LA MAISON XII DU THEME ASTRAL… LA MAISON POISSONS

(5.6 - LES MAISONS ASTROLOGIQUES) par sylvietribut le 10-03-2013

La Maison XII est en analogie avec le Douzième signe, les Poissons. C’est une Maison d’Eau, gouvernée par Neptune et par Jupiter. C’est une Maison Mutable, Double et aussi Succédante. En effet, comme nous le dit la tradition les signes Mutables se situent à la limite de deux saisons… Pour les Poissons, l’hiver n’est pas tout à fait fini et le printemps n’est pas encore là. Et puis avec les Poissons se termine le cycle du Soleil dans les signes, déjà prêt pour entamer le suivant… Les Poissons sont donc la croisée des chemins du zodiaque. Les Maisons Mutables évoquent également qu’une porte s’est refermée retenant prisonnier mais l’espérance est qu’une autre porte est pour s’ouvrir, rien n’est figé à tout jamais.

LES MAISONS ASTROLOGIQUES

Les Maisons astrologiques et sa XIIe Maison

Cependant, la Maison XII a une très mauvaise réputation. On l’appelle d’ailleurs la Maison de l’épreuve et des secrets. On dit qu’elle est la Maison des ennemis cachés, de la tromperie, des afflictions, des échecs, de l’exil, de la captivité, des mauvaises résolutions, des peines et de la tristesse, des embûches, des biens et des maux provenant des femmes, des bêtes féroces, des bêtes à monter, les grands animaux en général. Et puis, c’est le monde des maladies chroniques, et tout ce qui touche, en bien ou en mal, à l’enfantement. Elle régit aussi les prisons, les hôpitaux, les asiles, les lieux de retraite, les couvents et tous les lieux où l’on est tenu au secret professionnel, comme les laboratoires de recherche, la police, les détectives et où s’échangent les secrets.

Si l’on considère la Maison XII dans l’optique de l’axe qu’elle forme avec la Maison VI, nous sentons que nous sommes de plein pied dans un axe à la mauvaise réputation… servitude et santé d’un côté… épreuves et maladies graves et chroniques de l’autre… d’un côté l’hôpital du zodiaque et de l’autre la poubelle… On pourrait s’attendre au pire devant les difficultés dans lesquelles ces Maisons nous plongent, ce serait oublié que ces deux Maisons sont les plus « mutables » comme le sont les signes auxquelles elles se rapportent, d’un côté la Vierge et de l’autre les Poissons. Ce sont les Maisons les plus transformables, les plus ouvertes à la sublimation, à l’exploitation positive.

medecin

Si l’expérience nous permet d’affirmer que cet axe peut aussi bien fabriquer des médecins que des malades, on comprendra facilement ce qu’il faut entendre par jeux de sublimation, et cela pour une raison simple : l’axe VI/XII met en rapport, à chaque pôle, le limité et l’illimité.

La limite est du côté de la Vierge/Maison VI. En effet, ce secteur symbolise aussi bien le sentiment d’infériorité de celui dont la position sociale n’est pas gratifiante, par exemple un Soleil en Maison VI peut aussi bien indiquer un père dont le statut social est jugé humiliant par le fils, que le besoin d’auto-justification de celui qui se met au service des autres, se dévoue corps et âme pour eux ; ne pas perdre de vue que pour la Tradition astrologique les serviteurs ainsi que les petits animaux domestiques sont supposés nous être dévoués. Les grandes ambitions ne se liront pas dans la Maison VI mais bien plutôt les petits métiers, le quotidien, le labeur routinier, les bilans comptables, le chômage aussi. Comme on le voit les frontières sont immédiatement posées.

CLOITRE DE SAN DAMIANO AD ASSISI

Cloître du Couvent de San Damiano à Assisi où vécut Sainte Claire

En face, dans la Maison XII, on ignore précisément toutes les limites. On passe à travers ; on est, d’emblée, dans l’univers sans contours et sans formes. On évolue dans le Grand Ailleurs océanique. Facile, bien sûr, d’y perdre ses repères ; de s’y noyer ou de s’évader dans la folie ou le mysticisme, dans la perversion ou les états de conscience limites, de se réfugier au couvent ou à l’asile. Par exemple, un psychotique peut délibérément demander à se mettre à l’abri dans un hôpital psychiatrique, voire même en prison, pour retrouver, a contrario, des limites rassurantes ; tout comme dans la Maison VI on s’efforcera à sortir de son univers clos, balisé, raisonnable, bien rangé et répétitif à mourir, pour dépasser son besoin de sécurité ou son conformisme et respirer un peu.

Avec la Maison VI, on parlera d’économie, mais de prodigalité avec la Maison XII. Economie vitale, au moment où il importe de gérer de façon optimale le quotidien et les énergies dont on dispose. D’où également la réputation pathologique du secteur. Les maladies aiguës dont parle la Tradition astrologique, surgissant brusquement, prenant en défaut la gestion énergétique du sujet. Mais en revanche, c’est là aussi qu’on peut soigner le mieux, être le plus efficace et conscient des meilleurs moyens possibles de protéger la santé, de préserver ou réparer les forces, les siennes et celles des autres. On se met à leur service, avec le dévouement illimité que l’on puise en même temps dans la Maison XII.

Avec la Maison XII, la Tradition astrologique parle des maladies chroniques, celles qui s’étendent, se diffusent, avec prodigalité encore, sur le mode anarchique, difficiles à contrôler ou à maîtriser. Mais c’est aussi un secteur où l’on soigne, notamment l’hôpital.

A cause de la nature mutable des axes III/IX et VI/XII, les « aller et retour » d’un pôle à l’autre y sont plus évidents encore que dans les autres axes. D’où des maladies aiguës en Maison XII aussi bien que les troubles « chroniques » en Maison VI.

Dans la Maison XII, on va souvent au-delà du simple service, d’un dévouement concret, pratique, pour passer à l’oblativité totale, au sens du sacrifice, oubli de soi qui donne accès à la transcendance ou permet l’accès à un au-delà de soi-même.

Cet amour oblatif qui s’offre à satisfaire tous les besoins de l’autre au détriment de ses propres besoins, nécessités et aspirations, est aussi celui qu’on rencontrera chez les saints, les « fous de Dieu », âmes généreuses, ivres de son propre sacrifice. Le Moi s’efface et fait place au Soi. Mais on sait aussi que pour ne pas se perdre, se perdre en Dieu peut-être mais pas pour autant perdre son âme, il ne faut pas s’éloigner de l’humilité vraie de la Maison VI.

PRISONNIER DANS SA PRISON

La prison de la Maison XII

Il y a parfois fusion-confusion entre les deux secteurs, étroitement imbriqués ou se répondant l’u à l’autre de façon subtile. Il faut à la Maison XII le sens de la mesure de la Maison VI pour éviter la noyade la perte totale d’identité, la dissolution schizophrénique ou la plongée dans les enfers de la drogue, la perte de conscience. Comme il faut, du côté de la Maison VI, le courage de passer à la Maison XII pour faire éclater l’armure, casser la prudence frileuse de la Maison VI, échapper à la servitude, à l’esclavage qui empêche de prendre son envol. Il faut à la Maison VI accepter les délires de la Maison XII et à la Maison XII accepter d’être contrôlée par le raisonnable de la Maison VI.

Si l’on se voulait très terre à terre, on pourrait dire qu’on fait de la cuisine en Maison VI et de l’alchimie en Maison XII. Ce serait divertissant et pas tout à fait faux, mais injuste pour la Maison VIQ dont on ne percevrait plus que le côté « popote », face aux sublimes extases de la Maison XII. Cependant, il ne faut pas oublier que la Maison VI demeure le garde-fou de la Maison XII et que cette dernière ne donne accès au sublime qu’à condition de dépasser son humaine condition.

La Tradition astrologique relie essentiellement la Maison VI aux maladies et pourtant certains auteurs n’hésitent pas à assurer que la Maison VI est également celle de l’alimentation et, si Mercure habite cette Maison, la personne sera dotée d’un appétit incroyable, par contre si on y rencontre Saturne, ce sera l’ascétisme qui l’emportera ; la Lune y ferait les grands buveurs, quant à Mars et Jupiter, présents en Maison VI, ils favoriseraient les excès de table.

Pansement des malades par les religieuses de Port-Royal-des-Champs (78)

                                                                                                                   

Quand Maison VI et Maison XII se rejoignent :

Soins aux malades par les religieuses de Port-Royal-des-Champs dans les Yvelines

Et puis, il y a l’amas planétaire venant se cacher en Maison XII et qui interroge toujours beaucoup. Il va s’en dire que cet amas va faire ressortir l’extrême complexité du secteur, traditionnellement lié aux épreuves, mais aussi à tout ce qui permet de les dépasser. On s’y enferrera tel le fou, le criminel, « celui qui n’avouera jamais » et gardera jusqu’à la mort son secret : Landru par exemple. Mais il y a également les grands mystiques qui ne s’évaderont jamais, ou même l’artiste pour lequel l’art représente une évasion hors d’une réalité décevante, réalité qui sera magnifiée ou transformée, comme Gustave Moreau, le peintre symboliste, qui ne peint jamais la réalité.

La Maison XII, c’est la Maison « de la grande Evasion » tous azimuts, où le Moi s’échappe et où l’on échappe au Moi.

Petite précision intéressante, lorsque l’Axe VI/XII intercepte un signe, on notera des destins pouvant être tragiques, ou bien écourtés. Ce fut d’Henri II, de l’Aiglon, de Louis II de Bavière, de Landru, de Charles Manson, de Coluche… Cependant, la justification de ces destinées hors série se trouvent aussi dans les aspects, les signes et autres paramètres de leur thème. 

SALOME TATOUEE - GUSTAVE MOREAU

Gustave Moreau – Salomé tatouée

 

 

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UN MYTHE POISSONS. .. ŒDIPE AUX PIEDS GONFLES

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME, 6.6.12 - LES MYTHES DES POISSONS ET DE NEPTUNE) par sylvietribut le 08-03-2013

Le Roi Laïos, inquiet de ne pas avoir d’héritier, alla consulter l’oracle de Delphes. Celui-ci prédit que le fils qui lui naîtrait tuerait son père et épouserait sa mère. Malgré ces fatales prédictions, un enfant naquit à la cour de Thèbes. Jocaste, sa mère, effrayée de la sentence de l’oracle, l’abandonna sur le Mont Cithéron, après lui avoir percé les chevilles avec une aiguille et les lui avoir liées avec une lanière. Des bergers recueillirent l’enfant. Ils l’appelèrent Œdipe, ce qui signifie « pied enflé » et le présentèrent au roi de Corinthe Polybos, époux de Périboéa qui, sans enfant, l’adopta avec joie et l’éleva comme son propre fils. Un jour, un jeune Corinthien apprit à Œdipe qu’il n’était qu’un enfant trouvé. Intrigué par cette révélation, Œdipe consulta l’oracle de Delphes, qui répéta l’horrible prédiction faite à Laïos : « Tu tueras ton père et épouseras ta mère ». Persuadé que Polybos et Périboéa étaient ses véritables parents, Œdipe les quitta en hâte. Dans un défilé, non loin de Delphes, il croisa Laïos sans savoir que celui-ci était son père et, s’étant pris de querelle avec lui, il le tua en coupant le timon de son char. Ainsi s’accomplissait la première prédiction.

OEDIPE RECUEILLI ET NOURRI PAR LE BERGER PHORBAS - DENIS-ANTOINE CHAUDET

Œdipe bébé recueilli et nourri par le berger Phorbas – Denis-Antoine Chaudet – Musée du Luxembourg

Poursuivant sa route et parvenu aux portes de Thèbes, Œdipe rencontra le Sphinx, monstre terrifiant, qui posait une énigme aux voyageurs et les dévorait s’il n’obtenait pas de réponse. Œdipe sut trouver la bonne réponse et le Sphinx, dépité, se jeta du haut d’un rocher et se tua, délivrant ainsi le pays de la terreur. Accueilli à Thèbes comme un bienfaiteur, Œdipe fut nommé roi et épousa Jocaste, ignorant qu’elle était sa mère. Ainsi s’accomplit la seconde prédiction. De cette union incestueuse naquirent quatre enfants : Etéocle, Polynice, Antigone et Ismène.

Quelques années plus tard, une peste s’abattit sur la ville et l’oracle consulté répondit : « Il faut expulser de la ville le meurtrier de Laïos ». Contre ce meurtrier, c’est-à-dire contre lui-même, Œdipe, toujours dans l’ignorance de son crime, prononça une malédiction implacable. Mais bientôt les révélations embarrassées du devin Tirésias permirent au héros de deviner la vérité. De honte, Jocaste se pendit ; Œdipe se creva les yeux et, chassé de Thèbes, erra en mendiant dans la contrée, accompagné de sa fille Antigone qui, seule, lui était restée fidèle.

A la fin de sa vie, l’infortuné Œdipe trouva asile en Attique, auprès de Thésée. A Colone, petit bourg non loin d’Athènes, les Erinyes l’entraînèrent dans la mort. Toutefois, Thésée accorda une sépulture au corps de cette victime de la plus terrible des fatalités, car il était dit que le tombeau d’Œdipe serait un gage de victoire pour le peuple athénien.

L'HOMME ZODIAQUE

Pieds et Poissons dans l’homme-zodiaque

Parmi les mythes liés au signe des Poissons, il en est un qui semble s’imposer et dont bien sûr une autre interprétation pourrait être proposée. Après Freud, cela semble bien présomptueux. Œdipe, en effet, semble toujours vivre sa vie à contretemps, prendre conscience de la réalité un instant trop tard, incapable de maîtriser un destin qui perpétuellement lui échappe. Le seul nom d’Œdipos nous met sur la voie. Œdipe aux pieds gonflés, celui dont, enfant on a transpercé les pieds en le livrant aux bêtes de la forêt, pour qu’il ne puisse plus marcher et se fasse ainsi plus rapidement dévorer. Aimables parents que ceux qui se débarrassent ainsi d’un enfant sous prétexte qu’un oracle a prédit le meurtre, par lui, de son père. Pas un instant nous n’entendons la mère élever la moindre protestation. Tiamat, la mère terrible des Mésopotamiens, est moins inflexible. A dire vrai, la fin tragique des parents d’Œdipe n’est-elle pas méritée ?

En astrologie, les pieds font partie de la zone du corps associée au signe des Poissons. Le pied est symboliquement lié à l’âme, au destin subi par cette âme ; il est, dans son mouvement, ambivalent, alternativement incrusté dans le sol ou séparé de lui, au cours de la marche. Il se pose et s’élève. Il permet de voir ce que les yeux ne perçoivent pas, en appréhendant le sol avec prudence. Certaines femmes Maya disent qu’avec des chaussures elles ne peuvent plus voir… L’empreinte du pied de Bouddha inscrit en quelque sorte dans le sol sa loi, sa sagesse.

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Thémis plongeant Achille, son fils, dans les eaux du Styx – Rubens

On pense aussi au talon d’Achille, ce point vulnérable d’un héros invincible. Pour le tremper dans l’eau qui devait le protéger de la mort, il fallait bien que sa mère le tienne, peut-être n’avait-il pas encore de cheveux… En le saisissant par un pied, par le talon, elle pouvait espérer le sauver de tous les périls. Et c’est au talon, bien sûr, qu’Achille sera blessé. Ne pas oublier non plus, une autre symbolique du pied, sexuelle celle-là. Quant à Œdipe, il est recueilli par des gens bienveillants qui le soignent et le sauvent, et qu’il prendra, bien sûr, pour ses véritables parents.

Lorsque dans l’Œdipe Roi de Sophocle, le roi Œdipe refuse de croire ce que lui dévoile le devin Tirésias, nous retrouvons l’homme terrifié par ce destin annoncé, cette malédiction écrasante… et nous percevons qu’il se défend de ce qu’il sait inconsciemment, de ce que lui-même a pressenti de ce destin. Il refuse la révélation et insiste en même temps pour savoir, au risque de tuer Jocaste qui a compris avant lui, la vérité dont sont chargés les propos de Tirésias.

OEDIPE ROI

Oedipe et Tirésias

Sa mère n’a pas d’autres recours que de mourir, elle qui n’a pas su affronter cette terrible réalité, découvrir qu’elle est à la fois la mère d’Œdipe, sa femme et la génitrice de leurs enfants, et devoir regarder en face Œdipe qui désormais connaît son histoire, découvre que c’est elle, sa mère, qui a projeté de le faire mourir. S’il n’avait été recueilli par un berger alors qu’il n’était encore qu’un nouveau-né, tout cela à cause d’une autre prédiction susceptible de faire d’Œdipe le meurtrier de Laïos, son père et l’époux de sa royale mère, il aurait été dévoré par les bêtes sauvages.

On dit parfois que, pour empêcher le retour du mort, de son fantôme, on lui transperce les pieds. On ne peut se tromper sur les intentions meurtrières de Laïos et de Jocaste. Dans d’autres traditions, on coupe les morts en morceaux pour les empêcher de revenir hanter les vivants. Le « diasparagmos », le morcellement d’Osiris et plus tard de bien d’autres, d’Orphée, de Dionysos, serait lié à cette tradition, originaire, sans doute de l’Egypte soudanaise.

jocaste 

Jocaste

Peut-être aussi les découpe-t-on pour que le sang attire les bêtes et qu’ils soient dévorés plus vite. En ce qui concerne Jocaste, il n’est dit nulle part qu’elle confie l’enfant à un berger pour qu’il le sauve. Si la vision de ce bébé émeut de compassion cet homme simple qui le remettra à un couple stérile, c’est qu’Œdipe était condamné par les dieux à accomplir son destin, inscrit de toute éternité dans les tables célestes… L’ami du berger est un roi, Polybe, qui aimera Œdipe comme son fils. Mais, apprenant la prophétie selon laquelle il est condamné à tuer son père aimant et à partager la couche de sa mère, Œdipe s’éloignera, il tentera de fuir pour les préserver. La tragédie se noue sur un malentendu. Incertitudes, non-dits, mystères, secrets, nous sommes bien ici dans le registre des Poissons, pieds inclus…

Ne dit-on pas que la Maison XII du thème astral, en analogie avec le douzième signe, celui des Poissons, qu’elle est un lieu d’épreuves ? Certes elle est également un lieu de sacrifice et de rédemption. Mais nous retrouvons ici cette notion de « rites de passage », eux aussi toujours porteurs de sacrifices. Œdipe, plus qu’aucun autre héros grec, cumule sa part d’épreuves… Dans son histoire il y a le poids de la culpabilité mais encore celui de l’irresponsabilité ; l’aveuglement qui se traduira concrètement par la cécité. Et le sacrifice, terme essentiellement lié à la nature oblative des Poissons.

oedipe - humoristique

Philippe Geluck – Le Chat

Œdipe n’est pas conscient des forces destructrices dont il est porteur. Son innocence ne saurait être contestée. S’il est violent parfois, comme la mer peut l’âtre, il n’est ni cruel ni méchant. Ses intentions ne sauraient apparaître comme mauvaises. C’est lui, dès l’origine, la victime. Œdipe est un homme de bonne volonté, qui s’éloigne de ses parents aimés pour ne pas leur nuire et sans doute lui en coûte-t-il…

Les Grecs invoquent volontiers le Fatum, le destin, les épreuves imposées par les dieux. Œdipe pourrait légitimement se dire qu’il n’y est pour rien, que tout cela ne le concerne pas. Ce serait la tentation de l’inconscience et de l’irresponsabilité. Mais, face au Fatum, à ce destin inscrit dans les dieux, il y a le sacrifice, ce sacrifice qui est fait pour « faire du sacré », remettre de l’ordre dans le monde, dans le jeu entre ciel et terre. Nous retrouvons ici des concepts neptuniens, Poissons…

L’histoire d’Œdipe met en scène une âme blessée, humaine, accablée par un destin d’une cruauté extrême menée jour après jour au sacrifice par ces dieux aux intentions indéchiffrables.

Dans l’Œdipe à Colone, Œdipe parvient là où il veut aller. Aidé par Thésée, il écartera ses filles Antigone et Ismène, pour aller mourir en un lieu mystérieux, où il disparaîtra, enfin pardonné par les dieux mais sans que le lecteur connaisse jamais exactement le secret de sa mort. La présence de Tirésias, dans cette aventure œdipienne, est constante, du début, à la naissance même d’Œdipe, jusqu’à sa mort. Comment les pouvoirs du devin seraient-ils absents d’un mythe Poissons ?

Le signe, en effet, est inséparable des oracles, de la voyance, du don de double vue, si fréquent en outre chez les aveugles dont Tirésias, et Œdipe, font partie…

Pisces2009 

Bibliographie 

Dieux et Héros du zodiaque – Joëlle de Gravelaine – Editions Robert Laffont

Dictionnaire de la Mythologie Grecque et Romaine – Joël Schmidt – Larousse

 

frise feuille d'acanthe

 

 

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DANS LA SYMBOLIQUE DES POISSONS… LA SIRENE

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME, 6.6.12 - LES MYTHES DES POISSONS ET DE NEPTUNE) par sylvietribut le 05-03-2013

laMonstres marins à tête et poitrine de femme, le reste du corps étant d’un oiseau, ou suivant des légendes plus tardives et d’origine nordique, d’un poisson. Elles séduisaient les navigateurs par la beauté de leur visage et par la mélodie de leurs chants, puis les entraînaient dans la mer pour s’en repaître. Ulysse dut se faire attacher au mât de son navire pour ne pas céder à la séduction de leur appel. Elles étaient aussi malfaisantes et redoutables que les Harpies et les Erinyes.

LA SIRENE - JOHN WILLIAM WATERHOUSE 

La Sirène – John William Waterhouse

On en a fait l’image des dangers de la navigation maritime, puis l’image même de la mort. Sous l’influence de l’Egypte, qui représentait l’âme des défunts, sous la forme d’un oiseau à tête humaine, la sirène a été considérée comme l’âme du mort, qui a manqué sa destinée et qui s’est transformée en vampire dévorant. Cependant, de génies pervers et divinités infernales, elles se sont transformées en divinités de l’au-delà, qui charmaient par l’harmonie de leur musique les Bienheureux parvenus aux Iles Fortunées ; c’est sous cet aspect que les représentent certains sarcophages. Cependant, dans l’imagination traditionnelle, ce qui a prévalu des sirènes c’est le symbolisme de la séduction mortelle.

Si l’on compare la vie à un voyage, les sirènes figurent les embûches, nées des désirs et des passions. Comme elles sortent des éléments indéterminés de l’air, les oiseaux, ou de la mer, les poissons, on en a fait des créations de l’inconscient, des rêves fascinants et terrifiants, en quoi se dessinent les pulsions obscures et primitives de l’homme. Elles symbolisent l’autodestruction du désir, auquel une imagination pervertie ne présente qu’un rêve insensé, au lieu d’un objet réel et d’une action réalisable.

ULYSSE ET LES SIRENES - DRAPPER HEBERT JAMESD

Ulysse attaché au mat de son navire pour goûter le chant des sirènes

Il faut comme Ulysse s’accrocher à la dure réalité du mât, qui est au centre du navire, qui est l’axe vital de l’esprit, pour fuir les illusions de la passion. Si Ulysse et ses compagnons parvinrent à résister à leur pouvoir de séduction, c’est qu’ils avaient été mis en garde par Circé. Rusé comme il était, Ulysse fit couler de la cire dans les oreilles de ses marins pour qu’ils ne puissent entendre les sirènes tandis que lui-même se faisait attacher au mât de son navire et, s’il demandait à ses marins de le détacher, ceux-ci devaient serrer plus fort encore les liens. Ulysse put ainsi écouter le chant des sirènes sans se précipiter vers elles malgré la tentation qu’il en avait. Un devin avait prédit qu’elles cesseraient de vivre si quelqu’un pouvait ouïr leur chant sans en devenir victime, les sirènes se seraient suicidées de dépit en se jetant dans la mer où elles furent changées en rocher.

Selon Homère, les sirènes, divinités de la mer, séjournaient à l’entrée du détroit de Messine en Sicile. Cependant, dès l’Antiquité, le début fut vif concernant la localisation des épisodes homériques. Selon les Grecs, les sirènes vivaient sur une ou plusieurs petites îles vertes situées à l’ouest de la Sicile : Anthémusa et les îles des Sirènes. Mais selon les Siciliens, elles étaient près du Cap Péloros, aujourd’hui Faros ; tandis que les Latins les situaient à Capri. Elles se montraient particulièrement redoutables à l’heure de la sieste, par temps calme. Strabon rapporte que le tombeau de la sirène Parthénope se trouvait à Néopolis. Quant à Leucosie, elle aurait donné son nom, toujours selon le même auteur, à l’île où elle s’était jetée dans la mer. Un rocher à triple pointe séparant le golfe de Cumes du golfe de Posidonie s’appelait alors « sirènes ».

Musiciennes dotées d’un talent exceptionnel, elles séduisaient les navigateurs qui, attirés par les accents magiques de leur voix, de leurs lyres et de leurs flûtes, perdaient le sens de l’orientation, fracassant leurs bateaux sur les récifs où ils étaient dévorés par ces enchanteresses. Elles sont décrites au chant XII de l’Odyssée comme couchées dans l’herbe au bord du rivage, entourées par un « amas d’ossements et de chairs desséchées des hommes qu’elles ont fait périr ». A noter que pour l’astrologue, l’eau, la mer, la sirène, la musique, le mirage aussi, se placent sous l’influence des Poissons.

Comme toujours avec les Poissons les choses ne sont pas vraiment claires et l’origine des sirènes ne l’est pas plus. Selon la mythologie grecque, elles étaient filles du fleuve Achéloos et de la Muse Calliope, ou alors de Tersichore, la Muse de la Danse. Quant aux Romains, ils racontaient d’ailleurs que les sirènes étaient à l’origine des femmes normales. Elles auraient été les compagnes de Coré/Perséphone et auraient laissé Hadès/Pluton l’emmener. Les sirènes auraient reçu leur forme comme punition pour ce crime et, par la suite, les sirènes, chantaient prophéties et chansons relatives au royaume d’Hadès/Pluton.

De son côté, Euripide évoque, dans « Hélène », le caractère funéraire des sirènes ce que confirment les représentations de sirènes sur les stèles funéraires.

FONTAINE DES SIRENES AILEES - PERPIGNAN 

La fontaine des sirènes ailées – Perpignan

Une autre explication de leur métamorphose en attribue la cause à la colère d’Aphrodite/Vénus. La déesse de l’Amour, les affubla de pattes et de plumes tout en conservant leur visage de jeunes filles parce qu’elles avaient refusé de donner leur virginité à un dieu ou à un mortel.

Par ailleurs, ces divinités d’origine fluviale étaient très fières de leurs voix et défièrent les Muses, les neuf filles de Zeus/Jupiter et de Mnémosyne. Les Muses remportèrent le défi et exigèrent une couronne faite des plumes de sirènes, ce qui les priva du don de voler. Vaincues, les sirènes se retirèrent sur les côtes de l’Italie méridionale.

On les voit également intervenir dans l’histoire de Jason et des Argonautes. Alors que l’Argo s’approchait de leurs rochers, Orphée triompha d’elles par la beauté de son chant. Seul l’un des marins, Boutès préféra la mélodie des sirènes à celle du fils de Calliope. Il se jeta dans la mer pour rejoindre les enchanteresses, mais il fut sauvé par Aphrodite/Vénus.

Les sources divergent au sujet de leur nombre et de leurs noms. Homère ne mentionne d’ailleurs rien à ce sujet. Cependant il utilise à plusieurs occasions un duel, ce qui sous-entend qu’il y aurait deux sirènes. Il y aurait eu quatre sirènes : Aglaophème ce qui signifie « qui a la réputation brillante », Thelxiépie « celle qui méduse par le chant épique », Pisinoé « celle qui persuade » et Ligie « celle au cri perçant ». Pour un autre poète, Apollodore, les sirènes sont trois : Pisinoé, Aglaopé et Thelxiépie. Pourtant, d’autres noms sont données, faisant toujours référence au pouvoir des sirènes : Aglaophonos « celle qui a une belle voix », Aglaopé « celle au beau visage », Telxinoé « celle qui enchante », Thelxiope « celle qui méduse par la parole », Molpé « la musicienne », Raidné « l’amie du progrès, et Télès « la parfaite ». Une autre tradition considère que les sirènes ne sont que trois : Leucosie « la blanche créature, Ligie et Parthénope « celle qui a un visage de jeune fille » et traditionnellement, l’une joue de la lyre, l’autre de la flûte et la troisième chante.

Par ailleurs, la nature hybride de la sirène, mi-femme, mi-oiseau, est expliquée par la mythologie comme une punition qui les relie au monde infernal. Sur les monuments funéraires, elles étaient des divinités létifères chantant au son de la lyre et laissant supposer des intentions érotiques à l’égard du héros décédé.

LA SIRENE DANS LE BESTIAIRE DU MOYEN AGE

La sirène dans le bestiaire du Moyen Age

Quant aux bestiaires médiévaux, ils les décrivent comme des femmes « de la tête aux cuisses » et poissons de « là jusqu’en bas avec des griffes et des ailes » dans un syncrétisme qui noue les traditions fabuleuses des mythologies grecque et germanique. Elles ont laissé à la postérité leur image gravée dans la pierre des stèles, tombeaux ou églises romanes où elles personnifiaient l’âme des morts comme dans l’Egypte ancienne. On les invoquait d’ailleurs au moment de la mort.

Pour les Scandinaves, la sirène est un monstre redoutable appelé Marghygre « la géante de mer ». Dans le Miroir royal, œuvre norvégienne, elle est décrit comme une avenante créature ressemblant à « une femme en haut de la ceinture ». Ce monstre paraissait grand, avec un visage terrible, un front pointu, des yeux larges, une grande bouche et des joues ridées.

Au VIIIe siècle, le moine anglais Aldhelm de Sherborne les décrit comme des vierges à queue de poisson couverte d’écailles. Ces deux représentations vont cohabiter jusqu’au XVe siècle où les sirènes volantes laissent définitivement la place à une jolie femme aux cheveux longs et à queue de poisson.

Certains navigateurs, comme Christophe Colomb, en 1493, ont dit avoir rencontré des sirènes. Il en aurait vu trois près des côtes de Saint-Domingue, affirmant           « qu’elles n’étaient pas aussi belles qu’on les décrit ».

PETITE SIRENE DE COPENHAGUE 

La Petite Sirène de Copenhague

En 1835, l’écrivain danois Hans Christian Andersen, crée la légende moderne de la sirène. Ce n’est plus une terrible tentatrice mais devient une héroïne romantique qui cherche l’amour, telle Ondine qui offre son âme à l’homme qui voudra bien l’épouser. Walt Disney reprendra les éléments issus de la culture populaire et du conte d’Andersen dans son dessin animé « La Petite Sirène ».

Comme dans de nombreux récits, les sirènes sont souvent représentées avec un miroir et un peigne, comme par exemple Mélusine, autre sirène des rivières celle-là, femme légendaire du Poitou, souvent vue comme une fée, est représentée elle aussi avec son miroir et son peigne. Elle est issue des contes populaires et chevaleresques du Moyen Age.

 MELUSINE - EGLISE DE CHAUVIGNY - VIENNE

Mélusine son miroir et son peigne – Eglise de Chauvigny

Selon Edouard Brasey, ces créatures océaniques symbolisent la planète Vénus dont on sait qu’elle est exaltée dans les Poissons. D’ailleurs, Aphrodite/Vénus, déesse de l’Amour née de l’écume marine, est souvent représentée avec un miroir d’or et même si elle n’a pas de queue de poisson, elle serait l’ancêtre des sirènes et la protectrice des marins. Plus surprenant, dans La Petite Sirène, Ariel utilise une fourchette en guise de peigne.

Enfin comment ne pas évoquer deux sirènes modernes, toutes deux natives des Poissons : Elisabeth Taylor et Ornella Muti.

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Elisabeth Taylor

ORNELLA MUTI 

Ornella Muti

Bibliographie

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

 

 

 

 

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