UNE DEESSE VIERGE… ATHENA

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME, 6.6.6 - LES MYTHES DE LA VIERGE ET DE MERCURE) par sylvietribut le 30-08-2013

Athéna fait partie des douze grands Olympiens. Elle est la fille de Zeus/Jupiter. C’était la déesse de la guerre, ainsi que de diverses disciplines et arts. Elle était la patronne des villes et avait des temples dans la plupart des grandes cités grecques. Athéna resta vierge, mais contrairement à Artémis, elle ne fuyait pas les hommes. Elle aimait les actions viriles et se joignait aux guerriers sur le champ de bataille. Son animal favori était la chouette, symbole de sagesse. Elle fut identifiée par les Romains à Minerve, la déesse de la Famille et des Artisans.

ATHENA-MINERVE par Charles Lebrun XVIIe

Athéna – Charles Le Brun – XVIIe siècle

Dans l’art et la littérature, Athéna apparaît revêtue de son armure, d’un casque, d’un bouclier rond et d’une lance ; sur sa poitrine, elle porte l’égide, cuirasse en peau de chèvre, ornée de glands. Sur son bouclier est peinte la tête de la Gorgone, et sa chouette est souvent perchée sur son épaule.

Lorsqu’à la demande de Mercure, Héphaïstos fendit le crâne de Zeus, Athéna en jaillit déjà adulte, toute armée et prête pour la bataille. Il existe plusieurs explications de sa « naissance ». D’après la plus connue, Zeus avait convaincu la Titanide Métis, la Prudence, de l’épouser. C’était Métis qui avait fait vomis Cronos/ Saturne, le père de Zeus, délivrant ainsi ses frères et sœurs, et notamment Poséidon/Neptune et Hadès/ Pluton. Quand Métis fut enceinte, Gaia et Ouranos, ou bien Prométhée, avertirent Zeus que si Métis avait un second enfant, celui-ci serait plus puissant que son père et qu’il règnerait sur le ciel et la terre. Pour éviter cela, Zeus avala Métis enceinte.

METIS - MUSEE DU LOUVRE

Métis – Musée du Louvre

Selon une autre version, Zeus désirait bénéficier de la sagesse de Métis sans encourir le risque d’avoir un fils qui le supplanterait. Il la poursuivit amoureusement, sachant que pour lui échapper, elle changerait de forme, car elle voulait rester vierge. Lorsqu’elle prit la forme d’une mouche, Zeus l’avala. En fin de compte, Métis fut délivrée dans la tête de Zeus, d’où Athéna émergea par la suite.

L’épithète « Tritogeneia », de sens inconnu, est à l’origine de la croyance selon laquelle Athéna vit le jour au bord d’un lac ou d’un fleuve nommé Trito, ou Tritonis, comme il en existait en Béotie, en Arcadie et en Libye. D’autres disent qu’Athéna fut élevée par leur fondateur, Alalcoménée, car leur ville était voisine d’un fleuve nommé Tritonis.

Athéna accorda son aide à de nombreux héros, comme Persée, Bellérophon, Héraclès, Jason, Diomède et Ulysse. Elle fut la protectrice la plus convaincue des Grecs à Troie. Elle aida Persée parce qu’elle voulait la mort de la belle Gorgone Méduse qui l’avait offensée. Et c’est ainsi qu’elle donna à cette dernière une apparence si repoussante qu’elle transformait en pierre tous ceux qu’elle regardait. Lorsque Persée offrit au roi Polydectès de lui rapporter la tête de la Gorgone, Athéna lui fit présent des sandales ailées, de la besace et du casque qui rendait invisible, objets dont il avait besoin pour la vaincre. Une fois que Persée eut accompli cette tâche, il donna la tête coupée à la déesse qui la fixa sur son bouclier.

Le plus célèbre sanctuaire d’Athéna était le Parthénon à Athènes. Elle n’obtient pas Athènes sans mal car Poséidon/Neptune en revendiquait aussi la souveraineté. On les fit concourir et Poséidon fit jaillir une source d’eau salée sur l’Acropole. Athéna fit alors pousser un olivier. Les Athéniens décidèrent que le dernier don était le plus utile et préférèrent la déesse au dieu. Poséidon/Neptune, dans sa colère, inonda l’Attique, mais comme les Athéniens l’honoraient tout de suite après Athéna, il s’adoucit et accorda sa protection à la ville.

Ancient Treasures Of Afghanistan

Athéna et l’égide

Avant la guerre, Athéna était honorée à Troie sous la forme d’une statue de bois appelée le Palladion, qui était tombée du ciel. La citadelle était réputée invincible tant qu’elle possédait l’idole. C’est pourquoi les Grecs, sur les conseils, d’Hélénos, un devin troyen qu’ils avaient capturé, décidèrent de voler la statue ; Diomède et Ulysse s’introduisirent la nuit dans Troie et, avec l’aide d’Hélène, l’enlevèrent.

Athéna avait un autre sanctuaire à Troie ; c’est là qu’Ajax, le fils d’Oïlée, viola Cassandre qui s’agrippait à la statue de la déesse. Ajax, par sa violence, fit tomber la statue qui, à ce moment, détourna les yeux de l’acte outrageux. Après cela, Athéna retira sa protection aux Grecs, à l’exception d’Ulysse qu’il aimait profondément et qu’elle aida à revenir chez lui à Ithaque, dix ans plus tard, il est vrai, mais ce retard avait été causé par l’hostilité de Poséidon/Neptune.

Cassandre

Cassandre violée par Ajax dans le temple d’Athéna

L’épithète d’Athéna Pallas a une origine obscure. Il se peut que la déesse ait pris le nom du géant Pallas, qu’elle avait tué lors de la guerre entre les dieux et les Géants. Selon une légende, aussi, la déesse, encore jeune, avait tué accidentellement l’une de ses compagnes de jeux, nommée Pallas, et elle aurait pris son nom en souvenir d’elle. Mais on explique souvent cette épithète comme l’appellation originale de la vieille déesse guerrière qui était honorée à Mycènes avant Athéna. De plus, les parentés entre Athéna et Athènes sont confimées par les légendes d’Erichtonios et du jugement d’Oreste. La première, assez cru, raconte comment Héphaïstos poursuivit Athéna et tenta de la violer. La déesse-guerrière le repoussa avec succès, et la semence du dieu féconda la terre, d’où naquit plus tard Erichtonios, qui se traduit par « né de la terre ». La déesse le confia aux filles du roi Cécrops, après l’avoir enfermé dans un coffre qu’elle interdit d’ouvrir. Cependant, deux des filles furent incapables de résister à leur curiosité et regardèrent à la dérobée dans le coffre ; elles virent un serpent, ou un enfant avec une queue de serpent, ou encore un serpent lové autour de l’enfant. Devant ce spectacle, elles se jetèrent du haut de l’Acropole. La déesse reprit le petit être, et l’éleva dans son sanctuaire. Plus tard, il devint roi d’Athènes.

ORESTE POURSUIVI PAR LES ERINYES - William-Adolphe_Bouguereau

Oreste poursuivi par les Erinyes

Oreste, poursuivi sur toute la surface de la terre par les Erinyes, après le meurtre de sa mère Clytemnestre, arriva à Athènes. Là, Athéna le prit sous sa protection, établissant ainsi les traditions athéniennes du jugement par jury, et de l’hospitalité envers les étrangers. Elle réunit le tribunal de l’Aréopage pour qu’il soit jugé et, les suffrages étant égaux, elle fit pencher la balance en sa faveur. De ce fait, les Erinyes furent honorées à Athènes sous le nom d’Euménides, les Bienveillantes. Alors qu’Oreste et Iphigénie étaient sur le point de périr, dans la péninsule de Tauride, la Crimée d’aujourd’hui, Athéna les sauva une fois de plus.

Athéna et Arès/Mars sont tous deux des divinités guerrières, mais ils diffèrent sur un point ; les Grecs, et tout particulièrement Homère, ont une préférence pour la déesse qui symbolise la force intelligente et la stratégie, et s’oppose à la force brutale d’Arès/Mars. Dans l’Iliade, elle s’opposait constamment à lui et, un jour, elle combattit aux côtés de Diomède, contre lui. Elle guida la lance qui alla frapper le ventre d’Arès, faisant fuir piteusement le dieu du champ de bataille. Zeus aimait aussi profondément Athéna qu’il haïssait Arès/Mars.

Pallas/Athéna c’est aussi la Minerve romaine et bien avant encore la « Menerva » étrusque qui, à l’instar d’Athéna, portait le hibou, oiseau de sagesse, sur son épaule et le rameau d’olivier à la main. Minerve apparaît comme moins guerrière, moins masculine qu’Athéna, déesse civilisatrice par excellence. Par ailleurs, comme Héphaïstos, Athéna deviendra patronne de la forge et de tous les arts mécaniques. Elle n’aimait pas les hommes, comment auraient-ils pu rivaliser avec le père qu’elle avait ? Athéna éconduisait donc brutalement ceux qui osaient la courtiser ou même la regarder dévêtue. Tirésias qui l’avait aperçue par accident en perdit la vue, mais non le don de double vue…

Athéna personnifie la sagesse, ce qui ne serait pas pensable si elle était fille de sa mère, dont on sait d’ailleurs peu de chose. Aux yeux des Grecs, il n’y a de sagesse que masculine. Athéna conseille les dieux, intervient dans les conflits, apporte son aide, toujours efficace, aux héros qu’elle estime ou qui lui sont exceptionnellement dévoués. De sa facette féminine subsistent quelques fonctions : quelques inventions qui serviront aux progrès de l’agriculture, comme celle de la charrue, du râteau, du joug, en imaginait-elle l’usage conjugal, elle, protectrice de la famille, du mariage, et très attachée à la fidélité des époux, ce qui peut surprendre vu le comportement de son père.

LE TRIOMPHE DE MINERVA - FRANCESCO DEL COSSA - PALAZZO SCHIFANOIA - FERRARA

Le triomphe d’Athéna – Francesco del Cossa – Palazzo Schifanoia – Ferrara

Athéna enseignera aux femmes le tissage et ne supportera pas la concurrence dans ce domaine. Celle qu’elle transforma en araignée, son animal exécré, en sut quelque chose. Elle leur apporta encore la poterie et leur enseigna l’art des travaux domestiques, voilà qui la renvoie dans le camp de la Vierge sage, ainsi que ses talents particuliers en matière de santé et de guérison, qui plus encore évoquent ici les dons thérapeutiques de la Vierge/Maison VI. Athéna n’a-t-elle pas, d’ailleurs, enseigné à Asclépios, dieu de la médecine, peut-être aussi à Erichtonios, à ressusciter les morts grâce au sang de Méduse.

L’image habituellement donné à la sage déesse était de nature à l’entourer de fidèles : « Protectrice des hauts lieux, acropoles, palais, villes » et « inspiratrice des arts civils, agricoles, domestiques, militaires »… Que reste-t-il aux autres ?

Industrieuse, active, intelligente, ingénieuse, Athéna possède toutes les vertus et illustre la dimension la plus élaborée du signe de la Vierge. Certains l’ont assimilée à la déesse égyptienne Neith, notamment Platon. Mais sans doute a-t-elle réuni sur sa seule personne des mythes très archaïques, à la fois guerriers et civilisateurs, qui font d’elle aussi, à l’origine, une Déesse Mère, porteuse, comme Ishtar, d’une double nature : tantôt Walkyrie, tantôt démétérienne. Mais elle semble aussi incarner l’idéal grec de raison, de mesure et de sagesse auquel la plupart des déesses « nées d’une mère » ne pouvaient prétendre.

LA CHOUETTE DE PALLAS ATHENA

La petite chouette d’Athéna

Bibliographie

Dictionnaire de la Mythologie – Michael Grant & John Hazel – Marabout

Dieux et Héros du Zodiaque – Joëlle de Gravelaine – Robert Laffont Editeur

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LES DUALITES DE MERCURE

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME, 5.3.3 - MERCURE, 6.6.3 - LES MYTHES DES GEMEAUX ET DE MERCURE) par sylvietribut le 27-08-2013

Mercure, dont le diamètre représente moins de la moitié de celui de la Terre, est la plus petite des planètes inférieures. C’est aussi la plus proche du Soleil, elle en est séparée par 58 millions de kilomètres. Vu de la Terre, Mercure ne s’écarte jamais de plus de 28° du Soleil, et son mouvement orbital, qui dure 88 jours, semble aller vers l’arrière, puis vers l’avant, qui correspond au mouvement rétrograde ; comme si la planète escortait l’astre du jour et c’est ce qui a valu à Mercure d’être considéré comme un héraut ou un messager par la mythologie. Cette planète est si proche du Soleil qu’elle est difficilement observable à l’œil nu, sinon brièvement, au début de l’été ou de l’automne, au moment du lever ou du coucher du Soleil. 

LA PLANETE MERCURE

La planète Mercure

Ce mouvement de rétrogradation est l’un des aspects les plus étonnants du mouvement des planètes et cette boucle que beaucoup d’entre elles accomplissent quand elles viennent en situation de conjonction inférieure ou d’opposition. Ce phénomène est évidemment une illusion d’optique, due au mouvement propre de la Terre.

Entre 1924 et 1929, l’astronome Eugène Antoniadi a observé en détail Mercure. Avec un télescope géant, il a distingué des zones sombres sur la surface de la plante, auxquelles il a donné des noms empruntés aux mythologies grecque et égyptienne : Apollonia, Horarum, Aurora. Selon lui, il s’agissait de vastes régions obscures, aussi mystérieuses et séduisantes que les personnages dont il avait emprunté les noms. Malheureusement, des observations ultérieures, plus précises, ont montré que ces fameuses zones n’existaient pas.

Pour les prêtres-astrologues de l’ancienne Mésopotamie, Mercure était le dieu Nabou, et on célébrait un culte en son honneur, essentiellement dans la ville de Barsippa, située à quelques kilomètres au sud de Babylone. Peu d’éléments concernant Nabou nous sont parvenus, mais on sait tout de même que, vers 1000 avant Jésus-Christ, il a remplacé une ancienne déesse sumérienne, Nisaba ou Nidaba, la patronne des scribes. Il est le fils de Mardouk, l’équivalent de Jupiter, et on considérait que toute variation de l’aspect de la planète Mercure laissait présager quelque changement pour le fils du roi, le prince héritier. Le septième jour des fêtes du Printemps, marquant le nouvel an en Mésopotamie, Nabou délivrait Mardouk de sa captivité, ce qui symbolisait la restauration de l’autorité et de l’ordre pour l’année à venir. Le onzième jour, les dieux se réunissaient pour décider du destin du monde, tandis que Nabou enregistrait leur jugement.

Les Sumériens croyaient aussi que Nabou avait le pouvoir de faire tomber la pluie, sans doute parce qu’il était censé avoir une action bénéfique sur les récoltes. C’est peut-être à partir de ces croyances que les Grecs et les Romains de l’Antiquité ont associé Mercure aux activités commerciales. Plusieurs langues européennes ont conservé la racine latine de « Mercurius » dans des mots tels que « marchand » et « commerce ». Selon Jules César, c’était le dieu le plus célébré en Gaule et en Angleterre.

Mercure2 

Mercure, Maître des Gémeaux et de la Vierge, tenant dans sa main droite une bourse, symbole du commerce et dans sa main gauche le caducée, baguette magique faite de deux serpents entrelacés, symbole de paix et ayant un pouvoir de guérison – Dans la partie inférieure du tableau ceux que Mercure protège : les voyageurs, les moissonneurs et les marchands – Illustration extraite de De Sphaera – XVe siècle

Le dieu Mercure est l’équivalent romain du dieu grec Hermès. A l’origine, c’était le dieu de la Fécondité et celui des Voyageurs. Le nom « Hermès » signifie littéralement « celui du tas de pierres » : ce dieu était en effet honoré par des empilements de pierres placés sur le bord des routes, et chaque voyageur ajoutait la sienne, tradition qui se perpétue encore dans les randonnées et l’escalade. En outre, ce dieu guidait l’âme des morts vers le monde souterrain. Il portait un couvre-chef qui le rendait invisible et faisait de lui le messager des dieux.

MERCURE VOLANT LE TROUPEAU D'APOLLON - LORRAIN

Mercure volant le troupeau d’Apollon par C. Lorrain

La nature divine d’Hermès-Mercure a été établie dès sa naissance. Ce jour-là, avant midi, il inventa la lyre, et à la fin du jour, comme pour montrer son habileté à jouer des tours, il vola le bétail de son frère Apollon. Ayant séparé du troupeau cinquante génisses, il les conduisit, à la nuit tombée, en bas de la montagne. Pour modifier les traces de leur passage, il les fit marcher à reculons et chaussa d’énormes sandales pour déguiser ses propres traces de pas. Apollon en conçut de la colère, mais Zeus/Jupiter fut charmé par l’intelligence de l’enfant dont il fit son échanson. Dans certaines des représentations plus anciennes, Hermès a l’aspect d’un vieil homme portant une longue barbe, alors qu’à l’époque grecque classique c’était un beau jeune homme. En astrologie, il est souvent décrit comme l’incarnation des deux sexes, l’hermaphrodite.

MERCURE

Parfois Mercure porte un couvre-chef ailé, parfois les ailettes sont aux pieds

Un élément important de l’histoire de Mercure a son origine en Egypte. Dans le monde hellénique les derniers siècles qui ont précédé la naissance de Jésus-Christ, l’assimilation de Mercure au dieu égyptien Thot était très largement admise. Cependant, à l’époque des premières dynasties, environ 3 000 ans avant Jésus-Christ, Thot était un dieu lunaire, doté de beaucoup des attributs caractéristiques de Mercure. Il était l’inventeur des sciences, en particulier de l’écriture, et le dieu de la Médecine. Comme Hermès, il assurait en même temps les fonctions de messager et de scribe des dieux. Ce glissement des attributions, de la Lune à Mercure, illustre l’assimilation culturelle qui s’est effectuée, sous l’influence grecque, au cours du IVe siècle avant Jésus-Christ. A partir de cette époque, Mercure tend à être appelé Hermès Trismégiste, et ce nom, qui est en même temps un symbole, sera par la suite employé par les mages et les alchimistes. Les Grecs d’Egypte appelaient couramment leurs dieux « megistos » ce qui signifie « le plus grand ». Or, dans la langue égyptienne ancienne, on répétait plusieurs fois un adjectif pour lui donner plus de force ; suivant cet exemple, on exemple, on a répété trois fois le terme « megistos » après le nom du dieu Thot-Hermès, pour signifier « trois fois le plus grand », ensuite abrégé en « trimesgistos ». Rapidement, le nom d’Hermès Trimégiste est passé dans le langage courant. Ce dieu était considéré comme celui qui avait donné à l’homme la médecine, la magie, l’astrologie et l’alchimie. Dans l’alchimie européenne, nous la rencontrons sous son nom romain, Mercure, idéal de l’œuvre alchimiste et guide secret des adeptes de cette science, prenant parfois la figure du Christ, parfois celle d’un fourbe ou d’un dragon gardant le secret de la pierre philosophale.

MERCURE MAITRE DES GEMEAUX ET DE LA VIERGE

En astrologie, on dit que ceux qui sont nés sous l’influence de la planète Mercure ont l’esprit vif, qu’ils sont habiles et alertes, capables de penser rapidement et de parler avec facilité. Cependant, on considère qu’ils ont aussi une certaine tendance à l’inconstance.

Mercure était un dieu aux multiples fonctions, puisqu’il protégeait aussi bien les commerçants que les voleurs, ou même les artistes, en plus d’être le messager des dieux. Psychopompe, il était aussi transformateur des énergies. Dans l’interprétation astrologique classique Mercure conserve ces attributions. Il régit aussi les facultés intellectuelles, la compréhension, l’adaptation et le savoir-faire.

Le Mercurien type conserve les qualités propres et les défauts de l’adolescence. Doté d’un esprit vif et rapide ainsi que d’une très grande faculté d’assimilation, il parvient sans grande peine à posséder des connaissances sur un grand nombre de sujets. Toutefois, il ne s’agit souvent que d’un savoir de façade car il est incapable d’un effort soutenu dans la plupart des cas. Gai, subtil, jonglant avec les mots et les idées, avec une soif du dialogue, du contact humain, le Mercurien brille dans la société qu’il recherche. Mais tout n’est pas parfait chez lui, notamment quand des indications dissonantes s’imposent dans le thème, alors il peut même se révéler peu scrupuleux. 

CADUCEE SUR MONNAIE ROMAINE

Le caducée sur une pièce de monnaie romaine

Bibliographie

Le langage secret des étoiles et des planètes – Geoffrey Cornelius/Paul Devereux 

Dictionnaire de la Mythologie – Jean-Louis Brau – Larousse  

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ASTROLOGUES DU ROI ET ASTROLOGUES OFFICIELS

(6.4 - L'Astrologie dans l'Histoire) par sylvietribut le 17-08-2013

Quelle qu’ait été la suspicion dans laquelle la majorité des théologiens chrétiens tenait l’astrologie, la plupart des grands personnages du Moyen Age et de la Renaissance eurent leurs astrologues attitrés. Parmi eux, le Pape Sylvestre II, l’Empereur d’Allemagne Frédéric II et Alphonse X de Castille. En France, c’est avec la dynastie des Valois que les astrologues eurent leurs entrées à la Cour. Après Charles V qui prit comme astrologue Thomas de Pisan, père de la poétesse Christine de Pisan, fut créée la charge de « médecin-astrologue du roi », puis à partir du XVIe siècle « d’astrologue du roi ». Les Bourbons continuèrent la tradition et c’est seulement en 1682 que Louis XIV supprima définitivement ce poste.

Astrologues

Astrologue à la Renaissance

Il n’y a certes plus d’astrologues officiels depuis longtemps en Europe et dans les principaux pays développés, ce qui n’empêche pas des hommes d’Etat d’avoir parfois recours aux astrologues et aux voyants. Le rôle occulte de Madame de Thèbes (*) dans les coulisses de la IIIe République a souvent été évoqué et, en 1975, en Argentine, la présidente Isabelle Perón provoqua des tempêtes de protestations parce qu’elle avait choisi un Premier ministre adonné à l’astrologie. Il est également de notoriété publique que Madame Bandaranaike, Premier ministre du Sri Lanka, accorda naguère sa confiance aux astrologues.

Ce qui est beaucoup moins connu, c’est le recours à l’astrologie, et concurremment aux autres sciences occultes, pendant la Seconde Guerre mondiale. Les principaux chefs nazis, Hitler, Rosenberg, Himmler, Rudolf Hess, prenaient fréquemment conseil auprès de leurs astrologues. L’un d’eux, Karl Ernst Krafft, eut même un rôle politique certain en orientant les décisions d’Hitler, qui avait toute confiance en lui. Goebbels était sans doute beaucoup plus sceptique quant à la confiance à accorder aux prévisions astrologiques, mais il en tira parti dans la propagande anti-alliée.

nostradamus dans une carte du ciel 

Nostradamus

Après la fuite inexplicable en Angleterre, le 10 mai 1941, de Hess, le dirigeant allemand le plus lié aux milieux occultistes, les astrologues furent toutefois étroitement surveillés. Selon certaines informations, il semble que Heydrich en aurait interné un grand nombre, que Himmler aurait fait libérer par la suite pour utiliser leurs prévisions, mais Krafft, lui, trouva la mort à Oranienburg le 8 janvier 1945.

Dans le camp allié, les arts conjecturaux furent également mis en œuvre. Un astrologue hongrois devenu officier de l’Intelligence Service, Louis de Wohl, propagea des interprétations tendancieuses des prophéties de Nostradamus. Aux Etats-Unis, les astrologues qui prédisaient la chute de l’Axe recevaient une discrète aide officielle.

MADAME DE THEBES - CHIROMANCIENNE(*) Madame de Thèbes, de son vrai nom Anne Victorine Savigny, était une voyante et chiromancienne française. Elle exerçait son métier dans son salon de l’avenue de Wagram à Paris. Chaque année à Noël, elle publiait ses prophéties dans un Almanach qui jouissait d’une large diffusion. Elle aurait prédit entre autre : la guerre des Boers, la guerre russo-japonaise, le déclenchement de la Première Guerre mondiale, la mort violente du général Boulanger, la mort tragique de Catulle Mendès, la mort de William Thomas Stead et même l’affaire Caillaux. Elle a publié « L’Enigme du rêve : explication des songes » en 1908. Elle était née en 1845 et vécut jusqu’en 1916. 

Bibliographie

Dictionnaire de l’Astrologie – Jean-Louis Brau – Larousse

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L’ASTROLOGIE DANS LES MONUMENTS… DANS L’UNIVERS DU LION… LE GRAND FOYER DE L’OPERA GARNIER A PARIS

(6.2 - Paris Insolite - Paris Mystérieux - Paris Esotérique) par sylvietribut le 15-08-2013

L’Opéra Garnier est tout à fait représentatif de la seconde moitié du XIXe siècle, s’inscrivant dans la continuité des transformations de Paris menées par Napoléon III et le Préfet Haussmann. Il fut inauguré le 5 janvier 1875. Au plafond du salon Est du grand foyer, on peut admirer l’œuvre de Jules-Elie Delaunay, le « zodiaque » qui, sous les ors et les lustres, se centre sur le signe du Lion.

OPERA GARNIER - LE GRAND FOYER 

Le Grand Foyer de l’Opéra Garnier

La conception du grand foyer s’inspire des dispositions et de l’inspiration décorative des galeries des châteaux de la Renaissance française du XVIe siècle, tel le château de Fontainebleau, ainsi que du siècle de Louis XIV, comme la galerie d’Apollon au Louvre et la galerie des Glaces à Versailles. Un savant jeu de miroirs et de baies ouvrant sur les rues et les façades environnantes vient encore accentuer ses vastes dimensions. Cet endroit est pensé, à l’origine, comme un point de rencontre des spectateurs, toutes catégories sociales confondues. A noter ces éléments du décor que sont les miroirs et les baies laissant passer la lumière font partie de la symbolique du Lion et du Soleil.

Ce grand foyer, comprenant cinq travées, est agrémenté de part et d’autre d’un salon. Du côté de l’avant-foyer, trois larges ouvertures donnent accès aux circulations qui mènent aux galeries du grand escalier, puis à la salle. Une grande baie permet d’accéder de chaque petit salon octogonal à une rotonde : le « salon de la Lune », situé côté jardin, et le « salon du Soleil », côté cour. De part et d’autre de la porte axiale, de grands miroirs, d’une hauteur approchant les six mètres, montent à partir du parquet et des lambris. Sur l’autre face, cinq grandes portes-fenêtres en constituent les pendants et indiquent l’accès à la loggia. Sur les murs, on remarque vingt élégantes statues, allégories des « Qualités » indispensables aux artistes des arts lyrique et chorégraphique.

Un plafond à voussures, peint par Paul Baudry, représente les grandes étapes de l’histoire de la Musique, de la Comédie et de la Tragédie, et décline plusieurs aspects de leur thématique propre.

LA LYRE DANS LE GRAND FOYER DE L'OPERA GARNIER 

La Lyre du Grand Foyer de l’Opéra Garnier

La lyre forme un élément décoratif de prédilection ponctuant, de manière presque systématique, différentes modératures, chapiteaux, grilles de chauffage et même les poignées de porte. On pense bien sûr à la lyre d’Apollon, le symbole du Soleil.

Jusqu’au XIXe siècle, et comme le voulait la tradition, les foyers des lieux de spectacle étaient réservés à l’usage exclusif des hommes. Les femmes recevaient pendant ce temps-là dans leur loge respective. Cependant, lors de l’inauguration du Palais Garnier, la reine d’Espagne désira admirer la galerie du grand foyer. Le tabou était brisé car elle fut aussitôt suivie de son entourage immédiat, puis des autres dames de la bonne société de l’époque qui ne souhaitaient pas être en reste.

OPERA GARNIER - SALON DU SOLEIL 

Salon du Soleil – Grand Foyer de l’Opéra Garnier

A l’insu de Charles Garnier, ses collaborateurs demandent à plusieurs ouvriers de sculpter deux bustes dorés d’Apollon à son image. Ces deux œuvres figurent à hauteur du plafond. Une autre copie de la représentation en buste de l’architecte, sculptée par Carpeaux, trône au centre du grand foyer et à proximité d’une fenêtre donnant sur la perspective de l’avenue de l’Opéra.

En 1928, un regrettable incendie prive le grand foyer de ses rideaux et tentures or. Ceux-ci ne retrouvèrent leur place qu’à l’occasion d’une restauration intégrale de la galerie qui ne s’acheva qu’en 2004.

Par ailleurs, placées aux extrémités Est et Ouest de l’avant-foyer, deux rotondes de taille modeste retiennent l’attention. Elles ont été peintes par les décorateurs Philippe Marie Chaperon et Auguste Alfred Rubé, amis de l’architecte.

OPERA GARNIER - SALON DE LA LUNE

Le Salon de la Lune – Grand Foyer de l’Opéra Garnier

Sur les voûtes du « Salon de la Lune » et du « Salon du Soleil » dominent, dans celui de la Lune les tonalités froides de l’argent, avec des représentations d’oiseaux de nuit : hiboux et chauves-souris, et dans l’autre, celui du Soleil, les tons chauds de l’or, au milieu d’un décor de salamandres. Des miroirs étamés, les premiers de couleur froide et les seconds à dominante chaude, recouvrent respectivement leurs parois et se reflètent à l’infini pour former des « chemins de lumière ».

LE SIGNE DU CANCER - OPERA GARNIER 

Le Cancer

D’autre part, près de l’escalier qui mène aux étages, une figure mythologique de bronze de dresse de façon mystérieuse : c’est la Pythonisse du sculpteur Marcello, première référence au dieu solaire Apollon, dont la Pythie délivrait jadis les oracles à Delphes. Par ailleurs, seize bustes sculptés évoquent par leur coiffe les quatre saisons et les douze signes du zodiaque.

 LE LION - OPERA GARNIER

Le Lion

 

Bibliographie

Le site de l’Opéra Garnier : www.operadeparis.fr

 

 

 

 

 

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DANS L’HERBIER DU LION… LE SAFRAN

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 12-08-2013

L’histoire du safran remonte à plus de 4 000 ans et il est présent dans de nombreuses cultures, civilisations et continents, utilisés aussi bien pour l’assaisonnement des plats, qu’en parfum et même dans la composition de certains médicaments, sans oublier la teinture des textiles et autres objets, la plupart d’entre eux porteurs d’une signification religieuse ou hiérarchique. Le safran serait originaire du Moyen-Orient, via le Cachemire et les Mongols.

Le mot « safran » a une origine latine « safranum » qui a donné « açafrao » en portugais, « azafran » en espagnol ou même « zafferano » en italien. « Safranum » a une origine arabe « asfar » qui signifie « jaune », ainsi que le mot « za’faran » du nom de l’épice. Cependant, on trouve des cultures de safran sur le plateau iranien et il est probable que le « safranum » latin dériverait du persan « zarparan » qui signifie « or ». On est bien dans l’univers du Lion. D’ailleurs, le safran pousse idéalement s’il est directement exposé à la lumière du soleil car il s’accommode mal de l’ombre. Les meilleurs rendements sont obtenus lorsque les plantations sont exposées face au soleil, par exemple vers le sud dans l’Hémisphère nord, maximisant l’exposition à la lumière.

LE SAFRAN 2 

Le crocus sativus, la fleur de safran

Il existe un précurseur sauvage au safran domestique dont le mot latin est « Crocus sativus », c’est le « Crocus cartwrightianus » espèce cultivée pour la production du safran en Grèce. Des fresques nous montrent également des crocus à safran à fleurs blanches. C’est pourquoi le terme « safran » était-il utilisé pour désigner l’épice et pouvait, autrefois, faire référence à un produit identique, mais issu d’espèces de crocus à safran bien différentes de celle qu’on utilise aujourd’hui. Il est probable que les cultivateurs sélectionnèrent des plantes possédant des stigmates anormalement longs. Dans la Crête de l’âge de Bronze, le crocus cartwrightianus donna le crocus sativus, plante qui fait partie de la famille des Iridacées, qui se caractérise par sa fleur couleur lilas dans laquelle ressortent le rouge intense des stigmates et le jaune des étamines. La reproduction de cette plante se fait par bulbe. Quant au nom botanique de cette plante, il vient du grec « krokos » qui signifie filament, allusion à ces longs et fins stigmates.

LANCEMENT DU DISQUE 

En Grèce, deux mythes racontent l’origine du safran. Crocos était un jeune homme très beau, amoureux de la nymphe Smilax et ami d’Hermès/Mercure, le dieu des marchands et des voleurs. Malheureusement, un jour, pendant une partie de lancer de disque, Crocos fut tué accidentellement, frappé en pleine tête par le disque lancé par Hermès. Trois gouttes de sang coulèrent de sa blessure sur le sol. C’est alors qu’une petite fleur mauve apparut qui depuis porte son nom. La fleur de safran devint alors le symbole de la vie et de la résurrection.

La romance de Crocus et de la nymphe n’est pas plus heureuse pour Crocus qui avait suivi Smilax dans un bois à proximité d’Athènes. La période d’amour idyllique fut assez courte. En effet, une fois passé le charme des avances amoureuses de Crocus, Smilax s’ennuie des attentions que le beau jeune homme lui porte. Mais Crocus insiste malgré les réticences de la belle et elle en vient à l’ensorceler, transformant le jeune Crocus en fleur de safran. Ainsi les stigmates de la fleur sont d’un rouge intense symbolisant la passion immortelle du jeune homme pour Smilax.

Quant à Zeus/Jupiter, il invitait ses conquêtes sur des couches de safran pour démultiplier sa force sexuelle et stimuler aussi ses partenaires, car cette fleur avait la réputation d’avoir des propriétés aphrodisiaques. Le jaune safran est la couleur de l’amour, du désir et de la volupté. Dans la mythologie romaine, on affirme que sur les lieux où s’aimèrent Junon et Jupiter, la semence se répandit sur le sol donnant naissance à un crocus de safran.

FRESQUE REPRESENTANT LA RECOLTE DES CROCUS SATIVUS 

Fresque représentant la récolte du safran

On trouve le safran répertorié dans un ouvrage de botanique assyrien du VIIe siècle avant Jésus-Christ, rédigé sous le règne d’Assurbanipal. Ainsi, une documentation sur l’utilisation du safran dans le traitement de près de quatre-vingt-dix maladies s’étend sur près de 4 000 ans. Celle-ci se propagea à travers l’Eurasie, pour passer en Afrique du Nord, en Amérique du Nord et même en Océanie. Quant à la France, elle a été pendant plus de 500 ans un important producteur de safran. Le Gâtinais étant la province la plus productrice et le bourg de Boynes la capitale mondiale du safran qui en a de fait régi les prix avec le marché de Pithiviers pendant 300 ans. On en produisait trente tonnes en 1789 et encore 10 tonnes en 1869. Le second Vendémiaire, correspondant au 23 septembre dans le calendrier révolutionnaire, en usage entre 1792 et 1808, s’appelait « safran » qui est en fait la date la plus fréquente pour l’apparition des premières fleurs.

LE SAFRAN

Le safran précieuse épice

De l’Antiquité à l’époque actuelle, et partout autour du monde, la plus grande partie du safran produit était et est toujours utilisé en cuisine, les traditions culinaires suivant l’expansion de sa culture. La première mention du safran dans la cuisine au vin est perse : « Le cuisinier du roi Zohac avait assaisonné le dos d’un veau avec un vin vieux, du safran et de l’eau de rose ».

D’un point de vue médical, le safran était autrefois utilisé pour traiter un large éventail de maux : de la variole à la peste bubonique ou encore les indigestions. De nos jours, plusieurs essais cliniques démontrent le potentiel du safran en tant qu’agent antioxydant et même comme anticancéreux. Les vertus du safran étaient connues dès l’Antiquité. Elles sont citées par Homère, Pline l’Ancien, Quinte-Curce et Virgile, puis Hippocrate et Avicenne. Bien avant, le papyrus d’Ebers, le plus ancien traité médical connu datant de 1550 avant Jésus-Christ, le safran apparaît, possédant son propre hiéroglyphe. La fleur de safran entrait dans plus de trente recettes médicinales. Une autre préparation, comportant un mélange de safran et de vin, était utilisée dans les théâtres romains pour en rafraîchir l’air.

LE SAFRAN - PLANCHE BOTANIQUE

Planche botanique du crocus sativus

Le safran est poétiquement appelé « Or rouge », il fut pendant des décennies l’épice la plus chère du monde. Les Egyptiens comme les Hébreux l’utilisaient à des fins culinaires, notamment au moment des fêtes. Lors des cérémonies religieuses, on brûlait du safran pour purifier les sanctuaires et attirer les bons esprits. Les bandelettes des momies étaient teintes au safran.

Enfin, certaines des puissances « magiques » du safran évoque le bonheur, l’amour, la sensualité, la longévité, la convoitise, les puissances psychiques, la force… 

fleurs de safran

Fleurs de safran

 

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APOLLON FILS DU LOUP

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME, 6.6.5 - LES MYTHES DU LION ET DU SOLEIL) par sylvietribut le 10-08-2013

On trouve dans la relation symbolique entre le Lion et le Soleil, maître du signe, des ambiguïtés où se rencontrent violence, domination et sens du sacré, nécessité de s’imposer, autorité naturelle et aptitude au sacrifice extrême.

APOLLON LE DIEU SOLAIRE ET SA COURONNE DE LAURIER 

Apollon le dieu solaire et sa couronne de laurier

Peu à peu, Apollon va usurper la place et le rôle d’Hélios, le Soleil. Les deux dieux ou demi-dieux qui semblent véritablement se partager le signe du Lion étant à l’évidence Apollon et Héraklès/Hercule, héros parmi les héros. C’est André Barbault qui a fort bien décrit les deux types physiques léonins qui correspondent à Apollon et à Héracklès.

Le premier fait les hommes beaux, l’œil en amande, le nez fin et long dans le prolongement d’un front légèrement fuyant, bien bâtis mais minces et de silhouette élégante. Tel est le Lion apollinien qui tient sa place auprès des esthètes et des artistes.

apollon

Apollon homme fort et puissant

Le second fait les hommes forts, puissants, musclés, le visage plus carré, le nez épaté comme celui des chats ou des félins. Le mufle du lion. Et un estomac « en creux », côtes très dessinées en avant. Avec la crinière abondante, une stature athlétique. Alexandre Dumas qui était natif du Lion, s’est projeté dans le personnage de Porthos et on dit qu’il était capable de porter un âne sur son dos.

Psychologiquement, ces deux types vont aussi se différencier, mais c’est l’apollinien qui va se révéler comme plus complexe, et le plus insaisissable des deux. Dans l’Iliade, Apollon apparaît la nuit, ce qui semble confirmer qu’il s’agit bien à l’origine d’un dieu lunaire. Il était d’ailleurs appelé « le dieu à l’arc d’argent », et non d’or, ce qui signerait le soleil. Il brille « avec la lune » et « comme la lune ». Il est parfois appelé « fils du loup », c’est-à-dire de la Déesse Mère. Ce n’est que beaucoup plus tardivement, lorsqu’il chasse Python de son lieu oraculaire et s’empare de Delphes, qu’il se charge de valeurs solaires. On dit qu’il vient du Nord, peut-être d’Asie… trace de son origine chthonienne.

Dieu violent et terriblement orgueilleux, il présente des traits contradictoires mais qui le conduiront peu à peu à devenir le protecteur des artistes et le dieu de la sagesse. Et ce n’est que véritablement en fin de parcours qu’il sera associé à l’harmonie, à la musique, voire à la spiritualité. On pense là à l’exaltation de Neptune en Lion.

Au début, on trouve un dieu berger, sans doute agraire. On parle alors d’un Apollon-souris ou d’un Apollon-rat, appellation déconcertante pour un dieu si prestigieux par la suite. Il garde les troupeaux mais il est aussi maître des fauves. Il est à la fois bon pasteur, berger secourable et guerrier irascible.

apollo

Apollon et le serpent d’Asclépios

Père d’Asclépions, dieu de la médecine, il le deviendra lui-même, puis prophète de Zeus/Jupiter et dieu oraculaire et inspirateur des poètes. C’est là sans doute qu’il s’est le plus solidement enraciné dans notre culture, comme le dieu à la lyre, lyre fabriquée par Hermès/Mercure enfant, à peine sorti de son berceau, avec une carapace de tortue trouvée sur son chemin, après d’ailleurs, que le petit dieu malin eut volé les bœufs d’Apollon. Ce dernier lui pardonnera son larcin à condition qu’il lui donne cette lyre à sept cordes, le 7 étant le chiffre du dieu de la septième porte. On dit qu’il est né et fêté un septième jour, le dimanche d’ailleurs jour du soleil, ou à sept mois.

W. K. Guthrie écrit d’ailleurs : « Orphée, adore le soleil qu’il identifie avec Apollon… Chaque matin il escalade le mont Pangée pour saluer le dieu du jour dès son apparition ».

D’un dieu quelque peu brutal et violent on a fait progressivement un dieu de la conscience, raffiné, inspirant les plus harmonieuses et les plus belles lois, les plus nobles pensées.

Il a été quelque peu banalisé ce jeune homme beau et sage sera même opposé assez rapidement à Dionysos, le « dieu dément », fils de la Grande Déesse, dieu du vin, de la folie inspirée, de la transe et de l’enthousiasme, de l’excès et de l’orgie. Face à ce dieu de la démesure, Apollon se présente comme le dieu de la raison, peut-être pour le séparer à jamais de ses origines barbares. Le voici devenu un dieu civilisateur par excellence, chargé de l’humanisation des créatures terrestres, de leur ascension.

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Les jumeaux Apollon (le Soleil) et Artémis (la Lune)

Quelle filiation les Grecs lui prêtent-ils ?

Ils font de lui le fils de Zeus/Jupiter et de Léto. Il serait né à Délos. Personne n’osait laisser Léto accoucher, toujours par crainte de la jalousie d’Héra/Junon. Dès que celle-ci croyait ou savait une mortelle courtisée par Zeus et forcément fécondée par lui, elle mettait sur-le-champ tout en œuvre pour entraver l’accouchement, faire des incantations fatales à la parturiente, obligeant les suivantes à croiser jambes, pieds, bras pour empêcher la délivrance. Léto finit par accoucher à Délos, considérée alors comme une île flottante, mais une fois qu’elle eût mis au monde ses jumeaux, Apollon et Artémis, l’île se fixe ; Thémis s’occupe tout particulièrement d’Apollon, le nourrit de nectar et d’ambroisie, ce qui le fait grandir très vite. Le breuvage des dieux a forcément des vertus exceptionnelles. Au bout de quelques jours, l’enfant atteint l’âge adulte et cherche un lieu où établir son sanctuaire, installer ses prêtresses et, après plusieurs tentatives infructueuses, il parvient à Delphes, lieu oraculaire sur lequel règne encore la vielle Déesse Mère, fille de Gaïa à laquelle tous les dieux doivent d’exister, sous la forme du Python qui donnera son nom aux pythies. Apollon tue le grand serpent, la Déesse sous sa forme la plus archaïques, et il devra donc, comme tout un chacun ayant commis un crime, aller se faire purifier. Les dieux et les mortels, à cet égard, sont soumis aux mêmes lois. Qu’il s’agisse d’Héraklès ou d’Apollon, ils ne cessent de se faire purifier ça et là, pour les meurtres qu’ils commettent en série. Apollon sera envoyé quelques temps en exil, dans la vallée du Tempé où il devra servir les mortels. Mais bien sûr il ne sera pas maltraité par les humains qui savent quels dangers il y aurait à attirer sur soi le ressentiment d’un dieu, fût-il exilé.

APOLLON ET LES DAUPHINS

Apollon et le dauphin

Delphes est bien sûr un site convoité et Apollon ne pouvait mieux choisir. Delphes est l’Omphalos, le nombril de la terre, l’Utérus maternel, d’ailleurs l’une des traductions de « delphis » est dauphin ou utérus. On dit aussi que les prêtres de Delphes auraient fait naufrage à cause de dauphins qui les auraient fait chavirer sous l’impulsion d’Apollon entendant ainsi recruter un peu vigoureusement ses servants. D’autres encore prétendent que ces prêtres descendraient de Crétois… ce qui les lierait encore davantage à la Grande Mère des premiers temps du matriarcat. Apollon aurait alors simplement détourné leur navire, en prenant l’apparence d’un dauphin… toujours dans le but de les contraindre à demeurer dans son sanctuaire.

Apollon et Artémis, jumeaux complices, ont fait ensemble un certain nombre de frasques ou de mauvais coups. Apollon va tuer Pithios qui avait voulu abuser de leur mère et ils la vengeront de Niobé qui avait eu l’impudence et l’imprudence de se vanter d’être plus féconde que Léto. Ni Artémis, ni Apollon ne peuvent pardonner pareille offense.

A cause de diverses sottises, Apollon sera par deux fois exilé ; une fois il devra servir Admète roi de Thessalie, pour avoir tué un des Cyclopes, artisans de la foudre de Zeus. Ce dernier ne plaisante pas lorsqu’on s’en prend à ses plus zélés serviteurs. Une autre fois, Apollon aura le tort d’envoyer la peste à Troie parce que Léomédon n’a pas payé une somme qu’il lui doit ; par ailleurs l’attitude du dieu, pendant la guerre de trois sera vivement critiquée.

LA LYRE D'APOLLON

La lyre à sept cordes d’Apollon

Bibliographie

Dieux et Héros du Zodiaque – Joëlle de Gravelaine – Editions Robert Laffont

  

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LE SOLEIL DANS TOUT SON ECLAT

(5.3.1 - SOLEIL) par sylvietribut le 04-08-2013

Jamais la science et les mythes ne s’opposent aussi fortement que lorsqu’il s’agit de décrire le plus grand corps céleste : le Soleil. En ce qui le concerne, et de tout temps, il y a toujours eu deux types de conceptions, deux vérités.

Du point de vue scientifique, le Soleil est une étoile banale, l’une des milliers de millions d’étoiles qui parsèment l’inconcevable immensité de l’Univers. Cette sphère incandescente, essentiellement constituée d’hydrogène, est le siège de réactions thermonucléaires incessantes, où la température atteint 20 millions de degrés ; c’est en outre le centre de tout un système de planètes. Celles-ci, ainsi que les astéroïdes et diverses comètes, se sont formées par accrétion de grains de matière, après que le Soleil fut né, il y a environ 4,5 milliards d’années, de l’effondrement d’un immense nuage de gaz et de poussières, reste de l’explosion d’une supernova. Les objets du système solaire ne sont que peu de chose par rapport au Soleil, qui a 1,3 million de fois le volume de la Terre, et à peu près 0,35 million de fois sa masse.

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Le Soleil dont toute la Terre dépend

Sur la Terre, la vie est totalement dépendante du Soleil. A l’exception de la matière provenant des météores ou de la poussière interstellaire qui parvient jusqu’au sein de notre système planétaire, tout ici-bas est dépendant du Soleil : la terre, l’air et la mer, les minéraux, les plantes, les animaux, et la vie humaine elle-même, avec son mystère. La science touche à la poésie lorsqu’elle prend pour objet l’étonnant équilibre de la vie sur la Terre, sous la lumière et la chaleur du Soleil. Depuis l’aube de l’humanité, le Soleil occupe une place centrale dans l’esprit et dans l’imaginaire de l’homme ; toutefois, l’astre du jour n’a pas toujours, loin de là, la même signification symbolique dans les différentes mythologies. Dans certains sites préhistoriques, et notamment sur les collines de Matopo, au Zimbabwe, on a trouvé quelques représentations symboliques du Soleil, mais elles sont assez rares. Le plus souvent, dans les grottes peintes du paléolithique supérieur, il y a environ 40 000 ans, cet astre n’est pas représenté ; les images rencontrées évoquent surtout la fécondité de la femme et les animaux, c’est-à-dire le gibier. Cependant, il faut se garder de toute simplification en ce qui concerne les premiers chasseurs.

L’anthropologue allemand Leo Frobenius (1873-1938) a voyagé dans la jungle congolaise en compagnie de guides indigènes. Un soir, il a proposé à ses compagnons de chasse une antilope pour améliorer l’ordinaire. Les guides se sont montrés fort étonnés de la proposition de l’homme blanc, dans la mesure où les préparatifs indispensables n’avaient pas été accomplis ; il a donc fallu attendre le jour suivant. Dès l’aube, les chasseurs ont dégagé une surface sur le sol sableux et ont dessiné les contours d’une antilope ; puis ils ont attendu le lever du Soleil. Lorsque l’astre s’est levé, l’un de ses rayons a atteint le dessin ; à ce moment, l’un des indigènes a tiré une flèche dans le cou de l’animal dessiné, tandis qu’une femme levait les bras en direction du Soleil, en gémissant. Les chasseurs sont alors partis en courant vers la forêt. Peu de temps après, ils sont revenus avec une belle antilope, tuée d’une flèche dans le cou. Pour terminer le rituel, les guides ont placé un peu de poils et de sang de l’animal sur la figure tracée par terre, avant de l’effacer.

Dans ce récit, le Soleil apparaît comme le grand chasseur, et la flèche, comme le rayon du Soleil, frappe la proie. La signification symbolique du Soleil est, dans cette histoire, bien différente de celle qu’on trouve dans les civilisations avancées. On en perçoit l’évolution à travers différents mythes de nombreuses civilisations, pour lesquelles le Soleil n’est qu’un personnage parmi bien d’autres. Par exemple, dans la mythologie grecque, Hélios, le Soleil, fils des Titans Hyspérion et Théia, avait un statut inférieur à celui d’Apollon. On sait que, parcourant le ciel,  il voyageait vers l’occident, précédé d’Eos, la déesse de l’Aurore, mais il existe peu de récits concernant Hélios lui-même, car il fut éclipsé par le puissant Apollon, qui le dépouilla de ses attributs pour devenir lui-même le glorieux dieu-Soleil de l’Olympe.

HELIOS ET LE CHAR DU SOLEIL

Hélios et le char du soleil

Dans un autre récit, Hélios est accompagné de son fils Phaéton, et, comme toujours, il traverse le ciel sur son char tiré par quatre chevaux. Un matin, il finit par céder aux pressantes demandes de son fils et lui cède les rênes du char, mais le jeune homme ne peut contrôler les chevaux. Tout d’abord, ils bondissent au plus haut du ciel, s’écartant du trajet habituel, et la Terre tout entière frissonne ; ensuite, ils descendent si bas que la planète s’embrase. Devant un tel désordre, Zeus lance la foudre sur Phaéton, et le tue. Ce mythe contient une référence calendaire, le renouveau de l’année au solstice d’hiver, qui trouve son origine chez les Hittites et chez les Mésopotamiens. Dans un ancien mythe mésopotamien, le vieux roi « meurt » au solstice, et un jeune garçon prend sa place pendant une journée, au terme de laquelle il est sacrifié. A Corinthe, en Grèce, dans un mythe similaire, ce roi était arraché d’un char solaire tiré par des chevaux emballés. Ensuite, le vieux roi, qui représentait le Soleil, réapparaissait et reprenait sa course annuelle dans le ciel.

La civilisation égyptienne est l’une des toutes premières à avoir donné un rôle majeur au Soleil, il y a environ 3 000 ans. Il était appelé Aton ; cependant, selon qu’il montait dans le ciel, qu’il était à son apogée ou qu’il descendait, on lui donnait successivement les noms de Khepri, de Rè et d’Atoum. On l’appelait aussi Horus, le dieu à tête de faucon que, plus tard, les Grecs ont identifié à leur dieu solaire, Apollon.

SCARABEE DORE

Le scarabée insecte solaire

On relève une évolution symbolique intéressante à propos de Khepri, le dieu du Soleil levant. On le représentait sous la forme d’un scarabée, roulant la boule du Soleil sur l’horizon. Le hiéroglyphe désignant le scarabée a évolué et a donné le signe astrologique désignant le Cancer, qui est lié au solstice d’été. Ce signe a symbolisé ensuite, notamment chez les anciens Egyptiens, la fécondité perpétuelle et le renouveau de la vie.

Le culte du Soleil, dans l’ancienne Egypte, a atteint son apogée lors de la brève révolution religieuse du pharaon Akhenaton, ou « celui qui plaît à Aton », au XIVe siècle avant Jésus-Christ. Ce souverain a instauré le culte unique du dieu du Soleil, le créateur de l’humanité, et s’est déclaré seul intermédiaire entre le Soleil et la Terre. Cette façon d’envisager le rôle royal va perdurer dans les siècles qui vont suivre, en particulier avec les cultes solaires d’Hélios et d’Apollon, qui vont se développer autour de la personne de l’empereur romain.

MITHRA EGORGE LE TAUREAU  - Peinture Murale - Marino - vers 160

Mithra égorgeant le Taureau – Peinture murale Marino – vers 160

A Rome, le culte rendu au Soleil contient de nombreux éléments symboliques, qui sont bien souvent utilisés dans un but politique. Le premier d’entre eux correspond au culte de Mithra, importé de Perse. Il s’agit d’un dieu-Taureau, lié à la constellation du même nom ; on le représente souvent participant à un banquet avec le Soleil. Cependant, par une inversion étonnante mais caractéristique de la mythologie, il est aussi dépeint comme le dieu solaire qui a tué le dieu-Taureau. Sous cette forme, il apparaît aussi comme Hélios, le dieu du Soleil, et comme « Sol Invictus », le « Soleil invincible ».

Le deuxième élément dérive du culte du dieu-Soleil phénicien Baal, qui était adoré sous la forme d’une pierre noire. Dans l’Empire romain, Baal est devenu populaire au IIe siècle. En 218, lorsqu’Elagabal est devenu empereur sous le nom de Sol Invictus Elebagalus, le culte du Soleil est devenu la religion officielle. Aurélien, qui « régné » de 270 à 275, a adapté le dieu du Soleil à la religion romaine traditionnelle, sous le nom de Deus Sol Invictus, « Dieu, le Soleil invincible ». Cet état de fait a duré jusqu’au règne de Constantin au IVe siècle ; le christianisme s’est alors imposé, évinçant, et en même temps assimilant, son rival solaire. Plus tard, la fête du Sol Invictus sera célébrée le 25 décembre, date adoptée par les Chrétiens pour fêter la naissance de leur propre roi invincible.

LE SOLEIL - CALENDRIER AZTEQUE

Le Soleil – Calendrier aztèque

Mais c’est sans doute dans les civilisations d’Amérique centrale que le culte du Soleil a été le plus spectaculaire. Chez les Aztèques, l’épopée de la Création prend fin avec l’apparition du cinquième Soleil, qi a suivi celle des quatre précédents, les Soleils de terre, de vent, de feu et d’eau. Pour ce peuple, les dieux eux-mêmes devaient être sacrifiés pour que le Soleil puisse poursuivre sa route. Le dieu-Serpent à plumes, Quetzalcoatl, leur a coupé la tête l’un après l’autre, avec un couteau sacrificiel ; par cet acte a été créé Nahui Ollin, « le Soleil en mouvement ». C’est là ce qui justifiait, aux yeux des Aztèques, les terribles sacrifices humains offerts au Soleil.

PLAFOND DE LA VILLA BARBERINI - ROMA

Le Soleil dans le plafond de la Villa Barberini à Rome

Cet astre symbolise la vérité et l’intégrité : « Connais-toi toi-même » est la devise inscrite sur le principal sanctuaire dédié à Apollon, à Delphes, en Grèce. Cependant, l’éclat apparent du Soleil dissimule un mystère. Le grand philosophe néoplatonicien de la Renaissance italienne Marsile Ficin (1433-1499) considère que nous « voyons » à l’aide de deux facultés, l’une étant l’esprit concret de la pensée commune, et l’autre l’intellect supérieur. Dans son poème « De Sole », sa dernière œuvre majeure, Ficin montre que le Soleil a non une seule, mais deux lumières : la lumière ordinaire, perçue par les sens physiques, et une lumière cachée, occulte – qui est à la base de l’astrologie.

On retrouve cette idée de « lumière cachée » du Soleil chez les Pueblos, qui enseignent qu’Oshatsh, l’astre solaire, malgré sa luminosité aveuglante, est un bouclier qui protège l’humanité de la lumière du Grand Esprit. Ces intuitions profondes attestent la pertinence et la subtilité de pensée qui caractérisent de nombreux mythes des civilisations anciennes non occidentales.

LE SOLEIL

Bibliographie

Le Langage secret des Etoiles et des Planètes – Geoffrey Cornelius et Paul Devereux – Editions Solar

 

 

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