LES PLANETES ET LES MUSES

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 29-04-2013

Les Muses étaient les filles de Zeus/Jupiter et de la Titanide Mnémosyné, la mémoire. Elles étaient au nombre de neuf. C’étaient les déesses des arts nobles, de la musique, de la littérature et, plus tard, leur domaine s’étendit à certaines sciences comme l’Histoire, la philosophie et l’astronomie. L’importance des muses a pour origine leur popularité auprès des poètes qui leur attribuaient leur inspiration et aimaient invoquer leur aide. Leur nom rappelle le latin « mens » et l’anglais « mind » qui évoque « la mémoire » ou bien « le souvenir » car, dans les premiers temps, les poètes ne possédaient pas de livres écrits et ne se reposaient que sur leur mémoire.

APOLLON ET LES MUSES - BALDASSARE PERUZZI - GALLERIE PALATINA - PALAZZO PITTI - FLORENCE - 1514-1523

Apollon et les Neuf Muses – Baldassare Peruzzi – Galerie Palatina – Palazzo Pitti – Florence

On représentait généralement les muses pourvues d’ailes ; elles avaient leur demeure dans les montagnes, en particulier celles de l’Hélicon près d’Ascra en Béotie, et de Piérie, près de l’Olympe. A l’origine, elles étaient au nombre de trois : Mélété « la Pratique », Mnémé « la Mémoire » et Aoedé « le Chant ». A Delphes, elles portaient le nom des trois cordes des premières lyres : Aiguë, Médiane et Grave ou respectivement : Nétè, Mésè et Hypatè.

C’est Hésiode qui les fixa au nombre traditionnel de neuf et leur donna à chacune un nom, bien que leurs fonctions n’aient été donné que bien plus tard et varièrent même selon les auteurs. La liste généralement admise est la suivante :

–       Calliopé « à la voix harmonieuse » était la Poésie épique et l’éloquence.

–       Clio « célébrée » symbolisait l’Histoire,

–       Euterpè « gaeté » représentait la flûte,

–       Terpsichore « joie de la danse » était la Poésie légère et la Danse,

–       Erato « aimable » était la Lyrique chorale,

–       Melpomène « chant » symbolisait la tragédie,

–       Thalie « abondance, bonne chère » était la comédie,

–       Polymnie « plusieurs chants » représentait la Pantomime,

–       Uranie « la céleste » était l’astrologie et l’astronomie.

Le Bois des Muses - PUVIS DE CHAVANNES

Le bois sacré des Muses – Puvis de Chavannes – Musée des Beaux-Arts de Lyon

Les Muses étaient associées à Apollon qui, en tant que dieu de la musique et des devins, était leur maître. On racontait qu’elles dansaient avec lui et d’autres divinités, les Grâces et les Heures, lors des fêtes des dieux sur l’Olympe. Elles assistèrent aux noces de Téthys et de Pélée et à celles de Cadmos et d’Harmonie.

Les Muses interviennent peu dans la mythologie. Lorsque l’aède thrace Thamyris se vanta de leur être supérieur, elles allèrent à sa rencontre à Dorium, en Messénie, où elles l’aveuglèrent et le privèrent de sa mémoire. A d’autres, comme Démodocos, elles enseignèrent l’art du chant pour compenser leur cécité.

Les Piérides, qui étaient les neuf filles de Piéros, un Macédonien, et de sa femme Evippé, engagèrent un concours de chant avec les Muses, qui d’ailleurs portaient parfois le nom de Piérides. Mais elles perdirent car le jury était composé de nymphes. Pour les punir de leur audace, les Muses le transformèrent en choucas. Dans les mêmes conditions, les Sirènes furent plumées par les Muses.

Certaines muses eurent des enfants. Clio donna à Piéros Hyacinthos. Calliopé eut deux fils avec Apollon ; Orphée et Linos. Cependant, ce dernier passe aussi pour le fils d’Uranie et d’Amphimaros. Quant à la mère du roi Rhésos, c’était une Muse, et les Corybrantes passaient pour les enfants de Thalie. Enfin, les Romains identifièrent les Muses à d’obscures déesses italiennes, les Camènes.

LES PLANETES ET MUSES

LES PLANETES ET LES MUSES

Contrairement à une croyance répandue, il n’y a pas de lien direct entre les Muses de la mythologie grecque et la définition des arts dits « traditionnels ». Ainsi, le philosophe Hegel dans son Esthétique n’en dénombre que cinq : architecture, sculpture, peinture, musique et poésie.

Les muses sont facilement identifiables dans l’art, notamment quand elles sont au nombre de neuf et accompagnées d’Apollon. Par ailleurs, différents attributs permettent de les reconnaître dans des représentations isolées. Quant à l’astrologie, elle a associé les muses à certaines planètes.

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La Muse Calliopé

–       Calliopé est assimilée à Mercure, bien en rapport avec le don d’éloquence et d’écriture que symbolisent la tablette et le stylet qu’elle arbore. Ainsi Calliopè aurait été la mère d’Orphée, conçu avec le roi de Thrace Oeagre. Avec le dieu fleuve Achéloos, elle mit au monde les Sirènes, puis Hymen et Ialémos, qui donna son nom aux lamentations funèbres, enfants d’Apollon, et enfants de Jupiter les Corybanres. Petite précisions, Si Calliopé était représentée avec un air majestueux, le front ceint d’une couronne d’or, c’était pour marquer sa suprématie parmi les autres Muses, nous informe Hésiode.

CLIO - JAN VERMEER VAN DELFT - DETAIL

Clio – Muse de l’Histoire – Vermeer

–       Clio symbolise la Lune, Muse de l’Histoire, elle chante le passé des hommes et des cités. Couronnée de laurier, tenant dans sa main droite une trompette qui représente la renommée et dans sa main gauche un livre, un volume ayant pour titre Thucydide, sur lequel sont rédigés les récits du passé. A ces attributs, on joint parfois le globe terrestre sur lequel elle pose, et de la clepsydre, horloge à eau qui représente le temps passé, afin de montrer que l’Histoire embrasse tous les lieux et tous les temps. Sur certaines statues, on la voit parfois tenant une guitare d’une main et un plectre de l’autre parce que Clio était aussi considérée comme l’inventrice de la guitare.

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Erato – Muse de la Poésie lyrique

–       Erato est Mars, muse de la poésie érotique et lyrique. Elle est représentée couronnée de roses et de myrtes, et portant une lyre à la main. Dans la Grèce antique, le myrte était porté par les prêtresses et les mystes, les candidats à l’initiation, dans le temple de Déméter et Perséphone, lors des mystères d’Eleusis. Les initiés aux mystères de Dionysos couronnaient leur front de myrte. Dans certains pays le myrte est un symbole de virginité. Le myrte est un des symboles de la déesse Vénus. 

EUTERPE SUR LA TOMBE DE FREDERIC CHOPIN - CIMETIERE DU PERE LACHAISE

Euterpe en pleurs sur la tombe de Frédéric Chopin – Cimetière du Père Lachaise à Paris

–       Euterpe est Jupiter. C’était la muse qui présidait à la Musique. Elle avait inventé ou suggéré l’invention de l’aulos, c’est-à-dire la flûte double. Elle est représentée par une jeune fille couronnée de fleurs et jouant de la flûte. Des papiers de musique, des hautbois et autres instruments sont auprès d’elle. Par ces attributs, les Anciens voulaient exprimer combien les lettres ont de charme pour ceux qui les cultivent. C’est Euterpe qui apparaît en pleurs au sommet du monument funéraire de Frédéric Chopin, au cimetière du Père-Lachaise à ParisPlym.

 Melpomene -Simmons Highsmith

Melpomène – Edward Simmons – Bibliothèque du Congrès Thomas Jefferson Building – Washington (USA) – détail

–       Melpomène est assimilée au Soleil. Dans la mythologie grecque, elle est la Muse du Chant, de l’Harmonie musicale et de la Tragédie quand elle est associée à Dionysos. Son maintien est grave et sérieux. Elle est richement vêtue et chaussée de cothurnes. Elle tient d’une main un sceptre et des couronnes, et de l’autre un poignard ensanglanté, et parfois aussi une massue d’Héraclès dont le théâtre aimait célébrer les exploits. Elle possède comme autres attributs la couronne de pampres et le masque de tragédie. Parfois, on lui donne pour suivantes la Terreur et la Pitié.

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Polymnie

–       Polymnie s’apparente à Saturne. C’est la muse de la Rhétorique, du solfège, du chant. On lui prêtait la faculté d’inspirer les aèdes et auteurs des poèmes et récits les plus admirables. Elle est couronnée de fleurs, parfois de perles et de pierreries, avec des guirlandes autour d’elle. Elle est habillée de blanc. Sa main droite est en action comme pour haranguer et de la main gauche, elle tient tantôt un sceptre, tantôt un rouleau sur lequel est écrit le mot latin « suadere » qui signifie « persuader ».

Terpsichore - Jean-Marc Nattier -

Terpsichore Muse de la Danse par Nattier 

–       Terpsichore symbolise Vénus, c’est la muse de la Danse. Jeune fille vive, enjouée, couronnée de guirlandes et tenant une lyre au son de laquelle elle dirige en cadence tous ses pas. Certains auteurs en font la mère des sirènes.

THALIE - GRAND FOYER DE L'OPERA DE PARIS - Paul BAUDRY (1828-1886) 

Thalie – Grand Foyer de l’Opéra de Paris – Paul Baudry 

–       Thalie peut-être est-elle Neptune. C’est la muse qui préside à la Comédie. Elle passe pour la mère des Corybantes conçus avec Apollon. Cette jeune fille à l’air enjoué est couronnée de lierre et chaussée de brodequins. Elle tient un masque à la main. Plusieurs de ses statues ont un clairon ou porte-voix, instrument dont on se servait pour soutenir la voix des acteurs dans la comédie antique. Les Corybantes étaient des danseurs en armure, coiffés d’un casque qui célébraient le culte de la Grande Déesse phrygienne Cybèle en jouant du tambourin et en dansant. La danse, selon la pensée grecque, était une des activités éducatrices, comme la fabrication du vin ou la musique. La danse en armure, ou danse pyrrhique, était un rituel d’initiation pour les jeunes hommes qui arrivaient à leur majorité et était liée à la célébration d’une victoire à la guerre.

 URANIA - Guercino

Uranie – Guercino

–       Uranie ne peut être qu’Uranus, qui présidait à l’Astronomie et à l’Astrologie : les deux disciplines étant indissociables chez les Grecs. Elle était mère de Linos, conçue avec Apollon. Pourtant, Linos fut tué par Apollon parce qu’il avait osé défier son père au chant. ou bien Amphimaros. On la représente vêtue d’une robe couleur d’azur, couronnée d’étoiles, et soutenant des deux mains un globe qu’elle semble mesurer, ou bien ayant près d’elle un globe posé sur un trépied, et plusieurs instruments de mathématiques. Elle était assistée par les Ouranies, les nymphes célestes. Selon Catulle, Bacchus la rendit mère d’Hymen qu’on disait aussi beau qu’Apollon.

On est dans le « peut-être » avec Uranie et Thalie, car dans le monde grec on ne connaissait alors que les deux luminaires et cinq planètes : Mercure, Vénus, Mars, Jupiter, Saturne et pourtant dans l’Olympe Uranus, Neptune et Pluton était bien présents.

 LES MUSES - MOSAIQUE

Bibliographie

Dictionnaire de la Mythologie grecque et romaine – Joël Schmidt – Librairie Larousse

Dictionnaire de la Mythologie – Michael Grant et John Hazel – Marabout

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DANS L’UNIVERS DU TAUREAU… LE JARDIN

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME, 6.6.2 - LES MYTHES DU TAUREAU ET DE VENUS) par sylvietribut le 28-04-2013

Le jardin est un symbole du Paradis terrestre, du Cosmos, dont il est le centre, du Paradis céleste dont il est la figure, des états spirituels, qui correspondent aux séjours paradisiaques.

On sait que le Paradis terrestre de la Genèse était un jardin, qu’Adam « cultivait le jardin » ; ce qui correspond à la prédominance du règne du végétal au début d’une ère cyclique, tandis que la Jérusalem céleste de la fin sera une ville. Ce jardin d’Eden se situerait au Moyen-Orient, près de l’ancienne Mésopotamie, mais la Genèse ne livre que peu d’informations sur le jardin en lui-même. On sait que le jardin d’Eden abritait l’Arbre de la Vie, l’Arbre de la connaissance du bien et du mal, qui porte des fruits, des pommes selon la tradition orale, bien que le mot n’apparaisse à aucun endroit : en latin « poma » signifie « fruits » de manière plus général.

On a dit des jardins de la Rome antique qu’ils étaient les souvenirs d’un paradis perdu. Ils étaient aussi des images et des résumés du monde, ce que sont encore de nos jours, les célèbres jardins japonais et persans. Le jardin d’Extrême-Orient c’est le « monde en petit », mais c’est aussi la nature restaurée en son état originel, invitation à la restauration de la nature originelle de l’être.

L’Asie orientale connaît aussi les jardins paradisiaques : le Kouen-louen, centre du monde et porte du ciel, est orné de jardins suspendus qui ne sont pas sans évoquer ceux de Babylone, où coule une fontaine d’immortalité.

CLOITRE SAN LAZZARO DEGLI ARMENI - LAGUNE DE VENISE

Cloître San Lazzaro degli Armeni – Lagune de Venise

Le cloître des monastères, le jardin clos des maisons musulmanes, avec sa fontaine centrale, sont des images du Paradis. De ces jardins qui sont les états paradisiaques, il est dit, dans l’Islam, qu’Allah est le jardinier. Dieu lui-même est un jardin, écrit Saint Jean de la Croix.

La tradition kabbalistique traite aussi du Paradis comme d’un jardin qui fut ravagé par certains de ceux qui y entrèrent. Le Pardes est ici le domaine de la connaissance supérieure, les quatre consonnes du mot correspondant aux quatre grands fleuves de l’Eden et aux quatre sens hiérarchisés des Ecritures. Ces quatre fleuves étaient : Hiddekel, Euphrate, Pishon et Gihon. Si les deux premiers correspondent de l’avis général au Tigre et à l’Euphrate, l’identification des deux autres rivières n’est toujours pas résolue à ce jour. Les ravages du jardin consistent à couper les plantes, c’est-à-dire à séparer la végétation contingente de son Principe.

Les Egyptiens avaient aussi le goût des jardins, avec des massifs fleuris et des bassins. Ils en dessinaient sur les murs et sur le sol de leurs palais. Chaque fleur avait son langage : les baies de mandragores étaient symboles d’amour, les lotus aux pétales ouverts évoquaient la roue solaire, et leur enracinement dans les eaux la naissance du monde.

Les fêtes du mariage de Zeus/Jupiter et d’Héra/Junon se sont déroulées dans le merveilleux et mythique Jardin des Hespérides, symbole d’une fécondité toujours renaissante. Mais, pour les Grecs, le jardin est surtout un luxe, dont ils ont découvert le charme en Asie, lors des conquêtes d’Alexandre. Les Romains avaient poussé jusqu’aux raffinements les plus complexes, mêlant architecture, statues, escaliers, sources, grottes, fontaines et jets d’eaux aux charmes colorés d’une végétation obéissant aux lois et à la volonté de l’homme. Particulièrement sous la forme d’un quinconce régulier, le jardin se révélait ainsi comme un symbole de la puissance de l’homme et, en particulier, de son pouvoir sur une nature domestiquée. On peut transposer à des niveaux plus élevés et voir dans un jardin un symbole de culture opposée à la nature sauvage, du réfléchi au spontané, de l’ordre au désordre, de la conscience à l’inconscient.

LE TAPIS JARDIN D'ISFAHAN - IRAN

Tapis Jardin d’Isfahan – Iran

Cependant, c’est en Perse que le jardin prit une signification, non seulement, cosmique comme au Japon, mais aussi métaphysique et mystique. L’amour des jardins est le thème central de la vision du monde iranienne. Les recueils de poésie les plus célèbres s’intitulent la Roseraie, le Verger. Les thèmes musicaux sont souvent dédiés aux jardins. C’est une source perpétuelle de comparaison : la bien-aimée est comparée au cyprès, au jasmin, à la rose. Plusieurs grands poètes ont voulu être enterrés dans les jardins. C’est un thème apparenté à celui de l’oasis et de l’île : fraîcheur, ombrage, refuge. Dans les célèbres tapis persans, dits « au jardin », le champ est divisé par des canaux rectilignes où nagent des poissons. Ces canaux, qui se croisent à angles droits, circonscrivent des carrés remplis de fleurs et d’arbustes.

Dans les civilisations amérindiennes, le jardin était également conçu comme un résumé de l’univers. Mais chez les Aztèques il réunissait, non seulement ce qu’il y a de beau et d’exaltant dans le monde : fleurs, fontaines, montagnes, fleuves et chemins, mais aussi des êtres redoutables et jusqu’aux monstruosités de la nature.

Le jardin apparaît souvent dans les rêves, comme l’heureuse expression d’un désir pur de toute anxiété. Enfin, le jardin désigne assez souvent pour l’homme la partie sexuelle du corps féminins. Mais à travers cette allégorie du petit jardin paradisiaque, les chants religieux des mystiques, signifient beaucoup plus que le simple amour et son incarnation, ils cherchent et louent ardemment le centre le plus intime de l’âme.

SCENE DE JARDIN - XIVe SIECLE

Scène de jardin – Gravure du XIVe siècle

Bibliographie

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins.

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LA CONSTELLATION DU TAUREAU

(5.7 - CONSTELLATIONS ET ETOILES FIXES) par sylvietribut le 20-04-2013

Le Taureau est une constellation zodiacale très visible qui, dans le ciel boréal, culmine à minuit au début de décembre. Elle se trouve au nord-ouest d’Orion et abrite deux amas d’étoiles visibles à l’œil nu, les Pléiades et les Hyades, qui forment un groupe clairsemé autour d’Aldébaran (alpha Tauri, rouge pâle), l’Œil du Taureau » une étoile de magnitude 1. Proche de l’écliptique, Aldébaran était l’une des quatre étoiles royales qui, dans la course du Soleil, il y a 5 000 ans, marquaient les équinoxes et les solstices ; elle correspondait à l’équinoxe de printemps. Les autres étaient Antarès, dans le Scorpion marquant l’équinoxe d’automne, Régulus dans le Lion et le Solstice d’été, et Fomalhaut, dans le Verseau au solstice d’hiver.

LE TAUREAU

Constellation du Taureau

La silhouette, dans le ciel, ne représente que la partie avant du Taureau, dont la tête est baissée, comme s’il chargeait. La corne, la plus au nord, est marquée par une étoile blanche de magnitude 2, Al Nath (bêta Tauri).

Parce qu’elle coïncidait avec l’équinoxe de printemps entre 4000 et 1700 avant Jésus-Christ, l’époque où les Mésopotamiens fondèrent l’astronomie, la constellation du Taureau fut l’une des premières à être étudiée. Le symbole du Taureau est un thème récurrent, même dans la tradition hébraïque, où cet animal fut assimilé au bœuf.

Mithra sacrifiant le Taureau

Mithra sacrifiant le Taureau

En Perse, cette constellation représentait le taureau Mithra, le dieu qui allie la pureté et l’invincibilité du Soleil à un esprit guerrier et qui, comme tel, fut pris pour symbole par les légions romaines. En effet, le culte de Mithra était largement répandu à l’époque de l’Empire romain, et il fut l’un des rivaux du christianisme.

Chez les Grecs, le Taureau correspondait au mythe d’Europe, jeune fille très belle séduite par Zeus/Jupiter, métamorphosé en Taureau blanc. La petite princesse attacha une guirlande autour du cou de l’animal et, pour jouer, se jucha sur son dos. Zeus/Jupiter en profita pour l’enlever, et il l’emmena en Crète.

 EUROPE ENLEVEE PAR LE TAUREAU - PIECE GRECQUE DE 2 EUROS

Europe enlevée par le Taureau – Pièce grecque de 2 euros

Chez les Romains, le Taureau était consacré à Bacchus, dieu du Vin. Au cours des fêtes données en son honneur, des jeunes filles, représentant les Hyades et les Pléiades, entouraient un taureau couvert de fleurs.

Le premier de ces groupes d’étoiles, les Hyades, constituait la dix-neuvième Maison lunaire, Pi, dans la Chine ancienne. Son étoile principale était Epsilon Tauri, de magnitude 4. « Pi » signifie « filet », celui qu’on utilise pour attraper les oiseaux et les lapins ; Orion, sous la forme du guerrier Tsan, était prolongé de telle façon qu’il puisse lancer le filet de la main gauche. Dans la mythologie mésopotamienne, le roi Mardouk utilise les Hyades comme une arme du type boomerang. Cet amas stellaire fut également assimilé à l’os de mâchoire utilisé par Samson pour éliminer une multitude de Phéniciens. Les Aztèques, quant à eux, y voyaient une mâchoire de bœuf.

LES PLEIADES OU LES SEPT SOEURS 

Les Pléiades ou les Sept Sœurs et, dans le sens des aiguilles d’une montre : Mérope, Celaeno, Astérope, Maïa, Taygète, Alcyone  et, au centre, Electra

Les Pléiades se trouvent sur l’épaule du Taureau, au nord-ouest d’Aldébaran, à environ 15°. Ce bel amas de sept étoiles ressemble à une ourse en miniature et occupe une surface qui n’est plus grande que le disque de la pleine Lune. Il a depuis toujours fasciné les astronomes qui l’ont souvent considéré comme un ensemble indépendant. La plus brillante de ces étoiles est Alcyone, êta Tauri, jaune verdâtre, de magnitude 3.

Les anciens Grecs voyaient dans les Pléiades les sept sœurs, et l’on retrouve cette conception dans bien des civilisations ultérieures. Beaucoup de sources laissent entendre que l’une des sœurs s’était ternie, ce qui a conduit à l’idée d’une « sœur en pleurs ». Cependant, on n’a jamais pu établir avec certitude de quelle étoile il s’agissait.

Les Pléiades étaient la dix-huitième Maison lunaire chinoise, Mao ou « la crinière », l’une des plus anciennes du zodiaque chinois. En Chine, la crinière était un symbole de guerre et de tuerie, et elle était associée aux barbares et aux nomades. Dans la mythologie indienne, les Pléiades étaient connues sous le nom de « Flamme » et étaient, dans le Rigveda, dédiées à Agni, divinité du Feu. Elles étaient associées à la fête Divali, la fête des Lampes qui équivaut à la fête des Lanternes au Japon, qui a lieu en octobre-novembre. Les Pléiades sont présentes également dans les mythes des aborigènes australiens, qui voient en elles des jeunes filles cherchant à séduire des jeunes gens, eux-mêmes représentés par la ceinture d’étoiles d’Orion.

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Constellation du Taureau Al Sufi

Bibliographie

Le Langage secret des Etoiles et des Planètes – La clé des mystères de l’astronomie – Geoffrey Cornelius/Paul Devereux – Editions Solar, Paris.

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CONSTELLATION DU BELIER

(05 - PETIT COURS D'ASTROLOGIE, 5.7 - CONSTELLATIONS ET ETOILES FIXES) par sylvietribut le 17-04-2013

Le Bélier, en latin « Aries », culmine à minuit au mois d’octobre. Il se trouve à l’ouest des Pléiades et du Taureau, et au sud-ouest de Persée. Dans l’astronomie mésopotamienne du IIIe millénaire avant Jésus-Christ, ce groupe d’étoiles était déjà associé au bélier. Cependant, cette silhouette de bélier allongé sur la ligne de l’écliptique est difficile à distinguer, à l’exception du groupe de trois étoiles qui en dessinent la tête. L’étoile alpha, Hamal, jaune et de magnitude 2,2, est l’Etoile Corne ou l’œil du Bélier.

CONSTELLATION DU BELIER 

Constellation du Bélier

Première constellation zodiacale, le Bélier marquait l’équinoxe de printemps : le passage de l’équateur céleste par le premier point du Bélier, 2 000 ans avant notre ère. Il existe plusieurs temples, datant du milieu du IIe millénaire avant Jésus-Christ, orientés vers Hamal.

Dans la mythologie grecque, cette constellation représente la Toison d’or, qui fut tondue sur un bélier ailé, qui se trouvait dans le bois d’Arès/Mars, le dieu de la Guerre. Ce fut, on le sait, l’objet de la recherche de Jason, prince d’Iolcos en Thessalie. Le trône de son père, Eson, avait été usurpé par son oncle Pélias, qui avait promis de le céder à Jason si celui-ci réussissait à prendre la Toison d’or au roi de Colchide.

Le bélier avait été envoyé par Hermès/Mercure pour sauver les enfants du roi de Béotie, que leur belle-mère voulait assassiner. L’un des enfants fut tué durant la fuite, mais l’autre arriva sains et sauf en Colchide, monté sur l’animal, qu’il sacrifia pour remercier les dieux. Il donna sa toison au roi de Colchide, qui la fit garder par un dragon ne dormant jamais.

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La Toison d’or farouchement gardée par le dragon

Pour retrouver la Toison d’or, Jason rassembla un équipage, les Argonautes, et s’embarqua sur l’Argo. Quand le héros arriva en Colchide, le roi Aiètês accepta de lui remettre la Toison à condition qu’il mène à bien différentes tâches très difficiles. Jason réussit, mais le roi refusa de tenir parole. Cependant, Médée, la fille du roi, qui avait des pouvoirs magiques, charma le dragon. Jason prit la Toison d’or et repartit en Thessalie avec son trophée, et aussi avec Médée, qu’il épousa.

L’assimilation de cette constellation avec le dieu grec Arès se retrouve dans l’astrologie, qui en a fait le domicile de Mars, la planète étant identifiée à Arès. La constellation du Bélier a également été souvent dédiée à Athéna et à Zeus/Jupiter, et au « dieu inconnu » ; c’est là la clé d’une allusion claire que l’on trouve dans le sermon de saint Paul sur l’Aréopage, la colline d’Arès/Mars à Athènes comme l’évoque les Actes des Apôtres. Saint Paul remplace Zeus par son dieu quand il dit que nous sommes tous ses enfants. Son propos doit être comparé aux premières lignes, remarquables, des « Phénomènes, du poète Aratos, vers 315-245 avant Jésus-Christ : « C’est de Zeus que tous nous procédons ; à lui nous devons de ne pas être demeurés innomés. Pleins de Zeus sont les rues et les marchés des hommes ; pleins de Zeus sont les mers et les cieux ; toujours nous avons besoin de Zeus. Parce que nous sommes tous ses enfants ; parce que lui, dans sa bonté, a donné aux hommes les signes favorables et a éveillé le peuple au travail ».

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Bibliographie

Le langage secret des Etoiles et des Planètes – Geoffrey Cornelius/Paul Devereux – Editions Solar

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