LE JARDIN COSMIQUE

(6.6.2 - LES MYTHES DU TAUREAU ET DE VENUS) par sylvietribut le 08-05-2016

Le “Jardin Cosmique” est un jardin qui, outre les herbes et plantes aromatiques et officinales particulières, abrite à l’intérieur des dessins géométriques et symboliques particuliers, qui proviennent d’antiques cultures et traditions, une façon d’attirer et comprendre les énergies cosmiques, utilisées par les plantes mêmes pour une croissance plus rapide et, les êtres humains, pour influer leur propre bien-être psychologique et spirituel.

Le centre du « Jardin Cosmique » représente la Terre. Les quatre chemins qui se croisent représentent les fleuves du Paradis. En général, un arbre et une fontaine se trouve au centre du jardin.

LE GINKGO BILOBA L'ARBRE AUX MILLE ECUS

Gingko Biloba l’arbre aux mille écus

Il existe peu d’exemples de ce jardin en Italie. Il en est un, peut-être l’unique, qui se trouve à la ferme Motrano, dans les collines siennoises, sur la commune de Sovicille. Ici, au centre du jardin on a planté  un Gingko Biloba, une des plantes les plus antiques du monde. Le dessin géométrique qu’on trouve à l’intérieur du « Jardin cosmique » de Motrano symbolise les Runes, les Roues de la Médecine, de la croix celtique, utilisées par les Indiens d’Amérique, par les Celtes et d’autres anciennes traditions.

Dans le Jardin Cosmique des plantes aromatiques et officinales de la ferme Motrano, on peut admirer, en particulier au printemps, les plantes suivantes : la lavande, l’angélique, l’hysope, le romarin, le thym, la mélisse, l’armoise, l’achillée, le calendula, la sauge rouge, l’origan, la menthe, le fenouil sauvage, la camomille, les roses anciennes.

CHATEAU DE MONTARRENTI - SOCIVILLE

Château de Montarrenti – Sovicille – Toscane

Sovicille est une petite commune des collines siennoises au milieu des bois d’yeuses, de chênes verts, de rouvres et d’érables. Ici, on trouve aussi le château de Montarrenti, aujourd’hui restauré mais probablement édifié au VIIIe siècle, duquel il reste deux tours avec des fenêtres gothiques et une partie de sa ceinture de murailles.

Il est possible de visiter ce château qui abrite l’Observatoire Astronomique Provincial. Une occasion d’en profiter pour admirer le ciel étoilé et en savoir davantage sur le cosmos grâce à des astronomes experts à votre disposition. Cet observatoire est ouvert le second et le quatrième vendredi du mois, à 21 h 30 et sur réservation.

GINKGO BILOBA

 

 

Tagged Under : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

MAI… DE LA FERTILITE A L’ABONDANCE

(6.6.2 - LES MYTHES DU TAUREAU ET DE VENUS) par sylvietribut le 03-05-2016

Autrefois, semble-t-il, le 1er mai était, en Europe, le jour dédié à l’amour. Ce jour-là, il était coutume de se coiffer d’une couronne de feuillages et de fleurs, ou bien d’en offrir à la personne aimée, comme en témoigne l’enluminure du mois de mai dans les Très riches Heures du duc de Berry, bréviaire réalisé par les frères Limbourg, au début du XVe siècle. Cet ouvrage se trouve aujourd’hui au château de Chantilly.

LES TRES RICHES HEURES DU DUC DE BERRY - MAI

Le Taureau et Mai – Les Riches Heures du Duc de Berry

Du 1er mai aux chaleurs de la canicule, à la fin juillet, fêtes et rites rappellent la fragilité de l’équilibre bienfaiteur entre la pluie et la sécheresse et suggèrent combien la maturation des cultures, plus ou moins avancée selon les lieux et les latitudes, reste tributaire des retournements de la saison, toujours imprévisibles. Par ailleurs, c’est autour de cette date que les animaux quittent les étables et la nourriture sèche pour rejoindre les pâturages aux herbes grasses.

Les cérémonies du 1er mai honorent conjointement le passage vers la saison de la floraison exubérante et l’arbre épanoui, assimilé à l’arbre de vie et de joie ; les rites insistent beaucoup sur la verticalité du tronc, élagué sauf à sa cime, ou du mât couronné de fleurs.

LES SAINTS DE GLACE

Les Saints de Glace : Saint Mamert, Saint Pancrace et Saint Servais

« En mai, chaude et douce pluie fait belle fleur et riche épi », enseigne un dicton populaire, exprimant la crainte que la pluie fasse défaut même sous un climat tempéré, où « Saint Mamert, Saint Gervais, Saint Pancrace, sont toujours de vrais saints de Glace ».

Hommes sauvages, « feuillus » et autres monstres qui apparaissent début mai, dans plusieurs parties de l’Europe, montrent les rapports ambigus entre la luxuriance de la nature et l’humidité. Leur relation aux sources et aux rivières met en évidence la quête de l’eau vive, de l’eau sacralisée et bénite ce jour-là par la grâce du « temps » ou, plus récemment, par la volonté d’un saint. En effet, au cours du mois de mai se multiplient les pèlerinages et les processions qui associent culte religieux et rites de guérison où l’eau joue un rôle prépondérant.

SOURCE EN CAMARGUE

Source en Camargue

Sources et fontaines un peu partout en Europe, à partir du 1er mai, deviennent souvent le pivot de cultes locaux de guérisseurs, qui s’attiraient jadis les faveurs du monde rural. Par ailleurs, les sources étaient symboles de maternité. Les rites aquatiques connaissent une grande popularité autour de la Pentecôte dans l’ensemble de l’Europe.

La crainte de la sécheresse s’exprime dans les pays de la Méditerranée orientale par la lutte du bien et du mal, représentée par la mise à mort d’un dragon meurtrier, crachant le feu, se nourrissant d’hommes et interdisant l’accès aux eaux du lac ou nichant dans une forêt au bord d’une rivière. Saint Georges est le vainqueur le plus célèbre du monstre, mais d’autres saints personnages se partagent dans d’autres régions cette gloire.

Dans ces régions méditerranéennes, où les cultures sont précoces, on faisait appel à la bienveillance des ancêtres et des morts victimes de meurtres pendant le mois de mai, car fécondité, fertilité et richesse des récoltes restent l’apanage du monde souterrain, domaine des défunts qui ne sont pas évacués de la vie sociale. A côté des Anthestéries ou des Rosalies, fêtes de la floraison transcendante, mais aussi évocation des morts, avaient lieux les Lemuria romaines dont on retrouve l’esprit dans les Roussalia, les commémorations funéraires du samedi de la Pentecôte, toujours célébrés dans le onde orthodoxe de Chypre à la Russie.

VENUS LA ROMAINE 2

Vénus la Romaine

Enfin la Vénus romaine, plus charnelle et sensuelle que l’Aphrodite grecque, gouvernait le mois de mai et le Taureau, signe zodiacal de ce mois d’apothéose des forces vitales. Le taureau symbolise lui aussi la fertilité et jadis il représentait Baal, dieu de l’humidité et de l’orage, adoré en Orient sous différentes formes dont le Veau d’or est la plus connue. Ce culte transmuté a migré vers l’Occident comme en témoignent les hécatombes anciennes et les rites taurins que l’on retrouve de la Crète minoenne jusqu’à nos jours dans les jeux de tauromachie de la Méditerranée occidentale, qui commence avec la fin avril et se concentrent ans la période estivale.

La gravité des rites agraires pratiqués pendant la période de départ aux alpages, de maturation des céréales et de mûrissement des fruits se retrouve presque intacte dans les traditions chrétiennes. Les cérémonies anciennes se reflètent dans toute multitude de fêtes et de rituels, très proches ou très semblables dans leur célébration, même si les dates varient selon les pays, instaurés par l’Eglise dans le contexte post-pascal et allant de l’Ascension à la Fête-Dieu. Le pèlerinage des Gitans aux Saintes-Maries-de-la-Mer, en Camargue, reste parmi les manifestations les plus spectaculaires en France de la fin mai, associant les rites de l’époque à l’exubérance de la fête populaire.

PELERINAGE DES GITANS - SAINTES MARIES DE LA MER

Pèlerinage des Gitans – Saintes-Maries-de-la-Mer

Bibliographie

Fêtes et croyances populaires en Europe – Yvonne de Sike – Editions Bordas

 

Tagged Under : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

LA NAISSANCE DE VENUS… LA DEESSE QUI VEILLE SUR LE TAUREAU

(6.6.2 - LES MYTHES DU TAUREAU ET DE VENUS) par sylvietribut le 29-04-2015

Homère et Hésiode donnent des versions concordantes à quelques détails près de la naissance d’Aphrodite/ Vénus. Saturne après avoir émasculé Ouranos, son père, en jeta au large les organes génitaux sanglants. Portés par les vagues, ceux-ci furent enveloppés d’écume, Aphros, d’où jaillit Aphrodite. On comprend mieux pourquoi le lieu d’exaltation de Vénus dans le zodiaque se trouve dans les Poissons.

BOTTICELLI - LA NAISSANCE DE VENUS

La Naissance de Vénus – Sandro Botticelli – Musée des Offices – Florence – Italie

Nue dans toute sa splendeur, Vénus s’installa sur une coquille emperlée que la brise odorante poussa jusqu’aux côtes méridionales de Chypre, à Paphos, où elle fonda son immortel royaume et attisa le désir de tous les dieux qui voulurent l’épouser. Et elle épousa Héphaïstos/Vulcain pour le tromper aussitôt avec Arès/Mars. De leur tumultueuse union naquit Eros, l’Amour.

Ensuite la déesse quitta l’Olympe et s’installa définitivement à Chypre, en symbole éternel du désir toujours renaissant du Ciel, son père, de s’unir à la Terre. C’est de ce désir inassouvi et de cette union annuelle que surgit le renouveau de la nature. En souvenir de cette cosmogonie, les pèlerins, avec les premiers jours de mai, affluaient à Chypre de toute partie du monde, de Grèce, d’Asie Mineure et de Perse pour rendre hommage à la déesse dans son sanctuaire de Paphos. L’eau, sous forme d’aspersions, d’immersions ou de libations, se trouvait de toute évidence, au cœur du culte de la déesse surgit de l’écume marine.

Avec le temps, au culte d’Aphrodite/Vénus se joignit, à la suite d’apports orientaux, celui d’Adonis, l’amant divin, dont les allers et retours entre la Terre et les Enfers symbolisent, à chaque renaissance de la nature, la continuité triomphante de la vie après la mort.

Les fêtes d’Aphrodite et d’Adonis duraient trois jours et elles se concluaient par des pratiques auxquelles seules les femmes avaient accès : une nuit de lamentations et de chants funèbres s’achevait par une course effrénée vers la côte, dans le but de se purifier par des ablutions dans les eaux vives, à la suite d’une procession des idoles sacrées à travers la ville. Le lendemain avait lieu la « découverte » et la résurrection du jeune amant trop tôt emporté par la mort. Alors le temple resplendissait de joie et les pèlerins repartaient après avoir accompli symboliquement l’union de deux puissances primordiales de la fécondité et de la fertilité, l’une potentiellement, l’autre manifestement.

ADONIS ET VENUS

Adonis et Vénus – Canova

Adonis est un dieu d’origine asiatique. Son nom vient du mot sémitique « adon » qui signifie « Seigneur ». Il fut vénéré en plusieurs endroits, mais toujours en même temps qu’Aphrodite/Vénus, Selon la légende, il était né d’une union incestueuse entre Myrrha ou Smyrna et son propre père, Cinyras, roi de Paphos à Chypre, ou bien Bélos, roi d’Egypte, ou encore Théias, roi d’Assyrie.

Myrrha ayant négligé le culte d’Aphrodite, la déesse lui avait fait éperdument désirer son père. Avec l’aide de sa nourrice, elle amena par la ruse son père à passer la nuit avec elle et c’est ainsi qu’elle conçut Adonis. Quand son père s’en aperçut, il chercha à la tuer, mais les dieux la transformèrent en arbre à myrrhe. Plus tard, l’arbre fut fendu sous la charge d’un sanglier, et Adonis sortit de la fissure. Selon une autre version, Ilithye, la déesse qui préside aux accouchements, délivra le bébé de l’arbre quand le moment fut venu.

Aphrodite, impressionnée par la beauté de l’enfant, le coucha dans un coffre et le confia à Perséphone. Celle-ci aimait aussi l’enfant et elle refusa de le rendre à Aphrodite, si bien que Zeus/Jupiter du trancher entre les deux déesses. On connaît deux versions du jugement : selon la première, Zeus décida qu’Adonis passerait un tiers de l’année avec chaque déesse et le reste comme il l’entendait. Mais Adonis consacra ce dernier tiers à Aphrodite.

La seconde version fait de la muse Calliope l’arbitre du conflit, Zeus ne désirant pas trancher, et précise qu’elle attribua la moitié de l’année à chaque déesse. Ces légendes rappellent la fonction d’Adonis, dieu de la végétation et de la nature. Aphrodite punit Calliope en provoquant la mort de son fils Orphée.

Alors qu’il était avec Aphrodite, Adonis perdit la vie comme il l’avait reçue : sous la charge d’un sanglier qui l’attaqua alors qu’il chassait dans la forêt. D’autres disent que l’agresseur était le jaloux Arès, déguisé, ou bien le mari d’Aphrodite, Héphaïstos. La déesse lui avait très souvent déconseillé e chasser de dangereuses bêtes sauvages. Le poète Ovide précise qu’elle lui avait raconté l’histoire d’Atalante, pour le mettre en garde.

L’affliction d’Aphrodite fut très grande. Il fit naître l’anémone rouge du sang qu’il avait perdu à sa mort. Selon une variante du mythe, elle convainquit Perséphone de le rendre au jour pour quatre mois, chaque année, au début du printemps.

L'ANEMONE ROUGE LA FLEUR D'ADONIS

Bibliographie

Fêtes et croyances populaires en Europe – Yvonne de Sike – Editions Bordas

Dictionnaire de la Mythologie – Michael Grant et John Hazel – Marabout

Tagged Under : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

EUROPE… EST NEE D’UN MYTHE… UN MYTHE TAUREAU

(6.6.2 - LES MYTHES DU TAUREAU ET DE VENUS) par sylvietribut le 26-04-2015

Dans la mythologie grecque, plusieurs Europe ont cherché à en écrire l’Histoire.

Il y eût d’abord Europe, fille du Géant Tityos et mère d’Euphémos. On connaît également Europe la mère de la pauvre Niobé. Il existe Europe, fille du Nil, une épouse de Danaé. Selon Hésiode, il existait une Océanide nommait Europe, l’une des trois mille nymphes filles d’Océan et de Téthys. Dans l’Iliade, Europe est la fille de Phoenix, père du peuple phénicien. Dans les œuvres d’Homère, Europe n’est pas un terme géographique, mais une reine mythologique de Crète.

Une tradition répandue considère que le nom du continent est celui d’Europe, fille d’Agénor, personnage mineur de la mythologie grecque, roi de Tyr et de Téléphassa, sa femme, et sœur de Cadmos, Phénix et Cilix. Une autre tradition ferait d’Europe la sœur de Libye.

LE RAPT D'EUROPE - ANTONIO CARRACCI

Le rapt d’Europe par le taureau blanc – Antonio Carracci

Selon un mythe d’origine crétoise, cette princesse phénicienne jouait sur le bord de la mer avec ses compagnes. Zeus/Jupiter en tomba amoureux. Prenant la forme d’un beau taureau blanc, il se mêla aux jeunes filles et se coucha, se laissant caresser. Certains auteurs affirment que le taureau n’était pas Zeus lui-même, mais simplement un appât pour attirer la jeune fille vers lui. Europe le trouva si doux et si lisse qu’elle finit par s’asseoir sur son dos ; aussitôt, le taureau se leva et s’élança vers la mer, s’éloignant à la nage dans les eaux profondes. Bientôt, les compagnes d’Europe les perdirent de vue ; elles ne la revirent jamais plus.

Europe fut transportée en Crète, où le taureau la déposa sur le rivage. Zeus lui révéla alors son identité. Puis il s’unit à elle sous un platane qui, depuis lors, resta toujours vert, ou bien dans la grotte du Mont Dicté où il avait été élevé.

Europe lui donna trois fils : Minos, Rhadamanthe et Sarpédon. Zeus lui fit trois présents : une lance qui ne manquait jamais son but ; Laelaps, le chien qui ne laissait jamais échapper sa proie, et Talos, l’homme de bronze qui faisait chaque jour le tour de la Crète et tuait les étrangers.

Ensuite, Zeus maria Europe à Astérion, futur roi de Crète. Ensemble ils eurent une fille, Crété et Astérion adopta les fils d’Europe et de Zeus. Il fit de Minos son héritier.

Le père d’Europe, Agénor, tenait absolument au retour de sa fille et il envoya à sa recherche Cadmos, Phoenix et Cilix ses fils, auxquels il interdit de revenir sans elle. Sa femme partit avec eux et il ne revit aucun d’eux.

TAUREAU - BIBLIOTECA ESTENSE

Constellation du Taureau – Bibliothèque Estense – Ferrara – Italie

Hérodote mentionne l’existence d’une tradition qui voit en Europe l’origine de la dénomination d’un continent que, pourtant, elle n’aborda pas. En effet, Europe passa d’Asie Mineure en Crète, et de Crète en Lycie. L’historien met vigoureusement en doute l’assignation au continent européen du nom d’une phénicienne. Il refuse le vieux mythe crétois et considère l’Europe, qu’il assimile de préférence à la Grèce, comme un prolongement continental en opposition avec la Libye qui représente l’Afrique et l’Asie.

Quant au Taureau, il fut immortalisé parmi les étoiles et devint la constellation du Taureau.

EUROPE ENLEVEE PAR LE TAUREAU - PIECE GRECQUE DE 2 EUROS

Europe et le Taureau sur la pièce grecque de 2 euros

Tagged Under : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

L’EUROPE ET LA MYTHOLOGIE DE MERCURE

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME, 6.6.2 - LES MYTHES DU TAUREAU ET DE VENUS) par sylvietribut le 25-05-2014

Mercure remontait à tire-d’aile vers l’Olympe, le domaine des dieux, lorsque son père Jupiter l’appela, en grand secret. Sans lui révéler l’objet de son nouvel amour, il l’interpela de la façon suivante : « Mon fils, fidèle messager de mes ordres que rien n’arrête. Vole aussi vite que d’ordinaire et redescends sur terre. Rends-toi dans une contrée bien précise, celle que ses habitants appellent Sidonie ; il y a sur sa gauche la constellation des Pléiades ». Les Pléiades sont les sept filles d’Atlas, pourchassées par Orion, elles furent transformées en colombes, puis en constellation.

MERCURE

Mercure le messager de Jupiter et des dieux

Et Jupiter de continuer : « C’est ici que tu verras des troupeaux paître l’herbe tendre des montagnes. Ils appartiennent au roi Agénor de Tyr, l’une des cités les plus importantes de Phénicie. Hâte-toi de les conduire au bord de la mer, sur le rivage.

Mercure est « fidus minister », le fidèle messager. Sa principale fonction est de transmettre les ordres divins et notamment ceux de Jupiter. Le nom latin « minister » qui a donné le mot « ministre », exprime bien son rôle dans l’Olympe : il signifie « celui qui est au service, qui aide ». Avec discrétion et efficacité, cela va de soi.

Fin du Premier Acte…

europe-sur-le-taureau

Europe et le Taureau blanc – Terre cuite d’Athènes – 480-460 avant Jésus-Christ

Deuxième Acte…

Il était une fois une très belle jeune fille qui s’appelait Europe, c’était la fille du roi Agénor et de la reine Téléphassa. Elle était si charmante que Jupiter s’éprit d’elle. Pour l’enlever à ses compagnes de jeu, il eut l’idée de se métamorphoser en un grand taureau blanc qui se mêle aux troupeaux qu’a rassemblé pour lui sur la plage le discret Mercure. Le taureau est si beau qu’il attire l’attention d’Europe. Elle le contemple, admirative. Il est si doux qu’elle s’en approche, il se laisse caresser, elle présente des fleurs à son blanc museau. Le dieu amoureux jubile. Il dépose comme des baisers sur les mains de la jeune fille. Le voici maintenant qui s’ébroue dans l’herbe verdoyante puis qui s’étale sur le sable doré pour mieux exhiber son éclatante blancheur. Le taureau offre à la main de la jeune fille ses flancs à caresser, ses cornes à orner de guirlandes de fleurs. Elle sans savoir que c’est un dieu, un amant qu’elle flatte, ose finalement s’installer sur le dos du taureau. Avec une lenteur toute trompeuse, Jupiter sans en avoir l’air, foule les premières vagues, tout au bord du rivage, puis s’avance chaque fois un peu plus loin. Aussitôt, le taureau se jette dans les flots et après une nage effrénée dépose la pucelle, abasourdie d’un tel culot, sur un rivage de Crète. Europe fut plus rassurée quand Jupiter lui révéla son identité. Ils tombèrent dans les bras l’un de l’autre sous un platane qui depuis reste toujours vert. De leurs étreintes naquirent trois fils : Minos, Rhadamanthe et Sarpédon. Jupiter lui fit aussi trois présents : une lance qui ne manquait jamais son but, le chien Laelaps qui ne laissait jamais échapper sa proie et Talos, l’homme de bronze qui faisait chaque jour le tour de la Crète et tuait les étrangers.

CONSTELLATION DU TAUREAU

Constellation du Taureau

Troisième Acte…

Un peu plus tard, Jupiter étant reparti vers d’autres frasques, Astérios, roi de Crète, épousa Europe, lui donna une fille, Crété et adopta les trois bambins. Il fit de Minos, l’aîné, son héritier. C’était l’ébauche du premier Marché Commun. Le nom d’Europe fut ainsi donné à notre continent et le Taureau fut immortalisé parmi les étoiles et promu au rang de constellation.

EUROPE ENLEVEE PAR LE TAUREAU - PIECE GRECQUE DE 2 EUROS

C’est la mort d’Astérios qui ouvre une querelle entre les trois frères pour l’accession au trône. Pour faire prévaloir ses droits, Minos réclama alors à Neptune, le dieu de la mer, une preuve tangible de son soutien. Le dieu s’y prêta de bonne grâce en faisant sortir des flots un superbe taureau… A une condition pourtant, car les dieux ne donnent jamais rien pour rien.

Après son accession au trône, Minos devait immoler le taureau en l’honneur du dieu. Mais le nouveau roi s’empressa d’oublier ce marché. La bête était trop belle pour qu’on la sacrifiât à Neptune et il se l’appropria. Se profile ici les notions d’avidité et de possessivité, propres au signe du Taureau.

Quant au père d’Europe, Agénor, il envoya à la recherche de sa fille ses trois fils : Cadmos, Phoenix et Cilix et la reine les accompagna. Agénor leur interdit de revenir sans Europe. Il ne revit aucun d’eux.

ENLEVEMENT D'EUROPE - FRESQUE DE POMPEI

Enlèvement d’Europe – Fresque de Pompéi

Bibliographie

Dictionnaire de la Mythologie – Michael Grant et John Hazel – Marabout

Les Métamorphoses d’Ovide – Pocket Jeunesse Classiques

Tagged Under : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

DANS LA MYTHOLOGIE DU TAUREAU… LE MINOTAURE

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME, 6.6.2 - LES MYTHES DU TAUREAU ET DE VENUS) par sylvietribut le 24-04-2014

Le roi Minos avait besoin de s’attirer la faveur populaire pour une raison qu’on ne connaît pas mais qui pourrait s’apparenter à celle de nos gouvernants actuels. Il fit appel au dieu des Mers, Neptune, et obtint de lui un prodige. Celui-ci répondit à la requête de Minos et fit surgir des flots un magnifique taureau blanc ; on se souvient que Minos était roi de Crète. En échange, celui-ci avait promis un sacrifice. Mais dans l’euphorie, Minos va oublier ses engagements. C’était mal connaître la vindicte de Neptune et ses fureurs. Le dieu offensé va se venger d’une bien étrange façon : il inspire à Pasiphaé, la reine, l’épouse de Minos, une passion irraisonnée et aveugle pour le fabuleux taureau, un amour qui n’avait rien de platonique. Dans le même temps l’animal rentra dans une fureur épouvantable, saccageant tout ce qui l’entourait, piétinant tout sur son passage, dévastant l’île, semant ruine et désolation. Il finit pourtant par s’arrêter sur un monceau de décombres.

PASIPHAE S'INTRODUISANT DANS LA VACHE EN BOIS DE DEDALE

Pasiphaé et la vache de bois de l’ingénieux Dédale

Pendant ce temps, Pasiphaé totalement submergée par son désir faisait construire par l’ingénieux Dédale une vache de bois dans laquelle elle s’enferma et, sous cette forme, elle se fit monter par le taureau, abusé par le simulacre. De cette union entre la belle et la bête naquit un monstre au corps d’homme et à la tête de taureau. On l’appela le Minotaure, le taureau de Minos. Le roi fut très ennuyé de cette fausse paternité. Pour se débarrasser de l’encombrant bâtard, il demanda à Dédale de lui creuser un labyrinthe à Cnossos pour l’y enfermer. Ce qui fut fait.

Seulement, il fallut nourrir le monstre. Ce que Minos fit périodiquement : tous les ans, sept jeunes gens et sept jeunes filles étaient amenés d’Athènes et jetés en pâture au Minotaure. Le roi d’Athènes, Thésée, ne pouvait supporter plus longtemps le sacrifice de sa jeunesse, il voulut être l’un des sacrifiés dans le but de tuer le Minotaure. Avant d’être jeté dans le labyrinthe le héros aura la chance d’être aperçu par Ariane qui a pour Thésée un vrai coup de foudre. Ariane n’est autre que la fille de Minos et de Pasiphaé, et donc la demi-sœur du Minotaure. Elle va donc trouver le moyen de faire parvenir à Thésée un écheveau enchanté qu’elle tient elle aussi de Dédale, ainsi Thésée une fois son forfait accompli et la jeunesse athénienne sauvée, ils pourront ensemble retrouver le chemin de la sortie. 

THESEE TUANT LE MINAUTORE DANS LE LABYRINTHE

Thésée tuant le Minotaure

Tout se déroulera le mieux du monde le beau : Thésée tuera le Minotaure et sortira sans encombre du labyrinthe grâce au fil d’Ariane. Mais Thésée est un héros ingrat et volage. S’il rentre bien à Athènes avec Ariane, il l’abandonnera très vite, bien avant Athènes, sur l’île de Naxos. Là, Ariane y rencontrera Dionysos qui tombe amoureux d’elle et l’épouse. En cadeau de noces, Vénus offrira au jeune couple une guirlande éblouissante qui deviendra plus tard la Constellation de la Couronne. Cette petite constellation se situe dans une portion du zodiaque ne comprenant que très peu d’étoiles brillantes. Dénommée « Ecuelle des pauvres » par les Arabes, la Couronne boréale est cependant facile à repérer en raison de sa forme caractéristique en demi cercle. Elle renferme un amas de plus de 400 galaxies, malheureusement hors de portée visuelle. 

Couronne boreale

Constellation de la Couronne

Quant à Minos, fou de dépit et de colère, il enferme Dédale dans le labyrinthe avec son fils Icare. Privé de l’écheveau magique qu’il avait donné à Ariane, Dédale devra imaginer un autre stratagème pour s’évader… Mais là est une autre histoire…

Ce mythe est riche d’enseignement si on prend le temps de l’analyser. La première partie illustre le type inférieur du Taureau qui s’enferme dans l’île de ses désirs et de ses craintes les plus égoïstes, refusant l’ouverture aux sentiments nouveaux et aux réalités extérieures. Au centre de cette obscure solitude le Minotaure guette, monstre de voracité et d’avidité, et symbole de destruction. Dans la seconde partie de l’histoire apparaît le côté le plus créateur du Taureau, avec la réactivité d’Ariane et l’ingéniosité de Dédale.

Le fil magique et conducteur est celui de la mémoire et de l’introspection, c’est-à-dire la lente et difficile prise de conscience des profondeurs les plus inavouables, où nous enfouissons, refoulons réalités difformes, échecs et frustrations accumulés au fil des ans. Se souvenir que Freud, le fondateur de la psychanalyse, était Taureau/Ascendant Scorpion.

PICASSO - LE MINOTAURE 

Picasso – Le Minotaure

D’autre part, ce monstre qu’est le Minotaure symbolise l’état psychique, la domination perverse de Minos. Mais ce monstre est l’enfant de Pasiphaé, c’est-à-dire que celle-ci est aussi à la source de la perversité de Minos. Elle symbolise l’amour coupable, un désir injuste, une domination indue, la faute, refoulés et cachés dans l’inconscient du labyrinthe. Les sacrifices consentis au monstre sont autant de mensonges et de subterfuges pour l’endormir, mais autant de fautes qui s’accumulent. Alors que le fil d’Ariane qui permet à Thésée de revenir à la lumière représente l’aide spirituelle nécessaire pour vaincre le monstre. Le mythe du Minotaure symbolise dans son ensemble le combat spirituel contre le refoulement. Mais ce combat ne peut être victorieux que grâce à des armes de lumière : d’après une légende, ce n’est pas seulement avec sa pelote de fil qu’Ariane permit à Thésée de revenir des profondeurs du labyrinthe, où il avait assommé le Minotaure à coups de poing, mais grâce aussi à sa couronne lumineuse, dont elle éclaira les détours obscurs du palais.

le labyrinthe

Bibliographie

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

Dictionnaire de la Mythologie – Michael Grant et John Hazel – Marabout

 

 

 

Tagged Under : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

DANS L’UNIVERS DU TAUREAU… LE JARDIN

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME, 6.6.2 - LES MYTHES DU TAUREAU ET DE VENUS) par sylvietribut le 28-04-2013

Le jardin est un symbole du Paradis terrestre, du Cosmos, dont il est le centre, du Paradis céleste dont il est la figure, des états spirituels, qui correspondent aux séjours paradisiaques.

On sait que le Paradis terrestre de la Genèse était un jardin, qu’Adam « cultivait le jardin » ; ce qui correspond à la prédominance du règne du végétal au début d’une ère cyclique, tandis que la Jérusalem céleste de la fin sera une ville. Ce jardin d’Eden se situerait au Moyen-Orient, près de l’ancienne Mésopotamie, mais la Genèse ne livre que peu d’informations sur le jardin en lui-même. On sait que le jardin d’Eden abritait l’Arbre de la Vie, l’Arbre de la connaissance du bien et du mal, qui porte des fruits, des pommes selon la tradition orale, bien que le mot n’apparaisse à aucun endroit : en latin « poma » signifie « fruits » de manière plus général.

On a dit des jardins de la Rome antique qu’ils étaient les souvenirs d’un paradis perdu. Ils étaient aussi des images et des résumés du monde, ce que sont encore de nos jours, les célèbres jardins japonais et persans. Le jardin d’Extrême-Orient c’est le « monde en petit », mais c’est aussi la nature restaurée en son état originel, invitation à la restauration de la nature originelle de l’être.

L’Asie orientale connaît aussi les jardins paradisiaques : le Kouen-louen, centre du monde et porte du ciel, est orné de jardins suspendus qui ne sont pas sans évoquer ceux de Babylone, où coule une fontaine d’immortalité.

CLOITRE SAN LAZZARO DEGLI ARMENI - LAGUNE DE VENISE

Cloître San Lazzaro degli Armeni – Lagune de Venise

Le cloître des monastères, le jardin clos des maisons musulmanes, avec sa fontaine centrale, sont des images du Paradis. De ces jardins qui sont les états paradisiaques, il est dit, dans l’Islam, qu’Allah est le jardinier. Dieu lui-même est un jardin, écrit Saint Jean de la Croix.

La tradition kabbalistique traite aussi du Paradis comme d’un jardin qui fut ravagé par certains de ceux qui y entrèrent. Le Pardes est ici le domaine de la connaissance supérieure, les quatre consonnes du mot correspondant aux quatre grands fleuves de l’Eden et aux quatre sens hiérarchisés des Ecritures. Ces quatre fleuves étaient : Hiddekel, Euphrate, Pishon et Gihon. Si les deux premiers correspondent de l’avis général au Tigre et à l’Euphrate, l’identification des deux autres rivières n’est toujours pas résolue à ce jour. Les ravages du jardin consistent à couper les plantes, c’est-à-dire à séparer la végétation contingente de son Principe.

Les Egyptiens avaient aussi le goût des jardins, avec des massifs fleuris et des bassins. Ils en dessinaient sur les murs et sur le sol de leurs palais. Chaque fleur avait son langage : les baies de mandragores étaient symboles d’amour, les lotus aux pétales ouverts évoquaient la roue solaire, et leur enracinement dans les eaux la naissance du monde.

Les fêtes du mariage de Zeus/Jupiter et d’Héra/Junon se sont déroulées dans le merveilleux et mythique Jardin des Hespérides, symbole d’une fécondité toujours renaissante. Mais, pour les Grecs, le jardin est surtout un luxe, dont ils ont découvert le charme en Asie, lors des conquêtes d’Alexandre. Les Romains avaient poussé jusqu’aux raffinements les plus complexes, mêlant architecture, statues, escaliers, sources, grottes, fontaines et jets d’eaux aux charmes colorés d’une végétation obéissant aux lois et à la volonté de l’homme. Particulièrement sous la forme d’un quinconce régulier, le jardin se révélait ainsi comme un symbole de la puissance de l’homme et, en particulier, de son pouvoir sur une nature domestiquée. On peut transposer à des niveaux plus élevés et voir dans un jardin un symbole de culture opposée à la nature sauvage, du réfléchi au spontané, de l’ordre au désordre, de la conscience à l’inconscient.

LE TAPIS JARDIN D'ISFAHAN - IRAN

Tapis Jardin d’Isfahan – Iran

Cependant, c’est en Perse que le jardin prit une signification, non seulement, cosmique comme au Japon, mais aussi métaphysique et mystique. L’amour des jardins est le thème central de la vision du monde iranienne. Les recueils de poésie les plus célèbres s’intitulent la Roseraie, le Verger. Les thèmes musicaux sont souvent dédiés aux jardins. C’est une source perpétuelle de comparaison : la bien-aimée est comparée au cyprès, au jasmin, à la rose. Plusieurs grands poètes ont voulu être enterrés dans les jardins. C’est un thème apparenté à celui de l’oasis et de l’île : fraîcheur, ombrage, refuge. Dans les célèbres tapis persans, dits « au jardin », le champ est divisé par des canaux rectilignes où nagent des poissons. Ces canaux, qui se croisent à angles droits, circonscrivent des carrés remplis de fleurs et d’arbustes.

Dans les civilisations amérindiennes, le jardin était également conçu comme un résumé de l’univers. Mais chez les Aztèques il réunissait, non seulement ce qu’il y a de beau et d’exaltant dans le monde : fleurs, fontaines, montagnes, fleuves et chemins, mais aussi des êtres redoutables et jusqu’aux monstruosités de la nature.

Le jardin apparaît souvent dans les rêves, comme l’heureuse expression d’un désir pur de toute anxiété. Enfin, le jardin désigne assez souvent pour l’homme la partie sexuelle du corps féminins. Mais à travers cette allégorie du petit jardin paradisiaque, les chants religieux des mystiques, signifient beaucoup plus que le simple amour et son incarnation, ils cherchent et louent ardemment le centre le plus intime de l’âme.

SCENE DE JARDIN - XIVe SIECLE

Scène de jardin – Gravure du XIVe siècle

Bibliographie

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins.

Tagged Under : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,