L’ASTROLOGIE DANS LES MONUMENTS… LA BASILIQUE DE VEZELAY

(6.3.1 - En France) par sylvietribut le 24-11-2013

Fondée au IXe siècle, le monastère passe en 1050 sous l’invocation de Sainte Marie-Madeleine dont il conserve les reliques. Les miracles qui se produisent sur le tombeau de la sainte attirent bientôt une telle foule de pénitents qu’il faut agrandir l’église carolingienne. En 1120, un violent incendie éclate la veille du 22 juillet, jour de grand pèlerinage, détruisant toute la nef et tuant plus de mille pèlerins. Les travaux reprennent aussitôt et la nef est rapidement reconstruite puis, vers le milieu du XIIe siècle, l’avant-nef ou narthex sont terminés. Il en sera de même en 1215 pour le chœur romano-gothique et le transept sont terminés.

Un autre problème attend Vézelay. En effet, au VIIe siècle, un autre lieu de pèlerinage affirmait détenir les reliques de Sainte-Marie-Madeleine : la Sainte-Baume en Provence. A la fin du XIIIe siècle, le différend qui oppose les deux sites les amène à faire appel au Pape, qui invite à se référer à la tradition la plus ancienne : les pèlerinages à Vézelay s’espacent donc, les foires et les marchés perdent de leur importance. Il faudra attendre 1920 pour que l’ancienne abbatiale, devenue église paroissiale en 1791, devienne basilique.

BASILIQUE DE VEZELAY

Le tympan de la basilique de Vézelay

Quoi qu’il en soit la basilique de Vézelay est un joyau architectural et un livre d’ésotérisme ouvert en permanence. En effet, c’est en 1976, après plus de huit siècles, que l’un des pères franciscains chargés depuis 1966 de la desserte du sanctuaire de Vézelay, Hugues Delautre, découvre que non seulement l’axe d’orientation de la basilique, mais aussi sa structure interne, ont été déterminés en tenant compte de la position de la terre par rapport au soleil. Ainsi, chaque année, la fête de Saint Jean-Baptiste révèle les dimensions cosmiques de l’église : au plein midi du solstice d’été, quand le soleil est en culmination par rapport à la terre, la lumière venue des fenêtres sud projette des flaques lumineuses qui s’établissent dans le plein milieu de la nef avec une rigoureuse précision. En même temps, les archives franciscaines datant du XVIe siècle nous apprennent que la basilique occupe une colline au nom évocateur de « Monte Scorpio ». Une vision aérienne de la colline permet de comprendre pourquoi un tel nom, elle n’a ni plus ni moins que la forme de cet arachnide. Autre singularité, le 22 juillet, date anniversaire de Marie-Madeleine, on peut constater que la constellation du Scorpion se trouve juste au-dessus de la Basilique. Marie-Madeleine n’est autre que la prostituée de l’Evangile, personnage de la mythologie Scorpion.

On peut également constater que la construction de la basilique a connu de nombreuses transformations. Mutations et transformations sont le propre de la symbolique du Scorpion. Elle commence par occuper la vallée, au pied de la colline, avant de trouver sa place définitive au sommet de ce Mont Scorpion. De même, son fondateur va connaître une profonde évolution. Il s’appelait Girard de Roussillon, il était le vassal du Roi de France, c’est-à-dire qu’il servait le Roi militairement. Il va abandonner sa fonction martienne de guerrier pour se consacrer à la construction d’un monastère. Quant à moi, c’est un Scorpion qui m’a fait visiter Vézelay et ses environs.

VEZELAY - NARTHEX - TYMPAN CENTRAL

Basilique de Vézelay – Narthex Tympan central

Le tympan du portail central est l’un des plus grands chefs-d’œuvre de l’art roman en France. Il représente la création historique de l’Eglise, avec le Christ bénissant les apôtres et leur assignant leur mission de convertir les nations, thématique absolument unique dans l’art roman. Toute la scène tourne autour du Christ en gloire dont le visage impassible contraste avec sa position en forme d’éclair et le mouvement tourbillonnant de ses vêtements. Des rayons partent latéralement de ses mains en direction des douze apôtres, tel le soleil au centre d’un zodiaque. Les douze apôtres tiennent à la main le livre Sacré et sont prêts à partir aux quatre coins du monde. Ce monde est représenté dans toute sa diversité. On peut reconnaître d’abord deux apôtres en train d’écrire, puis les Juifs, les Cappadociens, les Arabes, les Cynocéphales censés habiter aux Indes, les Phrygiens, les Byzantins et les Arméniens. Dans la première voussure entourant ce tympan, on reconnaît les signes du zodiaque et les travaux correspondant à la période de l’année : en Sagittaire, en décembre, on tue le cochon… en Bélier, en avril, on taille la vigne… Les douze signes et ces douze travaux évoquent aussi bien les douze travaux d’Hercule, que le temps et les 24 heures.

La basilique de Vézelay est entrée au patrimoine mondial de l’humanité de l’Unesco en 1979.

Vézelay se trouve aux confins du Morvan et occupe les pentes et le sommet d’une colline qui domine la vallée de la Cure, dans le département de l’Yonne, en Bourgogne. L’origine du nom est certainement « Visiliacum », de « ves », désignant une montagne et que l’on pourrait rapprocher de celle du Vésuve… le volcan… nous voilà de nouveau dans le monde du Scorpion. Et puis, c’est ici que se rejoignent la terre et le ciel. 

A la grande époque du pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle, la ville abrita jusqu’à 10 000 personnes dans les maisonnettes et caves de pèlerins, le long de ses ruelles escarpées. Sauvée de la ruine par Prospère Mérimée, elle a repris sa vie de haut lieu de la spiritualité. 

« Voici le superbe, l’immense vaisseau dressé face à l’Est magnétique, fier et de si haut. Gardé par des bastions plus altiers encore au-dessus d’un énorme rocher, il vogue droit vers le soleil levant, l’éventre, l’éclabousse d’écume, s’en recouvre et, le soir, se charge d’or et de pourpre avant de s’enfoncer dans les étoiles, ah, Vézelay… » – Jules Roy

Chaque année, ce sont des centaines de milliers de visiteurs qui parcourent la butte. Colline éternelle, haut lieu de l’art chrétien. Vézelay est une colline inspirée où souffle l’Esprit. De nombreux intellectuels, écrivains et artistes, sont venus ici et ont même pris racine. Parmi les plus connus : Théodore de Bèze, Romain Rolland, Paul Claudel, Pablo Picasso, Maurice Clavel, Max-Pol Fouchet, Jules Roy auteur notamment de « Vézelay ou l’amour fou ».

BOURGOGNE - SAINTE-MADELEINE DE VEZELAY - IXe SIECLE

Vézelay au Mont Scorpio

Bibliographie : Bourgogne – Guide Vert Michelin 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tagged Under : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

DANS LE BESTIAIRE DU SCORPION… LA SALAMANDRE

(09 - LES ANIMAUX DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 24-11-2013

Voilà une espèce de triton que les Anciens supposaient capable de vivre dans le feu sans y être consumé. La salamandre fut identifiée au feu dont elle était une manifestation vivante. A l’inverse, on lui attribuait aussi le pouvoir d’éteindre le feu à cause de son exceptionnelle froideur. Chez les Egyptiens, la salamandre était un hiéroglyphe de l’homme mort de froid. Cependant, elle possède la capacité de régénérer certaines parties de son corps après amputation. Cette capacité de régénération n’est pas sans analogie avec le Scorpion.

Une fausse missive, rédigée au XIIe siècle, mentionnait qu’un pays lointain produisait des vers appelés « salamandres » : « Les salamandres vivent dans le feu et font des cocons que les dames des palais dévident et utilisent pour tisser des étoffes et des habits. Pour laver et nettoyer ces étoffes, elles les jettent au feu ». Cette thématique se retrouve chez d’autres auteurs qui ajoutent qu’un tissu fait en poils de salamandre ne peut se consumer, ou même que la peau de l’animal ne peut brûler. Ce tissu en soie ou en poils de salamandre pourrait en fait être un textile d’amiante. Ils se vendaient des peaux de salamandres et se formaient ainsi un témoignage irréfutable de l’existence de cet animal légendaire. Pline l’Ancien mentionnait déjà des étoffes incorruptibles qui se nettoyaient dans le feu. De son côté, Marco Polo précisait que « la salamandre était une étoffe et non un animal ».

SALAMANDRE DE LA GALERIE FRANCOIS 1er - CHATEAU DE FONTAINEBLEAU

Salamandre de la Galerie François 1er – Château de Fontainebleau

La salamandre va connaître un succès sans précédent sous François 1er qui l’adopte comme corps de devise avant même son accession au trône. Il avait mis dans ses armoiries une salamandre au milieu du feu et adopté cette devise : « Je nourris le bon feu et j’éteins le mauvais » ou « je me nourris du bon feu et j’éteins le mauvais ». Elle est d’ailleurs représentée assise dans les flammes et crachant des gouttes d’eau. Le corps de cette devise est probablement une combinaison d’éléments de l’emblématique milanaise, François 1er a prétendu à l’époque à la succession du duché de Milan. La salamandre rappelle la guivre des Visconti et la cohabitation des flammes et de l’eau rappelle les boutefeux munis de seaux d’eau des Sforza. Les Visconti et les Sforza étaient deux grandes familles aristocrates qui régnèrent sur le duché de Milan.  

François 1er n’eut pas l’exclusivité de la salamandre car on la retrouve aussi sur les armes de Jobelot de Montureux, en France-Comté ainsi que sur celles de Despierres de Brécourt de Rochepot en Berry. Toutefois, la plupart des blasons comportant une salamandre couronnées, surtout celles de communes, sont une allusion à un rapport avec François 1er. Elle figure par exemple sur les blasons de Sarlat-la-Canéda, du Havre, de Vitry-le-François et de Gennes en Maine-et-Loire.

Dans l’iconographie médiévale, la salamandre représentait « le Juste qui ne perd point la paix de son âme et la confiance en Dieu au milieu des tribulations ».

 LA VOUIVRE DANS LE BLASON DES VISCONTI

La guivre du blason des Visconti

Pour les alchimistes, elle est le « symbole de la pierre fixée au rouge… Ils ont donné son nom à leur soufre incombustible. La salamandre qui se nourrit du feu et le phénix qui renaît de ses cendres sont les deux symboles les plus communs de ce soufre.

Le célèbre alchimiste Paracelse comptait sept races de créatures sans âme : les génies des Eléments à forme humaine mais sans âme ni esprit, qu’il désignait sous l’appellation « inanimata », les géants et les nains sur la terre. Il croyait aux génies des quatre Eléments : la Terre, par génération spontanée, produit des nains qui gardent les trésors sous la montagne ; l’Eau produit les ondines ; le Feu, les salamandres et l’Air, les elfes. Ensuite, viennent les géants et les nains issus de l’air mais qui vivent sur la terre.

La salamandre était l’être élémentaire associé à l’élément Feu des Anciens. L’animal du même nom n’était en fait qu’une représentation symbolique de l’esprit élémentaire du Feu. La salamandre est un esprit du Feu, comme Ondine est un esprit élémentaire de l’Eau, le Gnome est un esprit élémentaire de la Terre et le Sylpheum un esprit élémentaire de l’Air.

SALAMANDRE1

Salamandre

La salamandre fait partie du genre Andrias. En général, elle mesure 25 cm environ, mais certaines salamandres peuvent atteindre deux mètres de long. Des algues photosynthétiques vivent en symbiose, cas unique chez les vertébrés, à l’intérieur des cellules de l’amphibien et entourent ses œufs.

Voilà un animal tout à fait légendaire. On l’appelait aussi baffie ou lebraude. Elle était réputée vivre dans le feu et s’y baigner et ne mourir que lorsque celui-ci s’éteignait. C’est Pline l’Ancien qui la mentionne pour la première fois dans le livre X de son Histoire naturelle, déclarant : « la salamandre est si froide qu’elle éteint le feu lorsqu’elle le touche ». Un peu plus loin, il s’étonne de cette propriété et analyse que si l’animale avait réellement cette vertu, il serait utilisé pour éteindre les incendies ».  La salamandre devint une créature importante des bestiaires médiévaux ainsi qu’un symbole alchimique et héraldique auquel une profonde symbolique est attachée. Paracelse qui en faisait l’esprit élémentaire du Feu, la représentait sous l’apparence d’une belle jeune femme vivant dans les brasiers.

LA PYRALLIS

La Pyrallis

Pline mentionne un autre animal au livre XI, la Pyrallis, sorte de reptile ailé et quadrupède qui vit dans le feu des forges de Chypre : « Si elle en émerge et vole sur une courte distance, elle tombe morte car elle ne peut vivre que dans le feu ». D’après Jorge Luis Borges, la symbolique de cette Pyrallis oubliée des bestiaires aurait été englobée dans celle de la salamandre.

Augustin d’Hippone, plus connu sous le vocable Saint Augustin, philosophe et théologien, reprit la symbolique de la salamandre dans « La cité de Dieu » dans un chapitre qui s’intitule « Si les corps peuvent être éternels dans le feu ».

Dans sa « Vie », Benvenuto Cellini écrivit qu’alors âgé de cinq ans, il vit un petit reptile semblable à un lézard jouer dans feu et courut en avertir son père. Celui-ci lui révéla qu’il s’agissait d’une salamandre et lui donna une bonne fessée afin de marquer le jour et la vision dans la mémoire de son fils.

Une citation de Cyrano de Bergerac suggère que la salamandre vit sous les montagnes volcaniques comme l’Etna ou le Vésuve, qu’elle sue de l’huile bouillante et crache de l’eau-forte quand elle s’échauffe ou se bat. Ainsi si on pend le corps d’une salamandre à une crémaillère, celui-ci fait bouillir et rôtir tout ce que l’on met dans la cheminée. Quant à ses yeux, ils éclairent la nuit comme des soleils et font l’effet d’une lampe perpétuelle.

salamandre 2

La Salamandre de François Ier – Château d’Azay-le-Rideau

D’autres légendes plus tardives en font un animal extrêmement venimeux, capable d’empoisonner l’eau des puits et les fruits des arbres par sa seule présence. Dans un écrit du XVe siècle, le Rosarius, on apprend que le venin est comme une humeur laiteuse que l’animal répand pour se défendre. Dans le folklore français, on affirme que sa seule respiration suffit pour faire enfler une personne jusqu’à ce que sa peau éclate. En Auvergne, où elle était connu sous le nom de « soufflet », « souffle » ou « enfle bœuf ». On disait qu’elle tuait les troupeaux de bovins, alors qu’en Berry, sa seule présente suffisait à les faire enfler.

En Auvergne, la lebraude est un lézard noir et jaune dont la symbolique est proche de celle de la salamandre, réputé pour ne respirer qu’une fois par jour. Son souffle est empoisonné et pour s’en débarrasser, il faut l’enfermer pendant 24 heures dans un espace confiné afin qu’il soit obligé de respirer et qu’il s’empoisonne lui-même. Au XVIIIe siècle, les Bretons n’osaient pas nommer la salamandre par son nom véritable, craignant que, l’entendant, elle ne vienne leur faire du mal.

Cependant, la salamandre symbolise aussi la foi qui ne peut être détruite. Elle est comparée au Prophète Daniel qui survécut au supplice des lions, mais également aux Hébreux qui furent jetés au feu sur ordre de Nabuchodonosor mais demeurèrent intouchés par les flammes. On la également comparer à l’apôtre Paul, totalement incorruptible.

BLASON DE VITRY-LE-FRANCOIS

Blason de la ville de Vitry-le-François

Bibliographie

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

 

 

 

Tagged Under : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

HECATE A L’ORIGINE DE L’HECATOMBE

(6.1 - Etymologie) par sylvietribut le 17-11-2013

Avec Hécate nous plongeons dans une fonction terriblement redoutée de la Lune, celle d’initiatrice. L’initiation est un monde clos, fermé, hermétique. Le candidat à sa propre initiation pourra y trouver joies et bienfaits s’il réussit, mais s’il échoue de terribles conséquences attendent l’impétrant au tournant…

HECATE ET SES CHIENS

Hécate et ses chiens

Hécate possède en fait trois visages qu’elle recouvre à sa guise, comme la Lune et ses trois phases. D’ailleurs Hécate correspond à la vieille Lune, après qu’elle fut pleine. Elle s’apparente aussi à la Lune en Scorpion. Hécate comme une magicienne préside aux enchantements. En la cherchant bien, vous la trouverez aux carrefours, entourée de chiens aboyant. Ses attributs sont la torche, le fouet, la clef, le poignard et tous les symboles phalliques. Cependant, avec Hécate, il n’y a pas d’orgies, de bacchanales, de fidèles lascifs et gémissants. Hécate n’est pas une déesse de plaisir, elle n’est qu’exigence. Elle incarne le pouvoir premier de la Lune : celui de révéler.

La torche qu’elle brandit sert à éclairer la route qui mène aux Enfers. De son fouet, elle écarte la médiocrité des âmes perdues, avant d’introduire sa clef dans quelque porte scellée. Quant à son poignard, elle le réserve pour plus tard.

Hécate est une déesse chthonienne, c’est-à-dire infernale. Elle possédait un culte important en Béotie, la patrie d’Hésiode. Son ascendance est obscure. Hésiode faisait d’elle la fille de Coeos et de Phoébé, une Titanide qui garda ses privilèges après la chute des autres Titans. Mais son père pourrait tout aussi bien être Persès, ou Zeus/Jupiter lui-même. Quant à sa mère, elle a été souvent identifiée à la sœur de Léto, Astéria, bien qu’elle passe également pour la fille de Déméter ou de Phéraea. Son association à Déméter a pour origine une croyance selon laquelle toutes deux veillaient à la fertilité du sol. Cette tradition venait certainement, pour Hécate, de Carie en Asie Mineure.

HECATE - PETITE COLONNE VOTIVE

Hécate sur une petite colonne votive

Hésiode indique que Zeus/Jupiter respectait Hécate, dont le nom signifie aussi « qui étend son pouvoir au loin », plus qu’il ne le fit pour toute autre divinité, lui permettant que son pouvoir s’étende sur la terre, sur la mer et au ciel. Cependant, comme divinité chthonienne, Hécate était liée au monde des Ombres et comme Perséphone, elle passait pour être la fille de Déméter.

Hécate présidait à la magie et Médée invoqua son aide pour accomplir ses sortilèges, à Colchos puis plus tard à Corinthe. Les carrefours avaient un grand rôle dans les rites de magie qui se pratiquaient très souvent à ces endroits. Hécate n’était pourtant pas identifiée à Artémis mais on la désignait comme « l’Artémis des carrefours ». On la représentait avec trois têtes portant des torches, toujours avec ses chiens.

Hécate incarne, comme Lilith, le concept le sacrifice. Aussi, ce n’est pas un hasard si elle fut honorée par le mot terrible « hécatombe » qui signifie littéralement « sacrifice de cent bœufs ». Mais lorsqu’elle prend le visage de Perséphone, l’épouse que Pluton, Maître des Enfers et du Scorpion, Hécate tient une grenade car ce fruit a la réputation de faire descendre les âmes dans la chair…

SACRIFICE DES BOEUFS

Procession de bœufs sacrifiés

De nos jours quand on parle d’hécatombe, c’est pour évoquer massacres ou pertes immenses. Mais dans les temps anciens, ce mot était lié à des questions religieuses. En effet, dans la Grèce antique, on célébrait tous les ans la fête des Panathénées. C’était une cérémonie religieuse en l’honneur d’Athéna. Le rituel consistait à sacrifier cent bœufs que les habitants offraient aux dieux. Cette fête se déroulait du 23 au 30 du mois d’hécatombeion, ce mot de grec ancien se traduisant par « cent bœufs », une référence directe de ce sacrifice pratiqué au cours du rituel. Cette fête évolua car elle se révélait fort coûteuse pour les populations et en fait de 100 bœufs on n’en sacrifia plus qu’un seul et les 99 autres bœufs furent remplacés par des animaux de moindre valeur. Cependant, les animaux sacrifiés devaient toujours être sains et bien portants. Il s’agissait quand même d’honorer les dieux.

Et c’est ainsi que le sens du mot « hécatombe » évolua aussi. Du sacrifice de 100 bœufs, on passa rapidement à la notion de sacrifice. C’est Homère, dans l’Iliade, qui évoque une hécatombe de douze bœufs et une autre de cinquante béliers. En France, il faut attendre le XVIe siècle pour que le mot « hécatombe » soit employé avec un sens similaire à celui du grec, c’est-à-dire le sacrifice d’un grand nombre d’animaux. Alors qu’au XVIIe siècle, on l’emploie cette fois pour désigner le massacre d’un grand nombre de personnes, car comme dans la Grèce antique l’hécatombe évoquait un massacre et une grande effusion de sang. De nos jours, il est utilisé, souvent au sens figuré, pour évoquer des pertes n’ayant pas pour autant un rapport avec la mort. Ainsi, le mot « hécatombe » pourra tout aussi bien se rapporter à un échec sportif : comment ne pas évoquer l’hécatombe de l’équipe de France de football dernièrement contre l’Ukraine.

SanPietro1

La Vierge aux trois visages – San Pietro in Valle – Ombrie – Italie

Enfin, Hécate est encore représentée dans l’abbaye San Pietro in Valle en Ombrie, et c’est plutôt surprenant. Une fresque représente une vierge à trois visages. Or, le culte de la déesse avait été interdit avec la naissance du Christianisme et l’on date la fresque de l’an 1000. Il faut croire que le culte de la déesse était encore vivace dans cette région d’Italie, très proche de Rome. Notez au passage le culte de la Sainte Trinité dans la religion chrétienne.

Hecate

Bibliographie

Tous les Mystères de la Lune – Odile Alleguede – Editions Trajectoire

Dictionnaire de la Mythologie – Michael Grant et John Hazel – Marabout

 

Tagged Under : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

DANS L’HERBIER DU SCORPION… LE CHAMPIGNON

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 11-11-2013

Décomposition… fécondité… longévité… magie… et même immortalité… Nous sommes bien dans le monde du Scorpion. A tel point qu’en Pologne, consommer des champignons à Noël faciliterait les contacts avec les morts.

Dans le langage commun, le terme « champignon » désigne un organisme vivant et charnu, constitué, en général, d’un pied surmonté d’un chapeau. L’image qui vient à l’esprit est bien sûr le champignon de Paris ou celle du bolet. Cependant, ce mot vient de l’ancien français « champignuel » et auparavant du bas latin « campinolius » qu’on peut traduire par « petits produits des campagnes ».

CEPE - SON CHAPEAU ET SON PIED CHARNU

Le cèpe – son chapeau et son pied charnu

Les champignons constituent un ensemble de plus de 100 000 espèces répertoriées dont le caractère commun est l’absence de chlorophylle.

De tous temps, les champignons ont attiré les hommes pour leurs propriétés comestibles mais aussi hallucinogènes, tout aussi effrayés par leur toxicité. Les premières descriptions en langues européennes datent du Grec Théophraste (- 371 à – 288) qui observait que les champignons sortaient des racines des chênes. On trouve de nombreuses considérations similaires chez les auteurs gréco-latins : Nicandre évoque les noms des champignons mortels de l’olivier, du grenadier et de l’ieuse ; Pline l’Ancien et Dioscoride décrivent « l’agaricum » du grec « agaricon », et Athénée comme ses prédécesseurs distingue les champignons, la truffe et la « pezis ». En fait, la classification des champignons parmi les plantes vient des Grecs et perdurera jusqu’au XXe siècle.

pezize-orangee

Pezize orangée

En effet, il a fallu attendre l’invention du microscope et son perfectionnement au XVIIe siècle pour découvrir les parties invisibles des champignons, nommées actuellement les « spores » et « hyphes », sans que l’on connaisse encore leurs rôles. C’est un botaniste italien, Pier Antonio Micheli qui, au siècle des Lumières, put décrire et dessiner les spores, qu’il appelait « graines », grâce aux premières cultures en laboratoire, et cela pour tous les grands groupes de champignons. Il fut aussi le premier à établir le cycle de développement partant de la « spore », passant par le « mycélium » et donnant l’appareil reproducteur charnu, ou « carpophore ». Cependant, comme ses contemporains, Michelli classait les champignons parmi les plantes et utilisait les termes de « graines », de « fruits » et même de « fleurs » pour désigner les parties qu’il dessinait pourtant correctement. Linné n’a su que faire de ces êtres vivants qu’il classa comme « Fungi » dans les Cryptogamia regroupant « les plantes dont les noces ne sont pas publiques » (Species plantarum, 1753).

La croyance en une génération spontanée a longtemps persisté même parmi les savants. Au cours des XVIIe et XVIIIe siècles, les travaux sur la multiplication des champignons, comme ceux de Micheli ou de Della Porta, Malpighi et Spallanzani, eurent beau réfuter cette croyance, certains, comme le botaniste Medicus, directeur de l’Université de Heidelberg, continuaient à penser que les champignons provenaient de la gelée issue de la décomposition des feuilles.

CHAMPIGNONS DE CARRIERE 

Champignons de Paris

Ce sont d’ailleurs les Italiens qui introduisirent, en France, la culture du champignon, il y a quatre siècles. Quant au champignon dit « de Paris », il est cultivé en carrières souterraines depuis plus de deux siècles.

En Asie, et plus particulièrement en Chine, le champignon, l’agaric ou amadouvier, est un symbole de longévité. La raison en est peut être que, après séchage, il se conserve très longtemps. Il figure dans les attributs du dieu de longévité. Les Immortels le consomment, associé à de la cannelle, à l’or ou au jade. Ils en obtiennent, écrivait Wang Tch’ong, la légèreté du corps. Dans la peinture chinoise, c’est le cerf qui apporte le champignon, tous deux sont des symboles de longue vie. La croyance chinoise voulant que le cerf vive très vieux et soit donc le seul animal capable de trouver le champignon sacré de l’immortalité.

Par ailleurs, l’agaric est censé ne prospérer que dans la paix et le bon ordre de l’Empire. Sa végétation est donc signe d’un bon usage du manda céleste. Certains textes anciens le considèrent comme un philtre d’amour.

Sur un tout autre plan, la cosmologie taïe fait du champignon, en raison de la forme en dôme de son chapeau, une image du Ciel primordial. Pour les Coréens, le champignon magique est l’un des dix symboles de longévité mais aussi un symbole de fertilité.

« Autant de sons nés du même instrument, autant de champignons nés d’une même humidité ». Ainsi Zhuangzi explique-t-il que les êtres sont l’émanation fugitive d’une seule et même essence.

En Afrique, chez les Dogons, les champignons sont symboliquement associés à la paroi de l’abdomen et aux instruments de musique. On frotte la membrane des tambours avec une poudre de champignons carbonisés pour leur faire donner de la voix.

Pour certains peuples bantous du Congo central, le champignon serait également le symbole de l’âme. On parle chez Lulua « du champignon de la cour et du champignon de la brousse » pour évoquer le monde des vivants et celui des morts. Un sage ajoute : « un champignon dans la cour et un champignon dans la savane sont un même champignon ». Toutes ces croyances ont un point commun, elles font du champignon le symbole de la vie régénérée par la fermentation, la décomposition organique, c’est-à-dire la mort.

Pour les Orotch, peuple Toungouse de Sibérie, les âmes des morts sont réincarnées dans la lune sous forme de champignons et rejetées sur terre sous cette forme.

Enfin, en héraldique, le champignon est également le symbole de la fertilité ainsi que de la puissance sexuelle.

TROMPETTES DES MORTS

Les noires trompettes des morts

Quoi qu’il en soit le champignon qui évoque vraiment ce monde du Scorpion, c’est le « craterellus cornucopioides » qu’on traduit en français par « Craterelle en forme de corne d’abondance », « Corne d’abondance » et surtout « Trompette des morts » pour sa couleur. D’autres l’appellent « Trompette des Maures » par erreur analogique, cette trompette est aussi nommée « Chanterelle noire », notamment en Grande-Bretagne. La corne d’abondance ne s’apparente pas seulement à Jupiter et au Sagittaire, mais fait aussi partie de la mythologie du Scorpion et de son gouverneur Pluton, le Maître des Enfers, dit « le riche », puisque propriétaire de toutes les richesses du monde souterrain. On le représente aussi parfois avec une corne d’abondance. C’est un champignon comestible, abondant dans les forêts de l’hémisphère nord. Il a la forme d’une corne d’abondance comme les chanterelles, entièrement creux, et dont l’hyménium n’est pas plissé, contrairement aux chanterelles.

Quant à sa couleur, elle impressionne, mais c’est un champignon comestible et excellent qui se sèche bien et peut être réduit en poudre sans problème. Ce sont les trompettes les plus grandes qu’on peut enfiler sur un fil et les suspendre. Les champignons les plus jeunes peuvent être conservés dans de l’huile aromatisée ou au vinaigre. Ils se conservent aussi très bien au réfrigérateur et peuvent même être surgelés. Ce champignon s’accommode de bien des façons, mais une consommation trop importante risque d’entraîner chez certains des occlusions intestinales car il se désagrège mal avec les sucs gastriques de l’intestin.

Parfois, dans la mythologie, le champignon est évoqué. D’abord dans le mythe de Sisyphe, avant que celui-ci ne soit condamné à porter à jamais un rocher au sommet d’une montagne. Il avait fondé une ville, Ephyra, connue aujourd’hui sous le nom de Corinthe dont on dit qu’il la peupla d’hommes nés de champignons.

On attribue à Persée la fondation de la ville de Mycènes ayant donné tous les dérivés de mycologie… Il l’aurait bâtie sur le lieu où était tombé le pommeau de son épée, y voyant là un signe de la volonté des dieux. Cependant, un autre mythe raconte qu’il voulut cueillir un champignon et qu’il trouva dessous une source et put ainsi étancher sa soif.

ORONGE ou AMANITE DES CESARS

L’oronge ou Amanite des Césars

L’Histoire est émaillée de souvenirs de champignons, le plus souvent vénéneux. Et les Romains en firent grand usage pour éliminer leurs ennemis. L’empereur Claude en fut d’ailleurs victime, en 51. Grand amateur d’oronges, cette délicieuse « amanite des Césars », Agrippine lui en fit servir un plat dans lequel elle avait fait ajouter d’autres espèces très vénéneuses. Elle put ainsi déshériter le descendant royal, Britannicus, qui lui-même mourra empoisonné en 55, au profit de son propre fils Néron. Déjà, au Ve siècle avant Jésus-Christ, un plat de champignons aurait fait périr la femme et les trois  enfants du poète grec Euripide.

Les champignons vénéneux firent d’autres victimes célèbres au cours des siècles et continuent d’en faire et de moins célèbres : le Pape Clément VII en 1534 au cours d’un autre repas fatal aux conséquences tout aussi tragiques que l’accession de Néron au pouvoir. Le Pape avait interdit la cueillette des champignons dans les forêts proches de son palais afin de s’en réserver l’exclusivité. Sa gourmandise lui fut fatale et il laissa sa place au pape Paul III qui conduisit la suprême Inquisition.

Plus tard, en 1722, un petit champignon de rien du tout stoppa les ambitions du Tsar de toutes les Russie, Pierre le Grand. Celui-ci avait lancé son armée à la conquête des ports turcs. Mais sur les bords de la Volga, hommes et bêtes succombent… Pourrissant des chairs, jambes et mains se nécrosent et se détachent de leur corps. Pierre le Grand en réchappe par miracle mais doit abandonner le conflit. Le responsable de cette hécatombe : le claviceps purpurea ou ergot de seigle qui avait empoisonné la farine de seigle dont les soldats Russes faisaient leur pain. La Russie attendra cinquante ans et la Grande Catherine pour conquérir le littoral de la Mer Noire. Autre victime des champignons, Charles VI, empereur germanique en 1740. 

FIORILE

Fiorile – Paolo et Vittorio Taviani

Me revient à l’esprit une terrible scène d’empoisonnement avec des champignons dans le magnifique film des Frères Taviani, Fiorile, En voici en quelques phrases le scenario : Dans la voiture qui les conduit de Paris jusqu’en Toscane, les enfants Benedetti écoutent leur père leur raconter pourquoi, en l’espace de deux siècles, les Benedetti sont devenus les Maledetti, c’est-à-dire les Maudits. Au XVIIIe siècle, Elisabetta Benedetti tomba amoureuse de Jean, un jeune lieutenant français chargé de surveiller la caisse d’or de son régiment. L’or fut volé par le frère de la jeune femme. Jean fut fusillé et Elisabetta meurt sans réussir à se venger. Mais elle était enceinte de Jean. Sa descendante, Elisa, réalisa la vengeance en tuant son frère responsable de l’exil de son amant, avec une somptueuse récolte de champignons grillés, trouvés alors qu’ils s’étaient arrêtés en forêt pour faire reposer les chevaux. La famille Benedetti, très riche, est alors surnommée Maledetti. Pendant la seconde guerre mondiale, Massimo, le petit-fils d’Elisa, échappe de peu à un peloton d’exécution, mais sa jeune maîtresse Chiara meurt en camp de concentration, après la naissance de Luigi. Les enfants découvrent ainsi leur grand-père, homme farouche et mystérieux… Une histoire toute plutonienne dans une Toscane splendide…

Pour en revenir au champignon, il fait parti d’un des plus anciens héritages de notre alimentation. On trouve dans une peinture d’un tombeau de pharaon, datant de 1450 avant Jésus-Christ, un champignon semblable à celui que nous connaissons. Il était alors considéré comme une nourriture divine. Les Romains en faisaient une grande consommation et l’utilisaient surtout comme condiment. Le champignon devint un mets très recherché au Moyen Age à la Renaissance.

Depuis la nuit des temps, l’homme a cherché à domestiquer le champignon. Les Chinois, depuis des millénaires, cultivaient le Shii-také sur les souches de chêne. Les Grecs et les Romains savaient obtenir des pholiotes en recouvrant des souches de figuiers de fumiers et autres fertilisants. Au XVIIe siècle, un jardinier de Louis XIV cultivait l’agaric ou rosé des prés, en plein air, dans le potager royal de Versailles. Au XVIIIe siècle, sous Napoléon 1er, l’agronome français Chambry, expérimentait la culture des champignons dans les carrières abandonnées autour de Paris car les conditions hygrométriques y étaient optimales. Ce fut la naissance du champignon de Paris. 

CHAMPIGNONS - IMAGERIE MEDIEVALE

Bibliographie

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

 

 

 

Tagged Under : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

LES ETOILES FIXES DU SCORPION

(5.7 - CONSTELLATIONS ET ETOILES FIXES) par sylvietribut le 10-11-2013

Scorpione2LES ETOILES FIXES DU SCORPION

 

PRINCEPS – 2°09 Scorpion – De la nature Vénus-Saturne – Bénéfique* – Esprit profond – Fait les chercheurs.

KHAMBALIA – 5°59 Scorpion – De la nature de Mercure-Mars – Insociabilité – Violence.

ACCRUX – 10°53 Scorpion – De la nature Jupiter – Bénéfique* – Justice –Magie – Mystère – Domine chez les Astrologues – Goût du cérémonial et du luxe – Sciences occultes – Succès. Prestige.

ALPHECCA – 11°17 Scorpion – De la nature de Mercure- Bénéfique* – Mercure-Vénus – Honneurs – Dignités Capacités artistiques – Arts – Poésie – Séduction intellectuelle.

KIFFA AUSTRALIS – 14°06 Scorpion – De la nature de Mercure-Jupiter et Mars-Jupiter  – Bénéfique* – Fortune – Honneurs – Responsabilités – Violence – Craindre le poison – Infortune – Insuccès (pour certains astrologues).

KIFFA BOREALE – 18°49 Scorpion – De la nature Mercure-Jupiter – Bénéfique* – Réussite d’ambition – Honneurs – Fortune heureuse.

UNU CALHAI – 21°30 Scorpion – De la nature Mars-Saturne – Jalousie – Immoralité – Accidents – Violence Danger par le poison.

AGENA – 22°44 Scorpion – De la nature Vénus-Jupiter – Bénéfique* – Raffinements – Honneurs – Responsabilités – Protections amicales favorables au succès – Activité mentales.

BUNGALA* – 28°37 Scorpion – De la nature Vénus-Jupiter – Bénéfique* – Amitiés – Bienveillance – Dons occultes – Magnétisme – Protections et Honneurs – Réussite par la chance.

Scorpion

Tagged Under : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,