ETRE RAVI AU SEPTIEME CIEL

(6.1 - Etymologie) par sylvietribut le 17-07-2017

Voilà une expression française qui exprime l’idée de ravissement total ou de bonheur intense.

Dans l’Antiquité, on pensait que la Terre était le centre du monde. Les astres et les dieux avaient été imaginés dans des sphères de cristal.

Chaque sphère représentait un ciel. Il y avait donc un ciel pour chaque planète, dans l’ordre exact de leurs distances : le ciel de la Lune d’abord, la plus près, le ciel de Mercure, puis de Vénus et celui du Soleil. « Le Soleil est de trois épicycles, c’est-à-dire ciels ou estages, au-dessus de la Lune » expliquait A. Paré. Venaient ensuite le ciel de Mars, de Jupiter et de Saturne. Au-delà était une dernière sphère, plus solide, qui portait toutes les étoiles ensemble, et qu’on appelait le firmament ou bien encore empyrée. Derrière cet ultime écran se tenait Dieu, en majesté, coiffant l’ensemble depuis qu’il avait séparé cette enveloppe, le premier jour de Sa création, les eaux d’en bas d’avec les eaux d’en haut.

On disait à l’époque, lorsque l’on avait du plaisir à quelque chose, que l’on était « ravi au ciel ». Le troisième ciel était celui de Vénus, déesse de l’amour, ce qui explique que l’on disait aussi « être au troisième ciel ». Cependant, après que les théories de Galilée aient été démontrées, on garda « être au septième ciel », pour conserver une référence aux dieux dans l’organisation des astres.

Au XVe siècle, Alain Chartier disait :

«  Il est ravy trop hault qu’aux tiers cieulx

Et pend pour soy toujours la chose aux mieulx ».

Depuis il y a eu de l’escalade et la jouissance extrême vous transporte carrément au septième ciel.

CIEL-TERRE

C’était bien confortable cette Terre logée au chaud, tranquille, protégée au milieu de ses globes rassurants, comme une matrice, avec Dieu tout autour, noyant le tout dans les « eaux d’en haut ». On peut juger si Copernic le chanoine et après lui Kepler et Galilée firent une fâcheuse impression au XVIe siècle, avec leur théorie nouvelle. On comprend que ces astronomes qui venaient mettre en morceaux ces jolies sphères de cristal millénaires aient été reçus comme des bœufs dans un magasin de porcelaine.

Personne n’en voulait de leur système d’orbites mathématiques dans lequel la Terre n’était plus le centre de rien, tournant toute seule sur elle-même, comme une vieille folle, courant après son soleil perdu dans les immensités galactiques. Ce fut de l’humanité le premier veuvage, ce firmament réduit en miettes, en étoiles froides du diable vauvert. Il faut comprendre les Anciens, il ne leur restait plus que la lune pour pleurer. Alors, ils gardèrent dans le langage les cieux, tout de même au pluriel, et ce septième ciel des ravissements.

SOLEIL ET DIFFERENTES PHASES DE LA LUNE - XIIIe SIECLE

Bibliographie

La puce à l’Oreille – Anthologie des expressions populaires avec leurs origines – Claude Duneton – Le Livre de Poche

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UN MYTHE CANCER… L’HYDRE AUX MILLE TETES

(6.6.4 - LES MYTHES DU CANCER ET DE LA LUNE) par sylvietribut le 29-06-2017

L’hydre est un serpent monstrueux à sept ou neuf têtes qui repoussent à mesure qu’on les coupe. Souvent comparé aux deltas des grands fleuves, avec leurs multiples bras, leurs crues et leurs décrues. Elle figure les vices multiples, tant sous forme d’aspiration imaginativement exaltée que l’ambition banalement active. Vivant dans le marais, l’hydre se caractérise comme symboles de vices banals. Tant que le monstre vit, tant que la vanité n’est pas dominée, les têtes, symboles des vices, repoussent, même si par une victoire passagère, on parvenait à couper l’une ou l’autre.

Le sang de l’Hydre est un poison : Héraclès y trempait ses flèches ; s’il se mêlait à l’eau des fleuves, les poissons devenaient impropres à la consommation. Ce qui confirme l’interprétation symbolique : tout ce qui touche aux vices ou en procède se corrompt ou corrompt.

L'HYDRE AUX MILLE TETES

L’hydre aux mille têtes

De tous les travaux d’Hercule/Héraclès, celui qu’on peut lier au signe du Cancer et qui sera son plus grand échec, sa mission manquée, concerne l’Hydre de Lerne. Il échoue parce qu’il ne parvient pas à la mener à lui seul. S’il se fait aider, ce « travail » ne lui sera pas compté.

Lerne était une terre fertile en légendes et en autels dédiés aux dieux et aux déesses. L’Hydre serait née de Typhon, et d’Echidna de sinistre mémoire, couple particulièrement effrayant. L’Hydre est protégée, peut-être élevée, par Héra/Junon toujours bien intentionnée à l’endroit d’Hercule/Héraclès qu’elle ne cesse de mettre en péril.

Des rites secrets et nocturnes se tenaient à Lerne en l’honneur de Dionysos. Le dieu aurait choisi de ce lieu pour aller chercher aux Enfers sa mère, Sémélé, trouvant là sans doute une « porte d’entrée » sur le monde infernal, particulièrement adaptée, l’Hydre y vivait au fond d’un marécage et bien des voyageurs imprudents s’ étaient laissé prendre au piège de ses sables mouvants et de ses marais empestés. L’Hydre tenait, logiquement, de son père et de sa mère : un corps de chien, plusieurs têtes de serpents, huit ou neuf ou davantage. Peut-être cinquante, cent, voire Mille. Mais une seule était immortelle. Son haleine pouvait tuer à distance et nul ne pouvait survivre s’il était effleuré par le poison émanant de son corps repoussant.

LES DOUZE TRAVAUX D'HERCULE

Les douze travaux d’Hercule

Si Héra ne voulait aucun bien à Hercule, Athéna lui était plus clémente. Elle indiqua à Hercule comment il devait faire sortir l’Hydre de son antre et la cribler de flèches enflammées. Il suivit les conseils de la déesse et frappa de toutes ses forces, à grands coups de massue, après l’avoir atteinte de ses flèches. Mais, dès qu’il écrasait ou transperçait une tête, d’autres repoussaient. L’Hydre tenta même de l’attraper par une jambe, comme une pieuvre, pour l’entraîner au fond du marais. Un crabe géant, allié à l’Hydre, vint piquer le héros au pied. Mal lui en prit car Hercule brisa sa carapace. Mais il dut appeler à l’aide Iolaos, qui conduisait son char et dont on dit qu’il défit Eurysthée, l’amena devant Alcmène, la mère d’Hercule, qui décida de son exécution. Pour d’autres, Iolaos aurait coupé lui-même la tête d’Eurysthée près de la source de Macaria. On voit qu’Iolaos n’était pas un allié négligeable. Celui-ci accourut à l’appel d’Héraclès, mit le feu au bois, cicatrisa les têtes arrachées à l’Hydre pour l’empêcher d’un fabriquer de nouvelles.

Grâce à son ami, Hercule put enfin trancher la seule tête immortelle et l’enterra sous un rocher après avoir trempé ses flèches dans le sang de l’énorme dépouille. Après quoi, toutes les flèches tirées contre ses ennemis provoqueraient leur mort à coup sûr. Hélas ! Car c’est ainsi qu’il tua par inadvertance plusieurs de ses amis, à commencer par Chiron. On dit qu’Héra pour remercier le crabe d’avoir secouru d’Hydre, le plaça au ciel et en fit la constellation du Cancer.

On peut s’interroger sur la véritable nature de l’Hydre. Enorme serpent aquatique ou tout simplement la source de multiples rivières souterraines faisant irruption à la surface et inondant le pays ; si l’une des issues est obstruée, les eaux se forçaient un passage ailleurs. C’est pourquoi, Hercule eu d’abord recours au feu pour assécher le terrain, puis obstrua les canaux.

Cette hypothèse a le mérite, en rapport avec le signe du Cancer, de nous parler de sources et d’eaux vives. Comment ne pas évoquer également les prêtresses de l’eau, les Danaïdes, qui auraient officié à Lerne. On peut y voir plus d’une coïncidence.

HERACLES COMBATTANT L'HYDRE DE LERNE

Bibliographie

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins.

Dieux et héros du zodiaque – Joëlle de Gravelaine – Robert Laffont

 

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ALATRI ET LE TEMPLE STELLAIRE

(6.3.2 - A l'étranger) par sylvietribut le 22-06-2017

Alatri, dans le Latium, province de Frosinone, fut fondée au VIe siècle avant Jésus-Christ. Son nom antique était Aletrium et c’était l’une des principales villes des Ernici. La cité a conservé une partie de ses murailles cyclopéennes, ainsi qu’une acropole, de plan trapézoïdal, une de mieux conservées d’Italie. Du sommet, on a une superbe vue sur la ville et le val de Frosinone.

Escaliers en raidillons et ruelles bordée de demeures gothiques constituent la petite ville qui, outre le palais Gottifredo et l’église San Silvestre, tous deux du XIIIe siècle, possède une belle église Sainte-Marie-Majeure.

La légende veut que l’origine de la ville remonterait aux Ausoni, mais c’est seulement une hypothèse, parce qu’on peut penser qu’elle soit plus antique encore. C’est grâce au chercheur Fabio Garuti que furent traduites les inscriptions sur les murailles, lettres de l’alphabet Ogham en langue gaélique, et c’est comme ça qu’il a été possible de dater la construction des murailles d’Alatri, au moins à 3 000 avant Jésus-Christ. En fait, elles auraient plus de 5 000 ans.

ACROPOLE D'ALATRI - PORTA MAGGIORE

Acropole d’Alatri – Porta Maggiore

Cette acropole est l’exemple le plus parfait et le plus splendidement conservé de murs polygonaux. Selon les Anciens, Euripide, Strabone et Pausania, elles furent construites par des cyclopes, ou alors attribuées au mythique peuple des Pelagi qui, toujours selon les Anciens, qui auraient construit les murailles des cités mycéniennes de Tirinto, Mycène et Argo.

Cependant sur cette question des études récentes ont mis le doute sur cette théorie, parce que c’est très difficile de remonter à ses ouvriers et à une population spécifique, pour le simple motif que ce type de murailles ont été retrouvées dans toutes les parties du monde, et même dans des lieux complètement isolés les uns des autres comme l’île de Pâques et l’Australie.

Nous n’avons aucune indication historique, actuellement, que des peuples aussi lointains, ont pu avoir des contacts culturels entre eux. Aussi, la question obligatoire qui vient à l’esprit, c’est comme ont fait ces peuples qui n’avaient pas de contact entre eux, à utiliser la même technique de construction. Pour le moment, il n’y a aucune certitude sur la question. Cependant, l’acropole d’Alatri est un vrai condensé de merveilles architecturales.

Si nous considérons le graphisme de l’Acropole, il semble qu’un polygone irrégulier fut mis là par hasard. En réalité, elle fut construite suivant un plan très précis.

TEMPIO SOLARE - ALATRI

Temple solaire d’Alatri – Italie

Une légende très ancienne voudrait qu’Alatri soit née d’un rayon de Soleil le 21 décembre de l’année 1000 avant Jésus-Christ. La légende est belle mais est tout simplement improbable. Giuseppe Caponi, éminent chercheur d’Alatri, raconte qu’en toute probabilité la ville fut fondée par les Ittiti, un peuple venant de Mésopotamie, qui séjournèrent en Italie.

Ce qui l’évoque c’est qu’on a retrouvé près du site de Tell Hariri en Syrie des tablettes d’argile. L’une d’elle était une lettre envoyée au roi du royaume de Mari à son fils pour l’informer de l’excellente conservation des mus de défenses d’Alatri. Voilà qui est comme une confirmation directe de la théorie de Caponi. Un peu d’Histoire est nécessaire, mais les merveilles de l’acropole sont bien autres.

Par exemple, elle est orientée selon un plan astronomique, prenant en compte la position des étoiles et du Soleil, et si on pense à regarder dans le ciel « Castor et Pollux », ces points lumineux qu’on voit de la Terre et qui représente la Constellation des Gémeaux, l’idée sera née là.

Et puis, on sait que le rapport avec la nature et principalement avec le ciel a toujours influencé les vieilles civilisations, dont la conséquence sont les connaissances astronomiques qui influencèrent les réalisations architecturales, devenant parties intégrantes dans l’orientation des structures, en suivant les cycles du Soleil et de la Lune, en les inclinant vers les étoiles du ciel qui avaient une signification religieuse précise.

Alatri est née comme ça, elle qui fut construite sur un rayon de Soleil au solstice d’été, qui effleurait la roche et qui aurait indiqué le point le plus haut et le plus important de l’Acropole. Giuseppe Caponi dans son livre « la progenie Hetea » écrit textuellement : « Les Anciens bâtisseurs ont orienté notre ville pour voir de l’Orient le pouvoir de l’aube, comme s’ils avaient voulu se placer sous les auspices d’un temps sans crépuscule, pour cette ville qu’ils avaient consacrée au dieu Soleil, un jour de solstice.

ALATRI MURA MEGALITICA

Alatri – Murs mégalithiques

Et le soleil en indique le centre dans la rencontre du premier rayon du matin et le dernier du soir. C’était la conséquence d’une sensibilité spirituelle, qui avait maturé par des millénaires d’Histoire, qui n’a rien à voir avec la légende ou une quelconque fantastique interprétation : il y a un message gravé dans les pierres de l’acropole et avec les pierres de la ceinture de murailles : « Le lien entre Ciel et Terra fut stabilisé… pour toujours ». Er comme on dit, c’est absolument vrai… « au ciel et sur la terre ».

De ces splendides liens entre ciel et terre, Alatri en regorge et Ornello Tofani, autre éminent chercheur, grâce à ses études en montrent d’autres. En effet, Ornello Tofani a poursuivi les études de Don Giuseppe Capone sur Alatri, faisant d’intéressantes découvertes.

En 2008, sur le pignon sud-est de l’Acropole on a trouve un graffiti jamais remarqué jusque-là. En l’analysant, on a découvert la reproduction d’une triple ceinture orientée parfaitement dans les axes Est-Ouest et Nord-Sud.

Le pôle Nord céleste se trouvait à l’intérieur de la Porta Maggiore. Or, en 10 798 avant Jésus-Christ, le Pôle Nord céleste n’était autre que l’étoile Vega, distante du Pôle céleste de seulement 5° environ. Le pôle céleste ne varie pas dans le temps, c’est l’étoile qui le représente qui, au cours des millénaires, change. Ceci à cause de la précession des équinoxes : un mouvement de la Terre sur un axe incliné qui fa changer, sur un mode très lent mais continue, l’orientation de son axe de rotation par rapport à la sphère idéal des étoiles fixes. Ceci est la cause de la précession des équinoxes : un mouvement de la Terre sur un axe incliné qui fait changer sur un mode lent mais continue, l’orientation de son axe de rotation par rapport à la sphère idéale des étoiles fixes.

Sur l’architrave de la Porte de la Fertilité, un bas-relief illustre trois phénomènes : les graduations inversées sont au nombre de neuf comme les lunaisons d’une grossesse ; la terre à ce moment là est comme « pénétrée » par le Soleil aux équinoxes et, au crépuscule de ces mêmes jours, et au crépuscule de ces mêmes jours, du côté du Temple Solaire d’Alatri, le soleil couchant remonte vers Fumone et Montelungo.

Tous ces indices font référence aux cultes de la fertilité et expriment avec la pierre ce qu’on considère comme « règle universelle de la maternité ».         

Voilà qui peut être interprété quand on évoque l’Acropole : les enfants conçus durant les solstices, quand le soleil illumine le premier degré de l’échelle inversée naîtront aux équinoxes, quand le soleil traverse tout le couloir intérieur de 17 mètres de la Porte Mineure, alors que les enfants conçus aux équinoxes naîtront aux solstices.

Il y aurait encore tant d’autres choses à raconter. Espérant vous avoir transmis le mystère qui entoure cette petite ville d’Alatri. En espérant que ce petit article vous donne envie de la visiter pour revivre les moments magiques qui l’ont rendue si mystérieusement fascinante… Un patrimoine tout italien qui rend fier.

ROMA-ALATRI 2

 

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UNE PHILIPPIQUE… UN MOT MERCURE-MARS

(6.1 - Etymologie) par sylvietribut le 17-06-2017

Mercure dans la symbolique astrologique est lié à la communication, à l’échange, à la négociation, à la parole, au mot. Mercure est plutôt primesautier et amusant. Cependant, s’il s’allie à Mars dans un aspect difficile, ou bien si Mars occupe les Gémeaux ou même la Maison III, Maison en analogie avec ce troisième signe que sont les Gémeaux, Mercure se colore de l’agressivité de Mars et la parole devient agressive, la diplomatie et le sens de la négociation propre à Mercure disparaissent. On pourrait d’ailleurs parler de « mot qui tue ». En effet, Mars c’est la guerre, l’agressivité, l’arme. Aussi, la philippique est vraiment ce qui illustre parfaitement un aspect difficile Mercure/Mars.

Une philippique est un discours violemment satirique, généralement prononcé par un homme politique contre son adversaire, ou contre un pays dont il trouve qu’on ne se méfie pas assez. Les « Philippiques » de Démosthène sont considérées comme l’un des chefs d’œuvre de l’éloquence.

DEMOSTHENE HARANGE LES FLOTS DE LA MER - DELACROIX - BIBLIOTHEQUE ASSEMBLEE NATIONALE

Démosthène harangue les flots de la mer – Eugène Delacroix – Bibliothèque Assemblée Nationale – Paris

Démosthène naquit à Athènes en 384 avant Jésus-Christ. C’était un homme d’Etat athénien, grand adversaire de Philippe II de Macédoine, et l’un des plus grands orateurs attiques. Il avait de sérieux problèmes d’élocution qui lui valurent le surnom de « bègue », défaut qui, nous rapporte la légende, le contraignait à s’entraîner à parler avec des cailloux dans la bouche. On peut à juste titre penser que son thème comportait un sévère et difficile aspect Mercure/Mars.

Démosthène était né dans une famille athénienne, riche et commerçante, ce qui lui valut le mépris des vieilles familles aristocratique. Son père, Démosthène de Péanie, possédait une manufacture d’épées.  On baigne dans la symbolique Mercure, le commerce, et Mars, la manufacture d’épées. Par ailleurs, sa vie est un roman et un parfait exemple d’un complexe ou d’un aspect planétaire difficile surcompensé. En effet, à force de travail il devint, pour les Grecs, le plus grand de tous les orateurs. On l’appelait même tout simplement « l’Orateur » comme on disait « le Poète » pour Homère. Cicéron le considérait comme le premier des orateurs grecs, en faisant l’un des phares éclairant le travail de l’écrivain. Il faut dire qu’il avait eu pour professeur Platon lui-même.

Pour en revenir à la philippique, les « Philippiques » de Démosthène sont considérées comme l’un des chefs d’œuvre de l’éloquence. La première fut prononcée en 351 avant Jésus-Christ. Il s’agissait de réveiller les Athéniens, de leur faire prendre conscience de l’hypocrisie de Philippe de Macédoine et de les amener à lutter contre lui.

            « Allez-vous donc toujours tourner autour les uns des autres sur la place publique, vous questionnant, vous demandant : « Eh bien !                         Qu’y a-t-il de nouveau ? ». Et que peut-il y avoir de plus nouveau que de voir un Macédonien lutter contre Athènes et être maître                             de la Grèce ?… ».

Les autres « Philippiques » furent prononcées en 344 et 341 avant Jésus-Christ. Démosthène fut enfin écouté. Athènes consentit à un effort militaire exceptionnel et déclara  même la guerre à Philippe de Macédoine. Mais il était trop tard car celui-ci avait transformé son modeste royaume en une puissance invincible.

Les Athéniens l’apprirent à leurs dépens à Chéronée, en 338.

PETITS CAILLOUX

 

 

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MERCURE ET LE PASSAGE VERO-DODAT A PARIS

(6.2 - Paris Insolite - Paris Mystérieux - Paris Esotérique) par sylvietribut le 15-06-2017

Ce Mercure au-dessus de l’entrée du passage Véro-Dodat m’intriguait et j’ai plongé dans mon livre « Connaissance du Vieux Paris » de Jacques Hillairet. Si à gauche il s’agit bien de Mercure qu’on reconnaît à ses attributs, le caducée bien sûr, mais aussi le pétasse, ce chapeau ailé, et tenant dans la main une petite bourse, la statue de droite représente le Satyre au repos selon Praxitèle, le célèbre sculpteur de la Grèce antique.

MERCURE DU PASSAGE VERO-DODAT - PARIS

L’entrée de la galerie Véro-Dodat

Et pourtant, la galerie sous le patronage de Mercure s’explique très bien. On sait que Mercure est le dieu protecteur des commerçants et des voleurs et, pour l’astrologue, il est celui de toutes les transactions et de toutes les négociations. Or, la réalisation de la galerie fut le résultat d’une opération spéculative immobilière dont le régime de l’époque, la Restauration, avait le secret.

Ensuite, dans cette galerie vinrent s’installer « les Messageries Laffitte et Gaillard ». Ainsi, les voyageurs qui attendaient leurs diligences pouvaient flâner dans ce passage marchand. Il se trouve que Mercure est également le dieu protecteur des voyageurs, favorisant tous types d’échanges.

Autre coïncidence, les Messageries avaient été crées par deux associés : Laffitte et Gaillard. Cette petite équipe évoque bien les Gémeaux, si prompts à s’associer, à travailler, à commercer avec un partenaire. Or, le Maître des Gémeaux n’est autre de Mercure.

GALERIE VERO DODAT - MERCURE

Mercure au-dessus de la Galerie Véro-Dodat

Et puis, dans cette galerie, c’est un marchand d’estampes qui viendra également s’y installer. Il était éditeur de deux journaux satyriques, Charivari et Caricatures : nous revoilà devant deux entités. Mais surtout on comprend mieux pourquoi ce Satyre au repos occupe la seconde niche, à droite au dessus de l’entrée du passage. Aujourd’hui, un éditeur est toujours installé dans la galerie.

Pour en revenir à la symbolique de Mercure, l’écriture, le dessin, la caricature, le monde du livre et de l’édition appartiennent au monde des Gémeaux et donc de Mercure. Enfin, « Connaissance du Vieux Paris » nous apprend que ce furent deux associés qui eurent l’idée de cette galerie pour relier Palais-Royal et les Halles, via les rues du Boulou à l’Ouest et la rue Jean-Jacques Rousseau à l’Est. « Relier » voilà bien un mot de Mercure, ce dieu à l’éternelle jeunesse n’était-il pas le messager de l’Olympe ?

Des deux associés, l’un Benoît Véro, était charcutier, un commerçant donc, et l’autre, Dodat, était un financier. Le commerce et la finance sont une parfaite alliance que ne pouvait que présider Mercure. Cela se passait en 1826 et nous sommes au XXIe siècle dans le 1er arrondissement de Paris.

PARIS - PASSAGE VERODODAT

La Galerie Véro-Dodat

Bibliographie

Connaissance du Vieux Paris – Jacques Hillairet – Editions de Minuit

 

 

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LES GEMEAUX DU ZODIAQUE

(6.6.3 - LES MYTHES DES GEMEAUX ET DE MERCURE) par sylvietribut le 10-06-2017

Deux éphèbes enlacés représentent ce signe dit « double » qui nous introduit dans le monde des contraires polaires : masculin-féminin, ténèbres-lumières, sujet-objet, intérieur-extérieur… C’est bien pourquoi le signe est en affinité avec Mercure, ce messager pourvu d’ailes aux pieds  et portant en emblème le caducée.

LES GEMEAUX - LES EPHEBES

Les éphèbes

Dans le concert zodiacal, la partition du troisième signe s’assimilerait plutôt à l’égrènement en presto de l’arpège. Avec les Gémeaux nous ne bénéficions plus de la coulée chaude des instincts du Taureau. L’esprit intervient dans le jeu de la personnalité qui compose un duo avec la sensibilité. La personnalité ne repose pas d’emblée sur le souffle naturel et la poussée libre de la vie animale. Elle s’élabore, au contraire, à partir d’un mécanisme de défense contre la suprématie de l’affectivité : la vie sensible est tenue en respect, suspectée et raillée, circonscrite à la sphère d’un Moi soucieux de vivre dans la commodité de la libre appartenance à soi. Il en découle un processus de cérébralisation qui donne, entre autres, le goût du jeu, l’agrément de l’exercice des idées et du commerce de l’esprit, l’envol de l’intelligence. L’être vit en somme sur un dédoublement intérieur : une moitié de lui sent, agit, vit, pendant que l’autre la regarde agir, sentir et vivre ;  la fois acteur et spectateur de soi-même, le spectateur et spectateur de soi-même, le spectateur tenant l’acteur sous son regard, narquois ou désabusé. Et cela va de l’être de l’extrême adaptation à celui de l’extrême complexité.

Gemini

Constellation des Gémeaux

Les Gémeaux étaient l’une des quarante-huit constellations identifiées par Ptolémée. Cette constellation des Gémeaux peut se repérer à partir de la Grande Ourse : la diagonale du Grand Chariot pointe sur Pollux et cet alignement se prolonge sur la diagonale d’Orion. Inversement, les Gémeaux peuvent se repérer à partir d’Orion : l’alignement entre Rigel et Bételgeuse passe sur le pied du Gémeau et pointe sur Pollux.

Pour les Grecs, la constellation des Gémeaux représentait Castor et Pollux, les frères jumeaux d’Hélène de Troie, alors que les Romains y voyaient Romulus et Rémus, les jumeaux élevés par la louve romaine et fondateurs de Rome. On constate d’ailleurs que toutes les cultures et mythologies témoignent d’un intérêt particulier pour le phénomène des jumeaux. Quelles que soient les formes sous lesquelles ils sont imaginés, parfaitement symétriques, ou bien l’un obscur et l’autre lumineux, l’un tenu vers le ciel et l’autre vers la terre, l’un noir et l’autre blanc, rouge ou bleu, l’une à tête de taureau et l’autre à tête de scorpion, ils expriment à la fois une intervention de l’au-delà et la dualité de tout être ou le dualisme de ses tendances, spirituelles et matérielles, diurnes et nocturnes. C’est le jour et la nuit, les aspects céleste et terrestre du cosmos et de l’homme.

LA LOUVE ROMAINE

Bibliographie

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

 

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JASON… UN HEROS BELIER

(6.6.1 - LES MYTHES DU BELIER ET DE MARS) par sylvietribut le 15-04-2017

L’histoire de Jason est la plus représentative de la nature du Bélier. Elle met en scène le héros partant à la conquête de la Toison d’or, embarquant avec lui sur l’Argo, superbe navire brillant comme le soleil, une cinquantaine de valeureux compagnons qu’on appellera les Argonautes.

L’histoire des Argonautes conduit par Jason est une sorte de bande dessinée qui relate ce long voyage, plein de bruit et de fureur, de morts, de passions et de larmes, aboutissant à la fois au succès de l’entreprise et la conquête de la Toison d’or, mais aussi au drame personnel de Jason, pour crime de légèreté face à Médée la redoutable.

JASON ET LA TOISON D'OR - IL BARGELLO - FLORENCE

Jason et la Toison d’or – Il Bargello – Florence

                                                                           On reconnaît le Bélier dans le médaillon au-dessus de Jason

Pour les Grecs, le soleil était représenté par un bélier et c’est également le soleil que désigne l’étincelant vaisseau. Mais ne dit-on pas que le Bélier est le lieu d’exaltation du Soleil ? 

L’histoire se passe avant la guerre de Troie et précède le voyage d’Ulysse. Certains, d’ailleurs, prétendent que Jason avait Ulysse pour cousin. Assurément, Jason était un prince grec, fils d’Aéson, roi d’Iolcos en Thessalie, détrôné par Pélias son demi-frère. Comme bien des Béliers, Jason a le sens de la justice et décide de rendre son trône à son père. Jason a été éduqué par Chiron, le grand Centaure pédagogue et savant, instructeur de bien des héros.

Pélias avait appris par un oracle qu’il serait menacé par un homme n’ayant qu’une sandale au pied. Or, Jason, en aidant Héra déguisée en vieille femme à traverser une rivière, avait perdu une chaussure dans l’eau. Cependant, on dit aussi que les Eoliens combattaient toujours avec une seule sandale au pied, signalant ainsi leur nature de guerrier.

Averti du danger, Pélias prit peur et promit de restituer le trône mais à une condition : Jason devrait lui rapporter la Toison d’Or cachée en Colchide et gardée par un serpent toujours éveillé.

Mais qui est Jason ? Un jeune homme courageux, parfois irréfléchi et souvent impulsif, pur homme d’action qui fait face à la peur ou la nie, souvent de façon moins futée que ne le fera ultérieurement un héros tels qu’Ulysse le rusé, plus complexe, plus « saturnien-mercurien » à la fois que Jason. Mais Chiron l’a éduqué à devenir un héros, comme plus tard il éduquera Achille, pour devenir un homme conscient plutôt que soumis à ses pulsions. Mais dans l’histoire de Jason, l’inné l’emportera sur l’acquis. De plus, on vient de le voir Jason agit en bon Bélier, avec désintéressement, en aidant la déesse sans connaître son identité et sa position de déesse, mais en manifestant sa spontanéité généreuse, il a mis Héra dans son camp.

Bien à la manière d’un Bélier, Jason va droit au but, sans aucune diplomatie, sans aucune prudence, sans se demander s’il se met en quoi que ce soit en danger : « C’est moi l’héritier du trône, affirme-t-il fou de rage, et je viens reprendre mon bien ». Naïf, franc, direct, Jason va trouver son rival. Il préfère l’attirer dans un piège plutôt que d’assassiner un homme qui s’apprête à sacrifier aux dieux. Assurément, cela lui porterait malheur. De son côté, Pélias fait semblant d’être conciliant et de bonne volonté. Il lui promet le trône mais on sait à quelle exorbitante condition.

L'ARGO ET JASON

Départ de Jason sur l’Argo

Si valeureux qu’il soit, l’homme chargé de cette mission a toutes les chances de mourir cent fois avant de toucher le but. Avant de surmonter les obstacles innombrables semés sur sa route, Jason risquera en effet mille fois la mort pour lui et ses compagnons ; tous d’ailleurs ne reviendront pas.

Au XVIIIe siècle, Jason et les Argonautes, suscitaient aussi l’intérêt. Et en 1728, Isaac Newton défendait l’idée selon laquelle une bonne part des constellations dérivait de la geste des Argonautes. Ainsi :

  • Le Bélier est la Toison d’or ;
  • Le Taureau représente ceux que Jason soumet au joug en Colchide ;
  • Les Gémeaux sont les Dioscures qui viennent en aide à Jason, et le Cygne leur mère Léda ;
  • Le Dragon est celui de Cadmos et le Corbeau perche sur son cadavre ;
  • Le Navire Argo a droit à sa propre constellation, divisée en trois constellations plus petites : la Carène, la Poupe et les Voiles ;
  • La coupe est celle de Médée ;
  • Le Centaure est Chiron auquel est associé l’Autel ;
  • Hercule, l’un des Argonautes, est représenté avec ses victimes : l’Hydre de Lerne, le Cancer, ce crabe envoyé par Héra pour contrarier le héros pendant son combat avec l’Hydre, le Lion de Némée et le Vautour, aujourd’hui la Lyre, abattue par la Flèche.

LA TOISON D'OR

La toison d’or

Bibliographie

Dieux et Héros du Zodiaque – Joëlle de Gravelaine – Robert Laffont Editeur

 

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LES DEUX EQUINOXES : PORTES DE L’ANNEE

(6.4 - L'Astrologie dans l'Histoire) par sylvietribut le 07-04-2017

Les traditions et contes populaires considèrent qu’il existerait deux « portes du temps » au cours de l’année calendaire. C’est le moment où les deux mondes peuvent s’interpénétrer. La tradition celtique, toujours vivace dans les conceptions populaires, envisage de tels passages possibles à deux dates différentes, décalées de 38 jours de calendrier par rapport à nos actuelles dates d‘équinoxes : à Beltaine (*), le 1er mai et le 1er novembre.

Le 1er novembre, Samain celtique et Toussaint chrétienne, où l’on fête un peu abusivement les morts, sortir la nuit peut être très dangereux, puisqu’on risque de rencontrer la charrette de morts, soit de vivre une danse  macabre dans un cimetière, soit de se faire emporter par la Mesnie Hellequin ou la Chasse du roi Arthur, selon les régions. C’est que le Passeur fait alors le tour du domaine d’En-deçà pour réunir les âmes des morts de l’année et les faire passer ailleurs, éventuellement les embarquer pour les îles Bienheureuses d’où on ne revient pas.

EPONA SUR SON CHEVAL

La Déesse Epona – Musée de Nancy

Pour ce qui est des croyances liées à l’équinoxe de printemps, elles sont également fort nombreuses et capitales pour notre imaginaire collectif : c’est le temps de la quête amoureuse, par un jeune homme, de la Vierge toute belle ; les Celtes y voyait la venue sur terre, l’incarnation d’un fils d’Epona, la déesse Cheval ; le mythe chrétien place à cette date l’incarnation du Christ, en même temps que sa mort après la Passion et sa Descente aux enfers, libératoire des morts indûment retenus prisonniers dans l’Au-delà. Ces croyances semblent liées au troisième royaume dont il fut déjà question : il est situé entre les deux autres et leur sert de frontière normalement imperméable.

Et, dans chaque mythe, le rite de franchissement de la frontière est l’essentiel de la trame culturelle. Parce que, « un jour », des divinités ont traversé la frontière entre En-deçà et Au-delà, sont de descendues sur terre et remontées au ciel, il y a des carnavals et il y a des Pâques.  

EQUINOXES ET SOLSTICES

Equinoxes et Solstices

Etymologiquement, le terme « équinoxe » provient du latin « aequinoctium », de « aequus » qui signifie « égal » et « nox », « nuit ». Ceci parce qu’à l’équinoxe jour et nuit ont une durée identique. On appelle « équinoxe de printemps » ou « point vernal » l’équinoxe de mars dans l’hémisphère nord et l’équinoxe de septembre dans l’hémisphère sud. On appelle « équinoxe d’automne » celui de septembre dans l’hémisphère nord et de mars dans l’hémisphère sud.

Un équinoxe est un instant de l’année où le plan équatorial terrestre traverse le Soleil ; changeant d’hémisphère céleste. Ce jour-là, le Soleil est exactement au zénith sur l’équateur terrestre. La ligne d’équinoxe ou ligne équinoxiale est la droite d’intersection du plan de l’écliptique, qui est celui de l’orbite de la Terre, avec le plan de l’équateur céleste, qui est celui de l’équateur terrestre. Elle est perpendiculaire à la ligne des solstices ou ligne solsticiale. Un équinoxe ou point équinoxial est un des deux points d’intersection de la ligne des équinoxes avec la sphère céleste. Une année connaît deux équinoxes ou points équinoxiaux : le premier entre le 19 et le 21 mars ; le second, entre les 22 et 23 septembre. Par extension, on appelle « équinoxes » les jours de l’année pendant lesquels se produisent ces passages au zénith. Les dates des équinoxes sont liées par convention à celles du début du printemps et de l’automne.

CALENDRIER CELTE

Calendrier celte

L’équinoxe, particulièrement celui de printemps, est une date de référence pour de nombreux calendriers :

– Dans le calendrier persan, le « nouvel an », Norouz, le nouveau jour, coïncide avec l’équinoxe de mars.

– Le calendrier badï débute également lors de l’équinoxe de mars.

– Le calendrier liturgique romain calcule Pâques comme le premier dimanche suivant la première Pleine Lune de comput suivant l’équinoxe de mars. L’Eglise utilise le 21 mars comme référence pour cet équinoxe. Cependant, l’Eglise catholique romaine utilisant le calendrier grégorien et la plupart des Eglises orthodoxes le calendrier julien, la date précise de Pâques diffère.

– La Pâque juive a généralement lieu lors de la première Pleine Lune suivant l’équinoxe de printemps dans l’hémisphère nord ; quatre ou cinq fois tous les 19 ans, elle a lieu lors de la deuxième Pleine Lune.

– Dans les calendriers est-asiatiques traditionnels : chinois, coréen, vietnamien, etc…, l’équinoxe vernal et l’équinoxe automnal marquent le milieu du printemps et de l’automne. La fête de mi-automne est célébrée le 15e jour du 8e mois lunaire et est un jour de fête officiel dans plusieurs pays d’Asie.

– Au Japon, l’équinoxe vernal est une fête officielle, le « Shunbun no hi », littéralement « jour de l’équinoxe vernal ». L’équinoxe de septembre et le « Shùbun no hi », littéralement « jour de l’équinoxe automnal ».

– Le nouvel an tamoul et le nouvel an bengali suivent le zodiaque hindou et sont célébrés lors de l’équinoxe vernal sidéral (le 14 avril). Le premier est fêté dans le Tamil Nadu, le deuxième dans le Bengale-Occidental.

– Les habitants de l’Andhra Pradesh, du Karnataka et du Maharastra célèbrent l’ugadi, fixé par les Satavahana au premier matin suivant la première Nouvelle Lune après l’équinoxe de mars.

– Au Mexique, à Chichèn Itzà sur la pyramide de Kukulcàn, appelée aussi « El Castillo », il est possible aux équinoxes d’observer par jeu d’ombre l’apparition d’un serpent le long des escaliers.

– Dans plusieurs pays arabes, la Fête des Mères est célébrée lors de l’équinoxe de mars.

– La Fête des Moissons est célébrée au Royaume-Uni le dimanche de la Pleine Lune la plus proche de l’équinoxe de septembre.

– Dans le calendrier républicain commençant le 22 septembre 1792, mis en place le 6 octobre 1793, et utilisé entre 1793 et 1805, l’année débute lors de l’équinoxe de septembre. Le hasard avait fait que l’institution de la République, le lendemain de l’abolition de la royauté le 21 septembre 1792, ait lieu le jour de l’équinoxe d’automne. La date de chaque année était déterminée par observations et calculs astronomiques.

BELTAINE

La roue de Beltaine

(*) Beltaine est la troisième des quatre grandes fêtes religieuses de l’année celtique protohistorique, fêtée le 1er mai. C’est aussi le nom du mois de mai en irlandais et le nom du 1er mai en gaélique écossais. Elle vient après Samain et Imbolc, et marque la fin de la saison sombre et le début de la saison claire. Elle est en rapport avec Belenos, Lug et Belisama. Le principal rituel de Beltaine consiste en des feux allumés par des druides où le bétail passait afin qu’il soit protégé des épidémies pour l’année à venir. Beltaine est encore fêté aujourd’hui, notamment à Edimbourg lors du « Beltane Fire Festival » qui se tient chaque année le 30 avril sur Calton Hill.

BELIER - TAUREAU - RICHES HEURES DU DUC DE BERRY

Avril – Les Très riches Heures du Duc de Berry

Bibliographie

Fêtes et croyances populaires en Europe – Yvonne de Sike – Bordas

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NETTUNO… LA VILLE DU DIEU NEPTUNE… DANS LE LATIUM… PROVINCE DE ROME

(6.3.2 - A l'étranger) par sylvietribut le 19-03-2017

En Italie, les dieux ou les planètes ont leur ville. Neptune a aussi la sienne, Nettuno, une petite ville au sud du Tibre, sur la côte tyrrhénienne comme on appelle la Méditerranée là-bas. Nettuno est le pendant de l’antique cité d’Antium, l’Anzio d’aujourd’hui, centre thermal et de villégiature au temps des Romains.

Nettuno aujourd’hui est une station balnéaire très fréquentée. Mais c’est également un centre agricole et industriel tourné vers l’alimentaire, notamment la conserve de poissons, mer et Neptune oblige, ainsi que les meubles et le verre. Ne pas oublier le vin local de Nettuno, petit vin blanc exceptionnel, inconnu et caché, comme tout ce que le monde de Neptune abrite, le Cacchione…

NETTUNO - FORT SANGALLO

Nettuno – Fort Sangallo

Une partie de la ville se trouve à l’intérieur des murs médiévaux et, à l’extérieur, se trouve le noble Fort Sangallo, datant de 1501, exemple précoce de fortification moderne érigée par Antonio de Sangallo pour le Pape Alexandre VI.

Plus près de nous Nettuno fut le site d’un débarquement des Forces Alliés avec l’Opération Shingle, une bataille de quatre mois, la campagne d’Anzio et Nettuno, pendant la seconde guerre mondiale, alors qu’en France les Alliés débarquaient sur les côtes de Normandie. C’est par la mer et peut-être avec Neptune que les Alliés débarquèrent. Ce fut aussi un massacre et aujourd’hui on visite le cimetière américain qui se trouve à une sortie de la ville.

Nettono se trouve à environ 60 km de Rome. Quant aux habitants de Nettuno, on les appelle les « Nettunesi ».

NETTUNO - FONTANA DEL DIO

Nettuno – La Fontaine du dieu Neptune

Neptune c’est l’équivalent romain du Poséidon grec. La fontaine, symbole de la ville qui porte le nom du dieu païen de la mer, se trouve sur la place Mazzini. Cependant, elle n’était pas installée ici à l’origine et le monument lui-même se composait de deux parties diverses : la statue du dieu et la coquille tirée par deux chevaux, avec en annexe la vasque. Au XIXe siècle la statue de Neptune faisait partie d’une autre fontaine et se trouvait Place du Marché, de laquelle, aujourd’hui, il ne reste qu’une partie, et devenue petite fontaine publique. La statue, réalisée en travertin, fut réalisée par l’artiste Ottavio De Angelis, et donnée à la ville en 1882.

Durant la Seconde Guerre Mondiale, pourtant, la fontaine subissait de graves dommages par les bombardements qui s’abattirent sur la ville. Puis durant la période de la reconstruction on décida de l’installer sur la place Mazzini, où elle se trouve actuellement. Lors du déplacement du monument, on décida de lui donner une nouvelle forme. Et c’est ainsi que le Nettunese Randolfo Belleudi réalisa la coquille traînée par des chevaux, où trône toujours le dieu Neptune. L’œuvre fut complétée entre 1949 et 1950.

En 1956, à l’occasion de l’inauguration de l’aqueduc communal de Carano, on réfléchit à positionner des éléments de diffusion de l’eau et c’est ainsi que dans les années 60 furent ajoutés à la vasque les trois poissons qui envoient l’eau vers la coquille et le dieu.  Cependant, c’est en 2015 qu’une nouvelle restauration eût lieu, lui redonnant la splendeur de ses origines.

NETTUNO - FONTAINE DANS LA VIEILLE VILLE

Petite fontaine dans la citadelle médiévale de Nettuno

Neptune/Poséïdon est le dieu des Mers, des Océans, des Fleuves, des Sources, des Lacs, le domaine des eaux lui appartient, comme les Enfers appartiennent à Pluton/Hadès, le Ciel à Zeus/Jupiter et la Terre aux trois frères.

Son attribut est le trident, ou harpon à trois pointes, analogue au foudre de Zeus/Jupiter, et a pu représenter à l’origine le jaillissement des vagues et des éclairs. Car Neptune/Poséidon est un dieu redoutable : il est plutôt le dieu « de la mer soulevée que la bonace ».

Neptune/Poséidon connut beaucoup de liaisons amoureuses, ce serait le plus volage des dieux, avec des déesses ou des mortelles, mais il n’engendrait guère que des monstres et des bandits. La fille qu’il eût de Déméter, « seuls les initiés peuvent savoir son nom », dit Pausanias. Le secret est resté caché. D’ailleurs pour l’astrologue, le lieu où est Neptune dans un thème est le lieu d’un secret à découvrir.

Neptune/Poséidon est également une puissance chthonienne, le dieu des tremblements de terre, les séismes provenant, selon les Anciens, des tempêtes de la mer, sur laquelle reposent les continents. Neptune est le dieu qui « fait tressaillir la terre ». Il met en branle, dit Homère, la terre et les flots.

Neptune est souvent représenté par les animaux qui incarnent le principe de fécondité, le cheval, le taureau, le dauphin. La crinière de l’un, les mugissements de l’autre, la rapidité bondissante du troisième, par leurs similitudes avec les ondulations bruyantes des vagues, resteraient au niveau de l’explication purement métaphorique.

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Nettuno – Le Port

C’est à Neptune/Poséidon que Platon attribuera le pouvoir dans l’Atlantide fabuleuse, « de faire jaillir de dessous le sol deux sources d’eau, l’une chaude, l’autre froide et de faire pousser sur la terre des plantes nourricières de toute sorte en suffisance ».

Neptune/Poséidon, dieu des mers et des terres secouées, serait le symbole des eaux primordiales, des eaux d’en bas et non d’en haut, où la vie prend naissance, mais de façon encore indifférenciée, tempétueuse et monstrueuses. Du solide commence à émerger des tourbillons marins ; il reste à le développer et à l’harmoniser. Poséidon est l’expression chthonienne des forces créatrices ; il incarne les forces élémentaires et encore indéterminées d’une nature, qui est à la recherche de formes solides et durables.

Du point de vue éthique, certain juge sévèrement le type de comportement symbolisé par Neptune/Poséidon. Le dieu trahirait tout effort de spiritualisation, il légaliserait une forme de pervertissement. « Il préside à la légalité qui gouverne la satisfaction perverse du désir, la banalisation, la perversité ».

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Blason de la ville de Nettuno – Roma – Italia

Bibliographie

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter

 

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DANS LE BESTIAIRE DES POISSONS… LE MARTIN-PECHEUR

(6.6.12 - LES MYTHES DES POISSONS ET DE NEPTUNE) par sylvietribut le 18-03-2017

L’alcyon est un genre de martin-pêcheur, entré dans la légende et devenu symbole, une sorte d’oiseau fabuleux, beau et mélancolique.

D’après une légende grecque, Alcyoné était la fille du roi des vents. Elle avait épousé Céyx, le fils de l’Astre du matin. Leur bonheur était si parfait qu’ils se comparaient à Zeus/Jupiter et à Héra/Junon et, par le fait même, attirèrent sur eux la vengeance des dieux. Ils furent métamorphosés en oiseaux et leurs nids, construits au bord des flots, étaient sans cesse détruits par les vagues. Telle serait l’origine de leur cri plaintif. Par pitié, Zeus/Jupiter apaisa la mer deux fois, sept jours par an, avant et après le solstice d’hiver ; pendant cette accalmie, l’alcyon couve ses œufs. A ce titre, il devint un symbole de paix et de tranquillité ; mais d’une paix dont il faut se hâter de profiter, car elle est brève.

Martin-pêcheur d'Europe. Famille des Alcédinidés. Ordre : Coraciiformes

Martin-pêcheur

Oiseaux des mers, dédiés à Thétis, divinité marine et l’une des Néréides, enfants du vent du soleil matinal, les alcyons tiennent à la fois du ciel et des océans, de l’air et des eaux. Ils symbolisent à ce titre une fécondité à la fois spirituelle et matérielle, mais menacée par la jalousie des dieux et des éléments. Le danger qu’ils évoquent est celui de l’autosatisfaction et de l’attribution à eux-mêmes d’un bonheur qui ne peut venir que d’en haut. Cet aveuglement dans le bonheur expose au pire des châtiments.

Des légendes tardives ont assimilé la légende d’Alcyoné à celle d’Isis ; la femme vole à travers les airs et au-dessus des mers, à la recherche de son mari, fils de l’Astre du matin, comme Osiris était le soleil levant. Ovide a décrit la rencontre de l’épouse, changée en oiseau, et du cadavre de son mari poussé par les flots, en des termes qu’ils rappellent le mythe égyptien.

Mais les terreurs, qu’inspirent les éléments déchaînés, conjuguant les violences des vents et des vagues, subsisteront toujours. La confession d’Alcyoné tremblante et comme séduite par la grandiose fureur des éléments déchaînés, montre bien ce qui est au cœur du symbolisme de cet oiseau si cher aux romantiques.

Voici aussi un oiseau qui est un très bon indicateur naturel de la qualité d’un milieu aquatique. Il apprécie les falaises calcaires qui se réchauffent facilement au soleil, et les abords des étendues d’eau dans lesquelles il pourra plonger pour attraper sa nourriture. Et ainsi, il reste dans son territoire de prédilection tant que les eaux ne sont pas prises par les glaces, car cet oiseau craint les hivers trop rudes, et dans ce cas, il migre vers des régions plus tempérées.

Le bleu étincelant du martin-pêcheur provient des reflets prismatiques de la lumière sur les structures minuscules de ses plumes. Le sexe des martins-pêcheurs se différencie à la couleur du bac : presque tout noir chez le mâle et chez la femelle, la mandibule est du même orange que les pattes.

Les martins-pêcheurs volant par couples sont, comme il est fréquent en Chine, des symboles de fidélité, de bonheur conjugal. Sensibles à leur beauté, les Chinois opposent leur noblesse et leur délicatesse à la vulgarité des oiseaux bavards, tel le milan.

ALCYNOE

Alcyoné

Il existe deux versions de la légende d’Alcyoné et de Céyx son époux. Dans la première version Céyx se rend à Claros pour consulter un oracle, mais il se noie durant la traversée. Avertie par Morphée de la mort de son époux, Alcyoné part à la recherche de son corps et finit par le retrouver. Prix de pitié devant son chagrin, les dieux métamorphosèrent le couple en martins-pêcheurs. Cette version est corroborée par le fait que lorsqu’une accalmie règne en mer, cette période est désignée sous le nom de « jours alcyoniques ».

La seconde version raconte que pris de vanité, le couple ose s’assimiler à Zeus et Héra. Pour ce sacrilège sera métamorphosée en alcyon, le martin-pêcheur, et Céyx, en fou de Bassan.

Dans le dialogue pseudo-platonicien, Alcyoné fait le tour de la terre pour retrouver Céyx. Elle sera métamorphosée par les dieux en récompense de son amour.

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Bibliographie

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

 

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