NETTUNO… LA VILLE DU DIEU NEPTUNE… DANS LE LATIUM… PROVINCE DE ROME

(6.3.2 - A l'étranger) par sylvietribut le 19-03-2017

En Italie, les dieux ou les planètes ont leur ville. Neptune a aussi la sienne, Nettuno, une petite ville au sud du Tibre, sur la côte tyrrhénienne comme on appelle la Méditerranée là-bas. Nettuno est le pendant de l’antique cité d’Antium, l’Anzio d’aujourd’hui, centre thermal et de villégiature au temps des Romains.

Nettuno aujourd’hui est une station balnéaire très fréquentée. Mais c’est également un centre agricole et industriel tourné vers l’alimentaire, notamment la conserve de poissons, mer et Neptune oblige, ainsi que les meubles et le verre. Ne pas oublier le vin local de Nettuno, petit vin blanc exceptionnel, inconnu et caché, comme tout ce que le monde de Neptune abrite, le Cacchione…

NETTUNO - FORT SANGALLO

Nettuno – Fort Sangallo

Une partie de la ville se trouve à l’intérieur des murs médiévaux et, à l’extérieur, se trouve le noble Fort Sangallo, datant de 1501, exemple précoce de fortification moderne érigée par Antonio de Sangallo pour le Pape Alexandre VI.

Plus près de nous Nettuno fut le site d’un débarquement des Forces Alliés avec l’Opération Shingle, une bataille de quatre mois, la campagne d’Anzio et Nettuno, pendant la seconde guerre mondiale, alors qu’en France les Alliés débarquaient sur les côtes de Normandie. C’est par la mer et peut-être avec Neptune que les Alliés débarquèrent. Ce fut aussi un massacre et aujourd’hui on visite le cimetière américain qui se trouve à une sortie de la ville.

Nettono se trouve à environ 60 km de Rome. Quant aux habitants de Nettuno, on les appelle les « Nettunesi ».

NETTUNO - FONTANA DEL DIO

Nettuno – La Fontaine du dieu Neptune

Neptune c’est l’équivalent romain du Poséidon grec. La fontaine, symbole de la ville qui porte le nom du dieu païen de la mer, se trouve sur la place Mazzini. Cependant, elle n’était pas installée ici à l’origine et le monument lui-même se composait de deux parties diverses : la statue du dieu et la coquille tirée par deux chevaux, avec en annexe la vasque. Au XIXe siècle la statue de Neptune faisait partie d’une autre fontaine et se trouvait Place du Marché, de laquelle, aujourd’hui, il ne reste qu’une partie, et devenue petite fontaine publique. La statue, réalisée en travertin, fut réalisée par l’artiste Ottavio De Angelis, et donnée à la ville en 1882.

Durant la Seconde Guerre Mondiale, pourtant, la fontaine subissait de graves dommages par les bombardements qui s’abattirent sur la ville. Puis durant la période de la reconstruction on décida de l’installer sur la place Mazzini, où elle se trouve actuellement. Lors du déplacement du monument, on décida de lui donner une nouvelle forme. Et c’est ainsi que le Nettunese Randolfo Belleudi réalisa la coquille traînée par des chevaux, où trône toujours le dieu Neptune. L’œuvre fut complétée entre 1949 et 1950.

En 1956, à l’occasion de l’inauguration de l’aqueduc communal de Carano, on réfléchit à positionner des éléments de diffusion de l’eau et c’est ainsi que dans les années 60 furent ajoutés à la vasque les trois poissons qui envoient l’eau vers la coquille et le dieu.  Cependant, c’est en 2015 qu’une nouvelle restauration eût lieu, lui redonnant la splendeur de ses origines.

NETTUNO - FONTAINE DANS LA VIEILLE VILLE

Petite fontaine dans la citadelle médiévale de Nettuno

Neptune/Poséïdon est le dieu des Mers, des Océans, des Fleuves, des Sources, des Lacs, le domaine des eaux lui appartient, comme les Enfers appartiennent à Pluton/Hadès, le Ciel à Zeus/Jupiter et la Terre aux trois frères.

Son attribut est le trident, ou harpon à trois pointes, analogue au foudre de Zeus/Jupiter, et a pu représenter à l’origine le jaillissement des vagues et des éclairs. Car Neptune/Poséidon est un dieu redoutable : il est plutôt le dieu « de la mer soulevée que la bonace ».

Neptune/Poséidon connut beaucoup de liaisons amoureuses, ce serait le plus volage des dieux, avec des déesses ou des mortelles, mais il n’engendrait guère que des monstres et des bandits. La fille qu’il eût de Déméter, « seuls les initiés peuvent savoir son nom », dit Pausanias. Le secret est resté caché. D’ailleurs pour l’astrologue, le lieu où est Neptune dans un thème est le lieu d’un secret à découvrir.

Neptune/Poséidon est également une puissance chthonienne, le dieu des tremblements de terre, les séismes provenant, selon les Anciens, des tempêtes de la mer, sur laquelle reposent les continents. Neptune est le dieu qui « fait tressaillir la terre ». Il met en branle, dit Homère, la terre et les flots.

Neptune est souvent représenté par les animaux qui incarnent le principe de fécondité, le cheval, le taureau, le dauphin. La crinière de l’un, les mugissements de l’autre, la rapidité bondissante du troisième, par leurs similitudes avec les ondulations bruyantes des vagues, resteraient au niveau de l’explication purement métaphorique.

CITTA DI NETTUNO - IL PORTO

Nettuno – Le Port

C’est à Neptune/Poséidon que Platon attribuera le pouvoir dans l’Atlantide fabuleuse, « de faire jaillir de dessous le sol deux sources d’eau, l’une chaude, l’autre froide et de faire pousser sur la terre des plantes nourricières de toute sorte en suffisance ».

Neptune/Poséidon, dieu des mers et des terres secouées, serait le symbole des eaux primordiales, des eaux d’en bas et non d’en haut, où la vie prend naissance, mais de façon encore indifférenciée, tempétueuse et monstrueuses. Du solide commence à émerger des tourbillons marins ; il reste à le développer et à l’harmoniser. Poséidon est l’expression chthonienne des forces créatrices ; il incarne les forces élémentaires et encore indéterminées d’une nature, qui est à la recherche de formes solides et durables.

Du point de vue éthique, certain juge sévèrement le type de comportement symbolisé par Neptune/Poséidon. Le dieu trahirait tout effort de spiritualisation, il légaliserait une forme de pervertissement. « Il préside à la légalité qui gouverne la satisfaction perverse du désir, la banalisation, la perversité ».

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Blason de la ville de Nettuno – Roma – Italia

Bibliographie

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter

 

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LA VILLE DE JUPITER SE TROUVE EN ITALIE… GIOVE

(6.3.2 - A l'étranger) par sylvietribut le 22-12-2016

La ville qui porte le nom de Jupiter en italien, Giove, se trouve en Ombrie, une jolie province du centre de l’Italie. C’est une charmante petite ville située sur une colline qui domine un panorama sublime à 360°. Le centre historique de Giove regarde le Tibre du sommet de cette colline. On peut retracer l’histoire antique du bourg à travers ses ruelles, ses arcs, ses édifices et surtout par son majestueux Palais ducal, le « château » qui rappelle les fastes des seigneurs qui l’habitaient.  

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Le gigantesque château de Giove en Ombrie

Ce lieu-dit romain conserve la mémoire d’un sanctuaire dédié à Jupiter dont le site exact demeure inconnu. De plus, sur les origines de ce nom de Giove il n’existe jusqu’à ce jour aucune information réelle. Deux hypothèses sont avancées : la première fait référence à la période pré-romaine et à la présence d’un temple dédié justement au dieu Jupiter qui régnait sur l’Olympe et les autres dieux. L’autre hypothèse, au contraire prend racine dans l’ancien nom de « Giove », « Juvo » ou « Jugo » comme en témoigne des cartes médiévales qu’on a retrouvées, qui ont révélé le terme latin « Jugum » qu’on pourrait traduire par « passage obligé, une voie entre deux vallées, qui correspond parfaitement aux caractéristiques du paysage.  

A l’époque romaine, à partir du 1er siècle avant Jésus-Christ, apparurent sur le territoire de Giove de nombreuses villas et des implantations rustiques comme en témoignent des vestiges de ces édifices et des pièces de monnaie. Ces découvertes eurent surtout lieu à proximité du Tibre qui, certainement navigable, était sans doute un endroit privilégié pour le commerce et les échanges entre Rome et la Méditerranée.

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Le château de Giove dominant la Vallée du Tibre en Ombrie

Les premières informations concernant le château de Giove figurent sur des documents datant de 1191 et concernent un échange de biens entre Offreduccio di Buonoconte d’Alviano et Berardo di Pietro, Seigneur de Giove, dans lequel est cité le nom du château de Juvo et décrit comme un ensemble bien fortifié protégeant la vallée du Tibre. Durant le Moyen Age le château de Giove entre dans le conflit entre les Guelfes et les Gibelins : en 1220 il fut occupé et fut attribué aux gibelins de Todi, cependant après trois ans Giove revint aux Guelfes d’Orvieto. Durant le XIIIe siècle il y une occupation alternative du château par la Papauté, de Todi et d’Orvieto, passant aussi pour une brève période sous la domination des Anguillara, dont Egidio Albornoz, de l’Hôpital du Saint Esprit et de la Compagnie des Capitaines de Ventura dit « del Cappelletto ».

Le 7 janvier 1514, Galeozzo Farnese devient Seigneur de Giove e, en 1557, le fils Pier Bertoldo II lui concèdera le Statut. Le 14 juin 1597, Mario Farnese de Latera vendait le château et les terres attenantes à Ciriaco et Asdrubale Matteai pour 65 000 scudi. En 1638 Girolamo Mattei, fils d’Asdrubale, par une bulle du Pape Urbano VIII fut nommé Duc de Giove. Le duché de Mattei durera jusqu’en 1800 lorsque le duc Filippo Mattei succèdera au neveu Carlo Ludovico Canonici Mattei. Au cours de XIXe le château passa à la famille Ricciardi, aux Comtes de Robilant et enfin aux Ducs d’Acquarone qui le vendirent en 1985 au metteur en scène Charles Robert Band. Depuis 2009 le château fut vendu aux enchères, mais il n’a toujours pas trouvé acquéreur.

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L’aigle symbole de Jupiter sous le balcon du château de Giove en Ombrie

Dans l’enceinte des ruines de la muraille médiévale du bourg se dresse le vaste palais édifié à l’emplacement d’une forteresse médiévale, édifiée par Ciriaco Mattei au début du XVIe siècle. Jamais achevée, la façade de l’édifice montre un puissant contraste entre l’aspect belliqueux des créneaux et le caractère intime, familial, de l’exquis balcon couvert dans l’un des angles, soutenu par un aigle aux ailes déployées, l’aigle étant l’oiseau symbole de Jupiter, aspect qu’il prit pour enlever Ganymède et en faire son giton.

Bien que le château soit aujourd’hui une résidence privée, certaines de ses salles sont parfois ouvertes au public. Elles renferment des fresques de Domenichino (1581-1641) et d’un peintre de Perugia, Orazio Alfani. L’intérieur du château présente en outre un singulier escalier à spirale qui permettait l’accès des carrosses du portail d’entrée directement aux étages supérieurs.

Il faut prendre le temps de flâner dans les ruelles du bourg, caractéristiques par leur mouvement d’arcs et d’escaliers et les entrelacements des petites maisons médiévales. En effet, le magique château de Giove est situé au cœur même de ce joli bourg d’Ombrie. Il domine une verte vallée. Une atmosphère magique qui évoque un temps révolu, quand les lanternes illuminaient les 365 fenêtres derrière lesquelles on peut imaginer les histoires fantastiques de ses nobles habitants, leurs fêtes, leurs danses, mais aussi les cachots souterrains et les passages secrets qui traversaient le pays.

Giove se trouve entre Terni en Ombrie et Viterbo dans le Latium. Son économie était traditionnellement liée à l’agriculture, mais aujourd’hui elle intègre aussi des activités artisanales, commerciales et touristiques u fait de la proximité de l’Autoroute du Soleil, avec une sortie à Attigliano, à 5 km de Giove. On est ici à une heure de Rome.

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Jupiter sur les ailes de son aigle – Fresque du château de Giove en Ombrie

deco_noel1Pour vos cadeaux de Noël, pour vos étrennes de Nouvel An, pour une fête, pour un anniversaire, ou tout simplement pour faire plaisir, pensez à offrir une consultation astrologique…

Sur mon site, au chapitre de mes chroniques, dans la rubrique « Cadeaux » vous trouverez les modalités d’organisation de cette consultation, ainsi qu’un exemple d’une carte-invitation.

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LES ZODIAQUES DE MANTOUE – ITALIE

(6.3.2 - A l'étranger) par sylvietribut le 20-05-2016

Mantoue est l’un des plus beaux bijoux de la Renaissance italienne. La ville se situe au sud-est de la Lombardie, aux confins de la Vénétie et de l’Emilie-Romagne. En 2008, Mantoue et Sabbioneta, sa petite voisine, ont été inscrites au Patrimoine mondial de l’Unesco. Mantoue s’étend comme une petite péninsule composée de trois miroirs d’eau artificiels, obtenus à partir des méandres du fleuve Mincio, créés à l’origine pour la défense de la ville. On les nomme « le lac Supérieur », « le lac du Milieu » et « le lac Inférieur ». Cette singularité rend cette ville lombarde tout à fait unique. Elle semble comme émerger de l’eau, comme une Venise de l’arrière pays. On la surnomme d’ailleurs la « glorieuse ». C’est de la route de Vérone, qu’on découvre une vue magnifique sur la ville.

Une légende, reprise par Virgile, prétend que Mantoue aurait été fondée par Manto, fille du devin Tirésias. Cependant, son origine semble étrusque et elle se développe à l’époque romaine.

MANTOUE - ITALIE

Mantoue sur le fleuve Mincio – Lombardie

Mantoue est profondément liée à la Maison des Gonzague qui la transformèrent en une splendide ville-cour, entre 1328 et 1707. Ces grands seigneurs, pendant 400 ans, dépensèrent une grande partie de leur fortune dans des travaux d’embellissement de la ville. Ils firent appel aux grands noms de la Renaissance italienne. Les Gonzague avaient succédé à des « capitaines du peuple », ce furent des souverains éclairés, protecteurs des arts et des lettres. C’est ainsi que Gianfrancesco Gonzague (1407-1444) confia ses enfants au fameux Vittorino da Feltre (1379-1446), père de la pédagogie, qui servira de modèle à Rabelais pour son Ponocrate, précepteur de Gargantua. Ludovico (1448-1478), élève de Vittorino, condottiere de son métier, est le type du mécène de la Renaissance, distribuant des terres aux paysans pauvres, faisant creuser un nouveau port et paver les rues de Mantoue. Il protège l’humaniste Politien, l’architecte florentin Leone-Battista Alberti, le fantasque peintre de Padoue, Mantegna, qui se dispute souvent avec ses voisins et veut faire chasser les curés qui lui déplaisent. Et puis, Francesco II (1484-1519) épouse Isabelle d’Este, lettrée, artiste, belle et sage aussi selon sa devise : « nec spe, nec metu » qu’on traduit par : « ni par l’espoir, ni par la crainte ». Et puis, des branches latérales détiennent les duchés de Sabbioneta et de Guastalla ; à la fin du XVIe siècle, un Gonzague deviendra duc de Nevers et seigneur de Charleville : il introduira la faïence à Nevers et son fils Charles fera construire la célèbre place Ducale à Charleville.

Bien qu’ayant souffert des bombardements de la dernière guerre, Mantoue a fière allure. Le soir, le centre historique conserve son aspect médiéval et un calme olympien. C’est une ville trop souvent oubliée des touristes, bien qu’elle fasse souvent parler d’elle grâce à son festival de littérature.

« Si les étoiles nous regardent, le zodiaque, c’est nous qui le regardons ».

Ceux qui aiment l’astrologie ne peuvent qu’adorer le zodiaque et à Mantoue, les passionnés du genre, il y en a plusieurs à découvrir. En voici donc cinq qu’il vous faudra rechercher si vous allez un jour à Mantoue.

LE CYCLE DES SIGNES DU ZODIAQUE - PALAZZO DEL ARCO - MANTOUE

Les trois premiers signes du zodiaque du Palazzo d’Arco à Mantoue – Italie

Le premier zodiaque se trouve au Palazzo d’Arco, piazza d’Arco, à Mantoue. Ce palais fut édifié au XVIIIe siècle par Antonio Colonna pour une branche de la famille de Trento des comtes d’Arco. La visite comprend une vingtaine de pièces meublées, allant de la simple cuisine à l’impressionnante salle du Zodiaque. Cette salle est un joyau à ne pas manquer. Chaque signe zodiacal est un incroyable mélange d’images, d’histoires et de symboles à déchiffrer, un chef d’œuvre que l’on doit à Giovanni Maria Falconetto. www.museodarcomantova.it

DETAIL DU ZODIAQUE - PALAZZO DUCALE - MANTOUE

Détail du zodiaque du Palazzo Ducale – Mantoue

C’est au Palazzo Ducale que vous devez vous rendre pour admirer le second zodiaque dans la salle du zodiaque avec son plafond spécial : une voûte bleu constellée d’étoiles et de signes zodiacaux qui oblige les touristes à marcher la tête en l’air, en direction de la salle des Fleuves. Les fresques sont de Lorenzo Costa le Jeune. Le Palazzo Ducale est la propriété de l’Etat. C’était auparavant le château des Gonzague est c’est donc une véritable ville dans la ville. Il faut dire que ceux-ci mirent plus de quatre siècles pour arriver à ce résultat : 34 000 m², 500 pièces où l’on pouvait loger cinq rois accompagnés de l’ensemble de leur cour. www.mantovaducale.beniculturali.it

CASTELLO SAN GIORGIO - MANTOVA

Castello San Giorgio – Mantoue – Italie

Le  troisième zodiaque se trouve au Castello di San Giorgio, où l’on trouve des traces de peinture de Giulio Romano, où fut fait prisonnier Pietro Frattini, un des Martyrs de Belfiore et de Ciro Menotti. Cette salle se trouve au dernier étage du château. Qui sait pourquoi le destin de ces patriotes italiens passa par les geôles du château. www.mantovaducale.beniculturali.it

SALLE DU ZODIAQUE - PALAZZO TE - MANTOUE

Salle des Vents et du Zodiaque – Palazzo Te – Mantoue

Le quatrième zodiaque  se trouve dans la Salle des Vents et du Zodiaque au Palazzo Te. Ce palais d’été fut bâti entre 1525 et 1535 par Jules Romain pour Federico II dans un style plein de force, à base de bossages et de colonnes monumentales. L’intérieur est décoré de fresques par Jules Romain et ses élèves qui ont déployé une virtuosité et une fertilité d’inventions étonnantes. Dans une salle sont représentés les chevaux préférés du duc, de race mantouane, et dans une autre l’incroyable histoire de Psyché. Une autre salle encore a été ornée de stucs par Primatice. La salle des Géants est la plus célèbre où Jules Romain a représenté, avec un extraordinaire sens du colossal, les Géants cherchant à atteindre Olympe et écrasés par des rochers ou par des édifices qui s’effondrent. Et puis la salle des Vents et du Zodiaque. Federico II était passionné d’astrologie et s’interrogeait beaucoup sur le destin. Il était né sous le signe du Taureau et il était convaincu que son étoile était la meilleure qui soit, en l’occurrence Vénus. Ce qui n’était pas faux puisqu’on dit que Vénus est la planète de la « petite chance » par comparaison avec Jupiter qui est dite « de la grande chance ». Au Palazzo Te il fit décorer son appartement d’un plafond fait de stucs et de fresques racontant les influences des étoiles sur la vie et le destin des hommes. www.palazzote.it

ZODIAQUE DE LA TOUR ASTROLOGIQUE - PLACE AUX HERBES - MANTOUE

Zodiaque de la Tour astrologique – Place aux Herbes – Mantoue

Le cinquième zodiaque est celui de l’horloge astronomique de la Place aux Herbes. En 1472, à Mantoue, ceux qui savaient interpréter, seuls, leur thème, allaient le lire sur les cadrans de l’horloge astronomique réalisée par le mathématicien Bartolomeo Manfredi pour le Marquis Ludovico II Gonzaga. Vous pourrez faire de même en vous rendant Piazza Erbe en consultant la dernière horloge encastrée dans la tour du XIVe siècle qui est au bout du grand escalier qui conduit à l’étage noble du Palazzo della Ragione. http://www.turismo.mantova.it

PALAZZO TE - MANTOVA

Palazzo Te – Mantoue – Italie

 

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L’AGE D’OR DE SATURNE EN ITALIE

(6.3.2 - A l'étranger) par sylvietribut le 18-01-2016

Voici comment se termine le mythe de Saturne… Après que le dieu ait été contraint par son fils Jupiter de régurgiter ses autres enfants qu’il avait dévorés, ce dernier fit preuve de mansuétude et laissa à son père le choix entre refuser de perdre son pouvoir, déjà perdu, et de finir sa vie à hurler à l’injustice ou bien de renoncer sans scandale au pouvoir et dans ce cas il irait vivre son âge d’or en Italie, pays qui déjà dans la mythologie est synonyme de vie agréable, et faire profiter à l’humanité les fruits de son expérience.

On perçoit là le double visage de Saturne, qu’on apparente parfois à Janus, le dieu au double visage. D’un côté, le vieux saturnien qui hurle à l’injustice, ne supporte pas la jeunesse mais voyant dans le passé un paradis perdu, ce sont ces vieux grincheux que rien ni personne n’enchante plus. Ce sont aussi ces vieux politiques qui s’accrochent au pouvoir, près à toutes les compromissions pour le garder. Et puis, il y a les beaux vieillards tolérants et chaleureux qui ont renoncé à leur pouvoir et se plaisent à transmettre à leurs semblables et aux jeunes leurs connaissances.

SATURNE ET L'AGRICULTURE

Saturne apporta aux hommes l’agriculture

Il existe plusieurs versions de la fin du règne de Saturne sur l’Olympe. Certaines l’envoient sur l’île des Bienheureux, d’autres le jettent dans le sombre Tartare et d’autres enfin l’exilent en Italie. C’est l’hypothèse la plus heureuse. En effet, l’exilé aurait été accueilli par le roi Janus et Saturne deviendra ce bon roi apportant l’âge d’or, faisant don de l’agriculture, de la civilisation, de l’abondance dès lors qu’il aura renoncé au pouvoir et à l’immortalité. Il doit passer par l’exil, comme le Saturnien doit accueillir la perte, le renoncement, ouvrir les mains, accepter tel Job de tout perdre pour obtenir et tout retrouver.

Pour le Saturnien, pas d’accès à son « Age d’or » tant que ne sont pas opérés en lui cette mutation, cet abandon. Il faut dépasser l’activité aveugle. En acceptant de mourir, Saturne acquiert une vertu qu’il ne possédait pas. Sans Saturne, pas de structuration, pas de squelette, pas d’ossature. Saturne, c’est le grand architecte, bien plus que le malheureux « grand maléfique » dont on nous a, de façon pernicieuse, rebattu les oreilles. La verticalité de l’être humain évoque une histoire saturnienne. Avec Saturne, d’ailleurs, on est  à l’origine de tout, dans la préhistoire, dans les grands commencements, puisqu’avec lui, il n’y a pas de fin, pas de terme, mais un temps qui se déroule éternellement. Saturne est la continuité.

Il faut éviter la confusion si fréquente entre Cronos et Chronos le dieu du temps, on peut aussi la justifier ; parce que ce « jeune » Titan est aussi un vieillard, l’Ermite du Tarot avec sa lanterne s’éclairant dans la nuit, seul, marchant à pas lents, et peut-être, tel Diogène, cherchant, en vain, un homme.

S’il y a dépouillement saturnien, il y a aussi Cornucopia, la fameuse corne d’abondance d’Amalthée. Toujours avec le Capricorne, on rencontre ces oppositions : avidité/dépouillement, manque/abondance, solitude/Prise en charge des autres. Mais toujours l’une des facettes est là pour éclairer l’autre. On peut se défaire de tout quand on a peur de perdre ; on s’organise pour durer quand on a peur de tout ; on peut fuir quand on a peur d’être mal aimé ou abandonné. Et c’est pourquoi il faut s’inscrire en faux contre l’affirmation de pessimisme faite au Capricorne, alors que bien souvent le natif de ce signe entreprend une carrière à soixante-dix ans passés. Vitalement, c’est un optimiste invétéré dont le corps est chevillé à l’âme. Mais, au fil des ans, il a perdu ses illusions sur biens des choses et bien des leurres qui ne résistent plus à sa lucidité aiguë. Il n’a pas de « fourbes pensées », mais il ne dit pas tout ce qu’il pense, lui qui hait le mensonge parce qu’il se méfie des mots qui vont trop vite, plus vite que sa lente pensée, ou qui sont inutiles, comme certains désirs.

LE CORBEAU DE SATURNE

Le corbeau de Saturne

A propos, « Cronos » viendrait de « Coronis », la corneille ou le corbeau, et cet oiseau abriterait l’âme d’un Roi mort. On songe à la mélancolie saturnienne, au « Never More » croassé par le Corbeau le plus saturnien des poètes, Edgard Poe ; ce « Jamais plus », ce temps qui ne reviendra plus, celui de la nostalgie et du renoncement.  

Saturne est donc un ancien dieu italique rustique, identifié au Cronos grec. Il aurait été l’un des premiers rois du Latium, au temps de l’âge d’or, quand la vie était heureuse et facile. Il apprit aux hommes à cultiver les champs et à jouir des bienfaits de la civilisation. Les Saturnales, qui avaient lieu fin décembre, étaient les fêtes les plus gaies de l’année. Au début, il aurait eu pour femme Lua, mais plus tard on lui associa plutôt Ops, identifiée à la Rhéa Grecque.

C’est Macrobe qui fait référence au séjour de Saturne dans le Latium, bien avant la fondation de Rome. Il raconte que Saturne détrôné se serait réfugié dans cette région d’Italie qu’il y rassembla les hommes féroces éparpillés dans les montagnes et leur donna des lois. Et c’est ainsi que son règne fut appelé « l’âge d’or ». Ce sont donc de paisibles sujets que Saturne chercha à gouverner avec douceur et équité. Les Saturnales allaient aussi contribuer à célébrer la mémoire de cet âge heureux de l’exercice du pouvoir.

Macrobe était un écrivain et un philosophe latin, auteur des « Saturnales » ainsi que du « Commentaire au Songe de Scipion ». Il serait né vers 370, à Sicca, en Numidie, en Afrique. C’est avec Saint Augustin et Cassiodore l’un des « passeurs de témoin » à la fin de l’Antiquité romaine, notamment en ce qui concerne la question de l’âme.

PORTA ROMANA - VIA CLODIA - SATURNIA

Saturnia – Porta Romana – Via Clodia

Il est à la limite du Latium et de la Toscane, dans une province qu’on appelle Maremma, une petite ville charmante, Saturnia. Elle fut construite près de la nécropole étrusque de Pian de Palma et des sources thermales. Saturnia est connue depuis l’Antiquité et elle est bien sûr dédiée à Saturne qui lui a donné son nom. Pourtant, peu de vestiges romains sont encore visibles car la cité a été détruite au VIe siècle. Il reste encore la Porta Romana parcourue par la Via Clodia.

La Via Clodia était une ancienne route romaine dédiée au trafic marchand avec les colonies d’Etrurie, terres étrusques en Toscane. Cette voie publique était aussi dénommée « via des thermes », soit parce qu’elle rejoignait certaines localités thermales, soit parce qu’elle se terminait à Saturnia. Bien que cette dernière localité n’était pas à l’origine de la via Clodia, les historiens s’accordent sur le fait qu’elle fut une voie construite par les Romains sur un tracé étrusque préexistant entre Pitigliano, Sorano et Sovana, un hameau de Sorano, et calqué sur les préexistantes « vie Cava » étrusques. On parlait déjà de la via Clodia à la fin du IIIe siècle avant Jésus-Christ et son dallage tel qu’on le voit aujourd’hui date de 225 avant Jésus-Christ. Elle servit de voie de pénétration à l’armée romaine et à la conquête de l’Etrurie débutée en 310 avant Jésus-Christ. Ne pas confondre avec la Via Clodia Nova ou Cloda Seconde qui date de 180 avant Jésus-Christ et qui reliait Lucca à Lunipar, itinéraire qui longeait la rivière Serchio.

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La Tyrrhénienne – La côte toscane

La Via Clodia fut construite entre la via Aurélia qui longe la Méditerranée, qu’on appelle en Italie la mer Tyrrhénienne, jusqu’à Pise, et la via Cassia dont elle suivait le cours sur les 11 premiers milles, soit environ 16 km, puis à La Storta, les deux voies se séparaient :

  • La via Cassia se dirige au nord, passant du côté gauche du lac de Bracciano, dans le Latium, vers les confins de la Toscane et de la Ligurie ;
  • La via Clodia se dirige plus au nord-ouest sur le côté gauche du lac. A la hauteur du hameau de Vigna di valle de Bracciano, la via Clodia se sépare en deux tronçons :
  • Le premier : un tronçon court en dirigeant plus à l’ouest vers les thermes Aquae Apollinares Veteres : Bagni di Stigliano de Canale Monterano, pour rejoindre Tarquinii, la Tarquinia d’aujourd’hui, et la via Aurelia.
  • Le second : un tronçon plus long qui, du Forum Clodii près de Bracciano, continue toujours au nord-ouest, vers Blera, puis longe la commune de Vetralla, pour arriver à la cité étrusque de Norchia, puis à Tuscana, la Tuscania d’aujourd’hui, et remonter le long de la rivière jusqu’à Marta, petit port de pêcheurs au bord du lac de Bolsena. On traverse encore la commune de Valentano et on arrive à Ischia di Castro et Canino, pour remonter aux thermes de Saturnia. On rejoint ensuite la via Aurelia à Rusellae.

C’est au Moyen Age que Saturnia va renaître avec la création du Comté de Titinnano en passant sous le contrôle de la famille des Aldobrandeschi au XIIIe siècle. Elle entre ensuite, en 1274, dans le comté de Sovana et au XIVe siècle, Saturnia passera sous le contrôle de la famille Baschi, puis de la famille d’Orsini. Au XVe siècle, Saturnia fera allégeance à la ville de Sienne. De nouveau, elle sera détruite et devra attendre le XVIe siècle et son entrée dans le grand duché de Toscane pour renaître.

TERME DI SATURNIA

Le Cascate del Mulino – Saturnia

Quoi qu’il en soit, Saturnia, ancien site étrusque, est connue depuis la Rome antique pour ses thermes en plein air. Ses eaux sulfureuses surgissent à 37°5 C. Elles proviennent des flancs sud du Mont Amiata et des collines « dell’Albegna » et « del Fiora ». Elles se répandent dans plusieurs sites naturels typiques avec leurs conques et concrétions calcaires. Plusieurs de ces sites sont accessibles gratuitement et sont en plein air, comme « le Cascate del Mulino », la plus célèbre, ou « le Cascate del Gorello ».

Pour ceux qui les visitent, les thermes sont un endroit incroyable, un endroit possédant quelque chose d’irréel. La légende raconte que ces « cascate » se trouvent dans le lieu où la foudre lancée par Jupiter lors de sa dispute avec Saturne serait tombée, sans doute du fait qu’elles sont immergées au cœur d’un des plus beaux cadres naturels de la Toscane.

Certains Italiens viennent fêter la fin de l’année ou le début de la nouvelle les pieds dans l’eau des thermes de Saturnia. Ces thermes à ciel ouvert, en pleine nature, accueillent des milliers de baigneurs toute l’année, y compris en plein hiver, et particulièrement le 31 décembre. La source d’eau brûlante attirait déjà les Romains antiques. Les Romains d’aujourd’hui goûtent encore le plaisir de se plonger dans l’eau chaude et sulfurée, alors que l’air est glacial. C’est un lieu vraiment surprenant. Nous sommes ici en pleine nature, au milieu de la végétation, des roseaux et des arbres et ce torrent d’eau chaude qui court à travers la prairie. Des nuages de condensation s’élèvent dans l’air. Le torrent se transforme en cascades et l’eau dévale dans de grandes vasques de pierre qui forment comme une multitude de petites piscines naturelles.

ragazza in una piscina termale, saturnia

Les thermes de Saturnia

Les vasques de pierre des « Cascate del Mulino » à Saturnia

Les Etrusques prêtaient des vertus miraculeuses à cette source. C’est vers 280 avant Jésus-Christ que les Romains commencent à l’exploiter. Et il semblerait que les légions romaines, après leurs batailles, venaient se soigner dans cette zone thermale. C’est en effet une eau curative. Elle soulage rapidement les blessures. Les paysans également, lorsqu’ils avaient un animal blessé, venaient le soigner dans cette eau.

C’est un endroit rêvé pour les amoureux. Le 31 décembre ou tout au long de l’année, le bain de minuit au clair de lune est plus que romantique. C’est magique.

Plus tard, au Moyen Age, la vapeur, la chaleur, l’odeur de souffre qui s’échappe de la source firent courir d’autres légendes. On racontait que c’était par là qu’apparaissait le diable sortant de l’enfer. On disait aussi que les sorcières s’y donnaient rendez-vous.

Bien sûr il n’en est rien. Ce n’est qu’une seule et unique source : un cratère situé sous la piscine centrale de l’hôtel « Terme di Saturnia ». Il en sort plus de 500 litres d’eau à la seconde. Des études du Centre National de la Recherche disent que l’eau, avant de surgir, effectue un parcours de 40 ans sous terre, avant de sortir et de donner cette eau sulfureuse à 37° C.

Et puis, se souvenir que Saturne régit entre autre la peau et qu’une demi-heure à barboter dans une vasque rend votre peau douce comme celle d’un bébé. Ca tonifie aussi, ça purifie, ça rend joyeux.

Toutefois ce bijou qu’offre la nature, entièrement gratuit, est en péril. Les dernières pluies ont fragilisé une vasque qui s’est effondrée.

PITIGLIANO

Pitigliano dans la Maremma Toscana

Voici un petit coin de Toscane à découvrir car elle regorge de richesses, comme le village médiéval de Montemerano qui se trouve tout près, et puis Pitigliano surprenant village construit à même et sur le rocher, à l’architecture majestueuse, et puis encore le lac de Bolsena avec ces charmants villages tout autour et ces deux petits îles qu’on peut visiter, après une petite traversée charmante du lac, vous y gagnerez peut-être votre paradis si vous y découvrez les petites églises perdues dans une végétation luxuriante. Enfin, la Méditerranée est à deux pas.

Comment ne pas évoquer aussi la cuisine rurale et succulente de ce sud Toscane qui a su gardé toute son authenticité… Les vins sont aussi à découvrir, comme celui de Pitigliano, ou encore le vin blanc merveilleux de Montefiasco, l’Est l’Est l’Est, dont je vous raconterai peut-être un jour l’histoire.

On trouve facilement à louer un hébergement à des prix raisonnables dans toute la région. Mais on peut aussi séjourner dans les agritourismes, une formule de vacances à découvrir, avec l’assurance d’une alimentation saine et variée puisque ce qu’on nous sert provient de la propriété ou de propriétés semblables et rien d’autres.

 SATURNIA SUR LA CARTE D'ITALIE

Pour vous repérer dans ce petit coin sud Toscane, à la frontière du Latium

Bibliographie

Dictionnaire de la Mythologie – Michael Grant et John Hazel – Marabout

Dieux et héros du zodiaque – Joëlle de Gravelaine – Robert Laffont Editeur

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L’ASTROLOGIE DANS LES MONUMENTS – LA VILLA LUDOVISI A ROME

(6.3.2 - A l'étranger) par sylvietribut le 20-12-2015

Dans l’Antiquité, la propriété Boncampagni Ludovisi était l’un des lieux de séjour des Empereurs. Elle se situait sur la « Porta Collina ». Elle était considérée comme la plus belle villa du monde. Un empereur romain, peu connu, y mourut en 98 après Jésus-Christ.

La villa Ludovisi, reconstruite en 1620 par Le Dominiquin à la demande de Ludivico Ludovisi pour y abriter sa collection d’antiquités, occupait un ensemble de vignobles achetés successivement par Giovanni Antonio Orsini, puis par le Cardinal Francesco Maria Del Monte, dans la zone du Pincio, sur les jardins de Salluste.

VILLA LUDOVISI - ROME - 1818

La Villa Ludovisi – Rome – 1818

Le Cardinal Francesco Maria del Monte était un collectionneur et un grand connaisseur en matière d’art. Il fit réaménager la villa et la fit décorer. Pour cela, il fit appel à un peintre baroque italien du XVIIe siècle, Guercino, qui réalisa « l’Aurore ». En fait, ce sont les personnages des mythologies grecques et romaines qui constituent le thème principal de la fresque de Guercino. Ensuite, c’est le Caravage qui réalisera « Jupiter, Neptune et Pluton ». On peut toujours admirer ces deux œuvres au pavillon qu’on appelle « il casino » de la Villa Ludovisi. En fait, le Cardinal Del Monte était un passionné d’alchimie et ce petit « casino » était son laboratoire. C’est ici qu’il réalisait ses expériences et autres distilleries.

Malheureusement, en 1527, ce fut le « sac de Rome ». La ville fut saccagée et notamment toutes les villas et leurs antiquités. Quelques temps plus tard, en 1621, le Cardinal vendit sa propriété au Cardinal Ludovico Ludovisi. Ensuite, par héritage, la villa passera aux mains aux Boncompagni. C’est André Le Nôtre qui restructurera les jardins et la villa elle-même.

VILLA LUDOVISI - ROME - HUILE DU CARAVAGE - JUPITER - NEPTUNE - PLUTON

Villa Ludovisi – Rome – Le Caravage – Jupiter – Neptune – Pluton

Le Cardinale Maria del Monte fut le protecteur du Caravage et lui commanda, en 1599, une fresque de plafond, pour son « cabinet d’alchimie » : Jupiter, Neptune et Pluton.

En 1872, la famille Boncompagni Ludovisi loue au roi Victor Emmanuel II qui l’utilise comme résidence pour sa maîtresse, Rosa Vercellana.

En 1880, le domaine sera découpé en parcelles et la plupart seront vendues afin d’y construire de grands hôtels et d’autres très belles villas. La Via Veneto traverse d’ailleurs les jardins de la villa. Tous les bâtiments de la villa seront détruits sauf le « Casino dell’Aurora », nommé ainsi parce qu’il contient la fresque de Guercino qui décora l’édifice, ainsi que la façade et le grand escalier du « Palazzo Grande ».

La façade de la Villa Ludovisi deviendra le Palazzo Margherita, actuelle Ambassade des Etats-Unis. De cette magnifique villa, il ne restera que le Palazzo Margherita et le « casino » antique de l’Aurore. C’est ce petit pavillon seul rescapé de la Villa Ludovisi que l’on visite aujourd’hui. Il se situe via Lombardia, au 44, à Rome.

A l’entrée du « casino », on peut admirer l’emblème de la Famille Ludovisi et au plafond, de magnifiques grotesques. Ces grotesques étaient très à la mode à la Renaissance.

CASINO LUDOVISI - ROME - GUERCINO - LA RENOMMEE

Casino Ludovisi – Rome – La Renommée – Guercino

C’est à l’étage qu’on peut admirer une peinture au plafond de la salle de la Renommée, également décorée par Guercino, représentant cette fameuse Renommée, mais aussi l’Honneur et la Vertu. Et c’est dans le petit laboratoire d’Alchimie du Cardinal Del Monte que se trouve, au plafond, une peinture à l’huile du Caravage.  Il s’agit d’un autoportrait. Pour se peindre nu, Caravage aurait utilisé un miroir placé sous ses jambes. En fait, on retrouve Le Caravage dans trois personnages différents. Il faut savoir que le chiffre « trois » serait le chiffre parfait car il représente la Trinité. Ce chiffre « trois » est omniprésent dans l’œuvre du Caravage. Il représente les trois matières : le sel, le souffre et le mercure ; mais aussi trois éléments : l’eau, l’air et la lumière. Mais c’est également Cerbère, le chien à trois têtes ou encore le trident de Neptune.

Quant à Jupiter, il touche le globe terrestre qui contient lui-même une lune et un soleil. On peut interpréter ce geste comme la séparation des ténèbres et de la lumière, symbole qui fait référence à la fresque de la Chapelle Sixtine de Michel-Ange. On remarque aussi que la main de Jupiter touchant le globe terrestre est positionnée sur l’un des trois signes d’Eau du zodiaque : les Poissons, signe qui marque le début du printemps.

Quant à la pierre philosophale, fruit de l’union de la Lune et du Soleil, elle permet non seulement d’obtenir de l’or, mais également de posséder des médicaments susceptibles de guérir les grandes épidémies de l’époque et notamment la peste.

En sortant du « casino », on remarque la statue d’un satyre.

FRESQUE DE L'AURORE - CASINO LUDOVISI - ROME

Villa Ludovisi – Rome – Guercino – Fresque de l’Aurore

Mais qui était Aurore ?

C’était une déesse, follement éprise de Mars, le dieu de la Guerre. Elle se verra rejeter par celui-ci qui était fou amoureux de Vénus. Aurore va détester Vénus. Auparavant, elle épousera le Titan Astreos, l’Etoilé, avec qui elle engendrera les vents, les étoiles et Eosphoros, l’Etoile du matin. Elle épousa aussi un mortel, Tithonos, un mortel, dont elle aura aussi un fils, Memnon. Cependant, son amour pour Tithonos ne fut pas sans nuage. En effet, Aurore va demander à Zeus/Jupiter de rendre Tithonos immortel pour que leur amour soit éternel. Jupiter s’exécutera mais le problème fut qu’Aurore avait oublié de mentionner de lui donner une jeunesse éternelle. Tithonos était bien devenu immortel mais il continua de vieillir. Si bien qu’Aurore dépitée le transforma en sauterelle pour se débarrasser de lui.

Aurore conduisait un char, tiré par deux chevaux, à travers le ciel, en compagnie de son frère Hélios, le soleil. Les chevaux étaient Phaeton, le Brillant, et Lampos, l’Eclatant. Homère appelait Aurore la déesse « matinale », « aux doigts de rose » ou « à la robe safranée. Elle fut amoureuse de nombreux jeunes et beaux mortels, mais généralement ses amours furent malheureuses car Vénus lui gardait rancune d’avoir été l’amante de Mars. 

Aurore était la sœur de la Lune et du Soleil. Dans la fresque de Guercino, elle se trouve au centre. Le jour, c’est-à-dire le soleil, et la nuit ou la Lune, se trouvent de chaque côté de l’Aurore. 

CASINO LUDOVISI - ROME - GUERCINAO - LA NUIT - 1621

Villa Ludovisi – Rome – Guercino – La nuit

Bibliographie

Dictionnaire de la Mythologie – Michael Grant et John Hazel – Marabout

Deco_Noel1Pour vos cadeaux de Noël, pour vos étrennes de Nouvel An, pour une fête, pour un anniversaire, ou tout simplement pour faire plaisir, pensez à offrir une consultation astrologique… Sur mon site, au chapitre de mes chroniques, dans la rubrique « Cadeaux » vous trouverez les modalités d’organisation de cette consultation, ainsi qu’un exemple d’une carte-invitation.

 

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LE NEZ DE LA LUNE A SINTRA AU PORTUGAL

(6.3.2 - A l'étranger) par sylvietribut le 22-11-2015

Si vous avez envie d’un voyage insolite capable de vous plonger dans des lieux toujours imprégnés du culte lunaire, il en existe plusieurs sur notre bonne vieille terre. Cependant, Sintra et son « Monte da Luna », en terre de Lusitania, est un concentré entêtant de parfums antiques. Sur cette côte, torturée par les ressacs des conquêtes, souffle encore le vent d’un passé refoulé, mais toujours bien vivant. Phéniciens et cultes lunaires entremêlent leurs traces sur celles des Templiers, des Franciscains pénitents qui ont laissé un incroyable monastère troglodyte, et de francs-maçons férus d’occultisme, tel un rejeton de la troublante famille des Saxe-Cobourg. Et puis, on a découvert dernièrement dans le sous-sol de petites pièces représentant le croissant de lune.

Ce Monte da Luna est un mystère à lui seul. Les gens du coin racontent d’étranges histoires à son propos, entre deux bizarreries de leur montre ou de leur téléphone mobile. Ainsi peut-on lire sur un site touristique officiel les commentaires suivants : « De la magie irradie du Mont de Sintra et les habitants, depuis toujours, l’ont surnommé, Mont de la Lune, lui donnant, en quelque sorte, des pouvoirs astraux. Un magnétisme se fait sentir grâce aux énormes masses de fer existant dans l’intérieur de la montagne. Il est dit que l’on sent les montres s’arrêter, la voiture freiner à certains endroits et comme se sentir enlever vers le haut de la montagne. Il existe de vrais mystères au Mont de Sintra ».

SINTRA - MONT DE LA LUNE - PORTUGAL

Monte da Lua – Sintra – Portugal

Sintra, c’est au bout du monde connu, sur le dernier promontoire de la Serra de Sintra, dans le prolongement du massif montagneux de l’Estrela, c’est-à-dire le Massif de l’Etoile, à l’ouest du Portugal. Et quand vous saurez que Sintra c’est le Mont de la Lune, comme un hommage à l’astre de la nuit, vous comprendrez que c’est un de ces endroits pleins de magie et de mystère. C’est là que la nature et l’homme s’allient dans une symbiose si parfaite que l’Unesco a inscrit le lieu au patrimoine de l’humanité.

Sintra, c’est un petit bout de terre né d’un volcan qui n’a pas explosé mais dont la lave s’est refroidie laissant par endroit des amas rocheux de syénite, sorte de granit quartz. Cette mini cordillère se trouve à environ 20 km de Lisbonne. Elle s’étend sur près de 15 km de long et 5 km de large.

Le Prince Ferdinand de Saxe-Cobourg-Gotha, d’origine allemande, avait épousé la reine du Portugal, Marie II, en 1836. On le surnommait le roi-artiste. Il était tombé amoureux de ce lieu que les Romains appelaient le Mont de la Lune, ancien sanctuaire, où des sortes de druides faisaient des sacrifices en l’honneur de l’astre. Son château semble sorti d’un conte des Frères Grimm revisité par Walt Disney, bel exemple quand même d’une architecture romantique de la fin du XIXe siècle. Ce château abritait les amours de ce souverain avec celle qui allait devenir sa seconde épouse, après la mort de la Reine Maria. C’était une plébéienne, chanteuse d’opéra.

LES ROCHERS DE MONTE DA LUA - SINTRA

Les rochers du Mont de la Lune

Et puis, sur ce Mont de la Lune, on trouve d’étranges cavités dans lesquelles des boules de pierre attirent l’attention. Elles ont été posées là par l’érosion, mais ce serait, selon la tradition locale, des instruments d’astrologie utilisés par d’anciennes civilisations. Pourtant pour les habitants du lieu la montagne aurait une force d’attraction négative. Les forces telluriques seraient influencées par les esprits.

Ces mêmes forces occultes nourrissent les légendes. C’est l’histoire de la petite bergère muette qui retrouve sa voix grâce à une dame de lumière croisée sur la lande. Pour la remercier, les villageois lui construisirent une statue qu’ils déposèrent dans une chapelle dédiée à Saint Saturnin. Etrangement ou miraculeusement, la statue refusa cet emplacement et l’on dut construire une nouvelle chapelle.

Il y a peut-être une explication à ce refus de la dame de lumière d’habiter chez Saint Saturnin. Il faut savoir que Saturnin fut le premier évêque de Toulouse et Sintra est le seul endroit au Portugal où il est mentionné. Mais ce non de Saturnin n’est pas sans évoquer Saturne. Cette chapelle de Saint Saturnin était donc un culte ancien, celui de Saturne et il est probable que l’Eglise ait inventé cette histoire de bergère pour éloigner définitivement les gens de ce qu’elle assimilait au paganisme.

Cette montagne de Sintra semble avoir été préparée à accueillir tous les peuples préhistoriques, puis les Celtes, les Wisigoths, les Ibères et les Suèves. Plus tard, les Romains vinrent y commercer, les astronomes arabes y étudier, mais on y rencontra aussi des chevaliers mystiques ou romantiques. Tout ce petit monde hante peut-être encore le domaine de la Regaleira, haut lieu du romantisme portugais mais qui concentre aussi tout ce que le monde contient de mots en « isme » : ésotérisme, mysticisme, romantisme et même catholicisme. Les jardins sont comme inspirés d’ésotérisme et de franc-maçonnerie. Ici, presque tout est symbole.

Etrange jardin qui n’est qu’un enchevêtrement de plantes, de faux éboulis, d’amas de rochers apportés de la mer. Dissimulée entre deux rochers, une porte pivote sur elle-même grâce au mécanisme d’origine. A l’intérieur, une tour inversée attend le visiteur. Un escalier de neuf étages descend vers l’abîme et le fond est orné d’une étoile à huit branches et d’une croix des templiers. C’est aussi l’accès à des souterrains. L’un d’eux débouche sur un lac qu’on travers à gué à l’aide de sept pierres plates. Comment ne pas penser à un autre jardin tout aussi étrange, le Parc des Monstres, à Bomarzo, en Italie, dans la Tuscia , petite enclave étrusque au nord de Rome, près de la ville de Viterbo.

MERCURE - MONTE DE LUA - SINTRA

Hermès-Mercure – Jardin de Sintra

Ce jardin de Sintra est également truffé de symboles et de références à la mythologie. On reconnaît la statue de Hermès/Mercure, celle de Thot, celle de Pan ; des dragons-crocodiles sont les gardiens des portes de l’enfer, et puis on remarque une tour d’observation des astres. 

Autre symbole présente dans ce jardin du Mont de la Lune, un arbre symbole de vie et de mort, le Taxus bacatta, qui peut vivre 3 000 ans mais dont les graines sont toxiques. Aujourd’hui, on tire de cette variété d’if une substance, le texol, qui agit contre certains cancers. Tout pour séduire les apprentis alchimistes.

DRAPEAU ET BLASON DU PORTUGAL

Drapeau et Blason du Portugal

Bibliographie

Tous les mystères de la Lune – Odile Alleguede – Editions Trajectoire

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L’ASTROLOGIE DANS LES MONUMENTS… PALAZZO DI SAN GIACOMO – RUSSI DI RAVENNA – ITALIE

(6.3.2 - A l'étranger) par sylvietribut le 21-09-2015

C’était la résidence d’été des comtes Rasponi di Ravenna. En 1664, le comte Guido Carlo Rasponi, frère mineur du Cardinal Cesare Rasponi, achète la ferme de Raffanara, dans la campagne ravennate, à environ deux kilomètres du village de Russi, en Romagne.

Dans cette ferme, il y avait deux édifices. Le plus ancien était une église dédiée à Saint Jacques qui existait depuis le XIIe siècle. Sur la berge droite de la rivière Lamone, il y avait les ruines d’un castrum romain. Les Rasponi firent édifier leur résidence sur les ruines de cet ancien château. Ce nouveau palais fut embelli au fil des ans par les héritiers de Guido Carlo.

PALAZZO DI SANS GIACOMO - RUSSI DI RAVENNA

Le palais San Giacomo – Russi di Ravenna – Italie

Au XIXe siècle, dans le voisinage du village de Russi, il y eut de grands mouvements populaires qui allaient aboutir au Risorgimento. Le palais devint le repère caché des révolutionnaires et le siège de réunions clandestines.

En 1947, le domaine devint la propriété du Séminaire de Faenza et, en 1975, c’est la commune de Russi qui la racheta. Avec les années, les infiltrations du toit firent s’écrouler certaines voûtes et les fresques qui les ornaient. Il devint urgent d’entreprendre des travaux de restauration.

Heureusement, à l’intérieur on trouve encore des murs décorés de fresques, et notamment :

  • Dans la salle dédiée au cardinal Cesare Rasponi, fresques dues au moine agostinien Cesare Pronti et à Filippo Pasquali, disciple de l’atelier de Carlo Cignani.

LA BALANCE - PALAZZO SAN GIACOMO - RUSSI DI RAVENNA

La Balance

 

  • Ailleurs, on reconnaît le cycle des divinités représentant les jours de la semaine avec Saturne, Mercure, Jupiter, Vénus, Mars et la Lune.
  • Plusieurs salles sont des allégories des signes zodiacaux : il y a la salle des Poissons, celle du Verseau, celle du Sagittaire, celle du Capricorne, celle d’Orion qui représente le Scorpion, celle des Gémeaux, du Cancer, du Lion, de la Vierge, de la Balance.

LES  POISSONS - SAN GIACOMO - RUSSI DI RAVENNA

Les Poissons

  • Une petite salle centrale présente les quatre régions du monde alors connues à l’époque, selon l’iconographie établie à la fin du XVe siècle par Cesare Ripa . Au centre du plafond se trouve le soleil, et aux quatre angles sont représentés les continents : l’Europe, l’Asie, l’Afrique et l’Amérique, avec leurs symboles reconnaissables.
  • La petite salle de la tour nord est une allégorie à l’Amour.
  • Enfin, la salle de l’alcôve représente Jupiter et Vénus.

MERCURE - RUSSI DI RAVENNA

Mercure – Palazzo San Giacomo – Russi di Ravenna

 

 

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UNE VILLE TAUREAU… TURIN… TORINO… LE PETIT TAUREAU

(6.3.2 - A l'étranger) par sylvietribut le 19-05-2015

L’histoire de Turin débute au IIIe siècle avant Jésus-Christ quand, le long des rives du Pô, s’installent les premières tribus celtiques à la recherche de plaines cultivables. Elles sont appelées « taurines », d’où le nom de leur première implantation : Taurasia. Plus tard, c’est-à-dire en 218 avant Jésus-Christ, lorsqu’Hannibal, arrivant d’Espagne, traverse les Alpes avec ses éléphants. L’effet de surprise est total chez Romains. Cependant, le général de Carthage se heurte à la résistance acharnée des tribus celto-ligures, les Taurins, établies dans les montagnes, et met trois jours à écraser leur village Taurasia. A l’époque de Jules César, on fait construire la Porta Palatina, présente aujourd’hui encore à côté de la Place de la République. Toute la Gaule cisalpine, dont la cité des Turins, est soumise peu à peu par Rome au cours des IIIe et IIe siècle avant Jésus-Christ.

L’importance stratégique du site, sur la route des Gaules et au confluent de quatre fleuves, pousse Rome à installer au 1er siècle avant Jésus-Christ, sous Auguste, une importante garnison militaire, et des structures marchandes propices à l’essor. La cité s’appelle alors Julia Augusta Taurinorum. Elle est déjà quadrillée par des rues droites et perpendiculaires, et protégée par de solides remparts, dont la Porta Palatina, l’ultime vestige de cette époque.

LE TAUREAU MASCOTE DE LA VILLE DE TURIN

Le Taureau mascotte de Turin

Le blason de la ville illustre cette origine avec son taureau rampant et doré, aux cornes d’argent, surmontées d’une couronne à neuf perles et d’une rangée de quartiers de lune. L’argent et les perles ne sont pas sans évoquer l’influence de la Lune dont le Taureau est le lieu d’exaltation de l’astre de la nuit.

La chute de l’empire romain marque le début des invasions barbares, des destructions et colonisations successives. Ducs lombards et comtes francs se succèdent à Turin jusqu’en 1563, date à laquelle Emmanuel-Philibert de Savoie décide d’y emménager la capitale de son duché alors situé à Chambéry. D’éminents architectes, comme Carlo di Castellamonte, Asciano Vitozzi d’Orvieto et Filippo Juvarra, construisent alors des palais richissimes, des places majestueuses et impriment à Turin son visage somptueux. On est bien dans l’univers opulent du Taureau.

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L’élégante et gourmande Turin

Après les guerres napoléoniennes, Turin devient un pôle d’attraction pour les patriotes du Risorgimento, cherchant à s’affranchir cette fois de la domination autrichienne. C’est l’époque des cafés historiques où l’on se retrouve pour discuter et espérer. En 1861, l’unité italienne est proclamée dans le Palazzo Carignano, siège de l’actuel Museo Nazionale del Risorgimento Italiano, et Turin devient la première capitale du pays. Toutefois, son nouvel homme fort, Victor-Emmanuel II, élu roi d’Italie, fera transférer cette jeune capitale à Florence.

Turin ne retrouvera son prestige qu’avec la fondation des usines Fiat par Giovanni Agnelli en 1899, et l’établissement de grands pôles industriels dans sa région. Turin participera également à l’avènement du cinéma italien, et à la naissance de la radio et télévision nationale, la RAI, avant de s’affirmer capitale industrielle du pays. Aujourd’hui, Turin reste la capitale du Piémont.

BLASON DE LA VILLE DE TURIN

Blason de la ville de Turin

Rambouillet, le 19 mai 2015

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L’ASTROLOGIE DANS LES MONUMENTS – CURIOSITE ROMAINE

(6.3.2 - A l'étranger) par sylvietribut le 20-11-2014

La Casina delle civette – La Petite Maison des Chouettes – Villa Torlonia – Roma

 La Casina delle Civette fut la demeure du Prince Giovanni Torlonia jusqu’à sa mort en 1938. Elle est le résultat d’une série de transformations et d’ajouts apportées à la « Capanna Svizzera » ou la « Cabane suisse », construite au XIXe siècle. Elle se trouve à la lisière du parc et se cache derrière une colline artificielle. A l’origine, c’était un lieu d’évasion par rapport au caractère officiel de la résidence principale.

LA CASINA DELLE CIVETTE - VILLA TORLONIA - ROMA

La Casina delle Civette – La Petite Maison des Chouettes

Le chalet, conçu en 1840 par Giuseppe Jappelli à la demande du Prince Alessandro Torlonia, avait l’aspect d’un bâtiment rustique avec des parements extérieurs en tuf à bossage et à l’intérieur peint à la détrempe pour recréer des rochers imités et d’illusoires planches de bois. Les deux bâtiments : le pavillon principale et la dépendance, reliés entre eux par une petite galerie en bois et par un passage souterrain, dont est formé à l’heure actuelle le complexe architectural, n’ont pratiquement plus rien du romantique refuge au caractère alpestre imaginé par Jappelli au XIXe siècle, si ce n’est de par les structures de maçonnerie des deux corps de bâtiment principaux disposés en L, l’empreinte résolument rustique et l’emploi de différents matériaux de construction et le toit à pans inclinés.

Dès 1908, le « chalet suisse » commença à subir une transformation progressive, puis radicale, voulue par le petit-fils d’Alessandro, Giovanni Torlonia Junior, et finit par prendre l’aspect et le nom de « Village médiéval ». C’est l’architecte Enrico Gennari qui dirigea les travaux et le petit bâtiment devint une résidence raffinée aux grandes fenêtres avec des logettes, des arcades, des tourelles, à décorations de faïence et de vitraux colorés.

A partir de 1916, on commença à appeler ce bâtiment « Villino delle Civette », « Pavillon des chouettes », à cause de la présence d’un vitrail représentant deux chouettes stylisées parmi des sarments de lierre, réalisé par Duilio Cambellotti, en 1914, et en raison aussi de la présence répétée et presque obsessionnelle du thème de la chouette dans les décorations et dans le mobilier, thème voulu par le Prince Giovanni qui était un homme au caractère ombrageux et passionné de symboles ésotériques.

soffitto camera da letto Casina delle Civette

La carte du ciel du Prince Giovanni Torlonia Junior

Et puis, peu de personnes le savent, mais on dit que le plafond de la chambre à coucher de la Casina delle Civette de la Villa Torlonia représenterait l’horoscope du prince Giovanni Torlonia Junior, outre la décoration avec les chauves-souris, les étoiles du plafond représenteraient en fait la disposition astrologique du moment de la naissance du Prince.

De 1925 à 1943, la villa fut accordée en location à Benito Mussolini pour la somme symbolique d’une lire par an, tandis que le Prince Giovanni Torlonia Junior se retirait dans la Casina delle Civette.

En 1939, à la mort du dernier héritier direct, commença la décadence de la villa, d’abord à cause de complexes vicissitudes d’héritage, puis avec la désastreuse occupation de l’armée anglo-américaine entre 1944 et 1947 qui fut suivie de dizaines d’années d’abandon et de dégradation. C’est en 1978 que la Ville de Rome l’acheta et que commencèrent la restauration des édifices et du parc.

HOROSCOPE CACHE DU PRINCE GIOVANNI TORLONIA JUNIOR - CASINA DELLE CIVETTE

 

 

 

 

 

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TERRACINA… LA PORTE DU SOLEIL

(6.3.2 - A l'étranger) par sylvietribut le 10-08-2014

Terracina est une petite ville séparant Rome et le Latium du royaume de Naples et la Campanie. Elle est là au pied d’une falaise de calcaire, mais dominant un joli golfe. Elle semble perpétuer une très ancienne vocation de station balnéaire puisqu’elle l’était déjà à l’époque romaine, réputée d’ailleurs pour être élégante, alors qu’elle portait le nom d’Anxur. De cette lointaine Anxur, il ne reste plus que le soubassement, une galerie voûtée et un cryptoportique.

L’actuelle Terracina a conservé, sur la Piazza del Municipio, les dalles du Forum romain. Le duomo a été construit à l’emplacement d’un ancien temple. Consacré en 1075, il est précédé par un portique aux colonnes antiques supportant une étonnante frise de mosaïque du XIIe siècle. Quant au campanile, il est de style transition roman-gothique.

TERRACINA - LE TEMPLE DE JUPITER

Terracina – Le temple de Jupiter Anxur

Sur la falaise qui surplombe Terracina, domine le Temple de Jupiter qu’on appelait Tempio di Giove Anxur. D’en bas, on distingue ses colossales arcades de soutènement. Elles datent du 1er siècle avant Jésus-Christ. D’ici on découvre un large panorama sur la ville, ses canaux et son port-canal qui abrite de caractéristiques barques de pêche. Plus loin on distingue Monte Circeo. C’est là que la magicienne Circée aurait retenu Ulysse lors de son retour à Ithaque. Dans les terres, on reconnaît les marais Pontins, la plaine de Fondi et ses lacs, et plus loin la côte jusqu’à la petite ville de Gaeta.

Terracina est située sur la côte de la mer Tyrrhénienne. La ville s’est développée entre la mer et les hauteurs qui ne laissent à la via Appia, qu’un étroit passage côtier, à mi-chemin entre Rome et les villes de Campanie. Venant de Rome on a vraiment la sensation qu’à partir de Terracina, le soleil brille plus haut, plus fort, plus chaud. La luminosité est comme différente.

TERRACINA - LA CATHEDRALE

La cathédrale de Terracina

Il semble que Terracina soit entrée dans l’orbite du monde romain dès le VIe siècle avant Jésus-Christ. Elle est d’ailleurs mentionnée dans le premier traité entre Rome et Carthage, rapporté par Polybe. Polybe vécut vers 208 avant Jésus-Christ à Mégalopolis et serait mort vers 126 avant Jésus-Christ. C’était un général, un homme d’Etat, historien et théoricien politique, sans doute le plus grand historien grec de son temps.

A la fin du même siècle, la ville sera cependant occupée par les Volsques qui lui donnèrent le nom d’Anxur, comme le rapporte Pline l’Ancien. Reconquise par les Romains en 406 avant Jésus-Christ, elle devint colonie romaine en 329 avant Jésus-Christ sous le nom de Colonia Anxurnas. De cette époque subsistent des murs de fortification en appareil polygonal. La bataille de Lautulae, pendant la seconde guerre samnite, s’est probablement déroulée près de cette ville.

TERRACINA - PAVEMENT DE LA VIA APPIA - FORO EMILIANO

 

Terracina – La via Appia sur la Piazza del Municipio

Le pavement de la via Appia passait par le forum Emiliano, au centre de la cité. C’est à Trajan qu’est dû l’agrandissement du port et le passage routier sous le temple de Jupiter grâce à une saignée de 37 mètres de haut dans la roche du Pisco Montano, qui a ouvert un nouveau tracé de la Via Appia.

Voici la description que faisait Curzio Malaparte de cette petite ville de Terracina dans la revue « Tempo » le 14 août 1956 :

« A 100 kilomètres de Rome, sur la Voie Appia, Terracina n’est pas seulement la porte de Rome, mais est vraiment la porte du soleil : c’est par là, en effet, que l’on entre dans le Royaume des Deux-Siciles et, en même temps, dans l’Eldorado d’Italie.

Les couleurs de la terre, du ciel, des eaux, des vignes, des immenses plantations d’agrumes, sont les mêmes que celles qui enchantèrent Gauguin dans les îles des Mers du Sud. Pour qui vient de Rome, tout change à Terracina, et change à l’improviste ; on aurait l’impression de pénétrer dans un pays demeuré hors de l’Histoire si la gigantesque muraille à pic sur la mer et sur les maisons de la cité, que domine le grandiose temple de Jupiter, ne rappelait l’antique noblesse de Terracina et l’histoire des Volsques.

Là-haut, par l’acropole, passait jadis la Via Appia dont Terracina était la clé. Qui tenait Terracina était maître de la Porte du Soleil. Toute l’histoire de la conquête romaine de l’Italie méridionale s’articule ici, sur cette acropole, plus antique que le Capitole, dans cette cité qui combattit Rome âprement et donna ensuite à Rome ses meilleurs soldats, les plus résistants, les plus féroces, ceux qui ne la trahirent jamais, qui aidèrent Quintus Fabius Maxime à épuiser Annibal, Marius à exterminer les Cimbres et les Teutons, César à conquérir les Gaules.

Qui vient de Rome rencontre la mer à Terracina. Et c’est une mer profondément différente de celle de Fregene, de Castel Fusano, d’Anzio, de Nettuno ; c’est la mer d’Ulysse. Une mer transparente, aux couleurs atténuées de pastel que la lumière adoucit et modifie à chaque instant, et que la nuit même ne parvient pas à effacer tant elles sont vives, bien que délicates. La terre, par contraste avec la mer, qui semble soyeuse, est un lourd brocart purpurin et vert : dans ses plis somptueux croissent les plus célèbres vignes d’Italie et mûrit le fameux muscat de Terracina : le raisin le plus doux, le plus riche, le plus grec de la Méditerranée… »

TERRACINA  par Heinrich Jäckel

Terracina par Heinrich Jäckel – XIXe siècle

 

 

 

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