UN LIEU ESOTERIQUE ET MYTHIQUE… LOCRONAN EN BRETAGNE

(6.3.1 - En France) par sylvietribut le 20-07-2015

Locronan est une petite commune du département du Finistère en Bretagne, canton de Quimper. Son important patrimoine architectural, totalement préservé, a permis à ce village d’être reconnu  comme « petite cité de caractère »  et aujourd’hui Locronan a reçu le label de « plus beau village de France ». Autour de l’église, les toits du village sont des œuvres d’art. De sa belle époque, le village a conservé une place centrale pavée, ornée d’un puits, avec la vaste église Saint-Ronan, et ses maisons Renaissance en granit.

LOCRONAN

Locronan et ses maison Renaissance en granit

Locronan est aussi célèbre pour sa Grande Troménie, une procession se déroulant autour des limites d’un ancien espace sacral, devenu un « minihi », c’est-à-dire que « Tro minihi » est devenu « Troménie », et cela tous les six ans. Entre deux grandes Troménies se déroule annuellement la petite Troménie, le second dimanche de juillet.

Bien que le rituel contemporain de la Troménie soit éminemment catholique, son circuit aurait des racines celtiques, d’ailleurs la forêt de Nevet conserve la trace toponymique d’un nemeton, espace sacré dans lequel les druides officiaient.

LOCRONAN - LE GRAND CARRE

Le carré de la Grande Troménie à Locronan

Ce site de Locronan est un véritable sanctuaire naturel, le parcours de la Grande Troménie, un carré, illustrant les douze mois de l’année celtique que découpent les douze stations du chemin de la Troménie. La première station est située à l’ouest du bourg de Locronan, consacrée à Saint Eutrope, illustrant en fait le 1er novembre qui est l’entrée dans la saison sombre, le Samain du calendrier celtique et le Scorpion de notre calendrier ; la quatrième station, située près d’une fontaine dans la vallée du Styvel, à l’endroit le plus bas du parcours, représenterait le 1er février, point médian du semestre hivernal celtique et dédiée aujourd’hui à Sainte Anne, c’est la station la plus proche de Sainte-Anne-la-Palud. Elle était par le passé dédiée à Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle, héritière catholicisée de la déesse celte Brigit. Elle correspond à notre signe du Verseau. La septième station, située dans l’angle nord-est du carré que constitue le parcours, près du hameau de Leustec, est dédiée à Saint Jean l’Evangéliste et évoquerait le 1er mai de l’année celtique, moment symbolique où, dans ce calendrier, on passe de la saison sombre à la saison claire. Voilà qui correspond au Taureau du zodiaque. La dixième station, dédiée à Saint Ronan et située à l’endroit le plus haut du parcours à « Plas arCorn », la place de la Corne, représenterait le 1er août, le milieu de la saison claire, date à laquelle les Irlandais fêtent « Lugnasad » qu’on traduit par « l’assemblée de Lug » et escaladent en procession le « Croagh Patrick ». Dans cette hypothèse, Saint Ronan serait donc un avatar du dieu Lug, dieu suprême du panthéon celtique, solaire et lumineux. Pour notre zodiaque, cela correspond au signe du Lion. Et vous aurez reconnu aussi les quatre angles du thème : Ascendant/Descendant, Milieu du Ciel/Fond du Ciel.

LA FONTAINE DE LOCRONAN

Locronan – La Fontaine Saint-Eutrope et la Chapelle Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle

Il y a donc des correspondances entre les alignements des mégalithes, dont certains ont disparu aujourd’hui, et l’emplacement des stations de la Troménie, avec l’existence d’un « centre astronomique » situé au milieu du carré que forme le parcours de la Troménie près du hameau de Menec et qui montre des analogies avec des rituels de l’Inde védique, et même avec le rituel de la fondation de Rome : attelage de bœufs qui ouvre des sillons de quatre côtés, qui ne sont pas sans rappeler l’attelage de bœufs qui conduisait le corps de Saint Ronan selon la « Vita Romani » et prouverait que ce rituel de la Grande Troménie aurait même des racines indo-européennes.

Il semblerait que la Troménie joue de deux systèmes différents : dans le premier, qu’on pourrait qualifier d’astronomique, le chemin sacré ou parcours de la Grande Troménie aurait été aménagé de telle sorte qu’en le découpant en douze tronçons de même longueur, image d’autant de mois lunaires, on se trouve par topographie en accord constant avec la course apparente du soleil aux moments du temps correspondant. Ainsi, le calcul révèle que les deux points où le chemin sacré bifurque, du nord à l’est en bas de la vallée, et inversement du sud vers l’ouest au sommet de la cime sacrée, correspondent exactement, en distance parcourue, aux positions des deux solstices d’hiver et d’été. Alors que dans le second, c’est la conception mythique du temps qui l’emporte, inspiré du calendrier celtique.

LOCRONAN - LA GRANDE TROMENIE - TRAJET DE 12 KM

La Grande Troménie – Un trajet de 12 km

Enfin, l’itinéraire qui part de la chapelle du Pénity et suit les anciens sentiers censés avoir été empruntés par Saint Ronan lui-même, est marqué par douze « stations majeures » de la « voie sacrée », veillées par un fabricien muni d’une cloche pour signaler sa présence et 44 reposoirs constitués en huttes de branchages recouverts de draps blancs et abritant des statues venant de Locronan et des paroisses voisines, n’est pas sans rappeler les douze signes du zodiaque, à moins qu’il ne s’agisse des douze Maisons du thème astral :

  • Première station : Saint Eutrope
  • Deuxième station : Le Père éternel, statue de l’Ecce Homo
  • Troisième station : Saint Germain d’Auxerre
  • Quatrième station : Sainte Anne la Palud
  • Cinquième station : Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle, une chapelle lui est dédiée à Locronan
  • Sixième station : Saint Milliau
  • Septième station : Saint Jean l’Evangéliste
  • Huitième station : Saint Guénolé
  • Neuvième station : Saint Ouen
  • Dixième station : « Pla sar c’horn », le lieu de la corne, commémore l’endroit où la corne du bœuf de Saint Ronan se brisa
  • Onzième station : Saint Théleau
  • Douzième station : Saint Maurice.

LOCRONAN - FINISTERE

Locronan en Bretagne

 

 

 

 

Tagged Under : , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

DANS LE BESTIAIRE DU CANCER… LA CHAUVE-SOURIS

(09 - LES ANIMAUX DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 18-07-2015

Dans la culture populaire, l’image de la chauve-souris peut être bénéfique ou maléfique selon les pays. A cause de leur aspect étrange et de leur vie nocturne et, par voie de conséquence, du mystère qui entoure leur mode de vie, elles sont souvent victimes d’idées reçues qui leur ont valu longtemps d’être persécutées par l’homme.

Selon la loi de Moïse, animal impur, la chauve-souris est devenue le symbole de l’idolâtrie et de la frayeur. Alors qu’en Extrême-Orient, elle est le symbole du bonheur parce que le caractère « fou » qui la désigne est l’homophone du caractère qui signifie « bonheur ». Il ne viendrait pas à l’idée d’un Chinois de la clouer sur la porte de sa grange. De plus, son image accompagne parfois le caractère « longévité » dans l’expression des souhaits. Sur les gravures chinoises, un cerf se trouve souvent dans son voisinage. Elle figure sur le vêtement du génie du Bonheur. Cinq chauves-souris disposées en quinconce figurent les Cinq bonheurs : richesse, longévité, tranquillité, culte de la vertu ou de la santé, bonne mort.

CHAUVE-SOURIS EN PLEIN VOL

Chauve-souris en plein vol

Elle est en particulier un symbole de longévité car on suppose qu’elle la possède elle-même, du fait qu’elle vit dans des cavernes qui sont un passage vers le domaine des Immortels et qu’elle s’y nourrit de concrétions vivifiantes. La « fortification du cerveau », pratiquée par les Taoïstes et figurée par l’hypertrophie crânienne, est une imitation de la chauve-souris : elle est censée la pratiquer et c’est pourquoi le poids de son cerveau l’oblige à percher… la tête en bas. Rien d’étonnant qu’elle constitue elle-même une nourriture d’immortalité. En outre les « fortifications » dont il s’agit consécutive de la longévité sont souvent liées à des pratiques érotiques : la chauve-souris sert à la préparation des drogues aphrodisiaques, vertu que Pline reconnaissait, quant à lui, au sang de l’animal.

Dans l’iconographie de la Renaissance, illustrant de vieilles légendes, la chauve-souris, seul être volant qui possède des mamelles, symbolisait la femme féconde. On la voyait auprès d’Artémis, la déesse lunaire aux nombreuses mamelles qui, bien qu’elle fût vierge ou plutôt en raison de cette qualité, protégeait la naissance et la croissance.

Dans les traditions alchimistes l’ambiguïté de cette nature hybride, la souris-oiseau, explique l’ambivalence de ses symboles : la chauve souris représente l’androgyne, le dragon ailé, les démons. Ses ailes seraient celles des habitants de l’enfer. Une riche iconographie illustre ces interprétations.

Quant à l’étymologie du nom, en latin classique, « chauve-souris » se dit « vespertilio », mot qui se retrouve dans le nom vernaculaire « vespertillion », ainsi que pipistrelle, nom de la chauve-souris en italien.

Les chauves-souris forment l’ordre des Chiroptères comptant près d’un millier d’espèces de mammifères, soit le cinquième de la classe des Mammalia. Cela en fait le deuxième ordre de mammifères le plus important, après celui des rongeurs. Ces animaux nocturnes sont capables d’écholocation pour s’orienter dans le noir. L’écholocation n’est bien développée que chez les microchiroptères insectivores. Généralement la nuit, ils peuvent se diriger dans l’obscurité en émettant des ultrasons dont ils captent la réflexion, écholocalisant ainsi leurs proies et les obstacles. Les mégachiroptères, quant à eux, se fient plus à leur vue et à leur odorat. D’après des études menées en 2006, comme d’autres espèces douées d’un bon sens de l’orientation, les oiseaux migrateurs par exemple, les chauves-souris utilisent également un minéral magnétique appelé « magnétite » comme « boussole interne » pour s’orienter grâce au champ magnétique terrestre.

ARTEMIS D'EPHESE - VILLA D'ESTE - TIVOLI - ITALIE

L’Artémis d’Ephèse – Villa d’Este – Tivoli – Latium – Italie

La chauve-souris, liée au culte d’Artémis d’Ephèse, représentation même de la Lune, ses habitudes nocturnes, dormant le jour comme la Lune, n’est pas sans évoquer le signe du Cancer. C’est de plus un petit mammifère classé dans la catégorie des Mammalia, qui n’est pas sans évoquer la Mamma, la maman… De plus, dans la mythologie, Cocatrix était un animal fabuleux et imaginaire, monde propre au Cancer ; il possédait, selon la légende une tête de coq, des ailes de chauve-souris et de corps d’un serpent ou d’un coq. Quant à Camazotz il était un dieu chauve-souris dans la religion Maya.

Enfin, il existe une jolie et triste légende bretonne qui évoque la chauve-souris : La chauve-souris et le cloître de la cathédrale de Tréguier. « Au temps jadis, une souris vint à demander l’hospitalité à une hirondelle qui avait bâti son nid dans une vieille cheminée et couvait ses œufs ; celle-ci, que son mari avait abandonnée, y consentit, mais à la condition que, durant trois jours, la souris couverait à sa place. La souris accomplit sa tâche, puis elle partit. Voilà les petits éclos, mais ils étaient couverts de poils au lieu des plumes, et ils avaient une tête et un corps de souris, avec des oreilles et des ailes crochues comme le diable. L’hirondelle en mourut de chagrin ; après ses funérailles, la reine des hirondelles fit enfermer les orphelins dans le cloître de la cathédrale de Tréguier et leur défendit, sous peine de mort, de ne jamais sortir à la lumière du soleil. Voilà pourquoi on ne voit jamais de chauve-souris pendant le jour ».

LES CHAUVES-SOURIS DU BLASON DE LA VILLE D'OURDISurdis-Cotdoussan_(65).svg

Les chauves-souris du blason d’Ourdis-Cotdoussan – Hautes Pyrénées

Bibliographie

Dictionnaire des Symboles – Jean-Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins  

Tagged Under : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

DANS L’HERBIER DU CANCER… L’HYSOPE

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 14-07-2015

L’hysope doit son nom aux Hébreux qui l’appelaient « Ezôb » et pour qui c’était une plante sacrée et à ce titre on la retrouve maintes fois citées dans la Bible. Tout d’abord elle entre ans l’eau de purification telle que l’Eternel en a dicté la recette à Moïse. Mais elle fait également partie des plantes dont Salomon a parlé avec sa coutumière sagesse. Enfin, c’est à une branche d’hysope que les soldats fixèrent l’éponge imbibée de vinaigre qu’ils tendirent à Jésus mourant sur la croix comme l’évoque l’Evangile selon Saint Jean.

L'HYSOPE

Tiges d’hysope

Et puis il y a l’espèce citée dans la Bible à l’occasion de Pâque, juste avant que le peuple d’Israël ne quitte l’Egypte : « Et vous prendrez un bouquet d’hysope, et vous le tremperez dans le sang qui sera dans le bassin ; et du sang qui sera dans le bassin vous aspergerez le linteau et les deux poteaux ; et nul d’entre vous ne sortira de la porte de sa maison, jusqu’au matin ».

De même, au tout début de la forme extraordinaire du rite romain de la messe de l’Eglise catholique romaine, hors temps pascal, l’hysope est évoquée comme plante purificatrice dans « L’Asperges Me » : « Asperges me, Domine hyssopo et mundabor » qui se traduit par « Asperge-moi avec l’hysope, Seigneur, et je serai purifié ».

Toutefois, il ne s’agit pas de l’hysope officinale qui ne poussait pas en Galilée à l’époque mais plus probablement de la marjolaine ou de l’origan qui fait partie de la même famille. L’hysope ou hysope officinale ou hyssope est un arbrisseau vivace de la famille des Lamiacées, que l’on trouve à l’état sauvage, sur les terrains caillouteux et ensoleillés, dans les environnements de type garrigue, du littoral méditerranéen, sur les vieux murs et les décombres, les pentes bien exposées des Alpes. On la cultive un peu partout dans les jardins, comme aromates et plante médicinale, mais aussi parce qu’elle est décorative. Ses fleurs, qui peuvent être violettes, bleues, blanches ou roses, sont groupées en épis. Son nom scientifique est « Hyssopus officinalis L, pour signifier « de la famille des Lamiacées ou Labiées ».

Toute la plante dégage une odeur aromatique agréable rappelant, en un peu plus camphré, celle de la sarriette et du romarin. L’hysope était très employée en cuisine au Moyen Age car ses feuilles, hachées comme le persil et le cerfeuil, apportaient leur saveur piquante aux soupes, aux rôts et farces. Elle ne l’est plus guère utilisée aujourd’hui que dans le Midi. En revanche, son usage médicinal n’a pas faibli, ni varié.

L'HYSOPE - PLANCHE BOTANIQUE

L’hysope – Planche botanique

Hippocrate la prescrivait pour soigner la pleurésie et la bronchite. L’Ecole de Salerne disait « qu’avec succès elle purge les phlegmatiques », c’est-à-dire qu’elle évacue les mucosités et « bouillie avec du miel, aide les pulmoniqes ». Or, de nos jours, elle est indiquée dans toutes les affections des voies respiratoires : grippe, rhume, bronchite, asthme, pleurésie, car elle soulage l’oppression et, « nettoie les poumons » en facilitant l’expulsion des crachats.

Elle se prend soit en infusion, soit en sirop. Cependant, il est recommandé de ne pas dépasser les doses car l’hysope peut être irritante pour les sujets nerveux. Par ailleurs, elle s’utilise en infusion plus corsée et s’emploie en compresses chaudes pour soigner les blessures, les entorses et les ecchymoses.

Le Roi Salomon utilisait l’hysope, plante sacrée avec le bois de cèdre, contre la lèpre. « Sauve-moi avec l’hysope et je serai net », disait-il.

Sainte Hildegarde, au Moyen Age, l’utilisait comme adjuvant à la réglisse et à la cannelle comme puissant remède des affections du foie et du poumon. Unie aux fleurs pectorales « pour soulager les nonnes chez lesquelles le chant a provoqué de l’enrouement ».

L’hysope est un merveilleux expectorant qui assèche et ensuite favorise la respiration par action sur les centres nerveux, mais il est recommandé d’être très vigilant dans le dosage des infusions et sirop, la plante est très puissante et le bien-être apporté peut vite devenir cauchemar.

On peut imaginer que ce sont ses belles couleurs bleues ou blanches qui l’apparentent au signe du Cancer.

HYSOPE

 

Bibliographie

Nos grand-mères savaient – La vérité sur les plantes et la vie naturelle – Jean Palaiseul – Editions Robert Laffont

 

Tagged Under : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

PLOUTOS… PLUTOCRATIE

(6.1 - Etymologie) par sylvietribut le 07-07-2015

Décidément la Grèce a tout inventé… Voici un mythe peu connu, celui de Ploutos.

Il était le fils de Déméter, la déesse des Moissons, et d’Iason. Iason était le fils de Zeus/Jupiter et de la Pléiade Electre, et le frère de Dardanos, ancêtre de la lignée royale de Troie. Avec ce dernier, il était lié au culte des mystères de Samothrace, où il était honoré sous le nom d’Eétion. Parfois, il est associé, en compagnie de Triptolème, à un autre héros intervenant dans les mythes agricoles, et à la constellation des Gémeaux.

Iasion est surtout connu pour avoir été l’amant de la déesse Déméter. Ils s’étaient rencontrés aux noces de Cadmos et d’Harmonie. Dans la version relatée par Homère et Hésiode, ils s’unirent en Crète dans un champ labouré par trois fois. C’est de cette union que naquit Ploutos, divinité personnifiant la richesse.

Chez Homère, Iasion meurt foudroyé par Zeus qui voulait le punir de s’être uni à la Déesse. Si Hésiode ne dit rien de cela, mais le foudroiement est aussi rapporté par le pseudo-Apollodore pour un motif différent, puisque chez lui Iasion tente de violer Déméter.  

PLOUTOS DANS LES BRAS D'EIRENE

Ploutos et la corne d’abondance dans les bras d’Eiréné, la Paix, l’une des Heures

Pour en revenir à Ploutos dont le nom évoque la richesse car il protégeait les récoltes abondantes que donnaient les terres fertiles, on lui rendait un culte, à Eleusis, en relation avec celui de Déméter. D’après une tradition, Ploutos fut aveuglé par Zeus qui voulait le rendre impartial dans la distribution des richesses et l’empêcher de rendre les riches encore plus riches.

Dans la comédie d’Aristophane, qui porte son nom, Ploutos recouvre la vue afin de pouvoir distinguer les bons des méchants.

Ploutos figure dans le cortège de Déméter et de Perséphone, sous les traits d’un jeune homme ou encore d’un enfant portant une corne d’abondance. Plus tard, avec le développement de la richesse mobilière, Ploutos se détacha du groupe de Déméter et devint la personnification de la Richesse en général.

Le mot « ploutocratie » vient du grec « ploutos » qui signifie « richesse » et de « kratos » qu’on traduit par « pouvoir ». C’est un système de gouvernement où l’argent constitue la base principale du pouvoir. La ploutocratie est un régime politique où les riches sont au pouvoir. C’est un régime proche de l’oligarchie mais qui a pour particularité de sélectionner les rares décideurs sur le seul critère de leur richesse. Aujourd’hui, on utilise ce terme pour dénoncer les dérives des démocraties où les lobbies, souvent des multinationales, influent fortement sur le texte des lois. Voilà qui nous fait fortement penser à l’Europe à laquelle on nous impose de participer.

L’évocation de Déméter et de Perséphone nous ramène au mythe de Pluton, celui qui avait enlevé à sa mère Déméter, sa fille, Perséphone. Pluton est l’Hadès grec qui fera de Perséphone sa femme. Pluton, en latin « Pluto », signifie « le riche ». C’est un des dieux de la religion romaine. Mais son nom est d’origine grecque où il est littéralement le dieu de la richesse, nom attesté d’abord chez les Tragiques, Ve siècle avant Jésus-Christ. Ensuite il s’est surtout imposé chez les Romains. Le dieu grec correspondant est appelé Hadès, « celui qui est invisible ». Il était le dieu des Enfers. Il était également nommé « Tertius », le « troisième », sous entendu « fils de Saturne ». Cependant, il est vraisemblablement chez les Romains l’évolution d’un dieu plus ancien « Dis Pater ».

UNION EUROPENNE - 1er JANVIER 1993

Thème de l’Union Européenne – 1er janvier 2015 – 0 h 00 – Bruxelles

Pour l’astrologie également Pluton est appelé le riche. Il se trouve qu’en janvier 2008 Pluton le riche est entré dans le signe du Capricorne, signe qui évoque la récession et l’austérité. Ensuite, depuis 2011, Uranus qu’on appelle aussi le « chaos » vient occuper le signe ardent, violent et jeune du Bélier. Si le Capricorne est le signe de Saturne, qui représente le conservatisme et les gens d’âge, le Bélier est le signe du printemps, un signe de jeunesse.

Or, il s’avère que depuis 2008 ceux qui étaient déjà riches sont devenus encore plus riches et ceux qui ne l’étaient pas sont devenus encore plus pauvres. C’est dire que l’arrivée d’Uranus au carré de Pluton signe les premières rebellions contre le carcan d’austérité qui pèse sur l’Europe et en particulier sur la Grèce. Ce pays est en effet Ascendant Gémeaux, avec un amas planétaire dans le Cancer, comprenant entre autre Mercure, maître d’Ascendant conjoint à Saturne, en Maison II, en rapport avec les finances (cf. le thème de la Grèce dans ma dernière chronique « Le référendum grec », recevant l’opposition de Pluton, ce qui évoque bien sûr des changements profonds, une mutation totale dans le financement de la Grèce… Pluton dépouille dans un premier temps, pour mieux redonner par la suite, sous une autre forme. Et si la Grèce reprenait sa souveraineté en quittant ou en étant chassée de l’Union Européenne, voilà qui pourrait bien constituer une chance pour elle, car très vite Jupiter depuis la Vierge va inverser la tendance restrictive.

Cependant le thème de l’Union Européenne n’est pas épargné non plus. Il est même en train de tanguer sur ses bases. En effet, Pluton agresse fortement le Jupiter Balance du thème européen, l’aspect est exact entre le 19 juillet et la fin novembre 2015. Jupiter est Maître de la Maison IV, ce qui représente « la famille européenne », les fondements de l’Union européenne risquent sérieusement de se fissurer.

De plus, Uranus est déjà en action depuis le 21 juin occupant le 20e degré du Bélier, signe de Mars. Ce qui est en analogie avec une conjonction Uranus/Mars. Or, c’est le Mars de l’Union Européenne qui est percuté de plein fouet par Uranus. L’aspect sera exact jusqu’au 31 août 2015 et pour revenir en force entre le 2 avril et le 19 avril 2016, puis de nouveau entre le 25 novembre 2016 et le 31 janvier 2017. On ne peut imputer toutes ces tensions à la seule nation grecque.

Dans ce mois de juillet 2015, Mars occupe le Cancer et le Milieu du Ciel du thème européen, retrouvant sa position initiale les 25/26 juillet 2015, et donc au carré de cet Uranus à 20°30 Bélier et entreprenant sa rétrogradation. Durant celle-ci, Uranus revient vers les 17e et 18e degrés Bélier, repassant au carré des planètes Neptune et Uranus du thème de l’Union, et cela entre le mois d’octobre 2015 et le mois de mars 2016, un petit sextile à Saturne en Verseau, cherchant à maintenir un semblant d’équilibre. Or Uranus, c’est la révolte, le révolutionnaire, comme chargé de bousculer l’ordre soigneusement établi. Et c’est mars 2016 que Pluton choisit pour venir occuper le 17e degré Capricorne, transitant par conjonction Uranus natal de l’Union, tenant ce degré jusqu’en début juin 2016. Doit-on voir là une nouvelle dislocation de l’Union européenne.

Enfin, entre décembre 2016 et octobre 2017, Jupiter depuis la Balance reproduira le ciel de l’Union dans tous les conflits et contradictions qui ont présidé à sa naissance, à savoir Jupiter Balance carré Uranus/Neptune Capricorne et carré Mars au Milieu du Ciel et en Cancer, avec toujours en faction depuis le Bélier, Uranus… Doit-on lire dans ces terribles conflits planétaires une très importante dislocation de cette Union qui a oublié d’être celle des peuples ?

Mais comment ne pas voir que les mythes ne sont pas des histoires pour enfants sages et studieux, mais le reflet de l’histoire de l’humanité, ou un archétype indéboulonnable, comme ce combat de Jupiter s’alliant au révolutionnaire Uranus pour anéantir Pluton et sa plutocracie avide de richesses et de pouvoir.

Saturne pourrait bien donner le coup de grâce à cette Union qui aura du mal à mourir car entre mars 2018 et fin 2019, Saturne traversera le Capricorne commençant par un carré à la Lune en Bélier, puis un carré à Jupiter et transitant le Soleil, Uranus, Neptune, opposé Mars en Cancer au Milieu du Ciel, en compagnie de Pluton et au carré d’Uranus.

Sans doute le rêve européen ne sera devenu qu’un affreux cauchemar.

DRAPEAU DE L'EUROPE

Rambouillet, le 8 juillet 2015

Bibliographie

Dictionnaire de la Mythologie – Michael Grant et John Hazel – Chez Marabout

Tagged Under : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,