DANS L’HERBIER DU BELIER… L’ESTRAGON

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 17-04-2017

En italien on l’appelle « dragoncello », le petit dragon. C’est une plante herbacée vivace, semi-persistante de la famille des Astéracées, originaire d’Asie centrale, cultivée pour ses feuilles parfumées à usage condimentaire. L’estragon fait partie de la liste des plantes reprise dans le Capitulaire de Villis, du VIIIe siècle.

La forme serpentine de la racine de l’estragon faisait croire aux herboristes d’autrefois que la plante pouvait guérir les morsures d’animaux venimeux, selon la Théorie des Signatures.

Herbe aromatique et médicinale traditionnelle, l’estragon a révélé par la suite posséder des propriétés anti-oxydantes qui limitent les dommages causés par les radicaux libres dans l’organisme. Ses propriétés comme anti-allergène restent à quantifier. En revanche, son action apaisante sur le système nerveux central préconisée en cas d’insomnie, d’anxiété ou de spasmophilie, n’a pas été éprouvée.

BOUQUET D'ESTRAGON

Bouquet d’estragon

Herbe de Feu, l’estragon est chargé de l’énergie de l’instinct, de la force vitale brute de la nature et du souffle du Dragon. Polyvalent et très efficace pour le courage, la protection et la force, l’estragon doit être employé en quantités limitées car il est très puissant.

Cette plante contient des quantités non négligeables de vitamine K, les personnes prenant des médicaments anticoagulants doivent donc limiter sa consommation. C’est aussi une source intéressante de fer et de manganèse.

L’huile essentielle d’estragon est obtenue par distillation à la vapeur d’eau des feuilles. Il faut environ 100 kg de plantes séchées pour obtenir 1 kg d’huile essentielle. Celle-ci est dangereuse en cas d’usage abusif. Elle est aussi connue pour ses propriétés abortives.

Enfin, en cas de hoquet, on recommande de mâcher une feuille d’estragon ou de prendre trois ou quatre gouttes, pour un adulte, de son huile essentielle sur du sucre pour stopper le hoquet.

L'ESTRAGON - FICHE BOTANIQUE

L’estragon – Fiche botanique

L’estragon symbolise la victoire sur nos monstres intérieurs imaginaires pour vivre sans peur. On dit que l’estragon naquit là où le Dragon de l’Eden, chassé, posa les pieds. On reconnaît l’estragon comme une plante excitante, fébrifuge et stomatique. Elle sert de condiment ou d’aromate pour le vinaigre. On laisse entendre que son parfum incline à la bonne conduite et favoriserait la longévité.

L’estragon est une armoise. Son nom scientifique est Artemisia dracunculus. Les médecins de l’Antiquité, tels Hippocrate et Pline l’Ancien, ont relayé dans leurs écrits une croyance populaire que l’estragon assurait une protection contre les morsures de serpents et autres bêtes venimeuses, en raison de l’aspect des racines de la plante en forme de serpents.

ARTEMIS ET LA BICHE

Artémise

Artémisia évoque la déesse de la chasse, l’Artémis de la mythologie grecque, la Diane chasseresse des Romains, et de ce fait l’estragon est également associé à la Lune, Artémis étant une des trois déesses lunaires, l’une des phases de la Lune, la Lune jeune. Elle était considérée comme protectrice des femmes dont elle régulait le cycle, ce sang menstruel sous l’influence de Mars et du Bélier. Les feuilles de l’Artemisia vultaris ont longtemps été utilisées en infusion dans ce but.

ESTRAGON

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LE PRINTEMPS DE BOTTICELLI

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 11-04-2017

Dans cette œuvre magnifique tout est presque parfait. C’est une composition dépourvue de perspective pour mieux mettre en valeur le rythme presque musical des lignes et des couleurs. Avant Botticelli, on n’avait jamais poussé aussi loin le raffinement pictural. Le peintre utilisera à fond la technique de son maître Filippo Lippi dans la recherche de la beauté idéale comme dans le personnage de Flore distribuant ses fleurs et dans l’éblouissante technique des plis et du drapé des Trois Grâces.

BOTTICELLI - LE PRINTEMPS

Le Printemps de Botticelli – Galerie des Offices – Florence

Le Printemps de Botticelli c’est aussi un merveilleux catalogue botanique, peuplé de plusieurs centaines d’espèces végétales. C’est d’abord Flore, personnage central, avec des roses dans son tablier, rose symbole même de l’amour.

Sandro Botticelli - La Primavera (Spring), Галерея Уффици (Флоренция)

Flore

Au pied de Flore, on reconnaît la chicorée, symbole de fidélité, puisqu’elle ne quitte pas des yeux le soleil dans sa course. Et puis il y a la violette qui exprime l’amour caché et la discrétion ; la renoncule qui symbolise le charme ; l’hellébore mystérieux et magique capable de conjurer le mauvais sort et d’éloigner les sorcières ainsi que la folie, cet hellébore qu’on nomme aussi « la rose du Carême ». On reconnaît la camomille que les Grecs avaient associée à Morphée, dieu du sommeil et dieu des rêves. On disait qu’elle favorisait les rêves prophétiques mais aussi qu’elle attirait l’argent.

On reconnaît aussi le myosotis, celui qui demande à ce qu’on ne l’oublie pas, le « forget me not » anglais ou le « non ti scordare di me » italien. On l’appelle aussi « herbe d’amour ». Une légende raconte qu’un chevalier et sa dame se promenaient le long d’une rivière. Il se pencha pour cueillir une fleur mais perdit l’équilibre et à cause de son armure tomba à l’eau. Alors qu’il se noyait, il lança la fleur vers sa dame en criant : « Ne m’oubliez pas ! ».

LE PRINTEMPS DE BOTTICELLI - CAMOMILLE ET COQUELICOT

Camomille – Coquelicot et Renoncules

Le coquelicot est aussi présent dont la chute précoce de sa corolle est synonyme de trahison et d’inconstance.

LE PRINTEMPS DE BOTTICELLI - LES IRIS

Iris et camomille dans le Printemps de Botticelli

Dans l’angle droit du tableau on reconnaît l’iris, la fleur de Florence et des Médicis. On dit que Catherine de Médicis en avait fait son parfum. Dans la symbolique, l’iris est synonyme de bonnes nouvelles, la première sans doute est celle de l’arrivée du printemps car c’est une des premières fleurs du printemps. Iris était une nymphe favorite de Junon car elle ne lui apportait que de bonnes nouvelles. La déesse, en remerciement, la changea en arc-en-ciel, symbole du retour du beau temps. Iris portait une écharpe composée des sept couleurs, belle représentation de l’arc-en-ciel. L’iris blanc symbolise l’ardeur et l’iris bleu représente la confiance.

LE PRINTEMPS DE BOTTICELLI - MERCURE ET LES ORANGES

Mercure sous les orangers

A la gauche du tableau, on reconnaît Mercure avec son casque, ses sandales ailées et le caducée qu’il pointe vers les oranges d’un oranger. L’orange symbolise la chaleur, l’optimisme, mais aussi l’union et l’infidélité, et également pourtant, la dissimulation et l’hypocrisie. Chez les Romains de l’Antiquité, le couleur orange était symbole du mariage indissoluble. D’ailleurs, le voile des noces était orangé pour bien marquer la perpétuité de l’union. Enfin, l’orange a la réputation de stimuler les facultés intellectuelles, que Mercure représente, mais aussi d’aviver les émotions et de réveiller les sens. Ces oranges ne sont pas sans rappeler les pommes d’or du jardin des Hespérides et le mariage qui s’y déroula. A l’une des tables, on reconnaît trois belles femmes : deux déesses et une mortelle : Vénus, Junon et la belle Hélène. Malheureusement, Eris, la déesse de la haine, n’a pas été invitée et se venge en lançant sur la table cette belle pomme d’or en disant « à la plus belle ». Une belle querelle entre les deux déesses s’ensuit alors que se profile la guerre de Troie. La Belle Hélène, infidèle à son époux le roi Ménélas, s’apprête à partir avec Paris pour sa nouvelle patrie Troie. Les déesses prenant partie qui pour Ménélas, qui pour Paris.

LE PRINTEMPS DE BOTTICELLI - LES ROSES DU TABLIER DE FLORE

Les roses dans le tablier de Flore – Détail

 

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DANS L’HERBIER DU CAPRICORNE… LES NEFLES ET LE NEFLIER

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 20-01-2017

Malgré son nom latin, le néflier est originaire d’Asie Mineure où il était cultivé depuis l’an 1000 avant Jésus-Christ. Il fut ramené en Europe par les Romains et figura ensuite parmi les espèces recommandées par Charlemagne dans le capitulaire De Villis.

« Néflier » du bas latin « mespilus » est dérivé des mots grecs « mesos » et « pilos » qui se traduisent par « balle », en référence à la forme sphérique des nèfles. Cependant, pour les Grecs, il n’y avait pas de terme spécifique pour distinguer la pomme, la nèfle et le coing. Cette famille se caractérise par des fruits charnus, à peau et à « mouche », reste du calice de la fleur, contenant des pépins qui sont des grains.

MAKHILA

La makhila basque

Au Pays Basque on utilise les rejets du néflier pour fabriquer le makila ou makhila, bâton traditionnel basque, qui est à la fois décoratif et utilitaire puisque servant de canne, un bâton de vieillesse en quelque sorte, bien en rapport avec le monde du Capricorne et de Saturne, le vieil homme du zodiaque. Quant à la pousse du néflier, elle est incisée sur pied et coupée lorsque son diamètre atteint près d’un centimètre. Le makila d’honneur est orné d’un pommeau d’argent ou en maillechort, gravé au nom du bénéficiaire. C’est un cadeau prestigieux et rare car sa fabrication est limitée.

NEFLE ET NEFLIER - PLANCHE BOTANIQUE

Nèfle et branche de néflier – Planche botanique

La nèfle est aussi appelée « cul de chien » en Lorraine, mais elle est originaire du Caucase et d’Arménie. Sa consommation est attestée depuis l’Antiquité jusqu’au Moyen Age en Europe du Sud Est. Elle est le fruit du néflier commun « mespilus germanica ». C’est un arbre fruitier des pays froids. Ce fruit d’hiver est brun et possède cinq gros pépins. On le consomme après les premières gelées d’automne, une fois blet car elle est trop dure et trop acerbe, à cause de la richesse en tannins du mésocarpe. Le blettissement consiste à disposer les fruits sur un lit de paille pendant une quinzaine de jours. Il se produit alors une fermentation naturelle qui modifie la composition chimique du mésocarpe et le ramollit. Le fruit blet est sucré, mais ne contient pas de saccharose. La nèfle a un goût un peu vineux qui se rapproche de celui de la pomme. Elle peut se consommer nature, avec ou sans la peau qui est comestible mais qui peu sembler un peu coriace en raison de son épaisseur et des restes de duvet qui la couvrent. En revanche, comme la pomme, on ne doit pas consommer les pépins. La nèfle peut également être cuite en confiture ou en compote ou macérée dans de l’alcool pour obtenir le ratafia.

NEFLES

Nèfles et pépins

La nèfle est une bonne source de potassium et de vitamine A. Elle possède du magnésium. Elle a des vertus toniques et diurétiques. Du fait de sa grande teneur en hydrates de carbone, la nèfle est une grande productrice d’énergie. Elle est également riche en sels alcalins qui agissent sur le sang favorablement. Enfin, la nèfle agit contre les affections du gros intestin comme les inflammations.

Dans le langage populaire « des nèfles » est un terme qui s’emploie pour indiquer quelque chose de peu de valeur, ainsi que pour exprimer une dénégation ou un refus, comme le fit le général Mc Auliffe en réponse à la demande de reddition formulée par l’attaquant allemand pendant le siège de Bastogne, à la fin de la Seconde Guerre Mondiale et son « nuts » ou « des nèfles » est resté dans les mémoires.

Dans le calendrier révolutionnaire, la nèfle indiquait le quatrième jour du mois de frimaire.

BASQUE ET SA MAKHILA

Basque, sa makhila et son béret

 

 

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DANS L’HERBIER DU SCORPION… GRENADE ET GRENADIER

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 22-11-2016

Dans un ouvrage paru en 1878, « La mythologie des plantes ou les Légendes du règne végétal », un poète italien féru de botanique décrit avec force détails le petit arbre et les légendes qu’il a inspirées, comme celle de cet homme qui, sitôt veuf, jette son dévolu sur sa propre fille. Celle-ci horrifiée, préfère la mort à l’infamie. Les dieux prennent fait et cause pour la malheureuse et la transforment en grenadier, tandis que le père incestueux est changé en épervier. Oppien de Corycos, écrivain antique passionné par la chasse aux oiseaux, prétendait le plus sérieusement du monde avoir ainsi compris pourquoi les éperviers ne se posaient jamais sur les branches d’un grenadier. A Rome, le grenadier symbolisait la fertilité et la prospérité, et il était d’usage de tresser des couronnes de son branchage pour les poser sur le front des jeunes mariés. C’est aussi grâce à un grain de grenade que le roi des Enfers, Pluton, parvint à convaincre son épouse de revenir au logis après ses visites chez sa mère Déméter. Aujourd’hui, encore la grenade est présente dans nombre de coutumes, comme en Turquie où il est de tradition de jeter une grenade dans la chambre des mariés et de compter les graines qui s’en échappent. Il serait ainsi possible de connaître le nombre des enfants à naître de cette union. Le grenadier serait l’arbre érotique et phallique par excellence. En Chine, la grenade est le symbole de la fertilité et d’un grand nombre d’enfants à cause de ses nombreux pépins.

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La grenade et ses pépins

Dans la Bible, la grenade passe pour un des sept fruits importants qui étaient une bénédiction pour la Terre promise d’Israël. Selon la description dans l’Exode, entre les versets 28 à 33, les grenades étaient une partie de l’Ephod, c’est-à-dire un vêtement de cérémonie, pour le grand prêtre dont Dieu avait ordonné la confection au peuple d’Israël. Les chapiteaux des deux colonnes en minerais Jachin et Boas devant le temple de Salomon étaient décorés de deux rangées de grenades. Le premier roi d’Israël, Saul, habita un certain temps sous un grenadier. Dans le Cantique des Cantiques de Salomon, le mot « grenade » est utilisé plusieurs fois pour décrire la beauté féminine. Pour finir, on trouve aussi le grenadier chez les prophètes, dont Joël et Hag. La grenade et le grenadier appartiennent au signe du Scorpion.

La mystique chrétienne transpose ce symbolisme de la fécondité au plan spirituel. C’’est ainsi que Saint Jean-de-la-Croix fait des pépins de la grenade le symbole des perfections divines dans leurs effets innombrables : à quoi il ajoute la rondeur du fruit comme expression de l’éternité divine, et la suavité du jus comme celle de la jouissance de l’âme aimante et avertie. Les Pères de l’Eglise ont aussi voulu voir dans la grenade un symbole de l’Eglise elle-même.

Le symbolisme de la grenade relève de celui, plus général, des fruits à nombreux pépins comme le cédrat, la courge, l’orange. C’est d’abord un symbole de fécondité, de postérité nombreuse : dans la Grèce antique, elle est un attribut d’Héra et d’Aphrodite. A Rome, la coiffure des mariées était faite de branches de grenadier.

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Perséphone par Rossetti

Toujours dans la Grèce antique, le pépin de grenade aurait une signification en rapport avec la faute. Perséphone raconte à sa mère comment elle fut séduite malgré elle par Pluton : « Il m’a mis sournoisement dans la main un aliment doux et sucré, un pépin de grenade, et malgré moi, de force, il m’a contrainte à le manger, comme nous le raconte l’Hymne homérique à Déméter. Le pépin de grenade vouant aux enfers est un symbole des douceurs maléfiques. Ainsi Perséphone, pour l’avoir mangé, passera un tiers de l’année dans « l’obscurité brumeuse et les deux autres auprès des Immortels ». Dans le contexte du mythe, le pépin de grenade pourrait signifier que Perséphone a succombé à la séduction et mérité ainsi le châtiment d’un tiers e sa vie passé aux Enfers. D’autre part, en goûtant au pépin de grenade, elle avait rompu le jeûne, qui était la loi des Enfers. Quiconque y prenait une nourriture ne pouvait rejoindre le séjour des vivants. Ce fut par une faveur spéciale de Zeus/Jupiter qu’elle partagea son existence entre les deux domaines.

Si les prêtres de Déméter, à Eleusis, les hiérophantes, étaient couronnées de branches de grenadier pendant les grands Mystères, la grenade elle-même, ce fruit sacré qui avait perdu Perséphone, était rigoureusement interdite aux initiés, parce que, symbole de fécondité, elle porte en elle la faculté de faire descendre les âmes dans la chair. Le pépin de grenade qu’avait absorbé la fille de Déméter l’avait vouée aux Enfers et, par contradiction apparente du symbole, condamnée à la stérilité. La loi permanente des Enfers prévalait sur l’éphémère plaisir d’avoir goûté à la grenade.

Ne pourrait-on plus simplement remarquer que ce grain rouge et brûlant d’un fruit infernal évoque on ne peut mieux la parcelle de feu chthonien que Perséphone vole pour le profit des hommes, puisque sa remontée vers la surface de la terre signifiera le réchauffement et le verdissement de celle-ci, le renouveau printanier et, par ce biais, la fertilité. Alors, dans cette optique, Perséphone rejoint les innombrables héros civilisateurs qui, de par le monde, ont volé le feu pour assurer la pérennité de ce monde et de la vie.

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Grenades et Grenadiers – Fresque de la Villa Livia – Rome

En Asie, l’image de la grenade ouverte sert à l’expression des souhaits, quand elle ne désigne pas expressément la vulve. Voilà qui confirmerait une légende d’une image populaire vietnamienne : « la grenade s’ouvre et laisse venir cent enfants ». De même au Gabon, ce fruit symbolise la fécondité maternelle. En Inde, les femmes boiraient du jus de grenade pour lutter contre la stérilité.

Sans la poésie galante persane, la grenade évoque le sein : « ses joues sont comme la fleur du grenadier, et ses lèvres comme le sirop de grenades ; de sa poitrine d‘argent poussent deux grenades ». Quant à une devinette populaire turque, elle parle de la fiancée « comme d’une rose pas sentie, une grenade pas ouverte ».

Les témoignages archéologiques concernant la grenade sont mauvais puisque le fruit est la plupart du temps consommé frais. De plus la peau, riche en eau, éclate lorsqu’on la chauffe. Seules les vieilles grenades à la peau relativement desséchée ont une chance de se fossiliser et d’arriver jusqu’à nous. On a retrouvé une grenade fossilisée dans des couches du début de l’âge de Bronze, dans le Tel Es-Sa’idieh, en Jordanie.

A la fin de l’âge de bronze, on fabriquait à Chypre et en Egypte des récipients en verre colorés en forme de grenade.  Le bateau Uluburun, retrouvé en Turquie près de Kas, contenait des amphores chypriotes avec plus de graines de grenade. D’après les récipients, on peut le dater de la période du XIVe au XIIIe siècle avant Jésus-Christ. Dans la tombe d’un haut fonctionnaire égyptien de l’époque de Ramsès IV, on a retrouvé des grenades comme offrandes funéraires. Dans la vallée du Jourdain, on a trouvé des grenades dans des couches de l’âge de fer. En Allemagne, au Moyen Age, la présence de grenades a été archéologiquement prouvée dans la ville de Constance.

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La Grenade dans le blason de la ville de Grenade et le drapeau espagnol

La grenade a donné son nom au projectile, ainsi qu’au grenat, pierre semi-précieuse d’un rouge écarlate et sans doute aussi à la ville de Grenade, en Espagne, dont les environs sont aujourd’hui encore une zone importante de culture de ce fruit.

Le mot « grenade » aurait donné le mot « migraine ». C’est Jean Nicot qui employa le nom de « migrainier » et « migraine » pour désigner ce fruit, probablement par contraction de « mille graines ».

Salvador Dali utilisa plusieurs fois les grenades dans son œuvre notamment dans « Rêve causé par le vol d’une abeille autour d’une grenade, une seconde avant l’éveil. Quant au peintre Krikor Agopian a consacré plusieurs de ses œuvres aux fruits de dieux. C’est aussi le philosophe Jacques Derrida qui renvoie dans un de ses textes à la symbolique religieuse de la grenade.

La poétesse algérienne Samira Negrouche a publié, en   « A l’ombre de Grenade » où elle fait référence à la ville mais aussi au fruit.

Dans le calendrier républicain, la grenade était le nom attribué au 19e jour du mois de Brumaire.

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Grain de grenade

Bibliographie

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

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LES FLEURS, LES PLANTES, LES HERBES, LES FRUITS ET LES ARBRES DE LA BIBLE

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 05-09-2016

01 - EVE ET LA POMME

Eve et la Pomme

Dans le Bible, les plantes, les fleurs, les herbes, les fruits ou les arbres se mêlent et s’imbriquent dans les récits. Le premier exemple est bien sûr la pomme. Elle est en effet associée au péché originel dans le Livre de la Genèse et symbolise le fruit défendu, voire l’acte sexuel. En fait, c’est après avoir croqué un fruit interdit identifié à tort à une pomme, qu’Adam et Eve furent chassés du paradis. Cette pomme est ainsi restée associée au péché originel, du fait de la traduction latine de la Bible et du nom latin de l’arbre « malus », qui désigne aussi bien un arbre « mauvais », c’est-à-dire interdit, qu’un simple pommier. Du fait de cette confusion, la pomme peut symboliser l’acte sexuel comme le suggère l’expression « croquer la pomme », que la connaissance interdite. Et pourtant, au Moyen Âge, les monastères et les couvents ont joué un rôle important dans le développement de sa culture. La pomme et le pommier sont en rapport avec le signe vénusien et lunaire à la fois qu’est le Taureau.

02 - LIS

Le lys

« Observez les lis des champs comme ils poussent : ils ne peinent ni ne filent. Or je vous dis que Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n’a pas été vêtu comme l’un d’eux. Que si Dieu habille de la sorte l’herbe de champs, qui est aujourd’hui et demain sera jetée au four, ne fera-t-il pas bien plus pour vous, gens de peu de foi ». Cette jolie phrase se trouve dans l’évangile de l’apôtre Mathieu. Sa blancheur et sa pureté l’apparente au signe de la Vierge.

03 - HYSOPE

L’hysope

L’hysope doit son nom aux Hébreux qu’ils l’appelaient « ezôb », pour qui elle était une plante sacrée et à ce titre une plante sacrée et à ce titre elle est maintes fois citée dans la Bible : ainsi, elle entre dans l’eau de purification telle que l’Eternel en a dicté la recette à Moïse. Elle fait aussi partie des plantes dont Salomon a parlé avec sa coutumière sagesse. Enfin, c’est à une branche d’hysope que les soldats fixèrent l’éponge imbibée de vinaigre qu’ils tendirent à Jésus mourant, comme Saint Jean le relate dans son Evangile. Sans doute de par sa couleur, l’hysope appartient au monde du Cancer.

04 - GENET

Le genêt

Lors de la fuite en Egypte, raconte les écritures, toutes les plantes écartaient leurs rameaux pour laisser passer la Marie portant l’Enfant Jésus et les refermaient derrière elle pour cacher sa piste aux soldats d’Hérode. Une seule resta insensible et raide, ce fut le genêt, et c’est pourquoi il fut condamné à demeurer dur et sec jusqu’à la fin des temps. En raison de quoi il servit à faire des balais dont ceux que chevauchaient les sorcières du Moyen Age. Le genêt entre dans l’herbier des Gémeaux.

05 - LE FIGUIER

Figues et Figuier

Avec la vigne et l’olivier, le figuier partage l’honneur d’être le plus souvent cité dans la Bible et s’il est un arbre dont on peut dire qu’il appartient à l’histoire de l’humanité, c’est bien cet arbre. D’ailleurs, on suppose qu’Adam et Eve se servirent de ses feuilles pour couvrir leur nudité, mais certains soutiennent que ce premier vêtement fut emprunté à la vigne. L’Ancien Testament en signale l’emploi en cataplasmes contres les abcès des gencives et les inflammations de la bouche. Il rapporte aussi ce qui peut être considéré comme l’un des plus antiques cas de guérison : en ce temps-là, lit-on dans le Livre d’Isaïe, Ezéchias, roi de Juda, fut « malade à mort » d’une grave tumeur et Isaïe le prophète avait dit : «  Qu’on apporte une masse de figues et qu’on les étende sur l’ulcère et Ezéchias vivra ». Ce qui fut fait et ce qui se réalisa. Figues et figuier font partie du monde du Taureau.

06 - OLIVIES SUR L'OLIVIER

Olives et olivier

Quand la colombe revint de son second voyage hors de l’arche, elle tenait dans son bec un rameau frais d’olivier. Ainsi Noé connut-il que les eaux du déluge avaient diminué sur la terre et cet arbre eut-il le privilège d’être le premier végétal cité nommément dans notre histoire du monde. L’olivier est une des plantes les plus citées dans la Bible, outre la colombe de Noé tenant dans son bec un rameau d’olivier, c’est aussi Jacob qui enduisit l’olive la pierre de Beth-El après sa vision de l’échelle céleste. Dans le judaïsme et le christianisme, l’huile d’olive est utilisée pour les onctions sacramentelles et l’olivier symbolise la paix, la réconciliation, la bénédiction et le sacrifice. L’huile utilisée durant les rites du judaïsme doit avoir obligatoirement été pressée à la main. Peut-être peut-on classer l’olivier dans le monde de la Balance.

07 - LA VIGNE - LE RAISON ET LE VIN

La vigne, le raisin et le vin

L’origine du nom « vigne » nous vient probablement d’Anatolie et du Caucase, où sur les pentes du Mont Ararat, la Bible fait planter à Noé ses premières vignes  après le déluge. « Noé fut le premier agriculteur. Il planta une vigne et en but le vin, s’enivra et se trouva nu à l’intérieur de sa tente ». Voilà ce qu’on peut lire dans la Genèse. Le Premier livre des Rois évoque également la vigne « Pour obtenir la portion de vigne que possédait Nabot, simple sujet du royaume de Samarie, la reine Jézabel n’hésite pas à le faire supprimer et ainsi, faire savoir qui a le pouvoir dans le pays. Dans son évangile, Marc utilise une allégorie pour expliquer à ses lecteur le destin de Jésus : Dieu, le peuple d’Israël, Jésus, sont respectivement représentés par le maître de la vigne, les vignerons et mêmes le fils du maître : « Un homme a planté une vigne, l’a entourée d’une clôture, il a creusé une cuve et bâti un pressoir ; puis, il a donné cette vigne en fermage à des vignerons et il est parti. Le moment venu, il a envoyé un serviteur aux vignerons pour recevoir d’eux sa part des fruits de la vigne. Les vignerons le saisirent, le rouèrent de coups et le renvoyèrent les mains vides. Le Maître envoya un second serviteur qui fut lui-même frappé à la tête et insulté. Quant au troisième qu’il envoya, ils le tuèrent et par la suite, tous ceux que le Maître envoya : roués de coups pour certains et tués pour d’autres. Il ne lui restait plus que son fils bien aimé à envoyer. Il pensa que peut-être les vignerons respecteraient son fils. Mais ceux-ci pensèrent bien différemment et entre eux ils décrétèrent : « C’est l’héritier. Tuons-le et nous aurons l’héritage. Ils l’ont saisi, tué et jeté hors de la vigne ». Le Maître de la vigne fut donc contraint à se rendre dans sa vigne. Il fera tuer les vignerons et confiera sa vigne à d’autres. Et les écritures de préciser : « La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs, c’est elle qui est devenue la pierre angulaire ». La vigne est encore évoquée dans la parabole « des ouvriers de la dernière heure » que l’on trouve dans l’évangile de Mathieu. Pour l’astrologue, la vigne et le vin appartiennent au monde de Jupiter et donc au Sagittaire.

08 - AUBEPINE

L’aubépine

C’est l’aubépine qui aurait servi à tresser la couronne du Christ et on dit même que cette plante est entrée dans l’Ecriture sainte bien avant la passion puisque le célèbre « buisson ardent » près duquel Moïse eut son premier entretien avec lieu sur le mont Horeb, ce ne serait qu’une autre variété le « Crataegus pyracantha » ou « buissons ardent », originaire du pourtour méditerranéen et introduit en France en 1629. A l’époque des croisades, le chevalier partant pour la Terre sainte offrait à sa dame un rameau d’aubépine, lié d’un ruban incarnat, signe qu’il « vivra en espérance ». Depuis l’Antiquité, l’aubépine symbolise l’innocence et la pureté virginale. Chez les Chrétiens, elle est liée à la Vierge Marie. Pour l’astrologue, l’aubépine est liée au signe du Taureau.

09 - ROMARIN EN FLEURS

Romarin en fleurs

Une légende raconte que le romarin était à l’origine une plante à fleurs blanches. Mais voilà ce qui s’est passé : avant de donner naissance à l’enfant Jésus, Marie aurait déposé sa cape de couleur bleu sur un romarin planté devant l’étable. La cape aurait déteint sur l’arbrisseau et c’est ainsi que, depuis, le romarin fleurit bleu. Certains voient dans cette légende une autre origine possible au nom Romarin, à savoir « Rose de Marie », l’appellation anglaise étant d’ailleurs « Rosemary ». Le romarin est une plante solaire qu’on peut associer au Lion.

10 - LE NARD

Le nard

C’est un parfum de nard que Marie-Madeleine viendra répandre sur les pieds du Seigneur : « Elle prit une livre d’un parfum de nard pur, de grand prix, et en oignit les pieds de Jésus, puis les essuya avec ses cheveux et la maison s’emplit de la senteur du parfum » C’est Saint Jean qui nous décrit la scène. Dans l’Evangile selon Marc, une femme brise « un flacon d’albâtre contenant un nard pur de grand prix » et le verse sur la tête de Jésus. Dans leurs commentaires du Cantique, les Pères de l’Eglise feront du nard un symbole d’humilité ; ce qui tranche un peu sur le caractère royal et somptueux de ce parfum. Mais l’interprétation symbolique résout le problème : le nard est une petite graminée poussant surtout dans les régions montagneuses ; en pressant les racines de cette plante, on obtient le plus merveilleux des parfums. Ainsi en va-t-il de l’humilité qui donne les fruits de la plus sublime sainteté. Le nard appartient à l’herbier de la Balance.

11 - CHARDON

Le Chardon

Une légende nous rapporte que les feuilles du chardon furent tachées par le lait de la Vierge Marie alors qu’elle allaitait Jésus lors d’une halte dans une cachette de feuillage au moment de la fuite en Egypte, pour cacher l’enfant des soldats qu’Hérode avait mis à ses trousses, ce sont de larges feuilles d’un chardon qui l’auraient masqué à leur vue. C’est dans la hâte de Marie à se cacher que quelques gouttes de lait tombèrent de son sein sur les feuilles de chardon. Remarquez tout près des nervures des feuilles cette trace héréditaire que le lait a laissée et c’est pourquoi ce chardon a pris le nom de « chardon Marie ». Par ailleurs, le chardon serait aussi le symbole de la douleur du Christ et de la Vierge. Le chardon est lié au Capricorne.

12 - LES PALMES DES RAMEAUX

Les palmes des Rameaux

Matthieu rapporte dans son Evangile : « Les disciplines ramenèrent l’ânesse et l’âne, les couvrirent de leurs manteaux et y firent monter Jésus. Une foule immense étendait ses vêtements sur la route ; certains coupaient des palmes pour en joncher le chemin et criaient Hosanna ! ». Dès le IVe siècle une procession se déroulait à Jérusalem ce jour-là et les Chrétiens partaient, comme le Christ, du Mont des Oliviers pour se rendre devant la basilique du Saint-Sépulcre. Dès le IXe siècle, l’Eglise catholique a inclus dans son rituel du jour la bénédiction des rameaux et la procession des fidèles. Celle-ci, qui commémore l’entrée de Jésus à Jérusalem, symbolise aussi, lorsqu’elle pénètre dans l’édifice, la réunion de la Jérusalem terrestre à la Jérusalem céleste que promet au croyant le sacrifice du Christ sur la Croix. C’est selon ce discours pieux et en s‘appuyant sur l’image des palmes mentionnées par l’Evangile que l’Eglise a christianisé un ensemble de pratiques anciennes tournant autour de l’arbre printanier verdoyant, manifestation de la vitalité. Il n’est pas sans importance de constater la variété des plantes utilisées pour faire office de « rameaux », associant ainsi au rituel chrétien les espèces végétales les plus représentatives pour chaque culture et par rapport à la latitude des lieux. Il va de soi que, dans cette variété d’usages, le buis est loin d’être la seule plante représentative. Les palmes pourraient être en rapport avec le Bélier.

13 - LE CEDRAT

Le cédrat ou la main du bouddha

Moïse ordonna de tresser ensemble des rameaux de cédratier, des palmes et des branches de saule pour faire des thyrses consacrés à la fête des Tabernacles. Le cédratier était pour les Juifs un arbre  sacré dont le fruit n’était pas soumis à la dîme ; on le portait en main en entrant dans le Temple. Au Moyen Age, le cédrat était utilisé dans les opérations magiques. Ce fruit est également donné en tant qu’offrande religieuse dans les temples bouddhistes. Selon la tradition, Bouddha préfèrerait lorsque les doigts du fruit sont dans une position telle qu’ils ressemblent à une main fermée, ce qui symbolise l’acte de prier. L’origine de la Main de Bouddha remonte à l’Inde du Nord-est ou à la Chine. Le cédrat est un fruit Sagittaire.

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Le houx

Pour les Chrétiens, le houx est spécifiquement associé à la naissance de l’Enfant Jésus. Le roi Hérode cherchant à massacrer tous les nouveau-nés juifs pour éliminer celui qu’on annonçait comme le roi des Juifs, Marie, Joseph et l’enfant s’enfuirent vers l’Egypte. A l’approche d’une troupe de soldats, ils se cachèrent dans un buisson de houx qui, dans un élan miraculeux, étendit ses branches pour dissimuler la Sainte Famille derrière son épais feuillage épineux. Sauvés, Marie bénit le buisson de houx et souhaita qu’il restât toujours vert en souvenir de sa protection et comme symbole d’immortalité. Le houx appartient à l’herbier du Capricorne.

14 - ANEMONES

L’anémone

Suivant de nombreux auteurs, l’anémone doit être identifiée au lys des champs, dont il est constamment fait mention dans la Bible. Il n’existait pas de lys blanc dans les champs de Palestine ; mais l’anémone y était par contre très répandue. Le Cantique des Cantiques fait allusion au lys des champs, au lys de la vallée : « il croît entre les épines, il se trouve dans les jardins ». Dans son sermon sur la montagne, le Christ parle du lys des champs et par là même il semble désigner l’anémone. C’est dans l’herbier des Poissons que prend place l’anémone.

15 - LE SENEVE OU FLEUR DE MOUTARDE

Le sénevé ou fleur de moutarde

Dans l’évangile selon Mathieu on trouve cette parabole : « Jésus leur proposa une autre parabole et il dit : le royaume des cieux est semblable à un grain de sénévé qu’un homme a pris et semé dans son champ. C’est la plus petite de toutes les semences ; mais quand il a poussé, il est plus grand que les légumes et devient un arbre, de sorte que les oiseaux du ciel viennent habiter dans ses branches ». Cette parabole se trouve également dans l’évangile de Marc, mais on ne la retrouve pas dans celui de Jean. Le sénevé appartient au monde du Bélier.

16 - L'IVRAIE

L’ivraie

Selon Matthieu, Jésus désignait l’ivraie comme le symbole des méchants car c’est bien là une mauvaise graine. Dans cette parabole, alors qu’un ennemi a semé de l’ivraie dans un champ de blé, le maître dit à ses serviteurs de ne surtout pas chercher à l’enlever tant que la moisson n’est pas prête, sinon ils risqueraient d’arracher également le bon grain. Il leur demande donc d’attendre le bon moment, de ramasser alors l’ivraie pour la faire brûler, puis de moissonner le blé pour le ranger dans le grenier. A la demande de ses disciples, Jésus leur explique le sens de cette parabole. Le champ représente le monde et celui qui sème le blé est le Fils de l’homme, c’est-à-dire Jésus lui-même. Les bons grains sont les sujets du royaume, l’ivraie représente les sujets du Mauvais et celui qui la sème est le Diable. La moisson, c’est la fin du monde et les moissonneurs sont les anges. Ainsi, les bons et les méchants sont condamnés à vivre ensemble, mais au moment du Jugement Dernier, le Fils de l’homme enverra ses anges qui élimineront tous les méchants pour les jeter dans la fournaise ardente, l’enfer, alors que les justes iront dans le Royaume des cieux, le paradis. L’ivraie serait à rattacher au monde du Scorpion, face à lui le Taureau associé entre autre au blé.

17 - LA MYRRHE

La myrrhe

La myrrhe est un parfum dont la Bible parle souvent. Elle vient d’un arbre dont le tronc blessé donne des larmes qui se coagulent à l’air et forment comme des perles de résine. Ce parfum semble nous parler des larmes et des souffrances du Christ. Il a pleuré au tombeau de Lazare, au jardin de Gethsémani et sur Jérusalem. Il disait d’ailleurs : « J’ai mêlé de pleurs mon breuvage » ou encore « Mes larmes ont été mon pain, jour et nuit ». Auparavant, dans l’Evangile de Mathieu, les Mages qui venaient de très loin pour rendre hommage au nouveau-né et déposer de grandes richesses à ses pieds : « Ouvrant leur coffrets, ils lui offrirent en présent de l’or, de l’encens et de la myrrhe ». Toutefois, les cadeaux apportés par les mages à Jésus peuvent aussi s’expliquer par référence à l’Ancien Testament. On troue en effet, dans le livre d’Isaïe, l’oracle suivant : « Mets-toi debout… car elle arrive, ta lumière… Les nations vont marcher vers ta lumière et les rois vers la clarté de ton lever… Tous les gens de Saba viendront, ils apporteront de l’or et de l’encens, et se feront les messagers des louanges du Seigneur. Mathieu ne reprend pas textuellement cette citation, mais il procède souvent par allusion et, ici, dans ce contexte, l’allusion est claire : Jésus est bien ce nouveau Messie attendu depuis si longtemps. Dans cette perspective, comme le rappelle également l’allusion implicite à Isaïe, l’offrande de ces parfums, notamment l’encens et la myrrhe, reflétait les offrandes de toutes les nations à ce roi nouveau-né. La myrrhe appartient à l’herbier du Scorpion.

18 - LE CEDRE DU LIBAN

Le cèdre du Liban

Le cèdre du Liban est cité cent trois fois dans la Bible. Voici ce qu’on trouve dans Ezéchiel : « Ainsi parle le Seigneur, l’Eternel : j’enlèverai, moi, la cime d’un grand cèdre, et je la placerai, j’arracherai du sommet de ses branches un tendre rameau et je le planterai sur une montagne haute et élevée. Je le planterai sur une haute montagne d’Israël ; il produira des branches et portera du fruit, il deviendra un cèdre magnifique. Les oiseaux de toute espèce reposeront sous lui, tout ce qui a des ailes reposera sous l’ombre de ses rameaux ».  Salomon, vers 976 avant Jésus-Christ, utilisa largement le cèdre du Liban, en planches, en poutres, en caissons pour la construction du premier Temple de Jérusalem : « Il garnit de planches de cèdre la face interne des murs du Temple, depuis le sol du Temple jusqu’aux poutres du plafond, il mit un revêtement de bois à l’intérieur, et il couvrit e planches de genévrier le sol du Temple ». Comme tous les arbres géants, le cèdre du Liban appartient au Sagittaire.

19 - LES LENTILLES

Les lentilles

C’est dans le Livre de la Genèse qu’on trouve cette extraordinaire histoire de lentilles. En fait, elle traite du droit d’aînesse à une période où la famine sévissait en Israël. Elle fait intervenir quatre personnages : les parents, Rebecca et Isaac, et leurs deux jumeaux Esaü et Jacob. Esaü rentre de chasse bredouille et il a très faim. Jacob prépare le repas et accepte de nourrir son frère affamé avec un plat de lentille, à condition qu’il lui cède son droit d’aînesse, c’est-à-dire l’héritage de la famille. A l’époque, la tradition voulait que ce soit l’aîné qui hérite. Esaü accepte mais leur père Isaac ne le sait pas. Il perd son droit d’aînesse, tout cela pour manger des lentilles, d’où l’expression « Perdre son âme pour un plat de lentilles ». Au total c’est quatre fois que les lentilles sont citées dans la Bible. La lentille pourrait bien être liée à la Vierge.

20 6 LA GRENADE

La grenade

Dans la Bible, la grenade passe pour un des sept fruits importants qui étaient une bénédiction pour la Terre promise d’Israël. Selon la description dans l’Exode, entre les versets 28 à 33, les grenades étaient une partie de l’Ephod, c’est-à-dire un vêtement de cérémonie, pour le grand prêtre dont Dieu avait ordonné la confection au peuple d’Israël. Les chapiteaux des deux colonnes en minerais Jachin et Boas devant le temple de Salomon étaient décorés de deux rangées de grenades. Le premier roi d’Israël, Saul, habita un certain temps sous un grenadier. Dans le Cantique des Cantiques de Salomon, le mot « grenade » est utilisé plusieurs fois pour décrire la beauté féminine. Pour finir, on trouve aussi le grenadier chez les prophètes, dont Joël et Hag. La grenade et le grenadier appartiennent au signe du Scorpion.

VIGNE ROUGE

Ce n’est qu’une petite approche des végétaux présents dans la Bible. Il y aurait environ cent trente espèces nommées explicitement dans la Bible et seulement deux fleurs : le lis et la rose, mais celle-ci est souvent confondue avec le narcisse.

SAUGE DE JERUSALEM

Sauge de Jérusalem

Bibliographie

Nos grand-mères savaient – La vérité sur les plantes et la vie naturelle – Jean Palaiseul – Editions Robert Laffont

 

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DANS L’HERBIER DU LION… L’AGAPANTHE

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 16-08-2016

Agapanthe vient du grec « agapé » qui signifie « amour » et « anthos » qui veut dire « fleur ». L’agapanthe est donc la fleur qui symbolise l’amour. Et cette merveilleuse ombelle florale n’a pas fini de nous faire rêver car elle est d’une beauté absolue en plus d’être la fleur de l’amour.

Quant au Lion, il est le signe de l’Amour et de la passion, via la Maison V dont il a la maîtrise. Ensuite, cette couleur bleue peut dérouter car ce n’est pas une couleur Lion. Cependant, c’est oublier que Neptune, Maître des Poissons, dont la couleur est le bleu, est exaltée dans le Lion.

L’Agapanthe nous est parvenue des magnifiques jardins du Cap de Bonne Espérance. C’est au XVIIe siècle que des navigateurs hollandais nous ont rapporté cette plante et c’est au naturaliste Lewis Palmer qu’on doit les premiers hybrides adaptés à nos climats.

AGAPANTHE

L’agapanthe la fleur de l’amour

Plus tard Monet les immortalisera dans certains de ses tableaux et bien sûr les mettra en valeur dans son merveilleux jardin de Giverny, aux portes de la Normandie. Mais ce sont aussi les fleurs stars de l’Ile de Bréhat en Bretagne, notamment dans les Côtes d’Armor.

L’agapanthe appartient à la famille des Amaryllidacée. C’est une très belle plante vivace, pourvue de racines charnues. Elle pousse en touffe compacte. Ses fleurs sont d’une esthétique absolue, avec un très beau feuillage rubané vert foncé. L’agapanthe fleurit en ombelles blanches ou bleues, de 15 à 20 cm de diamètre, ses grandes hampes florales mesurent parfois plus d’un mètre. 

Comme c’est une fleur du soleil, l’agapanthe nécessite une exposition ensoleillée, abritée, et une protection hivernale dans les régions les plus froides. Si on la cultive en pot, elle pourra être rentrée pendant les gelées. Il faut savoir que l’agapanthe résiste difficilement en dessous de – 5° C.

BORDURE D'AGAPANTHES

Bordure d’agapanthes

Cependant, l’agapanthe peut se montrer rustique et n’est pas réservée aux seuls jardins de Bretagne ou du Midi. Elle trouve maintenant sa place dans tous les jardins. Malgré ses origines sud-africaines, elle semble peu frileuse, il suffit de faire le bon choix pour la placer comme il lui convient dans le jardin. Et puis, de nos jours, de nouvelles variétés ont été crées, bien résistantes au froid, aussi à l’aise en pleine terre qu’en pot, même en climat un peu rude. Après l’hiver, l’agapanthe renaît avec une belle vitalité alors qu’on la croyait disparue. Cette belle surprise se reproduit tous les ans. 

Sécheresse, plein soleil, l’agapanthe résiste à tout. Elle est aussi généreuse en feuillage qu’en floraison et se marie avec tous les décors pourvu qu’ils soient baignés de soleil. Elle séduit tous les jardiniers par son effet spectaculaire et sa facilité d’entretien. Elle supporte sans protester la sécheresse estivale et même les oublis d’arrosage.

AGAPANTHE 2

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DANS L’HERBIER DU CANCER… LA LAITUE

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 08-07-2016

On l’appelle aussi Lactuca sativa, mais aussi Herbes des sages, herbe des philosophes, et même l’herbe des eunuques. On la surnomme encore « laitue-boussole » parce que ses feuilles s’orientent vers le soleil à midi en lui présentant leur tranche.

Voici ce que répondait l’empereur romain Dioclétien, après son abdication, à un ami qui le suppliait de revenir au pouvoir : « Si tu voyais les belles laitues que je fais pousser, tu ne me presserais pas tant à reprendre ce fardeau ! ». Rien que pour cela, ce légume mériterait de figurer au palmarès des plantes.

LAITUE

Lactuca sativa ou laitue

Depuis la plus lointaine Antiquité, la laitue est surtout connue pour ses propriétés narcotiques qui, d’une part facilitent le sommeil, mais d’autre part, exercent une action sédative sur l’appareil génital, ce qui évidemment, au temps de l’érotisme-roi, ne sera pas du goût de toute le monde.

Selon la légende, c’est Junon, déesse-reine de l’Olympe, épouse de Jupiter, qui prôna les vertus narcotiques de la laitue en mettant au monde sa fille Hébé. Un accouchement qui se passa sans douleurs grâce à la laitue sauvage que la déesse avait mangée juste avant. Junon est la déesse du Taureau, lieu d’exaltation de la Lune.

HEBE - LA DEESSE DE LA JEUNESSE

La déesse Hébé qui personnifie la jeunesse

Hébé est donc la fille de Jupiter et de Junon, une déesse qui personnifiait la jeunesse, la vitalité et la vigueur des jeunes. Elle protégeait les jeunes mariées. Son équivalent romain est Juventas. Jupiter lui donna comme époux Héraclès, l’Hercule romain.

Avec la laitue, on est de plein pied dans le monde de la Lune et du Cancer. Le Cancer n’est-il pas le signe le plus rêveur du zodiaque qui a besoin de dormir plus que tout autre signe, ensuite la Lune régit l’appareil génital, notamment des femmes. Et puis, le lait que secrète la laitue est également l’aliment Cancer et Lunaire par excellence.

Pour en revenir aux Anciens médecins, Hippocrate l’indiquait comme calmant. Et Galien déclarait : « Venant vers l’âge auquel temps on ne dort si bien qu’en jeunesse, j’étais fort fâché de ne pouvoir dormir ; contre lequel ennui, je n’ai trouvé aucun meilleur remède que de manger de laitue le soir ».

Desséché au soleil, le suc laiteux de la laitue forme une masse brunâtre qu’on nomme le lactucarium que Dioscoride, Columelle et Galien utilisaient comme calmant et antispasmodique. Savez-vous que pendant longtemps le lactucarium remplaça l’opium ans les cures de désintoxication.

Suétone rapporte qu’on éleva une statue à Musa, médecin d’Auguste, pour avoir guéri cet empereur de la mélancolie en lui faisant manger de la laitue. En même temps, les Pythagoriciens la baptisaient « plante es eunuques » et Dioscoride recommandait son suc pour tempérer la luxure.

Au Moyen Age, la laitue passe pour augmenter le lait des nourrices et « éteindre l’ardeur de la paillardise ». Si bien qu’à travers les siècles s’établit sa réputation de saper la puissance génératrice et de nuire à la fécondité, ce qui conduit à se défier d’elle comme du nénuphar « destructeur du plaisir et poison de l’amour ».

Pourtant, ce préjugé ne résiste pas au bon sens. « Il suffit, pour se rassurer à cet égard de voir les villageois manger tous les soirs une ample salade de laitue au milieu d’une nombreuse famille », nous dit le docteur Cazin, et il est évident que ce n’est pas une portion, même double, de salade de laitue qui risque de compromettre le capital amoureux, même si certains ermites, dit-on, faisaient appel à la laitue pour supporter les rigueurs du célibat. Ils ont dû en consommer à hautes doses, même si les médecins l’ont prescrite contre le priapisme, la spermatorrhée ou l’excitation sexuelle involontaire chez la femme, ce ne peut être que sous la forme concentrée de lactucarium, autrement dit du suc ou latex blanc qui coule de la plante, la posologie n’ayant, dans ces cas-là, rien de comparable avec les faibles quantités de produit actif enfermées dans une bonne ration de salade.

La laitue sauvage est un hypnotique léger conseillé chez les enfants. Elle calme l’excitation nerveuse et la toux, ainsi que les cauchemars. Elle est également recommandée contre les palpitations et régule les fonctions digestives.

LA ROMAINE 2

La romaine est une laitue

Outre les vitamines que la laitue apporte à l’organisme, elle est également reconnue pour ses vertus rafraîchissantes et émollientes. Elle favorise également la digestion et le transit intestinal. Pour qui est sujet à la constipation, mieux vaut consommer la laitue le soir pour faciliter le repos et l’évacuation du bol intestinal le lendemain matin.

On lui reconnait également des effets bénéfiques contre la rétention d’urine et les engorgements viscéraux. Elle calme les inflammations douloureuses du foie, de la vésicule biliaire et des intestins. Sous forme d’alcoolature, c’est-à-dire une macération dans l’alcool, la laitue pourrait diminuer de 30 % le taux e glycémie chez les diabétiques.

On peut l’utiliser en décoction : trois tasses par jour, entre les repas. On peut, selon la saison, on peut remplacer la laitue par sa graine qui faisait partie des quatre « semences froides » de l’ancienne pharmacopée : 20 à 30 grammes pour un litre d’eau, faire bouillir dix à quinze minutes, à raison de trois tasses par jour.

A l’extérieur, la décoction de plante fraîche ou de graines est employée en lotions ou compresses contre l’acné, l’érysipèle, les furoncles, les inflammations de la peau en général, et l’ophtalmie. Elle sert, enfin, à ose éventuellement plus forte, d’eau de beauté adoucissante qui satine la peau et calme les coups de soleil.

FEUILLES DE LAITUE FARCIES DE JAMBON PUREE

Feuilles de laitue farcies de jambon et de purée

Pour bien déguster une laitue, il faut la couper au fur et à mesure de son développement et la consommer immédiatement. On peut la conserver deux jours au réfrigérateur. Le plus souvent nous consommons la laitue crue en oubliant qu’elle est tout aussi délicieuse cuite. Par exemple, c’est la laitue qui confère cette onctuosité aux petits pois et carottes. Elle participe aussi à la réalisation de très bons potages et on peut même en farcir ses feuilles comme on le fait avec des feuilles de chou.

Enfin, sachez qu’en plus d’être très digeste, et c’est aussi pourquoi elle est recommandée dans les régimes, la laitue apporte 13 kcal/100 g et contient un peu de calcium. Elle est aussi riche en vitamine B9, en vitamine C et en bêta carotène.

La laitue appartient à la famille des Astéracées dont certaines espèces sont cultivées pour leurs feuilles tendres consommées en salade verte. Il existe plus de cent espèces de laitues, dont la romaine et la feuille de chêne.

Dans le calendrier républicain, la laitue était le nom attribué au 16e jour du mois de Germinal.

LAITUE ET FEUILLE DE CHENE

Bibliographie

Nos grand-mères savaient – La vérité sur les plantes et la vie naturelle – Jean Palaiseul

 

 

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DANS L’HERBIER DES GEMEAUX… LE MYOSOTIS

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 08-06-2016

Une légende raconte qu’un chevalier et sa dame se promenaient le long d’une rivière, attiré par une jolie fleur bleue, il se pencha pour la cueillir mais perdant l’équilibre à cause du poids de son armure, il tomba à l’eau. Comme il se noyait, il lança la fleur à sa dame en criant « Ne m’oubliez pas ». Et c’est ainsi que le myosotis est devenu la fleur du souvenir. C’est pourquoi en anglais on la nomme « forget me not », en italien «  non ti scordardime », mais l’allemand emploie la même formule, l’espagnol, le polonais, le danois, le roumain, le néerlandais également.

En France cette charmante fleur bleue s’appelle aussi « grémillet », « herbe d’amour », « oreille de souris » et même « scorpione ». Cependant, le terme « oreille de souris » est le sens du mot grec « muosôtis », et correspond donc à l’étymologie du nom.

MYOSOTIS BLEU

Le myosotis bleu

Dans le langage des fleurs, le myosotis signifie l’amour sincère, mais aussi l’inquiétude de ne plus être aimé, ou encore le souvenir fidèle.

Le myosotis fait partie de la famille des Borraginacées et est originaire d’Europe. Sa floraison, en petits bouquets au cœur clair, est en général printanière. Il forme une touffe aux feuilles lancéolées et rugueuses. Il mesure entre 15 à 30 cm et fleurit d’avril à juin et jusqu’en octobre pour certaines variétés et selon le climat.

MYOSOTIS - DIFFERENTES COULEURS

Bleu, blanc, rose… le myosotis

La plupart des espèces sauvages ont des fleurs de couleur bleue, mais si le myosotis est cultivé, elles peuvent aussi être roses ou blanches. C’est une plante facile d’entretien qui ne demande pas beaucoup d’arrosage. Elle illumine les jardins, les balcons, les terrasses par ses jolies fleurs qui éclatent au printemps. Le myosotis est souvent utilisé en rocaille, bordure ou plate-bande. C’est une plante vivace qui se ressème toute seule et devient envahissante, on ne peut donc l’oublier.

Bon à savoir, le myosotis forme un excellent binôme avec le framboisier, empêchant ainsi la venue de vers sur l’arbre fruitier s’il est planté à ses pieds.

Durant la seconde guerre mondiale, l’Allemagne nazie persécuta également les francs-maçons qui abandonnèrent leurs symboles traditionnels, le compas et l’équerre, et adoptèrent pour se reconnaître entre eux une petite fleur de myosotis. Aujourd’hui, ils utilisent toujours ce symbole en souvenir des membres décédés lors de cette triste époque. D’une manière générale, on le voit, le myosotis évoque le souvenir. C’est pour cette raison que cette fleur est l’emblème de différents groupes et causes en relation avec l’oubli.

C’est ainsi que la Société Alzheimer, cette maladie dégénérescente qui fait progressivement perdre la mémoire, a fait du myosotis son symbole. Cette petite fleur bleue est également devenue l’emblème de la « Journée mondiale des enfants disparus » qui a lieu le 25 mai. Une fondation belge, Child Focus, commémore chaque année cette journée en Belgique et distribue gratuitement des myosotis sous forme de broches, d’autocollants et de sachets de graines.

En 2015, les fleurs de myosotis furent également choisies pour célébrer le centenaire du génocide arménien parce qu’elles « expriment la notion de souvenir éternel ».

MYOSOTIS - PLANCHE BOTANIQUE

Le myosotis – Planche botanique

Myosotis était également le nom d’une naïade de la mythologie grecque. Les naïades étaient des nymphes aquatiques qui vivaient dans les eaux douces, en particulier les rivières, les sources et les fontaines. Et le myosotis pousse particulièrement bien dans ces lieux humides. Les naïades faisaient l’objet d’un culte particulier.

Plus près de nous, c’est la couleur du myosotis qui est utilisée pour décrire les yeux du Capitaine Crochet dans Peter Pan de James Barrie.

MYOSOTIS - DETAIL

 

 

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DANS L’HERBIER DU TAUREAU… LA CONSOUDE

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 16-05-2016

Voici une plante qui répond à bien des noms. Elle est tout aussi bien consoude officinale ou symphytum officinal, grande consoude, langue de vache, oreille d’âne, herbe aux coupures, herbe aux charpentiers, herbe à la couture, toute-bonne.

Cependant son nom officiel indique bien à quoi elle sert : souder, est, bien sûr, sa vertu principale. Pline affirmait que si on mettait sa racine à bouillir avec de la viande hachée, celle-ci serait reconstituée en un seul morceau  et les anciens traités médicaux la disent « propre à réunir les plaies ». Depuis des millénaires, on l’emploie donc pour cicatriser les blessures et les ulcères, également pour consolider les fractures, cette dernière indication étant celle qui est retenue par l’homéopathie laquelle définit « Symphytum officinale » comme « remède important dans les traumatismes osseux ».

LA CONSOUDE

La consoude

La consoude peut atteindre jusqu’à 80 cm de haut. Elle pousse dans les prairies humides, au bord des ruisseaux et des fossés. Ses tiges raides, anguleuses et creuses, sont recouvertes de poils rudes que l’on retrouve également sous la face inférieure des feuilles, allongées et pointues, disposées de façon alternée ; ses fleurs, à corolle tubulaire rouge violacé ou blanc jaunâtre, forment des petits bouquets serrés s’inclinant au bout d’une tige, elle aussi, très velue. Sa racine, épaisse, noire extérieurement, blanche et visqueuse intérieurement, est la seule partie qu’on utilise, fraîche ou séchée.

Les Grecs de l’Antiquité pensaient que cette plante pouvait soigner tous les organes blessés. Cette plante est utilisée depuis la nuit des temps puisqu’on en a retrouvé la trace dans la nourriture des hommes des cavernes. Malheureusement, elle est tombée en désuétude mais avait connu un renouveau, au XIXe siècle, dans les pays anglo-saxons. Elle sert depuis longtemps à nourrir les animaux : chevaux, vaches, cochons, poules qui pondent plus et mieux. En effet, la plante peut être consommée fraîche ou séchée, en fourrage, car elle est riche en protéines. Les romanichels la cultivaient partout où ils passaient. Avec la consoude, ils « retapaient » les vieilles carnes qu’ils achetaient à bas prix et les revendaient bien plus cher quelques semaines plus tard.

Un conte du Moyen Age met en évidence ses vertus astringentes. Il rapporte qu’une servante, la veille de son mariage, s’était préparé un bain avec une forte décoction de consoude afin de retrouver sa virginité depuis longtemps perdue. Or, ayant omis de tenir sa maîtresse au courant du but essentiel de cette opération, celle-ci se plongea dans le même bain, il faut dire que l’eau était rare à l’époque, et obtint un tel résultat que son mari « ne fut pas médiocrement surpris de lui trouver une virginité nouvelle ».

Fernel, médecin de Henri II, que l’on nommait « le Gallien français », tenait la consoude en telle estime qu’il la préconisait pour soigner en chirurgie les traumatismes avec fractures. C’est un astringent léger qui est fort conseillé dans les cas d’hémoptysie, d’hémorragie utérine sans gravité, de diarrhée bénigne. Le Docteur Leclerc l’utilisait dans l’entérite tuberculeuse, l’ulcère à l’estomac, pour assécher les bronches en cas de bronchite ou d’infection pulmonaire.

SAINTE HILDEGARDE DE BINGEN

Sainte Hildegarde de Bingen

Quant à la grande herboriste Hildegarde de Bingen qui vécut entre 1098 et 1179, voici ce qu’elle disait de la consoude : « Si l’on a un membre cassé ou blessé, ou couvert d’ulcère », manger de la consoude. Mais la consoude prise sans raison renvoie la pourriture à l’intérieur : c’est comme si on jette des pierres dans un grand fossé pour empêcher l’eau de s’en aller, et alors la vase s’installe au fond ». Sainte Hildegarde de Bingen est considérée comme la première vraie phytothérapeute moderne.

De nos jours, elle pourrait être encore employée pour calmer rapidement les douleurs des brûlures, pour activer la cicatrisation des plaies, pour soigner les ulcères variqueux, les gerçures des seins, les fissures anales, si à la pharmacie on ne s’entendait pas répondre que cette plante n’existe plus, visiblement il est plus rentable de vendre des crèmes qui n’ont aucun effet mais coûtent fort cher, d’autant que la consoude soulage aussi les articulations enflammées, résorbe les hématomes consécutifs à un coup ou à une chute. En cas de phlébite, elle était aussi utilisée afin d’en diminuer les séquelles.

LA CONSOUDE - PLANCHE BOTANIQUE

La consoude – Planche botanique

On peut utiliser la consoude aussi bien en usage interne qu’en usage externe. Dans la première hypothèse : il faut une cuillerée à soupe pour ¼ de litre d’eau froide. On fait bouillir 2 à 4 minutes. On retire du feu et on laisser infuser 10 minutes. Boire deux tasses par jour, loin des repas, et sucrer avec du miel d’acacias de préférence. Pour un usage externe : il faut procéder à une décoction de racines : 100 à 200 grammes par litre. Faire bouillir 10 à 12 minutes et laisser infuser ¼ d’heure, applications locales en lotion.

La consoude aime les terres profondes du fait du développement important de ses racines, car elle va chercher loin ses éléments nutritifs. Sa racine, une fois installée, plonge à 1,5 mètres et même parfois jusqu’à deux mètres de profondeur. Aucune plante herbacée ne s’enfonce aussi loin. Une fois qu’elle a pris racine, au bout de près de deux à trois ans, elle ne craint plus rien, mais il faut quand même veiller à ce qu’elle ait un arrosage suffisant, à lui apporter de l’azote, sous forme de purin d’orties, et à désherber autour d’elle. Par ailleurs, elle est elle-même un excellent engrais, riche en potasse et donc très complémentaire de l’ortie qui est riche en azote. Lors des plantations, prenez quelques feuilles fraîches d’ortie et une ou deux de consoude, coupez-les en morceaux et mettez-les directement au fond du trou de la plantation. La plante ne reprendra que mieux.

LA CONSOUDE ET SA RACINE

Bibliographie

Nos grands-mères savaient – La vérité sur les plantes et la vie naturelle – Jean Palaiseul – Editions Robert Laffont

 

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ASTROLOGIE ET BOTANIQUE

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 24-04-2016

Pour les anciens Grecs la connaissance des astres était la mère de toute la sagesse du monde. Dans l’Antiquité gréco-romaine, l’astrologie faisait donc partie du bagage des scientifiques : médecins, herboristes, mais aussi philosophes, théologiens, tous s’intéressaient à l’astrologie car cette science reliait directement l’homme au cosmos.

Ainsi Hippocrate (460-377 avant J.C.) disait : « Un bon médecin doit connaître l’astrologie ». Il était déjà soucieux de l’unité que dégage le corps humain et de son lien avec les astres tout en faisant intervenir la notion d’humeurs et la nécessité d’un équilibre entre celles-ci. Il pratiquait une astrologie médicale et choisissait le meilleur moment pour faire une intervention chirurgicale. Mais il observait aussi les phénomènes météorologiques.

De son côté, Pline l’Ancien (23-79), naturaliste romain, recensa toutes les plantes connues à son époque dans une grande encyclopédie dans laquelle il décrit plusieurs plantes « magiques », c’est-à-dire possédant un pouvoir spécial lié aux astres dont elles subissent l’influence. D’autres médecins et herboristes furent également marqués par l’astrologie.

LHOMME-ZODIAQUE-XVe-SIECLE

L’homme-zodiaque – Gravure du XVe siècle

Galien, né à Pergame (131-201), soignait d’après la nature des plantes. Pour lui, ce sont les opposés qui soignent. Dans son ouvrage « De metodo metendi » il écrit : « L’état du ciel, la saison de l’année, la région et le pays doivent être pris en considération lors du diagnostic et du traitement d’une maladie ».

On peut encore citer un moine dominicain allemand, Albert le Grand (1193-1280), devenu évêque de Ratisbonne. Il enseignait la théologie à Paris mais sa connaissance de la botanique et de l’alchimie étaient aussi très vastes. On lui a longtemps attribué le « Grand Albert » et le « Petite Albert », grimoires qui contiennent des indications astrologiques, des formules magiques concernant la cueillette des plantes, ainsi que les recettes pour rester robuste.

C’est vraiment au Moyen Age que l’astrologie prend toute son importance en Europe. A cette époque, la science est enseignée dans les universités de Tolède et de Cordoue, en Espagne. A la Renaissance, le grand Paracelse pratiquait une médecine astrale, talismanique, alchimiste. Pour lui, le corps humain « est vapeur matérialisée par le soleil et mêlé à la vie des étoiles.

Au XVIIe siècle, Culpeper poursuit dans la même direction. Il affirme que l’utilisation des plantes médicinales doit se faire en accord avec les planètes. Mais à la fin du XVIIIe siècle, notamment avec l’arrivée de l’astronomie et d’une pensée plus rationaliste, l’astrologie ne fera plus partie des disciplines académiques.

En revanche, cette approche a laissé plus durablement son empreinte dans d’autres régions du monde. En Asie, les médecines chinoises, tibétaines, japonaises, toutes considèrent l’être humain comme un reflet du cosmos. Pour tous ces peuples asiatiques, « il faut s’aligner le plus possible sur les rythmes cosmiques pour éviter la maladie ». En Chine, au IIIe siècle avant J.C., il existait déjà un traité médical qui signalait que l’homme, comme les plantes, est traversé de courants d’énergie. Au Mexique, les peuples précolombiens, les  étaient tous fervents d’astronomie et d’astrologie. Chez les Mayas, tous les événements sont en corrélation directe avec les phénomènes astraux qui sont la base du calendrier. Pour eux « rien sur Terre ne peut se soustraire à la course du Soleil, aux cycles de la Lune et de Vénus… La vie, la mort, les récoltes, tout en dépend ».

Plus tard, chez les Aztèques, « toute décision importante était soumise d’abord aux astrologues et aux devins ». De même les médecins se servaient du jour et de l’heure où les symptômes étaient apparus, afin de déterminer le signe correspondant et trouver le « siège » de la maladie. Le corps humain était ainsi entouré de signes du zodiaque qui correspondaient aux différents organes. Selon la position des astres, il existait des jours favorables et des jours défavorables. Lorsqu’un enfant naissait, les parents faisaient venir un astrologue qui consultait  le « Tonalatl », leur calendrier divinatoire. Celui-ci décryptait aux parents les signes astraux sous l’influence desquels le destin de l’enfant était placé. Si celui-ci était né un jour « néfaste », on pouvait changer sa date de naissance et ainsi, à l’aide de différents rituels, briser un destin funeste.

LE PRINTEMPS DE BOTTICELLI - DETAIL

Le Printemps de Botticelli – Détail

Vertus magiques des plantes selon les planètes

De façon très ancienne, les hommes connaissant le pouvoir bienfaisant des plantes, ils ont recherché leur protection. Dès lors, les plantes étaient considérées comme magiques, censées à la fois protéger les personnes des maladies, mais aussi éloigner les sortilèges et les mauvais sorts dans une approche liant leurs propriétés aux astres dont elles subissaient l’influence. En voici quelques-unes :

UNE PLANTE DE SATURNE - LA RUE

Une plante de Saturne… la Rue

LA RUE

Placée sous l’influence de Saturne, cette plante rustique a toujours été utilisée dans des cérémonies d’ordre magico-religieux, dans un but de purification et pour éloigner les esprits néfastes. Les fumigations de rue sauvage sont très employées dans les pays arabes pour éloigner les esprits malins. Dans le sud-est du Mexique, les chamans s’en servent pour purifier un lieu ou une personne, pour dissiper les jalousies et les états de frayeurs.

UNE PLANTE DE MARS - LE BASILIC

Une plante de Mars… le Basilic

LE BASILIC

Cette plante magique est associée à la planète Mars. Son étymologie grecque « basilikon » signifie « plante royale ». En Inde, le basilic avait un rôle important : consacré au dieu Vishnou et à son épouse Laskmi, on lui fait des offrandes de riz et de fleurs. Le basilic est encore aujourd’hui présent dans la médecine ayurvédique. Au Mexique, dans l’Etat de Veracruz, les chamans utilisent les branches de basilic pour faire des « limpias » (nettoyage symbolique du corps du patient) afin d’ôter les mauvaises énergies.

UNE PLANTE DE VENUS ET DE MERCURE... LA VERVEINE

Une plante de Vénus et de Mercure… la Verveine

LA VERVEINE

A la fois influencée par Vénus et par Mercure, la verveine était censée ranimer la flamme dans le monde gallo-romain. Avec ses fleurs, on fabriquait des philtres d’amour irrésistibles. On la récoltait lors de la Saint-Jean et la coutume voulait que l’on danse autour d’un feu en portant des guirlandes de verveine et d’armoise. Ce rituel avait pour but d’éloigner les mauvais esprits et la malchance pour toute l’année.

LE MILLEPERTUIS

Une plante du Soleil… le Millepertuis

LE MILLEPERTUIS

Cette herbe médicinale et magique est associée au Soleil. Elle fait aussi partie des herbes de la Saint-Jean, puisqu’elle est récoltée le 24 juin à midi, lorsque le soleil est au zénith. Au Moyen Age, le millepertuis avait la réputation de chasser les fantômes et les démons. Elle était brûlée dans les feux rituels ou dans la cheminée pour éloigner la foudre. Une branche de millepertuis accrochée à la porte d’une maison protégerait des maladies.

PLANTES CHAMPETRES

Bibliographie : Plantes et Santé n° 98 – janvier 2010

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