C’est son anniversaire… c’est votre anniversaire… offrez-lui… offrez-vous… le thé de son signe… le thé de votre signe..
23 octobre au 22 novembre 2011- Un thé Scorpion TCHAÏ

Le SCORPION – Signe d’Eau – Signe Féminin – Signe Fixe – Ses Maîtres : le sombre Pluton et le rougeoyant Mars, une symphonie en rouge et noir en quelque sorte. Et si le Scorpion était une saveur ce serait un goût d’épices, cardamome et clous de girofle.
Tchaï est un surprenant mélange de thé noir de Ceylan et d’épices. Consommé quotidiennement par la majorité des Indiens qui le font infuser dans du lait entier bouillant sucré. C’est le thé que servent les marchands de thé ambulants, qu’on appelle Chaiwallahs, présents dans les rues et dans les trains de toute l’Inde.
En fait, « Chai » qu’on prononce « tchaï » est le mot employé dans le sous-continent indien pour désigner le thé. C’est le plus souvent un thé noir de type Ceylan ou Assam, mais il peut être aussi composé d’autres types de thé, du thé vert comme du Gunpowder ou même noir. Il ne faut donc pas parler de « thé chai » puisque le mot « chai » désigne déjà le « thé » lui-même. Ce terme de Chai désigne également le thé dans plusieurs langues parlées en Asie : turc, persan, arménien… et dans la langue arabe bien que le terme ne soit pas écrit de la même façon selon les langues. Les mots « thé » français ou « tea » anglais ne sont que la déformation du mot « chai ».
Quant à la cardamome qui épice ce thé, son nom est probablement aussi d’origine indienne et transmis par les Arabes. C’est une plante herbacée à rhizome, de la famille des zingibéracées, originaire de la côte de Malabare, région qui produit également le poivre. Elle est parfois appelée cardamome verte ou cardamome aromatique pour la différencier d’autres plantes similaires. C’est la plante qui fournit l’épice qui porte le même nom « cardamome ».
La cardamome était connue et déjà appréciée des Egyptiens. De là, elle partit conquérir la Grèce, puis Rome. Elle arriva en Europe par les pistes des caravanes et sera, après le safran et la vanille, l’une des épices les plus chères.

Graines de cardamome
Les Arabes utilisent toujours la cardamome pour aromatiser leur café pendant que les Indiens font de même pour les currys et les Scandinaves avec leurs marinades et autres conserves au vinaigre, ainsi que le pain d’épices. La cardamome se présente soit en poudre, soit en capsule entière. Il est d’ailleurs préférable de l’acheter ainsi, car elle conserve mieux. En effet, son arôme est volatile et elle supporte mal d’être stockée.
En Europe, l’une des premières utilisations connues de la cardamome daterait du Moyen Age. Elle entrait dans la composition du mélange d’épices qui participait à la transformation du vin rouge, difficile à conserver au Moyen Age, en hypocras que l’on servait en apéritif. La cardamome peut servir également lors de la fabrication de l’hydromel.
La cardamome fait partie de la pharmacopée classique de l’Inde et de la Chine où elle est prescrite contre les problèmes de digestion. Elle est également largement utilisée pour traiter les infections des dents et des gencives, pour prévenir les problèmes de gorge, la congestion des poumons, la tuberculose pulmonaire ou même l’inflammation des paupières. La cardamome est conseillée en cas de douleurs d’estomac après un repas trop riche car elle a des vertus anti-acidité et facilite la digestion en général. Sachez encore, que la cardamome permet de neutraliser l’odeur de l’ail quand on en croque une graine après le repas. Elle aurait aussi des vertus stimulantes et aurait été utilisée comme antidote contre les venins de serpents et de scorpions. Enfin, au XVIIIe siècle, elle faisait partie de la pharmacopée maritime.

Fleur de cardamome
Il est une légende, bien apparentée au monde du Scorpion, qu’on raconte à propos de la cardamome : un roi de Perse possédait un vrai cheval de bataille, ayant toutes les qualités demandées à un cheval de ce type. Cependant, lorsque passé à portée de naseaux une jument bien à point, il en oubliait sur le champ son rôle militaire, abandonnait la bataille pour satisfaire à ses émois. Tout pour surprendre d’abord, puis déstabiliser ensuite le cavalier, emporté à grand galop et désarçonné un peu plus loin. Le Roi, excédé, demanda qu’on le castre. Des palefreniers furent chargés de l’opération. Comme ils essayaient dans un grand brouhaha de faire s’allonger le cheval sur le sol de la cour, une fenêtre du château s’ouvrit et la reine apparut, se demandant ce qu’il se passait. On lui apprit le sort qu’on réservait au cheval. C’est alors qu’elle s’exclama : « Faites-lui plutôt boire vingt tasses de café par jour. C’est ce que fait le roi, et je peux vous assurer que ça calme un homme ». En effet, une croyance était ancrée dans l’esprit des populations du Proche-Orient qui considéraient le café comme une boisson jouant sur l’affaiblissement des capacités viriles. De la cardamome était d’ailleurs mélangée à la mouture du café pour en contrebalancer l’effet. Dans l’Italie du XVIIe siècle, il était de bon ton d’associer café et cardamome, et d’y ajouter un soupçon de girofle et autres épices. Comme beaucoup d’épices, la cardamome est réputée pour ses vertus aphrodisiaques et médicinales. On assurait « qu’un vin chaud aromatisé à la cardamome pulvérisée réveillait un mort, lequel partait tout droit voir les filles ». En Grèce, dans le même but, on en parfumait tartes et compotes. Quant à Cléopâtre, elle en parfumait paraît-il les pièces de son palais à l’intention de Marc-Antoine. Cette utilisation est attestée par des textes védiques datant de plus de mille ans avant Jésus-Christ.
65 ans avant Jésus-Christ, Dioscoride, médecin grec qui avait classé la cardamome parmi les médicaments, prévenait ses contemporains que le parfum de l’épice était si puissant qu’il « suffisait qu’une femme enceinte en respirât pour tuer l’enfant qu’elle portait ».

On appelait la cardamome « la graine des Anges » et on la voulait être intermédiaire du dialogue avec le divin. On continue d’ailleurs, en Inde et au Pakistan, à offrir des grains de cardamome aux dieux durant les fêtes religieuses. Pour les prêtres grecs et romains, la cardamome était indispensable à la cuisson des offrandes car essentielle à la purification des repas offerts aux dieux. Ses vapeurs odorantes accompagnaient d’ailleurs la liturgie catholique des premiers siècles jusqu’à ce que Saint Jérôme n’en prenne ombrage et dénonce son usage comme impie. Cela se passait au IVe siècle.
Le clou de girofle qui entre dans la composition du thé Tchaï est le fruit du giroflier, arbre de forme conique, d’une hauteur moyenne de 10 à 12 mètres, mais pouvant atteindre jusqu’à 20 mètres de haut. Le giroflier fait partie de la famille des Myrtaceae, originaire des petites îles volcaniques de l’archipel des Moluques en Indonésie. Ses feuilles persistantes sont ovales et coriaces. Ses fleurs sont à quatre pétales blanc rosé caractéristiques par leurs sépales rouges persistants. Avant l’épanouissement, les boutons floraux sont nommés « clous de girofle ». C’est à cette époque qu’on les récolte avant de les laisser sécher au soleil jusqu’à ce qu’ils prennent une teinte brun foncé.
Les Chinois utilisaient déjà les clous de girofle sous la dynastie Han, c’est-à-dire 206 avant et 220 après Jésus-Christ, en les mâchant pour avoir meilleure haleine, ainsi que pour ses vertus médicinales et culinaires. On raconte d’ailleurs qu’il fallait même croquer un clou de girofle quand on parlait à l’Empereur.
Les clous de girofle étaient connus des Grecs et des Romains et au 1er siècle, Pline l’Ancien les décrit dans ses écrits. Une récente découverte archéologique suggère que le commerce de la girofle avec l’Occident pourrait avoir commencé bien plus tôt encore. En effet, on a trouvé un clou de girofle parmi les restes calcinés sur le sol d’une cuisine incendiée du site mésopotamien de Terqa dans l’actuelle Syrie, datée de 1700 ans avant Jésus-Christ.

Giroflier
Le clou de girofle aurait été apporté en Europe, au IVe siècle, par les Arabes qui en ignoraient l’origine exacte. Il devint très à la mode au Moyen Age. Dante Alighieri, dans l’Enfer de la Divine Comédie, le cite comme étant d’un usage réservé aux riches siennois. Ce sont les Portugais, arrivés dans l’archipel des Moluques en 1424 qui s’en assurèrent le monopole, en brûlant les arbres situés hors de l’île de Ternate. Ce monopole sera ensuite repris par les Hollandais.
Pierre Poivre, intendant de l’île de France, actuelle île Maurice, prit quelques plants de giroflier au cours d’une expédition. Il les acclimata d’abord sur l’île de France, puis aux Antilles. De nos jours, 95 % de la production mondiale de clous de girofle est utilisée pour la fabrication des kreteks des cigarettes.
Outre le fait de parfumer le thé, les propriétés antiseptiques et anesthésiques des boutons floraux que sont les clous de girofle sont reconnus depuis très longtemps et proposées dans les douleurs dentaires. Le clou de girofle entre également dans la composition du khôl, primitivement onguent ophtalmique.
On le trouve aussi très présent dans la cuisine : pot-au-feu, marinades, choucroute. Il est indispensable à la plupart des currys. En pâtisserie, il est présent dans le pain d’épices, les biscuits où il est mélangé avec la cannelle. C’est surtout en Tunisie, qu’on utilise le clou de girofle en infusion avec le thé.

Pomme d’ambre
Et puis, on peut se servir du clou de girofle comme parfum d’ambiance, sous forme de « pomme d’ambre » que l’on compose en piquant toute la surface d’une orange de clous de girofle. Un sachet de clous de girofle dans l’armoire rafraîchit et parfume le linge. On dit que les clous de girofle auraient pour propriété d’éloigner les mites ainsi que les fourmis. Au Moyen Age, on portait des clous de girofle à sa ceinture, comme antidote à la peste.
Pour avoir une belle peau et la rende plus lumineuse, rien de telle qu’une petite infusion de clous de girofle prise à jeun le matin le temps d’une petite cure. Il s’agit d’un remède indien qu’on peut aussi utiliser si l’on a une petite éruption de boutons.
Par ailleurs, le clou de girofle aurait des vertus aphrodisiaques. En 1642, Anders Rydaholm, herboriste suédois, précise que « si un homme perd sa puissance virile, il doit cesser de boire de l’alcool pour le remplacer par du lait épicé de 5 grammes de clous de girofle. Cela le fortifiera et lui fera désirer de nouveau sa femme.
Aux Moluques, l’archipel d’où est originaire le clou de girofle, on plante un giroflier à chaque naissance. La bonne croissance de l’arbre est de bon augure pour l’enfant. On y porte aussi un collier de ces clous pour éloigner le mauvais sort.
Et puis, là rien n’est garanti, mais si vous souhaitez gagner de l’argent… Trois jours avant la Pleine Lune, frottez une bougie avec des clous de girofle, l’un après l’autre, pendant un instant, et concentrez-vous sur votre désir… Effet non garanti…

Une excellente adresse et un charmant magasin pour trouver tous les thés du monde dont cet épicé Tchaï :
CAF’THE – 15 bis rue Chasles à RAMBOUILLET
Laurence CHIRONI – Tél. 01.34.83.33.11
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TCHAÏ