UN GRAND MEDECIN-ASTROLOGUE : PARACELSE

(6.5 - Biographie d'Astrologues célèbres) par sylvietribut le 13-05-2010

En réalité il se nommait Theophrastus Bombastus von Hohenheim. Il naquit en Suisse en 1493 et mourut à Salzbourg en 1541. Médecin et alchimiste, il ne dédaignait pas de plonger dans l’occultisme pour donner un sens à la nature qui l’entourait. Ainsi mit-il au point sa « Théorie des signatures ». Pour lui, l’ordre divin était partout et il suffisait de regarder attentivement pour le découvrir. Avant lui, Saint Hildegarde de Bingen avait déjà pressenti ces étranges coïncidences et elle a beaucoup contribué à la connaissance des plantes médicinales.

Orphelin de mère, le jeune Theophraste grandit à l’ombre de l’abbaye bénédictine d’Einsiedeln. Il est d’abord formé par son père, médecin et professeur d’alchimie. Puis, boudant l’enseignement traditionnel, il devient l’élève de Trithème, un bénédictin extrêmement versé dans les connaissances de l’alchimie, de l’astrologie et surtout de la Kabbale. Lorsqu’il quitte son maître Trithème, à l’âge de vingt-deux ans, Paracelse a saisi le lien commun qui unit ces trois disciplines : le monde est un dans son essence et « tout évolue vers une transmutation définitive de toute imperfection en une radieuse unité ». C’est en 1515 qu’il obtient son grade de docteur à l’Université de Ferrara, après avoir fréquenté diverses universités dont Vienne et Bologne.

                                                                                          paracelse 

Ce portrait est connu pour être celui de Paracelse, par Metsys Quentin, XVIe siècle – Musée du Louvre à Paris

Très vite Paracelse va donner ses lettres de noblesse à ce qu’on appela la « théorie des signatures ». Il préconisait que c’est par une simple observation directe que l’on pouvait découvrir le mode d’emploi des plantes. Un cadeau fait à l’homme en quelque sorte, un présent de Dieu, à ceux qui voulaient bien faire l’effort de voir les choses cachées derrière les choses. Il n’y aurait donc qu’à observer la forme des végétaux, leur couleur, le lieu où ils poussent, pour en déduire les applications que l’on peut en tirer. 

C’est ainsi que les plantes « signent » leur usage. « Tout ce que la nature crée, écrivait-il, elle le forme à l’image de la vertu qu’elle entend y attacher ». Un exemple : le saule. Cet arbre pousse dans les zones humides, aux bords des étangs et des marais. Il doit alors soigner les maladies provoquées par ce milieu. C’est pourquoi Paracelse le préconisait pour soigner les rhumatismes et les fièvres.  

saule

Un usage confirmé par la science qui a découvert dans le saule un des constituants principaux de l’aspirine, la salicyline. Le colchique, dont le bulbe ressemble à un orteil touché par la goutte, devait, selon la même logique, soigner cette maladie. Et le colchique possède bel et bien un principe actif capable de soulager les atteintes de goutte. De la même manière, la rhubarbe préconisée aujourd’hui encore pour favoriser les sécrétions biliaires, contient un suc jaune comme la bile. Autre exemple, « la racine de satyrion (orchis) est formée comme les organes génitaux de l’homme, elle promet donc de restaurer par voie magique la puissance et les désirs sexuels. Hélas, le système ne fonctionne pas à tous les coups.

Médecin de génie, Paracelse fut aussi un grand alchimiste. Il est d’ailleurs considéré comme le père de la médecine spagyrique, c’est-à-dire qui s’attache à mettre l’accent sur le principe vital en toute chose. Sa thérapie, qui obtenait des résultats surprenants, se basait sur la corresponde entre le monde extérieur macrocosmos, influencé par les planètes, et les différentes parties de l’organisme humain, c’est-à-dire le microcosmos. Dans un de ses ouvrages, il écrit : « Nous sommes à l’image de Dieu, mais aussi à l’image du ciel tel qu’il était disposé au moment de notre naissance. On éviterait bien des problèmes si on savait, avant de soigner un malade, quel est son thème astral.  

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Comme de nombreux médecins formés à l’université qui exerçaient à cette époque en Europe, Paracelse fut aussi astrologue. Et l’astrologie jouait un rôle très important dans la médecine de Paracelse. Dans ses « Neuf livres del’Archodoxe », il consacra plusieurs chapitre à l’usage de talismans pour guérir les maladies, proposant des talismans pour différentes maladies ainsi que des talismans pour chaque signe du zodiaque. Il a aussi inventé un alphabet appelé « Alphabet des Mages » pour graver le nom des anges sur les talismans.

Paracelse était aussi un grand alchimiste. Il connaissait les mines de cuivre de Villach, les mines de fer de la Suède et les mines d’argent de Schwaz, tant sur l’aspect pratique, médical, que sur l’aspect technologique, alchimique. Il a résumé ainsi sa pensée : « Beaucoup ont dit que l’objectif de l’alchimie était la fabrication de l’or et de l’argent. Pour moi, le but est tout autre, il consiste à rechercher la vertu et le pouvoir qui réside peut-être dans les médicaments ». Il fait donc de la philosophie hermétique ou de l’iatrochimie (médecine hermétique), pas de l’alchimie proprement dite. Johann Huser, un de ses éditeurs, a montré que Paracelse n’a écrit aucun livre d’alchimie au sens traditionnel du terme.

Les théories de Paracelse continuent à séduire. Les Historiens se débattent encore, mais l’avènement de la distillation semble avoir contribué au changement. La technique s’est imposée à la fin du Moyen Age dans la communauté des alchimistes, de nombreux produits naturels ont été testés. A partir des substances naturelles comestibles, tels le fenouil, la noix de muscade et les clous de girofle, les chimistes obtiennent toujours trois types de produits : un fluide volatil, ou « esprit », une substance huileuse, enfin un résidu solide. 

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Paracelse remplace les quatre Eléments (Terre, Eau, Air, Feu) par trois substances ou plutôt en ajoutant le Sel aux deux substances jusqu’alors admises (soufre et Mercure), il place les trois Substances dans les quatre Eléments :

« Parmi toutes les substances, il en est trois qui donnent à chaque chose leur corps, c’est-à-dire que tout corps consiste en trois choses. Les noms de celles-ci sont : Soufre, Mercure, Sel. Si ces trois choses sont réunies, alors elles forment un corps… La vision des choses intérieures, qui est le secret, appartient aux médecins… Prenez l’exemple du bois. Celui-ci est un corps en lui-même. Brûlez-le. Ce qui brûlera, c’est le Soufre, ce qui s’exhale en fumée, c’est le Mercure ; ce qui reste en cendres, c’est le Sel…Ce qui brûle, c’est le Soufre ; celui-là (le Mercure) se sublime, parce qu’il est volatil ; la troisième Substance (le Sel) sert à constituer tout corps ».

Quand l’alchimie décompose une chose en ses constituants, le principe sulfureux se sépare comme une huile combustible ou une réside, le principe mercuriel vole comme une fumée ou se manifeste comme un liquide volatil, enfin le principe salé demeure, comme une matière cristalline ou amorphe indestructible.

Les médecins se convainquent alors que la digestion n’est pas une cuisson, comme ils l’avaient soutenu précédemment, mais une fermentation.

Pour la préparation des médicaments, Paracelse cherche le principe actif, la quintessence. « La quintessence d’une plante est si efficace qu’une demie-once opère plus que cent de la plante en son état naturel ». Paracelse accepte donc l’alchimie comme art médical pour préparer des remèdes (modus praeparandi rerum medicinalium), mais pas comme technique transmutatoire (alchimia transmutatoria).

Paracelse est souvent considéré comme le père de la toxicologie. Il a écrit : « Tout est poison, rien n’est sans poison, ce qui fait le poison c’est la dose ». Cela signifie que des substances souvent considérées comme toxiques peuvent être anodines ou même bénéfiques à petites doses ; inversement, une substance en principe inoffensive comme l’eau peut s’avérer mortelle si on l’absorbe en trop grande quantité. Il a vu que le mercure soigne la syphilis, mais mal dosé le mercure tue.

Paracelse est également le précurseur de la médecine psychosomatique. On lui attribue la première mention clinique ou scientifique de l’inconscient. Il a écrit :

« Ainsi, la cause de la maladie connue sous le nom de chorée est une simple question d’opinion et d’idée, suscitée par l’imagination, affectant ceux qui croient à ce qui leur a été suggéré. Cette idée et cette opinion sont à l’origine de la maladie à la fois chez les enfants que chez les adultes. Dans le cas des enfants c’est aussi l’imagination, fondée non pas sur la réflexion mais sur la perception, parce qu’ils ont entendu ou vu quelque chose. La raison est la suivante : la vue et l’ouïe sont si forts qu’ils ont inconsciemment fantasmé sur ce qu’ils ont vu ou entendu ».

Il pressentit l’organothérapie, c’est-à-dire l’utilisation des tissus, glandes ou organes à l’état naturel ou sous forme d’extraits : « Prends du fiel de bœuf pour la cirrhose hépatique et de l’extrait de splénique (de rate) pour les obstructions de la rate ».

Paracelse va également insister sur la conscience du médecin, son honnêteté, son sentiment de responsabilité, sa mission : « Je vous recommande de ne pas être âpre au gain, de mépriser le superflu et la fortune, de voir quelquefois des malades gratuitement, préférant le plaisir de la reconnaissance à celui d’un vain luxe… On ne peut point aimer la médecine sans aimer les hommes ».

Il dit encore « Tu ne dois pas seulement regarder l’homme, mais aussi la nature et ce que cache le ciel… Car l’homme en est composé ». Dans ses « Commentaires des Aphorismes d’Hippocrate », Paracelse écrit : « Le médecin ne doit pas trop se vanter : il a un maître au-dessus de lui, et c’est le temps, qui joue avec lui comme le chat avec la souris ».  Il prévient aussi : « Le médecin doit savoir ce que veut la nature et qu’elle est le Premier Médecin. L’homme vient ensuite ». 

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Bibliographie :

Les Plantes et leurs Vertus – Marie Borrel – Editions du Chêne                  

Plantes et Santé n°98 de janvier 2010 – Dossier « L’astrologie des Plantes ».

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