LES GEMEAUX DU ZODIAQUE

(6.6.3 - LES MYTHES DES GEMEAUX ET DE MERCURE) par sylvietribut le 10-06-2017

Deux éphèbes enlacés représentent ce signe dit « double » qui nous introduit dans le monde des contraires polaires : masculin-féminin, ténèbres-lumières, sujet-objet, intérieur-extérieur… C’est bien pourquoi le signe est en affinité avec Mercure, ce messager pourvu d’ailes aux pieds  et portant en emblème le caducée.

LES GEMEAUX - LES EPHEBES

Les éphèbes

Dans le concert zodiacal, la partition du troisième signe s’assimilerait plutôt à l’égrènement en presto de l’arpège. Avec les Gémeaux nous ne bénéficions plus de la coulée chaude des instincts du Taureau. L’esprit intervient dans le jeu de la personnalité qui compose un duo avec la sensibilité. La personnalité ne repose pas d’emblée sur le souffle naturel et la poussée libre de la vie animale. Elle s’élabore, au contraire, à partir d’un mécanisme de défense contre la suprématie de l’affectivité : la vie sensible est tenue en respect, suspectée et raillée, circonscrite à la sphère d’un Moi soucieux de vivre dans la commodité de la libre appartenance à soi. Il en découle un processus de cérébralisation qui donne, entre autres, le goût du jeu, l’agrément de l’exercice des idées et du commerce de l’esprit, l’envol de l’intelligence. L’être vit en somme sur un dédoublement intérieur : une moitié de lui sent, agit, vit, pendant que l’autre la regarde agir, sentir et vivre ;  la fois acteur et spectateur de soi-même, le spectateur et spectateur de soi-même, le spectateur tenant l’acteur sous son regard, narquois ou désabusé. Et cela va de l’être de l’extrême adaptation à celui de l’extrême complexité.

Gemini

Constellation des Gémeaux

Les Gémeaux étaient l’une des quarante-huit constellations identifiées par Ptolémée. Cette constellation des Gémeaux peut se repérer à partir de la Grande Ourse : la diagonale du Grand Chariot pointe sur Pollux et cet alignement se prolonge sur la diagonale d’Orion. Inversement, les Gémeaux peuvent se repérer à partir d’Orion : l’alignement entre Rigel et Bételgeuse passe sur le pied du Gémeau et pointe sur Pollux.

Pour les Grecs, la constellation des Gémeaux représentait Castor et Pollux, les frères jumeaux d’Hélène de Troie, alors que les Romains y voyaient Romulus et Rémus, les jumeaux élevés par la louve romaine et fondateurs de Rome. On constate d’ailleurs que toutes les cultures et mythologies témoignent d’un intérêt particulier pour le phénomène des jumeaux. Quelles que soient les formes sous lesquelles ils sont imaginés, parfaitement symétriques, ou bien l’un obscur et l’autre lumineux, l’un tenu vers le ciel et l’autre vers la terre, l’un noir et l’autre blanc, rouge ou bleu, l’une à tête de taureau et l’autre à tête de scorpion, ils expriment à la fois une intervention de l’au-delà et la dualité de tout être ou le dualisme de ses tendances, spirituelles et matérielles, diurnes et nocturnes. C’est le jour et la nuit, les aspects céleste et terrestre du cosmos et de l’homme.

LA LOUVE ROMAINE

Bibliographie

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

 

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UN PERSONNAGE GEMEAUX ET MERCURIEN… ALI BABA

(6.6.3 - LES MYTHES DES GEMEAUX ET DE MERCURE) par sylvietribut le 20-06-2016

Ali Baba et les quarante voleurs est un récit que l’on présente souvent comme faisant partie des contes des Mille et Une Nuits bien qu’il n’ait jamais été présent dans les manuscrits initiaux, mais à leurs côtés.

Ali Baba, dont le nom a pour sens « Dieu de la porte ». Le conte nous apprend qu’il était un pauvre bûcheron. Un jour alors qu’il arrivait dans la forêt pour couper du bois, il entendit des voix. Il se cache dans un arbre et découvre de son observatoire un chef de bande de quarante voleurs qui prononce une sorte de formule magique « Sésame, ouvre-toi ! » et une porte dans la roche s’ouvre. Tous entre dans la grotte et Ali Baba le voit bientôt ressortir et le chef de bande de prononcer une autre formule magique « Sésame, ferme-toi ! ». Une fois les voleurs partis, Ali Baba descend de son arbre et devant la porte de la grotte prononce à son tour la formule, la porte s’ouvre et Ali Baba entre dans la grotte pour y découvrir des trésors accumulés et emporte une partie de l’or. Il rentre chez lui. Ali Baba a un frère, Cassim, qui lui est un riche marchand et dans les mois qui suivent il en vient à s’étonner de la fortune soudaine d’Ali Baba qui lui raconte son aventure. Cassim va alors se rendre à la caverne, mais troublé par la vue de tant de richesses, il ne retrouve plus la formule qui lui permettrait de sortir de la grotte. Il sera surpris par les bandits qui le tuent et le découpent en morceaux… Je vous laisse relire ce conte merveilleux qui n’est pas seulement destiné aux enfants.

ALI BABA ET LES 40 VOLEURS

Ali Baba et les Quarante voleurs

Pourquoi faire de ce récit, un conte Gémeaux. Tout d’abord parce qu’on associe ce signe aux commerçants et aux voleurs et en lisant la suite du conte, et après la mort de son frère, Ali Baba qui a quand même volé les voleurs, reprendra le commerce de son frère. Cependant, les Gémeaux représentent aussi la communication le langage, la parole.

L’homme est un être de langage et de mots. Il ne peut évoluer harmonieusement dans le monde que s’il est capable de nommer, de reconnaître, d’identifier. Le mot éclaire, ouvre et donc chasse l’angoisse. Nommer, c’est posséder et maîtriser sans l’avidité du pouvoir, car le mot donne accès au contenu qu’il désigne et qu’il a identifié. Appris au bon moment, le mot est toujours plein d’émotions et parce qu’on a su toucher son essence vivante, on est allé plus loin que le concept qu’il représente. C’est tout cela qui est illustré dans l’histoire d’Ali Baba et les quarante voleurs.

« Le Dieu de la porte » que représente Ali Baba désigne la partie active de la porte, c’est-à-dire la serrure, le mécanisme qui permet de l’ouvrir et de la fermer à volonté. Ce récit montre que seule la possession du bon mot au bon moment peut nous livrer toutes sortes de richesses. Ainsi, le bon mot employé au moment juste pourra désamorcer un conflit et tout faire basculer dans un bon sens. C’est par exemple la parole du diplomate, ou même être une parole de guérison. Quiconque a le bon langage a une force intérieure qui l’ouvre à d’autres réalités affectives et sexuelles : c’est ainsi que l’on chasse la peur. Le langage d’abord tuteur, devient libérateur et salvateur, car tout est langage.

Ali-Baba

Ali Baba et le trésor des voleurs dans la caverne

On ne saurait dire l’origine de cette injonction magique « Sésame, ouvre-toi » que prononçait Ali Baba pour faire ouvrir la porte de la caverne mystérieuse dans laquelle les quarante voleurs enfermaient leurs richesses, mais elle demeure un symbole lié sans doute à la fécondité, puisque c’est la graine, qui en s’ouvrant, donne toutes les richesses de la terre.

Du point de vue psychologique, le « Sésame, ouvre-toi » n’est pas non plus sans signification en face de toutes les portes fermées que sont les êtres les uns pour les autres ; il suffit d’un petit mot magique pour que s’ouvrent non seulement les cœurs, mais les chemins secrets de l’inconscient. Le « Sésame, ouvre-toi » est le cri d’appel, lancé à la richesse enfermée dans la caverne, que cette caverne soit celle de la graine nourrissante et fécondante, qu’elle soit le coffre des richesses matérielles, qu’elle soit le refuge de la révélation spirituelle ou le labyrinthe de l’inconscient.

LES GRAINS DE SESAME

Les graines de sésame

Il faut savoir aussi que le sésame est un fortifiant traditionnel chinois, bien que la plante ne soit pas originaire de Chine. Ses graines sont considérées comme devant permettre de s’abstenir de céréales et d’atteindre la longévité. Lao-tseu et Yin-hi, partis vers les terres de l’Ouest, se nourrissaient de graines de sésame.

Cette histoire d’Ali Baba est tombé dans le langage courant, encore une fois le langage si propre aux Gémeaux. Ne qualifie-t-on pas de « caverne d’Ali Baba » un lieu rassemblant diverses choses. De même, un moyen permettant d’avoir accès très vite à quelque chose est souvent qualifié de « sésame ».

23 - ALI BABA ET LES QUARANTE VOLEURS

Bibliographie

Dictionnaire les symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins.

 

 

 

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LES ATTRIBUTS DE MERCURE

(6.6.3 - LES MYTHES DES GEMEAUX ET DE MERCURE) par sylvietribut le 05-09-2015

Mercure du latin « Mercurius » est le dieu du commerce, en particulier celui des grains, et des voyages. On le disait aussi bien le patron des marchands que des voleurs ; on se souvient que tout enfant il vola le troupeau d’Apollon qui ne lui en tint pas rigueur car ils restèrent de grands amis et il fit de lui le protecteur des bergers. Il lui enseigna aussi l’art de prévoir l’avenir à l’aide de petits cailloux et lui remit un bâton, le caduceus, comme marque de ses pouvoirs. On voit souvent Hermès portant un bélier sur ses épaules : il est alors le protecteur des troupeaux.

On dit encore qu’il protégeait les voyageurs et apportait la chance. Dans la mythologie romaine, il est le messager des autres dieux, assimilé au dieu grec Hermès. Son nom est lié au mot latin « merx » qu’on traduit en français par « marchandise », mais aussi à « mercari » qui a donné le verbe « commercer » et enfin « merces » qui n’est autre que le « salaire ». Aussi, ses attributs traditionnels étaient la bourse, le plus souvent tenue à la main, le pétase, le caducée, des sandales ailées ainsi qu’un coq et/ou un bouc.

LE PETASE AILE DE MERCURE - JEAN-BAPTISTE PIGALLE

Le pétase ailé de Mercure par Jean-Baptiste Pigalle

Le pétase était un chapeau rond à bord large et plat qui s’attachait avec un cordon. Les Grecs le pensaient d’origine thessalienne. Il était porté en même temps que la chlamyde, par les éphèbes au gymnase d’où l’expression « mener sous le pétase », c’est-à-dire « conduire au gymnase ». Les ailes sur le pétase étaient bien l’attribut particulier d’Hermès/Mercure, le protecteur des éphèbes. Pour les Etrusques, c’était le chapeau du paysan alors que les Romains l’utilisaient également, au théâtre, pour se protéger du soleil.

APOLLON PORTANT LA CHLAMYDE

Apollon portant la chlamyde

La chlamyde était une draperie portée exclusivement par les hommes originaires de la Grèce antique et plus précisément de Thessalie. La chlamyde était munie des deux côtés de pointes en forme de triangle. Le carré ou le rectangle était placé dans le dos et on ramenait les pointes en avant en les fixant sous le cou par une agrafe. Selon la fantaisie ou l’élégance les deux pointes étaient symétriques ou déplacées de côté. Ce vêtement était principalement utilisé par les cavaliers, les voyageurs et les jeunes gens. Ces derniers le portaient d’ailleurs durant toute leur éphébie. A partir d’Alexandre le Grand, la chlamyde pourpre servit de manteau royal. La véritable chlamyde thessalienne est extrêmement petite car lorsque les cavaliers la portaient, elle flottait au vent.

LE CADUCEE DE MERCURE

Le caducée de Mercure

Le caducée, ce bâton avec deux serpents entrelacés, était un don d’Apollon à Mercure. En grec ancien, c’était le « sceptre du héraut ». Les deux serpents s’enroulaient sur le bâton et se faisaient face à son sommet. Parfois, on le trouve représenté avec une paire d’ailes. A l’origine ce n’était qu’un bâton orné de rubans qui flottaient au vent, remplacés avec le temps par les fameux serpents. Le caducée symbolisait tout ce qui se rapportait au commerce et au transport, voire à l’alchimie. Ces deux serpents se faisant face symboliseraient les substances élémentaires que sont le soufre et le mercure quand elles se trouvent en parfait équilibre. Ce caducée faisait de lui le dieu de la Médecine et des médecins.

LA TALARIA DE MERCURE

La talaria de Mercure

Les Talarias étaient les sandales ailées de Mercure. Elles rappelaient que Mercure était le messager de Jupiter et des dieux, des voyageurs car il était aussi le gardien des routes et des carrefours. C’est lui qui débarrassait les pierres dont les routes étaient jonchées. Des monuments, les hermès, commémorent cette besogne ; érigés le long des routes, leur culte était associé à celui du phallus, car Hermès était aussi l’un de dieu de la fertilité. A l’origine, les hermès étaient de simples amoncellements de pierre autour d’un pilier. Par la suite, ce pilier, de section carrée, fut surmonté d’une tête et orné d’un phallus ; ces hermès d’un type plus élaboré ornaient les rues des cités, les cours et les gymnases. Hermès avait tout particulièrement la faveur des athlètes ; des statues le représentant sous la forme d’un jeune homme athlétique, l’éphèbos, étaient souvent érigés sur les terrains où l’on pratiquait les différents sports.

MERCURE L'EPHEBE SPORTIF

Mercure l’Ephèbe sportif

Il connut d’ailleurs une grande ferveur en Gaule, et en Provence en particulier, sans doute à cause du passé grec de la Provence et du lien fort qui unissait Marseille à Hermès. En Provence, les Chrétiens ont d’ailleurs donné une part importante aux anges et archanges qui sont souvent considérés comme proches d’Hermès/Mercure dans leurs fonctions de messagers. Comme Hermès/Mercure, ils sont dotés d’ailes.

Enfin, Mercure avait d’une épée d’or sertie de diamants.

Mercure est souvent accompagné d’un coq, symbole de la nouvelle journée, d’un bélier ou d’une chèvre, symboles de la fertilité, ou encore d’une tortue, faisant référence à l’invention légendaire de la lyre avec une carapace de tortue.

Et puis, Mercure était aussi un dieu « psychopompe » qui conduisait les âmes récemment décédées dans l’au-delà. On dit qu’il guidait les ombres jusqu’à royaume d’Hadès/Pluton.

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Mercure et son équipage constitué de deux coqs

Mercure était un dieu ludique, on dit qu’il inventa le jeu d’osselet.

Le jour de Mercure est le « Mercredi » qui dérive étymologiquement de « Mercure ». Mercure était célébré le 15 mai en particulier. Mercure n’appartenait pas au groupe des premières divinités romaines. Il n’avait pas reçu de « flamine », c’est-à-dire de « prêtre ». On l’honorait cependant lors d’une fête importante, les Mercuralia, fête au cours de laquelle les marchands s’arrosaient la tête et leurs marchandises d’eau tirée du puits sacré de Mercure près de la Porta Capena à Rome.

Le temple de Mercure fut construit en 495 avant Jésus-Christ dans le Circus Maximus, entre les collines de l’Aventino et du Palatino. C’est un lieu particulièrement adapté pour adorer un dieu du commerce connu pour sa rapidité, car c’était le centre majeur du commerce et on y trouvait un hippodrome. La situation du temple de Mercure placé entre l’Aventino tenu par la plèbe et le Palatino, centre politique des patriciens, souligne son rôle en tant que médiateur.

Mercure n’apparaît pas parmi les divinités « di indigetes » de la religion romaine archaïque. Au moment de son assimilation avec le dieu grec Hermès, commençant vers le IVe siècle avant Jésus-Christ, il réunit les fonctions des Dei Lucrii, ces anciennes divinités du commerce, de l’échange et du profit. Certains historiens voient en Mercure la fusion du dieu grec Hermès et d’un dieu pré-romain, peut-être étrusque, du contrat. Ce terme de contrat serait à prendre au sens large : aussi bien contrat marchand, qu’accord entre des personnes portant sur des choses non monétaires.

Enfin, tel un ectoplasme, la puissance du dieu était due à sa capacité à prendre la forme des circonstances. Jamais il n’était figé dans une forme donnée et c’est ainsi qu’il put mettre à sac l’Olympe. Selon la reprise romaine de la légende grecque d’Hermès, Mercure était le fils de Jupiter et de la nymphe Maia, fille d’Atlas.

Mercure a eu plusieurs relations avec des déesses, comme Vénus, Chioné et même Hersé. A noter que la plupart de ses enfants ont des caractéristiques sexuelles particulières, comme Hermaphrodite, Pan ou Cupidon.

Le nom de Mercure fut associé aux débuts de la presse périodique, chargée de communiquer les nouvelles, ainsi le Mercurius Politicus anglais, en 1659, consacré à l’actualité des nouvelles étrangères et des événements en cours dans les « trois nations d’Angleterre, d’Ecosse et d’Irlande pour l’information du public ».

Le Mercure galant fut l’un des premiers périodiques français, né en 1672, il donnait à ses lecteurs les nouvelles de la Cour de Paris. Il inspirera aussi la création de Der Teutsche Merkur à Weimar en 1773. Il existe encore aujourd’hui un certain nombre d’organes de presse qui portent le nom de Mercure comme par exemple le quotidien national chilien El Mercurio.

LA LYRE DE MERCURE

La lyre à carapace de tortue de Mercure

Bibliographie

Dictionnaire de la Mythologie : Michael Grant et John Hazel – Marabout

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UN JOLI MYTHE GEMEAUX… HERACLES ET LA BICHE AUX PIEDS D’AIRAIN

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME, 6.6.3 - LES MYTHES DES GEMEAUX ET DE MERCURE) par sylvietribut le 06-06-2014

Il faut savoir qu’Héraclès possédait lui aussi un frère jumeau nommé Iphiclès, c’est-à-dire « le mortel ». Il était fils d’Amphitryon qui trouvera la mort en combattant le fils d’Hippocoon, après avoir accompagné Héraclès à la chasse au célèbre sanglier de Calydon responsable de la guerre entre les Grecs et les Courètes.

Parmi les douze travaux d’Héraclès, Hercule pour les Romains, la capture de la biche aux pieds d’airain consacrée à Artémis est celui qui évoque le mieux les Gémeaux et le héros doit la capturer vivante. Personne ne peut la suivre à la course tant elle est rapide et infatigable. Elle est vive comme le mercure, joueuse comme un Gémeaux. La poursuite est ludique car la biche part, se cache, attend Héraclès, file à nouveau dans les sous-bois, lui échappe, s’amuse de lui. La chasse prend plus d’un an.

Artemis_et_Apollon 

Les jumeaux… Artémis et Apollon enfants

Elle passera de l’autre côté d’une frontière qu’il ne peut franchir et il devra attendre son bon vouloir, son retour. Un jour, un peu mélancolique, elle réapparaît. Il l’attendait. Elle ne fuira plus et il n’aura plus qu’à lui lier les pattes et à la mettre sur son dos.

Mais en chemin, il rencontre Artémis à laquelle la biche appartient et qui lui est consacrée. Comme par hasard, Artémis est accompagnée de son jumeau Apollon. Héraclès craint la colère de la déesse.

« Que fais-tu là ? », lui demande-t-elle.

Il dépose la biche à ses pieds. Alors elle le laisse repartir avec son fardeau, voyant que la bête n’est pas blessée lui faisant promettre de ne pas lui faire de mal.

ARTEMIS ET LA BICHE

Artémis, la Diane chasseresse des Romains

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LES DUALITES DE MERCURE

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME, 5.3.3 - MERCURE, 6.6.3 - LES MYTHES DES GEMEAUX ET DE MERCURE) par sylvietribut le 27-08-2013

Mercure, dont le diamètre représente moins de la moitié de celui de la Terre, est la plus petite des planètes inférieures. C’est aussi la plus proche du Soleil, elle en est séparée par 58 millions de kilomètres. Vu de la Terre, Mercure ne s’écarte jamais de plus de 28° du Soleil, et son mouvement orbital, qui dure 88 jours, semble aller vers l’arrière, puis vers l’avant, qui correspond au mouvement rétrograde ; comme si la planète escortait l’astre du jour et c’est ce qui a valu à Mercure d’être considéré comme un héraut ou un messager par la mythologie. Cette planète est si proche du Soleil qu’elle est difficilement observable à l’œil nu, sinon brièvement, au début de l’été ou de l’automne, au moment du lever ou du coucher du Soleil. 

LA PLANETE MERCURE

La planète Mercure

Ce mouvement de rétrogradation est l’un des aspects les plus étonnants du mouvement des planètes et cette boucle que beaucoup d’entre elles accomplissent quand elles viennent en situation de conjonction inférieure ou d’opposition. Ce phénomène est évidemment une illusion d’optique, due au mouvement propre de la Terre.

Entre 1924 et 1929, l’astronome Eugène Antoniadi a observé en détail Mercure. Avec un télescope géant, il a distingué des zones sombres sur la surface de la plante, auxquelles il a donné des noms empruntés aux mythologies grecque et égyptienne : Apollonia, Horarum, Aurora. Selon lui, il s’agissait de vastes régions obscures, aussi mystérieuses et séduisantes que les personnages dont il avait emprunté les noms. Malheureusement, des observations ultérieures, plus précises, ont montré que ces fameuses zones n’existaient pas.

Pour les prêtres-astrologues de l’ancienne Mésopotamie, Mercure était le dieu Nabou, et on célébrait un culte en son honneur, essentiellement dans la ville de Barsippa, située à quelques kilomètres au sud de Babylone. Peu d’éléments concernant Nabou nous sont parvenus, mais on sait tout de même que, vers 1000 avant Jésus-Christ, il a remplacé une ancienne déesse sumérienne, Nisaba ou Nidaba, la patronne des scribes. Il est le fils de Mardouk, l’équivalent de Jupiter, et on considérait que toute variation de l’aspect de la planète Mercure laissait présager quelque changement pour le fils du roi, le prince héritier. Le septième jour des fêtes du Printemps, marquant le nouvel an en Mésopotamie, Nabou délivrait Mardouk de sa captivité, ce qui symbolisait la restauration de l’autorité et de l’ordre pour l’année à venir. Le onzième jour, les dieux se réunissaient pour décider du destin du monde, tandis que Nabou enregistrait leur jugement.

Les Sumériens croyaient aussi que Nabou avait le pouvoir de faire tomber la pluie, sans doute parce qu’il était censé avoir une action bénéfique sur les récoltes. C’est peut-être à partir de ces croyances que les Grecs et les Romains de l’Antiquité ont associé Mercure aux activités commerciales. Plusieurs langues européennes ont conservé la racine latine de « Mercurius » dans des mots tels que « marchand » et « commerce ». Selon Jules César, c’était le dieu le plus célébré en Gaule et en Angleterre.

Mercure2 

Mercure, Maître des Gémeaux et de la Vierge, tenant dans sa main droite une bourse, symbole du commerce et dans sa main gauche le caducée, baguette magique faite de deux serpents entrelacés, symbole de paix et ayant un pouvoir de guérison – Dans la partie inférieure du tableau ceux que Mercure protège : les voyageurs, les moissonneurs et les marchands – Illustration extraite de De Sphaera – XVe siècle

Le dieu Mercure est l’équivalent romain du dieu grec Hermès. A l’origine, c’était le dieu de la Fécondité et celui des Voyageurs. Le nom « Hermès » signifie littéralement « celui du tas de pierres » : ce dieu était en effet honoré par des empilements de pierres placés sur le bord des routes, et chaque voyageur ajoutait la sienne, tradition qui se perpétue encore dans les randonnées et l’escalade. En outre, ce dieu guidait l’âme des morts vers le monde souterrain. Il portait un couvre-chef qui le rendait invisible et faisait de lui le messager des dieux.

MERCURE VOLANT LE TROUPEAU D'APOLLON - LORRAIN

Mercure volant le troupeau d’Apollon par C. Lorrain

La nature divine d’Hermès-Mercure a été établie dès sa naissance. Ce jour-là, avant midi, il inventa la lyre, et à la fin du jour, comme pour montrer son habileté à jouer des tours, il vola le bétail de son frère Apollon. Ayant séparé du troupeau cinquante génisses, il les conduisit, à la nuit tombée, en bas de la montagne. Pour modifier les traces de leur passage, il les fit marcher à reculons et chaussa d’énormes sandales pour déguiser ses propres traces de pas. Apollon en conçut de la colère, mais Zeus/Jupiter fut charmé par l’intelligence de l’enfant dont il fit son échanson. Dans certaines des représentations plus anciennes, Hermès a l’aspect d’un vieil homme portant une longue barbe, alors qu’à l’époque grecque classique c’était un beau jeune homme. En astrologie, il est souvent décrit comme l’incarnation des deux sexes, l’hermaphrodite.

MERCURE

Parfois Mercure porte un couvre-chef ailé, parfois les ailettes sont aux pieds

Un élément important de l’histoire de Mercure a son origine en Egypte. Dans le monde hellénique les derniers siècles qui ont précédé la naissance de Jésus-Christ, l’assimilation de Mercure au dieu égyptien Thot était très largement admise. Cependant, à l’époque des premières dynasties, environ 3 000 ans avant Jésus-Christ, Thot était un dieu lunaire, doté de beaucoup des attributs caractéristiques de Mercure. Il était l’inventeur des sciences, en particulier de l’écriture, et le dieu de la Médecine. Comme Hermès, il assurait en même temps les fonctions de messager et de scribe des dieux. Ce glissement des attributions, de la Lune à Mercure, illustre l’assimilation culturelle qui s’est effectuée, sous l’influence grecque, au cours du IVe siècle avant Jésus-Christ. A partir de cette époque, Mercure tend à être appelé Hermès Trismégiste, et ce nom, qui est en même temps un symbole, sera par la suite employé par les mages et les alchimistes. Les Grecs d’Egypte appelaient couramment leurs dieux « megistos » ce qui signifie « le plus grand ». Or, dans la langue égyptienne ancienne, on répétait plusieurs fois un adjectif pour lui donner plus de force ; suivant cet exemple, on exemple, on a répété trois fois le terme « megistos » après le nom du dieu Thot-Hermès, pour signifier « trois fois le plus grand », ensuite abrégé en « trimesgistos ». Rapidement, le nom d’Hermès Trimégiste est passé dans le langage courant. Ce dieu était considéré comme celui qui avait donné à l’homme la médecine, la magie, l’astrologie et l’alchimie. Dans l’alchimie européenne, nous la rencontrons sous son nom romain, Mercure, idéal de l’œuvre alchimiste et guide secret des adeptes de cette science, prenant parfois la figure du Christ, parfois celle d’un fourbe ou d’un dragon gardant le secret de la pierre philosophale.

MERCURE MAITRE DES GEMEAUX ET DE LA VIERGE

En astrologie, on dit que ceux qui sont nés sous l’influence de la planète Mercure ont l’esprit vif, qu’ils sont habiles et alertes, capables de penser rapidement et de parler avec facilité. Cependant, on considère qu’ils ont aussi une certaine tendance à l’inconstance.

Mercure était un dieu aux multiples fonctions, puisqu’il protégeait aussi bien les commerçants que les voleurs, ou même les artistes, en plus d’être le messager des dieux. Psychopompe, il était aussi transformateur des énergies. Dans l’interprétation astrologique classique Mercure conserve ces attributions. Il régit aussi les facultés intellectuelles, la compréhension, l’adaptation et le savoir-faire.

Le Mercurien type conserve les qualités propres et les défauts de l’adolescence. Doté d’un esprit vif et rapide ainsi que d’une très grande faculté d’assimilation, il parvient sans grande peine à posséder des connaissances sur un grand nombre de sujets. Toutefois, il ne s’agit souvent que d’un savoir de façade car il est incapable d’un effort soutenu dans la plupart des cas. Gai, subtil, jonglant avec les mots et les idées, avec une soif du dialogue, du contact humain, le Mercurien brille dans la société qu’il recherche. Mais tout n’est pas parfait chez lui, notamment quand des indications dissonantes s’imposent dans le thème, alors il peut même se révéler peu scrupuleux. 

CADUCEE SUR MONNAIE ROMAINE

Le caducée sur une pièce de monnaie romaine

Bibliographie

Le langage secret des étoiles et des planètes – Geoffrey Cornelius/Paul Devereux 

Dictionnaire de la Mythologie – Jean-Louis Brau – Larousse  

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GEMEAUX… JUMEAUX

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME, 6.6.3 - LES MYTHES DES GEMEAUX ET DE MERCURE) par sylvietribut le 16-06-2013

Toutes les cultures et toutes les mythologies témoignent d’un intérêt particulier pour le phénomène des jumeaux. Quelles que soient les formes sous lesquelles ils sont imaginés, parfaitement symétriques, ou bien l’un obscure et l’autre lumineux, l’un tendu vers le ciel et l’autre vers la terre, l’un noir et l’autre blanc, rouge ou bleu, l’un à tête de taureau et l’autre tête de Scorpion, ils expriment à la fois une intervention de l’au-delà et la dualité de tout être ou le dualisme de ses tendances, spirituelles ou matérielles, diurnes et nocturnes. C’est le jour et la nuit, les aspects céleste et terrestre du cosmos et de l’homme.

Quand ils symbolisent ainsi les oppositions internes de l’homme et le combat qu’il doit livrer pour les surmonter, ils revêtent une signification sacrificielle : la nécessité d’une abnégation, de la destruction ou de la soumission, de l’abandon d’une partie de soi-même, en vue du triomphe de l’autre. Et ce sera naturellement aux forces spirituelles de l’évolution progressive d’assurer leur suprématie sur les tendances involutives et régressives. Mais il arrive que les jumeaux soient absolument semblables, doubles ou copies de l’un de l’autre. Ils n’expriment plus alors que l’unité d’une dualité équilibrée. Ils symbolisent l’harmonie intérieure obtenue par la réduction du multiple à l’un. Le dualisme surmonté, la dualité n’est plus qu’apparence ou jeu de miroir, l’effet de la manifestation.

GEMEAUX-JUMEAUX - MERIDIENNE DE SANTA MARIA DEGLI ANGELI - ROMA

Gémeaux-Jumeaux – Méridienne de Santa Maria degli Angeli – Roma

Les jumeaux symbolisent d’autre part l’état d’ambivalence de l’univers mythique. De plus, tous les héros jumeaux de la mythologie indo-européenne sont bénéfiques : les Açvins, les Dioscures, Castor et Pollux… Ils sont guérisseurs, protègent les mortels du danger, sauvent les navigateurs… Un des plus fameux services des jumeaux védiques est aussi de rajeunir un vieillard et d’en faire un mari pour les jeunes femmes.

Au Mexique et chez les Indiens Pueblos, les Héros Jumeaux, dieux du matin et du soir, ouvrent la voie à l’humanité dans les récits cosmogoniques, à l’arrivée de celle-ci sur la terre.

De nombreux récits cosmogoniques font état de héros créateurs jumeaux, aux fonctions antagonistes. L’un est bon et l’autre mauvais, ce dernier cherchant perpétuellement à entraver l’action créatrice et civilisatrice du premier. Ou bien, il l’imite avec maladresse, créant les animaux nuisibles comme le premier crée les animaux utiles. Cette mythologie manichéenne est particulièrement remarquable parmi les Iroquois. On la trouve dans certaines tribus indiennes d’Amérique du Sud.

A ce dualisme des Jumeaux mythiques s’applique la course ascendante (évolution) et descendante (involution) du soleil. Les danses iroquoises se subdivisent en effet en deux groupes, dont celles du « bon jumeau », soleil du matin, associées à la couleur blanche (Grande Danse des Plumes) et celles du « mauvais jumeau », soleil du soir, associées à la couleur noire (Danses de Guerre). Même division dans le cycle annuel : Fêtes d’Hiver et d’Eté. Les fêtes d’été incombent aux femmes et demandent la fertilité des plantations ; les fêtes d’hivers incombent aux hommes et rendent grâce pour les dons reçus, les moissons. Chacune de ces moitiés dure six mois articulés sur la fête du Nouvel An, en février, et celle du Maïs Vert en octobre. Donc même dualisme dans le cycle diurne et le cycle annuel.

Les mythologies dualistes des Jumeaux auraient pour origine le dualisme naturel des régions à deux saisons fortement tranchées.

Au cours d’une des péripéties les plus célèbres de la mythologie irlandaise, la déesse Macha, éponyme de la capitale d’Ulster (Emain Macha : jumeaux de Macha), donne naissance à deux jumeaux, après avoir couru contre les chevaux du roi Conchobar. On ne possède pas le nom de ces jumeaux, mais on ne se trompe certainement pas de beaucoup en y voyant des Dioscures et des prototypes de couples dioscuriques.

LES DIOSCURES

Les Dioscures

Dans la mythologie grecque, Castor et Pollux appelés aussi « les Dioscures », c’est-à-dire « Jeunes de Zeus/ Jupiter, sont les fils de Léda. Chacun est né d’un œuf différent. Ils sont respectivement, pour Castor, frère de Clytemnestre, et fils de Tyndare, roi de Sparte, et pour Pollux, frère d’Hélène et fils de Zeus/Jupiter. Ils prennent part à une chasse au sanglier, le sanglier de Calydon, ainsi qu’à l’expédition des Argonautes. Ils combattent Thésée pour récupérer leur sœur Hélène que celui-ci a ravie et enlèvent à leur tour les filles de Leucippe. Avatars grecs de la figure indo-européenne des dieux-jumeaux, les Dioscures sont le symbole des jeunes gens en âge de porter les armes. Ils apparaissent comme des sauveurs dans des situations désespérées et sont les protecteurs des marins. Le Feu de Saint-Elme est considéré comme leur manifestation physique. Ils sont associés à la constellation des Gémeaux.

Les Dioscures apparaissent déjà dans l’Iliade, qui nomme Castor « le dompteur de chevaux » et Pollux « le boxeur ». Le poème ne mentionne pas le nom de leurs parents, mais Hélène les nomme comme ses frères. L’Odyssée, en revanche, en fait tous les deux fils de Tyndare et de Léda. La légende la plus fréquente établit que Léda se serait unie avec Zeus métamorphosé en cygne et aurait pondu deux œufs : l’un contenant Pollux et Hélène, enfants de Zeus, et le second contenant Castor et Clytemnestre, descendants de Tyndare. Ces derniers sont donc de simples mortels alors qu’Hélène et Pollux sont des demi-dieux.

Dans une version du mythe, Pollux le demi-dieu voit à sa mort son père lui proposer l’immortalité, mais celui-ci refuse que son frère Castor puisse demeurer aux Enfers en raison de son état de mortel. Le roi des Dieux lui propose alors de demeurer un jour sur deux aux Enfers avec Castor et un jour sur deux sur l’Olympe également avec lui. D’autres versions proposent un partage de six mois dans chaque lieu. Ce mythe n’est pas sans rappeler le mythe de Perséphone enlevée par Hadès et qui va partager son temps entre sa mère, la très terrienne Déméter, et son époux, le dieu des Enfers. C’est aussi le même thème qu’on retrouve dans la légende Adonis, le jeune amant de Vénus.

LA LOUVE ROMAINE

Romulus et Rémus nourris par la louve

Dans la mythologie romaine, Romulus et Rémus sont les fondateurs de Rome. Cependant, les historiens romains, à commencer par Tite-Live, mettent l’accent sur le caractère poétique et légendaire de ce récit fondateur. Romulus et son frère jumeau Rémus sont les fils de la vestale Rhéa Silvia et du dieu Mars. Rhéa Silvia est la fille de Numitor, roi de la légendaire ville latine Alba la Longue, fondée par Ascagne, fils d’Enée, et dépossédé de son trône par son frère Amulius. Celui-ci, craignant que ses petits-neveux ne réclament leur dû en grandissant, prend prétexte qu’ils sont les fils d’une vestale, qui avait fait vœu de chasteté, et ordonne qu’on les jette dans le Tibre. Mais l’ordre est mal exécuté, les nouveau-nés partent dans un panier sur le fleuve, survivent sans doute par une probable protection des dieux. Ils seront découverts sous un figuier sauvage, le Ficus Ruminalis, situé devant l’entrée de la grotte du Lupercale, au pied du Palatin, par une louve qui les allaita et par un pivert, l’oiseau de Mars.

Tite-Live et Plutarque rapportent une autre explication de la légende : Romulus et Rémus auraient été découverts dans la grotte du Lupercale par le berger Faustulus, gardien des troupeaux d’Amulius qui les aurait confiés aux bons soins de sa femme, Larentia, une prostituée, que les bergers appelaient « lupa », la louve. Ce serait donc par un jeu symbolique que d’autres auteurs latins auraient créé le mythe de la louve biologique mère de Rémus et Romulus, tirant parti de la puissance redoutable de l’animal au profit de leur cité. Le loup et la louve sont des animaux de Mars.

Dans la version de Plutarque, « la Vie de Romulus », les jumeaux seraient les enfants d’une esclave et du dieu Mars. Une curieuse histoire de sexe viril du dieu Mars descendu par la cheminée et flottant dans la pièce est avancée, l’esclave remplaçant la princesse Rhéa Silvia qui refusait d’assouvir le désir du dieu. En fait, ils seraient les enfants d’Amulius, roi d’Alba la Longue, confiés au berger Faustulus. Plus tard, les jumeaux, à qui est révélé le secret de leur naissance, tueront Amulius, égorgé par Rémus et transpercé par l’épée de Romulus, pour restaurer ensuite leur grand-père Numitor sur le trône d’Alba.

LETO ET SES ENFANTS APOLLON ET ARTEMIS - WILLIAM HENRY RINEHART (1825-1874)

Léto et ses enfants Apollon et Artémis/Diane – William Henry Rinehart

Quant aux jumeaux de sexe différent, les plus célèbres sont Apollon et Artémis, mais on pourrait également inclure Jupiter et Junon dont Ennius faisait les jumeaux de Saturne et de Rhéa.

Apollon, le Soleil, et Artémis/Diane, la Lune… sont fils de Zeus/Jupiter et de Léto, une Titanide, qui cherchait un lieu tranquille pour mettre au monde les enfants qu’elle portait de Zeus/Jupiter, mais toute la terre refusait de l’accueillir par crainte de la colère d’Héra, ou bien refusait l’honneur d’être le lieu de naissance de si grands dieux. Seule Délos accepta, puisqu’elle n’était pas vraiment une terre, mais une île flottante. Apollon et Artémis étaient tous deux des archers. Ils présidaient également aux morts naturelles ou par maladie. Homère nous rapporte qu’Apollon donnait la mort aux hommes et Artémis aux femmes, en leur envoyant les « douces flèches de la mort. 

LES GEMEAUX22

Bibliographie

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter

Dictionnaire de la Mythologie – Michael Grant et John Hazel – Marabout

 

 

 

 

 

 

 

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DANS LA SYMBOLIQUE GEMEAUX… UN NOMBRE DE DUALITE… LE DEUX

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME, 6.6.3 - LES MYTHES DES GEMEAUX ET DE MERCURE) par sylvietribut le 05-06-2013

Symbole d’opposition, de conflit, de réflexion, le Deux indique aussi bien l’équilibre réalisé que des menaces latentes. Il est le chiffre de toutes les ambivalences et des dédoublements. Il est la première et la plus radicale des divisions : le créateur et la créature, le blanc et le noir, le masculin et le féminin, la matière et l’esprit… celle dont découlent toutes les autres. Dans l’Antiquité, il était attribué à la Mère. Il désigne le principe féminin. Et parmi ses redoutables ambivalences, il peut être le germe d’une évolution créatrice aussi bien que d’une involution désastreuse.

chiffre 

Le nombre Deux symbolise le dualisme sur lequel repose toute dialectique, tout effort, tout combat, tout mouvement, tout progrès. Mais la division est le principe de la multiplication, aussi bien que de la synthèse. Et la multiplication est bipolaire, elle augmente ou diminue, selon le signe qui affecte le nombre.

Le Deux exprime donc un antagonisme qui de latent devient manifeste : une rivalité, une réciprocité, qui peut être de haine autant que d’amour ; une opposition, qui peut être contraire et incompatible, aussi bien que complémentaire et féconde.

LES DEUX SINGES par BRUEGHEL 

Les deux singes prisonniers de Breughel

Une image double dans la symbolique de deux lions, deux aigles… qui renforce, en la multipliant, la valeur symbolique de l’image ou, à l’inverse, en la dédoublant, montre les divisions internes qui l’affaiblissent.

Dans le monde celtique, un certain nombre de figures mythiques vont par deux, groupant ainsi des caractères opposés ou complémentaires. Le travail d’exploration et d’interprétation de la mythologie celtique n’est pas assez avancé pour qu’on ne puisse nommer un grand nombre avec certitude, mais le couple, la dualité essentielle et, en pays celtique, celle du druide et du guerrier, souvent réunie ou concentrée en une seule entité divine. L’un représente la force et l’autre la sagesse de la tradition. Toutes les séries ou constructions mythologique respectent ce principe dualiste qui s’intègre facilement dans une série de symboles numéraux couvrant le champ théologique.

Gemeaux Glyphe

Le glyphe du nombre Deux que nous utilisons aujourd’hui en Occident trouve ses racines chez les brahmanes hindous qui écrivaient 2 sous forme de deux lignes horizontales. Il est encore écrit de cette manière dans la Chine moderne et est analogue au chiffre romain II.

Les Gupta ont tourné les deux lignes à 45° pour en faire des diagonales. Quelquefois, ils ont aussi fait une petite ligne au sommet et une fin incurvée à la base vers le centre de la ligne du bas. Cependant, sans doute pour aller plus vite, les Nagari ont démarré la ligne du haut plus incurvée et l’ont connecté à la ligne du bas. Quant aux arabes Ghubar, ils ont fait la ligne du bas complètement verticale, si bien que le glyphe ressemblait à un point d’interrogation sans point. En restaurant la ligne du bas dans sa position horizontale originale, mais en gardant la ligne du haut sous sa forme de courbe qui se connecte à cette première ligne cela nous conduit à notre glyphe moderne.

Dans la Bible, le chiffre 2 représente l’homme et sa dualité, division intérieure, conséquence du péché. Et cela permet de résoudre certaines énigmes contenues dans l’Evangile. Ainsi, selon Marc, à Jéricho, un seul aveugle, nommé Bartimée, est guéri. Mais selon Matthieu, il y avait deux aveugles.

Par ailleurs, Marc nous rapporte qu’au cours du procès de Jésus, quelques faux témoins se présentèrent, mais Matthieu, lui, affirme qu’il s’en présenta 2. On peut se demander qui dit la vérité. La réponse est : Tous les deux. En effet, Marc nous livre la version historique des faits alors que Matthieu recourt au chiffre symbolique.

2 chiffre 

Bibliographie

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

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DANS LA MYTHOLOGIE GEMEAUX… UN DIEU MALIN… MERCURE

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME, 6.6.3 - LES MYTHES DES GEMEAUX ET DE MERCURE) par sylvietribut le 29-05-2013

Il faut se souvenir de la naissance étonnante de ce jeune dieu irrespectueux. Sa mère, Maïa, l’a couché. Il vit depuis quelques heures à peine lorsqu’il sort de son berceau et va voler les bœufs qui appartiennent à Apollon, les cache dans une grotte en prenant soin d’effacer la trace de leurs sabots, ramasse une carapace de tortue pour en faire une lyre et regagne son berceau où il jouera les angelots endormis.

Apollon, lui, se rend compte de la disparition de son bétail. Il vient se plaindre à Maïa qui n’en croit pas ses oreilles lorsqu’il lui dit : « Ton fils m’a volé mes bœufs ». En toute bonne foi, elle affirme l’innocence de son fils.

Mercure-Hermès, et ce n’est pas un hasard, apparaît comme un dieu au double visage, à la double nature. Ailé, léger, ses « talaria » aux pieds, rapide comme le vent, il ne pèse pas sur ce sol qu’il parcourt pour porter les nouvelles, jouer les messagers et les intermédiaires. Il représente le « Trickster » des Jungiens, le joker du jeu de cartes, ludique par excellence, ingénieux et irrévérencieux. Malin, débrouillard et aérien.

mercure

Hermès/Mercure – Giambologna – Musée du Louvre

Certes Hermès le Grec et Mercure le Romain sont une seule et même figure, mais on « entend » leur nom d’une manière un peu différente.

Hermès, cette autre face de Mercure, a qualité d’initié, accompagnateur des âmes, mercure alchimique, médiateur de l’essentiel.

Mais les ambiguïtés ne manquent pas qui nous font passer le Mercure à Hermès et d’Hermès à Mercure. Hermès est un dieu aimable, serviable, plein d’une bonne volonté que rien ne décourage, venant en aide aux dieux comme aux mortels. Il mettra souvent Ulysse en garde contre divers dangers et notamment contre les pouvoirs de Circé la magicienne.

Apollon lui enseigne bien des choses. Il n’a point de rancune pour le jeune dieu qui lui a joué bien des tours dès le berceau et il a pardonné du vol du bétail qu’il lui a restitué contre la lyre fabriquée avec la tortue. Hermès amuse Apollon comme il amuse d’autres dieux, et parfois les irrite. Apollon lui enseigne les arts divinatoires. Les fées lui devront sans doute leur « baguette magique ».

MERCURE ET VENUS - VAN LOO - MUSEE DU PRADO - MADRID

Hermès/Mercure et Aphrodite/Vénus – Van Loo – Musée du Prado – Madrid

Dieu libre, impertinent, jamais servile, il agace les dieux parce qu’il leur vole des objets ou les leur cache. Il dérobera son épée à Arès/Mars, son trident à Poséidon/Neptune… Il vole ainsi à Aphrodite/Vénus une sandale et la lui rend que contre un odieux chantage : elle devra se donner à lui ! Mais on sait que les femmes pardonnent facilement aux hommes d’esprit et les déesses, sans doute, n’échappent pas à la règle. Hermès possède ce pouvoir et il en profite sans scrupule. De son union avec Aphrodite/Vénus naîtra Hermaphrodite, créature étrange à la fois mâle et femelle. Hermès ne peut rien faire comme les autres… pas même les enfants !

Hermaphrodite_Borghese

Hermaphrodite – Collection Borghèse – Musée du Louvre – Paris

Par ailleurs, il possède un exceptionnel sens de l’orientation et il montre le chemin à qui le lui demande. Ce qu’il enseigne n’est pas toujours très moral comme duper, truquer ses comptes. Il devrait être le patron des contribuables ! Ce n’est pas le plus scrupuleux des dieux mais, par-dessus tout, il a le goût du jeu.

L’autre visage du dieu nous montre l’émissaire auprès d’Hadès, l’habile négociateur, le diplomate. Psychopompe, c’est lui qui accompagne Orphée jusqu’aux Enfers lorsque celui-ci vient chercher, éperdu, sa jeune fiancée trop tôt ravie à son amour. De tous côtés, on le remercie, on le prie, on le fête. Et il fait songer à ces saints devant la statue desquels on accumule les ex-voto, pour un objet retrouvé, une guérison. Rien n’a changé.

Il court, comme le « furet du bois joli ». Et il va vite. On perçoit bien là sa maîtrise sur le signe des Gémeaux et ces Dioscures vainqueurs des Jeux olympiques. Mais il est aussi celui qu’on retrouve en Egypte sous les traits de Thot ou d’Anubis, guide des âmes. Comme le Grand Hermès, il assumera aussi le rôle d’inventeur des sciences et des arts, de la magie et de la philosophie qui portera son nom : l’hermétisme. Pour interpréter les rêves, c’est à lui qu’il convient de s’adresser.

LA NYMPHE MAIA

La nymphe Maïa

De qui est-il le fils ? De Maïa, violée par Zeus/Jupiter. Mais, selon Robert Graves, son nom évoquerait la pierre phallique ou la pierre de borne, sur les routes, au carrefour, pour guider le voyageur. Il accorderait l’éloquence, l’art du bien-parler… et même le succès aux concours ou aux examens. D’ailleurs, les beaux aspects de Mercure à Jupiter en portent souvent témoignage. Il aurait même inventé la géomancie et un jeu divinatoire avec des osselets. Peut-être ceux-là mêmes qu’on aperçoit aujourd’hui encore dans les musées étrusques de Toscane.

Robert Graves lui prête même l’invention d’un alphabet cunéiforme « qui aurait été introduit de Grèce en Egypte », puis en Béotie et en Italie. Hypothèse évidemment contestée par les spécialistes qui estiment que le premier alphabet aurait vu le jour en Egypte. Peut-être, dit-on encore, a-t-il existé un alphabet sacré et secret, conservé par les trois Parques. Hermès Trismégiste serait à la fois roi, prêtre et législateur, ou magistrat. Et la Table d’Emeraude contiendrait les trois parties de la philosophie du monde. « Il monte de la terre au Ciel et derechef il descend en terre et il reçoit la force des choses inférieures et supérieures ».

A Hermès encore, on prête bon nombre d’inventions ou de pratiques : les échelles musicales, l’astronomie, les poids et mesures, la culture de l’olivier, la gymnastique et la boxe. On retrouve, au moins dans ces deux dernières spécialités, la trace de nos Dioscures.

Une autre version, d’ailleurs, voudrait que les Dioscures soient nés non de Léda mais de Némésis « Vengeance divine », avec toujours Zeus/Jupiter pour père, qui aurait confié les œufs à Léda et d’où seraient nés Hélène, Castor et Pollux. On aurait alors perdu Clytemnestre en route.

LA LYRE D'ORPHEE

Bibliographie

Dieux et Héros du Zodiaque – Joëlle de Gravelaine – Robert Laffont Editeur

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