DANS LES LIEUX MARTIENS OU BELIER… LES ARSENAUX

(6.3 - Autres lieux ésotériques ou mythiques) par sylvietribut le 13-04-2014

Dans le sens premier du terme, un arsenal est un établissement militaire, pouvant être « royal » ou « national », un lieu où l’on construit, entretient, répare et préserve les navires de guerre ou leurs équipements et ravitaillements sont assurés. On est bien dans le monde du Bélier et de Mars, et comme il s’agit de bateaux, le monde des Poissons et de Neptune est également concerné.

Dans un sens moderne mais qui date quand même du XVIIe siècle, en dehors de toute référence au monde maritime, l’arsenal désigne un lieu de fabrication des armes et des munitions. Un siècle plus tard, il fera référence à un dépôt de matériel militaire et d’armes. Ce sont alors le Bélier et Mars qui l’emportent sur les Poissons et Neptune.

Quant à l’origine du mot, il vient de l’arabe « dar’as san’a » qui signifiait dans le monde arabo-musulman du IXe siècle une « maison de commerce », en particulier navale. Ce terme se diffuse au XIe siècle, probablement avec des rudiments de techniques navales, dans l’espace français atlantique et le long des rivages catalans de la Méditerranée. Parmi ces héritages, la « darse » désigne à l’origine le bassin de réparation.

29 - L'ENTREE DE L'ARSENAL DE VENISE - CANALETTO - 1732

L’entrée de l’Arsenal de Venise – Canaletto – 1732

Le mot « arsenal » n’apparaît en français sous son sens complètement préservé qu’au XIIIe siècle. L’expression sémitique passe d’abord par diverses formes dans les langues romanes et notamment les dialectes italiens : « tersanala » dans le dialecte toscan de Pise, « tarcenale » du napolitain donne dans l’ancien français « tarsenal ». Le vénitien va y ajouter un article « idi » ou « d’ », d’où sa variante « d’arzana » qui se transformera en « arzana », terme qui désigne l’arsenal de Venise en 1104. Notons que « l’amiral » provient directement du superlatif de « l’émir » ou « chef de l’arsenal », soit « emir’al », c’est-à-dire le très grand chef.

Ce fut, en effet, Venise qui fut le premier port à se doter d’un arsenal, en 1104. On l’appelait et on peut encore l’appeler « l’arsenal de la République Sérénissime ». Il fut construit à l’initiative du Doge Ordelafo Faliero. Ce chantier naval jouera un rôle déterminant dans la construction de l’empire vénitien et le quadruplement de sa puissance navale. Il est entouré par 3 km de murailles crénelées de brique rouge. Il employait jusqu’à 16 000 personnes à son apogée. Il peut être considéré à la fois par sa taille, par son ancienneté ainsi que par l’ingéniosité de sa conception et de son fonctionnement comme l’un des premiers sites véritablement industriels de l’Europe de l’époque. Il s’agissait ni plus ni moins que de travail à la chaîne. Ce centre prestigieux de construction et de réparation des navires de la flotte de la Sérénissime fut intégralement reconstruit au XIVe siècle.

Si à l’origine les arsenaux étaient liés à la fabrication navale ou à la marine de guerre, le terme sert au XVIIIe siècle à nommer divers dépôts d’armes et de matériel pour les armées de terre françaises. Ainsi, l’arsenal de Paris qui ne subsiste plus de nos Jours que sous le nom de Bibliothèque de l’Arsenal ou d’une station de métro, la station Arsenal, qui n’avait de lien direct avec la marine qu’en servant à entreposer des armes pour la défense de la capitale du royaume de France. Ainsi on comprend mieux que les arsenaux ne sont pas toujours portuaires. On en trouve sur les fleuves et même dans les terres, pour préserver des frontières plus éloignées pouvant être menacées. C’est le cas de l’arsenal de Toulon, de Rochefort et même de Bourges. 

BROUAGE - REMPART ET ECHAUGUETTE

Le port ensablé de Brouage – Charentes Maritimes

Dans les cales sèches ou à quai, on y construit, entretient et répare des navires de guerre et leurs armements. On y stocke des munitions conventionnelles autrefois, puis ce furent également des armes chimiques, voire même des sous-marins. Les fonctions des arsenaux ont évolué depuis l’époque des navires en bois, de la poudre en tonneaux et des boulets de canons. Au XXe siècle ce sont les armements aéroportées et sous-marines qui y sont entreposées : torpilles, missiles, leurres, grenades sous-marines, armes nucléaires, chimiques, bactériologiques…

En 1373, c’est Rouen qui se dote d’un arsenal, Le Clos aux galées. En 1517, sont équipés l’arsenal du Havre installé sur le Port du Havre, puis l’arsenal de Toulon créé par Henri IV pour équiper et protéger la façade méditerranéenne. Brest se dotera aussi d’un arsenal, puis une petite ville devenue très romantique aujourd’hui, le petit port tout ensablé de Brouage. En 1666, Colbert sur ordre de Louis XIV fait construire l’arsenal de Rochefort. Au XVIIIe siècle, le nouvel arsenal créé le fut à Cherbourg. En 1789, les deux principaux arsenaux de France sont ceux de Brest et de Toulon.

CONSTRUCTION DE LA GALERE LA REALE - ARSENAL DES GALERES - MARSEILLE - 1679

Construction de la galère La Reale – Arsenal des Galères à Marseille – 1679

Entre le XVIIIe et le début du XIXe siècle, l’Arsenal des Galères de Marseille fut transféré à Toulon. Les Galères disparaissent comme corps militaire autonome en 1748 et sont rattachées à la Marine. Le transfert à Toulon permet à la Marine d’utiliser le travail des bagnards pour construire les grands voiliers de ligne qui demandent beaucoup de main d’œuvre et le travail forcé du bagne permet de répondre à cette demande. La Darse de Villefranche-sur-Mer, française depuis 1860, abrite toujours les bâtiments de l’ancien arsenal du Royaume de Piémont-Sardaigne créé au XVIIIe siècle.

Chaque siècle la France se dotera de nouveaux arsenaux et en démantèlera d’autres. Aujourd’hui, on compte encore six grands arsenaux : Cherbourg, Brest, Toulon, Lorient, Saint-Tropez, Indret et Ruelle.

ECHAUGUETTE ET REMPARTS DE BROUAGE

 

 

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SOLSTICE D’ETE AU CHATEAU DE THOIRY

(6.3 - Autres lieux ésotériques ou mythiques) par sylvietribut le 24-06-2013

Thoiry est une petite commune des Yvelines, à environ 50 km de Paris. C’est un château Renaissance qui depuis son acquisition, en 1609, par Guillaume Marescot, est resté depuis treize générations la propriété de la même famille, devenue la famille La Panouse depuis le XIXe siècle, la transmission se faisant souvent par les femmes.

Ce château a donc traversé les siècles et les événements, comme la Révolution, en restant pratiquement intact. Il a ainsi conservé son mobilier acquis au cours des différentes époques. Il possède en outre d’importantes archives historiques.

Tous les ans, du 1er au 30 juin, si vous savez être matinal, vous serez accueilli au château de Thoiry, à 5 h 15, par le propriétaire actuel, Monsieur le Comte de la Panouse, qui vous fera découvrir les secrets de l’architecture solaire et ésotériques du château, grâce à ses passionnantes explications. Et puis, vers 6 heures, si la météo le permet, vous assisterez au lever du soleil, dans l’axe central du vestibule du château. Ensuite, un copieux petit déjeuner vous sera offert, préparé par la gouvernante du château. Elle vous régalera de ses gâteaux faits maison et selon d’autres recettes de famille.

SOLSTICE D'ETE - CHATEAU DE THOIRY

Solstice d’été au château de Thoiry

Cette belle demeure semble faite pour abriter le bonheur et l’art de vivre d’une famille à la campagne, tout un étant un véritable trésor du point de vue architectural. Elle trahit son secret deux fois par ans, aux solstices d’hiver et d’été.

L’histoire commence à l’époque où, Raoul Moreau, érudit et Trésorier de l’Epargne sous Henri II, se fit construire son château pour y mener à bien ses expériences ésotériques. Pour ce faire, il appela le plus célèbre architecte du XVIe siècle, Philibert de l’Orme et le non moins célèbre Olivier Ymbert, maître maçon, qui manipulèrent Nombre d’Or et Quinte musicale afin de bâtir le site le plus magique de l’époque.

Et c’est pourquoi, au solstice d’été, le disque rouge flamboyant du soleil apparaît dans la transparence du vestibule tandis qu’au solstice d’hiver, le soleil disparaît à l’horizon dans l’axe Sud Ouest du château et ses parterres.

Du château, la vue s’étend au Sud jusqu’à la forêt de Rambouillet et, au Nord, elle survole la vallée de la Seine et se perd à 30 km. Cependant, la construction du Château de Thoiry avait un autre objectif que la vue. En effet, le relief permit de faire du paysage un calendrier solaire grandeur nature avec le château pour pivot, l’horizon comme cadran et les perspectives comme aiguilles, afin de marquer les moments privilégiés de la course du soleil.

Par ses belles proportions arithmétiques, géométriques et du Nombre d’Or, le Château de Thoiry se révèle comme un instrument captant les forces et les vibrations perçues par nos sens de l’équilibre et mettant ainsi ses habitants en harmonie avec l’univers. Thoiry se trouve donc être l’incarnation du « Feng Shui » de l’Occident afin de créer une harmonie propice au bien-être et au bonheur de vivre. 

LE LABYRINTHE DU PARC DU CHATEAU DE THOIRY

Le labyrinthe végétal du parc du Château de Thoiry

Le parc du Château de Thoiry abrite le plus grand labyrinthe végétal de France. Ce labyrinthe est la rencontre de la symbolique des jardins inspirée par le traité initiatique du Songe de Polyphile, du nombre d’or qui ordonne l’architecture du château et des mythes utilisant la symbolique animale. Ce labyrinthe offre un parcours de 2 300 mètres, 5 600 ifs y sont plantés et on ne compte pas moins de neuf ponts.

En parcourant les allées de ce parc somptueux, vous comprendrez pourquoi les 126 hectares des jardins de Thoiry sont labellisés « Jardin Remarquable » par le Ministère de la Culture.

Enfin, le Château de Thoiry c’est aussi un fabuleux parc zoologique et une réserve africaine. 

www.thoiry.net

 

 

 

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L’ASTROLOGIE A VERSAILLES

(6.3 - Autres lieux ésotériques ou mythiques) par sylvietribut le 20-08-2012

Le 19 mai 2012, le Château de Versailles ouvrait exceptionnellement, de nuit, les Grands Appartements du Roi-Soleil, sur le thème « Passion des astres à Versailles ».

 

Parce qu’en 1609 Galilée dirige une lunette vers le ciel et ouvre une nouvelle frontière, que l’univers se révèle et le Soleil s’immobilise, que la Terre perd sa place au cœur du système, l’astronomie devient la science reine du XVIIe siècle. 

Et c’est ainsi qu’écho de cette passion des astres, chaque salon du Grand Appartement du Roi fut dédié à l’une des sept planètes alors connues : Vénus, Diane qui symbolise la Lune, Mars, Mercure, Apollon qui n’est autre que le Soleil, Jupiter et Saturne. L’astrologie n’est jamais loin et la pensée magique encore sous-jacente, mais en même temps la société cultivée se passionne pour les progrès nouveaux et certaines découvertes scientifiques trouvent leur place au cœur même des grands décors de Versailles.

Pour la VIIIe nuit européenne des musées le Château de Versailles a proposé aux noctambules une exceptionnelle mise en lumière et en perspective des espaces les plus prestigieux du château de Louis XIV : les Grands Appartements et la Galerie des Glaces. Une scénographie éphémère et inédite, mêlant illuminations, installations et projections vidéo, mariant les représentations d’hier aux dernières images de l’astrophysique d’aujourd’hui, vint révéler le temps d’une nuit, ce rare témoin du passage de l’astrologie vers l’astronomie.

Ainsi des personnages soufflant un « air noir et pluvieux » au milieu d’épais nuages et d’éclairs, tiennent l’un un poisson et l’autre un bélier, symbolisent les mois de février, mars et avril, durant lesquels eût lieu la conquête de la Franche-Comté et période qui fut marquée par des « pluies extraordinaires qui régnèrent en cette année-là jusqu’à la fin du mois de mai (1674), selon ce que relatera plus tard, en 1684, François Charpentier. Comme la conquête eût lieu dans le froid et les intempéries, on note un vieillard secouant son manteau pour faire tomber la neige : c’est l’Hiver qui est représenté « se retirant » pour laisser la place au printemps. Le Taureau qui est juste à côté symbolise les mois d’avril et de mai qui virent la fin de la campagne militaire avec la reddition de Besançon. La ville capitula en effet le 14 mai, mais la citadelle ne fut prise que le 22 mai 1674. 

 

Le Char du Soleil dans le cabinet des Planètes à Versailles

L’appartement des Planètes (1671-1681) est une suite de sept salons en enfilade dédiés aux planètes à la gloire d’Apollon et du Soleil. Le commanditaire n’était autre que Louis XIV qui s’identifiait à Apollon et donc au Soleil. Quand aux décors ils furent réalisés par Charles Le Brun et André Félicien.

Bien qu’âgé de seulement 15 ans, Louis XIV apparaît pour la première fois en Apollon dans le Ballet de la Nuit. Il était précédé de l’Aurore et entouré des douze Heures du jour. Cela se passait un 23 février 1653. En 1654, il récidive et ouvre le spectacle des Noces de Pelée et de Thétis, dans le rôle d’Apollon.

En 1659, Charles Le Brun peint un lever du jour au grand cabinet de l’hôtel de La Rivière. Il représente au centre le Soleil sur son char, en compagnie des Heures. La Nuit, le Point du jour, Pan et Pomone, Flore, la Rosée et l’Aurore encadrent le Soleil.

En 1661, Louis XIV et sa belle-sœur Henriette d’Angleterre dansent à Fontainebleau le Ballet des Saisons qui puise son inspiration des Métamorphoses d’Ovide. L’année suivante, au final de l’opéra italien de Francesco Cavalli, Ercole amante, joué aux Tuileries, Louis XIV apparaît en Soleil, précédé par l’Aurore et suivi des Heures.

  

Le Soleil sur la grille du château de Versailles

Toujours en 1661, début juin, Louis XIV organise un Carrousel au jardin des Tuileries pour célébrer la naissance du dauphin Louis. Le mot « carrousel » avait été rapporté d’Italie par les armées de Charles VIII. Il dérive du latin « carrus sol » et du mot italien « carozela » qui signifie « char du soleil ». Quant à Monsieur, frère du roi, il exhibe une lune portant la devise « Uno sole minor » qu’on peut traduire par « un soleil plus petit ». Il faut savoir que pour Louis XIV, comme pour les astrologues, le Soleil est synonyme de noblesse, d’unicité, d’efficience bénéfique comme de force tranquille et bien sûr d’éclat lumineux.

A partir de 1663, les gardes du corps de Louis XIV vont porter le Soleil et la devise du roi sur leurs étendards et leurs boutons. Ces motifs perdureront jusqu’en 1791. Toujours en 1663, la restauration de la galerie du Roi au Louvre, incendiée deux ans auparavant, est adoptée par le roi et confié à Charles Le Brun. La consigne étant que le décor doit représenter les épisodes de la vie d’Apollon.

  

Uranie déesse de l’Astrologie en bonne place à Versailles

En mai 1664, la Fête des Plaisirs de l’île enchantée est donnée dans les jardins de Versailles. Apollon est mis en scène, assis sur son char tiré par quatre chevaux. Il est entouré des Heures du jour, des Saisons et des signes du Zodiaque, ainsi que des quatre Ages : d’Or, d’Argent, d’Airain et de Fer.

Plus tard, pour créer la perspective centrale des jardins, André Le Nôtre respectera la configuration naturelle du parc. Ainsi, l’axe est-ouest matérialise la course diurne du Soleil.

En juillet 1668, les figures du mythe solaire paradent lors de la Fête du Grand Divertissement de Versailles. Au centre du Salon du Festin sont représentés Apollon et les Muses et au plafond de la Salle de Bal : huit soleils et les douze mois. En 1669, dans le Ballet de Flore, Louis XIV tient de nouveau le rôle du Soleil. 

C’est en 1670 que Louis XIV danse pour la dernière fois. Il interprète le rôle d’Apollon combattant Python dans Les Amants magnifiques.

Entre 1672 et 1673, Charles Le Brun dirige le programme de décoration de l’appartement du Roi connu aujourd’hui sous le nom de Grand Appartement du Roi. C’est bien sûr le salon d’Apollon qui constitue le centre de l’appartement avec la Grande Chambre du Roi. Six autres salons se répartissent de part et d’autres et portent le nom des planètes : Vénus, Mars, Mercure, Jupiter et Saturne, ainsi que Diane qui symbolise la Lune. L’appartement du Roi s’interprète comme une libre redistribution du système solaire de Ptolémée. Groupées autour du Soleil, censées graviter autour de lui, les planètes constituent une sorte de cour céleste.

A Saint-Cloud aussi on retrouve la même thématique. C’est Pierre Mignard qui peint une galerie d’Apollon pour Monsieur, frère du Roi. Le grand plafond représente le Soleil entouré des Heures et de l’Aurore. A Marly aussi le mythe solaire tient une place importante. Ici, c’est Jules Hardouin-Mansart qui imagine un pavillon central orné aux quatre frontons des épisodes de la course d’Apollon, entouré de douze pavillons secondaires : le soleil et les douze mois de l’année ou les douze signes du zodiaque.

Le vase aux tournesols du parc du château de Versailles

Toujours dans la symbolique solaire, Jean Legeret et Jean Dugoulon réalisent, pour les jardins de Versailles, deux vases en marbre décorés de tournesols. Comme on le sait cette fleur suit le soleil dans sa course. 

Enfin, en 1712, un architecte suédois, Nicodème Tessin, soumet un projet de construction d’un temple d’Apollon à Versailles. Il s’agit d’un palais de marbre blanc et de bronze doré destiné à abriter le musée des collections du château, inspiré de la légende d’Apollon et de l’astrologie. Il ne fut jamais construit.

Bien que propriété de Louis XV, on peut visiter à Versailles le Cabinet de la Pendule Astronomique. La pendule indique la date, l’heure réelle, l’heure moyenne. Elle donne les phases de la Lune et la sphère en cristal qui la couronne permet de voir les mouvements des planètes selon Copernic. Les artistes créateurs en étaient : Claude Siméon Passement, Louis Dauthiau et Caffieri.  Les sculpteurs et bronziers en étaient Jacques et Philippe. Ce cabinet se trouve dans l’appartement de Louis XV

 

La pendule astronomique du cabinet des pendules à Versailles

Elle mesure plus de deux mètres de hauteur. C’est une œuvre exceptionnelle couronnée d’une sphère mouvante. La Terre est représentée par un globe de bronze sur lequel tous les pays sont gravés.   

 Cadran solaire surplombant la pendule astronomique du cabinet des pendules à Versailles   

 

 

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SYMBOLES INSOLITES ET SOLAIRES DANS L’ARCHITECTURE MEDIEVALE

(6.3 - Autres lieux ésotériques ou mythiques) par sylvietribut le 20-08-2011

L’alignement des temples sur les corps célestes n’est pas un usage spécifique aux temps préhistoriques et païens, ou aux civilisations orientales. L’Europe chrétienne du Moyen Age le pratiquait aussi. De la part des premiers chrétiens, c’était un peu une manière de récupérer à leur profit les traditions païennes. Cependant, même aujourd’hui, les églises et les tombes sont souvent orientées est-ouest, et les autels des églises vers l’est, c’est-à-dire vers le Soleil levant, où le Christ doit apparaître, lors de son retour, selon la cosmologie chrétienne.

Mais, en fait, les églises médiévales étaient en général alignées sur la position du Soleil le jour de la fête du saint à qui elles étaient dédiées, et non sur l’est. Une étude effectuée sur près de trois cents églises anglaises par Hugh Benson, en 1950, a montré que la majorité des bâtiments étaient effectivement orientés de cette manière. Le même chercheur a trouvé également que la très ancienne église Saint-Piran, en Cornouailles, était alignée sur une levée de terre préhistorique se trouvant à 5 km et correspondant au point du lever du Soleil le 15 août, au VIIe siècle.

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Cathédrale de Chartres

Bien qu’il existe peut de documents écrits sur le sujet, il semble que, dans l’Europe du haut Moyen Age, l’astronomie ait été utilisée d’une manière plus complexe. On trouve des éléments très intéressants dans la cathédrale de Chartres, un des plus beaux fleurons de l’architecture gothique, qui a été construite à l’emplacement d’un important centre druidique établi par les Carnutes, peuple celtique de la Gaule, devenu par la suite un lieu de culte pour les Romains. Certains scientifiques estiment que le caractère sacré du lieu a précédé l’âge de fer celtique, et qu’au néolithique il y avait là un dolmen. La fondation de la cathédrale est peut-être également liée au retour des Templiers de la croisade en Terre sainte. L’ordre religieux et militaire des Templiers, constitué en 1118, était établi au temple de Salomon à Jérusalem, où il recherchait, dit-on, l’Arche d’alliance. En effet, à l’extérieur de la cathédrale de Chartres, on trouve des sculptures représentant des scènes liées à cette arche.

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Oculus dans le vitrail de la Cathédrale de Chartres

A midi, au solstice d’hiver, lorsque le Soleil est à son apogée, un rayon de lumière traverse un petit morceau de verre non coloré d’un vitrail dédié à Saint Apollinaire. Ce pinceau de lumière tombe sur une dalle de pierre qui diffère de celles qui l’entourent : elle est plus grande, d’une autre nuance de couleur, désaxée et, plus significatif encore, elle comporte un petit disque de métal. Le rayon de Soleil du solstice tombe juste sur celui-ci.

Certains spécialistes disent qu’il s’agit d’une coïncidence. C’est une démarche scientifique étrange, mais elle participe de la volonté d’effacer de la cathédrale de Chartres tous les éléments préchrétiens qui, selon d’autres chercheurs, ont été intégrés dans cette remarquable construction par les maîtres maçons.

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Cathédrale d’Aix-la-Chapelle – Trône de Charlemagne

La cathédrale d’Aix-la-Chapelle, en Allemagne, présente elle aussi des éléments astronomiques de grand intérêt. Le site était fréquenté par les Celtes, par les Germains et par les Romains, parce qu’il comportait des sources d’eaux thermales ayant, disait-on, des propriétés médicinales. Au VIIIe siècle, Charlemagne décida d’y construire son palais impérial, pour créer une « seconde Rome ». L’empereur qui souhaitait éliminer le paganisme de ses territoires, attirait à la cour des savants et des artistes de toute l’Europe, et cherchait à renouer avec la vitalité artistique et scientifique de l’Antiquité. La chapelle octogonale de son palais, située au-dessus de bains romains, est intégrée dans la cathédrale actuelle. Un jour, vers la fin des années 70, un photographe, Hermann Weisweiler, attendait une lumière favorable pour prendre des clichés ; il vit un rayon de Soleil traverser soudainement, exactement à angle droit, une fenêtre supérieure de la chapelle octogonale. Très étonné, il poursuivit ses observations et constata que la chapelle était un véritable cadran solaire.

A midi, le 21 juin, jour du solstice d’été, un rayon de lumière tombe directement sur la boule dorée qui pend du plafond en dôme, surmontant le « chandelier de Barberousse » qui représente la Jérusalem céleste. A cette date, au VIIIe siècle, un rayon de Soleil devait aussi illuminer le visage, ou la couronne, de Charlemagne lorsqu’il était assis sur son trône, utilisé pour les couronnements pendant tout le Moyen Age. A midi, au solstice d’hiver, le Soleil éclaire une mosaïque montrant le Christ entre les symboles alpha et oméga, représentant le Commencement et la Fin. Et lorsque Charlemagne se levait de son trône, lui seul devait voir à travers une fenêtre supérieure, à l’équinoxe, le Soleil levant briller à l’horizontale. Et, qui plus est, un rayon de Soleil tombait sur le trône le 16 avril, date de naissance de l’Empereur.

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Cathédrale Saint-Lizier – Ariège

La cathédrale de Saint-Lizier, dans l’Ariège, étudiée en 1981 par trois chercheurs, présente un axe central aligné sur les équinoxes, dont le prolongement vers l’est et vers l’ouest passe par deux autres églises. Deux croix, situées à 1,5 km de part et d’autre de la cathédrale, marquent l’alignement sur le lever du Soleil au solstice d’été, tandis que la ligne correspondant au lever du Soleil au solstice d’hiver joint la cathédrale au mont Redon, ancienne colline sacrée, au nord-est, et la chapelle de Marsun, au sud-est.

A Elm, dans le canton suisse de Glarus, le Mont Tschingelhorner, qui domine le village au sud-est, est percé d’un tunnel naturel de 20 mètres de diamètre, appelé « trou de Saint Martin ». Selon la légende, Saint Martin l’a percé en lançant sa canne ferrée contre un géant. Chaque année, au moment des équinoxes, les rayons du Soleil levant passent par ce trou, et illuminent pendant deux minutes la tour de l’église de Saint-Elm, distante de 5 km. Le phénomène est évidemment antérieur à l’ère chrétienne, mais il est significatif des préoccupations astronomiques qui présidaient au choix de l’emplacement des églises. On constate d’ailleurs que quatre autres églises des Alpes présentent un phénomène similaire.

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Méridienne solaire – Cathédrale de Bourges

Bibliographie : Le Langage Secret des Etoiles et des Planètes – Geoffrey Cornelius et Paul Devereux.

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LIEUX INSOLITES, ESOTERIQUES, MYSTERIEUX OU MYTHIQUES A TRAVERS LE MONDE

(6.3 - Autres lieux ésotériques ou mythiques) par sylvietribut le 01-08-2010

L’OBSERVATOIRE ASTRONOMIQUE DE JAIPUR – CAPITALE DE L’ETAT DU RAJASTHAN – DECLARE PATRIMOINE MONDIAL DE L’HUMANITE PAR L’UNESCO – AOUT 2010

L’astrologie et l’Inde

Si  l’astrologie, qui à l’origine ne se distinguait pas de l’astronomie, était pratiquée en Inde depuis plus de 1500 ans, ses racines sont sans doute deux fois plus anciennes. Elle est née de la fusion de deux grandes traditions : la science jyoti de la divine astronomie décrite dans les Purânas (*) et le système astrologique inventé par les Grecs.

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Les astrologies occidentale et indienne croient toutes deux au zodiaque et à l’influence des planètes sur les signes. Les plus anciens textes astrologiques indiens, les Yâvana-jâkatas, montrent une forte influence grecque, à laquelle se mêlent des éléments indigènes. Cette synthèse permit l’essor de la science et de l’astrologie indienne. Les astrologues bénéficiaient de l’apport des deux traditions ; comprenant que le modèle d’une terre plate ne pouvait rendre compte de certaines différences dans la position des étoiles en Inde et en Grèce, ils inventèrent une nouveau modèle, celui d’une terre sphérique.

Ce qui sépare les astrologies occidentale et indienne, c’est la mesure du passage du temps. Alors que l’Occident emploie le système « tropical » pour coordonner le zodiaque et les rotations réelles des étoiles, l’Inde utilise le temps « sidéral ». Celui-ci se fonde sur la position des étoiles dans le ciel, alors que le modèle occidental est un concept plus abstrait. Mais ses textes de référence datant du début de notre ère, l’astrologie indienne ne connaît que les cinq premières planètes du système solaire.

Muhurta est « l’astrologie élective », qui prévoit le moment adéquat pour commencer une entreprise.

Vivaha est « l’astrologie nuptiale », qui décide de la légitimité d’un couple et de la période idéale pour le mariage. Dans les annonces matrimoniales des journaux indiens, les prétendants mentionnent souvent leur thème astral.

Les jyotis (« lumières » ou « corps célestes ») furent d’abord étudiés dans les Védângas, commentaires des Védas, en 400 avant Jésus-Christ. Comme l’ancienne astrologie occidentale, le jyoti était considéré comme une science, incluant la philosophie, l’astronomie et les mathématiques.

Les premiers astronomes, ou jyotishas, tentèrent d’établir un calendrier religieux, fondé sur le passage de la Lune à travers des groupes de vingt-sept ou vingt-huit étoiles (les Maisons Lunaires) au cours d’un cycle apparemment mensuel. Confrontés aux mouvements irréguliers de la lune de mois en mois, les jyotishas s’efforcèrent de trouver un cycle plus long, où le mouvement se répéterait exactement, ainsi découvrirent-ils le cycle des dix-neuf années solaires.

Ces astrologues, qui étaient des prêtres brahmanes, utilisaient leur connaissance des étoiles afin de prévoir les périodes les plus favorables pour les sacrifices. Puisque le bien-être du royaume dépendait du parfait déroulement  des rites, leur rôle était fondamental. L’Atharva-Véda affirme : « Un roi sans astrologue est comme un enfant sans père ».

jantar-mantar-jaipur La ville rose

Son plan, conçu dans les années 1720, à la demande du maharaja Jai Singh II, fondateur de Jaipur, organise la ville selon un tracé resté intact. Son urbanisme fut dicté par l’astronomie. L’architecte Vidyadhar adopta le diagramme rituel prescrit par le « Vastu Vidya » : un carré divisé en neuf portions égales (dix si l’on compte l’extension au sud-est) par quatre larges avenues se coupant à angle droit. En réalité, l’une des deux artères, est-ouest est interrompue par le palais et le tracé se révèle irrégulier, au nord, à cause de la topographie et le non-respect du plan original par les successeurs de Jai Singh. Les neuf quartiers (muhalla) ainsi délimités, assimlilés aux neuf planètes de l’astrologie hindoue, furent répartis par caste, autrement dit par corps de métier, les deux centraux étant dévolus au souverain. On retrouve aujourd’hui encore des descendants des tailleurs de pierre ou des bijoutiers installés dans le quartier qui leur fut affecté au XVIIIe siècle. Chaque « muhalla » est lui-même divisé par des rues et des ruelles parallèles aux avenues. Pour créer un sentiment d’unité, tous les bâtiments devaient avoir le même nombre d’étages et le même style.

 

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Les étranges structures du Jantar Mantar, l’observatoire astronomique, à la géométrie très pure, ne sont pas de géantes sculptures abstraites, comme on a tendance à le penser, mais des instruments astronomiques colossaux que Jai Singh II fit construire entre 1728 et 1733 pour affiner ses observations et calculs sur la course des astres, en vue de réviser les calendriers hindou et musulman à des fins astrologiques. Quelques années plus tôt, il avait fait édifier des instruments plus ou moins semblables, mais moins nombreux, à Delhi, à la demande de l’empereur. Le génial maharaja était en effet très au fait des dernières connaissances en matière d’astronomie.

Il avait lu les écrits de tous les spécialistes : hindous, grecs, arabes, persans et autres européens, et avait fait venir à sa cour des astronomes, dont deux jésuites, l’un français et l’autre portugais ? 

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Ces 17 instruments, construits en maçonnerie et enduits de stuc badigeonné de jaune, sont dépourvus de toute décoration, ce qui accentue l’étonnante force plastique de leurs volumes géométriques. A l’entrée, juste à gauche, on trouve le Laghu Samrat Yantra, c’est un petit cadran solaire qui sert entre autres à déterminer l’heure exacte de Jaipur, qui peut varier de 10 à 41 minutes avec l’heure officielle de l’Inde. A côté, deux blocs hémisphériques forment le  Nari Valaya Yantra. Ils représentent l’hémisphère Nord et l’hémisphère Sud, et permettent de calculer les heures en différents points du globe. L’immense disque métallique voisin, le Yantra Raj, aurait inspiré deux volumes entiers de Jai Singh II. Le trou central représente l’étoile polaire tandis que la ligne située 27° au-dessus, correspond à la latitude de Jaipur. L’instrument aide à calculer la position de diverses constellations. Près du petit cadran solaire, l’instrument constitué de deux cavités hémisphériques, le instruments. Le côté droit du parc est occupé par douze Rahi Valaya Yantra, petites constructions trapézoïdales, chacune servant à mesurer l’apparition d’un signe du zodiaque au-dessus de l’horizon. Enfin, le Ram Yantra est un astrolabe, formé de deux structures cylindriques de douze colonnes chacune. Il permettait de calculer l’altitude et l’azimut des astres.  

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Au fond du parc, l’immense cadran solaire (gnomon) gradué,  Brihat Samrat Yantra, permet de déterminer les coordonnées locales grâce à l’ombre projetée par une aiguille longue de 27 mètres. Le Rashivilaya Yantra est composé de douze cadrans permettant la recherche des coordonnées elliptiques. Ils sont chacun orientés vers un signe zodiacal.

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En fait cet observatoire a été construit à l’attention du gourou de Jai Sing II, le pandit Jagannath, dans le but d’établir des thèmes astraux et de déterminer les moments les plus propices pour les grands événements (mariages, déplacements…)

Le nom du site provient de Yantra qui signifie « instrument », et de mandir, qui se traduit par « temple », autrement dit « le temple des instruments ». Il aurait été appelé à l’origine yantra mantra, mantra signifiant « formule ». 

(*) Les Purânas comptent, avec les Védas, parmi les grands textes sacrés hindous. Ils furent rassemblés entre les IVe et XIIe siècles, mais leur origine est bien plus ancienne. Attribués au sage Vyâsa, les Puranas contiennent nombre de récits mythologiques, desquels proviennent la plus grande partie du panthéon et des épopées de l’hindouisme.

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Bibliographie

L’Inde éternelle – Ricard Waterstone – Sagesse du Monde                                                                                                                                        Rajasthan : Delhi et Agra – Guide NEOS – Michelin – Editions des Voyages

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