LE VOCABULAIRE GUERRIER DE MARS

(6.1 - Etymologie) par sylvietribut le 10-04-2011

Mars était le dieu de la guerre chez les Romains. L’origine du mot Mars est latine : Martialis.  

De là a été tiré l’adjectif « martial » qui dénote une âme belliqueuse, ou bien qui qualifie un rapport au combat, à la guerre comme l’évoquent les arts martiaux.

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Mars le dieu de la guerre dans la Rome Antique  

Martial est également relatif, en biologie, au métabolisme du fer dans un organisme. Le fer est le métal que régit Mars, la planète. En médecine, on parle d’ailleurs d’un bilan martial pour l’analyse du dosage du fer dans l’organisme. Pour l’astrologue, le sang appartient au monde de Mars, la planète.

La couleur rouge sang caractéristique de Mars, la planète, lui valut dans l’Antiquité le rapprochement avec le dieu grec de la guerre Arès, puis avec son équivalent romain Mars, le rouge évoquant le sang des champs de bataille.

Toujours lié à l’adjectif « martial », on trouve également la « cour martiale » qui est un tribunal militaire, ou encore de « loi martiale » qui est une loi qui a cours en tant de guerre.

Ce qui est amusant, c’est que l’anagramme de « martial » est « marital »… La vie conjugale, la vie maritale, doit-elle être considérée comme un combat ?

Mardi provient du latin « Martis dies » qui signifie « jour de Mars ».

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Le mois de Mars des Très Riches Heures du Duc de Berry

Pourquoi le troisième mois de notre année s’appelle-t-il « Mars » ?  

A l’origine du calendrier romain, le mois de mars était le premier de l’année car le retour des beaux jours marquait le début de la période de la reprise de la guerre après l’hiver. Son nom vient du latin Martius, nom donné à ce mois par les Romains en l’honneur du dieu Mars, dieu de la guerre. Mars était d’ailleurs le plus important des dieux de la guerre honorés par les légions romaines. Son culte connaissait deux temps forts : au mois de mars et en octobre, ces deux mois marquant le début et la fin de la saison guerrière. Si l’équinoxe de printemps inaugure le signe du Bélier, signe où Mars se trouve en domicile, l’équinoxe d’automne initie le signe de la Balance, lieu d’exil de Mars, c’est-à-dire où l’agressivité martienne laisse le pas à la douceur vénusienne de la Balance.  

Par la suite, Janvier, mois d’élection des magistrats, devint le commencement de la nouvelle année, avec le solstice d’hiver et le signe du Capricorne, lieu d’exaltation de Mars. De ce fait, le mois de mars est devenu le troisième mois de l’année, et c’est ainsi que décembre, étymologiquement le dixième mois, est devenu le douzième. 

Le mot « mars », du latin Martis, apparaît également en vieux-latin et dans l’usage poétique sous la forme de « Mavors » ou « Mavortis ». Il est apparenté en langue osque à « Mamers » ou Mamertos. Les adjectifs formés sont donc « martius » et « martialis », dont proviennent, comme on vient de le voir, martial et les noms de personnes tels que « Martin ».   

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Mamers – Sous Préfecture de la Sarthe 

Ainsi, on peut penser que Mamers, petite sous-préfecture de la Sarthe, serait une ville ayant pu être consacrée au dieu Mars. D’après les études de Monsieur Verdier, Mamers aurait pour origine une villa romaine fondée par un certain Mamertus, qui n’a rien de commun avec son homonyme Saint Mamers. Installé sur une vieille voie de rive préhistorique qui suivait la Dive, l’immense domaine de Mamertus possédait au nord, une annexe à Jaillé qui s’étendait sur les deux rives de la rivière. Cependant, l’enceinte ovale de fossés et de talus de la « maison du maître », c’est-à-dire l’enceinte autour de l’actuelle Place Carnot, laisserait penser que Mamertus était gaulois d’origine.

Et pourtant, avant d’être les habitants de Mamers, les Mamertins désignaient les membres d’une colonie du peuple osque, originaire de Campanie, qui s’installèrent en Sicile, à Messine plus précisément, dont les habitants s’appellent aussi des Mamertins. Cela se passait sous le règne du tyran de Syracuse nommé Agathocle. Comme c’était l’usage, ces émigrants se plaçaient sous la protection d’un dieu, en l’occurrence le dieu Mars qui en osque se traduit par Mamers. La tutelle du dieu de la guerre donna courage et vaillance militaire aux Mamertins enrôlés par le tyran de Syracuse comme mercenaires de son armée et contribuèrent à assurer à ce souverain la domination de la moitié de l’île, l’autre moitié demeurant sous l’influence carthaginoise. En – 306 avant Jésus-Christ, Agathocle put prendre, grâce au concours des Mamertins, le titre de roi de Sicile. A la mort d’Agathocle, en – 289 avant Jésus-Christ, menacés par les Carthaginois, les Mamertins firent appel aux Romains en – 264 avant Jésus-Christ déclenchant du même coup la première « Guerre Punique ».

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Mamers – Autrefois ville de garnisons

Renforçant l’idée que la ville de Mamers serait liée au dieu Mars, c’est qu’elle fut par deux fois ville de garnisons. En 1906, elle abrita le 115e régiment d’infanterie et entre 1939 et 1940, ce fut alors le 71e régiment d’infanterie qui eût pour base Mamers.

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Blason de la ville de Mamers  

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FAUT-IL TIRER DES PLANS SUR LA COMETE ?

(6.1 - Etymologie) par sylvietribut le 21-03-2011

Dans l’ancien Mexique, comme dans l’ancien Pérou, le passage des Comètes était observé par les prêtres et les devins. Elles constituaient un mauvais présage, annonciateur d’une catastrophe nationale, telles que la famine, une guerre malheureuse, la mort prochaine d’un roi. La tradition aztèque comme la tradition inca fait mention d’une comète ayant annoncé à Montezuma et à l’Inca Huaina Capac l’arrivée des Espagnols et la chute de l’Empire.

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Une croyance analogue existe chez les Bantou du Kasaï dans la cuvette congolaise, pour lesquels l’apparition d’une comète signale de grands malheurs ou des événements graves menaçant la communauté.

Il faut bien reconnaître qu’une comète précéda la mort de l’empereur César.

Depuis la nuit des temps, les étoiles ont fasciné les hommes et les comètes, elles, avaient tendance à les effrayer. En effet, ne sachant expliquer ce phénomène, la comète était forcément un signe annonciateur de malheurs. Ainsi chacun « tirait des plans sur la comète », c’est-à-dire qu’on essayait de prédire quel serait le prochain malheur à s’abattre.

De nos jours, l’expression signifie qu’une personne s’imagine des choses, négatives le plus souvent, dans une situation donnée, mais qui n’arriveront probablement pas. Aussi « tirer des plans sur la comète » c’est faire des projets sur des hypothèses souvent peu vraisemblables ou vérifiables et donc prendre le risque d’échouer. Cette expression daterait de la fin du XIXe siècle.

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Observation d’une comète – Tapisserie de Bayeux

Mais pourquoi dit-on « tirer des plans sur la comète » et non « tirer des plans sur une comète » ?

Lorsqu’on tire ou trace des plans, cela implique de la précision et une vraie rigueur, comme celle indispensable à la préparation sérieuse de projets importants.

Une comète, elle est toujours en mouvement et son passage à proximité de la Terre, ou de notre vue, est éphémère, c’est-à-dire le contraire de la stabilité nécessaire pour tirer des plans corrects. Ce qui suggère que la précision, la rigueur, nécessaires à la bonne exécution de projets, risquent de faire défaut à cause d’hypothèses hasardeuses ou de fondements instables.

La comète, c’était celle de l’époque. En l’occurrence celle de l’année 1882 qui fut très remarquée car très brillante. Et c’est précisément depuis son passage qu’on emploie cette expression.

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Sphère céleste pour l’observation d’une comète

Une comète est un corps à peu près sphérique qui peut atteindre une dizaine de kilomètres de diamètre. Ce corps est constitué de glaces et de poussières. Son nom vient du grec « coma » qui signifie « queue ». En effet, lorsqu’une « boule de neige sale » s’approche du Soleil, une partie de sa matière se sublime et l’astre développe une queue de poussières longue de plusieurs millions de kilomètres. Cette matière réfléchie la lumière du Soleil, ce qui la rend visible de puis la Terre, et l’on parle alors de comète. Les comètes se sont formées avec le système solaire, dans ses régions froides, il y a 4,6 milliards d’années.

Attention ! Les comètes ne sont pas des étoiles filantes.

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Astrolabe persan du XVIIIe siècle

Bibliographie

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

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SERIEZ-VOUS SORTI DE LA CUISSE DE JUPITER ?

(05 - PETIT COURS D'ASTROLOGIE, 6.1 - Etymologie) par sylvietribut le 03-12-2010

On emploie souvent cette expression lorsque l’interlocuteur cherche à se prendre pour quelqu’un, à croire que sa naissance le distingue du commun des mortels.

Le seul qui soit, en fait, sorti de la cuisse de Jupiter, c’est son fils Dionysos, Bacchus pour les Romains. Il fut conçu des amours de Jupiter et de Sémélé, une simple mortelle. Héra, la jalouse épouse de Jupiter, emprunta les traits de Béroé, la nourrice de Sémélé, pour lui conseiller de demander à Jupiter de lui apparaître dans toute sa gloire.  

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Epouvanté, mais n’osant refuser car il lui avait promis de lui accorder tout ce qu’elle désirerait, et quoi de plus naturel qu’une future mère veuille contempler au grand jour le père de son enfant, Jupiter se présenta donc devant elle avec sa foudre et ses éclairs. Mais, Sémélé ne résista pas à la vue des éclairs qui entouraient le dieu, et en un instant la malheureuse tomba foudroyée. Jupiter eut cependant le temps de retirer du sein de Sémélé, Dionysos, le fils qu’elle avait conçu. Pour sauver l’enfant, Jupiter fit passer le fœtus à l’intérieur de sa cuisse. On dit que Jupiter l’aurait ensuite gardé dans sa cuisse jusqu’à ce qu’il naisse, d’où l’expression commune chez les latins « sortir de la cuisse de Jupiter ».

Par la suite, Dionysos devait trouver à Lerne, guidé par Prosymnos, une route vers les Enfers. Il arracha sa mère au royaume des Ombres et la transporta dans l’Olympe où elle devint immortelle sous le nom de Thyoné.

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Les libations de Dionysos, dieu de la vigne et du vin

Sémélé est un avatar de la déesse phrygienne de la Terre, fêtée au printemps.

Par sa fonction dans le corps, support mobile, la cuisse signifie également la force. La Kabbale insiste sur cette fermeté, analogue à celle de la colonne. La cuisse de Jupiter, à l’intérieur de laquelle, selon cette légende grecque, Dionysos aurait opéré une seconde gestation, mériterait toute une analyse symbolique, qui lui prête, de toute évidence, une signification sexuelle et matricielle.

Suivant le schéma classique des rites initiatiques, la légende veut dire que celui qui deviendra le Maître des plus célèbres Mystères de l’Antiquité grecque reçoit son éducation initiatique, ou seconde gestation, dans cette cuisse d’un Dieu suprême qui peut ici être considéré comme l’androgyne initial. Comme dans l’exemple celte cité plus haut, le mot cuisse serait ici aussi un euphémisme, désignant à la fois, non seulement le vagin, mais la chambre matricielle. Il rejoindrait alors directement le symbolisme de la grotte, ou plus encore de l’arbre creux, ce qui n’est pas en contradiction avec la cuisse considérée comme extérieurement comme une colonne, c’est-à-dire un symbole à la fois d’élévation et de force.

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Bibliographie :

Trésors des expressions françaises – Sylvie Weil et Louise Rameau – Editions Belin – Le Français retrouvé

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter

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Pour vos cadeaux de Noël, vos étrennes de Nouvel An, pour une fête, un anniversaire, ou tout simplement pour faire plaisir, pensez à offrir une consultation astrologique. Sur mon site, au chapitre de mes chroniques, dans la rubrique « Cadeaux » vous trouverez les modalités d’organisation de cette consultation, ainsi qu’un exemple d’une carte-invitation.

 

 

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Etes-vous bien ou mal luné ?

(6.1 - Etymologie) par sylvietribut le 21-07-2010

C’est-à-dire êtes-vous de bonne ou de mauvaise humeur ?

Comme chacun sait la Lune a une influence très important sur bon nombre de choses que ce soit sur la durée de rotation de la terre, les marées, le comportement de certains animaux ou bien sur la pousse des plantes et même des cheveux.

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Cependant les astrologues et amateurs d’astrologie ont vite repéré que la Lune avait une très grande influence sur nous, les humains en général et encore davantage sur les êtres « lunaires » c’est-à-dire les Cancer ou Ascendant Cancer, ou encore ceux dont la Lune est prépondérante dans le thème. Et voici comme cela s’explique : la lune fait sa révolution, ou bien le tour du zodiaque, en 28 jours environ, son pas horaire est donc de 0°50. Aussi la Lune à 10 heures du matin non seulement n’a pas la même position sur le zodiaque qu’à 22 heures le soir, mais en plus elle a pu changer de signe. De ce fait, elle ne forme pas les mêmes configurations et les mêmes échanges avec les autres planètes dans le ciel, et il en sera de même avec les planètes de notre thème. Ce qui explique pourquoi nos humeurs, que régit la Lune, sont-elles souvent bien différentes toutes au long de la journée, selon que les configurations qu’elle forme sont harmonieuses ou bien difficiles, tendues ou détachées.

Exemple : Pour la seule journée de vendredi 16 juillet 2010, la Lune a-t-elle formé pas moins de quatre configurations, tout en changeant de signe passant de la Balance au Scorpion :

-       A 15 h 15, la Lune était conjointe à Saturne sur le 29° de la Vierge,

-       A 17 h 20, la Lune sur le 0° Balance s’opposait à Uranus,

-       A 22 h 05, la Lune sur 3° Balance vient s’opposer à Jupiter,

-       A 22 h 30, la Lune toujours depuis la Balance était en conflit avec Pluton.

D’où certainement pour beaucoup d’entre nous une journée ou une humeur  morose en début d’après-midi, plus agitée en début de soirée et franchement plus tourmentée en fin de journée. D’où l’importance de consulter régulièrement mon calendrier lunaire pour optimiser votre quotidien. 

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Face de Lune

Quant à l’expression, elle date d’une époque où les hommes étaient déjà persuadés que la Lune, satellite de la Terre, avait une très nette influence sur l’humeur ou le psychisme. Celui qui est « bien luné » est donc dans une phase favorable, propice à la bonne humeur, et inversement pour le mal luné.

Au milieu du XVIIIe siècle, on employait « être dans une bonne ou mauvaise lune », pour dire exactement la même chose.

Dans ce même ordre d’idée, à savoir l’humeur inégale, la Lune est protagoniste de nombreuses expressions populaires, comme par exemple :

-       Demander la Lune qui signifie demander l’impossible,

-       Etre dans la Lune, c’est-à-dire avoir l’esprit ailleurs,

-       Lune de mer et poisson-lune, le môle est un poisson des mers chaudes,

-       Une face de pleine lune correspond à un visage joufflu

-       Et puis, il y a aussi la Lune de Miel,

-       Con comme la Lune

-       Prendre la Lune avec les dents

-       Décrocher la lune…

decrocher-la-lune   

 

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MIROIR … MON BEAU MIROIR…

(6.1 - Etymologie) par sylvietribut le 18-02-2010

Lorsque devant votre miroir vous traquez rides et autres conséquences du temps qui passe, avez-vous imaginé que vous spéculiez sur la possibilité que vous aviez encore de séduire ?

En effet, le « speculum » latin n’est autre que le miroir qui a donné le mot « spéculation ».

                                                                                      venus-au-miroir 

Vélasquez – Vénus au miroir

Mais quel est le rapport avec l’astrologie me direz-vous ?

Et bien parce qu’en des temps anciens « spéculer » c’était observer le ciel et les mouvements relatifs des étoiles à l’aide d’un miroir.

Et puis « sidus », l’étoile, a également donné « considération » qui signifie étymologiquement « regarder l’ensemble des étoiles ». Ainsi ces deux mots abstraits, qui désignent de nos jours des opérations plutôt intellectuelles, s’enracinent dans l’étude des astres reflétés dans des miroirs. De là vient que le miroir, en tant que surface réfléchissante, soit le support symbolique extrêmement riche dans l’ordre de la connaissance.

Que reflète le miroir ? La vérité, la sincérité, le contenu du cœur et de la conscience : « Comme le Soleil, comme la Lune, comme l’eau, comme l’or, lit-on sur un miroir chinois du musée de Hanoï, sois clair et brillant et reflète ce qu’il y a dans ton cœur ».

L’intelligence céleste reflétée par le miroir s’identifie symboliquement au soleil : c’est pourquoi le miroir est souvent un symbole solaire. Mais il est aussi un symbole lunaire, en ce sens que la Lune, comme un miroir, reflète la lumière du soleil. Le miroir solaire le plus connu est celui du mythe japonais d’Amaterasu ; le miroir fait sortir la lumière divine de la caverne et la réfléchit sur le monde.

La réflexion de la lumière ou de la réalité n’en change certes pas la nature, mais elle comporte un certain aspect d’illusion, comme la saisie de la lune dans l’eau, de mensonge à l’égard du Principe. Il y a « identité dans la différence » disent les textes hindous : « la lumière se reflète dans l’eau, mais en fait ne la pénètre pas ». Ainsi la spéculation n’est-elle qu’une connaissance indirecte, lunaire. Par ailleurs, le miroir donne de la réalité une image inversée : « Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas » dit la Table d’Emeraude hermétique, mais en sens inverse. La manifestation est le reflet inversé du Principe : c’est ce qu’expriment les deux triangles inversés de l’hexagone étoilé. Le symbole du Rayon lumineux se réfléchissant à la surface des Eaux est le signe cosmogonique de la manifestation.

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Symbole lunaire et féminin, le miroir est en Chine l’emblème de la reine. Le miroir prend « le feu du soleil ». Il est par ailleurs le signe de l’harmonie, de l’union conjugale, le miroir brisé étant celui de la séparation ; la moitié brisée du miroir vient éventuellement, sous la forme d’une pie, rendre compte au mari des infidélités de la femme. L’oiseau, nommé « p’o-king » ou « miroir brisé », est en relation avec les phases de la lune ; l’union du roi et de la reine s’effectue lorsque la lune est pleine, le miroir reconstitué en son entier.

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L’emploi du miroir magique correspond à l’une des plus anciennes formes de divination. Varron dit qu’il venait de Perse. Pythagore, selon une légende, avait un miroir magique qu’il présentait à la face de la lune, afin d’y voir l’avenir, comme le faisaient les sorcières de Thessalie. Son emploi est l’inverse de la nécromancie, simple évocation des morts, car il fait apparaître des hommes qui n’existent pas encore ou qui accomplissent une action qu’ils n’exécuteront que plus tard.

En vertu de la théorie du microcosme, image du macrocosme, l’homme et l’univers sont dans la position respective de deux miroirs. De même les essences individuelles se reflètent dans l’Etre divin, selon Ibn’Arabi et l’Etre divin se reflète dans les essences individuelles. Par ailleurs, le thème du miroir magique, permettant de lire le passé, le présent et l’avenir, est classique dans la littérature islamique.

Entre 215 et 212 avant Jésus-Christ, Archimède se serait servi de miroirs concaves pour concentrer les rayons du Soleil et enflammer les voiles des navires romains qui attaquaient Syracuse. Cette propriété de focalisation est utilisée de nos jours dans les télescopes ainsi que pour le four solaire d’Odeillo.

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Bibliographie 

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Editions Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins. 

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LA SYMBOLIQUE ASTROLOGIQUE A L’ORIGINE DE CERTAINES EXPRESSIONS

(6.1 - Etymologie) par sylvietribut le 19-12-2009

SOUS L’EGIDE DE…

L’égide était le merveilleux bouclier que Vulcain avait fabriqué pour Jupiter et qui était recouvert de la peau de la chèvre Amalthée, celle qui avait nourrit Jupiter bébé. La plupart des boucliers étaient faits avec des peaux de chèvres (en grec « aigis ») et protégeaient la poitrine, les épaules et le bras gauche. Celui de Jupiter, cependant, avait ceci de particulier que sa fille Athéna, à qui il le prêtait souvent, y avait fixé la tête de la Gorgone Méduse qui semait l’épouvante dans les rangs ennemis et dont il nous reste aujourd’hui de quoi « être médusé »…

athena-et-legide-orne-de-la-tete-de-meduse-musee-de-lacropole-athenesAthéna et l’égide à tête de Méduse – Musée de l’Acropole – Athènes

L’égide était restée dans l’Antiquité le symbole de l’invulnérabilité garantie par la protection de Jupiter et d’Athéna. Les empereurs romains sont souvent représentés avec, sur la poitrine, une amulette qui est une miniature du bouclier orné de la tête de Méduse.                                                                

L’égide devrait donc rendre invulnérable. Se placer sous l’égide de quelqu’un c’est donc comme ça l’était pour Jupiter une protection, un bouclier, un soutien officiel. On se place ainsi sous l’égide des lois, de l’Eglise, d’un haut personnage…                                                                                                       

Dans l’US Navy, les croiseurs de la classe Ticonderoga et les destroyers de la classe Arleigh Burke sont équipés d’un radar appelé « Aegis » qui signifie « Egide » en anglais.  

Pour l’astrologue Jupiter est « le grand bénéfique ». Son influence protège ou atténue les effets des autres planètes pour peu qu’il ait une petite importance dans notre thème. Si Jupiter superpose le secteur financier de notre thème, c’est notre avoir, nos ressources, nos finances qui seront protégées par Jupiter… Si Jupiter se trouve dans l’Axe de la Destinée de votre thème, votre carrière se placera tout naturellement sous l’égide de Jupiter… etc… etc…

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Méduse par Le Caravage – Musée des Offices – Florence

Quant à Méduse, c’était le nom de la Gorgone, dont le regard changeait en pierre celui qui s’y exposait de face. Pour la tuer, Persée s’approcha d’elle à reculons en s’aidant de son bouclier, poli comme un miroir. Il trancha la tête de la Gorgone dont la chevelure était formée d’une masse de serpents, et la fourra dans un sac. Du sang de Méduse naquit Pégase, le cheval ailé. Quant à la tête au regarde pétrifiant de Méduse, il la donna à Athéna : elle la fixa sur le bouclier de son père Jupiter, l’égide, qui eut dès lors le pouvoir de… méduser l’ennemi.       

Nous sommes « médusés » quand quelque chose nous surprend et nous fascine à tel point que, sans être tout à fait transformés en statues de pierre, nous perdons un moment l’usage de nos facultés.

                                                                                                                               buste-de-meduse-par-bernini-musee-du-capitole-rome Buste de Méduse par Bernini – Musée du Capitole – Rome

Bibliographie :                                                                                                                                                                                                 Trésors des expressions françaises – Sylvie Weil et Louise Rameau – Editions Belin « Le Français retrouvé ».

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ORIGINE ASTRONOMIQUE DES EXPRESSIONS POPULAIRES

(6.1 - Etymologie) par sylvietribut le 14-10-2009

Bien que peu utilisée, vous connaissez sans doute l’expression « être ravi au septième ciel », mais savez vous exactement de quoi il en retourne ?

Les astronomes-astrologues, les scientifiques de l’époque, avaient organisé l’univers à leur convenance, ou plutôt du mieux qu’ils le pouvaient. Ils avaient placé la Terre au centre du monde, et le reste autour, avec une logique parfaitement simple dont il faut bien reconnaître que tout concourait à l’étayer, les textes religieux comme l’observation directe.

Pour le mouvement des astres et le logement des dieux, ils avaient inventé un système de sphères de cristal, absolument transparentes et concentriques, qui tournaient autour de la Terre harmonieusement, chacune portant sa planète dans une joyeuse et discrète musique sidérale.

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Chaque sphère était un ciel. Il y avait donc sept ciels, superposés, un par planète, dans l’ordre exact de leur distances ; le ciel de la Lune d’abord, la plus près… le ciel de Mercure… de Vénus… puis celui du Soleil, « Le Soleil est de trois épicycles, c’est-à-dire ou estages, au-dessus de la Lune », expliquait A. Paré. Venaient ensuite le ciel de Mars, de Jupiter et de Saturne. Au-delà était une dernière sphère, plus solide, qui portait toutes les étoiles ensemble, et qu’on appelait le firmament ou bien encore empyrée. Derrière cet ultime écran se tenait Dieu, en majesté, coiffant l’ensemble depuis qu’il avait séparé par cette enveloppe, le premier jour de sa création, les eaux d’en bas d’avec les eaux d’en haut.

« Etre ravi au ciel » était littéralement être arraché au sol, soit par la main divine comme le fut saint Paul, soit dans un immense transport de joie. On pouvait monter plus ou moins haut naturellement, selon l’intensité du plaisir. On a beaucoup parlé, d’abord d’être « ravi au troisième ciel », parce que c’était celui de Vénus, déesse de l’Amour.

« Il est ravy trop plus hault qu’aux tiers cieulx

Et prend pour soy toujours la chose aux mieulx »

 

dit Alain Chartier au XVe siècle. Depuis il y a eu de l’escalade et la jouissance extrême vous transporte carrément au septième ciel !

C’était bien confortable, cette Terre logée au chaud, tranquille, protégée au milieu de ses globes rassurants, comme une matrice, avec Dieu tout autour, noyant le tout dans sa grande pisse, les « eaux d’en haut »… On peut juger si Copernic le chanoine et après lui Képler et Galilée firent une fâcheuse impression au XVIe siècle, avec leur théorie nouvelle ! On comprend que ces astronomes qui venaient mettre en morceaux ces jolies sphères de cristal millénaires aient été reçus comme des bœufs dans un magasin de porcelaine.

On n’en voulait pas du système d’orbites mathématiques, dans lequel la Terre n’était plus le centre de rien, tournant toute seule sur elle-même, comme une vieille folle courant après son soleil perdu dans les immensités galactiques. Ce fut de l’humanité le premier veuvage, ce firmament réduit en miettes, en étoiles froides du diable vauvert. Il faut comprendre les Anciens : il ne leur restait que la lune pour pleurer… Alors, ils gardèrent dans le langage les « cieux », tout de même au pluriel, et ce septième ciel des ravissements.

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Bibliographie : La puce à l’oreille – Anthologie des expressions populaires avec leur origine – Claude Duneton – Le Livre de Poche

 

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DE L’ORIGINE DE L’EXPRESSION « AVOIR DE L’ASCENDANT »…

(6.1 - Etymologie) par sylvietribut le 25-07-2009

Les croyances et superstitions diverses ont longtemps constitué le fonds culturel des peuples sous toutes les latitudes. Non seulement la France, mais l’Europe occidentale a vécu, et dans certains domaines vit encore, sur une base culturelle héritée des mœurs et des usages de l’Empire romain.

De toutes les croyances antiques l’astrologie est certainement la plus universelle et la plus vivace. Peu ou prou, les gens aiment à penser que les étoiles leur font personnellement de l’œil, et attribuent volontiers à leur influence, les événements heureux ou déplaisants de leur existence.

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L’importance en la matière est l’étoile qui préside à la naissance, c’est-à-dire « qui monte sur l’horizon au premier instant de la naissance d’un homme ou d’une femme ». C’est cela « l’astre ascendant » du latin « ascendere », « monter » et dont tout dépend, selon la foi des astrologues qui calculent à partir de lui le thème de la nativité. Si l’étoile est bonne, tant mieux, sinon le pauvre bébé est un malotru, c’est-à-dire étymologiquement « mal ostru », né sous un mauvais astre.

Naturellement l’astre en question peut avoir des influences particulières. Scarron (°), écrivant à une amie très chère à laquelle il précise : « Vostre Cul doit être un des beaux Culs de France », s’exclame :

Que les Hommes n’ont pas pareille Destinée !

Et que vous estes née

Sous un Astre puissant et favorable aux Culs !

Tandis que le vostre est, près de ceux de Princesses,

Assis sue ses deux Fesses,Le nostre n’est assis que su deux os pointus.

 

De cet Ascendant littéral on est passé très vite à des influences moins célestes.

 « Ascendant – dit Furetière (°°) – se dit en discours ordinaire d’une supériorité qu’un homme a sur l’esprit d’un autre, qui provient d’une cause inconnue. Pour gagner vôtre Rapporteur, employez un tel de ses amis ; il a un grand ascendant sur son esprit ».

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(°) Paul Scarron est un écrivain français, né le 4 juillet 1610, à Paris, où il décède le 6 octobre 1660. Issu de la noblesse de robe, septième enfant d’un conseiller au Parlement de Paris à la cour de comptes, il entre dans les ordres en 1629. Il vécut au Mans entre 1632 à 1640, dans l’entourage de l’évêque Charles de Beaumanoir, où il fréquenta les salons provinciaux. En 1638, il est atteint d’une maladie, après, selon la légende, un bain nu durant le carnaval, qui finit par le rendre paralysé des jambes. Il commence à écrire ses premières œuvres à partir de 1643. À partir de 1638, Scarron n’est plus qu’un pauvre corps, tordu et perclus, immobilisé dans un fauteuil, tel qu’il s’est dépeint lui-même avec une féroce et ironique minutie. Il rentre à Paris et en 1652, à 42 ans, il épouse une orpheline sans fortune âgée de seize ans et demi, Françoise d’Aubigné, petite fille d’Agrippa d’Aubigné et future Madame de Maintenon qui, selon ses dires, lui apporta « deux grands yeux forts mutins, un très beau corsage, une paire de belles mains, et beaucoup d’ »esprit » ». Il ouvre un salon dans le quartier du Marais, salon qui sera bientôt couru par tous les familiers du Louvre. Il possédait une propriété de campagne à Fontenay-aux-Roses.

(°°) Antoine Furetière est né le 28 décembre 1619 à Paris où il meurt le 14 mai 1688. C’était un homme d’Eglise, qui fut aussi poète, fabuliste, romancier et lexicographe. Né dans une famille de la petite bourgeoisie parisienne, il se destine de prime abord à une carrière dans le droit tout en s’intéressant vivement à l’histoire antique et aux langues orientales. Il est reçu au barreau de Paris en 1645  et s’achète une charge de procureur fiscal auprès de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, ce qui le conduit rapidement à vouloir entrer dans les ordres. En 1662, il est nommé abbé de Chalivoy, dans le diocèse de Bourges. Parallèlement, il s’intéresse à la littérature et publie des romans, des fables et des poésies, ce qui lui vaut l’attention de l’Académie française, dont il est élu membre en 1662.

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Bibliographie : La Puce à l’Oreille – Anthologie des expressions populaires avec leur origine – Claude DUNETON – Le Livre de Poche.

 

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