DANS L’HERBIER DES GEMEAUX… LE PERSIL

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 16-06-2018

Voici une jolie légende née d’anciennes superstitions et qui comblera ceux qui cultivent du persil dans leur jardin car elle apporte à la fois une curieuse explication de sa lenteur à germer et un certificat de bonne conduite pour le jardinier : elle affirme en effet qu’il doit par sept fois aller trouver le diable et revenir sur place avant de commencer à pousser et qu’en fin de compte, il ne sortira de terre que s’il a été semé par un homme droit et honnête.

Comme la plupart des autres herbes aromatiques, le persil s’est vu attribuer des pouvoirs magiques, bénéfiques ou maléfiques, selon les époques et les pays. Les Grecs le faisaient figurer aux banquets de funérailles et en couronnaient les vainqueurs des jeux isthmiques. Pour les Romains, il provoquait la stérilité et donnait le haut mal, c’est-à-dire l’épilepsie aux enfants si leurs mères en mangeaient pendant qu’elles allaitaient. Au Moyen Age, on était certain de condamner à une mort rapide l’ennemi dont on prononçait le nom en arrachant une racine de persil et il est probable que c’est en raison de cette vieille pratique de sorcellerie qu’aujourd’hui encore bien des personnes se refusent à transplanter du persil parce que « cela porte malheur ».

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Double le persil : Persil plat et Persil frisé

Heureusement pour la gastronomie et la santé, ces croyances n’ont pas empêché le persil de conquérir rapidement une situation privilégiée dans l’art culinaire : « Il nage à tous coups sur les potages » note Pline et Gallien de dire « il n’y a herbe plus commune au service de table », et de la garder au fil des siècles pour notre plus grand bien puisque d’éminents spécialistes de l’alimentation ont écrit sur lui : « On peut sans exagération, le considérer comme l’un des plus précieux aliments de sécurité que la Nature a mis généreusement à la disposition de l’espèce humaine ».

Le persil faisait partie des plantes dont la culture était recommandée dans les domaines royaux de Charlemagne, notamment dans le Capitulaire De Villis, c’est-à-dire entre le VIIIe et le début du IXe siècle.

Voici ce qu’en disait un Dictionnaire botanique et pharmaceutique du début du XVIIIe siècle de Dom Nicolas Alexandre (1716) :

« PERSIL : est une plante potagère et médicinale. […] Le Persil est chaud et dessiccatif, atténuant, apéritif, détersif, diurétique et hépatique. Son principal usage est dans l’obstruction du poumon, du   foie, de la rate, des reins, de la vessie, la jaunisse, la cachexie, le calcul, la gravelle, la suppression d’urine et des mois. […] Les feuilles de Persil sont résolutives et vulnéraires : c’est pourquoi on les applique avec grand succès sur les coupures si profondes qu’elles soient ; et sur les contusions après les avoir froissées entre les doigts, comme aussi sur les mamelles pour faire perdre le lait aux femmes nouvellement accouchées ; elles font résoudre les tumeurs chaudes ; et spécialement les contusions des yeux. Ces feuilles récentes répandues sur l’eau des étangs ou des fontaines, recréent et réjouissent les poissons malades ».

Le côté Gémeaux du persil est tout à fait perceptible puisqu’il existe deux types de persil : le persil plat plus riche en arômes que l’on va utiliser en le cuisant pour parfumer un plat ; le persil frisé », plus esthétique, qui finement ciselé sera utilisé pour la touche finale et la décoration d’un plat.

Au-delà de rehausser le goût de nos assiettes, le persil, comme la plupart des épices et des aromates, est un véritable concentré de vitamines et de minéraux, ce qui lui confère de multiples bienfaits pour la santé.

LES RACINES DE PERSIL

Les racines de persil

Le persil est une espèce de plante herbacée de la famille des Apiacées ou Ombellifères, du genre Petroselinum. Il est couramment utilisé en cuisine pour ses feuilles très divisées et, en Europe centrale, pour sa racine pivot. C’est également une plante médicinale. C’est une plante bisannuelle, de 25 à 80 cm de haut, très aromatique au froissement, et à l’odeur caractéristique.

Les tiges sont striées et les feuilles sont glabres. Les feuilles d’un vert luisant sont doublement divisées, surtout celles de la base, les feuilles supérieures ayant souvent seulement trois lobes étroits et allongés. Les fleurs, d’une couleur jaune verdâtre tirant sur le blanc en pleine floraison, sont groupées en ombelles composées comprenant huit à vingt rayons. La racine allongée de type pivotant est assez développée. Elle est jaunâtre, d’une odeur forte et aromatique.

LA PETITE CIGUE

La petite ciguë

Attention toutefois, car le persil à feuille plate peut être confondu avec la petite ciguë, plante toxique de la même famille. La petite ciguë ressemble beaucoup au persil par ses feuilles, mais s’en distingue par des traces rougeâtres à la base des tiges et par son odeur peu agréable.

Le persil est une plante spontanée en Asie du sud-ouest, en Afrique du Nord, mais largement cultivée dans toutes les parties du monde. On peut la trouver à l’état spontané ou naturalisé, çà et là sur les cinq continents.

Le persil est une plante riche en huile essentielle dont le constituant majoritaire est l’apiol, qu’on appelle aussi « camphre de persil », également présent dans les fruits. Les feuilles du persil sont riches en vitamines A et C, soit deux fois plus que le kiwi et trois fois plus que le citron.

LE PERSIL - PLANCHE BOTANIQUE

Le Persil – Planche botanique

Le persil frais est utilisé comme garniture mais aussi comme assaisonnement. De cette façon, il participe à l’élaboration d’une marinade, le plus souvent haché. Il ornera également les plats de poissons bouillis, ou même de viandes bouillies. Pour une garniture de persil frit, il faut le laisser frire deux minutes. Voilà un accompagnement de plats de poissons frits, ou autres fritures. On peut également le préparer en gelée, aussi bonne au goût que pour ses bienfaits. Le persil est l’un des composants du bouquet garni et des fines herbes. Le persil plat est appelé « à l’italienne ».

Les feuilles de persil jouent un rôle majeur dans la cuisine levantine qui les utilise comme légume et pas seulement comme condiment, en particulier pour la confection du taboulé libanais.

Certaines variétés de persil ont été sélectionnées pour leur racine comestible : le persil à grosse racine, persil tubéreux ou persil-rave.  Sa racine charnue, à chair blanche, semblable à la taille du panais ou de la carotte, d’environ 15 cm, à une préparation semblable à celle du salsifis ; elle peut servir en légume d’accompagnement ou pour un pot-au-feu. Sur les hauts plateaux de Madagascar, parmi les nombreux jus naturels, on trouve le jus de persil, riche en calcium et en vitamine. En effet, sur ces hauts plateaux granitiques et donc très pauvres en calcium, les carences en cet élément sont courantes.

Il existe aussi les graines de persil, dit de Macédoine, qui ont dû être utilisées comme reconstituant dans la pharmacopée maritime au XVIIIe siècle.

Dans le calendrier républicain français de la Révolution, le 22e jour du mois de Ventôse était officiellement dénommé « jour du persil ». « Persil » était aussi un prénom révolutionnaire, dans sa version masculine, et « Persile » dans sa version féminine. Le prénom masculin disparut après 1794 alors que le prénom féminin sera encore utilisé au XIXe siècle, assez rarement quand même.

LE PERSIL DANS LA CUISINE

Bibliographie

Nos grand-mères savaient – La vérité sur les plantes et la vie naturelle – Jean Palaiseul – Editions Robert Laffont

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DANS L’HERBIER DU BELIER… LA FIGUE DE BARBARIE

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 30-03-2018

La figue de Barbarie tient une place importante dans les mythologies mésoaméricaines du centre du Mexique. Elle est notamment le symbole du cœur des victimes des sacrifices humains dans la légende de la fondation de la capitale aztèque Mexico-Tenochtitlan.

FIGUES DE BARBARIE

Figues de Barbarie

La figue de Barbarie est le fruit d’un cactus mexicain et non d’un ficus. Elle est appelée « nopal » et figure dans les armoiries du drapeau mexicain. Elle était inconnue en Europe avant les voyages de Christophe Colomb en Amérique. Elle fut décrite pour la première fois en 1535 par l’Espagnol Gonzalo Fernandez de Oviedo y Valdés dans son « Histoire des Indes occidentales ». C’est sa morphologie insolite qui frappa les premiers conquistadors.

La figue de Barbarie a une saveur subtile, douce et légèrement sucrée. Elle est de forme oblongue et de couleur orangée lorsqu’elle est à maturité. C’est l’aliment plaisir de la fin de l’été et elle accompagne avec succès le sucré comme le salé. De plus, ses qualités nutritionnelles sont remarquables.

Outre les fruits, c’est l’élevage de la cochenille qui attira l’attention des découvreurs du continent. Cependant,  cet élevage ne fut réussi qu’au XIXe siècle et se répandit d’abord dans les jardins botaniques comme curiosité.

Cette figue est cultivée à grande échelle au Maghreb, en Chine et au Mexique. Cependant, la figue de Barbarie y était inconnue avant 1492, date de la découverte des Amériques et ne s’y est développée à grande échelle qu’à partir du XIXe siècle. Et puis, elle est également très populaire dans le pourtour méditerranéen, notamment dans les régions chaudes d’Italie : la Sicile, la Sardaigne, les Pouilles où elle est consommée localement, mais aussi exportée. En Italie, on l’appelle « fico d’India », « figue d’Inde ». Dans la nature ce fruit sert d’aliment à de nombreuses espèces animales : rongeurs, oiseaux et insectes.

La figue de Barbarie ou « poire cactus » est une baie charnue produite par le figuier de Barbarie, un cactus originaire du Mexique, volontiers invasif. Crue ou en jus dans nos cuissons, elle apporte toujours une touche d’exotisme et d’originalité aux cuisines les plus simples.

Par ailleurs, la figue de Barbarie apporte de la vitamine C, mais aussi des minéraux et des oligo-éléments. Sa teneur en fibres est élevée et son apport calorique est faible. On la trouve d’août à octobre. Les épines présentes sur sa peau rendent sa récolte longue et difficile, ce qui explique la rareté de ce fruit sur nos marchés.

FIGUIER DE BARBARIE

Figuier de Barbarie

Les bienfaits de la figue de Barbarie sur la santé sont nombreux : tout d’abord, elle régule le transit car elle apporte des fibres en quantités considérables, luttant ainsi contre la constipation. Ce fruit est un anti-oxydant par sa richesse en vitamine C ; elle permet donc un bon renouvellement cellulaire pour tous les tissus de l’organisme et aide à la lutte contre le vieillissement cellulaire.

La figue de Barbarie est hydratante : composée d’une grande quantité d‘eau, c’est un fruit qui désaltère, complétant parfaitement une bonne hydratation par l’eau et permet de maintenir en forme. C’est le fruit idéal pour l’été.

Riches en sucres, les fruits de la famille des « oponces », dont fait partie la figue de Barbarie, sont aussi utilisés pour élaborer des boissons fermentées ou des alcools, dont la fameuse tequila. D’autres variétés d’oponces sont utilisées dans l’industrie, ou l’ont été. Une de ces variétés servait à élever la cochenille, minuscule insecte qui, une fois broyé, fournit un colorant rouge de qualité. Cette technique était déjà utilisée quatre siècles avant notre ère.

La figue de Barbarie entre dans la composition de produits dérivés : des huiles très nourrissantes pour la peau, à base de fleurs ou de fruits. Et puis, en Sicile, le « Fico d’India » ou « Ficodi » est une liqueur fabriquée à partir de ces fruits.

L’huile de figue de Barbarie est réalisée à partir des pépins du fruit et la production en Afrique du Nord (Tunisie, Maroc, Algérie…) s’est beaucoup développée ces dix dernières années. Elle est riche en acide linoléique, acide gras de type Oméga 6, et est utilisée en cuisine.

LES RAQUETTES DE FIGUE DE BARBARIE

Les raquettes de la figue de Barbarie

Au Mexique, on produit et consomme les jeunes raquettes, les « nopalitos », elles sont riches en cuivre, magnésium, fer et vitamine C. Leur effet est notoire pour réduire des taux de glucose sanguin, de cholestérol et de triglycérides indésirables.

Ce fruit contient également de la vitamine A, ce qui permet un bon renouvellement des tissus de l’organisme, ainsi que du magnésium qui permettra notamment d’entretenir les muscles, le système nerveux et de participer à une bonne digestion.

Toutefois, attention à ne pas consommer la figue de Barbarie en trop grandes quantités car ses graines peuvent provoquer des perturbations digestives et notamment des occlusions intestinales.

L’appellation « figue de Barbarie » trouve son origine dans le nom donné depuis le Moyen Age aux côtes du Maghreb, où le fruit s’est particulièrement bien implanté.

En Afrique du Nord, elle porte le nom de « karmouss nssara », ce qui signifie la « figue des Chrétiens ».

FIGUE DE BARBARIE DANS LE DRAPEAU MEXICAIN

La figue de Barbarie dans le drapeau mexicain

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DANS L’HERBIER DES POISSONS… L’AUNEE

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 25-02-2018

L’aunée est originaire d’Asie, mais implantée en Europe depuis des siècles. Les Romains la citaient comme condiment et médicament. Il y a fort longtemps, le fait que Louis Hébert, premier apothicaire à exercer son métier en Amérique du Nord et à cultiver les plantes médicinales dont les colons avaient besoin pour se soigner, expliquerait pourquoi l’aunée ne s’est guère répandue chez nous tandis qu’aux Etats-Unis, elle s’est acclimatée le long de la côte et dans les Etats du centre.

Cette plante appartient au genre Inula et à la famille des Asteraceae. Dans cette grande famille, les Inules se rapprochent des marguerites.

GRANDE AUNEE

La Grande Aunée

La légende, dans ses deux versions, rattache l’aunée à la Belle Hélène, soit que celle-ci ait tenu un bouquet d’aunée au moment de son enlèvement par Pâris, soit qu’elle ait versé des larmes dont serait née la plante. Dans la symbolique chrétienne, l’aunée est associée, en raison de ses pouvoirs médicinaux, à la guérison des péchés.

Un autre nom de l’aunée est « œil de cheval », ce qui renvoie probablement au fait qu’on a longtemps utilisé la plante pour soigner les chevaux, bien qu’il ne s’agissait pas de maladies oculaires, mais pulmonaires. L’aunée est aussi appelée « plante à escarres » et « panacée de Chiron ». Chiron était un Centaure à qui Jupiter avait donné le pouvoir de guérir. Chiron était donc un centaure-médecin. Enfin, l’aunée est également nommée « aromate germanique », ce qui laisse présager d’un usage assez important en Allemagne.

L’aunée est une belle plante vivace à fleurs jaunes, une sorte de modèle réduit du soleil dans nos jardins. Elle pousse dans les prairies grasses et ombragées, au bord des rivières garnies d’aunes, ce qui lui a valu son nom, dans les fossés, à l’orée des bois, mais elle tend à disparaître et on ne la trouve plus que dans les jardins, ou chez les herboristes.

AUNEE - PLANCHE BOTANIQUE

L’aunée – Planche botanique

Sa tige est épaisse et velue atteint souvent plus d’un mètre. Ses feuilles en ovale allongé sont vertes et ridées de nervures sur le dessus, cotonneuses et blanchâtres en dessous ; sa racine charnue, brune à l’extérieur, blanche à l’intérieur, peut peser plusieurs kilos ; c’est elle seule qu’on utilise, concassés et après séchage qui lui donne une couleur grisâtre et une odeur de violette.

La grande aunée fait partie des plantes comestibles. C’est sa racine qu’on apprécie en particulier car elle est très aromatique, utilisée fraîche ou séchée pour parfumer certains dessers. Cette racine, riche en inuline, est à la fois amère et tonique, d’où son nom de « quinquina » français parfois donné à la plante. Elle possède également des vertus médicinales. Hippocrate, Dioscoride et Galien signalaient déjà ses bons effets sur l’appareil respiratoire, mais aussi que les voies urinaires et même l’utérus. Plus tard, on découvrit son action que les organes digestifs, d’où les indications résumées dans un ancien traité : « Elle fait cracher les asthmatiques et soulage fort les pulmoniques. Elle est très utile dans les maladies de l’estomac. Elle est aussi hystérique et apéritive ; elle divise les matières épaissies et emporte les obstructions. C’est pour cela qu’elle pousse les règles et les vidanges supprimées. On ne l’emploie pas autrement de nos jours.

L'AUNEE

L’aunée – Le Soleil du jardin

Autrefois, on en faisait des conserves au sens médicinal à l’instar des conserves des roses de Provins. Sous cette forme et également en poudre, elle entrait dans la composition de l’opiat antiscorbutique, un des remèdes de la pharmacopée maritime occidentale au XVIIIe siècle.

Actuellement, ses racines sont actuellement utilisées en phytothérapie dans des indications à usage interne, pour lutter contre la toux et les inflammations de l’appareil respiratoires. Ses capacités antifongiques constituent un indicateur dans le traitement des dermatoses à champignons.

Antiseptique, calmant, asséchant les voies respiratoires, l’aunée sert à soigner tout ce qui s’appelle bronchite, toux, tuberculose pulmonaire, asthme bronchique, bien qu’elle ne serait pas tellement efficace pour l’asthme ordinaire.

Tonique, diurétique, diaphorétique, emménagogue, l’aunée a été utilisée pour soigner les néphrites, l’anémie, la fatigue en général, les règles douloureuses ou même l’absence de règles, les pertes blanches, les parasites intestinaux, la diarrhée, la goutte, ainsi que par voie externe : les dermatoses, les prurits, les ulcères, les escarres et la trachéite. Riche en inuline, un sucre non assimilable, l’aunée serait utile aux diabétiques, tout comme la chicorée sauvage ou barbe-de-capucin.

Cependant, l’usage de cette plante est particulièrement déconseillé aux femmes enceintes ou allaitant et il est recommandé de n’en prendre que sur prescription médicale en raison de ses effets non souhaités, tels que les diarrhées, les vomissements et les douleurs pelviennes.

Le rhizome d’aunée est très aromatique et se mange après l’avoir fait cuire dans plusieurs eaux pour atténuer un peu sa saveur. On peut également le râper pour parfumer une salade de fruits, des desserts, des liqueurs ou des gâteaux, comme ce gâteau d’herbes et de fruits confits. Enfin, ce rhizome se coupe en morceaux et se confie dans un sirop de sucre. Ainsi préparé, il est censé faciliter la digestion. Quant aux belles fleurs jaunes, elles peuvent être utilisées en garniture dans salades et plats divers. Les jeunes feuilles, encore tendres, se mangent après avoir cuit dans l’eau.

On peut aussi préparer du « vin d’aunée » qui est apéritif, tonique, stomachique, diurétique et béchique ; en voici la recette : faire macérer 80 grammes de racine dans un litre de bon vin blanc ou rouge pendant dix jours, en agitant fréquemment le bocal. Filtrer en ajoutant, ou non, du sucre selon votre goût : un verre à bordeaux avant le repas, midi et soir.

AUNEE

Bibliographie

Nos grand-mères savaient – La vérité sur les plantes et la vie naturelle – Jean Palaiseul – Editions Robert Laffont

 

 

 

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DANS L’HERBIER DU VERSEAU… LA BENOITE

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 12-02-2018

Toute aussi inconventionnelle que le Verseau, la Benoîte tapisse aussi bien l’herbe verte des chemins de nos sous-bois qu’elle parsème les décharges sauvages comme pour tenter de les rendre agréables.

La Benoîte commune, ou « Geum urbanum » en latin, est aussi appelée Herbe du bon soldat. Elle fait partie de la famille des Rosacées.

LA BENOITE

La Benoîte

Jadis, la Geum urbanum était considérée comme une plante magique associée à la magie blanche. Au Moyen Age, l’Herbe du bon soldat était l’alliée des « Soldats du Bon Dieu », ces moines exorcistes qui utilisaient le Benoîte pour chasser le diable et tous ses suppôts.

Autrefois, on employait la racine desséchée de la Benoîte pour remplacer le clou de girofle. Et puis, dans le nord de l’Europe, on l’utilisait pour parfumer la bière, ou le vin par macération avec des zestes d’agrumes. Par ailleurs, les très jeunes feuilles au printemps peuvent être ajoutée aux salades pourtant elles deviennent rapidement trop riches en tanins et trop astringentes. On peut en faire un vin et utiliser ses racines adventives pour aromatiser des sauces.

Les feuilles et son rhizome sont astringents et vulnéraires du fait de l’huile essentielle et du tanin qu’ils contiennent, d’où ses usages traditionnels comme antihémorragique, anti-diarrhéique, fébrifuge, styptique, pour soulager les maux de gorge et les maux d’estomac. Et malgré tout, la Benoîte n’est pas appréciée à sa juste valeur.

Paracelse recommandait la racine de Benoîte dans les catarrhes de l’estomac et de l’intestin. Ses successeurs la considéraient comme « propre pour fortifier l’estomac et pour déboucher le foie », en même temps « qu’utile à guérir promptement la fièvre », indication qui fut largement mise à profit par les médecins de l’armée du Rhin, en l’an IV et en l’an V de la République puisque, le quinquina étant rare, c’est grâce à elle qu’ils guérirent un grand nombre de soldats atteints de fièvres intermittentes.

LE BENOITE - PLANCHE BOTANIQUE

La Benoîte – Planche botanique

On trouve la benoîte partout en France, même en Corse. Elle apprécie surtout les endroits frais comme les sous-bois, les haies.

La benoîte a une tige grêle couverte de poils rudes, ses feuilles sont lobées et dentées, sa taille varie de 20 à 60 cm maximum. Quant à ses racines, elles ont une odeur de clou de girofle due à la présence d’eugénol, principe actif du giroflier. 

Au printemps, les très jeunes feuilles peuvent être ajoutées aux salades mais elles deviennent très vite trop riches en tanins et sont alors trop astringentes. Par ailleurs, on peut en faire un vin et utiliser ses racines adventives pour aromatiser les sauces.

Les feuilles de la benoîte et son rhizome sont astringents et vulnéraires du fait de l’huile essentielle et du tanin qu’ils contiennent, d’où ses usages traditionnels comme anti-hémorragique, anti-diarrhéique, fébrifuge, ainsi que pour soulager les maux de gorge et les maux d’estomac.

On peut également utiliser la benoîte en décoctions, en bains de bouche, en gargarismes contre les maux de gencives, et les aphtes. En lavement, elle se révèle efficaces contre les pertes vaginales et les hémorroïdes. On peut l’utiliser pour atténuer les engelures et la sensation de jambes lourdes. Quant à la racine de la benoîte, elle apaise les douleurs dentaires comme le clou de girofle.

LA BENOITE COMMUNE

Bibliographie

Nos grand-mères savaient – La vérité sur les plantes et la vie naturelle – Jean Palaiseul – Editions Robert Laffont

 

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DANS L’HERBIER DU CAPRICORNE… LE TUSSILAGE

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 14-01-2018

En cet hiver 2018 où la grippe et les rhumes affectent beaucoup de monde, le tussilage et ses analogies avec le Capricorne pourraient bien reprendre du service pour ceux qui privilégient les tisanes. En effet, depuis deux millénaires, cette plante est un remède prescrit pour les mêmes indications aussi bien en Europe qu’en Chine. D’un bout à l’autre de l’Eurasie, la médecine traditionnelle la recommande, avec constance, depuis l’Antiquité, comme antitussif.

TUSSILAGE - PLANCHE BOTANNIQUE

Le tussilage – Planche botanique

Dioscoride, médecin grec du 1er siècle, consacrait une notice à une plante qu’il nomme « béchion Bnxopv », ce qui signifie : qui calmerait la toux. Bnxic dont l’adjectif « béchique » dérive et qu’on considère comme être du tussilage. Dioscoride indiquait également que les feuilles pliées guérissaient de « l’erysoela » une infection de la peau, et des inflammations. Par ailleurs, à cette époque on séchait les feuilles du tussilage, on les brûlait, la fumée était inhalée à travers un entonnoir par la bouche et guérissait ceux affectés d’une toux sèche ou ayant des difficultés à respirer.

Quant au naturaliste romain du 1er siècle également, Pline l’Ancien, reprend la prescription de Dioscoride pour une plante qu’il appelle « farfarum » ou « farfugium », dont il indique que « dans les vieilles toux, on en inspire la fumée à l’aide d’un entonnoir ».

« De la Matière médicale » sera souvent par Galien ce farfarum qui restera la référence majeure de la thérapeutique romaine du Haut-Empire. Il sera imprimé à Venise en 1499 et restera jusqu’au XIXe siècle une source habituelle de tous les ouvrages de pharmacologie en Europe. D’ailleurs, pendant longtemps, les médecins ont prescrit de fumer les feuilles de tussilage en guise de tabac, en cas d’asthme et de coryza.

Les Egyptiens la nommaient « seartha » et les Romains « tussilago ».

Des praticiens de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIXe, dont Cazin, ont relaté les effets supposés de la décoction ou du suc frais des feuilles et racines du tussilage dans la scrofule. Aujourd’hui, malgré des recherches récentes décelant une substance antibiotique, un glucoside amère et du tanin, rien n’explique les guérisons rapportées par ces médecins. Toutefois, une étude sur les extraits de la plante entière a suggéré que les polysaccharides pourraient renforcer les défenses immunitaires et avoir une action anti-inflammatoire.

En Chine, à peu près à la même époque que Dioscoride, sous les Han postérieurs, le premier ouvrage de matières médicales chinoises était compilés et, allait comme l’ouvrage du médecin grec, servir de référence aux médecins traditionnels asiatiques jusqu’à notre époque. L’ouvrage s’appelle le « Classique de la matière médicale du Laboureur Céleste ». Il y consacre une brève notice à une plante nommée « kuzan dong huai » qui n’est autre que le tussilage. Acre et tiède, elle traite principalement la toux, entrave le qi ascendant, l’essoufflement, le mal de gorge, divers types d’épilepsie, le mauvais qi, c’est-à-dire les mauvaises influences, chaud ou froid. Il porte aussi les noms de Kedong Huxu, Tuyuan. Il pousse dans les montagnes et les vallées.

Seize siècles plus tard, Li Shizhen (1518-1593), considéré par les Chinois comme le plus grand médecin naturaliste de l’histoire chinoise, synthétisa dans son « Grand traité de matière médicale » les connaissances médicales de son temps. Il prescrivait pour traiter la toux de procéder à des fumigations faites avec des fleurs de tussilage mélangées à du miel.

Quant au calendrier républicain français, il indique que le tussilage était le nom attribué au premier jour du mois de ventôse, c’est-à-dire la période allant du 19 février au 20 mars.

Porté aux nues par les médecins de l’Antiquité, couramment utilisé par leurs successeurs, il tomba dans l’oubli à l’avènement de la chimie ; « mais, écrivait il y a cent ans un de ses défenseurs, il y a de grosses raisons pour qu’on y revienne ».

La prophétie ne s’est pas encore réalisée. Cependant ceux qui lui étaient restés attachés en dépit des fluctuations de la mode thérapeutique, aussi changeante que toutes les autres modes ! Et pourtant y sont restés attachés à cette modeste plante, ce sont les gens de nos campagnes qui font régulièrement une réserve à chaque printemps en prévision des mois d’hiver et des homéopathes pour qui le Tussilago est un décongestionnant et un draineur de la cavité thoracique. Le tussilage est un adoucissant, un émollient, un anti-tussif et un expectorant. L’infusion de feuilles et de fleurs est utilisée en cas de toux, de bronchites, de trachéites et de rhumes, mais aussi les crises d’asthme allergiques. La teinture mère de feuilles, quand elle est utilisée en usage externe en cas d’abcès et de kystes et en usage interne en cas de diarrhées. Toutefois ce sont surtout les fleurs qui sont employées en infusion ou en sirop. Cependant, la  plante renferme, en faible quantité, un alcaloïde pyrrolizidinique la senkirkine, toxique pour la cellule hépatique. Pour certains spécialistes, les doses médicinales courantes sont sans risques mais il faut éviter les traitements excessifs et prolongés. C’est pourquoi, elle est déconseillée pendant la grossesse, l’allaitement et ne convient ni aux enfants de moins de 6 ans ni en cas de maladie du foie. 

Les fleurs de tussilage seront récoltées au tout début de leur épanouissement car, trop ouvertes, à l’instar des astéracées, elles mûrissent leurs fruits au séchage. Elles doivent être séchées très rapidement en couche mince, dans un lieu sec et aéré. Les feuilles demandent moins de précaution.

LE TUSSILAGE EN FLEURS

Tussilage en fleurs

On trouve le tussilage sans beaucoup de difficulté. Il pousse partout sur les sols argileux et sablonneux. On le voit au bord des cours d’eau, des fossés, en lisière des bois, sur les talus, les terrains incultes et même en montagne, dans les éboulis et les pierriers. Il forme souvent d’importantes colonies car il se propage rapidement grâce à ses racines rampantes.

Tisane contre la grippe et les refroidissements

Mélange de : bouillon blanc : 30 g, serpolet ou thym : 20 g, fleurs de sureau : 30 g, tussilage : 20 g. Une cuillerée à soupe pour une tasse d’eau bouillante ; laissez infuser dix minutes. A boire au coucher, avec ou sans alcool, rhum ou cognac. On peut aussi sucrer, notamment avec du miel.

TUSSILAGO FARFARA

Tussilago Farfara

Les fleurs apparaissant abondamment au mois de février en plaine (au Québec, d’avril à mai selon les régions), elles constituent un apport non négligeable en pollen pour les abeilles. En effet, cet apport conséquent leur permet de développer leur couvain, les autorisant alors à sortir de leur léthargie hivernale. Ce pollen est de couleur orangé à brun. Le Tussilage ne produit ni nectar, ni propolis à la différence de nombreuses de plantes mellifères.

Le tussilage est aussi appelé « pas d’âne », allusion à la forme de sabot de ses feuilles.

« Tussilago » provient du latin « tussis », « toux », et de « agere » qui signifie « chasser », allusion à ses vertus médicinales.

« Farfara » viendrait du nom d’un peuplier dont les feuilles sont ressemblantes.

Le tussilage ou pas d’âne est une espèce de plantes herbacées de la famille des Asteraceae, la seule espèce encore acceptée du genre Tussilago. C’est une plante vivace à rhizomes. C’est une des plantes pectorales les plus utilisées en phytothérapie.

Les fleurs jaunes du Tussilage, qui ressemblent à celles du pissenlit, apparaissent dès les premiers beaux jours, perchées chacune sur une tige de 15 à 20 cm de haut, recouvertes de fines écailles rougeâtres. Les feuilles n’apparaissent que bien plus tard, quand les fleurs sont déjà fanées et transformées en duvet, particularité assez exceptionnelle qui lui a valu d’être baptisé au Moyen Age « filius ante patrem », c’est-à-dire « le fils avant le père ».

TUSSILAGE EN DUVET

Tussilage en duvet

Le Tussilage aurait été importé dans les Amériques par les colons européens en tant que plante médicinale, mais il a dans ces contrées un comportement invasif. Pourtant la plante est appréciée pour ses capacités de pionnières et est cultivée comme fixateur des sols fraîchement remués, d’où ce dicton : « Arrache le pas-d’âne à la Saint-Eusèbe, il ne sortira plus jamais de la glèbe ».

Les feuilles du tussilage teignent la laine en jaune-verdâtre avec de l’alun et en vert avec du sulfate de fer. Enfin, les capitules floraux sont comestibles crus ou cuits. Ils sont à consommer en petite quantité car ils seraient plus toxiques en tant qu’aliment que sous forme de tisane, car les alcaloïdes qu’ils contiennent ne sont guère solubles dans l’eau.

Les feuilles sont également comestibles. Très jeunes, elles peuvent se consommer crues, en particulier leur pétiole qui est juteux. Rapidement, les feuilles deviennent caoutchouteuses et seront meilleures cuites, particulièrement en beignet.

La cendre des feuilles séchées et brûlées crée un succédané du sel. Elle a été utilisée comme condiment.

Enfin, le tussilage est un succédané passable du tabac. IL est conseillé de laisser fermenter les feuilles après les avoir empilées, puis de les sécher. En 1935, le Docteur Botan conseillait aux fumeurs un mélange à part égale de feuilles sèches de tussilage, de marronnier et d’aspérule odorante, de les faire macérer dans de l’eau fortement sucrée au miel. Les refaire sécher, les comprimer et les découper finement comme du tabac Deux parties de ce mélange ajoutée à une partie de tabac ordinaire compose un mélange à fumer délicat, recommandé contre l’asthme et le coryza.

TUSSILAGE

Bibliographie

Nos grand-mères savaient – La vérité sur les plantes et la vie naturelle – Jean Palaiseul.

 

 

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DANS LE POTAGER DU CANCER… LA COURGE

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 09-07-2017

Elle est originaire de l’Inde et elle est cultivée depuis fort longtemps dans la plupart des régions chaudes ou tempérées du globe, mais c’est seulement au début du XIXe siècle qu’on eut connaissance de la plus précieuse de ses vertus thérapeutiques.

C’est en 1820, en effet, que le Docteur Mongenay, médecin à Cuba, signala l’efficacité de sa graine dans le traitement du ver solitaire. Plusieurs de ses confrères de la métropole expérimentèrent sa recette et furent si enthousiasmés par les résultats qu’ils communiquèrent leurs observations aux sociétés de médecine, faisant remarquer que « notre matière médicale indigène n’est pas aussi pauvre qu’on la fait ».

COURGES ET CUCURBITACEES

Courges et autres cucurbitacées

Cependant, la formule « nul n’est prophète en son pays » est peut-être encore plus vraie en médecine qu’ailleurs et, quelques décennies plus tard, le Docteur Cazin, qui avait obtenu des succès dans plusieurs cas où tous les remèdes connus avaient échoué, constata à son tour : « L’humble citrouille n’a pas le bonheur d’être étrangère… Si elle se présentait métamorphosée en flacon de 20 francs, élégamment étiquetés, nos citadins atteints du ver solitaire s’empresseraient de l’acheter et d’en louer les heureux effets. Les médecins de campagne se serviront de la semence de citrouille telle qu’elle est, et leurs clients, dont le bons sens n’a pas été faussé par l’imagination, l’accepteront avec reconnaissance comme tout ce qui se rapproche de la simplicité de la nature ».

Voici donc la recette de ce vermifuge (ascaris) et surtout ténifuge (ver solitaire) qui a le double mérite de n’être ni irritant ni toxique, ce qui permet de l’administrer plusieurs jours de suite sans inconvénient : la veille du traitement et pendant sa durée (trois jours), rester à la diète lactée ; piler 30 à 40 grammes de graines de courge dépouillées de leur première enveloppe pour en faire une pâte qu’on mêle à une quantité égale de miel ; absorber ce mélange, le matin à jeun, en trois fractions espacées de vingt à trente minutes ; le dernier jour, trois à quatre heure après la dernière dose, prendre soit 40 grammes d’huile de ricin, soit une décoction de bourdaine (10 grammes d’écorce pour 250 grammes d’eau, laisser bouillir cinq minutes et infuser autant. Il est conseillé, naturellement, d’aller à la selle avec un seau de toilette à moitié rempli d’eau afin de vérifier si le ver est expulsé intégralement, y compris la tête. On est bien dans les problèmes de la vie quotidienne propre au Cancer et à la Lune.

COURGES

Courges et graines de courge

Les graines, que les Anciens classaient parmi les « quatre semences froides majeures » et qu’ils préconisaient pour réprimer les ardeurs de la chair, servent aussi, pilées avec de l’huile d’amandes douce ou de l’huile d’olive, à faire une pâte qui entretient la douceur de la peau et enlève les taches de rousseur.

Quant à la pulpe de courge crue, appliquée à froid en cataplasmes, elle procure un soulagement instantané sur les brûlures au premier degré, les ophtalmies et les maux de tête.

FLEUR DE COURGE

Bibliographie

Nos grand-mères savaient – La vérité sur les plantes et la vie naturelle – Jean Palaiseul – Editions Robert Laffont

 

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DANS L’HERBIER DES GEMEAUX… LE LIN

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 12-06-2017

Le lin avec le chanvre, venu comme lui d’Asie centrale, est le plus ancien de nos textiles. On l’a cultivé depuis la plus haute Antiquité en Orient, en Egypte et dans toute l’Europe et, même s’il a été détrôné ensuite par le coton et les fibres synthétiques, il a marqué à jamais notre vocabulaire en nous donnant les mots : linge, linceul, linon, linotte, linoléum…

EGYPTIENS RECOLTANT LE LIN

Egyptiens récoltant le lin

Le lin est une espèce de plantes dicotylédones de la famille des Linaceae. C’est une plante herbacée annuelle autogame, largement cultivée pour ses fibres textiles et ses graines oléagineuses. Il existe dans le monde environ 200 espèces de lins dont la plupart sont sauvages et pérennes. Depuis des milliers d’années, les peuples d’Asie Centrale, les Egyptiens, les Grecs et les Gaulois ont favorisé le développement d’une espèce nommée « usitatissimum ». La plus ancienne fibre au monde est celle du lin trouvé dans la grotte de Dzudzuana en Géorgie remontant à 36 000 ans.

Le berceau de la domestication du lin est incertain mais c’est sous l’Egypte des pharaons que l’usage du lin a commencé à se développer. Sa production, attestée il y a plus de 6 000 ans, servait à confectionner vêtements, tissus funéraires, voiles de bateaux, cordages ou filets. Les graines étaient consommées pour leurs qualités nutritives. La culture du lin a ensuite essaim de proche en proche au cours de l’époque néolithique, jusqu’à l’Europe, grâce aux navigateurs phéniciens.

CHAMP DE LIN

Champ de lin

En France, les Gaulois auraient cultivé le lin dans la vallée de la Lys bien avant la conquête des Gaules par Jules César. Le lin a été introduit par Charlemagne. Il fait partie des plantes dont la culture est recommandée dans les domaines royaux dans le capitulaire De Villis, fin du VIIIe ou début u IXe siècle, e c’est à partir du XIe siècle que son utilisation s’est généralisée. La Tapisserie de Bayeux est l’exemple le plus célèbre de la présence du lin à cette époque.

En ces temps reculés, le lin était considéré comme une plante magique, associée à la magie blanche. Au XIIIe siècle, l’Ecole de Médecine de Salerne indique que « rôties, les graines de lin sont diurétiques et apéritives ».

Au XIIIe siècle, sa culture se développe dans les Flandres, la Bretagne et l’Anjou. Entre le XVIe siècle et le début du XXe siècle, se met en place un commerce de semences de lin entre la Livonie, territoire des Etats baltes actuels, et la Bretagne.

L’utilisation du lin atteindra son apogée au XVIIe siècle. Il entrait dans la fabrication des toile fines de Cambrai, des toiles dites « Bretagne superfine », des dentelles comme celles du point d’Alençon, des blouses, des chemises, des mouchoirs. Les surfaces cultivées ont atteint 300 000 hectares, avec un rendement de 600 kg de fibres par hectare. Louis XIV, par l’abolition de l’édit de Nantes, entraîne l’exil de nombreux huguenots qui avaient emporté avec eux leur savoir-faire de la liniculture en Irlande, avec son berceau Lisburn, en Suisse ou aux Pays-Bas. L’importation de grands volumes de coton a vu cette fibre remplacer progressivement le lin au cours du XVIIe siècle. A la fin de ce siècle, 18 % des fibres textiles étaient en lin, 78 % en laine.

Au début du XIXe siècle, c’est Philippe de Girard qui, avec son invention de la machine à filer le lin, permit au nord de la France de devenir l’un des premiers centres de filatures industrielles d’Europe, comme avec la batiste originaire de Cambrai. C’est donc au XIXe siècle, que la filature et le tissage sont entrés dans l’ère de l’industrialisation. En France, les petits lots produits dans les fermes ne convenaient plus aux industriels et les surfaces de lin ont chuté à 100 000 hectares. Ce déclin a été accentué par l’utilisation intensive du coton. La production française n’était plus que de 20 000 ha avant 1945.

Après la Seconde Guerre mondiale, l’arrivée en France d’agriculteurs belges a relancé la culture du lin et les surfaces cultivées ont atteint 50 000 ha. Les décennies suivantes ont vu l’apparition de la mécanisation agricole et la création variétale ainsi que le perfectionnement du teillage. Aujourd’hui, en France, la culture représente entre 55 000 et 75 000 ha selon les années.

GRAINES DE LIN

Graines de lin

Et puis, il y a la graine de lin qui intéresse la médecine. Elle intéresse aussi l’industrie qui en tire une huile siccative utilisée pour la fabrication de peintures et de vernis, mais aussi des objets comme des sondes, des instruments de chirurgie, en gomme élastique comme le linoléum. La graine de lin est aussi brune que les fleurs sont bleues.

La graine de lin est indiquée dans toutes les affections inflammatoires des voies digestives et urinaires : gastrite, entérite, cystite, ainsi que contre la constipation : faire macérer 15 à 20 grammes de graines de lin dans un litre d’eau froide pendant six heures, ou mieux encore toute la nuit. Passer puis à boire un verre le matin à jeun, et 4 ou 5 tasses au cours de la journée, entre les repas. Il est déconseillé d’absorber les graines elles-mêmes comme on le préconise souvent car elles risquent de provoquer une éventuelle obstruction intestinale.

Une autre recette, plus agréable au palais, consiste à verser un demi-litre d’eau bouillante sur 15 grammes de graines et 8 grammes de morceaux de réglisse, à couvrir et à laisser macérer deux heures ; passer et boire, loin des repas de préférence, en sucrant au miel.

Par ailleurs, une décoction légère composée de 50 grammes de graines pour un litre d’eau qu’on laisse bouillir à peine deux minutes, s’emploie en lotions contre les dartres, les prurits, l’eczéma. Ajoutée à l’eau du bain, elle adoucit la peau et exerce une action calmante sur les sujets nerveux.

Les cataplasmes de farine de lin obtenue en broyant les graines sont indiqués contre les inflammations internes (bronchite, névrite, entérite, douleurs musculaires et articulaires, contusions), ou externes (furoncles, abcès, anthrax, irritations de la peau). Il est préférable de procéder soi-même à cette opération pour être certain que le produit est frais et ne provoquera pas d’éruptions cutanées dues à sa fermentation, laquelle donne de l’acide cyanhyrique. Ces cataplasmes se préparent en versant peu à peu de l’eau bouillante, tout en remuant, sur la farine placée dans une assiette creuse jusqu’à l’obtention d’une pâte onctueuse que l’on étale en couche d’un centimètre d’épaisseur sur une mousseline. Ces cataplasmes doivent, sauf indication spéciale, s’appliquer tièdes et non « aussi chauds qu’on peut le supporter ».

10 - LE LIN

Bibliographie

Nos grand-mères savaient – La vérité sur les plantes et la vie naturelle – Jean Palaiseul

 

 

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DANS L’HERBIER DU BELIER… L’ESTRAGON

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 17-04-2017

En italien on l’appelle « dragoncello », le petit dragon. C’est une plante herbacée vivace, semi-persistante de la famille des Astéracées, originaire d’Asie centrale, cultivée pour ses feuilles parfumées à usage condimentaire. L’estragon fait partie de la liste des plantes reprise dans le Capitulaire de Villis, du VIIIe siècle.

La forme serpentine de la racine de l’estragon faisait croire aux herboristes d’autrefois que la plante pouvait guérir les morsures d’animaux venimeux, selon la Théorie des Signatures.

Herbe aromatique et médicinale traditionnelle, l’estragon a révélé par la suite posséder des propriétés anti-oxydantes qui limitent les dommages causés par les radicaux libres dans l’organisme. Ses propriétés comme anti-allergène restent à quantifier. En revanche, son action apaisante sur le système nerveux central préconisée en cas d’insomnie, d’anxiété ou de spasmophilie, n’a pas été éprouvée.

BOUQUET D'ESTRAGON

Bouquet d’estragon

Herbe de Feu, l’estragon est chargé de l’énergie de l’instinct, de la force vitale brute de la nature et du souffle du Dragon. Polyvalent et très efficace pour le courage, la protection et la force, l’estragon doit être employé en quantités limitées car il est très puissant.

Cette plante contient des quantités non négligeables de vitamine K, les personnes prenant des médicaments anticoagulants doivent donc limiter sa consommation. C’est aussi une source intéressante de fer et de manganèse.

L’huile essentielle d’estragon est obtenue par distillation à la vapeur d’eau des feuilles. Il faut environ 100 kg de plantes séchées pour obtenir 1 kg d’huile essentielle. Celle-ci est dangereuse en cas d’usage abusif. Elle est aussi connue pour ses propriétés abortives.

Enfin, en cas de hoquet, on recommande de mâcher une feuille d’estragon ou de prendre trois ou quatre gouttes, pour un adulte, de son huile essentielle sur du sucre pour stopper le hoquet.

L'ESTRAGON - FICHE BOTANIQUE

L’estragon – Fiche botanique

L’estragon symbolise la victoire sur nos monstres intérieurs imaginaires pour vivre sans peur. On dit que l’estragon naquit là où le Dragon de l’Eden, chassé, posa les pieds. On reconnaît l’estragon comme une plante excitante, fébrifuge et stomatique. Elle sert de condiment ou d’aromate pour le vinaigre. On laisse entendre que son parfum incline à la bonne conduite et favoriserait la longévité.

L’estragon est une armoise. Son nom scientifique est Artemisia dracunculus. Les médecins de l’Antiquité, tels Hippocrate et Pline l’Ancien, ont relayé dans leurs écrits une croyance populaire que l’estragon assurait une protection contre les morsures de serpents et autres bêtes venimeuses, en raison de l’aspect des racines de la plante en forme de serpents.

ARTEMIS ET LA BICHE

Artémise

Artémisia évoque la déesse de la chasse, l’Artémis de la mythologie grecque, la Diane chasseresse des Romains, et de ce fait l’estragon est également associé à la Lune, Artémis étant une des trois déesses lunaires, l’une des phases de la Lune, la Lune jeune. Elle était considérée comme protectrice des femmes dont elle régulait le cycle, ce sang menstruel sous l’influence de Mars et du Bélier. Les feuilles de l’Artemisia vultaris ont longtemps été utilisées en infusion dans ce but.

ESTRAGON

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LE PRINTEMPS DE BOTTICELLI

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 11-04-2017

Dans cette œuvre magnifique tout est presque parfait. C’est une composition dépourvue de perspective pour mieux mettre en valeur le rythme presque musical des lignes et des couleurs. Avant Botticelli, on n’avait jamais poussé aussi loin le raffinement pictural. Le peintre utilisera à fond la technique de son maître Filippo Lippi dans la recherche de la beauté idéale comme dans le personnage de Flore distribuant ses fleurs et dans l’éblouissante technique des plis et du drapé des Trois Grâces.

BOTTICELLI - LE PRINTEMPS

Le Printemps de Botticelli – Galerie des Offices – Florence

Le Printemps de Botticelli c’est aussi un merveilleux catalogue botanique, peuplé de plusieurs centaines d’espèces végétales. C’est d’abord Flore, personnage central, avec des roses dans son tablier, rose symbole même de l’amour.

Sandro Botticelli - La Primavera (Spring), Галерея Уффици (Флоренция)

Flore

Au pied de Flore, on reconnaît la chicorée, symbole de fidélité, puisqu’elle ne quitte pas des yeux le soleil dans sa course. Et puis il y a la violette qui exprime l’amour caché et la discrétion ; la renoncule qui symbolise le charme ; l’hellébore mystérieux et magique capable de conjurer le mauvais sort et d’éloigner les sorcières ainsi que la folie, cet hellébore qu’on nomme aussi « la rose du Carême ». On reconnaît la camomille que les Grecs avaient associée à Morphée, dieu du sommeil et dieu des rêves. On disait qu’elle favorisait les rêves prophétiques mais aussi qu’elle attirait l’argent.

On reconnaît aussi le myosotis, celui qui demande à ce qu’on ne l’oublie pas, le « forget me not » anglais ou le « non ti scordare di me » italien. On l’appelle aussi « herbe d’amour ». Une légende raconte qu’un chevalier et sa dame se promenaient le long d’une rivière. Il se pencha pour cueillir une fleur mais perdit l’équilibre et à cause de son armure tomba à l’eau. Alors qu’il se noyait, il lança la fleur vers sa dame en criant : « Ne m’oubliez pas ! ».

LE PRINTEMPS DE BOTTICELLI - CAMOMILLE ET COQUELICOT

Camomille – Coquelicot et Renoncules

Le coquelicot est aussi présent dont la chute précoce de sa corolle est synonyme de trahison et d’inconstance.

LE PRINTEMPS DE BOTTICELLI - LES IRIS

Iris et camomille dans le Printemps de Botticelli

Dans l’angle droit du tableau on reconnaît l’iris, la fleur de Florence et des Médicis. On dit que Catherine de Médicis en avait fait son parfum. Dans la symbolique, l’iris est synonyme de bonnes nouvelles, la première sans doute est celle de l’arrivée du printemps car c’est une des premières fleurs du printemps. Iris était une nymphe favorite de Junon car elle ne lui apportait que de bonnes nouvelles. La déesse, en remerciement, la changea en arc-en-ciel, symbole du retour du beau temps. Iris portait une écharpe composée des sept couleurs, belle représentation de l’arc-en-ciel. L’iris blanc symbolise l’ardeur et l’iris bleu représente la confiance.

LE PRINTEMPS DE BOTTICELLI - MERCURE ET LES ORANGES

Mercure sous les orangers

A la gauche du tableau, on reconnaît Mercure avec son casque, ses sandales ailées et le caducée qu’il pointe vers les oranges d’un oranger. L’orange symbolise la chaleur, l’optimisme, mais aussi l’union et l’infidélité, et également pourtant, la dissimulation et l’hypocrisie. Chez les Romains de l’Antiquité, le couleur orange était symbole du mariage indissoluble. D’ailleurs, le voile des noces était orangé pour bien marquer la perpétuité de l’union. Enfin, l’orange a la réputation de stimuler les facultés intellectuelles, que Mercure représente, mais aussi d’aviver les émotions et de réveiller les sens. Ces oranges ne sont pas sans rappeler les pommes d’or du jardin des Hespérides et le mariage qui s’y déroula. A l’une des tables, on reconnaît trois belles femmes : deux déesses et une mortelle : Vénus, Junon et la belle Hélène. Malheureusement, Eris, la déesse de la haine, n’a pas été invitée et se venge en lançant sur la table cette belle pomme d’or en disant « à la plus belle ». Une belle querelle entre les deux déesses s’ensuit alors que se profile la guerre de Troie. La Belle Hélène, infidèle à son époux le roi Ménélas, s’apprête à partir avec Paris pour sa nouvelle patrie Troie. Les déesses prenant partie qui pour Ménélas, qui pour Paris.

LE PRINTEMPS DE BOTTICELLI - LES ROSES DU TABLIER DE FLORE

Les roses dans le tablier de Flore – Détail

 

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DANS L’HERBIER DU CAPRICORNE… LES NEFLES ET LE NEFLIER

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 20-01-2017

Malgré son nom latin, le néflier est originaire d’Asie Mineure où il était cultivé depuis l’an 1000 avant Jésus-Christ. Il fut ramené en Europe par les Romains et figura ensuite parmi les espèces recommandées par Charlemagne dans le capitulaire De Villis.

« Néflier » du bas latin « mespilus » est dérivé des mots grecs « mesos » et « pilos » qui se traduisent par « balle », en référence à la forme sphérique des nèfles. Cependant, pour les Grecs, il n’y avait pas de terme spécifique pour distinguer la pomme, la nèfle et le coing. Cette famille se caractérise par des fruits charnus, à peau et à « mouche », reste du calice de la fleur, contenant des pépins qui sont des grains.

MAKHILA

La makhila basque

Au Pays Basque on utilise les rejets du néflier pour fabriquer le makila ou makhila, bâton traditionnel basque, qui est à la fois décoratif et utilitaire puisque servant de canne, un bâton de vieillesse en quelque sorte, bien en rapport avec le monde du Capricorne et de Saturne, le vieil homme du zodiaque. Quant à la pousse du néflier, elle est incisée sur pied et coupée lorsque son diamètre atteint près d’un centimètre. Le makila d’honneur est orné d’un pommeau d’argent ou en maillechort, gravé au nom du bénéficiaire. C’est un cadeau prestigieux et rare car sa fabrication est limitée.

NEFLE ET NEFLIER - PLANCHE BOTANIQUE

Nèfle et branche de néflier – Planche botanique

La nèfle est aussi appelée « cul de chien » en Lorraine, mais elle est originaire du Caucase et d’Arménie. Sa consommation est attestée depuis l’Antiquité jusqu’au Moyen Age en Europe du Sud Est. Elle est le fruit du néflier commun « mespilus germanica ». C’est un arbre fruitier des pays froids. Ce fruit d’hiver est brun et possède cinq gros pépins. On le consomme après les premières gelées d’automne, une fois blet car elle est trop dure et trop acerbe, à cause de la richesse en tannins du mésocarpe. Le blettissement consiste à disposer les fruits sur un lit de paille pendant une quinzaine de jours. Il se produit alors une fermentation naturelle qui modifie la composition chimique du mésocarpe et le ramollit. Le fruit blet est sucré, mais ne contient pas de saccharose. La nèfle a un goût un peu vineux qui se rapproche de celui de la pomme. Elle peut se consommer nature, avec ou sans la peau qui est comestible mais qui peu sembler un peu coriace en raison de son épaisseur et des restes de duvet qui la couvrent. En revanche, comme la pomme, on ne doit pas consommer les pépins. La nèfle peut également être cuite en confiture ou en compote ou macérée dans de l’alcool pour obtenir le ratafia.

NEFLES

Nèfles et pépins

La nèfle est une bonne source de potassium et de vitamine A. Elle possède du magnésium. Elle a des vertus toniques et diurétiques. Du fait de sa grande teneur en hydrates de carbone, la nèfle est une grande productrice d’énergie. Elle est également riche en sels alcalins qui agissent sur le sang favorablement. Enfin, la nèfle agit contre les affections du gros intestin comme les inflammations.

Dans le langage populaire « des nèfles » est un terme qui s’emploie pour indiquer quelque chose de peu de valeur, ainsi que pour exprimer une dénégation ou un refus, comme le fit le général Mc Auliffe en réponse à la demande de reddition formulée par l’attaquant allemand pendant le siège de Bastogne, à la fin de la Seconde Guerre Mondiale et son « nuts » ou « des nèfles » est resté dans les mémoires.

Dans le calendrier révolutionnaire, la nèfle indiquait le quatrième jour du mois de frimaire.

BASQUE ET SA MAKHILA

Basque, sa makhila et son béret

 

 

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