halley, dont le cycle dure 76 ans, est la plus connue en Europe. Son apparition, en 1066, a été considérée par Guillaume le Conquérant comme un heureux présage, avant qu’il ne se lance à la conquête de l’Angleterre, événement immortalisé sur une tapisserie de Bayeux.

Cependant, le messager céleste le plus exceptionnel, le seul peut-être qui ait conservé son aura dans notre siècle incrédule, c’est évidemment l’étoile de Bethléem. Bien que les Mages, du grec « magos » aient été décrits comme étant « trois hommes sages venant de l’Orient », ou trois rois, il faut plutôt les voir, en se basant sur le texte biblique original, comme des prêtres-astrologues persans.

Les astrologues arabes, et plus tard ceux d’Europe, désireux faire reconnaître leur art, ont très souvent avalisé la conception chrétienne selon laquelle cette étoile était une manifestation de la puissance divine, elle échappait par conséquent au domaine de l’astrologie. Toutefois, Johannes Kepler, au début du XVIIe siècle, a établi que cette « étoile » était la conjonction de Jupiter et de Saturne dans la constellation des Poissons, près du point d’équinoxe, en l’an 7 avant Jésus-Christ. Il a en outre émis l’hypothèse selon laquelle Dieu avait voulu marquer cette conjonction en faisant naître une nova, une étoile nouvelle. Un astronome, David Hughes, a soutenu que le Christ était né en l’an 7 avant Jésus-Christ et que le récit des Evangiles n’était donc qu’une version vulgarisée de l’interprétation de cette conjonction par les astrologues. Les mages auraient eu connaissance de la vieille prédiction juive relative au Messie.

 LES ROIS MAGES CHASSE VILLEMAURE-SUR-VANNE - Emaillerie du Limousin - Fin XIIe

L’arrivée des Rois Mages – Chasse émaillerie du Limousin XIIe siècle – Villemaur-sur-Vanne – Champagne-Ardennes

Les Poissons sont le domicile de Jupiter, la planète des rois, et Saturne était la planète des Juifs. Par conséquent, la conjonction apparaissant dans les Poissons signifiait « roi des Juifs ». La conjonction de Saturne et de Jupiter se produit tous les vingt ans, mais les astrologues ont été impressionnés par une triple et inhabituelle conjonction de ces planètes, dans laquelle, du fait d’un mouvement rétrograde, il y a eu entre elles non pas un contact, mais trois, ce qui peut expliquer pourquoi il y a trois rois dans le récit biblique. Quelle que soit l’interprétation qui ait été donnée à cet événement, c’est un bel exemple de la croyance ancienne selon laquelle les cieux annoncent les grands événements qui doivent se produire dans le monde d’ici-bas.

Elle est en effet très ancienne cette observation des comètes. La première qui nous ait été rapportée se trouve dans les annales chinoises datant de l’an 2349 avant Jésus-Christ. A Rome, Pline en a donné une description, les classant selon leur aspect. La tradition astrologique leur accorde une grande importance en astrologie mondiale, alors que leur rôle en astrologie généthliaque est presque négligé. Jusqu’au XVIIIe siècle, leur passage dans le ciel frappa vivement l’opinion, qui leur attribuait valeur de prodiges annonciateurs de grands événements et l’on donnait pour preuve qu’une comète avait accompagné la mort de César, de Constantin, d’Attila et de Mahomet. Et Justin nous apprend dans « Histoires philippiques » que « l’année où naquit Mithridate, de même quel ‘année où il monta sur le trône, on vit, pendant soixante-dix jours, une comète dont l’éclat était si vif que le ciel semblait embrasé. Elle en occupait le quart par sa grandeur et effaçait par sa clarté les lumières du soleil : quatre heures s’écoulaient de son lever à son coucher ». Il est possible qu’il n’y ait pas d’exagération dans la description de Justin puisqu’en 1910, la queue de la comète de Halley s’étendait à travers le ciel, visible d’un horizon à l’autre.

C’est la longitude du moment exact du passage de la comète à son périhélie qui est utilisée pour dresser le thème, puis on tient compte pour son interprétation de la couleur, de la forme, de la durée du phénomène, de son signe et de son décan, du lieu où il apparaît et des aspects qu’il détermine avec les planètes. On tient compte également du fait qu’une comète se levant avant le Soleil accélère l’échéance de ses indications, alors qu’une comète vespérale la retarde. La conjonction avec une planète a une grande importance et certains astrologues en ont décrit les effets, selon la planète rencontrée, mais aussi le signe où cela se produit.

 les rois mages

Bibliographie

Dictionnaire de l’Astrologie – Jean-Louis Brau – Librairie Larousse

Le Langage secret des Etoiles et des Planètes – Geoffrey Cornelius et Paul Devereux – Editions Solar – Paris

 

 

 

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LES CALENDRIERS SACRES

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 04-01-2013

Aujourd’hui, il nous semble tout à fait évident que le jour et la nuit, tout comme les saisons, rythment un temps abstrait. Il nous faut faire un effort d’imagination pour réaliser que l’humanité considérait, jusque dans un passé récent, que le temps lui était donné par le ciel, par l’alternance du jour et de la nuit, et par les saisons.

Dans la majorité des civilisations, le cycle annuel du Soleil et les phases mensuelles de la Lune ont été à la base des différents calculs des divisions du temps autres que les jours. Les sociétés agraires se sont surtout préoccupées du cycle solaire, faisant des passages annuels du Soleil à l’écliptique, les équinoxes et les solstices, les quatre grands moments de l’année.

 CALENDARIO ASTROLOGICO - MUSEO NACIONAL DE ARTE ROMANO

Calendrier astrologique – Musée National d’Art Romain

Pour établir un calendrier, il faut résoudre un problème de calcul : en effet, un mois lunaire comporte environ 29 jours ½, et une année compte non pas 365 jours, mais 365 jours 1/4. Ces fractions d’unité s’accumulent rapidement et, ainsi, les fêtes célébrant certains événements s’en éloignent de plus en plus. Pour y remédier, on a recours à l’intercalation : on intercale une unité de temps, soit un jour supplémentaire, soit un mois lunaire, pour rester en phase avec le temps céleste.

Le premier calendrier indien, décrit dans le Rigveda, livre d’hymnes sacrés écrit vers 1200 avant Jésus-Christ, combine les cycles du Soleil et de la Lune. Il comprend douze mois lunaires divisés en trente jours, mais fait intervenir un mois supplémentaire tous les deux ou trois ans, après le quatrième ou le cinquième mois lunaire. Le mois solaire comprend de 27 à 32 jours, en fonction de l’entrée du Soleil dans chacun des signes du zodiaque, déterminée à partir de l’équinoxe de printemps, le point vernal. Le mois lunaire correspondant commence à la première Pleine Lune (Inde du Nord) ou Nouvelle Lune (Inde du Sud) qui suit l’entrée du Soleil dans la constellation. Les grandes fêtes trouvaient leur place dans cette structure temporelle. C’est ainsi que Divali, la fête hindoue de la Lumière, se tient chaque année à la Nouvelle Lune du huitième mois de kârtikka, c’est-à-dire octobre-novembre. Elle célèbre la victoire de Râma sur Râvana, le Démon, et la visite annuelle de Lakshmi, déesse de la Prospérité ; chacun allume des lampes pour la guider, afin d’attirer ses bienfaits sur son foyer.

 CALENDRIER AZTEQUE

Calendrier aztèque

Les civilisations amérindiennes mesuraient le temps en se basant sur le nombre 20, à partir d’un ancien calendrier de 365 jours. Les Mayas ont pu effectuer des calculs astronomiques précis à partir de leur calendrier. Ils ont évalué la révolution synodique de Vénus, temps nécessaire pour que cette planète revienne à la même position par rapport au Soleil et à la Terre, à un peu moins de 584 jours (la valeur exacte est de 583,92 jours). Ainsi, cinq révolutions synodiques de Vénus (2 920 jours) correspondaient à 8 années solaires de 365 jours. Les Mayas célébraient une cérémonie tous les 8 ans, quand ils ajustaient leur calendrier de Vénus pour tenir compte des deux cinquièmes de journée de décalage. Pour les civilisations amérindiennes, Vénus était une planète clé ; en tant qu’étoile du matin, elle représentait le dieu Quetzalcóatl, le Serpent à plumes.

Le calendrier moderne garde des traces profondes du culte que les Babyloniens et les Chaldéens rendaient aux astres, même si elles sont peu visibles, et il en reste des vestiges dans les langues européennes. Ainsi, Lundi vient de Lune ou Luna en latin, mardi vient de Mars, mercredi de Mercure, jeudi de Jupiter, vendredi de Vénus. Samedi correspond au sabbat, en français mais également en italien et en espagnol. L’anglis « Monday », ou lundi, renvoie explicitement à la Lune (moon) et « Saturday », ou samedi, se rapporte à Saturne.

En anglais et en allemand, les autres jours évoquent des dieux teutons équivalant aux dieux grecs latinisés : « Tuesday » et « Dienstag », mardi, renvoient à Tyr, ou Dien, le dieu de la Guerre (Mars) ; « Thursday » et « Donnerstag », jeudi, à Thor, ou Donar, le dieu du Tonnerre, l’équivalent de Jupiter ; « Friday » et « Freitag », vendredi, à Frigg, ou Frija, assimilée à Vénus, la femme d’Odin, divinité suprême chez les Teutons. Enfin « Wednesday », mercredi, est rattaché à Woden, forme ancienne d’Odin.

  CALENDRIER DU XVe SIECLE AVEC MOIS DU ZODIAQUE

Calendrier du XVe siècle

Le mot « calendrier » vient du latin « calendarium » qui signifie « livre de compte », lui-même dérive de « calendae » qu’on traduit par « calendes » qui signifie « qui sont appelées », du verbe « calare », c’est-à-dire « appeler ».

Le mois romain était divisé en trois périodes à l’intérieur desquelles on comptait les jours jusqu’au début de la période suivante :

–       Les calendes commençaient au début de la Nouvelle Lune,

–       Les nones débutaient le cinquième ou le septième jour du mois

–       Les ides qui démarraient le jour de la Pleine Lune, soit le treizième ou quinzième du mois.

Le jour des calendes, les pontifes annonçaient la date des fêtes mobiles du mois suivant et les débiteurs dont les échéances étaient indiquées dans les « calendaria » ou livres de comptes, à la date concernée devaient payer leurs dettes.

 CADRAN SOLAIRE

Cadran solaire

Bibliographie

Le langage secret des Etoiles et des Planètes – Geoffrey Cornelius et Paul Devereux – Editions Solar – Paris

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