DANS LA MYTHOLOGIE DU TAUREAU… LE MINOTAURE

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME, 6.6.2 - LES MYTHES DU TAUREAU ET DE VENUS) par sylvietribut le 24-04-2014

Le roi Minos avait besoin de s’attirer la faveur populaire pour une raison qu’on ne connaît pas mais qui pourrait s’apparenter à celle de nos gouvernants actuels. Il fit appel au dieu des Mers, Neptune, et obtint de lui un prodige. Celui-ci répondit à la requête de Minos et fit surgir des flots un magnifique taureau blanc ; on se souvient que Minos était roi de Crète. En échange, celui-ci avait promis un sacrifice. Mais dans l’euphorie, Minos va oublier ses engagements. C’était mal connaître la vindicte de Neptune et ses fureurs. Le dieu offensé va se venger d’une bien étrange façon : il inspire à Pasiphaé, la reine, l’épouse de Minos, une passion irraisonnée et aveugle pour le fabuleux taureau, un amour qui n’avait rien de platonique. Dans le même temps l’animal rentra dans une fureur épouvantable, saccageant tout ce qui l’entourait, piétinant tout sur son passage, dévastant l’île, semant ruine et désolation. Il finit pourtant par s’arrêter sur un monceau de décombres.

PASIPHAE S'INTRODUISANT DANS LA VACHE EN BOIS DE DEDALE

Pasiphaé et la vache de bois de l’ingénieux Dédale

Pendant ce temps, Pasiphaé totalement submergée par son désir faisait construire par l’ingénieux Dédale une vache de bois dans laquelle elle s’enferma et, sous cette forme, elle se fit monter par le taureau, abusé par le simulacre. De cette union entre la belle et la bête naquit un monstre au corps d’homme et à la tête de taureau. On l’appela le Minotaure, le taureau de Minos. Le roi fut très ennuyé de cette fausse paternité. Pour se débarrasser de l’encombrant bâtard, il demanda à Dédale de lui creuser un labyrinthe à Cnossos pour l’y enfermer. Ce qui fut fait.

Seulement, il fallut nourrir le monstre. Ce que Minos fit périodiquement : tous les ans, sept jeunes gens et sept jeunes filles étaient amenés d’Athènes et jetés en pâture au Minotaure. Le roi d’Athènes, Thésée, ne pouvait supporter plus longtemps le sacrifice de sa jeunesse, il voulut être l’un des sacrifiés dans le but de tuer le Minotaure. Avant d’être jeté dans le labyrinthe le héros aura la chance d’être aperçu par Ariane qui a pour Thésée un vrai coup de foudre. Ariane n’est autre que la fille de Minos et de Pasiphaé, et donc la demi-sœur du Minotaure. Elle va donc trouver le moyen de faire parvenir à Thésée un écheveau enchanté qu’elle tient elle aussi de Dédale, ainsi Thésée une fois son forfait accompli et la jeunesse athénienne sauvée, ils pourront ensemble retrouver le chemin de la sortie. 

THESEE TUANT LE MINAUTORE DANS LE LABYRINTHE

Thésée tuant le Minotaure

Tout se déroulera le mieux du monde le beau : Thésée tuera le Minotaure et sortira sans encombre du labyrinthe grâce au fil d’Ariane. Mais Thésée est un héros ingrat et volage. S’il rentre bien à Athènes avec Ariane, il l’abandonnera très vite, bien avant Athènes, sur l’île de Naxos. Là, Ariane y rencontrera Dionysos qui tombe amoureux d’elle et l’épouse. En cadeau de noces, Vénus offrira au jeune couple une guirlande éblouissante qui deviendra plus tard la Constellation de la Couronne. Cette petite constellation se situe dans une portion du zodiaque ne comprenant que très peu d’étoiles brillantes. Dénommée « Ecuelle des pauvres » par les Arabes, la Couronne boréale est cependant facile à repérer en raison de sa forme caractéristique en demi cercle. Elle renferme un amas de plus de 400 galaxies, malheureusement hors de portée visuelle. 

Couronne boreale

Constellation de la Couronne

Quant à Minos, fou de dépit et de colère, il enferme Dédale dans le labyrinthe avec son fils Icare. Privé de l’écheveau magique qu’il avait donné à Ariane, Dédale devra imaginer un autre stratagème pour s’évader… Mais là est une autre histoire…

Ce mythe est riche d’enseignement si on prend le temps de l’analyser. La première partie illustre le type inférieur du Taureau qui s’enferme dans l’île de ses désirs et de ses craintes les plus égoïstes, refusant l’ouverture aux sentiments nouveaux et aux réalités extérieures. Au centre de cette obscure solitude le Minotaure guette, monstre de voracité et d’avidité, et symbole de destruction. Dans la seconde partie de l’histoire apparaît le côté le plus créateur du Taureau, avec la réactivité d’Ariane et l’ingéniosité de Dédale.

Le fil magique et conducteur est celui de la mémoire et de l’introspection, c’est-à-dire la lente et difficile prise de conscience des profondeurs les plus inavouables, où nous enfouissons, refoulons réalités difformes, échecs et frustrations accumulés au fil des ans. Se souvenir que Freud, le fondateur de la psychanalyse, était Taureau/Ascendant Scorpion.

PICASSO - LE MINOTAURE 

Picasso – Le Minotaure

D’autre part, ce monstre qu’est le Minotaure symbolise l’état psychique, la domination perverse de Minos. Mais ce monstre est l’enfant de Pasiphaé, c’est-à-dire que celle-ci est aussi à la source de la perversité de Minos. Elle symbolise l’amour coupable, un désir injuste, une domination indue, la faute, refoulés et cachés dans l’inconscient du labyrinthe. Les sacrifices consentis au monstre sont autant de mensonges et de subterfuges pour l’endormir, mais autant de fautes qui s’accumulent. Alors que le fil d’Ariane qui permet à Thésée de revenir à la lumière représente l’aide spirituelle nécessaire pour vaincre le monstre. Le mythe du Minotaure symbolise dans son ensemble le combat spirituel contre le refoulement. Mais ce combat ne peut être victorieux que grâce à des armes de lumière : d’après une légende, ce n’est pas seulement avec sa pelote de fil qu’Ariane permit à Thésée de revenir des profondeurs du labyrinthe, où il avait assommé le Minotaure à coups de poing, mais grâce aussi à sa couronne lumineuse, dont elle éclaira les détours obscurs du palais.

le labyrinthe

Bibliographie

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

Dictionnaire de la Mythologie – Michael Grant et John Hazel – Marabout

 

 

 

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DANS LE BESTIAIRE DU BELIER… LE MOUFLON

(09 - LES ANIMAUX DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 16-04-2014

Le mouflon est un ovin sauvage, un lointain ancêtre du mouton domestique. Il est originaire de Corse, de Sardaigne et de Chypre. Cependant, ce n’est pas un ovin insulaire, on le trouve aussi sur le continent. On l’appelle aussi mouflon d’Eurasie ou mouflon des Alpes.

Le mot « mouflon » vient de l’italien « muflone », de la racine pré-latine « muff-el » qui explique les mots « moufle » (corps enveloppant) ou « mufle » de l’allemand « muffel » qui se traduit pas « gros museau). On pourrait dire également que cela évoque quelque chose de gonflé et de doux.

Le mouflon est bien sûr un ruminant qui appartient à la famille des Bovidae et à la sous-famille des Caprinae. Les différentes espèces de mouflons possèdent de grandes cornes spiralées et recourbées qui sont permanentes. La longueur des cornes d’un mouflon mâle varie entre 85 et 125 cm, mais peut atteindre 190 cm chez l’argali, pour respectivement 25 à 50 kg, et 150 kg et plus chez l’argali. Au printemps, les combats entre les mâles se font entendre à des kilomètres à la ronde tant leurs cornes s’entrechoquent de manière spectaculaire.

Mouflon

Le mouflon et ses magnifiques cornes

Le mouflon, animal très musclé, est extrêmement rapide à la course, sa vitesse de pointe est de 60 km/heure.

Le mouflon vit en général en petit groupe familial de cinq à trente individus. Comme ils vivent en altitude, ils sont très peu familiers avec l’homme et sont même très farouches, au point qu’en Amérique du Nord et en Asie, le mouflon est un trophée de chasse exceptionnel.

L’histoire des mouflons commence au début du pléistocène, c’est-à-dire il y a environ 2,5 millions d’années. Les mouflons partagent sans doute, à cette époque, un ancêtre commun avec les chèvres et les bouquetins. Cet ancêtre des « Ovis », avait une silhouette plutôt caprine et possédait à la fois les caractères des « Ovis » et ceux des « Capra ». A partir de ce type, ou d’une forme proche, les deux groupes auraient évolué parallèlement.

On a retrouvé, dans le sud des Montagnes Rocheuses, des restes fossiles vieux de 20 000 ans qu’on a attribué à « Ovis catclawensis », ce mouflon antique, aujourd’hui disparu, qui était plus grand et plus lourd que le mouflon actuel des Montagnes Rocheuses. Cependant, pour les scientifiques, il s’agirait bien de l’ancêtre de notre mouflon actuel. 

MOUFLON DANS LE CAROUX

Mouflon dans le Caroux

Ce mouflon aurait été le premier à avoir traversé le détroit de Béring il y a environ 100 000 ans. Il est probable que ce mouflon ait ressemblé au mouflon des neiges qui vit aujourd’hui à l’est de la Sibérie. A la fin du pléistocène, les mouflons peuplaient tout l’hémisphère Nord, de l’Afrique du Nord à l’Amérique du Nord. On distinguait aussi les mouflons d’Asie, dans les montagnes du Proche et du Moyen-Orient et dans celles de l’Asie centrale, ainsi que les mouflons d’Amérique et de Sibérie.

Les mouflons ne sont pas des partenaires fidèles. A la saison des amours, les femelles en chaleur ont l’orifice génital légèrement gonflé et excrètent des hormones dans leurs urines. Pour reconnaître une femelle réceptive, le mâle lui flaire l’arrière-train et, lorsqu’elle urine, prélève quelques gouttes dans sa bouche, où une glande spéciale l’informe de l’état de sa partenaire. Parfois, la femelle prend l’initiative et attire le mâle. La copulation est très brève. La durée des chaleurs est de 48 heures, mais il peut y avoir un nouveau cycle, quelques jours plus tard, si la fécondation n’a pas eu lieu.

Durant ces moments, il peut arriver que le mâle dominant ait à repousser les assauts de quelques rivaux ou même ceux de mâles subalternes qui profitent des temps de repos du couple pour tenter leur chance. Mais il arrive aussi que ce soit la femelle qui l’abandonne pour un autre prétendant, plus imposant ou simplement plus en forme, car les mâles sont polygames et s’épuisent lors de ces intenses activités.

En général les femelles commencent à s’accoupler à l’âge de 2 ans et ont leur première portée à 2 ans et demi. Cependant, certaines battent des records de précocité et mettent bas à 18 mois. Quant à l’âge de la maturité sexuelle des mâles, elle varie entre 18 et 36 mois. Toutefois, avant l’âge de 7 ans, les mouflons ont peu de chance de séduire une femelle car leurs cornes ne sont pas assez imposantes. Enfin, au-delà de 13 0 15 ans, ils ne descendent plus sur les lieux de reproduction car ils ne procréent plus. 

mouflons

Troupeau de mouflons

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DANS LES LIEUX MARTIENS OU BELIER… LES ARSENAUX

(6.3 - Autres lieux ésotériques ou mythiques) par sylvietribut le 13-04-2014

Dans le sens premier du terme, un arsenal est un établissement militaire, pouvant être « royal » ou « national », un lieu où l’on construit, entretient, répare et préserve les navires de guerre ou leurs équipements et ravitaillements sont assurés. On est bien dans le monde du Bélier et de Mars, et comme il s’agit de bateaux, le monde des Poissons et de Neptune est également concerné.

Dans un sens moderne mais qui date quand même du XVIIe siècle, en dehors de toute référence au monde maritime, l’arsenal désigne un lieu de fabrication des armes et des munitions. Un siècle plus tard, il fera référence à un dépôt de matériel militaire et d’armes. Ce sont alors le Bélier et Mars qui l’emportent sur les Poissons et Neptune.

Quant à l’origine du mot, il vient de l’arabe « dar’as san’a » qui signifiait dans le monde arabo-musulman du IXe siècle une « maison de commerce », en particulier navale. Ce terme se diffuse au XIe siècle, probablement avec des rudiments de techniques navales, dans l’espace français atlantique et le long des rivages catalans de la Méditerranée. Parmi ces héritages, la « darse » désigne à l’origine le bassin de réparation.

29 - L'ENTREE DE L'ARSENAL DE VENISE - CANALETTO - 1732

L’entrée de l’Arsenal de Venise – Canaletto – 1732

Le mot « arsenal » n’apparaît en français sous son sens complètement préservé qu’au XIIIe siècle. L’expression sémitique passe d’abord par diverses formes dans les langues romanes et notamment les dialectes italiens : « tersanala » dans le dialecte toscan de Pise, « tarcenale » du napolitain donne dans l’ancien français « tarsenal ». Le vénitien va y ajouter un article « idi » ou « d’ », d’où sa variante « d’arzana » qui se transformera en « arzana », terme qui désigne l’arsenal de Venise en 1104. Notons que « l’amiral » provient directement du superlatif de « l’émir » ou « chef de l’arsenal », soit « emir’al », c’est-à-dire le très grand chef.

Ce fut, en effet, Venise qui fut le premier port à se doter d’un arsenal, en 1104. On l’appelait et on peut encore l’appeler « l’arsenal de la République Sérénissime ». Il fut construit à l’initiative du Doge Ordelafo Faliero. Ce chantier naval jouera un rôle déterminant dans la construction de l’empire vénitien et le quadruplement de sa puissance navale. Il est entouré par 3 km de murailles crénelées de brique rouge. Il employait jusqu’à 16 000 personnes à son apogée. Il peut être considéré à la fois par sa taille, par son ancienneté ainsi que par l’ingéniosité de sa conception et de son fonctionnement comme l’un des premiers sites véritablement industriels de l’Europe de l’époque. Il s’agissait ni plus ni moins que de travail à la chaîne. Ce centre prestigieux de construction et de réparation des navires de la flotte de la Sérénissime fut intégralement reconstruit au XIVe siècle.

Si à l’origine les arsenaux étaient liés à la fabrication navale ou à la marine de guerre, le terme sert au XVIIIe siècle à nommer divers dépôts d’armes et de matériel pour les armées de terre françaises. Ainsi, l’arsenal de Paris qui ne subsiste plus de nos Jours que sous le nom de Bibliothèque de l’Arsenal ou d’une station de métro, la station Arsenal, qui n’avait de lien direct avec la marine qu’en servant à entreposer des armes pour la défense de la capitale du royaume de France. Ainsi on comprend mieux que les arsenaux ne sont pas toujours portuaires. On en trouve sur les fleuves et même dans les terres, pour préserver des frontières plus éloignées pouvant être menacées. C’est le cas de l’arsenal de Toulon, de Rochefort et même de Bourges. 

BROUAGE - REMPART ET ECHAUGUETTE

Le port ensablé de Brouage – Charentes Maritimes

Dans les cales sèches ou à quai, on y construit, entretient et répare des navires de guerre et leurs armements. On y stocke des munitions conventionnelles autrefois, puis ce furent également des armes chimiques, voire même des sous-marins. Les fonctions des arsenaux ont évolué depuis l’époque des navires en bois, de la poudre en tonneaux et des boulets de canons. Au XXe siècle ce sont les armements aéroportées et sous-marines qui y sont entreposées : torpilles, missiles, leurres, grenades sous-marines, armes nucléaires, chimiques, bactériologiques…

En 1373, c’est Rouen qui se dote d’un arsenal, Le Clos aux galées. En 1517, sont équipés l’arsenal du Havre installé sur le Port du Havre, puis l’arsenal de Toulon créé par Henri IV pour équiper et protéger la façade méditerranéenne. Brest se dotera aussi d’un arsenal, puis une petite ville devenue très romantique aujourd’hui, le petit port tout ensablé de Brouage. En 1666, Colbert sur ordre de Louis XIV fait construire l’arsenal de Rochefort. Au XVIIIe siècle, le nouvel arsenal créé le fut à Cherbourg. En 1789, les deux principaux arsenaux de France sont ceux de Brest et de Toulon.

CONSTRUCTION DE LA GALERE LA REALE - ARSENAL DES GALERES - MARSEILLE - 1679

Construction de la galère La Reale – Arsenal des Galères à Marseille – 1679

Entre le XVIIIe et le début du XIXe siècle, l’Arsenal des Galères de Marseille fut transféré à Toulon. Les Galères disparaissent comme corps militaire autonome en 1748 et sont rattachées à la Marine. Le transfert à Toulon permet à la Marine d’utiliser le travail des bagnards pour construire les grands voiliers de ligne qui demandent beaucoup de main d’œuvre et le travail forcé du bagne permet de répondre à cette demande. La Darse de Villefranche-sur-Mer, française depuis 1860, abrite toujours les bâtiments de l’ancien arsenal du Royaume de Piémont-Sardaigne créé au XVIIIe siècle.

Chaque siècle la France se dotera de nouveaux arsenaux et en démantèlera d’autres. Aujourd’hui, on compte encore six grands arsenaux : Cherbourg, Brest, Toulon, Lorient, Saint-Tropez, Indret et Ruelle.

ECHAUGUETTE ET REMPARTS DE BROUAGE

 

 

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DANS L’HERBIER DU BELIER… L’ARNICA

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 11-04-2014

Voici comment, au Moyen Age, Hildegarde de Bingen décrivait les propriétés de l’Arnica : « Quand un homme et une femme sont amoureux, si quelqu’un étale de l’arnica sur la peau d’une de ces personnes, quand l’arnica a séché ils deviennent éperdus d’amour, jusqu’à en perdre la raison ». Depuis, on a un peu oublié l’usage amoureux de l’arnica au profit des bleus et des bosses, quoi qu’en amour les bleus et les bosses à l’âme ne sont pas exclus, notamment dans les amours Bélier.

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Sainte Hildegarde de Bingen

C’est encore Sainte Hildegarde, abbesse de Rupertsberg près de Bingen, qui surnomma l’arnica « la Sainte guérisseuse » et qui révéla les propriétés de la plante contre les ecchymoses et les contusions. On était encore en plein Moyen Age. D’ailleurs, dans la médecine populaire médiévale, l’Arnica paraît être également utilisée pour les douleurs menstruelles et comme agent abortif.

Cependant, il faudra attendre la Renaissance pour que l’Italien Matthiole popularise le remède après une chute. Plus tard, notre chère Marquise de Sévigné recommandait à sa fille, Madame de Grignan, l’eau d’Arquebuse, composée d’Arnica, de Bétoine et d’Euphorbe. Cette Arquebuse n’est pas non plus sans évoquer Mars et son signe, le Bélier.

Enfin, ce ne fut qu’au XVIIIe siècle que la préparation de la teinture d’arnica entra dans la pharmacopée. Pourtant, il semble bien que les propriétés de l’Arnica étaient connues des Grecs de l’Antiquité. A Rome, c’est Pline l’Ancien qui informait que la racine d’Arnica « prise dans du vin à la dose d’un drachme ou deux, convient contre le lièvre marin, le crapaud et l’opium ». Toutefois, rien ne semble montrer que les Anciens en connaissaient son usage anti-ecchymotique.

ARNICA MONTANA

La fleur d’Arnica comme un soleil et ses rayons et le Bélier lieu d’exaltation du Soleil

Toujours au XVIIIe siècle, c’est là que l’Arnica va jouer un rôle de premier plan et sera le sujet de nombreuses thèses de médecine scientifique, discipline alors en plein essor. Ces ouvrages précisent d’ailleurs que « lors de l’utilisation de l’arnica, il faut être extrêmement prudent car il s’agit d’un remède agissant rapidement à petites doses ».

L’Arnica compte parmi les plantes ayant influencé de façon décisive Samuel Hahnemann, fondateur de l’homéopathie, et son utilisation des remèdes à doses infinitésimales. Au début du XIXe siècle, très exactement en 1823, Goethe reçut une prescription d’infusion d’arnica contre son infarctus et il lui attribua l’amélioration de son état. C’est à partir de là que la popularité de l’Arnica fut grandissante dans le domaine médical.

L’étymologie du mot « Arnica » vient du grec « ptarmiké » qui se traduit par « qui fait éternuer », d’où l’une de ses appellations populaires « d’herbe à éternuer ». Dans l’homme-zodiaque le Bélier est en rapport avec la tête et même la face et ce qu’elle présente, de plus le nez, comme tout appendice, est sous l’influence de Mars, du Bélier ainsi que du Scorpion.

De nombreuses appellations désignent l’arnica. Selon les régions, on l’appelle aussi bien Arnique des montagnes, Bétoine des Vosges ou des montagnes, Souci ou Plantain des Alpes, Herbe aux pêcheurs, Tabac des Savoyards ou des Vosges, Quinquina des pauvres, Herbe Sainte, Herbe aux chutes et bien sûr Herbe à éternuer. De cette litanie de surnoms, il est facile de déduire que l’Arnica croît sur les montagnes, et très exactement entre 1 200 et 2 800 mètres d’altitude, qu’elle offre des points communs avec la bétoine, le souci et le plantain : couleur des fleurs et odeur aromatique avec les deux premiers, disposition en rosette des feuilles de base avec le troisième, qu’elle fournit un ersatz de tabac avec les feuilles séchées que l’on fume, qu’elle provoque l’éternuement lorsqu’on respire ses fleurs fraîches écrasées et enfin qu’elle est indiquée aussi bien contre la fièvre que contre les séquelles habituelles d’une chute ou des menus péchés de bons vivants : fièvres, coups et chutes font bien parti des problèmes que rencontrent Bélier et Martiens.

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Akène fruit de l’Arnica

L’Arnica appartient à la famille des Astéracées, l’une des plus importantes familles botaniques au niveau du nombre de genres et d’espèces qu’elle englobe. En Europe, la principale espèce d’Arnica existant à l’état sauvage et utilisée pour ses vertus médicinales est « l’Arnica montana ». L’Arnica porte des fruits qu’on appelle des « akènes » surmontés d’une aigrette de poils. Ces poils durs de l’enveloppe, distinctifs de la feuille d’arnica, assurent un ancrage immédiat dans la terre lorsqu’un akène atterrit et c’est ainsi que des semences fraîches d’Arnica peuvent germer immédiatement après leur atterrissage, utilisant les derniers jours de soleil pour former une minuscule rosette. Cette immédiateté n’est pas sans évoquer celle du Bélier.

L’Arnica est une fleur estivale qui s’épanouit aux environs de la Saint-Jean, c’est-à-dire au solstice d’été, mais qu’on peut trouver jusqu’en août pour des floraisons plus tardives. L’Arnica est donc une fleur du Soleil, astre qui a pour lieu d’exaltation de Bélier.

ARNICA - PLANCHE BOTANIQUE

Arnica – Planche botanique

L’Arnica n’est pas seulement présente en Europe et dans le bassin méditerranéen. On la trouve également dans la partie occidentale de l’Amérique du Nord, de l’Alaska au Nord du Mexique. Et l’on sait que les Amérindiens l’utilisaient pour traiter les blessures, les ecchymoses et les entorses.

C’est en Allemagne que l’Arnica présente une particularité : elle est désignée par les mots « Wolferley » ou « Wolfstöterin », ce qui signifie « tueuse de loups » car la plante passe pour vaincre la puissance du loup. Le mythe nordique du loup Fenris oppose ce dernier à la pure vitalité du soleil, le loup tentant d’assombrir tout ce que le soleil représente en nous. On se souvient que le loup est un animal martien/plutonien, appartenant au bestiaire du Scorpion et même du Bélier.

Quant aux scientifiques, ils ont isolé dans les pétales de l’Arnica des dizaines de substances actives dont des flavonoïdes et des lactones sesqui-terpéniques. Celles-ci expliquent ses propriétés antalgiques, anti-inflammatoires, cicatrisantes et circulatoires. Aujourd’hui, l’Arnica constitue un médicament de base de la pharmacie familiale, en usage externe et même interne.

Enfin, il paraîtrait qu’un petit flacon de teinture d’arnica porté dans la poche fait perdre l’habitude de fumer. Rien n’empêche d’essayer.

L'ARNICA

Bibliographie

Nos grand-mères savaient – La Vérité sur les plantes et la vie naturelle – Jean Palaiseul – Editions Robert Laffont

 

 

 

 

 

 

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DANS LE MONDE DU BELIER… LE FER

(08 - LES PIERRES ET METAUX DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 09-04-2014

Le fer était connu dès le chalcolithique à travers les météorites ferreuses et sa métallurgie demeura très confidentielle jusqu’au XIIe siècle avant Jésus-Christ, époque qui marque précisément le début de « l’Age de Fer » : les Hittites, en Anatolie, avaient développé une assez bonne maîtrise du travail du fer autour du XVe siècle avant Jésus-Christ, dont leur tradition attribuait l’origine dans la région du Caucase, et cette technique semble également avoir été connu assez tôt en Inde du Nord, notamment dans l’Uttar Pradesh.

Selon le doxographe antique Théophraste, c’est Délas, un Phrygien, qui inventa le fer. Mais ce sont les alchimistes qui donnèrent au fer le nom de Mars, dieu de la guerre dans la mythologie romaine.

LA TOUR EIFFEL - LA DAME DE FER

La Tour Eiffel – Notre Dame de Fer

Jusqu’au Moyen Age, l’Europe raffina le fer au moyen de bas fourneaux, qui ne produisaient pas la fonte ; la technique du haut fourneau qui, elle, produit de la fonte brute à partir de charbon de bois et de minerai de fer, a été mise au point en Chine au milieu du Ve siècle avant Jésus-Christ. Quant à l’Occident, elle réinvente indépendamment la technique plus d’un millier d’années après la Chine.

Sur le plan symbolique, le fer est couramment pris comme symbole de robustesse, de dureté, d’opiniâtreté, de rigueur excessive, d’inflexibilité, ce que les qualités physiques du métal ne confirment d’ailleurs qu’incomplètement. Le fer symbolise une force dure, sombre, impure et diabolique.

Tant dans la tradition biblique que dans la Chine ancienne, le fer s’oppose au cuivre, ou au bronze, comme le métal vulgaire au métal noble, comme l’eau au feu, le nord au sud, le noir au rouge, le yin au yang. L’Age de Fer est l’âge dur, l’aboutissement de la solidification cyclique, dont l’âge de cuivre ou d’airain est l’avant-dernière étape. Les fronts de fer et de cuivre des héros mythiques, les planches de fer et de cuivre du pont symbolique de la légende des Hong expriment la même polarité.

ENCLUME ET MARTEAU

L’enclume et le marteau

La vulgarité du métal n’est pas une notion constante : le fer a eu, au contraire, chez de nombreux peuples, une valeur sacrée positive, soit que, d’origine météorique, il ait été considéré comme « tombé du ciel », soit que, d’origine terrestre, il confirme les données de l’embryologie traditionnelle. Cependant, le symbolisme du fer est ambivalent, comme celui des arts métallurgiques : le fer protège contre les influences mauvaises, mais il est aussi leur instrument : il est l’agent du principe actif modifiant la substance inerte : charrue, ciseau, couteau… Mais il est aussi l’instrument satanique de la guerre et de la mort.

La modification de la matière par l’instrument tranchant n’a pas elle-même qu’un aspect positif, puisque les outils de fer étaient interdits dans la construction du Temple de Salomon. Dans l’Inde, le travail du fer est nettement de nature asurique, c’est-à-dire réservé aux divinités secondaires. L’Egypte ancienne identifiait le fer aux os de Seth, divinité essentiellement ténébreuse. Mais le fer donne la puisse et l’efficacité au chaman ; il est d’ailleurs considéré comme symbole de fertilité ou comme protecteur des récoltes : son ambivalence est partout liée à celle du travail de la forge.

D’origine chthonienne, voire infernale, le fer est un métal profane, qui ne doit pas être mis en relation avec la vie. D’après Platon, les habitants de l’Atlantide chassaient sans armes de fer, mais avec des épieux de bois et des filets. De même, les druides ne pouvaient user d’instruments de fer ; ils coupaient le gui sacré avec une faucille d’or.

CHEVAL DE FER

Cheval de fer – Sculpture

Comment ne pas évoquer aussi un mythe célèbre, mythe des races, celui d’Hésiode dans « Les Travaux et les jours ». Il y décrit avec terreur la cinquième race selon la succession des temps, la race de fer. Dans une  vision apocalyptique, Hésiode voit dans la race de fer le règne de la matérialité, de la régression vers la force brutale et l’inconscience.

Le fer est le sixième élément le plus abondant dans l’Univers. Il compose environ 5 % en masse de la croûte terrestre. Le noyau terrestre est censé être en grande partie un alliage de fer-nickel, constituant ainsi 35 % de la masse de la Terre dans son ensemble. Le fer est peut-être, en fait, l’élément le plus abondant sur Terre ou du moins comparable en masse à l’oxygène, mais seulement le quatrième élément le plus abondant de la croûte terrestre.

Depuis l’Age de Fer et jusqu’au XIXe siècle dans certaines régions du monde, par réduction du minerai avec du charbon de bois dans un bas fourneau, on obtient sans passer par une phase liquide, une masse hétérogène de fer, d’acier voire de fonte, mélangés avec des scories, appelée « loupe », « massiot » ou éponge de fer ». Afin de rendre le métal propre à l’élaboration d’objets, la « loupe » peut être brisée et triée par type de teneur en carbone ou plus simplement être directement compactée à la forge.

C’est avec le développement des moulins et de la force hydraulique que la lignée technique du haut fourneau a pu se développer et s’est globalement imposée sur celle du bas fourneau. La principale différence dans ce procédé est que la réduction des oxydes de fer se fait en même temps que la fusion. Le métal est produit en phase liquide, mais en absorbant le carbone du coke, il se transforme en fonte qui doit alors être ultérieurement transformée en fer.

SANG ET SCALPEL

Enfin, c’est l’hémoglobine du sang qui est une métalloprotéine constituée d’un complexe du fer. C’est ce complexe qui permet aux globules rouges de transporter le dioxygène des poumons aux cellules du corps. Dans l’Homme-zodiaque, le sang est sous l’influence de Mars et du Bélier. D’ailleurs, la couleur rouge de la surface de Mars est due à un régolithe riche en hématite amorphe. La planète rouge est en quelque sorte une « planète rouillée ».

FER

Bibliographie

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Editions Robert Laffont/Jupiter

 

 

 

 

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DANS L’AXE BELIER-BALANCE… ERIS ET EROS… LA HAINE ET L’AMOUR

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME, 6.6.1 - LES MYTHES DU BELIER ET DE MARS) par sylvietribut le 07-04-2014

Dans la mythologie grecque, Eris est la déesse de la Discorde, son pendant Eros est le dieu de l’Amour, de la puissance créatrice. Son nom a donné le mot « érotisme ». Sur le zodiaque, Eros s’apparente à la Balance, alors qu’en face, en Bélier, on trouve Eris. La Balance est gouvernée par Vénus, l’Amour, alors que le Bélier est sous la maîtrise de Mars, la Guerre.

Selon Hésiode, Eris est la fille de Nyx, la Nuit. Comme sa mère, elle donne naissance, seule, à de nombreux enfants, tous méchants et malfaisants :

–       Ponos, la Peine

–       Léthé est l’Oubli

–       Limos, la Faim

–        Phonoi et Makhai sont les Meurtres et les Combats

–       Dysnomie et Até, l’Anarchie et le Désastre

–       Algea, les Douleurs

–       Hysminai, les Mêlées

–       Androktasiai, les Tueries

–       Neikea, les Querelles

–       Amphilogiai, les Disputes

–       Pseudoi Logoi, les Mots Menteurs

–       Horkos, le Serment qui veille sans cesse sur les serments qu’il sanctionne, comme il punit sans pitié le parjure volontaire.

Eris - Antikensammlung - Berlin

Eris, la discorde

Dans l’Iliade, Eris est la sœur d’Arès/Mars, le dieu de la Guerre. Elle l’accompagne dans ses combats et tient en main l’emblème de la guerre. Cependant, Eris représente aussi l’aspect positif de l’émulation : au chant XI de l’Iliade, Zeus/Jupiter l’envoie réveiller l’ardeur au combat des chefs grecs. C’est elle également qu’Héraclès/Hercule choisit lorsqu’il rencontre deux femmes au début de ses exploits, selon Hésiode.

Eris et Arès/Mars seront à la tête des Lapithes lors de leur guerre contre les Centaures.

Le nom d’Eris a donné naissance au terme « éristique » ou l’art de la controverse.

C’Eris qui va jouer un rôle dans la légende des noces de Pélée et de Thétis. Elle était venue à la cérémonie sans avoir été invitée et avait lancé une pomme d’or au milieu de la foule, pomme qui portait l’inscription « à la plus belle ». Sur la suggestion de Zeus/Jupiter, les trois déesses qui briguaient le titre s’en remirent au jugement de Pâris. Aphrodite/Vénus avait soudoyé ce dernier en lui offrant la plus belle des mortelles, Hélène, et fut choisie ; ce fut l’origine de la guerre de Troie.

Homère décrit les agissements d’Eris sur le champ de bataille, aux côtés d’Arès/Mars, et précise qu’elle ne pouvait arrêter ce qu’elle avait mis en marche ; seuls, les gémissements des agonisants la distrayaient.

Une version différente et plus moralisatrice de la légende d’Héraclès/Hercule raconte comment le héros, au début de ses exploits, peut-être après avoir tué le lion du Cithéron, rencontre deux belles femmes à un carrefour. L’une d’elles, la Paresse, lui offrit une vie de loisirs et de luxe. Mais l’autre, à qui Héraclès/ Hercule accorda sa préférence, était la discorde ; elle lui avait offert une vie de bataille et de labeurs incessants couronnés par la gloire.

Le personnage d’Eris a été repris comme thème central du discordianisme, religion moderne humoristique apparue dans les années 1950 aux Etats-Unis. Eris est également l’antagoniste du film « Sinbad : la Légende des sept mers, sorti en 2003. Elle est tout à fait fidèle à son rôle de déesse du Chaos. En 2006, le nom « Eris » fut donnée à une planète naine, à cause de la controverse que sa découverte avait déclenchée au sujet de la définition du terme « planète ».

ANTEROS - PICCADILLY CIRCUS

Eros, l’Amour

Eros qui signifie en grec « amour charnel », était le dieu de l’Amour. Les Romains d’ailleurs le nommaient Amour ou Cupidon, le désir. Il existe plusieurs versions concernant l’origine de ce dieu dans la tradition grecque. Dans la Théogonie d’Hésiode, VIIIe siècle avant Jésus-Christ, Eros serait né au commencement des temps, de Chaos (le vide), en même temps que Tartare et Gaïa, mais aussi Nyx (la nuit) et Erèbe, l’une des cinq divinités primordiales. Eros aurait assuré l’union des éléments primordiaux, Ouranos/Uranus (le Ciel) et Gaïa (la Terre), il présidait aux mariages entre leurs descendants, les dieux, et enfin entre les hommes. Cependant, Eros est le seul qui n’engendre pas mais qui permet à Chaos et Gaïa de le faire. Il est beau et immortel. Eros, l’Amour, et Himéros, le Désir, accompagnent Aphrodite/Vénus depuis sa naissance. Dans cette tradition, Eros est simplement la personnification de la puissance génératrice qui envahit les êtres vivants et les pousse à se reproduire. Sa naissance a précédé celle d’Aphrodite/Vénus.

BOTTICELLI - LA NAISSANCE DE VENUS

La Naissance de Vénus – Botticelli

Selon certains il existerait deux Eros : le premier, est présent depuis la nuit des temps et représente l’union non sexuée. Le second, l’Eros sexué serait né de la castration d’Ouranos/Uranus par Cronos/Saturne. En effet, Cronos/Saturne a lancé le sexe de son père à la mer et de la rencontre du sperme et de l’écume de mer est née Aphrodite/Vénus. Himéros est l’Eros sexué, à l’origine de l’union entre mâles et femelles.

D’autres mythes suggèrent qu’Eros était un dieu beaucoup plus jeune, fils d’Aphrodite et de son amant, Arès/Mars. En accord avec cette tradition, l’art et la littérature classique le dépeignent comme un beau jeune homme, fort et musclé. Pendant la période classique, il était souvent considéré comme le protecteur des amours homosexuelles entre hommes et jeunes hommes, et sa statue possédait un culte à Thespies, en Béotie, et à Parion, en Mysie. Les métèques, ou résidents étrangers à Athènes, érigèrent une statue et un sanctuaire sur l’Acropole à Antéros, avatar d’Eros, signifiant « l’amour partagé », à la mémoire de deux jeunes hommes, Mélès, un Athénien, et Timagoras, un métèque. Timagoras aimait Mélès qui méprisait son amour et lui demanda, pour l’éprouver, de se jeter du haut de l’Acropole et Timagoras s’exécuta. Mélès en fut à tel point accablé de remords qu’il se tua de la même façon.

A l’époque hellénistique, l’amour prit dans l’art et la littérature un tour de plus en plus romantique et une autre conception d’Eros fit son apparition ; on le représentait comme un enfant ailé portant un carquois plein de flèches ; l’on distinguait même plusieurs Amours, les Erotes, en latin : Cupidines, car les passions qu’il personnifiait paraissaient infinies. De là vint le mythe qu’il donnait à ses flèches une pointe d’or pour inspirer un désir passionné chez ses victimes, ou une pointe de plomb pour détourner les personnes de ceux qui tombaient amoureux d’elles ; ainsi Eros pouvait inspirer l’amour aussi bien que le décevoir. On rencontre souvent cet Eros enfant chez les poètes romains. Virgile nous rapporte comment Vénus se servit d’Eros pour provoquer l’amour de Didon pour Enée. Pour le plus célèbre des mythes concernant Eros/Cupidon, il faut se souvenir de la légende de Cupidon et de Psychée que nous raconte Apulée dans les Métamorphoses, une histoire d’amour contenant de nombreux éléments populaires et féériques, que je vous raconterai une autre fois. 

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Eros et Psyché

Bibliographie

Dictionnaire de la Mythologie – Michel Grant et John Hazel – Marabout

 

 

 

 

 

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