LES DEUX EQUINOXES : PORTES DE L’ANNEE

(6.4 - L'Astrologie dans l'Histoire) par sylvietribut le 07-04-2017

Les traditions et contes populaires considèrent qu’il existerait deux « portes du temps » au cours de l’année calendaire. C’est le moment où les deux mondes peuvent s’interpénétrer. La tradition celtique, toujours vivace dans les conceptions populaires, envisage de tels passages possibles à deux dates différentes, décalées de 38 jours de calendrier par rapport à nos actuelles dates d‘équinoxes : à Beltaine (*), le 1er mai et le 1er novembre.

Le 1er novembre, Samain celtique et Toussaint chrétienne, où l’on fête un peu abusivement les morts, sortir la nuit peut être très dangereux, puisqu’on risque de rencontrer la charrette de morts, soit de vivre une danse  macabre dans un cimetière, soit de se faire emporter par la Mesnie Hellequin ou la Chasse du roi Arthur, selon les régions. C’est que le Passeur fait alors le tour du domaine d’En-deçà pour réunir les âmes des morts de l’année et les faire passer ailleurs, éventuellement les embarquer pour les îles Bienheureuses d’où on ne revient pas.

EPONA SUR SON CHEVAL

La Déesse Epona – Musée de Nancy

Pour ce qui est des croyances liées à l’équinoxe de printemps, elles sont également fort nombreuses et capitales pour notre imaginaire collectif : c’est le temps de la quête amoureuse, par un jeune homme, de la Vierge toute belle ; les Celtes y voyait la venue sur terre, l’incarnation d’un fils d’Epona, la déesse Cheval ; le mythe chrétien place à cette date l’incarnation du Christ, en même temps que sa mort après la Passion et sa Descente aux enfers, libératoire des morts indûment retenus prisonniers dans l’Au-delà. Ces croyances semblent liées au troisième royaume dont il fut déjà question : il est situé entre les deux autres et leur sert de frontière normalement imperméable.

Et, dans chaque mythe, le rite de franchissement de la frontière est l’essentiel de la trame culturelle. Parce que, « un jour », des divinités ont traversé la frontière entre En-deçà et Au-delà, sont de descendues sur terre et remontées au ciel, il y a des carnavals et il y a des Pâques.  

EQUINOXES ET SOLSTICES

Equinoxes et Solstices

Etymologiquement, le terme « équinoxe » provient du latin « aequinoctium », de « aequus » qui signifie « égal » et « nox », « nuit ». Ceci parce qu’à l’équinoxe jour et nuit ont une durée identique. On appelle « équinoxe de printemps » ou « point vernal » l’équinoxe de mars dans l’hémisphère nord et l’équinoxe de septembre dans l’hémisphère sud. On appelle « équinoxe d’automne » celui de septembre dans l’hémisphère nord et de mars dans l’hémisphère sud.

Un équinoxe est un instant de l’année où le plan équatorial terrestre traverse le Soleil ; changeant d’hémisphère céleste. Ce jour-là, le Soleil est exactement au zénith sur l’équateur terrestre. La ligne d’équinoxe ou ligne équinoxiale est la droite d’intersection du plan de l’écliptique, qui est celui de l’orbite de la Terre, avec le plan de l’équateur céleste, qui est celui de l’équateur terrestre. Elle est perpendiculaire à la ligne des solstices ou ligne solsticiale. Un équinoxe ou point équinoxial est un des deux points d’intersection de la ligne des équinoxes avec la sphère céleste. Une année connaît deux équinoxes ou points équinoxiaux : le premier entre le 19 et le 21 mars ; le second, entre les 22 et 23 septembre. Par extension, on appelle « équinoxes » les jours de l’année pendant lesquels se produisent ces passages au zénith. Les dates des équinoxes sont liées par convention à celles du début du printemps et de l’automne.

CALENDRIER CELTE

Calendrier celte

L’équinoxe, particulièrement celui de printemps, est une date de référence pour de nombreux calendriers :

– Dans le calendrier persan, le « nouvel an », Norouz, le nouveau jour, coïncide avec l’équinoxe de mars.

– Le calendrier badï débute également lors de l’équinoxe de mars.

– Le calendrier liturgique romain calcule Pâques comme le premier dimanche suivant la première Pleine Lune de comput suivant l’équinoxe de mars. L’Eglise utilise le 21 mars comme référence pour cet équinoxe. Cependant, l’Eglise catholique romaine utilisant le calendrier grégorien et la plupart des Eglises orthodoxes le calendrier julien, la date précise de Pâques diffère.

– La Pâque juive a généralement lieu lors de la première Pleine Lune suivant l’équinoxe de printemps dans l’hémisphère nord ; quatre ou cinq fois tous les 19 ans, elle a lieu lors de la deuxième Pleine Lune.

– Dans les calendriers est-asiatiques traditionnels : chinois, coréen, vietnamien, etc…, l’équinoxe vernal et l’équinoxe automnal marquent le milieu du printemps et de l’automne. La fête de mi-automne est célébrée le 15e jour du 8e mois lunaire et est un jour de fête officiel dans plusieurs pays d’Asie.

– Au Japon, l’équinoxe vernal est une fête officielle, le « Shunbun no hi », littéralement « jour de l’équinoxe vernal ». L’équinoxe de septembre et le « Shùbun no hi », littéralement « jour de l’équinoxe automnal ».

– Le nouvel an tamoul et le nouvel an bengali suivent le zodiaque hindou et sont célébrés lors de l’équinoxe vernal sidéral (le 14 avril). Le premier est fêté dans le Tamil Nadu, le deuxième dans le Bengale-Occidental.

– Les habitants de l’Andhra Pradesh, du Karnataka et du Maharastra célèbrent l’ugadi, fixé par les Satavahana au premier matin suivant la première Nouvelle Lune après l’équinoxe de mars.

– Au Mexique, à Chichèn Itzà sur la pyramide de Kukulcàn, appelée aussi « El Castillo », il est possible aux équinoxes d’observer par jeu d’ombre l’apparition d’un serpent le long des escaliers.

– Dans plusieurs pays arabes, la Fête des Mères est célébrée lors de l’équinoxe de mars.

– La Fête des Moissons est célébrée au Royaume-Uni le dimanche de la Pleine Lune la plus proche de l’équinoxe de septembre.

– Dans le calendrier républicain commençant le 22 septembre 1792, mis en place le 6 octobre 1793, et utilisé entre 1793 et 1805, l’année débute lors de l’équinoxe de septembre. Le hasard avait fait que l’institution de la République, le lendemain de l’abolition de la royauté le 21 septembre 1792, ait lieu le jour de l’équinoxe d’automne. La date de chaque année était déterminée par observations et calculs astronomiques.

BELTAINE

La roue de Beltaine

(*) Beltaine est la troisième des quatre grandes fêtes religieuses de l’année celtique protohistorique, fêtée le 1er mai. C’est aussi le nom du mois de mai en irlandais et le nom du 1er mai en gaélique écossais. Elle vient après Samain et Imbolc, et marque la fin de la saison sombre et le début de la saison claire. Elle est en rapport avec Belenos, Lug et Belisama. Le principal rituel de Beltaine consiste en des feux allumés par des druides où le bétail passait afin qu’il soit protégé des épidémies pour l’année à venir. Beltaine est encore fêté aujourd’hui, notamment à Edimbourg lors du « Beltane Fire Festival » qui se tient chaque année le 30 avril sur Calton Hill.

BELIER - TAUREAU - RICHES HEURES DU DUC DE BERRY

Avril – Les Très riches Heures du Duc de Berry

Bibliographie

Fêtes et croyances populaires en Europe – Yvonne de Sike – Bordas

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