LA CONSTELLATION DES POISSONS

(5.7 - CONSTELLATIONS ET ETOILES FIXES) par sylvietribut le 26-02-2013

Il faut juste un peu d’imagination pour identifier la douzième constellation, celle des Poissons traversée par le Soleil du 12 mars au 18 avril. Dans l’ordre du zodiaque, elle se situe entre le Verseau à l’ouest et le Bélier à l’est. Il s’agit en effet d’un ensemble d’étoiles peu brillantes, qui occupe un large espace entre Pégase, situé au sud, et le Bélier. Les queues des deux Poissons sont reliées par une corde qui passe par l’étoile Al Rischa (alpha Piscium). Le poisson situé le plus au nord semble vouloir s’échapper vers Andromède, tandis que l’autre paraît se diriger vers l’ouest, le long de l’écliptique, sous le Carré de Pégase. La constellation des Poissons est l’une des cinquante constellations identifiées par Ptolémée.

PISCES

La constellation des Poissons

Les Poissons culminent à minuit en septembre et en octobre. Les Babyloniens donnaient déjà à cette constellation la forme de deux poissons reliés par un ruban, mais cette figure s’est précisée au cours des siècles.

Al-Biruni, astronome et astrologue arabe du XIe siècle, a sans doute raison quand il affirme que le groupe d’étoiles originel ne formait qu’un seul Poisson et non deux. Cela correspond aux dires de l’astronome, mathématicien et géographe Eratostène (vers 276-vers 195 avant Jésus-Christ), qui assimile la constellation à la déesse syrienne Derketô (nommée Atargatis par les Grecs), un énorme poisson à tête de femme. Les Grecs ont enrichi la légende en rapprochant la déesse Atargatis de cette divinité syrienne, elle-même associée à Aphrodite (Astarté), d’où le lien entre les Poissons et l’histoire d’Aphrodite-Astarté et de son fils Eros, Vénus et Cupidon pour les Romains. Voilà qui nous aide à comprendre pourquoi les Poissons sont le lieu d’exaltation de Vénus.

Le monstre Typhon, créé par la déesse Gaia, surprit un jour Aphrodite et son fils. Mais ces derniers, sachant qu’ils pourraient s’échapper par la voie des eaux, se changèrent en poissons et plongèrent dans la mer. Pour éviter de se perdre, ils se lièrent l’un à l’autre par la queue à l’aide d’une longue corde. Dans la version romaine de la légende, deux poissons sauvent Vénus et Cupidon en les transportant.

L’astronome Julius Stahl souligne la relation, souvent citée, existant entre le thème du poisson et celui du trésor, et évoque à ce propos un conte germanique. Un couple pauvre, vivant dans une cabane près de la mer, n’avait qu’une barque pour toute fortune. Un jour, l’homme, Antentch, pêcha un poisson enchanté, qui lui offrit de satisfaire ses vœux à condition qu’il consente à lui rendre sa liberté.

SIGNE DES POISSONS - MINIATURE OTTOMANE 

Constellation des Poissons – Miniature du XVIe siècle représentant ici un seul poisson. 

De gauche à droite, sont représentés les décans des Poissons, c’est-à-dire les subdivisions de 10° du signe

Antentch était humble et ne souhaitait rien pour lui-même, mais sa femme désirait une belle maison avec de beaux meubles, et ce souhait fut exaucé sur-le-champ. Puis elle exigea de devenir reine, et enfin déesse. Rendu furieux par ces prétentions qu’il jugeait excessives, le poisson refusa d’accéder à sa demande et renvoya Antentch et sa femme à leur cabane et à leur barque. Celle-ci a la forme du Carré de Pégase, tandis que les Poissons représentent le poisson enchanté.

Par ailleurs, selon Rudolf Steiner, l’entrée dans l’Ere des Poissons se serait produite en 1413 après Jésus-Christ et s’achèvera en 3573. En effet, une hypothèse évoque le coucher héliaque des étoiles, se trouvant à 15° du point vernal lors de l’équinoxe de printemps, comme repère pour se situer dans une constellation et non pas le point vernal. Une constellation comporte en moyenne 30°, lorsque le point vernal est au milieu d’une constellation, les étoiles en coucher héliaque sont au début de cette constellation.

CONSTELLATION DES POISSONS2 

Bibliographie

Le langage secret des étoiles et des planètes – Georffrey Cornelius et Paul Devereux

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CONNAISSEZ-VOUS LA RUE DE L’ESTRAPADE ?

(6.2 - Paris Insolite - Paris Mystérieux - Paris Esotérique) par sylvietribut le 18-02-2013

Cette vieille rue de Paris se trouve dans le Ve arrondissement. Elle commence place de l’Estrapade et rejoint la place de la Contrescarpe.

FONTAINE DE LA PLACE DE LA CONSTRESCARPE

Fontaine de la place de l’Estrapade

La place de l’Estrapade a toujours été un important carrefour. C’était au XVIe siècle le carrefour de « Braque », formé par la rencontre de trois rues : rue des Fossés-Saint-Jacques, rue Lhomond et rue de l’Estrapade. Ce nom de Braque était celui d’un vaste jeu de paume.

Elle prit son nom actuel au XVIIe siècle car c’était ici qu’on faisait subir, jusqu’en 1687, le châtiment dit de « l’estrapade » aux soldats déserteurs ou voleurs. C’était une invention italienne : le patient était hissé les mains liées derrière le dos, jusqu’au sommet d’une très haute potence d’où on le laissait brusquement tomber jusqu’à une courte distance du sol, cela plusieurs fois de suite jusqu’à ce que ses bras et ses jambes fussent disloqués. Pour favoriser cette dislocation, on augmentait parfois la violence de la chute en suspendant un lourd poids aux pieds du patient.

A partir de 1778, on trouvait sur la place de l’Estrapade, le Bureau central des Falots où les promeneurs nocturnes pouvaient se procurer des lanternes numérotées, portées par de petits garçons qui les éclairaient dans les rues et les accompagnaient jusqu’à la porte même de leur appartement, celui-ci fût-il au dernier étage de la maison.

RUE DE L'ESTRAPADE - PARIS

Toutefois, c’est le n° 13 de l’Estrapade qui nous intéresse. C’est en effet dans cette maison, disons plutôt un taudis, que vivait Bonaventure Guyon, astrologue, professeur de mathématiques célestes, comme il se plaisait à s’appeler. Il serait certainement resté dans l’anonymat si, après sa disgrâce du 9 Thermidor, Bonaparte, en personne, ne vint le consulter.

Guyon lui dévoila son avenir et ce qu’il dit sur son passé permis au futur empereur d’être confiant en sa science des astres. Troublé, Bonaparte revint le voir plusieurs fois, jusqu’au jour où, poussant ses prédictions beaucoup plus loin, il lui annonça la retraite de Russie, son exil, et même sa mort sur une île. Furieux, Bonaparte alors premier consul, cessa de le rencontrer.

BONAPARTE

Bonaparte

Rassurez-vous, Bonaparte ne fut pas le seul à être mécontent des prédictions reçues. On dit qu’Hitler envoya plusieurs de ses astrologues finir en camps de concentration. Un seul, toutefois, réussit à s’envoler pour l’Angleterre juste après lui avoir prédit sa chute.

ESTRAPADE

Bibliographie

Connaissance du Vieux Paris – Jacques Hillairet – Editions de Minuit

 

 

 

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LA MAISON XI DU THEME ASTRAL… LA MAISON VERSEAU

(5.6 - LES MAISONS ASTROLOGIQUES) par sylvietribut le 18-02-2013

La Maison XI est en analogie avec le onzième signe, le Verseau. C’est une Maison d’Air, gouvernée par Uranus et par Saturne. C’est une Maison Fixe qui indique un enracinement dans les idées et les habitudes, bonnes ou mauvaises, qu’il sera difficile de modifier, mais également la capacité à résister pour que les idées progressent. Il y existe sous l’influence de la Maison XI une patiente endurance, comme une farouche obstination.

Un astrologue du milieu du siècle dernier, Jean Carteret, parlait à propos des signes Fixes, d’une dialectique de la main. Au Taureau, il plaçait la main de l’ouvrier, du paysan, de l’artisan ; au Lion, c’était la main du monarque qui tenait le spectre, le bâton du commandement ; au Scorpion, il parlait de la main de Fatma, main qui maudit ou qui exorcise ; au Verseau il voyait une chaîne des mains, cette union qui fait la force, la ronde des mains dont parlait Paul Fort : « Si tous les gars du monde voulaient se donner la main »…

Les idées sont le monde de l’Air, tout comme tout ce qui est mental, cérébral. L’Air invite également à échanger, communiquer, informer, disserter. D’ailleurs, la tradition nous informe que Maison XI renvoie aux amis et relations, et que c’est également la Maison des Projets… C’est en effet, via le Verseau, une Maison résolument tournée vers le futur, l’avenir.

Quant aux deux Maîtres du onzième signe, le Verseau, et de la onzième Maison, Saturne et Uranus, on pourrait résumer en signalant que l’un est résolument tourné vers le passé, Saturne, alors que le second, Uranus, est totalement tourné vers l’avenir. Le premier est conservateur, paraissant insécurisé et avide à la fois, mais pourtant doté d’une grande force morale, de ténacité et de prudence, tout en cultivant un esprit philosophique ; alors que le second se présente comme progressiste, mais est-il véritablement l’altruiste, qualité dont on le pare, ou ne l’est-il que sur le plan des principes et beaucoup moins dans la réalité quotidienne.

LE ZODIAQUE ET LES DOUZE MAISONS ASTROLOGIQUES

Les Maisons astrologiques et la Maison XI en analogie avec le Verseau

Cependant, cette Maison XI est indissociable de la Maison V. En effet, comme on l’a déjà vu, à partir de la Maison VII, on n’appréhende plus les choses dans le seul sens de la Maison concernée, mais on prend en compte l’axe dans lequel elle s’inscrit. On parlera donc ici de l’Axe V/XI.

Avec l’Axe I/VII nous étions dans une relation entre le Moi et l’Autre. Avec l’Axe V/XI quelque chose s’oppose, allant de la singularité, de l’unicité du Moi, à une image plus collective, voire même d’essence universelle.

 verseau1

Le Verseau déversant la connaissance

Du Lion au Verseau ou de la Maison V à la Maison XI, secteurs analogiques, on se trouve en présence d’une dialectique de la toute puissance du Moi, en Maison V, face à la toute puissance des autres, acquise par les autres ou exercée sur les autres, en Maison XI.

La Maison V évoque une image narcissique : les enfants, les œuvres, les amours… tout se qui s’intègre dans la quête de gratifications ou des louanges. C’est aussi le monde du paraître, que ce soit à travers la tenue vestimentaire ou les ornements, bien en rapport avec le Lion. Sur un plan social, Lion et Maison V symbolisent les théâtres, les ambassades, les endroits dévolus à l’art et à la culture. La Tradition mentionne surtout les créations et la procréation, tout ce qui est gratifiant ou dévalorisant de l’image du Moi. En effet, l’enfant nous fait honneur ou nous fait honte. A travers lui, la tentation est de faire se réaliser ou non nos ambitions les plus secrètes. C’est le fils qui fera une grande école, là où le père avait échoué, comme s’il lui appartenait de gratifier son père ou de venger son honneur. De même l’œuvre nous vaut la gloire ou nous rend ridicule. Quant à l’amour, autre aspect de la Maison V, qui n’a rien à voir avec la Maison VII, Maison où l’on s’engage, où l’on se marie, où l’on passe des contrats. Avec la Maison V, nous espérons que l’Autre nous tende un miroir dans lequel nous pourrons non seulement nous reconnaître, mais encore nous accepter, nous aimer nous-mêmes en quelque sorte. Plus l’autre nous parera de quelques vertus, mieux nous aurons la certitude d’exister. Si par contre, il nous récuse, plus il nous renverra un portrait sans séduction, sans charme, blessé à jamais, difficilement capable de nous réconcilier avec nous-mêmes, de croire en notre aptitude à susciter l’amour. Selon la ou les planètes occupant cette Maison, nous verrons si cette réconciliation avec nous-mêmes sera aisée ou difficile, offerte ou non dès la naissance par des parents aimants et positifs.

Avec la Maison XI, ce n’est plus ici avec sa propre production (œuvre, amour, enfant) qu’on existe, mais par le rapport qu’on établit avec les autres, l’universel ou le collectif, le bien commun en quelque sorte. Et il n’est pas exclu que la symbolique puisse s’inverser, se pervertir totalement. Se souvenir du rôle d’Ouranos, Dieu du ciel, le Ciel étoilé et les Titans. La tâche titanesque tient de la Maison XI.

Le sens social de la Maison XI est associé à la législation, aux ministres, au conseil des ministres et aux communes ainsi qu’à leurs conseillers municipaux. On est bien en présence d’un rôle du jeu collectif. Tout va dépendre du rapport que l’on a avec le pouvoir. Celui-ci s’exerce sur les autres ou pour les autres. Les amis et relations ont un caractère collectif. Ils évoquent une image de groupe. Quant aux projets, ce sont des projets d’équipe, faits ou élaborés avec des amis ou des relations.

Le pouvoir peut également s’exercer sur les autres et on arrive alors dans la tyrannie. L’amour même du pouvoir qui fait changer de main le bâton du commandement du Lion et le fait passer au Verseau au profit de la communauté ou à ses dépens. D’où la nature quelque peu paranoïaque de cet axe, lorsqu’il est mal vécu, mal exploité, perverti… Car c’est bien de pouvoir qu’il s’agit.

Celui qui avec la Maison XI se met entièrement au service des autres, œuvre pour l’humanité tout entière, se dévoue pour un grand projet utopique, s’oublie, effaçant son égo au profit de ses frères humains, celui-là réalise l’essence même de cette Maison XI. Malheureusement, il en est qui exploite les autres pour en tirer des satisfactions égotistes, la gloire, l’admiration des foules, qui croit accomplir son Grand Destin et met tout en œuvre pour l’accomplir, même s’il croit se justifier en assurant qu’il veut le bonheur des peuples, celui-là fera un usage dangereux ou pernicieux de sa Maison XI.

De même les amis de la Maison XI peuvent nous soutenir ou nous trahir, nous poignarder dans le dos ou nous apporter les plus sereines joies du cœur. Les créations de la Maison V peuvent nous exalter, nous aider à nous accepter comme elles peuvent dévaster toute sécurité intérieure, toute identité narcissique.

Enfin, il y a du désir dans la Maison V et des désirs dans la Maison XI. Pour la Maison V, la Tradition y voit un « lieu de plaisir ». Le désir est faim, convoitise, besoin, appel ardent. Désirer, c’est étymologiquement « regretter l’absence de », vouloir remplir un manque, mettre en mouvement des énergies qui permettront l’accès à la satisfaction espérée. Nous sommes confrontés au « je suis, j’ai besoin de, j’existe », de cette Maison Lion.

En face, ce sont les désirs : la multiplicité des désirs, associés aux projets dispersés de la tradition, désirs qui parent dans toutes les directions, faims et aspirations multiples, entreprises tentaculaires, soif d’action ou d’emprise sur le monde. Avec la Maison XI nous pressentons la volonté de puissance derrière l’importance des désirs et avec elle, apparaissent les grands projets Verseau qui veulent embrasser la totalité de l’univers.

PROMETHEE DEROBE LE FEU

Prométhée dérobant le feu aux dieux au profit des hommes

Le désir de la Maison V est centré sur soi. Les désirs de la Maison XI sont valorisés par le groupe, influencés par lui, nés de lui, indissociables en tout cas du projet collectif. S’il y a un lieu dans le thème où découvrir le héros prométhéen, il est bien là dans la Maison XI. Ce héros n’est pas celui de la Maison IX dont le désir le pousse à se dépasser lui-même. Le héros de la Maison XI sera reconnu par la collectivité comme générateur de progrès pour l’humanité tout entière, ou alors il sera banni par l’Histoire à tout jamais.

Si on rencontre un amas planétaire dans cette Maison XI on pourrait y voir la démesure des projets, mais peut-être faut-il penser aussi à une volonté d’ascension vers un rêve de puissance, exacerbant le côté utopique de la Maison XI si typiquement Verseau. Comment ne pas penser aussi à un sens du groupe dominant, ou bien au besoin primordial, pour exister, d’une audience la plus large possible. D’ailleurs, l’ego pourrait s’identifier à une forme de pouvoir sur les autres, d’où la dépendance par rapport à ceux que l’on domine, ou qui nous dominent. L’écoute devient comme l’instrument du pouvoir du Moi et plus elle est grande, plus le sentiment d’exister est fort. On pense à certains chanteurs et leurs publics, à certains présentateurs médiateurs et leurs téléspectateurs, ou même le professeur et son auditoire ou l’homme politique pour qui son rêve de pouvoir ou l’identification à la nation.

Foule-en-delire

L’ovation – Foule en délire

 

 

 

 

 

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DANS LE BESTIAIRE DU VERSEAU… LA CIGOGNE

(09 - LES ANIMAUX DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 15-02-2013

La cigogne est très généralement un oiseau de bon augure, à part dans le Lévitique où elle se trouve qualifiée « d’immonde ». Elle est aussi symbole de piété filiale car 400 ans avant Jésus-Christ les Grecs associaient la cigogne qu’ils nommaient « pelargos » à ce respect des parents parce qu’elle les nourrissait alors qu’ils étaient vieillissants. De là découla le nom de la loi « Pelargonia » qui obligeait les enfants à s’occuper de leurs parents.

Dans certaines régions, on assure que la cigogne apporte les enfants, ce qui pourrait être en rapport ave ses mœurs d’oiseau migrateur, son retour correspondant au réveil de la nature. C’est sans doute dans la même perspective et pour la même raison, qu’on lui prête le pouvoir, par son seul regard, d’être cause de la conception. C’est d’ailleurs en février qu’elle marque son grand retour, c’est-à-dire dans le mois du Verseau. Par ailleurs, l’attitude de cet oiseau, dressé immobile et souvent solitaire sur un seul pied, en fait un des symboles de la contemplation. En Extrême-Orient, et notamment au Japon, la cigogne se confond avec la grue et apparaît comme un symbole d’immortalité.

 COUPLE DE CIGOGNES AU NID

Couple de cigognes dans son nid

En Europe, avoir un nid de cigognes sur le toit de sa maison porterait chance. Par ailleurs, comme elle n’oublie jamais où se trouve son nid, la cigogne symbolise la constance.

Une autre croyance voudrait qu’elle ait volé autour de Jésus lors de sa crucifixion. Elle serait ainsi devenue un symbole de résurrection, de régénération. C’est pourquoi la cigogne qui vole au-dessus d’une maison ou y construit son nid serait annonciatrice d’une future naissance. On entend dire encore : « Si une cigogne s’est posée sur votre maison, elle devient votre porte-bonheur dans presque tous les domaines : fécondité et fidélité d’abord, mais également richesse, santé, protection contre la foudre, bénédiction de la ville entière où elle a élu domicile. Cette quantité de vertus lui a sans doute été attribuée dans les siècles passés parce qu’elle débarrassait les champs et marécages des serpents et d’autres animaux peu appréciés par la population ».

La cigogne est encore symbole de longévité. On lui prête de pouvoir atteindre un âge fabuleux. Mais alors qu’elle arrive à six cents ans, elle ne mange plus, se contentant pour vivre de boire et, après deux mille ans, elle devient toute noire. Elle est, avec le lièvre et le corbeau, un animal cher aux alchimistes taoïstes.

Au Maroc aussi, la croyance populaire considérait la cigogne comme un porte-bonheur. Une légende marocaine assure que la cigogne serait un imam, un homme saint habillé de deux burnous, l’un noir et l’autre blanc. « Un jour, en plein Sahara, l’eau nécessaire à ses ablutions vint à manquer à l’imam. Pour ne pas manquer la prière, il utilisa le petit lait pour faire sa toilette commettant ainsi un grave péché car le petit lait était béni du fait de sa rareté en ce lieu désertique. Alors le Tout Puissant le métamorphosa en cigogne et l’expédia au Maroc pour expier son péché ».

Il est un petit conte intitulé « les Cigognes » d’Hans Christian Andersen, célèbre pour sa petite sirène, qui reprend une légende célèbre dans le nord de l’Europe assurant que c’est la cigogne blanche qui apportait les bébés aux jeunes parents. On retrouve cette hypothèse dans le poème d’un Allemand, Jean-Frédéric Wentzel, en 1840. Cependant, les premières légendes européennes sont bien plus anciennes, comme on vient de le voir.

LA CIGOGNE... ADMETS-LE QUE NOUS SOMMES PERDUS 

Admets-le que nous sommes perdus

Quoi qu’il en soit, le folklore allemand est plein d’histoires rapportant que les cigognes trouvaient les bébés dans des grottes ou des marais et qu’elles les apportaient dans un panier, arrimé sur leur dos ou tenu dans leur bec, qu’elle déposait dans les maisons. Dans les grottes se trouvaient des « pierres de cigogne » où se trouvaient les enfants, mais il existait aussi des « fontaines aux enfants ».

Une légende de la fin du XIXe siècle raconte d’ailleurs que le « puits aux enfants de la cathédrale de Strasbourg conduirait à un lac souterrain sur lequel, à bord de sa barque, un gnome à barbe blanche pêcherait les âmes des enfants avec un filet d’or ».

On racontait encore que les nouveau-nés étaient remis à la mère ou lâchés dans la cheminée, ce qui semble un peu rude. Les couples désirant un enfant devaient avertir la cigogne en plaçant quelques friandises sur le rebord de la fenêtre pour la cigogne. Cette légende a, comme la cigogne, parcouru le monde et se raconte aussi bien en Amérique du Sud qu’aux Philippines.

Toujours dans le folklore germanique, la déesse Holda donne vie aux nouveau-nés à partir des âmes des défunts et la cigogne est chargée d’apporter les enfants à leurs parents. Dans la mythologie slave, la cigogne fait naître les âmes en les apportant du paradis jusqu’à la Terre, au printemps et en été. D’ailleurs, les Néerlandais ne s’y trompent pas puisqu’ils appellent la cigogne « transporteur d’âmes ». Pour en revenir aux Slaves, ils voyaient la cigogne comme un porte-bonheur et tuer cet oiseau portait malheur. Enfin, la cigogne aurait influencé jusqu’à l’origine même des enfants. C’est ainsi qu’on affirmait aux enfants d’esclaves afro-américains que les bébés blancs étaient apportés par les cigognes tandis que les bébés noirs naissaient à partir d’œufs de buses. En Orient, on soutenait qu’un simple regard de la cigogne suffisait pour rendre une femme enceinte. Le caractère durable du mythe de la cigogne et du nouveau-né est lié fait qu’il remédie à la difficulté de parler de sexe et de procréation aux jeunes enfants.

 ANTIGONE METAMORPHOSEE EN CICOGNE

Antigone métamorphosée en cigogne par Héra – François Chauveau – 1676 – Montpellier

En Grèce, la cigogne était consacrée à Héra, la déesse de l’enfantement et dans la mythologie grecque, Antigone, fille de Laomédon roi de Troie, pour avoir osé comparer sa propre beauté à celle d’Héra, vit ses cheveux changés en serpents. Mais les dieux prirent pitié d’elle et la changèrent en cigogne et comme chacun sait, les cigognes mangent les serpents, ce qui les rend utiles et bénéfiques.

Enfin, si la cigogne a été choisie pour apporter les bébés, c’est sans doute en raison de son plumage blanc symbolisant la pureté, de sa taille aussi puisqu’elle est assez grande pour transporter un nouveau-né, ou encore son vol à haute altitude, un vol entre Terre et Ciel en quelque sorte…

Et pourtant le folklore autour de la cigogne blanche et pure connait aussi des détracteurs. En effet, il existe un conte polonais qui affirme que Dieu a fait le blanc plumage de l’oiseau, mais que le diable y a ajouté le noir des ailes. La cigogne auraient donc des instincts ni toujours bons, ni forcément mauvais. Par exemple, en Allemagne, on expliquait que les nouveau-nés handicapés ou mort-nés avaient été lâchés accidentellement par la cigogne, ou comme punition pour des actes peu honorables des parents dans leur passé. De même, les angiomes de naissance portent le nom de « morsure de la cigogne ». Les mères obligées de rester allongées avant l’accouchement sont dites « becquées » par la cigogne.

CARTE DEBUT XIXe FEMME REPOUSANT A COUP D'OMBRELLE UNE CIGOGNE LUI APORTANT UN BEBE 

Carte début XIXe siècle – Femme repoussant une cigogne lui apportant un enfant

Dans l’Angleterre du Moyen Age, la cigogne était associée à l’adultère, peut-être à cause de ses parades nuptiales un peu trop démonstratives. Sa toilette et ses postures étaient interprétées comme de la fatuité. Alors la cigogne pouvait réprimander les femmes infidèles et l’attaquer avec des coups de bec. Seules les femmes étaient concernées par ce comportement moraliste.

Même si les légendes ont la vie dure, il n’en va pas autant de celle des cigognes. En effet, alors qu’en 1900 les cigognes se comptaient par milliers en Alsace, il n’en restait que deux couples en 1982. Les lignes à haute tension, la sécheresse, sa chasse au Mali, ainsi que l’emploi de pesticides très puissants visant à l’élimination des criquets furent les causes majeures de la disparition des cigognes. C’est pourquoi qu’il fut créé, en 1976, le Centre de Réintroduction des cigognes et des loutres, en Alsace, sur la route des vins, au cœur d’anciens marais. Il se trouve dans le petit village d’Hunawihr, près de Riquewihr et de Ribeauvillé. Ce parc abrite en permanence plus de 150 cigognes et une soixantaine de couples niche dans le parc. La population peut atteindre jusqu’à 250 oiseaux après la naissance des petits cigogneaux. Les cigognes y vivent en liberté quelle que soit la période de l’année, en pleine activité : construction des nids, accouplement, élevage des petits, vol en plein ciel… Vue les périls que attendent les cigognes pendant leur migration, le Parc a pour but de leur enlever l’instinct migratoire tout en leur permettant de voler et de se reproduire sur les villages alsaciens dès que cet instinct a disparu.

Cependant, l’oiseau et l’oiseau Verseau dont la liberté est la raison de vivre peut-il se complaire dans cet encadrement, même si c’est pour son bien.

CIGOGNE EN VOL

Cigogne en plein vol

D’Alsace, la légende de la cigogne s’est répandue dans toute la France et au-delà des frontières. Aujourd’hui, l’oiseau migrateur tient toujours une place de choix sur les faire-part de naissance et dans l’imaginaire populaire.

Enfin, dans l’interprétation des rêves, lorsqu’on voit une cigogne en songe, on dit que la cigogne n’apporte pas le bébé, mais qu’elle l’emporte. La cigogne serait le complément du verbe quitter, se sauver, dans le sens de sauvegarde. Ce rêve aurait une connotation spécifique qi exprime le besoin de prendre de la distance, de se placer hors d’atteinte d’une souffrance.

Pour d’autres interprètes des rêves de cigogne, celle-ci serai messagère de renouveau avec ce nouveau-né qu’elle apporte dans son bec tout comme son arrivée annonce le printemps. La voir en rêve serait un signe positif de renouvellement. C’est un oiseau messager qui annonce une nouvelle phase de vie en cours.

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La cigogne tenant dans son bec un serpent – Emblème de la ville de La Haye

Bibliographie

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

 

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DANS L’UNIVERS VERSEAU… SAINT VALENTIN

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME, 6.9 - LES SAINTS DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 12-02-2013

Voici un Saint pas vraiment comme les autres, bien à l’image de l’inconventionnel et contestataire Verseau. Tout d’abord, sa biographie est assez difficile à établir car si c’est bien le Pape Galese 1er qui, en 498, le fit inscrire par décret au calendrier le 14 février, celui-ci fut bien en peine de définir de qui il s’agissait puisqu’on lui présenta pas moins de trois Valentin pouvant prétendre faire l’affaire.

A tel point que, plus tard, les reliques du ou des saints répondant au nom de Valentin ont fait l’objet de quelques transactions avant d’être dispersées à travers l’Europe. Par exemple, on tient pour sûr qu’au XIXe siècle, les reliques de Saint Valentin de Terni, celui qui serait le plus en rapport avec le protecteur des amoureux, furent léguées par le Pape Grégoire XVI à l’église des Carmélites de Dublin qui devint bien sûr un lieu de pèlerinage pour le 14 février. Malheureusement, en 1969, l’Eglise soucieuse d’épurer son calendrier officiel de tous ces saints de légende, retira la Saint-Valentin.

Par ailleurs, depuis le 25 octobre 1868, l’église de Roquemaure dans le Gard abrite les reliques d’un autre Saint Valentin. Ces reliques furent en effet achetées à Rome par un riche viticulteur de la région dans l’unique but de protéger ses vignes du phylloxera. On est bien loin d’un Saint Valentin patron des amoureux.

Comme on le voit l’origine de la fête de la Saint-Valentin est plutôt mal connue. En fait, là encore l’Eglise n’a fait que mettre ses pas dans des coutumes qui remontent à l’Antiquité où déjà on associait le milieu du mois de février avec l’amour et la fertilité. Dans le calendrier de la Grèce antique, la période allant de mi-janvier à mi-février correspondait au mois de Gamélion, consacré au mariage sacré de Zeus et d’Héra.

LES LUPERCALES

Les Lupercales

Dans la Rome antique, l’époque du 14 février correspondait aux Lupercales, fêtes en l’honneur de Lupercus, le dieu de la fertilité. On le représentait vêtu d’une peau de bouc car les prêtres de Lupercus sacrifiaient des boucs à leur dieu. Le bouc était le symbole même de la fécondité. Ces prêtres buvaient aussi beaucoup et, passablement éméchés, ils parcouraient les rues de Rome à moitié nus, mais tenant à la main des lanières de peau de bouc dont ils frappaient les passants. Les jeunes femmes s’approchaient volontiers de ces prêtres particuliers car être touchée ainsi était censé rendre fertile, voire même faciliter grossesse et accouchement. C’est ainsi qu’on honorait Junon, épouse de Jupiter et déesse romaine, protectrice des femmes et du mariage, comme l’était également le dieu Pan, dieu de la nature. 

Quant à Saint Valentin, avant d’être saint, il aurait été un prêtre romain vivant sous le règne de l’Empereur Claude II, surnommé Claude le Cruel, au IIIe siècle après Jésus-Christ. A cette époque, Rome était engagée dans des campagnes militaires sanglantes et impopulaires. De ce fait, il était devenu difficile de recruter des soldats pour renforcer les légions. L’Empereur décida donc d’interdire le mariage persuadé que le refus des Romains de combattre était dû à leur attachement à leurs femmes et leurs foyers.

 SAINT VALENTIN MARIANT LES AMOUREUX

Saint Valentin mariant deux amoureux

Et c’est là qu’intervint Valentin qui, malgré les ordres de l’Empereur, continua à célébrer des mariages secrètement. On reconnaît bien là la contribution du Verseau à la collectivité, son aptitude à remettre en question et surtout à passer outre ce que la loi préconise non pas dans un but personnel mais dans celui d’aider ses semblables, ainsi que sa façon bien à lui de mener la contestation. Pour en revenir à la petite histoire, lorsque Claude II apprit l’existence de ces mariages secrets, il fit arrêter et condamner à mort le prêtre. Emprisonné et attendant l’exécution de la sentence, il fit la connaissance de la fille du geôlier. Celle-ci était aveugle et une amitié naquit entre eux. Aussi, avant d’être décapité, il lui fit passer un petit billet signé « Ton Valentin » et là… miracle… la jeune fille retrouva la vue.

En fait, ce n’est que plusieurs siècles plus tard, bien après la chute de l’Empire romain, que Valentin fut canonisé en l’honneur de son sacrifice pour l’amour. C’est d’ailleurs à cette époque que fut entreprise par l’Eglise catholique une vaste opération de transformation des fêtes païennes en fêtes chrétiennes. Ainsi, la Saint Valentin fut surtout instituée pour contrer cette fête païenne des Lupercales. On raconte aussi qu’à cette occasion une sorte de loterie d’amour était organisée. On tirait au sort le nom des filles et des garçons inscrits, de façon à former des couples pour le reste de l’année. Ce qui n’était pas vraiment pour plaire aux Pères de l’Eglise primitive qui eurent tôt fait de remplacer cette fête païenne par un Saint plus convenable.

Quoi qu’il en soit longtemps le jour de la Saint-Valentin fut considéré dans de nombreux pays comme la fête de l’amitié et des amoureux. Cette amitié qui qualifie si bien le Verseau et qu’évoque d’ailleurs la rencontre du Saint et de la fille de son geôlier. Ensuite, la Saint Valentin n’aurait pas été associée avec l’amour romantique avant le Haut Moyen Age mais avec l’amour physique.

Une autre légende fait remonter l’origine de la Saint-Valentin au Moyen Age. Une croyance se serait répandue à cette époque en France et en Angleterre, affirmant que les amours des oiseaux débutaient le 14 février et que, prenant exemple sur eux, les hommes trouvèrent ce jour propice aux déclarations amoureuses. Et depuis lors, à la Saint-Valentin, chaque Valentin cherche sa Valentine pour mieux roucouler au printemps.

 CARTE DE SAINT VALENTIN

Carte de la Saint Valentin

Cependant, c’est en Amérique du Nord que la Saint-Valentin est liée à l’amitié et que l’échange de cartes entre amoureux tel qu’on le connaissait en Europe, n’y était pas dévolu à un être unique. Il n’est pas rare qu’une même personne envoie une dizaine de cartes destinées à ses amis. De même les élèves de l’école primaire en profitent pour en envoyer à leur maîtresse d’école.

En fait, le rapprochement entre la Saint Valentin et l’amour courtois n’est mentionné dans aucune histoire ancienne et les Historiens le considèrent comme une légende. De plus, la Saint-Valentin a longtemps été célébré comme étant la fête des célibataires et non des couples. Le jour de la fête, les jeunes filles célibataires se dispersaient et se cachaient dans leur village, attendant que les jeunes garçons célibataires les trouvent. A l’issue de ce jeu de cache-cache, les couples formés étaient amenés à se marier dans l’année. Cette fête permettait de développer la démographie et stimuler ainsi l’expansion des villages. Cependant, cette pratique laissait libre cours à beaucoup de tricheries de la part de couples officieux  ainsi que de la part d’hommes qui visaient une jeune fille en particulier, notamment la plus belle du village, généralement très courtisée.

Plus tard, dans les anciens calendriers, lorsque les devoirs de la vie civile se confondaient avec ceux de la vie religieuse, chaque jour était marqué par un signe qui parlait immédiatement aux initiés. C’est ainsi que la Saint-Valentin était marquée par un soleil dans la main du saint ou par un gaufrier. Ce pâle soleil exilé dans le Verseau était censé reprendre sa force à cette époque, quant au gaufrier il ne faisait qu’annoncer les réjouissances de Carnaval.

Carnaval_2008

 

 

 

 

 

 

 

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DANS L’HERBIER DU VERSEAU… LA FOUGERE

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 06-02-2013

Difficile d’imaginer aujourd’hui le Président de la République, ou même le ministre de la Santé, achetant à prix d’or à un guérisseur un de ses secrets afin de le publier pour que tout le monde en profite… Quel tollé ce serait auprès de l’industrie pharmaceutique ! C’est pourtant ce que fit Louis XVI qui paya 1 800 francs pour « un remède contre le ténia ou ver solitaire, que la Dame Nouffer, après la mort de son mari, a pratiqué depuis vingt ans, à Morat, en Suisse, sur un grand nombre de malades, et toujours avec succès très heureux et très prompt ». Après que plusieurs médecins eurent été chargés de vérifier l’efficacité de ce remède, le roi confia à son premier ministre Turgot le soin de le divulguer ; mais, comme le note non sans humour le docteur Cazin, son « importance diminua dès qu’il fut connu »…

FOUGERE

Fougère de nos forêts

En réalité, ce « secret » n’en était un que dans la mesure où chaque époque méprise au nom du progrès ce qui a été fait avant elle. En effet, on avait oublié que la fougère mâle était un vermifuge très employé depuis l’Antiquité, entre autres par Dioscoride, Galien et Avicenne, qui l’utilisaient contre « les vers larges ou grêles », c’est-à-dire le ténia et les lombrics. Or, le remède de la Dame Nouffer consistait à administrer au patient 12 grammes de poudre de racine, ou plutôt de rhizome, de fougère mâle dans 190 grammes d’eau de tilleul, puis à lui donner deux heures plus tard un « bol purgatif » à base de plantes. Il faut cependant préciser que ce traitement est fortement déconseillé aux enfants, aux cardiaques, aux hépatiques, aux femmes enceintes et aux sujets délicats. Mais il existe d’autres formules plus légères qui réduisent les risques tout en conservant les effets.

Cependant le rhizome de fougère mâle en décoction peut s’utiliser en compresses chaudes. Voilà un excellent moyen de faire disparaître des douleurs rhumatismales. En bains de pieds, elle est également indiquée contre les crampes et les crises de goutte, de même ajoutée à l’eau du bain, elle agit sur l’arthrite et les rhumatismes.

Pourquoi la fougère entre-t-elle dans la symbolique du Verseau ?

Sans doute parce que la fougère ne produit pas de graines contrairement aux autres plantes, mais se reproduit grâce à des spores qui sont produites par des organes spécialisés. Il s’agit des sores, sorte d’amas de sporanges situés sous le limbe des frondes ou regroupés en épi ou panicule sur des frondes fertiles. De plus, la fougère dispose d’un mécanisme original d’éjection des spores qui sont projetés par une sorte de fronde microscopique. Avec le monde du Verseau on est toujours dans une forme ou une autre de mécanique ou de technologie. Parce que la fougère se reproduit « anormalement », elle a toujours suscité une grande curiosité. Jusqu’à la moitié du XIXe siècle, toutes sortes de théories avaient cours sur cette plante primitive et mythique à la fois qui pouvait se reproduire sans fleurs et sans former de graines. Ce n’est que la technologie moderne qui a permis de lever le secret qu’elle gardait jalousement depuis plus de 350 millions d’années.

FOUGERE - PLANTE BOTANIQUE

Fougère – Planche botanique

De plus, les ancêtres des fougères étaient des végétaux de la taille d’arbres véritables formant de vastes forêts qui fournirent avec d’autres plantes la base de nos mines de charbons. Les innombrables variétés de fougères qui existent de par le monde, environ 12 000 dont 200 en Europe centrale, ne sont qu’un petit vestige des nombreuses variétés qui existaient dans des temps plus reculés.  Peut-être doit-on y voir l’infinie créativité d’Ouranos et qui insupportait tant Saturne. De même, ce mélange entre le masculin et le féminin que présente la fougère n’est pas sans rappeler l’ambivalence sexuelle que l’on prête au signe du Verseau, souvent dans un besoin d’expérimenter toute situation.

Des croyances, qui subsistent encore dans les régions où la magie n’a pas perdu ses droits, voulaient qu’on ne coupe les feuilles de fougère que pendant la nuit de la Saint-Jean en récitant des formules spéciales destinées à chasser les esprits qui en avaient la garde. Au Moyen Age, les fougères étaient présentes dans tous les jardins d’herbes car elles avaient la réputation de chasser les mauvais esprits. On disait d’ailleurs que si une femme enceinte marchait sur une fougère, elle risquait d’avorter… Un comble pour une plante qui a une espérance de vie de plus de 350 ans vit et se reproduit à tout va et à l’infini.

LA FOUGERE

Bibliographie

Nos Grands-mères savaient – Jean Palaiseul – Editions Robert Laffont

 

 

 

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