SATURNE RETROUVE LE CAPRICORNE

(05 - PETIT COURS D'ASTROLOGIE) par sylvietribut le 19-12-2017

Le 21 décembre 2017 Saturne quitte le Sagittaire pour faire son entrée en Capricorne. Voilà 30 ans  que la planète n’a pas séjourné dans ce signe dont elle est le gouverneur. Ce signe du zodiaque qui commence au solstice d’hiver,  qu’on appelle « la porte des dieux » quand la mort apparente de la nature correspond à la plénitude spirituelle, à l’époque de la plus grande ingéniosité de l’homme, laissé libre par l’absence de labeur saisonnier.

Symbole de la fin d’un cycle et surtout début d’un cycle nouveau, c’est le signe qui inaugure le zodiaque d’Extrême-Orient. Il exprime la patience, la persévérance, la prudence, la réalisation et le sens du devoir. Ce signe se place sous la maîtrise de Saturne.

Ce Saturne, les natifs du premier décan du signe, mais également ceux de ce même décan, qu’ils soient Bélier, Cancer ou de la Balance, vont devoir l’appréhender. En effet, la planète, tout au long de 2018 ne dépassera  pas ce premier décan du signe.

Ensuite, en 2019, Saturne séjournera  dans le second décan du Capricorne et abordera le troisième décan entre 2019 et 2020. Ce sont donc les seconds et troisièmes décans des Capricorne, Bélier, Cancer et Balance qui subiront la dure loi de Saturne d’autant que dans la pensée hermétique Saturne c’est le plomb. La sensation d’être comme plombé lors d’un transit de Saturne n’est pas un vain mot.

VERONESE - SATURNE ET L'HISTOIRE

Saturne par Véronèse

Saturne, c’est la couleur noire, celle de la matière putréfiée et dissoute. C’est aussi le cuivre, le premier des métaux ou le vitriol qui sépare les métaux. Toute image qui indique leur fonction réparatrice, à la fois une fin et un début, un arrêt dans un cycle et le commencement d’un nouveau cycle, l’accent étant plutôt mis sur une cassure ou sur un frein dans l’évolution.

En astrologie, Saturne incarne le principe de concentration, de contraction, de fixation, de condensation et d’inertie. C’est une force qui tend à cristalliser, à fixer dans la rigidité les choses existantes et s’opposant ainsi à tout changement. Le nom de Grand Maléfique lui est à juste titre alloué, car il symbolise les obstacles de toutes sortes, les arrêts, les carences, la malchance, l’impuissance, la paralysie. Le bon côté de son influx confère une profonde pénétration à force de longs efforts réfléchis et correspond à la fidélité, à la constance, à la chasteté, au renoncement, à la science, à la religion.

SATURNE EN DIGNITE EN CAPRICORNE

Saturne en dignité en Capricorne

Les deux domiciles de Saturne sont le Capricorne et le Verseau, signes opposés aux deux luminaires, donc à la lumière et à la joie de l’existence. Dans le corps humain, Saturne gouverne la charpente osseuse.

Saturne est la planète maléfique des astrologues dont la triste et chétive lumière fut depuis les premiers âges, évocatrice des chagrins et des épreuves de la vie et que l’allégorie représente sous les traits funèbres d’un squelette animant une faux.

Au plus profond de la fonction biologique et psychologique que symbolise Saturne, on comprend qu’on entre dans un phénomène de détachement : série d’épreuves de séparation qui s’enchaîne tout au long de la vie depuis la rupture du cordon ombilical du nouveau-né  jusqu’au dépouillement ultime du vieillard, en passant par divers abandons, renoncements et sacrifices que la vie nous impose. Saturne semble chargé de nous libérer de la prison intérieure de notre animalité et de nos attaches terrestres, nous délivrant des chaînes de la vie instinctive et de ses passions et ceci au profit de l’esprit. Saturne est comme le levier de la vie intellectuelle, morale et spirituelle.

Le complexe saturnien est la réaction au refus de perdre ce à quoi on s’est attaché sur le parcours de notre vie : fixation cristallisée dans l’enfance et des diverses situations de frustration affective conduisant à une exaspération de l’avidité sous ses diverses formes : boulimie, cupidité, jalousie, avarice, ambition, érudition, rejoignant l’aspect cannibalesque du mythe de Cronos dévorant ses propres enfants.

L’autre face de ce Janus présente le tableau inverse d’un détachement excessif sous les divers aspects de l’effacement de soi, du désistement de l’ego, de l’insensibilité, de la froideur, du renoncement, débouchant à l’extrême sur le pessimisme, la mélancolie et le refus de vivre.

Et pourtant si on s’en réfère à la mythologie, le Saturne romain ne s’identifie pas au Cronos grec, contrairement à des interprétations un peu hâtives. Son association au roi Janus qui l’aurait accueilli à Rome, aurait laissé le souvenir d’un âge d’or ; il symbolise alors le héros civilisateur et en particulier celui qui enseigne la culture de la terre. Lors des fêtes qui lui étaient consacrées, les Saturnales, les rapports sociaux étaient inversés : les serviteurs commandaient les maîtres et ceux-ci servaient à table leurs esclaves. Est-ce un obscur rappel du fait que Saturne avait détrôné son père, Ouranos, avant de l’être à son tour par son fils Jupiter ? Pendant les Saturnales, pour une brève durée, le peuple faisait subir à ses chefs le sort que ceux-ci imposaient à leurs pères, le sort que Saturne avait réservé à son propre père.

On retrouve le sens qu’il aura dans la Rome primitive chez les Sumériens et les Babyloniens : Saturne, astre de la justice et du droit. Il aurait aussi été rattaché à des fonctions de fécondation, de gouvernement, de continuité dans la succession des règnes comme des saisons.

Saturno

Bibliographie

Dictionnaire des symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

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