UN MYTHE CANCER… EURYNOME… UNE DEESSE LUNAIRE

(6.6.4 - LES MYTHES DU CANCER ET DE LA LUNE) par sylvietribut le 28-06-2018

C’est une histoire d’œuf, symbole lunaire et donc Cancer, qui nous renvoie à un mythe grec : Eurynomé est une déesse Lune et déesse en toute chose. Son nom signifie « celle qui est universelle ». Elle aurait émergé nue du chaos, ce qui fait d’elle une déesse très ancienne. A elle seule, elle accomplit ce que les dieux mésopotamiens faisaient avec effort et fureur : elle sépara le ciel et la terre. Elle dansa sur les vagues.

EURYNOME ET LE SERPENT

Eurynomé et le serpent 

Elle prit dans ses mains le vent du Nord, le frotta et fit apparaître Ophion, le grand serpent.Devant lui, elle dansa lascivement, lui inspirant un désir fou, alors il l’enlaça et ainsi Eurymoné fut fécondée. Elle prit alors l’apparence d’une colombe et pondit l’œuf universel ; Ophion s’enroula autour de lui sept fois, jusqu’à l’éclosion. De cet œuf, tout ce qui existe surgit : le soleil, la lune, les étoiles, les montagnes, les rivières, les créatures vivantes, tout…Cependant Ophion commit une erreur : il se vanta, lui l’orgueilleux serpent, d‘avoir à lui seul créé l’univers. Impardonnable faute aux yeux d’une aussi grande Déesse Mère. Alors, elle lui écrasa la tête de son talon, lui brisa les dents et l’exila à tout jamais au fin fond de la terre. On lui prêta aussi la création des sept puissances planétaires. Peut-être faut-il voir dans celles-ci les sept planètes visibles à l’œil nu, seules connues des Anciens.

Ainsi, Théia et Hypérion régnèrent sur le Soleil, Phoebé et Atlas sur la Lune, Dioné et Crios sur Mars, Métis et Erymédon sur Jupiter, Téthys et Océanos sur Vénus, Géa et Cronos sur Saturne… Et puis, le premier homme aurait été Pélasgos, l’ancêtre des Pélasges.

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Les planètes

Pour en revenir à Eurynomé, certains auteurs anciens la considèrent comme une Océanide notamment chez Hésiode, alors qu’Homère la voit simplement « fille d’Océan ». Toutefois, deux épisodes de Callimaque la nomment « Titanide », ce qui n’est pas incompatible puisqu’Océan était un Titan.

Confirmant bien son titre de déesse lunaire, Eurynomé était la nourrice des quatre enfants d’Œdipe et Jocaste. Par ailleurs, Eurynomé apparaît dans deux récits archaïques et l’on a parfois supposé qu’il ne s’agissait pas de la même déesse. Dans la tradition orphique, elle est la première à régner, avec Ophion, sur l’Olympe religieux. Cependant, elle sera ensuite détrônée par Rhéa, comme Ophion le sera par Chronos, et précipitée dans les eaux d’Océan. On parle de nouveau d‘elle dans un récit d’Hésiode où Eurynomé est la troisième déesse aimée de Zeus après Métis et Thémis. C’est avec lui qu’elle engendrera les Charites : Aglaé, Euphrosyne et Thalie. Certains rajoutent encore parmi les enfants issus de cette union le dieu-fleuve Asopos.

Par ailleurs, Euynomé est associée à Thétis dans l’Iliade : Héphaïstos, précipité de l’Olympe par Héra qui voulait le cacher, retombe à la mer où ces deux déesses le recueillent et prennent soin de lui. Voilà qui explique probablement le mariage du dieu devenu adulte avec une Charite, Aglaé ou Charis, selon les auteurs, fille de sa mère adoptive.

On parle aussi d’un temple au voisinage de Phigalie où Eurynomé était honorée. Pour les uns, cette divinité se confondait avec Artémis, déesse lunaire, et pour d ‘autres, elle avait sa personnalité distincte et remontait à la plus haute antiquité. Son temple était entouré de cyprès et l’on voyait l’image de la déesse, fixée à l’autel par des chaînes d’or, se terminait par une queue de poisson.

ECLIPSE DE LUNE

Bibliographie

Dieux et héros du zodiaque – Joëlle de Gravelaine – Robert Laffont Editeur

 

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UN LIEU GEMEAUX… I MONTI GEMELLI… LES MONTS JUMEAUX… EN ITALIE

(6.3.2 - A l'étranger) par sylvietribut le 17-06-2018

On appelle « Monti Gemelli », Monts Jumeaux, un ensemble de deux sommets, semblables l’un à l’autre : la « Montagna dei Fiori », la montagne des fleurs, et la « Montagna di Campli », la montagne de Campli. Campli est une petite ville de la province de Teramo dans les Abruzzes. Chacun de ces sommets ont un nom : l’un s’appelle Monte Foltrone qui culmine à 1718 mètres et l’autre est le Monte Girella, 1814 mètres.

I MONTI GEMELLI - ABRUZZO

I Monti Gemelli in Abruzzo

Ces deux sommets sont situés à l’extrémité orientale de la chaîne des Monts della Laga ; ils sont séparés par les gorges de la Salinello, creusées par la rivière Salinello. Quant au sommet plus au nord, la Montagna dei Fiori, il empiète en partie sur le territoire de la province d’Ascoli Piceno, une des plus ravissantes villes d’Italie, dans la région des Marches.

Sur la Montagna dei Fiori se trouve la station de ski de San Giacomo, l’une des trois stations de ski de la province de Teramo, les autres se situant à Prati di Tivo et Prato Selva.

Ce qui caractérise les paysages de ces terres encastrées entre ces deux montagnes c’est la forêt à perte de vue, les canyons et les grottes qui servirent de refuge aux brigands et aux ermites, d’anciens cabanons en pierre sèches, les ruines du château de Castel Manfrino, desquelles on découvre la mer. Et puis, des champs et des pâturages abandonnés que les bois ont lentement reconquis. Le phénomène dit « de reconquête naturelle » est en pleine action et cela a eu cependant des précédents historiques, c’était il y a bien longtemps : durant la chute de l’Empire romain et lors des invasions barbares.

RUINES DU CHATEAU MANFRINO

Ruines du château Manfrino

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LES SAINTS DU ZODIAQUE… POUR ILLUSTRER LES GEMEAUX… DEUX FRERES INSEPARABLES… SAINT COSME ET SAINT DAMIEN

(6.9 - LES SAINTS DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 10-06-2018

Saint Côme ou Cosme est devenu le saint patron des chirurgiens. Il était né en Arabie et pratiquait la médecine à Aigéai en Cilicie. Son frère, Damien est le saint patron des pharmaciens. Ils sont souvent représentés avec les emblèmes de leur profession. On les appelait « anargyres » parce qu’ils soignaient sans accepter d’argent et attirèrent ainsi un grand nombre de personnes qui s’engagèrent dans la foi chrétienne. On les fête en Occident le 26 septembre, et en Orient le 1er novembre. En Belgique, ils sont toujours les saints patrons des pharmaciens.

Pendant les persécutions de Dioclétien, les deux frères furent arrêtés sur l’ordre du préfet de Cilici, un certain Lysias, dont c’est la seule initiative connue. Il leur ordonna d’abjurer leur foi sous la torture. Selon la légende, ils restèrent fidèles à cette foi malgré d’horribles tortures auxquelles ils restèrent insensibles. Finalement, ils furent décapités. Leurs jeunes frères, Antime, Léonce et Euprepius, qui les suivaient partout partagèrent le même sort. Ils avaient pour mère Sainte Teodora.

SAINT COSME ET SAINT DAMIEN

Saint Cosme et Saint Damien

La plus célèbre de leurs cures miraculeuses rapportées, la greffe d’une jambe de Maure pour remplacer la jambe nécrosée d’un patient, fit l’objet de nombreuses peintures et miniatures.

Dès le IVe siècle, on a consacré aux saints jumeaux des églises à Jérusalem, en Egypte et en Mésopotamie. Un dénommé Théodoret enregistra le partage de leurs reliques. Jugées miraculeuses, elles furent enterrées dans la ville de Cyrus en Syrie. Des églises furent construites en leur honneur par le patriarche Proclus et l’Empereur Justinien 1er, qui fit restaurer somptueusement la ville de Cyrus et la consacra aux jumeaux, mais il fit transporter leurs vestiges à Constantinople.

C’est là qu’à la suite d’une guérison qu’il attribua à l’intercession de Cosme et Damien, il fit construire et décorer une église en témoignage de gratitude. Celle-ci est devenue un lieu de pèlerinage. Par la suite, les restes de leurs dépouilles furent rapportés à Rome, d’abord sans leurs têtes, qui furent transportées ultérieurement.

SAINT COSME ET SAINT DAMIEN - TRANSPLANTATION DE LA JAMBE

Saint Cosme et Saint Damien – Greffe d’une jambe nécrosée – Fra Angelico – San Marco – Venise

A Rome, le Pape Félix IV (526-530) consacra en leur honneur la Bibliothèque de la Paix sur le Forum de Vespasien pour en faire la Basilique Santi Cosma e Damiano. Bien qu’elle ait été de nombreuses fois reconstruite, elle reste célèbre pour ses mosaïques du VIe siècle représentant les deux saints.

L’Eglise orthodoxe célèbre aussi les Saints Cosme et Damien, de même que leurs trois frères.

Au Brésil, les saints jumeaux sont considérés comme protecteurs des enfants et on les fête en donnant aux enfants des sacs de bonbons sur lesquels l’effigie des saints est représentée. A Isernia, dans le sud de l’Italie, ils sont considérés comme des saints phalliques et sont invoqués pour les problèmes de fertilité.

En France, il se forma sous l’invocation de Saint Cosme une confrérie de chirurgiens, dite de Saint-Cosme, qui pendant longtemps partagea l’enseignement de la pratique de la chirurgie avec la Faculté de médecine de Paris.

Depuis le XVe siècle, l’épée cérémonielle de l’Abbaye d’Essen, qui fut celle de l’Empereur Otton, est regardée comme celles des saints patrons de la cathédrale. Confiée en 933 au trésor de l’abbaye, elle en est, à côté de la Vierge d’or et du crucifix de Mathilde, la plus précieuse relique et figure sur les armes de la ville.

Les crânes de Saint Cosme et Saint Damien sont vénérés à Madrid où ils se trouvent depuis 1581, date à laquelle Marie d’Autriche en fit don au couvent des Clarisses des Descalzas Reales. Ils avaient auparavant été transportés de Rome à Brême, au Xe siècle, puis de là à Bamberg. Leurs crânes sont également vénérés dans l’église Saint-Michel de Munich. Si l’on en croit l’inscription, l’ossuaire du crâne a été fabriqué à Brême vers 1400 et apporté avec les reliques à Saint-Michel en 1649 par Maximilien 1er de Bavière.

Curieusement, les chefs de Saint Cosme et Saint Damien seraient aussi dans une châsse du trésor de l’Abbaye de Brageac dans le Cantal où ils auraient été rapportés par Guy et Raoul de Scorraille au retour de la première croisade vers 1105.

11 - MONASTERE DI SAN COSIMATO à VICOVARO

Monastère de San Cosimato – Vicovaro – Latium

Il est en Italie un très beau monastère San Cosimato, sur la commune de Vicovaro, dans le Latium, à 35 km au nord-est de Rome, dans la vallée de l’Aniene, sur les pentes des Monts Lucrétiliens, le long de la via consulaire Tiburtina-Valeria. La visite de ce monastère constitue un véritable saut dans le passé. En ce lieu d’un profond mysticisme, entre rochers et cyprès, fut construit autour de l’an 500, sur les ruines d’une villa romaine, un oratoire dédié aux deux saints jumeaux Cosma et Damiano. Ce fut le premier noyau de l’église qui fit suite. A côté de celle-ci s’éleva un monastère qui subit le pillage des Lombards et des Sarrasins, mais qui fut ensuite reconstruit et agrandi, connaissant aussi des périodes de rayonnement et de pouvoir.

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LES GEMEAUX OU L’IDENTITE INCERTAINE

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 05-06-2018

Les Gémeaux sont le symbole général de la dualité dans la ressemblance, jusque dans l’identité même. C’est l’image de toutes les oppositions, intérieures et extérieures, contraires ou complémentaires, relatives ou absolues, qui se résolvent dans une tension créatrice. La phase Gémeaux s’achève en débouchant sur l’épanouissement de l’été.

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Castor et Pollux

Deux  éphèbes enlacés représentent ce signe dit « double », qui nous introduit dans le monde des contraires polaires : masculin-féminin, ténèbres-lumière, sujet-objet, intérieur-extérieur… Les Gémeaux sont en affinité avec Mercure, ce messager des dieux, pourvu d’ailes aux pieds et portant l’emblème du caducée.

Comment ne pas penser à ces jumeaux célestes qu’étaient les Dioscures, Castor et Pollux, sans oublier les deux sœurs plus célèbres encore que leurs frères : Clytemnestre et Hélène, la belle Hélène. Certains auteurs antiques, dont Homère, affirment que Castor, Pollux, Clytemnestre et Hélène, les Tyndarides, seraient tous enfants du roi de Sparte, qui s’appelait Tyndare. Tous jumeaux puisque nés en même temps.

VERONESE - LEDA ET LE CYGNE

Léda et le cygne – Paolo Véronèse

La version la plus classique veut que Castor soit le fils du roi mortel, Tyndare, mais que Pollux ait eu pour géniteur Zeus/Jupiter. En effet, Léda, leur mère, plus au moins violentée par le dieu ayant pris l’’apparence d’un cygne, aurait pondu deux œufs contenant chacun un garçon et une fille : Castor et Clytemnestre ayant Tyndare comme royal géniteur, Pollux et Hélène étant enfants de Zeus/Jupiter.

Léda, elle-même, ne nous éclaire guère. Fidèle épouse de Tyndare, elle a la prudence le jour où Zeus la contraint à lui céder de s’accoupler avec son époux, au risque de faire des enfants mal partagés en matière d‘immortalité. Il lui fallait bien préserver sa réputation de femme vertueuse.

Ces quatre enfants, et les filles en particulier, provoqueront bien des remous dans l’histoire grecque : Hélène, sa vie durant et bien au-delà, portera la responsabilité de la guerre de Troie et des morts innombrables qu’elle a provoquées. Est-elle vraiment la seule responsable ? On sait qu’elle était ‘d’une beauté presque irréelle et qu’Aphrodite/Vénus, dans sa jalousie, l’a accablée du dangereux pouvoir de séduire qui elle voulait. Ce sera le Troyen Pâris qui succombera et l’enlèvera pour la conduire à Troyes.

Quant à Clytemnestre, elle sera mariée contre son gré, et épousera          d’Agamemnon. Il faut se souvenir que ce dernier venait d’assassiner le premier mari de Clytemnestre. Elle tuera donc à son tour ce second mari avec la complicité de son amant Egisthe. Elle avait une autre raison d’éliminer Agamemnon. Il avait en effet sacrifié Iphigénie, sa fille la plus jeune. Avec Agamemnon, elle avait eu trois enfants : Oreste, Electre et Iphigénie. Pour une sombre histoire de vents contraires ou de la susceptibilité absurde de la déesse Artémis, déesse lunaire, soumises à ses humeurs, Iphigénie fut sacrifiée. Joyeuse lignée qu’on désignera longtemps sous le nom d’Atrides, synonyme de sanglante famille et de meurtres en série.

CONSTELLATION DES GEMEAUX

Constellation des Gémeaux

Comme on le voit, les filles de Léda ont provoqué plus de catastrophes que leurs frères. Cependant, ils ont eu, eux aussi, la fâcheuse habitude d’enlever les femmes qui leur plaisaient. Le jour même des noces de leurs cousins, jumeaux eux aussi, Lyncée et Idas, ils tenteront d’enlever les deux jeunes épouses. L’une des versions du mythe raconte que dans la terrible bagarre qui s’ensuivit, Castor aurait été tué. Pollux, désespéré, demande alors à son père Zeus/Jupiter de ne pas le séparer de son jumeau. Il aurait obtenu de demeurer à jamais ensemble, réunis dans la constellation des Gémeaux.

Avant la fin tragique de Castor, ils s’étaient portés volontaires sur l’Argo, le navire affrété par Jason pour sa conquête de la Toison d’Or. Ils l’accompagnèrent donc. Pollux constituait une bonne recrue en tant que lutteur émérite, inventeur de la boxe, et Castor également, en tant que dresseur de chevaux et cavalier exceptionnel. On dit même que, pendant la traversée, Zeus aurait manifesté sa protection en faisant briller au-dessus de la tête de ses fils une petite flamme, les feux de Saint-Elme, qui font des Jumeaux célestes les protecteurs des marins.

LES GEMEAUX DE LA CATHEDRALE D'AUTUN

Les Gémeaux – Cathédrale d’Autun

 Bibliographie

 Dieux et héros du zodiaque – Joëlle de Gravelaine – Editions Robert Laffont                                                                                                      Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont Editeur – Collection Bouquins  

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PAESTUM… L’ANTIQUE POSEIDONIA GRECQUE

(6.3.2 - A l'étranger) par sylvietribut le 18-03-2018

L’antique Poseidonia grecque était la ville du dieu marin Poséidon, le Neptune des Romains et la planète-maîtresse des Poissons des astrologues.

Paestum est un des sites parmi les plus représentatifs de l’Antiquité, classé en 1998 par l’Unesco Patrimoine Mondial de l’Humanité. Paestum est en Campanie, à environ 100 km au sud de Naples, de Pompéi, et d’Herculanum. Le site se situe au sud-est du Golfe de Salerne, sur la commune de Carpaccio dans la province de Salerne. Paestum est le troisième site archéologique après Pompéi et Herculanum. C’est l’un des lieux parmi les plus fréquentés et les plus appréciés.

Poseidonia fut fondée par les Grecs au VII siècle avant Jésus-Christ. Successivement, elle fut occupée par les Lucaniens et cela jusqu’à ce que, en 273 avant Jésus-Christ, Rome en fasse une florissante colonie en lui donnant son nom actuel de Paestum. Cependant le début du Moyen Age marqua son irréversible déclin.

L’importance du site est liée à sa valeur culturelle, mais également à l’excellent état de conservation des monuments, à commencer par les remparts, construits par les Grecs et renforcés par les Lucaniens et les Romains. Et puis, ce qui frappe le visiteur, ce sont les trois majestueux temples de style dorique qui se trouvent sur une verte prairie, et réfléchissent une lumière différente selon les heures et les saisons. Ecrivains, poètes et artistes, tels Canova, Goethe, Piranesi et Shelley ont été fascinés par ce spectacle  source de leur inspiration.

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Le temple de Neptune à Paestum

Le temple d’Héra est le plus ancien et remonte au VIe siècle avant Jésus-Christ. Le temple de Neptune date du Ve siècle avant Jésus-Christ. C’est une grandiose construction de travertin qu’une chaude couleur. Ce temple est un vrai bijou de l’architecture dorique, à la fois majestueux et élégant. 

Le temple de Cérès en réalité dédié à la déesse Athéna date, lui, du VIe siècle avant Jésus-Christ. A l’époque médiévale, il fut transformé en église et abrite trois tombes chrétiennes adossées au mur extérieur.

Poséidon était le dieu de la mer et des océans, ainsi que « l’Ebranleur du sol » : dieu des tremblements de terre et des sources dans la mythologie grecque. Son principal symbole était le trident qu’il reçut des Cyclopes pendant la Titanomachie. Cependant, Neptune est aussi symbolisé par le dauphin et surtout le cheval et même encore le taureau. Les Romains l’assimilaient à un Neptune originel, peu fourni en mythes mais avec lesquels il finit par se confondre totalement. Il était le fils de Cronos, le Saturne romain, et de Rhéa. Il était frère de Zeus, le Jupiter romain, mais aussi d’Héra, Junon la Romaine et du sombre Hadès, Pluton pour les Romains. Il s’était marié à Amphitrite, ce qui ne l’empêchait pas de se livrer à d’autres conquêtes.

NEPTUNE - GIARDINO BOBOLI - FIRENZE

Neptune et son trident – Jardin de Boboli – Florence – Italie

Quant au Neptune romain, il était le « Neptùnus » latin, c’était un dieu totalement latin. Dans la mythologie romaine, il était le dieu des eaux vives et des sources ainsi que le protecteur des pêcheurs, des bateliers et, d’après Virgile, des chevaux. Dans le lectisterne de 399 avant Jésus-Christ, il apparaît associé à Mercure et, en 207 avant Jésus-Christ, aux côtés de Minerve. C’est seulement à partir des guerres puniques (264-146 avant J. C.) que les Romains démontrent leur supériorité navale et assimilent Neptune au dieu grec Poséidon. Ainsi à travers les mutations de leur civilisation, les Latins surent transformer une ancienne divinité des eaux douces en dieu des mers. Neptune est donc totalement confondu avec celui-ci, il reprend les légendes grecque du dieu, ses attributs, ses descendances. Pourtant cette transformation l’associe à la déesse Salacie, divinité de l’eau salée et donc de la mer, bien en rapport avec les attributs de Neptune. Elle est représentée comme une belle nymphe, couronnée d’algues, intronisée aux côtés de Neptune conduisant son chariot à coquille perlée, conduit par des dauphins, des hippocampes ou d’autres fabuleuses créatures de la mer et parfois assisté par des Tritons et des Néréides.

Auparavant les Etrusques avaient récupéré le nom de Neptune, transformé en Nethuns, pour désigner le dieu de l’eau et des océans, inspiré de Poséidon.

PAESTUM - LA TOMBE DU PLONGEUR

Le plongeur de Paestum

Comment ne pas évoquer le « plongeur de Paestum » qui se trouve dans le musée du site. Découverte en 1968, près de Paestum, la tombe dite « du plongeur » est renommée pour l’originalité de son décor ; elle est datée aux environs de 480-470 avant Jésus-Christ. Les quatre parois peintes de la tombe, selon la technique de la fresque, représente un banquet.

Cette extraordinaire fresque du plongeur révèle la pureté du dessin et l’harmonie de la composition. Il est probable que la scène fasse allusion au plongeon dans l’au-delà. Elle a en tout cas un rapport tout à fait probable avec la mort, de même que les scènes précédentes illustrent un banquet funèbre.

Pour l’astrologie, Neptune gouverne l’inconscient, les forces instinctives, les grands mouvements de l’âme. C’est pour cette raison que le domicile de la planète se situe dans les Poissons, signe psychique qu’on nomme parfois « l’hôpital du zodiaque ». Neptune gouverne le subconscient et provoque souvent les maladies mentales, les dépressions et les manies. Sur le plan social, son influence marque surtout l’anarchie et son opposé le communisme, et tous les mouvements irrationnels ou surréalistes, ainsi que la police. Les gaz, principalement les gaz toxiques, les stupéfiants et le monde des radiations, y compris la radiologie, la radiodiffusion et la télévision, se trouve sous son influence.

La découverte de Neptune fut fortuite ; l’orbite d’Uranus, calculée en 1821 à l’Observatoire de Paris, présentait des irrégularités que l’on ne pouvait attribuer  qu’à l’attraction d’une autre planète. L’astronome français Le Verrier, lui-même natif des Poissons, s’attaqua à ce problème et déduisit par de laborieux calculs l’orbite de cette planète qu’il nomma Neptune.

NEPTUNE PLANETE ET GLYPHE

La planète Neptune et son glyphe

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DANS L’UNIVERS DES POISSONS… LA LEGENDE D’ALCYON

(6.6.12 - LES MYTHES DES POISSONS ET DE NEPTUNE) par sylvietribut le 05-03-2018

L’alcyon était un oiseau fabuleux qui, d’après une légende grecque, devait sa naissance à la métamorphose d’Alcyoné. Il était dédié à la Néréide Thétis. La Néréide était une nymphe marine. Thétis était la fille de Nérée et de Doris. Il ne faut pas la confondre avec sa grand-mère Thétys, une divinité marine également, archaïque. Thétis, elle, était la mère d’Achille.

Le mot « alcyon » est d’origine grecque, il est formé de « als » qui signifie « la mer » et de « kyein » qui se traduit par « être enceinte », « concevoir » ou dérive d’une racine indo-européenne qui signifie « crier ».

L'ALCYON

L’Alcyon

On croyait que l’alcyon faisait son nid sur les flots de la mer et qu’il couvait ses œufs pendant sept jours, nommés « jours alcyoniens », après le solstice d’hiver, période de calme continu que Zeus lui avait accordé, apitoyé devant ses nids sans cesse détruits par le vent et les vagues.

Ses plumes étaient considérées comme des ingrédients qui composaient des philtres d’amour et on prétendait qu’il fallait conserver son cadavre près des vêtements pour épargner à ceux-ci les outrages des vers.

Cet oiseau a été identifié au martin-pêcheur, la mouette, le pétrel, le goéland et le cygne. L’alcyon est devenu un symbole car c’est un bel oiseau, fabuleux mais mélancolique.

ALCYNOE ET CEYX

Alcyoné et Ceys

D’après une autre légende grecque, Alcyoné, fille d’Eole, roi des vents, avait épousé Céys, le fils de l’Astre du matin. Le bonheur était si parfait qu’ils se comparaient à Zeus et Héra et, par le fait même, ils attirèrent sur eux la vengeance des dieux. Ils furent métamorphosés en oiseaux et leurs nids, construits au bord des flots et sans cesse détruits par les vagues. Tel serait l’origine de leur cri plaintif. Pourtant, Zeus, par pitié, apaisa la mer par deux fois, sept jours par an, avant et après le solstice d’hiver et c’est pourquoi l’alcyon put ses œufs. A ce titre, cet oiseau est devenu un symbole de paix et de tranquillité, mais d’une paix dont il faut se hâter de profiter car elle est brève.

Oiseaux des mers, dédiés à Thétis, enfants du vent et du soleil matinal, les alcyons tiennent à la fois du ciel et des océans, de l’air et des eaux. Ils symbolisent à ce titre une fécondité à la fois spirituelle et matérielle, mais menacée par la jalousie des dieux et des éléments.

Le danger qu’ils évoquent est celui de l’autosatisfaction et de l’attribution à eux-mêmes d’un bonheur qui ne peut venir que d’en haut. Or, cet aveuglement  dans le bonheur expose au pire des châtiments.

Plus tard d’autres légendes ont assimilé celle d’Alcyoné à celle d’Isis ; la femme vole à travers les airs et au-dessus des mers, à la recherche de son mari, fils de l’Astre du matin, comme Osiris était le soleil levant. Ovide a décrit la rencontre de l’épouse, changée en oiseau, et du cadavre de son mari poussé par les flots en des termes qui rappellent le mythe égyptien.

Cependant, les terreurs qu’inspirent les éléments déchaînés subsisteront toujours, conjuguant les violences des vents et des vagues. La confession d’Alcyoné tremblante et comme séduite par la grandiose fureur des éléments déchaînés, montre bien ce qui est au cœur du symbolisme de cet oiseau si cher aux romantiques.

THETIS - MUSEE DU LOUVRE - PARIS

Thétis – Musée du Louvre – Paris

Bibliographie

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

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DANS L’UNIVERS DES POISSONS… SOIGNANTS ET SOIGNES

(6.3.2 - A l'étranger) par sylvietribut le 23-02-2018

Les Poissons, douzième signe du zodiaque, est en analogie avec la Maison XII du thème, une Maison d’épreuves et d’enfermement, dont la santé et tout ce qui s’y rattache, que ce soit les malades, les lieux où l’on soigne et bien sûr les soignants, de l’aide-soignant au professeur, en passant par l’infirmière et tous ceux qui aident au rétablissement des soignés.

L’histoire de la médecine, comme celle de l’astrologie, se perd dans la nuit des temps car toutes les sociétés humaines ont eu recours à des croyances médicales relevant des mythes ou de la superstition pour expliquer la naissance, la mort et la maladie. Ainsi, au cours de l’Histoire, la maladie a été attribuée à la sorcellerie, aux démons, aux influences astrales contraires, à la volonté des dieux, ainsi qu’à d’autres croyances païennes.

EPIDAURE - LE THEATRE

Epidaure – Le Théâtre

Le sanctuaire d’Epidaure était le haut-lieu de la médecine grecque. Pendant l’Antiquité les pèlerins accouraient de toute la Grèce se faire soigner dans le sanctuaire d’Asclépios, le dieu guérisseur. Ici on trouvait des médecins très réputés.

Les premières traces écrites en rapport avec la médecine remontent au Code de Hammurabi au XVIIIe siècle avant Jésus-Christ. C’était un code réglementant l’activité du médecin notamment ses honoraires et les risques qu’il encourait en cas de faute professionnelle.

La constitution d’une bibliothèque médicale à Assurbanipal au VIIe siècle avant Jésus-Christ marque le début de la formation médicale. En la dissociant de la magie, les savants de l’Antiquité grecque furent les fondateurs de la médecine occidentale. Les précurseurs ont été Pythagore,   Thalès de Milet, Empédocle d’Agrigente et Démocrite qui, bien que plus connus aujourd’hui pour leurs écrits mathématiques ou philosophiques, exercèrent la profession de médecin.

Le premier savant grec connu pour ses travaux en médecine est probablement Hippocrate (Ve siècle avant Jésus-Christ). Il est d’ailleurs reconnu comme l’auteur du serment qui porte son nom et son œuvre fut au programme des études de médecine jusqu’au XVIIIe siècle.

En 320 avant Jésus-Christ l’école d’Alexandrie produit des enseignements considérables sur l’anatomie humaine. Malheureusement ces enseignements furent ignorés pendant des siècles par les médecins qui préféraient se baser sur les extrapolations de dissections d’animaux d’Aristote.

Les Grecs transmirent leur art dans l’empire romain. Au IIe siècle, Galien rédige des manuscrits qui feront autorité jusqu’à la Renaissance. Il y reprend la théorie des Quatre éléments (Feu, Terre, Air, Eau) décrite par Hippocrate, la systématisant avec des organes producteurs.

ASCLEPIOS - SON BATON OU S'ENROULE LE SERPENT

Asclépios et son bâton où s’enroule le serpent

Le sanctuaire d’Epidaure est celui d’Asclépios, l’Esculape romain, dieu de la Médecine dont le symbole est le serpent, qu’on retrouve toujours aujourd’hui sur le caducée des médecins, et très proche du graphisme de Mercure, le Maître de la Vierge, autre signe propre aux soignants.

Asclépios pouvait guérir les malades et même ressusciter les morts, ce qui ne plaisait pas vraiment à Zeus, le Jupiter romain. Son culte à Epidaure date du VIe siècle avant Jésus-Christ environ mais ne prit réellement de l’importance qu’au IVe siècle avant Jésus-Christ, date à laquelle il se répandit en Grèce. Les malades arrivaient par le nord, au niveau des Propylées et passaient par la Voie sacrée. Après des rites de purification, ils passaient la nuit dans le portique que l’on peut voir encore aujourd’hui. On disait qu’Asclépios leur apparaissait en rêve et leur indiquait le traitement à suivre. Cependant, ce n’était pas gratuit. Tout était géré par des prêtres du sanctuaire.

APOLLON LE DIEU SOLAIRE ET SA COURONNE DE LAURIER

Apollon le dieu solaire

Dans la mythologie grecque, Asclépios est un héros thessalien puis, à l’époque classique, le dieu de la médecine. Il était le fils d’Apollon, le dieu solaire, ce qui ne l’empêcha pas de mourir foudroyé par Zeus pour avoir ressuscité les morts, avant d’être placé dans le ciel sous la forme de la constellation du Serpentaire.

L’attribut principal d’Asclépios est un bâton autour duquel s’enroule un serpent, symbole de la médecine. Son principal lieu de culte était situé à Epidaure où il guérissait les pèlerins par incubation. Il est invoqué dans le serment d’Hippocrate aux côtés de son père Apollon et ses filles principales Hygie dont le nom a donné le mot « hygiène », et Panacée. On lui connaît une épouse, Epione, et d’autres filles : Acéso, Méditrine, Eglée et Iaso, la Guérison. Il eut aussi trois fils : Machaon, Podalire et Télesphore. Ceux-ci combattirent à Troie et soignèrent même les blessés. Asclépios est l’ancêtre mythique des Asclépiades, une dynastie de médecins dont Hippocrate est le plus illustre membre.

Les légendes relatives à la naissance d’Asclépios sont assez confuses. Cependant, dans la version principale, il est le fils d’Apollon et de Coronis. Alors qu’elle est enceinte du dieu, elle le trompe avec le mortel Ischys. Apollon, maître de la divination, perçoit la vérité qui lui est également rapportée par une corneille. Le dieu envoie alors sa sœur Artémis, la Lune, pourfendre de ses flèches l’infidèle. Pourtant, pris de pitié pour l’enfant à naître, Apollon arrache le bébé du ventre de sa mère qui se consume sur un bûcher. Il porte l’enfant chez le centaure Chiron qui l’élèvera et lui enseignera l’art de la guérison.

Chiron était un centaure estropié qui secourut Zeus en difficulté dans sa guerre avec les Centaures. Pour le remercier, le dieu donna à Chiron l’art de guérir, mais en lui précisant qu’il ne pourra se guérir lui-même. Chiron sera aussi celui qui instruisit bon nombre de dieux et demi-dieux.

Quant au serpent qui fut consacré à Asclépios, c’était, disait-on, parce qu’il s’était réincarné sous la forme de cet animal. D’ailleurs, lorsque son culte fut transporté à Rome, ou il devint Esculape, il arriva d’Epidaure sous l’aspect d’un serpent qui, selon certains, avait nagé jusqu’à la côte et avait choisi sa propre demeure et c’est pourquoi il fut placé par son père Apollon dans le firmament et devint la constellation du Serpentaire.

Pour l’astrologue, trois signes sont liés à la santé, la maladie, les soins et les soignants, ce sont les Poissons, signe de Neptune, pour leur empathie, leur dévouement et leur intuition, la Vierge, signe de Mercure, pour son sens du service, son goût du détail, de la précision, de la recherche et le Sagittaire qui évoque les professeurs en médecine, ceux qui enseignent et transmettent le savoir. On peut y ajouter un quatrième signe : le Scorpion, signe de Mars, signe où l’on rencontre bon nombre de chirurgiens, Mars symbolisant leur scalpel.

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Le caducée de Mercure

Bibliographie

Dictionnaire de la Mythologie – Michael Grant et John Hazel – Chez Marabout 

 

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DANS LE MONDE DU VERSEAU… LE CIRQUE

(6.6.11 - LES MYTHES DU VERSEAU ET D'URANUS) par sylvietribut le 14-02-2018

La conception occidentale du cirque s’inspire d’une façon ou d’une autre des jeux antiques romains ainsi que des bateleurs et troubadours du Moyen Age.

Pourquoi inscrire le cirque dans le monde du Verseau ? Comme le Verseau, le cirque n’a que faire des conventions et n’a pas peur du ridicule. On a même l’impression que le cirque fait sortir du théâtre et de l’attitude bourgeoise pour entrer dans la décontraction et le fou rire. Sous le chapiteau se rassemble des spectateurs de tout horizon social dans un univers coupé de l’extérieur.

LE CIRQUE - SON CHAPITEAU

Le cirque a planté son chapiteau

En France, c’est le régime libéral de la Troisième République qui favorisa la démocratisation des loisirs. Et si le théâtre allait rester le type de spectacle le plus légitime, le cirque fera alors l’objet d’un grand engouement car il touchait deux types de publics : les aristocrates qui se reconnaissaient dans les écuyers qui pour eux incarnaient l’aristocratie du cirque et l’art équestre, identité collective de la noblesse depuis le Moyen Age, et le peuple attiré par le spectacle des troupes ambulantes qui sillonnaient la France.

Le cirque se transformera en spectacle exotique grâce à la présence d’animaux sauvages qu’on exposera lors de parades ou dans des ménageries.

LE CIRQUE - GEORGES SEURAT

Le Cirque – Georges Seurat

Numéros d’équilibristes, les acrobaties, la mise en scène d’animaux inconnus du grand public, mêlent l’émerveillement et la peur dans une atmosphère particulière, favorisant une introspection du spectateur. Cette perception du cirque comme univers social peut trouver une illustration dans la figure multiple du clown. A la fois drôle et pitoyable, le clown provoque généralement le rire pour diminuer la tension des spectateurs entre deux numéros. Le clown va comme calmer les émotions et le stress provoqués par les acrobaties souvent dangereuses des acrobates ou le domptage des fauves.

Quant au mot « clown », il apparaît pour la première fois en France en 1813. Il trouve ses origines dans le terme anglais « clod » qui signifie littéralement « plouc ». C’est au début du XIXe siècle que le clown naît dans l’univers du cirque. Cette arrivée serait le fait d’un accident lors d’une représentation : un acrobate avait involontairement chuté devant les spectateurs, ceux-ci apprécièrent cet instant de décontraction.

Le cirque peut être sédentaire ou ambulant. A la fin du XIXe siècle, Paris comptait plusieurs cirques sédentaires en activité. Il y avait le Cirque des Champs-Elysées, connu sous les noms de Cirque de l’Impératrice ou Cirque d’été. L’actuel Cirque d’Hiver était en 1852 le Cirque Napoléon. Quant au Cirque Fernando, il deviendra le Cirque Médrano, le théâtre des clowns.

LE CIRQUE D'HIVER - BOUGLIONE - PARIS

Cirque d’Hiver Bouglione – 110 rue Amelot – Paris 11e

Il y avait aussi le Nouveau Cirque, rue Saint-Honoré, un cirque-piscine doté d’une piste transformable en piscine pour les pantomimes nautiques. Le Cirque Molier se trouvait près du Bois de Boulogne, à Passy. Lors des deux représentations annuelles, artistes et aristocrates se mélangeaient sur la piste pour des numéros où les chevaux avaient la part belle.

Enfin, l’Hippodrome du Pont de l’Alma, inauguré en 1877, mêlait lions, éléphants et courses de chars. Il fermera en 1892, c’est l’Hippodrome du Champs-de-Mars qui lui succèdera, puis en 1900 l’Hippodrome de Montmartre.

Le dernier cirque sédentaire à ouvrir ses portes à Paris fut le Cirque Métropole, connu sous le nom de Cirque de Paris, lequel mit souvent des dompteurs en vedette.

Quant aux cirques ambulants, à la veille de la Seconde Guerre mondiale, ils circulaient sur les routes de France cinquante-quatre cirques, toutes catégories confondues.

Comment ne pas évoquer le cirque du monde romain, cet édifice public où étaient organisées des courses de chars et de chevaux attelés ou montés, voire même des courses à pied, des combats de lutte ou de boxe. Sous l’Empire, il y eut un véritable engouement pour les chevaux et les courses. Soixante-quatre jours par an étaient consacrés aux jeux du cirque contre dix-sept sous la République, chaque journée comprenait vingt-quatre épreuves et parfois plus.

circo-massimo

Circo Massimo – Roma

Le Circus Maximus, « le plus grand cirque » est le plus vaste et le plus ancien hippodrome de Rome. Etant donné l’importance de ses dimensions et la richesse de son histoire par rapport à la douzaine de cirques de Rome, il est souvent appelé simplement « Circus » par les auteurs antiques. Plus grand édifice public de la Rome antique, il était principalement dédié aux courses de chars, mais il a pu également être utilisé pour d’autres types de spectacles ou lors de processions triomphales, surtout à partir du règne de Trajan.

Aujourd’hui, il se trouve dans le Rione de Ripa et reste le théâtre de grands rassemblements lors de festivals, de concerts et d’autres grands événements, ou même de meetings politiques. Le Circus Maximus demeure à ce jour la plus vaste enceinte sportive que le monde n’ait jamais connu. Quant au monde politique il appartient à l’univers uranien du Verseau.

LE CLOWN PIPO

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Rambouillet, le 13 février 2018

 

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ASTROLOGUES DES ROIS ET ASTROLOGUES OFFICIELS

(6.4 - L'Astrologie dans l'Histoire) par sylvietribut le 06-02-2018

Mise au ban de la société par l’Eglise, comme toutes les pratiques divinatoires, lors du Concile de Tolède en 447, l’astrologie est pratiquée dans les cours royales et continue à être étudiée par les érudits, même religieux. Ainsi Albert le Grand, maître de Saint Thomas d’Aquin, est l’auteur d’un traité d’astrologie. Et c’est ainsi que la majorité des théologiens chrétiens bien qu’ayant tenu l’astrologie en suspicion, au Moyen Age et à la Renaissance, les grands personnages de l’Etat et du Clergé avaient leur astrologue attitré. Parmi eux on trouve le Pape Sylvestre II, l’Empereur d’Allemagne Frédéric II ou encore Alphonse X de Castille.

ASTROLOGUE - 1570

Astrologue – 1570

En France, c’est avec les Valois que les astrologues eurent leurs petites entrées à la Cour. C’est Charles V qui prit Thomas de Pisan, père de la poétesse Christine de Pisan, comme astrologue. Il créa même pour lui la charge de médecin-astrologue, car depuis toujours et à cette époque encore, les astrologues étaient également médecins. Puis, à partir du XVIe siècle, cette charge devint celle « d’astrologue du Roi ».

Les Bourbons perpétuèrent la tradition et c’est seulement en 1682 que Louis XIV supprima cette charge d’astrologue du Roi, il faut dire que Colbert détestait l’astrologie et chassa de l’Université les astrologues.

ARRESTATION DE MLLE LENORMAND

Arrestation de Mademoiselle Lenormand

Depuis longtemps en Europe et dans les principaux pays développés les astrologues officiels ont disparu, ce qui n’empêche pas nos gouvernants d’avoir recours à des astrologues et même des voyants. Le rôle occulte de Madame de Thèbes dans les coulisses de la IIIe République a souvent été évoqué. Bien avant, on sait que Napoléon consultait Mademoiselle Lenormand. Et avant lui, les Révolutionnaires de 1789 à 1793, dont Robespierre lui-même allaient consulter astrologues ou voyants.

En 1975, la présidente d’Argentine Isabelle Péron provoqua des tempêtes de protestations parce qu’elle avait nommé Premier ministre un homme qui s’adonnait à l’astrologie. De même, la Première ministre du Sri Lanka accordait toute sa confiance à des astrologues.

Moins connu, c’est le recours à l’astrologie et autres sciences occultes pendant la Seconde Guerre mondiale. Les principaux chefs nazis : à commencer par Hitler, mais aussi Rosenberg, Himmler, Rudolf Hess, prenaient régulièrement conseil auprès de leurs astrologues. L’un d’eux, Karl Ernst Krafft, eut même un rôle politique certain en orientant les décisions d’Hitler qui avait toute confiance en lui. Goebbels était sans doute plus sceptique quant à la confiance à accorder aux prévisions astrologiques, pourtant il en tira partie avec la propagande contre les alliés.

Après la fuite en Angleterre, le 10 mai 1941, de Rudolf Hess, le dirigeant allemand le plus lié aux milieux occultes, les astrologues furent étroitement surveillés. Il semble d’ailleurs qu’Heydrich en aurait interné un grand nombre que Himmler aurait fait libérer par la suite pour utiliser leurs prévisions. Kraft, lui, trouva la mort à Oranienbourg, le 8 janvier 1945.

Dans le camp allié, les arts divinatoires furent également mis en œuvre. Un astrologue hongrois, Louis de Wohl, devint officier de l’Intelligence Service, propagea des interprétions tendancieuses des prophéties de Nostradamus et, aux Etats-Unis, les astrologues qui présidaient la chute de l’Allemagne recevaient une discrète aide officielle.

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Astrologie et astrologues sont sous l’influence d’Uranus et du Verseau. Les dictateurs ont généralement une dominante planétaire uranienne, c’était le cas d’Hitler pour qui Uranus est conjoint à son ascendant. Rudolf Hess avait lui le Soleil opposé à Uranus. Himmler quant à lui était Ascendant Verseau et un Uranus culminant au MC. Quant à Rosenberg, l’Ascendant de son thème interceptait le Verseau.

Plus près de nous, en France, le Président aurait eu l’habitude de consulter une astrologue française célèbre.

L'ASTROLOGUE de VERMEER

L’astrologue de Vermeer

Bibliographie

Dictionnaire de l’Astrologie – Jean-Louis Brau – Libraire Larousse – Paris

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UN EXEMPLE DE L’HUMANISME VERSEAU… LE FESTIN DE TRIMALCION

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 29-01-2018

Pétrone, dans le « Festin de Trimalcion », décrit un banquet offert par l’affranchi, où chaque invité se voit offrir des mets en accord avec son signe zodiacal. Et depuis fort longtemps d’ailleurs, on a établi des correspondances entre les astres et les produits de nature, et en particulier les végétaux, qui sont plus que les autres, soumis à un rythme annuel. Dès l’invention de l’imprimerie, une profusion d’almanachs, d’herbiers et de codex propagea cette idée, qui fut profondément ancrée, même dans les milieux scientifiques jusqu’à la fin du XVIIe siècle.

Ce « dîner chez Trimalcion » est un récit tiré du roman Satyricon que l’on attribue à Pétrone. Cet épisode fait suite à une tradition antique du banquet comme en parlèrent avant Pétrone, Platon, Xénophon ou Sénèque.

FESTIN CHEZ TRIMALCION

Le festin chez Trimalcion

L’épisode des agapes lors du festin chez Trimalcion est le cœur de l’œuvre. Il représente le cœur du livre. Il vient couper les aventures d’Encolpe à partir de sa rencontre avec Eumolpe. Il met en lumière les mécanismes sociaux de la société romaine de l’époque. L’ancien « dominus », c’est-à-dire « le maître » de Trimalcion, auquel ce dernier est reconnaissant, a voulu faire de son ancien esclave un « hominem inter homines », « un homme parmi les hommes ». Or, l’affranchissement d’esclaves était exceptionnel à cette époque, ce qui fait de l’histoire du personnage de Trimalcion une « success-storia » à l’antique, même si sa réussite était permise par ses compétences. L’affranchissement traverse toute la scène.

Trimalcion invite des esclaves à sa table et de ce fait les affranchit. C’est la tradition du « manumissio per mensam ». Cependant, il ne peut s’agir d’une référence faite à cette institution juridique, qui n’apparaît qu’au IIe ou IVe siècle après Jésus-Christ.

Trimalcion était un ancien esclave venu d’Orient, sans doute un Syrien. Son patronyme est formé d’une racine sémitique, « malk », ou de l’arabe « malik » et de l’hébreu « melek », c’est-à-dire le nom du roi. Le préfixe « tri » a le sens d’un superlatif grec, acquis sous l’influence de l’égyptien et que l’on retrouve dans l’expression d’Hermès Trismégiste, astronome, astrologue et inventeur de l’alchimie.

HERMES TRISMEGISTE GRAVE SUR LE SOL DE LA CATHEDRALE DE SIENNE

Hermès Trismégiste gravé sur le sol de la cathédrale de Sienne

Bibliographie

Dictionnaire de l’Astrologie – Jean-Louis Brau – Librairie Larousse

 

 

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