LA THEORIE DES HUMEURS

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 26-06-2014

Il s’agit de l’application à la médecine de la théorie des quatre éléments, ou « humeurs peccantes », connue également sous le nom « d’humorisme ». Elle a été formulée par Galien. Les quatre humeurs : bile, pituite ou atrabile, sang et lymphe, sont à l’origine de toutes les maladies quand elles sont altérées ou en surabondance dans l’organisme humain.

A la fin du XVIIe siècle, Pinel et Broussais combattirent cette conception, jusque-là admise par la majorité des physiologistes. Au XXe siècle, sous l’influence des travaux de Richet, on y est revenu sous une forme quelque peu différente.

THEORIE DES HUMEURS

Les quatre tempéraments : flegmatique – sanguin – mélancolique – colérique

En astrologie, la théorie des Humeurs sert, depuis Ptolémée, à esquisser le profil psychologique :

  • La bile correspond au Feu : Bélier, Lion, Sagittaire ; chaud et sec.
  • La pituite correspond à la Terre : Taureau, Vierge, Capricorne ; froide et sèche.
  • Le sang correspond à l’Air : Gémeaux, Balance, Verseau ; chaud et humide.
  • La lymphe correspond à l’Eau : Cancer, Scorpion, Poissons ; froid et humide.

Popularisée par les Ecrits d’Hippocrate, la théorie des humeurs fut l’une des bases de la médecine antique. Selon cette théorie, le corps était constitué des quatre éléments fondamentaux : Air, Feu, Eau et Terre, possédant quatre qualités : chaud ou froid, sec ou humide.

Ces éléments mutuellement antagoniques, puisque l’Eau et de Terre éteignent le Feu, le Feu fait s’évaporer l’Eau, doivent coexister en équilibre pour que la personne soit en bonne santé. Tout déséquilibre mineur entraîne des « sautes d’humeur », tout déséquilibre majeur menace la santé du sujet.

Pour les Anciens, ces quatre humeurs se définissent de la façon suivante :

. La bile noire ou atrabile : venant de la rate correspond à un caractère mélancolique/anxieux.

. La bile jaune venant du foie, correspond au caractère bilieux, plutôt enclin à la violence. Il est dit des bilieux qu’ils dégagent une impression de force et de contrôle ;

. La pituite ou phlegme ou lymphe : rattachée au cerveau, correspond à un caractère lymphatique.

. Le sang produit par le foie et reçu par le cœur correspond à un caractère sanguin ou jovial, chaleureux.

Selon la prédominance, on pourra déterminer les quatre tempéraments fondamentaux :

  • Le bilieux (Feu, chaud et sec) est enclin à la colère ;
  • L’atrabilaire (Terre, froid et sec), se dit de celui qu’une bile noire rend triste et chagrin ;
  • Le flegmatique (Eau, froid et humide) se dit de l’homme calme et imperturbable qui garde son sang-froid, presque apathique ;
  • Le sanguin (Air, chaud et humide) est celui en qui le sang prédomine sur les autres humeurs. Il est d’humeur gaie, puisqu’il est sanguin, d’un tempérament sanguin.

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Les quatre éléments

Selon le physicien, quand les saisons varient, tel ou tel élément prédomine. Ainsi, c’est la pituite qui domine en hiver, comme le prouvent, selon Hippocrate les maladies pituiteuses caractéristiques de cette saison : rhumes et bronchites avec expectoration de phlegme. Au printemps, quand la saison encore humide se réchauffe, c’est le sang avec le risque de maladies hémorragiques. L’été, chaud et sec, échauffe la bile et aggrave les affections bilieuses et les fièvres. L’automne, sec et froid, favorise la bile noire et la mélancolie. Cependant, un tempérament plutôt sanguin n’est plus le même au printemps ou en été, en automne et en hiver. Chaque saison correspond à un élément :

  • Le printemps est l’Air,
  • L’été est le Feu,
  • L’automne est la Terre,
  • L’hiver est l’Eau.

Et le physicien de conclure que les personnes avaient un tempérament sanguin au printemps et flegmatique en hiver.

Quand aux âges de la vie, ils correspondent à une évolution de l’individu qui possède une chaleur maximale au début de sa vie qu’il perd peu à peu pour devenir un vieillard froid. L’absence de chaleur rend la coction des humeurs, notamment du sang, impossible et le sujet meurt.

Ces âges de la vie correspondent d’ailleurs aux saisons. Ainsi les hommes ont leur printemps, leur été, leur automne et leur hiver. Mais comme les grands cycles du temps correspondent aux petits cycles, une journée est aussi comme une année, avec sa chaleur sèche du jour et sa froideur humide de la nuit. Les médecins d’autrefois devaient donc observer les heures et les saisons les plus favorables pour saigner ou purger les malades, le microcosme étant soumis aux rythmes du macrocosme.

Lors d’un déséquilibre, quand une humeur l’emporte sur toutes les autres, ou que son influence est excessive, les maladies physiques et psychiques surviennent. Les traitements sont donc calculés pour rétablir l’équilibre et les régimes pour le maintenir : on peut corriger l’excessive froideur des vieillards en leur faisant boire un peu de vin, mais la chaleur excessive des jeunes gens leur interdit absolument cette boisson. Si l’humeur ne peut s’évacuer naturellement : vomissement, expectoration, saignement de nez, urine ou défécation, on peut avoir recours à des remèdes qui vont la provoquer : cholagogues, diurétiques, purgatifs, saignées. Dans le cas contraire, lorsqu’une humeur fait défaut, on peut y remédier par une nourriture appropriée ou des exercices.

LA MELANCOLIE - D'ALBRECHT DURER

La Mélancolie de Dürer

C’est précisément à l’un de ces troubles qu’Hippocrate s’intéresse : la mélancolie ou « spleen », venant du grec « splèn » qui signifie « la rate » mais aussi « la mauvaise humeur ». Il inspirera plus tard des écrivains symbolistes comme Baudelaire qui écrira « Les Fleurs du mal », en puisant ses idées dans cette théorie.

Pour les anciens, l’atrabile, encore appelée « mélancolie » ou « bile noire », est un liquide froid et sec, contrairement à la pituite ou lymphe (phlegme), froide et humide.

Certains voient dans une suite de quatre gravures d’Albrecht Dürer, dont « Melencolia » donne la clé, par le truchement du carré magique d’ordre 4, attribué à Jupiter, dont l’humeur joviale est censée corriger la bipolarité mélancolique de Saturne.

Trois autres gravures de Dürer complètent cette tétralogie : Adam et Eve qui représente le sanguin, Le Chevalier, la Mort et le Diable symbolise le colérique et Saint Jérôme dans sa cellule est le lymphatique.

Proche de Conrad Celtes, Dürer en illustra la théorie dans l’allégorie de la « Philosophia » servant frontispice à Conrad Celtes pour ses « Libri amorum » publiés en 1502 où il classe ces quatre humeurs avec les quatre éléments, les quatre saisons et les quatre directions ou quatre vents.

LES QUATRE APOTRES DE DURER

Les quatre Apôtres de Dürer – Municipalité de Nuremberg – 1526 – Huile sur bois de Tilleul

Bien que Marc ne soit pas un Apôtre mais un évangéliste – Chaque personnage se reconnaît à son attribut traditionnel : le livre ouvert de Jean, le rouleau de Marc, le glaive de Paul et la clé du Paradis de Pierre. Le sanguin est Jean habillé en rouge, le colérique est Marc, le flegmatique est Pierre et le mélancolique est Paul, en blanc.

A la fin de sa vie, il traitera différemment de ce thème en attribuant à nouveau les quatre tempéraments aux « Quatre Apôtres », selon le témoignage écrit du peintre lettriste Johan Neudörffer ayant travaillé sous les ordres de Dürer dans l’atelier du peintre : Albrecht Dürer a offert aux conseillers de Nuremberg quatre images grandeur nature peintes à l’huile dans lesquelles on reconnaît un sanguin, un colérique, un flegmatique et un mélancolique.

Certaines expressions actuelles sont une réminiscence de cette théorie, ainsi on évoque : « avoir un tempérament sanguin », « être flegmatique » ou encore « se faire de la bile ».

LES QUATRE TEMPERAMENTS

Les quatre tempéraments

Bibliographie

Dictionnaire de l’Astrologie – Jean-Louis Brau – Librairie Larousse

 

 

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LA LUNE… LA SANTE… ET LES HERBES DE LA SAINT-JEAN

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 20-06-2014

La doctrine médicale des Anciens était essentiellement astrologique. Elle se basait sur les quatre tempéraments et sur l’analogie de la division zodiacale avec le corps humain. Ces quatre tempéraments ont été codifiés par Hippocrate. Ils sont en analogie avec les quatre saisons et les quatre quartiers du mois lunaire :

LES QUATRE ELEMENTS

* Au printemps et durant la phase croissante de la Lune correspond le tempérament sanguin (humide + chaud), en analogie avec l’élément Air.

* A l’été et au premier quartier de la Lune correspond le tempérament bilieux (sec + chaud), en analogie avec l’élément Feu.

* A l’automne et à la phase après la Pleine Lune correspond le tempérament nerveux (sec + froid), en analogie avec l’élément Terre.

* A l’hiver et au dernier quartier de la Lune correspond le tempérament lymphatique (humide + froid), en analogie avec l’élément Eau.

GALIEN ET HIPPOCRATE - PEINTURE MURALE XIIe SIECLE - ANAGNI - ITALIE

Galien et Hippocrate  – Peinture murale du XIIe siècle – AGNANI – ITALIE

Dans la répartition des quatre tempéraments d’Hippocrate, le principe du chaud appartient à la Lune Montante, celui du froid à la Lune Descendante. De même, le principe humide appartient au dernier quartier et à la phase croissante, tandis que le principe sec appartient au premier quartier et au quartier suivant après la Pleine Lune.

L'HOMME ZODIAQUE - XVe SIECLE

 Homme-zodiaque – XVe siècle

Les Anciens juxtaposaient le corps humain à la ceinture du Zodiaque comme le montre superbement l’abondante iconographie médiévale. Si le Soleil était la grande aiguille de l’horloge astrale, la Lune était la petite et elle indiquait pour le mois telle ou telle partie du corps sensibilisée, au fur et à mesure qu’elle parcourait le Zodiaque, en commençant par la tête (Bélier) jusqu’aux pieds (Poissons), de haut en bas.

Les plantes médicinales

La Lune régit de par sa nature humide les herbes guérisseuses dans toutes les civilisations. Mère des eaux, elle est l’adversaire des serpents et des monstres fabuleux qui détruisent les herbes naturelles car ils les avalent. L’offrande des herbes sous forme de fumigation les écartait de notre chemin. Tel était l’enseignement traditionnel.

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 Armoise

L’armoise était considérée comme l’herbe lunaire par excellence, de l’Inde à l’Egypte, de la Grèce à la Rome antique. Cette plante tient son nom de la contraction du grec Artémis dont les Latins firent « Diane ». A la déesse Artémis était consacrée la Lune Montante. Elle présidait la chasse. C’était donc une déesse vierge aux activités masculines. Elle symbolisait le matriarcat et ses prérogatives spécifiques, dont l’art de l’accouchement. Sa mission principale était, en dehors de la chasse, de porter secours aux femmes dans leurs maladies, notamment en régularisant leur cycle. En somme l’appellation « armoise » qui évoque à la fois la lune et la déesse protectrice du sexe dit faible, indique clairement ses utilisations essentielles, et explique pourquoi, depuis Hippocrate, Pline et Dioscoride, elle est considérée comme la « plante féminine » par excellence.

Il semble qu’il s’agisse aussi de la sélénite, herbe aux vertus fabuleuses, dont le nom dérive de celui de la déesse Séléné, autre figure lunaire, et équivalent en grec de l’Isis égyptienne. Les initiés des mystères d’Isis en portaient un rameau à la main. Très diurétique, elle facilitait toutes les fonctions d’évacuation. On la prenait soit en décoction comme boisson, soit en friction, soit en la broyant crue dans du vin, soit en cataplasme sur le ventre pendant la nuit. Les pèlerins allemands en route pour Saint-Jacques-de-Compostelle la portaient sur la plante des pieds dans leurs chaussures pour soulager et éviter les morsures.

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En fait, le genre « armoise » se divise en une dizaine de plantes aux utilisations bien précises :

– L’armoise commune Artemisia vulgaris, très répandue dans nos régions : elle fleurit en août. Puissant tonique, c’était surtout l’herbe abortive par excellence, couramment employée dans les campagnes. C’était un vrai « secret de bonne femme ».

– L’armoise absinthe a vu sa carrière arrêtée par la loi du 16 mars 1915, prohibant la fabrication et la vente de l’apéritif cher aux poètes français de la fin du XIXe siècle.

– D’autres armoises exotiques, de Russie et du Moyen-Orient, sont utilisées comme vermifuge populaire en capitules desséchées sous le nom de « graines aux vers » (semen-contra officinal : semences contre les vers) parce qu’elles contiennent de la santonine. Dans nos régions, l’armoise maritime ou sanguenite fait le même effet. Elle fleurit sur nos côtes.

– On connaît aussi dans nos jardins la citronnelle (Artemisia abrotanum) à la forte odeur de camphre et de citron, dont la propriété serait d’éloigner les moustiques.

– Et enfin, l’estragon bien connu comme base de tout condiment.

– Une dernière utilisation : comme liqueur pour les quatre espèces d’armoise naine des glaciers (herbe appelée génépi en patois savoyard), qui sont les secrets de la Chartreuse et de la Bénédictine.

ESTRAGON

Et comme toujours, il y a un temps pour tout et notamment il est celui de la cueillette

Les anthropologues rapportent que la cueillette des plantes guérisseuses avait lieu à des dates précises et donnait lieu à des rituels très élaborés, dont on trouve encore les marques dans les folklores du XIXe siècle, particulièrement en Europe Centrale.

Une certaine confusion apparente, des Amériques à l’Afrique noire, et des chamanismes russes et orientaux, fait apparaître ces dates tantôt inversées dans l’année, tantôt dans le mois lunaire. La cause en est astronomique, puisque les saisons sont inversées dans les hémisphères. Par ailleurs, la connaissance de l’astrologie est un plus pour comprendre les rites de ces civilisations que l’on dit archaïques qui, comme l’a rappelé en son temps Jung, est « le premier savoir du monde », unique base de toutes les religions anciennes.

Ainsi, il semble que les plantes à dominante solaire (telle l’héliotrope, la camomille, la marguerite…) doivent être cueillies quand le soleil est au plus haut de sa course, astronomiquement parlant dans sa plus haute déclinaison nord, c’est-à-dire au solstice d’été. Certains peuples s’y préparaient dès la Nouvelle Lune précédente, comme par exemple les Indiens d’Amérique du Nord.

MARGUERITE UNE FLEUR SOLAIRE

Cependant, il y a inversion pour les plantes à dominante lunaire qui doivent être cueillies à l’équinoxe de printemps et à la Pleine Lune, à la plus forte attraction lunaire annuelle, correspondant généralement à la plus forte marée. Exemple : le lierre et le gui, lequel était employé comme effet contraire à l’armoise. C’était un secret de bonne femme pour guérir de la stérilité.

Par ailleurs, il faut savoir que chaque plante est régie par une planète et son symbole évoque comment s’en servir pratiquement. Ainsi sont régies par Vénus : la verveine, le seringa, la pivoine, le sureau et la bardane.

PIVOINES DU MOUTAN

D’autres plantes ont plusieurs gouverneurs, comme les plantes carminatives, ainsi nommées parce qu’elles ont la propriété d’expulser l’air des intestins. L’origine étymologique du mot « carminatif » est un vrai jeu de mots : du latin « carmen » qui signifie « le chant » parce que cette action s’accompagne en général de bruits, mais aussi « carminatum » de « carminare » qui signifie « nettoyer ». Ces plantes carminatives sont gouvernées par Mars, Saturne et Neptune. Ces trois planètes contiennent bien les idées de dépense ou d’évacuation (Mars), de rétractation ou d’assèchement (Saturne) et de vents (Neptune). Parmi les plantes carminatives, il y a le cumin, la plus importante, mais aussi la mélisse, la sauge, l’anis, le carvi, le fenouil et la coriandre.

coriandre

Enfin, toutes les plantes qui sont régies par d’autres planètes que les luminaires participent aux divers rituels des herbes de la Saint-Jean, au solstice d’été. Les cueillettes du solstice d’été donnaient lieu à des réjouissances païennes qui rappelaient les fêtes des cultes gnostiques et l’Eglise les a toujours condamnées sévèrement. Le Concile de Ferrara en 1612 interdit les pratiques de la nuit de la Saint-Jean : amasser de la fougère, semer, couper, arracher des herbes, en faire des ceintures et les porter sous ses habits, ou des couronnes à suspendre aux murs des maisons, des étables et des bergeries. Et par ordonnance du 20 juin 1653, le Consul de la ville de Nuremberg interdit les sauts au-dessus des feux de la Saint-Jean, composés d’herbes et de fleurs.

Le solstice d’été était donc une fête du Soleil et les feux que l’on allume le jour de la Saint-Jean, ont pour but de soutenir le soleil dans la seconde partie de sa course. Car, de juin à décembre, les jours ne feront que décroître, et le soleil brillera de moins en moins. Les herbes solaires comme le millepertuis, l’héliotrope, l’origan, atteignent la plénitude de leur vertu quand elles sont cueillies en ce jour d’apogée.

V

D’autre part, la nuit qui précède la Saint-Jean est la plus courte de l’année, et dorénavant les nuits vont croître et la Lune brillera de plus en plus. Toutes les forces participant au principe de l’humidité seront plus vivifiantes. De là ces baignades naturistes qui sont dans les pays scandinaves l’un des rites essentiels de la fête. C’est pour la Lune une sorte de renouveau, et toutes les herbes y participent. Cueillies sous les rayons de la Lune de la Saint-Jean, leurs vertus roboratives sont à l’apogée.

HERBES DE LA SAINT JEAN

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DE L’ORIGINE DES MOIS…

(6.1 - Etymologie) par sylvietribut le 18-06-2014

Pour une fois commençons l’énumération par septembre, octobre, novembre et décembre. En effet, à la fondation de Rome, en 753 avant Jésus-Christ, le calendrier ne comportait que dix mois. Les 7e, 8e, 9e et 10e mois gardèrent leur nom initial selon leur ordre numérique. En effet, comme on peut le constater, dans « septembre » on retrouve « sept ». Pour « octobre », c’est « octo », c’est-à-dire « huit »… « novembre », c’est « nove » ou « neuf », et « décembre », c’est « dec » pour « dix ».

Passons maintenant à mars, avril, mai et juin. Dans ces dix mois, le premier était « Martius », dédié à Mars, le dieu de la guerre, car c’était le retour de la période permise pour commencer une guerre.

Le second mois était « Aprilis », de « Apru » en langue étrusque, qui est devenu pour nous « avril » qui aurait pour signification « ouvrir », car c’est le mois où les fleurs s’ouvrent. Peut-être est-ce pour ça qu’il était dédié à la déesse grecque Aphrodite, Vénus pour les Romains. C’est graduellement qu’il devint, selon les pays, le quatrième mois de l’année, lorsque l’Eglise décida que l’année commencerait le 1er janvier.

LA-NYMPHE-MAIA

La Nymphe Maia mère de Mercure

Le troisième était « Maiusé », dédié à Maia, la déesse du printemps, l’une des Pléiades et la mère de Mercure. Quant au quatrième, il était dédié à Junon, épouse de Jupiter, et s’appelait « Junius ».

Quant aux deux derniers, janvier et février, ils seront pour nous les premiers. Janvier était « Januarius » qui signifie « porte » en latin. Il était consacré à Janus, le dieu au double visage, apparenté à Saturne, le plus ancien roi du Latium et synonyme de paix. Janus était dans la mythologie romaine, le dieu des portes. En effet, avec ses deux visages opposés, il regardait à la fois l’entrée et la sortie, la fin et le début de l’année.

JANUS - MUSEE DU VATICAN

Janus au double visage

  L’année en dix mois ne comportant que 304 jours, il fut nécessaire d’ajouter deux mois, qui furent d’abord ajoutés après décembre. Tous les mois avaient un nombre impair de jours car le nombre pair était réputé fatal ou néfaste. Cependant, pur des raisons mathématiques un peu difficiles à expliquer ici, il fallut ajouter un douzième mois avec un nombre pair de 28 jours. Ce fut « Februarius », consacré à Februus, le dieu de la purification. « Februare » signifie « purifier ». Février était le mois des purifications, symbole qui sera repris par les Chrétiens, la Purification de la Vierge ayant lieu le 2 février. Juillet, l’ancien cinquième mois « Quintilis », devenu septième mois, fut appelé « Julius » en l’honneur de Jules César qui réforma le calendrier dit « Julien ». Le dernier nommé fut août. La réforme julienne fut au départ mal appliquée par les papes. Une correction fut apportée après trente-six ans, sous le règne d’Auguste et c’est pourquoi l’ancien mois « sextilis » fut baptisé « Augustus » en son honneur et qui signifie aussi « consacré aux augures ».

ZODIAQUE ROMAIN

Zodiaque des douze grands Olympiens

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EGLISES ET FONTAINES JUMELLES – PIAZZA DEL POPOLO A ROMA

(6.3.2 - A l'étranger) par sylvietribut le 17-06-2014

Rome est une ville où la gémellité fait partie de l’Histoire, même si elle relève en grande partie de la légende. Romulus et Remus, fils jumeaux de Mars et descendant de Vénus par leur mère, furent abandonnés sur le Tibre en crue. Le fleuve, en se retirant, les déposa au pied du Mont Palatin. Une louve les allaitera jusqu’à ce qu’un berger les recueille et les élève.

LA LOUVE ROMAINE NOURRISSANT ROMULUS ET REMUS - MUSEE DU CAPITOLE - ROME 

La Louve nourrissant Romulus et Remus – Musée du Capitole – Rome

Autres jumeaux, autre légende… C’est le temple de Castor et Pollux qui en garde le souvenir. C’est un des plus beaux temples de la Rome antique. Il a conservé ses admirables colonnes corinthiennes en marbre blanc cannelé supportant une architrave. Datant du Ve siècle avant Jésus-Christ, ce temple a été réédifié sous Auguste. Il était dédié aux jumeaux Castor et Pollux, les « Dioscures », les enfants de Zeus/Jupiter. C’étaient des dieux mystérieux qui aidèrent les Romains à vaincre les Tarquins, de race étrusque.

Clin d’œil de l’astrologue… en italien Gémeaux se dit Gemelli… comme le mot « jumeaux » se traduit par « gemelli »… Gémeaux… Jumeaux… Souvent, dans un thème, une Maison V en Gémeaux donnera une propension à avoir des jumeaux et cette hypothèse est renforcée si Mercure, le Maître des Gémeaux et donc de cette Maison superpose un signe double : Vierge, Sagittaire, Poissons et bien sûr Gémeaux. De manière générale, une Maison V dans un de ces signes invite à s’interroger s’il existe des jumeaux dans la famille ou bien… à venir… Quant aux signes féminins : Vierge et Poissons, on pensera à des jumelles et les signes masculins : Gémeaux et Sagittaire évoquent des jumeaux… Toutefois, la position du Maître de ces Maisons pourra fournir une information s’il s’agira d’un couple de jumeaux : une fille et un garçon. Parfois ce sera les planètes dans cette Maison V double qui suggéreront le masculin et le féminin.

Exemple : Thème d’un homme Balance Ascendant Balance – Maison V en Verseau, Uranus en Vierge évoque bien la possibilité de jumeaux, de plus Jupiter (masculin) et la Lune (féminin) en Poissons. Cet homme a effectivement eu des jumeaux, la fille et le garçon. 

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Les Dioscures – Castor et Pollux

Sept collines délimitaient la Rome antique. Piazza del Popolo se situe au pied de l’une d’elle, le Pincio qui domine Rome. Du belvédère aménagé sur ses pentes on découvre une vue merveilleuse sur Rome, la piazza del Popolo, la coupole Saint-Pierre, les églises et les palais. Les voyageurs venant du nord entraient à Rome par l’antique Porta Flaminia.

C’est en l’honneur de la visite à Rome de Christine de Suède, nouvellement convertie au Christianisme, qu’on demanda à Bernini de construire un arc de triomphe marquant l’entrée à Rome, la Porta del Popolo. La piazza del Popolo, réalisée entre 1816 et 1820 par Giuseppe Valadier, constitue un bon exemple de style néo-classique. C’est un vaste hémicycle orné d’un obélisque égyptien, de deux fontaines et de deux églises baroques. Au Nord, une autre église, Santa Maria del Popolo, date de la Renaissance, à côté de la Porta del Popolo que l’on doit à Vignola pour la face extérieure et à Bernini pour la face intérieure.

PIAZZA DEL POPOLO - ROMA - DUE CHIESE GEMELLE

Piazza del Popolo – Rome

Giuseppe Valadier dessina aussi les plans du parc du Pincio, respectant cette Porta del Popolo, ainsi que les églises existantes tout autour, dont les églises jumelles Santa Maria de Montesanto et Santa Maria dei Miracoli. C’est ce même architecte des Papes Pie VI et Pie VII qui aménagea cette monumentale Piazza del Popolo. Au centre, un obélisque datant de l’époque de Ramsès III, c’est-à-dire XIIIe siècle avant Jésus-Christ et provenant d’Héliopolis. Il fut convoyé jusqu’à Rome par l’empereur Auguste pour décorer le Circus Maximus. Il est de granit rose et mesure 23 mètres de haut et pèse 235 tonnes. Trois faces sont gravées au nom de Séthi 1er et une au nom de Ramsès II, son fils. On l’appelle l’obelisco Flaminio car il se trouve à l’entrée de la Via Flaminio. Il fut érigé en 1589 par Domenico Fontana.

PIAZZA DEL POPOLO - FONTANA DELLA DEA DI ROMA 

Fontana della Dea di Roma – Piazza del Popolo – Roma

Aux extrémités est et ouest se trouvent deux hémicycles ornés de fontaines et de statues allégoriques. Au nord, la Porta del Popolo, taillée dans le mur d’Aurélien, près de laquelle se trouve l’église Santa Maria del Popolo, du XVe siècle. Elle ne paie pas de mine vue de l’extérieur mais elle abrite en revanche des œuvres picturales de toute beauté : des fresques de Pinturicchio et deux tableaux du Caravage. Ne sortez pas de l’édifice sans avoir jeté un coup d’œil sur l’exquise chapelle Chigi, nef gauche, dont la conception est due à Raphaël pour un banquier siennois. Au sud, les deux églises jumelles, d’apparence identique mais d’intérieur différent, du XVIIe siècle, qui encadrent de façon magistrale le début de la via del Corso. Ces deux églises sont à la base de ce qu’on appelle le « trident », trois rues partant de la Piazza del Popolo : à partir de la gauche Via del Babuino, Via del Corso et Via di Ripetta. Les deux premières sont séparées par Santa Maria in Montesanto, et les deux suivantes par Santa Maria dei Miracoli. C’est au XVIIe siècle que furent construites ces églises, dans ce qui était l’entrée principale de Rome au Moyen Age et à la Renaissance, par la Via Flaminia. C’est le Pape Alexandre VII qui commanda cette entrée monumentale de la Via del Corso à l’architecte Carlo Rainaldi, pendant que les églises avaient été financés par le cardinal Girolamo Gastaldi dont l’emblème est présent dans les deux églises.

La Piazza del Popolo est un lieu symbole de l’esprit de mécène des papes de la Renaissance, espace historiquement consacré aux jeux, aux foires et aux spectacles populaires et malheureusement aussi aux exécutions capitales.

« Felici faustogue ingressui MDCLV » ce qui signifie « Puisse votre entrée être joyeuse et heureuse ». C’est le souhait que Bernini fit graver sur la Porta del Popolo, l’ancienne Porta Flaminia, à l’occasion de l’arrivée à Rome de Christine de Suède.

PIAZZA DEL POPOLO - FONTANA DI NETTUNO 

Fontana del Nettuno – Piazza del Popolo – Roma

De nos jours, c’est la même bienvenue qui accueille chaque des millions de touristes attirés par les merveilles historiques et culturelles de l’endroit : les églises jumelles de Santa Maria di Montesanto et de Santa Maria dei Miracoli, l’Obélisque Flaminio, ainsi que les deux fontaines de Valadier : Fontana delle Dea di Roma et Fontana del Nettuno. Ces fontaines sont de style baroque. Autant de monuments qui contribuent au charme inimitable de cette place.

Notez que les deux fontaines font un clin d’œil à la gémellité puisqu’on trouve deux couples de dauphins aux queues enlacées, sur la Fontaine du Neptune, cela semble normal, mais ces deux dauphins se retrouvent dans le même enlacement sur la Fontaine de la Déesse de Rome, et placés aux angles des deux fontaines. Et sur la Fontana delle Dea di Roma on aperçoit la louve romaine et Romulus et Remus, les jumeaux éternels de la ville éternelle.

SANTA MARIA DEL POPOLO - ROMA 

Santa Maria del Popolo – Piazza del Popolo – Roma

Comment également ne pas évoquer l’église de Santa Maria del Popolo, bâtie sur le lieu même de la sépulture de Néron et de son âme damnée. Ce qui n’a pas empêché toutes les célébrités de venir défiler ici même, sur cette place séculaire, emblème culturelle de la « romanité ».

ROME DEPUIS LE PINCIO

Rome depuis le Pincio – Au premier plan les deux coupoles jumelles des églises de Piazza del Popolo et au loin la coupole de Saint-Pierre

 

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ARCHETYPE ? UN MODELE PRIMITIF ETERNEL…

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 15-06-2014

 

Archétype…Voici ce qu’en dit le dictionnaire de psychologie : « Ce terme, emprunté à Saint Augustin, a été introduit en psychologie des profondeurs par C. G. Jung en 1919 pour désigner les images anciennes (exemple : le dragon, le Paradis perdu…) qui constituent un fonds commun à toute l’humanité. Dans chaque personne on les retrouve, en tout temps et en tout lieu, à côté des souvenirs personnels. Portés par les récits fabuleux, la mythologie, les contes et les légendes, les archétypes se manifestent dans les rêves, les délires et les arts picturaux. Ils remplissent ce que Jung appelle « l’Inconscient collectif ».

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Jupiter

Prenons un exemple à travers une actualité pas trop ancienne qui nous ramène à l’astrologie : en juillet 1994, une comète appelée Shoemaker-Lévy 9 a percuté Jupiter, collision prévue et donc observée en direct par les astronomes. Qu’ont-ils concluent ? Et bien que Jupiter, la plus grosse planète du système solaire, son diamètre est 11 fois celui de la Terre, était un bouclier qui protégerait la Terre des comètes et autres météorites. Ce phénomène s’explique par le fait que la masse de Jupiter attire par gravité les corps environnants, modifiant ainsi leur trajectoire.

 

Si l’on s’en réfère à la mythologie, un des attributs de Jupiter, Zeus pour les Grecs, est le bouclier, appelé   « égide », d’où l’expression encore utilisée aujourd’hui « sous l’égide de », qui signifie « sous la protection de… ».

MEDUSE - VINCENZO GEMITO - 1911

L’Egide de Jupiter à tête de Méduse

Quant au Jupiter des astrologues, il possède cette vertu de protection car il symbolise entre autre : la loi, la justice, la sagesse, la médecine, la religion, la maturité, l’expansion…. Et c’est pourquoi dans l’horoscope des magazines, les natifs dont les signes sont affinité avec celui dans lequel séjourne Jupiter, une année donnée, sont censés être protégés, et même favorisés durant la période concernée. Et c’est ainsi qu’entre mi-juillet 2014 et août 2015, Jupiter devrait protéger et favoriser le Lion, signe qui s’apprête à recevoir la visite de la planète mais seraient également sous l’égide de Jupiter : la Balance, le Sagittaire, le Bélier, les Gémeaux. Cependant, disons plutôt que, malgré les déboires que rencontreront sans doute et malgré Jupiter certains natifs de ces signes, la présence de Jupiter les protégera du pire.

Jupiter est donc, ainsi que tous les éléments qui servent de base à l’astrologie, un archétype considéré depuis toujours, et même encore pour les astronomes de ce début du XXIe siècle, comme la planète-bouclier de notre petite Terre et de ses occupants.

 

 

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JEAN DE LA FONTAINE ET L’ASTROLOGIE

(6.4 - L'Astrologie dans l'Histoire) par sylvietribut le 12-06-2014

Comme il semble que l’art d’Uranie ne fut point à son goût, je ne peux résister à porter à votre connaissance une fable oubliée mais finement écrite que La Fontaine livre à notre réflexion. De mon côté, je n’en reste pas moins philosophe sachant qu’il y aura toujours des détracteurs de tout et pour tout. Quant à La Fontaine lui-même, il n’était pas plus vertueux que les astrologues qu’il pourfend, n’a-t-il pas puisé largement ses fables dans l’œuvre d’Esope (*), sans pour autant toujours citer ses sources. A-t-il été un merveilleux fabuliste ? Ou bien un latiniste talentueux et donc un excellent traducteur ? A sa décharge, son époque étant l’entrée dans le rationalisme, il ne pouvait que vivre avec son temps et préconiser le renvoi des astrologues de l’Université, ce que Colbert s’employa à statuer. Toutefois, les astrologues ont toujours leurs petites entrées dans la cour des grands de ce monde, cela a toujours été et le reste aujourd’hui encore… L’Histoire fourmille d’anecdotes à ce sujet et aujourd’hui, les médias, pleins de sous-entendus, nous parlent en demi-teinte de qui consultent qui… 

LA FONTAINE - L'ASTROLOGUE QUI SE LAISSE TOMBER DANS UN PUITS

L’ASTROLOGUE QUI SE LAISSE TOMBER DANS UN PUITS

 

Un Astrologue un jour se laissa choir

Au fond d’un puits. On lui dit : « Pauvre bête,

                                                  Tandis qu’à peine à tes pieds tu peux voir,                                                

Penses-tu lire au-dessus de ta tête ? »

 

Cette aventure en soi, sans aller plus avant,

Peut servir de leçon à la plupart des hommes.

Parmi ce que de gens sur la terre nous sommes,

Il en est peu qui fort souvent

Ne se plaisent d’entre dire,

Qu’au livre du Destin les mortels peuvent lire.

Mais ce livre qu’Homère et les siens ont chanté,

Qu’est-ce que le Hasard parmi l’antiquité,

Et parmi nous la Providence ?

Or du Hasard il n’est point de science :

S’il en était, on aurait tort

De l’appeler hasard, ni fortune, ni sort,

Toutes choses très incertaines.

Quant aux volontés souveraines

De Celui qui fait tout, et rien qu’avec dessein,

Qui les sait que lui seul ? Comment lire en son sein ?

Aurait-il imprimé sur le front des étoiles

Ce que la nuit des temps enferme dans ses voiles ?

A quelle utilité ? Pour exercer l’esprit

De ceux qui de la sphère et du globe ont écrit ?

Pour nous faire éviter des maux inévitables ?

Nous rendre dans les biens de plaisir incapables ?

Et causant du dégoût pour ces biens prévenus,

Les convertir en maux devant qu’ils soient venus ?

C’est erreur, ou plutôt c’est crime de le croire.

Le firmament se meut ; les astres font leurs cours ;

Le soleil nous luit tous les jours,

Tous les jours sa clarté succède à l’ombre noire,

Sans que nous en puissions autre chose inférer

Que la nécessité de luire et d’éclairer,

D’amener les saisons, de mûrir les semences,

De verser sur les corps certaines influences.

Du reste, en quoi répond au sort toujours divers,

Ce train toujours égal dont marche l’Univers ?

 

Charlatans, faiseurs d’horoscope,

Quittez les cours des princes de l’Europe ;

Emmenez avec vous les souffleurs tout d’un temps ;

Vous ne méritez pas plus de foi que ces gens.

Je m’emporte un peu trop ; revenons à l’histoire

De ce spéculateur qui fut contrait de boire.

Outre la vanité de son art mensonger,

C’est l’image de ceux qui bâillent aux chimères

Cependant qu’ils sont en danger,

Soit pour eux, soit pour leurs affaires.

 

 

                                                                                                                                             Jean de LA FONTAINE

 

JEAN DE LA FONTAINEJean de La Fontaine s’est penché plusieurs fois sur cette question des horoscopes, des astrologues, des prédictions. Et d’autres fables existent traitant de ce sujet… A suivre donc…

 

 

 ESOPE(*) Esope  était un fabuliste grec (VIe siècle avant J. C.) qui, selon la légende, aurait été un esclave phrygien affranchi. On lui attribue la paternité de la fable comme genre littéraire. Le premier recueil de Fables date d’environ 325 avant J.C. Il est dû à Démétrios de Phalère. Le recueil original est perdu. Celui que connaissait La Fontaine comprenait 127 fables, traduites en latin. La Fontaine ne connaissait pas le grec, mais avait étudié le latin. Les fables d’Esope étaient écrites en prose et sans prétention littéraire. Il faut toutefois signaler que La Fontaine rendit hommage à Esope dans une de ses fables intitulée : « A Monsieur le Dauphin ».

 

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DANS L’HERBIER DES GEMEAUX… LES GENETS

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 10-06-2014

Symbole, en certaines régions du Nord, dans le sens des points cardinaux, et de la fonction royale, la fleur de genêt ou d’ajonc pourrait avoir été, dit-on, à l’origine de la fleur de lis héraldique, ou du rameau d’or. Il va s’en dire qu’une telle origine botanique ne suffirait pas à en expliquer le symbolisme.

GENETS EN FLEURS

Genêts en fleurs

Une légende raconte que Geoffroy V dit Le Bel, Comte d’Anjou et du Maine, en 1128, chevauchait dans une lande près de la ville du Mans quand il aperçut une licorne à tête de femme et vêtue d’un manteau d’or au milieu d’un champ de genêts. Bouleversé par cette apparition, il choisit de faire de cette plante son emblème et d’en planter sur ses terres, d’où l’origine du nom « Plantagenêt » dont les membres furent Comtes d’Anjou et du Maine, puis par mariage Roi d’Angleterre, Ducs de Normandie et finalement Ducs d’Aquitaine.

Une légende plus ancienne encore évoque la fuite de la Sainte Famille en Egypte. Ainsi, toutes les plantes écartaient leurs rameux pour laisser passer Joseph, Marie et l’Enfant Jésus et les refermaient derrière leur passage pour cacher leur chemin aux soldats d’Hérode. Cependant, une seule resta insensible et raide, le genêt, et c’est pourquoi il fut condamné à demeurer dur et sec jusqu’à la fin des temps.

BALAI DE GENET

Balai de genêt

C’est aussi pourquoi il servit à faire des balais, y compris ceux que chevauchaient les sorcières du Moyen Age. Il servait aussi à construire des cabanes, à chauffer le four des potiers et des boulangers, tandis que son écorce était utilisée pour fabriquer des cordages et des fils assez résistants. C’est pour cela également qu’il conserva longtemps une mauvaise réputation, d’autant qu’on savait qu’il entrait dans la préparation de nombreuses mixtures et philtres magiques.

On finit pourtant par découvrir ses remarquables propriétés thérapeutiques, d’abord comme diurétique d’une puissance exceptionnelle, d’ailleurs des travaux scientifiques on montré qu’il triple l’élimination rénale. Ils ont également démontré que c’était un excellent tonique du cœur. C’est encore un anti-venin. Les recherches dans ce domaine ont eu pour point de départ l’observation des bergers d’Auvergne qui avaient remarqué que les moutons ayant brouté du genêt résistaient aux morsures de vipères ; on constata en effet que la spartéine, extraite du genêt, rend inoffensif le venin de vipère et même celui du cobra.

GENETS - PLANCHE BOTANIQUE

Genêt – Planche botanique

Les genêts sont des arbustes appartenant à la famille des Fabaceae. Ce nom vernaculaire regroupe en français des plantes appartenant à différents genres : Cytisus, Cytisophyllum, Chamaecytisus, Genista, Spartium, Sarptjaù,is scoparius ou Spartium scoparim, ou appelés aussi Genêt à balais, Spartier à balais, Jumette, Juniesse ou Genettier… Bien des espèces appelées « genêt » sont aussi appelées « cytise ». Ces genres se répartissent en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, y compris les îles macaronésiennes.

Les genêts forment des fruits appelés « gousses » qui se dessèchent à maturité et libèrent les graines.

En tant que diurétique contre l’hydropisie, l’œdème, l’albuminurie, l’insuffisance rénale, la néphrite, l’urémie, les affections des voies urinaires, l’engorgement intestinal, le mauvais fonctionnement du foie et de la vésicule biliaire, les calculs vésicaux, les rhumatismes, la goutte, on utilise soit les cendres de la plante entière fleurie, qu’on fait brûler et dont on recueille les cendres, soit les fleurs fraîches ou séchées.

La technique des cendres est celles qu’emploient le plus souvent les guérisseurs de campagne, elle fait partie de leurs « remèdes secrets », suivant ainsi une tradition fort ancienne puisque le remède de Madame Fouquet, célèbre au XVIIe siècle contre l’hydropisie, n’était autre que des cendres de genêt macérées dans du vin blanc et c’est un traitement identique qui débarrassa au siècle suivant le Maréchal de Saxe, bourreau des cœurs armoiriés et vainqueur de Fontenoy, d’une hydropisie « contre laquelle on avait inutilement mis en usage les ordonnances des plus célèbres médecins de l’armée et de la Faculté de Paris ».

Cependant, les fleurs « qu’on prendrait pour des papillons d’or » comme l’a écrit Chateaubriand dans sa description du printemps en Bretagne dans les Mémoires d’Outre-tombe, sont d’un usage plus facile et conduisent également à d’excellents résultats. Cueillies lorsqu’elles ne sont pas encore complètement épanouies et séchées à l’ombre, elles s’emploient en décoction. On obtient également une excellente tisane diurétique, stomachique, digestive, tonique et hépatique.

Les branches fleuries de genêt étaient utilisées dans les funérailles, on en couvrait le corps des défunts.

Quant à l’appartenance à la symbolique des Gémeaux, il y a cette ressemblance aux papillons qui appartiennent au bestiaire du signe. A noter d’ailleurs que les papillons de nuit se nourrissent de genêt. II y a la couleur jaune qui les caractérise entre autre et puis, ce sont des petites fleurs double et en bouquets, à l’image de ce signe double qui ne peut se complaire dans l’unicité. 

genet

Bibliographie

Le Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

Nos Grands-mères savaient – La vérité sur les plantes et la vie naturelle – Jean Palaiseul – Editions Robert Laffont S.A.

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UN JOLI MYTHE GEMEAUX… HERACLES ET LA BICHE AUX PIEDS D’AIRAIN

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME, 6.6.3 - LES MYTHES DES GEMEAUX ET DE MERCURE) par sylvietribut le 06-06-2014

Il faut savoir qu’Héraclès possédait lui aussi un frère jumeau nommé Iphiclès, c’est-à-dire « le mortel ». Il était fils d’Amphitryon qui trouvera la mort en combattant le fils d’Hippocoon, après avoir accompagné Héraclès à la chasse au célèbre sanglier de Calydon responsable de la guerre entre les Grecs et les Courètes.

Parmi les douze travaux d’Héraclès, Hercule pour les Romains, la capture de la biche aux pieds d’airain consacrée à Artémis est celui qui évoque le mieux les Gémeaux et le héros doit la capturer vivante. Personne ne peut la suivre à la course tant elle est rapide et infatigable. Elle est vive comme le mercure, joueuse comme un Gémeaux. La poursuite est ludique car la biche part, se cache, attend Héraclès, file à nouveau dans les sous-bois, lui échappe, s’amuse de lui. La chasse prend plus d’un an.

Artemis_et_Apollon 

Les jumeaux… Artémis et Apollon enfants

Elle passera de l’autre côté d’une frontière qu’il ne peut franchir et il devra attendre son bon vouloir, son retour. Un jour, un peu mélancolique, elle réapparaît. Il l’attendait. Elle ne fuira plus et il n’aura plus qu’à lui lier les pattes et à la mettre sur son dos.

Mais en chemin, il rencontre Artémis à laquelle la biche appartient et qui lui est consacrée. Comme par hasard, Artémis est accompagnée de son jumeau Apollon. Héraclès craint la colère de la déesse.

« Que fais-tu là ? », lui demande-t-elle.

Il dépose la biche à ses pieds. Alors elle le laisse repartir avec son fardeau, voyant que la bête n’est pas blessée lui faisant promettre de ne pas lui faire de mal.

ARTEMIS ET LA BICHE

Artémis, la Diane chasseresse des Romains

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