LE VOCABULAIRE GUERRIER DE MARS
(6.1 - Etymologie) par sylvietribut le 10-04-2011
Mars était le dieu de la guerre chez les Romains. L’origine du mot Mars est latine : Martialis.
De là a été tiré l’adjectif « martial » qui dénote une âme belliqueuse, ou bien qui qualifie un rapport au combat, à la guerre comme l’évoquent les arts martiaux.

Mars le dieu de la guerre dans la Rome Antique
Martial est également relatif, en biologie, au métabolisme du fer dans un organisme. Le fer est le métal que régit Mars, la planète. En médecine, on parle d’ailleurs d’un bilan martial pour l’analyse du dosage du fer dans l’organisme. Pour l’astrologue, le sang appartient au monde de Mars, la planète.
La couleur rouge sang caractéristique de Mars, la planète, lui valut dans l’Antiquité le rapprochement avec le dieu grec de la guerre Arès, puis avec son équivalent romain Mars, le rouge évoquant le sang des champs de bataille.
Toujours lié à l’adjectif « martial », on trouve également la « cour martiale » qui est un tribunal militaire, ou encore de « loi martiale » qui est une loi qui a cours en tant de guerre.
Ce qui est amusant, c’est que l’anagramme de « martial » est « marital »… La vie conjugale, la vie maritale, doit-elle être considérée comme un combat ?
Mardi provient du latin « Martis dies » qui signifie « jour de Mars ».
Le mois de Mars des Très Riches Heures du Duc de Berry
Pourquoi le troisième mois de notre année s’appelle-t-il « Mars » ?
A l’origine du calendrier romain, le mois de mars était le premier de l’année car le retour des beaux jours marquait le début de la période de la reprise de la guerre après l’hiver. Son nom vient du latin Martius, nom donné à ce mois par les Romains en l’honneur du dieu Mars, dieu de la guerre. Mars était d’ailleurs le plus important des dieux de la guerre honorés par les légions romaines. Son culte connaissait deux temps forts : au mois de mars et en octobre, ces deux mois marquant le début et la fin de la saison guerrière. Si l’équinoxe de printemps inaugure le signe du Bélier, signe où Mars se trouve en domicile, l’équinoxe d’automne initie le signe de la Balance, lieu d’exil de Mars, c’est-à-dire où l’agressivité martienne laisse le pas à la douceur vénusienne de la Balance.
Par la suite, Janvier, mois d’élection des magistrats, devint le commencement de la nouvelle année, avec le solstice d’hiver et le signe du Capricorne, lieu d’exaltation de Mars. De ce fait, le mois de mars est devenu le troisième mois de l’année, et c’est ainsi que décembre, étymologiquement le dixième mois, est devenu le douzième.
Le mot « mars », du latin Martis, apparaît également en vieux-latin et dans l’usage poétique sous la forme de « Mavors » ou « Mavortis ». Il est apparenté en langue osque à « Mamers » ou Mamertos. Les adjectifs formés sont donc « martius » et « martialis », dont proviennent, comme on vient de le voir, martial et les noms de personnes tels que « Martin ».
Mamers – Sous Préfecture de la Sarthe
Ainsi, on peut penser que Mamers, petite sous-préfecture de la Sarthe, serait une ville ayant pu être consacrée au dieu Mars. D’après les études de Monsieur Verdier, Mamers aurait pour origine une villa romaine fondée par un certain Mamertus, qui n’a rien de commun avec son homonyme Saint Mamers. Installé sur une vieille voie de rive préhistorique qui suivait la Dive, l’immense domaine de Mamertus possédait au nord, une annexe à Jaillé qui s’étendait sur les deux rives de la rivière. Cependant, l’enceinte ovale de fossés et de talus de la « maison du maître », c’est-à-dire l’enceinte autour de l’actuelle Place Carnot, laisserait penser que Mamertus était gaulois d’origine.
Et pourtant, avant d’être les habitants de Mamers, les Mamertins désignaient les membres d’une colonie du peuple osque, originaire de Campanie, qui s’installèrent en Sicile, à Messine plus précisément, dont les habitants s’appellent aussi des Mamertins. Cela se passait sous le règne du tyran de Syracuse nommé Agathocle. Comme c’était l’usage, ces émigrants se plaçaient sous la protection d’un dieu, en l’occurrence le dieu Mars qui en osque se traduit par Mamers. La tutelle du dieu de la guerre donna courage et vaillance militaire aux Mamertins enrôlés par le tyran de Syracuse comme mercenaires de son armée et contribuèrent à assurer à ce souverain la domination de la moitié de l’île, l’autre moitié demeurant sous l’influence carthaginoise. En – 306 avant Jésus-Christ, Agathocle put prendre, grâce au concours des Mamertins, le titre de roi de Sicile. A la mort d’Agathocle, en – 289 avant Jésus-Christ, menacés par les Carthaginois, les Mamertins firent appel aux Romains en – 264 avant Jésus-Christ déclenchant du même coup la première « Guerre Punique ».
Mamers – Autrefois ville de garnisons
Renforçant l’idée que la ville de Mamers serait liée au dieu Mars, c’est qu’elle fut par deux fois ville de garnisons. En 1906, elle abrita le 115e régiment d’infanterie et entre 1939 et 1940, ce fut alors le 71e régiment d’infanterie qui eût pour base Mamers.
Blason de la ville de Mamers
















