FEVRIER ET LES ANNEES BISSEXTILES

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 08-02-2012

Le plus souvent une année bissextile est considérée comme aussi néfaste et redoutable que l’année des treize lunes, dont la survenue est causée par un effet de contrepoint entre cycle des lunaisons et définition solaire de l’année. 

 

FEVRIER entre Verseau et Poissons – CALENDRIER DES BERGERS XVe siècle 

Déjà le mois de février à 28 jours, appelé « février le boiteux » dans les Balkans, constitue une anomalie calendaire et plusieurs versions de contes populaires expliquent comment février a perdu deux jours par rapport aux autres mois de l’année. Le plus souvent, c’est mars, le mois belliqueux, qui les lui a volés pour ainsi s’en augmenter ; la tradition ancienne voulait que les deux mois aient 29 jours chacun, mais mars a décidé de « s’agrandir » pour punir les humains qui le sous-estimaient sous prétexte qu’à partir de son vingt-neuvième jour ils croyaient avoir franchi l’étape difficile de l’année et se trouver déjà en période estivale.

En fait, février est un mois néfaste dès sa création : Fevruarius, du latin « februus », signifie « purification ». Ce mois de l’année romaine primitive, avec ses 28 jours, alors que les autres en comptaient 29 ou 31, car seuls les nombres impairs étaient fastes, jalonné de fêtes de purification, de rites de bénédiction, de célébrations publiques et privées d’expiation en l’honneur des morts et en faveur de la fécondité, révèle le désir des citoyens et de l’Etat d’en finir avec le temps écoulé et de marquer un nouveau départ. 

Les mois, indépendants des lunaisons, avaient alternativement 30 et 31 jours, et seul février se composait des 29 jours restants. Toutefois les Romains n’étaient pas mécontents de voir ainsi raccourci un mois dont le programme rituel était singulièrement chargé ; on obtenait ainsi une année de 365 jours pour une durée réelle de 365,25 jours. Le décalage était comblé en ajoutant un jour tous les quatre ans, inséré entre le vingt-quatrième et le vingt-cinquième jour du mois le plus court. Ce jour, le sixième avant les Calendes (°) de mars, dédoublait, d’une certaine façon, le sixième jour réel, d’où son nom : « bis sextus », à l’origine du mois et de l’année bissextile.

En 44 avant Jésus-Christ, le cinquième mois de l’année, Quintilis, fut dédié à Jules César pour honorer sa réforme calendaire et il est nommé depuis « Julius », d’où « juillet ». En l’an VIII avant J. C., le sénat romain remercia Auguste en lui attribuant l’ancien sixième mois : ainsi Sextilis devient Augustus, « août », et comme Auguste n’était en rien inférieur à César, il fallut ajouter à août un jour pour que les deux mois consécutifs aient 31 jours chacun. On retira ce jour à février qui se retrouva avec 28 jours, comme dans le calendrier primitif. Les festivités romaines de février éclairent certains aspects des fêtes chrétiennes de ce mois. 

Lorsque Jules César décida de réformer le calendrier, peut-être d’origine étrusque et fondé sur un calcul lunaire des mois, il convoqua un astronome grec d’Alexandrie, Sosigène, qui imposa l’année solaire : ce nouveau calendrier, dit « Julien » et qui prit effet en 45 avant J. C. est toujours le nôtre, légèrement modifié en 1582 par le Pape Grégoire XIII. 

 

Rome – Colonne de Trajan – La lustration

Début février, on célébrait avec grand faste la lustration des villes, « amburbium ». La lustration, rite de purification, consiste en une procession autour de la ville avec prières, sacrifices sanglants et libations. Avant les « suovetaurilia », sacrifice d’une truie, « sus », d’une brebis, « ovis », et d’un taureau, « taurus », les animaux étaient conduits en grande cérémonie autour de la ville, traçant ainsi eux-mêmes un cercle magique avant de transmettre, par leur immolation, dans l’espace ainsi délimité, les forces qui leur sont inhérentes.

L’ambivalence qui caractérise l’attitude des Romains envers les morts, jugés à la fois puissants et terrifiants mais aussi chétifs et faibles, s’exprime dans leurs rites funéraires qui visent aussi bien à les honorer qu’à les empêcher de persécuter les vivants et de nuire à la vie civile. Si le culte des morts est un souci constant des familles, l’Etat y veille aussi, et le calendrier religieux officiel comporte plusieurs fêtes en l’honneur des défunts. La plus importante, celle des « Parentalia » a lieu entre le 13 et le 21 février ; cette période entièrement consacrée aux morts était néfaste à la conclusion ou à la célébration de mariages. Les « Parentalia » débutaient avec un sacrifice offert par la grande vestale, incarnation de la vie de la cité et de l’ordre public. Pendant les neuf jours suivants, toutes les activités publiques et privées étaient interrompues. Le dernier jour, pour les « feralia », les familles apportaient sur les tombeaux de leurs parents des offrandes florales, généralement des violettes, plante de floraison précoce, et des épis de blé conservés à cet effet depuis les dernières moissons. 

Les Lupercales Romaines

Aux Ides (°) de février, le 15 du mois, avait lieu, en l’honneur du dieu-loup Faunus Lupercus, la fête des Lupercalia, organisée par la plus importante confrérie sacerdotale romaine, celle de Luperques. Ils couraient nus autour du Mont Palatin, chargés de symboles magiques, frappant au passage les femmes qu’ils rencontraient avec des lanières taillées dans la peau d’un bouc immolé dans la grotte du Lupercal, au sud-ouest du Palatin. Le but de ce rite était d’assurer la fécondité des Romaines, préoccupation constante de l’Etat, particulièrement depuis l’éclatement des frontières traditionnelles. 

 

Faunus – Petit-fils de Saturne

Faunus, « qui favet », était une divinité favorable, comme son nom l’indique, protectrice des bergers et des troupeaux, vite identifiée à Pan, mais son épithète « lupercus » et l’activité des luperques laissent supposer un fonds religieux beaucoup plus important. Après le sacrifice du bouc, on tachait de sang le front de deux jeunes gens en y posant le couteau sacrificiel, puis on effaçait ces traces avec un flocon de laine trempé dans du lait, à ce moment précis, des jeunes « ressuscités » devaient faire entendre un éclat de rire rituel. C’est seulement à la suite de cette cérémonie, qui comportait aussi le sacrifice d’un chien, que l’on chassait les femmes. La signification eschatologique des « Lupercalia » ne laisse pas de doute : les luperques figurent les morts, « êtres » sacrés de l’autre monde, aussi bien que ceux des esprits qui protègent les vivants contre la mort et contre les actions néfastes des trépassés. Dans cette cérémonie sont présents les trois éléments fondamentaux et indissociables de tous les rites : la mort, la purification et la fécondité. 

 

DAVID – Enlèvement des Sabines

La fécondité des mères était honorée par une autre fête qui suivait les « Lupercalia », fin février-début mars, très vraisemblablement le 1er mars : il s’agit des « Matronalia », célébrées par les matrones, c’est-à-dire les femmes mariées. Il semblerait que, pendant cette fête, les matrones avaient toute autorité sur la vie publique et privée. Suivant les traditions, cette célébration commémorait l’enlèvement des Sabines, quand ces nouvelles épouses romaines s’étaient interposées dans le combat entre Romains et Sabins. Ainsi, au moment où la végétation italienne s’éveille, on célèbre le renouveau avec des rites et des actes magiques qui ont trait à la victoire de la vie.

 

(°) Le terme « calendes » désignait en fait le premier jour du mois et devait correspondre à une Nouvelle Lune, le jour des annonces officielles. Le 15e jour des quatre mois longs de 31 jours, ou le 13e jour des autres mois étaient nommés « ides » et correspondaient à la Pleine Lune. En fait, l’expression « Renvoyer aux calendes grecques » signifie : remettre à une époque qui n’arrivera pas. En effet, les mois grecs n’avaient pas de calendes, c’était une spécificité des mois romains.

Bibliographie  

Fêtes et croyances populaires en Europe, Yvonne de Silke – Editions Bordas

 

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2 FEVRIER … CHANDELEUR … LUMIERE… DISQUE SOLAIRE… ET CREPES

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 01-02-2012

Dans des temps anciens, on parlait de « chandeleuse », quoi qu’il en soit la racine du mot est « chandelle ». L’étymologie vient de cette « chandeleuse » ou chandeleur vient du latin « Festa Candelarum », c’est-à-dire « Fête des Chandelles ». Et comme bien des fêtes judéo-chrétiennes, la chandeleur trouve son origine dans un mélange de traditions païennes et religieuses, chrétienne et juive en l’occurrence.

Chandeleur – Fête des Chandelles

En effet, au Ve siècle, le Pape Gélase Ier associa ce rite païen de la Fête des Chandelles avec la présentation de Jésus au temple et à la purification de la Vierge. Toutefois, ce n’est qu’en 1372 que la Fête de la Chandeleur sera officiellement associée à la purification de la Vierge. Ce même pape faisait distribuer des crêpes aux pèlerins qui arrivaient à Rome. Dans les églises, on remplaçait les torches par des chandelles bénies dont on pensait que la lueur éloignait le Malin, le diable, Satan prince des ténèbres, alors que le Christ était nommé « la lumière du monde ». Il en allait de même pour la fête juive de Hanoucca, ou Fête des lumières, qui dure huit jours.

En fait, dans la symbolique de la Chandeleur et dans la forme des crêpes et leur couleur, on retrouve l’adoration première des traditions païennes, le Soleil. La crêpe étant la représentation du disque solaire. On trouve d’ailleurs toutes sortes de galettes ou de crêpes dans toutes les civilisations primitives, qu’elles aient été faites à partir de farine de blé, de farine de maïs, de farine de riz, ou de toute autre céréale.

La crêpe représentation du disque solaire

Si la crêpe par sa rondeur, sa belle couleur dorée, symbolise le soleil, source de lumière, et donc pour les Chrétiens l’image du Christ, rappelant ainsi la prophétie de Saint-Siméon, il ne faut pas oublier que c’est une galette de céréales que les Romains mangeaient à la même époque, en l’honneur cette fois de la déesse Proserpine. Voilà qui incite à penser, une nouvelle fois, que la Fête de Présentation de l’Enfant Jésus, instaurée vers le Ve siècle, visait d’abord à remplacer un rite païen qui perdurait encore.

Chandeleur : Hypapante ou Purification

La Fête de la Présentation de l’Enfant Jésus au Temple, quarante jours après sa naissance, coïncide avec celle de la Purification de la Vierge, coutumes courantes de la vie publique et privée des Hébreux. Deux autres aspects de la fête, l’un saisonnier et agraire, l’autre célébrant la lumière ascendante, sont beaucoup plus importants par la richesse des traditions qu’ils évoquent.

 

Mantegna – Purification de la Vierge

La présentation de l’Enfant au Temple, son accueil par Saint Siméon, prophétisant sa vocation divine et son martyr sur la croix, donnent à la fête le nom d’Hypapante, c’est-à-dire « ce qui vient au-devant » de la gloire.

En Méditerranée orientale, la fête était très respectée des paysans qui redoutaient pendant cette période les chutes de grêle, désastreuses pour une végétation encore bien fragile. Ce jour-là, « les moulins chôment, les esclaves chôment et les ânes se reposent » suivant le dicton populaire et c’est pour cela que la Vierge de ce jour est appelée « Myliargoussa », « celle qui arrête les moulins ». Sa fête servait ici comme moyen de prévisions du temps et de la qualité des récoltes : « Le temps d’Hypapante est celui des quarante jours à venir », affirmaient les paysans, ou encore : « Hypapante enneigée, greniers bien chargés ».

Dans les traditions occidentales, la fête est connue sous le nom de Chandeleur parce que l’on conserve ce jour-là les chandelles allumées que l’on porte à travers les églises. Dans la « Légende dorée », Jacques de Voragine explique cette coutume par quatre bonne raisons dont la première consiste à « détruire » des pratiques mauvaises, échos des traditions préchrétiennes : « Autrefois, aux calendes de février, temps lustral, les Romains illuminaient les villes tous les cinq ans avec des cierges et des flambeaux, durant toute la nuit, en l’honneur de Februa, mère hypothétique de Mars, afin que celui-ci accorde la victoire aux armées romaines ». 

La Légende dorée par Jacques de Voragine – Dominicain et Archevêque de Gênes

Il s’agissait en fait de la « lustratio populi », appelée « lustrum », grande fête quinquennale de purification du peuple, accompagnée de sacrifices publics et privés.

La « Légende dorée » poursuit : « En outre, pendant ce mois, les Romains offraient des sacrifices à Febvrius, c’est-à-dire Pluton, et aux autres dieux infernaux pour les âmes de leurs ancêtres ; toute la nuit, ils veillaient en chantant leurs louanges et tenaient des cierges et des torches allumées »…. Le Pape Innocent dit encore que les femmes romaines célébraient ce jour-là la Fête des Lumières en souvenir de la fable de Proserpine : « elle était si belle que le dieu des Enfers, épris d’elle, l’enleva et en fit une déesse ». Et l’historien de poursuivre : « Ses parents la cherchèrent longtemps dans les forêts et les bois avec des torches et des flambeaux… Or, parce qu’il est difficile aux Chrétiens, nouvellement convertis, d’abandonner une coutume, le pape Sergius lui donna un but meilleur, en ordonnant aux Chrétiens de célébrer, chaque année à pareil jour, une fête en l’honneur de la sainte Mère du Seigneur, avec cierges allumés et chandelles bénites »…

D’autres sources font remonter l’origine de la Chandeleur à la  « Parentalia » romaine : fête annuelle en l’honneur des morts et au cours de laquelle, les Romains veillaient, éclairés par des cierges et des torches. On dit encore que la Chandeleur serait à relier au dieu Pan et durant la nuit, les adeptes du dieu parcouraient les rues de Rome en portant des flambeaux. De même la crêpe romaine symbolisait la roue solaire dont on faisait don aux divinités sans lequel le blé serait altéré. 

Imbolc et les grandes fêtes celtiques

Il faut également mentionner une célébration qui, cette fois, avait lieu dans le monde celte : la fête de la déesse Imbolc, qui se déroulait le 1er février. Imbolc semble signifier « lustration » et il s’agissait donc d’une fête de purification de l’eau lustrale, rite agraire très important censé favoriser la fécondité et la fertilité. Le relais chrétien de cette fête a été pris par Sainte Brigitte. Toutefois, on conserve toujours dans les villages les chandelles allumées dans l’église, croyant qu’elles écartent le tonnerre, les tempêtes et les orages. On a encore l’habitude un peu partout dans l’Occident catholique de faire des crêpes : s’il s’agit d’une évocation du disque solaire, il faut y voir aussi une coutume liée à la première récolte d’œufs de l’année.

Tout le monde connaît la célèbre prophétie : « A la Chandeleur, l’hiver s’apaise ou prend vigueur » et dans certaines traditions on guettait l’apparition ou non de l’ours ce jour-là, laquelle confirmait, ou non, le proverbe. On racontait que l’ours sortait de sa tanière et que, si le ciel était clair, il y rentrait pour y séjourner les quarante jours suivants, car l’hiver allait continuer. Si, par contre, le ciel était sombre, c’était le signe que l’hiver allait reculer et qu’on en sortait définitivement.

Ours de la Bible de Winchester – Fin du XIIe siècle

Dans les pays pyrénéens, chasses à l’ours et danses de l’ours symboliques ont lieu à la Chandeleur, laquelle peut marquer le début du carnaval si le cycle lunaire, dont dépend le calcul de sa date, le fait coïncider avec le 2 février.

D’autres proverbes se rapportent à la Chandeleur :

A la Chandeleur le jour croît de deux heures.
A la Chandeleur, le froid fait douleur.
Rosée à la Chandeleur, hiver à sa dernière heure.

Et puis, la Chandeleur, dernière fête du cycle de Noël, marque l’ouverture de la période de Carnaval. C’est en même temps un signe de renaissance et de promesse d’avenir. La crêpe servait à exorciser la misère et le dénuement. On disait qu’il fallait pour cela garder la première, garante, toute au long de l’année, jusqu’à la Chandeleur suivante, garante de la prospérité. Cette crêpe que l’on ne mange pas est la survivance du rite de l’offrande et, parfois, si l’on était plus fortuné, on mettait un louis d’or dans la crêpe.

Fêtes et croyances populaires en Europe – Yvonne de Sike – Editions Bordas

 

 

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UN MYTHE VERSEAU… ARISTEE

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 30-01-2012

Aristée était le fils d’Apollon et de la nymphe Cyrène. C’était une nymphe chasseresse d’une grande beauté. Un jour, sur le Mont Pélion en Thessalie, Apollon la vit dompter un Lion. Séduit, il l’enlève et la transporte en Libye dans un char d’or. Se souvenir qu’Apollon représente le Soleil et que l’astre du jour s’avère avoir la maîtrise du Lion pour l’astrologie. De même le Soleil et le Lion symbolisent l’or. D’Apollon Cyrène aura deux fils : Aristée, l’agriculteur, et Idmon, le devin. Toutefois, Cyrène n’était pas une nymphe fidèle et on dit qu’un jour elle partit avec Arès/Mars, l’amant éternel, dont elle aurait eu un autre fils, Diomède, qui devint roi de Thrace.

Une autre version du mythe, évoque qu’Erypyle, roi de Libye, offrait son royaume à quiconque parviendrait à tuer le lion qui ravageait son pays. Et c’est bien sûr Cyrène qui y parvint et elle fonda la ville qui porte encore son nom.

 

La nymphe Cyrène

Mais revenons au premier fils de Cyrène, Aristée. On ne saurait dire si ce fut Apollon ou Hermès/Mercure qui confia le bébé à Gaia, la Terre, et les Heures aidèrent Gaïa à élever l’enfant. Les Muses, quant à elles, lui enseignèrent les arts que son père Apollon protégeait, ainsi que la médecine, le tir à l’arc et même la divination. Elles lui enseignèrent aussi l’élevage des abeilles, la culture des oliviers et la fabrication des fromages.

Aristée grandit donc dans une atmosphère heureuse et riche d’enseignement. Quand il fut devenu adulte les Muses lui donnèrent en mariage la fille de Cadmos, Autonoé, qui lui donna un fils, Actéon. Aristée vivait alors dans la vallée du Tempé, et il introduisit les arts rustiques parmi son peuple qui l’honorait comme un dieu. Un jour, il vit une très belle femme et la poursuivit. Il s’agissait d’Eurydice, la femme d’Orphée. Celle-ci, dans sa fuite, marcha sur un serpent qui la piqua mortellement. A la suite de cet accident et bien que, tout d’abord Aristée en ignorât la cause, ses abeilles dépérirent puis moururent.

Les abeilles d’Aristée

Désespéré, Aristée se rendit chez sa mère, Cyrène, qui vivait dans le palais de son père Apollon, sous les eaux du fleuve Pénée, et lui demanda son aide. Elle lui conseilla de capturer Protée, le Vieil Homme de la mer, qui avait le don de divination, ainsi il pourrait lui expliquer ce qui n’allait pas et ce qu’il faudrait faire. Mais il était difficile de capturer Protée car le dieu avait le pouvoir de changer de forme. Cependant, Aristée put le surprendre alors qu’il dormait et Protée lui apprit la raison de la mort de ses abeilles. Le devin lui conseilla de retourner au Tempé, de sacrifier quatre bœufs et quatre taureaux aux Dryades, les nymphes des bois, et un mouton noir à Orphée, puis de retourner à cet endroit neuf jours plus tard. Aristée exécuta toutes les instructions, et lorsqu’il revint, trouva les carcasses grouillant d’abeilles.

Aristée et sa ruche

Malheureusement,  Aristée allait perdre son fils, Actéon, déchiqueté par les chiens d’Artémis. Il se réfugia alors sur l’île de Céos, île de la mer Egée, alors désolée par une peste qu’il fit cesser en offrant là encore des sacrifices aux dieux. Plus tard, il voyagea en Sicile, en Sardaigne et en Arcadie, enseignant autour de lui l’agriculture et bien sûr, il y apporta la prospérité. Cependant, il entra en compétition avec Dionysos, pour savoir laquelle des deux boissons, le vin ou l’hydromel, était la meilleure et bien sûr, les dieux comme les hommes préférèrent le vin. Dionysos l’initia donc à ses célèbres orgies et Aristé accompagna Dionysos dans un voyage triomphal. Certains racontent qu’Aristée avait pris soin du dieu alors qu’il n’était encore qu’un enfant, sur le Mont Nysa, mais d’autres affirment que ce fut sa fille Macris. Il vécut pendant un temps avec Dionysos en Thrace, puis disparut sur la montagne Haemos, tout d’un coup, à jamais. Les dieux placèrent Aristée parmi les étoiles dans la constellation du Verseau.

La constellation du Verseau

Hérodote raconte qu’Aristée apparût après sa mort, à Cyzique, mais disparut une seconde fois pour réapparaître trois ans plus tard, à Métaponte. Là il demanda aux habitants de lui ériger une statue auprès celle d’Apollon et, après avoir consulté l’oracle, les habitants répondirent au souhait d’Aristée.

Quant à Plutarque, il pensait qu’Aristée quittait et reprenait son âme à volonté et quand celle-ci sortait de son corps, les assistants la voyaient sous la forme d’un cerf. Mais celui qui raconte le mieux l’histoire d’Aristée et de ses abeilles, c’est Virgile, dans la quatrième partie de ses Géorgiques.

 

Bibliographie

Dictionnaire de la Mythologie – Michael Grant & John Hazel – Marabout

 

 

 

 

 

 

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HISTOIRE DE L’ASTROLOGIE

(6.4 - L'Astrologie dans l'Histoire) par sylvietribut le 24-01-2012

« En tant que mortel, je sais que je suis né un jour, mais quand mon regard suit la course circulaire des innombrables étoiles, mes pieds ne touchent plus terre ; j’implore Zeus de me régaler d’ambroisie, la nourriture des dieux ». Ce texte de Ptolémée (°) exprime bien la poésie mystique relative au ciel et aux étoiles qui, durant des siècles, ont exercé une véritable fascination sur l’imagination des astrologues.

Dans le Timée, Platon enseigne que la raison d’être de la vision est non pas de trouver notre nourriture quotidienne, mais bien l’observation du ciel. En effet, grâce à cette contemplation, nous mettons notre âme en harmonie avec l’ordre divin. Depuis les premières spéculations humaines jusqu’à nos jours, l’astronomie, science objective, a été intimement liée à l’astrologie – qui recherche la signification transcendantale de notre vie, qui explique la destinée par le mouvement des étoiles et des planètes.

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Calendrier égyptien

 

L’astrologie s’est développée à partir d’un ensemble complexe, associant les croyances babyloniennes et perses, le calendrier cosmologique égyptien et la philosophie grecque. Sous sa forme classique, avec ses théories de base, et notamment celle qui concerne les douze signes du zodiaque et leur signification, elle a été constituée, pour l’essentiel, durant la période hellénistique, âge fécond où la civilisation grecque a pénétré de nombreuses cultures, après 334 av. J.C., de la Méditerranée jusqu’au nord de l’Inde, dans le sillage des conquêtes d’Alexandre le Grand. Pour presque toutes les civilisations, les clés se trouvent dans le Soleil, la Lune et les étoiles ; certaines d’entre elles ont en outre développé un système de divination à partir d’une structure du temps et d’un calendrier.   

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Calendrier aztèque

 

C’est ainsi que les Aztèques et les Mayas d’Amérique centrale ont utilisé un calendrier prophétique dérivé de leur système de comptage par groupe de 20 jours ; de même, les anciens Chinois ont développé un mode de prédiction reposant sur des cycles de 60 jours et de 60 années. 

Cependant, l’astrologie actuelle repose sur une donnée complémentaire essentielle, la relation existant à un moment donné entre la position des corps célestes, particulièrement celle des planètes, et les événements du moment. Comme la science des calendriers, la divination fondée sur le mouvement des planètes demande une connaissance extrêmement précise de l’astronomie et, en même temps, l’établissement d’une table d’interprétation des qualités attribuées à chacun des astres. 

Au Ve siècle avant J. C., les Babyloniens ont combiné ces éléments pour mettre au point les premiers horoscopes – des cartes du ciel précises pour un moment et un lieu donnés. Ainsi est née l’astrologie proprement dite, c’est-à-dire l’analyse du caractère et du destin d’un individu, partant essentiellement de l’horoscope dressé au moment de sa naissance. 

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Le disque de Chevroches – Nièvre

 

Dans ses débuts, l’astrologie semble avoir été marquée par une tendance au fatalisme. Le ciel appartenait toujours aux dieux, mais comme les prévisions astronomiques gagnaient en assurance, il devenait possible anticipant le mouvement des planètes, de prédire leurs volontés. Les philosophes stoïciens grecs et romains considéraient le monde comme un tout, chacune de ses parties constitutives étant en étroite relation avec les autres. Ils étaient donc en phase avec les astrologues, et ceux-ci (à part quelques exceptions) les ont toujours considérés comme des alliés. Dans ses Astronomiques, le poète latin Manilius décrit parfaitement le lien pouvant être établi entre le stoïcisme et la divination astrale : « Le monde est guidé par son destin ; toute chose se déroule selon des lois immuables… La naissance de chacun de nous est prédéterminée, tout comme le nombre d’années et les fortunes diverses que nous aurons à vivre… ».  

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Monnaie à l’effigie du Capricorne

A Rome, l’astrologie a eu une réelle influence sur la vie politique, à tel point que lorsqu’Octavien est devenu l’empereur Auguste, en 27 avant J. C., il a fait battre monnaie à l’effigie du Capricorne, pensant que c’était son signe lunaire. En fait, cette initiative inaugura une période de troubles et d’intrigues politiques. De même, l’historien Tacite relate que l’empereur Tibère avait recours à l’astrologie pour identifier ses rivaux potentiels et que, avant de parvenir au trône impérial, il fit plusieurs fois appel à des astrologues. Mécontent de leurs prédictions, il les précipitait du haut d’une falaise, sur le chemin qui conduisait à sa résidence. Quand vint son tour, l’astrologue Thrasyllus prédit l’ascension du proconsul jusqu’au pouvoir. Méfiant, Tibère demanda à l’astrologue s’il était capable de prédire ce qui lui arriverait à lui, Thrasyllus, ce jour même. L’astrologue, ne connaissant que trop bien le sort réservé à ses prédécesseurs, y vit anguille sous roche ; après avoir étudié la position des planètes, il déclara en tremblant que cette journée, pour lui-même, pourrait bien être la dernière. Impressionné, Tibère le félicita et, depuis ce jour, tint les prédictions de l’astrologue, revenu de loin, pour parole d’évangile. En l’an 14, Tibère devint empereur et pris l’intuitif Thrasyllus pour conseiller.  

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Ptolémée 

 

(°) Ptolémée : astronome grec du IIe siècle après. J.C., né probablement à Ptolémaïs Hermiu (Haute-Egypte), auteur d’une Composition mathématique ou Almageste et d’une Géographie qui a fait autorité pendant le Moyen Age et la Renaissance. Il plaçait la Terre au centre du monde en un point fixe. 

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Zodiaque romain 

Bibliographie  

 

Le langage secret des Etoiles et des planètes – Geoffray Cornelius/Paul Devereux – Editions SOLAR 

 

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QUELQUES DEVINS CELEBRES (suite)

(6.4 - L'Astrologie dans l'Histoire) par sylvietribut le 20-01-2012

Dans la seconde moitié du XVIIe siècle, sous le règne de Louis XIV, la divination perd son caractère mystico-religieux pour devenir une discipline pratique et populaire, exercée avec succès par une pléthore de cartomanciennes, chiromanciennes et oniromanciennes. En même temps que la science progresse et que Colbert chasse avec fracas les astrologues de l’Université, de ravissantes devineresses s’exercent à manier aussi bien les cartes que l’arsenic. C’est l’époque des empoisonneuses, dont les plus célèbres furent la Voisin et la Brinvilliers. Leurs talents consistaient non seulement à prévoir le destin, mais à lui donner un petit coup de pouce à l’aide d’une pincée de sulfure rouge ou d’un bouquet de roses parfumées à l’arsenic.

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La Voisin

Alors qu’elle vient d’être arrêtée à la sortie d’une messe noire, le 12 mars 1679, la Voisin fit au lieutenant général de police La Reynie une intéressante déclaration sur ses très nobles clientes : «  Les unes demandaient si elles ne deviendraient pas bientôt veuves, parce qu’elles en épouseraient quelque autre et presque toutes demandent et n’y viennent que pour cela. Quand ceux qui viennent se faire regarder dans la main demandent quelque chose autre, ce n’est néanmoins que pour venir à ce point et pour être délivrés de quelqu’un ».

Au cours de sa fructueuse carrière de voyante assassine, la Voisin fit passer pas moins de 2 350 personnes de vie à trépas. Elle fut décapitée et brûlée le 22 février 1680, après avoir refusé la confession et le crucifix, ce qui tout compte fait était plutôt honnête de sa part.

Les empoisonneuses ne détellent pas pour autant et Colbert doit, pour mettre fin à leurs criminelles activités, faire signer au Roi, en 1682, une ordonnance contre les devins, sorciers, magiciens et empoisonneurs.

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La Marquise de Brinvilliers

Au XVIIIe siècle, la voyance acquiert peu à peu la forme que nous lui connaissons aujourd’hui. Les cartomanciens deviennent des professionnels comme les autres, exerçant en cabinet, se faisant connaître par la publicité et le bouche-à-oreille. C’est le début de la voyance commerciale, tarifée et rassurante.  

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Aliette dit Etteila

Certains y font fortune, tel Aliette, plus connu sous le nom d’Etteila, pseudonyme formé par l’anagramme d’Aliette. Ancien coiffeur, vivant chichement de leçons d’arithmétique et de géométrie, Aliette préfère se recycler dans une astrologie vaguement assaisonnée d’alchimie et de chiromancie. Il devient célèbre en commercialisant, en 1757, un jeu de tarots, immortalisé sous l’appellation « Tarots d’Etteila », accompagné d’une méthode pratique sur l’art de tirer les cartes. Il prétend avoir exhumé la symbolique du jeu d’un livre sacré de l’antique Egypte, le livre de Thot, miraculeusement sauvé de l’incendie de la bibliothèque d’Alexandrie. Bien qu’écrit dans un français épouvantable et criblé de fautes d’orthographe, le traité d’Etteila devient un tel best-seller que son auteur ouvre bientôt un cabinet dans un quartier chic de Paris où il pratique, comme il se doit, des tarifs rédhibitoires. L’histoire de l’obscur coiffeur devenu millionnaire est exemplaire et étonnamment moderne. Combien de gagne-petit connaissent aujourd’hui la fortune pour avoir troqué la machine à écrire ou l’outil de l’ouvrier contre la boule de cristal ?

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Le tarot d’Etteila

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QUELQUES DEVINS CELEBRES

(6.4 - L'Astrologie dans l'Histoire) par sylvietribut le 29-12-2011

Savez-vous qu’au Moyen Age les autorités religieuses combattaient férocement la divination profane qui flairaient là un fumet satanique. Et pourtant, cela n’empêcha nullement des rois et même quelques papes d’être des consultants réguliers. Ainsi, Robert le Pieux, Louis VII, notre saint roi Louis IX et Charles V avaient leur astrologue attitré.

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Louis XI et son astrologue Galeotti

Il en allait de même du très austère Louis XI qui n’entreprenait rien sans le conseil de son devin, Galeotti. Le roi avait une confiance sans limite en ce voyant jusqu’au jour où celui-ci commit une erreur qui faillit avoir des suites désastreuses pour la royauté. Furieux, Louis XI convoqua l’incapable et lui posa une question redoutable : « Vous qui lisez si bien dans l’avenir, pourriez-vous me dire quand vous allez mourir ? ». Comme Galeotti avait le sens de la formule, il sauva sa peau en répondant : « Sire, ma science ne me permet pas de préciser cette date, mais je sais simplement que je mourrai trois jours avant Votre Majesté ». Et Louis XI de répondre prestement : « Allez en paix, allez en paix ! ».

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Saint Césaire d’Arles

Parmi les prophéties médiévales, celles de Saint Césaire d’Arles (470-543) sont des plus étonnantes. Par exemple : « Un marteleur vigoureux frappe de toutes parts sur son marteau formidable, laissant à un illustre empereur la gloire de dompter les Arabes ». Vous avez bien sûr trouvé à qui correspond cette petite phrase sibylline… Bien sûr c’est de Charles Martel qu’il parle…

Une autre : « Revenu de l’hérésie à la foi catholique, le chef béarnais fait éclater la splendeur triomphante de la vérité… Frappé d’un coup de poignard, ce père dévoué du peuple meurt »… Vous donnez votre langue au chat ? Cela concerne évidemment Henri IV.

« Comme éclate partout un soleil brillant, ainsi sous un puissant monarque, la Gaule domine le monde et ses frontières se dilatent »… On reconnaît ici Louis XIV…

Malheureusement, les prophéties de Saint Césaire d’Arles étaient beaucoup trop belles pour être vraies. Découvertes en 1789 dans les archives de l’archevêché d’Arles, elles ont été largement revues et corrigées par d’habiles manipulateurs favorables au règne des Bourbons…

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Roger Bacon

La fin du Moyen fut marquée par la puissance visionnaire du moine franciscain Roger Bacon. Ayant étudié dans les Universités d’Oxford et de Paris, Bacon occupait son temps à l’étude des sciences médiévales : astronomie, mathématiques, alchimie, optique ainsi que l’ésotérisme. Avec une perspicacité étonnante, à une époque où l’Inquisition écrasait avec fanatisme toute velléité d’appréhender objectivement l’univers, Bacon mit en relief la valeur irremplaçable de l’expérimentation scientifique. Dans les nombreux ouvrages qu’il écrivit, il prédit l’invention du télescope et du microscope, de l’automobile et du bateau à vapeur, du sous-marin et des ponts suspendus. Il fut le premier à avoir l’intuition des capacités de destruction massive et instantanée des armes modernes. Accusé d’activités suspectes et subversives, il fut emprisonné quatorze ans durant dans les cachots de l’Inquisition et mourut peu de temps après sa libération, en 1294.

Au début de la Renaissance, l’invention de l’imprimerie allait donner un formidable coup de pouce à la divination. Les privilégiés qui savaient lire s’arrachaient les traités d’occultisme et d’astrologie, les almanachs et les éphémérides.

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Cosimo Ruggieri

Catherine de Médicis ne jure que par son astrologue florentin, Cosimo Ruggieri. Fourbe et ambitieux, Ruggieri étend son influence politique en travaillant à la fois pour le compte de la Reine et de son ennemi intime, le duc d’Alençon. Compromis à différentes reprises dans des affaires d’envoûtement, il est à chaque fois sauvé des galères par la Médicis qui pousse sa passion pour l’astrologie jusqu’à faire construire un observatoire haut de 30 mètres, toujours visible à Paris près de l’actuelle Bourse du Commerce.  

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Paris – La Tour Astrologique

Ruggieri avait prédit à Catherine de Médicis que « Saint-Germain » serait la cause de sa mort. Aussitôt, elle décide de quitter le Louvre, trop proche de Saint-Germain-l’Auxerrois, ainsi que le château de Saint-Germain-en-Laye, pour emménager dans la rue de Viarmes à Paris.

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Catherine de Médicis

Un jour de 1589, Catherine de Médicis est prise d’un malaise. Elle envoie chercher son chapelain habituel. Celui-ci dans l’impossibilité de se déplacer, lui envoie un jeune prêtre à sa place. « Comment vous appelez-vous ? » lui demande la Reine. « Laurent de Saint-Germain » lui répond le prêtre. Catherine de Médicis mourut précisément le lendemain.

Sa protectrice décédée, Ruggieri conserva ses entrées à la Cour et publie avec grand succès des almanachs astrologiques. Il meurt en 1615, après avoir refusé de recevoir les Saints Sacrements. Le corps de l’impie sera traîné par un cheval au milieu de la foule et déchiqueté par les pavés.

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A suivre

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LA NATIVITE DES CRECHES ET DES PASTORALES

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 23-12-2011

Les premières manifestations festives autour de la Nativité se sont organisées, très vraisemblablement, en Orient, au sein des Eglises fondées par les apôtres et leurs successeurs. La date retenue alors était celle du 6 janvier. Plus que la naissance de l’Enfant divin, c’est son statut de rédempteur de tous les hommes que l’on y célébrait. Dans ce contexte, l’adoration des berges et des Mages y prenait une dimension particulière, celle d’authentifier la révélation. C’est dans un semblable esprit que, le même jour était célébré le baptême du Christ par saint Jean-Baptiste dans le Jourdain. En effet, selon une interprétation gnostique de l’Evangile selon saint Matthieu, Jésus était devenu Fils de Dieu en sortant de l’eau du baptême.

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Il Perugino – Le baptême du Christ par Jean-le-Baptiste

La fête de la naissance proprement dite apparut en occident au cours du IVe siècle. Sa création marque une étape importante pour l’implantation définitive du christianisme en tant que confession officielle. En utilisant des expressions imagées et courantes pour le Christ « Lumière du Monde » ou « Soleil de Justice », le clergé a voulu procéder à la christianisation de diverses célébrations solsticiales et, plus particulièrement, de la fête du Sol Invictus ou renaissance du « soleil invaincu », le 25 décembre.  

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Le culte de Mithra

Il s’agit de la manifestation la plus importante du culte de Mithra qui, concurrençait sérieusement la foi chrétienne par un ensemble de rites voisins des traditions solsticiales populaires. Ainsi, la Nativité fut séparée de l’adoration des Mages, le 6 janvier, dans une partie de l’Occident tandis que l’Orient fête à cette date, en grande pompe, la bénédiction des eaux et le baptême du Christ. Dans les premiers siècles du christianisme, la grotte où naquit le Christ devint un lieu de culte et les pèlerins affluaient pour se prosterner devant la crèche et la mangeoire où reposa, d’après la tradition, le Fils de Dieu.

Saint Jérôme, au Ve siècle, déplorait la substitution d’une représentation ouvragée en argent correspondant à la grotte de Bethléem à la vénération de la crèche originelle. Dans cet esprit d’ostentation de richesses et de pouvoir se multiplièrent dans les églises romanes les oratoires sous forme de crèche, et les fidèles priaient, toute l’année, devant une statue d’or ou d’argent de la Vierge portant l’Enfant divin. Dans la chrétienté d’Orient, la Nativité fut un thème privilégié de l’iconographie des églises depuis la restauration du culte des icônes, l’esprit de la Nativité fut toujours empreint d’une profonde spiritualité. Les drames liturgiques représentant la Nativité du Christ apparurent vers le XIIIe siècle sous l’impact des Légendaires et des Evangiles apocryphes. La crèche placée dans le chœur ou dans l’entrée, cet emplacement permettant d’introduire l’âne et le bœuf, acteurs importants dans les récits, mettait en scène en réalité l’adoration des Mages.

Progressivement, ces mystères devinrent de plus en plus profanes et s’éloignèrent de la tradition biblique. Dans un premier temps, la Réforme protestante allait combattre ces interprétations quasiment populaires et profanes. L’Eglise catholique suivit cet exemple en interdisant les mystères et en imposant de sévères réglementations à l’imagerie religieuse.

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Giotto – Adoration des Mages

Mais ce type de représentation de l’adoration des Mages, tradition populaire toujours très vivace dans une grande partie de l’Europe, n’est toujours pas à l’origine des crèches modernes dont l’apparition, comme forme de piété et moyen d’expression de l’émotivité populaire, est associée aux effets de la Contre- Réforme.

Progressivement toutes les églises catholiques installent pour les fêtes de Noël une crèche où figurent les personnages cités dans les Evangiles, associés parfois aux saints patrons et aux représentants de la population locale. Avec le temps, ces crèches autorisées et créées dans la tradition du clergé se firent plus riches, plus élaborées et plus réalistes, et l’esprit des traditions populaires, régionales, devint de plus en plus évident.  

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Crèche italienne du XVIe siècle

Les premières crèches apparaissent en Italie dès le XVIe siècle : il s’agit d’un agencement de statues polychromes en terre cuite grandeur nature, installées le plus souvent dans une chapelle de l’église, pour figurer cette étape de la vie du Seigneur, de même que l’on en représente le martyre.

Le véritable essor des crèches se produit au XVIIe siècle, encouragé par la tendance à l’ostentation propre à la Contre-Réforme. Les exemples les plus riches et les plus raffinés sont certainement les crèches napolitaines du XVIIIe siècle, qui amalgament des traditions romaines représentées par les ruines de temples anciens à la foi chrétienne et aux traditions populaires présentes par les scènes d’auberge, animées de musiciens et de danseuses ou encore les scènes de marché.

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Crèche napolitaine

Les statuettes « laïques » des crèches napolitaines sont appelées « pastori », « bergers », et sont souvent montées sur une armature de fil de fer qui permet de les animer. La grande variété d’animaux domestiques et d’accessoires, le naturalisme des vêtements et des attitudes font de ces crèches un monde en miniature où se mêlent, dans une heureuse expression d’harmonie et de beauté, le profane et le sacré.

Le goût de ces crèches s’est répandu ensuite dans plusieurs régions d’Europe, entraînant une diversification de la représentation centrale.

Parfois apparaît sous forme de préfiguration de la crèche le culte de l’Enfant Jésus, le « Christkind » : il s’agit d’un poupon emmailloté ou d’un petit enfant habillé à la mode de l’époque, entouré de fleurs et de broderies précieuses pour évoquer le paradis. Ailleurs on réalise des grottes où l’on installe des personnages en verre ou en papier mâché. On fabrique aussi des grottes en carton-pâte et des personnages de cire.

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Crèche provençale

Mais ce sont les crèches provençales qui correspondent le plus à l’idée de la crèche napolitaine avec une transformation de son contenu pour mieux s’adapter aux réalités du pays. Avec le temps, elles sont devenues l’expression de la dévotion familiale à la Nativité. Il semblerait que, outre l’influence italienne, l’ordre des Franciscains ait beaucoup œuvré dans leur mise en place. Dans la crèche provençale, un rôle prépondérant est donné aux bergers, écho peut-être des traditions de la vie pastorale et des transhumances de la région. Mais la multiplication des santons et l’interprétation d’autres rôles sociaux pendant les deux siècles de sont épanouissement ont modifié le caractère primitif de la crèche pastorale qui évolue, ici comme à Naples, vers une représentation de la société locale.

Les pastorales et les crèches parlantes qui se jouaient un peu partout en France se pratiquent de nos jours dans plusieurs régions d’Europe sous diverses appellations : « Jeux de Bethléem », « Noëls ». C’est certainement l’interdiction officielle des mystères qui permit le succès de ces drames à la fois naïfs et romancés, émouvantes expressions de foi populaire. Ils se déroulent soit à Noël soit le 6 janvier, utilisant toujours la même structure théâtrale : trois jeunes garçons habillés de vêtements « à l’ancienne » figurent les rois Mages. Ils parcourent à pied ou à dos de cheval, souvent un simulacre de monture, toute la commune pour annoncer la bonne nouvelle. Ils chantent des tropes en transportant une crèche où ils jouent différentes scènes bibliques, avec une prédilection pour la tentation d’Adam par Eve, et une évocation de la faute ancestrale, qui à elle seule justifie la naissance du Christ et son sacrifice futur. En Hongrie, les jeunes gens portent la crèche de maison en maison.

Ailleurs les messagers de la Nativité se trouvent entourés de figures étranges, de monstres, d’animaux sauvages et d’autres déguisements d’hiver, communes dans les traditions des douze jours dans une grande partie de l’Europe.

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Bibliographie : Fêtes et croyances populaires en Europe – Yvonne de Sike – Editions Bordas

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UN MYTHE SAGITTAIRE : PEGASE LE CHEVAL AILE ET BELLEROPHON

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 09-12-2011

Dès qu’on aborde le Sagittaire surgissent des images de Centaures et des bruits de galop. Une ambiguïté subsiste à propos de ces créatures mi-hommes, mi bêtes. Une certaine tradition les veut mi-hommes, mi-boucs, alors que notre imagerie traditionnelle, celle qui subsiste dans notre mémoire, les représente presque toujours avec un corps de cheval et un buste humain. Il existe aussi une version qui pose sur la croupe du cheval deux bustes d’hommes accolés, peut-être pour renforcer encore ce qu’il y a de double dans ce signe « Mutable ».

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Comment, à propos du Sagittaire, ne pas évoquer Pégase, le cheval ailé de Zeus/Jupiter, inlassable coursier « qui passe dans l’air comme une rafale de vent »… et avec lui, le héros ambitieux, Bellérophon, dit par Homère « l’éclairé » ou « l’irréprochable »… vertus qu’il perdra avec le temps.

Pégase est né d’une goutte de sang de Méduse, cette gorgone décapitée par Persée, et peut-être de Poséidon. Il accomplissait des prodiges : d’un coup de sabot, il fit jaillir la source des poètes, Hippocrène, sur la montagne chère aux Muses. Notons au passage que Méduse, avant qu’Athéna la rendît repoussante, était belle et reine des Amazones. C’est évidemment sous la première apparence que Poséidon/Neptune la désira. D’où la colère d’Athéna, car Méduse et Neptune s’accouplèrent dans son temple, sans aucun respect pour elle.

pegasusPégase, ce magnifique cheval blanc doté de grandes ailes, servit de monture à Persée en plus d’une occasion. Mais c’est Bellérophon qui, grâce à Athéna dont on dit qu’elle éduqua le héros, put passer au cheval le mors d’argent et la bride magique, et l’enfourcher enfin, alors qu’il n’y parvenait pas auparavant. Il deviendra maître du cheval sans l’avoir combattu, sans s’être affronté à quoi que ce soit. Il oubliera trop vite que c’est à Athéna qu’il devait cette première victoire, trop facile.

Grâce à Pégase, Bellérophon, revêtu de son armure d’airain accomplira plusieurs exploits, vaincra la Chimère, monstre composite, faite d’une tête de Lion, d’un corps de chèvre et d’une queue de dragon, en l’attaquant par le haut et en plongeant dans sa gueule brûlante la pointe de plomb qui l’étouffa en fondant. Plus tard, hélas, il est d’autres chimères qu’il ne saura pas vaincre.

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Bellérophon monté sur Pégase combat la Chimère – Mosaïque romaine découverte à Autun en 1830 

Le couple que forment Pégase et Bellérophon est presque invincible. Le cheval transporte le héros où il veut, surplombe les sommets, s’enivre des hauteurs. Mais Bellérophon a tué accidentellement son frère et il doit se faire purifier, comme tout héros meurtrier. C’est pourquoi il se rend chez le roi d’Argos chargé de ce rite. Malheureusement, le roi a une épouse qu’on dit fort belle. Il arrive à Bellérophon ce qui était arrivé à Pelée et qui arrivera à Hippolyte : il sera trahi et calomnié par Antéia, l’épouse de Proetos. Comme la femme d’Acate ou comme Phèdre, Antéia fera croire à son époux que Bellérophon la courtise alors qu’apparemment le jeune homme ne s’aperçoit pas de la beauté de la dame. Elle le dévore des yeux car il est athlétique et magnifique, mais il la dédaigne. Faute impardonnable car les reines sont aussi susceptibles que les déesses. Elle dit « Puisses-tu mourir, Proetos, ou bien tue Bellérophon qui a voulu s’unir d’amour avec moi, contre ma volonté ! ». A ces paroles, la colère saisit le roi mais par scrupule religieux il ne veut pas avoir sur les mains le sang de son hôte. Alors il l’envoie à Iobatès, son beau-père, roi de Lycie, muni d’une lettre de recommandation qui disait simplement au roi « tue le porteur de cette missive ». Et le mythe de poursuivre : « Il l’envoya en Lycie et lui donna les signes funestes, traçant sur une tablette repliée maints caractères mortels qu’il l’invita à montrer à son beau-père pour sa perte ».

Mais Iobatès ne regarde pas la lettre immédiatement. Il ne le fait que neuf jours plus tard. Le temps d’accueillir le jeune homme, de le fêter, de le recevoir à sa table. En le tuant, il aurait à son tour manqué aux lois sacrées de l’hospitalité, si chères à Zeus/Jupiter. Il charge donc Bellérophon de tuer la Chimère, fille d’Echidna non moins redoutable que sa mère.  

Le mécanisme est constant : le beau héros attire la concupiscence d’une reine, la dédaigne, est victime de sa fureur et envoyé se faire tuer ailleurs par son époux. Mais son destin n’est-il pas de surmonter toutes les épreuves ? 

Bellérophon, le porteur de dards, n’échappe pas à la règle. Après avoir vaincu la Chimère, il lui sera instamment demandé d’aller se battre contre les adversaires du roi, les féroces Solymes, puis contre les Amazones.  

Iobatès, finalement, sera informé de la fourberie de sa fille et, pour se faire pardonner, il donnera à Bellérophon la main de son autre fille, Philoné, et une partie du trône de Lycie. Homère nous dit : « Alors, quand le roi reconnut qu’il était le bon rejeton d’un dieu, il le retint en son pays, lui donna sa fille, lui accorda la moitié de tous les honneurs royaux ».  

Bellérophon eut trois enfants de sa femme, dont une fille qui « coucha avec Jupiter le prudent et enfanta Sarpédon, rival des dieux, casqué de bronze » tué plus tard par Patrocle pendant la guerre de Troie. Jupiter, de fureur, fit tomber une pluie de sang. Apollon parfuma le corps du héros, le confia à Sommeil et à Mort, et le fit porter en Lycie au pied du trône de Jupiter. Homère nous conte que Bellérophon « encourut la haine des dieux ». Hélas, Jupiter rend fous ceux qu’il veut perdre.  

Pourquoi Bellérophon, lavé de tout soupçon, heureux époux, ne se contente-t-il pas de son sort ? Pourquoi se laisse-t-il griser par ses succès? Pourquoi veut-il, sur le dos de Pégase, voler jusqu’à l’Olympe, sans doute y prendre place et y devenir immortel ? Plus haute l’ambition, plus terrible la chute… Devant cet accès soudain de mégalomanie, Jupiter le désarçonne, garde Pégase comme monture, certains disent comme bête de trait qui portera les armes favorites du maître de l’Olympe, les éclairs, le tonnerre, la foudre, et fait tomber Bellérophon dans un buisson épineux. Il ne s’en relèvera qu’aveugle, boiteux, maudit et solitaire à jamais. « Il erra seul, rongeant son cœur, évitant les traces des hommes. Isandros son fils, Arès/Mars l’insatiable de guerre le tua tandis qu’il luttait contre les Solymes glorieux. Irritée contre Laodamie, Artémis aux rênes d’or la tua. « Hippocholos, lui, m’a engendré ; de lui je prétends être né ». Ainsi parlera Glaucos, le fils d’Hippocholos, dernier descendant de Bellérophon.

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Triste fin pour un héros qui est monté plus haut que les autres… trop haut sans doute et y ayant pris goût, ayant oublié, comme le disait Montaigne « qu’au plus haut trône du monde, on n’est jamais assis que sur son cul ! ». Pégase a refusé de l’amener jusque chez les dieux. Désormais, il est perdu, il erre jusqu’à la fin « dévorant son âme ».

Pourtant, le guerrier Bellérophon chevauchant le cheval ailé Pégase fut adopté comme insigne par les régiments parachutistes du Royaume-Uni en 1941. L’image symbolisait clairement un guerrier arrivant du ciel et la même tactique fut employée par les soldats. L’insigne carré représentait Bellérophon et Pégase en bleu lumineux sur un fond bordeaux. Il fut dessiné par la célèbre romancière anglaise Daphné du Maurier, qui était mariée à un commandant des parachutistes anglais. Plus tard, le fond bordeaux fut reprit par la 6th Airborne Division en même temps que leur fameux béret pendant l’été 1942. Pendant la nuit du 5 ou 6 juin 1944, la 6th Airborne Division captura tous les objectifs clés avant l’assaut marin, y compris toutes les côtes et un pont près du canal de Caen, à côté d’Ouistreham. En souvenir de leur courage, ce pont est désormais connu sous le nom de Pegasus Bridge.

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Bibliographie : Dieux et Héros du Zodiaque – Joëlle de Gravelaine – Editions Robert Laffont

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Pour vos cadeaux de Noël, vos étrennes de Nouvel An, pour une fête, un anniversaire, ou tout simplement pour faire plaisir, pensez à offrir une consultation astrologique. Sur mon site, au chapitre de mes chroniques, dans la rubrique « Cadeaux » vous trouverez les modalités d’organisation de cette consultation, ainsi qu’un exemple d’une carte-invitation.

 

 

 

 

 

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LES DIEUX – LA CREATION ET LES TEMPS HEROIQUES

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 08-12-2011

Pour les Grecs, ce n’étaient pas les dieux qui avaient créé le monde, mais l’inverse : l’univers avait créé les dieux. Bien avant qu’il y eût des dieux, le ciel et la terre s’étaient formés et ils étaient l’un et l’autre les premiers parents. Les Titans étaient leurs enfants et les dieux leurs petits-enfants.  

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Cadran solaire – Les douze dieux grands olympiens – Zodiaque époque romaine 1er siècle – Musée du Louvre  

LES TITANS ET LES DOUZE GRANDS OLYMPIENS

Les Titans, souvent nommés les Dieux anciens, régnaient en maîtres suprêmes sur l’univers. Ils étaient aussi fort nombreux mais quelques-uns seulement apparaissent dans les récits mythologiques. De tous les Titans, le plus important fut Cronos, le dieu latin Saturne. Il gouverna les autres Titans jusqu’à ce que son fils, Zeus, Jupiter pour les Romains, le détrône et s’empare du pouvoir. Les Romains disaient que lorsque Jupiter monta sur le trône, Saturne s’enfuit en Italie et y apporta l’Age d’Or, une ère de paix parfaite et de bonheur qui dura aussi longtemps que son règne.  

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Les Titans 

Parmi les autres Titans et Titanides, et les plus célèbres aussi, on trouve d’abord : Océan, le fleuve qui entoure le monde et sa femme Téthys. Puis, vient Hypérion, le père du Soleil, de la Lune et de l’Aurore. On se souvient encore de Mnémosyne, la mémoire ; de Thémis, dont le nom est généralement synonyme de Justice. Japet mérite surtout l’attention à cause de ses fils : Atlas qui porte le monde sur ses épaules et Prométhée, le sauveur du genre humain. Ceux-ci seuls parmi les anciens dieux, ne furent pas bannis à l’arrivée de Jupiter, mais ils durent désormais se contenter d’un rang moins élevé.  

Les douze grands Olympiens dominaient les dieux qui avaient succédé aux Titans. L’Olympe était leur foyer, d’où leur nom. Ce qu’était exactement l’Olympe n’est pas aisé à dire ; il n’est pas douteux qu’au début on le tenait pour le sommet d’une montagne et on l’identifiait, en général, avec le Mont Olympe, le plus élevé de la péninsule et situé au Nord-est, en Thessalie. Mais même dans l’Iliade, ce tout premier poème grec, cette idée fait place à celle d’un Olympe localisé dans une région mystérieuse dominant toutes les montagnes de la terre. Un passage de l’Iliade nous montre Zeus s’adressant aux dieux du « pic le plus élevé parmi les nombreux sommets de l’Olympe ». Il s’agit donc clairement d’une région montagneuse. Mais quelques lignes plus loin, il déclare qu’il pourrait, s’il le voulait, suspendre le ciel et la terre au pinacle de l’Olympe et il devient tout aussi clair qu’il ne s’agit donc plus là d’une montagne. Toutefois, il n’est pas question des cieux et Homère fait dire à Poséidon qu’il gouverne la mer tandis qu’Hadès règne sur les morts et Zeus sur les cieux, mais que l’Olympe leur est commun à tous les trois.  

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L’Olympe 

Quoi qu’il en soit et où qu’il fût, l’entrée de ce lieu était fermé par une grande grille de nuages gardée par les Saisons. Les résidences des dieux étaient à l’intérieur, ils y vivaient, y dormaient et y festoyaient, savourant le nectar et l’ambroisie tout en écoutant le chant de la lyre d’Apollon. C’était un séjour de félicité parfaite. « Nul vent ne trouble jamais la paix de l’Olympe », nous dit Homère ; « nulle pluie n’y tombe jamais et nulle neige, mais le firmament sans nuages l’entoure de tous côtés et la blancheur glorieuse du soleil est diffusée par ses murs ».

Les douze Olympiens formaient une famille divine : 

            - Zeus/Jupiter, leur chef,

            - Poséidon/Neptune et Hadès/Pluton, ses deux frères,

            - Hesta/Vesta, leur sœur,

            - Héra/Junon, épouse de Zeus/Jupiter et Arès/Mars, leur fils,

            - Athéna/Minerve, Apollon, Aphrodite/Vénus, Hermès/Mercure, Artémis/Diane, sont les enfants de

               Zeus/Jupiter,

            - Héphaïstos/Vulcain, est le fils d’Héra/Junon.

Ces douze Olympiens vont donné leur nom aux planètes et leur histoire et leurs symboles aident à l’interprétation astrologique.  

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Jupiter brandissant son foudre 

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LA COURONNE DE L’AVENT

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 04-12-2011

Bien sûr tout le monde c’est ce qu’est la Couronne de l’Avent. Mais quel est cet Avent, avec un « e » ? Ce mot vient du latin « adventus » qui signifie « venue, arrivée du Messie ». Cet Avent correspond donc à la période qui couvre les quatre semaines précédant Noël. Cette couronne est une tradition chrétienne qui symbolise l’Avent.

C’est le Pape Grégoire 1er dit aussi Grégoire-le-Grand qui instaura ce temps liturgique pour préparer la venue du Christ, en analogie avec le Quadragésime du Carême. D’ailleurs, on nommait ce temps de l’Avent « Quadragésime de Saint Martin » ou « Petit Carême ».

Dans les Eglises utilisant le calendrier romain, l’Avent débute le quatrième dimanche avant Noël et marque le début de l’année liturgique. Chez les Orientaux et les Mozarabes, comme dans le temps chez les Celtes, les Espagnols et les Gaulois, le temps de l’Avent durait six semaines. Il commençait soit le 11, soit le 15 novembre.

La couleur liturgique de cette période est en général le violet. Etonnant car la période de l’Avent correspond au moment où le Soleil traverse le Sagittaire dont la couleur est le violet.  

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Il semblerait que les premières couronnes de l’Avent soient apparues dans le Nord de l’Allemagne, au XVIe siècle, pour préparer les Chrétiens à la Fête de Noël. Cette couronne est faite de branchages de pin ou de sapin, arbres toujours vert pour signifier la vie, ainsi que du houx et parfois même du gui. Elle est nouée de rubans rouges et est ornée de quatre bougies, et parfois de pommes de pin.

Les symboles de la couronne de l’Avent sont multiples. Les couronnes rondes surtout évoquent le Soleil et annoncent son éternel retour, comme les fêtes qui l’honorent. Elles rappellent aux Chrétiens que le Christ va revenir. Ainsi, l’Avent n’est pas seulement l’attente avant Noël, mais c’est pour certains l’attente du retour du Christ, comme l’était dans l’Antiquité le retour du Soleil.  

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La couronne de Sainte Lucie

Les quatre bougies de cette couronne de l’Avent sont toutes aussi chargées de symboles. Allumées, elles symbolisent la lumière de Noël qui approche, apportant espoir et paix. Chaque dimanche de l’Avent, on en allume une. Plus la fête approche, plus il y a de lumière. D’ailleurs, en Suède la couronne est réservée à Sainte Lucie le 13 décembre, pour la Fête de la lumière que représente la Sainte.

Chacune de ces bougies symbolise les grandes étapes du salut avant la venue du Messie :

·         La première représente le pardon accordé à Adam et Eve après la chute et qu’ils furent chassés du Paradis terrestre.

·         La seconde évoque la foi d’Abraham et des Patriarches qui aspiraient à la Terre promise.

·         La troisième est le symbole de la joie de David dont la lignée ne s’arrêtera jamais. Elle témoigne de l’alliance avec Dieu.

·         La quatrième symbolise l’enseignement des prophètes qui annonçaient un règne de justice et de paix.

Actuellement, dans les églises catholiques pendant les messes du temps de l’Avent, on allume progressivement les quatre bougies.

Et puis, le nombre quatre symbolise à lui seul les quatre saisons ainsi que les quatre points cardinaux. 

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Dans les maisons, les couronnes de l’Avent peuvent être posées sur une table, une commode ou autre, ou bien suspendues comme décoration aux portes ou aux fenêtres.

Au Canada, la couronne de l’Avent est ornée de trois bougies violettes et d’une bougie rose. Celle-ci est allumée le troisième dimanche et elle évoque la joie car l’attente s’achève. A chacun des dimanches où on allume une nouvelle chandelle, pour évoquer le feu et donc la lumière.

En Suède, les chandelles sont blanches car elles symbolisent la fête et la pureté. Mais en Autriche, elles sont violettes car le temps de l’Avent est à la pénitence.

La couleur verte de la végétation est signe d’espérance durant les longs mois d’hiver.  Le houx dont on décore la couronne rappelle la couronne d’épines posée sur la tête du Christ. Le houx comme les conifères sont choisis parce qu’ils ne perdent pas leurs feuilles ou épines en hiver, ils représentent la vie. Le houx en particulier symbolise ainsi l’éternité de Dieu. Les bougies ou les cierges sont la lumière, celle qui vient et qui éclairera le monde dans la nuit de Noël.

La Saint-André fixe à quelques jours près l’entrée dans l’Avent. Le dimanche le plus proche de cette fête est le premier dimanche de l’Avent.

Selon le rite catholique, on bénit la couronne de l’Avent. Ensuite, traditionnellement, on allume la couronne de l’Avent dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Allumer au deuxième dimanche de l’Avent la bougie qui fait face au premier est considéré comme une erreur.

Les quatre bougies de la couronne de l’Avent représentent les quatre semaines avant Noël. Cette couronne sert en quelque sorte de compte à rebours. Ces bougies sont allumées les quatre dimanches avant Noël. La première est allumée le premier dimanche de l’Avent. Le premier dimanche, on allume une seule bougie, le second dimanche on allume la première bougie qui a déjà été allumée ainsi qu’une nouvelle bougie. Le troisième dimanche, on allume les deux anciennes bougies et une nouvelle bougie, trois bougies sont donc allumées. Enfin, le quatrième dimanche de l’Avent, on allume les trois anciennes bougies ainsi que la quatrième. Au quatrième dimanche de l’Avent les quatre bougies sont allumées. La difficulté est alors de laisser durer une bougie quatre dimanches, une seconde trois dimanches et une troisième deux dimanches. On peut donc les remplacer afin d’obtenir chaque dimanche un ensemble homogène et de fait, les couronnes sont souvent représentées avec quatre bougies de la même taille allumées, ce qui n’est possible qu’en changeant les bougies ayant déjà servi. 

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La couronne de l’Avent allemande

La couronne de l’Avent a été inventée par Johann Heinrich Wichern (1808-1881), éducateur et théologien de Hambourg. Il avait recueilli des enfants pauvres dans le Rauhe Haus, une vieille ferme et il s’occupait d’eux. Comme pendant tout ce temps de l’Avent, les enfants lui demandaient constamment quand Noël allait enfin arriver, il fabriqua en 1839 une couronne de bois, avec dix-neuf petits cierges rouge et quatre grands cierges blancs. Chaque matin, un petit cierge de plus était allumé et, à chaque dimanche d’Avent, un grand cierge, et c’est ce petit pense-bête qui a été repris ensuite par ses concitoyens.

Depuis 1860, l’année où est née officiellement la couronne de l’Avent, on utilise des branches de sapin. Depuis, le début du XXe siècle, elle est devenue en Allemagne une des traditions de Noël. Cette coutume allemande a été reprise dans de nombreux pays par la suite. Dans les églises de rite orthodoxe se trouvent çà et là des couronnes avec six cierges, conformément à une durée plus longue de l’Avent.

Et pourtant au regard des coutumes scandinaves tardives et déjà mélangées au Christianisme, on peut en déduire que les Germains de l’Antiquité connaissaient déjà cette tradition d’une couronne de lumière. Sans doute pour imiter le jour qui ne cesse de décroître, on allumait quatre chandelles, puis trois, puis deux, puis une seulement. A Jul, qui était au 21 décembre la fête du solstice d’hiver, on célébrait alors la renaissance de la lumière.

Quoi qu’il en soit, l’Avent a généré dans l’hémisphère Nord quelques dictons :

-       Quand secs sont les Avents, abondant l’an sera,

-       De la Toussaint à l’Avent, jamais trop d’eau ni de vent,

-       Qui plante en Avent, gagne une année sur le temps,

-       Il faut les Avents froids et secs si l’on veut boire sec,

-       Tel Avent, tel printemps,

-       Le mois de l’Avent est de pluie et de vent, tire ton bonnet jusqu’aux dents.

Un mois de décembre non humide annonce de bonnes récoltes. Un mois de décembre humide annonce un hiver rude.  

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