UN MYTHE CANCER… L’HYDRE AUX MILLE TETES

(6.6.4 - LES MYTHES DU CANCER ET DE LA LUNE) par sylvietribut le 29-06-2017

L’hydre est un serpent monstrueux à sept ou neuf têtes qui repoussent à mesure qu’on les coupe. Souvent comparé aux deltas des grands fleuves, avec leurs multiples bras, leurs crues et leurs décrues. Elle figure les vices multiples, tant sous forme d’aspiration imaginativement exaltée que l’ambition banalement active. Vivant dans le marais, l’hydre se caractérise comme symboles de vices banals. Tant que le monstre vit, tant que la vanité n’est pas dominée, les têtes, symboles des vices, repoussent, même si par une victoire passagère, on parvenait à couper l’une ou l’autre.

Le sang de l’Hydre est un poison : Héraclès y trempait ses flèches ; s’il se mêlait à l’eau des fleuves, les poissons devenaient impropres à la consommation. Ce qui confirme l’interprétation symbolique : tout ce qui touche aux vices ou en procède se corrompt ou corrompt.

L'HYDRE AUX MILLE TETES

L’hydre aux mille têtes

De tous les travaux d’Hercule/Héraclès, celui qu’on peut lier au signe du Cancer et qui sera son plus grand échec, sa mission manquée, concerne l’Hydre de Lerne. Il échoue parce qu’il ne parvient pas à la mener à lui seul. S’il se fait aider, ce « travail » ne lui sera pas compté.

Lerne était une terre fertile en légendes et en autels dédiés aux dieux et aux déesses. L’Hydre serait née de Typhon, et d’Echidna de sinistre mémoire, couple particulièrement effrayant. L’Hydre est protégée, peut-être élevée, par Héra/Junon toujours bien intentionnée à l’endroit d’Hercule/Héraclès qu’elle ne cesse de mettre en péril.

Des rites secrets et nocturnes se tenaient à Lerne en l’honneur de Dionysos. Le dieu aurait choisi de ce lieu pour aller chercher aux Enfers sa mère, Sémélé, trouvant là sans doute une « porte d’entrée » sur le monde infernal, particulièrement adaptée, l’Hydre y vivait au fond d’un marécage et bien des voyageurs imprudents s’ étaient laissé prendre au piège de ses sables mouvants et de ses marais empestés. L’Hydre tenait, logiquement, de son père et de sa mère : un corps de chien, plusieurs têtes de serpents, huit ou neuf ou davantage. Peut-être cinquante, cent, voire Mille. Mais une seule était immortelle. Son haleine pouvait tuer à distance et nul ne pouvait survivre s’il était effleuré par le poison émanant de son corps repoussant.

LES DOUZE TRAVAUX D'HERCULE

Les douze travaux d’Hercule

Si Héra ne voulait aucun bien à Hercule, Athéna lui était plus clémente. Elle indiqua à Hercule comment il devait faire sortir l’Hydre de son antre et la cribler de flèches enflammées. Il suivit les conseils de la déesse et frappa de toutes ses forces, à grands coups de massue, après l’avoir atteinte de ses flèches. Mais, dès qu’il écrasait ou transperçait une tête, d’autres repoussaient. L’Hydre tenta même de l’attraper par une jambe, comme une pieuvre, pour l’entraîner au fond du marais. Un crabe géant, allié à l’Hydre, vint piquer le héros au pied. Mal lui en prit car Hercule brisa sa carapace. Mais il dut appeler à l’aide Iolaos, qui conduisait son char et dont on dit qu’il défit Eurysthée, l’amena devant Alcmène, la mère d’Hercule, qui décida de son exécution. Pour d’autres, Iolaos aurait coupé lui-même la tête d’Eurysthée près de la source de Macaria. On voit qu’Iolaos n’était pas un allié négligeable. Celui-ci accourut à l’appel d’Héraclès, mit le feu au bois, cicatrisa les têtes arrachées à l’Hydre pour l’empêcher d’un fabriquer de nouvelles.

Grâce à son ami, Hercule put enfin trancher la seule tête immortelle et l’enterra sous un rocher après avoir trempé ses flèches dans le sang de l’énorme dépouille. Après quoi, toutes les flèches tirées contre ses ennemis provoqueraient leur mort à coup sûr. Hélas ! Car c’est ainsi qu’il tua par inadvertance plusieurs de ses amis, à commencer par Chiron. On dit qu’Héra pour remercier le crabe d’avoir secouru d’Hydre, le plaça au ciel et en fit la constellation du Cancer.

On peut s’interroger sur la véritable nature de l’Hydre. Enorme serpent aquatique ou tout simplement la source de multiples rivières souterraines faisant irruption à la surface et inondant le pays ; si l’une des issues est obstruée, les eaux se forçaient un passage ailleurs. C’est pourquoi, Hercule eu d’abord recours au feu pour assécher le terrain, puis obstrua les canaux.

Cette hypothèse a le mérite, en rapport avec le signe du Cancer, de nous parler de sources et d’eaux vives. Comment ne pas évoquer également les prêtresses de l’eau, les Danaïdes, qui auraient officié à Lerne. On peut y voir plus d’une coïncidence.

HERACLES COMBATTANT L'HYDRE DE LERNE

Bibliographie

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins.

Dieux et héros du zodiaque – Joëlle de Gravelaine – Robert Laffont

 

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AVOIR… ETRE… OU PARAITRE SUR LE MODE CANCER

(05 - PETIT COURS D'ASTROLOGIE, 6.6.4 - LES MYTHES DU CANCER ET DE LA LUNE) par sylvietribut le 17-07-2016

Si on appliquait les deux modes d’existence proposés par Erich Fromm : Avoir ou Etre (Editions Robert Laffont) aux douze signes du zodiaque, on découvrirait que quatre signes seulement peuvent entrer dans le mode du pur « être » : le Bélier, par action ; le Cancer, par intériorisation ; le Verseau par projection et les Poissons par oblation.

Les huit autres signes participent soit au mode de « l’avoir » : le Taureau, la Vierge, le Scorpion, le Capricorne, et d’un dérivé de « l’être », le « paraître » : Gémeaux, Balance, Lion et Sagittaire, mais pour « paraître », il faut quand même « avoir ».

Le Cancer, après le Bélier, cherche à exister. Il ne possède rien et posséder ne l’intéresse pas vraiment. Un vrai Cancer ne gagne pas beaucoup d’argent et n’en dépense pas plus. Ses rapports avec ce qu’il est convenu d’appeler les biens matériels sont à base d’indifférence notoire. Dans l’environnement du Cancer que des objets utiles ou affectifs, s’il arrive que certains aient de la valeur, c’est un hasard, souvent d’ailleurs il ne le sait pas.

BRIC-A-BRAC ET COLLECTIONS CANCER

Bric-à-braque et collections Cancer

Le vrai Cancer vit souvent dans le désordre puisque pour lui paraître n’existe pas, ou bien l’univers dans lequel il vit est aménagé pour les autres, sa famille, ses amis, mais pas pour lui. Le pur Cancer n’investit jamais vraiment un lieu, ni un pays, ni une maison, ni des choses. Son territoire intérieur est trop immense pour lui permettre de voir l’accessoire, c’est-à-dire l’extérieur. Il vit une maison et il n’y vit pas. En effet, la maison ne lui apparaît que comme réceptacle de ses pensées, de ses impressions, de son affectivité. S’il n’a pas la sensation psychique d’être reçu, enveloppé, conforté, inconditionnellement accepté par le lieu qu’il occupe, il ne s’y trouve déjà plus.

Il est impossible d’entamer l’être profond du Cancer. Il est le plus fort puisqu’il ne cherche pas à l’être. C’est lui qui a le plus du fait qu’il ne cherche pas à avoir. Le pur sujet Cancer s’adapte à toutes les transformations, adversités de l’existence sans dommage réel du moment tant que son univers affectif n’est pas menacé. Comme une tortue ou un escargot, la personne Cancer transporte avec lui l’essentiel de son monde.

Les hommes du Cancer sont souvent mal habillés, c’est leur refus du paraître. Ils ont les poches bourrées de tas de choses indispensables à leur autonomie morale : stylos, petits carnets, pinceaux, épingles de nourrice, lettres d’amour… Ce bric-à-braque correspond à la création artistique qu’ils peuvent s’autoriser. Il faut bien avouer que celui qui est Cancer n’aime pas jeter les choses, même usées ou d’un autre âge parce que, lui, voit comment il va transformer la chose la plus ordinaire en quelque chose de beau ou d’utile. Pour lui les objets peuvent acquérir une petite valeur. On trouve d’ailleurs nombre de natifs du Cancer dans les métiers de brocante et d’antiquités, de réparateurs et de restaurateurs.

LE CANCER TIMBRE

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LA LUNE ET LA BIBLE

(6.6.4 - LES MYTHES DU CANCER ET DE LA LUNE) par sylvietribut le 02-07-2016

La Lune apparaît dès les premières pages de la Genèse comme l’un des deux luminaires qui « servent de signes pour compter tant les fêtes que les jours et les années ». L’éclipse de Lune est interprétée comme une manifestation de la colère divine et sera l’un des signes du Jugement dernier. Plusieurs passages des Ecritures parlent de la Lune qui perdra « le tiers » de sa clarté, et se transformera en sang. La Lune est donc associée ici aussi, comme dans le signe du Cancer, « à la fin des choses ».

LA CREATION DE LA LUNE ET DU SOLEIL - LA GENESE

La Genèse… La création de la Lune et du Soleil

Toujours selon la Genèse, Dieu créa le Soleil et la Lune le quatrième jour du monde afin qu’ils président au jour et à la nuit et qu’ils servent à faire distinguer les temps et les saisons. Le Soleil préside au jour et la Lune à la nuit. Le Soleil règle le cours de l’année et la Lune celui du mois. Le Soleil est comme le roi de l’armée du ciel et la Lune est comme la reine. Moïse parle de la Lune comme d’un corps lumineux à peu près égal à celui du Soleil.

Selon Isaïe, lorsque Jérusalem sera rétablie, la Lune sera aussi brillante que le Soleil, mais aucun des deux luminaires ne sera vraiment nécessaire pour éclairer la Jérusalem éternelle, puisque la lumière de l’Agneau divin y suffira.

L’Ancien Testament interdit les cultes lunaires (Deutéronome) considérés comme une épouvantable idolâtrie.

Encore actuellement, la date de Pâques dépend de la première Lune de printemps, et l’on pense que cette fête chrétienne majeure a pris le relais d’une fête lunaire bien plus ancienne.

LA LUNE ET L'APOCALYPSE

La Vierge, la Lune et l’Apocalypse – Duccio di Buoninsegna – Museo dell’Opera del Duomo – Sienne – 1308

Pour les Catholiques et les Orthodoxes d’aujourd’hui, la Vierge Marie, Mère de Dieu, résume en elle tous les symboles antiques ayant trait à la Grande Mère et à la Déesse-Lune. Dans les litanies, elle est appelée « Etoile du matin » et « Porte du Ciel ». Et comme nous le savons déjà, c’était également l’une des significations du signe du Cancer. Un très grand nombre de sanctuaires mariaux actuels, tel celui de Chartres, ont pris le relais d’anciens sanctuaires consacrés à la Déesse-Mère lunaire, ainsi que l’attestent d’innombrables fouilles.

La Vierge-Mère, comme l’ont souligné les exégètes, réunit en elle les trois visages de la Lune : la brillance de Séléné, la virginité d’Artémis, les pouvoirs mystérieux d’Hécate sur le monde invisible. La prière des Chrétiens « Ave Maria » se réfère explicitement à ce pouvoir de Marie sur l’Hadès : « Priez pour nous maintenant et à l’heure de notre mort… ».

Cependant, les textes les plus frappants à cet égard sont certainement ceux de l’Apocalypse de Jean. Au chapitre XII : « Un signe grandiose apparut au ciel : c’est une femme ! » Le Soleil l’enveloppe, la Lune est sous ses pieds, douze étoiles couronnent sa tête ».

Devant la Femme apparaît un énorme Dragon rouge feu, à dix cornes, symbole lunaire très classique, attribut de toutes les divinités lunaires anciennes, attribut également du Taureau, lieu d’exaltation de la Lune… Cette mention des cornes revient plusieurs fois dans l’Apocalypse. La Queue du Dragon « balaie le tiers des étoiles ». A noter la référence au chiffre Trois. Suit un duel fantastique entre la Femme et le Dragon, la Femme symbole de vie, qui enfante, et le Dragon, symbole de mort, qui cherche à dévorer l’enfant nouveau-né.

LES TROIS PHASES DE LA LUNE - HECATE EN PREMIER PLAN - 1795

Les trois phases de la Lune : Hécate en premier plan – 1795

Le Dragon transmet ensuite son pouvoir à la Bête, qui a deux cornes. Dragon et Bête ont visiblement repris l’héritage de la terrible Hécate. D’après Jean, la Bête et le Dragon sévissent au bord de la mer, et le récit est rempli de références à l’eau, tant mer que rivières et fleuves, élément lunaire et Cancer. On peut le voir aussi comme un gigantesque combat entre les éléments, entre le Feu et l’Eau. Les deux monstres fabuleux sont porteurs d’un feu maléfique, qui détruit l’ordonnance de la Création en perturbant dramatiquement l’équilibre des eaux, en brûlant tout sur leur passage, car leur domaine d’origine est « l’abîme », « l’étang de soufre et de feu ».

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Les Parques

De la gueule du Dragon et de celle de la Bête surgissent trois esprits démoniaques : on pense alors aux Parques. Dans la mythologie romaine, les Parques sont les divinités maîtresses de la destinée humaine, de la naissance à la mort. Elles sont généralement représentées comme des fileuses mesurant la vie des hommes et tranchant le destin. Elles sont le symbole de l’évolution de l’univers, du changement nécessaire qui commande aux rythmes de la vie et qui impose l’existence et la fatalité de la mort.

Vient ensuite la frappante description de la ruine de Babylone : «  Babylone la Grande, la Mère des prostituées, portée par la Bête à cornes… ».

LA VIERGE MARIE SUR UN CROISSANT DE LUNE

Marie sur un rayon de Lune couronnée par douze étoiles

En résumé : il semble que la Femme, image de Marie, Mère de Dieu, concentre en elle toutes les puissances bénéfiques de la Déesse-Mère lunaire et du signe du Cancer : gestation, naissance, vie éternelle ; tandis que la Bête et le Dragon héritent de toutes les puissances maléfiques d’Hécate, de Lilith et des Parques.

Dans la théologie chrétienne, très optimiste, la Vierge-Marie abattra définitivement le Dragon : « La Mort et l’Hadès seront jetés dans l’étang de Feu pour les siècles des siècles ». Tandis que « la mer rendra les morts qu’elle gardait, ainsi que l’Hadès ». (XX, 13).

les trois phases de la lune 2

Les trois phases de la Lune

Bibliographie 

« Sous le signe du Cancer » – Sara Sand

 

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DANS LA MYTHOLOGIE DU CANCER… LA DEESSE AURORE

(6.6.4 - LES MYTHES DU CANCER ET DE LA LUNE) par sylvietribut le 25-06-2016

Dans la mythologie romaine, Aurore ou Aurora, est la déesse de l’Aurore. Elle est l’équivalente de la grecque Eos. Elle était fille des Titans Hypérion et Théia, et la sœur de Sol ou Hélios, le Soleil, et de Luna ou Séléné, la Lune.

Selon Homère qui la surnommait la « déesse matinale », la « déesse aux doigts de rose » ou encore la « déesse à la robe safranée ». Toutefois, Ovide dans les Métamorphoses lui donne pour mère Pallas/Athéna. Tout d’abord, elle épousa le Titan Astréos, l’Etoilé, dont elle eut de nombreux enfants : les Vents comme Zéphyr, Borée, Notos et les Etoiles, comme Eosphoros ou Phosphoros, l’étoile du matin, ou Lucifer chez les Romains.

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Aurore et Apollon, le Soleil – Lairesse – 1671

Elle conduisait un char, tiré par deux chevaux, à travers le ciel, en compagnie de son frère Hélios ; les chevaux étaient Phaethon, le Brillant, et Lampos, l’Eclatant.

Un jour, Aurore eut une aventure avec Arès/Mars ce qui rendit folle de jalousie la belle Aphrodite/Vénus, ce qui déchaîna son courroux. Elle condamna Aurore à aimer perpétuellement les mortels et à avoir de multiples enfants de ces fugitives liaisons. Aurore fut amoureuse de nombreux jeunes et beaux mortels, mais ses amours furent malheureuses car la rancune d’Aphrodite/Vénus a toujours été tenace et pas seulement à l’encontre d’Aurore. Pourtant, la déesse Aurore épousa l’un de ses mortels amants, Tithonos. Elle supplia alors Zeus/Jupiter d’accorder à son mari l’immortalité. Cependant, elle négligea de demander pour lui la jeunesse éternelle, don que sa sœur Séléné avait demandé pour Endymion, de sorte que Tithonos resta auprès d’elle, vieillissant sans fin, jusqu’à ce qu’il devint aussi desséché qu’une cigale et il stridulait comme cet insecte. Finalement, Aurore l’enferma dans sa chambre, le confinant là, et elle se levait chaque jour plus tôt pour se sauver de son lit. Leurs enfants furent Memnon et Emathion qui furent respectivement rois d’Ethiopie et d’Arabie. La mort d’Emathion lui fut si difficile à supporter que ses larmes abondantes produisirent la rosée du matin. 

FRESQUE DE L'AURORE - CASINO LUDOVISI - ROME

Fresque de l’Aurore – Casino Ludovisi – Rome

Un jour, Aurore aperçut Céphale à la chasse, en Attique. C’était le petit jour. Elle l’enleva, ce qui causa à ce dernier une grande douleur car il aimait sa femme Procris. Aurore donna pourtant un fils à Céphale, Phaethon, puis elle inspira aux deux époux les tourments d’une jalousie mutuelle, ce qui sema entre eux une telle dissension qui aboutit plus tard à la mort de Procris de la main de son mari.

Aurore eut aussi pour amant le chasseur géant Orion. Elle l’emmena à Délos dont le temple était consacré à la déesse-vierge et lunaire aussi, Artémis. Cette dernière, offensée, provoqua la mort d’Orion.

Chaque matin la déesse Aurore ouvrait les portes du jour. Après avoir attelé les chevaux au char du Soleil, Hélios, elle montait sur son char tiré par des chevaux ailés et accompagnait le soleil sous le nom d’Héméra jusqu’au soir pour ensuite prendre le nom d’Hespéra.  Elle terminait sa course dans l’Océan occidental. En effet, le soir elle descendait de l’Olympe pour rejoindre sa demeure, accompagnée par les Heures.

Sur les vases grecs, Aurore est représentée avec une paire d’ailes. Dans l’iconographie classique, elle est souvent couverte d’un voile et est assise sur un char tiré par quatre chevaux.

LA DEESSE AURORE

La déesse Aurore

Bibliographie

Dictionnaire de la Mythologie – Michael Grant et John Hazel – Marabout

 

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DANS LE MONDE MYTHOLOGIQUE ET LUNAIRE DU CANCER… LES TROIS PARQUES

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME, 6.6.4 - LES MYTHES DU CANCER ET DE LA LUNE) par sylvietribut le 12-07-2014

Ces trois femmes en robe blanche, chantées par Orphée, étaient également appelées les Destinées, mais les Grecs les nommaient les Moires  et les Romains les Parques ou Fata. Elles étaient les filles de Nyx, la nuit, et devant elles, tous les vivants étaient saisis d’une terreur sacrée. Elles représentaient les puissantes forces naturelles devant lesquelles l’homme est complètement désarmé, cette fatalité du destin. Il faut préciser qu’elles étaient chargées de surveiller le destin des hommes plus encore que de le déterminer.

LES MOIRES 2

Les Moires

Dans l’épisode de la naissance de Méléagre, cependant, les Parques ou Moires joueront un rôle décisif. Cette légende suggère qu’à l’origine leur fonction aurait été de présider à la naissance des êtres humains et d’assigner à ce moment-là son lot à chacun. En effet, « Parcae » signifie « celles qui font naître l’enfant » et « Moirai », « celles qui coupent » ou « celles qui désignent ». Et c’est ainsi que sept jours après la naissance de Méléagre, les Moires apparurent à sa mère et lui prédirent que son fils mourrait à l’instant où le tison qui brûlait dans la cheminée serait consumé. Celle-ci retira le tison, l’éteignit et le cacha. Cependant, devenu adulte, Méléagre tua ses oncles. Sa mère, alors, replaça le tison dans l’âtre et Méléagre mourut.

Les Parques, ou Moires, sont des symboles lunaires. En effet, « moïra » signifie aussi « quartier » ou « phase ». Elles correspondent donc aux trois phases de la Lune. Ce mythe est, semble-t-il, très ancien, datant de l’époque préhellénique.

CLOTHO LA FILEUSE

Clotho la fileuse – Château de Chantilly

La première Parque était Clotho, la Fileuse. Elle représente la Lune croissante, la jeune parque qui tisse les événements de la vie. C’est d’ailleurs la moins terrible des trois sœurs.

LACHESIS - Puteal_de_la_Moncloa - MADRID

Lachésis – Musée National d’archéologie de Madrid

La seconde s’appelait Lachésis, la dispensatrice ou le sort. C’est elle qui mesurait le fil de la vie. Elle est l’image de la Pleine Lune. C’est elle qui, en détournant la tête, tire au sort le lot de hasard et de chance qui reviendra à tout humain, cette « Part de Fortune » est inaliénable, il peut en jouir en toute sécurité. Mais malheur au mortel qui essaie d’obtenir plus qu’il ne lui a été dévolu par le sort, car il empiète sur les prérogatives des dieux. Il se désigne ainsi la vindicte des Parques. Ce thème sera l’un des ressorts-clés de la tragédie grecque antique. Nous avons été programmés pour un destin, nous ne devons pas chercher à lui échapper, telle est la morale qui se dégage du mythe des Parques. Le nom « Lachésis » a été donné à un serpent sud-américain très venimeux dont la morsure donne la mort. Cependant, « Lachesis mutus », c’est-à-dire la dilution de ce venin, est un remède très utilisé en homéopathie.

ATROPOS

Atropos l’inévitable

Quant à la troisième, elle se nommait Atropos, l’inévitable, celle qu’on en peut contourner ; c’est la plus puissante et la plus redoutée des trois sœurs. C’est la plus petite et la plus méchante. Elle correspond à la phase descendante de la Lune, qui s’obscurcit peu à peu jusqu’à la néoménie, et que nous avons déjà vu personnifiée par la terrible Hécate. A l’heure de la naissance, Atropos grave sur une pierre l’heure de la mort. L’échéance arrivée, elle tranche inexorablement le fil de la vie et nul ne peut la faire fléchir. Cependant, il y eut des exceptions.

Le passage de la société matriarcale, préhellénique et adoratrice de la Lune, à une société grecque patriarcale, se marque dans les relations entre Zeus et les Parques. Hésiode considérait les Parques comme les filles de Zeus et de Thémis, dont le nom signifie « la Loi ». Il illustre ainsi l’ambiguïté de leur rôle : obéissaient-elles à Zeus, ou bien Zeus leur obéissait-il ? Les dieux pouvaient-ils transgresser la loi des Moires ? Nombre d’auteurs classiques les considéraient comme plus puissantes que les dieux eux-mêmes. Homère et Virgile représentent en effet, tous les deux, Zeus tenant une balance parfaitement équilibrée pour connaître les ordres du destin, plaçant sur chaque plateau les sorts respectifs des héros et voyant ainsi de quel côté la balance penchait. Sous ce jour, Zeus apparaît comme exécuteur du destin plus que comme principe déterminant. Ainsi, Zeus sait que son fils Sarpédon est destiné à mourir de la main de Patrocle, mais il ne peut pas, ou ne veut pas, transgresser les lois du destin, même pour sauver celui qu’il aime si tendrement. Tout ce qu’il est en mesure de faire est d’assurer à Sarpédon des funérailles grandioses dans son pays natal, la Lycie. Eschyle dans son « Prométhée enchaîné », nous dit que même Zeus est soumis aux lois du destin.

Cependant, dans les versions plus anciennes, les Parques avaient un pouvoir absolu sur la vie des hommes. Dans les versions plus récentes, coïncidant avec la conquête hellène et l’effacement du culte lunaire, Zeus domine les Parques. Il les informe de ses décisions, certes, mais il a aussi le pouvoir de les obliger à changer d’avis. Il intervient pour leur imposer ses décisions. Pourtant, certains disent que Zeus lui-même tremble devant les Parques. Cependant, il est dit aussi que les Parques s’inclinent devant lui. Zeus s’appelle parfois « le Maître des Parques » puisqu’il prétend au pouvoir suprême sur les destinées humaines.

HERACLES ET ALCESTE

Alceste et Héraclès combattant Hadès la Mort

Une autre légende concernant les Parques est très significative. Il s’agit de l’épisode d’Apollon venu rendre visite aux trois sœurs dans leur caverne. Il veut obtenir la grâce de son bienfaiteur et ami, le roi Admète, qui a eu la révélation de sa fin prochaine. On sent qu’il s’agit là d’un duel Soleil/Apollon et Lune/Les Parques que la mythologie règle au profit du premier. Ce qui rappelle l’effacement des cultes lunaires de la Grande-Mère au profit d’un culte solaire.

Face aux intraitables sœurs, Apollon a recours à la ruse : il leur fait boire du vin. L’ivresse aidant, elles acceptent de retarder un peu le coup de ciseau fatal qui doit trancher le fil de la vie d’Admète. Elles y mettent toutefois une condition : que l’un des proches du roi accepte de se substituer à lui, car la mort réclame son tribut. Bien sûr, personne ne veut se sacrifier. Seule Alceste, l’épouse d’Admète, s’offre par amour, à le remplacer. Après avoir fait des adieux touchants à sa famille, à son mari, à la lumière du jour, Alceste avale un poison et s’abandonne à la mort. Mais aussitôt qu’elle a rendu son dernier souffle, Admète regrette d’avoir accepté son sacrifice car, sans une telle épouse, la vie a perdu tout son sens, toute couleur, et ne vaut plus la peine d’être vécue.

Perséphone, l’épouse de Pluton et donc régnant avec lui sur le royaume des Morts, très choquée qu’une femme se sacrifie à la place de son mari, renvoie Alceste vers la lumière du jour.

Dans d’autres versions de mythe, Admète fait appel à un ami, Héraclès/Hercule. Toujours prêt à en découdre pour la bonne cause, bon prince puisque c’est un jupitérien, le héros se fait le champion d’Admète, le jour où Hadès/Pluton vient chercher Admète le jour de ses funérailles. C’est alors que survient Héraclès avec sa célèbre massue, en bois d’olivier sauvage, détail important puisque l’olivier est un bois sacré. Il s’attaque à Hadès en combat singulier et finit par en triompher, arrachant Alceste à la mort, et du même coup, Admète. Héraclès est un personnage très cancérien. Or, les cycles lunaires et cancériens sont si étroitement imbriqués les uns dans les autres qu’ils ne sont pas facilement dissociables.

Les versions successives du mythe trahissent, ici encore, l’évolution de la société : dans la version ancienne, Perséphone refuse le courageux sacrifice d’Alceste. Nous sommes encore dans une société matriarcale où Perséphone, comme la Grande Prêtresse, a tous les pouvoirs. Dans une version plus tardive, intervient Héraclès, qui incarne la volonté de Zeus ; Héraclès est un symbole jupitérien, et nous sommes cette fois dans une société patriarcale où règne Jupiter/Zeus/le Soleil, tandis que la Grande Mère lunaire est tombée dans l’oubli.

Quoi qu’il en soit, les Moires ne jouèrent pas un rôle important dans la mythologie. Elles aidèrent Zeus dans son combat contre les Géants car elles tuèrent Agrios et Thoas à l’aide d’un bâton, et contre Thyphon qu’elles persuadèrent, alors qu’il était déjà poursuivi par Zeus, de manger de la nourriture des mortels, lui assurant à tort que cela lui donnerait des forces nouvelles.

HECATE AUX TROIS TETES

 

Hécate aux trois têtes

Tout ce qui est triple, ou multiple de trois, dans les mythologies, se rattache à cette période des cultes lunaires. Triple Hécate, trois Parques, neuf têtes de l’Hydre de Lerne… en référence aux trois phases de la Lune.

Le culte lunaire de la Déesse-Mère, symbole de fertilité et de vie végétative, correspond à un stade culturel primitif de l’humanité. Si les peuples évoluent ensuite, les uns après les autres, vers un culte solaire et une société patriarcale, c’est tout à fait dans la logique de l’astrologie : le mois du Cancer, signe de la Lune et de la gestation, précède le mois du Lion, signe du Soleil et de la maturité ». Tout se passe comme s’il existait un ordre naturel et astrologique des choses, auquel les individus, tout comme les sociétés, ne peuvent échapper. On ne peut s’attarder éternellement au stade du Cancer : il est fait pour être dépassé, et chacun doit parvenir à la pleine lumière solaire, à l’autonomie, à l’affirmation de soi.

LES TROIS PHASES DE LA LUNE

Bibliographie

Dictionnaire de la Mythologie – Michael Grant et John Hazel – Marabout

Le Grand Livre du Cancer – Sara Sand – Tchou

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LA LUNE DANS LA BIBLE

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME, 6.6.4 - LES MYTHES DU CANCER ET DE LA LUNE) par sylvietribut le 13-07-2013

La Lune apparaît dès les premières pages de la Genèse, comme l’un des deux luminaires qui « servent de signes pour compter tant les fêtes que les jours et les années. Toujours selon la Genèse, « Dieu créa le Soleil et la Lune le quatrième jour du monde, afin qu’ils président au jour et à la nuit, qu’ils servent à distinguer les temps et les saisons ». Le Soleil préside au jour et la Lune à la nuit. Le soleil règle le cours de l’année et la Lune celui du mois. Le soleil est comme le roi de l’armée du ciel et la Lune en est comme la reine. Quant à Moïse,  il parle de la Lune comme d’un corps lumineux, à peu près égal à celui du Soleil.

ECLIPSE DE LUNE A NAPLES LE 15 JUIN 2011

Eclipse de Lune dans le ciel de Naples

Dans la Bible, l’éclipse de Lune est interprétée comme une manifestation de la colère divine et sera l’un des signes du Jugement dernier. Plusieurs passages des Ecritures parlent de la Lune qui perdra « le tiers » de sa clarté et se transformera en sang. La Lune est donc associée dans la Bible comme pour l’astrologue et le signe du Cancer « à la fin des choses ».

Selon Isaïe, lorsque Jérusalem sera rétablie, la Lune sera aussi brillante que le Soleil, mais aucun des deux luminaires ne sera vraiment nécessaire pour éclairer la Jérusalem éternelle, puisque la lumière de l’Agneau divin y suffira.

Cependant, l’Ancien Testament (Deutéronome) interdit les cultes lunaires, considérés comme une épouvantable idolâtrie. Cependant, encore actuellement, la date de Pâques dépend de la première pleine Lune de printemps, et l’on pense que cette fête chrétienne majeure a pris le relais d’une fête lunaire bien plus ancienne.

NOTRE DAME DE CHARTRES 

Notre-Dame de Chartres

Pour les Catholiques et les Orthodoxes d’aujourd’hui, la Vierge marie, Mère de Dieu, résume en elle tous les symboles antiques ayant trait à la Grande Mère et à la Déesse-Lune. Dans les litanies, elle est appelée « Etoile du matin » et « Porte du Ciel ». C’était également l’une des significations du signe du Cancer. Et un très grand nombre de sanctuaires mariaux actuels, tel celui de Chartres, ont pris le relais d’anciens sanctuaires consacrés à la Déesse-Mère lunaire, ainsi que l’attestent d’innombrables fouilles.

La Vierge-Mère, comme l’ont souligné les exégètes, réunit en elle les trois visages de la Lune : la brillance de Séléné, la virginité d’Artémis, les pouvoirs mystérieux d’Hécate sur le monde invisible. La prière des Chrétiens « Ave Maria » se réfère explicitement à ce pouvoir de Marie sur l’Hadès : « Priez pour nous maintenant et à l’heure de notre mort… ».

VIERGE MARIE SUR UN RAYON DE LUNE ET COURONNEE DE DOUZE ETOILES 

Marie sur un Croissant de Lune

Cependant, les textes les plus frappants sont certainement ceux de l’Apocalypse de Jean. Ainsi, au chapitre XII : «  Un signe grandiose apparut au ciel : c’est une femme ! Le Soleil l’enveloppe, la Lune est sous ses pieds, et douze étoiles couronnes sa tête ».

CANCER - CATHEDRALE D'AMIENS

Cancer – Cathédrale d’Amiens

 

Bibliographie 

Le Grand Livre du Cancer – Sara Sand – Tchou

 

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ASTARTEE : UNE DEESSE LUNAIRE

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME, 6.6.4 - LES MYTHES DU CANCER ET DE LA LUNE) par sylvietribut le 06-07-2009

La mythologie évoque une déesse lunaire d’origine phénicienne, la déesse Astarté. Des œuvres de poètes grecs et romains nous parlent d’elle et le Nouveau Testament la cite sous des noms différents. Astarté présentait un caractère belliqueux, implantée dans la mythologie égyptienne sous les Ramessides. A califourchon sur son cheval, elle accompagnait et protégeait le souverain. Elle devint la fille de Rê ou de Ptah, et était une des compagnes de Seth.

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Athtart à Ougarit, Shaushka ou Shaushga chez les Hourrites, Ashtart en langue punicophénicienne, elle est l’équivalent de la déesse mésopotamienne Ishtar (pour les Babyloniens) ou Inanna (pour les Sumériens).

venere-ericina3Elle semble avoir comme descendance Aprodithe en Grèce, Turan en Etrurie et Vénus à Rome, sous le nom officiel de Venere Ericina. Elle était Tanit chez les Carthaginois. Tanit était une déesse d’origine phénicienne de la fertilité, présidant aux naissances et à la croissance. Elle était la déesse tutélaire de la ville de Sarepta et son culte prit de l’ampleur à Carthage où elle était nommée Oum.  

Il semble que dans ses temples phéniciens, la déesse Astarté était une espèce de bonne à tout faire pour les problèmes féminins et maternels. Astarté, nous dit-on, fut la reine des cieux, déesse de la Lune, mère de toute la vie sur la Terre, déesse des mers et des poissons. Les Grecs disaient que le temple d’Astarté constituait une grande attraction touristique, qui attirait des visiteurs de tous les pays d’Asie, offrant toutes sortes de divertissements et d’orgies. Mais au sujet d’Astarté, on raconte bien d’autres histoires, plus édifiantes. 

Après la période phénicienne, cette déesse fut vénérée en Egypte en tant que divinité de la Lune miséricordieuse. Dans son temple, comme nous le rapportent des manuscrits de la XXe dynastie, on guérissait les malades. Les légendes sur l’activité de la tribu Mage, à laquelle appartenait le prophète Homanes et les récits sur Ptah pourraient donc être considérés comme les marches conduisant au temple de la guérisseuse Astarté, la déesse de la Lune qui connaissait les secrets capables de provoquer les maladies et aussi de les guérir.  L’historien anglais John A. Wilson estime que l’art de guérir les malades en Egypte est né pendant la Ve dynastie, entre 2468 et 2328 avant Jésus-Christ. Il n’existe pas de documents originaux qui décrivent les méthodes des médecins de l’époque, mais l’on a retrouvé des copies sur papyrus écrites vers le XVIIe siècle avant Jésus-Christ. Ces documents extraordinaires sont le « papyrus Ebers » et le « papyrus Edwin Smith ». Le premier décrit les fonctions du cœur. Il s’agit d’un texte écrit il y a environ quatre mille ans qui explique comment cet organe « s’exprime » dans les différentes parties du corps humains. Le texte traite également des différentes relations organiques entre le cœur et le corps. Le papyrus Edwin Smith s’intéresse aux fractures des membres et donne une liste de méthodes de soins et de médicaments qu’on appellerait aujourd’hui des médicaments phytothérapeutiques. Il traite également des rapports entre les astres les organes du corps humain. John A. Wilson remarque que l’on y trouve des recettes d’herbes médicinales mêlées de notions de magie. 

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La déesse Astarté était représentée de deux façons. Au début, elle était vue comme une femme commune, probablement avec l’image qu’avaient d’elle les tribus qui passèrent de Phénicie en Egypte à la recherche de moyens de subsistances. Elle était vénérée dans le temple du dieu Baal ou Moloch. Astarté, déesse de la Lune, de la fécondité et de la maternité, ainsi que des plaisirs de la chair, était associée au dieu du ciel, au maître du Soleil, Baal, cruel et sans merci, comme les rayons de cet astre brûlaient la Terre et la vie à sa surface. Pour apaiser Baal, on sacrifiait la vie que la déesse de la Lune avait créée. Astarté, déesse mère de toute la vie sur la Terre, ne pouvait pas défendre les enfants nés de sa fécondité.

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Dans la déesse de la Lune Astarté, nous pouvons reconnaître les origines historiques de la position sociale de la femme et les changements que le statut de la femme a subis dans la culture des différentes époques.

La statue du dieu Baal se trouvait dans le temple d’Astarté, mais aussi en plein air, de préférence sur une hauteur. La représentation du dieu, à l’extérieur du temple, était un four métallique surmonté d’une tête de taureau et muni de deux bras à la hauteur d’une grande ouverture. Le sacrifice se faisait de manière à ce que l’enfant, placé par les prêtes dans les bras du monstre brûlant, tombe en se tordant de douleur dans l’ouverture.

le-dieu-baalLe dieu Baal

Un autre type de déesse Astarté a été adoré, toujours en compagnie du dieu Baal, à Carthage, ville née en 814-813 avant Jésus-Christ, près de l’actuelle Carthage en Tunisie. La déesse Astarté de Carthage, comme l’appelaient les Romains, était splendide et portait un casque et un sceptre. Astarté était la divinité principale de la ville. Là encore, dans son temple, on sacrifiait à Baal des enfants vivants.

Cela voudrait-il démontrer qu’Astarté, éblouissante et majestueuse, approuvait le sacrifice des enfants ? Toutes les femmes en tout cas n’étaient pas prêtes à applaudir cette cruauté. L’historien allemand Peter Michkwitz a affirmé en 1875 que certains soldats romains qui assistèrent à des sacrifices d’enfants vivants à Carthage racontèrent, de retour à leurs camps en Sicile, qu’autour du temple de la déesse Astarté, on obligeait les mères désespérées à assister en souriant au sacrifice de leurs enfants. D’où, toujours selon l’historien allemand, découla la mode de s’exercer à sourire méchamment, rictus que les Romains de l’époque baptisèrent « sourire sardonique ».

Au-delà du caractère anecdotique de ces récits, nous pouvons constater que dans l’ancienne Egypte, sous la protection de la déesse de la Lune Astarté, la femme réussit à évoluer et à devenir savante libre, prêtresse en possession de secrets capables de guérir les malades et de vaincre la mort. Au contraire, dans le monde gréco-romain, la femme fut soumise à l’homme, même dans son rôle de mère, bien après le christianisme : ainsi Astarté consentait au sacrifice de ses propres enfants en honneur de Baal.

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Bibliographie : Les pouvoirs de la Lune – E. LUKAS – Editions DE VECCHI POCHE

  

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