CALENDES… CALENDRIERS… ALMANACHS…

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 29-12-2013

Le maître par excellence de la tradition populaire, pour tout ce qui concerne les astres et leur influence sur les saisons et les mois, les plantes et les animaux, sur l’homme même, fut l’almanach. C’est lui qui, durant cinq siècles, enseigna dans nos campagnes et dans nos villes ce qu’il faut d’astronomie pour mesurer le temps et ce qu’il faut d’astrologie pour utiliser, au mieux les influences lunaires, les années et les jours. L’almanach fut pendant des siècles, le seul livre qui entra dans les fermes, avec le paroissien et le catéchisme. On imagine ce que put être l’influence de ce livret familial qui, à lui seul, représentait la bibliothèque d’utilité pratique et la bibliothèque d’agrément.

CALENDRIER DES BERGERS POUR DECEMBRE - SAGITTAIRE ET CAPRICORNE

Calendrier des Bergers – Décembre – Sagittaire et Capricorne

Les Anciens, déjà, avaient eu l’idée du calendrier. Vers le début de l’ère chrétienne, Geminus publie des Eléments d’astronomie où l’on trouve, à côté des indications des levers et des couchers des astres pour les divers jours de l’année, des remarques telles que : « la mer devient orageuse, pluie, grand vent, tonnerre, neige, grêle fréquente, etc… ». Des indications semblables se lisent dans le traité intitulé : « Apparition des Fixes » et attribué à Ptolémée ; l’auteur annonce jour par jour les états de l’atmosphère.

« Les Mois », du byzantin Lydus (490-565) constituent des éphémérides où il rend compte, à la lumière de l’astrologie, de maints événements passés, et formule au long des jours, car chaque jour y figure, des prédictions de toute nature, fondées sur les aspects des astres.

Le mot « calendrier » vient de « Calendes » qui, chez les Romains, désignait le premier jour de chacun de leurs mois ; les premiers calendriers ne donnaient que les divisions du temps d’après les mouvements des astres et l’indication de ces mouvements. Ce premier jour du mois dans le calendrier romain était celui de la Nouvelle Lune. Ce jour-là, les Pontifes annonçaient la date des fêtes mobiles du mois suivant et les débiteurs devaient payer leurs dettes inscrites dans les « calendaria », les livres de comptes. Pour rendre honneur au dieu Mars, le dieu romain par excellence, et surtout pour faire correspondre le calendrier lunaire avec le cycle solaire, dis jours de fête, les « calendes de Mars » étaient organisées en fin d’année. Plus tard, cette durée fut réduite à huit jours. Ce terme archaïque de « calendaria » proviendrait de l’étrusque, ce qui pourrait expliquer le maintien de la lettre « k » dans l’écriture des dates, lettre dont les Romains s’étaient pourtant rapidement débarrassés au profit de « c » ; les rares mots latins en « k » sont en effet souvent d’origine étrangère. Une autre explication donne une origine purement latine : il proviendrait du latin « calenda » qui signifie « ce qui doit être appelé », du verbe « calare », « appeler ».

CALENDRIER ROMAIN 

Calendrier romain

Chaque mois, les calendes étaient consacrées à Junon, comme les ides l’étaient à Jupiter. Junon était dite « Junon calendaire » ou « Junon mensale ». Les ides étaient dans le calendrier romain, un jour de référence se produisant le 13 ou le 15 de chaque mois. Il est possible qu’au début du calendrier romain, les ides correspondaient à la Pleine Lune. Cette correspondance aurait cessé à cause des réformes successives du calendrier. Jules César fut assassiné aux Ides de Mars, c’est-à-dire le 15 mars, de l’an – 44, au début de la réunion du Sénat dans la Curia Pompeia, sur le Champ de Mars.

Les calendes de janvier se disaient Saturnales que les Romains célébraient à la fin du mois de décembre. Les Matronales étaient célébrées aux calendes de mars par les dames romaines. Les Fabaries étaient les calendes de juin : on offrait alors aux dieux les fèves nouvelles.

CALENDRIER ASTROLOGIQUE - BIBLIOTHEQUE DE BERLIN

Calendrier : signes du zodiaque et travaux agricoles – XVe siècle – Bibliothèque de Berlin

On n’est pas fixé sur l’étymologie du mot « almanach », mais l’arabe « Almânahh », dont beaucoup sont tentés de le faire dériver, pourrait se traduire par « le livret de la lune » et laisse à penser que l’ouvrage ainsi désigné doit se préoccuper, avant tout, des influences lunaires. En fait, l’almanach est un calendrier accompagné de pronostics et de divisions sur le temps, voire des prophéties.

Dès la fin du XVe siècle, on voit apparaître le « Compost » ou « Calendriers des Bergers », Guiot Marchant, son éditeur et son inventeur, imagina de réunir en un même livre, car il s’agit bien d’un livre, d’une part, un « computus » ou « compost » analogue à ceux qui figuraient dans les missels et les livres d’heures, d’autre part, un guide du berger qui est tiré du Vray régime et gouvernement des Bergers, de Jehan de Brie (1379). Le tout était précédé de quelques notions d’astronomie et assaisonné de théories populaires et d’extraits de « libres de nature ». La même année 1491, il donna deux éditions du « Kalendrier des Bergiers », l’une de 30 et l’autre de 54 feuillets :

« Cy est le Kalendrier des bergiers contenant trois choses principales. La première est congnoissance que les bergiers ont des cielx, des signes, des estoiles, des planetes, de leurs cours, mouvements et propriétez. La seconde est des festes immobiles et mobiles, du nombre d’or, des lunes nouvelles et entièrement de tout ce qui est contenu en la science du compostz. La tierce est de l’almanach des quatre complexions de soy regir et gouverner selon que les saisons requièrent pour vivre sainement, joyeusement et longuement. Imprime pour les utilitez dessus dictes et autres lesquelles y contient… Cy finist le Kalendrier des bergiers. Imprimé à Paris par Guiot Marchant… Le second jour de mai 1491 ».

Bien entendu, d’un éditeur et d’une édition à l’autre, le « Compost » évoluera, mais dès le début du XVIe siècle, il prit sa forme définitive, à quelques détails près. En 1529, l’édition donnée à Troyes par Jean le Rouge comporte cinq parties après le prologue, précisées comme suit :

« La première est notre science de composte et Kalendrier. La seconde est l’arbre des vices, ensemble la commination des peines pour ceux qui les auront commis. La tierce est voye salutaire des hommes, l’arbre des vertus pour parvenir à la pience, refuge des bons. La quatriesme est phisique et regime de santé de nous bergiers. Et la cinqiesme notre astrologie et phizonomie pour congnoistre plusieurs falaces et cautelles du monde ».

RICHES HEURES DU DUC DE BERRY - CAPRICORNE - VERSEAU 

Les Riches Heures du Duc de Berry – Capricorne-Verseau

Comme on peut le constater, si l’on a ajouté deux parties consacrées aux vertus et aux vices, aux récompenses et aux peines de l’autre monde, on n’a pas retranché l’astrologie, tant s’en faut. Les quarante éditions de langue française, parues de 1491 à 1791, tant à Paris et à Troyes qu’à Lyon et à Genève, sans compter toutes celles dont il ne reste plus aucun exemplaire, ont certainement fait la part de l’astre nocturne.

Comme on le voit, sans retracer l’histoire des calendriers qu’ils soient égyptien, grec, aztèque, romain, maçonnique, révolutionnaire, chinois, musulman, grégorien ou positiviste, ce que nous constatons c’est la quête des hommes qui ont cherché, dans un temps toujours en fuite devant eux, à marquer des oints de repère en liaison avec les phénomènes naturels, dont ils pouvaient observer l’évolution recommençant avec régularité. Aussi les premiers calendriers ont-ils une base lunaire, puisque les lunaisons sont plus courtes et plus faciles à observer et à étudier que le cycle solaire. Etablir un calendrier, c’est se rassurer, organiser le temps, comme on construit des digues pour régulariser le cours d’un fleuve ; c’est se donner l’impression de dominer, en le réglementant, ce à quoi on ne peut échapper. C’est avoir un moyen de marquer les étapes de sa propre évolution extérieure ou intérieure, et en même temps de célébrer, à date fixe, tout ce qui rappelle les rapports de l’homme avec les dieux ou le cosmos, ou avec les morts. La contemplation d’un calendrier évoque le recommencement perpétuel. Il est le symbole de la mort et de la renaissance, ainsi que l’ordre intelligible qui préside à l’écoulement du temps ; il est la mesure du mouvement.

5.0.2 

Calcul du calendrier au Moyen Age

Bibliographie

L’Astrologie Populaire – Influence de la Lune – Folklore et Traditions – Pierre Saintyves – Editions du Rocher

Deco_Noel1Pour vos étrennes de Nouvel An, pour une fête, pour un anniversaire, ou tout simplement pour faire plaisir, pensez à offrir une consultation astrologique… Sur mon site, au chapitre de mes chroniques, dans la rubrique « Cadeaux », vous trouverez les modalités d’organisation de cette consultation ainsi qu’un exemple d’une carte-invitation.

 

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LES SATURNALES PAIENNES

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME, 6.6.10 - LES MYTHES DU CAPRICORNE ET DE SATURNE) par sylvietribut le 27-12-2013

Comment, en cette fin d’année, ne pas être tenté d’évoquer les Saturnales, autour du solstice d’hiver… Certains disent qu’on les fêtait le 16 janvier. Cependant, on sait que les fêtes chrétiennes ont été calquées sur les païennes, mais est-ce aussi de ce « paein » qui signifie « faire paître » que viennent le dieu Pan et les païens, reliant une fois de plus la vie agreste, la vitalité violente, l’appétit vorace, l’avidité sensuelle et ces dieux de la nature qu’étaient à l’origine Ops-Saturne, dieux des semailles et des semences ?

En fait, les Saturnales ressemblaient à s’y méprendre à nos fêtes de Noël. Saturne-Cronos ressemble comme un frère au Père Noël, avec sa barbe, son allure de vieillard et son capuchon sur la tête. Pendant les Saturnales on échangeait des cadeaux, on allumait des bougies. Il ne manquait que le sapin. Pendant ces fêtes les maîtres servaient leurs esclaves et les esclaves commandaient à leurs maîtres, partageaient la même table. Personne n’aurait osé déclarer la guerre pendant cette période et cette règle survit encore à travers nos trêves de Noël. 

les-saturnales

Les Saturnales romaines

Nous avons si peur de la mort aujourd’hui, que nous avons perdu le sens de la « bonne mort », de la « mort heureuse » dont on vient d’en avoir un aperçu avec la mort de Nelson Mandela. La mort fêtée, la mort-danse et musique, liée au deuil et en facilitant peut-être le travail du deuil.

Les Chrétiens ont sans doute beaucoup exagéré l’aspect licencieux des Saturnales. Il a fallu détrôner, gommer ces mythes païens, les noircir à plaisir, les diaboliser en quelque sorte, tout en se les appropriant. Dans les Saturnales, il y a liberté et transgression. Toutes choses propres à choquer les Chrétiens. Liberté dans cette inversion des rôles entre maîtres et esclaves. On dépassait une condition sociale figée. On en retrouvera une trace dans la presse, plus tard, le jour de la Saint-Jean Porte Latine où les journalistes prenaient la place des typographes et fabriquaient un journal tandis que les « typos » le rédigeaient.

Pendant les Saturnales, les esclaves goûtaient au pouvoir et les maîtres faisaient l’expérience de la servitude. Peut-être les maîtres, après avoir connu cette condition inhabituelle, traitaient-ils mieux leurs esclaves.

L'AVENTINO - ROME - JARDIN DES ORANGES

Vue sur Saint-Pierre de Rome depuis l’Aventin

Pour clôturer les festivités, les Romains se portaient en masse vers le mont Aventin. On enlevait à la statue de Saturne les chaînes portées par lui depuis que Jupiter avait voulu contenir l’appétit dévorant de son père, en le soumettant au rythme régulier des astres et des jours.

L’Aventin est l’une des sept collines de Rome, la plus méridionale de toutes, située entre le Tibre, le Mont Caelius et le Mont Palatin. La colline doit son nom à « Aventinus », fils d’Hercule et de la prêtresse Rhéa, qui combattit à Tumus. Cette colline fut réunie à la ville de Rome durant la seconde moitié du VIIe siècle avant Jésus-Christ, par Ancus Marcius. Très tôt sous la République romaine, les temples de la Liberté et de Diane y furent construits. En 38 avant Jésus-Christ, la première bibliothèque de Rome, dite bibliothèque d’Asinius Pollion, y fut construite par Gaius Asinius Pollio, qui assurait la réfection du parvis du temple de la Liberté.

 JANUS - MUSEE DU VATICAN

Janus au double visage – Musée du Vatican

Les Saturnales auraient été créées par Janus, le dieu à deux visages, qui avait recueilli Saturne chassé par son fils Jupiter. Si Janus voulut créer les Saturnales, c’était pour commémorer le règne de Saturne qui fut l’âge d’or. Ces fêtes dont l’institution remontait dans le passé bien au-delà de la fondation de Rome, consistaient principalement à représenter l’égalité qui régnait primitivement parmi les hommes. Elles auraient commencé le 16 décembre de chaque année. D’abord, elles ne durèrent qu’un seul jour, mais l’empereur Auguste ordonna qu’elles devaient être célébrées pendant trois jours auxquels plus tard Caligula en ajouta un quatrième. Outre les festivités, on suspendait la puissance des maîtres sur leurs esclaves et ceux-ci avaient le droit de parler et d’agir en toute liberté. Tout ne respirait alors que le plaisir et la joie : les tribunaux et les écoles étaient en vacances. Il n’était permis ni d’entreprendre aucune guerre, ni d’exécuter un criminel, ni d’exercer d’autre art que celui de la cuisine ; on s’envoyait des présents et l’on se donnait de somptueux repas. De plus, tous les habitants de la ville cessaient leurs travaux. La population se portait en masse vers le Mont Aventin pour y pendre l’air de la campagne. Les rues retentissaient des cris des Romains qui s’interpelaient par de « Bonnes Saturnales ». Le jour de Saturne est celui qu’on appelle depuis « samedi », c’est-à-dire « Saturni dies ».

L'UNIVERS ET LA TERRE EN SON CENTRE SELON MACROBE

L’Univers et la Terre en son centre selon Macrobe

Macrobe rapporte diverses traditions romaines sur l’origine des Saturnales : plusieurs font référence au séjour de Saturne dans le Latium avant la fondation de Rome. Saturne détrôné se serait réfugié en Italie, dans le Latium, où il rassembla les hommes féroces éparpillés dans les montagnes et leur donna des lois. Son règne fut appelé « l’âge d’or », ses paisibles sujets étant gouvernés avec douceur et équité. Les Saturnales allaient contribuer à célébrer la mémoire de cet âge heureux de l’exercice du pouvoir. Macrobe était un écrivain et un philosophe latin, auteur des « Saturnales » et du « Commentaire au Songe de Scipion ». Il naquit vers 370 à Sicca en Numidie, en Afrique. Il est, avec Saint Augustin et Cassiodore, l’un des « passeurs de témoin » à la fin de l’Antiquité romaine, notamment en ce qui concerne la question de l’âme.

Pour la recherche actuelle, les Saturnales sont une fête typique du « crépuscule de l’année ». Saturne est essentiellement le dieu de la période qui précède le solstice d’hiver, comme la fête celtique de Samain, période qui voit des pratiques de banquets et de magnificence, pendant laquelle la paix régnait et la communication avec le monde des morts était établie. 

SATURNE EN DIGNITE EN CAPRICORNE

Saturne en dignité en Capricorne et en Verseau

Bibliographie

Dieux et Héros du Zodiaque – Joëlle de Gravelaine – Editions Robert Laffont

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LANUVIUM… LA CITE ANTIQUE DE JUNON

(6.3.2 - A l'étranger) par sylvietribut le 18-12-2013

Pour illustrer le Sagittaire on évoque pratiquement uniquement les mythes de Zeus/Jupiter et on survole sa compagne légale, Héra/Junon. Or, Lanuvium, antique cité latine du Latium, près de Rome, dans les Monts albains, devenue aujourd’hui Lanuvio, était une des rares villes dédiées au culte de Junon. Lanuvio fait partie du Parc régional des Châteaux Romains.

Des vestiges de l’âge de fer montrent que Lanuvium naît d’un groupe de villages à partir du IXe siècle avant Jésus-Christ. C’est ici que se trouvait le sanctuaire dédié à Junon Sospita, l’un des sanctuaires parmi les plus importants du Latium, qui existait dès l’époque archaïque.

JUNON SOSPITA - MUSEE DU VATICAN

Junon Sospita

La déesse est identifiée à l’Héra d’Argos. Elle est représentée avec la tête couverte d’une peau de chèvre et des chaussures à pointe relevée. Elle est armée d’un bouclier bilobé et d’une lance. Son culte aurait été introduit par Diomède.

Il s’agissait d’une déesse matronale et guerrière à la fois, assez proche de l’Héra Argienne de Paestum. L’aspect chtonien se manifeste dans le culte du serpent qu’on élevait dans une grotte et auquel on présentait une fois par an les jeunes de Lanuvium pour prouver leur virginité.

Lanuvium faisait partie de la Ligue latine. A la dissolution de cette ligue par les Romains, en 338 avant Jésus-Christ, ses habitants recevaient la citoyenneté romaine restreinte, sans droit de vote. Le noyau urbain de Lanuvium avait perdu toute consistance à la fin de la République et le territoire se peupla de « villae ».

LANUVIO AUJOURD'HUI

Lanuvio aujourd’hui

La ville actuelle de Lanuvio occupe une partie du site antique qui s’étendait de la colline San Lorenzo au Nord, avec l’acropole et le temple de Junon, jusqu’à l’église delle Grazie au Sud. L’actuelle via San Lorenzo reprend le tracé de la rue principale antique.

On peut voir des vestiges du temple de Junon Sospita entre le séminaire et la ville Sforza. Sur le premier terrassement, on voit des vestiges du temple, avec des fondations en blocs de tuf.  On y distingue d’ailleurs au moins trois phases :

–       Une phase archaïque : fin VIe siècle, avec des terres cuites architectoniques qui se trouvent au British Museum,

–       Une phase républicaine (IVe et IIIe siècle),

–       Une grande réfection, au milieu du 1er avant Jésus-Christ, en opus reticulatum.

LANUVIO - TEMPLE DE JUNON SOSPITA

Le temple de Junon Sospita – Lanuvio

On trouve encore un portique et un complexe réseau de galeries creusées dans la roche, peut-être le lieu où on élevait des serpents. On distingue aussi des vestiges d’un arc qui marquait l’entrée du sanctuaire. Enfin, on a découvert un groupe de statues hellénistique, probablement offert par L. Licinius Murena. Et il est probable que la reconstruction du sanctuaire soit due à L. Licinius Murena.

Selon Pline l’Ancien, le sanctuaire était en ruines sous l’Empire. Il mentionne d’ailleurs des peintures archaïques représentant Atalante et Hélène. On peut aussi voir des vestiges du théâtre (IIe siècle avant Jésus-Christ). Plus loin, on trouve le sanctuaire d’Hercule, des IVe/IIIe siècles, avec des inscriptions, des vestiges du podium en opus quadratum de tuf.

LANUVIUM - EQUIPEMENT TROUVE DANS LA TOMBE DU GUERRIER

Lanuvium – Equipement retrouvé dans la tombe du Guerrier – Ve siècle avant Jésus-Christ  – Musée des Thermes de Dioclétien – Rome

Enfin, la « tomba del Guerriero », la « tombe du Guerrier » est l’unique tombe cavalière d’aristocrates découverte dans le Latium archaïque. Elle est formée d’un grand sarcophage de pépérin contenant une panoplie de guerrier (cuirasse, casque doré, épée, pointe de lance). Le matériel date du début du Ve siècle et donne une idée de l’équipement des cavaliers latins qui ont participé à la bataille du lac Régille.

En 2010, d’importants travaux de fouilles dans les ruines du temple de Junon Sospita ont mis à jour d’importants témoignages archéologiques et notamment une belle tête d’enfant en marbre, de l’âge de Jules César et Claude, en excellent état de conservation.

LANUVIO - TETE D'ENFANT EN MARBRE - RETROUVEE DANS LES FOUILLES DU TEMPLES DE JUNON EN 2010 

La tête d’enfant du temple de Junon Sospita à Lavinium

Pour en revenir à Junon, elle était chez les Romains la déesse des femmes et du mariage puisque l’épouse de Jupiter. Elle était auparavant l’Héra grecque. Elle a également été assimilée à Ilithyie, la déesse qui présidait aux enfantements et dans ce cas-là, elle portait le nom de Junon Lucina.

Junon Sospita, vénérée à Lanivium, participait au culte des dieux souterrains, divinités liées au cycle des saisons et au retour de la végétation, symbolisant la fécondité de la terre, c’est-à-dire que celui de Junon Sospita est un culte cosmique lié à l’agriculture, comme le laisse également supposer le rite du serpent, animal souterrain par excellence, ainsi que de régénération. Le qualificatif « sospita » est un mot latin qui en italien se traduit par « propizia », qui en français signifie « favorable » ou « propice ». Junon Sospita était donc particulièrement propice et favorable, une bonne déesse en quelque sorte.

Elle intervient dans la légende romaine d’abord lorsque Jupiter fit sortir Minerve de sa propre tête, sans l’aide d’une femme et Junon, offensée, alla se plaindre à la déesse Flora. Celle-ci la toucha avec une herbe et Junon devint enceinte. Elle donna naissance au dieu Mars, l’Arès grec. Cependant, elle l’enfanta unie à Jupiter. Par contre, elle donna le jour à Héphaïstos/Vulcain sans intervention masculine. Mais la légende romaine était certainement destinée à expliquer la date des « Matronalia », fêtes de Junon, célébrée le 1er Mars. Le nom de Junon a peut-être pour racine le mot « juvenis » qu’on traduit par « jeune » dans le sens de « nouvelle mariée ». Chez les Romains, chaque femme avait sa « Junon » personnelle, esprit qui la protégeait, comme le « Genius » protégeait un homme. Junon avait également des liens étroits avec la Lune, comme Diane.

JUNON - PIECE DE MONNAIE 

Junon sur une pièce de monnaie romaine

Junon Sospita, celle de Lanuvium, était l’auxiliaire des mères en gésine, devenant secourable, elle était libératrice. Elle était aussi invoquée en mémoire des victoires ou des risques de guerre. A Rome, elle avait deux temples. A Lanuvium, le temple de Junon Sospita avait pour gardien un serpent. Chaque année, une jeune fille offrait des gâteaux à l’animal. Si celui-ci l’acceptait, c’était le signe que la jeune fille était pure ; son refus était un mauvais présage qui laissait redouter une année stérile.

Dans la mythologie romaine, Junon était la reine des dieux et la reine du ciel. Elle était fille de Rhéa et de Saturne, c’est-à-dire qu’elle était à la fois la sœur et l’épouse de Jupiter. Ses attributs étaient le paon, un sceptre surmonté d’un coucou et une grenade, symbole de l’amour conjugal, et puis aussi le lys, la vache et l’oie. Junon avait pour frères non seulement Jupiter, mais également Neptune et Pluton, et ses sœurs étaient Cérès et Vesta. Selon Homère, elle aurait été nourrie par Océan et par Thétis, mais d’autres sources prétendent que ce furent les Heures qui prirent soin de son éducation.

Protectrice des femmes, elle symbolise le mariage lorsqu’elle est représentée recouverte de voiles. Alors que lorsqu’elle est associée à la fécondité, l’emblème qu’elle arbore est une pomme de grenade. En rapport avec sa fonction première, Junon en tant que « luno Soraria », déesse de la jeunesse, veillait à l’initiation des jeunes filles et à leur rôle de futures mères. Elle intervenait donc lors du passage de l’état d’enfant à celui de fille nubile. C’est plus tard, par assimilation à l’Héra grecque, qu’elle présidera aux mariages et aux accouchements. Ainsi, selon le cas, on l’invoquait sous le nom de « Juga », ou « Pronuba », ou encore « Lucine », mais bien d’autres appellations la caractérisaient aussi dans ce rôle.

HERA-JUNON LA JALOUSE

Junon impeccablement coiffée

Junon prenait également un soin particulier aux parures et aux ornements des femmes. C’est pour cela que dans les peintures ou les sculptures qui la représentent, ses cheveux paraissaient élégamment ajustés.

Junon présidait aussi à la monnaie. On l’appelait alors « Juno Moneta ». Ainsi, après avoir été la conseillère des époux avant le mariage, elle est devenue celle du peuple romain. De nombreuses monnaies romaines à la légende « Ivno regina » représentent Junon debout, parfois voilée, tenant une haste et sacrifiant à l’aide d’une patère, un paon quelquefois à ses pieds. D’autres au revers « Ivno victrix » montrent une Junon victorieuse tenant un casque et une lance, avec un bouclier et parfois un captif à ses pieds. Quand les Gaulois essayèrent d’escalader les murs de la citadelle du Capitole, ce furent les animaux sacrés de la déesse, les oies, qui avertirent, du latin « monere », les défenseurs du péril. Plus tard, ce surnom de « Moneta » subit une altération et reçut une destination nouvelle par le fait qu’on installa près du temple de Junon l’atelier de la frappe des monnaies. 

JUNON ET JUPITER - ANNIBALE CARRACCI - 1560-1609

Junon et Jupiter – Annibale Carracci – 1560-1609

Une légende court à propos de son mariage avec Jupiter : Junon s’était réfugiée en Crète, mais Jupiter la retrouva et chercha à la courtiser. Elle se refusa. Fidèle à son habitude de se métamorphoser, Jupiter prit l’apparence d’un coucou mouillé par une averse. L’oiseau vola se réfugier sous la robe de la déesse et se blottit contre son sein pour se réchauffer. C’est alors que Jupiter reprit forme humaine et décida de l’épouser. Et c’est ainsi que Junon épousa Jupiter, son frère jumeau. Leurs noces furent célébrées en Crète, près du fleuve Thérène. Pour rendre ses noces plus solennelles, Jupiter ordonna à Mercure d’y inviter tous les dieux, tous les hommes et tous les animaux. Tous s’y rendirent, excepté la nymphe Chéloné, assez téméraire pour se moquer de ce mariage, elle fut changée en tortue par Mercure comme le lui avait demandé Jupiter.

Et pourtant, Jupiter et Junon ne vivaient pas en bonne intelligence. Des conflits éclataient périodiquement entre eux. Junon fut plus d’une fois battue et maltraitée par son époux à cause de son humeur acariâtre. Il alla même jusqu’à la suspendre entre ciel et terre avec, certes, une chaîne d’or, mais avec une enclume à chaque pied. Vulcain, son fils, ayant voulu la sortir de là, fut culbuté d’un coup de pied, de Ciel sur Terre.

L’humeur acariâtre de Junon avait quand même une raison d’être. Elle était exaspérée des infidélités de son Jupiter d’époux en faveur de belles ou même de beaux mortels, d’où sa réputation de déesse haineuse et jalouse. Cependant, cette déesse irascible eut elle aussi des intrigues amoureuses, notamment avec le Géant Eurymédon. Elle conspira avec Neptune et Minerve pour détrôner Jupiter et les chargea de liens. Mais Thétis, la belle Néréide, amena au secours de Jupiter le formidable Briarée, dont la seule présence stoppa net les sombres projets des conspirateurs.

Cependant, Junon s’ingénia à persécuter toutes les concubines de Jupiter et même tous les enfants issus des illégitimes amours de son auguste époux : Hercule, Io, Europe, Sémélé ou même Platée… et il y en eut d’autres. On dit même qu’elle éprouvait pour les femmes inconstantes et coupables une profonde aversion.

Pour qui s’intéresse à la symbolique, les querelles de Junon et de Jupiter ne seraient qu’une allégorie : elles représenteraient les troubles, les perturbations de l’air ou du ciel. Ainsi, Junon serait l’image de l’atmosphère si souvent agitée, obscure et menaçante. Jupiter personnifierait l’éther pur, la sérénité du firmament par-delà les nuages et les astres. Du reste, une expression de la langue latine paraît justifier cette conception. Ainsi, nous disons « passer la nuit à la belle étoile », c’est-à-dire en plein air, alors que les Latins disaient « passer la nuit sous Jupiter ». Dans cette même langue, le nom de ce dieu est employé poétiquement dans le sens de pluie, phénomène aussi inexplicable que la foudre et le vent pour les Anciens.

LANUVIO - FONTAINE SARCOPHAGE 

Lanuvio – Fontaine Sarcorphage

Et puis, par rapport au calendrier, comment ne pas évoquer le quatrième mois du calendrier romain qui aurait été nommé juin en l’honneur de Junon, par les Romains bien sûr. Cependant, Junon intervenait avec Janus aux calendes. Elle facilitait la tâche du dieu qui présidait aux commencements et aux passages grâce à « vitalité » dont elle était la dépositaire. Ainsi la collaboration effective entre Janus et Junon, concouraient parallèlement à la transition d’un mois à l’autre, c’est-à-dire à l’heureuse naissance de la Nouvelle Lune. C’est pourquoi Junon est liée au cycle lunaire. Ceci explique pourquoi les anniversaires de presque tous les cultes de Junon tombaient sur le 1er des mois respectifs : « luno Sospita » le 1er février, « luno Lucina » le 1er mars, « luno Moneta » le 1er juin, « luno Regina » le 1er septembre, « luno Sororia » le 1er octobre, « luno Couella » était invoquée à chaque premier jour des mois de l’année.

Junon inspirait une vénération mêlée de crainte. C’est à Argos, Samos et dans la Carthage romaine qu’elle était principalement honorée.

A Argos, on voyait sur un trône la statue de la déesse, d’une extraordinaire grandeur, toute d’or et d’ivoire. Elle avait sur la tête une couronne au-dessus de laquelle se trouvaient les Grâces et les Heures. Elle tenait d’une main une grenade et de l’autre un sceptre, au bout duquel était un coucou, oiseau aimé de la déesse.

A Samos, la statue de Junon portait également une couronne. On l’appelait d’ailleurs « Junon la Reine ». Elle était couverte d’un grand voile de la tête aux pieds.

Comme on vient de le voir, à Lanuvium dans le Latium, la Junon tutélaire portait une peau de chèvre, une javeline, un petit bouclier et des escarpins recourbés en pointe sur le devint.

A Rome, après la prise de Véies, en 396 avant Jésus-Christ, la statue de Junon la Reine fut transportée avec beaucoup d’égards de Veies à Rome.

Dans l’Afrique romaine et à Carthage, Junon « Caelestis », « Junon la Céleste » se substitua à la punique « Tanit ».

Bien souvent, Junon est une sorte de matrone majestueuse, parfois avec un sceptre à la main, ou une couronne radiale sur la tête, mais souvent elle représentée avec un animal, avec une préférence pour le paon, son oiseau favori. Il lui était consacré et cela parce qu’Argus, tué par Mercure sur ordre de Jupiter, à cause d’elle, avait été changé en paon. L’épervier et l’oison lui étaient également consacrés et on les remarque sur certaines statues. Et puis, on lui sacrifiait des vaches parce que, durant la guerre des Géants contre les Dieux, elle s’était cachée sous cette forme en Egypte. Quant à l’animal qu’on immolait généralement en son honneur était une toute jeune brebis. Cependant, le premier jour de chaque mois, on lui immolait une truie. Et pourtant, elle était une des déesses protectrices des animaux. Quant aux prêtresses de Junon, elles étaient universellement respectées.

Le dictame, le pavot, la grenade étaient les plantes qu’on donnait en offrande à Junon ; ces plantes ornaient ses autels et ses statues.

Enfin, Junon se mêlait de politique et elle se montra l’ennemie jurée des Troyens et cela pour trois raisons : Pour le tort que fit Paris en ne lui donnant pas la pomme de la beauté, mais en la réservant à Vénus. Puis à cause du rapt de Ganymède par Jupiter qui en fit son amant et l’échanson des dieux et enfin pour la prophétie évoquée dans l’Enéide selon laquelle sa ville préférée sera détruite par les descendants de Troie, c’est-à-dire les Romains.

Sur le plan astrologique, difficile de voir Junon comme une femme Sagittaire ou Jupitérienne, tous les symboles qui la caractérisent évoquent une femme vénusienne du Taureau, ou tout au moins une Lune en Taureau… Pas étonnant que l’entente avec son excessif jupitérien de mari n’ait pas été au beau fixe.

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LA PIERRE DE L’AMOUR UNIVERSEL A L’IMAGE DU SAGITTAIRE… LA HYACINTHE

(08 - LES PIERRES ET METAUX DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 16-12-2013

La hyacinthe est une variété de zircon rouge orangé ou brun orangé. On affirme que cette pierre confère la force qui permet de triompher de toutes les épreuves de la vie, mais ce qui la caractérise tout particulièrement, c’est qu’elle développe et renforce la médiumnité. Onzième marche de la cité sainte, elle représente l’amour universel un peu à l’image du Verseau plus que le Sagittaire.

HYACINTHE - FRANCOIS JOSEPH BOSIO - LOUVRE - 1817 

Hyakinthos – François-Joseph Bosio – Musée du Louvre – 1817

Bien des légendes entourent cette pierre, mais la plus commune la rattache par étymologie à Hyakinthos, ce beau jeune homme frappé au front par un disque, celui d’Apollon. Or, Hyakinthos était le plus cher ami d’Apollon. Celui-ci, dans sa douleur, changea son sang en fleur, la jacinthe, mais certains disent en pierre, la hyacinthe, pour perpétuer son souvenir. Hyacinthe a d’abord désigné une pierre précieuse, variété de zircon d’un jaune tirant sur le rouge. Le mot fut ensuite employé pour désigner une fleur, notamment Ronsard dans un de ses sonnets, en 1559. Ensuite, c’est l’emploi du mot « jacinthe » qui l’a emporté. C’est à partir du XVIe siècle qu’on désigna une étoffe couleur hyacinthe, c’est-à-dire une couleur jaune rougeâtre. Au sens de « bleu tirant sur le violet », hyacinthe se retrouve dans des traductions de la Bible : hyacinthus, une étoffe de couleur pourpre-violet et là on retrouve les couleurs propres au Sagittaire.

hyacinthe2

La hyacinthe porte-bonheur

Pour en revenir à la pierre, la hyacinthe est considérée comme un porte-bonheur, un peu comme peut l’être Jupiter pour son influence bénéfique quand le thème le permet. Cette pierre passe pour apporter richesse à l’esprit et accomplissement sur le plan matériel. Elle rend celui qui la porte agréable, assuré et prudent. De plus, elle protège des épidémies et favorise le sommeil.

Elle symbolise aussi un zèle ardent et de ce fait, la hyacinthe est associée à Saint Paul ainsi qu’à l’apôtre Simon. 

Via_Francigena

La via Francigena

C’est une petite pierre puissante souvent en forme de pics de hérisson lorsque la pierre est jeune et non cristallisée complètement, elle fait remonter l’énergie de la terre dans les jambes. C’est pourquoi les pèlerins s’en servaient et la portaient dans le dos. Ces infatigables globe-trotters qu’étaient les pèlerins ramènent au monde du Sagittaire et de Jupiter qui symbolisent autant la spiritualité que l’idée de voyages. Imaginez un instant que la via Francigena partait de Canterburry, traversait la France, passait en Italie et conduisait à Rome. De là les pèlerins repartaient traversant la botte italienne dans la largeur pour aller embarquer pour la Terre Sainte à Brindisi ou Bari, ports des Pouilles italiennes.

On comprend pourquoi la hyacinthe a la réputation de conférer une forte énergie physique et psychique, qu’elle rend la personne indépendante, autonome, sachant diriger et se diriger, réussite et succès faisant partie de son destin.

La hyacinthe est une pierre universelle en rapport avec la conscience de l’ère du Verseau où chacun doit pouvoir trouver son individualité, sa créativité dans un esprit de bénéfice pour l’humanité. Calme, assurance, stabilité, inspiration, détermination, cette pierre est porteuse de nombreux facteurs évolutifs pour la conscience. Sur le plan physique, porter une hyacinthe améliore la santé en général.

hyacinthe

Bibliographie

Le Grand livre de la magie des pierres – S. Da Ros- Editions Trajectoire

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DANS L’HERBIER DU SAGITTAIRE… LA SAUGE

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 15-12-2013

C’est sans conteste la reine des plantes médicinales comme la rose est celle des fleurs d’agrément. Son nom est déjà une sorte de diplôme d’efficacité puisque « salvia » vient du latin « salvare » qui signifie « sauver », « guérir » ; mais elle a aussi à son actif le plus beau palmarès de citations à l’ordre de la santé qu’on puisse imaginer.

Pour les Romains, elle était « l’herbe sacrée » qui se récoltait avec un cérémonial spécial, sans l’intervention d’outils de fer, mais avec de l’or, car on sait maintenant que les sels de fer sont une substance incompatible avec la sauge. Il fallait même porter « une tunique blanche, avec les pieds nus et bien lavés », après avoir sacrifié au préalable avec du pain et du vin. Les Romains étaient persuadés que non seulement la sauge protégeait la vie mais qu’elle aidait à la donner. « Elle retient ce qui est conçu et le vivifie », disaient-ils, en foi de quoi ils la conseillaient aux femmes enceintes et à celles qui souhaitaient le devenir. Elles devaient demeurer quatre jours sans partager la couche conjugale, boire une bonne ration de jus de sauge, puis « habiter charnellement avec l’homme » et, infailliblement, elles pouvaient concevoir. A l’appui de cette recette est cité le cas d’une ville d’Egypte où les femmes furent contraintes « par ceux qui restèrent d’une grande peste qui y advint » d’ingurgiter la même potion et « par ce moyen ladite ville fut incontinent repeuplée d’enfants ».

FLEUR DE SAUGE

La belle couleur pourpre de la sauge qui orne les plates-bandes

Pendant tout le Moyen Age, elle entrait obligatoirement dans la composition des préparations aux noms évocateurs qui tenaient la vedette en pharmacopée : Eaux d’arquebusade, Eau céleste, Eau impériale, etc. et un axiome proclame : « Pourquoi mourrait-on lorsqu’on cultive la sauge, si ce n’est qu’aucune plante des jardins n’est assez forte contre la mort ». Il faut en effet savoir que les effets dus à son huile essentielle et la présence d’un œstrogène avaient déjà été observés aussi bien par les Romains que les Egyptiens. Pendant tout le Moyen Age, la sauge va rester une plante primordiale entrant dans de très nombreuses préparations.

Plus tard encore, les traités médicaux lui accorderont une place considérable. On y lit des phrases comme celles-ci : « Le désir de la sauge est de rendre l’homme immortel », ou bien « elle a tant de vertus qu’elle passe dans l’esprit de plusieurs pour une plante universelle et propre à tous les maux » ; et certains d’entre eux publient cette recette de la dernière chance : « Lorsqu’un bébé, abandonné du médecin, est perdu et que personne ne comprend la maladie qui va l’emporter, préparer une décoction de sauge et la lui faire prendre par petites cuillerées toutes les cinq minutes ; on assistera à la résurrection de l’enfant ». Enfin, plus près de nous, l’abbé Kneipp fait cette recommandation : « Aucun propriétaire de jardin n’oubliera, en le cultivant, d’y planter un pied de sauge ». En effet, la sauge ne pousse pas spontanément dans nos régions comme en Europe méridionale qui est sa zone d’origine, mais elle s’y acclimate fort bien et constitue un élément décoratif d’autant plus appréciable que ses feuilles persistent pendant l’hiver.

sauge

Pied de sauge au feuillage persistant

La sauge est originaire du pourtour méditerranéen. C’est un sous-arbuste qui fut introduit en Europe de l’Est et du Nord au Moyen Age, puis en Amérique au XVIIe siècle. On la cultive commercialement en Albanie, dans l’ex-Yougoslavie, en Turquie, en Grèce, en Italie, en France, en Angleterre et en Amérique. Elle affectionne les sites bien ensoleillés et les sols bien drainés.

La sauge officinale, salvia officinalis, fait partie de la famille des Lamiacées, souvent cultivée dans les jardins comme plante condimentaire et officinale, ou tout simplement pour la beauté de son feuillage et de ses fleurs. On l’appelle aussi « herbe sacrée », « thé d’Europe », « thé de Provence », « salel », « sauge franche ».

Cette plante sacrée qui sauve et qui protège, cette plante qui soigne, est bien en rapport avec le signe soignant et guérisseur qu’est le Sagittaire, sous la protection de Jupiter. A tel point qu’un dicton populaire affirme encore « qui a de la sauge dans son jardin, n’a pas besoin de médecin ». Ces feuilles séchées étaient un condiment employé depuis l’Antiquité et restent utilisées dans la pharmacopée moderne. En Palestine, cette plante reste quotidiennement utilisée car elle y sert à parfumer le thé.

 SALVIA OFFICINALIS - PLANCHE BOTANIQUE

Salvia officinalis – Planche botanique

La sauge était considérée comme une des plantes salvatrices du Moyen Age. Elle était également reconnue par les Chinois. Ces derniers n’hésitaient pas à échanger leurs feuilles de thé les plus précieuses contre les feuilles de sauge. Ils étaient d’ailleurs étonnés de voir les Européens venir chercher du thé dans leur pays alors qu’ils possédaient chez eux la sauge et, à cette époque de troc commercial, ils allèrent jusqu’à donner deux caisses de leur thé contre une de notre sauge. Louis XV en avait même fait sa tisane d’élection et en servait à tout propos. Avant lui, les Grecs, les Romains et les Arabes l’employaient communément comme tonique et en compresses contre les morsures de serpent. Au XVIe siècle le botaniste Jacob Tabernae-Montanus racontait que les femmes égyptiennes avaient l’habitude de boire du jus de sauge pour accroître leur fertilité.

Au XVIIIe siècle, on roulait des feuilles de sauge comme des cigarettes. Tous les asthmatiques se mettaient à fumer de la sauge dès l’apparition du premier pollen printanier. La plante était même associée à la longévité et même à l’immortalité. Certains groupes d’Amérindiens mélangeaient la sauge avec de la graisse d’ours pour guérir les problèmes de peau. On a aussi utilisé la sauge pour traiter les verrues.

Dans l’ère préhispanique et depuis l’Antiquité, les Aztèques, et avant eux les Mayas, ont cultivé une variété locale de sauge, le « chia » ou « salvia hispanica » qui a donné son nom à l’Etat mexicain du Chiapas. Les graines de chia constituaient alors la troisième source alimentaire végétale après les variétés de maïs et de blé. La culture de « chia » a ensuite presque disparu pour ne subsister qu’à l’état sauvage, pour des raisons politiques et religieuses, car la graine servait aussi de monnaie d’échange et dans des offrandes rituelles. On redécouvre aujourd’hui ses vertus en matière de nutrition, car sa petite graine ovale ou ronde, d’environ 1 mm de diamètre, généralement grise, mêlée de taches noires ou blanches, qu’on peut consommer de la même façon que le riz ou la semoule de blé, est très riche en acides gras polyinsaturés « cis », dont plus de 60 % d’oméga 3, et pratiquement exempte de tout composé toxique ou phyto-hormonal.

Par ailleurs, certaines espèces de sauges, en particulier la Salvia divinorum ou « sauge divinatoire », connue localement sous des noms divers comme « hosjas de la pastora » ou « yerba de Maria » possèdent des effets hallucinogènes qui sont encore employées dans des rites chamaniques de certaines tribus d’Indiens d’Amérique ou comme psychotrope.

ESCALOPINES DE VEAU A LA SAUGE AU JAMBON DE PARME

Escalopines de veau à la sauge et au jambon de Parme

Enfin, la sauge est également utilisée comme herbe aromatique dans des préparations comme « l’aiga bolhida ». Son goût est puissant, légèrement amer et camphré. Elle se marie bien avec le porc « arista » ou carré de porc rôti, les plats à base de volailles, mais aussi avec des pommes de terre et autres féculents. Dans les pays méridionaux, on larde de feuilles de sauge fraîche les rôtis de porc ou de veau. Ils ont ainsi une saveur exquise et sont plus légers à l’estomac. Voilà qui explique la place de la sauge parmi les condiments : elle empêche la putréfaction en luttant contre la toxine redoutable qu’est la cadavérine. Cependant « dans ce grand opéra qu’est la cuisine, la sauge représente une diva susceptible et capricieuse. Elle exige de demeurer seule ou presque en scène »… Cordons-bleus, ne commettez pas l’erreur de l’associer à d’autres plantes aromatiques telles que le persil ou le cerfeuil qui nuiraient à la pureté de sa note culinaire. Il est également recommandé de mâcher une feuille ou deux avant de déguster un mets qu’on aime mais dont on redoute les effets ultérieurs, comme par exemple des sardines à l’huile, ainsi votre régal ne comportera aucune suite désagréable.

SAUGE DE JERUSALEM

La sauge de Jérusalem

Il faut également savoir que la « sauge de Jérusalem » au nom savant de « Phlomis fruticosa » ne fait pas partie du genre « Salvia » malgré un aspect visuel comparable, surtout au niveau des feuilles. De même pour le « Teucrium scorodonia » qu’on appelle « sauge des bois ».

La sauge médicinale est un antiseptique, un antispasmodique, un antisudorale, une plante apéritive, bactéricide, calmante, céphalique, coronarienne, digestive, énergétique. Elle enraye la montée de lait, diurétique léger, emménagogue, fébrifuge, laxative, fluidifiant sanguin, tonique, elle stimule la mémoire. Par son action ostrogénique, la sauge est un régulateur hormonal qui agit sur la sphère urogénitale féminine.

La sauge a traversé les siècles et les continents aussi bien comme aliment que comme médicament. Ses propriétés souveraines pour favoriser la digestion et traiter les infections des muqueuses étaient déjà connues des pharaons, et des Grecs de l’Antiquité. Ce même usage médicinal fait également partie de la médecine ayurvédique en Inde, qui utilise à cet effet quelques espèces locales de sauge. Quant à Pline l’Ancien, il affirmait que la sauge pouvait améliorer la mémoire.

A l’époque des grandes épidémies de peste en Europe, la sauge fut l’un des composants du célèbre « vinaigre des quatre voleurs » réputé protéger contre cette maladie. Elle est, encore de nos jours, souvent associée à d’autres plantes pour la préparation de divers remèdes : sirops, décoctions, infusions et pommades.

BOUQUET DE SAUGE

Bibliographie

Nos grand-mères savaient – La vérité sur les plantes et la vie naturelle – Jean Palaiseul – Editions Robert Laffont

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(5.7 - CONSTELLATIONS ET ETOILES FIXES) par sylvietribut le 10-12-2013

Sagittario2LES ETOILES FIXES DU SAGITTAIRE

 

YED PRIOR – 1°19 Sagittaire – De la nature Vénus-Saturne – Immoralité – Révolte.

ISIDIS – 2° Sagittaire – De la nature Mars-Saturne – Imprudence – Tromperies et pièges des ennemis.

GRAFFIAS – 2°37 Sagittaire – De la nature Mars-Saturne – Cruauté – Violence sournoise – Crime – Infections.

ANTARES*** – 8°47 Sagittaire – De la nature Mars-Jupiter – Cette grande étoile rougeâtre semble bien de la nature de Mars. Elle cause ambition, énergie et dons mentaux. Témérité – Puissance ou Réalisations – Danger pour les yeux, la vue – Audace et réussite par soi-même – Ambition violente – Mort violente – Auto-destruction.

RASTABAN – 11°23 Sagittaire – De la nature Vénus-Saturne – Perte de biens – Crime – Violence – Vices – Dépravations.

RASALGETHI – 15°10 Sagittaire – De la nature Mercure-Mars – Audace – Energie – Succès – Témérité – Violence.

HERCULIS – 15°35 Sagittaire – De la nature Mercure-Mars – Activité – Succès – Réussite – Danger de mort violente.

SABIK – 16°51 Sagittaire – De la nature Vénus-Saturne.

RASALHAGUE – 21°52 Sagittaire – De la nature Vénus-Saturne – Dépravation par les femmes – Perversion Poison.

LESATH – 23°13 Sagittaire – De la nature Mercure-Mars – Danger – Désespoir – Poison.

ACULEUS – 23°48 Sagittaire – De la nature Lune-Mars – Cécité ou Faiblesse de la vue.

ACUMEN – 26°18 Sagittaire – De la nature Lune-Mars – Cécité.

SINISTRA – 29°11 Sagittaire – De la nature Vénus-Saturne – Immoralité – Dépravation – Egoïsme – Amours passionnelles – Veuvage – Misère matérielle – Malpropreté.

SPICULUM – 29°32 Sagittaire – De la nature Lune-Mars – Cécité.

 

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DANS LA MYTHOLOGIE DU SAGITTAIRE… LES FASCINANTES AMAZONES

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 07-12-2013

On peut considérer les Amazones comme les premières cavalières de l’Histoire. Elles faisaient corps avec leur cheval et parcouraient les steppes du Nord, ivres de liberté. On trouve leur trace en Cappadoce, jusqu’en Asie Mineure et jusqu’au bord de la mer Noire.

On raconte qu’une fois par an, elles « rencontraient » des hommes, pour assurer leur survie, renvoyaient les garçons, mais certains prétendent qu’elles les tuaient, mais cela est pure calomnie, elles gardaient les filles qu’elles éduquaient comme elles l’entendaient, faisant d’elles des guerrières et des chasseresses. On leur prête néanmoins la fondation de villes et de temples, notamment celui d’Ephèse, et on prétend qu’elles s’emparèrent de la ville de Troie mais qu’elles y perdirent leur reine, Marpessa.

Certaines Amazones ont laissé un souvenir dans l’Histoire : Penthésilée, par exemple, qu’Achille aurait mortellement blessée et dont, à la vue de son courage et de sa beauté, il serait tombé amoureux… Mais trop tard… Antiope, elle aussi, sera vaincue par Thésée mais il l’épousera et ils auront ensemble le fameux Hippolyte, victime de la passion de Phèdre, sa belle-mère. Il semble que les Amazones aient presque toutes aimées de leur vainqueur, peut-être admiratif de ces femmes si libres et puissantes, si différentes de leurs épouses.

Cependant, comme le dit Robert Briffault, auteur de « The Mothers », le fait qu’on trouve autant d’Amazones un peu partout dans le monde et dans l’Histoire ne prouve pas leur inexistence…

Strabon affirme qu’il y eut plusieurs générations de femmes belliqueuses en Libye, le nom de Méduse en serait originaire. On dit qu’elles auraient un jour abandonné leur état nomade et seraient retournées sur la côte nord de l’Afrique après que leur bateau eut été pris dans un terrible orage et qu’elles se furent arrêtées dans une île à laquelle elles auraient donné le nom de Samothrace. 

LES AMAZONES - PINACOTHEQUE DE MUNICK

Les Amazones

Grandes conquérantes, elles auraient laissé leurs marques en Syrie, en Phrygie et ailleurs. On trouve la trace d’armées commandées par des femmes et des soldates ayant constitué la garde ultime et héroïque de certains rois d’Afrique du Nord. Même les Chinois attestent leur présence entre la mer Noire et la mer Caspienne, mentionnant là un royaume de femmes.

Thésée qui a enlevé Hippolyté aura un fils avec elle, et si les sœurs de la belle Amazone viennent la délivrer, il n’est pas sûr qu’elle en ait été heureuse.

Héraklès et Thésée tombent sur la cité non défendue des femmes. Thésée s’emparera d’Antiope, la troisième sœur. D’où leur vengeance. C’est ainsi que l’une des deux reines, car dans leur organisation il y en avait deux, l’une chargée de l’administration et l’autre étant chef militaire, monte une expédition vers le Bosphore, jusqu’à Athènes et envahit l’Acropole… Les deux armées hésitèrent longtemps à engager la bataille. Un oracle semblait favoriser Thésée. Il y eut beaucoup de morts de part et d’autre. Les femmes se retirèrent et ne détruisirent pas la ville. Leurs tombes, paraît-il, indiquent la route prise par « les enfants de Dieu » au temple de la Lune. Certains prétendent qu’elles allèrent jusqu’à Troie et que Marpessa, leur reine, y périt.

PENTHESILEE - REINE DES AMAZONES

Penthésilée Reine des Amazones tuée par Achille

Elles commencèrent à perdre leur pouvoir, leurs vertus guerrières et leur arrogance lorsqu’elles se mêlèrent aux hommes ou commencèrent à se battre les unes contre les autres. Antiope combattra auprès de Thésée contre ses sœurs et c’est en soutenant les Troyens contre les Grecs que Penthésilée se fit tuer par Achille, mais celui-ci tomba amoureux de la morte.

On peut en tout cas voir dans ces récits, symboliquement, un passage décisif au patriarcat triomphant.

Ces femmes amazones, ces femmes Sagittaires qui sont-elles et d’où viennent-elles ? Elles évoluent selon les époques. Les Tcherkesses selon les uns, des Kalmouks selon d’autres, voire des Emetchi, des femmes à l’aise sur un cheval dans ces régions de plaines immenses et qui prirent l’habitude, peut-être, de s’éloigner des hommes.

Bien des noms associés aux Amazones contiennent le mot « hippos » qui signifie « cheval » : Hippolyté la reine, Alcippe, Mélanippe, Hippolas, Euxippe…

Le nom qui les définit toutes signifierait, selon les avis, « celles qui haïssent les hommes » et surtout selon l’opinion d’Homère, ou « celles qui ne mangent pas de pain » puisqu’elles ne connaissent pas la culture du blé. D’autres encore affirment que leur nom vient de « a-mazo » ou « amastos » c’est-à-dire « sans sein ». En rapport avec la légende qui leur prêtait l’habitude de se brûler le sein droit pour tirer plus efficacement à l’arc. On les appelle encore « celles qui comptent par la mère », théorie qui renforcerait à l’évidence une tradition matriarcale ou à tout le moins gynécocratique.

On a des femmes scythes une description qui ferait d’elles d’authentiques amazones : armées de la double hache ou du couteau à lame triangulaire, vêtues de longs manteaux, de pantalons étroits avec des bottes souples et hautes, un bonnet phrygien sur la tête, la chevelure longue et ramassée sur l’épaule, une ceinture faite de cristal et d’or, insigne royal des Scythes et peut-être symbole de virginité. D’où la tentation, pour certains héros, de leur voler leur ceinture… ce qui signifiait sans doute un peu plus qu’un vol…

Les Trois Gorgones

Les Gorgones

Les Gorgones auraient porté un masque de protection grimaçant, conçu pour faire fuir l’adversaire. On peut voir là l’origine du mythe de Persée luttant contre Méduse.

Les fantasmes sont allés bon train : Méduse n’a-t-elle pas été décrite comme un grand oiseau, portant une longue robe noire comme une nuée précédant l’orage. D’ailleurs tous les monstres féminins ailés nous rapprochent de Lilith et des démones, des Grandes Mères et des grandes reines, comme la Celte Mor-Rigou ou Morgane. Toutes assez puissantes pour terrifier les hommes.

On a même parlé d’Amazones sur les bords de l’Orénoque. Des explorateurs rapportent qu’on existé des femmes blanches et masculines qui s’unissaient parfois aux Guacaries, au sud de l’Amazone. D’où le nom donné à cette partie du Brésil. Il s’agit là d’une citation d’un auteur de 1886, H. de Coudreau, lui-même cité par J. de Maheu. Il parle de « femmes ayant des amantes dont elles se montrent fort jalouses alors qu’elles ne seraient pas jalouses des hommes que peu à peu elles réduisent en esclavage dès qu’ils deviennent impuissants »… c’est-à-dire, selon l’auteur, vers la quarantaine… Témoignage ou fantasme ? Libre à chacun de choisir. On sait que la peur que les hommes éprouvent face aux femmes n’est ni imaginaire ni récente…

Le pouvoir de Méduse, reine des Gorgones, par exemple, survécut à sa mort puisque son sang pouvait tuer instantanément lorsqu’il venait de la veine droite et ressusciter tout aussi vite lorsqu’il venait de la veine gauche. Athéna en confiera quelques gouttes à Asclépios pour ses onguents et celui-ci voudra sauver Orion avec ce remède, au grand courroux de Zeus/Jupiter.

Siphioné, Thomyris, Lysippé qui institua le culte d’Arès/Mars et d’Artémis/Lune, accompagnaient, par la danse du bouclier, toutes ces Amazones qui ont traversé la mémoire des Grecs. Hippolyté, enfin, passe pour s’être éprise d’Héraklès/Hercule et lui avoir fait don de sa ceinture qui symbolisait sans doute le don de sa personne. Pas plus qu’à ses sœurs, cet amour ne réussira puisque Héra, jalouse, fit courir auprès des Amazones le bruit que l’étranger, Héraklès, voulait enlever la reine. Alors les guerrières attaquèrent le bateau d’Héraklès qui, ainsi qu’il en va chaque fois qu’on veut lui chatouiller les côtes, les extermina. La ceinture d’Hyppolité fut offerte par le héros à Omphale, celle dont il fut l’esclave quelque temps, qu’il servit vêtu en femme et aux pieds de qui il fila la laine… supportant assez bien, pour un héros viril, une condition humiliante.

LA RENCONTRE D'ALEXANDRE ET DE LA REINE DES AMAZONES - PIERRE MIGNARD - 1612-1695

La rencontre de la Reine des Amazones Thalestris et d’Alexandre-le-Grand par Mignard

La rencontre de la Reine des Amazones, Thalestris ou Miryna, et d’Alexandre-le-Grand

Voilà une rencontre qui se situe à la frontière du mythe et de l’Histoire. Cette tradition de rencontre est issue de la Vulgate d’Alexandre et provient de Clitarque et d’Onésicrite, contemporains des conquêtes de l’Asie dont les récits délivrent une part de fables et de merveilleux. Un historien de la conquête, on identifié, peut-être Onésicrite, juge qu’Alexandre se doit de rencontrer les Amazones car Héraklès et Achille, son ancêtre mythique, les ont combattues.

Diodore écrit que la reine des Amazones désirait un enfant d’Alexandre : « Par ses exploits, il était en effet le plus brave de tous les hommes tandis qu’elle l’emportait sur le reste des femmes par sa force et sa bravoure. Celui qui naîtrait de parents excellents surpasserait donc le reste de l’humanité ». Quinte-Curse ajoute que « treize jours furent consacrés à satisfaire la passion de la reine ».

Cette rencontre avec la reine des Amazones est considérée comme une fiction par Plutarque et Arrien. Ces deux historiens antiques, soucieux d’authenticité, suivent l’avis de Ptolémée, d’Aristobule et de Douris de Samos qui déjà contestent la réalité de cette rencontre. Pour autant, Arrien et Plutarque en recherchent e fondement historique :

–       Une ambassade scythe arrive auprès d’Alexandre à Samarcande en 328 avant Jésus-Christ. Un chef de tribu scythe offre la main de sa fille à Alexandre.

–       D’après Arrien et Quinte-Curce le chef des Chorasmiens, un peuple des bords de l’Aral, propose à Alexandre de mener campagne contre les Amazones.

–       D’après Arrien, Atropatès le strape de Médie fait don à Alexandre de 100 femmes scythes dont il est dit qu’elles seraient des Amazones.

Hérodote, déjà, considérait les Amazones comme étant des femmes guerrières, scythes ou sauromates, pendant qu’Arrien et Plutarque ont tenté d’apporter une caution historique à cette légendaire rencontre.

AMAZONE

Amazone au sein unique

Les Amazones ont-elles existé ?

Pour les Grecs, les Amazones étaient un peuple mythique de femmes-guerrières. Ils expliquaient leur nom « celles qui n’ont pas de sein » par le fait que les Amazones enlevaient le sein droit à leurs filles pour qu’elles puissent manier l’arc.

Hérodote fournit une digression, une version « historisée » de la légende des Amazones. A la suite de violents combats avec les Egyptiens, 2000 ans avant Jésus-Christ, des tribus scythes occupent la Cappadoce. Des guerriers scythes sont exterminés dans une embuscade et les femmes restées seules prennent les armes. Hérodote pensait, à tort, que le nom « amazone » signifiait « privée de mamelle », les Grecs pensant que c’était dans le but de tirer plus facilement à l’arc. En langage caucasien, ce nom signifierait par contre « ceux qui ne mangent pas de pains », « maza » se traduit par « orge ». Voilà qui évoque les sociétés nomades et donc non agricoles, ou « ceux qui vivent ensemble » du produit de leur chasse. Mais cela pourrait aussi bien faire allusion à une éventuelle « ceinture magique » portée par les Amazones.

Le cheval est inséparable des populations des steppes, ce qui est le cas des Scythes et des Sauromates renommés dans l’Antiquité comme éleveurs de chevaux et excellents archers. On peut supposer à la suite d’Hérodote que les Amazones sont les épouses des Scythes et des Sauromates qui, fait inconcevable pour un Grec, ont le droit de chevaucher et de guerroyer. De là est né le mythe de farouches guerrières, élevées comme telles. Il a cependant historiquement existé des guerrières, notamment des femmes grecques sollicitées lorsque la patrie se trouvait en danger.

ARTEMIS DEESSE DE LA CHASSE

Artémis déesse lunaire de la chasse

Certains pensaient qu’elles descendaient d’Arès/Mars, qu’elles vénéraient comme dieu de la guerre, et d’Artémis, la Lune, déesse de la virginité, de la force féminine et de la chasse.

Des fouilles archéologiques récentes, conduites à la frontière entre la Russie et le Kazakhstan, ont permis de mettre au jour des tombes de femmes guerrières, enterrées avec leurs armes, entre 600 et 200 avant Jésus-Christ, probablement cavalières comme le révèle l’analyse ostéologique.

L’une des tombes était richement garnie de nombreux objets et bijoux féminins et également de cent pointes de flèches. Une enquête approfondie menée dans la même région a démontré l’existence d’une tradition vivace de la femme archer et cavalière émérite, leur arc étant de forme très caractéristique, exactement identique à celui qui est représenté sur les céramiques antiques. Des relations génétiques ont également été prouvées entre les restes humains trouvés dans les tombes et certaines familles Mongoles dont des filles naissent parfois blondes, caractéristique particulière des Amazones, ce qui est un fait absolument unique dans ces ethnies à la chevelure uniformément noire dont l’origine exacte reste encore un mystère.

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Bibliographie

Dieux et Héros du Zodiaque – Joëlle de Gravelaine – Editions Robert Laffont

Dictionnaire de la Mythologie – Michael Grant et John Hazel – Marabout

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