LES ZODIAQUES DE LA BASILIQUE DE SAINT-DENIS

(6.3.1 - En France) par sylvietribut le 19-06-2016

Si l’on s’en réfère à la « Vie de Sainte Geneviève », la sainte patronne de Paris, comme elle visitait le tombeau de Saint Denis, ce saint martyr, elle aurait trouvé qu’il était peu digne d’un personnage aussi valeureux. Elle va donc réussir à obtenir du clergé parisien d’acheter des terres sur le « vicus Catulliacus » et d’y faire édifier une chapelle entre 450 et 475. Cependant, l’endroit était déjà construit depuis le Bas-Empire. On y trouvait en effet une nécropole gallo-romaine. Selon une légende, Denis aurait été martyrisé sur l’emplacement de l’actuelle église Saint-Denys de la Chapelle. Un récit qui remonte au Ve siècle, raconte qu’une chrétienne nommée Catulla aurait inhumé le corps du saint dans un champ lui appartenant. Et ce n’est que par la suite qu’un mausolée aurait été élevé, devenant rapidement l’objet d’un culte. La présence de plusieurs sarcophages d’aristocrates en attesterait. Quant à la Légende dorée de Jacques de Voragine, elle popularise le mythe de Saint Denis qui, après sa décollation, se serait relevé et aurait marché, la tête dans les mains, jusqu’au lieu où il voulait être enterré, dans le cimetière gallo-romain de Caolacus, que Sainte Geneviève aurait retrouvé. 

LA BASILIQUE DE SAINT-DENIS

La basilique Saint-Denis à Saint-Denis en Seine-Saint-Denis

Par la suite, et pendant douze siècles, la basilique de Saint-Denis sera la nécropole des rois de France. Les mausolées vides de leurs cendres sont pour la plupart sans authenticité. Cependant, quelques-uns subsistent et sont très intéressants d’un point de vue artistique, comme le mausolée de Dagobert avec ses statues et bas-reliefs du XIIIe siècle, ainsi que la statue de la reine Mathilde qui est une des plus belles parmi celles qui nous viennent du Moyen Age. Il y a aussi le mausolée de Louis XII et d’Anne de Bretagne, œuvre de sculpteurs florentins (1517 à 1531) : vingt statues qui représentent les vertus cardinales, les douze apôtres et les défunts ; le tombeau d’Henri II et de Catherine de Médicis, de Pierre Lescot et de Germain Pilon ou encore le mausolée de François 1er, une des plus belles productions de la Renaissance. 

LA JUSTICE - BASILIQUE DE SAINT DENIS

La Justice, vertu cardinale – Basilique de Saint-Denis

Les vertus cardinales sont assises : il s’agit de la Justice dont l’épée a disparu qui correspond à la Balance, la Force tenant une colonne entre ses bras est qui en  analogie avec le Bélier, la Tempérance qui serait le Cancer et la Prudence dont le miroir a disparu n’est autre que le Capricorne. Ces quatre signes représentent les signes cardinaux du zodiaque.

Certains mausolées provenant d’autres églises ont été envoyés à Saint-Denis au cours du XIXe siècle, mais le vrai trésor de la basilique fut dispersé pendant la révolution, en 1793, puis en partie reconstitué par la suite.

SAINT DENIS

Saint Denis

La basilique Saint-Denis actuelle est une église de style gothique, située au centre de la ville de Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis, à environ 5 kilomètres au nord de Paris. Fondée en tant qu’abbatiale, elle a aujourd’hui le statut de « basilique mineure », mais elle est quand même la cathédrale du diocèse de Saint-Denis depuis 1966. Quant à l’ancienne abbaye royale de Saint-Denis, elle est associée à l’histoire du monde des Francs. Elle sera dénommée « basilique » dès l’époque mérovingienne et s’élève donc sur l’emplacement d’un cimetière gallo-romain, lieu de sépulture de Saint Denis martyrisé vers 250.

Le transept de l’église abbatiale, d’une ampleur exceptionnelle, fut destiné à accueillir les tombeaux royaux. C’est pourquoi elle est la nécropole des rois de France depuis les Robertiens et les Capétiens directs, même si plusieurs rois mérovingiens, puis carolingiens, ont également choisi avant eux d’y reposer.

LES POISSONS SUR LE VITRAIL DE LA BASILIQUE DE SAINT-DENIS

Le signe des Poissons du zodiaque de la rosace de la Basilique Saint-Denis

La basilique Saint-Denis a fait l’objet d’un classement au titre des Monuments historiques ès 1862. Le jardin qui l’entoure fut l’objet d’un classement au titre des Monuments historiques depuis le 19 août 1926.

BASILIQUE DE SAINT-DENIS - ZODIAQUE SUR LE VITRAIL

La rosace du zodiaque de la basilique de Saint-Denis

Outre les tombeaux des rois de France, la basilique abrite trois magnifiques zodiaques et les vitraux sont intéressants à observer. Ce sont des créations du XIXe siècle, commandées par les architectes Debret et Viollet-le-Duc. En effet, les verrières médiévales des fenêtres avaient été détruites pendant la Révolution pour récupérer le plomb. Ces vitraux racontent la légende de Saint Denis ainsi que plusieurs épisodes de l’histoire de la Basilique. Dans la nef, la longue galerie de rois et de reines débouche sur deux immenses roses. La rose sud est une structure de pierre de plus de 14 mètres de diamètre qui aurait servi de modèle à celle de Notre-Dame de Paris. Mais cette roue de lumière représente autour de la figure centrale de Dieu bénissant des anges et les douze signes du zodiaque suggérant la course du Soleil, accompagnée des vingt-quatre travaux agricoles qui ponctuent le cours de l’année. C’est le Verseau qui se trouve en haut. La  restauration de l’ensemble date de 1847.

LA BALANCE SUR LE ZODIAQUE AU SOL DE LA BASILIQUE DE SAINT-DENIS

La Balance sur le pavement de la Basilique de Saint-Denis

Un second zodiaque se trouve au sol, face à l’autel de l’église, il représente les douze signes du zodiaque qui s’alignent.

Quant au troisième zodiaque, il est extérieur et on le remarque au portail gauche de la façade ouest et date également du XIXe siècle. Ce sont des colonnes sculptées qui représentent également les signes du zodiaque associés aux mois et aux travaux.

PORTAIL AVEC SIGNE DU ZODIAQUE DE LA BASILIQUE DE SAINT DENIS

Portail gauche avec zodiaque de la Basilique de Saint-Denis

 

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L’ASTROLOGIE DANS LA SALLE DU CONSEIL DU CHATEAU DE CHAUMONT-SUR-LOIRE

(6.3.1 - En France) par sylvietribut le 19-03-2016

On connait le château de Chaumont-sur-Loire, dans le Loir-et-Cher, pour son festival des Jardins. Cependant, le château vient de retrouver huit tapisseries datant de la fin du XVIe siècle dont sept constitue « la Tenture des Planètes et des Jours ». En 2006, elles avaient été décrochées en raison de leur dégradation. Elles nous reviennent de Belgique où elles ont été restaurées dans les ateliers de la Manufacture royale de Wit.

L’ensemble est de nouveau accessible au public dans la grande salle du Conseil du château, en harmonie avec un pavement de majolique, datant du XVIIe siècle, et provenant du Palais Collutio de Palerme en Sicile.. C’est là que les Princes de Broglie avaient installé, en 1889, cette tenture, due aux ateliers du Maître lissier Martin Reymbouts à Bruxelles. Elle avait été rachetée à des aristocrates ruinés qui avaient exigé que l’on préserve leur anonymat. Et à ce jour, le secret n’a jamais percé. L’ensemble a été classé au titre des Monuments Historiques en 1938 lors du premier inventaire au château. Le thème principal est l’astrologie.

CHATEAU DE CHAUMONT-SUR-LOIRE

Château de Chaumont-sur-Loire

Cette tenture des Planètes et des jours a sa pareille au Musée National de Munich. Elle représente des divinités romaines : Diane, représentation de la Lune, du Soleil, de Saturne, Vénus, Mars, Mercure et Jupiter, ces dieux correspondent, chacun, à une planète et à un jour de la semaine, tandis que les différents signes du zodiaque apparaissent sur les roues des chars des dieux. Chacune des huit tapisseries représente une divinité de l’antiquité romaine assise sur un char tiré par un animal fantastique ou réel, qui symbolise le déplacement des astres.

On note également que les activités représentées sur la tenture sont placées sous l’influence d’une des divinités dans des paysages champêtres et arborés. On reconnaît Diane, Saturne, Apollon, Vénus, Mars, et sur un fragment d’une autre tapisserie provenant du même atelier, Le Mariage, ainsi que Mercure et Jupiter.

Diane représente la Lune jeune. Elle est associée au lundi et son char porte dans ses roues le signe du Cancer. Déesse lunaire, elle porte un croissant de lune. Comme elle est aussi déesse de la chasse, elle arbore arc et carquois. Son char est tiré par deux dauphins. On se souvient que Diane est la sœur jumelle d’Apollon, le Soleil, son rôle est capital, car pour aller vers le soleil il faut passer par la Lune. Le cyprès, arbre de l’éternité lui est consacré, ainsi que tous les animaux sauvages et en particulier la biche, qui l’accompagne toujours dans ses errances à travers les prés et les bois.

Mars est associé au mardi. Il possède également un char dont les roues portent les signes du Bélier et du Scorpion dont la tradition astrologique veut que la planète gouverne ces deux signes. Dieu de la prospérité et de la guerre, on le représente avec un casque et un bouclier, attribut lui permettant de diriger le siège d’une ville. Son char est tiré par deux loups symbolisant le héros guerrier, mais également la naissance de Rome, avec Romulus et Remus, deux enfants qui devaient être noyés mais qui finalement seront sauvés par une louve.

MERCURE - TAPISSERIE DU CHATEAU DE CHAUMONT-SUR-LOIRE

Mercure sur son char tiré par deux coqs

Mercure, son jour, c’est le mercredi, et les roues de son char portent les deux signes du zodiaque dont il a la maîtrise : les Gémeaux et la Vierge. Son char est tiré par deux coqs, le volatile appartenant au bestiaire de Mercure. Celui-ci est le fils de Jupiter, à la fois messager des dieux, dieu du commerce mais aussi des voleurs. Lui-même n’avait-il pas volé le troupeau de bœufs blancs et magnifiques d’Apollon. On le reconnaît facilement car aux pieds il porte des ailettes, sa chevelure est entourée d’une bandelette et il est coiffé du pétase, un chapeau orné lui aussi de deux ailes. Il tient en main le caducée, une baguette de laurier ou d’olivier, surmontée également de deux ailes qui évoquent l’activité et de deux serpents entrelacés qui symbolisent la prudence.

Jupiter représente le jeudi. Son char porte dans ses roues les deux signes du zodiaque dont il a la maîtrise, les Poissons et le Sagittaire. Ce char était tiré par deux paons, symboles solaires, dont la queue en forme de roue lorsqu’elle est déployée évoque le ciel étoilé. C’est le roi de l’Olympe, le dieu de la lumière. Il présidait à tous les phénomènes célestes comme les saisons, les tempêtes. On le représente avec une grande barbe tenant dans une main le sceptre, symbole de son autorité, et dans l’autre, le foudre composé de trois éclairs : le premier pour avertir, le second pour punir et le dernier pour la fin des temps, afin de détruire le monde.

Vénus est associée à vendredi et dans les roues de son char on trouve les signes zodiacaux de la Balance et du Taureau. Il est conduit par son fils, Cupidon, et est tiré par deux colombes, symbole de pureté et de fidélité, qui ne sont quand même pas les points forts de Vénus. En effet, elle trompe sans complexe son mari Vulcain, dieu de la forge, avec Mars, le dieu de la guerre. C’est la déesse de la beauté et des plaisirs de la vie. Dans un fragment de la tapisserie du château de Chaumont-sur-Loire représentant le mariage, Vénus est accompagnée de son fils Cupidon.

LES PARQUES

Les Parques

A ses pieds se tient un chien, symbole également de fidélité. La scène, au centre, représente Hyménée tenant une torche, accompagnée par l’Abondance, la Paix, mais aussi les trois Parques, divinités qui présidaient à la destinée dans l’ancienne religion romaine, Ce sont des fileuses mesurant la vie des hommes et tranchant leur destin. Elles sont le symbole de l’évolution de l’univers, du changement nécessaire qui commande aux rythmes de la vie et qui impose l’existence de la fatalité de la mort. La plus jeune, Nona ou Clotho, dont le nom signifie « filer » fabrique et tient le fil des destinées humaines. Elle est vêtue d’une longue robe de diverses couleurs et porte une couronne formée de sept étoiles. Elle tient une quenouille qui descend du ciel vers la terre. La seconde, c’est Decima ou Lachésis dont le nom grec signifie « sort » ou « action de tirer au sort ». C’est elle qui déroule le fil et qui le met sur le fuseau. Ses vêtements sont souvent parsemés d’étoiles. On la reconnaît au grand nombre de fuseaux épars autour d’elle. Enfin, la troisième, c’est Morta ou Atropos et son nom se traduit par « inévitable ». Elle coupe impitoyablement le fil qui mesure la durée de la vie de chacun. Elle est représentée comme la plus âgée des trois sœurs. Près d’elle, on remarque plusieurs pelotes de fil plus ou moins garnies, suivant la longueur ou la brièveté de la vie mortelle qu’il mesure.

Quant à Saturne, il est associé au samedi et sur les roues de son char figurent également deux signes du zodiaque : le Capricorne et le Verseau. Ce char est tiré par deux dragons. Il est le dieu du temps, et de l’agriculture. Fils du ciel et de la terre, il doit respecter un pacte avec son frère, Titan, en faisant périr ses nouveau-nés mâles. Son épouse, Rhéa, réussira à sauver Jupiter qui, devenu adulte, détrônera son père et le chassera du ciel.

PRESENTATION DES TAPISSERIES TENTURES DES DIEUX ET DES JOURS APRES LEUR RESTAURATION AU CHATEAU DE CHAUMONT SUR LOIRE

Apollon, le Soleil, apparaît sur son char tiré par quatre chevaux

Et puis, il reste Apollon, le Soleil, qui est associé au dimanche. Son char porte dans ses roues le signe zodiacal du Lion. Il est tiré par quatre chevaux symbolisant les quatre directions de l’espace. Il est le frère de Diane, la Lune. Mais lui, il est le dieu du Soleil, du jour, des oracles, de la médecine et des Arts.

Enfin, dans ce château de Chaumont-sur-Loire on peut visiter la chambre de Ruggieri qui était l’un des astrologues préférés de la Reine Catherine de Médicis. On appelle ainsi cette chambre en raison du signe qu’on trouve sur le manteau de la cheminée et interprété comme un signe cabalistique. Pourtant, il s’agit vraisemblablement du monogramme codé de Diane de Poitiers. Catherine de Médicis était la femme d’Henri II et venait de Florence en Italie, elle appartenait à la célèbre famille des Médicis. Quant à Diane de Poitiers, elle était la favorite de ce même roi de France, Henri II. C’est Catherine de Médicis qui cèdera le château à Diane de Poitiers à la mort du Roi.

DIANE DE POITIERS ET CATHERINE DE MEDICIS

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LE ZODIAQUE DANS LA CATHEDRALE D’AUTUN EN BOURGOGNE

(6.3.1 - En France) par sylvietribut le 19-02-2016

La cathédrale Saint-Lazare à Autun est classée parmi les plus belles de France par la richesse de la sculpture romane de ses chapiteaux et de son tympan, que l’on doit à l’artiste Gislebertus. C’est la seule cathédrale en majeure partie romane en Bourgogne. Elle fut pourtant construite comme église de pèlerinage pour vénérer les reliques de Saint Lazare. Curieusement, son apparence extérieure est celle d’une cathédrale gothique. Elle est située en haut de la ville dans les remparts romains.

C’est le tympan qui est bordé, sur l’extérieur, par une série d’une trentaine de médaillons circulaires où alternent des scènes de travaux symbolisant les saisons et les signes astrologiques.

TYMPAN DE LA CATHEDRALE D'AUTUN AVEC ZODIAQUE

Le tympan de la cathédrale Saint-Lazare d’Autun

De gauche à droite, et dans le sens des aiguilles d’une montre, on distingue :

  • Tout d’abord on remarque un motif floral à six pétales, suivi d’un disque qui représente le soleil d’où rayonnent alternativement huit épis et huit feuilles ;
  • On rencontre deux personnages qu’on appelle l’un le prévoyant car il porte un épi et l’autre l’imprévoyant qui semble pleurer dans ses habits ;
  • Ensuite, sans doute, une référence au tarot avec le Sage, peut-être en habit de prêtre, accompagné du Fou, tout dénudé ;
  • Apparaît le mois de Janvier représenté par un paysan se coupant un morceau de pain en se chauffant au feu ;

LE VERSEAU DE LA CATHEDRALE D'AUTUN

Le Verseau de la cathédrale d’Autun

  • C’est le Verseau qui inaugure ce zodiaque : un personnage vêtu d’une simple cape verse de l’eau ;
  • Ce Verseau est suivi de février avec un paysan assis sur une chaise se chauffant au coin du feu ;
  • Ce Verseau est suivi de la représentation des Poissons, tête-bêche, capturés par une même ligne de pêche ;
  • Vient ensuite l’illustration du mois de Mars qu’un paysan taillant la vigne, ou un arbre fruitier, symbolise ;

BELIER DE LA CATHEDRALE D'AUTUN

Le Bélier de la cathédrale d’Autun

  • Ces Poissons sont suivis du Bélier, et Avril est représenté par un paysan nourrissant une chèvre et un mouton, peut-être pour les mener au champ ;
  • Le Taureau ouvre la porte au mois de Mai : un chevalier se prépare à l’exercice ; il mène son cheval. Derrière lui, on voit son bouclier et sa bannière accrochée à une lance.

LES GEMEAUX DE LA CATHEDRALE D'AUTUN

Les Gémeaux de la cathédrale d’Autun

  • Les Gémeaux : deux jeunes hommes nus tenant chacun une bannière.
  • Apparaît alors ce qui symbolise le Solstice d’été : un homme assis règne sur le cycle annuel.
  • Le Cancer est représenté par une énorme écrevisse. Les travaux de juin sont montrés avec un personnage qui cueille et mange les fruits des arbres.
  • C’est alors qu’un Lion passe. Et en juillet on récolte le foin, d’ailleurs un homme aiguise sa faux.
  • La Vierge est symbolisée par un ange. Alors qu’un août, c’est le battage du blé. Un homme tient un fléau sur des gerbes de blé liées. Il est torse nu, les braies nouées pour éviter les piqûres du blé.

LA BALANCE DE LA CATHEDRALE D'AUTUN

La Balance de la cathédrale d’Autun

  • Avec la Balance, une femme vérifie l’équilibre de l’instrument. On est en septembre et un homme foule le raisin qu’il récolte de la main gauche.
  • Difficile de reconnaître le Scorpion avec cette sorte de crapaud à huit pattes. Octobre est symbolisé par un homme battant un chêne pour en faire tomber les glands afin de nourrir ses cochons.

LE SAGITTAIRE DE LA CATHEDRALE D'AUTUN

Le Sagittaire de la Cathédrale d’Autun

  • Puis c’est le Sagittaire : un Centaure tire à l’arc. Novembre est le mois du ramassage du bois mort pour l’hiver, un homme porte un fagot sur son dos.
  • Le Capricorne : c’est la figure mythologique à tête de bouc, ailes d’aigle et queue de poisson. Décembre est représenté par l’abattage des porcs.
  • Le demi-cercle se termine par un nouveau motif floral à six pétales symétrique au premier.

LES POISSONS DE LA CATHEDRALE D'AUTUN

Les Poissons de la cathédrale d’Autun

Quant à l’horloge astronomique, elle date de 1751. Elle a été réalisée par un artisan nommé Cattin. Elle avait remplacé une horloge plus ancienne datant de 1484. Malheureusement, elle n’indique plus aujourd’hui que la position du Soleil et les heures légales. Le mécanisme des phases de la Lune est arrêté depuis très longtemps.

On peut voir cette belle horloge astronomique près de l’entrée latérale de la cathédrale, peinte sur le mur.

AUTUN - CATHEDRALE SAINT-LAZARE - HORLOGE ASTRONOMIQUE

Horloge astronomique de la cathédrale Saint-Lazare d’Autun

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UN LIEU ESOTERIQUE ET MYTHIQUE… LOCRONAN EN BRETAGNE

(6.3.1 - En France) par sylvietribut le 20-07-2015

Locronan est une petite commune du département du Finistère en Bretagne, canton de Quimper. Son important patrimoine architectural, totalement préservé, a permis à ce village d’être reconnu  comme « petite cité de caractère »  et aujourd’hui Locronan a reçu le label de « plus beau village de France ». Autour de l’église, les toits du village sont des œuvres d’art. De sa belle époque, le village a conservé une place centrale pavée, ornée d’un puits, avec la vaste église Saint-Ronan, et ses maisons Renaissance en granit.

LOCRONAN

Locronan et ses maison Renaissance en granit

Locronan est aussi célèbre pour sa Grande Troménie, une procession se déroulant autour des limites d’un ancien espace sacral, devenu un « minihi », c’est-à-dire que « Tro minihi » est devenu « Troménie », et cela tous les six ans. Entre deux grandes Troménies se déroule annuellement la petite Troménie, le second dimanche de juillet.

Bien que le rituel contemporain de la Troménie soit éminemment catholique, son circuit aurait des racines celtiques, d’ailleurs la forêt de Nevet conserve la trace toponymique d’un nemeton, espace sacré dans lequel les druides officiaient.

LOCRONAN - LE GRAND CARRE

Le carré de la Grande Troménie à Locronan

Ce site de Locronan est un véritable sanctuaire naturel, le parcours de la Grande Troménie, un carré, illustrant les douze mois de l’année celtique que découpent les douze stations du chemin de la Troménie. La première station est située à l’ouest du bourg de Locronan, consacrée à Saint Eutrope, illustrant en fait le 1er novembre qui est l’entrée dans la saison sombre, le Samain du calendrier celtique et le Scorpion de notre calendrier ; la quatrième station, située près d’une fontaine dans la vallée du Styvel, à l’endroit le plus bas du parcours, représenterait le 1er février, point médian du semestre hivernal celtique et dédiée aujourd’hui à Sainte Anne, c’est la station la plus proche de Sainte-Anne-la-Palud. Elle était par le passé dédiée à Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle, héritière catholicisée de la déesse celte Brigit. Elle correspond à notre signe du Verseau. La septième station, située dans l’angle nord-est du carré que constitue le parcours, près du hameau de Leustec, est dédiée à Saint Jean l’Evangéliste et évoquerait le 1er mai de l’année celtique, moment symbolique où, dans ce calendrier, on passe de la saison sombre à la saison claire. Voilà qui correspond au Taureau du zodiaque. La dixième station, dédiée à Saint Ronan et située à l’endroit le plus haut du parcours à « Plas arCorn », la place de la Corne, représenterait le 1er août, le milieu de la saison claire, date à laquelle les Irlandais fêtent « Lugnasad » qu’on traduit par « l’assemblée de Lug » et escaladent en procession le « Croagh Patrick ». Dans cette hypothèse, Saint Ronan serait donc un avatar du dieu Lug, dieu suprême du panthéon celtique, solaire et lumineux. Pour notre zodiaque, cela correspond au signe du Lion. Et vous aurez reconnu aussi les quatre angles du thème : Ascendant/Descendant, Milieu du Ciel/Fond du Ciel.

LA FONTAINE DE LOCRONAN

Locronan – La Fontaine Saint-Eutrope et la Chapelle Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle

Il y a donc des correspondances entre les alignements des mégalithes, dont certains ont disparu aujourd’hui, et l’emplacement des stations de la Troménie, avec l’existence d’un « centre astronomique » situé au milieu du carré que forme le parcours de la Troménie près du hameau de Menec et qui montre des analogies avec des rituels de l’Inde védique, et même avec le rituel de la fondation de Rome : attelage de bœufs qui ouvre des sillons de quatre côtés, qui ne sont pas sans rappeler l’attelage de bœufs qui conduisait le corps de Saint Ronan selon la « Vita Romani » et prouverait que ce rituel de la Grande Troménie aurait même des racines indo-européennes.

Il semblerait que la Troménie joue de deux systèmes différents : dans le premier, qu’on pourrait qualifier d’astronomique, le chemin sacré ou parcours de la Grande Troménie aurait été aménagé de telle sorte qu’en le découpant en douze tronçons de même longueur, image d’autant de mois lunaires, on se trouve par topographie en accord constant avec la course apparente du soleil aux moments du temps correspondant. Ainsi, le calcul révèle que les deux points où le chemin sacré bifurque, du nord à l’est en bas de la vallée, et inversement du sud vers l’ouest au sommet de la cime sacrée, correspondent exactement, en distance parcourue, aux positions des deux solstices d’hiver et d’été. Alors que dans le second, c’est la conception mythique du temps qui l’emporte, inspiré du calendrier celtique.

LOCRONAN - LA GRANDE TROMENIE - TRAJET DE 12 KM

La Grande Troménie – Un trajet de 12 km

Enfin, l’itinéraire qui part de la chapelle du Pénity et suit les anciens sentiers censés avoir été empruntés par Saint Ronan lui-même, est marqué par douze « stations majeures » de la « voie sacrée », veillées par un fabricien muni d’une cloche pour signaler sa présence et 44 reposoirs constitués en huttes de branchages recouverts de draps blancs et abritant des statues venant de Locronan et des paroisses voisines, n’est pas sans rappeler les douze signes du zodiaque, à moins qu’il ne s’agisse des douze Maisons du thème astral :

  • Première station : Saint Eutrope
  • Deuxième station : Le Père éternel, statue de l’Ecce Homo
  • Troisième station : Saint Germain d’Auxerre
  • Quatrième station : Sainte Anne la Palud
  • Cinquième station : Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle, une chapelle lui est dédiée à Locronan
  • Sixième station : Saint Milliau
  • Septième station : Saint Jean l’Evangéliste
  • Huitième station : Saint Guénolé
  • Neuvième station : Saint Ouen
  • Dixième station : « Pla sar c’horn », le lieu de la corne, commémore l’endroit où la corne du bœuf de Saint Ronan se brisa
  • Onzième station : Saint Théleau
  • Douzième station : Saint Maurice.

LOCRONAN - FINISTERE

Locronan en Bretagne

 

 

 

 

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L’ASTROLOGIE DANS LES MONUMENTS… LA BASILIQUE DE VEZELAY

(6.3.1 - En France) par sylvietribut le 24-11-2013

Fondée au IXe siècle, le monastère passe en 1050 sous l’invocation de Sainte Marie-Madeleine dont il conserve les reliques. Les miracles qui se produisent sur le tombeau de la sainte attirent bientôt une telle foule de pénitents qu’il faut agrandir l’église carolingienne. En 1120, un violent incendie éclate la veille du 22 juillet, jour de grand pèlerinage, détruisant toute la nef et tuant plus de mille pèlerins. Les travaux reprennent aussitôt et la nef est rapidement reconstruite puis, vers le milieu du XIIe siècle, l’avant-nef ou narthex sont terminés. Il en sera de même en 1215 pour le chœur romano-gothique et le transept sont terminés.

Un autre problème attend Vézelay. En effet, au VIIe siècle, un autre lieu de pèlerinage affirmait détenir les reliques de Sainte-Marie-Madeleine : la Sainte-Baume en Provence. A la fin du XIIIe siècle, le différend qui oppose les deux sites les amène à faire appel au Pape, qui invite à se référer à la tradition la plus ancienne : les pèlerinages à Vézelay s’espacent donc, les foires et les marchés perdent de leur importance. Il faudra attendre 1920 pour que l’ancienne abbatiale, devenue église paroissiale en 1791, devienne basilique.

BASILIQUE DE VEZELAY

Le tympan de la basilique de Vézelay

Quoi qu’il en soit la basilique de Vézelay est un joyau architectural et un livre d’ésotérisme ouvert en permanence. En effet, c’est en 1976, après plus de huit siècles, que l’un des pères franciscains chargés depuis 1966 de la desserte du sanctuaire de Vézelay, Hugues Delautre, découvre que non seulement l’axe d’orientation de la basilique, mais aussi sa structure interne, ont été déterminés en tenant compte de la position de la terre par rapport au soleil. Ainsi, chaque année, la fête de Saint Jean-Baptiste révèle les dimensions cosmiques de l’église : au plein midi du solstice d’été, quand le soleil est en culmination par rapport à la terre, la lumière venue des fenêtres sud projette des flaques lumineuses qui s’établissent dans le plein milieu de la nef avec une rigoureuse précision. En même temps, les archives franciscaines datant du XVIe siècle nous apprennent que la basilique occupe une colline au nom évocateur de « Monte Scorpio ». Une vision aérienne de la colline permet de comprendre pourquoi un tel nom, elle n’a ni plus ni moins que la forme de cet arachnide. Autre singularité, le 22 juillet, date anniversaire de Marie-Madeleine, on peut constater que la constellation du Scorpion se trouve juste au-dessus de la Basilique. Marie-Madeleine n’est autre que la prostituée de l’Evangile, personnage de la mythologie Scorpion.

On peut également constater que la construction de la basilique a connu de nombreuses transformations. Mutations et transformations sont le propre de la symbolique du Scorpion. Elle commence par occuper la vallée, au pied de la colline, avant de trouver sa place définitive au sommet de ce Mont Scorpion. De même, son fondateur va connaître une profonde évolution. Il s’appelait Girard de Roussillon, il était le vassal du Roi de France, c’est-à-dire qu’il servait le Roi militairement. Il va abandonner sa fonction martienne de guerrier pour se consacrer à la construction d’un monastère. Quant à moi, c’est un Scorpion qui m’a fait visiter Vézelay et ses environs.

VEZELAY - NARTHEX - TYMPAN CENTRAL

Basilique de Vézelay – Narthex Tympan central

Le tympan du portail central est l’un des plus grands chefs-d’œuvre de l’art roman en France. Il représente la création historique de l’Eglise, avec le Christ bénissant les apôtres et leur assignant leur mission de convertir les nations, thématique absolument unique dans l’art roman. Toute la scène tourne autour du Christ en gloire dont le visage impassible contraste avec sa position en forme d’éclair et le mouvement tourbillonnant de ses vêtements. Des rayons partent latéralement de ses mains en direction des douze apôtres, tel le soleil au centre d’un zodiaque. Les douze apôtres tiennent à la main le livre Sacré et sont prêts à partir aux quatre coins du monde. Ce monde est représenté dans toute sa diversité. On peut reconnaître d’abord deux apôtres en train d’écrire, puis les Juifs, les Cappadociens, les Arabes, les Cynocéphales censés habiter aux Indes, les Phrygiens, les Byzantins et les Arméniens. Dans la première voussure entourant ce tympan, on reconnaît les signes du zodiaque et les travaux correspondant à la période de l’année : en Sagittaire, en décembre, on tue le cochon… en Bélier, en avril, on taille la vigne… Les douze signes et ces douze travaux évoquent aussi bien les douze travaux d’Hercule, que le temps et les 24 heures.

La basilique de Vézelay est entrée au patrimoine mondial de l’humanité de l’Unesco en 1979.

Vézelay se trouve aux confins du Morvan et occupe les pentes et le sommet d’une colline qui domine la vallée de la Cure, dans le département de l’Yonne, en Bourgogne. L’origine du nom est certainement « Visiliacum », de « ves », désignant une montagne et que l’on pourrait rapprocher de celle du Vésuve… le volcan… nous voilà de nouveau dans le monde du Scorpion. Et puis, c’est ici que se rejoignent la terre et le ciel. 

A la grande époque du pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle, la ville abrita jusqu’à 10 000 personnes dans les maisonnettes et caves de pèlerins, le long de ses ruelles escarpées. Sauvée de la ruine par Prospère Mérimée, elle a repris sa vie de haut lieu de la spiritualité. 

« Voici le superbe, l’immense vaisseau dressé face à l’Est magnétique, fier et de si haut. Gardé par des bastions plus altiers encore au-dessus d’un énorme rocher, il vogue droit vers le soleil levant, l’éventre, l’éclabousse d’écume, s’en recouvre et, le soir, se charge d’or et de pourpre avant de s’enfoncer dans les étoiles, ah, Vézelay… » – Jules Roy

Chaque année, ce sont des centaines de milliers de visiteurs qui parcourent la butte. Colline éternelle, haut lieu de l’art chrétien. Vézelay est une colline inspirée où souffle l’Esprit. De nombreux intellectuels, écrivains et artistes, sont venus ici et ont même pris racine. Parmi les plus connus : Théodore de Bèze, Romain Rolland, Paul Claudel, Pablo Picasso, Maurice Clavel, Max-Pol Fouchet, Jules Roy auteur notamment de « Vézelay ou l’amour fou ».

BOURGOGNE - SAINTE-MADELEINE DE VEZELAY - IXe SIECLE

Vézelay au Mont Scorpio

Bibliographie : Bourgogne – Guide Vert Michelin 

 

 

 

 

 

 

 

 

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L’ASTROLOGIE AU CHATEAU DE CHANTILLY

(6.3.1 - En France) par sylvietribut le 21-10-2013

Henri d’Orléans, duc d’Aumale, fils du roi Louis-Philippe 1er, lègue en 1897 le château de Chantilly, avec l’ensemble de ses collections à l’Institut de France. Il abrite plusieurs salles aménagées en musée, ainsi que les anciens grands et petits appartements aménagés aux XVIIIe et XIXe siècle par les Princes de Condé et par le duc d’Aumale lui-même.

Chateau de Chantilly

Château de Chantilly

Le Musée Condé présente une collection de peintures anciennes qui compte parmi les plus importantes de France. Elle est principalement constituée d’œuvres italiennes et françaises, dont trois tableaux de Fra Angelico et trois de Raphaël pour la peinture italienne et cinq peintures de Nicolas Poussin, quatre d’Antoine Watteau et cinq signés Ingres, pour la France. Ce Musée de Condé abrite aussi un cabinet de 2 500 dessins et une bibliothèque comportant 1 500 manuscrits dont 200 sont enluminés. Le plus célèbre d’entre eux : les Très Riches Heures du Duc de Berry. S’y ajoutent des collections d’estampes, de portraits miniatures, de sculptures, d’antiquités, de photographies anciennes et d’arts décoratifs, meubles et porcelaine notamment.

L’ensemble de ces collections n’est visible qu’à Chantilly car le legs du duc d’Aumale interdit tout prêt des collections et aucune modification des salles d’exposition n’est par ailleurs possible. En conséquence, la muséographie n’a pratiquement pas changé depuis l’ouverture en 1898. Environ 250 000 visiteurs fréquentent le musée Condé chaque année. Quatre exposition temporaires sont organisées par an et permettent de voir une partie des œuvres conservées en réserve habituellement.

Les Très Riches Heures du Duc de Berry est un livre d’heures commandé par le duc Jean 1er de Berry et actuellement conservé dans ce Musée Condé à Chantilly, sous la cote Ms.65.

Ce livre d’heures fut commandé par le duc aux frères Paul, Jean et Herman de Limbourg vers 1410-1411. Inachevé à la mort des trois peintres et de leur commanditaire en 1416, le manuscrit fut probablement complété, dans certaines miniatures du calendrier, par un peintre anonyme dans les années 1440. Certains historiens de l’art y voient la main de Barthélemy d’Eyck. Mais c’est en 1485-1486 qu’il fut achevé dans son état actuel par le peintre Jean Colombe pour le compte du Duc de Savoie. Acquis par le Duc d’Aumale en 1856, il est toujours conservé dans son château de Chantilly et n’en peut sortir en raison des conditions du legs du Duc.

Après un oubli de trois siècles, les Très Riches Heures ont acquis rapidement une grande renommée au cours des XIXe et XXe siècle. Les miniatures ont contribué à façonner une image idéale du Moyen Age dans l’imaginaire collectif. C’est particulièrement le cas des images du calendrier, les plus connues, représentant à la fois des scènes paysannes, aristocratiques et des éléments d’architectures médiévales remarquables. Il s’agit de l’un des plus célèbres manuscrits enluminés.

 L'AUTOMNE - LES TRES RICHES HEURES DU DUC DE BERRY

Les Très Riches Heures du Duc de Berry – Septembre-Octobre

C’est certainement le calendrier, ensemble de miniatures, le plus célèbre du livre, si ce n’est de toutes les enluminures du Moyen Age. Présent dans tous les livres d’heures, le calendrier permet au lecteur de repérer la prière correspondant au jour de l’année et à l’heure de la journée. Sont ainsi notés : le nombre de jours dans le mois solaire et lunaire, les jours et le saint qui leur correspondent, ainsi que les fêtes religieuses. De plus, la durée de chaque jour précise son nombre d’heures et de minutes.

Il prend cependant ici une importance particulière : pour la première fois, il est illustré de miniatures de pleines pages. Par ailleurs, le calendrier inclut des données astronomiques qui atteignent un degré de précision jamais atteint jusqu’alors. Est indiqué notamment un nombre d’or, pour la première fois encore, servant au calcul des dates des nouvelles et pleines lunes. C’est en effet une des premières applications de la proposition de réforme du calendrier faite par Pierre d’Ailly qui préfigure le futur calendrier grégorien. Ces détails peuvent s’expliquer par l’intérêt porté par le commanditaire à l’observation des astres et à l’astrologie.

Chaque miniature est surmontée des signes zodiacaux correspondant au mois en cours, inscrits dans un demi-cercle. Ils sont entourés d’inscriptions astrologiques inscrites dans de petites cases, au-dessus et en-dessous. Cependant, quatre des miniatures correspondant à Janvier, Avril, Mai et Août, sont vierges d’inscription. Lorsqu’elles sont présentes, ces inscriptions contiennent elles aussi des informations astronomiques très détaillées. Au centre de ce demi-cercle, est représenté à chaque fois le dieu Apollon dans son char. Cette représentation est en grande partie inspirée d’un revers d’une médaille byzantine acquise par le duc de Berry, mentionnée dans un de ses inventaires, et représentant l’empereur Héraclius dans un char semblable.

L’HOMME ANATOMIQUE

On trouve cette miniature à la fin du calendrier. Un tel thème ne se retrouve dans aucun autre livre d’heures de cette époque. Elle représente l’influence des astres sur l’homme. Il se peut qu’elle soit inspirée d’ouvrages traitant de médecine ou d’astrologie. Plusieurs manuscrits avaient déjà représenté un homme dont les différentes parties du corps sont reliées à un des douze signes du zodiaque. L’originalité tient ici dans le dédoublement de l’homme et la double mandorle qui l’entoure, dans laquelle sont reproduits à nouveau les signes du zodiaque.

ASTROLOGIE ET SANTE AU MOYEN AGE

L’Homme-zodiaque

Dans chaque coin supérieur de la miniature sont peintes les armes du Duc de Berry : « Trois fleurs de lys d’or sur fond d’azur avec bordure engrêlée de gueule ». Dans chaque coin inférieur, on trouve le chiffre « VE » ou « UE » enlacés. Ces lettres ont fait l’objet d’interprétations diverses : il s’agit soit d’une allusion aux premières lettres d’une devise du duc « En Vous » ; soit d’une allusion à la première et dernière lettre du nom « Ursine ». Ce nom fait lui-même l’objet d’une double interprétation : soit Saint Ursin, le patron du duché de Berry, soit le nom d’une maîtresse que le duc aurait connu en captivité en Angleterre. Ce nom se retrouve dans les symboles héraldiques parlants qui parsèment à plusieurs reprises les marges du manuscrit : l’ours et le cygne.

Chaque coin est complété par quatre inscriptions latines décrivant les propriétés de chaque signe du zodiaque selon les quatre complexions : chaud, froid, sec ou humide ; les quatre tempéraments : colérique, mélancolique, sanguin et flegmatique et les quatre points cardinaux : « Le Bélier, le Lion et le Sagittaire sont chauds et secs, colériques, masculins, orientaux », en haut à gauche. « Le Taureau, la Vierge et le Capricorne sont froids et secs, mélancoliques, féminins, occidentaux », en haut à droite ; « Les Gémeaux, la Balance et le Verseau sont chauds et humides, masculins, sanguins, méridionaux » en bas à gauche ; « Le Cancer, le Scorpion et les Poissons sont froids et humides, flegmatiques, féminins et septentrionaux », en bas à droite.

La miniature datant d’avant 1416 est attribuée à l’un des frères de Limbourg. 

RAMPE DU CHATEAU DE CHANTILLY

Le Bélier – Rampe de l’escalier du Château de Chantilly

 

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L’ASTROLOGIE AU CHATEAU DE CHAREIL-CINTRAT DANS L’ALLIER

(6.3.1 - En France) par sylvietribut le 21-09-2013

Chareil-Cintrat est une toute petite commune de l’Allier qui compte à peine 400 habitants. Elle résulte de la fusion, en 1830, de deux paroisses existant avant la Révolution et devenues deux communes distinctes : Chareil et Cintrat. Voilà qui suggère une identité Gémeaux ou Vierge… C’est la Vierge qui l’emporte quand on sait que ce bourg se situe dans la zone viticole de Saint-Pourçain. Double encore par rapport aux rivières qui le traversent. C’est d’abord la Bouble, affluent de la Sioule, et le Boublon qui se jette dans la Bouble, en rive droite, sur le territoire du village. Quoi qu’il en soit, le bourg principal, où se trouvent la mairie et l’église, est sur le territoire de Chareil. De plus, il est situé sur un plateau dominant le site du château et de l’ancienne église Saint-Blaise. L’occupation de ce site est d’ailleurs attestée au moins depuis l’époque gallo-romaine et a été favorisée par l’existence à cet endroit d’une source abondante.

CHATEAU DE CHAREIL-CINTRAT 2

Le Château de Chareil-Cintrat

Toutefois, c’est le château de Claude Morin, dit Château du Bas-Chareil, qui retient l’attention. Il fut édifié au XVIe siècle. Son décor intérieur évoque le style de la seconde Renaissance française. Les salles sont ornées de peintures murales des années 1560-1570. Inspirées de l’antique, elles représentent des thèmes mythologiques, astrologiques et un ensemble de grotesques exceptionnel en France par son ampleur et sa conservation. L’ensemble a valu au château de Chareil-Cintrat un classement au titre des Monuments historiques en 1958, après une première inscription en 1930. C’est en 1958 que le château devient propriété de l’Etat. Il est actuellement géré par le Centre des monuments nationaux.

CHATEAU DE CHAREIL-CINTRAT 

Décors des pièces au château de Chareil-Cintrat

Située au pied d’une colline, la terre de Chareil fut à l’origine un des fiefs de la Maison de Bourbon. Par droit de succession, le château de Chareil échut, au début du XVIe siècle, à Claude Morin, contrôleur ordinaire des guerres, pour qui furent effectués les décors peints inspirés de l’Antique. En 1954, l’Etat se porte acquéreur du château et entreprend des travaux de restauration.

chateau-de-chareil_cintrat - L'astrologue

L’astrologue dans le décor à fresques du château de Chareil-Cintrat

La décoration sculptée est ordonnée selon les trois registres d’architecture : ionique, dorique et corinthien. Les percements intérieurs sont ornés d’encadrements appareillés. Les peintures murales forment un ensemble d’une exceptionnelle qualité par leur inspiration, leur homogénéité et l’élégance de certains tableaux.

Par ailleurs, on trouve sur une étendue de deux hectares les anciens cépages traditionnellement cultivés dans le vignoble de Saint-Pourçain. Ce qui a permis la création d’un Conservatoire de la vigne et du vin dont l’objectif est de conserver et de faire connaître les savoir-faire liés à la culture de ces anciens cépages. On est bien dans le monde de la Vierge.

Château et Conservatoire sont ouverts à la visite toute l’année.

VIGNOBLE DE CHAREIL-CINTRAT

La vigne à Chareil-Cintrat

 

 

 

 

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ASTROLOGIE DANS LES MONUMENTS… ZODIAQUE EN SAINTONGE

(6.3.1 - En France) par sylvietribut le 21-09-2012

Il est une petite église romane en Saintonge, en Charente Maritime, près de Saint-Jean-d’Angély, au cœur du village de Fenioux qui présente à elle seule un petit musée de sculptures : un étonnant zodiaque où chaque signe est associé à un mois et au travail correspondant, les vertus terrassant les vices, les vierges sages et les vierges folles,  l’agneau pascal soutenu par des anges, ainsi qu’une sublime lanterne des morts.

Il est probable que cette église ait été construite sur les bases d’un ancien édifice carolingien du IXe siècle dont une partie des murs semblent avoir été conservés sur la façade nord.

 

La façade de l’église de Fenioux en Charente Maritime

Le zodiaque se trouve sur la façade de l’église qui ne comporte qu’un seul portique. Cette porte est couronnée de cinq voussures en plein cintre. C’est la première voussure, la plus externe, qui présente le zodiaque.

La façade de l’église de Fenioux est datée des années 1150/1160. Les décors et sculptures s’inspirent d’une autre église, celle d’Aulnay, plus ancienne. On dirait que les sculpteurs de Fenioux se sont inspirés de ceux d’Aulnay. Il en est de même du zodiaque car à Aulnay aussi il y a un zodiaque. Ces deux zodiaques semblent d’ailleurs avoir été inspirés par ceux des églises de Notre-Dame-de-Paris, Notre-Dame-de-Chartres, Saint-Ursin de Bourges et la basilique de Vézelay.

La particularité du zodiaque de Fenioux, comme celui d’Aulnay ou même de Vézelay, ou encore de l’église des Saints Apôtres de Jérusalem, est qu’il débute avec le mois de janvier alors qu’au XIIe siècle, encore, l’usage était de commencer l’année avec Pâques et le signe du Bélier, à savoir entre le 22 mars et le 21 avril. Le 25 mars était d’ailleurs rappelé comme « l’usage de France » par le Concile de Reims de 1235.

 

Le zodiaque de l’église de Fenioux – Détail

Il existe plusieurs explications à cette coutume, à la fois astronomique, symbolique et religieuse à ce zodiaque.

Ce pourrait être la représentation figurée de la vie de l’homme : la naissance étant associée au début de l’année et au signe du Verseau qui, selon le poète grec Pindare, donne la vie à la Terre entière, alors que la mort associée à l’image du repos, sous les traits d’un homme assis, figure à la fin de l’année.

Sur le plan astronomique, il y aurait nécessité de commencer le zodiaque en janvier de telle sorte que le signe du Cancer soit au plus haut de la voussure, symbolisant ainsi la position du soleil au solstice d’été, avec le Christ glorieux qu’on perçoit dans la voussure juste au-dessus. Avec le Cancer, on trouve aussi la scène quotidienne de la fenaison. Le Lion, lui, est associé à la moisson. Ce qui suggère que l’époque plaçait le travail du paysan au plus haut, avec la bénédiction de l’Eglise.

 

Le Cancer du zodiaque de l’église de Fenioux

Notez que le crabe symbolisant le Cancer dans le zodiaque de l’église de Fenioux est un peu particulier. En effet, comme dans nombre d’églises romanes de Charente-Poitou et de Saintonge, c’est une tique des marées qui symbolise le signe. Il faut savoir que cette tique faisait alors de nombreuses victimes dans la population à l’époque.

Ces zodiaques des églises de campagne sont vraiment l’illustration tout autant des travaux saisonniers que des problèmes que les populations rencontraient.

 

Eglise Notre-Dame-de-Fenioux

 

 

 

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