DANS LA MYTHOLOGIE GEMEAUX… UN DIEU MALIN… MERCURE

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME, 6.6.3 - LES MYTHES DES GEMEAUX ET DE MERCURE) par sylvietribut le 29-05-2013

Il faut se souvenir de la naissance étonnante de ce jeune dieu irrespectueux. Sa mère, Maïa, l’a couché. Il vit depuis quelques heures à peine lorsqu’il sort de son berceau et va voler les bœufs qui appartiennent à Apollon, les cache dans une grotte en prenant soin d’effacer la trace de leurs sabots, ramasse une carapace de tortue pour en faire une lyre et regagne son berceau où il jouera les angelots endormis.

Apollon, lui, se rend compte de la disparition de son bétail. Il vient se plaindre à Maïa qui n’en croit pas ses oreilles lorsqu’il lui dit : « Ton fils m’a volé mes bœufs ». En toute bonne foi, elle affirme l’innocence de son fils.

Mercure-Hermès, et ce n’est pas un hasard, apparaît comme un dieu au double visage, à la double nature. Ailé, léger, ses « talaria » aux pieds, rapide comme le vent, il ne pèse pas sur ce sol qu’il parcourt pour porter les nouvelles, jouer les messagers et les intermédiaires. Il représente le « Trickster » des Jungiens, le joker du jeu de cartes, ludique par excellence, ingénieux et irrévérencieux. Malin, débrouillard et aérien.

mercure

Hermès/Mercure – Giambologna – Musée du Louvre

Certes Hermès le Grec et Mercure le Romain sont une seule et même figure, mais on « entend » leur nom d’une manière un peu différente.

Hermès, cette autre face de Mercure, a qualité d’initié, accompagnateur des âmes, mercure alchimique, médiateur de l’essentiel.

Mais les ambiguïtés ne manquent pas qui nous font passer le Mercure à Hermès et d’Hermès à Mercure. Hermès est un dieu aimable, serviable, plein d’une bonne volonté que rien ne décourage, venant en aide aux dieux comme aux mortels. Il mettra souvent Ulysse en garde contre divers dangers et notamment contre les pouvoirs de Circé la magicienne.

Apollon lui enseigne bien des choses. Il n’a point de rancune pour le jeune dieu qui lui a joué bien des tours dès le berceau et il a pardonné du vol du bétail qu’il lui a restitué contre la lyre fabriquée avec la tortue. Hermès amuse Apollon comme il amuse d’autres dieux, et parfois les irrite. Apollon lui enseigne les arts divinatoires. Les fées lui devront sans doute leur « baguette magique ».

MERCURE ET VENUS - VAN LOO - MUSEE DU PRADO - MADRID

Hermès/Mercure et Aphrodite/Vénus – Van Loo – Musée du Prado – Madrid

Dieu libre, impertinent, jamais servile, il agace les dieux parce qu’il leur vole des objets ou les leur cache. Il dérobera son épée à Arès/Mars, son trident à Poséidon/Neptune… Il vole ainsi à Aphrodite/Vénus une sandale et la lui rend que contre un odieux chantage : elle devra se donner à lui ! Mais on sait que les femmes pardonnent facilement aux hommes d’esprit et les déesses, sans doute, n’échappent pas à la règle. Hermès possède ce pouvoir et il en profite sans scrupule. De son union avec Aphrodite/Vénus naîtra Hermaphrodite, créature étrange à la fois mâle et femelle. Hermès ne peut rien faire comme les autres… pas même les enfants !

Hermaphrodite_Borghese

Hermaphrodite – Collection Borghèse – Musée du Louvre – Paris

Par ailleurs, il possède un exceptionnel sens de l’orientation et il montre le chemin à qui le lui demande. Ce qu’il enseigne n’est pas toujours très moral comme duper, truquer ses comptes. Il devrait être le patron des contribuables ! Ce n’est pas le plus scrupuleux des dieux mais, par-dessus tout, il a le goût du jeu.

L’autre visage du dieu nous montre l’émissaire auprès d’Hadès, l’habile négociateur, le diplomate. Psychopompe, c’est lui qui accompagne Orphée jusqu’aux Enfers lorsque celui-ci vient chercher, éperdu, sa jeune fiancée trop tôt ravie à son amour. De tous côtés, on le remercie, on le prie, on le fête. Et il fait songer à ces saints devant la statue desquels on accumule les ex-voto, pour un objet retrouvé, une guérison. Rien n’a changé.

Il court, comme le « furet du bois joli ». Et il va vite. On perçoit bien là sa maîtrise sur le signe des Gémeaux et ces Dioscures vainqueurs des Jeux olympiques. Mais il est aussi celui qu’on retrouve en Egypte sous les traits de Thot ou d’Anubis, guide des âmes. Comme le Grand Hermès, il assumera aussi le rôle d’inventeur des sciences et des arts, de la magie et de la philosophie qui portera son nom : l’hermétisme. Pour interpréter les rêves, c’est à lui qu’il convient de s’adresser.

LA NYMPHE MAIA

La nymphe Maïa

De qui est-il le fils ? De Maïa, violée par Zeus/Jupiter. Mais, selon Robert Graves, son nom évoquerait la pierre phallique ou la pierre de borne, sur les routes, au carrefour, pour guider le voyageur. Il accorderait l’éloquence, l’art du bien-parler… et même le succès aux concours ou aux examens. D’ailleurs, les beaux aspects de Mercure à Jupiter en portent souvent témoignage. Il aurait même inventé la géomancie et un jeu divinatoire avec des osselets. Peut-être ceux-là mêmes qu’on aperçoit aujourd’hui encore dans les musées étrusques de Toscane.

Robert Graves lui prête même l’invention d’un alphabet cunéiforme « qui aurait été introduit de Grèce en Egypte », puis en Béotie et en Italie. Hypothèse évidemment contestée par les spécialistes qui estiment que le premier alphabet aurait vu le jour en Egypte. Peut-être, dit-on encore, a-t-il existé un alphabet sacré et secret, conservé par les trois Parques. Hermès Trismégiste serait à la fois roi, prêtre et législateur, ou magistrat. Et la Table d’Emeraude contiendrait les trois parties de la philosophie du monde. « Il monte de la terre au Ciel et derechef il descend en terre et il reçoit la force des choses inférieures et supérieures ».

A Hermès encore, on prête bon nombre d’inventions ou de pratiques : les échelles musicales, l’astronomie, les poids et mesures, la culture de l’olivier, la gymnastique et la boxe. On retrouve, au moins dans ces deux dernières spécialités, la trace de nos Dioscures.

Une autre version, d’ailleurs, voudrait que les Dioscures soient nés non de Léda mais de Némésis « Vengeance divine », avec toujours Zeus/Jupiter pour père, qui aurait confié les œufs à Léda et d’où seraient nés Hélène, Castor et Pollux. On aurait alors perdu Clytemnestre en route.

LA LYRE D'ORPHEE

Bibliographie

Dieux et Héros du Zodiaque – Joëlle de Gravelaine – Robert Laffont Editeur

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LA SIBYLLE DE L’APENNIN AU CENTRE DE L’ITALIE

(6.3.2 - A l'étranger) par sylvietribut le 17-05-2013

La Sibylle de l’Apennin, connue également sous le nom d’Oracle de Norcia, n’est pas admise comme une sibylle classique, cependant elle jouissait certainement d’une renommée bien supérieure aux autres. Elle est le résultat d’un long processus qu’est la tradition orale de la civilisation de l’Apennin, depuis l’époque néoplatonicienne jusqu’à celle de l’astro-alchimie de la Renaissance, un curieux croisement entre le mythe gréco-romain et les légendes celtiques-médiévales.

Au XVIe siècle, l’évêque théologien Primo Gambinulenze pensait que la Sibylle de Norcia n’était autre qu’Emeria ou Cimmeria, la Sibylle italienne inspirée et non possédée qui avait un regard sur l’outre-tombe. Elle occupait la quatrième place dans la liste de  Marco Terenzio Varrone.

LA SIBYLLE DE L'APPENIN - ADOLFO DE CAROLIS - PALAZZO DEL GOVERNO D'ASCOLI PICENO

La Sibylle de l’Apennin – Adolfo de Carolis – Palazzo del Governo d’Ascoli Piceno – Marches Italiennes 

Son nom dérivait à la fois de « Cima » et de « Miniera » ce qui laisse à penser que la Sibylle vivait dans une cavité au sommet de la montagne. Le lien avec le monde de l’enfer et avec celui de la déesse Cyprum qui signifie « cavité », renforçait encore plus l’hypothèse que la Sibylle de l’Apennin aurait été la Sibylle Cimmeria évoquée dans la littérature latine, celle qui guida Enée et qu’évoquait Tarquinio Prisco le Sorti de Rome, connue des Sabins et des habitants du Piceno, dans les Marches italiennes, comme l’oracle de la Grande déesse ayant droit de vie et de mort et vénérée sur la montagne.

Cette sibylle de l’Apennin, dite aussi Sibylle Picena, ne fait pas partie des douze sibylles de l’époque classique dont parle Varrone, cependant les premières sources de cette Sibylle remontent au début de l’ère impériale.

Un des premiers écrits historiques se rapportant à la Sibylle de l’Apennin se trouve dans l’Histoire des Césars de Svetonio. Cet écrit date de 69, avant son arrivée à Rome. En 268, Trebellio Pollione dans son Histoire d’Auguste rapporte un épisode relatif à Claudio le Goth qui consultait son futur auprès d’un oracle dans les Apennins.

Avec l’arrivée du Christianisme, l’origine païenne de la Sibylle devint une représentation démoniaque, bien mise en évidence dans le roman chevaleresque « Il Guerrino Meschino », écrit par Andrea da Barberino. Ce récit se situe en 824. Un chevalier se rend près de la Grotte de la Sibylle sur les Monts Sibillini pour connaître l’identité de ses géniteurs, mais la Sibylle le retient, tentant de l’entraîner dans le péché ainsi qu’à renier Dieu. Cette interprétation infernale est progressivement transmise dans les versions successives du roman, tue dans la période de l’Inquisition et, comme celle publiée à Venise en 1785 où l’image de la Sibylle est remplacée par celle de la Magicienne Alcina.

LE PARADIS DE LA REINE SIBYLLE

Le Paradis de la Reine Sibylle par Antoine de La Sala

Cependant, la réputation de la Sibylle était telle qu’Agnès de Bourgogne envoie Antoine de La Sale visiter sa grotte le 18 mai 1420. De cette visite nacquit « Le Paradis de la Reine Sibylle », journal de voyage dans lequel il rapporta des dessins détaillés et des descriptions de la grotte.

Une des plus anciennes évocations de la légende de la Sibylle de l’Apennin, dont se sont inspirés, au XVe siècle, aussi bien Andrea da Barberino qu’Antoine de La Sale, naquit en Allemagne, à la fin du XIIIe siècle. C’est la légende du valeureux chevalier Tannhäuser qui se rendit dans les Monts Sibillini, appelé Venusberg ou « Mont de Vénus », où après être resté un an dans les bras de cette Vénus, se rendit chez le Pape Urbain IV pour obtenir l’absolution de ses péchés. Comme il n’obtint rien, il retourna dans les bras de sa très aimée Vénus. Dans l’épilogue final de la légende allemande, c’est le Pape qui sera condamné pour l’éternité. Cette variante allemande de la légende de la Sibylle de l’Apennin n’est autre que le triomphe d’Eros qui inspira à Wagner son Tannhäuser.

Pourtant, selon la tradition locale, la Sibylle était une bonne fée, bienveillante et inspirante, et non la perfide et démoniaque secondée par ses suivantes que le Christianisme chercha à dénigrer. Au contraire, elle descendait dans les vallées enseigner à filer et à tisser la laine aux jeunes filles de la région.

PAN

Le dieu Pan, sa flûte et ses sabots de bouc 

Une autre version de la tradition locale affirme que la Sibylle et ses suivantes étaient de très belles femmes mais que leurs pieds étaient des sabots de chèvres qui, la nuit, fréquentaient les fêtes et les bals des villages, mais qui devaient retrouver les montagnes avant l’aube, d’où leur départ précipité. Il se raconte que l’une d’entre elles s’étant un peu attardée, se perdit dans une faille à 2 000 mètres sur le Mont Vettore. Cette légende est rapportée dans la « Route des Fées ». On imagine très bien, qu’après la fin de l’Antiquité, et pour mieux les paganiser, on assimila la Sibylle et ses suivantes au cortège du dieu Pan, créature de la mythologie, qu’on fit appartenir au cortège du diable.

Une autre légende évoque la Reine Sibylle et ses fées comme de très belles femmes mais qui se transformaient chaque fin de semaine en serpents, ce qui dans la tradition celtique est symbole de fertilité et de guérison, à cause du phénomène de mue de la peau de ces animaux.

Toujours selon la tradition locale, ce fut la Sibylle qui fit pleuvoir sur l’antique village de Colfiorito une pluie de pierres pour punir ses habitants pour leur manque de respect à l’égard de ses suivantes. Les habitants abandonnèrent la localité, mais par la suite un peuple nomade Onfondit un nouveau bourg qui fut appelé Pretare, se liant fortement d’amitié avec les fées elles-mêmes 

GROTTE DE LA SIBYLLE DE L'APENNIN

L’entrée de la grotte de la Sibylle de l’Apennin

C’est un fait que l’histoire de la Sibylle est intrinsèquement liée aux traditions populaires et légendaires de la montagne, semblant attester la présence de l’oracle de la Sibylle de l’Apennin et notamment dans le massif du Mont Vettore et du Mont Sibillini qui appartenaient à la cour de la Sibylle de l’Apennin, avec sa demeure à l’intérieur d’une grotte.

Si vous vous promenez dans les Monts Sibillini vous trouverez de nombreux lieux qui évoquent le passage de la Sibylle, de ses légendes et de ses fées. Il y a bien sûr la grotte de la Sibylle ou « grotta della Sibilla », mais il y a aussi la fontaine des fées ou « fonti delle fate », les sentiers des fées ou « sentieri delle fate » et même la route des fées ou « strada delle fate ». 

CASSANDE DE TROIE

Cassandre de Troie

Dans le monde des symboles, Sibylle était le nom donné à des prophétesses légendaires. La plus célèbre fut la Troyenne Cassandre dont Apollon fut très épris. Il lui accorda le don de prophétie, mais comme elle se refusait à lui, il fit considérer comme fausses toutes les prophéties qu’elle formulerait. Les Sibylles de Delphes, d’Erythrée, de Cumes furent parmi les plus réputées de l’Antiquité.

On donnait le nom de Pythie, en liaison avec le serpent Python, à la Sibylle qui, assise sur le trépied, prophétisait à Delphes au nom d’Apollon. Elle devait être vierge ou tout au moins, dès sa désignation, vivre dans la chasteté absolue et la solitude comme épouse de Dieu.

Mais quelle est la différence entre la Pythie et la Sibylle ?

La Pythie avait un statut institutionnel. Elle était associée au sanctuaire de Delphes. La Sibylle donnait une divination occasionnelle, indépendante et nomade.

La Pythie n’est que le porte-parole du dieu. Elle répondait aux questions qui lui étaient adressées, alors que la Sibylle parlait à la première personne. Elle revendiquait l’originalité de sa prophétie et le caractère indépendant de ses réponses.

LA PYTHIE DE DELPHES

La Pythie de Delphes

La Pythie était représentée comme une jeune femme car à l’origine, c’était une jeune fille vierge, alors que la Sibylle est mûre sinon vieille.

Enfin, la Pythie apparut en Grèce après la première Sibylle, Hérophile. Les Sibylles étaient à l’origine les servantes de la grande déesse Cybèle. Elles étaient venues de Pessinonte en Asie Mineure au VIIIe siècle avant Jésus-Christ.

Et puis, malgré certaines images poétiques, celles de Lucain et de Virgile, la Pythie était plutôt posée, même si elle entrait en transe, alors que la Sibylle « disait l’avenir d’une bouche délirante, dans le sens d’hermétique ou à la signification ambiguë, nécessitant la possession de clés ou de capacités analytiques de décryptage.

Dans la mythologie grecque, la Sibylle est une prêtresse d’Apollon, le dieu de la divination et de la prophétie. Elle le faisait dans un langage énigmatique permettant de nombreuses interprétations, ce qui la mettait à l’abri de toute contestation ultérieure. Fameuse est sa prophétie orale pour un soldat « Ibis redibis non morieris in bello ». Si une virgule est placée avant le « non », la phrase devient : « Tu iras, tu reviendras, tu ne mourras pas en guerre ». Mais si la virgule est placée après le          « non », la phrase devient : « Tu iras, tu ne reviendras pas, tu mourras en guerre ». De cette pratique et de l’ambiguïté des apparences, nous tenons le qualificatif         « sibyllin » dont on qualifie les écrits ou les paroles obscures, énigmatiques, mystérieuses ou à double sens. 

LA SIBYLLE TIBURTINA - FRESQUE DE L'EGLISE SAINT-JEAN-L'EVANGELISTE DE TIVOLI - PROVINCE DE ROME - 1483

La Sibylle Tiburtina – Fresque de l’Eglise Saint-Jean-l’Evangéliste de Tivoli – Province de Rome – 1483

La Sibylle symbolise l’être humain élevé à une condition transnaturelle, qui lui permet de communiquer avec le divin et d’en livrer les messages ; c’est le possédé, le prophète, l’écho des oracles, l’instrument de la révélation. Les sibylles furent même considérées comme des émanations de la sagesse divine, aussi vieilles que le monde, et dépositaires de la révélation primitive : elles seraient à ce titre un symbole de la révélation. Aussi n’a-t-on pas manqué de rapprocher le nombre des douze sibylles de celui des douze apôtres et de peindre ou de sculpter leurs effigies dans des églises. Les vitraux de la collégiale Notre-Dame-du-Fort à Etampes, dans le département de l’Essonne près de Paris, représentent chacune des douze Sibylles.

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La chaîne des Monts Sibillini depuis Montemonaco

Les Monts Sibillini sont un petit groupe de montagnes de l’Italie centrale faisant partie de la chaîne des Apennins. Ils se situent dans les provinces d’Ascoli Piceno, Fermo et Macerata dans les Marches et Perugia à la frontière du côté Est de l’Ombrie. La plupart des sommets des Monts Sibillini ont une altitude supérieure à 2 000 mètres. Le point culminant est Monte Vettore (2 553 mètres). Au cœur d’une profonde vallée en forme de U, juste en-dessous de Monte Vettore, on trouve le petit lac de Pilate. Il abrite une faune riche parmi laquelle on trouve un petit crustacé nommé « chirocéphale de Marchesoni », crustacé qu’on ne trouve nulle part ailleurs. La végétation est à feuilles caduques, en basse altitude. Alors qu’en moyenne altitude, on trouve des peuplements de hêtres et des zones de pâturages. Depuis 1993, le domaine fait partie du Parc National des Monts Sibillini. 

LA SIBYLLE - MICHEL ANGE - CHAPELLE SIXTINE - VATICAN - ROME 

La Sibylle – Michel-Ange – Chapelle Sixtine – Vatican – Rome

Bibliographie

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins 

 

 

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DANS LA SYMBOLIQUE DU TAUREAU… LE BUFFLE

(09 - LES ANIMAUX DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 08-05-2013

Le bœuf et plus encore le buffle, auxiliaires précieux de l’homme, sont respectés dans toute l’Asie orientale. Ils servent de monture aux sages, particulièrement à Lao-Tseu dans son voyage vers les marches de l’ouest. Il y a en effet, dans l’attitude de ces animaux, un aspect de douceur et de détachement, qui évoque la contemplation.

LAO TSEU SUR SON BUFFLE

Lao-Tseu sur son buffle

Contrairement au taureau, le bœuf est un symbole de bonté, de calme, de force paisible, de puissance de travail et de sacrifice, comme il est décrit à propos du bœuf de la vision d’Ezéchiel et de l’Apocalypse, bien que ce bœuf était peut-être en fait un taureau. Ce sont certains aspects symboliques et leurs interprétations qui les distinguent. La tête de bœuf de l’empereur Chennong, inventeur de l’agriculture, celle de Tche-Yeou paraissent être aussi bien des têtes de Taureau. Le bœuf Apis de Memphis, hypostase de Ptah et d’Osiris, n’est-il pas lui-même un taureau ? En fait, le même mot désignait tous les bovidés. A cet égard, son caractère lunaire n’est pas déterminant.

Les bœufs statufiés sont fréquents dans les temples de Shinto’. Mais dans la Chine ancienne, un bœuf de terre figurait le froid qu’on expulsait au printemps, en vue de favoriser le renouveau de la nature. C’est un emblème typiquement yin.

Ainsi, les gouverneurs locaux organisaient des activités pour encourager les paysans à accueillir le printemps en « fouettant le buffle du printemps ». Une estampe de ce Buffle du Printemps était souvent affichée au début de la saison, première des vingt-quatre périodes de l’année solaire. En fait, les paysans l’utilisaient pour ses indications météorologiques. Ainsi, si le début du printemps tombait au douzième mois de l’année, l’enfant représenté se trouvait devant le buffle indiquant que le printemps viendrait plus tôt que d’habitude. Alors que si la date du printemps arrivait au premier mois de l’année, l’enfant se trouvait derrière le buffle, signalant que la terre resterait gelée plus longtemps que de coutume et que les semailles devraient avoir lieu après cette date. Enfin, si l’enfant avait un pied nu, c’était l’indication que les conditions météorologiques apporteraient de bonnes récoltes.

BUFFLES - PISANELLO - 1420-1440 - MUSEE DU LOUVRE 

Les buffles de Pisanello – Musée du Louvre – 1420-1440

Le buffle est plus rustique, plus lourd, plus sauvage. L’iconographie hindoue en fait la monture et l’emblème de Yama, divinité de la mort. Au Tibet également, l’esprit de la mort possède une tête de buffle. Cependant, le Bodhisattva Manjushri, destructeur de la mort, chez les Gelugpa, secte des Bonnets jaunes, est lui-même représenté avec une tête de buffle.

Il se peut que le buffle qui affectionne les marécages, soit en rapport avec l’humidité et soit vaincu par le soleil et la sécheresse. En fait, un buffle est parfois sacrifié en Inde à la fin de la saison des pluies.

BUFFLE A ROULETTES - JOUET D'ENFANT EN TERRE CUITE - GRANDE GRECE EPOQUE ARCHAIQUE - MUSEE DU LOUVRE

Buffle à roulettes – Jouet d’enfant en terre cuite – Grande Grèce époque archaïque – Musée du Louvre – Paris

Chez les populations montagnardes du Vietnam, pour lesquelles le sacrifice du buffle est l’acte religieux essentiel, cet animal est respecté à l’égal d’un humain. Sa mise à mort rituelle en fait l’envoyé, l’intercesseur de la communauté auprès des Esprits supérieurs.

 PETIT OISEAU PAS CONTENT DU COUP DE LANGUE DU BUFFLE

Bibliographie

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

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LES ETOILES FIXES

(5.7 - CONSTELLATIONS ET ETOILES FIXES) par sylvietribut le 05-05-2013

C’est une expression courante aussi bien pour les astrologues que pour les astronomes. Cependant, elle est peu exacte puisque ces astres, lumineux par eux-mêmes, sortes de soleils gisant dans l’espace à des distances considérables, se déplacent à des vitesses comparables à celles des planètes de notre système solaire. C’est leur éloignement, rendant leurs déplacements angulaires très faibles, qui nous les fait paraître immobiles.

Dès l’origine de l’astrologie, on leur a accordé de l’importance, aussi bien en astrologie généthliaque qu’en astrologie mondiale. Hipparque fut le premier qui ait établi, vers 130 avant Jésus-Christ, une liste de ces corps célestes. Il en a recensé plusieurs centaines, dont les noms figurent dans l’Almageste de Ptolémée. Le catalogue de Lalande, qui a servi de base à celui de l’Observatoire de Paris, en contient 47 390. Sur ce nombre, une centaine à peine sont quelquefois prises en considération dans l’établissement des thèmes.

UNIVERSUM - CAMILLE FLAMMARION

Universum – Camille Flammarion – 1888

La position des principales étoiles est portée sur la carte du ciel d’après leur longitude et leur déclinaison. Dans le cas où l’une d’elles se trouve en conjonction avec une planète, leurs effets se renforcent mutuellement. Lorsqu’elle est isolée, il faut, pour que son action soit sensible, qu’elle soit située en position angulaire, c’est-à-dire à l’Ascendant, au Milieu du Ciel ou aux pointes des Maisons IV ou VII. Les domaines régis par ces Maisons déterminent le champ d’action de l’étoile : personnalité pour l’Ascendant, existence professionnelle pour le Milieu du Ciel, postérité pour la Maison IV et la vie conjugale pour la Maison VII.

D’après une tradition qui s’est constituée à la suite des travaux de Ptolémée, Fludd, Alvidas et Robson, on admet que chaque étoile fixe partage la nature d’une ou de plusieurs planètes par le canal desquelles son influence s’exerce : « Ainsi, une étoile de la nature de Mars pourra signifier de grands dangers si Mars gouverne la Maison VIII ou des inimitiés dangereuses et occultes s’il gouverne la Maison XII, la ruine par incendie si Mars gouverne la Maison II en signe de Feu, ou par un désastre aérien, maritime ou terrestre si Mars est en signe d’Air, d’Eau ou de Terre et si, bien sûr, le reste du thème tolère ces interprétations. Il faut, en effet, se rappeler qu’on ne fait pas de l’astrologie à coups d’aphorismes. Mais des considérations de ce genre permettent de préciser certains détails » – André Boudineau, in Almanach Chacornac, 1964.

Les étoiles fixes n’ont plus la même faveur auprès des astrologues qu’autrefois. Certains les négligent même totalement en établissant leurs thèmes courants et ne s’y réfèrent que pour des travaux historiques, comme l’affinement de l’horoscope d’un homme célèbre, considérant qu’elles n’ont une importance que sur des destinées exemplaires, d’ailleurs dans un sens bénéfique.

A suivre… Bientôt je publierai les tableaux des étoiles fixes les plus importantes, avec leur longitude, leur nature et une interprétation succincte. Vous pourrez ainsi les rapprocher de votre propre thème.

LES ETOILES FIXES - BIBLIOTHEQUE NATIONALE DE FRANCE - SOURCE GALLICA BNF.FR 

Bibliographie

Dictionnaire de l’astrologie – Jean-Louis Brau – Librairie Larousse

Dictionnaire astrologique d’Henri Gouchon

 

 

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