UN DROLE D’ASTROLOGUE… LE FAKIR BIRMAN

(6.5 - Biographie d'Astrologues célèbres) par sylvietribut le 16-03-2014

C’était là le pseudonyme de Charles Fossez qui fut sans conteste l’astrologue le plus connu des années trente, même si, dans leur grande majorité, les astrologues sérieux mirent en doute ses connaissances astrologiques pures. Doté d’un extraordinaire sens des relations publiques et de la publicité, il fit sortir l’astrologie sur la place publique. Lorsqu’il prit sa retraite après sept années d’activité, il avait été consulté par 502 000 clients, soi un Français sur quatre-vingts.

ALMANACH DU FAKIR BIRMAN 

L’Almanach du Fakir Birman

C’est le 15 janvier 1932 que Birman s’installa dans un petit local situé dans le IXe arrondissement de Paris et consacra le reste de son petit capital à faire publier dans les journaux, sous le portrait stylisé d’un fakir enturbanné et barbu, le slogan qui allait le rendre célèbre : « Fakir Birman, 14 rue de Berne. Dans l’ennui, venez à lui ». Aujourd’hui, cela paraît banal, mais à l’époque on n’avait jamais vu d’astrologue faire de la publicité dans la presse au point que plusieurs journaux refusèrent de passer l’annonce.

Aussitôt la clientèle afflua et l’une de ses premières consultantes lui valut sa notoriété. Il s’agissait d’une femme que son mari, chef d’orchestre, trompait avec une violoniste. Birman, habile à faire parler sa cliente, lui fit part de ses doutes et fit semblant d’en trouver la confirmation dans la carte du ciel. Le mari l’apprit et, sans se soucier du ridicule, le poursuivit en justice pour « trouble de jouissance ».

LA PLAIDOIRIE DE DAUMIER 

La plaidoirie – Dessin de Daumier

L’astrologue prit comme avocat Me Théodore Valensi, un ténor du barreau, qui le fit acquitter. Les attendus du Président Massé firent rire tout Paris. Comparant le mari à Adam, « prompt au péché », l’épouse à Eve, « perpétuelle curieuse qui veut tout savoir, même ce qui est caché  aux mortels », il concluait : « Attendu que Dieu n’a pas cru devoir condamner le serpent, j’agis de même, relaxe le fakir et condamne le chef d’orchestre aux dépens ».

MES SOUVENIRS ET MES SECRETS DU FAKIR BIRMAN

Profitant de sa soudaine célébrité de premier astrologue à avoir vu ses prédictions confirmées par un arrêt de justice, Birman devint une personnalité mondaine. Invité à faire une exhibition au cours d’une vente de charité qui avait lieu salle Wagram, il eut l’idée de dresser publiquement un horoscope, enfermé dans une cage de fauves au milieu d’une centaine de rats affamés. Cependant, à la suite d’une fausse manœuvre, une trappe s’ouvrit inopinément et les rats semèrent la confusion dans le public. Le scandale fut énorme ce qui ajouta à la notoriété du fakir. Maurice Chevalier chantait : « Mois, j’suis l’fakir » au Casino de Paris, Ray Ventura « Ainsi disait le fakir » et Pierre Dac jouait un sketch intitulé « le Fakir ». Birman donna alors libre cours à son génie de la publicité. Il distribuait des primes aux coureurs des Six Jours, suivait le Tour de France cycliste, distribuant le long des routes un million d’enveloppes contenant chacune un horoscope et un billet de loterie. Son effigie se voyait partout : sur le rideau de scène du théâtre de l’Empire, sur un quart de page du Journal Gringoire, etc…

L’apogée de sa carrière fut atteint lors de l’Exposition universelle de 1937, quand les organisateurs lui concédèrent un « pavillon des sciences conjecturales » de quatre cents mètres carrés.

LES GAINES ET CORSETS DU FAKIR BIRMAN 

Au fil des années, le fakir Birman s’était enrichi. Traîné devant les tribunaux en 1939 par l’Administration des Finances, il fut condamné à de fortes amendes et, la guerre étant survenue, il abandonna ses activités, finissant ses jours comme industriel, fabricant de gaines et de corsets. Après lui, l’astrologie commerciale ne fut plus ce qu’elle avait été de son temps, cantonnée dans une semi-clandestinité. Et on peut dire que c’est à cause de lui, en particulier, que les journaux prirent l’habitude de publier des horoscopes.

A l’époque de sa gloire, des chaînes de radiodiffusion de province lui avaient demandé de faire des causeries de trois minutes sur les divers aspects des sciences occultes, ce qui donna l’idée au Poste parisien de diffuser chaque matin l’horoscope du jour, idée reprise pour la première fois dans l’Histoire de la Presse écrite par le quotidien « L’Intransigeant ».

SUICIDE DU FAKIR BIRMAN

Et tout compte fait, malgré une vie bien remplie, le Fakir Birman s’est suicidé par pendaison. Malheureusement, la suite de l’article et la page 4 ne sont pas reproduites…

ARCANE XII DU TAROT - LE PENDU

Le Pendu – Arcane XII du Tarot 

Bibliographie

Dictionnaire de l’Astrologie – Jean-Louis Brau – Editions Larousse

 

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UN VOYANT CELEBRE… EDGAR CAYCE

(6.5 - Biographie d'Astrologues célèbres) par sylvietribut le 22-09-2012

Edgar Cayce est né aux Etats-Unis, près de Beverly, dans le Kentucky, le 18 mars 1877. Il était doué de capacités médiumniques extraordinaires. Sa notoriété, il l’a dû aux réponses qu’il donnait en état d’apparente transe, après hypnose, ou même de sommeil. Il traita ainsi des milliers de cas, donnant des « lectures psychiques », traitant des maladies, mais parlant également des vies antérieures de ses patients, donnant les causes de certaines maladies ou problèmes psychologiques actuels en réponse karmique au vécu d’autres vies, méthode qui suscitait la plus grande méfiance. Aujourd’hui, il est reconnu comme un des plus grands médiums du XXe siècle.

Cependant, Edgar Cayce, lui-même, ne comprenait pas ce qui lui arrivait et trouvait très bizarre les indications qu’il donnait à ses consultants alors qu’il était en état de transe. Il utilisait alors des termes médicaux qu’il n’était pas capable de comprendre à l’état éveillé. Il avait accès à des connaissances qui lui étaient inconnues. Il donnait des recettes à base de plantes, décrivait des états pathologiques alors qu’il n’avait jamais rien étudié en la matière.

 

Edgar Cayce

La transe était « conduite » pour une personne, habituellement celle pour le compte de qui la séance était tenue et qui n’était pas nécessairement présente. Les informations reçues par ce biais furent appelées « lectures » ou « reading ». Elles furent prises en sténographie et sont conservées par l’association ARE.  Au début, elles traitaient de la santé physique de la personne. Edgar Cayce donna plus de 14 000 « lectures » en 43 ans, de 1901 à 1944. En « état de veille », il disait généralement ne pas se souvenir ce qu’il avait dit pendant les transes. Les lectures expliquent comme son inconscient avait accès à des informations restées cachées à son esprit conscient.

Il faut savoir que dans son enfance Edgar Cayce connut deux événements étranges que lui et ses parents s’étaient dépêchés d’oublier. En fait, ce fut un écolier médiocre que son père aidait dans ses devoirs. Un soir, alors qu’après trois heures de travail il ne savait toujours pas sa leçon, son père exaspéré lui donna une gifle et sortit se calmer. Quand son père revint il trouva son fils endormi sur son livre et furieux le renvoya dans sa chambre. Et là surprise, Edgar lui dit qu’il connaissait maintenant sa leçon et qu’il avait eu seulement besoin de dormir un peu. Le père vérifia que la leçon était sue par cœur, illustrations comprises, jusqu’à la numérotation des pages. Mais en même temps, c’est là que l’enfant comprit qu’il lui suffisait de dormir sur ses livres pour les savoir par cœur.

L’autre événement étrange se passe dans la cour de l’école : un ballon vint frapper brutalement l’enfant dans le dos. Le soir, de retour à la maison, il se sentit tout étrange. S’étant couché, il sombra dans l’inconscience. Et puis, tout d’un coup, dans son sommeil, il se mit à parler à voix haute, informant sa mère qu’il avait reçu un choc : ce ballon dans le dos. Il demanda ensuite à sa mère de lui mettre sur la nuque un cataplasme d’oignons et de maïs écrasés, disant que cela le guérirait. Sa mère fit ce qu’il demandait et le lendemain Edgar avait retrouvé la forme.

Plus tard, pour gagner sa vie il fut contraint à prendre de petits jobs pour améliorer ses ressources. C’était en 1900 et il devint représentant en papeterie. Ces pérégrinations mal payées le fatiguaient beaucoup et il se résolut à consulter un médecin qui lui prescrivit des calmants, A peine les eût-il pris qu’il tomba dans un grand état d’hébétude. Errant dans les rues, il fut ramassé par une patrouille. A son réveil, il voulut parler mais aucun son ne sortit de sa bouche. Plusieurs médecins se succédèrent à son chevet, sans qu’ils ne trouvent une solution. Il était devenu complètement aphone et fut déclaré incurable par le corps médical.

Il se trouva que dans sa ville eut lieu une conférence sur l’hypnose animée par un professeur de grande renommée. Edgar s’y rendit et le professeur lui proposa de le soigner. Il accepta et il fut convenu que la séance aurait lieu chez un médecin de la ville. Il entra facilement en état hypnotique et durant son sommeil, il répondit à voix haute aux questions qu’on lui posait. Toutefois, sitôt réveillé, sa voix ne répondait plus.

Un de ses amis, Al Layne lui suggéra qu’il était sans doute résistant à ces séances d’hypnose puisqu’il était capable de s’endormir tout seul comme il le voulait et de se guérir lui-même. Il lui proposa aussi de faire un nouvel essai. Edgar y consentit, s’allongeant sur son canapé, il s’endormit. Alors son ami lui dit : « Regardez à l’intérieur de votre corps et décrivez ce qui ne va pas au niveau de votre gorge… Parlez d’une voix normale ». Et voici ce que Layne s’entendit répondre, à haute et intelligible voix : « Oui, nous voyons le corps, nous constatons une paralysie partielle des cordes vocales, provoquée par une trop forte tension nerveuse. Il faudrait suggérer au corps d’amplifier la circulation du sang dans la zone malade, pendant quelques minutes ».

Layne reformula cette suggestion et les assistants constatèrent, à ce moment-là, une subite rougeur sur la gorge de Cayce. Cela dura deux ou trois minutes. Puis, on entendit Cayce endormi affirmer : « La maladie est guérie, maintenant suggérez à la circulation sanguine de revenir à l’état normal, puis au corps de se réveiller ». Et c’est ainsi que lorsqu’Edgar ouvrit les yeux, il ouvrit également la bouche et réentendit le son de sa propre voix.

Al Layne voulut tenter une expérience par rapport à lui-même qui avait depuis longtemps des problèmes d’estomac. Il demanda à Edgar de l’aider à guérir. Ils refirent ensemble une séance, pour Layne cette fois, qui avait pris le soin de préparer une liste de questions à poser. Cependant, comme Edgar ne connaissait rien à la médecine, il repoussa la liste demandant à Layne d’utiliser la même méthode qui avait fonctionné pour lui-même, reprenant les termes que Cayce avait utilisés dans son sommeil : « Vous avez devant vous, présent dans la pièce, le corps d’Al Layne, vous allez l’examiner. Vous direz les causes de ses maladies et suggérerez les remèdes ». Alors, la voix d’Edgar énuméra tous les symptômes et les moyens d’y remédier. Quelques jours passèrent et Layne informa Edgard qu’il était guéri et que tout allait bien, au grand étonnement de son entourage qui voulut également consulter Edgard. C’est alors que Layne suggéra à son ami d’ouvrir un cabinet ensemble et de recevoir les malades. Cayce n’était pas emballé par cette suggestion mais finit par accepter, à condition qu’il ne voit jamais le patient, ni ne connaisse son nom avant de s’endormir.

Le bouche à oreille fit le reste et les patients vinrent en foule. Layne prenait les rendez-vous et préparait les remèdes indiqués car il avait une grande connaissance des plantes médicinales. Il avait également étudié l’ostéopathie. Mais de son côté Edgar vivait dans l’angoisse car il redoutait d’être accusé d’exercice illégal de la médecine s’il venait à provoquer une seule mort, risquant d’être accusé d’assassinat. Cependant, chaque fois qu’il décidait d’arrêter les consultations, il perdait sa voix. Pour la retrouver, il devait se consulter lui-même et sa propre voix lui disait qu’il devait accepter de recevoir de nouveaux patients. Il poussait les scrupules à ne pas vouloir recevoir d’argent, refusant même toute forme de rémunération car il considérait que c’était là le prix de l’honnêteté absolue. Mais en même temps les siens vivaient chichement.

Ce n’est qu’à partir de 1924 qu’Edgar Cayce se résigna à être un guérisseur médiumnique. Il renonça donc à la photographie, se consacra à la clientèle et se résolut à demander des honoraires. Par la suite, des amis lui suggérèrent d’avoir un hôpital à lui, entouré de médecins comprenant ses traitements et sachant les appliquer tels qu’il le demandait. Après bien des difficultés pour trouver l’argent nécessaire. Grâce à l’aide financière d’un jeune agent de change de New York, l’hôpital Cayce fut construit à Virginia Beach où Edgar et sa famille finirent par s’installer en 1924. Aujourd’hui encore, c’est là que se trouve l’A.R.E. (Association for Reaserch and Enlightment), ainsi que la Fondation Cayce.

 

Thème astral d’Edgar Cayce né le 18 mars 1877, à 15 h 20, à Hopkinsville, Kentucky, USA

En 1923, Cayce vit venir à lui, non pour des problèmes de santé, un certain Lammers qui s’interrogeait sur des questions auxquelles, pensait-il, un médium pouvait répondre. Il interrogea Cayce sur l’astrologie, la cabale et l’alchimie. Cayce qui ne s’était jamais posé ce genre de questions ne sut que lui répondre. Mais Lammers qui était très généreux, lui offrit beaucoup d’argent pour qu’il lui consacre quelques séances pour que Cayce lui consacre quelques séances pour des réponses à ses questions. Cayce finit par accepter et ils se retrouvèrent, accompagnés d’une secrétaire chargée de transcrire les lectures en sténo. C’est d’ailleurs grâce à ces transcriptions sténographiques que Cayce fut un jour reconnu.

Lammers voulut commencer par l’astrologie. Edgar n’était pas vraiment emballé car il n’y connaissait strictement rien. Pourtant, une fois endormi, il analysa tout haut le thème de Lammers. Celui-ci était tout excité car il lui dit que Cayce avait fait allusion à d’autres vies qu’il aurait vécues avant celle-ci. On demanda le concours de la secrétaire qui fit la lecture des notes qu’elle avait prises. Cayce affirmait que Lammers en était à sa troisième vie et qu’il avait été moine autrefois. Cayce fut atterré par ce qu’il avait proféré car c’était aussi la première fois qu’il exprimait l’idée de réincarnation.

Les patients affluèrent pour lui demander des lectures psychiques et, au fil des cas, Cayce abordait aussi bien l’astrologie et la numérologie, que la science des couleurs et le pouvoir guérisseur des plantes et même la réincarnation. Il évoquait également les effets dans la vie actuelle de comportements tenus par la personne dans des vies intérieures. Toutes ces lectures étaient consignées par sa secrétaire dans des rapports aujourd’hui propriété de la Fondation Cayce que d’actuels chercheurs du monde entier consultent encore.

En 1931, Edgar Cayce fit un rêve qu’il interpréta comme un encouragement à fonder un groupe de guérison par la prière. Ce groupe existe toujours et on continue à se réunir pour méditer, prier et imposer les mains sur ceux qui désirent être guéris.

Edgar Cayce croyait que ce qu’il proférait en état de transe était vrai seulement dans la mesure où cela menait à une vie meilleure pour les personnes à qui ses informations étaient destinées : « Si elles aident à faire de meilleurs maris, de meilleurs businessmen, de meilleurs voisins, de meilleurs artistes, de meilleurs hommes d’église, alors adhérez-y, sinon rejetez-les ». De plus, Cayce invitait souvent son auditoire à tester ses suggestions plutôt que de les accepter parce qu’ils croyaient en lui.

Ensuite, Edgar Cayce encouragea tout le monde à interpréter et utiliser ses propres rêves dans la vie et tous les jours. Une lecture de rêves incluait l’interprétation par Cayce des rêves de ses clients. Comme il le faisait dans des lectures sur d’autres sujets, Cayce interrompait souvent le consultant qui racontait le rêve pour donner une interprétation immédiate. Parfois, il complétait des parties de rêves que le rêveur avait oubliées.

Cayce acceptait l’astrologie en supposant que les âmes humaines passaient du temps sur d’autres planètes entre deux incarnations. Il disait que la position des planètes à la naissance témoignait de ces influences. Cependant, Cayce n’approuvait pas le spiritisme ou la médiumnité parce que les entités contactées ainsi n’étaient pas nécessairement particulièrement élevées. Au lieu de cela, il encourageait les chercheurs à se concentrer sur le Christ.

Quant aux lectures médicales de Cayce, elles prescrivent des cataplasmes, souvent d’huile de ricin, des ajustements ostéopathiques, l’irrigation du côlon, des massages aussi, souvent avec de l’huile d’arachide, des remèdes traditionnels comme les comprimés de charbon de bois, ainsi que les diverses formes de médecine électrique ou des spécialités pharmaceutiques. Il faisait des recommandations spécifiques au sujet du régime alimentaire et préconisait l’exercice et la prière.

Cayce fut souvent vu comme un praticien de médecine holistique et en particulier des liens philosophiques forts avec la naturopathie. Un livre résume les traitements de Cayce. Il s’agit de « The Edgar Cayce Remedies » du docteur William Mac Garey paru en 1983. En 1994, ce livre, fondé sur 35 ans d’expérience médicale, a été traduit en français par Dorothée Kœchlin de Bizemont sous le titre « Les Remèdes d’Edgar Cayce » – Editions du Rocher.

Edgar Cayce fit de nombreuses recommandations diététiques et notamment d’éviter la consommation de viande rouge, et notamment le porc, l’alcool excepté le vin rouge, le pain blanc et les nourritures frites, mais au contraire de privilégier fruits et légumes, tout en évitant les féculents. Il disait qu’il fallait minimiser les nourritures acides. Il pensait qu’un repas par jour devrait être composé uniquement de légumes crus. Il affirmait que certains mélanges de nourriture étaient contre-indiqués, comme le café avec du lait ou du sucre, ou le jus de fruits avec le lait ou des céréales. Cependant, Edgar Cayce ne suivait pas à la lettre ce régime.

Edgar Cayce fut souvent considéré comme l’un des plus grands mystiques des Etats-Unis. Si au début de ses « lectures » il entrait en transe par hypnose et répondait aux questions relatives à une personne, elles évoquaient aussi la santé physique. Par la suite, ses conseils se diversifièrent allant jusqu’à porter sur les vies antérieures, l’interprétation des rêves, les phénomènes psychiques ou la santé mentale, puis elles évoluèrent vers le développement spirituel, la prière, la méditation ; il fut d’ailleurs toute sa vie membre des Disciples du Christ, une église protestante… Et puis, il eût même un avis sur l’Atlantide et pourrait être à l’origine de l’idée qu’un jour la Californie pourrait être « submergée ».

Ces idées furent largement reprises par le courant New Age. Cependant, les sceptiques ont toujours douté et doutent toujours de ses prouesses psychiques, tout comme les Chrétiens conservateurs se posent moult question sur on orthodoxie. Louis Pauwels relate sa biographie dans « Le Matin des Magiciens » et le décrit comme un homme très simple, de faible formation intellectuelle mais cependant capable en état de sommeil de prescrire une solution médicale à tout malade qu’on lui soumettait. Ses dons viendraient d’une maladie contractée à l’âge de 5 ans qui eut pour conséquence de l’entraîner dans un coma profond. Il aurait alors, à voix haute et malgré son âge, donné au médecin la cause de son état et le type traitement à lui appliquer. Au seuil de sa vie, il prédira le jour et l’heure de sa mort. Il était atteint d’une maladie incurable qu’il ne voulut pas désigner. Il est décédé le 3 janvier 1945 à Virginia Beach, aux Etats-Unis.

Il existe toujours des adeptes d’Edgar Cayce. La plupart se trouve aux Etats-Unis et au Canada. Cependant, on compte des centres Edgar Cayce dans pas moins de vingt-cinq pays dans le monde. L’Association for Research and Enlightenment – A.R.E. « Association pour la Recherche et l’Enseignement spirituel » se trouve à Virginia Beach et se charge de promouvoir les travaux de Cayce, tout en conservant ses « lectures ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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EMPEDOCLE… PHILOSOPHE… MEDECIN… ET ASTROLOGUE

(6.5 - Biographie d'Astrologues célèbres) par sylvietribut le 22-08-2012

Empédocle serait né à Agrigente, en Sicile, en 495 avant Jésus-Christ. Il était issu d’une famille aristocratique. Doté d’une forte personnalité, ce fut un homme d’Etat, un médecin, un poète. On disait même qu’il accomplissait des miracles. Il était d’ailleurs considéré comme un mystique, un guérisseur et bien sûr un philosophe. Il fut disciple de Pythagore et d’Héraclite. Il fit partie de l’Ecole d’Elée, tout comme Parménide et Pythagore.

  

Empédocle – Fresque de Signorelli – Duomo d’Orvieto – Ombrie – Italie

Ce fut aussi un ardent démocrate et un homme de grand génie et c’est pourquoi les habitants d’Agrigente lui offrirent la couronne de la ville après la chute de la tyrannie. Mais modeste, il la refusa. Par la suite, comme il avait des idées politiques bien différentes des autres, il fut contraint de s’exiler. Il voyagea donc entre Italie du sud et Grèce.

Les premiers philosophes grecs, en particulier ceux de l’école ionienne, avaient tour à tour proposé comme éléments fondamentaux, la source de toutes choses, l’Eau, l’Air, la Terre et le Feu. Comme le médecin Hippocrate, Empédocle pense que le monde est composé de quatre éléments : le Feu, l’Air, la Terre et l’Eau. Cependant, il soutint que ces quatre éléments n’étaient pas hiérarchisés, mais qu’ils se combinaient grâce à l’amour qui les unissait, et à la discorde qui les séparait. Cette conviction fut presque unanimement admise par les penseurs de la Grèce antique, et Platon l’exposa dans le Timée.

  

La Théorie des Quatre Eléments vue par Empédocle

 Ces éléments sont, selon Empédocle, éternels, immuables et doués de conscience. Rien n’est crée, rien n’est détruit, tout se transforme selon la proportion de ces quatre éléments dans une même chose. Il affirme que les rapports sont réglés par deux forces : l’amour et la haine, qui les unissent et divisent tour à tour.

C’est Claude Ptolémée qui appliqua la théorie des quatre éléments à l’astrologie dont il fut le codificateur au début de l’ère chrétienne. Il attribua chaque élément à trois signes, c’est ce qu’on nomme la triplicité. Les quatre éléments répondent aux apparences et aux états de la matière. En effet, la Terre est le principe et le support de l’état solide et de la sécheresse. L’eau, quant à elle, est principe et support de l’état liquide et du froid. L’air représente l’état volatil et gazeux et le Feu répond à la fois à la notion de fluide léger, mais est aussi support symbolique de la lumière, de la chaleur et des affinités. Voilà comment Empédocle, ses contemporains et ses successeurs, percevaient les éléments de l’Univers.

Cette doctrine donna naissance à une école médicale, connue sous le nom de Philistion, où les propriétés de ces mêmes éléments : le chaud du Feu, le froid de l’Air, l’humidité de l’Eau et le sec de la Terre, étaient considérées comme les forces actives dont une certaine combinaison dans l’organisme déterminait la santé, le degré d’intelligence et les divers tempéraments ou caractères.

Ce qu’Empédocle apporte à cette classification de l’Univers, c’est le fruit de sa méditation sur l’harmonie de toutes choses, philosophie dynamique de la nature fondée sur le rapport Amour/Haine. Il soutenait que pour que les deux tendances soient liées en elles, il fallait commencer par les séparer et que tout changement avait lieu soit par combinaison, soit par dissociation des éléments. Il affirmait qu’il existait deux puissances actives : l’une qui les réunit quand elles sont séparées, c’est l’Amour ; l’autre, qui les sépare quand ils sont réunis, c’est la Haine. Enfin, il était un état où tout était uni par l’Amitié, le « sphaïros ». Il était convaincu que même si la Haine prévalait parfois sur l’Amour, ou bien le contraire, tout ramenait quand même au sphaïros. Pour Empédocle, ce rapport entre l’Amour et la Haine signifiait que le monde était toujours en devenir passant par l’unité et par la séparation.

Cependant, Empédocle s’inspira de plusieurs autres philosophes tels qu’Héraclite ou Pythagore. On le définit donc comme « éclectique ». C’est aux Ioniens qu’il prit sa théorie des quatre éléments : Air, Terre, Eau, Feu. Et c’est aux Eléates prendra l’idée que ces éléments sont confondus dans l’unité du tout, théorie qui connut un certain succès jusqu’à l’époque de la chimie moderne. Au milieu du Ve siècle avant Jésus-Christ, Empédocle tenta de concilier la permanence des substances avec le changement perpétuel des apparences de l’Univers. Pour lui ce qui apparaît comme le commencement ou la fin d’un être n’est qu’une illusion. En réalité, il n’y a rien que mélange, réunion de plusieurs substances. Les éléments dont toutes les choses sont composées consistent en quatre substances différentes, incréées et impérissables : Eau, Terre, Feu, Air.

La théorie des éléments est loin d’être absurde et arbitraire ; elle est née de l’observation du mouvement apparent au cours de l’année, quand la cosmologie était rudimentaire, et n’est que l’expression du bons sens : l’Eau correspond au mouvement déclinant du Soleil, qui s’achève au solstice d’hiver ; la Terre, au point vernal, ou équinoxe de printemps ; Le Feu, au mouvement ascendant du Soleil, trouvant son terme au solstice d’été ; l’Air, à l’équinoxe d’automne. Ce rythme solaire entretenait la succession des saisons, les travaux de la terre, l’aspect des cultures et modifiait le comportement des peuples tirant principalement leurs ressources de l’agriculture. 

 

Théorie des Humeurs

De là allait découler la théorie des Humeurs qui aura une application directe dans la Médecine et la théorie des Incompatibilités qu’on applique en Astrologie.

C’est Galien qui va appliquer à la médecine la théorie des quatre éléments ou « humeurs peccantes », connue également sous le nom « d’humorisme » comme le formula Galien : les quatre humeurs, bile, pituite ou atrabile, sang et lymphe, sont à l’origine de toutes les maladies quand elles sont altérées ou en surabondance dans l’organisme humain. A la fin du XVIIe siècle, Pinel et Broussais combattirent cette conception, jusque-là admise par la majorité des physiologistes Au XXe siècle, sous l’influence des travaux de Richet, on y est revenu sous une forme un peu différente.

En astrologie, la théorie des humeurs sert, depuis Ptolémée, à esquisser le profil psychologique. La bile correspond au Feu (Bélier, Lion, Sagittaire), la pituite à la Terre (Taureau, Vierge, Capricorne), le sang à l’Air (Gémeaux, Balance, Verseau) et la lymphe à l’Eau (Cancer, Scorpion, Poissons). Enfin, on parle d’Incompatibilité lorsqu’il y a dissonance entre la planète maîtresse d’un signe de nature élémentaire donnée transite dans un signe d’une nature opposée. On tient compte aussi parfois des incompatibilités entre planètes dites féminines et planètes dites masculines.  

Pour en revenir à Empédocle, c’était un orateur hors pair. Il avait de plus la réputation d’être un savant, ce qui ne l’empêchait pas d’être un champion de courses de chars. Galien en parle comme le fondateur de l’école sicilienne de médecine, connue sous le nom de « Philistion », qui est à la base de sa doctrine des quatre éléments.

 Il était poète à ses heures et composa pour un ami « De la nature de l’Univers » et pour le peuple d’Acragas le poème « Purification ». Empédocle s’efforce d’y expliquer le monde sur des fondements scientifiques et rationnels, une œuvre de 400 vers.

  

Eruption de l’Etna

A la fin de sa vie, Empédocle décréta qu’il avait atteint l’état suprême puisqu’il était devenu à la fois philosophe, médecin et même faiseur de miracles. Ce n’était donc plus en mortel, mais un dieu immortel.

De nombreuses versions courent sur la mort d’Empédocle. La plus connue est celle selon laquelle il se suicida en se jetant dans le cratère de l’Etna, laissant sur le bord ses sandales. C’était en 435 avant Jésus-Christ. Une autre version affirme qu’Empédocle sauta dans le cratère de l’Etna pour prouver à ses disciples sa divinité et le volcan aurait, dit-on, recrachait une de ses sandales. 

Empédocle fut sans doute le plus étrange et les plus excentrique des Présocratiques. Il était, selon Nietzche : « la figure la plus bariolée de la philosophie ancienne ». 

«  Il s’habillait de vêtements de pourpre avec une ceinture d’or, des souliers de bronze et une couronne delphique. Il portait des cheveux longs, se faisait suivre par les esclaves et gardait toujours la même gravité de visage. Quiconque le rencontrait croyait croiser un roi » nous rapporte Favorinus d’Arles.

 

La sandale d’Empédocle 

Bibliographie

Dictionnaire de l’Astrologie – Jean-Louis Brau – Librairie Larousse – Les Dictionnaires de l’Homme du XXe siècle

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UN GRAND MEDECIN-ASTROLOGUE : PARACELSE

(6.5 - Biographie d'Astrologues célèbres) par sylvietribut le 13-05-2010

En réalité il se nommait Theophrastus Bombastus von Hohenheim. Il naquit en Suisse en 1493 et mourut à Salzbourg en 1541. Médecin et alchimiste, il ne dédaignait pas de plonger dans l’occultisme pour donner un sens à la nature qui l’entourait. Ainsi mit-il au point sa « Théorie des signatures ». Pour lui, l’ordre divin était partout et il suffisait de regarder attentivement pour le découvrir. Avant lui, Saint Hildegarde de Bingen avait déjà pressenti ces étranges coïncidences et elle a beaucoup contribué à la connaissance des plantes médicinales.

Orphelin de mère, le jeune Theophraste grandit à l’ombre de l’abbaye bénédictine d’Einsiedeln. Il est d’abord formé par son père, médecin et professeur d’alchimie. Puis, boudant l’enseignement traditionnel, il devient l’élève de Trithème, un bénédictin extrêmement versé dans les connaissances de l’alchimie, de l’astrologie et surtout de la Kabbale. Lorsqu’il quitte son maître Trithème, à l’âge de vingt-deux ans, Paracelse a saisi le lien commun qui unit ces trois disciplines : le monde est un dans son essence et « tout évolue vers une transmutation définitive de toute imperfection en une radieuse unité ». C’est en 1515 qu’il obtient son grade de docteur à l’Université de Ferrara, après avoir fréquenté diverses universités dont Vienne et Bologne.

                                                                                          paracelse 

Ce portrait est connu pour être celui de Paracelse, par Metsys Quentin, XVIe siècle – Musée du Louvre à Paris

Très vite Paracelse va donner ses lettres de noblesse à ce qu’on appela la « théorie des signatures ». Il préconisait que c’est par une simple observation directe que l’on pouvait découvrir le mode d’emploi des plantes. Un cadeau fait à l’homme en quelque sorte, un présent de Dieu, à ceux qui voulaient bien faire l’effort de voir les choses cachées derrière les choses. Il n’y aurait donc qu’à observer la forme des végétaux, leur couleur, le lieu où ils poussent, pour en déduire les applications que l’on peut en tirer. 

C’est ainsi que les plantes « signent » leur usage. « Tout ce que la nature crée, écrivait-il, elle le forme à l’image de la vertu qu’elle entend y attacher ». Un exemple : le saule. Cet arbre pousse dans les zones humides, aux bords des étangs et des marais. Il doit alors soigner les maladies provoquées par ce milieu. C’est pourquoi Paracelse le préconisait pour soigner les rhumatismes et les fièvres.  

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Un usage confirmé par la science qui a découvert dans le saule un des constituants principaux de l’aspirine, la salicyline. Le colchique, dont le bulbe ressemble à un orteil touché par la goutte, devait, selon la même logique, soigner cette maladie. Et le colchique possède bel et bien un principe actif capable de soulager les atteintes de goutte. De la même manière, la rhubarbe préconisée aujourd’hui encore pour favoriser les sécrétions biliaires, contient un suc jaune comme la bile. Autre exemple, « la racine de satyrion (orchis) est formée comme les organes génitaux de l’homme, elle promet donc de restaurer par voie magique la puissance et les désirs sexuels. Hélas, le système ne fonctionne pas à tous les coups.

Médecin de génie, Paracelse fut aussi un grand alchimiste. Il est d’ailleurs considéré comme le père de la médecine spagyrique, c’est-à-dire qui s’attache à mettre l’accent sur le principe vital en toute chose. Sa thérapie, qui obtenait des résultats surprenants, se basait sur la corresponde entre le monde extérieur macrocosmos, influencé par les planètes, et les différentes parties de l’organisme humain, c’est-à-dire le microcosmos. Dans un de ses ouvrages, il écrit : « Nous sommes à l’image de Dieu, mais aussi à l’image du ciel tel qu’il était disposé au moment de notre naissance. On éviterait bien des problèmes si on savait, avant de soigner un malade, quel est son thème astral.  

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Comme de nombreux médecins formés à l’université qui exerçaient à cette époque en Europe, Paracelse fut aussi astrologue. Et l’astrologie jouait un rôle très important dans la médecine de Paracelse. Dans ses « Neuf livres del’Archodoxe », il consacra plusieurs chapitre à l’usage de talismans pour guérir les maladies, proposant des talismans pour différentes maladies ainsi que des talismans pour chaque signe du zodiaque. Il a aussi inventé un alphabet appelé « Alphabet des Mages » pour graver le nom des anges sur les talismans.

Paracelse était aussi un grand alchimiste. Il connaissait les mines de cuivre de Villach, les mines de fer de la Suède et les mines d’argent de Schwaz, tant sur l’aspect pratique, médical, que sur l’aspect technologique, alchimique. Il a résumé ainsi sa pensée : « Beaucoup ont dit que l’objectif de l’alchimie était la fabrication de l’or et de l’argent. Pour moi, le but est tout autre, il consiste à rechercher la vertu et le pouvoir qui réside peut-être dans les médicaments ». Il fait donc de la philosophie hermétique ou de l’iatrochimie (médecine hermétique), pas de l’alchimie proprement dite. Johann Huser, un de ses éditeurs, a montré que Paracelse n’a écrit aucun livre d’alchimie au sens traditionnel du terme.

Les théories de Paracelse continuent à séduire. Les Historiens se débattent encore, mais l’avènement de la distillation semble avoir contribué au changement. La technique s’est imposée à la fin du Moyen Age dans la communauté des alchimistes, de nombreux produits naturels ont été testés. A partir des substances naturelles comestibles, tels le fenouil, la noix de muscade et les clous de girofle, les chimistes obtiennent toujours trois types de produits : un fluide volatil, ou « esprit », une substance huileuse, enfin un résidu solide. 

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Paracelse remplace les quatre Eléments (Terre, Eau, Air, Feu) par trois substances ou plutôt en ajoutant le Sel aux deux substances jusqu’alors admises (soufre et Mercure), il place les trois Substances dans les quatre Eléments :

« Parmi toutes les substances, il en est trois qui donnent à chaque chose leur corps, c’est-à-dire que tout corps consiste en trois choses. Les noms de celles-ci sont : Soufre, Mercure, Sel. Si ces trois choses sont réunies, alors elles forment un corps… La vision des choses intérieures, qui est le secret, appartient aux médecins… Prenez l’exemple du bois. Celui-ci est un corps en lui-même. Brûlez-le. Ce qui brûlera, c’est le Soufre, ce qui s’exhale en fumée, c’est le Mercure ; ce qui reste en cendres, c’est le Sel…Ce qui brûle, c’est le Soufre ; celui-là (le Mercure) se sublime, parce qu’il est volatil ; la troisième Substance (le Sel) sert à constituer tout corps ».

Quand l’alchimie décompose une chose en ses constituants, le principe sulfureux se sépare comme une huile combustible ou une réside, le principe mercuriel vole comme une fumée ou se manifeste comme un liquide volatil, enfin le principe salé demeure, comme une matière cristalline ou amorphe indestructible.

Les médecins se convainquent alors que la digestion n’est pas une cuisson, comme ils l’avaient soutenu précédemment, mais une fermentation.

Pour la préparation des médicaments, Paracelse cherche le principe actif, la quintessence. « La quintessence d’une plante est si efficace qu’une demie-once opère plus que cent de la plante en son état naturel ». Paracelse accepte donc l’alchimie comme art médical pour préparer des remèdes (modus praeparandi rerum medicinalium), mais pas comme technique transmutatoire (alchimia transmutatoria).

Paracelse est souvent considéré comme le père de la toxicologie. Il a écrit : « Tout est poison, rien n’est sans poison, ce qui fait le poison c’est la dose ». Cela signifie que des substances souvent considérées comme toxiques peuvent être anodines ou même bénéfiques à petites doses ; inversement, une substance en principe inoffensive comme l’eau peut s’avérer mortelle si on l’absorbe en trop grande quantité. Il a vu que le mercure soigne la syphilis, mais mal dosé le mercure tue.

Paracelse est également le précurseur de la médecine psychosomatique. On lui attribue la première mention clinique ou scientifique de l’inconscient. Il a écrit :

« Ainsi, la cause de la maladie connue sous le nom de chorée est une simple question d’opinion et d’idée, suscitée par l’imagination, affectant ceux qui croient à ce qui leur a été suggéré. Cette idée et cette opinion sont à l’origine de la maladie à la fois chez les enfants que chez les adultes. Dans le cas des enfants c’est aussi l’imagination, fondée non pas sur la réflexion mais sur la perception, parce qu’ils ont entendu ou vu quelque chose. La raison est la suivante : la vue et l’ouïe sont si forts qu’ils ont inconsciemment fantasmé sur ce qu’ils ont vu ou entendu ».

Il pressentit l’organothérapie, c’est-à-dire l’utilisation des tissus, glandes ou organes à l’état naturel ou sous forme d’extraits : « Prends du fiel de bœuf pour la cirrhose hépatique et de l’extrait de splénique (de rate) pour les obstructions de la rate ».

Paracelse va également insister sur la conscience du médecin, son honnêteté, son sentiment de responsabilité, sa mission : « Je vous recommande de ne pas être âpre au gain, de mépriser le superflu et la fortune, de voir quelquefois des malades gratuitement, préférant le plaisir de la reconnaissance à celui d’un vain luxe… On ne peut point aimer la médecine sans aimer les hommes ».

Il dit encore « Tu ne dois pas seulement regarder l’homme, mais aussi la nature et ce que cache le ciel… Car l’homme en est composé ». Dans ses « Commentaires des Aphorismes d’Hippocrate », Paracelse écrit : « Le médecin ne doit pas trop se vanter : il a un maître au-dessus de lui, et c’est le temps, qui joue avec lui comme le chat avec la souris ».  Il prévient aussi : « Le médecin doit savoir ce que veut la nature et qu’elle est le Premier Médecin. L’homme vient ensuite ». 

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Bibliographie :

Les Plantes et leurs Vertus – Marie Borrel – Editions du Chêne                  

Plantes et Santé n°98 de janvier 2010 – Dossier « L’astrologie des Plantes ».

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