DANS L’HERBIER DE LA VIERGE… LE LISERON

(6.6.6 - LES MYTHES DE LA VIERGE ET DE MERCURE) par sylvietribut le 19-09-2016

Avec tous les noms qui le désignent le liseron entre résolument dans le signe de la Vierge. En effet, ne le nomme-t-on pas la clochette de la Vierge, le gobelet de Notre-Dame, la manchette de la Vierge ou de Notre-Dame, la robe de la Vierge, la chemise de bon dieu. Mais comment ne pas penser aussi à l’évangile des Vierges sages et des Vierges folles puisqu’on appelle également le liseron « Belle de jour ». C’est également le lys des champs, le liseron des haies, la calystégie des haies, la gloire du matin, le liset, ou même le grand liseron.

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Le liseron décorant un peigne Art déco

Le liseron est présent dans toute la zone tempérée, à climat méditerranéen de l’hémisphère nord. Le fruit est une capsule globuleuse abritant trois à quatre graines. Ces graines, bourrées dans un oreiller, avaient la réputation de chasser les cauchemars. Peut-être est-ce là la trace d’une méthode de lutte contre l’espèce qui, avant l’époque des désherbants, était considérée comme une mauvaise herbe difficile à éliminer par les jardiniers et même les agriculteurs. Cependant, l’élégance de la forme des fleurs ainsi que sa tige torsadée ont retenu l’attention des artistes de la période Art déco qui l’ont dessiné ou utilisé comme ornement architectural, en bijou et autres sculptures.

Il est amusant de rapprocher ce que deux médecins ont dit de lui à plusieurs siècles de distance : pour Matthiole : « Il semble que ce soit le coup d’essai de la nature lorsqu’elle commençait à faire le lis » ; pour Georges Duhamel, c’est « un personnage terrible, sans scrupule ; il rampe, il grimpe et étouffe ceux dont il se sert ».

Comme son frère le liseron des champs, le « Convolvulus arvensis », appelé aussi petit liset, bédille, petite vrillée, clochette des blés ou campanette, il est nuisible aux végétaux qui l’entourent, mais il est doté comme lui d’énergiques propriétés purgatives, déjà mentionnées par Dioscoride, et c’est d’ailleurs pourquoi vous ne verrez jamais un paysan mâchonner entre ses dents une fleur de liseron : il sait ce qui l’attendrait.

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Liserons

Dioscoride et la tradition savaient déjà que cette jolie plante était un purgatif et les siècles passèrent, confirmant cette propriété. Deux chercheurs, Brisemoret et Chevalier, au cours de leurs expériences sur le liseron, relevèrent la présence d’une matière résineuse fortement purgative. Cependant, le liseron est surtout recommandé quand la constipation est la résultante de l’insuffisance hépatique. Bon à savoir : l’action des feuilles est moins puissante que celle de la racine.

Au Moyen Age, les médecins arabes en utilisaient les racines contre la jaunisse. Un auteur du XIe siècle le cite contre les fièvres putrides et bilieuses.

Lorsqu’on veut à la fois exercer une action laxative légère sur l’intestin et favoriser la sécrétion de la bile, on fait infuser pendant cinq minutes 3 à 6 feuilles, fraîches ou séchées, dans une tasse d’eau bouillante et on boit cette tisane un quart d’heure avant le petit déjeuner.

Quand on désir une potion purgative, qui ne donne aucune colique et n’irrite pas l’intestin, on a recours soit à une infusion simple : 10 à 12 grammes de feuilles dans 250 cc d’eau. On laisse infuser cinq minutes, à boire le matin à jeun ; soit une infusion composée de 10 à 12 grammes de feuilles, 5 ou 6 grammes de graines de lin pour 250 cc d’eau ; laissez infuser cinq minutes ; passer ; ajouter une cuillerée à soupe de miel : à boire le matin à jeun ; soit une dose de 1 gramme de feuilles séchées réduites en poudre, absorbée le matin à jeun en l’incorporant à du miel ou de la confiture.

En usage externe : six à 8 feuilles fraîches de liseron des haies écrasées entre les doigts et appliquées en cataplasme sur un clou ou un furoncle le font percer en 24 heures.

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Le liseron – Planche botanique

Au jardin, le liseron indique un sous-sol tassé et une terre riche en azote. Il s’installe sur les sols manquants de silice afin justement de remédier à ce manque. Par ailleurs, le liseron est une plante mellifère. Fleurissant de juin à octobre, le liseron attire de nombreux insectes pollinisateurs, dont les abeilles qui sont friandes de ses fleurs au parfum d’amande, favorisant ainsi les productions de fruits et de légumes fruits comme les tomates, les concombres, les poivrons, les aubergines et les courges.

Le liseron est également une plante-engrais grâce à ses racines plongeantes. Le liseron et une plante très riche. Cette plante, entière sans les racines, séchée, pourra venir enrichir le compost en azote et divers oligo-éléments.

Le liseron contient notamment des glucosides, des tanins et des mucilages. Ces composants actifs sont extraits des sommités fleuries, en été, ou des rhizomes, à l’automne, pour en faire des préparations aux vertus laxatives et diurétiques.

Enfin, pour l’astrologue la Vierge correspond dans le corps humain aux intestins, ses fragilités et ses problèmes, comme la constipation, et le liseron vient pallier à ces disfonctionnements intestinaux.

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Bibliographie

Nos grand-mères savaient – La vérité sur les plantes et la vie naturelle – Jean Palaiseul – Editions Robert Laffont

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LA FONTAINE MERCURIELLE

(6.6.6 - LES MYTHES DE LA VIERGE ET DE MERCURE) par sylvietribut le 18-09-2016

Jung voyait dans le dieu Mercure, Hermès pour les Grecs, l’image analogique de l’inconscient personnel. Fondé sur la trinité : Hermès Trismégiste signifie « trois fois grands » en grec ancien. « Il représente cette substance psychique mystérieuse que nous désignons aujourd’hui du nom de psyché inconsciente », expliquait Jung. Chaque état de ce dernier est figuré par Mercure suivant des variantes, emprunté aux allégories de l’alchimie : « J’en mentionnerai seulement quelques-unes : le roi est en danger de se noyer dans la mer, ou bien il en est prisonnier ; le soleil se noie dans la fontaine mercurielle ; le roi transpire dans la maison de verre ; le lion vert engloutit le soleil, Gabricus disparaît dans le corps de sa sœur Beya et s’y dissout en atomes… ». Esprit chtonien, ailé, volatile et immuable, Mercure représente deux contraires personnifiés sous les traits du dieu des voleurs et du dieu des secrets, comme son pendant égyptien, Thot.

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La fontaine mercurielle

Mercure, outre le sens particulier qu’il peut avoir en alchimie, représente la projection de l’inconscient. Hermès a des ailes, c’est une dieu aérien, c’est un esprit, une énergie subtile, psychique et éthérée. Mercure pénètre, s’allie aux autres métaux. Mercure est mobile, liquide, sublimable, à la fois air, gaz, esprit ou âme.

Mais il existe trois Mercure : le Mercure minéral, le Mercure végétal et le Mercure animal. Quant aux eaux mercurielles on les désigne par trois noms : « lait de vierge », « vinaigre de la fontaine » et « eau de vie ».

Sur certaines représentations de la fontaine mercurielle, on voit cinq grosses étoiles et sur le bord de la fontaine, six étoiles plus petites. Elles représentent avec le mercure les sept métaux, deux colonnes de fumée et deux colonnes qui montrent le chemin ascensionnel de l’alchimiste.

Cependant, la fontaine mercurielle pourrait aussi bien illustrer le jaillissement de l’inconscient dans la sphère du conscient.

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BELLE EVOCATION DE MERCURE PAR JEAN DE LA FONTANE

(6.6.6 - LES MYTHES DE LA VIERGE ET DE MERCURE) par sylvietribut le 17-09-2016

Le Bûcheron et Mercure

 

Un Bûcheron perdit son gagne-pain, 
C’est sa cognée ; et la cherchant en vain, 
Ce fut pitié là-dessus de l’entendre. 
Il n’avait pas des outils à revendre. 
Sur celui-ci roulait tout son avoir. 
Ne sachant donc où mettre son espoir, 
Sa face était de pleurs toute baignée. 
Ô ma cognée ! ô ma pauvre cognée ! 
S’écriait-il, Jupiter, rends-la-moi ; 
Je tiendrai l’être encore un coup de toi. 
Sa plainte fut de l’Olympe entendue. 
Mercure vient. Elle n’est pas perdue, 
Lui dit ce dieu, la connaîtras-tu bien ? 
Je crois l’avoir près d’ici rencontrée. 
Lors une d’or à l’homme étant montrée, 
Il répondit : Je n’y demande rien. 
Une d’argent succède à la première, 
Il la refuse. Enfin une de bois : 
Voilà, dit-il, la mienne cette fois ; 
Je suis content si j’ai cette dernière.

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– Tu les auras, dit le Dieu, toutes trois. 
Ta bonne foi sera récompensée. 
– En ce cas-là je les prendrai, dit-il. 
L’Histoire en est aussitôt dispersée ; 
Et Boquillons de perdre leur outil, 
Et de crier pour se le faire rendre. 
Le Roi des Dieux ne sait auquel entendre. 
Son fils Mercure aux criards vient encor, 
À chacun d’eux il en montre une d’or. 
Chacun eût cru passer pour une bête 
De ne pas dire aussitôt : La voilà ! 
Mercure, au lieu de donner celle-là, 
Leur en décharge un grand coup sur la tête. 

Ne point mentir, être content du sien, 
C’est le plus sûr : cependant on s’occupe 
À dire faux pour attraper du bien : 
Que sert cela ? Jupiter n’est pas dupe.

Jean de La Fontaine

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UNE DEESSE VIRGINIENNE… DEMETER

(6.6.6 - LES MYTHES DE LA VIERGE ET DE MERCURE) par sylvietribut le 09-09-2015

Déméter est la Grande Déesse Maternelle de la Terre, la divinité de la fertilité et la déesse des Mystères d’Eleusis. Elle figure parmi les douze grands dieux olympiens et parmi les six enfants de Cronos/Saturne et de Rhéa. Elle eut de Zeus/Jupiter, son frère, Perséphone, avec qui elle était étroitement unie, dans le culte grec. Son nom signifie « Terre-Mère ». Les Romains l’identifiaient avec la déesse italique du blé, Cérès. Et dans les temps les plus reculés, elle fut aussi identifiée à la déesse égyptienne, Isis, ainsi qu’à la déesse phrygienne Cybèle, ainsi qu’à sa propre mère Rhéa.

DEMETER

Déméter

Déméter passait pour ne vivre que rarement sur l’Olympe, préférant plutôt vivre sur la terre, en particulier à Eleusis, en Attique ; là, elle avait fondé, les Mystères initiatiques d’Eleusis qui célébraient les éternels recommencements, le cycle des morts et des renaissances, dans le sens probable d’une spiritualisation progressive de la matière.

Sa fille unique Perséphone, fut enlevée par Hadès/Pluton et devint Reine des Enfers. L’Antiquité a décrit en d’émouvants poèmes la course angoissée de Déméter jusque dans les Enfers, à la recherche de sa fille perdue. La mère et la fille sont représentées dans l’art comme unies d’une égale tendresse. Elles sont invoquées ensemble dans les cultes, pour assurer la survivance des âmes dans le monde des Morts.

Déméter confia à Triptolème, fils du roi d’Eleusis, un épi de blé. Triptolème parcourut le monde pour enseigner aux hommes l’agriculture. Mais la végétation est soumise elle aussi à la loi des morts et des renaissances.  Avant de germer et de lever, le grain passe des mois sous terre, comme Perséphone passe six mois d’hiver dans le monde souterrain, auprès d’Hadès/Pluton, avant de revenir pour six autres mois de printemps et d’été auprès de sa mère dans la lumière de l’Olympe.

DEMETER ET PERSEPHONE

Perséphone et Déméter

Par ses relations avec sa fille, déesse des Enfers, et avec Triptolème, le propagateur de la culture du blé, Déméter se révèle la déesse des alternances de vie et de mort, qui rythment le cycle de la végétation et de toute existence. Elle participe ainsi au symbolisme de la terre-mère. Mais elle se distingue de la terre, élément cosmogonique comme Gaia et Rhéa, en ce qu’elle symbolise la terre cultivée, celle qui produit le blé et toutes les riches moissons.

Déméter symbolise en effet une phase capitale dans l’organisation de la terre : le passage de la nature à la culture, du sauvage au civilisé. Si des symboles sexuels interviennent, au cours de l’initiation aux grands mystères d’Eleusis, c’est moins pour évoquer, semble-t-il, la fécondité de l’union sexuelle que pour garantir une régénération dans un au-delà de lumière et de bonheur. D’ailleurs l’hymne homérique à Déméter ne dit pas autre chose « Heureux qui possède, parmi les hommes de la terre, la vision de ces mystères ».

Selon l’interprétation analytique de Paul Diel, Perséphone, la fille de Déméter, serait « le symbole suprême du refoulement » et donc le sens caché des mystères d’Eleusis consisterait dans « la descente dans le subconscient en vue de libérer le désir refoulé, en vue de chercher la vérité à l’égard de soi-même, ce qui peut être l’accomplissement le plus sublime. Ainsi Déméter qui a donné aux hommes le pain, symbole de la nourriture spirituelle, leur donne aussi le sens véridique de la vie : « la sublimation-spiritualisation du désir terrestre ; c’est-à-dire la libération à l’égard de toute exaltation », comme de tout refoulement. Déméter s’affirme ainsi comme le « symbole des désirs terrestres justifiés, trouvant satisfaction grâce à l‘effort ingénieux de l’intellect-serviteur, lequel, tout en cultivant la terre, demeure accessible à l’appel de l’esprit ». Cependant, Déméter, la fécondité matérielle et spirituelle ne s’égale pas à l’esprit comme Héra, l’épouse de Zeus/Jupiter. Elle n’est pas la lumière, mais la voie vers la lumière ou le flambeau qui éclaire le chemin.

Déméter

Bibliographie

Dictionnaire de la Mythologie – Michael Grant et John Hazel – Marabout

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

 

 

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LA VIERGE… LE TEMPS DES MOISSONS OU LA FIN D’UN CYCLE

(6.6.6 - LES MYTHES DE LA VIERGE ET DE MERCURE) par sylvietribut le 06-09-2015

Le temps des moissons s’étend en Europe du début juin pour le Sud à la fin septembre pour le Nord, où les fêtes de clôture des moissons coïncidaient avec l’équinoxe d’automne et la Saint-Michel.

Symboliquement, la moisson est « la fin du monde » écrit Saint Matthieu, et d’une certaine façon toute récolte est une forme de sacrifice, de meurtre rituel ; ne nous représentons-nous pas la mort sous la forme d’un impitoyable et squelettique faucheur ?

« Lancez la faucille, la moisson est mûre » : c’est en ces termes que Dieu annonce, par l’intervention du prophète Isaïe, qu’il va siéger pour le jugement dernier. Ensemencements et moissons représentent les moments culminants du drame agraire, immuable, interprété parfois de manières différentes, voire contradictoires, sous l’influence des conceptions religieuses, des conditions climatiques et des antécédents historiques.

LES MOISSONS DE LA VIERGE

Les Moissons de la Vierge

Dans la Bible, la moisson est souvent employée en termes métaphoriques. Ainsi, on encore aussi aujourd’hui : « On moissonnera ce qu’on a semé, avec la moisson comme image du travail proposé. C’est encore Saint Matthieu qui l’évoque.

Plus intéressant est de relever le contenu symbolique de l’image : « La moisson, c’est la fin du monde », écrit encore Matthieu. On peut même préciser qu’il s’agit du jugement final. Ainsi dans « Joël », Dieu annonce qu’il va siéger pour juger : « Lancez la faucille, la moisson est mûre ». Le texte emploie ensuite l’image parallèle de la vendange.

Toutefois plusieurs textes du Nouveau Testament permettent d’exclure l’explication rationnelle, selon laquelle les actions de l’homme, en se développant, parviennent à maturité et sont alors simplement moissonnées et comptabilisées par un juge passif, comme à l’aide d’une balance.

La parabole de l’ivraie et du bon grain qu’évoque encore Matthieu, laisse une part de mystère dans la moisson-jugement  dernier : la patience de Dieu s’y réserve la décision souveraine. Le critère dernier qui présidera à cette moisson est la détermination de la qualité essentielle des fruits portés par l’homme. A-t-il vécu, semé et fructifié pour ses appétits charnels, ou pour le bien, pour l’Esprit, c’est-à-dire pour la volonté de Dieu et son royaume. Voilà pourquoi le résultat de la moisson n’est pas toujours conforme à la logique. Tel qui a semé avec larmes moissonnera dans les chants d’allégresse.

LA GLANEUSE

La première gerbe

Mais retour au profane et à l’Estonie, où la première gerbe a des pouvoirs divinatoires : les jeunes filles s’informent sur leur mariage en jetant les épis au cours d’une cérémonie à huit clos. En Allemagne, tout au pragmatisme, on croyait deviner le prix du blé au cours de l’année à venir en observant les épis de la première gerbe moissonnée.

Mais beaucoup plus fréquents, dramatiques et significatifs sont les rituels qui accompagnent la fin du fauchage. Fuyant devant les faucheurs, la « force de la terre » se réfugie dans les derniers épis qui seront épargnés, car celui qui les couperait par cupidité ou par ignorance tuerait le « dernier carré » d’énergie de la terre et de sa végétation. Sous-jacentes à cette précaution se retrouvent les notions d’offrande et de sacrifice à l’intention de « ceux qui habitent sous terre », « pour l’esprit de la maison du voisin », pour la « Gute Frau », la bonne femme, ou la « Arme Frau », la pauvre femme, ou encore « l’épouse du blé ». Chez les Scandinaves, ces derniers épis sont offerts au « chevaux d’Odin ».

Enfin, le premier pain fait de la nouvelle farine est offert dans l’ensemble du monde orthodoxe à l’église et il servira à l’Eucharistie. Les morceaux non consommés de ce pain sont précieusement gardés dans l’iconostase, sorte de petit autel familial décoré d’icônes, et servira comme remède ne cas de maladie ou encore pour faire communier les mourants en l’absence d’un prêtre.

Avec la nouvelle farine, on fabrique également une couronne que l’on dépose à la source du village et une autre appelée « pain de la cigale », en hommage à l’infatigable chanteuse qui fait oublier la dureté des travaux, que l’on distribue aux pauvres.

Fêtes, danses, réjouissances marquent la fin des moissons, du battage et l’engrangement des récoltes et c’est ensuite que l’on participe aux foires et que l’on célèbre les mariages.

BLASON DE SIN LE NOBLE - NORD

Blason de Sin-le-Noble – Nord

Bibliographie

Fêtes et Croyances populaires en Europe – Yvonne de Sike – Editions Bordas   

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Bouquins

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DANS L’UNIVERS DE LA VIERGE… ASCLEPIOS LE DIEU MEDECIN

(6.6.6 - LES MYTHES DE LA VIERGE ET DE MERCURE) par sylvietribut le 09-09-2014

Difficile de séparer cet art qu’est la médecine du signe de la Vierge qui produit toujours un grand nombre de thérapeutes, d’êtres dévoués aux autres, soucieux de les soigner.

Asclépios était le fils d’Apollon et de Coronis. On raconte que cette mère bien qu’enceinte des œuvres d’Apollon voulut épouser un mortel, un Arcadien. Terrible affront pour ce dieu solaire qu’est Apollon. Par vengeance, il tua son rival et la future mère qui attendait un garçon. Il retira le fœtus du corps consumé par le bûcher et le confia à Chiron. Encore un fils sans mère, éduqué par un maître plein de sagesse qui lui révèlera tous ses secrets. Il sera d’ailleurs l’élève bien aimé de Chiron.

Asclepios

Asclépios

Cependant, il existe plusieurs autres versions de la naissance d’Asclépios. Les habitants d’Epidaure, ville où se trouve le nombre le plus important des temples consacrés au dieu, préfèrent croire que Coronis accoucha pendant qu’elle visitait la ville avec son père. Puis, d’après cette tradition, elle abandonna son enfant sur le Mont Pyrtion. Là, le bébé fut nourri par un troupeau de chèvres et fut recueilli par leur berger, bien que celui-ci eût été terrifié par les éclairs qui émanaient du corps de l’enfant. Et puis, en Messénie, on disait que la mère d’Asclépios était Arsinoé, fille de Leucippos.

Quoi qu’il en soit, Asclépios apprit très vite, lui aussi intelligent et observateur, comme un natif de la Vierge peut l’être. Sans être l’inventeur du Caducée, qu’on réserve en général à Hermès/Mercure, le Maître de la Vierge, et sur lequel il y a litige, il fit néanmoins du serpent le symbole de la médecine, peut-être en souvenir des pouvoirs archaïques de la Grande Mère dont il avait été séparé, ou à cause de la réputation d’immortalité lié à ce très vieil animal.

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Asclépios et Hygie soignant un malade

L’âge venu, Asclépios quitta Chiron et se maria avec Epioné dont il eut deux fils, Machaon et Podalirios, qui devinrent eux aussi médecins et combattirent tous deux lors de la guerre de Troie, là plutôt que de se battre, ils soignèrent surtout les blessés. Asclépios eut aussi deux filles, Hygie et Panacée, elles assi furent attachées à la pratique thérapeutique.

Toutefois, le jour où avec le sang de Méduse, Asclépios se mit à ressusciter les morts, notamment Hippolyte fils de Thésée et victime des appétits de Phèdre, Zeus/Jupiter s’inquiéta et en prit ombrage. Hadès/Pluton lui aussi commença à se plaindre d’une baisse d’affluence dans son royaume des Morts. Alors, Zeus/Jupiter, dans un de ces vieux réflexes fatals, foudroya Asclépios qui se retrouva aussitôt au ciel.

Apollon, le père d’Asclépios, vengea son fils en tuant les Cyclopes, fils de Zeus/Jupiter. C’étaient eux qui fabriquaient la foudre de leur père. Zeus/Jupiter punit Apollon en l’obligeant à servir comme esclave, pendant un an, à la cour du roi Admète.

Toutefois, le serpent fut consacré à Asclépios qui, disait-on, s’était réincarné sous l’aspect de cet animal. Lorsque son culte fut transporté à Rome, en 293 avant Jésus-Christ, il arriva d’Epidaure sous l’aspect d’un serpent qui, selon certains avait nagé jusqu’à la côte et avait choisi sa propre demeure. Cependant, son culte continua à être célébré à Epidaure. Là se rendaient d’innombrables malades qu’on soignait. Il semble même qu’on y traitait la stérilité… problème qu’on associe au signe de la Vierge.

Les descendants d’Asclépios y prodiguaient leurs soins et Hippocrate traitait là les malades. La psychosomatique était déjà chose connue et le rêve éveillé y était pratiqué. Du moins les Grecs avaient-ils compris la fonction thérapeutique des symboles.

LA CONSTELLATION DU SERPENTAIRE

La Constellation du Serpentaire

Quant à Zeus/Jupiter, selon certaines versions, il aurait rendu la vie à Asclépios, réalisant ainsi la prédiction selon laquelle Asclépios deviendrait un dieu, mourrait et redeviendraient un dieu. Cependant, Asclépios fut placé au firmament par son père, Apollon, et devint la constellation du Serpentaire.

Par ailleurs, Asclépios est l’Esculape romain dont le nom est une traduction en alphabet latin du dieu grec, et l’Imhotep égyptien. Son attribut principal est le bâton d’Asclépios, autour duquel s’enroule un serpent, aujourd’hui symbole de la médecine.

LE SERPENT D'ASCLEPIOS

Bibliographie

Dictionnaire de la Mythologie – Michael Grant et John Hazel – Chez Marabout

Dieux et Héros du zodiaque – Joëlle de Gravelaine – Robert Laffont

 

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DANS LA MYTHOLOGIE DE LA VIERGE… LE DIEU BACCHUS

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME, 6.6.6 - LES MYTHES DE LA VIERGE ET DE MERCURE) par sylvietribut le 18-09-2013

Le culte de Dionysos ne s’implanta pas facilement en Grèce, sans doute parce qu’il venait de chez ces Barbares d’Anatolie, ces Phrygiens et ces Thraces, lieu de naissance des plus anciennes Déesses-Mères, androgynes comme Cybèle. Dionysos, lui-même, était parfois interpellé de la façon suivante : « Où vas-tu… toi, l’homme-femme ? », souvent attaqué comme on agresse encore parfois aujourd’hui les homosexuels. Il faut préciser qu’il portait des vêtements de femme, mais sans doute avait-il hérité de la bisexualité de ces déesses crétoises ou anatoliennes, de la Déesse-Mère ou du Serpent ? N’était-il pas, par excellence, le dieu qui prit toutes les formes, connut toutes les métamorphoses : il se changea en lion, en panthère, en fait en ce qu’il voulait, lui le dieu de la démesure et de l’ivresse, maître des Ménades comme son homologue romain Bacchus, dieu du vin et des vendanges de septembre, qui était lui aussi le maître des Bacchantes.

BASSIN DE BACCHUS - PARC DU CHATEAU DE VERSAILLES - Balthazar et Gaspard Marsy

Dionysos – Bassin Parc du Château de Versailles

On a chargé les Ménades, Corybantes et Bacchantes, pour faire d’elles de dangereuses hystériques dévorant leurs propres enfants, des animaux vivants qu’elles déchiraient à belles dents, des taureaux sauvages en particulier, et cela au cours d’une transe sacrée. Certes, il existe une tradition prétendant qu’au cours de transes rituelles des sacrifices d’animaux, voire d’enfants, avaient lieu. On peut suggérer autre chose, une relation beaucoup plus directe au chamanisme. Comment ne pas évoquer l’histoire de Penthée qui lui-même prenait progressivement la forme d’un animal. Il sera d’ailleurs lapidé par les Ménades dont il avait surpris les secrets ; elles lui trancheront la tête et la porteront à sa mère, Agavé, qui la prend pour une tête de lion… Tirésias avait pourtant averti Penthée : « Si tu mets la main sur ce dieu, tu vas t’en repentir, toi et les tiens ! ». Mais Penthée ne l’écoute pas. Il insulte Dionysos, veut l’enfermer : « Tu as tort, l’avertit ce dernier, de méconnaître mon pouvoir » ; et aussitôt il fit en sorte que toutes les femmes de la ville soient entraînées par les Ménades et leurs chants sauvages. Même la mère de Penthée les suivra, en transe comme les autres. Dionysos interrompra brutalement la transe mais lorsqu’Agavé émergera, il sera trop tard, elle aura déchiqueté son fils et elle mesurera l’horreur de son geste. Dieu terrible, Dionysos finira par forcer le respect des Grecs mais jamais sans arrière-pensée, même après qu’il eut inventé le théâtre. Il fut en effet le premier metteur en scène. Il inspirait aussi bien les poètes que les acteurs. Ce qui est probable, c’est que les cultes venus de ces pays « barbares » ne pouvaient que choquer les Grecs « sages ».

Les Grecs reprochaient aux Barbares l’immodestie des femmes à laquelle Dionysos conviait ses Ménades mais on peut aussi voir dans le conflit entre Dionysos et les dieux olympiens une opposition entre deux modes d’approche du monde, de la vie, de la connaissance. Les adeptes de Dionysos prônaient une connaissance directe de la divinité par fusion avec lui ; la divination, la transe, l’expérience mystique immédiate, tout cela ne saurait s’aborder par les voies de la rationalité. Comme cela a été écrit : « Le fidèle de Dionysos, au summum de son extase, ne fait qu’un avec son dieu ; la divinité pénètre en lui, il est ‘Enthéos’ et le nom de Bacchus désigne aussi bien le dieu que son adorateur ». Il s’agissait d’acquérir par cette fusion l’immortalité. Devenir Dionysos, c’était en même temps absorber son immortalité, concept tout à fait étranger à la mentalité grecque.

Cependant cette opposition fondamentale, nous la retrouvons aujourd’hui, entre ceux qui croient à une certaine qualité d’expérience mystique, s’intéressent au retour du chamanisme, de certaines pratiques irrationnelles, et ceux qui ne croient qu’une science fondée sur la raison pure, la répétitivité de l’expérience et l’élaboration rigoureuse de règles et de lois. Ainsi s’opposent la Vierge folle et la Vierge sage. 

SEMELE TERRASSEE PAR JUPITER

Sémélé terrassée par Jupiter

Il fallait bien que les Grecs changent quelque peu la nature de Dionysos pour le rendre acceptable. Ils changèrent même son lieu de naissance, élisant Thèbes.  Sa mère aurait été une célèbre princesse dont Zeus serait tombé éperdument amoureux. Au point de dire à Sémélé, fort imprudemment, qu’elle pouvait tout exiger de lui. Mal inspirée par Héra, l’éternelle jalouse, Sémélé demande à voir Zeus dans toute sa splendeur. Exigence fatale, car Zeus est contraint de tenir sa promesse : « Non, je t’en prie, ne me demande pas cela ! » supplie Zeus, « si tu me vois dans toute ma puissance, cela te perdra ! ». Mais Héra a été persuasive et Sémélé insiste, obstinée. Alors Zeus lui apparut dans sa gloire et la pauvre princesse fut aussitôt foudroyée car Zeus/Jupiter est foudre, orage, tonnerre, feu à l’état pur. Il eut tout juste le temps de retirer du corps de la mère l’enfant qu’elle attendait et de le placer dans sa cuisse. Autrefois la cuisse désignait l’utérus, ce qui nous ramène à l’androgynat de Zeus lui-même. Ainsi Dionysos achèvera sa gestation dans « la cuisse de Jupiter ».

Plus tard, grâce à Hermès/Mercure, Dionysos retrouvera sa mère aux Enfers et elle prendra alors place dans l’Olympe, acquérant là son statut d’immortelle.

Ce dieu du vin né du feu et élevé par la pluie prend parfois aussi la forme symbolique d’un « grain de raisin », comme d’autres dieux parèdres de la Déesse Mère seront des « grains de blé ». Et Dionysos « homme-femme », voyageur, allant de-ci, de-là, par monts et par vaux, enseignera à cultiver la vigne, tout comme il enseignera les Mystères à l’instar de Déméter.

Comme Héphaïstos, Dionysos se situe évidemment sur le versant de la Vierge folle. Dans l’imaginaire collectif cette « démence » est due en effet à l’ébriété, à l’ivresse qui délivre et dénoue, libère les instincts les plus fous, lève tous les interdits.

Quant à la vie amoureuse de Dionysos, elle commence par un premier amour avec un adolescent nommé Ampélos qui mourra accidentellement et sera ensuite changé par le dieu en constellation ou, dans une autre version, en pied de vigne.

DIONYSOS ET ARIANE - MARBRE DE CARLO ALBACINI - 

Dionysos et Ariane – Marbre de Carlo Albacini

Par la suite, alors que Thésée eut abandonné Ariane sur l’île de Naxos, Dionysos qui passait par là serait tombé amoureux d’elle : il apparut à Ariane, l’emmène sur l’Olympe et en fait sa femme. Ariane est parfois vue comme la mère des Ménades. A la mort de sa compagne, Dionysos aurait jeté sa couronne dans le ciel pour lui rendre hommage. Ariane serait donc devenue la constellation de la couronne boréale.

D’Althée, la reine de Calydon, il eut une fille, Déjanire, qui sera adoptée par l’époux d’Althée, Oenée. Enfin, ce sera Aphrodite/Vénus qui lui donnera plusieurs fils, dont Priape, divinité phallique des Vergers et des Jardins, Hyménée, dieu du chant nuptial et, selon le cinquante-septième Hymne orphique, l’Hermès souterrain, chtonien ou infernal.

D’autres mythes viennent informer sur la personnalité de Dionysos. Ainsi, les femmes d’Argos devenues folles et qui dévorèrent leurs nourrissons car elles n’exaltaient pas convenablement Dionysos. Il y a aussi les trois filles de Proétos : Lysippé, Iphinoé, Iphianassa, frappées de démence par Dionysos, ou Héra, et guéries par Mélampous.

Quant aux sœurs Agavé, Ino et Autonoé, elles tuèrent Penthée, le fils d’Agavé, lors d’un délire dû à Dionysos. Et puis, les Minyades, filles du roi d’Orchomène en Béotie, Minyas, au nombre de trois : Leucippé, Arsinoé et Alcathoé, qui refusèrent de s’adonner au culte de Dionysos. Pour se venger, il les punit en les frappant de folie.

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Dionysos chevauchant la panthère – Mosaïque de Pella

Cependant, Dionysos c’est le dieu du vin, de la végétation arborescente et de tous les sucs vitaux : sève, urine, sperme, lait, sang. Il se spécialisera par la suite dans la vigne qu’il était censé avoir donnée aux hommes, ainsi que l’ivresse et la transe mystique. Ses attributs incluent tout ce qui touche à la fermentation, aux cycles de régénération. N’est-il pas d’ailleurs le fils de Sémélé avatar de la déesse phrygienne de la terre, et puis aussi amant d’Ariane, déesse minoenne de la végétation, et enfin compagnon des nymphes et des satyres. Il est fréquemment associé au bouc et au taureau, animaux jugés particulièrement prolifiques.

Plusieurs portraits sont accolés à la personnalité de Dionysos : celui qui sert le vin pur et qui aime la chair crue, ou encore le protecteur des arbres et l’esprit de l’écorce, le protecteur des figuiers ou bien le garant de la fécondité.

On l’appelait aussi bien Zagreus, fils de Zeus et de Perséphone, que Bromios ce qui signifie « au bruyant cortège ». On le disait Digonos, c’est-à-dire « deux fois né » ou encore Bakkhos « qui retentit ».

L’attribut majeur et personnel de Dionysos est le thyrse qu’il tient à la main, qu’on trouve à ses pieds ou dans son cortège. Il régit le pin et le lierre, ainsi que leurs fruits, la pomme de pin et les baies de lierre dont il est souvent couronné. Ces plantes sont une apparente exception dans la nature car elles sont toujours vertes au cours de l’année et ne semblent pas perdre leurs feuilles, ce qui renvoie aux résurrections du dieu. On notera aussi que les vrais fruits du pin sont cachés dans la pomme et que les baies du lierre, toxiques, entraient dans la fabrication d’une bière que consommaient les Ménades et qui contribuaient à la transe.

dionysos

Dionysos

On trouve encore le grenadier et la grenade, le figuier et les figues. Le grenadier est issu du sang du dieu, ses fruits mûrissent en hiver et Perséphone reste liée aux enfers pour en avoir mangé. Le figuier est associé à la vie cachée dans le monde méditerranéen, car il pousse spontanément là où il y a de l’eau souterraine et révèle les sources.

Comme il a apporté la vigne et le vin aux hommes, on trouve également la vigne et le raisin, la coupe à boire. Mais il s’agit plutôt d’un amalgame avec Bacchus, son équivalent romain.

Quant à son bonnet phrygien, il rappelle l’origine asiatique de Dionysos. On trouve aussi la flûte, les cymbales et les tambourins.

Les animaux associés à Dionysos sont le bouc, le taureau, l’âne et la panthère. Ses temples majeurs se trouvaient à Athènes avec le Théâtre de Dionysos, Eleusis, Smyrne et Ephèse.

DIONYSOS - CARAVAGGIO

Dionysos par Caravaggio

Bibliographie

Dictionnaire de la Mythologie – Michael Grant & John Hazel – Collection Marabout  

Dieux et Héros du zodiaque – Joëlle de Gravelaine – Robert Laffont Editeur               

 

 

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DANS LE BESTIAIRE DE LA VIERGE… ARACHNE L’ARAIGNEE… UNE HISTOIRE DE DENTELLE

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME, 6.6.6 - LES MYTHES DE LA VIERGE ET DE MERCURE) par sylvietribut le 10-09-2013

Mais qui était Arachné ?

C’était une jeune fille de Lydie, fille d’Idmon de Calophan, ville réputée pour ses teintures pourpres. Elle excellait dans l’art du tissage. Elle en vint même à se vanter de l’emporter sur Athéna, fileuse accréditée de l’Olympe. La déesse releva le défi. Mais Arachné tissa une pièce d’étoffe où étaient figurées les amours des dieux olympiens avec une telle adresse qu’Athéna ne put rien y trouver à reprendre. Sa colère n’en fut pas moins vive. Elle déchira l’ouvrage de sa rivale, frappa cette dernière, tant et si bien que la malheureuse, remplie de terreur et mortifiée, se pendit à l’aide d’une corde. Athéna la métamorphosa alors en araignée.

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Athéna et Arachné

Certains mythographes ont émis l’hypothèse que cette légende se rapporterait à quelque rivalité entre le commerce des tissus athéniens et celui des articles textiles en provenance de Lydie.

Des chercheurs passionnés ont voulu trouver les origines de la dentelle dans les antiques légendes de Rome comme celle d’Arachné chantée par Ovide, ou dans les vestiges pré-chrétiens de la Chine et du Japon. Quant aux guipures grecques, on voit remonter leurs origines aux temps du mythique Homère qui, dans l’Odyssée, décrit une ceinture de fils entrelacés. 

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Arachné

Ce ne fut qu’au Moyen Age que la dentelle fut différenciée en deux catégories bien distinctes : celle à l’aiguille et celle aux fuseaux, mais il existe aussi la dentelle a tombolo. Les Flandres et l’Italie s’en accordent la priorité, tout comme Venise, Milan, Gênes et surtout L’Aquila, une des villes les plus importantes des Abruzzes.

Il est en effet certain qu’à la fin de 1371, le Royaume de Naples consentit à la commune de L’Aquila de discipliner tous les arts et métiers, dont l’artisanat de la dentelle, pour une meilleure aisance à s’affirmer et à se diffuser. Et on se souvient qu’en 1793, la Reine Isabelle, épouse du Roi de Naples, en visite à L’Aquila, fut très admirative « de la beauté raffinée des dentelles » dont étaient parées les femmes de L’Aquila.

La caractéristique typiquement locale du tombolo réside dans le fil très fin, mais résistant et rigide, comme introuvable. Le fil, défini impalpable, fut considéré comme si précieux pour les Aquilini, qu’en 1557, ils en firent don au Vice Roi en visite dans les Abruzzes. De la préciosité du fil dérive aussi celle de l’antique tombolo aquilino qui se distingue d’ailleurs de ceux des autres centres comme celui de Scanno, et même des autres villes d’Italie et même des villes étrangères.

Il est sûr que le tombolo aquilino devait rejoindre un niveau de véritable oeuvre d’art puisque Marie-Antoinette, Reine de France, commanda à L’Aquila une pièce de dentelle, haute de 8 paumes, pour en faire don au pape Pie VI le jour où il fut intronisé.

tombolo AQUILANO 

La dentelle a tombolo 

Quant au tombolo c’est une sorte de coussin cylindrique rempli de sciure qui supporte comme une toile d’araignée, fils de lin et épingles. Assises sur les marches de maisons dans des ruelles ombragées, quelques femmes semblent faire des tours de prestidigitateurs avec des dizaines de fuseaux légers sur ce tombolo. Tout doucement, de leurs mains sortent dentelles et trames d’une stupéfiante beauté : ce sont les dentelles et guipures réalisées au tombolo, destinées aux trousseaux des mariées, authentiques chefs-d’œuvre qui souvent demandent des mois de passion et de travail de « certisino »,  c’est-à-dire de « Chartreux » pour les Italiens, mais de Bénédictins pour nous. Cet art très ancien a longtemps souffert d’une certaine désaffection provoquée par l’agitation inutile de notre monde moderne ; cependant il est en train de soulever de nouveaux enthousiasmes. Réunies en coopérative, les dentelières travaillent beaucoup mais trouvent quand même le temps d’enseigner, généreusement, leurs patients secrets aux jeunes filles, mais aussi à quelques rares jeunes hommes.

ARACHNE ET ATHENA2

Bibliographie

Traité de « la Dentelle à tombolo, artisanat noble » d’Angelo Tozzi

Dictionnaire de la Mythologie -Michael Grand et John Hazel – Collection Marabout

 

 

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UNE DEESSE VIERGE… ATHENA

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME, 6.6.6 - LES MYTHES DE LA VIERGE ET DE MERCURE) par sylvietribut le 30-08-2013

Athéna fait partie des douze grands Olympiens. Elle est la fille de Zeus/Jupiter. C’était la déesse de la guerre, ainsi que de diverses disciplines et arts. Elle était la patronne des villes et avait des temples dans la plupart des grandes cités grecques. Athéna resta vierge, mais contrairement à Artémis, elle ne fuyait pas les hommes. Elle aimait les actions viriles et se joignait aux guerriers sur le champ de bataille. Son animal favori était la chouette, symbole de sagesse. Elle fut identifiée par les Romains à Minerve, la déesse de la Famille et des Artisans.

ATHENA-MINERVE par Charles Lebrun XVIIe

Athéna – Charles Le Brun – XVIIe siècle

Dans l’art et la littérature, Athéna apparaît revêtue de son armure, d’un casque, d’un bouclier rond et d’une lance ; sur sa poitrine, elle porte l’égide, cuirasse en peau de chèvre, ornée de glands. Sur son bouclier est peinte la tête de la Gorgone, et sa chouette est souvent perchée sur son épaule.

Lorsqu’à la demande de Mercure, Héphaïstos fendit le crâne de Zeus, Athéna en jaillit déjà adulte, toute armée et prête pour la bataille. Il existe plusieurs explications de sa « naissance ». D’après la plus connue, Zeus avait convaincu la Titanide Métis, la Prudence, de l’épouser. C’était Métis qui avait fait vomis Cronos/ Saturne, le père de Zeus, délivrant ainsi ses frères et sœurs, et notamment Poséidon/Neptune et Hadès/ Pluton. Quand Métis fut enceinte, Gaia et Ouranos, ou bien Prométhée, avertirent Zeus que si Métis avait un second enfant, celui-ci serait plus puissant que son père et qu’il règnerait sur le ciel et la terre. Pour éviter cela, Zeus avala Métis enceinte.

METIS - MUSEE DU LOUVRE

Métis – Musée du Louvre

Selon une autre version, Zeus désirait bénéficier de la sagesse de Métis sans encourir le risque d’avoir un fils qui le supplanterait. Il la poursuivit amoureusement, sachant que pour lui échapper, elle changerait de forme, car elle voulait rester vierge. Lorsqu’elle prit la forme d’une mouche, Zeus l’avala. En fin de compte, Métis fut délivrée dans la tête de Zeus, d’où Athéna émergea par la suite.

L’épithète « Tritogeneia », de sens inconnu, est à l’origine de la croyance selon laquelle Athéna vit le jour au bord d’un lac ou d’un fleuve nommé Trito, ou Tritonis, comme il en existait en Béotie, en Arcadie et en Libye. D’autres disent qu’Athéna fut élevée par leur fondateur, Alalcoménée, car leur ville était voisine d’un fleuve nommé Tritonis.

Athéna accorda son aide à de nombreux héros, comme Persée, Bellérophon, Héraclès, Jason, Diomède et Ulysse. Elle fut la protectrice la plus convaincue des Grecs à Troie. Elle aida Persée parce qu’elle voulait la mort de la belle Gorgone Méduse qui l’avait offensée. Et c’est ainsi qu’elle donna à cette dernière une apparence si repoussante qu’elle transformait en pierre tous ceux qu’elle regardait. Lorsque Persée offrit au roi Polydectès de lui rapporter la tête de la Gorgone, Athéna lui fit présent des sandales ailées, de la besace et du casque qui rendait invisible, objets dont il avait besoin pour la vaincre. Une fois que Persée eut accompli cette tâche, il donna la tête coupée à la déesse qui la fixa sur son bouclier.

Le plus célèbre sanctuaire d’Athéna était le Parthénon à Athènes. Elle n’obtient pas Athènes sans mal car Poséidon/Neptune en revendiquait aussi la souveraineté. On les fit concourir et Poséidon fit jaillir une source d’eau salée sur l’Acropole. Athéna fit alors pousser un olivier. Les Athéniens décidèrent que le dernier don était le plus utile et préférèrent la déesse au dieu. Poséidon/Neptune, dans sa colère, inonda l’Attique, mais comme les Athéniens l’honoraient tout de suite après Athéna, il s’adoucit et accorda sa protection à la ville.

Ancient Treasures Of Afghanistan

Athéna et l’égide

Avant la guerre, Athéna était honorée à Troie sous la forme d’une statue de bois appelée le Palladion, qui était tombée du ciel. La citadelle était réputée invincible tant qu’elle possédait l’idole. C’est pourquoi les Grecs, sur les conseils, d’Hélénos, un devin troyen qu’ils avaient capturé, décidèrent de voler la statue ; Diomède et Ulysse s’introduisirent la nuit dans Troie et, avec l’aide d’Hélène, l’enlevèrent.

Athéna avait un autre sanctuaire à Troie ; c’est là qu’Ajax, le fils d’Oïlée, viola Cassandre qui s’agrippait à la statue de la déesse. Ajax, par sa violence, fit tomber la statue qui, à ce moment, détourna les yeux de l’acte outrageux. Après cela, Athéna retira sa protection aux Grecs, à l’exception d’Ulysse qu’il aimait profondément et qu’elle aida à revenir chez lui à Ithaque, dix ans plus tard, il est vrai, mais ce retard avait été causé par l’hostilité de Poséidon/Neptune.

Cassandre

Cassandre violée par Ajax dans le temple d’Athéna

L’épithète d’Athéna Pallas a une origine obscure. Il se peut que la déesse ait pris le nom du géant Pallas, qu’elle avait tué lors de la guerre entre les dieux et les Géants. Selon une légende, aussi, la déesse, encore jeune, avait tué accidentellement l’une de ses compagnes de jeux, nommée Pallas, et elle aurait pris son nom en souvenir d’elle. Mais on explique souvent cette épithète comme l’appellation originale de la vieille déesse guerrière qui était honorée à Mycènes avant Athéna. De plus, les parentés entre Athéna et Athènes sont confimées par les légendes d’Erichtonios et du jugement d’Oreste. La première, assez cru, raconte comment Héphaïstos poursuivit Athéna et tenta de la violer. La déesse-guerrière le repoussa avec succès, et la semence du dieu féconda la terre, d’où naquit plus tard Erichtonios, qui se traduit par « né de la terre ». La déesse le confia aux filles du roi Cécrops, après l’avoir enfermé dans un coffre qu’elle interdit d’ouvrir. Cependant, deux des filles furent incapables de résister à leur curiosité et regardèrent à la dérobée dans le coffre ; elles virent un serpent, ou un enfant avec une queue de serpent, ou encore un serpent lové autour de l’enfant. Devant ce spectacle, elles se jetèrent du haut de l’Acropole. La déesse reprit le petit être, et l’éleva dans son sanctuaire. Plus tard, il devint roi d’Athènes.

ORESTE POURSUIVI PAR LES ERINYES - William-Adolphe_Bouguereau

Oreste poursuivi par les Erinyes

Oreste, poursuivi sur toute la surface de la terre par les Erinyes, après le meurtre de sa mère Clytemnestre, arriva à Athènes. Là, Athéna le prit sous sa protection, établissant ainsi les traditions athéniennes du jugement par jury, et de l’hospitalité envers les étrangers. Elle réunit le tribunal de l’Aréopage pour qu’il soit jugé et, les suffrages étant égaux, elle fit pencher la balance en sa faveur. De ce fait, les Erinyes furent honorées à Athènes sous le nom d’Euménides, les Bienveillantes. Alors qu’Oreste et Iphigénie étaient sur le point de périr, dans la péninsule de Tauride, la Crimée d’aujourd’hui, Athéna les sauva une fois de plus.

Athéna et Arès/Mars sont tous deux des divinités guerrières, mais ils diffèrent sur un point ; les Grecs, et tout particulièrement Homère, ont une préférence pour la déesse qui symbolise la force intelligente et la stratégie, et s’oppose à la force brutale d’Arès/Mars. Dans l’Iliade, elle s’opposait constamment à lui et, un jour, elle combattit aux côtés de Diomède, contre lui. Elle guida la lance qui alla frapper le ventre d’Arès, faisant fuir piteusement le dieu du champ de bataille. Zeus aimait aussi profondément Athéna qu’il haïssait Arès/Mars.

Pallas/Athéna c’est aussi la Minerve romaine et bien avant encore la « Menerva » étrusque qui, à l’instar d’Athéna, portait le hibou, oiseau de sagesse, sur son épaule et le rameau d’olivier à la main. Minerve apparaît comme moins guerrière, moins masculine qu’Athéna, déesse civilisatrice par excellence. Par ailleurs, comme Héphaïstos, Athéna deviendra patronne de la forge et de tous les arts mécaniques. Elle n’aimait pas les hommes, comment auraient-ils pu rivaliser avec le père qu’elle avait ? Athéna éconduisait donc brutalement ceux qui osaient la courtiser ou même la regarder dévêtue. Tirésias qui l’avait aperçue par accident en perdit la vue, mais non le don de double vue…

Athéna personnifie la sagesse, ce qui ne serait pas pensable si elle était fille de sa mère, dont on sait d’ailleurs peu de chose. Aux yeux des Grecs, il n’y a de sagesse que masculine. Athéna conseille les dieux, intervient dans les conflits, apporte son aide, toujours efficace, aux héros qu’elle estime ou qui lui sont exceptionnellement dévoués. De sa facette féminine subsistent quelques fonctions : quelques inventions qui serviront aux progrès de l’agriculture, comme celle de la charrue, du râteau, du joug, en imaginait-elle l’usage conjugal, elle, protectrice de la famille, du mariage, et très attachée à la fidélité des époux, ce qui peut surprendre vu le comportement de son père.

LE TRIOMPHE DE MINERVA - FRANCESCO DEL COSSA - PALAZZO SCHIFANOIA - FERRARA

Le triomphe d’Athéna – Francesco del Cossa – Palazzo Schifanoia – Ferrara

Athéna enseignera aux femmes le tissage et ne supportera pas la concurrence dans ce domaine. Celle qu’elle transforma en araignée, son animal exécré, en sut quelque chose. Elle leur apporta encore la poterie et leur enseigna l’art des travaux domestiques, voilà qui la renvoie dans le camp de la Vierge sage, ainsi que ses talents particuliers en matière de santé et de guérison, qui plus encore évoquent ici les dons thérapeutiques de la Vierge/Maison VI. Athéna n’a-t-elle pas, d’ailleurs, enseigné à Asclépios, dieu de la médecine, peut-être aussi à Erichtonios, à ressusciter les morts grâce au sang de Méduse.

L’image habituellement donné à la sage déesse était de nature à l’entourer de fidèles : « Protectrice des hauts lieux, acropoles, palais, villes » et « inspiratrice des arts civils, agricoles, domestiques, militaires »… Que reste-t-il aux autres ?

Industrieuse, active, intelligente, ingénieuse, Athéna possède toutes les vertus et illustre la dimension la plus élaborée du signe de la Vierge. Certains l’ont assimilée à la déesse égyptienne Neith, notamment Platon. Mais sans doute a-t-elle réuni sur sa seule personne des mythes très archaïques, à la fois guerriers et civilisateurs, qui font d’elle aussi, à l’origine, une Déesse Mère, porteuse, comme Ishtar, d’une double nature : tantôt Walkyrie, tantôt démétérienne. Mais elle semble aussi incarner l’idéal grec de raison, de mesure et de sagesse auquel la plupart des déesses « nées d’une mère » ne pouvaient prétendre.

LA CHOUETTE DE PALLAS ATHENA

La petite chouette d’Athéna

Bibliographie

Dictionnaire de la Mythologie – Michael Grant & John Hazel – Marabout

Dieux et Héros du Zodiaque – Joëlle de Gravelaine – Robert Laffont Editeur

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