UN MYTHE SCORPION… ALCESTE OU LE SACRIFICE

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME, 6.6.8 - LES MYTHES DU SCORPION ET DE PLUTON) par sylvietribut le 26-10-2013

Bien des histoires d’amour sacrificielles évoquent la passion du Scorpion. Celle d’Alceste est exemplaire…

Pélias avait plusieurs filles, dont la plus belle, Alceste, était souvent demandé en mariage. Pour éviter les complications diplomatiques, Pélias posa des conditions impossibles : il accorderait sa fille à l’homme qui parviendrait à atteler sous le même joug un sanglier sauvage et un lion. De plus, les bêtes ainsi attelées devraient faire le tour d’un champ de courses.

Admète s’était mis sur les rangs et il obtint, grâce à la complicité d’Apollon, qu’Hercule/Héraklès dompte les deux animaux. Il put ainsi remplir les conditions imposées par Pélias. Mais, par un coupable oubli, il ne sacrifia point à Artémis, comme l’usage le voulut. La déesse en conçut un tel ressentiment que le jour des noces d’Admète, elle fit surgir un nœud de vipères à la place de la mariée dans le lit même d’Admète. Selon une autre version, c’est sa chambre qui se remplit de serpents. C’était là le présage d’une mort imminente.

 HERCULE RENDANT ALCESTE A ADMETE - CHATEAU DE MEUDON

Hercule rendant Alceste à Admète – Château de Meudon

Apollon, une fois de plus, intercéda auprès de la susceptible déesse, adoucit la colère de sa sœur, et tout s’arrangea avec le sacrifice exigé. Artémis poussa même la bonté jusqu’à offrir à Admète qu’il puisse vivre au-delà du temps qui lui était imparti si un membre de sa famille acceptait de mourir à sa place. Ce temps vint plus vite qu’Admète ne l’eût souhaité. Apollon, qui décidément avait pour Admète toutes les sollicitudes, fit boire les Parques plus que de raison afin de retarder l’échéance fatale. Admète supplia alors ses parents très âgés : ils étaient au bout de leur vie, cela changerait peu de choses pour eux… l’un des deux pouvait bien prendre sa place… Mais ni son père, ni sa mère, ne l’entendirent de cette oreille. Ils trouvaient encore beaucoup de plaisir à cette existence et refusèrent catégoriquement de se sacrifier.

Alors, dit-on, Alceste se tua en avalant du poison, par amour pour son époux. Elle descendit au Royaume des Morts où, selon une version, Perséphone, trouvant injustifié ce sacrifice, l’incita à reprendre sa place parmi les vivants par admiration devant sa dévotion à son époux. Mais selon d’autres versions, Hercule/Héraklès, qui était l’hôte d’Admète au moment de la mort de la reine, partit à la recherche de la Mort, combattit avec elle, et gagna le retour d’Alceste. Celle-ci aurait eu ensuite deux fils : Eumélos qui prit part à la guerre de Troie et Hippasos. Puis, avec son mari, ils furent exilés à Phères.

LA MORT D'ALCESTE 

La mort d’Alceste

Une autre version nous dépeint Admède sous un jour plus lâche encore. Il se serait enfui lorsque Hadès serait venu le chercher et c’est alors qu’Alceste aurait offert de donner sa vie pour son époux, mais Hercure/Héraklès l’aurait sauvée.

D’autres encore affirment qu’Alceste donna réellement sa vie pour Admède qui, pourtant, ne le méritait guère.

On se souvient que Pélias, père d’Alceste, avait été tué par Médée. Pélias avait une peur extrême de vieillir et de mourir et Médée, pour venir en aide à Jason, avait fait semblant de redonner la vie à un vieux bélier en disant à Pélias qu’elle pouvait de la même façon et en suivant la même recette le rajeunir. Le vieux roi s’était laissé convaincre et endormir par la grande magicienne. Elle ordonna aux filles de Pélias de couper leur père en morceaux afin de le faire bouillir dans le chaudron. Seule Alceste aurait refusé d’accomplir ce geste terrible, peut-être traversée par un doute, mais ses sœurs obéirent à Médée et Pélias mourut ainsi des mains de ses enfants.

MEDEE SUR SON CHAR CONDUIT PAR DES SERPENTS

Médée sur son char conduit par des serpents

Médée fait partie des puissantes sorcières qui traversent toutes les mythologies. Elle est souvent apparentée à Perséphone ou à Hécate elle-même. Son char, dit-on, était tiré par des serpents. Et cela désigne clairement son appartenance au Royaume des Enfers en même temps qu’à la Déesse Mère.

Le serpent ne peut être séparé du signe du Scorpion, précisément par son affinité avec le monde du dessous et par la superposition fréquente entre les deux animaux, au point qu’Isis elle-même, déesse des enchantements, guérisseuse et maîtresse des poisons, est parfois représentée soit sous forme de déesse-scorpion, soit avec le corps d’un cobra ou dotée de plusieurs queues de serpent.

Perséphone, elle-même, est appelée chez les Romains Proserpine, « celle qui avance en serpentant », ou « celle qui est serpent ».

Quant au sacrifice héroïque d’Alceste, c’est le sujet d’une pièce d’Euripide qui porte son nom.

PERSEPHONE - CIMETIERE DE DORTMUND

Perséphone – Cimetière de Dortmund

Bibliographie

Dieux et Héros du Zodiaque – Joëlle de Gravelaine – Robert Laffont

Dictionnaire de la Mythologie –Michael Grant et John Hazel – Marabout

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L’ASTROLOGIE AU CHATEAU DE CHANTILLY

(6.3.1 - En France) par sylvietribut le 21-10-2013

Henri d’Orléans, duc d’Aumale, fils du roi Louis-Philippe 1er, lègue en 1897 le château de Chantilly, avec l’ensemble de ses collections à l’Institut de France. Il abrite plusieurs salles aménagées en musée, ainsi que les anciens grands et petits appartements aménagés aux XVIIIe et XIXe siècle par les Princes de Condé et par le duc d’Aumale lui-même.

Chateau de Chantilly

Château de Chantilly

Le Musée Condé présente une collection de peintures anciennes qui compte parmi les plus importantes de France. Elle est principalement constituée d’œuvres italiennes et françaises, dont trois tableaux de Fra Angelico et trois de Raphaël pour la peinture italienne et cinq peintures de Nicolas Poussin, quatre d’Antoine Watteau et cinq signés Ingres, pour la France. Ce Musée de Condé abrite aussi un cabinet de 2 500 dessins et une bibliothèque comportant 1 500 manuscrits dont 200 sont enluminés. Le plus célèbre d’entre eux : les Très Riches Heures du Duc de Berry. S’y ajoutent des collections d’estampes, de portraits miniatures, de sculptures, d’antiquités, de photographies anciennes et d’arts décoratifs, meubles et porcelaine notamment.

L’ensemble de ces collections n’est visible qu’à Chantilly car le legs du duc d’Aumale interdit tout prêt des collections et aucune modification des salles d’exposition n’est par ailleurs possible. En conséquence, la muséographie n’a pratiquement pas changé depuis l’ouverture en 1898. Environ 250 000 visiteurs fréquentent le musée Condé chaque année. Quatre exposition temporaires sont organisées par an et permettent de voir une partie des œuvres conservées en réserve habituellement.

Les Très Riches Heures du Duc de Berry est un livre d’heures commandé par le duc Jean 1er de Berry et actuellement conservé dans ce Musée Condé à Chantilly, sous la cote Ms.65.

Ce livre d’heures fut commandé par le duc aux frères Paul, Jean et Herman de Limbourg vers 1410-1411. Inachevé à la mort des trois peintres et de leur commanditaire en 1416, le manuscrit fut probablement complété, dans certaines miniatures du calendrier, par un peintre anonyme dans les années 1440. Certains historiens de l’art y voient la main de Barthélemy d’Eyck. Mais c’est en 1485-1486 qu’il fut achevé dans son état actuel par le peintre Jean Colombe pour le compte du Duc de Savoie. Acquis par le Duc d’Aumale en 1856, il est toujours conservé dans son château de Chantilly et n’en peut sortir en raison des conditions du legs du Duc.

Après un oubli de trois siècles, les Très Riches Heures ont acquis rapidement une grande renommée au cours des XIXe et XXe siècle. Les miniatures ont contribué à façonner une image idéale du Moyen Age dans l’imaginaire collectif. C’est particulièrement le cas des images du calendrier, les plus connues, représentant à la fois des scènes paysannes, aristocratiques et des éléments d’architectures médiévales remarquables. Il s’agit de l’un des plus célèbres manuscrits enluminés.

 L'AUTOMNE - LES TRES RICHES HEURES DU DUC DE BERRY

Les Très Riches Heures du Duc de Berry – Septembre-Octobre

C’est certainement le calendrier, ensemble de miniatures, le plus célèbre du livre, si ce n’est de toutes les enluminures du Moyen Age. Présent dans tous les livres d’heures, le calendrier permet au lecteur de repérer la prière correspondant au jour de l’année et à l’heure de la journée. Sont ainsi notés : le nombre de jours dans le mois solaire et lunaire, les jours et le saint qui leur correspondent, ainsi que les fêtes religieuses. De plus, la durée de chaque jour précise son nombre d’heures et de minutes.

Il prend cependant ici une importance particulière : pour la première fois, il est illustré de miniatures de pleines pages. Par ailleurs, le calendrier inclut des données astronomiques qui atteignent un degré de précision jamais atteint jusqu’alors. Est indiqué notamment un nombre d’or, pour la première fois encore, servant au calcul des dates des nouvelles et pleines lunes. C’est en effet une des premières applications de la proposition de réforme du calendrier faite par Pierre d’Ailly qui préfigure le futur calendrier grégorien. Ces détails peuvent s’expliquer par l’intérêt porté par le commanditaire à l’observation des astres et à l’astrologie.

Chaque miniature est surmontée des signes zodiacaux correspondant au mois en cours, inscrits dans un demi-cercle. Ils sont entourés d’inscriptions astrologiques inscrites dans de petites cases, au-dessus et en-dessous. Cependant, quatre des miniatures correspondant à Janvier, Avril, Mai et Août, sont vierges d’inscription. Lorsqu’elles sont présentes, ces inscriptions contiennent elles aussi des informations astronomiques très détaillées. Au centre de ce demi-cercle, est représenté à chaque fois le dieu Apollon dans son char. Cette représentation est en grande partie inspirée d’un revers d’une médaille byzantine acquise par le duc de Berry, mentionnée dans un de ses inventaires, et représentant l’empereur Héraclius dans un char semblable.

L’HOMME ANATOMIQUE

On trouve cette miniature à la fin du calendrier. Un tel thème ne se retrouve dans aucun autre livre d’heures de cette époque. Elle représente l’influence des astres sur l’homme. Il se peut qu’elle soit inspirée d’ouvrages traitant de médecine ou d’astrologie. Plusieurs manuscrits avaient déjà représenté un homme dont les différentes parties du corps sont reliées à un des douze signes du zodiaque. L’originalité tient ici dans le dédoublement de l’homme et la double mandorle qui l’entoure, dans laquelle sont reproduits à nouveau les signes du zodiaque.

ASTROLOGIE ET SANTE AU MOYEN AGE

L’Homme-zodiaque

Dans chaque coin supérieur de la miniature sont peintes les armes du Duc de Berry : « Trois fleurs de lys d’or sur fond d’azur avec bordure engrêlée de gueule ». Dans chaque coin inférieur, on trouve le chiffre « VE » ou « UE » enlacés. Ces lettres ont fait l’objet d’interprétations diverses : il s’agit soit d’une allusion aux premières lettres d’une devise du duc « En Vous » ; soit d’une allusion à la première et dernière lettre du nom « Ursine ». Ce nom fait lui-même l’objet d’une double interprétation : soit Saint Ursin, le patron du duché de Berry, soit le nom d’une maîtresse que le duc aurait connu en captivité en Angleterre. Ce nom se retrouve dans les symboles héraldiques parlants qui parsèment à plusieurs reprises les marges du manuscrit : l’ours et le cygne.

Chaque coin est complété par quatre inscriptions latines décrivant les propriétés de chaque signe du zodiaque selon les quatre complexions : chaud, froid, sec ou humide ; les quatre tempéraments : colérique, mélancolique, sanguin et flegmatique et les quatre points cardinaux : « Le Bélier, le Lion et le Sagittaire sont chauds et secs, colériques, masculins, orientaux », en haut à gauche. « Le Taureau, la Vierge et le Capricorne sont froids et secs, mélancoliques, féminins, occidentaux », en haut à droite ; « Les Gémeaux, la Balance et le Verseau sont chauds et humides, masculins, sanguins, méridionaux » en bas à gauche ; « Le Cancer, le Scorpion et les Poissons sont froids et humides, flegmatiques, féminins et septentrionaux », en bas à droite.

La miniature datant d’avant 1416 est attribuée à l’un des frères de Limbourg. 

RAMPE DU CHATEAU DE CHANTILLY

Le Bélier – Rampe de l’escalier du Château de Chantilly

 

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DANS L’HERBIER DE LA BALANCE… LA MELISSE

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 19-10-2013

La mélisse doit son nom aux abeilles que ses fleurs attirent particulièrement et puis en grec « melissa » signifie « abeille ». Elle est d’ailleurs originaire du pourtour oriental de la Méditerranée car elle pousse spontanément dans les régions chaudes tout en s’acclimatant très bien un peu partout dans les jardins. Elle s’est d’ailleurs répandue dans toute l’Europe dès l’Antiquité et les Romains l’introduisirent en Grande-Bretagne. La mélisse est une plante vivace facile qui pousse très bien au soleil comme à l’ombre. Elle aime les sols plutôt frais et trouve très bien sa place dans les jardins de curés et les jardins médiévaux. C’est une plante qui jouissait d’un grand renom dans le passé pour ses propriétés antispasmodique, digestive et calmante.

MELISSE EN FLEURS

Mélisse en fleurs

Ce sont les médecins arabes qui furent les premiers à vanter les vertus de la mélisse. Avicenne disait d’elle qu’elle « rend le cœur joyeux et content, et affermit les esprits vitaux ». Leurs confrères français leur emboîtèrent le pas en la prescrivant dans une gamme impressionnante de maladies : apoplexie, épilepsie, léthargie, mélancolie, manie, surtout sous forme d’une eau distillée dont la réputation comme élixir de jouvence égalait celle de l’eau de la Reine de Hongrie.

Nos grands-mères faisaient amplement usage de la plante séchée ou de son alcoolat, l’eau de mélisse, connue depuis plus de trois siècles sous le nom d’eau des Carmes.

LA MELISSE - PLANCHE BOTANIQUE 

La Mélisse – Planche botanique

La mélisse est une plante vivace, haute de 30 à 80 cm, à tiges dressées à section carrée. Elle porte de petites feuilles ovales, gaufrées et dentelées, un peu velues qui exhalent un parfum doux et citronné quand on les froisse. C’est une plante aromatique au feuillage vert vif et à l’odeur citronnée. Elle porte des fleurs, petites, blanches ou bleuâtres, réunies par groupe de trois à six à l’aisselle des feuilles. Ce sont d’ailleurs les sommités fleuries et les feuilles, séchées à l’ombre, qu’on utilise. On les récolte juste au moment de la floraison et plus tard l’odeur agréable de citron qu’elles dégagent lorsqu’on les froisse entre les doigts prend un vague relent de punaise.

Les tiges et les feuilles sont toujours utilisées comme tonique et stimulant léger. Le goût est astringent et l’arôme léger. L’alcool est obtenu par distillation de ses feuilles fraîches : l’eau de mélisse a des propriétés antispasmodiques. La mélisse peut aussi être consommée sous forme de tisanes.

L’infusion se prépare avec 20 à 30 grammes de feuilles ou de sommités fleuries pour un litre d’eau bouillante. Laisser infuser 10 minutes : 4  5 tasses par jour sont indiquées contre les digestions pénibles, les vertiges et bourdonnements d’oreille, les palpitations et les coliques nerveuses, l’insomnie, les maux de tête et les troubles divers si fréquents chez les sujets nerveux. La tisane de mélisse est particulièrement recommandée contre les crampes et douleurs utérines dont beaucoup de femmes se plaignent au moment de leurs règles. Elle procure aussi, mise au frais, une excellente boisson rafraîchissante et tonique pour l’été.

L’eau des Carmes, dans un peu d’eau tiède, a les mêmes vertus. Quelques gouttes sur un morceau de sucre constituent un remède classique en cas de syncope, d’aérophagie et d’indigestion. Voilà qui était très appréciée au XIXe siècle.

Les polyphénols de la mélisse sont antiviraux : contre l’herpès qui produit des vésicules blanchâtres, une infusion appliquée régulièrement sur les lésions élimine les éruptions en quelques jours et en réduit la fréquence d’apparition.

En cuisine, la mélisse donne une saveur fraîche aux viandes, volailles, poissons, salades de fruits et de légumes, aux soupes et aux puddings. Elle est utilisée en Espagne pour aromatiser le lait. Elle entre dans la composition de certaines liqueurs comme la Bénédictine.

EAU DE MELISSE DES CARMES BOYER 

Eau de Mélisse des Carmes Boyer

C’est à partir du XVIIe siècle que la mélisse officinale connue le succès en France. C’est l’époque où les Carmes ont mis au point la fameuse eau de mélisse qui soulageait les dames de la Cour du Roi-Soleil sujettes à des malaises nerveux. Même le cardinal de Richelieu gardait à portée de main son flacon pour soigner ses migraines.

Cette eau de Mélisse appelée aussi eau des Carmes est un cordial, c’est-à-dire une potion qui stimule le fonctionnement du cœur et un tonique justement utilisé contre les migraines. La recette originale de l’eau de mélisse comprenait quatorze plantes, dont la mélisse, et neuf épices. L’Eau de mélisse des Carmes Boyer est de loin, avec une recette et un flaconnage pratiquement inchangé depuis 1611, le plus vieux produit du monde.

MELISSE 

Bibliographie

Nos grand-mères savaient – Jean Palaiseul – Editions Robert Laffont

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UN MYTHE BALANCE… ORPHEE AU NOM LUMINEUX

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME, 6.6.7 - LES MYTHES DE LA BALANCE ET DE VENUS) par sylvietribut le 16-10-2013

A travers les mythes de la Balance, on rencontre des histoires de couple, des êtres dont les noms sont à jamais inséparables. Mais aussi des récits amoureux qui se déroulent aux frontières de la mort, des interdictions de regarder et des jeux de séduction qi passent par le regard. On s’y donne à voir, mais qui voit ou qui est vu s’expose à tuer ou à mourir.

Ou bien encore des histoires d’êtres écartelés entre des pulsions contraires. Ils cherchent passionnément à être justes, mais trancher leur coûte lus qu’à quiconque.

ORPHEE ET SA LYRE 

Orphée et sa lyre

Orphée n’échappe pas à ces lois. Fils d’un roi de Thrace selon les uns, d’Apollon selon d’autres, Orphée apparaît avant tout comme dispensateur d’harmonie. La force de cette harmonie autour de lui répandue apaise les grands fauves, fait chanter la nature et les pierres elles-mêmes, qui le suivent, tout comme les arbres. Toutes les bêtes viennent à lui, des plus douces aux plus féroces. Orphée séduit l’univers par sa voix, son chant, sa lyre. Il incarne la musique, sublime et violente tour à tour, qui accompagne les Ménades dans leurs danses, leur prodigue l’ivresse qui les fait tournoyer et induit leur transe sacrée.

Est-il un Hellène venu apporter les paroles de sagesse au Thraces barbares, en tant que fils d’Apollon ? Ou est-il le Thrace sauvage, fils du roi Oeagre, soumis au pouvoir de Dionysos, y cédant ou cherchant à y échapper ? Condamné, de toute façon, à hésiter, sur le mode Balance, entre Apollon et Dionysos, et à tenter de réconcilier ces dieux inconciliables, celui de la mesure et de l’esprit céleste, et celui de la vie luxuriante et débridée.

S’il vient de cette terre chamanique d’où émergent des énergies puissantes et magiques, on conçoit qu’il soit entendu des fauves et, s’il peut les dominer, c’est qu’il en est un lui-même.

calliope 

La Muse Calliopé Mère d’Orphée

Cependant, s’il est fils d’un roi de Thrace, sa mère, Calliopé au beau visage, est une des sept Muses. C’est elle qui lui enseigna la musique. Et c’est d’elle, peut-être, qu’il tiendra ses dons, ses talents incomparables. Calliopé était la Muse de l’éloquence et de la poésie, arts qu’Orphée maîtrisa mieux que quiconque.

Est-il d’abord poète ou d’abord musicien ? La magie vient-elle de son verbe, avant de sortir de sa flûte ou de sa lyre ? Qui peut le dire ?

Sa voix, sans doute, est l’outil dont il joue à la perfection, mieux que de n’importe quel instrument. Parole et chant.

CONSTELLATION DE LA LYRE

Constellation de la Lyre

La constellation de la Lyre l’accueillera lorsqu’il achèvera son étrange destinée.

Instrument des débuts de la musique, la lyre évoque ce chant « lyrique », ce « bel canto » qui exige une si rigoureuse perfection, une émotion si maîtrisée et si profonde qu’il galvanise encore aujourd’hui des foules presque fanatiques…

L'ARGO ET JASON

L’Argo et Jason

On lui prête, peut-être de façon fantaisiste mais richement symbolique, un voyage en Egypte, avant qu’il rejoigne les Argonautes sur le vaisseau de Jason. Ou peut-être en cours de route, après avoir accompli sa tâche. On s’en souvient, il devait, à bord de l’Argo, marquer la cadence des rameurs, apaiser les tempêtes, surpasser le chant des sirènes, distraire les marins atteints du mal du pays. Quoi qu’il en soit, c’est à son retour qu’il rencontre la dryade Eurydice et l’épouse. Le nom d’Eurydice signifie Grande Justice. N’est-on pas là encore au royaume de la Balance ? Mais on l’appelle aussi parfois Agriopé, « au visage féroce »… Ce qui fera surgir d’autres questions, suggèrera d’autres interprétations.

LA LYRE D'ORPHEE 

Bibliographie

Dieux et Héros du Zodiaque – Joëlle de Gravelaine – Robert Laffont

Dictionnaire de la Mythologie – Michael Grant & John Hazel – Marabout

 

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CORRESPONDANCE ASTROLOGIQUE DES VEGETAUX

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 12-10-2013

Pétrone, dans le « Festin de Trimalcion » décrit un banquet offert par l’affranchi, où chaque invité se voit offrir des mets en accord avec son signe zodiacal. Depuis fort longtemps, en effet, on a établi des correspondances entre les astres et les produits de la nature, en particulier les végétaux qui sont, plus que les autres, soumis à un rythme annuel.

Dès l’invention de l’imprimerie, une profusion d’almanachs, d’herbiers et de codex propagea cette idée qui fut profondément ancrée, même dans les milieux scientifiques, jusqu’à la fin du XVIIe siècle. Dans son traité « Semiotica Uranica (les significateurs astrologiques), Nicholas Culpepper (1616-1684) résume ainsi ce qui était tenu pour une loi naturelle : « L’admirable harmonie de la Création peut être constatée en regardant l’influence des étoiles sur les plantes et le corps de l’homme ».

Les principales corrélations entre les signes, leurs planètes dominantes et les végétaux s’établissent ainsi :

Ail_rose

Gousse d’ail

BELIER (MARS) – Oignon, ail , coriandre, gingembre, poivre, piment, moutarde, anémone, chardon.

Fraise 

Fraises

TAUREAU (VENUS) – Amande – abricot – figue – fraise – pêche – pomme – raisin – blé – oseille – plantain – thym – citronnelle – bardane – sauge – menthe – tussilage.

Fenouil

Fenouil

GEMEAUX (MERCURE) – Fenouil – persil – noix – valériane – séné – carvi – douce-amère – lin – sarriette – réglisse – aneth.

laitue

Laitue

CANCER (LUNE) – Chou – caroube – concombre – endive – laitue – cresson – champignon – hysope – courge – romarin – saxifrage – pourpier.

LE SAFRAN 2

Fleur de safran

LION (SOLEIL) – Tous les agrumes – cannelle – safran – riz – laurier – pissenlit – tournesol – noix – angélique – pimprenelle – centaurée. 

marjolaine

Marjolaine

VIERGE (MERCURE) – Gombo – bourrache – calament – marjolaine – fenouil – menthe verte – salsepareille.

GROSEILLES ROUGES

Groseilles

BALANCE (VENUS) – Aunée – pois chiche – ancolie – groseille – vulnéraire – pêche.

Myrtilles

Myrtilles

SCORPION (MARS) – Basilic – chardon – oignon – salicorne – laitue – myrtille – groseille.

FIGUES

Figues

SAGITTAIRE (JUPITER) – Asperge – bétoine – figue – sauge – framboise – persil.

Celeri_rave

Céleri rave

CAPRICORNE (SATURNE) – Orge – thym – coing – lierre – céleri – houblon – radis –chicorée.

CAPUCINES 

Capucines

VERSEAU (URANUS) – Toutes les céréales – camomille – tilleul – artichaut – asperge – benoîte – laurier – marjolaine – sauge – capucine.

bourrache-fleur

Bourrache

POISSONS (NEPTUNE) – Aunée – angusture – anis – bourrache – tussilage – poire – épinard – pavot – chanvre indien.

 rameau de romarin

Bibliographie

Dictionnaire de l’astrologie – Jean-Louis Brau – Larousse 

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LES ETOILES FIXES DE LA BALANCE

(5.7 - CONSTELLATIONS ET ETOILES FIXES) par sylvietribut le 08-10-2013

Bilancia

 

 

 

 

 

 

 

 

LES ETOILES FIXES DE LA BALANCE                                                 

ZANIAH – 3°51 Balance – De la nature Mercure-Vénus – Bénéfique* – Honneur – Amabilité.

YINDE MIATRIX* – 8°58 Balance – De la nature Mercure-Saturne et Vénus-Saturne – Risque de veuvage Revers et déception – Fausseté – Disgrâce – Vol.

CAPHIR – 9°12 Balance – De la nature Mercure-Saturne – Bénéfique* – Caractère raffiné et aimable. Sens prophétique – Courtoisie.

AL GORAB – 12°50 Balance – De la nature Mars-Saturne – Tendances à la destruction – Vol.

SEGINUS – 16°39 Balance – De la nature Mercure-Saturne – Pertes par amis et compagnies – Imprudent – Rusé.

FORAMEN – 22°08 Balance – De la nature Jupiter-Saturne – Dignité – Profit – Acquisition – Danger pour les yeux.

L’EPI ou SPICA* – 22°52 Balance – De la nature Mercure-Vénus-Mars – Bénéfique* – Talents de sculpteur Talents culinaires – Dons occultes – Succès – Renom – Richesses – Elévation par les sciences et les arts.

ARCTURUS** – 23°15 Balance – De la nature Mars-Jupiter – Bénéfique* – On l’appelle « le grand hurleur », « le gardien de l’Ours », « le gardien du Nord ». Effets : dépositaires des finances des princes, donc un lien en rapport avec le Trésor Public – Richesses – Honneurs – Réputation – Hautes charges – Dons scientifiques – Voyages favorisés.

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LA BEAUTE DE VENUS

(5.3.4 - VENUS) par sylvietribut le 04-10-2013

Vénus est parfois considérée comme la sœur jumelle de la Terre, et il est vrai que les diamètres des deux planètes, respectivement 12 231 km et 12 757 km, sont proches, tout comme leurs masses. Vénus effectue sa révolution autour du Soleil en 225 jours, séparée de lui par 108 millions de kilomètres. Elle fait ainsi partie du système solaire intérieur et c’est donc, aussi, une planète tellurique. En conséquence, vue de la Terre, Vénus, comme Mercure, semble passer très près du Soleil, ne s’en écartant jamais de plus de 48°.

Vénus gravite autour du Soleil en 225 jours, alors que sa rotation sur elle-même s’effectue en 243 jours. En outre, cette rotation axiale est rétrograde, c’est-à-dire qu’elle s’effectue en sens inverse du mouvement orbital, ce qui est tout à fait exceptionnel dans le système solaire. Vénus est donc une planète à part, non seulement en raison de sa très grande beauté, mais aussi par ses caractéristiques orbitales et physiques.

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Vénus

On voit d’autant plus une planète qu’elle réfléchit mieux la lumière solaire. Or, le dense nuage d’atmosphère entourant Vénus présente justement la particularité de réfléchir une grande partie de cette lumière du Soleil. Lors de certaines de ses phases, la planète brille plus que tout autre objet céleste, à l’exception du Soleil et de la Lune. Lorsqu’il fait beau et par nuit noire, il est même possible d’observer que la lumière blanc bleuté de « l’étoile du Berger », forme, sur notre planète, des ombres portées.

Lorsqu’on compare la valeur symbolique de Vénus dans les différentes mythologies, on y trouve autant de différences que de similitudes. La lumière de cette planète, qui semble en général bénéfique en Occident, est considérée comme maléfique par l’astrologie traditionnelle chinoise. En Chine, Vénus est appelée la « Grande Blanche », du fait de sa couleur ; le blanc y est souvent associé à la malchance, au mauvais augure et aux fantômes. Lorsque la Grande Blanche apparaît dans le ciel, elle présage la violence du châtiment. Cela est dû au fait qu’elle est un principe négatif, d’obscurité, le yin, et non un principe positif, la lumière, le yang.

Lorsque la Grande Blanche apparaît pendant le jour, ce qui se produit juste après le lever du Soleil, ou même parfois juste avant son coucher, lorsque Vénus se trouve à sa distance maximale du Soleil, cela signifie que le yin domine le yang, et que l’empereur de Chine va entrer en conflit avec certains de ses sujets. Toutefois, la signification donnée à cette apparition diurne dépend bien souvent des circonstances ; c’est ainsi, par exemple, que six jours après que Li Yuan se fut emparé du trône, à la suite de la chute de la maison des Sui, pour fonder l’illustre dynastie Tang, qui devait durer trois siècles, la Grande Blanche apparut dans le ciel bleu du plein jour, le 24 juin 618, et ce phénomène fut considéré comme une bénédiction céleste. Le second nom de la Grande Blanche, « Feu métallique », identifie la planète au métal, l’un des cinq éléments métaphysique chinoise, et établit un lien entre la lumière vive de Vénus et les reflets métalliques des armes.

Le côté guerrier de Vénus est particulièrement marqué dans les mythes mayas. Cette planète y est notamment identifiée à la lumière du jour et au dieu de la Pluie, Chac, qui lui-même fut identifié à Tlaloc, le dieu aztèque de la Pluie et des Cataclysmes. Au IVe siècle, les Mayas instituèrent un rite guerrier en l’honneur de Tlaloc et de Vénus, qui impliquait la conquête de territoires et l’enlèvement de victimes sacrificielles. D’autre part, ils se référaient aux cycles de Vénus et de Jupiter pour décider du lieu et de la date où devaient se livrer les batailles.

dieu-quetzalcoatlus

Quetzalcóatl

Cependant, ce n’est là qu’une facette du rôle majeur joué par Vénus dans les civilisations d’Amérique centrale. Le dieu le plus important, le Serpent à plumes, Quetzalcóatl, correspondait à Vénus en tant qu’étoile du matin, celle qui se lève à l’est juste avant l’aube. Dans le codex de Dresde, qui date du XIIe siècle, les phases de Vénus apparaissent clairement, ce qui permet de mieux comprendre le système du calendrier rituel des Mayas, intégralement fondé sur l’observation de cette planète.

Les astrologues d’Amérique centrale ont eu très tôt une connaissance précise de la durée de la révolution synodique, 584 jours, et des phases de Vénus, tour à tour étoile du matin et étoile du soir. Le tableau des données relatives à Vénus recense 65 cycles de 584 jours, soit 37 960 jours. Dans le calendrier maya, ce nombre correspond à 146 années sacrées de 260 jours et à 104 années solaires de 365 jours. Impressionnés par ces correspondances, les Mayas ont vu en Vénus la planète la plus importante. Dans l’iconographie maya, le dieu planétaire Quetzalcóatl est représenté lors de son lever héliaque, à savoir sa première apparition, à l’aube, dans la région de l’horizon où le Soleil va se lever, lançant les dards de ses rayons et transperçant ses ennemis ; dans certaines régions du Mexique, Vénus inspirait la terreur. Chez certains peuples, on fermait les fenêtres et les portes avant le lever du Soleil pour se protéger contre les rayons maléfiques de Vénus qui, pensait-on, apportait la maladie et la mort lorsqu’elle se levait en même temps que le Soleil. 

ASHTART

Ashtart ou Ishtar

Les astrologues mésopotamiens considéraient Vénus d’une toute autre manière qu’en Occident, où elle symbolise l’amour. Dans la civilisation sumérienne, la divinité vénusienne était Inanna, mais cette déesse a progressivement disparu en fusionnant avec Attar, dieu sémitique adopté par les Mésopotamiens. Ce dieu s’est ensuite appelé Ashtart, ou Ishtar, divinité vénusienne alternativement des deux sexes : Ashtart est un personnage masculin quand il est l’étoile du matin, mais devient féminin lorsqu’il est l’étoile du soir. Pour ajouter encore à la confusion, mais aussi à la richesse de ce personnage mythologique, Ashtart a été également assimilé à Astarté, qui est notamment à l’origine de notre fête de Pâques.

Sous son aspect féminin, Ashtart est un élément de la grande trinité mésopotamienne que forment le Soleil, la Lune et Vénus. Elle est la fille de Sin, la Lune, et la sœur de Shamash, le Soleil. Dans ses temples officiaient des prostituées sacrées, parce que l’activité amoureuse était censée favoriser la fertilité de la terre et la fécondité des troupeaux. Cette dimension sexuelle de la divinité a conduit ensuite à son assimilation à Aphrodite, déesse grecque de l’Amour charnel.

Dans la mythologie romaine, Vénus est équivalente à la grecque Aphrodite et à l’étrusque Turan. Elle semble dériver de la déesse Inanna des Sumériens. Après son assimilation à Aphrodite, Vénus est, par imitation, la déesse de la beauté, et la mère de Cupidon, dieu de l’amour, et fille de Gaïa et d’Ouranos. Toujours selon la légende d’Aphrodite, elle est la femme de Vulcain, dieu forgeron et de la métallurgie. Cependant, elle le trompe avec son frère, Mars, le dieu de la guerre. Dans les récits fondateurs romains, et notamment l’Enéide de Virgile, elle est la mère du héros troyen Enée. Pour les alchimistes, elle représente le cuivre car elle était née à Chypre dont le nom grec a donné en latin « cuprum », le cuivre.

VENUS - NYMPHE BERGAMA MUSEUM - TURQUIE 

Vénus – Nymphe Bergama Museum – Turquie

Le culte de Vénus commença à Ardea et à Lavinium dans le Latium. Son plus vieux temple fut bâti le 18 août 293 avant Jésus-Christ. Le 18 août fut alors le jour de festivités appelées Vinalia rustica. Le 1er avril, les Veneralia étaient célébrées en l’honneur de Vénus Vericordia, protectrice de la chasteté féminine.

Le 23 avril 215 avant Jésus-Christ, le dictateur Fabius Maximus ordonna un temple qui fut construit sur le Capitole et dédié à Vénus Erycina étant désormais considérée comme la libératrice de Rome contre les Carthaginois. Ensuite, Jules César introduisit la Vénus Genitrix comme déesse de la maternité et du foyer, et en tant que mère d’Enée dont il affirmait descendre, et Pompée érigea un temple en l’honneur de la Vénus Victrix, la Vénus victorieuse.

Très tôt Vénus s’approprie les attributs de la déesse Aphrodite. Ainsi le miroir et la ceinture magique, le ceste, qu’elle prêtait parfois à Héra pour raviver l’amour de son époux volage, où étaient renfermées les grâces, les attraits, le sourire engageant, le doux parler, le soupir le plus persuasif, le silence expressif et l’éloquence des yeux, qui font partie des atouts de Vénus. C’était le cadeau de mariage de Zeus.

L’antiquité gréco-romaine diversifie le processus de symbolisation par la double figure d’Aphrodite/Vénus. Elle commence à représenter de grands thèmes sociétaux comme, en plus de la fertilité, la prospérité, la victoire militaire et bien sûr la sexualité. Des formes archétypales et esthétiques commencent à se préciser, comme celle de l’Aphrodite de Cnide qui devient un véritable lieu commun dans la sculpture antique. Elle aurait été diffusée jusque dans la mythologie agraire et nourricière des Gaules, où l’on retrouve des statuettes stratégiquement placées dans les tombes, les sources, les maisons et les temples.

BOTTICELLI - LA NAISSANCE DE VENUS

La Naissance de Vénus – Botticelli – Musée des Offices – Florence – Italie

Il faut attendre la fin du Moyen Age et la Renaissance occidentale pour voir entrer le motif de Vénus dans une véritable interprétation artistique, essentiellement fondée sur l’appropriation des motifs de l’Antiquité dans l’art classique et néo-classique. Le thème vénusien est un grand favori et des œuvres comme celle de la « Naissance de Vénus » ou « Vénus anadyomène » sont variées à l’infini. Vénus dans le tableau de Botticelli est sans doute la plus célèbre.

Ces appropriations, si elles témoignent de la valorisation de l’héritage gréco-romain par les Européens, laissent transparaître également certaines visions de leurs contemporains sur le rapport au corps, à l’érotisme et à la sexualité, à la subversion et la transgression. Si c’est la Vénus déesse de l’amour qui est privilégiée, elle est parfois traitée en corrélation, souvent sur le mode du conflit moral, avec la figure chrétienne de Marie, comme par exemple dans l’œuvre de Boccace. Cependant, ces visions se révèlent essentiellement « in absentia » dans la mesure où Vénus fait partie des quelques figures que l’on peut montrer nues sans scandale, privilège réservé aux figures antiques et quelques figures religieuses. C’est seulement avec l’art moderne que la question de la nudité, réinsérée dans le contexte du naturalisme et du réalisme, repose plus explicitement des questions sociétales. L’analyse des historiens de l’art de la figure vénusienne privilégie le traitement esthétique et psychanalytique du désir libidinal, plus ou moins contraint ou libéré, qui symboliserait la violence de la société par rapport à la représentation du corps physique, d’abord dans son extériorité et ses rapports au corps social et parfois dans son intériorité et ses rapports au corps médical, par exemple à travers la Vénus des Médecins.

« La Naissance de Vénus » est un tableau majeur de Sandro Botticelli, peint ver 1485 et conservé au Musée des Offices à Florence. Il fut peint selon la technique de la tempera. Cette œuvre est une allégorie : la Vénus mythologique dans sa forme anadyomène. La jeune femme qui servit de modèle pour cette Vénus est Simonetta Vespucci. C’était la femme de Marco Vespucci et la maîtresse de Julien de Médicis. Elle était considérée comme la plus belle femme de son époque. Malheureusement, elle est décédée à l’âge de 22 ans d’une pneumonie, en 1476. Tous les portraits célèbres de Botticelli la représentant sont posthumes : « Portrait de Simonetta Vespucci » (1476-1480), Portrait de Simonetta Vespucci (1480), Vénus et Mars (1480), « La naissance de Vénus » (1485), « La Madonna della Melagrana » (1487). Il en est de même pour les peintures de Piero di Cosimo dans lesquels est reconnue Simonetta Vespucci : « Portrait de Simonetta Vespucci » (1480), « La Mort de Procris » (1486-1510).

Dans l’œuvre de Botticelli « La Naissance de Vénus », Vénus sort des eaux, debout dans la conque d’un coquillage géant, une coquille Saint-Jacques. A gauche, se trouvent Zéphyr et sa femme Chloris. Du ciel, tombent doucement des fleurs de myrte. Le myrte est un des symboles de la déesse Vénus. A droite, elle est reçue par un personnage féminin, l’une des Heures, fille de Zeus/Jupiter et de Thémis, ou la divinité du printemps tentant malgré le vent, de la couvrir d’un voile rouge parsemé de motifs floraux, pour cacher une nudité déjà bien dissimulée par la déesse elle-même. Cette posture témoigne que Vénus est très pudique.

La mer qu’on aperçoit un peu à l’horizon est prolongée par un paysage de côtes qui se profile derrière Heure et un bois de plusieurs arbres stylisés à feuilles assez grandes de type du magnolia se trouve à l’extrême droite du tableau. Cette mer pourrait rappeler celle dans laquelle les organes génitaux de son père Ouranos sont tombés, mutilés par son fils Saturne qui ensuite le détrôna. L’ambiance générale de la scène est calme comme la mer qui supporte le coquillage, avec seulement quelques ondelettes, elles aussi stylisées et régulièrement espacées, surmontées à l’écume (aphros) donnant naissance à la déesse.

Myrte

Le myrte un des symboles de Vénus

Bibliographie

Le Langage secret des Etoiles et des Planètes – Geoffrey Cornelius et Paul Devereux – Editions Solar

 

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