DANS LE BESTIAIRE DES POISSONS… LE MARTIN-PECHEUR

(6.6.12 - LES MYTHES DES POISSONS ET DE NEPTUNE) par sylvietribut le 18-03-2017

L’alcyon est un genre de martin-pêcheur, entré dans la légende et devenu symbole, une sorte d’oiseau fabuleux, beau et mélancolique.

D’après une légende grecque, Alcyoné était la fille du roi des vents. Elle avait épousé Céyx, le fils de l’Astre du matin. Leur bonheur était si parfait qu’ils se comparaient à Zeus/Jupiter et à Héra/Junon et, par le fait même, attirèrent sur eux la vengeance des dieux. Ils furent métamorphosés en oiseaux et leurs nids, construits au bord des flots, étaient sans cesse détruits par les vagues. Telle serait l’origine de leur cri plaintif. Par pitié, Zeus/Jupiter apaisa la mer deux fois, sept jours par an, avant et après le solstice d’hiver ; pendant cette accalmie, l’alcyon couve ses œufs. A ce titre, il devint un symbole de paix et de tranquillité ; mais d’une paix dont il faut se hâter de profiter, car elle est brève.

Martin-pêcheur d'Europe. Famille des Alcédinidés. Ordre : Coraciiformes

Martin-pêcheur

Oiseaux des mers, dédiés à Thétis, divinité marine et l’une des Néréides, enfants du vent du soleil matinal, les alcyons tiennent à la fois du ciel et des océans, de l’air et des eaux. Ils symbolisent à ce titre une fécondité à la fois spirituelle et matérielle, mais menacée par la jalousie des dieux et des éléments. Le danger qu’ils évoquent est celui de l’autosatisfaction et de l’attribution à eux-mêmes d’un bonheur qui ne peut venir que d’en haut. Cet aveuglement dans le bonheur expose au pire des châtiments.

Des légendes tardives ont assimilé la légende d’Alcyoné à celle d’Isis ; la femme vole à travers les airs et au-dessus des mers, à la recherche de son mari, fils de l’Astre du matin, comme Osiris était le soleil levant. Ovide a décrit la rencontre de l’épouse, changée en oiseau, et du cadavre de son mari poussé par les flots, en des termes qu’ils rappellent le mythe égyptien.

Mais les terreurs, qu’inspirent les éléments déchaînés, conjuguant les violences des vents et des vagues, subsisteront toujours. La confession d’Alcyoné tremblante et comme séduite par la grandiose fureur des éléments déchaînés, montre bien ce qui est au cœur du symbolisme de cet oiseau si cher aux romantiques.

Voici aussi un oiseau qui est un très bon indicateur naturel de la qualité d’un milieu aquatique. Il apprécie les falaises calcaires qui se réchauffent facilement au soleil, et les abords des étendues d’eau dans lesquelles il pourra plonger pour attraper sa nourriture. Et ainsi, il reste dans son territoire de prédilection tant que les eaux ne sont pas prises par les glaces, car cet oiseau craint les hivers trop rudes, et dans ce cas, il migre vers des régions plus tempérées.

Le bleu étincelant du martin-pêcheur provient des reflets prismatiques de la lumière sur les structures minuscules de ses plumes. Le sexe des martins-pêcheurs se différencie à la couleur du bac : presque tout noir chez le mâle et chez la femelle, la mandibule est du même orange que les pattes.

Les martins-pêcheurs volant par couples sont, comme il est fréquent en Chine, des symboles de fidélité, de bonheur conjugal. Sensibles à leur beauté, les Chinois opposent leur noblesse et leur délicatesse à la vulgarité des oiseaux bavards, tel le milan.

ALCYNOE

Alcyoné

Il existe deux versions de la légende d’Alcyoné et de Céyx son époux. Dans la première version Céyx se rend à Claros pour consulter un oracle, mais il se noie durant la traversée. Avertie par Morphée de la mort de son époux, Alcyoné part à la recherche de son corps et finit par le retrouver. Prix de pitié devant son chagrin, les dieux métamorphosèrent le couple en martins-pêcheurs. Cette version est corroborée par le fait que lorsqu’une accalmie règne en mer, cette période est désignée sous le nom de « jours alcyoniques ».

La seconde version raconte que pris de vanité, le couple ose s’assimiler à Zeus et Héra. Pour ce sacrilège sera métamorphosée en alcyon, le martin-pêcheur, et Céyx, en fou de Bassan.

Dans le dialogue pseudo-platonicien, Alcyoné fait le tour de la terre pour retrouver Céyx. Elle sera métamorphosée par les dieux en récompense de son amour.

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Bibliographie

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

 

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DANS LE MONDE MYSTERIEUX ET ACQUATIQUE DES POISSONS… LA FEE MELUSINE

(6.6.12 - LES MYTHES DES POISSONS ET DE NEPTUNE) par sylvietribut le 10-03-2017

Mélusine signifie « merveille » mais aussi « brouillard de la mer ». Pour les Lusignan, elle est la « Mère Lusigne », la mère des Lusignan, fondatrice de leur lignée. Dans le dictionnaire Littré, elle est appelée « Merlusigne », ce qui pourrait faire penser à une connotation aquatique.

Les origines de la fée Mélusine sont antiques. En effet, Hérodote fait référence à une femme serpent : « Héraclès serait arrivé dans la région qu’on appelait l’Hylaia. Là, il aurait trouvé dans un antre une jeune fille serpent formée de deux natures ; les parties supérieures de son corps, à partir des hanches, étaient une femme ; les parties inférieures, d’un reptile. Il la regarda avec étonnement. Puis il lui demande si elle n’avait pas vu quelque part des cavales vagabondes. Elle répondit que c’était elle-même qui les avait et qu’elle ne les lui rendrait pas avant qu’il se fût uni à elle ; et Héraclès se serait uni à elle pour ce prix ». Hérodote, Histoire, Livre 4, Chapitre IX.

Une autre référence affirme que Mélusine aurait pris pied, avec des Scythes, les Taïfales, et une armée romaine, dans le Poitou, région de naissance du mythe. Ils auraient même donné leur nom à la ville de Tiffauges dont la fée construisit le château.

RAYMONDIN ET LA FEE MELUSINE - JULIUS HUBNER

Raymondin et Mélusine – Julius Hubner

Mélusine est un mythe du Moyen Age. Au royaume d’Albanie, le roi Elinas chassait dans la forêt et rencontra près d’une fontaine une magnifique jeune femme qu’il salua bien humblement. A son souhait de la prendre pour épouse, celle-ci accepta en lui demandant de jurer à ne jamais chercher à la voir au temps de ses couches. Et c’est ainsi que la fée Persine, ou Presine, épousa Elinas. Ils eurent trois filles, toutes aussi belles que leur mère. L’aînée s’appelait Mélusine, la seconde Mélior et la dernière Palestine.

D’une première union, Elinas avait eu un fils, Mataquas. Celui-ci, jaloux du bonheur de sa belle-mère, poussa son père dans la chambre où Persine baignait ses filles. Celle-ci s’exila avec ses trois fils au dus, sur l’île magique d’Avalon. Chaque matin, elle et ses filles montaient sur la colline d’Elénos, la montagne fleurie, d’où elles pouvaient apercevoir la lointaine Albanie. La fée Persine leur dit qu’elles y étaient nées et que la fausseté de leur père les avait réduites à une misère sans fin. Chaque fois elle répétait son malheur, si bien que Mélusine poussa ses sœurs à enfermer leur père sur la merveilleuse montagne de Northumberland, appelée Brumblerio, d’où il ne sortirait plus jamais. Persine s’en montra fort courroucée et condamna Mélusine à devenir serpent au-dessus du nombril chaque samedi. Si toutefois elle trouvait un homme qui veuille l’épouser, à la condition de ne jamais la voir le samedi, elle vivrait le cours naturel d’une vue de femme et mourrait naturellement, enfantant une très noble et très grande lignée. Cependant, si jamais elle se séparait de son mari, elle retournerait, sans fin, au tourment qu’elle connaissait déjà. La seconde sœur, Mélior fut condamnée à garder un épervier merveilleux dans un château en Arménie. Quant à Palestine, elle fut enfermée, avec un lutin, sur le Mont Canigou et dut garder le trésor de son père jusqu’à ce qu’un preux chevalier ne vienne la délivrer.

LE CHATEAU DE LUSIGNAN - LES TRES RICHES HEURES DU DUC DE BERRY - LES POISSONS

Le château de Lusignan – Les Très Riches Heures du Duc de Berry – Les Poissons

Et c’est ainsi que Mélusine partit errer dans les forêts et les bocages, traversa même l’Atlantique et arriva en Poitou. C’est alors que Raymondin de Lusignan, neveu du comte Aymar de Poitiers et fils du comte de Forez, tue accidentellement son oncle en forçant un sanglier féroce. Aveuglé par la douleur et pourchassé pour meurtre, il chevauche dans la forêt de Coulommiers en Poitou, aujourd’hui dans l’actuel département de la Vienne. A minuit, il rencontre à la fontaine de Soif, trois femmes, dont Mélusine. Celle-ci le réconforte et lui propose de l’aider, de la faire innocenter et de faire de lui un très puissant seigneur, à condition de l’épouser. En même temps, elle lui fait jurer de ne jamais chercher à la voir le samedi. En gage, elle lui offre deux verges d’or qui avaient de grandes vertus.

Heureux, ils se marient en grande noblesse et font des Lusignan l’une des plus grandes familles de France. Elle lui donna dix fils, tous beaux et bien bâtis à quelques détails près qui devinrent tous grands et puissant. La noble et glorieuse lignée prédite par la fée Persine, sa mère, était bien fondée.

MELUSINE - GIROUETTE

Pendant que Raymondin parcourt la Bretagne, Mélusine se fait bâtisseuse. La légende veut qu’elle soit à l’origine de la construction de  nombreux bâtiments médiévaux poitevins et même lorrains. Elle fonde entre autre les villes de Parthenay, Tiffaudes, Talmont, édifie les murailles de La Rochelle et fait construire un grand nombre d’églises, comme celle de Saint-Paul-en-Gâtine ou de Clussais-la-Pommeraie, ainsi que des abbayes. Cependant, ces travaux, elle ne les réalisait que la nuit et si quelqu’un la surprenait dans on ouvrage, elle cessait immédiatement ses travaux. C’est ainsi qu’il manque une fenêtre à Ménigoute, ou encore la dernière pierre de la flèche de l’église de Niort ou de celle de Parthenay.

Comme il lui avait promis, Raymondin ne la vit jamais le samedi. Mais son frère, le comte de Forez, jaloux de la puissance de son cadet, lui laissa entendre que sa femme forniquait avec un autre tous les samedis. A ces mots, Raymondin, furieux, se précipita sur la porte interdite, regardant par la serrure la pièce, s’aidant même d’une dague grâce à laquelle il réussit à percer un petit trou. Il voit alors sa femme dans une cuve, en haut du nombril sa femme se peigne les cheveux et en dessous du nombril, c’est un serpent.

Deux versions existent. Dans l’une Raymondin s’exclame : « Je viens mon amour de vous trahis à cause de la fourbe exhortation de mon frère », ou bien il ne dit rien et tente de garder le secret de sa trahison. Mais un jour, que son fils Geoffroy est accusé d’avoir  détruit l’abbaye de Maillezais et d’avoir tué son frère Fromont par accident, Raymondin s’emporte en jetant la responsabilité du comportement étrange du fils sur Mélusine. Il la traite en public de « très fausse serpente ».

Ces deux versions ont la même fin : Mélusine se jette alors par une fenêtre aussi légèrement que si elle avait eu des ailes en poussant un cri de désespoir. Jean d’Arras précise que, parfois, la nuit, elle vient caresser ses enfants, devant les nourrices qui n’osent rien dire. C’est Mélusine qui annoncera la mort de Raymondin devenu ermite à Montserrat.

En réponse à la prophétie de Persine, la fée serpente se montre et se lamente à chaque fois que les biens des Lusignan changent de propriétaires ou qu’un membre de cette maison va mourir.

MELUSINE - EGLISE DE CHAUVIGNY - VIENNE

Mélusine – Eglise de Chauvigny

Nombreux sont les lieux qui font référence à la légende de Mélusine. Notamment ceux sont le nom vient de « lux », « lumière » en latin, ont un lien avec Mélusine. On trouve ainsi Lucé, Lucy, Lusigny, Lusignan, Lézignan, Luzy, Leucate, Lausanne, Luxeuil, comme lieux pouvant se rattacher à l’histoire de Mélusine. La ville de Melun, en Brie, peut également être originaire de la légende. Pierre Gordon dans son essai « Les Vierge Noires, Mélusine, l’origine des contes de fées », parle aussi des Malorcine ou Mélorcine, dans certains contes de terroir, par rapport à « orc » qui veut dire « ogre ». L’Ogresse mythique dévore le postulant au cours d’une initiation dans l’antre de la vouivre pour le « recracher » ensuite une fois la transformation accomplie, comme le fut Jonas après trois jours passés dans le ventre de la baleine. D’autre fois encore, elle est dite « Méloursine », ce qui évoque la Grande Ourse, la Polaire, impliquant qu’elle guide vers la lumière. Cependant, elle est dite également Mélousine. Or, le mot « oues » désignait jadis l’Oie. Il y avait jadis, à Paris, une « rue aux Oues », déformée ensuite en « rue aux Ours ». Cette fois, elle présente la facette de « Mère Loi », gardienne de la Loi Cosmique.

Toutefois Mélusine, personnage mythique des « gesta » celtiques, règne sur le domaine des eaux et plonge ainsi dans l’inconscient abyssal, moitié poisson, moitié femme, de même les sirènes symbolisent les profondeurs de l’inconscient et sont des symboles « Poissons ». Monstres de la mer, à tête et poitrine de femme ont le corps était celui d’un oiseau, puis dans les légendes plus tardives, celui d’un poisson, elles séduisaient les navigateurs par la beauté de leur visage et par la mélodie de leurs chants, et les entraînaient dans la mort. C’est ainsi qu’Ulysse dut se faire attacher au mât de son navire pour ne pas céder à la séduction de leurs appels.

Les sirènes figurent dans le voyage, symbole de la vie, les embûches nées du désir et des passions. Engendrées par un élément indéterminé, ce sont des créations de l’inconscient, des rêves fascinants et symbolisent « l’autodestruction du désir quand il n’est qu’un rêve insensé ». Il faut alors, comme Ulysse, « s’accrocher » à la dure réalité du mât qui est le centre du navire, axe vital de l’esprit, pour fuir des illusions mortelles. Comme Ulysse, le natif des Poissons devra parfois, lui aussi, s’accrocher à la dure réalité pour ne pas succomber à ses propres illusions.

MELUSINE

 

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DANS LA MYTHOLOGIE DES POISSONS… AMPHITRITE LA DEESSE DE LA MER

(6.6.12 - LES MYTHES DES POISSONS ET DE NEPTUNE) par sylvietribut le 25-02-2016

Amphitrite était la fille de Nérée et de Doris, qui était elle-même une fille d’Océan, et de ce fait, elle est bien déesse de la Mer. Poséidon/Neptune la vit danser sur l’île de Naxos et tomba amoureux d’elle, mais elle se réfugia auprès du Titan Atlas. Poséidon/Neptune envoya les divinités marines, ses serviteurs, la chercher. C’est le dauphin Delphinos qui finit par la trouver et il plaida si bien la cause de Poséidon/Neptune qu’elle finit par l’épouser. C’est pourquoi le dauphin fut transformé en constellation.

AMPHITRITE

La déesse marine Amphitrite

Amphitrite est totalement inconnue de l’Iliade. L’Odyssée la mentionne comme une divinité de la mer, maîtresse des monstres marins, mais sans mentionner de lien avec Poséidon/Neptune. Amphitrite apparaît également dans l’Hymne homérique à Apollon, rédigé vers 700  avant Jésus-Christ, comme l’une des déesse ayant présidé à la naissance de ce dieu, contre l’avis d’Héra/Junon. Le pseudo-Apollodore la vieillit même d’une génération divine et la range volontiers parmi les Océanides.

C’est la Théogonie d’Hésiode qui mentionne la première son union avec Poséidon/Neptune, dont naîtra le monstre Triton. Les poètes Pindare et Bacchylide reprennent le thème qui s’impose également à la même époque.

Hygin nous livre également une version circonstanciée de la rencontre d’Amphitrite et de Poséidon, l’attribuant à Eratosthène : le dieu tombe amoureux alors qu’il voit danser la déesse sur l’île de Naxos.

LE BUSTE D'AMPHITRITE

Le buste d’Amphitrite

L’iconographie d’Amphitrite est relativement peu répandue dans l’art grec. Elle apparaît aux côtés de Poséidon dans la procession nuptiale du Vase François, un cratère à volutes de 570 avant Jésus-Christ qui représente les noces de Pélée et de Thétis. Il en va de même pour un dinos du peintre Sophilos datant de la même époque. Contemporaines également, les « pinakes » de Penteskouphia, ces plaques de céramique, souvent à usage votif, la représentent fréquemment aux côtés de Poséidon/Neptune, invoqué ici en tant que divinité des morts. De manière générale, elle ne peut être identifiée qu’aux côtés de son mari, ou lorsqu’elle est explicitement nommée par une inscription. Il arrive cependant qu’elle ait pour attribut un poisson qu’elle tient à la main.

Amphitrite apparaît également lors du voyage sous-marin de Thésée, scène illustrée par de nombreux vases attiques à figures rouges du début du Ve siècle avant Jésus-Christ. Le plus célèbre est probablement la coupe du peintre Onésimos et du potier Euphronios, dont l’intérieur montre Amphitrite assise tendant une couronne, ou une guirlande, au jeune héros. Selon Pausanias, une fresque de Mikon reprenait la même iconographie dans l’hérôon de Thésée à Athènes.

MAISON  D'AMPHITRITE ET POSEIDON - HERCULANUM - MOSAIQUE

La Maison d’Amphitrite et de Poséidon/Neptune – Herculanum – Naples

Dans l’art romain, Amphitrite est souvent représentée accompagnée de dauphins et de tritons, parfois d’autres Néréides, dans des scènes évoquant un cortège marin. Là encore, et en particulier dans l’art de la mosaïque, elle est souvent associée à Neptune, soit étant figurée à ses côtés, comme sur le pavement provenant de Constantine que l’on peut voir au Louvre, soit dans le programme décoratif d’une maison, par exemple dans le « triclinium » d’été de la maison dite de « Neptune et d’Amphitrite », à Herculanum près de Naples, et éventuellement dans les thermes de Neptune à Ostia Antica près de Rome.

Des trois enfants qu’elle donna à Poséidon/Neptune, il y a un fils, Triton, et deux filles : Rhodè qui donna son nom à l’île de Rhodes et fut mère des Héliades par Hélios, selon Pindare, mais certains pensent qu’elle serait la fille de Poséidon et d’Halia, sœur des Telchines ; quant à Benthésicymé, elle s’établit en Ethiopie et épousa Enalos dont elle eut deux filles et qui éleva Emolpos, le fils de Poséidon/Neptune et de Chioné.

Le rôle d’Amphitrite est assez secondaire. Elle n’a pas de culte connu et n’apparaît que très brièvement dans les légendes. On sait qu’elle assista à l’accouchement de Léto. Epouse calme, Amphitrite supporta patiemment les multiples infidélités de Poséidon/Neptune. Une seule fois elle manifesta sa jalousie : ce fut à l’égard de la nymphe Scylla qui était d’une grande beauté. Furieuse de l’amour que Poséidon lui témoignait, Amphitrite jeta des herbes magiques dans la source où Scylla se baignait, et la nymphe fut changée en un monstre affreux. Cette métamorphose est en général attribuée à Circé l’enchanteresse qui séduisit Ulysse et tenta de le retenir lors de son retour vers Ithaque.

POSEIDON ET LES DAUPHINS -MOSAIQUE GRECQUE

Les Dauphins de Poséidon/Neptune

Bibliographie

Dictionnaire de la Mythologie – Michael Grant et John Hazel – Marabout

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TIRESIAS… UN DEVIN ANTIQUE

(6.6.12 - LES MYTHES DES POISSONS ET DE NEPTUNE) par sylvietribut le 13-03-2015

Les Grecs invoquaient volontiers le Fatum, le destin, les épreuves imposées par les dieux. Cependant, face au Fatum, à ce destin inscrit par les dieux, il y a le sacrifice qui est fait pour donner « un air de sacré », remettre de l’ordre dans le monde, dans le jeu entre ciel et terre. Nous retrouvons ici des concepts neptuniens, c’est-à-dire liés aux Poissons. L’histoire de Tirésias, très liée au mythe d’Œdipe, illustre bien ce signe.

L’histoire d’Œdipe met en scène une âme blessée, humaine, accablée par un destin d’une cruauté extrême, menée jour après jour au sacrifice par ces dieux aux intentions indéchiffrables. Œdipe parvient là où il veut aller. Aidé par Thésée, il écartera ses filles Antigone et Ismène, pour aller mourir en un lieu mystérieux, où il disparaîtra, enfin pardonné par les dieux mais sans que le lecteur connaisse jamais exactement le secret de sa mort. Quant à la présence de Tirésias, dans cette aventure œdipienne, est constante, du début, à la naissance même d’Œdipe, jusqu’à sa mort. Comment les pouvoirs du devin seraient-ils absents d’un mythe Poissons comme l’est également le mythe d’Œdipe. Le signe, en effet, est inséparable des oracles, de la voyance, du don de double vue, si fréquent en outre chez les aveugles dont Tirésias et Œdipe faisaient partie.

TIRESIAS ET LES SERPENTS

Tirésias et les serpents

Dans la mythologie grecque, Tirésias est un devin aveugle de Thèbes. Il était le fils d’Evérès, lui-même fils du Sparte Udée et de la nymphe Chariclo. Il eut trois filles : Manto, Historis et Daphné. Tirésias est avec Calchas l’un des deux devins les plus célèbres de la mythologie grecque. Il apparaît également dans l’Odyssée au royaume des Morts devant Ulysse.

Tirésias ne naquit pas devin ni aveugle. Son pouvoir et sa cécité résultent de sa rencontre avec les dieux. Cependant, il existe différentes versions de ce mythe.

Selon la version de Phlilies, Tirésias adolescent était en train de danser et de chanter quand il surprit Athéna se baignant nue dans une source du Mont Hélicon. La déesse, dont la chasteté était absolue, vit comme une atteinte à sa pudeur cette indiscrétion involontaire de Tirésias. Athéna lui mit alors les mains sur les yeux et le rendit aveugle. Comme la nymphe Chariclo, la mère de Tirésias, faisait partie du cortège divin, elle supplia Athéna de rendre la vue à son fils. La déesse refusa mais allégea sa sentence. Le mythe raconte qu’elle lui purifia les oreilles ce qui lui permit de comprendre le langage des oiseaux. Puis, elle lui donna un bâton de cornouiller grâce auquel il marchait comme els gens qui voient. Athéna lui concéda également une vie plus longue que le commun des mortels et le pouvoir de garder ses dons aux Enfers.

C’est Ovide qui nous donne des informations sur l’origine des dons de Tirésias. Alors que celui-ci se promenait en forêt, il troubla de son bâton l’accouplement de deux serpents. Aussitôt, il fut transformé en femme. Il resta sept ans sous cette apparence. La huitième année, il revit les mêmes serpents s’accoupler. « Si quand on vous blesse, dit-il, votre pouvoir est assez grand pour changer la nature de votre ennemi, je vais vous frapper une seconde fois. Et c’est ainsi que Tirésias redevint un homme.

C’est alors que Jupiter prétendit que la femme prenait plus de plaisir que l’homme à l’acte sexuel et que son épouse Junon prétendit le contraire. Les dieux demandèrent donc l’avis de Tirésias qui avait l’expérience des deux sexes. Tirésias se rangea de l’avis de Jupiter, allant même jusqu’à expliquer que si le plaisir de l’acte sexuel était divisé en dix parts, la femme en prendrait neuf alors que l’homme n’en prendrait qu’un. Et comme toujours, Junon plus offensée qu’il ne convenait de l’être pour un sujet aussi léger, condamna les yeux de son juge à des ténèbres éternelles. Comme Jupiter ne pouvait aller à l’encontre de la décision de Junon, pour compenser sa cécité, il offrit à Tirésias le don de divination et une vie longue de sept générations. Hésiode rapporte également ce récit.

La troisième et dernière version du mythe de Tirésias est relatée par l’évêque Eustathe de Thessalonique qui vivait au XIIe siècle. Dans un commentaire sur l’Odyssée, il rapporte un récit attribué à Sostratos qui aurait son origine dans une élégie hellénistique racontant que Tirésias naquit de sexe féminin.

Cette toute jeune fille suscita le désir d’Apollon et le dieu, en échange de ses faveurs, lui enseigna la musique. Cependant, devenue adulte, Tirésias se refusa à Apollon. Celui-ci la métamorphosa en homme pour qu’à son tour elle ressente l’emprise d’Eros.

A partir de cette première métamorphose et après avoir été l’arbitre de la querelle opposant Jupiter à Junon sur la question du plaisir dans l’acte sexuel, Tirésias ne subit pas moins de six passages d’un sexe à l’autre.

ULYSSE AUX ENFERS POUR RENCONTRER TIRESIAS

Ulysse aux Enfers pour rencontrer Tirésias

Dans une version du mythe de Callimaque, on apprend que c’est l’épouse de Pluton, Perséphone, qui a tenu à ce que Tirésias garde le sens et la raison. Ulysse le fait venir du royaume des Morts car un oracle du devin est pour lui le seul moyen de savoir comment il va rentrer chez lui à Ithaque. Tirésias apparaît comme tenant un sceptre d’or tel un symbole du pouvoir qui lui a été reconnu.

Bénéficiant de cette faveur exceptionnelle, il peut dire ce qu’ont résolu les dieux et prédire à Ulysse toutes les embûches qui l’attendront pour son retour. Après avoir expliqué la cause de la haine du dieu des Mers, Neptune/Poséidon, qui pourchasse Ulysse et ses compagnons pour avoir aveuglé son fils le Cyclope, le devin prodigue ses conseils dont celui de respecter à tout prix les troupeaux du Soleil. Ensuite, il annonce au héros que le massacre des prétendants qui déshonorent sa maison, ne sera pas pour lui l’aventure ultime. Ulysse devra encore repartir jusqu’à ce qu’il rencontre une peuplade ignorant la mer et faire un sacrifice à Poséidon/Neptune.

Cependant, malgré l’aide de Circé et de Tirésias, Ulysse ne parviendra pas à éviter l’île d’Hélios, le Soleil, où ses compagnons compromettront définitivement leur chance de retour à Ithaque. Seul Ulysse reviendra dans son île, auprès de Pénélope, à laquelle il contera son étrange rencontre avec le devin « mort ».

Platon dans le Ménon fait du personnage de Tirésias le modèle de l’extralucide aux Enfers qui garde sa haute lucidité par faveur divine pour son excellence qui s’impose comme s’imposerait un objet réel dans ce monde où tout est ombre.

TIRESIAS ET ATHENA

Tirésias et Athéna

Bibliographie

Dieux et Héros du zodiaque – Joëlle de Gravelaine – Robert Laffont 

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DANS L’HERBIER DES POISSONS… L’ANGELIQUE

(6.6.12 - LES MYTHES DES POISSONS ET DE NEPTUNE) par sylvietribut le 09-03-2015

L’angélique est bien sûr l’herbe aux anges. On l’appelle encore Angelica archangelica, Angélique officinale, angélique cultivée, archangélique, angélique de Bohême, herbe ou racine du Saint-Esprit. Elle fait partie des ombellifères, de la famille des Apiacées, très présente dans l’Europe du Nord. Racine, tiges et semences, tout est utilisé dans cette magnifique plante qui peut atteindre deux mètres de hauteur. Quand elle est en fleurs, elle répand une odeur suave, comme angélique et elle est très décorative.

angelique

L’angélique l’herbe aux anges

Tout le monde connaît l’angélique, si ce n’est comme plante médicinale, c’est par les bâtons vert clair décoratifs que les pâtissiers déposent sur les gâteaux, où qui se trouvent avec les fruits confits à l’intérieur des cakes.

L’angélique passe pour avoir de prétendues vertus magiques et à l’odeur aromatique suave et musquée qu’elle répand. Elle passait pour conjurer les envoûtements et les sorciers ne résistaient pas à sa bonne odeur. On l’accrochait d’ailleurs au cou des enfants car elle avait la réputation de les protéger des maléfices de toute nature. Les adultes également s’en servaient comme amulette.

L’angélique est connue depuis l’Antiquité. Les médecins de la Renaissance nommaient sa racine « racine du Saint-Esprit » et cela en raison de « grandes et divines propriétés de cette racine ». Paracelse affirme qu’en l’an 1510, alors qu’à Milan sévissait une importante épidémie de peste, l’angélique fut un excellent médicament. Elle entra donc dans la confection de la plupart des grandes spécialités de jadis et passait même pour être, comme le ginseng, un élixir de longue vie.

Ce qui est sûr, c’est que l’angélique est un stimulant digestif de premier ordre. Elle est l’ingrédient principale d’une sorte de ratafia dont le nom, Vespétro, évoque clairement les effet qu’il est formé des premières syllabes des mots « vesser », « péter », « roter ». C’est un excellent tonique général indiqué contre l’anémie, le manque d’appétit, les migraines, les vertiges, les défaillances. Les Anciens disaient d’ailleurs qu’elle était « propre à recréer le cœur ».

L'ANGELIQUE - PLANCHE BOTANIQUE

Angélique – planche botanique

L’angélique est encore un antispasmodique qui facilite et calme les règles difficiles. C’est également un anti-glaireux très efficace à recommander en cas d’asthme nerveux, de bronchite chronique, de toux des fumeurs. Quant à Olivier de Serres qui vécut entre 1539 et 1619, il considérait cette plante comme précieuse « servait à tenir la personne joyeusement ».

Au XVIIe siècle, on disait de l’angélique qu’elle résistait au venin et qu’elle était efficace en cas de fièvres malignes, de morsure de chien enragé, par application en cataplasme.

L’angélique se prépare en infusion : 20 gr de racine séchée coupée en menus morceaux ou 15 gr de semence pour un litre d’eau bouillante, une tasse après les repas. Il est toutefois recommandé de respecter ces prescriptions car, à haute dose, l’angélique devient excitante pour le système nerveux et, surtout le soir, elle risque de provoquer l’insomnie.

Vous pouvez également confectionner un punch original et délicieux en versant un litre d’eau bouillante sur 30 gr de racine coupée. Vous ajouterez 4 centilitres de bonne eau-de-vie ou de rhum blanc, et servirez avec des rondelles de citron.

Il existe également le vin d’angélique : Faire macérer dans un litre d’un bon vin blanc 50 à 60 grammes de semence d’angélique, pendant trois jours. Passer, filtrer, sucrer à votre goût. On le boit en apéritif avant le repas, dans un verre à bordeaux.

L’Angélique pousse à l’état sauvage en Europe centrale. Elle n’est plus vraiment cultivée que pour la confiserie et la liqueur, dans la région de Niort, en Limagne au nord de Clermont-Ferrand. La liqueur d’angélique est une spécialité de la ville de Niort depuis le XVIIIe siècle. L’Angélique est la reine du Marais poitevin. Entre les anges et les terres humides du Marais, on est bien dans le monde des Poissons.

ANGELIQUE CONFITE

Angélique confite

Bibliographie

Nos grand-mères savaient – La vérité sur les plantes et la vie naturelle

 

 

 

 

 

 

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DANS L’UNIVERS DES POISSONS… LES DANAÏDES ET LEUR TONNEAU

(6.6.12 - LES MYTHES DES POISSONS ET DE NEPTUNE) par sylvietribut le 08-03-2015

Danaos et Egyptos étaient les fils jumeaux de Bélos, un roi dont le royaume s’étendait sur l’Assyrie, l’Arabie, l’Egypte et la Libye. Bélos donna la Libye à Danaos et l’Arabie à Egyptos, mais celui-ci conquit l’Egypte, menaçant la sécurité de Danaos.

Egyptos avait cinquante fils et Danaos cinquante filles, connues sous le nom de Danaïdes. Egyptos proposa que les deux groupes de cousins se marient entre eux. Cependant, Danaos suspectait la proposition de son frère de n’être qu’une ruse pour le détrôner et lui prendre son royaume. Il construisit un grand navire avec l’aide d’Athéna et fit voile avec ses cinquante filles vers Argos, la ville d’où était venue son ancêtre la célèbre Io.

LES DANAIDES - JOHN WILLIAM WATERHOUSE - 1903

Les Danaïdes – John William Waterhouse – 1903

Sur sa route, il fit escale à Lindos, à Rhodes, où il érigea un temple à Athéna, en remerciement. A Argos, il revendiqua la royauté, faisant valoir sa parenté avec Io, mais Gélanor, alors roi, contesta son titre. Le débat fut porté devant l’assemblée argienne et le problème fut réglé par la venue d’un présage : la veille de la réunion, un loup s’était précipité sur les troupeaux argiens et avait tué le taureau de tête. Le prodige fut interprété comme donnant la primauté à l’étranger, et ainsi, le royaume revint à Danaos. Celui-ci s’empressa d’élever un temple à Apollon Lycien, c’est-à-dire le « dieu loup » selon l’une des interprétations du mot. Ensuite, il rendit l’eau aux habitants d’Argos car, dans sa colère, Poséidon/Neptune les en avait jusqu’ici privés : le dieu avait disputé à Héra le patronage du pays et les divinités des fleuves autour d’Argos, l’Argolide, avaient préféré la déesse. Aussi, en représailles, Poséidon/Neptune avait asséché leurs sources. Plus tard, étant tombé amoureux de la Danaïde Amymoné, il fit jaillir une source à Lerne. Selon une autre tradition, Danaos fut choisi comme roi parce qu’il avait appris aux Argiens à creuser des puits.

Nous sommes bien dans l’univers aquatique des Poissons, entre Neptune/Poséidon et son règne sur l’eau, les fleuves, les sources, les puits…

LES DANAIDES TUANT LEURS MARIS - MANUSCRIT DES HEROÏDES D'OVIDE - XVIe SIECLE

Les Danaïdes tuant leurs maris – Manuscrit des Héroïdes d’Ovide – XVIe siècle

Tout allait pour le mieux, quand les cinquante fils d’Egyptos se rendirent à Argos pour retrouver leurs promises. Selon Eschyle, dans sa pièce « Les Suppliantes », ce fut peu après l’arrivée de Danaos à Argos. Selon cette version, Pélasgos, le roi des Argiens, aida Danaos à se défendre contre les jeunes hommes à qui leur père avait interdit de revenir tant que Danaos n’était pas mort. Cependant, ce dernier fut contraint de céder à leur désir et les jeunes hommes prirent chacun une femme. Toutefois les jeunes filles avaient reçu secrètement de leur père un poignard, avec l’ordre de tuer leur mari dans le lit nuptial. Toutes, à l’exception de l’aînée, obéirent. Cette dernière, nommée Hypermnestre, était amoureuse de Lyncée, son mari, qui avait respecté sa virginité. Elle lui fit part du complot et le supplia de se sauver. Il s’enfuit donc à Lyrcéia et, de là, il envoya à sa femme un signal pour lui annoncer qu’il était bien arrivé.

Hypermnestre fut jetée en prison et traduite devant le tribunal par son père, mais la cour argienne, peut-être sur l’intervention de Vénus qui aimait les histoires d’amour, l’acquitta. Avec le temps, Danaos accepta Lyncée comme gendre et se réconcilia avec le couple qui eut un fils, Abas.

Entre temps, les quarante-neuf autres Danaïdes apportèrent la tête de leur mari à leur père, pour prouver leur loyauté. Elles furent purifiées de leur crime par Hermès/Mercure et Athéna sur l’ordre de Zeus/ Jupiter. Finalement Danaos décida de les marier à des jeunes gens d’Argos. Il ne demanda aucun présent nuptial et, au contraire, lui-même offrit, avec chaque jeune fille, de somptueux cadeaux, car les hommes du pays montraient peu de goût pour des épouses aussi meurtrières. C’est pourquoi Danaos fut obligé d’organiser une course à pied, le gagnant choisissait sa préférée, et ainsi de suite, jusqu’à ce que toutes ses filles fussent choisies. Leurs enfants furent nommés les Danaens, nom qu’Homère donne à l’ensemble des Grecs.

HYPERMNESTRE

Hypermnestre

Selon une tradition, Lyncée vengea ses frères plus tard, en tuant Danaos, à qui il succéda. Il tua aussi toutes les Danaïdes, à l’exception d’Hypermnestre. Après leur mort, les Danaïdes furent punies pour leur crime, dans le Tartare : elles devaient remplir d’eau une jarre percée.

Horace consacre une ode à leur légende, citant tout particulièrement Hypermnestre.

Le châtiment subit par les Danaïdes est resté célèbre avec l’expression du « Tonneau des Danaïdes », qui désigne une tâche absurde, sans fin, ou impossible.

POIGNARD A MANCHE EN OR, FER, TURQUOISE

Bibliographie

Dictionnaire de la Mythologie – Michael Grant et John Hazel – Marabout

 

 

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DANS LA SYMBOLIQUE DES POISSONS… LES OCEANIDES

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME, 6.6.12 - LES MYTHES DES POISSONS ET DE NEPTUNE) par sylvietribut le 11-03-2014

Les Océanides étaient les trois mille filles d’Océan et de Téthys. C’étaient les Nymphes de la mer, des fonds inaccessibles de l’Océan, leur père. Couronnées de fleurs, elles accompagnaient de leur cortège la conque de leur mère Téthys. Elles étaient les sœurs des dieux des rivières. Leur rôle était de garder les eaux qui recouvrent la terre, ainsi que les eaux du monde souterrain. Styx était de leur nombre.

LES OCEANIDES - GUSTAVE DORE

Les Océanides – Gustave Doré – 1860

Quelques une d’entre elles se sont distinguées et sont entrées dans la légende. Ainsi, Doris épousa Nérée, le « Vieillard de la Mer » et mit au monde les Néréides. Doris avait des dons de prophétie comme bien des divinités qui demeurent dans les eaux. Elle devait sa gloire à sa postérité. Une de ses filles, Thétis devait donner le jour au plus célèbre héros de la guerre de Troie, Achille.

Sa sœur Amphitrite, dont certains font une Néréide, devint l’épouse de Poséidon/Neptune, celui qui gouverne les Poissons. Ce dieu l’avait en effet aperçue alors qu’elle jouait et dansait sur la plage de l’île de Naxos,  avec ses sœurs et l’avait tout de suite désiré pour femme tant il était tombé amoureux. Mais elle s’échappa et partit se réfugier auprès du Titan Atlas, aux toutes dernières et lointaines limites de la mer. Poséidon/Neptune envoya les divinités marines, ses serviteurs, la chercher. C’est le dauphin qui finit par la retrouver et il plaida si bien la cause de Poséidon qu’il réussit à l’enlever, la livrant au dieu de la Mer qui la rendit mère de Triton, Rhodé et Benthésicymé. Quant au Dauphin pour le remercier, Poséidon/Neptune l’éleva au rang de constellation.

ATHENA

Athéna fille de Zeus/Jupiter et de Métis

Métis, une Néréide elle aussi, fut amenée à jouer un rôle tout aussi important en devenant la première femme de Zeus, bien qu’elle eût changé de forme pour échapper au lit de Zeus/Jupiter et c’est ainsi qu’elle conçut Athéna. Cependant, Gaïa avait prédit au dieu que si Métis avait une fille, celle-ci aurait autant de sagesse que lui, puis que Métis aurait un fils qui deviendrait plus puissant que lui et qui le détrônerait. Alors Zeus attrapa Métis et l’avala alors qu’elle était enceinte. Et c’est ainsi que le moment venu, il donna naissance à l’enfant qu’elle portait, déjà grand, qui jaillit de sa tête. C’est ainsi qu’Athéna vint au monde. Auparavant, il avait été saisi d’un violent mal de tête. Pour le soulager, sur les conseils d’Hermès/Mercure, Héphaïstos lui troua la tempe d’où sortit Athéna armée et casquée. Cependant, Zeus avait acquis la sagesse de Métis, laquelle l’aida à rester sur le trône des dieux. Il faut dire que Métis était la personnification de la Prudence. C’était également une Magicienne. Elle avait offert à Zeus/Jupiter une potion magique que devait boire Cronos/Saturne qui allait obliger le Titan à restituer ses enfants.

Clyméné s’unit à Hélios, le dieu-soleil, et lui donna Phaéton et les Héliades. Cependant, elle fut l’épouse légitime du Titan Japet et sa postérité fut tout aussi glorieuse puisqu’elle mit au monde Prométhée, Ménoetios, Atlas et Epiméthée.

Sa sœur Perséis eut plusieurs enfants du même dieu : Acétès, Circé l’enchanteresse et Pasiphaé, l’épouse du roi Minos.

CALYPSO ET ULYSSE 

Calypso et Ulysse

Calypso aussi était une Océanide qui régnait sur l’île d’Ogygie, la presqu’île de Ceuta, en face de Gibraltar. Elle tomba amoureuse de son hôte célèbre, Ulysse qu’elle avait accueilli dans ses états alors qu’il venait de faire naufrage. Sept ans durant elle s’efforça de lui faire oublier sa patrie dans sa grotte enchantée, entourée de bois de peupliers, de cyprès, décorée de vigne chargée de grappes de raisin. Elle lui offrit même l’immortalité. Mais l’amour d’Ithaque sa patrie et de Pénélope sa chère épouse demeurait le plus fort dans le cœur d’Ulysse et il passait ses journées à contempler le rivage et la mer, les yeux embués de larmes. Emu, Zeus/Jupiter dépêcha Hermès/Mercure auprès de Calypso : Ulysse devait quitter l’île. Malgré sa douleur Calypso obéit. Elle aida le héros à construire une embarcation et lui fournit des provisions pour la traversée. C’est ainsi qu’Ulysse la quitta le cœur plein d’espoir, voguant vers sa patrie bien-aimée, Ithaque, l’île dont il était roi. On dit que Calypso aurait donné un fils à Ulysse, mais bien des noms circulent sans aucun ne soit sûr.

Quant à Dioné, elle était l’une des divinités du commencement du temps. Elle fut aimée de Zeus/Jupiter et donna naissance à Aphrodite/Vénus. Son nom est la forme féminine de Zeus. Son culte qui, peut-être à l’origine ne se différenciait pas de celui d’Héra/Junon, se limitait à Dodone, en Etolie, un très ancien sanctuaire de Zeus où on l’adorait sous la forme d’un chêne. C’est Homère qui fait de Dioné la mère d’Amphitrite, la déesse de la mer, et d’Aphrodite, mais pour Hésiode, cette dernière est plutôt la fille d’Océan. Ensuite, Dioné épousa Tantale dont elle eut Niobé et Pélops.

 ACHILLE PLONGE DANS LE STYX PAR THEMIS SA MERE

Thétys plongeant Achille dans les eaux du Styx – Paul Rubens

Revenons à Styx. C’était le principal fleuve des enfers. Le Styx roule des eaux fangeuses et glacées au milieu des ténèbres. Il ceint de ses méandres le royaume d’Hadès/Pluton. Mais à l’origine Styx était une nymphe, une Océanide, qui habitait en Arcadie une grotte au bord d’une fontaine. Elle aussi était fille de Thétys et d’Océan. Elle avait épousé Pallas, lui donnant quatre enfants aux noms significatifs : Zélos, l’acharnement, Niké ou la victoire, Bia la violence et Cratos la puissance. Lorsque Zeus/Jupiter entra en lutte contre les Géants, Styx rallia l’Olympe avec ses enfants pour les ranger au service des dieux célestes et de leur cause. En récompense, Zeus/Jupiter accorda à ces valeureux auxiliaires le droit de demeurer perpétuellement auprès de lui et de l’assister dans ses entreprises. Il dota Styx du privilège d’être invoquée par les dieux, ce qui donnait au serment, ainsi confirmé, une valeur absolue. Lorsqu’un dieu s’apprêtait à jurer par Styx, Iris allait chercher une couple pleine d’eau du fleuve infernal, sur laquelle il étendait la main. L’immortel qui se parjurait encourait une punition sévère : durant une année entière, il se voyait condamné à ne plus accéder ni au nectar, ni à l’ambroisie. Puis pendant neuf ans, il était chassé du cercle des autres dieux. Prenant sa source dans un lieu escarpé et isolé, roulant une eau noire et corrosive, se perdant dans les entrailles de la terre, Styx accrédite aisément les légendes qui en font un fleuve infernal, maudit et pernicieux.

Apollon et les Océanides partageaient la tâche de guider les jeunes garçons jusqu’à l’âge adulte.

Océan, le père de toutes ces filles, apparut avant le monde lui-même et présida à la Création et de ce fait il tient une place importante dans la mythologie. Il était fils d’Ouranos et de Gaïa. Il était la personnification divine de l’eau. Il entourait la Terre comme un immense fleuve où tout se crée et où tout vient mourir. Il était aussi le père de près de trois mille fleuves qui alimentent en eau les hommes et fertilisent la Terre.

Tardivement représenté dans les œuvres d’art, l’Océan a l’aspect d’un vieillard à la barbe verte. Il tient une corne de taureau qui symbolise l’abondance puissante et nourrissante des eaux.

 FONTAINE DES NAIADES - PIAZZA DELLA REPUBLICA - ROMA

La Fontaine des Naïades – Place de la République – Rome

Bibliographie

Dictionnaire de la Mythologie – Michel Grant et John Hazel – Chez Marabout

Dictionnaire de la Mythologie grecque et romaine – Joël Schmidt – Larousse Références.

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UN MYTHE POISSONS. .. ŒDIPE AUX PIEDS GONFLES

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME, 6.6.12 - LES MYTHES DES POISSONS ET DE NEPTUNE) par sylvietribut le 08-03-2013

Le Roi Laïos, inquiet de ne pas avoir d’héritier, alla consulter l’oracle de Delphes. Celui-ci prédit que le fils qui lui naîtrait tuerait son père et épouserait sa mère. Malgré ces fatales prédictions, un enfant naquit à la cour de Thèbes. Jocaste, sa mère, effrayée de la sentence de l’oracle, l’abandonna sur le Mont Cithéron, après lui avoir percé les chevilles avec une aiguille et les lui avoir liées avec une lanière. Des bergers recueillirent l’enfant. Ils l’appelèrent Œdipe, ce qui signifie « pied enflé » et le présentèrent au roi de Corinthe Polybos, époux de Périboéa qui, sans enfant, l’adopta avec joie et l’éleva comme son propre fils. Un jour, un jeune Corinthien apprit à Œdipe qu’il n’était qu’un enfant trouvé. Intrigué par cette révélation, Œdipe consulta l’oracle de Delphes, qui répéta l’horrible prédiction faite à Laïos : « Tu tueras ton père et épouseras ta mère ». Persuadé que Polybos et Périboéa étaient ses véritables parents, Œdipe les quitta en hâte. Dans un défilé, non loin de Delphes, il croisa Laïos sans savoir que celui-ci était son père et, s’étant pris de querelle avec lui, il le tua en coupant le timon de son char. Ainsi s’accomplissait la première prédiction.

OEDIPE RECUEILLI ET NOURRI PAR LE BERGER PHORBAS - DENIS-ANTOINE CHAUDET

Œdipe bébé recueilli et nourri par le berger Phorbas – Denis-Antoine Chaudet – Musée du Luxembourg

Poursuivant sa route et parvenu aux portes de Thèbes, Œdipe rencontra le Sphinx, monstre terrifiant, qui posait une énigme aux voyageurs et les dévorait s’il n’obtenait pas de réponse. Œdipe sut trouver la bonne réponse et le Sphinx, dépité, se jeta du haut d’un rocher et se tua, délivrant ainsi le pays de la terreur. Accueilli à Thèbes comme un bienfaiteur, Œdipe fut nommé roi et épousa Jocaste, ignorant qu’elle était sa mère. Ainsi s’accomplit la seconde prédiction. De cette union incestueuse naquirent quatre enfants : Etéocle, Polynice, Antigone et Ismène.

Quelques années plus tard, une peste s’abattit sur la ville et l’oracle consulté répondit : « Il faut expulser de la ville le meurtrier de Laïos ». Contre ce meurtrier, c’est-à-dire contre lui-même, Œdipe, toujours dans l’ignorance de son crime, prononça une malédiction implacable. Mais bientôt les révélations embarrassées du devin Tirésias permirent au héros de deviner la vérité. De honte, Jocaste se pendit ; Œdipe se creva les yeux et, chassé de Thèbes, erra en mendiant dans la contrée, accompagné de sa fille Antigone qui, seule, lui était restée fidèle.

A la fin de sa vie, l’infortuné Œdipe trouva asile en Attique, auprès de Thésée. A Colone, petit bourg non loin d’Athènes, les Erinyes l’entraînèrent dans la mort. Toutefois, Thésée accorda une sépulture au corps de cette victime de la plus terrible des fatalités, car il était dit que le tombeau d’Œdipe serait un gage de victoire pour le peuple athénien.

L'HOMME ZODIAQUE

Pieds et Poissons dans l’homme-zodiaque

Parmi les mythes liés au signe des Poissons, il en est un qui semble s’imposer et dont bien sûr une autre interprétation pourrait être proposée. Après Freud, cela semble bien présomptueux. Œdipe, en effet, semble toujours vivre sa vie à contretemps, prendre conscience de la réalité un instant trop tard, incapable de maîtriser un destin qui perpétuellement lui échappe. Le seul nom d’Œdipos nous met sur la voie. Œdipe aux pieds gonflés, celui dont, enfant on a transpercé les pieds en le livrant aux bêtes de la forêt, pour qu’il ne puisse plus marcher et se fasse ainsi plus rapidement dévorer. Aimables parents que ceux qui se débarrassent ainsi d’un enfant sous prétexte qu’un oracle a prédit le meurtre, par lui, de son père. Pas un instant nous n’entendons la mère élever la moindre protestation. Tiamat, la mère terrible des Mésopotamiens, est moins inflexible. A dire vrai, la fin tragique des parents d’Œdipe n’est-elle pas méritée ?

En astrologie, les pieds font partie de la zone du corps associée au signe des Poissons. Le pied est symboliquement lié à l’âme, au destin subi par cette âme ; il est, dans son mouvement, ambivalent, alternativement incrusté dans le sol ou séparé de lui, au cours de la marche. Il se pose et s’élève. Il permet de voir ce que les yeux ne perçoivent pas, en appréhendant le sol avec prudence. Certaines femmes Maya disent qu’avec des chaussures elles ne peuvent plus voir… L’empreinte du pied de Bouddha inscrit en quelque sorte dans le sol sa loi, sa sagesse.

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Thémis plongeant Achille, son fils, dans les eaux du Styx – Rubens

On pense aussi au talon d’Achille, ce point vulnérable d’un héros invincible. Pour le tremper dans l’eau qui devait le protéger de la mort, il fallait bien que sa mère le tienne, peut-être n’avait-il pas encore de cheveux… En le saisissant par un pied, par le talon, elle pouvait espérer le sauver de tous les périls. Et c’est au talon, bien sûr, qu’Achille sera blessé. Ne pas oublier non plus, une autre symbolique du pied, sexuelle celle-là. Quant à Œdipe, il est recueilli par des gens bienveillants qui le soignent et le sauvent, et qu’il prendra, bien sûr, pour ses véritables parents.

Lorsque dans l’Œdipe Roi de Sophocle, le roi Œdipe refuse de croire ce que lui dévoile le devin Tirésias, nous retrouvons l’homme terrifié par ce destin annoncé, cette malédiction écrasante… et nous percevons qu’il se défend de ce qu’il sait inconsciemment, de ce que lui-même a pressenti de ce destin. Il refuse la révélation et insiste en même temps pour savoir, au risque de tuer Jocaste qui a compris avant lui, la vérité dont sont chargés les propos de Tirésias.

OEDIPE ROI

Oedipe et Tirésias

Sa mère n’a pas d’autres recours que de mourir, elle qui n’a pas su affronter cette terrible réalité, découvrir qu’elle est à la fois la mère d’Œdipe, sa femme et la génitrice de leurs enfants, et devoir regarder en face Œdipe qui désormais connaît son histoire, découvre que c’est elle, sa mère, qui a projeté de le faire mourir. S’il n’avait été recueilli par un berger alors qu’il n’était encore qu’un nouveau-né, tout cela à cause d’une autre prédiction susceptible de faire d’Œdipe le meurtrier de Laïos, son père et l’époux de sa royale mère, il aurait été dévoré par les bêtes sauvages.

On dit parfois que, pour empêcher le retour du mort, de son fantôme, on lui transperce les pieds. On ne peut se tromper sur les intentions meurtrières de Laïos et de Jocaste. Dans d’autres traditions, on coupe les morts en morceaux pour les empêcher de revenir hanter les vivants. Le « diasparagmos », le morcellement d’Osiris et plus tard de bien d’autres, d’Orphée, de Dionysos, serait lié à cette tradition, originaire, sans doute de l’Egypte soudanaise.

jocaste 

Jocaste

Peut-être aussi les découpe-t-on pour que le sang attire les bêtes et qu’ils soient dévorés plus vite. En ce qui concerne Jocaste, il n’est dit nulle part qu’elle confie l’enfant à un berger pour qu’il le sauve. Si la vision de ce bébé émeut de compassion cet homme simple qui le remettra à un couple stérile, c’est qu’Œdipe était condamné par les dieux à accomplir son destin, inscrit de toute éternité dans les tables célestes… L’ami du berger est un roi, Polybe, qui aimera Œdipe comme son fils. Mais, apprenant la prophétie selon laquelle il est condamné à tuer son père aimant et à partager la couche de sa mère, Œdipe s’éloignera, il tentera de fuir pour les préserver. La tragédie se noue sur un malentendu. Incertitudes, non-dits, mystères, secrets, nous sommes bien ici dans le registre des Poissons, pieds inclus…

Ne dit-on pas que la Maison XII du thème astral, en analogie avec le douzième signe, celui des Poissons, qu’elle est un lieu d’épreuves ? Certes elle est également un lieu de sacrifice et de rédemption. Mais nous retrouvons ici cette notion de « rites de passage », eux aussi toujours porteurs de sacrifices. Œdipe, plus qu’aucun autre héros grec, cumule sa part d’épreuves… Dans son histoire il y a le poids de la culpabilité mais encore celui de l’irresponsabilité ; l’aveuglement qui se traduira concrètement par la cécité. Et le sacrifice, terme essentiellement lié à la nature oblative des Poissons.

oedipe - humoristique

Philippe Geluck – Le Chat

Œdipe n’est pas conscient des forces destructrices dont il est porteur. Son innocence ne saurait être contestée. S’il est violent parfois, comme la mer peut l’âtre, il n’est ni cruel ni méchant. Ses intentions ne sauraient apparaître comme mauvaises. C’est lui, dès l’origine, la victime. Œdipe est un homme de bonne volonté, qui s’éloigne de ses parents aimés pour ne pas leur nuire et sans doute lui en coûte-t-il…

Les Grecs invoquent volontiers le Fatum, le destin, les épreuves imposées par les dieux. Œdipe pourrait légitimement se dire qu’il n’y est pour rien, que tout cela ne le concerne pas. Ce serait la tentation de l’inconscience et de l’irresponsabilité. Mais, face au Fatum, à ce destin inscrit dans les dieux, il y a le sacrifice, ce sacrifice qui est fait pour « faire du sacré », remettre de l’ordre dans le monde, dans le jeu entre ciel et terre. Nous retrouvons ici des concepts neptuniens, Poissons…

L’histoire d’Œdipe met en scène une âme blessée, humaine, accablée par un destin d’une cruauté extrême menée jour après jour au sacrifice par ces dieux aux intentions indéchiffrables.

Dans l’Œdipe à Colone, Œdipe parvient là où il veut aller. Aidé par Thésée, il écartera ses filles Antigone et Ismène, pour aller mourir en un lieu mystérieux, où il disparaîtra, enfin pardonné par les dieux mais sans que le lecteur connaisse jamais exactement le secret de sa mort. La présence de Tirésias, dans cette aventure œdipienne, est constante, du début, à la naissance même d’Œdipe, jusqu’à sa mort. Comment les pouvoirs du devin seraient-ils absents d’un mythe Poissons ?

Le signe, en effet, est inséparable des oracles, de la voyance, du don de double vue, si fréquent en outre chez les aveugles dont Tirésias, et Œdipe, font partie…

Pisces2009 

Bibliographie 

Dieux et Héros du zodiaque – Joëlle de Gravelaine – Editions Robert Laffont

Dictionnaire de la Mythologie Grecque et Romaine – Joël Schmidt – Larousse

 

frise feuille d'acanthe

 

 

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DANS LA SYMBOLIQUE DES POISSONS… LA SIRENE

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME, 6.6.12 - LES MYTHES DES POISSONS ET DE NEPTUNE) par sylvietribut le 05-03-2013

laMonstres marins à tête et poitrine de femme, le reste du corps étant d’un oiseau, ou suivant des légendes plus tardives et d’origine nordique, d’un poisson. Elles séduisaient les navigateurs par la beauté de leur visage et par la mélodie de leurs chants, puis les entraînaient dans la mer pour s’en repaître. Ulysse dut se faire attacher au mât de son navire pour ne pas céder à la séduction de leur appel. Elles étaient aussi malfaisantes et redoutables que les Harpies et les Erinyes.

LA SIRENE - JOHN WILLIAM WATERHOUSE 

La Sirène – John William Waterhouse

On en a fait l’image des dangers de la navigation maritime, puis l’image même de la mort. Sous l’influence de l’Egypte, qui représentait l’âme des défunts, sous la forme d’un oiseau à tête humaine, la sirène a été considérée comme l’âme du mort, qui a manqué sa destinée et qui s’est transformée en vampire dévorant. Cependant, de génies pervers et divinités infernales, elles se sont transformées en divinités de l’au-delà, qui charmaient par l’harmonie de leur musique les Bienheureux parvenus aux Iles Fortunées ; c’est sous cet aspect que les représentent certains sarcophages. Cependant, dans l’imagination traditionnelle, ce qui a prévalu des sirènes c’est le symbolisme de la séduction mortelle.

Si l’on compare la vie à un voyage, les sirènes figurent les embûches, nées des désirs et des passions. Comme elles sortent des éléments indéterminés de l’air, les oiseaux, ou de la mer, les poissons, on en a fait des créations de l’inconscient, des rêves fascinants et terrifiants, en quoi se dessinent les pulsions obscures et primitives de l’homme. Elles symbolisent l’autodestruction du désir, auquel une imagination pervertie ne présente qu’un rêve insensé, au lieu d’un objet réel et d’une action réalisable.

ULYSSE ET LES SIRENES - DRAPPER HEBERT JAMESD

Ulysse attaché au mat de son navire pour goûter le chant des sirènes

Il faut comme Ulysse s’accrocher à la dure réalité du mât, qui est au centre du navire, qui est l’axe vital de l’esprit, pour fuir les illusions de la passion. Si Ulysse et ses compagnons parvinrent à résister à leur pouvoir de séduction, c’est qu’ils avaient été mis en garde par Circé. Rusé comme il était, Ulysse fit couler de la cire dans les oreilles de ses marins pour qu’ils ne puissent entendre les sirènes tandis que lui-même se faisait attacher au mât de son navire et, s’il demandait à ses marins de le détacher, ceux-ci devaient serrer plus fort encore les liens. Ulysse put ainsi écouter le chant des sirènes sans se précipiter vers elles malgré la tentation qu’il en avait. Un devin avait prédit qu’elles cesseraient de vivre si quelqu’un pouvait ouïr leur chant sans en devenir victime, les sirènes se seraient suicidées de dépit en se jetant dans la mer où elles furent changées en rocher.

Selon Homère, les sirènes, divinités de la mer, séjournaient à l’entrée du détroit de Messine en Sicile. Cependant, dès l’Antiquité, le début fut vif concernant la localisation des épisodes homériques. Selon les Grecs, les sirènes vivaient sur une ou plusieurs petites îles vertes situées à l’ouest de la Sicile : Anthémusa et les îles des Sirènes. Mais selon les Siciliens, elles étaient près du Cap Péloros, aujourd’hui Faros ; tandis que les Latins les situaient à Capri. Elles se montraient particulièrement redoutables à l’heure de la sieste, par temps calme. Strabon rapporte que le tombeau de la sirène Parthénope se trouvait à Néopolis. Quant à Leucosie, elle aurait donné son nom, toujours selon le même auteur, à l’île où elle s’était jetée dans la mer. Un rocher à triple pointe séparant le golfe de Cumes du golfe de Posidonie s’appelait alors « sirènes ».

Musiciennes dotées d’un talent exceptionnel, elles séduisaient les navigateurs qui, attirés par les accents magiques de leur voix, de leurs lyres et de leurs flûtes, perdaient le sens de l’orientation, fracassant leurs bateaux sur les récifs où ils étaient dévorés par ces enchanteresses. Elles sont décrites au chant XII de l’Odyssée comme couchées dans l’herbe au bord du rivage, entourées par un « amas d’ossements et de chairs desséchées des hommes qu’elles ont fait périr ». A noter que pour l’astrologue, l’eau, la mer, la sirène, la musique, le mirage aussi, se placent sous l’influence des Poissons.

Comme toujours avec les Poissons les choses ne sont pas vraiment claires et l’origine des sirènes ne l’est pas plus. Selon la mythologie grecque, elles étaient filles du fleuve Achéloos et de la Muse Calliope, ou alors de Tersichore, la Muse de la Danse. Quant aux Romains, ils racontaient d’ailleurs que les sirènes étaient à l’origine des femmes normales. Elles auraient été les compagnes de Coré/Perséphone et auraient laissé Hadès/Pluton l’emmener. Les sirènes auraient reçu leur forme comme punition pour ce crime et, par la suite, les sirènes, chantaient prophéties et chansons relatives au royaume d’Hadès/Pluton.

De son côté, Euripide évoque, dans « Hélène », le caractère funéraire des sirènes ce que confirment les représentations de sirènes sur les stèles funéraires.

FONTAINE DES SIRENES AILEES - PERPIGNAN 

La fontaine des sirènes ailées – Perpignan

Une autre explication de leur métamorphose en attribue la cause à la colère d’Aphrodite/Vénus. La déesse de l’Amour, les affubla de pattes et de plumes tout en conservant leur visage de jeunes filles parce qu’elles avaient refusé de donner leur virginité à un dieu ou à un mortel.

Par ailleurs, ces divinités d’origine fluviale étaient très fières de leurs voix et défièrent les Muses, les neuf filles de Zeus/Jupiter et de Mnémosyne. Les Muses remportèrent le défi et exigèrent une couronne faite des plumes de sirènes, ce qui les priva du don de voler. Vaincues, les sirènes se retirèrent sur les côtes de l’Italie méridionale.

On les voit également intervenir dans l’histoire de Jason et des Argonautes. Alors que l’Argo s’approchait de leurs rochers, Orphée triompha d’elles par la beauté de son chant. Seul l’un des marins, Boutès préféra la mélodie des sirènes à celle du fils de Calliope. Il se jeta dans la mer pour rejoindre les enchanteresses, mais il fut sauvé par Aphrodite/Vénus.

Les sources divergent au sujet de leur nombre et de leurs noms. Homère ne mentionne d’ailleurs rien à ce sujet. Cependant il utilise à plusieurs occasions un duel, ce qui sous-entend qu’il y aurait deux sirènes. Il y aurait eu quatre sirènes : Aglaophème ce qui signifie « qui a la réputation brillante », Thelxiépie « celle qui méduse par le chant épique », Pisinoé « celle qui persuade » et Ligie « celle au cri perçant ». Pour un autre poète, Apollodore, les sirènes sont trois : Pisinoé, Aglaopé et Thelxiépie. Pourtant, d’autres noms sont données, faisant toujours référence au pouvoir des sirènes : Aglaophonos « celle qui a une belle voix », Aglaopé « celle au beau visage », Telxinoé « celle qui enchante », Thelxiope « celle qui méduse par la parole », Molpé « la musicienne », Raidné « l’amie du progrès, et Télès « la parfaite ». Une autre tradition considère que les sirènes ne sont que trois : Leucosie « la blanche créature, Ligie et Parthénope « celle qui a un visage de jeune fille » et traditionnellement, l’une joue de la lyre, l’autre de la flûte et la troisième chante.

Par ailleurs, la nature hybride de la sirène, mi-femme, mi-oiseau, est expliquée par la mythologie comme une punition qui les relie au monde infernal. Sur les monuments funéraires, elles étaient des divinités létifères chantant au son de la lyre et laissant supposer des intentions érotiques à l’égard du héros décédé.

LA SIRENE DANS LE BESTIAIRE DU MOYEN AGE

La sirène dans le bestiaire du Moyen Age

Quant aux bestiaires médiévaux, ils les décrivent comme des femmes « de la tête aux cuisses » et poissons de « là jusqu’en bas avec des griffes et des ailes » dans un syncrétisme qui noue les traditions fabuleuses des mythologies grecque et germanique. Elles ont laissé à la postérité leur image gravée dans la pierre des stèles, tombeaux ou églises romanes où elles personnifiaient l’âme des morts comme dans l’Egypte ancienne. On les invoquait d’ailleurs au moment de la mort.

Pour les Scandinaves, la sirène est un monstre redoutable appelé Marghygre « la géante de mer ». Dans le Miroir royal, œuvre norvégienne, elle est décrit comme une avenante créature ressemblant à « une femme en haut de la ceinture ». Ce monstre paraissait grand, avec un visage terrible, un front pointu, des yeux larges, une grande bouche et des joues ridées.

Au VIIIe siècle, le moine anglais Aldhelm de Sherborne les décrit comme des vierges à queue de poisson couverte d’écailles. Ces deux représentations vont cohabiter jusqu’au XVe siècle où les sirènes volantes laissent définitivement la place à une jolie femme aux cheveux longs et à queue de poisson.

Certains navigateurs, comme Christophe Colomb, en 1493, ont dit avoir rencontré des sirènes. Il en aurait vu trois près des côtes de Saint-Domingue, affirmant           « qu’elles n’étaient pas aussi belles qu’on les décrit ».

PETITE SIRENE DE COPENHAGUE 

La Petite Sirène de Copenhague

En 1835, l’écrivain danois Hans Christian Andersen, crée la légende moderne de la sirène. Ce n’est plus une terrible tentatrice mais devient une héroïne romantique qui cherche l’amour, telle Ondine qui offre son âme à l’homme qui voudra bien l’épouser. Walt Disney reprendra les éléments issus de la culture populaire et du conte d’Andersen dans son dessin animé « La Petite Sirène ».

Comme dans de nombreux récits, les sirènes sont souvent représentées avec un miroir et un peigne, comme par exemple Mélusine, autre sirène des rivières celle-là, femme légendaire du Poitou, souvent vue comme une fée, est représentée elle aussi avec son miroir et son peigne. Elle est issue des contes populaires et chevaleresques du Moyen Age.

 MELUSINE - EGLISE DE CHAUVIGNY - VIENNE

Mélusine son miroir et son peigne – Eglise de Chauvigny

Selon Edouard Brasey, ces créatures océaniques symbolisent la planète Vénus dont on sait qu’elle est exaltée dans les Poissons. D’ailleurs, Aphrodite/Vénus, déesse de l’Amour née de l’écume marine, est souvent représentée avec un miroir d’or et même si elle n’a pas de queue de poisson, elle serait l’ancêtre des sirènes et la protectrice des marins. Plus surprenant, dans La Petite Sirène, Ariel utilise une fourchette en guise de peigne.

Enfin comment ne pas évoquer deux sirènes modernes, toutes deux natives des Poissons : Elisabeth Taylor et Ornella Muti.

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Elisabeth Taylor

ORNELLA MUTI 

Ornella Muti

Bibliographie

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

 

 

 

 

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