JUDITH… UNE HEROÏNE BIBLIQUE ET BELIER

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME, 6.6.1 - LES MYTHES DU BELIER ET DE MARS) par sylvietribut le 28-03-2014

C’est pour sauver sa patrie que Judith trancha la tête d’Holopherne. Paradoxalement, l’idéalisme du Bélier, signe de Feu, lui confère la pureté et parfois la dureté du diamant.

Holopherne était un général envoyé en campagne par Nabuchodonosor pour châtier les peuples de l’Ouest qui avait refusé de le soutenir dans la guerre qu’il menait contre le roi perse Arphaxad. Dans le livre deutérocanonique de Judith que les Protestants considèrent apocryphe, il est présenté comme roi d’Assyrie, alors que vraisemblablement il s’agirait du roi des Chaldéens qui régna sur Babylone de 605 à 562 avant Jésus-Christ.

LE TINTORET Judith et sa servante

Judith et sa servante – Le Tintoret

Après avoir pillé, tué et ravagé dans tout le Proche-Orient, Holopherne assiège Béthulie, une ville juive, probablement Massalah, qui barre un passage dans les montagnes de Judée. L’eau venant à manquer, les habitants sont sur le point de se rendre. C’est alors qu’une jeune veuve, Judith, d’une extraordinaire beauté et d’une richesse considérable, prend la décision de sauver la ville. Avec sa servante et des cruches de vin, elle pénètre dans le camp d’Holopherne. Celui-ci est tout de suite ensorcelé par la beauté et l’intelligence de la jeune femme. En son honneur, il organise un grand banquet à la fin duquel ses domestiques se retirèrent discrètement pour ne pas troubler la nuit d’amour qui, pensent-ils, attend leur maître. Cependant, Judith continue à l’enivrer et, quand il est hors d’état de se défendre, elle le décapite avec l’aide de sa servante. Ensemble, elles reviennent à Béthulie avec la tête. Au matin, quand les soldats découvrent leur chef assassiné, ils sont pris de panique. Certains vont s’enfuir et les habitants de Béthulie vont vaincre facilement ceux qui sont restés.

Certains considèrent cette histoire comme purement imaginaire et voient dans Holopherne un personnage fictif. Le récit oppose la force et l’agressivité d’un côté, la faiblesse et l’incapacité de se défendre de l’autre : l’agressivité du mâle détruite par son propre désir. Judith, elle, utilise avec habileté son charme féminin pour atteindre son but : sauver son peuple du péril où il se trouve.

JUDITH - JACQUES LEMATTE - 1886 

Judith s’apprêtant à décapiter Holopherne – Jacques Lematte (1886)

Dans bien des représentations artistiques, c’est la dangerosité du charme sensuel de la femme qui est mise en lumière et tel Holopherne les hommes y succombent trop facilement.

Le prénom « Judith » vient de l’hébreu « Yehoudit », féminin de « Yehoudi » qui signifie « juif ». Judith veut donc dire « juive » ou « judéenne ».

Dans le Genèse, une épouse d’Esaü, frère jumeau de Jacob, se prénomme « Judith ». Mais le nom qui est généralement donné en référence à la femme évoquée dans le Livre de Judith est celle qui a vaincu Holopherne.

Cette héroïne biblique a donné son nom à la « Dame de cœur » des jeux de cartes français.

JUDITH - LA DAME DE COEUR

Judith la Dame de Coeur

 

 

 

 

 

 

 

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ANDROMEDE ET CASSIOPEE… LES ETOILES FIXES DU BELIER

(5.7 - CONSTELLATIONS ET ETOILES FIXES) par sylvietribut le 24-03-2014

L’histoire d’Andromède et la manière dont elle a été sauvée du monstre marin par Persée, chevauchant le cheval ailé Pégase, font partie de l’une des légendes les plus connues de la mythologie grecque. Et, chaque automne, un groupe de constellations facilement repérables et identifiables rejoue le drame.

Le point de départ, pour l’observation, est la constellation circumpolaire Cassiopée, reconnaissable à sa forme en W, ou en M, selon l’orientation. Cette figure est dessinée par cinq étoiles brillantes, de magnitude allant de 2 à 3. La pointe centrale du W permet de localiser l’Etoile Polaire, située à moins de 1° du pôle Nord céleste ; en outre, cette figure et le Grand Chariot sont équidistants du pôle Nord céleste, avec une déclinaison de 30°. Ainsi, en localisant l’un des deux, il est possible d’orienter rapidement dans le ciel boréal. 

LA GALAXIE D'ANDROMEDE

La galaxie d’Andromède

De plus, à notre époque, ces constellations permettent d’identifier facilement ce que les anciens astronomes ont nommé le colure équinoxial, c’est-à-dire le méridien qui passe par les pôles et qui contient l’équinoxe de printemps ou point vernal, et l’équinoxe d’automne. Ce colure frôle le W, à proximité de l’étoile Caph (bêta Cassiopeiae) et se dirige vers le point vernal. De l’autre côté, il traverse le pôle boréal céleste et rejoint le Grand Chariot entre Phecda et Megrez, gamma et delta de la Grande Ourse, qui correspond au côté « manche » de la « casserole ».

L’étape suivante est le Carré de Pégase, beau groupe de quatre étoiles qui culmine à minuit au mois de septembre. La plus brillante d’entre elles se trouve à moins de 2° à l’est du colure équinoxial, et par conséquent juste au sud de Caph. C’est l’étoile Alpha de la constellation d’Andromède, et elle correspond à la tête de la princesse enchaînée, située près du cheval ailé.

CASSIOPEE

La constellation de Cassiopée

Le côté nord du Carré de Pégase se prolonge, vers l’est puis vers le nord-est, par une faible courbe, composée de quatre étoiles qui dessinent la figure d’Andromède, avec Sirrah à la tête, Mirach à la ceinture et Almak aux pieds. A l’est, au-dessus des Pléiades, dans le Taureau, se trouve son sauveur. Persée. Sa tête est marquée par Algeniv, ou Mirfak (Alpha Persei), de couleur maube et de magnitude 2 ; dans sa main droite, il tient la tête de Méduse, représentée par l’étoile maléfique Algol, la « Tête de goule » (bêta Persei) ; il s’agit d’une binaire blanche à éclipses, qui clignote, ayant une magnitude qui varie entre 2 et 3, selon des cycles de deux jours et 21 heures.

CASSOPIEE

Cassiopée

Andromède était la fille de Cassiopée et de Céphée, reine et roi d’Ethiopie. Cassiopée, imprudemment, avait osé affirmer qu’elle et sa fille étaient d’une beauté comparable à celle des Néréides, filles du dieu marin Nérée, appelé « le vieux sage des mers ». Celles-ci se plaignirent à Poséidon qui s’empressa de créer la Baleine, monstre marin qui ravagea la contrée. Cependant, l’oracle d’Amon affirma à Céphée que le seul moyen de sauver son pays était de sacrifier sa fille, et c’est pourquoi celle-ci fut enchaînée, nue, à un rocher du bord de mer et offerte au monstre.

ANDROMEDE - CONSTELLATION 

Constellation d’Andromède

Lorsque Persée vit Andromède, il la trouva si belle qu’il en tomba amoureux. Le jeune héros, protégé par son invisibilité et, selon certains auteurs, chevauchant Pégase, le cheval ailé, sortit la tête de Méduse de sa besace et, en la tenant d’(abord au-dessus de sa propre tête pour éviter de croiser son regard, il l’abaissa peu à peu, trompant la Baleine par le jeu de son ombre sur la mer ; il décapita celle-ci, puis il libéra Andromède. Il ramena la jeune fille chez ses parents et leur demanda sa main, ce qu’ils lui accordèrent.

Le mariage de Persée et d’Andromède allait être célébré, mais la cérémonie fut interrompue par un autre soupirant, Agénor, envoyé traitreusement par Cassiopée, qui lui aussi désirait la jeune fille. La situation était périlleuse, car il était escorté d’une troupe nombreuse Cependant, Persée sortit sa tête de Gorgone et changea en pierre toute la bande.

Le héros se hâta alors vers Sériphos, pour découvrir que Polydectès n’avait pas tenus son engagement et que Danaé avait dû se réfugier dans un temple pour protéger sa vertu. Persée fit irruption dans un banquet donné par le roi et, face à un concert d’injures, il proclama qu’il avait mené à bien sa mission ; puis détournant les yeux, il exhiba la tête de Méduse et changea en pierre Polydectès et ses commensaux.

Ensuite, Persée offrit la tête de Méduse à Athéna, et celle-ci la fixa sur son bouclier. Pour punir Cassiopée de sa trahison, Poséidon la mit dans un panier et transforma le tout en constellation. C’est pourquoi elle paraît ridicule quand son mouvement circumpolaire la met sens dessus dessous.

MEDUSE - VINCENZO GEMITO - 1911 

Méduse – Vincenzo Gemito

Bibliographie

Le Langage secret des Etoiles et des Planètes – Geoffray Cornelius et Paul Devereux – Editions Solar

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UN DROLE D’ASTROLOGUE… LE FAKIR BIRMAN

(6.5 - Biographie d'Astrologues célèbres) par sylvietribut le 16-03-2014

C’était là le pseudonyme de Charles Fossez qui fut sans conteste l’astrologue le plus connu des années trente, même si, dans leur grande majorité, les astrologues sérieux mirent en doute ses connaissances astrologiques pures. Doté d’un extraordinaire sens des relations publiques et de la publicité, il fit sortir l’astrologie sur la place publique. Lorsqu’il prit sa retraite après sept années d’activité, il avait été consulté par 502 000 clients, soi un Français sur quatre-vingts.

ALMANACH DU FAKIR BIRMAN 

L’Almanach du Fakir Birman

C’est le 15 janvier 1932 que Birman s’installa dans un petit local situé dans le IXe arrondissement de Paris et consacra le reste de son petit capital à faire publier dans les journaux, sous le portrait stylisé d’un fakir enturbanné et barbu, le slogan qui allait le rendre célèbre : « Fakir Birman, 14 rue de Berne. Dans l’ennui, venez à lui ». Aujourd’hui, cela paraît banal, mais à l’époque on n’avait jamais vu d’astrologue faire de la publicité dans la presse au point que plusieurs journaux refusèrent de passer l’annonce.

Aussitôt la clientèle afflua et l’une de ses premières consultantes lui valut sa notoriété. Il s’agissait d’une femme que son mari, chef d’orchestre, trompait avec une violoniste. Birman, habile à faire parler sa cliente, lui fit part de ses doutes et fit semblant d’en trouver la confirmation dans la carte du ciel. Le mari l’apprit et, sans se soucier du ridicule, le poursuivit en justice pour « trouble de jouissance ».

LA PLAIDOIRIE DE DAUMIER 

La plaidoirie – Dessin de Daumier

L’astrologue prit comme avocat Me Théodore Valensi, un ténor du barreau, qui le fit acquitter. Les attendus du Président Massé firent rire tout Paris. Comparant le mari à Adam, « prompt au péché », l’épouse à Eve, « perpétuelle curieuse qui veut tout savoir, même ce qui est caché  aux mortels », il concluait : « Attendu que Dieu n’a pas cru devoir condamner le serpent, j’agis de même, relaxe le fakir et condamne le chef d’orchestre aux dépens ».

MES SOUVENIRS ET MES SECRETS DU FAKIR BIRMAN

Profitant de sa soudaine célébrité de premier astrologue à avoir vu ses prédictions confirmées par un arrêt de justice, Birman devint une personnalité mondaine. Invité à faire une exhibition au cours d’une vente de charité qui avait lieu salle Wagram, il eut l’idée de dresser publiquement un horoscope, enfermé dans une cage de fauves au milieu d’une centaine de rats affamés. Cependant, à la suite d’une fausse manœuvre, une trappe s’ouvrit inopinément et les rats semèrent la confusion dans le public. Le scandale fut énorme ce qui ajouta à la notoriété du fakir. Maurice Chevalier chantait : « Mois, j’suis l’fakir » au Casino de Paris, Ray Ventura « Ainsi disait le fakir » et Pierre Dac jouait un sketch intitulé « le Fakir ». Birman donna alors libre cours à son génie de la publicité. Il distribuait des primes aux coureurs des Six Jours, suivait le Tour de France cycliste, distribuant le long des routes un million d’enveloppes contenant chacune un horoscope et un billet de loterie. Son effigie se voyait partout : sur le rideau de scène du théâtre de l’Empire, sur un quart de page du Journal Gringoire, etc…

L’apogée de sa carrière fut atteint lors de l’Exposition universelle de 1937, quand les organisateurs lui concédèrent un « pavillon des sciences conjecturales » de quatre cents mètres carrés.

LES GAINES ET CORSETS DU FAKIR BIRMAN 

Au fil des années, le fakir Birman s’était enrichi. Traîné devant les tribunaux en 1939 par l’Administration des Finances, il fut condamné à de fortes amendes et, la guerre étant survenue, il abandonna ses activités, finissant ses jours comme industriel, fabricant de gaines et de corsets. Après lui, l’astrologie commerciale ne fut plus ce qu’elle avait été de son temps, cantonnée dans une semi-clandestinité. Et on peut dire que c’est à cause de lui, en particulier, que les journaux prirent l’habitude de publier des horoscopes.

A l’époque de sa gloire, des chaînes de radiodiffusion de province lui avaient demandé de faire des causeries de trois minutes sur les divers aspects des sciences occultes, ce qui donna l’idée au Poste parisien de diffuser chaque matin l’horoscope du jour, idée reprise pour la première fois dans l’Histoire de la Presse écrite par le quotidien « L’Intransigeant ».

SUICIDE DU FAKIR BIRMAN

Et tout compte fait, malgré une vie bien remplie, le Fakir Birman s’est suicidé par pendaison. Malheureusement, la suite de l’article et la page 4 ne sont pas reproduites…

ARCANE XII DU TAROT - LE PENDU

Le Pendu – Arcane XII du Tarot 

Bibliographie

Dictionnaire de l’Astrologie – Jean-Louis Brau – Editions Larousse

 

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LES ETOILES ROYALES

(5.7 - CONSTELLATIONS ET ETOILES FIXES) par sylvietribut le 13-03-2014

« Etoiles royales », tel est le nom généralement donné en astrologie aux quatre étoiles fixes de première grandeur, particulièrement importantes dans les thèmes. Elles furent les étoiles-repères du calendrier babylonien :

  • Aldébaran, principale étoile de la constellation du Taureau est la « Gardienne de l’Est » ;
  • Régulus de la constellation du Lion est la « Gardienne du Nord » ;
  • Antarès, cœur de la constellation du Scorpion est la « Gardienne de l’Ouest » ;
  • Fomalhaut, du Poisson Austral est le « Gardien du Sud ».

Cette liste n’est pas unique mais varie selon les auteurs. Ainsi, parfois on remplace Régulus par Rigel, de la constellation d’Orion, appelé en Inde Raja, seigneur, roi, ce qui souligne son rôle d’étoile royale. Antarès qui est une étoile néfaste, étant le fossoyeur des caravanes chez les Mésopotamiens, remplacée par la bénéfique Spica, Epi de la Vierge.

Fomalhaut l'Etoile fixe

Fomalhaut le Gardien du Sud

Fomalhaut est la première étoile fixe de la constellation des Poissons, et la plus brillante, située dans ce signe et de nature vénusienne. Elle est l’indication d’une haute renommée. Fomalhaut est aussi la dix-septième étoile la plus brillante du ciel nocturne. Son nom provient d’un mot arabe qui signifie « la bouche du poisson ». C’était une des quatre « étoiles royales » des Perses il y a environ 5 000 ans. Elle se situe à environ vingt-cinq années-lumière du système solaire. Il semble que Fomalhaut soit une étoile relativement jeune. Son âge est estimé entre 100 et 300 millions d’années seulement. Elle est dix-huit fois plus lumineuse que le Soleil avec une masse de 2,1 fois plus élevée. Sa durée de vie ne devrait pas dépasser le milliard d’années. Sa composition chimique est identique à celle du Soleil. Elle est entourée d’un disque de poussières et se trouve à trois fois la distance du Soleil à Pluton. Ce disque est parfois appelée la « ceinture de Kuiper » de Fomalhaut. Le 23 avril 2012 un groupe de chercheurs publie les résultats d’observation de Herschel, l’astronome qui avait découvert Uranus, tendant à monter que ce disque serait alimenté par de nombreuses collisions de comètes, de deux à deux mille par jour.

ALDEBARAN L'ETOILE ROUGE

Aldébaran la rouge

Aldébaran est première étoile fixe de la constellation du Taureau, de nature martienne, située dans les Gémeaux. Elle annonce les honneurs publics ou militaires, ainsi que le courage. On l’appelle également Alpha Tauri et c’est la plus brillante des étoiles de la constellation du Taureau. Elle se situe à environ 65 années-lumière du Soleil. C’est la treizième étoile la plus brillante du ciel nocturne. Son nom vient de l’arabe et signifie « le suiveur » en référence à l’étoile qui suit les Pléiades dans leur course à travers le ciel nocturne. Visuellement, Aldébaran semble être le membre le plus brillant d’un groupe d’étoiles assez étalé : l’amas des Hyades qui est l’amas le plus proche de la Terre. Cependant, Aldébaran est en fait situé à mi-chemin entre la Terre et les Hyades et est donc indépendant de celui-ci.

REGULUS 

L’étoile Régulus

Régulus est la première étoile fixe de la constellation du Lion, située dans ce signe. Son nom vient du latin et signifie « roitelet ». Elle est également connue sous le nom arabe de « Kalb Al Asad qui signifie « le Cœur du Lion ». Elle est de nature à la fois martienne et jupitérienne et a un rôle bénéfique. C’est l’étoile la plus brillante de la Constellation du Lion et l’une des plus brillantes du ciel nocturne. En fait, c’est un système d’étoile triple, éloigné d’environ 77,5 années-lumière de la Terre. Régulus est l’une des quatre « étoiles royales » des Perses d’il y a environ 5000 ans. Elle constitue aujourd’hui avec Arcturus et Spica le Triangle du printemps. Cette étoile possède deux compagnons beaucoup moins lumineux : Régulus B et Régulus C. Ces deux compagnons forment eux-mêmes un couple, séparés d’environ 100 unités astronomiques, et tournant l’un autour de l’autre en 2 000 ans. Ce couple est séparé de l’étoile principale Régulus A par 4 200 unités astronomiques et orbite autour d’elle en approximativement 130 000 ans.

Antares (1)

Antarès

Antarès est la première étoile fixe de la constellation du Scorpion, de nature martienne et jupitérienne, située dans le Sagittaire. Elle annonce la témérité, l’imprudence, voire même une mort violente. On dit que c’est l’étoile double du Scorpion dont la plus brillante est une super-géante rouge en fin de vie, d’un diamètre de 700 fois celui du Soleil. Elle est située à environ 520 années-lumière de la Terre. Ramenée au système solaire, Antarès engloberait l’orbite de Mars du fait de sa taille. Sa surface se situerait entre Mars et Jupiter et, contrairement à celle du Soleil avec des bords bien nets, la surface d’Antarès serait floue car elle est entourée de gaz. Sa magnitude varie de + 0,9 à + 1,8. Antarès est environ 10 000 fois plus lumineuse que le Soleil, dans le visible. Mais sa température de surface, moins élevée que celle du Soleil, fait qu’elle rayonne une partie considérable de son énergie dans l’infrarouge. Sa luminosité bolométrique est approximativement de 60 000 fois celle du Soleil. Du fait de son statut de super-géante rouge, Antarès explosera dans le futur sous forme de supernova. Elle apparaîtra alors pendant quelques semaines comme un astre aussi brillant que la Pleine Lune. La meilleure période pour observer Antarès est aux alentours du 14 mai quand l’étoile est en opposition au Soleil. Elle se lève alors au couleur du Soleil pour disparaître à l’aube. Elle est donc visible toute la nuit. Le nom de cette étoile vient du grec ancien signifiant « comme Arès », Arès était le dieu grec de la guerre, l’équivalent du Mars de la mythologie de la Rome antique. Cela fait référence à sa couleur rouge, similaire à celle de la planète Mars. Le nom arabe d’Antarès signifie « le cœur du Scorpion ».

SIRIUS

Sirius

Cependant, Sirius, la plus brillante étoile du ciel, ne figure jamais parmi ces étoiles royales. On l’appelle aussi Alpha Canis Majoris. C’est la principale étoile de la Constellation du Grand Chien. Vue de la Terre, Sirius est l’étoile la plus brillante du ciel, après le Soleil, dépassant Canopus et Arcturus. Elle fait partie de la catégorie des étoiles blanches, selon la classification du catalogue de l’astronome Pietro Angelo Secchi. Du fait de sa déclinaison, Sirius n’est jamais très élevée au-dessus de l’horizon depuis les latitudes tempérées de l’hémisphère nord. Du fait de sa proximité et de son éclat, Sirius est une des étoiles les plus étudiées des astronomes.

Quant au mot « canicule », il est emprunté au latin « canicula », diminutif de « canis », à la fin du XVe siècle. Il signifiait également la période de chaleur pendant laquelle elle se lève et se couche en même temps que le Soleil, du 22 juillet a 23 août. Son origine étant oubliée, il s’est répandu au sens de « très forte chaleur ».

Plusieurs images symboliques sont associées à chacune de ces étoiles. On représente le plus souvent Aldébaran par un œil, Régulus par un cœur ou une couronne, Antarès dont le nom provient d’Arès-Mars, par un poignard ou un cimeterre, et Spica par une sphinge à la tête et à la poitrine de femme, ou par une gerbe.

Quant à l’Etoile de Bethléem, elle est considérée par la plupart des historiens comme une intercession de l’Eglise naissante et la pensée astrologique, alors toute puissante, et fait suite aux phénomènes cosmiques extraordinaires, semblables, qui ont précédé la naissance de presque tous les Fils de Dieu, y compris Bouddha.

LES QUATRE ETOILES ROYALES

Les quatre étoiles royales

 

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DANS L’HERBIER DES POISSONS… LA JONQUILLE

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 12-03-2014

Bien dans l’univers Poissons et dans le langage des fleurs, la jonquille symbolise la langueur d’amour, mais également le désir.

En français, le mot « jonquille » désigne plusieurs plantes du genre « Narcissus ». La jonquille véritable, la seule qui rappelle sa dénomination espagnole de « petit jonc » est le « Narcissus jonquilla ». Ce sont ces variétés à parfum qui sont toujours cultivées à Grasse. La jonquille appartient à la famille des amaryllidacées et sous son air timide, elle évoque le retour du printemps. La fleur est unique et généralement de deux tons de jaune. Le cœur est en forme d’entonnoir, évasé et dentelé et d’un jaune plus soutenu. La floraison va de mars à début juillet en fonction de sa localisation géographique, de l’altitude et du milieu ambiant.

JONQUILLE

Cependant, depuis la Belle Epoque, on dénomme « jonquille » une autre espèce commune, surtout dans les Vosges, en Lorraine, en Franche-Comté, dans le Nord et même en Belgique, le narcisse jaune ou « Narcissus pseudonarcissus » plus communément appelé le « narcisse trompette ».

La jonquille est l’un des emblèmes du Pays de Galles et l’on disait que si on avait la chance de voir la première jonquille de la saison, les douze mois suivants seraient pleins de richesse. En fait, dans le monde entier, on associe la jonquille non seulement à la fin de l’hiver, mais aussi à une future prospérité.  Par contre, en Angleterre, les jonquilles sont associées au Carême et on les appelle aussi « lys de carême ».

Une légende chinoise veut que si l’on force un bulbe de jonquille à fleurir pendant le Nouvel An, cela portera chance à toute la famille.

BOUQUET DE JONQUILLES DE BERTHE MORIZOT 

Bouquet de jonquilles – Berthe Morizot

En France, la jonquille est la fête de la Vallée des Lacs dans les Vosges. Chaque printemps les coteaux se couvrent de taches jaunes et c’est pourquoi on fête la jonquille dans cette région. La fête la plus populaire des Vosges a lieu tous les deux ans depuis 1935, le dimanche le plus proche du 20 avril, avec défilé de corso fleuri de jonquilles, avec une trentaine de chars. Il existe aussi une fête des jonquilles à Saint-Etienne-de-Montluc, en Loire-Atlantique.

La jonquille est la fleur de ceux qui sont nés au mois de mars ainsi que de ceux qui fêtent leur dixième anniversaire de mariage. On dit qu’offrir des jonquilles c’est le bonheur assuré. Attention, si vous offrez un bouquet de jonquilles vous apportez en quelque sorte la bonne fortune à qui vous offrez le bouquet, par contre offrir une seule jonquille porte malheur.

Depuis que l’on fête les grand-mères, la jonquille est associée à cette célébration. 

PIED DE JONQUILLE 2

 

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DANS LA SYMBOLIQUE DES POISSONS… LES OCEANIDES

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME, 6.6.12 - LES MYTHES DES POISSONS ET DE NEPTUNE) par sylvietribut le 11-03-2014

Les Océanides étaient les trois mille filles d’Océan et de Téthys. C’étaient les Nymphes de la mer, des fonds inaccessibles de l’Océan, leur père. Couronnées de fleurs, elles accompagnaient de leur cortège la conque de leur mère Téthys. Elles étaient les sœurs des dieux des rivières. Leur rôle était de garder les eaux qui recouvrent la terre, ainsi que les eaux du monde souterrain. Styx était de leur nombre.

LES OCEANIDES - GUSTAVE DORE

Les Océanides – Gustave Doré – 1860

Quelques une d’entre elles se sont distinguées et sont entrées dans la légende. Ainsi, Doris épousa Nérée, le « Vieillard de la Mer » et mit au monde les Néréides. Doris avait des dons de prophétie comme bien des divinités qui demeurent dans les eaux. Elle devait sa gloire à sa postérité. Une de ses filles, Thétis devait donner le jour au plus célèbre héros de la guerre de Troie, Achille.

Sa sœur Amphitrite, dont certains font une Néréide, devint l’épouse de Poséidon/Neptune, celui qui gouverne les Poissons. Ce dieu l’avait en effet aperçue alors qu’elle jouait et dansait sur la plage de l’île de Naxos,  avec ses sœurs et l’avait tout de suite désiré pour femme tant il était tombé amoureux. Mais elle s’échappa et partit se réfugier auprès du Titan Atlas, aux toutes dernières et lointaines limites de la mer. Poséidon/Neptune envoya les divinités marines, ses serviteurs, la chercher. C’est le dauphin qui finit par la retrouver et il plaida si bien la cause de Poséidon qu’il réussit à l’enlever, la livrant au dieu de la Mer qui la rendit mère de Triton, Rhodé et Benthésicymé. Quant au Dauphin pour le remercier, Poséidon/Neptune l’éleva au rang de constellation.

ATHENA

Athéna fille de Zeus/Jupiter et de Métis

Métis, une Néréide elle aussi, fut amenée à jouer un rôle tout aussi important en devenant la première femme de Zeus, bien qu’elle eût changé de forme pour échapper au lit de Zeus/Jupiter et c’est ainsi qu’elle conçut Athéna. Cependant, Gaïa avait prédit au dieu que si Métis avait une fille, celle-ci aurait autant de sagesse que lui, puis que Métis aurait un fils qui deviendrait plus puissant que lui et qui le détrônerait. Alors Zeus attrapa Métis et l’avala alors qu’elle était enceinte. Et c’est ainsi que le moment venu, il donna naissance à l’enfant qu’elle portait, déjà grand, qui jaillit de sa tête. C’est ainsi qu’Athéna vint au monde. Auparavant, il avait été saisi d’un violent mal de tête. Pour le soulager, sur les conseils d’Hermès/Mercure, Héphaïstos lui troua la tempe d’où sortit Athéna armée et casquée. Cependant, Zeus avait acquis la sagesse de Métis, laquelle l’aida à rester sur le trône des dieux. Il faut dire que Métis était la personnification de la Prudence. C’était également une Magicienne. Elle avait offert à Zeus/Jupiter une potion magique que devait boire Cronos/Saturne qui allait obliger le Titan à restituer ses enfants.

Clyméné s’unit à Hélios, le dieu-soleil, et lui donna Phaéton et les Héliades. Cependant, elle fut l’épouse légitime du Titan Japet et sa postérité fut tout aussi glorieuse puisqu’elle mit au monde Prométhée, Ménoetios, Atlas et Epiméthée.

Sa sœur Perséis eut plusieurs enfants du même dieu : Acétès, Circé l’enchanteresse et Pasiphaé, l’épouse du roi Minos.

CALYPSO ET ULYSSE 

Calypso et Ulysse

Calypso aussi était une Océanide qui régnait sur l’île d’Ogygie, la presqu’île de Ceuta, en face de Gibraltar. Elle tomba amoureuse de son hôte célèbre, Ulysse qu’elle avait accueilli dans ses états alors qu’il venait de faire naufrage. Sept ans durant elle s’efforça de lui faire oublier sa patrie dans sa grotte enchantée, entourée de bois de peupliers, de cyprès, décorée de vigne chargée de grappes de raisin. Elle lui offrit même l’immortalité. Mais l’amour d’Ithaque sa patrie et de Pénélope sa chère épouse demeurait le plus fort dans le cœur d’Ulysse et il passait ses journées à contempler le rivage et la mer, les yeux embués de larmes. Emu, Zeus/Jupiter dépêcha Hermès/Mercure auprès de Calypso : Ulysse devait quitter l’île. Malgré sa douleur Calypso obéit. Elle aida le héros à construire une embarcation et lui fournit des provisions pour la traversée. C’est ainsi qu’Ulysse la quitta le cœur plein d’espoir, voguant vers sa patrie bien-aimée, Ithaque, l’île dont il était roi. On dit que Calypso aurait donné un fils à Ulysse, mais bien des noms circulent sans aucun ne soit sûr.

Quant à Dioné, elle était l’une des divinités du commencement du temps. Elle fut aimée de Zeus/Jupiter et donna naissance à Aphrodite/Vénus. Son nom est la forme féminine de Zeus. Son culte qui, peut-être à l’origine ne se différenciait pas de celui d’Héra/Junon, se limitait à Dodone, en Etolie, un très ancien sanctuaire de Zeus où on l’adorait sous la forme d’un chêne. C’est Homère qui fait de Dioné la mère d’Amphitrite, la déesse de la mer, et d’Aphrodite, mais pour Hésiode, cette dernière est plutôt la fille d’Océan. Ensuite, Dioné épousa Tantale dont elle eut Niobé et Pélops.

 ACHILLE PLONGE DANS LE STYX PAR THEMIS SA MERE

Thétys plongeant Achille dans les eaux du Styx – Paul Rubens

Revenons à Styx. C’était le principal fleuve des enfers. Le Styx roule des eaux fangeuses et glacées au milieu des ténèbres. Il ceint de ses méandres le royaume d’Hadès/Pluton. Mais à l’origine Styx était une nymphe, une Océanide, qui habitait en Arcadie une grotte au bord d’une fontaine. Elle aussi était fille de Thétys et d’Océan. Elle avait épousé Pallas, lui donnant quatre enfants aux noms significatifs : Zélos, l’acharnement, Niké ou la victoire, Bia la violence et Cratos la puissance. Lorsque Zeus/Jupiter entra en lutte contre les Géants, Styx rallia l’Olympe avec ses enfants pour les ranger au service des dieux célestes et de leur cause. En récompense, Zeus/Jupiter accorda à ces valeureux auxiliaires le droit de demeurer perpétuellement auprès de lui et de l’assister dans ses entreprises. Il dota Styx du privilège d’être invoquée par les dieux, ce qui donnait au serment, ainsi confirmé, une valeur absolue. Lorsqu’un dieu s’apprêtait à jurer par Styx, Iris allait chercher une couple pleine d’eau du fleuve infernal, sur laquelle il étendait la main. L’immortel qui se parjurait encourait une punition sévère : durant une année entière, il se voyait condamné à ne plus accéder ni au nectar, ni à l’ambroisie. Puis pendant neuf ans, il était chassé du cercle des autres dieux. Prenant sa source dans un lieu escarpé et isolé, roulant une eau noire et corrosive, se perdant dans les entrailles de la terre, Styx accrédite aisément les légendes qui en font un fleuve infernal, maudit et pernicieux.

Apollon et les Océanides partageaient la tâche de guider les jeunes garçons jusqu’à l’âge adulte.

Océan, le père de toutes ces filles, apparut avant le monde lui-même et présida à la Création et de ce fait il tient une place importante dans la mythologie. Il était fils d’Ouranos et de Gaïa. Il était la personnification divine de l’eau. Il entourait la Terre comme un immense fleuve où tout se crée et où tout vient mourir. Il était aussi le père de près de trois mille fleuves qui alimentent en eau les hommes et fertilisent la Terre.

Tardivement représenté dans les œuvres d’art, l’Océan a l’aspect d’un vieillard à la barbe verte. Il tient une corne de taureau qui symbolise l’abondance puissante et nourrissante des eaux.

 FONTAINE DES NAIADES - PIAZZA DELLA REPUBLICA - ROMA

La Fontaine des Naïades – Place de la République – Rome

Bibliographie

Dictionnaire de la Mythologie – Michel Grant et John Hazel – Chez Marabout

Dictionnaire de la Mythologie grecque et romaine – Joël Schmidt – Larousse Références.

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DANS LE MONDE ETRANGE DES POISSONS ET DE LA MAISON XII… SAINTE COLETTE DE CORBIE LA RECLUSE

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME, 6.9 - LES SAINTS DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 06-03-2014

Il fallait bien être né Capricorne pour s’infliger un tel traitement. En effet, Colette de Corbie est née le 13 janvier 1381 à Corbie, petite ville de Picardie. Elle fut béatifiée en 1625, canonisée en 1807 et commémorée liturgiquement le 6 mars.

Colette était issue d’une famille modeste. Son père était maître menuisier de l’abbaye de Corbie, avec sa mère, Colette va évoluer dans une famille très pieuse et charitable. La légende rapporte que les années passaient et ils n’avaient toujours d’enfant. Ils décidèrent d’avoir recours à Saint Nicolas pour leur donner une descendance. Et c’est à 60 ans que Marguerite mit au monde une fille qu’ils baptisèrent Nicolette par reconnaissance envers Saint Nicolas, mais elle fut appeler Colette, diminutif de son prénom et c’est sous ce nom qu’elle passera à la postérité.

SAINTE COLETTE DE CORBIE 2 

Sainte Colette de Corbie

Colette recevra une éducation religieuse accordant une place importante à la Passion du Christ dont lui parlait sa mère, femme très pieuse qui se confessait et communiait chaque semaine. C’est dès son plus jeune âge que Colette aurait eu une vie édifiante, empreinte de prière et de mortification, tout en aidant les pauvres. Elle se privait de nourriture pour redistribuer son repas aux pauvres. Elle reçut durant ses jeunes années des grâces divines telles que des guérisons miraculeuses, mais aussi une croissance subite alors qu’elle était très petite. A l’âge de sept ans elle assistait clandestinement aux matines chantées par les Bénédictins.

En 399 alors qu’elle a 18 ans ses parents moururent. Son père l’avait confiée avant sa mort à Raoul de Roye, abbé de Corbie. Elle refusa le mariage que celui-ci lui présentait, se dépouilla de tous ses biens en faveur des pauvres. Peu après, elle fit la connaissance de Jean Bassand, prieur du couvent des Célestin d’Amiens à qui elle fit part de son désir d’embrasser la vie religieuse. Elle intègre alors les Béguines de Corbie et y restera un an car jugeant cet ordre pas assez rigoureux, elle décida d’entrer au couvent des Bénédictines de Corbie. Cependant, cela ne lui convint pas davantage. C’est pourquoi elle se dirigea vers les Clarisses urbanistes de l’Abbaye du Moncel près de Pont-Sainte-Maxence où elle se présenta comme servante se jugeant indigne d’être religieuse. Là encore, elle trouva que les conditions de vie étaient trop douces. Elle retourna à Corbie, y rencontra le Père Jean Pinet, gardien du couvent d’Hesdin en Artois, franciscain désireux de faire revivre l’ordre d’après la Règle primitive. Il proposa à Colette de vivre en recluse, sous la règle du tiers ordre franciscain. C’est l’abbé de Corbie qui accorda son autorisation en 1402. Colette fut alors emmurée pendant trois ans dans un réclusoir attenant à l’église paroissiale, y menant une vie de prière et de charité, recevant la visite d’habitants venant lui demander conseils et prières. On dit qu’elle eût alors des visions de Saint François d’Assise qui la présentait à Dieu comme la réformatrice de son ordre.

SAINTE COLETTE ET L'ARBRE

Sainte Colette de Corbie et l’arbre

Une autre fois, elle rêve qu’un arbre mystérieux croissait et poussait ses racines jusque dans sa cellule. Refusant de croire à ces visions, elle fut frappée de cécité et même de mutisme. C’est en acceptant sa mission, qu’elle guérit et se mit à écrire ce qu’elle venait de vivre et qui lui avait été révélé. En 1406, par bulle pontificale Colette fut déliée de son vœu de réclusion et elle fut autoriser à fonder un couvent réformé dans les diocèses d’Amiens, de Noyon et de Paris.

Colette va alors s’appuyer pour continuer son œuvre sur le Père Henri de Baume, franciscain et fervent partisan d’une réforme de l’ordre. Il gagna à la cause de Colette la comtesse Blanche de Genève, puis Isabeau de Rochechouart, et la baronne de Brissay. Et c’est ainsi que Colette, accompagnée du Père de Baume et de la baronne de Brissay, va rencontrer, à Cimiez près de Nice, le Pape Benoît XIII qu’il nommera Abbesse, dame et mère de toutes les personnes qui se rangeraient sous sa réforme. Il l’autorisa à accueillir dans le couvent qu’elle allait fonder des religieuses venues de couvents étrangers ou du tiers ordre franciscain.

SAINTE COLETTE ET SAINTE CLAIRE

De nouveau, Colette retourne à Corbie voulant faire de sa vielle natale le berceau de la renaissance franciscaine, mais elle n’y rencontra qu’hostilité et elle dut quitter la Picardie après un nouvel échec à Noyon. Elle trouva alors refuge en Franche-Comté, dans le manoir d’Alard de Beaume, frère du Père Henri, à Beaume-le-Frontenay. Trois femmes de Corbie vont l’accompagner. Ce furent les premières moniales de l’ordre réformé. En 1410, ayant reçu confirmation du Pape Alexandre V, elles s’établirent à Besançon où Colette fonda son premier monastère. Au total ce sont dix-sept couvents qui seront fondés entre 1410 et 1447. En 1445, elle essaiera de nouveau de créer un couvent à Corbie, mais une fois encore elle échoua. Comme quoi le proverbe « nul n’est prophète en son pays » n’est pas sans fondement. Cependant, la réforme « colettine » s’infiltra aussi dans l’ordre masculin et ce furent la naissance de sept autres couvents qui l’adoptèrent.

Il est difficile de recenser les nombreux miracles et guérisons accomplis par ou grâce à Colette de Corbie. Par ailleurs, elle connut des extases, la lévitation, des effluves odoriférantes émanant de sa personne et de ce qu’elle touchait. On dit aussi qu’elle eut connaissance de l’état des âmes du purgatoire, qu’elle avait des dons de clairvoyance et de prophétie. Elle avait le goût de la pénitence, des mortifications, des jeûnes et de la pauvreté totale. On est bien là entre univers Poissons d’un côté et Capricorne de l’autre.

Colette de Corbie fut aussi une femme politique. En effet, elle œuvra pour l’extinction du schisme qui déchirait la Chrétienté occidentale. Elle obtint des Papes et antipapes la confirmation de ses pouvoirs. Elle agit notamment auprès de l’antipape Félix V pour qu’il abdique mais sans succès de son vivant. Toutefois, Colette va réussir à passer outre les divisions politiques de la France, s’attirant la bienveillance de la Maison de Bourgogne et de la Maison de Bourbon, pourtant ennemies. Elle réussit également à se concilier les Maisons rivales de Savoie et de Genève.

Colette de Corbie mourra à Gand dans le couvent de Bethléem où elle fut inhumée. Plus tard, en 1783, ses ossements furent transportés à Poligny, dans le Jura, son couvent de prédilection. Selon son désir, elle fut inhumée dans un tombeau, sans linceul, ni bière, à même la terre, dans le cimetière de Gand. C’est en 1471, l’évêque de Tournai entreprit une enquête suite à des miracles survenus sur sa tombe. On découvrit d’autres miracles en d’autres lieux où elle avait séjourné : Hesdin, Gand, Arras, Poligny et Auxonne.

EGLISE SAINTE COLETTE - CORBIE

L’Eglise Sainte Colette – à Corbie – sur l’emplacement de sa maison natale

Pour comprendre la vie de Colette de Corbie, il faut resituer ce qu’il se passait à l’époque où elle vécut. Il faut se souvenir qu’au XVe siècle, le Grand Schisme d’Occident divisa profondément l’Eglise : ceux qui reconnaissaient le Pape de Rome s’opposaient à ceux qui reconnaissaient celui d’Avignon. Par ailleurs, toujours à cette même époque, l’ordre franciscain connut, en son sein, des dissensions entre partisans de l’observance stricte de la règle de Saint François d’Assise et partisans d’une règle moins rigoureuse. Par exemple, en 1263, le Pape Urbain IV avait accordé aux couvents de la branche féminine, les clarisses, l’autorisation de posséder des biens en commun, ce qui était une sérieuse entorse à la règle primitive de pauvreté.

En France, aux XIVe et XVe siècles, la situation politique était extrêmement troublée par la Guerre de Cent Ans, la folie du roi Charles VI et la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons. De plus, en 1348, apparut la peste noire qui sévit dans une grande partie de l’Europe.

Colette de Corbie est emblématique des femmes de la fin du Moyen Age qui ont réussi à vivre une vie spirituelle de contemplation et d’action.

L’iconographie chrétienne lui a conféré divers attributs : le puits de la Samaritaine, par allusion à la découverte d’eau à Poligny, au Puy et à Hesdin, en des endroits où, avant la prière de la sainte, on ne repérait aucune nappe aquifère ; la poule en allusion à l’invitation du Seigneur à gober un œuf pour reprendre des forces.

Les religieuses qui vivent selon la règle primitive de Sainte Claire remaniée par Colette de Corbie sont appelées « colettines ». A Corbie, on a fini par la reconnaître et une chapelle fut construite à l’emplacement de sa maison natale et une statue massive trône à la sortie nord-est de la ville.

En souvenir de sa naissance miraculeuse d’une mère de 60 ans, Sainte Colette de Corbie est spécialement invoquée par les mamans qui désirent ou attendent un enfant.

MINIATURE - PSAUTIER DE L'ABBAYE DE CORBIE - BIBLIOTHEQUE MUNICIPALE D'AMIENS

Miniature – Psautier de l’Abbaye de Corbie – Bibliothèque Municipale d’Amiens

 

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ENTRE MARDI GRAS ET CAREME… CARNAVAL CONTRE CAREME… LICENCE CONTRE ABSTINENCE

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME, 6.8 - TRADITIONS) par sylvietribut le 04-03-2014

Mardi gras marque la fin de la « semaine des sept jours gras » qu’on appelait autrefois « jours charnels », une période particulièrement festive. Mardi gras précède Mercredi des Cendres marquant le début du Carême. Mardi gras se situe donc juste avant la période de jeûne, c’est-à-dire selon l’expression ancienne avant le « carême entrant » ou le « carême prenant ». Les sept jours gras se terminent en apothéose par le « Mardi gras » et étaient l’occasion d’un défoulement collectif. L’esprit de jeûne et d’abstinence qui s’annonce est momentanément mis entre parenthèses… place au carnaval.

Mardi Gras Mask and Beads

Masques de Carnaval

La date de Mardi gras est mobile par rapport au calendrier grégorien, le calendrier usuel qui suit le mouvement du Soleil et les saisons. Elle est associée à la date de Pâques, et donc le premier dimanche qui suit la Pleine Lune et le 21 mars, toujours entre le 22 mars et le 25 avril. Ainsi Mardi Gras est toujours fixé entre le 3 février et le 9 mars, soit juste avant la période de Carême, c’est-à-dire 41 jours + 6 dimanches, soit au total 47 jours avant Pâques. Pour 2014, mardi gras se situe le 4 mars. Les deux jours précédents étaient jadis appelés « dimanche gras » et « lundi gras ». Au XVIIIe siècle, le premier jour gras était le « jeudi gras ».

Dans la tradition chrétienne, les festivités associées au carnaval précédent l’entrée dans le Carême pendant lequel le chrétien mange « maigre », en s’abstenant notamment de viande ou de mets recherchés. D’ailleurs le mot « carnaval » dérive du latin médiéval « carne levare » signifiant « enlever », « retirer la chair », c’est-à-dire concrètement supprimer sur la table durant toute la période de carême la viande ou, autrement dit, le « gras ».

CREPES 

Les crêpes de Mardi gras symbolisent le disque solaire

Mardi gras est devenu le jour où on mange des crêpes et les fameux « beignets de carnaval ». De plus, les enfants se déguisent et/ou demandent aux voisins dans les villages des œufs, du sucre, de la farine… pour confectionner des gâteaux ou des crêpes qui sont mangées en fin d’après-midi. C’est surtout le temps fort du Carnaval là où il existe. A Dunkerque, par exemple, les dimanches, lundis et mardis gras sont baptisés « les trois joyeuses ». Durant ces trois jours, le Carnaval de Dunkerque atteint son paroxysme. Toute la ville se costume et défile dans la rue. 

COMBAT DE CARNAVAL CONTRE CAREME - PIERRE BRUEGEL L'ANCIEN

Le Combat de Carnaval contre Carême – Licence contre abstinence – Pieter Brueghel l’Ancien

Le Carême est une expérience spirituelle. Le mot « Carême » provient de « quaresima », altération populaire de l’expression latine classique « quadragesima dies », soit le « quarantième jour », sous-entendu : avant Pâques. La coutume de se préparer pour l’arrivée de Pâques par un jeûne de quarante jours s’imposa dans les différentes Eglises d’Orient à la suite des conciles de Nicée (325) et de Laodicée (365) et fut adoptée définitivement trois siècles plus tard à Rome, où la pratique du jeûne et de la pénitence était facultative.

Déjà en 653, le concile de Tolède interdit toute consommation de viande pendant toute une année à ceux qui aurait rompu le jeûne du Carême, tandis que Charlemagne, en 789, menaça de la peine capitale quiconque aurait enfreint, sans dispense spéciale, la loi du Carême.

LA TENTATION DE JESUS AU DESERT - JAMES TISSOT - Brooklyn Museum

La tentation de Jésus au désert – James Tissot – Brooklyn Museum

Cette période de quarante jours commémore la tentation de Jésus dans le désert : alors que la faim le tenaillait, il fut interpellé par le démon : « Si tu est le fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains ». Et Jésus répondit : « Il est écrit, l’homme ne vivra pas seulement de pain, mais de toutes parole qui sort de la bouche de Dieu.

Le Carême, aux premiers siècles du Christianisme, était surtout une période de préparation des catéchumènes au baptême qu’ils recevaient la nuit de Pâques, mais aussi la purification symbolique des pénitents qui, soumis en même temps à des macérations particulières, allaient recevoir, au cours de cette même nuit de rédemption, le pardon de l’Eglise.

A partir du VIIe siècle, on avança le début du Carême au mercredi des Cendres, et les trois dimanches précédents ; Septuagésime, Sexagésime et Quinquagésime, furent inclus dans la préparation de Pâques, qui commence ainsi neuf semaines avant la grande fête de la Résurrection. Dans cette période s’aménage, à partir du XIIe siècle, le temps du carnaval dont la durée diffère aussi suivant les traditions.

Force est de constater que l’assouplissement du Carême dans l’Eglise catholique est aussi bien le résultat d’une adaptation aux mœurs modernes qu’une réponse tardive aux critiques des deux grands réformateurs, Martin Luther et Jean Calvin, concernant le Carême, dont l’observance était, à leur yeux, trop ostentatoire et pas assez intériorisée. En fait, dans la tradition protestante, la mise en cause du Carême est associée à la critique du Carnaval.

masques 

Bibliographie

Fêtes et croyances populaires en Europe – Yvonne de Sike – Bordas

 

 

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