PAESTUM… L’ANTIQUE POSEIDONIA GRECQUE

(6.3.2 - A l'étranger) par sylvietribut le 18-03-2018

L’antique Poseidonia grecque était la ville du dieu marin Poséidon, le Neptune des Romains et la planète-maîtresse des Poissons des astrologues.

Paestum est un des sites parmi les plus représentatifs de l’Antiquité, classé en 1998 par l’Unesco Patrimoine Mondial de l’Humanité. Paestum est en Campanie, à environ 100 km au sud de Naples, de Pompéi, et d’Herculanum. Le site se situe au sud-est du Golfe de Salerne, sur la commune de Carpaccio dans la province de Salerne. Paestum est le troisième site archéologique après Pompéi et Herculanum. C’est l’un des lieux parmi les plus fréquentés et les plus appréciés.

Poseidonia fut fondée par les Grecs au VII siècle avant Jésus-Christ. Successivement, elle fut occupée par les Lucaniens et cela jusqu’à ce que, en 273 avant Jésus-Christ, Rome en fasse une florissante colonie en lui donnant son nom actuel de Paestum. Cependant le début du Moyen Age marqua son irréversible déclin.

L’importance du site est liée à sa valeur culturelle, mais également à l’excellent état de conservation des monuments, à commencer par les remparts, construits par les Grecs et renforcés par les Lucaniens et les Romains. Et puis, ce qui frappe le visiteur, ce sont les trois majestueux temples de style dorique qui se trouvent sur une verte prairie, et réfléchissent une lumière différente selon les heures et les saisons. Ecrivains, poètes et artistes, tels Canova, Goethe, Piranesi et Shelley ont été fascinés par ce spectacle  source de leur inspiration.

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Le temple de Neptune à Paestum

Le temple d’Héra est le plus ancien et remonte au VIe siècle avant Jésus-Christ. Le temple de Neptune date du Ve siècle avant Jésus-Christ. C’est une grandiose construction de travertin qu’une chaude couleur. Ce temple est un vrai bijou de l’architecture dorique, à la fois majestueux et élégant. 

Le temple de Cérès en réalité dédié à la déesse Athéna date, lui, du VIe siècle avant Jésus-Christ. A l’époque médiévale, il fut transformé en église et abrite trois tombes chrétiennes adossées au mur extérieur.

Poséidon était le dieu de la mer et des océans, ainsi que « l’Ebranleur du sol » : dieu des tremblements de terre et des sources dans la mythologie grecque. Son principal symbole était le trident qu’il reçut des Cyclopes pendant la Titanomachie. Cependant, Neptune est aussi symbolisé par le dauphin et surtout le cheval et même encore le taureau. Les Romains l’assimilaient à un Neptune originel, peu fourni en mythes mais avec lesquels il finit par se confondre totalement. Il était le fils de Cronos, le Saturne romain, et de Rhéa. Il était frère de Zeus, le Jupiter romain, mais aussi d’Héra, Junon la Romaine et du sombre Hadès, Pluton pour les Romains. Il s’était marié à Amphitrite, ce qui ne l’empêchait pas de se livrer à d’autres conquêtes.

NEPTUNE - GIARDINO BOBOLI - FIRENZE

Neptune et son trident – Jardin de Boboli – Florence – Italie

Quant au Neptune romain, il était le « Neptùnus » latin, c’était un dieu totalement latin. Dans la mythologie romaine, il était le dieu des eaux vives et des sources ainsi que le protecteur des pêcheurs, des bateliers et, d’après Virgile, des chevaux. Dans le lectisterne de 399 avant Jésus-Christ, il apparaît associé à Mercure et, en 207 avant Jésus-Christ, aux côtés de Minerve. C’est seulement à partir des guerres puniques (264-146 avant J. C.) que les Romains démontrent leur supériorité navale et assimilent Neptune au dieu grec Poséidon. Ainsi à travers les mutations de leur civilisation, les Latins surent transformer une ancienne divinité des eaux douces en dieu des mers. Neptune est donc totalement confondu avec celui-ci, il reprend les légendes grecque du dieu, ses attributs, ses descendances. Pourtant cette transformation l’associe à la déesse Salacie, divinité de l’eau salée et donc de la mer, bien en rapport avec les attributs de Neptune. Elle est représentée comme une belle nymphe, couronnée d’algues, intronisée aux côtés de Neptune conduisant son chariot à coquille perlée, conduit par des dauphins, des hippocampes ou d’autres fabuleuses créatures de la mer et parfois assisté par des Tritons et des Néréides.

Auparavant les Etrusques avaient récupéré le nom de Neptune, transformé en Nethuns, pour désigner le dieu de l’eau et des océans, inspiré de Poséidon.

PAESTUM - LA TOMBE DU PLONGEUR

Le plongeur de Paestum

Comment ne pas évoquer le « plongeur de Paestum » qui se trouve dans le musée du site. Découverte en 1968, près de Paestum, la tombe dite « du plongeur » est renommée pour l’originalité de son décor ; elle est datée aux environs de 480-470 avant Jésus-Christ. Les quatre parois peintes de la tombe, selon la technique de la fresque, représente un banquet.

Cette extraordinaire fresque du plongeur révèle la pureté du dessin et l’harmonie de la composition. Il est probable que la scène fasse allusion au plongeon dans l’au-delà. Elle a en tout cas un rapport tout à fait probable avec la mort, de même que les scènes précédentes illustrent un banquet funèbre.

Pour l’astrologie, Neptune gouverne l’inconscient, les forces instinctives, les grands mouvements de l’âme. C’est pour cette raison que le domicile de la planète se situe dans les Poissons, signe psychique qu’on nomme parfois « l’hôpital du zodiaque ». Neptune gouverne le subconscient et provoque souvent les maladies mentales, les dépressions et les manies. Sur le plan social, son influence marque surtout l’anarchie et son opposé le communisme, et tous les mouvements irrationnels ou surréalistes, ainsi que la police. Les gaz, principalement les gaz toxiques, les stupéfiants et le monde des radiations, y compris la radiologie, la radiodiffusion et la télévision, se trouve sous son influence.

La découverte de Neptune fut fortuite ; l’orbite d’Uranus, calculée en 1821 à l’Observatoire de Paris, présentait des irrégularités que l’on ne pouvait attribuer  qu’à l’attraction d’une autre planète. L’astronome français Le Verrier, lui-même natif des Poissons, s’attaqua à ce problème et déduisit par de laborieux calculs l’orbite de cette planète qu’il nomma Neptune.

NEPTUNE PLANETE ET GLYPHE

La planète Neptune et son glyphe

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DANS L’UNIVERS DES POISSONS… LA LEGENDE D’ALCYON

(6.6.12 - LES MYTHES DES POISSONS ET DE NEPTUNE) par sylvietribut le 05-03-2018

L’alcyon était un oiseau fabuleux qui, d’après une légende grecque, devait sa naissance à la métamorphose d’Alcyoné. Il était dédié à la Néréide Thétis. La Néréide était une nymphe marine. Thétis était la fille de Nérée et de Doris. Il ne faut pas la confondre avec sa grand-mère Thétys, une divinité marine également, archaïque. Thétis, elle, était la mère d’Achille.

Le mot « alcyon » est d’origine grecque, il est formé de « als » qui signifie « la mer » et de « kyein » qui se traduit par « être enceinte », « concevoir » ou dérive d’une racine indo-européenne qui signifie « crier ».

L'ALCYON

L’Alcyon

On croyait que l’alcyon faisait son nid sur les flots de la mer et qu’il couvait ses œufs pendant sept jours, nommés « jours alcyoniens », après le solstice d’hiver, période de calme continu que Zeus lui avait accordé, apitoyé devant ses nids sans cesse détruits par le vent et les vagues.

Ses plumes étaient considérées comme des ingrédients qui composaient des philtres d’amour et on prétendait qu’il fallait conserver son cadavre près des vêtements pour épargner à ceux-ci les outrages des vers.

Cet oiseau a été identifié au martin-pêcheur, la mouette, le pétrel, le goéland et le cygne. L’alcyon est devenu un symbole car c’est un bel oiseau, fabuleux mais mélancolique.

ALCYNOE ET CEYX

Alcyoné et Ceys

D’après une autre légende grecque, Alcyoné, fille d’Eole, roi des vents, avait épousé Céys, le fils de l’Astre du matin. Le bonheur était si parfait qu’ils se comparaient à Zeus et Héra et, par le fait même, ils attirèrent sur eux la vengeance des dieux. Ils furent métamorphosés en oiseaux et leurs nids, construits au bord des flots et sans cesse détruits par les vagues. Tel serait l’origine de leur cri plaintif. Pourtant, Zeus, par pitié, apaisa la mer par deux fois, sept jours par an, avant et après le solstice d’hiver et c’est pourquoi l’alcyon put ses œufs. A ce titre, cet oiseau est devenu un symbole de paix et de tranquillité, mais d’une paix dont il faut se hâter de profiter car elle est brève.

Oiseaux des mers, dédiés à Thétis, enfants du vent et du soleil matinal, les alcyons tiennent à la fois du ciel et des océans, de l’air et des eaux. Ils symbolisent à ce titre une fécondité à la fois spirituelle et matérielle, mais menacée par la jalousie des dieux et des éléments.

Le danger qu’ils évoquent est celui de l’autosatisfaction et de l’attribution à eux-mêmes d’un bonheur qui ne peut venir que d’en haut. Or, cet aveuglement  dans le bonheur expose au pire des châtiments.

Plus tard d’autres légendes ont assimilé celle d’Alcyoné à celle d’Isis ; la femme vole à travers les airs et au-dessus des mers, à la recherche de son mari, fils de l’Astre du matin, comme Osiris était le soleil levant. Ovide a décrit la rencontre de l’épouse, changée en oiseau, et du cadavre de son mari poussé par les flots en des termes qui rappellent le mythe égyptien.

Cependant, les terreurs qu’inspirent les éléments déchaînés subsisteront toujours, conjuguant les violences des vents et des vagues. La confession d’Alcyoné tremblante et comme séduite par la grandiose fureur des éléments déchaînés, montre bien ce qui est au cœur du symbolisme de cet oiseau si cher aux romantiques.

THETIS - MUSEE DU LOUVRE - PARIS

Thétis – Musée du Louvre – Paris

Bibliographie

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

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DANS L’UNIVERS DES POISSONS… SOIGNANTS ET SOIGNES

(6.3.2 - A l'étranger) par sylvietribut le 23-02-2018

Les Poissons, douzième signe du zodiaque, est en analogie avec la Maison XII du thème, une Maison d’épreuves et d’enfermement, dont la santé et tout ce qui s’y rattache, que ce soit les malades, les lieux où l’on soigne et bien sûr les soignants, de l’aide-soignant au professeur, en passant par l’infirmière et tous ceux qui aident au rétablissement des soignés.

L’histoire de la médecine, comme celle de l’astrologie, se perd dans la nuit des temps car toutes les sociétés humaines ont eu recours à des croyances médicales relevant des mythes ou de la superstition pour expliquer la naissance, la mort et la maladie. Ainsi, au cours de l’Histoire, la maladie a été attribuée à la sorcellerie, aux démons, aux influences astrales contraires, à la volonté des dieux, ainsi qu’à d’autres croyances païennes.

EPIDAURE - LE THEATRE

Epidaure – Le Théâtre

Le sanctuaire d’Epidaure était le haut-lieu de la médecine grecque. Pendant l’Antiquité les pèlerins accouraient de toute la Grèce se faire soigner dans le sanctuaire d’Asclépios, le dieu guérisseur. Ici on trouvait des médecins très réputés.

Les premières traces écrites en rapport avec la médecine remontent au Code de Hammurabi au XVIIIe siècle avant Jésus-Christ. C’était un code réglementant l’activité du médecin notamment ses honoraires et les risques qu’il encourait en cas de faute professionnelle.

La constitution d’une bibliothèque médicale à Assurbanipal au VIIe siècle avant Jésus-Christ marque le début de la formation médicale. En la dissociant de la magie, les savants de l’Antiquité grecque furent les fondateurs de la médecine occidentale. Les précurseurs ont été Pythagore,   Thalès de Milet, Empédocle d’Agrigente et Démocrite qui, bien que plus connus aujourd’hui pour leurs écrits mathématiques ou philosophiques, exercèrent la profession de médecin.

Le premier savant grec connu pour ses travaux en médecine est probablement Hippocrate (Ve siècle avant Jésus-Christ). Il est d’ailleurs reconnu comme l’auteur du serment qui porte son nom et son œuvre fut au programme des études de médecine jusqu’au XVIIIe siècle.

En 320 avant Jésus-Christ l’école d’Alexandrie produit des enseignements considérables sur l’anatomie humaine. Malheureusement ces enseignements furent ignorés pendant des siècles par les médecins qui préféraient se baser sur les extrapolations de dissections d’animaux d’Aristote.

Les Grecs transmirent leur art dans l’empire romain. Au IIe siècle, Galien rédige des manuscrits qui feront autorité jusqu’à la Renaissance. Il y reprend la théorie des Quatre éléments (Feu, Terre, Air, Eau) décrite par Hippocrate, la systématisant avec des organes producteurs.

ASCLEPIOS - SON BATON OU S'ENROULE LE SERPENT

Asclépios et son bâton où s’enroule le serpent

Le sanctuaire d’Epidaure est celui d’Asclépios, l’Esculape romain, dieu de la Médecine dont le symbole est le serpent, qu’on retrouve toujours aujourd’hui sur le caducée des médecins, et très proche du graphisme de Mercure, le Maître de la Vierge, autre signe propre aux soignants.

Asclépios pouvait guérir les malades et même ressusciter les morts, ce qui ne plaisait pas vraiment à Zeus, le Jupiter romain. Son culte à Epidaure date du VIe siècle avant Jésus-Christ environ mais ne prit réellement de l’importance qu’au IVe siècle avant Jésus-Christ, date à laquelle il se répandit en Grèce. Les malades arrivaient par le nord, au niveau des Propylées et passaient par la Voie sacrée. Après des rites de purification, ils passaient la nuit dans le portique que l’on peut voir encore aujourd’hui. On disait qu’Asclépios leur apparaissait en rêve et leur indiquait le traitement à suivre. Cependant, ce n’était pas gratuit. Tout était géré par des prêtres du sanctuaire.

APOLLON LE DIEU SOLAIRE ET SA COURONNE DE LAURIER

Apollon le dieu solaire

Dans la mythologie grecque, Asclépios est un héros thessalien puis, à l’époque classique, le dieu de la médecine. Il était le fils d’Apollon, le dieu solaire, ce qui ne l’empêcha pas de mourir foudroyé par Zeus pour avoir ressuscité les morts, avant d’être placé dans le ciel sous la forme de la constellation du Serpentaire.

L’attribut principal d’Asclépios est un bâton autour duquel s’enroule un serpent, symbole de la médecine. Son principal lieu de culte était situé à Epidaure où il guérissait les pèlerins par incubation. Il est invoqué dans le serment d’Hippocrate aux côtés de son père Apollon et ses filles principales Hygie dont le nom a donné le mot « hygiène », et Panacée. On lui connaît une épouse, Epione, et d’autres filles : Acéso, Méditrine, Eglée et Iaso, la Guérison. Il eut aussi trois fils : Machaon, Podalire et Télesphore. Ceux-ci combattirent à Troie et soignèrent même les blessés. Asclépios est l’ancêtre mythique des Asclépiades, une dynastie de médecins dont Hippocrate est le plus illustre membre.

Les légendes relatives à la naissance d’Asclépios sont assez confuses. Cependant, dans la version principale, il est le fils d’Apollon et de Coronis. Alors qu’elle est enceinte du dieu, elle le trompe avec le mortel Ischys. Apollon, maître de la divination, perçoit la vérité qui lui est également rapportée par une corneille. Le dieu envoie alors sa sœur Artémis, la Lune, pourfendre de ses flèches l’infidèle. Pourtant, pris de pitié pour l’enfant à naître, Apollon arrache le bébé du ventre de sa mère qui se consume sur un bûcher. Il porte l’enfant chez le centaure Chiron qui l’élèvera et lui enseignera l’art de la guérison.

Chiron était un centaure estropié qui secourut Zeus en difficulté dans sa guerre avec les Centaures. Pour le remercier, le dieu donna à Chiron l’art de guérir, mais en lui précisant qu’il ne pourra se guérir lui-même. Chiron sera aussi celui qui instruisit bon nombre de dieux et demi-dieux.

Quant au serpent qui fut consacré à Asclépios, c’était, disait-on, parce qu’il s’était réincarné sous la forme de cet animal. D’ailleurs, lorsque son culte fut transporté à Rome, ou il devint Esculape, il arriva d’Epidaure sous l’aspect d’un serpent qui, selon certains, avait nagé jusqu’à la côte et avait choisi sa propre demeure et c’est pourquoi il fut placé par son père Apollon dans le firmament et devint la constellation du Serpentaire.

Pour l’astrologue, trois signes sont liés à la santé, la maladie, les soins et les soignants, ce sont les Poissons, signe de Neptune, pour leur empathie, leur dévouement et leur intuition, la Vierge, signe de Mercure, pour son sens du service, son goût du détail, de la précision, de la recherche et le Sagittaire qui évoque les professeurs en médecine, ceux qui enseignent et transmettent le savoir. On peut y ajouter un quatrième signe : le Scorpion, signe de Mars, signe où l’on rencontre bon nombre de chirurgiens, Mars symbolisant leur scalpel.

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Le caducée de Mercure

Bibliographie

Dictionnaire de la Mythologie – Michael Grant et John Hazel – Chez Marabout 

 

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DANS LE MONDE DU VERSEAU… LE CIRQUE

(6.6.11 - LES MYTHES DU VERSEAU ET D'URANUS) par sylvietribut le 14-02-2018

La conception occidentale du cirque s’inspire d’une façon ou d’une autre des jeux antiques romains ainsi que des bateleurs et troubadours du Moyen Age.

Pourquoi inscrire le cirque dans le monde du Verseau ? Comme le Verseau, le cirque n’a que faire des conventions et n’a pas peur du ridicule. On a même l’impression que le cirque fait sortir du théâtre et de l’attitude bourgeoise pour entrer dans la décontraction et le fou rire. Sous le chapiteau se rassemble des spectateurs de tout horizon social dans un univers coupé de l’extérieur.

LE CIRQUE - SON CHAPITEAU

Le cirque a planté son chapiteau

En France, c’est le régime libéral de la Troisième République qui favorisa la démocratisation des loisirs. Et si le théâtre allait rester le type de spectacle le plus légitime, le cirque fera alors l’objet d’un grand engouement car il touchait deux types de publics : les aristocrates qui se reconnaissaient dans les écuyers qui pour eux incarnaient l’aristocratie du cirque et l’art équestre, identité collective de la noblesse depuis le Moyen Age, et le peuple attiré par le spectacle des troupes ambulantes qui sillonnaient la France.

Le cirque se transformera en spectacle exotique grâce à la présence d’animaux sauvages qu’on exposera lors de parades ou dans des ménageries.

LE CIRQUE - GEORGES SEURAT

Le Cirque – Georges Seurat

Numéros d’équilibristes, les acrobaties, la mise en scène d’animaux inconnus du grand public, mêlent l’émerveillement et la peur dans une atmosphère particulière, favorisant une introspection du spectateur. Cette perception du cirque comme univers social peut trouver une illustration dans la figure multiple du clown. A la fois drôle et pitoyable, le clown provoque généralement le rire pour diminuer la tension des spectateurs entre deux numéros. Le clown va comme calmer les émotions et le stress provoqués par les acrobaties souvent dangereuses des acrobates ou le domptage des fauves.

Quant au mot « clown », il apparaît pour la première fois en France en 1813. Il trouve ses origines dans le terme anglais « clod » qui signifie littéralement « plouc ». C’est au début du XIXe siècle que le clown naît dans l’univers du cirque. Cette arrivée serait le fait d’un accident lors d’une représentation : un acrobate avait involontairement chuté devant les spectateurs, ceux-ci apprécièrent cet instant de décontraction.

Le cirque peut être sédentaire ou ambulant. A la fin du XIXe siècle, Paris comptait plusieurs cirques sédentaires en activité. Il y avait le Cirque des Champs-Elysées, connu sous les noms de Cirque de l’Impératrice ou Cirque d’été. L’actuel Cirque d’Hiver était en 1852 le Cirque Napoléon. Quant au Cirque Fernando, il deviendra le Cirque Médrano, le théâtre des clowns.

LE CIRQUE D'HIVER - BOUGLIONE - PARIS

Cirque d’Hiver Bouglione – 110 rue Amelot – Paris 11e

Il y avait aussi le Nouveau Cirque, rue Saint-Honoré, un cirque-piscine doté d’une piste transformable en piscine pour les pantomimes nautiques. Le Cirque Molier se trouvait près du Bois de Boulogne, à Passy. Lors des deux représentations annuelles, artistes et aristocrates se mélangeaient sur la piste pour des numéros où les chevaux avaient la part belle.

Enfin, l’Hippodrome du Pont de l’Alma, inauguré en 1877, mêlait lions, éléphants et courses de chars. Il fermera en 1892, c’est l’Hippodrome du Champs-de-Mars qui lui succèdera, puis en 1900 l’Hippodrome de Montmartre.

Le dernier cirque sédentaire à ouvrir ses portes à Paris fut le Cirque Métropole, connu sous le nom de Cirque de Paris, lequel mit souvent des dompteurs en vedette.

Quant aux cirques ambulants, à la veille de la Seconde Guerre mondiale, ils circulaient sur les routes de France cinquante-quatre cirques, toutes catégories confondues.

Comment ne pas évoquer le cirque du monde romain, cet édifice public où étaient organisées des courses de chars et de chevaux attelés ou montés, voire même des courses à pied, des combats de lutte ou de boxe. Sous l’Empire, il y eut un véritable engouement pour les chevaux et les courses. Soixante-quatre jours par an étaient consacrés aux jeux du cirque contre dix-sept sous la République, chaque journée comprenait vingt-quatre épreuves et parfois plus.

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Circo Massimo – Roma

Le Circus Maximus, « le plus grand cirque » est le plus vaste et le plus ancien hippodrome de Rome. Etant donné l’importance de ses dimensions et la richesse de son histoire par rapport à la douzaine de cirques de Rome, il est souvent appelé simplement « Circus » par les auteurs antiques. Plus grand édifice public de la Rome antique, il était principalement dédié aux courses de chars, mais il a pu également être utilisé pour d’autres types de spectacles ou lors de processions triomphales, surtout à partir du règne de Trajan.

Aujourd’hui, il se trouve dans le Rione de Ripa et reste le théâtre de grands rassemblements lors de festivals, de concerts et d’autres grands événements, ou même de meetings politiques. Le Circus Maximus demeure à ce jour la plus vaste enceinte sportive que le monde n’ait jamais connu. Quant au monde politique il appartient à l’univers uranien du Verseau.

LE CLOWN PIPO

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Rambouillet, le 13 février 2018

 

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ASTROLOGUES DES ROIS ET ASTROLOGUES OFFICIELS

(6.4 - L'Astrologie dans l'Histoire) par sylvietribut le 06-02-2018

Mise au ban de la société par l’Eglise, comme toutes les pratiques divinatoires, lors du Concile de Tolède en 447, l’astrologie est pratiquée dans les cours royales et continue à être étudiée par les érudits, même religieux. Ainsi Albert le Grand, maître de Saint Thomas d’Aquin, est l’auteur d’un traité d’astrologie. Et c’est ainsi que la majorité des théologiens chrétiens bien qu’ayant tenu l’astrologie en suspicion, au Moyen Age et à la Renaissance, les grands personnages de l’Etat et du Clergé avaient leur astrologue attitré. Parmi eux on trouve le Pape Sylvestre II, l’Empereur d’Allemagne Frédéric II ou encore Alphonse X de Castille.

ASTROLOGUE - 1570

Astrologue – 1570

En France, c’est avec les Valois que les astrologues eurent leurs petites entrées à la Cour. C’est Charles V qui prit Thomas de Pisan, père de la poétesse Christine de Pisan, comme astrologue. Il créa même pour lui la charge de médecin-astrologue, car depuis toujours et à cette époque encore, les astrologues étaient également médecins. Puis, à partir du XVIe siècle, cette charge devint celle « d’astrologue du Roi ».

Les Bourbons perpétuèrent la tradition et c’est seulement en 1682 que Louis XIV supprima cette charge d’astrologue du Roi, il faut dire que Colbert détestait l’astrologie et chassa de l’Université les astrologues.

ARRESTATION DE MLLE LENORMAND

Arrestation de Mademoiselle Lenormand

Depuis longtemps en Europe et dans les principaux pays développés les astrologues officiels ont disparu, ce qui n’empêche pas nos gouvernants d’avoir recours à des astrologues et même des voyants. Le rôle occulte de Madame de Thèbes dans les coulisses de la IIIe République a souvent été évoqué. Bien avant, on sait que Napoléon consultait Mademoiselle Lenormand. Et avant lui, les Révolutionnaires de 1789 à 1793, dont Robespierre lui-même allaient consulter astrologues ou voyants.

En 1975, la présidente d’Argentine Isabelle Péron provoqua des tempêtes de protestations parce qu’elle avait nommé Premier ministre un homme qui s’adonnait à l’astrologie. De même, la Première ministre du Sri Lanka accordait toute sa confiance à des astrologues.

Moins connu, c’est le recours à l’astrologie et autres sciences occultes pendant la Seconde Guerre mondiale. Les principaux chefs nazis : à commencer par Hitler, mais aussi Rosenberg, Himmler, Rudolf Hess, prenaient régulièrement conseil auprès de leurs astrologues. L’un d’eux, Karl Ernst Krafft, eut même un rôle politique certain en orientant les décisions d’Hitler qui avait toute confiance en lui. Goebbels était sans doute plus sceptique quant à la confiance à accorder aux prévisions astrologiques, pourtant il en tira partie avec la propagande contre les alliés.

Après la fuite en Angleterre, le 10 mai 1941, de Rudolf Hess, le dirigeant allemand le plus lié aux milieux occultes, les astrologues furent étroitement surveillés. Il semble d’ailleurs qu’Heydrich en aurait interné un grand nombre que Himmler aurait fait libérer par la suite pour utiliser leurs prévisions. Kraft, lui, trouva la mort à Oranienbourg, le 8 janvier 1945.

Dans le camp allié, les arts divinatoires furent également mis en œuvre. Un astrologue hongrois, Louis de Wohl, devint officier de l’Intelligence Service, propagea des interprétions tendancieuses des prophéties de Nostradamus et, aux Etats-Unis, les astrologues qui présidaient la chute de l’Allemagne recevaient une discrète aide officielle.

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Astrologie et astrologues sont sous l’influence d’Uranus et du Verseau. Les dictateurs ont généralement une dominante planétaire uranienne, c’était le cas d’Hitler pour qui Uranus est conjoint à son ascendant. Rudolf Hess avait lui le Soleil opposé à Uranus. Himmler quant à lui était Ascendant Verseau et un Uranus culminant au MC. Quant à Rosenberg, l’Ascendant de son thème interceptait le Verseau.

Plus près de nous, en France, le Président aurait eu l’habitude de consulter une astrologue française célèbre.

L'ASTROLOGUE de VERMEER

L’astrologue de Vermeer

Bibliographie

Dictionnaire de l’Astrologie – Jean-Louis Brau – Libraire Larousse – Paris

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UN EXEMPLE DE L’HUMANISME VERSEAU… LE FESTIN DE TRIMALCION

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 29-01-2018

Pétrone, dans le « Festin de Trimalcion », décrit un banquet offert par l’affranchi, où chaque invité se voit offrir des mets en accord avec son signe zodiacal. Et depuis fort longtemps d’ailleurs, on a établi des correspondances entre les astres et les produits de nature, et en particulier les végétaux, qui sont plus que les autres, soumis à un rythme annuel. Dès l’invention de l’imprimerie, une profusion d’almanachs, d’herbiers et de codex propagea cette idée, qui fut profondément ancrée, même dans les milieux scientifiques jusqu’à la fin du XVIIe siècle.

Ce « dîner chez Trimalcion » est un récit tiré du roman Satyricon que l’on attribue à Pétrone. Cet épisode fait suite à une tradition antique du banquet comme en parlèrent avant Pétrone, Platon, Xénophon ou Sénèque.

FESTIN CHEZ TRIMALCION

Le festin chez Trimalcion

L’épisode des agapes lors du festin chez Trimalcion est le cœur de l’œuvre. Il représente le cœur du livre. Il vient couper les aventures d’Encolpe à partir de sa rencontre avec Eumolpe. Il met en lumière les mécanismes sociaux de la société romaine de l’époque. L’ancien « dominus », c’est-à-dire « le maître » de Trimalcion, auquel ce dernier est reconnaissant, a voulu faire de son ancien esclave un « hominem inter homines », « un homme parmi les hommes ». Or, l’affranchissement d’esclaves était exceptionnel à cette époque, ce qui fait de l’histoire du personnage de Trimalcion une « success-storia » à l’antique, même si sa réussite était permise par ses compétences. L’affranchissement traverse toute la scène.

Trimalcion invite des esclaves à sa table et de ce fait les affranchit. C’est la tradition du « manumissio per mensam ». Cependant, il ne peut s’agir d’une référence faite à cette institution juridique, qui n’apparaît qu’au IIe ou IVe siècle après Jésus-Christ.

Trimalcion était un ancien esclave venu d’Orient, sans doute un Syrien. Son patronyme est formé d’une racine sémitique, « malk », ou de l’arabe « malik » et de l’hébreu « melek », c’est-à-dire le nom du roi. Le préfixe « tri » a le sens d’un superlatif grec, acquis sous l’influence de l’égyptien et que l’on retrouve dans l’expression d’Hermès Trismégiste, astronome, astrologue et inventeur de l’alchimie.

HERMES TRISMEGISTE GRAVE SUR LE SOL DE LA CATHEDRALE DE SIENNE

Hermès Trismégiste gravé sur le sol de la cathédrale de Sienne

Bibliographie

Dictionnaire de l’Astrologie – Jean-Louis Brau – Librairie Larousse

 

 

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ETRE RAVI AU SEPTIEME CIEL

(6.1 - Etymologie) par sylvietribut le 17-07-2017

Voilà une expression française qui exprime l’idée de ravissement total ou de bonheur intense.

Dans l’Antiquité, on pensait que la Terre était le centre du monde. Les astres et les dieux avaient été imaginés dans des sphères de cristal.

Chaque sphère représentait un ciel. Il y avait donc un ciel pour chaque planète, dans l’ordre exact de leurs distances : le ciel de la Lune d’abord, la plus près, le ciel de Mercure, puis de Vénus et celui du Soleil. « Le Soleil est de trois épicycles, c’est-à-dire ciels ou estages, au-dessus de la Lune » expliquait A. Paré. Venaient ensuite le ciel de Mars, de Jupiter et de Saturne. Au-delà était une dernière sphère, plus solide, qui portait toutes les étoiles ensemble, et qu’on appelait le firmament ou bien encore empyrée. Derrière cet ultime écran se tenait Dieu, en majesté, coiffant l’ensemble depuis qu’il avait séparé cette enveloppe, le premier jour de Sa création, les eaux d’en bas d’avec les eaux d’en haut.

On disait à l’époque, lorsque l’on avait du plaisir à quelque chose, que l’on était « ravi au ciel ». Le troisième ciel était celui de Vénus, déesse de l’amour, ce qui explique que l’on disait aussi « être au troisième ciel ». Cependant, après que les théories de Galilée aient été démontrées, on garda « être au septième ciel », pour conserver une référence aux dieux dans l’organisation des astres.

Au XVe siècle, Alain Chartier disait :

«  Il est ravy trop hault qu’aux tiers cieulx

Et pend pour soy toujours la chose aux mieulx ».

Depuis il y a eu de l’escalade et la jouissance extrême vous transporte carrément au septième ciel.

CIEL-TERRE

C’était bien confortable cette Terre logée au chaud, tranquille, protégée au milieu de ses globes rassurants, comme une matrice, avec Dieu tout autour, noyant le tout dans les « eaux d’en haut ». On peut juger si Copernic le chanoine et après lui Kepler et Galilée firent une fâcheuse impression au XVIe siècle, avec leur théorie nouvelle. On comprend que ces astronomes qui venaient mettre en morceaux ces jolies sphères de cristal millénaires aient été reçus comme des bœufs dans un magasin de porcelaine.

Personne n’en voulait de leur système d’orbites mathématiques dans lequel la Terre n’était plus le centre de rien, tournant toute seule sur elle-même, comme une vieille folle, courant après son soleil perdu dans les immensités galactiques. Ce fut de l’humanité le premier veuvage, ce firmament réduit en miettes, en étoiles froides du diable vauvert. Il faut comprendre les Anciens, il ne leur restait plus que la lune pour pleurer. Alors, ils gardèrent dans le langage les cieux, tout de même au pluriel, et ce septième ciel des ravissements.

SOLEIL ET DIFFERENTES PHASES DE LA LUNE - XIIIe SIECLE

Bibliographie

La puce à l’Oreille – Anthologie des expressions populaires avec leurs origines – Claude Duneton – Le Livre de Poche

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UN MYTHE CANCER… L’HYDRE AUX MILLE TETES

(6.6.4 - LES MYTHES DU CANCER ET DE LA LUNE) par sylvietribut le 29-06-2017

L’hydre est un serpent monstrueux à sept ou neuf têtes qui repoussent à mesure qu’on les coupe. Souvent comparé aux deltas des grands fleuves, avec leurs multiples bras, leurs crues et leurs décrues. Elle figure les vices multiples, tant sous forme d’aspiration imaginativement exaltée que l’ambition banalement active. Vivant dans le marais, l’hydre se caractérise comme symboles de vices banals. Tant que le monstre vit, tant que la vanité n’est pas dominée, les têtes, symboles des vices, repoussent, même si par une victoire passagère, on parvenait à couper l’une ou l’autre.

Le sang de l’Hydre est un poison : Héraclès y trempait ses flèches ; s’il se mêlait à l’eau des fleuves, les poissons devenaient impropres à la consommation. Ce qui confirme l’interprétation symbolique : tout ce qui touche aux vices ou en procède se corrompt ou corrompt.

L'HYDRE AUX MILLE TETES

L’hydre aux mille têtes

De tous les travaux d’Hercule/Héraclès, celui qu’on peut lier au signe du Cancer et qui sera son plus grand échec, sa mission manquée, concerne l’Hydre de Lerne. Il échoue parce qu’il ne parvient pas à la mener à lui seul. S’il se fait aider, ce « travail » ne lui sera pas compté.

Lerne était une terre fertile en légendes et en autels dédiés aux dieux et aux déesses. L’Hydre serait née de Typhon, et d’Echidna de sinistre mémoire, couple particulièrement effrayant. L’Hydre est protégée, peut-être élevée, par Héra/Junon toujours bien intentionnée à l’endroit d’Hercule/Héraclès qu’elle ne cesse de mettre en péril.

Des rites secrets et nocturnes se tenaient à Lerne en l’honneur de Dionysos. Le dieu aurait choisi de ce lieu pour aller chercher aux Enfers sa mère, Sémélé, trouvant là sans doute une « porte d’entrée » sur le monde infernal, particulièrement adaptée, l’Hydre y vivait au fond d’un marécage et bien des voyageurs imprudents s’ étaient laissé prendre au piège de ses sables mouvants et de ses marais empestés. L’Hydre tenait, logiquement, de son père et de sa mère : un corps de chien, plusieurs têtes de serpents, huit ou neuf ou davantage. Peut-être cinquante, cent, voire Mille. Mais une seule était immortelle. Son haleine pouvait tuer à distance et nul ne pouvait survivre s’il était effleuré par le poison émanant de son corps repoussant.

LES DOUZE TRAVAUX D'HERCULE

Les douze travaux d’Hercule

Si Héra ne voulait aucun bien à Hercule, Athéna lui était plus clémente. Elle indiqua à Hercule comment il devait faire sortir l’Hydre de son antre et la cribler de flèches enflammées. Il suivit les conseils de la déesse et frappa de toutes ses forces, à grands coups de massue, après l’avoir atteinte de ses flèches. Mais, dès qu’il écrasait ou transperçait une tête, d’autres repoussaient. L’Hydre tenta même de l’attraper par une jambe, comme une pieuvre, pour l’entraîner au fond du marais. Un crabe géant, allié à l’Hydre, vint piquer le héros au pied. Mal lui en prit car Hercule brisa sa carapace. Mais il dut appeler à l’aide Iolaos, qui conduisait son char et dont on dit qu’il défit Eurysthée, l’amena devant Alcmène, la mère d’Hercule, qui décida de son exécution. Pour d’autres, Iolaos aurait coupé lui-même la tête d’Eurysthée près de la source de Macaria. On voit qu’Iolaos n’était pas un allié négligeable. Celui-ci accourut à l’appel d’Héraclès, mit le feu au bois, cicatrisa les têtes arrachées à l’Hydre pour l’empêcher d’un fabriquer de nouvelles.

Grâce à son ami, Hercule put enfin trancher la seule tête immortelle et l’enterra sous un rocher après avoir trempé ses flèches dans le sang de l’énorme dépouille. Après quoi, toutes les flèches tirées contre ses ennemis provoqueraient leur mort à coup sûr. Hélas ! Car c’est ainsi qu’il tua par inadvertance plusieurs de ses amis, à commencer par Chiron. On dit qu’Héra pour remercier le crabe d’avoir secouru d’Hydre, le plaça au ciel et en fit la constellation du Cancer.

On peut s’interroger sur la véritable nature de l’Hydre. Enorme serpent aquatique ou tout simplement la source de multiples rivières souterraines faisant irruption à la surface et inondant le pays ; si l’une des issues est obstruée, les eaux se forçaient un passage ailleurs. C’est pourquoi, Hercule eu d’abord recours au feu pour assécher le terrain, puis obstrua les canaux.

Cette hypothèse a le mérite, en rapport avec le signe du Cancer, de nous parler de sources et d’eaux vives. Comment ne pas évoquer également les prêtresses de l’eau, les Danaïdes, qui auraient officié à Lerne. On peut y voir plus d’une coïncidence.

HERACLES COMBATTANT L'HYDRE DE LERNE

Bibliographie

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins.

Dieux et héros du zodiaque – Joëlle de Gravelaine – Robert Laffont

 

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ALATRI ET LE TEMPLE STELLAIRE

(6.3.2 - A l'étranger) par sylvietribut le 22-06-2017

Alatri, dans le Latium, province de Frosinone, fut fondée au VIe siècle avant Jésus-Christ. Son nom antique était Aletrium et c’était l’une des principales villes des Ernici. La cité a conservé une partie de ses murailles cyclopéennes, ainsi qu’une acropole, de plan trapézoïdal, une de mieux conservées d’Italie. Du sommet, on a une superbe vue sur la ville et le val de Frosinone.

Escaliers en raidillons et ruelles bordée de demeures gothiques constituent la petite ville qui, outre le palais Gottifredo et l’église San Silvestre, tous deux du XIIIe siècle, possède une belle église Sainte-Marie-Majeure.

La légende veut que l’origine de la ville remonterait aux Ausoni, mais c’est seulement une hypothèse, parce qu’on peut penser qu’elle soit plus antique encore. C’est grâce au chercheur Fabio Garuti que furent traduites les inscriptions sur les murailles, lettres de l’alphabet Ogham en langue gaélique, et c’est comme ça qu’il a été possible de dater la construction des murailles d’Alatri, au moins à 3 000 avant Jésus-Christ. En fait, elles auraient plus de 5 000 ans.

ACROPOLE D'ALATRI - PORTA MAGGIORE

Acropole d’Alatri – Porta Maggiore

Cette acropole est l’exemple le plus parfait et le plus splendidement conservé de murs polygonaux. Selon les Anciens, Euripide, Strabone et Pausania, elles furent construites par des cyclopes, ou alors attribuées au mythique peuple des Pelagi qui, toujours selon les Anciens, qui auraient construit les murailles des cités mycéniennes de Tirinto, Mycène et Argo.

Cependant sur cette question des études récentes ont mis le doute sur cette théorie, parce que c’est très difficile de remonter à ses ouvriers et à une population spécifique, pour le simple motif que ce type de murailles ont été retrouvées dans toutes les parties du monde, et même dans des lieux complètement isolés les uns des autres comme l’île de Pâques et l’Australie.

Nous n’avons aucune indication historique, actuellement, que des peuples aussi lointains, ont pu avoir des contacts culturels entre eux. Aussi, la question obligatoire qui vient à l’esprit, c’est comme ont fait ces peuples qui n’avaient pas de contact entre eux, à utiliser la même technique de construction. Pour le moment, il n’y a aucune certitude sur la question. Cependant, l’acropole d’Alatri est un vrai condensé de merveilles architecturales.

Si nous considérons le graphisme de l’Acropole, il semble qu’un polygone irrégulier fut mis là par hasard. En réalité, elle fut construite suivant un plan très précis.

TEMPIO SOLARE - ALATRI

Temple solaire d’Alatri – Italie

Une légende très ancienne voudrait qu’Alatri soit née d’un rayon de Soleil le 21 décembre de l’année 1000 avant Jésus-Christ. La légende est belle mais est tout simplement improbable. Giuseppe Caponi, éminent chercheur d’Alatri, raconte qu’en toute probabilité la ville fut fondée par les Ittiti, un peuple venant de Mésopotamie, qui séjournèrent en Italie.

Ce qui l’évoque c’est qu’on a retrouvé près du site de Tell Hariri en Syrie des tablettes d’argile. L’une d’elle était une lettre envoyée au roi du royaume de Mari à son fils pour l’informer de l’excellente conservation des mus de défenses d’Alatri. Voilà qui est comme une confirmation directe de la théorie de Caponi. Un peu d’Histoire est nécessaire, mais les merveilles de l’acropole sont bien autres.

Par exemple, elle est orientée selon un plan astronomique, prenant en compte la position des étoiles et du Soleil, et si on pense à regarder dans le ciel « Castor et Pollux », ces points lumineux qu’on voit de la Terre et qui représente la Constellation des Gémeaux, l’idée sera née là.

Et puis, on sait que le rapport avec la nature et principalement avec le ciel a toujours influencé les vieilles civilisations, dont la conséquence sont les connaissances astronomiques qui influencèrent les réalisations architecturales, devenant parties intégrantes dans l’orientation des structures, en suivant les cycles du Soleil et de la Lune, en les inclinant vers les étoiles du ciel qui avaient une signification religieuse précise.

Alatri est née comme ça, elle qui fut construite sur un rayon de Soleil au solstice d’été, qui effleurait la roche et qui aurait indiqué le point le plus haut et le plus important de l’Acropole. Giuseppe Caponi dans son livre « la progenie Hetea » écrit textuellement : « Les Anciens bâtisseurs ont orienté notre ville pour voir de l’Orient le pouvoir de l’aube, comme s’ils avaient voulu se placer sous les auspices d’un temps sans crépuscule, pour cette ville qu’ils avaient consacrée au dieu Soleil, un jour de solstice.

ALATRI MURA MEGALITICA

Alatri – Murs mégalithiques

Et le soleil en indique le centre dans la rencontre du premier rayon du matin et le dernier du soir. C’était la conséquence d’une sensibilité spirituelle, qui avait maturé par des millénaires d’Histoire, qui n’a rien à voir avec la légende ou une quelconque fantastique interprétation : il y a un message gravé dans les pierres de l’acropole et avec les pierres de la ceinture de murailles : « Le lien entre Ciel et Terra fut stabilisé… pour toujours ». Er comme on dit, c’est absolument vrai… « au ciel et sur la terre ».

De ces splendides liens entre ciel et terre, Alatri en regorge et Ornello Tofani, autre éminent chercheur, grâce à ses études en montrent d’autres. En effet, Ornello Tofani a poursuivi les études de Don Giuseppe Capone sur Alatri, faisant d’intéressantes découvertes.

En 2008, sur le pignon sud-est de l’Acropole on a trouve un graffiti jamais remarqué jusque-là. En l’analysant, on a découvert la reproduction d’une triple ceinture orientée parfaitement dans les axes Est-Ouest et Nord-Sud.

Le pôle Nord céleste se trouvait à l’intérieur de la Porta Maggiore. Or, en 10 798 avant Jésus-Christ, le Pôle Nord céleste n’était autre que l’étoile Vega, distante du Pôle céleste de seulement 5° environ. Le pôle céleste ne varie pas dans le temps, c’est l’étoile qui le représente qui, au cours des millénaires, change. Ceci à cause de la précession des équinoxes : un mouvement de la Terre sur un axe incliné qui fa changer, sur un mode très lent mais continue, l’orientation de son axe de rotation par rapport à la sphère idéal des étoiles fixes. Ceci est la cause de la précession des équinoxes : un mouvement de la Terre sur un axe incliné qui fait changer sur un mode lent mais continue, l’orientation de son axe de rotation par rapport à la sphère idéale des étoiles fixes.

Sur l’architrave de la Porte de la Fertilité, un bas-relief illustre trois phénomènes : les graduations inversées sont au nombre de neuf comme les lunaisons d’une grossesse ; la terre à ce moment là est comme « pénétrée » par le Soleil aux équinoxes et, au crépuscule de ces mêmes jours, et au crépuscule de ces mêmes jours, du côté du Temple Solaire d’Alatri, le soleil couchant remonte vers Fumone et Montelungo.

Tous ces indices font référence aux cultes de la fertilité et expriment avec la pierre ce qu’on considère comme « règle universelle de la maternité ».         

Voilà qui peut être interprété quand on évoque l’Acropole : les enfants conçus durant les solstices, quand le soleil illumine le premier degré de l’échelle inversée naîtront aux équinoxes, quand le soleil traverse tout le couloir intérieur de 17 mètres de la Porte Mineure, alors que les enfants conçus aux équinoxes naîtront aux solstices.

Il y aurait encore tant d’autres choses à raconter. Espérant vous avoir transmis le mystère qui entoure cette petite ville d’Alatri. En espérant que ce petit article vous donne envie de la visiter pour revivre les moments magiques qui l’ont rendue si mystérieusement fascinante… Un patrimoine tout italien qui rend fier.

ROMA-ALATRI 2

 

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UNE PHILIPPIQUE… UN MOT MERCURE-MARS

(6.1 - Etymologie) par sylvietribut le 17-06-2017

Mercure dans la symbolique astrologique est lié à la communication, à l’échange, à la négociation, à la parole, au mot. Mercure est plutôt primesautier et amusant. Cependant, s’il s’allie à Mars dans un aspect difficile, ou bien si Mars occupe les Gémeaux ou même la Maison III, Maison en analogie avec ce troisième signe que sont les Gémeaux, Mercure se colore de l’agressivité de Mars et la parole devient agressive, la diplomatie et le sens de la négociation propre à Mercure disparaissent. On pourrait d’ailleurs parler de « mot qui tue ». En effet, Mars c’est la guerre, l’agressivité, l’arme. Aussi, la philippique est vraiment ce qui illustre parfaitement un aspect difficile Mercure/Mars.

Une philippique est un discours violemment satirique, généralement prononcé par un homme politique contre son adversaire, ou contre un pays dont il trouve qu’on ne se méfie pas assez. Les « Philippiques » de Démosthène sont considérées comme l’un des chefs d’œuvre de l’éloquence.

DEMOSTHENE HARANGE LES FLOTS DE LA MER - DELACROIX - BIBLIOTHEQUE ASSEMBLEE NATIONALE

Démosthène harangue les flots de la mer – Eugène Delacroix – Bibliothèque Assemblée Nationale – Paris

Démosthène naquit à Athènes en 384 avant Jésus-Christ. C’était un homme d’Etat athénien, grand adversaire de Philippe II de Macédoine, et l’un des plus grands orateurs attiques. Il avait de sérieux problèmes d’élocution qui lui valurent le surnom de « bègue », défaut qui, nous rapporte la légende, le contraignait à s’entraîner à parler avec des cailloux dans la bouche. On peut à juste titre penser que son thème comportait un sévère et difficile aspect Mercure/Mars.

Démosthène était né dans une famille athénienne, riche et commerçante, ce qui lui valut le mépris des vieilles familles aristocratique. Son père, Démosthène de Péanie, possédait une manufacture d’épées.  On baigne dans la symbolique Mercure, le commerce, et Mars, la manufacture d’épées. Par ailleurs, sa vie est un roman et un parfait exemple d’un complexe ou d’un aspect planétaire difficile surcompensé. En effet, à force de travail il devint, pour les Grecs, le plus grand de tous les orateurs. On l’appelait même tout simplement « l’Orateur » comme on disait « le Poète » pour Homère. Cicéron le considérait comme le premier des orateurs grecs, en faisant l’un des phares éclairant le travail de l’écrivain. Il faut dire qu’il avait eu pour professeur Platon lui-même.

Pour en revenir à la philippique, les « Philippiques » de Démosthène sont considérées comme l’un des chefs d’œuvre de l’éloquence. La première fut prononcée en 351 avant Jésus-Christ. Il s’agissait de réveiller les Athéniens, de leur faire prendre conscience de l’hypocrisie de Philippe de Macédoine et de les amener à lutter contre lui.

            « Allez-vous donc toujours tourner autour les uns des autres sur la place publique, vous questionnant, vous demandant : « Eh bien !                         Qu’y a-t-il de nouveau ? ». Et que peut-il y avoir de plus nouveau que de voir un Macédonien lutter contre Athènes et être maître                             de la Grèce ?… ».

Les autres « Philippiques » furent prononcées en 344 et 341 avant Jésus-Christ. Démosthène fut enfin écouté. Athènes consentit à un effort militaire exceptionnel et déclara  même la guerre à Philippe de Macédoine. Mais il était trop tard car celui-ci avait transformé son modeste royaume en une puissance invincible.

Les Athéniens l’apprirent à leurs dépens à Chéronée, en 338.

PETITS CAILLOUX

 

 

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