LE SAGITTAIRE… CHEVAL TERRESTRE CONTRE ARCHER CELESTE

(6.6.9 - LES MYTHES DU SAGITTAIRE ET DE JUPITER) par sylvietribut le 26-11-2015

La dualité entre l’humain et l’animal subsiste à travers toutes les versions confirmant les contradictions qui habitent les natifs du Sagittaire. Le Centaure en est l’évident représentant. D’un côté un être primitif, violent et violeur, brutal, s’enivrant dès qu’il découvre le vin, jouisseur, incapable de se maîtriser lorsque la part instinctuelle de la « bête » est réveillée.

De l’autre côté, la tradition nous a légué quelques belles figures de Centaures nobles, sages et dignes, maîtrisant leurs instincts, détenant un savoir qu’ils transmettent sans se lasser, en excellent pédagogues qu’ils sont. C’est le cas de Chiron, l’homme à la main habile, fils de Cronos/Saturne et de Phylria, Centaure bienfaisant élevé par Artémis la Sagittaire, comme Homère la nommait, et par Apollon, son frère. Chiron est un maître, un guide, un enseignant hors pair et ses amis, ses élèves s’illustreront tous par des hauts faits ou des exploits, passés à la postérité : Les Dioscures Castor et Pollux, qui appartiennent en même temps au signe d’en face, les Gémeaux ; Achille, le bouillant, Héraclès/Hercule dont l’amitié fut fatale à Chiron ; et puis Jason et ses fidèles Argonautes, Ulysse le rusé, Nestor, Méléagre, Actéon, Amphiaraos le doublement maudit, Diomède et surtout Asclépios, dieu de la médecine qui apprit tout de lui.

LES DIOSCURES

Les Dioscures – Campidoglio – Rome

Lorsqu’on décrit les Centaures, on est frappé de voir à quel point cette double nature se retrouve dans le Maître du Sagittaire, Zeus/Jupiter lui-même, dieu ambivalent par excellence. Ou même Neptune/Poséidon, influent dans le signe, lui aussi de nature très ambiguë.

Pourtant, il semble que tout natif du Sagittaire doive respecter en lui sa part « cheval » et sa part « archer », ne jamais sacrifier l’un à l’autre, sous peine d’être coupé en deux : lamentable situation pour un Centaure. Même s’il ne lui est pas toujours facile d’assumer ses contradictions.

CHIRON ENSEIGNE A ACHILLE LE TIR A L'ARC - BRITISH MUSEUM

Chiron enseignant à Achille le tir à l’arc

Parmi les Centaures civilisés, poussant loin les vertus de l’hospitalité, citons le fils de Silène, ou Ixion, et d’une hamadryade. Pholos accueillit lui aussi Héraclès et cela lui coûta également la vie, pour une histoire de vin qu’Héraclès assoiffé veut boire. Une querelle naîtra qui opposera les Centaures attirés par l’odeur capiteuse de ce breuvage qu’apparemment ils supportent mal, à Héraclès qui fera d’eux un grand massacre. Pholos voudra enterrer ses frères, déplorant tant de morts, et en soulevant le corps de l’un d’eaux il se piquera à la ointe d’une des flèches empoisonnées d’Héraclès et mourra à son tour. Tout comme Chiron, blessé par mégarde par notre héros impulsif, au genou ou au pied, selon les versions. Comme il est immortel et souffre mille douleurs, il cédera son immortalité à Prométhée pour pouvoir, au royaume des ombres, connaître enfin le repos et mettre fin à ses tourments.

LES AMAZONES - PINACOTHEQUE DE MUNICK

Les Amazones – Pinacothèque de Munich

Chaque fois, Héraclès sera bouleversé, car se sont les êtres qu’il aime le plus qu’il envoie au trépas, et comme le destin ne manque pas d’ironie, ou qu’il est juste, c’est aussi à la femme qui l’aime le plus qu’il devra sa propre mort.

On dit encore que Chiron célébra dans sa grotte le mariage de Thétis et de Pelée, père d’Achille, auquel d’ailleurs il sauve la mise en plus d’une occasion. C’est souvent comme par hasard, à propos d’une chasse, que survient le drame. Et avec le Sagittaire, nous sommes bien au royaume des chasseurs archers.

LES CENTAURES - FRISES

Les Centaures

Bibliographie

Dieux et Héros du Zodiaque – Joëlle de Gravelaine – Robert Laffont Editeur

BOULES DE SAPIN DE NOELPour vos cadeaux de Noël, pour vos étrennes de Nouvel An, pour une fête, pour un anniversaire, ou tout simplement pour faire plaisir, pensez à offrir une consultation astrologique…

Sur mon site, au chapitre de mes chroniques, dans la rubrique « Cadeaux » vous trouverez les modalités d’organisation de cette consultation, ainsi qu’un exemple d’une carte-invitation.

 

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LE NEZ DE LA LUNE A SINTRA AU PORTUGAL

(6.3.2 - A l'étranger) par sylvietribut le 22-11-2015

Si vous avez envie d’un voyage insolite capable de vous plonger dans des lieux toujours imprégnés du culte lunaire, il en existe plusieurs sur notre bonne vieille terre. Cependant, Sintra et son « Monte da Luna », en terre de Lusitania, est un concentré entêtant de parfums antiques. Sur cette côte, torturée par les ressacs des conquêtes, souffle encore le vent d’un passé refoulé, mais toujours bien vivant. Phéniciens et cultes lunaires entremêlent leurs traces sur celles des Templiers, des Franciscains pénitents qui ont laissé un incroyable monastère troglodyte, et de francs-maçons férus d’occultisme, tel un rejeton de la troublante famille des Saxe-Cobourg. Et puis, on a découvert dernièrement dans le sous-sol de petites pièces représentant le croissant de lune.

Ce Monte da Luna est un mystère à lui seul. Les gens du coin racontent d’étranges histoires à son propos, entre deux bizarreries de leur montre ou de leur téléphone mobile. Ainsi peut-on lire sur un site touristique officiel les commentaires suivants : « De la magie irradie du Mont de Sintra et les habitants, depuis toujours, l’ont surnommé, Mont de la Lune, lui donnant, en quelque sorte, des pouvoirs astraux. Un magnétisme se fait sentir grâce aux énormes masses de fer existant dans l’intérieur de la montagne. Il est dit que l’on sent les montres s’arrêter, la voiture freiner à certains endroits et comme se sentir enlever vers le haut de la montagne. Il existe de vrais mystères au Mont de Sintra ».

SINTRA - MONT DE LA LUNE - PORTUGAL

Monte da Lua – Sintra – Portugal

Sintra, c’est au bout du monde connu, sur le dernier promontoire de la Serra de Sintra, dans le prolongement du massif montagneux de l’Estrela, c’est-à-dire le Massif de l’Etoile, à l’ouest du Portugal. Et quand vous saurez que Sintra c’est le Mont de la Lune, comme un hommage à l’astre de la nuit, vous comprendrez que c’est un de ces endroits pleins de magie et de mystère. C’est là que la nature et l’homme s’allient dans une symbiose si parfaite que l’Unesco a inscrit le lieu au patrimoine de l’humanité.

Sintra, c’est un petit bout de terre né d’un volcan qui n’a pas explosé mais dont la lave s’est refroidie laissant par endroit des amas rocheux de syénite, sorte de granit quartz. Cette mini cordillère se trouve à environ 20 km de Lisbonne. Elle s’étend sur près de 15 km de long et 5 km de large.

Le Prince Ferdinand de Saxe-Cobourg-Gotha, d’origine allemande, avait épousé la reine du Portugal, Marie II, en 1836. On le surnommait le roi-artiste. Il était tombé amoureux de ce lieu que les Romains appelaient le Mont de la Lune, ancien sanctuaire, où des sortes de druides faisaient des sacrifices en l’honneur de l’astre. Son château semble sorti d’un conte des Frères Grimm revisité par Walt Disney, bel exemple quand même d’une architecture romantique de la fin du XIXe siècle. Ce château abritait les amours de ce souverain avec celle qui allait devenir sa seconde épouse, après la mort de la Reine Maria. C’était une plébéienne, chanteuse d’opéra.

LES ROCHERS DE MONTE DA LUA - SINTRA

Les rochers du Mont de la Lune

Et puis, sur ce Mont de la Lune, on trouve d’étranges cavités dans lesquelles des boules de pierre attirent l’attention. Elles ont été posées là par l’érosion, mais ce serait, selon la tradition locale, des instruments d’astrologie utilisés par d’anciennes civilisations. Pourtant pour les habitants du lieu la montagne aurait une force d’attraction négative. Les forces telluriques seraient influencées par les esprits.

Ces mêmes forces occultes nourrissent les légendes. C’est l’histoire de la petite bergère muette qui retrouve sa voix grâce à une dame de lumière croisée sur la lande. Pour la remercier, les villageois lui construisirent une statue qu’ils déposèrent dans une chapelle dédiée à Saint Saturnin. Etrangement ou miraculeusement, la statue refusa cet emplacement et l’on dut construire une nouvelle chapelle.

Il y a peut-être une explication à ce refus de la dame de lumière d’habiter chez Saint Saturnin. Il faut savoir que Saturnin fut le premier évêque de Toulouse et Sintra est le seul endroit au Portugal où il est mentionné. Mais ce non de Saturnin n’est pas sans évoquer Saturne. Cette chapelle de Saint Saturnin était donc un culte ancien, celui de Saturne et il est probable que l’Eglise ait inventé cette histoire de bergère pour éloigner définitivement les gens de ce qu’elle assimilait au paganisme.

Cette montagne de Sintra semble avoir été préparée à accueillir tous les peuples préhistoriques, puis les Celtes, les Wisigoths, les Ibères et les Suèves. Plus tard, les Romains vinrent y commercer, les astronomes arabes y étudier, mais on y rencontra aussi des chevaliers mystiques ou romantiques. Tout ce petit monde hante peut-être encore le domaine de la Regaleira, haut lieu du romantisme portugais mais qui concentre aussi tout ce que le monde contient de mots en « isme » : ésotérisme, mysticisme, romantisme et même catholicisme. Les jardins sont comme inspirés d’ésotérisme et de franc-maçonnerie. Ici, presque tout est symbole.

Etrange jardin qui n’est qu’un enchevêtrement de plantes, de faux éboulis, d’amas de rochers apportés de la mer. Dissimulée entre deux rochers, une porte pivote sur elle-même grâce au mécanisme d’origine. A l’intérieur, une tour inversée attend le visiteur. Un escalier de neuf étages descend vers l’abîme et le fond est orné d’une étoile à huit branches et d’une croix des templiers. C’est aussi l’accès à des souterrains. L’un d’eux débouche sur un lac qu’on travers à gué à l’aide de sept pierres plates. Comment ne pas penser à un autre jardin tout aussi étrange, le Parc des Monstres, à Bomarzo, en Italie, dans la Tuscia , petite enclave étrusque au nord de Rome, près de la ville de Viterbo.

MERCURE - MONTE DE LUA - SINTRA

Hermès-Mercure – Jardin de Sintra

Ce jardin de Sintra est également truffé de symboles et de références à la mythologie. On reconnaît la statue de Hermès/Mercure, celle de Thot, celle de Pan ; des dragons-crocodiles sont les gardiens des portes de l’enfer, et puis on remarque une tour d’observation des astres. 

Autre symbole présente dans ce jardin du Mont de la Lune, un arbre symbole de vie et de mort, le Taxus bacatta, qui peut vivre 3 000 ans mais dont les graines sont toxiques. Aujourd’hui, on tire de cette variété d’if une substance, le texol, qui agit contre certains cancers. Tout pour séduire les apprentis alchimistes.

DRAPEAU ET BLASON DU PORTUGAL

Drapeau et Blason du Portugal

Bibliographie

Tous les mystères de la Lune – Odile Alleguede – Editions Trajectoire

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LES QUATRE FORMES DE L’AMOUR… L’EROS DU SCORPION

(01- LA NEWS DU MOIS, 6.6.8 - LES MYTHES DU SCORPION ET DE PLUTON) par sylvietribut le 19-11-2015

L’Eros intervient lorsque deux ou plusieurs entités séparées s’associent de telle manière qu’elles sont totalement transformées par l’expérience. Nous avons terriblement déformé le sens du merveilleux mot « érotique ». Nous croyons qu’érotique veut dire « sexuel », alors que sa signification est beaucoup plus large.

L’Eros est associé au Scorpion et à Pluton, à la qualité « Eau » de l’amour, d’un amour qui implique de souffrir. L’Eros est le désir d’unir notre âme à celle d’une autre personne. Sur le plan archétypique, l’Epithumia du Taureau s’intéresse expressément à la fusion des corps tandis que l’amour érotique du Scorpion veut unir les âmes et les psychés, et c’est ce qui le rend si douloureux.

EROS ET PSYCHE - GIUSEPPE MARIA CRESPI - XVIIIe SIECLE

Eros et Psyché – Giuseppe Maria Crespi – XVIIIe siècle

L’Eros est un amour qui implique la souffrance. Il y a en lui quelque chose de douloureux puisque le moment de l’extase, cet instant de fusion psychique, ne peut durer éternellement. C’est pourquoi les Français appellent l’orgasme « la petite mort ». Nous avons de même le concept de la dépression « post coïtum » qui survient lorsque nous ressentons à nouveau la séparation après avoir connu un intense sentiment d’intimité. Nous aimerions vivre dans l’extase perpétuelle de l’union avec une autre personne, mais l’Eros est la forme d’amour qui suppose de mordre dans la pomme, exactement comme Eve qui a ensuite été chassée du paradis.

L’histoire de Perséphone évoque une idée similaire : dans le royaume de l’ombre, ella a mordu dans une grenade, ce qui lui interdit de retourner définitivement sur terre. La pomme de la Bible et la grenade de la mythologie sont certainement apparentées, car il n’y a pas de pommiers dans la région du monde d’où provient l’histoire du jardin d’Eden, et le fruit dans lequel a mordu Eve était sans doute en fait une grenade. C’est un fruit très intéressant parce qu’il saigne quand on l’ouvre, ce qui évoque la rupture de l’hymen et la perte de la virginité.

PERSEPHONE ET LA GRENADE

Perséphone et la Grenade – Rossetti

Dans le cas de Perséphone, cette rupture est celle de son lien avec sa mère Déméter et, dans un sens, elle évoque la coupure du cordon ombilical. Eve, de son côté, désobéit à Dieu et suit le conseil du serpent, l’un des visages de Lucifer, lorsqu’elle mange la pomme. Manger la pomme, c’est donc en quelque sorte couper le cordon ombilical avec son père et épouser Adam. Elle n’est plus simplement l’enfant de Dieu, elle est maintenant la femme d’Adam. Et après cet épisode, Adam et Eve doivent quitter le paradis, exactement comme un homme et une femme qui se marient doivent quitter le domicile de leurs parents pour fonder ensemble un nouveau foyer.

Dans le mythe de Déméter et de Perséphone, Déméter était une déesse qui ne s’intéressait pas particulièrement aux hommes. La plupart des récits la concernant ne lui attribuent qu’une seule relation – selon certains, avec Zeus, selon d’autres, avec Poséidon. Toujours est-il qu’elle a donné naissance à Korè, ce qui en grec veut dire « vierge » et elles vivaient ensemble dans le monde paradisiaque des premiers âges. Déméter, Cérès dans la mythologie romaine,  était une déesse de la Terre, une mère-terre primitive responsable des récoltes et de tout ce qui poussait sur la surface du globe. Or, un jour, Korè va se promener et cueille des fleurs dans un champ. Ce sont des narcisses. Korè vivait avec sa mère dans une sorte d’union narcissique et dès qu’elle cueille le narcisse, ce monde ouroborique est détruit. Cette fleur avait été plantée par Aphrodite/Vénus qui, comme Pluton, ne pouvait supporter que le lien parental interfère avec la croissance de l’enfant et l’empêche de devenir une personne à part entière et de s’unir avec un autre être que ses parents. Aux yeux d’Aphrodite et de Pluton, l’intimité prolongée de Déméter et de Korè était anormale et malsaine. Dès que Korè cueille le narcisse, la terre s’entrouvre et Pluton surgit pour l’enlever, entraînant la jeune fille, malgré ses hurlements et ses protestations, dans son monde souterrain où il la viole.

Déméter connaît alors une terrible période de dépression et de deuil, ce qui est le cas de toute mère encore attachée par le cordon ombilical à son enfant qu’elle doit laisser partir. Pour essayer de retrouver Korè, Déméter décide de recourir au chantage : tant que sa fille ne reviendra pas, la surface de la terre restera stérile et le monde connaîtra une terrible famine.

ENLEVEMENT DE PERSEPHONE PAR PLUTON -

Enlèvement de Perséphone par Pluton – Joseph Heintz del Altere – Bâle – 1595

Les dieux sont bouleversés. Ce n’est pas qu’ils aiment les hommes au point de ne pas supporter de les voir souffrir, mais si ceux-ci ne peuvent se nourrir, il ne restera plus de mortels pour les vénérer. Ils vont se plaindre à Zeus/Jupiter, le père des dieux, et lui demandent instamment de prendre l’affaire en mains. Zeus finit par intervenir et demande à Pluton de rendre, à Déméter, sa fille Korè, qui est désormais rebaptisée Perséphone, qu’on peut traduire par « celle qui aime l’obscurité » ou « celle qui détruit la lumière ». Mais comme elle a mangé six graines de grenade lorsqu’elle était dans le monde souterrain, elle est officiellement mariée et ne peut quitter définitivement le royaume des morts. Pluton et Déméter parviennent à un compromis selon lequel Perséphone, reine du monde souterrain, vit avec Pluton six mois par an et peut retourner chez sa mère pendant les six autres mois. Ainsi, lorsque Perséphone retrouvait sa mère, au printemps et en été, les cultures prospéraient ; puis elle redescendait dans le royaume de l’ombre, Déméter reprenait le deuil et aucune semence ne germait, pendant l’automne et l’hiver.

C’est une histoire merveilleuse qui ne décrit pas seulement un phénomène naturel, mais aussi un processus archétypique de croissance et d’évolution, correspondant au dévelopement de la conscience de soi. Elle assimile l’ouverture de la grenade à l’ouverture de l’hymen et, de fait, dans de nombreux rituels de mariage, on inspecte le lit après la nuit de noces pour y voir le sang indiquant que la mariage a bien été consommé. Ce n’est pas l’anneau nuptial et le « oui » qui unissent un homme et une femme, c’est la rupture de l’hymen.

L’Eros s’accompagne d’une sentiment d’extase de nature presque religieuse. Les mystères grecs d’Eleusis avaient une dimension plutonienne Scorpion, très proche de l’Eros, et le mystère du rituel chrétien évoque l’union avec le bien-aimé. Pluton, le Scorpion et l’Eros, ont quelque chose de dévoreur. Pluton apparaît sous les traits du violeur, du séducteur ; il est celui qui nous arrache d’un paradis, l’unité ouroborique avec nos parents, où nous ne pourrons jamais retourner. L’Eros est une initiation : c’est cette expérience qui nous fait passer de l’enfance à l’âge adulte. Les rites et les rituels qui lui sont associés sont pour la plupart fondés sur la souffrance.

CONSTELLATION TAUREAUCONSTELLATION DU SCORPION 1

Constellations Taureau-Scorpion

La civilisation occidentale est aussi anti-érotique qu’elle est anti-epithumia. L’axe Taureau-Scorpion est la zone du thème la plus puissante sur le plan psychologique, la plus dangereuse et généralement la moins bien intégrée. Il en est de même pour Vénus, la planète-maîtresse du Taureau, et pour Pluton, le Maître du Scorpion. Notre éducation nous a le plus souvent appris à nier, refouler ou rejeter ces énergies, ou à les compenser de manière indirecte. Il faut regarder quelles sont les Maisons qui dans notre thème ont leur cuspide en Taureau ou en Scorpion pour repérer les planètes situées dans ces signes et d’examiner les positions de Vénus et de Pluton en signes et en Maisons ainsi que leurs aspects. Pluton est la planète associée à l’Eros, et si vous n’ouvrez pas votre âme à cette énergie extatique, en vivant une relation où la fusion évoque une sorte de mort, il va opérer inconsciemment, de façon invisible. Lorsqu’il est refoulé, il vous entraîne, vous et toute planète qu’il aspecte, dans le monde souterrain, et c’est pourquoi nombre de gens traversent la vie tels de véritables zombies. Avez-vous remarqué comme certaines personnes, qui ont pourtant des thèmes excitants, mènent une vie sans aucun intérêt ?

Coupées de leur Eros, elles semblent éteintes, et rien ne paraît pouvoir se déclencher en elles. Vous leur demandez ce qui se passe dans leur vie et elles se contentent de vous dire que tout va bien. Vous les questionnez sur leurs relations et elles vous marmonnent que les choses sont également normales de ce côté-là. Vous les interrogez sur leurs parents et elles vous répondent qu’elles ont toujours eu de très bons rapports avec eux, sans aucun problème. Vous leur demandez ce qu’elles veulent dans la vie et elles vous déclarent qu’elles ne le savent pas vraiment. Ces personnes donnent l’impression que Pluton s’est emparé de leur âme et l’a reléguée dans le monde souterrain. Et elles ne pourront la récupérer sans connaître une profonde souffrance car, comme le disait Jung, nous ne pouvons changer tant que nous n’avons pas suffisamment souffert.

Eros nous demande d’accepter que l’amour implique la souffrance, que l’amour nous demande de lâcher notre Moi et de mourir en tant que « je » pour fusionner notre âme avec autre chose que soi. Nous vivons alors une sorte de renaissance, dans laquelle Jung voyait une « seconde naissance ».

DIONYSOS -BACCHUS - LE DIEU DU VIN ET DE LA VIGNE

Dionysos/Bacchus

Les rites religieux et les rites d’initiation, anciens et actuels, ont été conçus pour nous aider à accomplir le processus de mort et de renaissance associé à Eros. Dans certaines versions du mythe, Dionysos/Bacchus était censé être le fruit de l’union de Pluton et de Perséphone. Dionysos est une figure christique, une sorte de proto-Christ qui, lui aussi, est descendu dans les profondeurs de la mort pour renaître et sauver l’humanité. Or, le sacrifice et la mort de Jésus sur la croix, Dieu donnant son fils unique qui doit souffrir et mourir pour le bien de l’humanité, n’est pas appelé l’Epithumia du Christ, ni la philia du Christ, mais la Passion du Christ. Autrement dit, la mort et la résurrection de Jésus sont un acte symbolique lié à l’Eros : Dieu coupe le cordon ombilical avec son fils en l’offrant au monde.

Quelle est la différence entre l’amour du Taureau et celui du Scorpion ?

Sur le plan archétypique, pour le Taureau, l’autre n’existe pas ; il est un objet qu’il assimile au plaisir. Le Taureau est un signe personnel qui ne peut encore différencier le soi du non-soi. Il cherche uniquement sa propre jouissance et les autres sont là pour l’aider dans cette quête. Le point de vue du Scorpion est très différent parce qu’il a accompli le processus de différenciation et peut voir l’autre comme une personne à part entière. Le plaisir du Scorpion n’est pas simplement celui qu’il ressent. La relation érotique implique de donner du plaisir à autrui et le Scorpion trouve son inspiration en stimulant son partenaire.

Compassion et terreur : tel est le pouvoir d’Eros à son plus haut niveau. C’est l’intimité qui porte un coup fatal à Eros, car Eros a besoin de mystère, d’inconnu. Eros est le dieu du monde souterrain qui réside dans le royaume de l’invisible. Ce n’est que par l’obscurité, par l’ambiguïté, par la plongée dans l’inconnu, que l‘érotisme peut survenir. Il faudrait s’efforcer de garder un jardin secret dans son mariage, ce qui est plus facile à dire qu’à faire. Les relations plutoniennes de type érotique ont quelque chose de fondamentalement tragique, pour la simple raison qu’il est impossible de vivre dans une extase perpétuelle. Voilà pourquoi Roméo et Juliette ne pouvaient que mourir jeunes. Eros implique toujours la mort et cette souffrance est inhérente à la relation érotique.

COEUR BRISE PAR LA FLECHE D'EROS

Coeur transpercé par la flèche d’Eros

Celui qui veut accompagner autrui dans ces régions obscures doit avoir connu le déchirement de l’amour tel que nous l’enseigne Eros. Quel est le symbole de l’amour ? C’est un coeur brisé, le coeur transpercé par la flèche d’Eros.

On pourrait appeler l’axe Taureau-Scorpion « l’axe de l’obscurité », et il est très difficile de l’intégrer dans notre vie de manière positive. Toutes sortes de problèmes et de dangers surgissent lorsque nous nous efforçons de trouver les quatre niveaux de l’amour dans une même relation. Certains se marient parce qu’ils ont terriblement besoin de toucher et d’être touché par autrui et leur mariage se fonde sur l’Epithumia.

Eros

Eros/Cupidon

Bibliographie 

A travers le miroir  – Richard Ideman –  Editions du Rocher

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DANS L’HERBIER DU SCORPION… LA RONCE

(6.6.8 - LES MYTHES DU SCORPION ET DE PLUTON) par sylvietribut le 07-11-2015

Son nom latin est « Rubus fructicosus », mais elle est surtout connue sous le nom de « Mûrier des haies », mais aussi « Mûrier sauvage », « Ronce noire », « Roumi » et même « Catimuron ».

La ronce est un exemple supplémentaire de la sagesse de la nature et de l’harmonie de la création : ses feuilles fraîches, écrasées entre les doigts et frottées sur la peau, arrêtent immédiatement le saignement des égratignures que peuvent faire ses épines.

Elle pousse en abondance dans les bois et les forestiers l’ont surnommée « la mère du chêne » car cet arbre ne pousse vraiment bien quand il est jeune que sous le couvert et l’abri que la ronce donne.

RONCIER

Roncier

C’est avant tout une plante bienfaitrice pour nos muqueuses, tant par ses feuilles à trois ou cinq folioles, dotées d’aiguillons crochus, comme ses longues tiges souples, que par ses fruits appétissants et noirs bien connus des enfants, les mûres.

Les feuilles séchées et les jeunes pousses fermentées sont utilisées en tisanes pour leurs propriétés astringentes. Elles apportent du tanin et de la vitamine C. Les jeunes pousses, les bourgeons, « feuilles » de printemps, sont utilisées en gemmothérapie, médecine non conventionnelle.

Pline vantait déjà ses effets sur les inflammations de l’intestin et de la bouche, remarquant que la nature ne l’avait pas seulement « créée pour nuire à l’homme » et Sainte Hildegarde la conseillait contre « les hémorragies du fondement ». Voilà bien qui nous ramène au Scorpion.

LA RONCE - PLANCHE BOTANIQUE

La ronce – Planche botanique

Quant aux savants d’aujourd’hui, ils ont découvert avec émerveillement qu’on pouvait cultiver la ronce dans un tube à essai, un minuscule fragment de 80 milligrammes, placé sur de la gélose nutritive, arrive, au bout de sept à huit mois, à mesurer 5 à 6 cm et à peser une dizaine de grammes, et que le jus de ronce est capable de stimuler la culture d’autres tissus végétaux.

Il n’est pas exclu que cette extraordinaire « puissance vitale », bien Scorpion, récemment mise en évidence ait aussi sa part dans la triple action : astringente, tonique et… reconstituante. Ce qu’elle exerce sur les muqueuses, soit en décoction, soit sous forme de confiture, sirop ou teinture.

La ronce est originaire d’Eurasie. Elle s’est acclimatée un peu partout. Elle est souvent considérée comme plante envahissante. Cependant, on utilise l’écorce pour faire des éclisses pour la vannerie.

Cet arbuste de la famille des rosacées est représenté au Monastère Sainte-Catherine du Sinaï comme étant le « Buisson ardent » de la Bible, une ronce commune.

MOISE DEVANT LE BUISSON ARDENT

Moïse devant le buisson ardent – Monastère Sainte Catherine du Sinaï

Bibliographie

Nos Grand-mères savaient – La Vérité sur les plantes et la vie naturelle – Jean Palaiseul – Editions Robert Laffont

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DANS LE MONDE DU SCORPION… LES VIERGES NOIRES

(6.6.8 - LES MYTHES DU SCORPION ET DE PLUTON) par sylvietribut le 05-11-2015

Les Vierges Noires sont, sans doute, l’écho le plus fidèle et le plus poignant des anciens cultes lunaires qui ont survécu jusqu’à nous. Elles nous parlent d’un temps où le « noir » n’avait pas valeur de mort, mais de résurrection, et où une « vierge » n’était pas une femme « non touchée », mais une femme célibataire, « non liée » à un homme, sinon par son cœur. On les trouve toujours fidèlement situées sur d’anciens sites initiatiques au « carrefour » des pèlerins. Ainsi la Vierge Noire de Rocamadour, dans le Lot, qui offre à voir sa belle figure maure au visiteur, et ce depuis des lunes… Ou celle du Mont Saint-Michel, dite « Vierge aux Cierges », qui se dressait jadis dans l’abbaye, avant que les moines ne la récuse, on ne sait où.

LA VIERGE NOIRE DE ROCAMADOUR

La Vierge Noire de Rocamadour

Qu’importe ! En sa superbe indifférence, la Vierge Noire règne sur les cryptes, les souterrains, tout endroit que le Soleil ne visite pas, ce monde sous terre du Scorpion. Sa nature lunaire la destine au monde chtonien, bien avant celui des anges.

La Déméter noire de Phigalie, la Kâli dravidienne, Marie l’Egyptienne, ou Sarah la Noire, patronne des gitans, toutes filles de la nuit, de l’obscure, des profondeurs insondables, de la terre des mystères, qu’elles foulent pieds nus, toutes filles de la Lune, leur mère.

Les hommes, effrayés parce qu’on craint ce qu’on ne comprend pas, prirent ombrage de la Grande Courtisane. Mais, comme pris de culpabilité, ils gardèrent son souvenir vivace, en la Vierge des Chrétiens. En créant un visage de femme « pur et sans tache », un visage de mère rassurante parce qu’intouchable, ils la « blanchirent », éloignant du même coup la tentation, et se condamnant à reculer face « au grand coureur blanc », comme on appelle la Lune.

Pourtant qu’on ne s’y trompe pas, Marie « la Vierge » est bel est bien descendante d’Ishtar, reine de la nuit. Elle est bien cette bête babylonienne, qui se donne selon sa fantaisie, et reste cependant éternellement vierge puisque, comme la Grande Lune, elle ne montre que son reflet.

Sara-la-kali-ou-Sara-la-noire

Sara la Kali ou Sara la Noire vénérée par les Gitans et les Roms

Dans l’iconographie du Moyen Age européen, les Vierges Noires sont aussi des effigies féminines représentant la Vierge Marie, cependant certaines d’entre elles représentent également Sara la Noire ou Sainte Anne. Elles tirent leur nom de leur couleur sombre, souvent limitée au visage et aux mains. La plupart d’entre elles sont des sculptures produites entre le XIe et le XVe siècle, mais parfois aussi des icônes de style byzantin des XIIe et XIVe siècles. Bon nombre d’entre elles représentent des Vierges à l’enfant. La majorité des 450 à 500 recensées se rencontre dans le bassin méditerranéen occidental, domaine de l’art roman, avec une concentration importante dans le sud de la France où on en compte 180. La Vierge Noire de Czestochowa est, par sa localisation, un exemple atypique. Bien que des musées en conservent, la plupart des Vierges Noires sont placées dans des églises et certaines suscitent des pèlerinages importants.

A côté des Vierges, il existe en France une autre sainte noire, Sainte Sarah, patronne des Gitans, Roms, chez qui elle est connue comme Sara e Kali, c’est-à-dire Sarah la noire. On trouve sa statue dans la crypte de l’Eglise des Saintes-Maries-de-la-Mer dans les Bouches-du-Rhône. Gitans et Roms appartiennent au monde du Scorpion.

On trouve des Vierges Noires dans les régions du monde où vivent des populations à peau sombre, bien que leur couleur ait alors une signification clairement différente de cette des Vierges européennes.

Selon l’Eglise catholique, il n’existe aucun fondement théologique à la couleur de ces Vierges. On a voulu l’expliquer après coup par un passage du Cantique des Cantiques : « Nigra sum, sed formosa » : « Je suis noire mais belle ».

Une des suppositions avancée jusqu’au milieu du XXe siècle était, pour les statues, le choix du matériau (ébène, acajou), mais les sculpteurs du Moyen Age n’utilisaient que du bois local, tel le noyer, le chêne, le tilleul, arbres fruitier… car facile à obtenir et plus facile à travailler. D’autres évoquaient la possibilité de dépôts de suie provenant des bougies votives, mais alors le noir ne se serait pas uniquement concentré sur les visages et les mains. Dans le cas des icônes, le noircissement serait dû à une altération des pigments, hypothèse qui ne fait pas l’unanimité.

L’explication pour les vierges romanes tient au fait que les pigments à base de plomb utilisés pour les carnations se sont oxydées avec le temps et ont noirci : le « blanc de plomb » se transforme en plattnérite noire, d’ailleurs on retrouve systématiquement la polychromie claire d’origine sous la couche noire. L’enfant Jésus est lui aussi noir car les pigments utilisés pour les carnations sont les mêmes. On retrouve d’autres statues de la même époque et qui ne représentent pas la Vierge Marie dont les carnations sont noires. Pourtant même si leur couleur ne provient pas à l’origine d’un choix délibéré, elle est devenue l’élément important de leur identité, comme en témoignent les allusions au Cantique des Cantiques mentionnées plus haut, et le fait que certaines aient été délibérément repeintes en noir sur leur totalité, comme la Vierge Notre-Dame de Moulins, lors de tentatives de restauration ou aient inspiré d’autres œuvres qui ont repris la couleur. C’est à partir du XVIIe siècle que certains sculpteurs produisent des vierges d’emblée noires.

LA DEESSE ISIS

La déesse Isis

Les Vierges noires ont été assimilées aux déesses mères ou à Isis, divinités également noires, à une époque où la religion comparée tentait ‘établir des liens entre toutes les religions.

Comment ne pas évoquer la Vierge Noire de la Cathédrale de Chartres : la Vierge Noire est la Vierge-de-sous-Terre, dans la crypte, détruite en 1793. La piété attribue alors à une autre Vierge du XVIe siècle, appelée Notre-Dame-du-Pilier, ses caractéristiques, et en particulier la couleur noire des carnations, qui lui est attribuée lors d’une restauration du XIXe siècle. Une nouvelle restauration au début du XXIe siècle rend à Notre-Dame-du-Pilier sa polychromie originelle.

C’est Camille Flammarion qui parle d’une statue analogue qu’il vit dans les caves de l’Observatoire, à Paris, le 24 septembre 1871, deux siècles après la première observation thermométrique qui y fut faite en 1671. Il écrivit : « Le colossal édifice de Louis XIV qui élève la balustrade de sa terrasse à vingt-huit mètres au-dessus du sol, descend au-dessous en des fondations qui ont la même profondeur : vingt-huit mètres. A l’angle de l’une des galeries souterraines, on remarque une statuette de la Vierge, placée là cette même année 1671, et que des vers gravés à ses pieds invoquent sous le nom de Nostre-Dame-de-dessous-terre ».

LA VIERGE NOIRE DE CHARTRES

La Vierge Noire de la Cathédrale de Chartres

Cette Vierge parisienne, peu connue, paraît être une réplique de celle de Chartres, la Dame souterraine. En 1705, l’urbaniste français De Lamare dressa le plan de la ville de Paris et y mentionna des temples d’Isis en lieu et place de l’Abbaye de Saint-Germain-des-Prés et de la cathédrale Notre-Dame. Ce fait avait été mis en lumière par le Père Jean du Breuil qui, dans son ouvrage « Théâtres des Antiquités de Paris » publié en 1639 disait ceci : « Au lieu où le roi Childebert fit construire à l’église de Saint-Vincent, à présent dite de Saint-Germain-des-Prés et à laquelle il donna son fief d’Issy, la commune opinion est qu’il y avait un temple d’Isis, femme d’Osiris ».

Bien plus tard, c’est Henri Vincenot (1912-1985), écrivain, peintre et sculpteur français, qui dans son ouvrage « Les Etoiles de Compostelle » voit la « Vouivre » comme un immense souterrain qui correspond au courant tellurique terrestre. Selon lui, les Vierges Noires étaient vénérées comme des symboles astronomiques de ces courants d’énergie souterrains. Les lieux où l’on adorait les Vierges Noires n’étaient pas choisis au hasard. Aux yeux des Celtes, la Terre était un organisme vivant, la Grande Mère, d’où procédait toute vie. Comme un corps, la Terre était nourrie par tout un réseau d’artères cachées sous sa surface. Le réseau terrestre était parcouru par une énergie impalpable. Cette énergie et les courants qui  avaient un nom : c’était la Wouivre, le « serpent ».

Quant à Apulée dans « Métamorphoses XI », il ne dit pas autre chose : « Je suis La Nature, mère des choses, maîtresse de tous les éléments, origine et principe des siècles, divinité suprême, reine des Mânes, première entre les habitants du ciel, type uniforme des Dieux et des Déesses. C’et moi dont la volonté gouverne les voûtes lumineuses du ciel, les souffles salubres de l’océan, le silence lugubre des enfers. Puissance unique, je suis par l’univers entier adorée sous plusieurs formes, avec des cérémonies divers, avec mille noms différents. Les Phrygiens, premiers nés sur terre, m’appellent la déesse-mère de Pessinonte ; les Athéniens autochtones me nomment Minerve la Cécropienne ; chez les habitants de l’île de Chypre, je suis Vénus de Paphos ; chez les Crétois, les armés de l’arc, je suis Diane Dictynna ; chez les Siciliens qui parlent trois langues, Proserpine la Strygienne ; chez les habitants d’Eleusis, l’antique Cérès. Les uns m’appelent Junon, d’autres Bellone ; ceux-ci Hécate, ceux-là la déesse Ramonte. Mais ceux qui, les premiers, sont éclairés par les rayons du soleil naissant, les peuples d’Ethiopie, de l’Asie et les Egyptiens, puissants par leur antique savoir, ceux-là me rendent mon véritable culte et m’appellent de mon vrai nom : la Reine Isis ».

Si Apulée n’avait pas vécu au IIe siècle avant notre ère, il aurait sans doute rajouté « et les Chrétiens me nomment la Vierge Marie ».

VIERGE NOIRE DU PUY-EN-VELAY

Vierge Noire du Puy-en-Velay

De tous temps, les Vierges Noires ont fait l’objet d’une dévotion particulière car on leur prêtait des pouvoirs miraculeux. Leurs statues sont devenues des objets de légendes, transmises de siècles en siècles par la tradition orale car elles sont le symbole de la fécondité, source de vie humaine, de fertilité de la terre, et leur couleur noire n’a cessé d’intriguer bien des gens.

On trouve des Vierges Noires dans toute la chrétienté d’Occident, sauf dans les pays de tradition orientale de l’icône, ainsi qu’en Europe de l’Est. Des sanctuaires renommés leur sont dédiés : Montserrat en Catalogne, Aparecida au Brésil, Tarragone en Espagne… La Vierge Noire est particulièrement présente en France. Son culte est particulièrement attesté dans le Massif Central et particulièrement en Auvergne.

VIERGE NOIRE

La Vierge Noire de Montserrat en Catalogne

Bibliographie

Tous les Mystères de la Lune – Odile Alleguede – Editions Trajectoire

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