JASON… UN HEROS BELIER

(6.6.1 - LES MYTHES DU BELIER ET DE MARS) par sylvietribut le 15-04-2017

L’histoire de Jason est la plus représentative de la nature du Bélier. Elle met en scène le héros partant à la conquête de la Toison d’or, embarquant avec lui sur l’Argo, superbe navire brillant comme le soleil, une cinquantaine de valeureux compagnons qu’on appellera les Argonautes.

L’histoire des Argonautes conduit par Jason est une sorte de bande dessinée qui relate ce long voyage, plein de bruit et de fureur, de morts, de passions et de larmes, aboutissant à la fois au succès de l’entreprise et la conquête de la Toison d’or, mais aussi au drame personnel de Jason, pour crime de légèreté face à Médée la redoutable.

JASON ET LA TOISON D'OR - IL BARGELLO - FLORENCE

Jason et la Toison d’or – Il Bargello – Florence

                                                                           On reconnaît le Bélier dans le médaillon au-dessus de Jason

Pour les Grecs, le soleil était représenté par un bélier et c’est également le soleil que désigne l’étincelant vaisseau. Mais ne dit-on pas que le Bélier est le lieu d’exaltation du Soleil ? 

L’histoire se passe avant la guerre de Troie et précède le voyage d’Ulysse. Certains, d’ailleurs, prétendent que Jason avait Ulysse pour cousin. Assurément, Jason était un prince grec, fils d’Aéson, roi d’Iolcos en Thessalie, détrôné par Pélias son demi-frère. Comme bien des Béliers, Jason a le sens de la justice et décide de rendre son trône à son père. Jason a été éduqué par Chiron, le grand Centaure pédagogue et savant, instructeur de bien des héros.

Pélias avait appris par un oracle qu’il serait menacé par un homme n’ayant qu’une sandale au pied. Or, Jason, en aidant Héra déguisée en vieille femme à traverser une rivière, avait perdu une chaussure dans l’eau. Cependant, on dit aussi que les Eoliens combattaient toujours avec une seule sandale au pied, signalant ainsi leur nature de guerrier.

Averti du danger, Pélias prit peur et promit de restituer le trône mais à une condition : Jason devrait lui rapporter la Toison d’Or cachée en Colchide et gardée par un serpent toujours éveillé.

Mais qui est Jason ? Un jeune homme courageux, parfois irréfléchi et souvent impulsif, pur homme d’action qui fait face à la peur ou la nie, souvent de façon moins futée que ne le fera ultérieurement un héros tels qu’Ulysse le rusé, plus complexe, plus « saturnien-mercurien » à la fois que Jason. Mais Chiron l’a éduqué à devenir un héros, comme plus tard il éduquera Achille, pour devenir un homme conscient plutôt que soumis à ses pulsions. Mais dans l’histoire de Jason, l’inné l’emportera sur l’acquis. De plus, on vient de le voir Jason agit en bon Bélier, avec désintéressement, en aidant la déesse sans connaître son identité et sa position de déesse, mais en manifestant sa spontanéité généreuse, il a mis Héra dans son camp.

Bien à la manière d’un Bélier, Jason va droit au but, sans aucune diplomatie, sans aucune prudence, sans se demander s’il se met en quoi que ce soit en danger : « C’est moi l’héritier du trône, affirme-t-il fou de rage, et je viens reprendre mon bien ». Naïf, franc, direct, Jason va trouver son rival. Il préfère l’attirer dans un piège plutôt que d’assassiner un homme qui s’apprête à sacrifier aux dieux. Assurément, cela lui porterait malheur. De son côté, Pélias fait semblant d’être conciliant et de bonne volonté. Il lui promet le trône mais on sait à quelle exorbitante condition.

L'ARGO ET JASON

Départ de Jason sur l’Argo

Si valeureux qu’il soit, l’homme chargé de cette mission a toutes les chances de mourir cent fois avant de toucher le but. Avant de surmonter les obstacles innombrables semés sur sa route, Jason risquera en effet mille fois la mort pour lui et ses compagnons ; tous d’ailleurs ne reviendront pas.

Au XVIIIe siècle, Jason et les Argonautes, suscitaient aussi l’intérêt. Et en 1728, Isaac Newton défendait l’idée selon laquelle une bonne part des constellations dérivait de la geste des Argonautes. Ainsi :

  • Le Bélier est la Toison d’or ;
  • Le Taureau représente ceux que Jason soumet au joug en Colchide ;
  • Les Gémeaux sont les Dioscures qui viennent en aide à Jason, et le Cygne leur mère Léda ;
  • Le Dragon est celui de Cadmos et le Corbeau perche sur son cadavre ;
  • Le Navire Argo a droit à sa propre constellation, divisée en trois constellations plus petites : la Carène, la Poupe et les Voiles ;
  • La coupe est celle de Médée ;
  • Le Centaure est Chiron auquel est associé l’Autel ;
  • Hercule, l’un des Argonautes, est représenté avec ses victimes : l’Hydre de Lerne, le Cancer, ce crabe envoyé par Héra pour contrarier le héros pendant son combat avec l’Hydre, le Lion de Némée et le Vautour, aujourd’hui la Lyre, abattue par la Flèche.

LA TOISON D'OR

La toison d’or

Bibliographie

Dieux et Héros du Zodiaque – Joëlle de Gravelaine – Robert Laffont Editeur

 

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UN MYTHE BELIER… LA CONQUETE DE LA TOISON D’OR

(6.6.1 - LES MYTHES DU BELIER ET DE MARS) par sylvietribut le 17-04-2016

Ce mythe de la Toison d’or nous donne la clé du Bélier : cette toison d’or, c’est un paradis inaccessible. Et à sa place, Jason via le Bélier découvrira souvent l’enfer, Pluton n’a-t-il pas son exaltation dans ce signe du Bélier et l’on dit aussi que Pluton est l’octave supérieur de Mars.

Dans la mythologie grecque, le Bélier s’appelait Chryzomalone. C’était un animal fabuleux capable de parler. Le Bélier est d’ailleurs l’incarnation du Verbe, le prophète qui parle sans avoir appris, la connaissance avant le savoir.

JASON - MEDEE - LA TOISON D'OR - FRESQUE DE POMPEI

Jason – Médée et la Toison d’or – Fresque de Pompéi

Cette toison d’or c’est la reine Néphélé qui l’avait léguée en mourant à ses deux enfants, Phryxos et Hellé. La seconde épouse du roi n’aimait pas ces enfants et voulut les tuer. Ils s’enfuirent alors, montés sur un Bélier qui dégageait une telle chaleur, ce feu primordial, l’Agni, que la jeune Hellé ne put la supporter et tomba dans la mer en un lieu qui prit son nom, Hellespont, dans le détroit des Dardanelles. Ce bélier merveilleux était né d’une tornade provoquée par magie.

Phryxos réussit à s’en sortir et trouva asile en Colchide et, sur la demande du Bélier lui-même, il l’immola à Zeus/Jupiter. Il fit cadeau de la Toison d‘or au roi du pays qui la suspendit à un chêne consacré à Mars. Cette toison resta sous la garde d’un dragon. Par la suite, pour la conquérir, Jason monta une expédition avec ses compagnons les Argonautes.

La fille du roi, Médée, accueillit Jason et ses hommes et lui offrit un breuvage magique pour endormir le dragon et Jason put conquérir la Toison d’or sans difficulté. Malheureusement, Médée, elle, avait trahi son père.

Outre qu’il montre bien le caractère solaire du Bélier, ce mythe illustre surtout la vocation sacrificielle du signe : renoncement aux illusions, énergie incandescente, recherche d’une guerre juste. Le Bélier idéal est celui qui vend sa peau pour rien. Il est généreux par nature, non par calcul. Il donne parce qu’il est, non parce qu’il a.

LA TOISON D'OR

La toison d’or

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UN SYMBOLE BELIER… LE BLASON

(05 - PETIT COURS D'ASTROLOGIE, 6.6.1 - LES MYTHES DU BELIER ET DE MARS) par sylvietribut le 30-03-2016

Dans l’héraldique, le blason est une description identifiant son porteur, pouvant être représentée sur un écu, une armure ou une bannière, une cotte d’armes ou tabar,  vêtement issu de la panoplie du chevalier. Ces armoiries étaient particulièrement utilisées par les chevaliers du Moyen Age, le blason étant un signe de reconnaissance de l’individu ou de sa famille. Cependant, ce symbole ne leur était pas réservé. En France, il n’était pas besoin d’être issu de la noblesse pour créer son blason. C’est ainsi que, dès le début du XIIIe siècle, les roturiers créent des blasons, les bourgeois seront imités par les simples paysans dès le XIVe siècle. Les villes en créent également, ainsi que certaines administrations et corporations, la règle étant de ne pas usurper les armes d’autrui. Cette identification personnelle devint héréditaire dans les lignées mâles à partir de 1130 environ.

GODEFROT DE BOUILLON PORTANT LE TABAR

Godefroy de Bouillon portant le tabar

Ces armoiries seront théoriquement abolies à la Révolution française par l’Assemblée, le 19 juin 1790, en même temps que tous les symboles de noblesse, pourtant l’héraldique. Pourtant, l’art des blasons, est encore pratiqué de nos jours.

Le blasonnement est un langage technique, conventionnel et précis qui relève de la discipline héraldique. Initialement faite par les hérauts en langage courant de l’époque, la description héraldique s’est trouvée figée dans sa syntaxe et son vocabulaire. Le blason est la manière de décrire des armoiries, c’est-à-dire de formuler leur blasonnement.

Toutefois, le blason est également une forme de poème à la mode au XVIe siècle, généralement versifié et à rimes plates. Il renferme soit l’éloge, soit la satire d’une personne ou d’un objet. Le plus souvent, l’objet du poème est le corps féminin, ou une partie de celui-ci.

BLASON DE VERSAILLES ET DE L'ANCIENNE SEINE-ET-OISE

Blason de Versailles et de l’ancienne Seine-et-Oise

Quelle que soit la civilisation, l’homme a toujours eu besoin d’affirmer son identité et de se faire reconnaître par les autres. Cette identification personnelle, ou bien d’un clan, s’effectue à l’aide d’un système emblématique utilisant de nombreuses figures symboliques, comme pour apposer sa marque ou laisser une trace. Ce fut aussi la nécessité pour des unités combattantes de se reconnaître rapidement et efficacement sur les champs de bataille. Les hommes pouvaient ainsi se rassembler rapidement auprès des chefs de guerre et éviter e s’entre-tuer grâce aux moyens des étendards, des fanions aux « couleurs » ou aux « armes » de chacun.

Une des premières traces écrites en rapport à l’héraldique définie comme telle, remonterait au XIe siècle, suite à l’énumération des éléments composant les couleurs et détails vestimentaires de chacun des deux guerriers qui devaient s’affronter. Celui qui était en charge de cette description est le premier héraut d’armes connu de l’Histoire, « hérault » en vieux « françois ».

En fait l’usage des armoiries vient de l’évolution de l’équipement militaire, entre le XIe et le XIIe siècle, qui rend progressivement impossible de reconnaître le visage d’un chevalier. Le casque des chevaliers enveloppait progressivement la face : le nez était protégé par un nasal, la coiffe du haubert protégeait la tête et le cou, tendant à couvrir le bas du visage. Ensuite, le casque était fermé par une « vantaille » ou grille, puis définitivement clos par le mézail, la visière mobile.

Pour se faire reconnaître dans les mêlées des batailles et des tournois, les chevaliers prennent alors l’habitude de peindre des figures distinctives sur leurs boucliers et de porter une couronne et/ou un cimier sur leur heaume qui pouvait également être représentés dans les armoiries.

Que ce soit le monde des batailles ou celui des tournois, nous sommes bien dans le monde symbolique et astrologique de Mars, le dieu guerrier, et du Bélier dont Mars est le gouverneur. Le Bélier est très présent dans le monde de l’héraldique.

LA BANNIERE ARMORIEE DU FINISTERE

Le Bélier dans la bannière du Finistère

 

 

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DANS LA MYTHOLOGIE DU BELIER… LES FEMMES DE LEMNOS

(6.6.1 - LES MYTHES DU BELIER ET DE MARS) par sylvietribut le 29-03-2015

La première escale du Bélier Jason et de ses Argonautes se fit à Lemnos, île qui, à l’époque, était affectée par une terrible calamité. Les femmes de Lemnos, ayant négligé leurs devoirs envers Aphrodite/Vénus et cessé d’entretenir le culte qui lui était dû, avaient été châtiées d’une cruelle façon : l’ombrageuse déesse de l’amour les affligea toutes d’une odeur pestilentielle, si abominable que pas un seul de leurs époux ne s’approcha plus d’elles. Ils prirent même la poudre d’escampette.

Inc B-720

Les femmes de Lemnos assassinant leurs maris

Cette odeur repoussante atterrait les femmes de l’île, mais elles ne pardonnaient pas à leurs maris d’avoir déserté et elles les massacrèrent tous dès qu’ils tentèrent de débarquer à nouveau. Pas un n’en réchappa. Leur reine, Ipsépilé, accueillit donc Jason et ses marins avec enthousiasme. La période d’abstinence avait été longue et pour les femmes et pour les navigateurs, prêts à tout pour culbuter quelques habitantes consentantes. Par ailleurs, à la demande d’Hépaïstos/Vulcain, l’époux mal aimé d’Aphrodite/Vénus, celle-ci accepta de lever sa malédiction.

Les femmes de Lemnos en seront d’autant plus reconnaissantes aux Argonautes que, grâce à eux, elles redevenaient des femmes désirables, et aptes à repeupler leur île que la disparition des mâles avait mise en danger. Cinquante-cinq hommes vaillants et impatients débarquant dans un lieu où les femmes étaient sexuellement affamées, voilà de quoi réjouir le cœur des marins, chacun y trouvant son compte.

On dit même que les Argonautes séjournèrent un an sur cette île, leur plus longue escale, leur laissant ainsi tout le temps d’œuvrer, mais sans qu’on nous dise s’ils furent retenus par les femmes de Lemnos ou s’ils trouvèrent leur accueil particulièrement délicieux. Après cet épisode, ils repartirent pour une brève halte, cette fois, dans la fameuse île de Samothrace. Mais là, il ne se passa pas grand-chose.

Ipsépilé qui apparaît furtivement dans les évocations du crime des femmes de Lemnos fut la seule à ne pas y avoir pris part. Le premier récit complet de ce crime nous est rapporté par Apollonios de Rhodes dans ses Argonautiques. Il nous précise qu’Ipsépilé, fille du roi de l’île, Thoas, épargna son père en le cachant dans un coffre qu’elle lança à la mer. Thoas est donc le seul homme de Lemnos à ne pas avoir été tué et Ipsépilé, la seule femme à ne pas être criminelle.

ADIEU DE JASON A EPSIPILE

L’adieu de Jason à Ipsépilé

Quoi qu’il en soit, Ipsépilé s’unit à Jason. Cette union est évoquée dès les sources les plus anciennes puisque l’Iliade la mentionne brièvement pour indiquer qu’elle donna naissance à un fils, Eunéos. Mais Ovide et Stace indiquent qu’Ipsépilé donna naissance à des jumeaux. Ils s’appelaient Eunéus et Deipylus.

Plusieurs auteurs, dont Euripide dans sa tragédie Ipsépilé et Stace, dans la Thébaïde, relatent d’autres événements survenus après la venue des Argonautes à Lemnos. Ils indiquent que les Lemniennes finirent par découvrir qu’Ipsépilé n’avait pas tué son père et, pour la punir de ne pas avoir pris part à leur crime, elles l’exilèrent hors de Lemnos.

La tragédie d’Euripide, Ipsépilé, est arrivée jusqu’à nous juste par un fragment sur papyrus. C’est la plus ancienne source à évoquer une autre intrigue où Ipsépilé apparaît dans un récit lié à l’expédition des Sept contre Thèbes. On y apprend qu’Ipsépilé avait été exilée loin de Lemnos et capturée par des pirates. Elle devint alors la nourrice d’un enfant nommé Opheltès, plus tard renommé Archémoros, qui était le fils d’une dénommée Eurydikè.

Le devin Amphiaraos et l’expédition dont il fait partie rencontre Ipsépilé alors qu’ils cherchent de l’eau pour faire un sacrifice. Ipsépilé leur indique une source gardée par un serpent qui tue le petit Opheltès. Amphiaraos persuade Erydikè de renoncer à se venger et institue un culte en l’honneur d’Opheltès, renommé Archémoros : « début du désastre », nom prophétisant le destin tragique de l’expédition des Sept. Par la suite Ipsépilé fut retrouvée et reconnue par ses fils qui étaient partis à sa recherche.

EPSIPILE - ENLUMINURE - MANUSCRIT DES HEROIDES D'OVIDE

Epsipilé – Enluminure manuscrit des Héroïdes d’Ovide

Stace, au livre V de la Thébaïde, évoque également cet épisode : l’armée d’Argos rencontre Ipsépilé devenue prisonnière de Lycurgue, roi de Némée, et la nourrice de son fils Archémore. Ipsépilé indique une source à l’armée assoiffée, puis fait le récit de ses origines, raconte le crime des femmes de Lemnos et la venue des Argonautes, puis son exil et sa capture par des pirates. Pendant qu’elle est occupée à raconter son histoire, elle néglige de surveiller Archémore qui est mortellement piqué par un serpent. Ipsépilé manque alors d’être tuée, mais est défendue par les Argiens.

Ipsépilé appartient bien au monde du Bélier, elle ne vit que tribulations sur tribulations, dans un monde guerrier, fait de haine, de vengeance, de crimes, désastres et de mort. Heureusement, il existe quand même des Béliers heureux et tranquilles, tranquillité sans doute acquise après autant de péripéties.

OPHELTES PIQUE PAR UN SERPENT

Archémore mortellement piqué par un serpent

Bibliographie

Dieux et Héros du Zodiaque – Joëlle de Gravelaine – Robert Laffont

 

 

 

 

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DANS L’AXE BELIER-BALANCE… ERIS ET EROS… LA HAINE ET L’AMOUR

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME, 6.6.1 - LES MYTHES DU BELIER ET DE MARS) par sylvietribut le 07-04-2014

Dans la mythologie grecque, Eris est la déesse de la Discorde, son pendant Eros est le dieu de l’Amour, de la puissance créatrice. Son nom a donné le mot « érotisme ». Sur le zodiaque, Eros s’apparente à la Balance, alors qu’en face, en Bélier, on trouve Eris. La Balance est gouvernée par Vénus, l’Amour, alors que le Bélier est sous la maîtrise de Mars, la Guerre.

Selon Hésiode, Eris est la fille de Nyx, la Nuit. Comme sa mère, elle donne naissance, seule, à de nombreux enfants, tous méchants et malfaisants :

–       Ponos, la Peine

–       Léthé est l’Oubli

–       Limos, la Faim

–        Phonoi et Makhai sont les Meurtres et les Combats

–       Dysnomie et Até, l’Anarchie et le Désastre

–       Algea, les Douleurs

–       Hysminai, les Mêlées

–       Androktasiai, les Tueries

–       Neikea, les Querelles

–       Amphilogiai, les Disputes

–       Pseudoi Logoi, les Mots Menteurs

–       Horkos, le Serment qui veille sans cesse sur les serments qu’il sanctionne, comme il punit sans pitié le parjure volontaire.

Eris - Antikensammlung - Berlin

Eris, la discorde

Dans l’Iliade, Eris est la sœur d’Arès/Mars, le dieu de la Guerre. Elle l’accompagne dans ses combats et tient en main l’emblème de la guerre. Cependant, Eris représente aussi l’aspect positif de l’émulation : au chant XI de l’Iliade, Zeus/Jupiter l’envoie réveiller l’ardeur au combat des chefs grecs. C’est elle également qu’Héraclès/Hercule choisit lorsqu’il rencontre deux femmes au début de ses exploits, selon Hésiode.

Eris et Arès/Mars seront à la tête des Lapithes lors de leur guerre contre les Centaures.

Le nom d’Eris a donné naissance au terme « éristique » ou l’art de la controverse.

C’Eris qui va jouer un rôle dans la légende des noces de Pélée et de Thétis. Elle était venue à la cérémonie sans avoir été invitée et avait lancé une pomme d’or au milieu de la foule, pomme qui portait l’inscription « à la plus belle ». Sur la suggestion de Zeus/Jupiter, les trois déesses qui briguaient le titre s’en remirent au jugement de Pâris. Aphrodite/Vénus avait soudoyé ce dernier en lui offrant la plus belle des mortelles, Hélène, et fut choisie ; ce fut l’origine de la guerre de Troie.

Homère décrit les agissements d’Eris sur le champ de bataille, aux côtés d’Arès/Mars, et précise qu’elle ne pouvait arrêter ce qu’elle avait mis en marche ; seuls, les gémissements des agonisants la distrayaient.

Une version différente et plus moralisatrice de la légende d’Héraclès/Hercule raconte comment le héros, au début de ses exploits, peut-être après avoir tué le lion du Cithéron, rencontre deux belles femmes à un carrefour. L’une d’elles, la Paresse, lui offrit une vie de loisirs et de luxe. Mais l’autre, à qui Héraclès/ Hercule accorda sa préférence, était la discorde ; elle lui avait offert une vie de bataille et de labeurs incessants couronnés par la gloire.

Le personnage d’Eris a été repris comme thème central du discordianisme, religion moderne humoristique apparue dans les années 1950 aux Etats-Unis. Eris est également l’antagoniste du film « Sinbad : la Légende des sept mers, sorti en 2003. Elle est tout à fait fidèle à son rôle de déesse du Chaos. En 2006, le nom « Eris » fut donnée à une planète naine, à cause de la controverse que sa découverte avait déclenchée au sujet de la définition du terme « planète ».

ANTEROS - PICCADILLY CIRCUS

Eros, l’Amour

Eros qui signifie en grec « amour charnel », était le dieu de l’Amour. Les Romains d’ailleurs le nommaient Amour ou Cupidon, le désir. Il existe plusieurs versions concernant l’origine de ce dieu dans la tradition grecque. Dans la Théogonie d’Hésiode, VIIIe siècle avant Jésus-Christ, Eros serait né au commencement des temps, de Chaos (le vide), en même temps que Tartare et Gaïa, mais aussi Nyx (la nuit) et Erèbe, l’une des cinq divinités primordiales. Eros aurait assuré l’union des éléments primordiaux, Ouranos/Uranus (le Ciel) et Gaïa (la Terre), il présidait aux mariages entre leurs descendants, les dieux, et enfin entre les hommes. Cependant, Eros est le seul qui n’engendre pas mais qui permet à Chaos et Gaïa de le faire. Il est beau et immortel. Eros, l’Amour, et Himéros, le Désir, accompagnent Aphrodite/Vénus depuis sa naissance. Dans cette tradition, Eros est simplement la personnification de la puissance génératrice qui envahit les êtres vivants et les pousse à se reproduire. Sa naissance a précédé celle d’Aphrodite/Vénus.

BOTTICELLI - LA NAISSANCE DE VENUS

La Naissance de Vénus – Botticelli

Selon certains il existerait deux Eros : le premier, est présent depuis la nuit des temps et représente l’union non sexuée. Le second, l’Eros sexué serait né de la castration d’Ouranos/Uranus par Cronos/Saturne. En effet, Cronos/Saturne a lancé le sexe de son père à la mer et de la rencontre du sperme et de l’écume de mer est née Aphrodite/Vénus. Himéros est l’Eros sexué, à l’origine de l’union entre mâles et femelles.

D’autres mythes suggèrent qu’Eros était un dieu beaucoup plus jeune, fils d’Aphrodite et de son amant, Arès/Mars. En accord avec cette tradition, l’art et la littérature classique le dépeignent comme un beau jeune homme, fort et musclé. Pendant la période classique, il était souvent considéré comme le protecteur des amours homosexuelles entre hommes et jeunes hommes, et sa statue possédait un culte à Thespies, en Béotie, et à Parion, en Mysie. Les métèques, ou résidents étrangers à Athènes, érigèrent une statue et un sanctuaire sur l’Acropole à Antéros, avatar d’Eros, signifiant « l’amour partagé », à la mémoire de deux jeunes hommes, Mélès, un Athénien, et Timagoras, un métèque. Timagoras aimait Mélès qui méprisait son amour et lui demanda, pour l’éprouver, de se jeter du haut de l’Acropole et Timagoras s’exécuta. Mélès en fut à tel point accablé de remords qu’il se tua de la même façon.

A l’époque hellénistique, l’amour prit dans l’art et la littérature un tour de plus en plus romantique et une autre conception d’Eros fit son apparition ; on le représentait comme un enfant ailé portant un carquois plein de flèches ; l’on distinguait même plusieurs Amours, les Erotes, en latin : Cupidines, car les passions qu’il personnifiait paraissaient infinies. De là vint le mythe qu’il donnait à ses flèches une pointe d’or pour inspirer un désir passionné chez ses victimes, ou une pointe de plomb pour détourner les personnes de ceux qui tombaient amoureux d’elles ; ainsi Eros pouvait inspirer l’amour aussi bien que le décevoir. On rencontre souvent cet Eros enfant chez les poètes romains. Virgile nous rapporte comment Vénus se servit d’Eros pour provoquer l’amour de Didon pour Enée. Pour le plus célèbre des mythes concernant Eros/Cupidon, il faut se souvenir de la légende de Cupidon et de Psychée que nous raconte Apulée dans les Métamorphoses, une histoire d’amour contenant de nombreux éléments populaires et féériques, que je vous raconterai une autre fois. 

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Eros et Psyché

Bibliographie

Dictionnaire de la Mythologie – Michel Grant et John Hazel – Marabout

 

 

 

 

 

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JUDITH… UNE HEROÏNE BIBLIQUE ET BELIER

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME, 6.6.1 - LES MYTHES DU BELIER ET DE MARS) par sylvietribut le 28-03-2014

C’est pour sauver sa patrie que Judith trancha la tête d’Holopherne. Paradoxalement, l’idéalisme du Bélier, signe de Feu, lui confère la pureté et parfois la dureté du diamant.

Holopherne était un général envoyé en campagne par Nabuchodonosor pour châtier les peuples de l’Ouest qui avait refusé de le soutenir dans la guerre qu’il menait contre le roi perse Arphaxad. Dans le livre deutérocanonique de Judith que les Protestants considèrent apocryphe, il est présenté comme roi d’Assyrie, alors que vraisemblablement il s’agirait du roi des Chaldéens qui régna sur Babylone de 605 à 562 avant Jésus-Christ.

LE TINTORET Judith et sa servante

Judith et sa servante – Le Tintoret

Après avoir pillé, tué et ravagé dans tout le Proche-Orient, Holopherne assiège Béthulie, une ville juive, probablement Massalah, qui barre un passage dans les montagnes de Judée. L’eau venant à manquer, les habitants sont sur le point de se rendre. C’est alors qu’une jeune veuve, Judith, d’une extraordinaire beauté et d’une richesse considérable, prend la décision de sauver la ville. Avec sa servante et des cruches de vin, elle pénètre dans le camp d’Holopherne. Celui-ci est tout de suite ensorcelé par la beauté et l’intelligence de la jeune femme. En son honneur, il organise un grand banquet à la fin duquel ses domestiques se retirèrent discrètement pour ne pas troubler la nuit d’amour qui, pensent-ils, attend leur maître. Cependant, Judith continue à l’enivrer et, quand il est hors d’état de se défendre, elle le décapite avec l’aide de sa servante. Ensemble, elles reviennent à Béthulie avec la tête. Au matin, quand les soldats découvrent leur chef assassiné, ils sont pris de panique. Certains vont s’enfuir et les habitants de Béthulie vont vaincre facilement ceux qui sont restés.

Certains considèrent cette histoire comme purement imaginaire et voient dans Holopherne un personnage fictif. Le récit oppose la force et l’agressivité d’un côté, la faiblesse et l’incapacité de se défendre de l’autre : l’agressivité du mâle détruite par son propre désir. Judith, elle, utilise avec habileté son charme féminin pour atteindre son but : sauver son peuple du péril où il se trouve.

JUDITH - JACQUES LEMATTE - 1886 

Judith s’apprêtant à décapiter Holopherne – Jacques Lematte (1886)

Dans bien des représentations artistiques, c’est la dangerosité du charme sensuel de la femme qui est mise en lumière et tel Holopherne les hommes y succombent trop facilement.

Le prénom « Judith » vient de l’hébreu « Yehoudit », féminin de « Yehoudi » qui signifie « juif ». Judith veut donc dire « juive » ou « judéenne ».

Dans le Genèse, une épouse d’Esaü, frère jumeau de Jacob, se prénomme « Judith ». Mais le nom qui est généralement donné en référence à la femme évoquée dans le Livre de Judith est celle qui a vaincu Holopherne.

Cette héroïne biblique a donné son nom à la « Dame de cœur » des jeux de cartes français.

JUDITH - LA DAME DE COEUR

Judith la Dame de Coeur

 

 

 

 

 

 

 

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