DANS L’HERBIER DES POISSONS… L’AUNEE

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 25-02-2018

L’aunée est originaire d’Asie, mais implantée en Europe depuis des siècles. Les Romains la citaient comme condiment et médicament. Il y a fort longtemps, le fait que Louis Hébert, premier apothicaire à exercer son métier en Amérique du Nord et à cultiver les plantes médicinales dont les colons avaient besoin pour se soigner, expliquerait pourquoi l’aunée ne s’est guère répandue chez nous tandis qu’aux Etats-Unis, elle s’est acclimatée le long de la côte et dans les Etats du centre.

Cette plante appartient au genre Inula et à la famille des Asteraceae. Dans cette grande famille, les Inules se rapprochent des marguerites.

GRANDE AUNEE

La Grande Aunée

La légende, dans ses deux versions, rattache l’aunée à la Belle Hélène, soit que celle-ci ait tenu un bouquet d’aunée au moment de son enlèvement par Pâris, soit qu’elle ait versé des larmes dont serait née la plante. Dans la symbolique chrétienne, l’aunée est associée, en raison de ses pouvoirs médicinaux, à la guérison des péchés.

Un autre nom de l’aunée est « œil de cheval », ce qui renvoie probablement au fait qu’on a longtemps utilisé la plante pour soigner les chevaux, bien qu’il ne s’agissait pas de maladies oculaires, mais pulmonaires. L’aunée est aussi appelée « plante à escarres » et « panacée de Chiron ». Chiron était un Centaure à qui Jupiter avait donné le pouvoir de guérir. Chiron était donc un centaure-médecin. Enfin, l’aunée est également nommée « aromate germanique », ce qui laisse présager d’un usage assez important en Allemagne.

L’aunée est une belle plante vivace à fleurs jaunes, une sorte de modèle réduit du soleil dans nos jardins. Elle pousse dans les prairies grasses et ombragées, au bord des rivières garnies d’aunes, ce qui lui a valu son nom, dans les fossés, à l’orée des bois, mais elle tend à disparaître et on ne la trouve plus que dans les jardins, ou chez les herboristes.

AUNEE - PLANCHE BOTANIQUE

L’aunée – Planche botanique

Sa tige est épaisse et velue atteint souvent plus d’un mètre. Ses feuilles en ovale allongé sont vertes et ridées de nervures sur le dessus, cotonneuses et blanchâtres en dessous ; sa racine charnue, brune à l’extérieur, blanche à l’intérieur, peut peser plusieurs kilos ; c’est elle seule qu’on utilise, concassés et après séchage qui lui donne une couleur grisâtre et une odeur de violette.

La grande aunée fait partie des plantes comestibles. C’est sa racine qu’on apprécie en particulier car elle est très aromatique, utilisée fraîche ou séchée pour parfumer certains dessers. Cette racine, riche en inuline, est à la fois amère et tonique, d’où son nom de « quinquina » français parfois donné à la plante. Elle possède également des vertus médicinales. Hippocrate, Dioscoride et Galien signalaient déjà ses bons effets sur l’appareil respiratoire, mais aussi que les voies urinaires et même l’utérus. Plus tard, on découvrit son action que les organes digestifs, d’où les indications résumées dans un ancien traité : « Elle fait cracher les asthmatiques et soulage fort les pulmoniques. Elle est très utile dans les maladies de l’estomac. Elle est aussi hystérique et apéritive ; elle divise les matières épaissies et emporte les obstructions. C’est pour cela qu’elle pousse les règles et les vidanges supprimées. On ne l’emploie pas autrement de nos jours.

L'AUNEE

L’aunée – Le Soleil du jardin

Autrefois, on en faisait des conserves au sens médicinal à l’instar des conserves des roses de Provins. Sous cette forme et également en poudre, elle entrait dans la composition de l’opiat antiscorbutique, un des remèdes de la pharmacopée maritime occidentale au XVIIIe siècle.

Actuellement, ses racines sont actuellement utilisées en phytothérapie dans des indications à usage interne, pour lutter contre la toux et les inflammations de l’appareil respiratoires. Ses capacités antifongiques constituent un indicateur dans le traitement des dermatoses à champignons.

Antiseptique, calmant, asséchant les voies respiratoires, l’aunée sert à soigner tout ce qui s’appelle bronchite, toux, tuberculose pulmonaire, asthme bronchique, bien qu’elle ne serait pas tellement efficace pour l’asthme ordinaire.

Tonique, diurétique, diaphorétique, emménagogue, l’aunée a été utilisée pour soigner les néphrites, l’anémie, la fatigue en général, les règles douloureuses ou même l’absence de règles, les pertes blanches, les parasites intestinaux, la diarrhée, la goutte, ainsi que par voie externe : les dermatoses, les prurits, les ulcères, les escarres et la trachéite. Riche en inuline, un sucre non assimilable, l’aunée serait utile aux diabétiques, tout comme la chicorée sauvage ou barbe-de-capucin.

Cependant, l’usage de cette plante est particulièrement déconseillé aux femmes enceintes ou allaitant et il est recommandé de n’en prendre que sur prescription médicale en raison de ses effets non souhaités, tels que les diarrhées, les vomissements et les douleurs pelviennes.

Le rhizome d’aunée est très aromatique et se mange après l’avoir fait cuire dans plusieurs eaux pour atténuer un peu sa saveur. On peut également le râper pour parfumer une salade de fruits, des desserts, des liqueurs ou des gâteaux, comme ce gâteau d’herbes et de fruits confits. Enfin, ce rhizome se coupe en morceaux et se confie dans un sirop de sucre. Ainsi préparé, il est censé faciliter la digestion. Quant aux belles fleurs jaunes, elles peuvent être utilisées en garniture dans salades et plats divers. Les jeunes feuilles, encore tendres, se mangent après avoir cuit dans l’eau.

On peut aussi préparer du « vin d’aunée » qui est apéritif, tonique, stomachique, diurétique et béchique ; en voici la recette : faire macérer 80 grammes de racine dans un litre de bon vin blanc ou rouge pendant dix jours, en agitant fréquemment le bocal. Filtrer en ajoutant, ou non, du sucre selon votre goût : un verre à bordeaux avant le repas, midi et soir.

AUNEE

Bibliographie

Nos grand-mères savaient – La vérité sur les plantes et la vie naturelle – Jean Palaiseul – Editions Robert Laffont

 

 

 

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