APOLLON… LE DIEU SOLAIRE… UN DIEU TRES SUSCEPTIBLE

(6.6.5 - LES MYTHES DU LION ET DU SOLEIL) par sylvietribut le 25-07-2016

Comment ne pas aborder le noble signe du Lion sans saluer Hélios, le dieu soleil lui-même ? Hélios était le fils d’Hypérion et le frère de Séléné, la Lune, comme Apollon, dieu tout d’abord lunaire, est le frère d’Artémis, déesse solaire. Ils échangeront plus tard leurs sexes, car Artémis c’est une autre image de la Lune.

Dans la relation symbolique entre le Lion et le Soleil, Maître du signe, ces ambiguïtés où se rencontrent violence, domination et sens du sacré, nécessité de s’imposer, autorité naturelle et aptitude au sacrifice extrême.

LE SOLEIL 2

Hélios, le Soleil

Apollon usurpera peu à peu la place et le rôle d’Hélios. Les deux dieux ou demi-dieux qui semblent véritablement se partager le signe du Lion étant à l’évidence Apollon et Héraklès, héros parmi les héros. C’est André Barbault qui a d’ailleurs décrit les deux types physiques léonins qui correspondent à Apollon et à Héraklès.

Le premier fait les hommes, l’œil en amande, le nez fin et long dans le prolongement d’un front légèrement fuyant, bien bâtis mais minces et de silhouette élégante : tel est le Lion apollinien, qui tient sa place aux côtés des esthètes et des artistes. Le second fait les hommes forts, puissants, musclés, le visage plus carré, le nez épaté comme celui des chats ou des félins. Et un estomac « en creux », côtes très dessinées en avant. Avec une crinière abondante, une stature athlétique. Alexandre Dumas, qui était natif du Lion, s’est projeté dans le personnage de Porthos et on dit qu’il était capable de porter un âne sur son dos.

APOLLON ET LES DAUPHINS

Apollon et le Dauphin

Qu’il s’agisse d’Héraklès ou d’Apollon, ils ne cessent de se faire purifier çà et là, pour les meurtres qu’ils commettent en série. Apollon sera envoyé quelques temps en exil, dans la vallée du Tempée où il devra servir les mortels. Delphes était bien sûr un site convoité er Apollon ne pouvait mieux choisir. Delphes est l’Omphalos, le nombril de la terre, l’utérus maternel, l’une des traduction des « delphis », « dauphin » ou utérus ». On dit que les prêtres de Delphes auraient fait naufrage à cause de dauphins qui les auraient fait chavirer sous l’impulsion d’Apollon entendant ainsi recruter un peu vigoureusement ses servants. D’autres prétendent que ces prêtres descendaient de Crétois. Apollon aurait simplement détourné leur navire en prenant l’apparence d’un dauphin, toujours pour les contraindre à demeurer dans son sanctuaire… Mais Neptune n’est-il pas dit « en exaltation » dans le Lion et Maître de tous les sanctuaires et lieux de culte.

Artemis_et_Apollon

Artémis et Apollon bébés

Apollon et Artémis, jumeaux complices, ont fait ensemble un certain nombre de frasques et de mauvais coups. Apollon tuera Pithios qui avait voulu abuser de leur mère et ils la vengeront de Niobé qui avait eu l’imprudence de se vanter d’être plus féconde que Léto. Ni Artémis, ni Apollon ne pouvaient pardonner pareille offense.

A cause de diverses sottises, Apollon sera par deux fois exilé : une fois il devra servir Admète, roi de Thessalie, pour avoir tué un des Cyclopes, artisans de la foudre de Zeus/Jupiter. Ce dernier ne plaisante pas lorsqu’on s’en prend à ses plus zélés serviteurs. Une autre fois, Apollon aura le tort d’envoyer la peste à Troie parce que Léomédon n’a pas payé une somme qu’il lui devait. Par ailleurs, l’attitude du dieu, pendant la guerre de Troie, fut vivement critiquée.

Apollon, comme le Lion, est un dieu susceptible. On se souvient qu’il se vengera de façon très cruelle de Marcyas qui suivait la grande déesse Cybèle. En effet, il avait eu la faiblesse de le convier à une compétition musicale, sorte de tournoi au cours duquel il entend prouver au dieu qu’il a plus de talent que lui. Très dangereux quand on a affaire à un dieu susceptible et irascible et qui décide de la victoire. Apollon désignant le vainqueur s’attribue la palme car il sait jouer de la cithare à l’envers comme à l’endroit, en virtuose, alors qu’évidemment Marcyas ne peut jouer de sa flûte à l’envers. Cependant, certains auteurs assurent que les Muses furent chargées du verdict et qu’elles furent séduites par la musique du dieu. Notez au passage que parmi les arts, la musique appartient au monde de Neptune.

Marcyas sera terriblement puni de son arrogance : Apollon l’écorchera vif dans un grand accès, sans doute de « retour du refoulé », d’une remontée de son passé barbare. Après avoir tué ce malheureux et avoir cloué sa peau sur un pin, il interdira à quiconque de jouer de la flûte, jusqu’au jour où cet instrument lui sera consacré. A Delphes, on pouvait jouer de la flûte… peut-être pour charmer les serpents…

Apollon, on vient de le voir, ne se conduit pas vraiment d’une façon élégante. Il accorde à Cassandre et à son frère le don de prophétiser… Mais, comme il la courtise et qu’elle le rejette, il fait en sorte que nul ne puisse jamais croire ses prédictions. Pour lui jeter ce mauvais sort, il lui crache dans la bouche. Plus jamais, elle ne pourra crier autrement que dans le désert.

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Apollon poursuivant Daphné qui se change en laurier – Bernini

Apollon, ce beau jeune homme, n’a d’ailleurs pas tellement de succès auprès des femmes. Et pas tellement plus auprès des hommes. Il ne remporte pas les succès qu’on pourrait s’attendre à le voir cumuler. Cassandre le rejette… Il poursuit en vain Daphné qui s’enfuit devant lui et qu’il transformera en laurier, dont il couronnera champions et lauréats. La sibylle de Cumes à laquelle il fait une cour empressée n’acceptera jamais ses hommages : il la condamnera à vivre mille ans mais sans qu’elle cesse de vieillir. Marpessa lui préfère un mortel, Idas, par peur, nous dit Homère, de l’éternelle jeunesse du dieu. Il est d’ailleurs curieux de noter que bien des natifs ou natives du Lion, et surtout Ascendant Lion, car l’Ascendant est l’image qu’on projette dans le monde, conserve un visage jeune, sans ride, jusqu’à un âge avancé, comme si ces personnes ne vieillissaient pas. Il faut bien reconnaître que le Soleil ne prend jamais aucune ride, alors que la Lune se fait et se défait en permanence. Cancer et surtout Ascendant Cancer, les lunaires, vieillissent nettement plus vite que les léonins.

La nymphe Sinopé qu’il courtise aussi le supplie de lui accorder ce qu’elle demande. Après qu’il ait accepté, elle fait le vœu de rester éternellement « intacta », ce qui lui permettra plus tard de servir Artémis qui aime à s’entourer de vierges.

CYPRES

Cyprès d’Apollon

Comme la plupart des dieux grecs, il a bien quelques aventures masculines mais elles ne lui réussissent guère mieux que ses tentatives auprès des femmes et la triste affaire d’Hyacinthos qu’il tue accidentellement en est la preuve. Il aimera Staristos qui ne se consolera pas d’avoir tué un cerf apprivoisé. Il ne restera plus à Apollon qu’à le transformer en cyprès.

On sait qu’Apollon provoquera la mort d’Achille, qu’il lancera lui-même la flèche qui le tuera, qu’il ordonnera aussi à Oreste de tuer sa mère et l’amant de celle-ci, puis, pas toujours très cohérent, il se fera le défenseur d’Oreste accusé par Clytemnestre.

Tout cela ne l’empêchera pas, néanmoins, d’engendrer quelques fils et filles. Certains prétendent même qu’il serait le père Orphée. Il aura Aristée, Linnos et tant d’autres… qui n’ont pas tellement bien tourné puisque Aristée causera la mort d’Eurydice en la serrant de trop près et en la faisant fuir.

LA COURONNE DU DIPLOME

La couronne de laurier d’Apollon et des vainqueurs

Bibliographie

Dieux et Héros du zodiaque – Joëlle de Gravelaine – Editions Robert Laffont

 

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LES QUATRE FORMES DE L’AMOUR (suite)

(6.6.5 - LES MYTHES DU LION ET DU SOLEIL) par sylvietribut le 19-08-2015

La Philia du Lion

La Philia est un concept à associer avant tout au signe du Lion. Le Lion est le premier des signes sociaux et il représente l’excitation que l’on ressent en prenant conscience de l’existence d’autres personnes dans le monde. Le Bélier nous éveille à notre Moi personnel, le Lion à notre Moi social, le Sagittaire au Moi universel.

Le Bélier est le feu de l’enthousiasme que nous éprouvons en réalisant que nous existons et, chez le Lion, il est provoqué par la découverte de l’existence d’autrui. Or, cette prise de conscience ne peut intervenir en Lion que si nous avons accompli en Cancer le processus de rupture du cordon ombilical. Sinon, nous ne pouvons accéder à la Philia.

LA PHILIA DU LION

La Philia du Lion ou la prise en compte de l’autre

Sur le plan archétypique, le Lion est la joie et l’exaltation ressenties à l’idée que l’autre existe. Alors que l’Epithumia est associée au Taureau et à Vénus-Aphrodite, la Philia est une forme d’amour liée à Apollon, un amour solaire fondé sur la conscience. Ce n’est pas par hasard que nous associons le Lion au Soleil et le Soleil à la conscience de l’ego. Il est fort intéressant que le signe précédant le Lion soit le Cancer, régi par la Lune, qui représente la mère et le cordon ombilical que nous devons trancher pour accéder au Lion.

Il faut associer l’éveil de la conscience au Lion et au Soleil. Le Soleil nous donne la faculté de voir que nous sommes un individu séparé. Le symbole du Soleil, un point entouré d’un cercle, est celui de l’individualité : « Je suis une entité distincte ayant sa propre volonté et son propre avenir ». C’est le processus de rupture du cordon ombilical qui fait de chacun de nous une personne séparée, tout en nous faisant prendre conscience de la mort. Certains d’entre nous doivent attendre pour cela la mort de leurs propres parents qui survient souvent assez tard dans leur vie. Il est triste qu’il nous faille attendre si longtemps cette coupure qui ouvre la voie aux relations fondées sur la Philia.

LE ROI ARTHUR - CHARLES ERNEST BUTLER

Un héros de légende : le Roi Arthur – Charles Ernest Butler

Un des archétypes du Lion est le héros, celui qui cherche la vérité et vit des aventures l’amenant à se découvrir lui-même. Le voyage du héros mène à la connaissance de soi, mais on ne peut l’entreprendre, puisque le Lion suit le Cancer, tant qu’on n’a pas rompu le cordon ombilical qui nous empêche d’être une personne à part entière. C’est un thème que l’on retrouve dans de nombreuses légendes, comme celle de Perceval. Celui-ci a une mère possessive qui veut l’empêcher de suivre la voie du héros, de partir dans le monde affronter sa destinée. Elle ne veut pas qu’il coupe le cordon ombilical car il devra ensuite faire face au caractère inéluctable de la mort. Dans un certain sens sa mère lui dit : « Ne prends pas de risques, reste avec moi et tu seras immortel ».

Sur un autre plan, le Lion représente l’éveil du chakra du coeur. Le besoin de créer surgit du coeur et cet éveil est nécessaire pour inspirer notre créativité. La quête du bien, du vrai, du beau, est, elle aussi, reliée à l’instinct apollinien du Lion qui nous habite.

La Philia n’est pas un amour d’égal à égal, car il implique une différence entre celui qui aime et celui qui est aimé. Prenons l’exemple de la culture grecque où l’amour entre hommes était jugé naturel. Dans ce type de relation qui était courante dans l’aristocratie grecque, un jeune homme que l’on associait à l’Eromenos, devait prendre un amant plus âgé qui devenait l’Eratos.

APOLLON LE DIEU SOLAIRE ET SA COURONNE DE LAURIER

Apollon le héros solaire de la Grèce antique

Platon et Socrate croyaient tous deux qu’Eros était le meilleur des maîtres et ils l’entendaient sur un plan très littéral. Les professeurs de l’Angleterre victorienne s’empressèrent évidemment d’expurger les traductions des textes grecs et falsifièrent l’amour érotique en amour platonique, un type d’amour complètement asexué, la simple idée de relations érotiques entre hommes leur était insupportable et comme ils enseignaient à de jeunes garçons, introduire Eros entre les membres du même sexe leur paraissait devoir entraîner de redoutables conséquences.

Or, dans la Grèce antique, c’était souvent le père du jeune garçon qui se chargeait de choisir l’Eratos, l’amant le plus âgé qui allait éduquer son fis afin qu’il puisse trouver sa place dans le système politique de l’Etat. Cette relation était une étape naturelle vers l’âge adulte. Et quand l’Eromenos aurait lui-même pris de l’âge, il deviendrait un Eratos, un éveilleur, pour un être plus jeune que lui.

Chez les Grecs, cette forme d’initiation sociale était normalement réservée aux hommes, mais elle pouvait parfois se produire entre personnes des deux sexes. En fait, cette situation archétypique concerne également les relations entre homme et femme, comme on le voit dans les épopées romantiques du Moyen-Age où cette forme d’amour était censée être une source d’inspiration et d’éveil.

Ainsi, grâce à l’amour Philia, nous commençons progressivement à intérioriser ou réintégrer notre projection extérieure du héros – ou de l’héroïne – idéal(e) et, se faisant, nous avançons dans notre processus d’individuation. Cet éveil du Soi nous conduit naturellement à l’Eros, la forme d’amour suivante…

GLYPHE DU SOLEIL

                                                                                                                                                                                                                                          … à suivre…

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AOUT… LE MOIS BENI… SOUS L’INFLUENCE DU DIEU LUG… DIEU SOLAIRE

(6.6.5 - LES MYTHES DU LION ET DU SOLEIL) par sylvietribut le 11-08-2015

Août, qui décante ce que les canicules de la fin juillet ont suffisamment cuit pour les biens des hommes et des bêtes, est toujours fêté. En Angleterre, le 1er août est fêté sous le nom de « Lammas Day », le jour des fruits.

L’importance du 1er août, qui marque un changement de « saison » remonte aux traditions anciennes des fêtes celtes de « Lugnasad » ou « assemblée du Lug », qui ne sont que partiellement connues. Le but des festivités, marquées par des jeux athlétiques et des joutes, à l’instar des jeux Olympiques, était d’honorer Lug, dieu solaire, réputé pour ses vertus, sa beauté et ses talents dans les arts et l’artisanat ; mais la fête honorait surtout Tailtui, sa mère nourricière et déesse-mère de l’Irlande.

LE DIEU LUG

Le dieu Lug dieu solaire – Sa fleur… le Tournesol

Les fêtes en l’honneur de Lug, en polarité avec celles d’Imbole, complètent le cycle naturel ; le 1er février, avec ses lustrations, montrer le chemin, la voie d’évolution qui n’atteint son point culminant que le 1er août où se parachève ce qui mûrissait le reste de l’année.

Les fêtes qui célébraient l’abondance et la prospérité étaient offertes par les rois aux trois classes qui constituaient la société celte : les druides, les guerriers et les agriculteurs ; une lourde punition, représenter l’archétype du mauvais souverain, « laid au physique et au moral », responsable des disettes et des catastrophes naturelles à venir, pesait sur le roi qui aurait manqué d’accomplir avec générosité les fêtes du 1er août. Délaissées, ces fêtes d’abondance se sont déplacées au milieu du mois où la fête de l’Assomption absorbe la majorité des prémices des récoltes et des réjouissances. Il n’y a qu’en Berry que reste vivace la fête de Saint-Pierre-aux-Liens qui reprend d’une certaine façon l’esprit des fêtes de Lug.

Dans les traditions populaires du Sud-est européen, le jour du 1er août marque au point de départ. Tôt le matin, le prêtre prononce des vœux en l’honneur de Saint Tryphon, patron de la vigne, dont la fête au début de février est celle des vignerons. Les paysans accourent se procurer de l’eau bénite, spécialement mise à leur disposition ce jour-là, pour asperger les bêtes, les champs, les granges et plus particulièrement le maïs qui arrive alors à maturité, le coton dont les fruits sont prêts à éclater et les ruches que les abeilles achèvent de remplir de miel en prévision de l’hiver. C’est ensuite que l’on coupe les premières grappes, lourdes de jus, parfumées à souhait, et qu’on les consomme en commun sur le parvis de l’église. A partir de cette date commence le « petit carême de la Vierge », soigneusement respecté jadis.

Pour toute l’Europe de l’Est commence, le 1er août, une période néfaste de six ou douze jours. On y évite tout contact avec l’eau, infestée de créatures féminines hostiles à l’homme, et on ne touche pas à la hache, de crainte de la rendre vengeresse. On conseille encore aux enfants d’éviter les carrefours parce que ce sont des lieux privilégiés de rencontre des « drimes », ces esprits errants, qui peuvent leur faire le plus grand mal. Mais, en apprivoisant le pouvoir néfaste de ces créatures, on fait d’elles de puissances de divination.

Ainsi, les douze premiers jours d’août servent de moyens de prédiction pour le temps de l’année à venir : le temps qu’il fait le 1er août correspond à celui du mois entier, le temps du 2 août à celui de septembre et ainsi de suite. A Chypre, on prononce de semblables oracles à l’aide de douze feuilles de figuier que l’on expose sur le toit des maisons, garnies d’un peu de seul : l’humidité rassemblée sur les feuilles sert de prédiction sur le temps de l’année suivante. Les bergers, eux, se fondaient sur le comportement de leurs chiens.

En Méditerranée orientale, le début d’août est le temps des vents annuels du nord dont la vigueur rend toujours la navigation périlleuse, ce que confirme un dicton : « Les drimes d’août sont sur les voiles comme celles de mars sur la coque du bateau ». Au cours de ces nuits venteuses, le ciel s’ouvre et Dieu se montre particulièrement attentif aux souhaits des hommes. Ainsi on jette du sable dans les maisons dans l’espoir que Dieu y répandra autant de biens que de grains de sable.

Mais août décide aussi de la santé : « Si tu veux connaître ta force, interroge l’août », explique la sagesse populaire qui établit le parallèle avec mars : « A partir d’août : l’hiver, et de mars : l’été », avec tous les troubles que provoquent les changements de saison.

Saint Jean-Baptiste, dont on commémore la Décollation le 29 du mois, a le pouvoir d’enrayer les fièvres paludéennes qui pendant des siècles accablèrent les populations, comme de les envoyer à ceux qui ne l’honoraient pas suffisamment. Les feux allumés en l’honneur de Saint Jean-Baptiste, de plus en plus importants au cours des deux jours suivant sa fête, représentaient la « fermeture » d’une année et le commencement, au 1er septembre, d’une nouvelle période agraire.

LAMMAS DAY

Bibliographie

Fêtes et croyances populaires en Europe – Yvonne de Sike – Bordas

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MITHRA… LE SOLEIL INVAINCU

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME, 6.6.5 - LES MYTHES DU LION ET DU SOLEIL) par sylvietribut le 11-08-2014

Pour les Iraniens de l’Antiquité, Mithra était le dieu protecteur de l’ordre cosmique, de la justice humaine, garant des traits de paix. Plus tard, sous l’influence de Babylone, il apparaît comme envoyé du Soleil avec mission d’accomplir un acte salutaire : donner la vie et la végétation sur terre.

Voyant les maux qui frappaient les hommes, Mithra accepta la mission et descendit sur terre, le 25 décembre. Des bergers, nous dit le mythe, assistent à sa naissance. Il surgit d’un rocher, nu, armé d’un couteau et d’une torche. Il pourchasse et capture le taureau sacré, animal symbolisant la fécondité, qu’il égorge à l’instigation du Soleil. Le corps de l’animal abattu libère une force vitale qui donnera naissance à la flore et à la faune. Verdure, arbres et surtout plantes, médicinales et magiques, jaillissent du cadavre. Mais, pendant la lutte, les forces du Mal se sont libérées ; aussi Mithra est-il obligé de se battre à nouveau pour le Bien. Son culte, qui diffuse la doctrine de l’opposition du Bien et du Mal sera reprise par Zarathoustra.

MITHRA ET LE TAUREAU

Mithra et ses attributs égorgeant le Taureau

Sous son aspect de dieu de la Guerre, Mithra acquit les faveurs des légionnaires romains stationnés au Proche-Orient. Ils s’initièrent aux mystères de Mithra qu’ils importèrent à Rome. L’initiation mithriaque comportait sept étapes correspondant aux sept planètes. Le culte et les rites se pratiquaient dans des souterrains et l’admission parmi les élus du dieu conférait l’immortalité. On fêtait également les saisons, mais la cérémonie principale, la Mithricana, avait lieu au solstice d’hiver. On y célébrait la naissance du dieu, anniversaire de la réapparition du soleil invincible. On sacrifiait alors un taureau en signe de renaissance à une nouvelle vie éternelle.

Selon le mythe, Mithra, après avoir accompli plusieurs actions bénéfiques aux humains, convia à un repas ses plus proches disciples puis remonta aux cieux, pour revenir, à la fin du monde, juger l’humanité ressuscitée. Alors, ayant livré un ultime combat contre les forces du Mal, il conduirait les élus à travers un fleuve de feu vers la vie éternelle. Jusqu’au IVe siècle, le mithraïsme, implanté surtout dans les rangs de l’armée romaine, faisait une sérieuse concurrence au christianisme.

C’est Constantin le Grand, empereur de 306 à 337, qui mit fin à ce culte en instaurant le christianisme comme religion officielle d’Etat. Mais l’existence de ce dieu solaire, semblable à maints égards à Jésus-Christ, plongea les fidèles dans une extrême confusion ; d’où la réaction des Pères de l’Eglise et la substitution de la célébration de la Nativité aux fêtes mithraïques. La doctrine resta néanmoins influence jusqu’au Moyen Age. Le principe de l’antagonisme du Mal et du Bien se retrouve intégralement dans la secte des Bogomiles en Orient et dans la discipline hérétique des Cathares, branche dissidente du catholicisme occidental. Ces derniers, connus en pays d’oc sous le nom d’Albigeois, ne disparurent en réalité qu’après 1330, à la suite des persécutions de l’Inquisition.

CRYPTE DE L'EGLISE SAINT-JEAN A AUBETERRE-SUR-DRONNE

 

Crypte de l’église Saint-Jean à Aubeterre-sur-Dronne – Charente

Le culte de Mithra s’exerçait dans des temples nommés « mithraea » ou au singulier « mithraeum ». Ces lieux étaient au départ des grottes naturelles. Plus tard, les constructions artificielles les imitèrent : obscures et dépourvues de fenêtres, elles étaient exiguës, souvent n’accueillant pas plus de quarante personnes.

Chaque mithraeum était composé :

–       D’une antichambre,

–    D’une grotte qu’on appelait « spelaeum » ou « spelunca ». C’était une grande salle rectangulaire, décorée de peintures, avec deux grandes banquettes qui habillaient chaque mur et qui étaient utilisées pour les repas sacrés.

–      Enfin, au fond de la grotte, se trouvait le sanctuaire avec un autel et l’image de Mithra donnant la mort au taureau. Ce pouvait être une peinture, une statue, un bas-relief.

On a retrouvé des mithraea dans de nombreuses provinces de l’Empire romain. Cependant, la plus grande concentration de mithraea se trouve à Rome. On en trouve également en Angleterre, en France, en Palestine. En fait, leur implantation géographique correspond à des installations militaires. Toutefois, il existe quelques exemples d’implantation sans rapport avec le contexte militaire, comme le site de Notre-Dame d’Avinionet à Mandelieu, sur la Côte d’Azur. D’autres furent postérieurement convertis en cryptes sous des églises chrétiennes.

MITHRA NE DE LA PIERRE

Mithra né de la pierre – Musée des Thermes de Dioclétien – Rome

On a pu reconstruire à partir d’images et de quelques écrits retrouvés que le dieu Mithra était né d’une pierre, la petra generatrix, près d’une source sacrée, sous un arbre lui aussi sacré. Au moment de sa naissance, il portait un bonnet phrygien, une torche et un couteau.

Adoré par des bergers dès sa naissance, il but l’eau de la source sacrée. Avec son couteau, il coupa le fruit de l’arbre sacré et c’est avec les feuilles de cet arbre qu’il se confectionna des vêtements. Un jour il rencontra le taureau primordial alors que celui-ci paissait dans les montagnes. Il le saisit par les cornes et le monta. Toutefois, dans un galop sauvage, l’animal le fit tomber. Cependant, Mithra continua à s’accrocher aux cornes de l’animal qui le traîna longtemps, en fait jusqu’à ce que l’animal n’en puisse plus. Alors le dieu l’attacha par ses pattes arrière, le chargea sur ses épaules. Ce voyage du dieu avec le taureau sur le dos était appelé « transitus ».

De retour dans la grotte, un corbeau envoyé par le Soleil lui annonça qu’il devait faire un sacrifice et le dieu, soumettant le taureau, lui enfonça le couteau dans le flanc. De la colonne vertébrale du taureau sortit du blé et de son sang coula du vin. Enfin, de sa semence, recueillie par la Lune, naquirent des animaux utiles aux hommes. Arrivèrent alors un chien qui mangea le grain, un scorpion qui serra les testicules du taureau avec ses pinces, et le serpent. Parfois, apparaissent aussi un Lion et une coupe, image encadrée de deux porteurs de torches, nommés Cautès et Cautopatès. La scène semble située dans une sorte de grotte qui pourrait être la représentation du mithraeum, lui-même ou, selon d’autres interprétations, figurer la représentation du cosmos.

Dans certaines peintures on voit Mithra transportant un rocher sur son dos, comme Atlas dans la mythologie grecque. Parfois, il est vêtu d’une cape dont la face intérieure représente le ciel étoilé. Près d’un mithraeum proche du Mur d’Hadrien, a été mise à jour une statue de Mithra en bronze sortant d’un anneau zodiacal en forme d’œuf, conservée à l’Université de Newcastle.

MITHRA ET L'OEUF COSMIQUE

Mithra surgissant de l’œuf cosmique

A Rome, une inscription suggère que Mithra pourrait s’identifier au dieu primordial de l’orphisme, Phanès, qui surgit de l’œuf cosmique à l’origine du temps, engendrant l’univers. On trouve la preuve de cette opinion sur un bas-relief du Musée d’Este à Modena, en Italie du Nord. On y voit Phanès surgissant d’un œuf, entouré des douze signes du Zodiaque, image très semblable à celle conservée à Newcastle.

Selon certains spécialistes de la religion de Mithra, l’iconographie de Mithra doit être interprétée à la lumière de la mythologie iranienne. Sont mis en rapport avec des textes narrant le sacrifice, la tauroctonie, d’un taureau par Ahriman, le dieu du mal. Les restes sanglants du taureau donnant naissance plus tard à tous les êtres. Toujours selon ces hypothèses, Mithra aurait été ensuite substitué à Ahriman dans le rapport mythique, et serait arrivé sous cette forme en Méditerranée orientale.

Selon une autre  source, l’explication est radicalement différente de l’image de la tauroctonie, puisqu’elle trouve son interprétation dans le symbolisme astrologique. Mithra est un dieu si puissant qu’il est capable de transformer l’ordre même de l’Univers. Le Taureau symboliserait bien sûr la constellation du Taureau. Il faut savoir qu’à la naissance de l’astrologie, en Mésopotamie, entre 4 000 et 2 000 avant Jésus-Christ, le Soleil se situait au niveau du Taureau pendant l’équinoxe de printemps. A cause de la précession des équinoxes, le Soleil se place durant l’équinoxe de printemps dans une constellation différente tous les 2160 ans à peu près, ainsi il passa dans le Bélier vers l’an 2 000 avant Jésus-Christ, marquant la fin de l’ère astrologique du Taureau.

Bas-relief_Mithra_à_Bourg-Saint-Andéol

Bourg-Saint-Andéol – Ardèche – Culte de Mithra

Le sacrifice du taureau de Mithra symboliserait ce changement, causé, selon les croyants, par l’omniprésence de leur dieu. Ce serait le pourquoi de la présence des animaux qui figurent sur les images de la tauroctonie : le chien, le serpent, le corbeau, le scorpion, le lion, la coupe et le taureau, correspondant aux constellations du Petit Chien, de l’Hydre, du Corbeau, du Scorpion, du Lion, du Verseau et du Taureau, toutes placées dans l’équateur céleste pendant l’ère du Taureau. Cette hypothèse expliquerait aussi la profusion d’images zodiacales dans l’iconographie mithraïque. La précession des équinoxes fut découverte et étudiée par l’astronome Hipparque au IIe siècle avant Jésus-Christ.

Il existe une autre interprétation qui considère que le sacrifice du taureau représente la libération de l’énergie de la Nature. Le serpent, comme dans le symbole de l’Ouroboros, serait une allusion au cycle de la vie. Le chien représente l’Humanité alimentant symboliquement le sacrifice. Quant au scorpion il est le symbole de la victoire de la mort. Les deux compagnons de Mithra qui portent les torches qu’on appelle Cautès et Cautopatès représentent respectivement le lever et le coucher du soleil.

Pour les fidèles, le sacrifice du taureau a sans doute un caractère salutaire et la participation aux mystères garantie l’immortalité.

La fin symbolique de Mithra se termine par un grand banquet où Apollon sur son char va emmener Mithra. Il apporte aux hommes l’espoir d’une vie au-delà de la mort, puisqu’il est accueilli au ciel par Apollon.

OSTIA - MITRHAEUM

Ostia – Mithraaeum

Dans le culte de Mithra il existe sept niveaux d’initiation qui peuvent être mis en relation avec les sept planètes de l’astronomie  de l’époque : la Lune, Mercure, Vénus, le Soleil, Mars, Jupiter et Saturne, d’après le décor du mithraeum des Sept Sphères qui se trouve à Ostia Antica près de Rome.

La majorité des membres n’arrivent seulement qu’au quatrième rang qui correspond au Lion. Quelques élus seulement accèdent aux rangs supérieurs. Les niveaux ont été connus grâce aux textes de Saint Jérôme qui semblent confirmés par certains écrits et par la décoration du mithraeum de Felicissimus à Ostia :

–       Au premier rang, on trouve le Corbeau ou Corax.

–      Au second, c’est Cryphius, « occulte », mais certains auteurs interprètent ce rang comme « Nymphus » « époux », avec comme attributs le diadème et la lampe de Vénus.

–      Au troisième rang, il y a le soldat ou « Miles » avec pour attributs la couronne et l’épée.

–      Au quatrième rang, c’est donc le Lion et dans les rituels, il présentait à Mithra les offrandes des sacrifices. Ces attributs étaient la pelle pour porter le feu, le sistre et le foudre de Jupiter.

–      Au cinquième rang, c’est « Perses », Persan, dont les attributs sont : l’épée courbe, le croissant de lune et l’étoile.

–      Au sixième rang, c’est l’émissaire du soleil « Héliodromus », avec sa torche, son fouet guidant l’attelage du char solaire et la couronne solaire.

–      Enfin, au septième rang, « Pater » ou « père » qu’on reconnaît avec son bonnet phrygien, son bâton de commandement et l’anneau.

Pendant les rites, les initiés portaient des masques d’animaux relatifs à leur niveau d’initiation. Les rites étaient exclusivement réservés aux hommes. Les femmes n’étaient pas initiées car elles étaient considérées comme profanes. Après chaque cérémonie religieuse, les initiés étaient conviés à un banquet. La langue utilisée dans les rituels était le grec, mélangé à quelques formules de persan, certainement incompréhensibles pour la majorité des fidèles. Ultérieurement, le latin fut introduit progressivement. Selon le témoignage du chrétien Justin, les aliments offerts durant le banquet étaient le pain et l’eau, mais les découvertes archéologiques ont montré qu’il s’agissait de pain et de vin, comme dans le rite chrétien.

Pour la reconstitution des rituels mithraïques, outre l’iconographie retrouvée dans les mithraea, on a pu également s’appuyer sur les textes des Pères de l’Eglise qui critiquaient le culte de Mithra.

La première référence au culte de Mithra dans l’historiographie gréco-romaine se trouve dans l’œuvre de l’historien Plutarque qui mentionne que les pirates de Cilicie, anciens soldats de Mithridate VI, célébraient des rites secrets en relation avec Mithra en 67 avant Jésus-Christ.

ROME - SAN CLEMENTE - CULTE DE MITHRA

Mitraeum bâtie sous Saint-Clément-du-Latran – Rome

On trouve les vestiges du culte de Mithra en France : à Nuits-Saint-Georges, en Bourgogne, sur le site des Bolards ; à Bourg-Saint-Andéol dans le couloir rhodanien, à Aubeterre-sur-Dronne en Charente sous l’église monolithe de Saint-Jean, à Mandelieu-la-Napoule, à Angers : le site a été découvert en mai 2010, mais fut totalement détruit dès septembre pour des raisons financières. Enfin, on trouve des éléments du mithraeum de Koenigshoffen au musée archéologique de Strasbourg.

En Italie, la Basilique Saint-Clément-du-Latran à Rome est bâtie au-dessus d’un mithraeum bien conservé. A Ostia, le port de Rome, on a retrouvé les restes de dix-sept mithraea, l’un d’eux présente des découvertes assez importantes.

En Allemagne, le Musée de Dieburg expose des découvertes dans un mithraeum, comme des pièces de céramiques utilisées dans la liturgie. Quant au Musée de Hanau montre la reconstruction d’un mithraeum.

Dans les Alpes suisses, la ville de Martigny, ancienne Octodurus, présente un mithraeum reconstruit.

En Grande-Bretagne, la City de Londres possède les fondations d’un mithraeum, vestige de l’antique Londinium, ce qui en fait l’un des plus vieux monuments de la capitale britannique. Le Musée de l’Université de Newscastle expose les objets trouvés dans les trois sites archéologiques le long du Mur d’Hadrien et reconstitue un mithraeum.

Quant au Musée d’Art de Cincinnati aux Etats-Unis, il expose une sculpture d’un mithraeum de Rome représentant Mithra tuant le taureau.

MITHRA

Mithra – Préfiguration de l’iconographie christique

 

Bibliographie

Fêtes et croyances populaires en Europe – Yvonne de Sike – Editions Bordas

 

 

 

 

 

 

 

 

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APOLLON FILS DU LOUP

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME, 6.6.5 - LES MYTHES DU LION ET DU SOLEIL) par sylvietribut le 10-08-2013

On trouve dans la relation symbolique entre le Lion et le Soleil, maître du signe, des ambiguïtés où se rencontrent violence, domination et sens du sacré, nécessité de s’imposer, autorité naturelle et aptitude au sacrifice extrême.

APOLLON LE DIEU SOLAIRE ET SA COURONNE DE LAURIER 

Apollon le dieu solaire et sa couronne de laurier

Peu à peu, Apollon va usurper la place et le rôle d’Hélios, le Soleil. Les deux dieux ou demi-dieux qui semblent véritablement se partager le signe du Lion étant à l’évidence Apollon et Héraklès/Hercule, héros parmi les héros. C’est André Barbault qui a fort bien décrit les deux types physiques léonins qui correspondent à Apollon et à Héracklès.

Le premier fait les hommes beaux, l’œil en amande, le nez fin et long dans le prolongement d’un front légèrement fuyant, bien bâtis mais minces et de silhouette élégante. Tel est le Lion apollinien qui tient sa place auprès des esthètes et des artistes.

apollon

Apollon homme fort et puissant

Le second fait les hommes forts, puissants, musclés, le visage plus carré, le nez épaté comme celui des chats ou des félins. Le mufle du lion. Et un estomac « en creux », côtes très dessinées en avant. Avec la crinière abondante, une stature athlétique. Alexandre Dumas qui était natif du Lion, s’est projeté dans le personnage de Porthos et on dit qu’il était capable de porter un âne sur son dos.

Psychologiquement, ces deux types vont aussi se différencier, mais c’est l’apollinien qui va se révéler comme plus complexe, et le plus insaisissable des deux. Dans l’Iliade, Apollon apparaît la nuit, ce qui semble confirmer qu’il s’agit bien à l’origine d’un dieu lunaire. Il était d’ailleurs appelé « le dieu à l’arc d’argent », et non d’or, ce qui signerait le soleil. Il brille « avec la lune » et « comme la lune ». Il est parfois appelé « fils du loup », c’est-à-dire de la Déesse Mère. Ce n’est que beaucoup plus tardivement, lorsqu’il chasse Python de son lieu oraculaire et s’empare de Delphes, qu’il se charge de valeurs solaires. On dit qu’il vient du Nord, peut-être d’Asie… trace de son origine chthonienne.

Dieu violent et terriblement orgueilleux, il présente des traits contradictoires mais qui le conduiront peu à peu à devenir le protecteur des artistes et le dieu de la sagesse. Et ce n’est que véritablement en fin de parcours qu’il sera associé à l’harmonie, à la musique, voire à la spiritualité. On pense là à l’exaltation de Neptune en Lion.

Au début, on trouve un dieu berger, sans doute agraire. On parle alors d’un Apollon-souris ou d’un Apollon-rat, appellation déconcertante pour un dieu si prestigieux par la suite. Il garde les troupeaux mais il est aussi maître des fauves. Il est à la fois bon pasteur, berger secourable et guerrier irascible.

apollo

Apollon et le serpent d’Asclépios

Père d’Asclépions, dieu de la médecine, il le deviendra lui-même, puis prophète de Zeus/Jupiter et dieu oraculaire et inspirateur des poètes. C’est là sans doute qu’il s’est le plus solidement enraciné dans notre culture, comme le dieu à la lyre, lyre fabriquée par Hermès/Mercure enfant, à peine sorti de son berceau, avec une carapace de tortue trouvée sur son chemin, après d’ailleurs, que le petit dieu malin eut volé les bœufs d’Apollon. Ce dernier lui pardonnera son larcin à condition qu’il lui donne cette lyre à sept cordes, le 7 étant le chiffre du dieu de la septième porte. On dit qu’il est né et fêté un septième jour, le dimanche d’ailleurs jour du soleil, ou à sept mois.

W. K. Guthrie écrit d’ailleurs : « Orphée, adore le soleil qu’il identifie avec Apollon… Chaque matin il escalade le mont Pangée pour saluer le dieu du jour dès son apparition ».

D’un dieu quelque peu brutal et violent on a fait progressivement un dieu de la conscience, raffiné, inspirant les plus harmonieuses et les plus belles lois, les plus nobles pensées.

Il a été quelque peu banalisé ce jeune homme beau et sage sera même opposé assez rapidement à Dionysos, le « dieu dément », fils de la Grande Déesse, dieu du vin, de la folie inspirée, de la transe et de l’enthousiasme, de l’excès et de l’orgie. Face à ce dieu de la démesure, Apollon se présente comme le dieu de la raison, peut-être pour le séparer à jamais de ses origines barbares. Le voici devenu un dieu civilisateur par excellence, chargé de l’humanisation des créatures terrestres, de leur ascension.

Artemis_et_Apollon 

Les jumeaux Apollon (le Soleil) et Artémis (la Lune)

Quelle filiation les Grecs lui prêtent-ils ?

Ils font de lui le fils de Zeus/Jupiter et de Léto. Il serait né à Délos. Personne n’osait laisser Léto accoucher, toujours par crainte de la jalousie d’Héra/Junon. Dès que celle-ci croyait ou savait une mortelle courtisée par Zeus et forcément fécondée par lui, elle mettait sur-le-champ tout en œuvre pour entraver l’accouchement, faire des incantations fatales à la parturiente, obligeant les suivantes à croiser jambes, pieds, bras pour empêcher la délivrance. Léto finit par accoucher à Délos, considérée alors comme une île flottante, mais une fois qu’elle eût mis au monde ses jumeaux, Apollon et Artémis, l’île se fixe ; Thémis s’occupe tout particulièrement d’Apollon, le nourrit de nectar et d’ambroisie, ce qui le fait grandir très vite. Le breuvage des dieux a forcément des vertus exceptionnelles. Au bout de quelques jours, l’enfant atteint l’âge adulte et cherche un lieu où établir son sanctuaire, installer ses prêtresses et, après plusieurs tentatives infructueuses, il parvient à Delphes, lieu oraculaire sur lequel règne encore la vielle Déesse Mère, fille de Gaïa à laquelle tous les dieux doivent d’exister, sous la forme du Python qui donnera son nom aux pythies. Apollon tue le grand serpent, la Déesse sous sa forme la plus archaïques, et il devra donc, comme tout un chacun ayant commis un crime, aller se faire purifier. Les dieux et les mortels, à cet égard, sont soumis aux mêmes lois. Qu’il s’agisse d’Héraklès ou d’Apollon, ils ne cessent de se faire purifier ça et là, pour les meurtres qu’ils commettent en série. Apollon sera envoyé quelques temps en exil, dans la vallée du Tempé où il devra servir les mortels. Mais bien sûr il ne sera pas maltraité par les humains qui savent quels dangers il y aurait à attirer sur soi le ressentiment d’un dieu, fût-il exilé.

APOLLON ET LES DAUPHINS

Apollon et le dauphin

Delphes est bien sûr un site convoité et Apollon ne pouvait mieux choisir. Delphes est l’Omphalos, le nombril de la terre, l’Utérus maternel, d’ailleurs l’une des traductions de « delphis » est dauphin ou utérus. On dit aussi que les prêtres de Delphes auraient fait naufrage à cause de dauphins qui les auraient fait chavirer sous l’impulsion d’Apollon entendant ainsi recruter un peu vigoureusement ses servants. D’autres encore prétendent que ces prêtres descendraient de Crétois… ce qui les lierait encore davantage à la Grande Mère des premiers temps du matriarcat. Apollon aurait alors simplement détourné leur navire, en prenant l’apparence d’un dauphin… toujours dans le but de les contraindre à demeurer dans son sanctuaire.

Apollon et Artémis, jumeaux complices, ont fait ensemble un certain nombre de frasques ou de mauvais coups. Apollon va tuer Pithios qui avait voulu abuser de leur mère et ils la vengeront de Niobé qui avait eu l’impudence et l’imprudence de se vanter d’être plus féconde que Léto. Ni Artémis, ni Apollon ne peuvent pardonner pareille offense.

A cause de diverses sottises, Apollon sera par deux fois exilé ; une fois il devra servir Admète roi de Thessalie, pour avoir tué un des Cyclopes, artisans de la foudre de Zeus. Ce dernier ne plaisante pas lorsqu’on s’en prend à ses plus zélés serviteurs. Une autre fois, Apollon aura le tort d’envoyer la peste à Troie parce que Léomédon n’a pas payé une somme qu’il lui doit ; par ailleurs l’attitude du dieu, pendant la guerre de trois sera vivement critiquée.

LA LYRE D'APOLLON

La lyre à sept cordes d’Apollon

Bibliographie

Dieux et Héros du Zodiaque – Joëlle de Gravelaine – Editions Robert Laffont

  

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