ETRE RAVI AU SEPTIEME CIEL

(6.1 - Etymologie) par sylvietribut le 17-07-2017

Voilà une expression française qui exprime l’idée de ravissement total ou de bonheur intense.

Dans l’Antiquité, on pensait que la Terre était le centre du monde. Les astres et les dieux avaient été imaginés dans des sphères de cristal.

Chaque sphère représentait un ciel. Il y avait donc un ciel pour chaque planète, dans l’ordre exact de leurs distances : le ciel de la Lune d’abord, la plus près, le ciel de Mercure, puis de Vénus et celui du Soleil. « Le Soleil est de trois épicycles, c’est-à-dire ciels ou estages, au-dessus de la Lune » expliquait A. Paré. Venaient ensuite le ciel de Mars, de Jupiter et de Saturne. Au-delà était une dernière sphère, plus solide, qui portait toutes les étoiles ensemble, et qu’on appelait le firmament ou bien encore empyrée. Derrière cet ultime écran se tenait Dieu, en majesté, coiffant l’ensemble depuis qu’il avait séparé cette enveloppe, le premier jour de Sa création, les eaux d’en bas d’avec les eaux d’en haut.

On disait à l’époque, lorsque l’on avait du plaisir à quelque chose, que l’on était « ravi au ciel ». Le troisième ciel était celui de Vénus, déesse de l’amour, ce qui explique que l’on disait aussi « être au troisième ciel ». Cependant, après que les théories de Galilée aient été démontrées, on garda « être au septième ciel », pour conserver une référence aux dieux dans l’organisation des astres.

Au XVe siècle, Alain Chartier disait :

«  Il est ravy trop hault qu’aux tiers cieulx

Et pend pour soy toujours la chose aux mieulx ».

Depuis il y a eu de l’escalade et la jouissance extrême vous transporte carrément au septième ciel.

CIEL-TERRE

C’était bien confortable cette Terre logée au chaud, tranquille, protégée au milieu de ses globes rassurants, comme une matrice, avec Dieu tout autour, noyant le tout dans les « eaux d’en haut ». On peut juger si Copernic le chanoine et après lui Kepler et Galilée firent une fâcheuse impression au XVIe siècle, avec leur théorie nouvelle. On comprend que ces astronomes qui venaient mettre en morceaux ces jolies sphères de cristal millénaires aient été reçus comme des bœufs dans un magasin de porcelaine.

Personne n’en voulait de leur système d’orbites mathématiques dans lequel la Terre n’était plus le centre de rien, tournant toute seule sur elle-même, comme une vieille folle, courant après son soleil perdu dans les immensités galactiques. Ce fut de l’humanité le premier veuvage, ce firmament réduit en miettes, en étoiles froides du diable vauvert. Il faut comprendre les Anciens, il ne leur restait plus que la lune pour pleurer. Alors, ils gardèrent dans le langage les cieux, tout de même au pluriel, et ce septième ciel des ravissements.

SOLEIL ET DIFFERENTES PHASES DE LA LUNE - XIIIe SIECLE

Bibliographie

La puce à l’Oreille – Anthologie des expressions populaires avec leurs origines – Claude Duneton – Le Livre de Poche

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UNE PHILIPPIQUE… UN MOT MERCURE-MARS

(6.1 - Etymologie) par sylvietribut le 17-06-2017

Mercure dans la symbolique astrologique est lié à la communication, à l’échange, à la négociation, à la parole, au mot. Mercure est plutôt primesautier et amusant. Cependant, s’il s’allie à Mars dans un aspect difficile, ou bien si Mars occupe les Gémeaux ou même la Maison III, Maison en analogie avec ce troisième signe que sont les Gémeaux, Mercure se colore de l’agressivité de Mars et la parole devient agressive, la diplomatie et le sens de la négociation propre à Mercure disparaissent. On pourrait d’ailleurs parler de « mot qui tue ». En effet, Mars c’est la guerre, l’agressivité, l’arme. Aussi, la philippique est vraiment ce qui illustre parfaitement un aspect difficile Mercure/Mars.

Une philippique est un discours violemment satirique, généralement prononcé par un homme politique contre son adversaire, ou contre un pays dont il trouve qu’on ne se méfie pas assez. Les « Philippiques » de Démosthène sont considérées comme l’un des chefs d’œuvre de l’éloquence.

DEMOSTHENE HARANGE LES FLOTS DE LA MER - DELACROIX - BIBLIOTHEQUE ASSEMBLEE NATIONALE

Démosthène harangue les flots de la mer – Eugène Delacroix – Bibliothèque Assemblée Nationale – Paris

Démosthène naquit à Athènes en 384 avant Jésus-Christ. C’était un homme d’Etat athénien, grand adversaire de Philippe II de Macédoine, et l’un des plus grands orateurs attiques. Il avait de sérieux problèmes d’élocution qui lui valurent le surnom de « bègue », défaut qui, nous rapporte la légende, le contraignait à s’entraîner à parler avec des cailloux dans la bouche. On peut à juste titre penser que son thème comportait un sévère et difficile aspect Mercure/Mars.

Démosthène était né dans une famille athénienne, riche et commerçante, ce qui lui valut le mépris des vieilles familles aristocratique. Son père, Démosthène de Péanie, possédait une manufacture d’épées.  On baigne dans la symbolique Mercure, le commerce, et Mars, la manufacture d’épées. Par ailleurs, sa vie est un roman et un parfait exemple d’un complexe ou d’un aspect planétaire difficile surcompensé. En effet, à force de travail il devint, pour les Grecs, le plus grand de tous les orateurs. On l’appelait même tout simplement « l’Orateur » comme on disait « le Poète » pour Homère. Cicéron le considérait comme le premier des orateurs grecs, en faisant l’un des phares éclairant le travail de l’écrivain. Il faut dire qu’il avait eu pour professeur Platon lui-même.

Pour en revenir à la philippique, les « Philippiques » de Démosthène sont considérées comme l’un des chefs d’œuvre de l’éloquence. La première fut prononcée en 351 avant Jésus-Christ. Il s’agissait de réveiller les Athéniens, de leur faire prendre conscience de l’hypocrisie de Philippe de Macédoine et de les amener à lutter contre lui.

            « Allez-vous donc toujours tourner autour les uns des autres sur la place publique, vous questionnant, vous demandant : « Eh bien !                         Qu’y a-t-il de nouveau ? ». Et que peut-il y avoir de plus nouveau que de voir un Macédonien lutter contre Athènes et être maître                             de la Grèce ?… ».

Les autres « Philippiques » furent prononcées en 344 et 341 avant Jésus-Christ. Démosthène fut enfin écouté. Athènes consentit à un effort militaire exceptionnel et déclara  même la guerre à Philippe de Macédoine. Mais il était trop tard car celui-ci avait transformé son modeste royaume en une puissance invincible.

Les Athéniens l’apprirent à leurs dépens à Chéronée, en 338.

PETITS CAILLOUX

 

 

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PLOUTOS… PLUTOCRATIE

(6.1 - Etymologie) par sylvietribut le 07-07-2015

Décidément la Grèce a tout inventé… Voici un mythe peu connu, celui de Ploutos.

Il était le fils de Déméter, la déesse des Moissons, et d’Iason. Iason était le fils de Zeus/Jupiter et de la Pléiade Electre, et le frère de Dardanos, ancêtre de la lignée royale de Troie. Avec ce dernier, il était lié au culte des mystères de Samothrace, où il était honoré sous le nom d’Eétion. Parfois, il est associé, en compagnie de Triptolème, à un autre héros intervenant dans les mythes agricoles, et à la constellation des Gémeaux.

Iasion est surtout connu pour avoir été l’amant de la déesse Déméter. Ils s’étaient rencontrés aux noces de Cadmos et d’Harmonie. Dans la version relatée par Homère et Hésiode, ils s’unirent en Crète dans un champ labouré par trois fois. C’est de cette union que naquit Ploutos, divinité personnifiant la richesse.

Chez Homère, Iasion meurt foudroyé par Zeus qui voulait le punir de s’être uni à la Déesse. Si Hésiode ne dit rien de cela, mais le foudroiement est aussi rapporté par le pseudo-Apollodore pour un motif différent, puisque chez lui Iasion tente de violer Déméter.  

PLOUTOS DANS LES BRAS D'EIRENE

Ploutos et la corne d’abondance dans les bras d’Eiréné, la Paix, l’une des Heures

Pour en revenir à Ploutos dont le nom évoque la richesse car il protégeait les récoltes abondantes que donnaient les terres fertiles, on lui rendait un culte, à Eleusis, en relation avec celui de Déméter. D’après une tradition, Ploutos fut aveuglé par Zeus qui voulait le rendre impartial dans la distribution des richesses et l’empêcher de rendre les riches encore plus riches.

Dans la comédie d’Aristophane, qui porte son nom, Ploutos recouvre la vue afin de pouvoir distinguer les bons des méchants.

Ploutos figure dans le cortège de Déméter et de Perséphone, sous les traits d’un jeune homme ou encore d’un enfant portant une corne d’abondance. Plus tard, avec le développement de la richesse mobilière, Ploutos se détacha du groupe de Déméter et devint la personnification de la Richesse en général.

Le mot « ploutocratie » vient du grec « ploutos » qui signifie « richesse » et de « kratos » qu’on traduit par « pouvoir ». C’est un système de gouvernement où l’argent constitue la base principale du pouvoir. La ploutocratie est un régime politique où les riches sont au pouvoir. C’est un régime proche de l’oligarchie mais qui a pour particularité de sélectionner les rares décideurs sur le seul critère de leur richesse. Aujourd’hui, on utilise ce terme pour dénoncer les dérives des démocraties où les lobbies, souvent des multinationales, influent fortement sur le texte des lois. Voilà qui nous fait fortement penser à l’Europe à laquelle on nous impose de participer.

L’évocation de Déméter et de Perséphone nous ramène au mythe de Pluton, celui qui avait enlevé à sa mère Déméter, sa fille, Perséphone. Pluton est l’Hadès grec qui fera de Perséphone sa femme. Pluton, en latin « Pluto », signifie « le riche ». C’est un des dieux de la religion romaine. Mais son nom est d’origine grecque où il est littéralement le dieu de la richesse, nom attesté d’abord chez les Tragiques, Ve siècle avant Jésus-Christ. Ensuite il s’est surtout imposé chez les Romains. Le dieu grec correspondant est appelé Hadès, « celui qui est invisible ». Il était le dieu des Enfers. Il était également nommé « Tertius », le « troisième », sous entendu « fils de Saturne ». Cependant, il est vraisemblablement chez les Romains l’évolution d’un dieu plus ancien « Dis Pater ».

UNION EUROPENNE - 1er JANVIER 1993

Thème de l’Union Européenne – 1er janvier 2015 – 0 h 00 – Bruxelles

Pour l’astrologie également Pluton est appelé le riche. Il se trouve qu’en janvier 2008 Pluton le riche est entré dans le signe du Capricorne, signe qui évoque la récession et l’austérité. Ensuite, depuis 2011, Uranus qu’on appelle aussi le « chaos » vient occuper le signe ardent, violent et jeune du Bélier. Si le Capricorne est le signe de Saturne, qui représente le conservatisme et les gens d’âge, le Bélier est le signe du printemps, un signe de jeunesse.

Or, il s’avère que depuis 2008 ceux qui étaient déjà riches sont devenus encore plus riches et ceux qui ne l’étaient pas sont devenus encore plus pauvres. C’est dire que l’arrivée d’Uranus au carré de Pluton signe les premières rebellions contre le carcan d’austérité qui pèse sur l’Europe et en particulier sur la Grèce. Ce pays est en effet Ascendant Gémeaux, avec un amas planétaire dans le Cancer, comprenant entre autre Mercure, maître d’Ascendant conjoint à Saturne, en Maison II, en rapport avec les finances (cf. le thème de la Grèce dans ma dernière chronique « Le référendum grec », recevant l’opposition de Pluton, ce qui évoque bien sûr des changements profonds, une mutation totale dans le financement de la Grèce… Pluton dépouille dans un premier temps, pour mieux redonner par la suite, sous une autre forme. Et si la Grèce reprenait sa souveraineté en quittant ou en étant chassée de l’Union Européenne, voilà qui pourrait bien constituer une chance pour elle, car très vite Jupiter depuis la Vierge va inverser la tendance restrictive.

Cependant le thème de l’Union Européenne n’est pas épargné non plus. Il est même en train de tanguer sur ses bases. En effet, Pluton agresse fortement le Jupiter Balance du thème européen, l’aspect est exact entre le 19 juillet et la fin novembre 2015. Jupiter est Maître de la Maison IV, ce qui représente « la famille européenne », les fondements de l’Union européenne risquent sérieusement de se fissurer.

De plus, Uranus est déjà en action depuis le 21 juin occupant le 20e degré du Bélier, signe de Mars. Ce qui est en analogie avec une conjonction Uranus/Mars. Or, c’est le Mars de l’Union Européenne qui est percuté de plein fouet par Uranus. L’aspect sera exact jusqu’au 31 août 2015 et pour revenir en force entre le 2 avril et le 19 avril 2016, puis de nouveau entre le 25 novembre 2016 et le 31 janvier 2017. On ne peut imputer toutes ces tensions à la seule nation grecque.

Dans ce mois de juillet 2015, Mars occupe le Cancer et le Milieu du Ciel du thème européen, retrouvant sa position initiale les 25/26 juillet 2015, et donc au carré de cet Uranus à 20°30 Bélier et entreprenant sa rétrogradation. Durant celle-ci, Uranus revient vers les 17e et 18e degrés Bélier, repassant au carré des planètes Neptune et Uranus du thème de l’Union, et cela entre le mois d’octobre 2015 et le mois de mars 2016, un petit sextile à Saturne en Verseau, cherchant à maintenir un semblant d’équilibre. Or Uranus, c’est la révolte, le révolutionnaire, comme chargé de bousculer l’ordre soigneusement établi. Et c’est mars 2016 que Pluton choisit pour venir occuper le 17e degré Capricorne, transitant par conjonction Uranus natal de l’Union, tenant ce degré jusqu’en début juin 2016. Doit-on voir là une nouvelle dislocation de l’Union européenne.

Enfin, entre décembre 2016 et octobre 2017, Jupiter depuis la Balance reproduira le ciel de l’Union dans tous les conflits et contradictions qui ont présidé à sa naissance, à savoir Jupiter Balance carré Uranus/Neptune Capricorne et carré Mars au Milieu du Ciel et en Cancer, avec toujours en faction depuis le Bélier, Uranus… Doit-on lire dans ces terribles conflits planétaires une très importante dislocation de cette Union qui a oublié d’être celle des peuples ?

Mais comment ne pas voir que les mythes ne sont pas des histoires pour enfants sages et studieux, mais le reflet de l’histoire de l’humanité, ou un archétype indéboulonnable, comme ce combat de Jupiter s’alliant au révolutionnaire Uranus pour anéantir Pluton et sa plutocracie avide de richesses et de pouvoir.

Saturne pourrait bien donner le coup de grâce à cette Union qui aura du mal à mourir car entre mars 2018 et fin 2019, Saturne traversera le Capricorne commençant par un carré à la Lune en Bélier, puis un carré à Jupiter et transitant le Soleil, Uranus, Neptune, opposé Mars en Cancer au Milieu du Ciel, en compagnie de Pluton et au carré d’Uranus.

Sans doute le rêve européen ne sera devenu qu’un affreux cauchemar.

DRAPEAU DE L'EUROPE

Rambouillet, le 8 juillet 2015

Bibliographie

Dictionnaire de la Mythologie – Michael Grant et John Hazel – Chez Marabout

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LA DEESSE PANACEE ET LA PANACEE UNIVERSELLE

(6.1 - Etymologie) par sylvietribut le 12-09-2014

Pourquoi ne pas dire tout simplement une « panacée » car en grec « pan » signifie « tout », et « akos » se traduit par « remède ». Cependant, le langage commun préfère le pléonasme et l’on parle de « panacée universelle ».

La panacée serait donc un remède qui guérirait de tous les maux. On comprend qu’on n’emploie guère cette expression, pourtant très courante, que pour dire que ce remède n’existe pas… A moins que ce ne soit pour se moquer d’un remède de bonne femme, censé soigner n’importe quelle maladie… A moins qu’on n’emploie ces mots en un sens figuré : l’amour, en ses débuts, n’est-il pas guérisseur de tous les maux ?

Panacée était une déesse grecque, qui savait soigner toutes les maladies. La traduction littérale de son nom en grec ancien « Panàkeia » signifie « la secourable », car la déesse prodiguait aux hommes toutes sortes de remèdes par les plantes.

les-dieux-et-deesses-de-la-medecine

Dieux et déesses de la Médecine : Mercure, Chiron, Asclépios, Hygie, Panacée et Eglé

Aujourd’hui encore, le serment d’Hippocrate, que doivent prononcer tous les médecins, commence par ces mots : « Je jure par Apollon, médecin, par Esculape, par Hygie et Panacée…, par tous les dieux et toutes les déesses, le prenant à témoin que je remplirai, suivant mes forces et ma capacité, le serment et l’engagement suivant… ».

Panacée était, en effet, selon les auteurs Epione ou de Lampétie, la fille d’Asclépios, l’Esculape romain. Elle était donc la sœur d’Hygie, l’hygiène, de Laso, la guérison, et d’Eglé, la déesse du médicament. C’est à Thèbes qu’on trouve un autel dédié à Panacée dans le temple d’Amphiaraos.

C’est au Moyen Age que le nom de Panacée est passé dans le langage courant. Alors qu’aujourd’hui, le terme « panacée » est une appellation ironique pour désigner un objet, une idée, un concept qui semble être, ou que certains veulent faire passer pour… le remède à tous les maux.

TEMPLE D'AMPHIARAOS

Temple d’Amphiaraos en Grèce

 

Bibliographie

Trésors des Expressions Françaises – Sylvie Weil et Louise Rameau – Editions Belin – Collection Le Français retrouvé

 

 

 

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LES PHOBIES DE PHOEBE

(6.1 - Etymologie) par sylvietribut le 13-08-2014

Avec cette super Lune qui nous éblouit, comme ne pas évoquer Phoebé ou Phébé, la brillante.

En astronomie, une super Lune c’est la Pleine Lune qui coïncide avec l’approche maximale du satellite de la Terre.

Dans la mythologie grecque, Phoébé est traditionnellement associée à la Lune et Artémis, avec laquelle on la confond. C’était une Titanide, fille d’Ouranos, le Ciel, et de Gaïa, la Terre. Elle épousera son frère, le Titan Coéos, et plus tard sera la mère de Léto et d’Astéria dont on parle peu, peut-être parce qu’elle se changea en caille afin d’échapper aux assiduités de Zeus. Astéria finira même par se jeter à la mer devenant l’île Ortygie, et c’est d’ailleurs là que se réfugiera sa sœur, Léto, victime elle aussi des assiduités de Zeus et de la vengeance d’Héra, pour y mettre ses enfants au monde, Apollon et Artémis, la Lune, les fruits de ses amours avec Jupiter… La boucle est bouclée. Quant à l’île d’Ortygie, elle devint plus tard l’île de Délos.

PLEINE LUNE SUR LE DOME DE FLORENCE

Phoebé la brillante dans le ciel de Florence

Dans sa Théogonie, Hésiode parle de « Phoebé à la couronne d’or ». On la retrouve dans l’introduction des Euménides d’Eschyle où elle reçoit le contrôle de l’oracle de Delphes après sa sœur Thémis, la Loi. Elle le transmettra à Apollon, comme cadeau d’anniversaire, ce qui expliquerait l’épithète « phoibos » ou « phébus » dont on qualifie le dieu et qui se traduit par « le brillant ».

Par contre, le mythe ne dit pas de quelle phobie souffrait Phoebé ou Phébé. Etait-ce la peur du noir ou la phobie des araignées ? Cependant, tous les synonymes de la phobie suggèrent bien les états dans lesquels nous plongeraient les effets d’une Lune mal configurée dans le thème : cela va de l’appréhension à l’inquiétude, en passant par l’anxiété, la peur, l’effroi, la frayeur, l’alarme ou l’épouvante. On pense encore à l’émoi, le trouble, le déséquilibre, la manie, la transe, la folie, l’aliénation, le délire, la démence, la névrose, voire même la psychose…

PHOBIE DES ARAIGNEES -

L’aracnophobie ou la phobie des araignées

Quant au dictionnaire de la psychologie, il parle de peur irraisonnée et obsédante relative à certains objets ou à certaines situations. Parmi les thèmes phobiques que l’on peut rencontrer, les plus fréquents se rapportent aux espaces libres comme l’agoraphobie, ou clos qu’on appelle claustrophobie, ou encore aux animaux, la zoophobie. Tout le comportement du malade consiste à conjurer l’angoisse en évitant l’objet phobique ou à se tourner vers un objet rassurant.

Pour les « comportementalistes », les phobies seraient des conduites acquises à la suite d’expériences malheureuses et amplifiées par les réactions excessives de l’entourage ou par l’insécurité due à l’absence de la mère. Avec celle-ci on est de plein pied avec le monde de la Lune.

Les phobies relèveraient de la thérapie comportementale. Pour les psychanalystes, le mécanisme causal de la névrose phobique est un conflit intrapsychique inconscient. Le sujet a peur de ses pulsions, auxquelles il substitue un objet. C’est parce qu’il ne peut pas les assumer et pour nier leur réalité qu’il déplace son angoisse sur un objet symbolique.

LA LUNE AU BOUT DE LA ROUTE

Bibliographie

Dictionnaire de la Psychologie – Norbert Sillamy – Larousse

 

 

 

 

 

 

 

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DE L’ORIGINE DES MOIS…

(6.1 - Etymologie) par sylvietribut le 18-06-2014

Pour une fois commençons l’énumération par septembre, octobre, novembre et décembre. En effet, à la fondation de Rome, en 753 avant Jésus-Christ, le calendrier ne comportait que dix mois. Les 7e, 8e, 9e et 10e mois gardèrent leur nom initial selon leur ordre numérique. En effet, comme on peut le constater, dans « septembre » on retrouve « sept ». Pour « octobre », c’est « octo », c’est-à-dire « huit »… « novembre », c’est « nove » ou « neuf », et « décembre », c’est « dec » pour « dix ».

Passons maintenant à mars, avril, mai et juin. Dans ces dix mois, le premier était « Martius », dédié à Mars, le dieu de la guerre, car c’était le retour de la période permise pour commencer une guerre.

Le second mois était « Aprilis », de « Apru » en langue étrusque, qui est devenu pour nous « avril » qui aurait pour signification « ouvrir », car c’est le mois où les fleurs s’ouvrent. Peut-être est-ce pour ça qu’il était dédié à la déesse grecque Aphrodite, Vénus pour les Romains. C’est graduellement qu’il devint, selon les pays, le quatrième mois de l’année, lorsque l’Eglise décida que l’année commencerait le 1er janvier.

LA-NYMPHE-MAIA

La Nymphe Maia mère de Mercure

Le troisième était « Maiusé », dédié à Maia, la déesse du printemps, l’une des Pléiades et la mère de Mercure. Quant au quatrième, il était dédié à Junon, épouse de Jupiter, et s’appelait « Junius ».

Quant aux deux derniers, janvier et février, ils seront pour nous les premiers. Janvier était « Januarius » qui signifie « porte » en latin. Il était consacré à Janus, le dieu au double visage, apparenté à Saturne, le plus ancien roi du Latium et synonyme de paix. Janus était dans la mythologie romaine, le dieu des portes. En effet, avec ses deux visages opposés, il regardait à la fois l’entrée et la sortie, la fin et le début de l’année.

JANUS - MUSEE DU VATICAN

Janus au double visage

  L’année en dix mois ne comportant que 304 jours, il fut nécessaire d’ajouter deux mois, qui furent d’abord ajoutés après décembre. Tous les mois avaient un nombre impair de jours car le nombre pair était réputé fatal ou néfaste. Cependant, pur des raisons mathématiques un peu difficiles à expliquer ici, il fallut ajouter un douzième mois avec un nombre pair de 28 jours. Ce fut « Februarius », consacré à Februus, le dieu de la purification. « Februare » signifie « purifier ». Février était le mois des purifications, symbole qui sera repris par les Chrétiens, la Purification de la Vierge ayant lieu le 2 février. Juillet, l’ancien cinquième mois « Quintilis », devenu septième mois, fut appelé « Julius » en l’honneur de Jules César qui réforma le calendrier dit « Julien ». Le dernier nommé fut août. La réforme julienne fut au départ mal appliquée par les papes. Une correction fut apportée après trente-six ans, sous le règne d’Auguste et c’est pourquoi l’ancien mois « sextilis » fut baptisé « Augustus » en son honneur et qui signifie aussi « consacré aux augures ».

ZODIAQUE ROMAIN

Zodiaque des douze grands Olympiens

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UNE EXPRESSION TRES SATURNIENNE… UN TRAVAIL DE TITAN

(6.1 - Etymologie) par sylvietribut le 18-01-2014

Voilà une entreprise énorme, presque surhumaine. Dans la mythologie, les Titans étaient des géants, enfants d’Ouranos/Uranus (le Ciel) et de Gaïa (la Terre). Le plus jeune d’entre eux, Cronos/Saturne, détrôna son père, puis épousa sa sœur Rhéa. Cependant, l’oracle l’avait prévenu qu’il serait un jour détrôné par son fils. Aussi, il dévorait ses enfants au fur et à mesure qu’ils naissaient. Ainsi, il dévora Hestia, Déméter, Héra/Junon, Hadès/Pluton et Poséidon/Neptune.

RHEA PRESENTANT LA PIERRE EMMAILLOTEE A SATURNE 

Rhéa présentant à Saturne une pierre emmaillotée sensée être Jupiter

Cependant, il ne put dévorer le dernier, Zeus/Jupiter. En effet, Rhéa partit en Crète pour accoucher de Zeus. A son retour, elle fit avaler à son mari une pierre emmaillotée et Cronos/Saturne ne s’aperçut de rien. Plus tard, lorsqu’il fut devenu adulte, Zeus/Jupiter fit absorber à son père une drogue qui lui fit régurgiter tous ses enfants. Ceux-ci déclarèrent alors à leur père, Cronos/Saturne, à leur frère, une guerre qui dura dix ans, la Titanomachie. Les Titans étaient de loin les plus forts. Pour prendre d’assaut le ciel, ils entassèrent l’un sur l’autre trois des plus hauts massifs de Grèce : l’Olympe (2 917 mètres), l’Ossa (1 978 mètres) et Pélion (1 651 m).

Cependant, Zeus/Jupiter avait pour lui les Cyclopes. Ceux-ci lui donnèrent la foudre et le tonnerre, grâce à quoi Zeus/Jupiter eût raison des géants et s’empara du pouvoir, que dès lors il conserva. Il confia à son frère Poséidon/Neptune l’empire des mers et des océans, et Hadès/Pluton reçut celui des Enfers ou royaume des Morts.

Ce fut au cours d’une terrible bataille que Zeus/Jupiter chassa Cronos/Saturne du trône de l’Univers qui opposa les Olympiens, les enfants de Rhéa, aux Titans. Toutefois, un grand nombre de Titans, parmi lesquels Océan et Hélios, de même que toutes les Titanides, se tinrent à l’écart. Si Zeus/Jupiter sort vainqueur de cette longue lutte, c’est qu’il pensa à s’allier avec les Hécatonchires qu’il délivra du Tartare. Il jeta alors ses ennemis dans le Tartare, dans les profondeurs insondables du monde souterrain, à une distance aussi grande au-dessous de l’Hadès que la distance qui sépare le ciel de la Terre. Là, dans les ténèbres éternelles, les Titans furent emprisonnés pour l’éternité derrière des portes de bronze, avec les trois Géants-aux-cent-bras pour geôliers. Pour punir Atlas, Zeus/Jupiter l’obligea à porter la voûte céleste sur ses épaules.

ATLAS ET LES HESPERIDES

Le Titan Atlas portant le monde – Singer Sargent John – 1925

Dans les mythes grecs, le règne des Titans passait tantôt pour une époque barbare, tantôt au contraire, pour un « âge d’or », de grand bonheur et de prospérité. Dans une autre tradition encore, Cronos/Saturne, après avoir perdu le pouvoir, devint roi des îles des Bienheureux, situées dans la mer Occidentale.

L’origine du mot « Titan » est inconnue. Les noms des Titans et des Titanides ont des significations très variées ; certains ne sont pas grecs, d’autres personnifient des abstractions, telles que : Mnémosyné, la Mémoire, ou Phoebé, la Brillante, ou encore Théia, la Divine et Thémis, la Loi.

THEMIS LA DEESSE DE LA JUSTICE

Thémis

Bibliographie

Trésors des Expressions françaises – Sylvie Well et Louise Rameau – Belin Editeur – Le Français retrouvé

Dictionnaire de la Mythologie – Michael Grant et John Hazel – Collection Marabout

 

 

 

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HECATE A L’ORIGINE DE L’HECATOMBE

(6.1 - Etymologie) par sylvietribut le 17-11-2013

Avec Hécate nous plongeons dans une fonction terriblement redoutée de la Lune, celle d’initiatrice. L’initiation est un monde clos, fermé, hermétique. Le candidat à sa propre initiation pourra y trouver joies et bienfaits s’il réussit, mais s’il échoue de terribles conséquences attendent l’impétrant au tournant…

HECATE ET SES CHIENS

Hécate et ses chiens

Hécate possède en fait trois visages qu’elle recouvre à sa guise, comme la Lune et ses trois phases. D’ailleurs Hécate correspond à la vieille Lune, après qu’elle fut pleine. Elle s’apparente aussi à la Lune en Scorpion. Hécate comme une magicienne préside aux enchantements. En la cherchant bien, vous la trouverez aux carrefours, entourée de chiens aboyant. Ses attributs sont la torche, le fouet, la clef, le poignard et tous les symboles phalliques. Cependant, avec Hécate, il n’y a pas d’orgies, de bacchanales, de fidèles lascifs et gémissants. Hécate n’est pas une déesse de plaisir, elle n’est qu’exigence. Elle incarne le pouvoir premier de la Lune : celui de révéler.

La torche qu’elle brandit sert à éclairer la route qui mène aux Enfers. De son fouet, elle écarte la médiocrité des âmes perdues, avant d’introduire sa clef dans quelque porte scellée. Quant à son poignard, elle le réserve pour plus tard.

Hécate est une déesse chthonienne, c’est-à-dire infernale. Elle possédait un culte important en Béotie, la patrie d’Hésiode. Son ascendance est obscure. Hésiode faisait d’elle la fille de Coeos et de Phoébé, une Titanide qui garda ses privilèges après la chute des autres Titans. Mais son père pourrait tout aussi bien être Persès, ou Zeus/Jupiter lui-même. Quant à sa mère, elle a été souvent identifiée à la sœur de Léto, Astéria, bien qu’elle passe également pour la fille de Déméter ou de Phéraea. Son association à Déméter a pour origine une croyance selon laquelle toutes deux veillaient à la fertilité du sol. Cette tradition venait certainement, pour Hécate, de Carie en Asie Mineure.

HECATE - PETITE COLONNE VOTIVE

Hécate sur une petite colonne votive

Hésiode indique que Zeus/Jupiter respectait Hécate, dont le nom signifie aussi « qui étend son pouvoir au loin », plus qu’il ne le fit pour toute autre divinité, lui permettant que son pouvoir s’étende sur la terre, sur la mer et au ciel. Cependant, comme divinité chthonienne, Hécate était liée au monde des Ombres et comme Perséphone, elle passait pour être la fille de Déméter.

Hécate présidait à la magie et Médée invoqua son aide pour accomplir ses sortilèges, à Colchos puis plus tard à Corinthe. Les carrefours avaient un grand rôle dans les rites de magie qui se pratiquaient très souvent à ces endroits. Hécate n’était pourtant pas identifiée à Artémis mais on la désignait comme « l’Artémis des carrefours ». On la représentait avec trois têtes portant des torches, toujours avec ses chiens.

Hécate incarne, comme Lilith, le concept le sacrifice. Aussi, ce n’est pas un hasard si elle fut honorée par le mot terrible « hécatombe » qui signifie littéralement « sacrifice de cent bœufs ». Mais lorsqu’elle prend le visage de Perséphone, l’épouse que Pluton, Maître des Enfers et du Scorpion, Hécate tient une grenade car ce fruit a la réputation de faire descendre les âmes dans la chair…

SACRIFICE DES BOEUFS

Procession de bœufs sacrifiés

De nos jours quand on parle d’hécatombe, c’est pour évoquer massacres ou pertes immenses. Mais dans les temps anciens, ce mot était lié à des questions religieuses. En effet, dans la Grèce antique, on célébrait tous les ans la fête des Panathénées. C’était une cérémonie religieuse en l’honneur d’Athéna. Le rituel consistait à sacrifier cent bœufs que les habitants offraient aux dieux. Cette fête se déroulait du 23 au 30 du mois d’hécatombeion, ce mot de grec ancien se traduisant par « cent bœufs », une référence directe de ce sacrifice pratiqué au cours du rituel. Cette fête évolua car elle se révélait fort coûteuse pour les populations et en fait de 100 bœufs on n’en sacrifia plus qu’un seul et les 99 autres bœufs furent remplacés par des animaux de moindre valeur. Cependant, les animaux sacrifiés devaient toujours être sains et bien portants. Il s’agissait quand même d’honorer les dieux.

Et c’est ainsi que le sens du mot « hécatombe » évolua aussi. Du sacrifice de 100 bœufs, on passa rapidement à la notion de sacrifice. C’est Homère, dans l’Iliade, qui évoque une hécatombe de douze bœufs et une autre de cinquante béliers. En France, il faut attendre le XVIe siècle pour que le mot « hécatombe » soit employé avec un sens similaire à celui du grec, c’est-à-dire le sacrifice d’un grand nombre d’animaux. Alors qu’au XVIIe siècle, on l’emploie cette fois pour désigner le massacre d’un grand nombre de personnes, car comme dans la Grèce antique l’hécatombe évoquait un massacre et une grande effusion de sang. De nos jours, il est utilisé, souvent au sens figuré, pour évoquer des pertes n’ayant pas pour autant un rapport avec la mort. Ainsi, le mot « hécatombe » pourra tout aussi bien se rapporter à un échec sportif : comment ne pas évoquer l’hécatombe de l’équipe de France de football dernièrement contre l’Ukraine.

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La Vierge aux trois visages – San Pietro in Valle – Ombrie – Italie

Enfin, Hécate est encore représentée dans l’abbaye San Pietro in Valle en Ombrie, et c’est plutôt surprenant. Une fresque représente une vierge à trois visages. Or, le culte de la déesse avait été interdit avec la naissance du Christianisme et l’on date la fresque de l’an 1000. Il faut croire que le culte de la déesse était encore vivace dans cette région d’Italie, très proche de Rome. Notez au passage le culte de la Sainte Trinité dans la religion chrétienne.

Hecate

Bibliographie

Tous les Mystères de la Lune – Odile Alleguede – Editions Trajectoire

Dictionnaire de la Mythologie – Michael Grant et John Hazel – Marabout

 

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LES LAURIERS D’APOLLON

(6.1 - Etymologie) par sylvietribut le 16-08-2012

De l’origine de l’expression « Se reposer sur ses lauriers » ou même «  s’endormir sur ses lauriers »…

C’est-à-dire ne pas poursuivre une carrière glorieusement commencée, ou bien compter sur des succès passés pour s’éviter à l’avenir de tout effort.

Le laurier était l’arbre consacré à Apollon. On en faisait les couronnes dont on ornait le front des poètes, des généraux victorieux, des empereurs. La Gloire est d’ailleurs presque toujours représentée sous les traits d’une femme couronnée de lauriers. On parle des lauriers de la victoire. César, puis Napoléon, eurent des couronnes de laurier d’or.

 

Apollon et Daphné – Bernini

Il faut dire que le laurier est originaire des rivages de la Méditerranée où il serait né d’une métamorphose : celle de la nymphe Daphné que les dieux changèrent en un végétal parfumé pour la soustraire aux assauts amoureux d’Apollon, dieu des Arts et de la lumière puisqu’il conduisait le char du Soleil. Grecs et Romains l’avaient tout naturellement consacré au Soleil et ils étaient persuadés qu’il protégeait de la foudre ; d’ailleurs, Tiberius Cesar portait un chapeau de laurier quand il tonnait.

Tout comme l’olivier, le laurier était un symbole de paix. A Rome, on en agitait des rameaux en signe de liesse ; on en décorait le palais des empereurs et des grands pontifes, ainsi que les statues de Jupiter à l’annonce d’une victoire. On en couronnait les généraux vainqueurs, ainsi que les poètes ou les amants heureux. Au Moyen Age, on ceignait aussi le front des artistes, des poètes, des savants et des nouveaux promus à un titre universitaire, coutume qui perdure en Italie à cette occasion, d’où le nom de « bacca laurea » donné à l’examen qui connait tant d’avatars chez nous depuis des années.

 

Une nouvelle diplômée

Ce laurier d’Apollon symbolisait aussi l’immortalité acquise par la victoire. Cet arbre apollinien signifie aussi les conditions spirituelles de la victoire, la sagesse unie à l’héroïsme.

La couronne, comme l’auréole, sont des symboles solaires. La couronne surtout était l’insigne du pouvoir et de la lumière. Autrefois, elle était ornée de pointes qui figuraient des rayons de lumière. L’iconographie alchimiste montre les esprits des planètes recevant leur lumière, sous forme de couronne, des mains de leur roi, le soleil. Toute couronne participe à l’éclat du symbolisme de la couronne solaire. L’auréole quant à elle évoque aussi un rayonnement d’origine solaire, mais d’un caractère sacré, suggérant le divin ou la sainteté. La tonsure des prêtres et des moines s’apparente à l’auréole puisqu’elle forme couronne. Elle indique leur vocation exclusive au spirituel, l’ouverture de l’âme.

 

La couronne de laurier de Napoléon 1er

Bibliographie

Trésors des expressions françaises – Sylvie Weil et Louise Rameau – Belin – Le Français retrouvé

Nos grands-mères savaient – La Vérité sur les plantes et la vie naturelle – Jean Palaiseul 

 

 

 

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LE VOCABULAIRE GUERRIER DE MARS

(6.1 - Etymologie) par sylvietribut le 10-04-2011

Mars était le dieu de la guerre chez les Romains. L’origine du mot Mars est latine : Martialis.  

De là a été tiré l’adjectif « martial » qui dénote une âme belliqueuse, ou bien qui qualifie un rapport au combat, à la guerre comme l’évoquent les arts martiaux.

mars

Mars le dieu de la guerre dans la Rome Antique  

Martial est également relatif, en biologie, au métabolisme du fer dans un organisme. Le fer est le métal que régit Mars, la planète. En médecine, on parle d’ailleurs d’un bilan martial pour l’analyse du dosage du fer dans l’organisme. Pour l’astrologue, le sang appartient au monde de Mars, la planète.

La couleur rouge sang caractéristique de Mars, la planète, lui valut dans l’Antiquité le rapprochement avec le dieu grec de la guerre Arès, puis avec son équivalent romain Mars, le rouge évoquant le sang des champs de bataille.

Toujours lié à l’adjectif « martial », on trouve également la « cour martiale » qui est un tribunal militaire, ou encore de « loi martiale » qui est une loi qui a cours en tant de guerre.

Ce qui est amusant, c’est que l’anagramme de « martial » est « marital »… La vie conjugale, la vie maritale, doit-elle être considérée comme un combat ?

Mardi provient du latin « Martis dies » qui signifie « jour de Mars ».

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Le mois de Mars des Très Riches Heures du Duc de Berry

Pourquoi le troisième mois de notre année s’appelle-t-il « Mars » ?  

A l’origine du calendrier romain, le mois de mars était le premier de l’année car le retour des beaux jours marquait le début de la période de la reprise de la guerre après l’hiver. Son nom vient du latin Martius, nom donné à ce mois par les Romains en l’honneur du dieu Mars, dieu de la guerre. Mars était d’ailleurs le plus important des dieux de la guerre honorés par les légions romaines. Son culte connaissait deux temps forts : au mois de mars et en octobre, ces deux mois marquant le début et la fin de la saison guerrière. Si l’équinoxe de printemps inaugure le signe du Bélier, signe où Mars se trouve en domicile, l’équinoxe d’automne initie le signe de la Balance, lieu d’exil de Mars, c’est-à-dire où l’agressivité martienne laisse le pas à la douceur vénusienne de la Balance.  

Par la suite, Janvier, mois d’élection des magistrats, devint le commencement de la nouvelle année, avec le solstice d’hiver et le signe du Capricorne, lieu d’exaltation de Mars. De ce fait, le mois de mars est devenu le troisième mois de l’année, et c’est ainsi que décembre, étymologiquement le dixième mois, est devenu le douzième. 

Le mot « mars », du latin Martis, apparaît également en vieux-latin et dans l’usage poétique sous la forme de « Mavors » ou « Mavortis ». Il est apparenté en langue osque à « Mamers » ou Mamertos. Les adjectifs formés sont donc « martius » et « martialis », dont proviennent, comme on vient de le voir, martial et les noms de personnes tels que « Martin ».   

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Mamers – Sous Préfecture de la Sarthe 

Ainsi, on peut penser que Mamers, petite sous-préfecture de la Sarthe, serait une ville ayant pu être consacrée au dieu Mars. D’après les études de Monsieur Verdier, Mamers aurait pour origine une villa romaine fondée par un certain Mamertus, qui n’a rien de commun avec son homonyme Saint Mamers. Installé sur une vieille voie de rive préhistorique qui suivait la Dive, l’immense domaine de Mamertus possédait au nord, une annexe à Jaillé qui s’étendait sur les deux rives de la rivière. Cependant, l’enceinte ovale de fossés et de talus de la « maison du maître », c’est-à-dire l’enceinte autour de l’actuelle Place Carnot, laisserait penser que Mamertus était gaulois d’origine.

Et pourtant, avant d’être les habitants de Mamers, les Mamertins désignaient les membres d’une colonie du peuple osque, originaire de Campanie, qui s’installèrent en Sicile, à Messine plus précisément, dont les habitants s’appellent aussi des Mamertins. Cela se passait sous le règne du tyran de Syracuse nommé Agathocle. Comme c’était l’usage, ces émigrants se plaçaient sous la protection d’un dieu, en l’occurrence le dieu Mars qui en osque se traduit par Mamers. La tutelle du dieu de la guerre donna courage et vaillance militaire aux Mamertins enrôlés par le tyran de Syracuse comme mercenaires de son armée et contribuèrent à assurer à ce souverain la domination de la moitié de l’île, l’autre moitié demeurant sous l’influence carthaginoise. En – 306 avant Jésus-Christ, Agathocle put prendre, grâce au concours des Mamertins, le titre de roi de Sicile. A la mort d’Agathocle, en – 289 avant Jésus-Christ, menacés par les Carthaginois, les Mamertins firent appel aux Romains en – 264 avant Jésus-Christ déclenchant du même coup la première « Guerre Punique ».

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Mamers – Autrefois ville de garnisons

Renforçant l’idée que la ville de Mamers serait liée au dieu Mars, c’est qu’elle fut par deux fois ville de garnisons. En 1906, elle abrita le 115e régiment d’infanterie et entre 1939 et 1940, ce fut alors le 71e régiment d’infanterie qui eût pour base Mamers.

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Blason de la ville de Mamers  

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