UN SAINT VIRGINIEN… SAINT FIACRE

(6.9 - LES SAINTS DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 30-08-2015

Le 30 août, horticulteurs, maraîchers, pépiniéristes, jardiniers et marchands de fleurs fêtent l’anniversaire de leur patron, homme saint, sensible et solitaire.

Saint Fiacre, originaire d’Irlande, avait été éduqué dans un monastère du Comté de Kikenny. Il y acquit des connaissances importantes notamment en phytothérapie. Sa réputation devint toujours plus grandissante comme guérisseur et c’est ce qui incita le saint, en quête d’une plus grande solitude, à quitter l’Irlande. En quittant son île, Fiacre s’installa en Brie pour mieux s’isoler dans la paisible campagne du diocèse de Meaux, où il fonda un humble ermitage en l’honneur de la Vierge. La réputation de sa vie et de sa dévotion exemplaires attira à lui les foules, mais certainement aussi des désagréments de la part des autorités religieuses locales beaucoup trop habituées à l’opulence.

SAINT FIACRE

Saint Fiacre – Statue du XVIe siècle – Notre-Dame-de-Verneuil-sur-Avre – Eure

A sa demande d’aménager les annexes de son ermitage pour donner un toit, même précaire, à son auditoire, l’évêque de Meaux lui promit l’espace qu’il pourrait entourer d’un fossé en une journée de travail. Saint Fiacre, malgré son âge et sa santé défaillante, se mit avec ardeur au travail et la terre, pour faciliter sa tâche, se creusa d’elle-même ; les arbustes, sur le tracé du fossé, se déracinaient spontanément et, en fin de journée, le saint avait acquis un enclos substantiel.

La terre ainsi consacrée se révéla d’une prodigieuse fertilité, et ses moissons nourrissaient d’innombrables pauvres qui y trouvaient refuge. Les foules crièrent au miracle, limitées finalement par les autorités.

Cependant, Saint Fiacre était aussi un saint guérisseur, spécialiste du fic, c’est-à-dire des tumeurs en forme de figue, ficus en latin qui a un rapport avec les hémorroïdes, et qu’on appelait le « mal de Saint Fiacre », des chancres, des cancers.

CHAPELLE SAINT FIACRE - CRECY

Chapelle de Saint Fiacre à Crécy

L’histoire de Saint Fiacre n’est pas sans évoquer la symbolique double de la Vierge et des personnages mythologiques qui l’illustrent, à savoir le rapport à la terre, sa culture, son entretien, la nourriture donc, mais aussi sa dimension de guérisseur, avec les soins qu’il donnait et les guérisons qui s’en suivaient.

Fiacre fut l’un des saints les plus populaires de France. De nombreuses églises et chapelles, non seulement en France, mais aussi en Belgique et en Allemagne, possèdent encore une statue plus ou moins rustique de ce moine à capuchon, l’air grave et parfois extatique, tenant une bêche dans une main et un livre dans l’autre. On ne compte pas moins de 522 statues de ce saint, dont 229 antérieures au XVIIe siècle.

A Esclainvilliers, dans la Somme, se trouve l’église de Saint-Fiacre qui possèdait sa statue et son gisant, déposé dans un reliquaire avec le bras de Saint Fiacre. Mais lors des guerres de religion la relique fut confiée aux moines de Meaux, qui refusèrent de la rendre une fois les troubles terminés. La cathédrale de Meaux possède donc une relique : le bras de Saint Fiacre.

La ville de Nevers est également liée au culte de Saint Fiacre. En 2008, les jardiniers du bassin maraîcher de la Baratte commémorèrent le tricentenaire de leur confrérie de Saint-Fiacre, la plus ancienne confrérie de la ville. Une association perpétue la tradition locale.

Quant à l’hôtel Saint-Fiacre de la rue Saint-Martin à Paris, il louait des voitures attelées qui très vite furent connues sous le nom de voitures fiacres, puis tout simplement abrégé en « fiacres ». Et c’est ainsi que Saint Fiacre est devenu le patron des cochers d’abord, puis des chauffeurs de taxi.

LES FIACRES AUX CHAMPS -ELYSEES YVES BRAYER

Les Fiacres aux Champs-Elysées – Yves Brayer

Bibliographie

Fêtes et Croyances populaires en Europe – Yvonne de Sike – Editions Bordas  

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LES QUATRE FORMES DE L’AMOUR (suite)

(6.6.5 - LES MYTHES DU LION ET DU SOLEIL) par sylvietribut le 19-08-2015

La Philia du Lion

La Philia est un concept à associer avant tout au signe du Lion. Le Lion est le premier des signes sociaux et il représente l’excitation que l’on ressent en prenant conscience de l’existence d’autres personnes dans le monde. Le Bélier nous éveille à notre Moi personnel, le Lion à notre Moi social, le Sagittaire au Moi universel.

Le Bélier est le feu de l’enthousiasme que nous éprouvons en réalisant que nous existons et, chez le Lion, il est provoqué par la découverte de l’existence d’autrui. Or, cette prise de conscience ne peut intervenir en Lion que si nous avons accompli en Cancer le processus de rupture du cordon ombilical. Sinon, nous ne pouvons accéder à la Philia.

LA PHILIA DU LION

La Philia du Lion ou la prise en compte de l’autre

Sur le plan archétypique, le Lion est la joie et l’exaltation ressenties à l’idée que l’autre existe. Alors que l’Epithumia est associée au Taureau et à Vénus-Aphrodite, la Philia est une forme d’amour liée à Apollon, un amour solaire fondé sur la conscience. Ce n’est pas par hasard que nous associons le Lion au Soleil et le Soleil à la conscience de l’ego. Il est fort intéressant que le signe précédant le Lion soit le Cancer, régi par la Lune, qui représente la mère et le cordon ombilical que nous devons trancher pour accéder au Lion.

Il faut associer l’éveil de la conscience au Lion et au Soleil. Le Soleil nous donne la faculté de voir que nous sommes un individu séparé. Le symbole du Soleil, un point entouré d’un cercle, est celui de l’individualité : « Je suis une entité distincte ayant sa propre volonté et son propre avenir ». C’est le processus de rupture du cordon ombilical qui fait de chacun de nous une personne séparée, tout en nous faisant prendre conscience de la mort. Certains d’entre nous doivent attendre pour cela la mort de leurs propres parents qui survient souvent assez tard dans leur vie. Il est triste qu’il nous faille attendre si longtemps cette coupure qui ouvre la voie aux relations fondées sur la Philia.

LE ROI ARTHUR - CHARLES ERNEST BUTLER

Un héros de légende : le Roi Arthur – Charles Ernest Butler

Un des archétypes du Lion est le héros, celui qui cherche la vérité et vit des aventures l’amenant à se découvrir lui-même. Le voyage du héros mène à la connaissance de soi, mais on ne peut l’entreprendre, puisque le Lion suit le Cancer, tant qu’on n’a pas rompu le cordon ombilical qui nous empêche d’être une personne à part entière. C’est un thème que l’on retrouve dans de nombreuses légendes, comme celle de Perceval. Celui-ci a une mère possessive qui veut l’empêcher de suivre la voie du héros, de partir dans le monde affronter sa destinée. Elle ne veut pas qu’il coupe le cordon ombilical car il devra ensuite faire face au caractère inéluctable de la mort. Dans un certain sens sa mère lui dit : « Ne prends pas de risques, reste avec moi et tu seras immortel ».

Sur un autre plan, le Lion représente l’éveil du chakra du coeur. Le besoin de créer surgit du coeur et cet éveil est nécessaire pour inspirer notre créativité. La quête du bien, du vrai, du beau, est, elle aussi, reliée à l’instinct apollinien du Lion qui nous habite.

La Philia n’est pas un amour d’égal à égal, car il implique une différence entre celui qui aime et celui qui est aimé. Prenons l’exemple de la culture grecque où l’amour entre hommes était jugé naturel. Dans ce type de relation qui était courante dans l’aristocratie grecque, un jeune homme que l’on associait à l’Eromenos, devait prendre un amant plus âgé qui devenait l’Eratos.

APOLLON LE DIEU SOLAIRE ET SA COURONNE DE LAURIER

Apollon le héros solaire de la Grèce antique

Platon et Socrate croyaient tous deux qu’Eros était le meilleur des maîtres et ils l’entendaient sur un plan très littéral. Les professeurs de l’Angleterre victorienne s’empressèrent évidemment d’expurger les traductions des textes grecs et falsifièrent l’amour érotique en amour platonique, un type d’amour complètement asexué, la simple idée de relations érotiques entre hommes leur était insupportable et comme ils enseignaient à de jeunes garçons, introduire Eros entre les membres du même sexe leur paraissait devoir entraîner de redoutables conséquences.

Or, dans la Grèce antique, c’était souvent le père du jeune garçon qui se chargeait de choisir l’Eratos, l’amant le plus âgé qui allait éduquer son fis afin qu’il puisse trouver sa place dans le système politique de l’Etat. Cette relation était une étape naturelle vers l’âge adulte. Et quand l’Eromenos aurait lui-même pris de l’âge, il deviendrait un Eratos, un éveilleur, pour un être plus jeune que lui.

Chez les Grecs, cette forme d’initiation sociale était normalement réservée aux hommes, mais elle pouvait parfois se produire entre personnes des deux sexes. En fait, cette situation archétypique concerne également les relations entre homme et femme, comme on le voit dans les épopées romantiques du Moyen-Age où cette forme d’amour était censée être une source d’inspiration et d’éveil.

Ainsi, grâce à l’amour Philia, nous commençons progressivement à intérioriser ou réintégrer notre projection extérieure du héros – ou de l’héroïne – idéal(e) et, se faisant, nous avançons dans notre processus d’individuation. Cet éveil du Soi nous conduit naturellement à l’Eros, la forme d’amour suivante…

GLYPHE DU SOLEIL

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DANS L’HERBIER DU LION… LE BLE

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 18-08-2015

Une cérémonie des mystères d’Eleusis mettait en un parfait relief le symbolisme essentiel du blé. Au cours d’un drame mystique commémorant l’union de Déméter avec Jupiter, un grain de blé était présenté, comme une hostie dans l’ostensoir, et contemplé en silence. C’était la scène de l’époptie, ou de la contemplation. A travers ce grain de blé, les époptes honoraient Déméter, la déesse de la fécondité et l’initiatrice aux mystères de la vie. Cette contemplation muette évoquait la pérennité des saisons, le retour des moissons, l’alternance de la mort du grain et de sa résurrection en de multiples grains. Le culte de la déesse était la garantie de cette permanence cyclique ; d’ailleurs, le sein maternel et le sein de la terre ont été souvent comparés.

LE BLE - Planche botanique

Le blé – planche botanique

Rappelant la mort et la renaissance du grain, l’émouvante cérémonie de l’époptie a été rapprochée de l’évocation du Dieu mort et ressuscité, qui caractérisait les cultes à mystère de Dionysos. Mais cette interprétation n serait qu’une dérivée de la première. Elle rappellerait également que l’épi de blé était aussi un emblème d’Osiris, « symbole de sa mort et de sa résurrection ». Quant Saint Jean annonce la glorification de Jésus par sa mort, il ne recourt pas à un autre symbole que le grain de blé.

LE BLE

Blondeur des blés

Chez les Grecs et les Romains, les prêtres répandaient du blé ou de la farine sur la tête des victimes avant de les immoler. N’était-ce pas jeter sur elles la semence d’immortalité ou la promesse d’une résurrection ?

Le profond symbolisme du grain de blé s’enracine peut-être aussi dans un autre fait. L’origine du blé est parfaitement inconnue, comme celle de beaucoup de plantes cultivée, et en particulier de l’orge, du haricot et du maïs. On peut multiplier les espèces, en marier quelques-unes, en améliorer la qualité, on n’a pas réussi à créer du blé ou du maïs, ou l’une de ces plantes alimentaires de base. Elles apparaissent donc essentiellement dans les différentes civilisations, comme un présent des dieux, lié au don de la vie. Déméter donne l’orge et envoie Triptolème répandre le blé dans le monde ; Xochiquetzal apporte le maïs ; l’ancêtre  Forgeron des Dogons dérobe au ciel toutes les plantes cultivées, pour les offrir aux hommes, comme Prométhée leur donna le feu du ciel.

Le blé symbolise le don de la vie qui ne peut être qu’un don des Dieux, la nourriture essentielle et primordiale.

Wheat seed and flour in small burlap sack

Bibliographie

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

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AOUT… LE MOIS BENI… SOUS L’INFLUENCE DU DIEU LUG… DIEU SOLAIRE

(6.6.5 - LES MYTHES DU LION ET DU SOLEIL) par sylvietribut le 11-08-2015

Août, qui décante ce que les canicules de la fin juillet ont suffisamment cuit pour les biens des hommes et des bêtes, est toujours fêté. En Angleterre, le 1er août est fêté sous le nom de « Lammas Day », le jour des fruits.

L’importance du 1er août, qui marque un changement de « saison » remonte aux traditions anciennes des fêtes celtes de « Lugnasad » ou « assemblée du Lug », qui ne sont que partiellement connues. Le but des festivités, marquées par des jeux athlétiques et des joutes, à l’instar des jeux Olympiques, était d’honorer Lug, dieu solaire, réputé pour ses vertus, sa beauté et ses talents dans les arts et l’artisanat ; mais la fête honorait surtout Tailtui, sa mère nourricière et déesse-mère de l’Irlande.

LE DIEU LUG

Le dieu Lug dieu solaire – Sa fleur… le Tournesol

Les fêtes en l’honneur de Lug, en polarité avec celles d’Imbole, complètent le cycle naturel ; le 1er février, avec ses lustrations, montrer le chemin, la voie d’évolution qui n’atteint son point culminant que le 1er août où se parachève ce qui mûrissait le reste de l’année.

Les fêtes qui célébraient l’abondance et la prospérité étaient offertes par les rois aux trois classes qui constituaient la société celte : les druides, les guerriers et les agriculteurs ; une lourde punition, représenter l’archétype du mauvais souverain, « laid au physique et au moral », responsable des disettes et des catastrophes naturelles à venir, pesait sur le roi qui aurait manqué d’accomplir avec générosité les fêtes du 1er août. Délaissées, ces fêtes d’abondance se sont déplacées au milieu du mois où la fête de l’Assomption absorbe la majorité des prémices des récoltes et des réjouissances. Il n’y a qu’en Berry que reste vivace la fête de Saint-Pierre-aux-Liens qui reprend d’une certaine façon l’esprit des fêtes de Lug.

Dans les traditions populaires du Sud-est européen, le jour du 1er août marque au point de départ. Tôt le matin, le prêtre prononce des vœux en l’honneur de Saint Tryphon, patron de la vigne, dont la fête au début de février est celle des vignerons. Les paysans accourent se procurer de l’eau bénite, spécialement mise à leur disposition ce jour-là, pour asperger les bêtes, les champs, les granges et plus particulièrement le maïs qui arrive alors à maturité, le coton dont les fruits sont prêts à éclater et les ruches que les abeilles achèvent de remplir de miel en prévision de l’hiver. C’est ensuite que l’on coupe les premières grappes, lourdes de jus, parfumées à souhait, et qu’on les consomme en commun sur le parvis de l’église. A partir de cette date commence le « petit carême de la Vierge », soigneusement respecté jadis.

Pour toute l’Europe de l’Est commence, le 1er août, une période néfaste de six ou douze jours. On y évite tout contact avec l’eau, infestée de créatures féminines hostiles à l’homme, et on ne touche pas à la hache, de crainte de la rendre vengeresse. On conseille encore aux enfants d’éviter les carrefours parce que ce sont des lieux privilégiés de rencontre des « drimes », ces esprits errants, qui peuvent leur faire le plus grand mal. Mais, en apprivoisant le pouvoir néfaste de ces créatures, on fait d’elles de puissances de divination.

Ainsi, les douze premiers jours d’août servent de moyens de prédiction pour le temps de l’année à venir : le temps qu’il fait le 1er août correspond à celui du mois entier, le temps du 2 août à celui de septembre et ainsi de suite. A Chypre, on prononce de semblables oracles à l’aide de douze feuilles de figuier que l’on expose sur le toit des maisons, garnies d’un peu de seul : l’humidité rassemblée sur les feuilles sert de prédiction sur le temps de l’année suivante. Les bergers, eux, se fondaient sur le comportement de leurs chiens.

En Méditerranée orientale, le début d’août est le temps des vents annuels du nord dont la vigueur rend toujours la navigation périlleuse, ce que confirme un dicton : « Les drimes d’août sont sur les voiles comme celles de mars sur la coque du bateau ». Au cours de ces nuits venteuses, le ciel s’ouvre et Dieu se montre particulièrement attentif aux souhaits des hommes. Ainsi on jette du sable dans les maisons dans l’espoir que Dieu y répandra autant de biens que de grains de sable.

Mais août décide aussi de la santé : « Si tu veux connaître ta force, interroge l’août », explique la sagesse populaire qui établit le parallèle avec mars : « A partir d’août : l’hiver, et de mars : l’été », avec tous les troubles que provoquent les changements de saison.

Saint Jean-Baptiste, dont on commémore la Décollation le 29 du mois, a le pouvoir d’enrayer les fièvres paludéennes qui pendant des siècles accablèrent les populations, comme de les envoyer à ceux qui ne l’honoraient pas suffisamment. Les feux allumés en l’honneur de Saint Jean-Baptiste, de plus en plus importants au cours des deux jours suivant sa fête, représentaient la « fermeture » d’une année et le commencement, au 1er septembre, d’une nouvelle période agraire.

LAMMAS DAY

Bibliographie

Fêtes et croyances populaires en Europe – Yvonne de Sike – Bordas

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