LES PHOBIES DE PHOEBE

(6.1 - Etymologie) par sylvietribut le 13-08-2014

Avec cette super Lune qui nous éblouit, comme ne pas évoquer Phoebé ou Phébé, la brillante.

En astronomie, une super Lune c’est la Pleine Lune qui coïncide avec l’approche maximale du satellite de la Terre.

Dans la mythologie grecque, Phoébé est traditionnellement associée à la Lune et Artémis, avec laquelle on la confond. C’était une Titanide, fille d’Ouranos, le Ciel, et de Gaïa, la Terre. Elle épousera son frère, le Titan Coéos, et plus tard sera la mère de Léto et d’Astéria dont on parle peu, peut-être parce qu’elle se changea en caille afin d’échapper aux assiduités de Zeus. Astéria finira même par se jeter à la mer devenant l’île Ortygie, et c’est d’ailleurs là que se réfugiera sa sœur, Léto, victime elle aussi des assiduités de Zeus et de la vengeance d’Héra, pour y mettre ses enfants au monde, Apollon et Artémis, la Lune, les fruits de ses amours avec Jupiter… La boucle est bouclée. Quant à l’île d’Ortygie, elle devint plus tard l’île de Délos.

PLEINE LUNE SUR LE DOME DE FLORENCE

Phoebé la brillante dans le ciel de Florence

Dans sa Théogonie, Hésiode parle de « Phoebé à la couronne d’or ». On la retrouve dans l’introduction des Euménides d’Eschyle où elle reçoit le contrôle de l’oracle de Delphes après sa sœur Thémis, la Loi. Elle le transmettra à Apollon, comme cadeau d’anniversaire, ce qui expliquerait l’épithète « phoibos » ou « phébus » dont on qualifie le dieu et qui se traduit par « le brillant ».

Par contre, le mythe ne dit pas de quelle phobie souffrait Phoebé ou Phébé. Etait-ce la peur du noir ou la phobie des araignées ? Cependant, tous les synonymes de la phobie suggèrent bien les états dans lesquels nous plongeraient les effets d’une Lune mal configurée dans le thème : cela va de l’appréhension à l’inquiétude, en passant par l’anxiété, la peur, l’effroi, la frayeur, l’alarme ou l’épouvante. On pense encore à l’émoi, le trouble, le déséquilibre, la manie, la transe, la folie, l’aliénation, le délire, la démence, la névrose, voire même la psychose…

PHOBIE DES ARAIGNEES -

L’aracnophobie ou la phobie des araignées

Quant au dictionnaire de la psychologie, il parle de peur irraisonnée et obsédante relative à certains objets ou à certaines situations. Parmi les thèmes phobiques que l’on peut rencontrer, les plus fréquents se rapportent aux espaces libres comme l’agoraphobie, ou clos qu’on appelle claustrophobie, ou encore aux animaux, la zoophobie. Tout le comportement du malade consiste à conjurer l’angoisse en évitant l’objet phobique ou à se tourner vers un objet rassurant.

Pour les « comportementalistes », les phobies seraient des conduites acquises à la suite d’expériences malheureuses et amplifiées par les réactions excessives de l’entourage ou par l’insécurité due à l’absence de la mère. Avec celle-ci on est de plein pied avec le monde de la Lune.

Les phobies relèveraient de la thérapie comportementale. Pour les psychanalystes, le mécanisme causal de la névrose phobique est un conflit intrapsychique inconscient. Le sujet a peur de ses pulsions, auxquelles il substitue un objet. C’est parce qu’il ne peut pas les assumer et pour nier leur réalité qu’il déplace son angoisse sur un objet symbolique.

LA LUNE AU BOUT DE LA ROUTE

Bibliographie

Dictionnaire de la Psychologie – Norbert Sillamy – Larousse

 

 

 

 

 

 

 

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MITHRA… LE SOLEIL INVAINCU

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME, 6.6.5 - LES MYTHES DU LION ET DU SOLEIL) par sylvietribut le 11-08-2014

Pour les Iraniens de l’Antiquité, Mithra était le dieu protecteur de l’ordre cosmique, de la justice humaine, garant des traits de paix. Plus tard, sous l’influence de Babylone, il apparaît comme envoyé du Soleil avec mission d’accomplir un acte salutaire : donner la vie et la végétation sur terre.

Voyant les maux qui frappaient les hommes, Mithra accepta la mission et descendit sur terre, le 25 décembre. Des bergers, nous dit le mythe, assistent à sa naissance. Il surgit d’un rocher, nu, armé d’un couteau et d’une torche. Il pourchasse et capture le taureau sacré, animal symbolisant la fécondité, qu’il égorge à l’instigation du Soleil. Le corps de l’animal abattu libère une force vitale qui donnera naissance à la flore et à la faune. Verdure, arbres et surtout plantes, médicinales et magiques, jaillissent du cadavre. Mais, pendant la lutte, les forces du Mal se sont libérées ; aussi Mithra est-il obligé de se battre à nouveau pour le Bien. Son culte, qui diffuse la doctrine de l’opposition du Bien et du Mal sera reprise par Zarathoustra.

MITHRA ET LE TAUREAU

Mithra et ses attributs égorgeant le Taureau

Sous son aspect de dieu de la Guerre, Mithra acquit les faveurs des légionnaires romains stationnés au Proche-Orient. Ils s’initièrent aux mystères de Mithra qu’ils importèrent à Rome. L’initiation mithriaque comportait sept étapes correspondant aux sept planètes. Le culte et les rites se pratiquaient dans des souterrains et l’admission parmi les élus du dieu conférait l’immortalité. On fêtait également les saisons, mais la cérémonie principale, la Mithricana, avait lieu au solstice d’hiver. On y célébrait la naissance du dieu, anniversaire de la réapparition du soleil invincible. On sacrifiait alors un taureau en signe de renaissance à une nouvelle vie éternelle.

Selon le mythe, Mithra, après avoir accompli plusieurs actions bénéfiques aux humains, convia à un repas ses plus proches disciples puis remonta aux cieux, pour revenir, à la fin du monde, juger l’humanité ressuscitée. Alors, ayant livré un ultime combat contre les forces du Mal, il conduirait les élus à travers un fleuve de feu vers la vie éternelle. Jusqu’au IVe siècle, le mithraïsme, implanté surtout dans les rangs de l’armée romaine, faisait une sérieuse concurrence au christianisme.

C’est Constantin le Grand, empereur de 306 à 337, qui mit fin à ce culte en instaurant le christianisme comme religion officielle d’Etat. Mais l’existence de ce dieu solaire, semblable à maints égards à Jésus-Christ, plongea les fidèles dans une extrême confusion ; d’où la réaction des Pères de l’Eglise et la substitution de la célébration de la Nativité aux fêtes mithraïques. La doctrine resta néanmoins influence jusqu’au Moyen Age. Le principe de l’antagonisme du Mal et du Bien se retrouve intégralement dans la secte des Bogomiles en Orient et dans la discipline hérétique des Cathares, branche dissidente du catholicisme occidental. Ces derniers, connus en pays d’oc sous le nom d’Albigeois, ne disparurent en réalité qu’après 1330, à la suite des persécutions de l’Inquisition.

CRYPTE DE L'EGLISE SAINT-JEAN A AUBETERRE-SUR-DRONNE

 

Crypte de l’église Saint-Jean à Aubeterre-sur-Dronne – Charente

Le culte de Mithra s’exerçait dans des temples nommés « mithraea » ou au singulier « mithraeum ». Ces lieux étaient au départ des grottes naturelles. Plus tard, les constructions artificielles les imitèrent : obscures et dépourvues de fenêtres, elles étaient exiguës, souvent n’accueillant pas plus de quarante personnes.

Chaque mithraeum était composé :

–       D’une antichambre,

–    D’une grotte qu’on appelait « spelaeum » ou « spelunca ». C’était une grande salle rectangulaire, décorée de peintures, avec deux grandes banquettes qui habillaient chaque mur et qui étaient utilisées pour les repas sacrés.

–      Enfin, au fond de la grotte, se trouvait le sanctuaire avec un autel et l’image de Mithra donnant la mort au taureau. Ce pouvait être une peinture, une statue, un bas-relief.

On a retrouvé des mithraea dans de nombreuses provinces de l’Empire romain. Cependant, la plus grande concentration de mithraea se trouve à Rome. On en trouve également en Angleterre, en France, en Palestine. En fait, leur implantation géographique correspond à des installations militaires. Toutefois, il existe quelques exemples d’implantation sans rapport avec le contexte militaire, comme le site de Notre-Dame d’Avinionet à Mandelieu, sur la Côte d’Azur. D’autres furent postérieurement convertis en cryptes sous des églises chrétiennes.

MITHRA NE DE LA PIERRE

Mithra né de la pierre – Musée des Thermes de Dioclétien – Rome

On a pu reconstruire à partir d’images et de quelques écrits retrouvés que le dieu Mithra était né d’une pierre, la petra generatrix, près d’une source sacrée, sous un arbre lui aussi sacré. Au moment de sa naissance, il portait un bonnet phrygien, une torche et un couteau.

Adoré par des bergers dès sa naissance, il but l’eau de la source sacrée. Avec son couteau, il coupa le fruit de l’arbre sacré et c’est avec les feuilles de cet arbre qu’il se confectionna des vêtements. Un jour il rencontra le taureau primordial alors que celui-ci paissait dans les montagnes. Il le saisit par les cornes et le monta. Toutefois, dans un galop sauvage, l’animal le fit tomber. Cependant, Mithra continua à s’accrocher aux cornes de l’animal qui le traîna longtemps, en fait jusqu’à ce que l’animal n’en puisse plus. Alors le dieu l’attacha par ses pattes arrière, le chargea sur ses épaules. Ce voyage du dieu avec le taureau sur le dos était appelé « transitus ».

De retour dans la grotte, un corbeau envoyé par le Soleil lui annonça qu’il devait faire un sacrifice et le dieu, soumettant le taureau, lui enfonça le couteau dans le flanc. De la colonne vertébrale du taureau sortit du blé et de son sang coula du vin. Enfin, de sa semence, recueillie par la Lune, naquirent des animaux utiles aux hommes. Arrivèrent alors un chien qui mangea le grain, un scorpion qui serra les testicules du taureau avec ses pinces, et le serpent. Parfois, apparaissent aussi un Lion et une coupe, image encadrée de deux porteurs de torches, nommés Cautès et Cautopatès. La scène semble située dans une sorte de grotte qui pourrait être la représentation du mithraeum, lui-même ou, selon d’autres interprétations, figurer la représentation du cosmos.

Dans certaines peintures on voit Mithra transportant un rocher sur son dos, comme Atlas dans la mythologie grecque. Parfois, il est vêtu d’une cape dont la face intérieure représente le ciel étoilé. Près d’un mithraeum proche du Mur d’Hadrien, a été mise à jour une statue de Mithra en bronze sortant d’un anneau zodiacal en forme d’œuf, conservée à l’Université de Newcastle.

MITHRA ET L'OEUF COSMIQUE

Mithra surgissant de l’œuf cosmique

A Rome, une inscription suggère que Mithra pourrait s’identifier au dieu primordial de l’orphisme, Phanès, qui surgit de l’œuf cosmique à l’origine du temps, engendrant l’univers. On trouve la preuve de cette opinion sur un bas-relief du Musée d’Este à Modena, en Italie du Nord. On y voit Phanès surgissant d’un œuf, entouré des douze signes du Zodiaque, image très semblable à celle conservée à Newcastle.

Selon certains spécialistes de la religion de Mithra, l’iconographie de Mithra doit être interprétée à la lumière de la mythologie iranienne. Sont mis en rapport avec des textes narrant le sacrifice, la tauroctonie, d’un taureau par Ahriman, le dieu du mal. Les restes sanglants du taureau donnant naissance plus tard à tous les êtres. Toujours selon ces hypothèses, Mithra aurait été ensuite substitué à Ahriman dans le rapport mythique, et serait arrivé sous cette forme en Méditerranée orientale.

Selon une autre  source, l’explication est radicalement différente de l’image de la tauroctonie, puisqu’elle trouve son interprétation dans le symbolisme astrologique. Mithra est un dieu si puissant qu’il est capable de transformer l’ordre même de l’Univers. Le Taureau symboliserait bien sûr la constellation du Taureau. Il faut savoir qu’à la naissance de l’astrologie, en Mésopotamie, entre 4 000 et 2 000 avant Jésus-Christ, le Soleil se situait au niveau du Taureau pendant l’équinoxe de printemps. A cause de la précession des équinoxes, le Soleil se place durant l’équinoxe de printemps dans une constellation différente tous les 2160 ans à peu près, ainsi il passa dans le Bélier vers l’an 2 000 avant Jésus-Christ, marquant la fin de l’ère astrologique du Taureau.

Bas-relief_Mithra_à_Bourg-Saint-Andéol

Bourg-Saint-Andéol – Ardèche – Culte de Mithra

Le sacrifice du taureau de Mithra symboliserait ce changement, causé, selon les croyants, par l’omniprésence de leur dieu. Ce serait le pourquoi de la présence des animaux qui figurent sur les images de la tauroctonie : le chien, le serpent, le corbeau, le scorpion, le lion, la coupe et le taureau, correspondant aux constellations du Petit Chien, de l’Hydre, du Corbeau, du Scorpion, du Lion, du Verseau et du Taureau, toutes placées dans l’équateur céleste pendant l’ère du Taureau. Cette hypothèse expliquerait aussi la profusion d’images zodiacales dans l’iconographie mithraïque. La précession des équinoxes fut découverte et étudiée par l’astronome Hipparque au IIe siècle avant Jésus-Christ.

Il existe une autre interprétation qui considère que le sacrifice du taureau représente la libération de l’énergie de la Nature. Le serpent, comme dans le symbole de l’Ouroboros, serait une allusion au cycle de la vie. Le chien représente l’Humanité alimentant symboliquement le sacrifice. Quant au scorpion il est le symbole de la victoire de la mort. Les deux compagnons de Mithra qui portent les torches qu’on appelle Cautès et Cautopatès représentent respectivement le lever et le coucher du soleil.

Pour les fidèles, le sacrifice du taureau a sans doute un caractère salutaire et la participation aux mystères garantie l’immortalité.

La fin symbolique de Mithra se termine par un grand banquet où Apollon sur son char va emmener Mithra. Il apporte aux hommes l’espoir d’une vie au-delà de la mort, puisqu’il est accueilli au ciel par Apollon.

OSTIA - MITRHAEUM

Ostia – Mithraaeum

Dans le culte de Mithra il existe sept niveaux d’initiation qui peuvent être mis en relation avec les sept planètes de l’astronomie  de l’époque : la Lune, Mercure, Vénus, le Soleil, Mars, Jupiter et Saturne, d’après le décor du mithraeum des Sept Sphères qui se trouve à Ostia Antica près de Rome.

La majorité des membres n’arrivent seulement qu’au quatrième rang qui correspond au Lion. Quelques élus seulement accèdent aux rangs supérieurs. Les niveaux ont été connus grâce aux textes de Saint Jérôme qui semblent confirmés par certains écrits et par la décoration du mithraeum de Felicissimus à Ostia :

–       Au premier rang, on trouve le Corbeau ou Corax.

–      Au second, c’est Cryphius, « occulte », mais certains auteurs interprètent ce rang comme « Nymphus » « époux », avec comme attributs le diadème et la lampe de Vénus.

–      Au troisième rang, il y a le soldat ou « Miles » avec pour attributs la couronne et l’épée.

–      Au quatrième rang, c’est donc le Lion et dans les rituels, il présentait à Mithra les offrandes des sacrifices. Ces attributs étaient la pelle pour porter le feu, le sistre et le foudre de Jupiter.

–      Au cinquième rang, c’est « Perses », Persan, dont les attributs sont : l’épée courbe, le croissant de lune et l’étoile.

–      Au sixième rang, c’est l’émissaire du soleil « Héliodromus », avec sa torche, son fouet guidant l’attelage du char solaire et la couronne solaire.

–      Enfin, au septième rang, « Pater » ou « père » qu’on reconnaît avec son bonnet phrygien, son bâton de commandement et l’anneau.

Pendant les rites, les initiés portaient des masques d’animaux relatifs à leur niveau d’initiation. Les rites étaient exclusivement réservés aux hommes. Les femmes n’étaient pas initiées car elles étaient considérées comme profanes. Après chaque cérémonie religieuse, les initiés étaient conviés à un banquet. La langue utilisée dans les rituels était le grec, mélangé à quelques formules de persan, certainement incompréhensibles pour la majorité des fidèles. Ultérieurement, le latin fut introduit progressivement. Selon le témoignage du chrétien Justin, les aliments offerts durant le banquet étaient le pain et l’eau, mais les découvertes archéologiques ont montré qu’il s’agissait de pain et de vin, comme dans le rite chrétien.

Pour la reconstitution des rituels mithraïques, outre l’iconographie retrouvée dans les mithraea, on a pu également s’appuyer sur les textes des Pères de l’Eglise qui critiquaient le culte de Mithra.

La première référence au culte de Mithra dans l’historiographie gréco-romaine se trouve dans l’œuvre de l’historien Plutarque qui mentionne que les pirates de Cilicie, anciens soldats de Mithridate VI, célébraient des rites secrets en relation avec Mithra en 67 avant Jésus-Christ.

ROME - SAN CLEMENTE - CULTE DE MITHRA

Mitraeum bâtie sous Saint-Clément-du-Latran – Rome

On trouve les vestiges du culte de Mithra en France : à Nuits-Saint-Georges, en Bourgogne, sur le site des Bolards ; à Bourg-Saint-Andéol dans le couloir rhodanien, à Aubeterre-sur-Dronne en Charente sous l’église monolithe de Saint-Jean, à Mandelieu-la-Napoule, à Angers : le site a été découvert en mai 2010, mais fut totalement détruit dès septembre pour des raisons financières. Enfin, on trouve des éléments du mithraeum de Koenigshoffen au musée archéologique de Strasbourg.

En Italie, la Basilique Saint-Clément-du-Latran à Rome est bâtie au-dessus d’un mithraeum bien conservé. A Ostia, le port de Rome, on a retrouvé les restes de dix-sept mithraea, l’un d’eux présente des découvertes assez importantes.

En Allemagne, le Musée de Dieburg expose des découvertes dans un mithraeum, comme des pièces de céramiques utilisées dans la liturgie. Quant au Musée de Hanau montre la reconstruction d’un mithraeum.

Dans les Alpes suisses, la ville de Martigny, ancienne Octodurus, présente un mithraeum reconstruit.

En Grande-Bretagne, la City de Londres possède les fondations d’un mithraeum, vestige de l’antique Londinium, ce qui en fait l’un des plus vieux monuments de la capitale britannique. Le Musée de l’Université de Newscastle expose les objets trouvés dans les trois sites archéologiques le long du Mur d’Hadrien et reconstitue un mithraeum.

Quant au Musée d’Art de Cincinnati aux Etats-Unis, il expose une sculpture d’un mithraeum de Rome représentant Mithra tuant le taureau.

MITHRA

Mithra – Préfiguration de l’iconographie christique

 

Bibliographie

Fêtes et croyances populaires en Europe – Yvonne de Sike – Editions Bordas

 

 

 

 

 

 

 

 

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TERRACINA… LA PORTE DU SOLEIL

(6.3.2 - A l'étranger) par sylvietribut le 10-08-2014

Terracina est une petite ville séparant Rome et le Latium du royaume de Naples et la Campanie. Elle est là au pied d’une falaise de calcaire, mais dominant un joli golfe. Elle semble perpétuer une très ancienne vocation de station balnéaire puisqu’elle l’était déjà à l’époque romaine, réputée d’ailleurs pour être élégante, alors qu’elle portait le nom d’Anxur. De cette lointaine Anxur, il ne reste plus que le soubassement, une galerie voûtée et un cryptoportique.

L’actuelle Terracina a conservé, sur la Piazza del Municipio, les dalles du Forum romain. Le duomo a été construit à l’emplacement d’un ancien temple. Consacré en 1075, il est précédé par un portique aux colonnes antiques supportant une étonnante frise de mosaïque du XIIe siècle. Quant au campanile, il est de style transition roman-gothique.

TERRACINA - LE TEMPLE DE JUPITER

Terracina – Le temple de Jupiter Anxur

Sur la falaise qui surplombe Terracina, domine le Temple de Jupiter qu’on appelait Tempio di Giove Anxur. D’en bas, on distingue ses colossales arcades de soutènement. Elles datent du 1er siècle avant Jésus-Christ. D’ici on découvre un large panorama sur la ville, ses canaux et son port-canal qui abrite de caractéristiques barques de pêche. Plus loin on distingue Monte Circeo. C’est là que la magicienne Circée aurait retenu Ulysse lors de son retour à Ithaque. Dans les terres, on reconnaît les marais Pontins, la plaine de Fondi et ses lacs, et plus loin la côte jusqu’à la petite ville de Gaeta.

Terracina est située sur la côte de la mer Tyrrhénienne. La ville s’est développée entre la mer et les hauteurs qui ne laissent à la via Appia, qu’un étroit passage côtier, à mi-chemin entre Rome et les villes de Campanie. Venant de Rome on a vraiment la sensation qu’à partir de Terracina, le soleil brille plus haut, plus fort, plus chaud. La luminosité est comme différente.

TERRACINA - LA CATHEDRALE

La cathédrale de Terracina

Il semble que Terracina soit entrée dans l’orbite du monde romain dès le VIe siècle avant Jésus-Christ. Elle est d’ailleurs mentionnée dans le premier traité entre Rome et Carthage, rapporté par Polybe. Polybe vécut vers 208 avant Jésus-Christ à Mégalopolis et serait mort vers 126 avant Jésus-Christ. C’était un général, un homme d’Etat, historien et théoricien politique, sans doute le plus grand historien grec de son temps.

A la fin du même siècle, la ville sera cependant occupée par les Volsques qui lui donnèrent le nom d’Anxur, comme le rapporte Pline l’Ancien. Reconquise par les Romains en 406 avant Jésus-Christ, elle devint colonie romaine en 329 avant Jésus-Christ sous le nom de Colonia Anxurnas. De cette époque subsistent des murs de fortification en appareil polygonal. La bataille de Lautulae, pendant la seconde guerre samnite, s’est probablement déroulée près de cette ville.

TERRACINA - PAVEMENT DE LA VIA APPIA - FORO EMILIANO

 

Terracina – La via Appia sur la Piazza del Municipio

Le pavement de la via Appia passait par le forum Emiliano, au centre de la cité. C’est à Trajan qu’est dû l’agrandissement du port et le passage routier sous le temple de Jupiter grâce à une saignée de 37 mètres de haut dans la roche du Pisco Montano, qui a ouvert un nouveau tracé de la Via Appia.

Voici la description que faisait Curzio Malaparte de cette petite ville de Terracina dans la revue « Tempo » le 14 août 1956 :

« A 100 kilomètres de Rome, sur la Voie Appia, Terracina n’est pas seulement la porte de Rome, mais est vraiment la porte du soleil : c’est par là, en effet, que l’on entre dans le Royaume des Deux-Siciles et, en même temps, dans l’Eldorado d’Italie.

Les couleurs de la terre, du ciel, des eaux, des vignes, des immenses plantations d’agrumes, sont les mêmes que celles qui enchantèrent Gauguin dans les îles des Mers du Sud. Pour qui vient de Rome, tout change à Terracina, et change à l’improviste ; on aurait l’impression de pénétrer dans un pays demeuré hors de l’Histoire si la gigantesque muraille à pic sur la mer et sur les maisons de la cité, que domine le grandiose temple de Jupiter, ne rappelait l’antique noblesse de Terracina et l’histoire des Volsques.

Là-haut, par l’acropole, passait jadis la Via Appia dont Terracina était la clé. Qui tenait Terracina était maître de la Porte du Soleil. Toute l’histoire de la conquête romaine de l’Italie méridionale s’articule ici, sur cette acropole, plus antique que le Capitole, dans cette cité qui combattit Rome âprement et donna ensuite à Rome ses meilleurs soldats, les plus résistants, les plus féroces, ceux qui ne la trahirent jamais, qui aidèrent Quintus Fabius Maxime à épuiser Annibal, Marius à exterminer les Cimbres et les Teutons, César à conquérir les Gaules.

Qui vient de Rome rencontre la mer à Terracina. Et c’est une mer profondément différente de celle de Fregene, de Castel Fusano, d’Anzio, de Nettuno ; c’est la mer d’Ulysse. Une mer transparente, aux couleurs atténuées de pastel que la lumière adoucit et modifie à chaque instant, et que la nuit même ne parvient pas à effacer tant elles sont vives, bien que délicates. La terre, par contraste avec la mer, qui semble soyeuse, est un lourd brocart purpurin et vert : dans ses plis somptueux croissent les plus célèbres vignes d’Italie et mûrit le fameux muscat de Terracina : le raisin le plus doux, le plus riche, le plus grec de la Méditerranée… »

TERRACINA  par Heinrich Jäckel

Terracina par Heinrich Jäckel – XIXe siècle

 

 

 

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DANS L’HERBIER DU LION… LA CAPUCINE

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 07-08-2014

On l’appelle Cresson du Pérou, Cresson d’Inde et même Cresson du Mexique. Son nom latin est Tropaeolum majus ou Grande Capucine. C’est une plante herbacée annuelle ou vivace de la famille des Tropaéolacées et du genre Tropaeolum. Son nom savant lui vient du grec « tropaion » qui signifie « trophée » parce que la fleur et la feuille évoquent le casque et le bouclier composant les trophées dont on décorait les monuments. Le trophée était autrefois un tronc d’arbre auquel on suspendait boucliers et armes appartenant au vaincu, en signe de victoire.

CAPUCINES 3

Capucines

Elle est originaire de la Cordillère des Andes d’où les conquistadores de Pizarre la rapportèrent en même temps que l’or des Incas, en 1680. En Europe, elle fait alors son apparition dans les jardins des monastères où elle était tenue en haute estime en tant que plante aromatique et médicinale. C’est aussi bien une plante ornementale que comestible. Son nom commun découle simplement de ce que l’éperon de sa fleur est en forme de capuce ou capuchon qui rappelle celui de l’habit de moine, ce qui peut donner à penser que son nom serait dérivé de celui des moines capucins.

 Dans son pays d’origine, la capucine était polonisée par les oiseaux-mouches. En Europe, les bourdons s’acquittent de cette tâche. Mais la fleur secrète son nectar tout au bout d’un interminable éperon. Certains bourdons, dont la langue est trop courte, n’hésitent pas à percer un trou sur le côté pour accéder au nectar. C’est le vol de nectar.

SALADE AVEC CAPUCINES

 

Salade de pourpier avec capucines

« Elle est d’un usage plus familier dans les aliments que dans les remèdes » note un traité du XVIIIe siècle à propos de la capucine. Effectivement, si à l’époque on la substitue parfois au cresson comme antiscorbutique, on accommode surtout ses jeunes feuilles et ses fleurs en salade pour donner du piquant à la laitue ou la romaine et on confit dans le vinaigre ses boutons floraux et ses graines encore vertes pour être mangés comme les câpres, recettes qui sont toujours en vigueur dans certaines régions.

En gastronomie, les feuilles et les fleurs de la grande capucine sont ajoutées crues aux salades, sauces et mayonnaise. Elles ont une saveur piquante et aromatique qui n’est pas sans rappeler celle du cresson alénois. Les boutons floraux et les jeunes fruits sont parfois conservés dans du vinaigre et ont eux aussi un goût piquant.

Par ailleurs, depuis qu’Elisabeth-Christine, la fille du célèbre botaniste suédois Linné, fut la première à signaler qu’au crépuscule des chaudes journées d’été des éclairs s’échappaient du cœur de la fleur, à partir des étamines et des styles, les savants se sont intéressés à la composition chimique de la plante. Selon eux, cet étrange phénomène est lié à sa richesse en acide phosphorique. On en a donc tiré des conclusions thérapeutiques. Maintenant, on sait, par exemple, que c’est un puissant antibiotique naturel qui a le mérite de ne pas détruire la flore intestinale, d’où sa commercialisation comme tel par un laboratoire allemand, et elle possède également des vertus rajeunissantes et aphrodisiaques, signalées par le Professeur Binet qui l’appelait « une fleur d’amour ».

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Capucines au potager

La capucine est la fleur des jardins et des potagers par excellence. Afin de limiter les dégâts commis par les pucerons, on pratique le jardinage biologique en plantant des capucines, notamment au pied des arbres fruitiers. Les capucines ont effectivement pour particularité d’attirer les pucerons. Rapidement les capucines se couvrent de ces insectes piqueurs et suceurs, tandis que les plantes avoisinantes restent intactes. Il suffit alors de sacrifier les capucines en les brûlant. Alternativement, il est possible de laisser les pucerons sur les capucines, si celles-ci sont assez nombreuses, afin de laisser un garde-manger aux auxiliaires, comme par exemple les coccinelles, et tendre à l’équilibre biologique naturel. Les capucines sont également souvent plantées à proximité d’autres plantes pour les protéger contre le moucheron blanc.

La capucine est riche en vitamine C. Elle a aussi des propriétés antiseptiques, stimulantes, expectorantes et diurétiques. Elle est conseillée aux sujets atteints de bronchite chronique, de catarrhe pulmonaire, d’emphysème : infusion de feuilles fraîches, 2 à 3 grammes d’eau bouillante, laissez infuser cinq minutes. A prendre deux ou trois fois par jour.

FRUIT DE LA GRANDE CAPUCINE

FRUIT SECHE DE LA GRANDE CAPUCINE

Fruit naissant et fruit séché de la Grande Capucine

Ses fruits, mûrs et desséchés, à dose de 0,60 gr, écrasés et pris dans une cuillerée de miel ou dans un demi-verre d’eau sucrée, sont purgatifs et ont l’avantage de ne donner aucune colique.

Elle est surtout « la plante pour les cheveux », sans doute en raison de sa forte teneur en soufre : 100 gr de feuilles en contiennent jusqu’à 0,17 g, car elle arrête leur chute et favorise leur croissance en tonifiant le cuir chevelu.

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Voici la recette d’une lotion capillaire que vous pouvez préparer vous-même : feuilles, fleurs et semences fraîches de capucine : 100 gr ; feuilles fraîches d’ortie : 100 gr ; feuilles fraîches de buis : 100 gr : alcool à 90° : 500 gr. Hacher les plantes. Les faire macérer quinze jours dans l’alcool. Passer en exprimant. Parfumer avec quelques gouttes d’essence de lavande ou de romarin. A utiliser en massage fréquents et énergiques du cuir chevelu ou encore en frictions avec une brosse un peu dure.

A noter que la chevelure est en rapport avec le signe du Lion, celui-ci ne porte-t-il pas une crinière. Et puis, la couleur des capucines n’évoque-t-elle pas un soleil couchant rougeoyant ?   

CAPUCINES

                                                                             

Bibliographie

Nos grand-mères savaient – La vérité sur les plantes et la vie naturelle – Jean Palaiseul – Editions Robert Laffont

 

 

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