DANS LE MONDE DE MARS… LA DAME DE FER… LA TOUR EIFFEL

(6.2 - Paris Insolite - Paris Mystérieux - Paris Esotérique) par sylvietribut le 19-04-2016

C’est une tour en fer puddlé de 324 mètres de haut, avec antennes, située à l’extrémité nord-ouest du Champs-de-Mars, en bordure de la Seine dans le VIIe arrondissement de Paris. Elle fut construire par Gustave Eiffel et ses collaborateurs pour l’Exposition universelle de Paris en 1889. Initialement nommée « Tour de 300 mètres », ce monument est devenu le symbole de la capitale française. C’est un site touristique de premier ordre puisqu’il s’agit du second site culturel français payant le plus visité, avec jusqu’à 7 millions de visiteurs  par an, dont 75 % d’étrangers. C’est Notre-Dame de Paris qui arrive en tête des monuments les plus visités, avec 13,6 millions de visiteurs estimés, mais la cathédrale est en accès libre. Elle a accueilli son 250 millionième visiteur en 2010.

D’une hauteur de 312 mètres, à l’origine, la Tour Eiffel est restée le monument le plus élevé du monde pendant 41 ans. Le second niveau du troisième étage, appelé parfois quatrième étage, situé à 279,11 mètres, est la plus haute plateforme d’observation accessible au public de l’Union Européenne et la seconde plus haute d’Europe, derrière la Tour Ostankino à Moscou culminant à 337 mètres. La hauteur de la tour a été plusieurs fois augmentée par l’installation de nombreuses antennes. Utilisée dans le passé pour de nombreuses expériences scientifiques, elle sert aujourd’hui d’émetteur de programmes radiophoniques et télévisés.

TOUR EIFFEL SOUS LA NEIGE

La Tour Eiffel en hiver

Sa hauteur lui a permis de porter le titre de « plus haute structure du monde » jusqu’à la construction en 1930 du Chrysler Building à New York. Sur le site travaillent plus de 500 personnes et la Tour Eiffel est ouverte au public tous les jours de l’année. Elle est inscrite aux Monuments historiques depuis le 24 juin 1964 et est aussi inscrite au Patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1991, en compagnie d’autres monuments parisiens.

C’est à l’occasion de l’Exposition Universelle de 1889, date qui marquait le centenaire de la Révolution française, qu’un grand concours fut lancé par le Journal Officiel. Le pari était d’étudier la possibilité d’élever sur le Champ-de-Mars une tour de fer, à base carrée, de 125 mètres de côté et de 300 mètres de hauteur. Choisi parmi 107 projets, c’est celui de Gustave Eiffel, entrepreneur, Maurice Kœchlin et Emile Nouguier, ingénieurs et Stephen Sauvestre, architecte qui est retenu. Les premiers coups de pelle furent donnés le 28 janvier 1887. Le 31 mars 1889, la Tour est achevée en un temps record, deux ans, deux mois et 5 jours. Ce qui représentait une véritable prouesse technique.

TOUR EIFFEL EN CONSTRUCTION

Tour Eiffel en construction

Initialement, Gustave Eiffel, ingénieur passé maître dans l’architecture du fer, avait prévu douze mois de travaux. En réalité, il faudra en compter le double. La phase de construction qui débuta le 28 janvier 1887, s’achèvera finalement en mars 1889, juste avant l’ouverture officielle de l’Exposition Universelle. Pourtant, sur le chantier, le nombre d’ouvriers ne dépassera jamais les 250. C’est, qu’en fait, une grande partie du travail était fait en amont, dans les usines des entreprises Eiffel à Levallois-Perret. Ainsi, sur les           2 500 000 rivets que compte la tour, seulement 1 050 846 furent posés sur le chantier, soit 42 % au total. La plupart des éléments furent assemblés dans les ateliers de Levallois-Perret, au sol, par tronçons de cinq mètres, avec des boulons provisoires, et ce n’est qu’après, sur le chantier, qu’ils furent définitivement remplacés par des rivets posés à chaud.

La construction des pièces et leur assemblage ne furent pas le fruit du hasard. Cinquante ingénieurs exécutèrent pendant deux ans 5 300 dessins d’ensemble ou de détails, et chacune des 18 038 pièces en fer possédait un schéma descriptif.

Quant au fer puddlé de la tour Eiffel il fut produit dans les ateliers de Dupont et Fould de Pompey, en Lorraine. Gustave Eiffel les avaient choisis notamment en raison de ses propriétés mécaniques. Quant au fer, il provenait en partie des mines algériennes de Zaccar et Rouina.

Le puddlage est un ancien procédé d’affinage de la fonte consistant à la décarburer dans un four à l’aide de scories oxydantes pour obtenir du fer puddlé à partir de fonte. Le puddlage permet la fabrication en grande quantité de fer, aux caractéristiques supérieures à celles de la fonte. Les arches de la Gare de l’Est et la Tour Eiffel ont ainsi été réalisées en fer puddlé produit par la Société des Aciéries de Pompey.

Après avoir été largement employé tout au long du XIXe siècle, le fer puddlé s’effaça progressivement devant l’acier, plus performant et plus compétitif dès que les convertisseurs furent mis au point.

champ-de-mars et tout au fond l'Ecole Militaire

Champ de Mars et tout au fond l’Ecole Militaire

Particulièrement intéressant aussi par rapport à la symbolique de Mars, outre le fer principale matière utilisée, c’est la situation de la Tour Eiffel sur le Champ-de-Mars, qui porte bien son nom vu les événements qui s’y déroulèrent, eux-mêmes totalement en rapport avec les symboles martiens. Ainsi, à partir de 1790, le Champs-de-Mars était devenu le théâtre de nombreux événements révolutionnaires dont le premier fut la Fête de la Fédération où Talleyrand officia, le 14 juillet 1790, devant 300 000 spectateurs. Ensuite, en novembre 1793, Bailly fut décapité, dans des conditions odieuses, dans un des fossés en bordure du Champ-de-Mars, à l’angle du quai et de l’avenue de La Bourdonnais.

Le 8 juin 1794, le Champs-de-Mars vit l’apothéose de la Fête de l’Etre suprême et aussi celui de Robespierre dont la popularité commença de ce jour à décliner. La Restauration y reconstitua, en 1826, un combats de l’expédition d’Espagne de 1823, en édifiant sur la colline située en face, de l’autre côté de la Seine, un fort de Cadix, le Trocadéro, qu’avaient défendu les Espagnols.

Louis-Philippe y donna, en juin 1837, pour le mariage du duc d’Orléans avec la Princesse de Mecklembourg Schwerin, une grande fête populaire qui se termina par une effroyable bousculade où 23 personnes périrent étouffées.

La IIe République y installa, en 1848, ses « Ateliers nationaux » et le second Empire, des courses de chevaux jusqu’à la création, en 1855, de l’hippodrome de Longchamp. Et bien sûr, au Champ-de-Mars se tinrent les expositions universelles de 1867, 1878, 1889, année de l’édification de la Tour Eiffel, puis de 1900 et de 1937.

Notez aussi que tout au bout du Champ-de-Mars, face à la Tour Eiffel, se trouve l’Ecole Militaire. Ainsi, à l’origine ce Champ-de-Mars était le terrain de manœuvres des élèves de l’Ecole Militaire. Il servit surtout comme terrain de revues des troupes de la Maison du Roi.

Comment ne pas terminer avec le thème de Gustave Eiffel, lui-même, dont la dominante est bien sûr Martienne avec un Mars culminant au MC, lui-même en Bélier, au quinconce du Soleil.

THEME NATAL DE GUSTAVE EIFFEL

Thème natal de Gustave Eiffel – Né le 15 décembre 1892, 20 heures, à Dijon (21)

Gustave Eiffel ne pouvait voir les choses qu’en grand et même en immense. En effet, c’est un Jupitérien car non seulement son Soleil superpose le Sagittaire, mais il est aussi carré à Jupiter. C’est un créateur-né puisque ce Soleil natal, Maître de son Ascendant Lion, superpose la Maison V de son thème. C’est aussi un travailleur et un organisateur hors pair puisque son Soleil est carré Saturne, mais celui-ci est en Vierge et en Maison III du thème, à la fois au trigone de Neptune et de Vénus, mais surtout au trigone de Mars en Taureau et au Milieu du Ciel comme on vient de le voir.

TOUR EIFFEL ENTRE TROCADERO ET ECOLE MILITAIRE

Tour Eiffel entre Trocadéro, Champs-de-Mars et Ecole Militaire

Bibliographie

Connaissance du Vieux Paris – Jacques Hillairet

 

 

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DANS L’ESPRIT VERSEAU… L’HOTEL DE VILLE DE PARIS

(6.2 - Paris Insolite - Paris Mystérieux - Paris Esotérique) par sylvietribut le 17-02-2015

C’est Etienne Marcel, alors Prévôt des Marchands, qui transporta, en 1357, ce lieu de réunion de l’administration municipale dans une maison de la place de Grève, appelée, à cause de ses arcades la « Maison aux Piliers ». Ce premier Hôtel de Ville se trouvait situé, comme l’actuel, sur le côté oriental de la place. C’était une construction à deux étages sur arcades, ornée de deux tourelles d’angle ; elle possédait une grande salle de réunion, d’environ dix mètres sur six, et un grenier, dépôt d’armes des bourgeois.

HOTEL DE VILLE DE PARIS - 1583

Hôtel de Ville de Paris en 1583

Cet hôtel fut reconstruit deux siècles plus tard : la partie sud sous François 1er et Henri II, de 1551 à 1553, et la partie nord sous Henri IV et Louis XIII, de 1606 à 1628, celle-ci d’après les plans de Dominique, dit le Boccador, Pierre Chambiges étant l’un des entrepreneurs.

L’Hôtel de Boccador, de style Renaissance, a inspiré la partie centrale de l’Hôtel de Ville actuel. Il comprenait un corps de bâtiment à sept fenêtres, comportant un rez-de-chaussée et un étage que surmontaient un comble de grande hauteur portant six statues dorées de chevaliers bannerets et un élégant campanile avec horloge ; il était flanqué de deux pavillons d’aile à trois fenêtres avec un étage supplémentaire. Les treize fenêtres à la façade alternaient avec des niches. Le pavillon nord avait une arcade, avec des niches. Le pavillon nord avait une arcade dite du Saint-Esprit, symétrique de l’arcade Saint-Jean, située sous le pavillon sud, ces deux arcades sont rappelées dans le bâtiment actuel par les deux vastes portes cochères latérales. La porte centrale portait à son tympan, en haut-relief, une figure équestre d’Henri IV.

HOTEL DE VILLE DE PARIS

L’Hôtel de Ville de Paris au XXIe siècle

A l’intérieur de l’hôtel se trouvait, face à l’entrée d’honneur, une cour décorée d’arcades qui portèrent plus tard des inscriptions rappelant les victoires de Louis XIV. On apercevait, sous celle qui faisait face à l’entrée, la statue pédestre, en bronze, de ce monarque, œuvre de Coysevox, située actuellement dans la cour d’honneur du Musée Carnavalet, seule statue des rois de France qui n’ait pas été détruite par la Révolution. Le 24 mai 1871, sous la Commune, installée à l’Hôtel de Ville depuis le mois de mars précédent, ce superbe édifice fut arrosé de pétrole, puis livré aux flammes qui le détruisirent complètement. L’hôtel actuel est une reconstruction de 1873 à 1883.

L’Hôtel de Ville de Paris a été le palais de toutes les révolutions, le lieu de ralliement de toutes les émotions nationales. Résumer ici son histoire serait résumée celle de la Nation. Nous sommes bien dans un monde uranien et Verseau, entre révolutions et humanisme.

LA SCIENCE - HOTEL DE VILLE DE PARIS

Allégorie de la Science –Jules Blanchard

L’Hôtel de Ville de Paris héberge, comme chacun sait, les institutions municipales. L’entrée principale est flanquée de deux statues dont l’une, « Allégorie de la Science » de Jules Blanchard, comporte une sphère cerclée d’une bande zodiacale. Cette splendide statue ressemble fort à la belle Uranie, la déesse de l’astrologie en affinité totale avec le Verseau.

BLASON DE LA VILLE DE PARIS - STATION HOTEL VILLE - LIGNE 1 DU METRO

Blason de la Ville de Paris – Station Hôtel de Ville – Ligne 1 du Métro

 

Bibliographie : Connaissance du Vieux Paris – Editions de Minuit

 

 

 

 

 

 

 

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DANS L’UNIVERS DU TAUREAU… LA BOURSE DE COMMERCE DE PARIS ET LA HALLE AUX BLES

(6.2 - Paris Insolite - Paris Mystérieux - Paris Esotérique) par sylvietribut le 16-05-2014

A l’emplacement approximatif où se trouve aujourd’hui la Bourse de commerce de Paris se trouvait l’hôtel de Soissons. Catherine de Médicis, qui était d’ailleurs Taureau Ascendant Bélier, habita ici pendant 14 ans, mais c’est à Blois qu’elle mourut, en 1589. Malade, elle avait reçu d’un prêtre les derniers sacrements ; elle lui demanda son nom : « Madame, je m’appelle Julien de Saint-Germain ». Catherine de Médicis comprit que son Astrologue avait vu juste et qu’elle n’avait plus qu’à mourir, ce qui se produisit peu après. En effet, il faut se souvenir qu’en 1572, par son fameux horoscope, le Florentin Cosimo Ruggieri avait prédit à la Reine « qu’elle mourrait près de Saint-Germain ». C’est pourquoi Catherine de Médicis renonça à habiter le château des Tuileries situé dans la paroisse de Saint-Germain-l’Auxerrois et délogea les Filles-Pénitentes qu’elle transféra dans le monastère de Saint-Magloire, rue Saint-Denis. En place du couvent, la Reine fit construire un hôtel superbe, le plus beau de Paris avec le Palais du Louvre et le château des Tuileries. Ce fut l’Hôtel de la Reine, œuvre de Brullant.

LA BOURSE DU COMMERCE

La Bourse du Commerce et la Tour Astrologique – Paris

Il comprenait deux parties : l’hôtel et son jardin. La colonne que l’on voit actuellement était édifiée à l’intérieur même de l’hôtel, dans l’encoignure d’une courette ; son premier étage faisait face à l’une des deux pièces formant le logis particulier de la reine. La colonne servait d’observatoire à son astrologue Cosimo Ruggieri.

En 1606, l’Hôtel de la Reine fut acheté par le fils du Prince de Condé, Charles de Bourbon-Condé, comte de Soissons. Il le fit réparer et agrandir ; d’où un nouvel hôtel magnifique appelé dès lors l’Hôtel de Soissons. Malheureusement, le dernier propriétaire, Victor-Amédée de Savoie, criblé de dettes, transforma l’hôtel en un somptueux tripot. Puis en 1718, il fit construire dans les jardins quantité d’échoppes qu’il loua très cher aux agioteurs de la Banque générale de Law avant que ceux-ci ne s’installent, un an après, dans la rue Quincampoix.

L’hôtel fut démoli en 1748 et ses matériaux vendus pour payer les créanciers de Victor-Amédée de Savoie. La colonne fut rachetée par la Ville et son premier acquéreur, Laurent Destouches, qui l’avait acquise pour la  sauver de la démolition.

Entre 1763 et 1767, la Ville de Paris fit construire sur l’emplacement de l’Hôtel de Soissons un édifice, de forme circulaire, destiné à la vente et à l’entrepôt des blés et farines. Ce fut la Halle aux Blés. On avait envisagé d’abord de transporter la colonne en son centre, mais le projet fut abandonné et la colonne resta à sa place primitive, adossée au mur extérieur de la Halle avec laquelle elle n’eut aucune communication. En 1887, la Bourse du Commerce remplaça la Halle aux Blés.

LA TOUR ASTROLOGIQUE - PARIS

La Colonne Astrologique – Paris

Quant à la Colonne Astrologique, construite également par Bullant, elle appartient est à l’ordre toscan par son chapiteau et à l’ordre dorique par son fût. Sa hauteur est d’environ 31 mètres, son diamètre, de 3,15 mètres à la base et de 2,65 mètres au sommet ; sa surface présente 18 cannelures, séparées entre elles par des arêtes dentelées. On y voit encore des monogrammes faits de C et de H entrelacés. Elle contient un escalier à vis de 147 marches, éclairé par quelques étroites barbacanes.

On ignore encore le but de cette colonne. Pour certains, ce pouvait être une tour de guet, pour d’autres, un monument élevé par la reine à la mémoire de feu son époux, le roi Henri II. Reste la solution d’un observatoire dominant le palais et ses alentours où, à défaut de la superstitieuse reine qui, déjà âgée et corpulente, ne pouvait gravir ces 147 marches, montèrent souvent ses astrologues et cabalistes pour observer le firmament.

Cette mystérieuse colonne, qui est classée, constitue un précieux souvenir d’un lieu où deux reines de France ont vécu, où fût un couvent de jolies pécheresses du XVIe siècle, où naquirent deux illustres généraux et qui fut, à deux reprises, un temple de l’agiotage.

LA BOURSE DU COMMERCE DE PARIS VUE DU CIEL

La Bourse du Commerce de Paris vue du ciel

C’est l’architecte et théoricien Nicolas Le Camus de Mézières qui fut chargé de la construction de la halle et du quartier avoisinant. Le terrain dessinait un pentagone irrégulier. Les marchands étaient partagés sur la forme à donner à l’édifice : certains préféraient un « carreau » où la lumière du jour permettait de juger de la qualité des marchandises, tandis que d’autres soulignaient les avantages d’un édifice couvert pour les protéger des intempéries. Le Camus opta pour un bâtiment de plan annulaire, de 122 mètres de circonférence, percé de 25 arcades : la partie centrale restait ainsi à ciel ouvert, mais deux galeries concentriques, ouvertes sur l’extérieur par 24 arcades et couvertes de voûtes supportées par des colonnes d’ordre toscan, comme la colonne astrologique, formaient un abri commode.

Ces galeries renfermaient les locaux de la police, du contrôle des poids et mesures, des statistiques. Au premier étage, se trouvaient de vastes greniers couverts de voûtes ogivales en briques et accessibles par deux beaux escaliers tournants dont l’un était à double révolution, comme à Chambord, afin que le personnel administratif et les négociants n’aient pas à croiser les portefaix.

PLAN DE LA HALLE AU BLE - BOURSE DE COMMERCE DE PARIS

Plan de la Halle aux Blés par l’Architecte Le Camus de Mézières

Le nouvel édifice fut très admiré. Il illustrait les conceptions qui commençaient à se dégager alors : la notion de monument public, isolé et dégagé par rapport au tissu urbain, ce qui présentait en outre l’avantage supplémentaire de réduire les risques d’incendie. La sobriété, la transparence, le jeu des volumes rappelaient l’architecture gothique qui recommençait à être admirée. Ce monument rationnel et élégant « fut accueilli comme le symbole d’un gouvernement paternel et d’une administration prévoyante, comme un témoignage du zèle municipal pour le bien public. L’activité dont elle était le théâtre enseignait au peuple que l’abondance est la récompense du travail ».

Par ailleurs, comme on avait renoncé à déplacer la colonne astronomique de Ruggieri, on se borna à réparer le monument, tout en y ajoutant une fontaine et un cadran solaire dessiné par l’astronome Alexandre Guy Pingré.

Autour de la Halle aux Blés, on traça une rue circulaire, l’actuelle rue de Viarmes, d’où rayonnaient cinq autres voies qui reçurent les noms d’échevins. Au nord, une petite place circulaire devait assurer l’articulation avec le vaste parvis projeté devant l’église Saint-Eustache. 

VOUTE DE LA HALLE AU BLE

Voûte de la Halle aux Blés – Bourse du Commerce de Paris

Entre septembre 1782 et janvier 1783, comme la cour intérieure avait été laissée ouverte et que cela nuisait à la conservation des grains, on la fit couvrir d’une coupole en charpente, exécutée par le menuisier André-Jacob Roubo, qui démontrait les qualités de la charpente à petits bois conçue par Philibert Delorme au XVIe siècle. Cette charpente était constituée d’arêtes de planches de sapin, séparées par des châssis vitrés, couvertes de cuivre étamé et de lames de plomb. Elle culminait à 38 mètres au-dessus du sol et était surmontée d’une lanterne en fer, mentionnée dans les Mémoires secrets de Bachaumont comme « un des plus grands ouvrages de serrurerie en ce genre » et sommée d’une girouette et d’un paratonnerre.

Cette réalisation fut très admirée, notamment par Thomas Jefferson, alors ambassadeur des Etats-Unis à Paris. On n’hésitait pas à la comparer au dôme de la basilique Saint-Pierre de Rome. Dans « Voyages en France », Arthur Young évoque « la plus belle chose que j’ai vue dans Paris c’est la halle aux blés. La coupole est aussi légère que si elle avait été suspendue par la main des fées. Dans l’arène, que de pois, de fèves, de lentilles, on y vend. Dans les divisions d’alentour il y a de la farine sur les bancs. On passe par des escaliers doubles tournant l’un sur l’autre dans des appartements spacieux pour mettre du seigle, de l’orge, de l’avoine, le tout si bien projeté et si bien exécuté que je connais aucun bâtiment public en France ou en Angleterre qui le surpasse… » .

Malheureusement, en 1802, la coupole fut détruite par un incendie. Elle était en fer et primitivement couverte de feuilles de cuivre, elles furent remplacées par des vitres en 1838. L’usage du fer et du cuivre en faisait un ouvrage d’avant-garde que Victor Hugo, qui la comparait à une casquette de jockey, n’appréciait guère.

 LA HALLE AU BLE EN 1838

La Halle aux Blés en 1838

Nouvel incendie en 1854 et la Halle aux blés dont l’activité n’avait cessé de diminuer fut fermée en 1873. Le bâtiment fut attribué en 1885 à la Chambre de Commerce qui le fit transformer en Bourse de commerce. On modifia la coupole en fer et verre, on ferma la partie inférieure d’une maçonnerie en brique et on rhabilla l’ensemble du bâtiment en pierre. Auparavant, la Bourse du Commerce était hébergée dans les locaux du Palais Brongniart, l’actuelle Bourse de Paris. L’ensemble fut inauguré le 24 septembre 1889. La ville de Paris transféra la propriété du bâtiment de la Chambre de Commerce pour 1 franc symbolique en 1949. La coupole et le décor furent classés « Monument historique » en 1986 et d’importants travaux de restauration furent exécutés en 1989.

Aujourd’hui, l’entrée monumentale s’ouvre par un portique, situé à l’ouest du bâtiment face à la rue du Colonel-Driant, sommé d’un fronton porté par quatre colonnes corinthiennes cannelées que surmontent trois figures allégoriques, œuvre du sculpteur Aristide Croisy, représentant la Ville de Paris flanquée de l’Abondance et du Commerce. L’intérieur est décoré de panneaux peints représentant des personnages symbolisant les quatre points cardinaux et de fresques monumentales évoquant l’Histoire du Commerce entre les cinq continents. 

LA COUPOLE DE LA BOURSE DE COMMERCE DE PARIS

La coupole de la Bourse de Commerce de Paris

Bibliographie

Connaissance du Vieux Paris- Jacques Hillairet – Editions de Minuit – 1978

 

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L’ASTROLOGIE DANS LES MONUMENTS… DANS L’UNIVERS DU LION… LE GRAND FOYER DE L’OPERA GARNIER A PARIS

(6.2 - Paris Insolite - Paris Mystérieux - Paris Esotérique) par sylvietribut le 15-08-2013

L’Opéra Garnier est tout à fait représentatif de la seconde moitié du XIXe siècle, s’inscrivant dans la continuité des transformations de Paris menées par Napoléon III et le Préfet Haussmann. Il fut inauguré le 5 janvier 1875. Au plafond du salon Est du grand foyer, on peut admirer l’œuvre de Jules-Elie Delaunay, le « zodiaque » qui, sous les ors et les lustres, se centre sur le signe du Lion.

OPERA GARNIER - LE GRAND FOYER 

Le Grand Foyer de l’Opéra Garnier

La conception du grand foyer s’inspire des dispositions et de l’inspiration décorative des galeries des châteaux de la Renaissance française du XVIe siècle, tel le château de Fontainebleau, ainsi que du siècle de Louis XIV, comme la galerie d’Apollon au Louvre et la galerie des Glaces à Versailles. Un savant jeu de miroirs et de baies ouvrant sur les rues et les façades environnantes vient encore accentuer ses vastes dimensions. Cet endroit est pensé, à l’origine, comme un point de rencontre des spectateurs, toutes catégories sociales confondues. A noter ces éléments du décor que sont les miroirs et les baies laissant passer la lumière font partie de la symbolique du Lion et du Soleil.

Ce grand foyer, comprenant cinq travées, est agrémenté de part et d’autre d’un salon. Du côté de l’avant-foyer, trois larges ouvertures donnent accès aux circulations qui mènent aux galeries du grand escalier, puis à la salle. Une grande baie permet d’accéder de chaque petit salon octogonal à une rotonde : le « salon de la Lune », situé côté jardin, et le « salon du Soleil », côté cour. De part et d’autre de la porte axiale, de grands miroirs, d’une hauteur approchant les six mètres, montent à partir du parquet et des lambris. Sur l’autre face, cinq grandes portes-fenêtres en constituent les pendants et indiquent l’accès à la loggia. Sur les murs, on remarque vingt élégantes statues, allégories des « Qualités » indispensables aux artistes des arts lyrique et chorégraphique.

Un plafond à voussures, peint par Paul Baudry, représente les grandes étapes de l’histoire de la Musique, de la Comédie et de la Tragédie, et décline plusieurs aspects de leur thématique propre.

LA LYRE DANS LE GRAND FOYER DE L'OPERA GARNIER 

La Lyre du Grand Foyer de l’Opéra Garnier

La lyre forme un élément décoratif de prédilection ponctuant, de manière presque systématique, différentes modératures, chapiteaux, grilles de chauffage et même les poignées de porte. On pense bien sûr à la lyre d’Apollon, le symbole du Soleil.

Jusqu’au XIXe siècle, et comme le voulait la tradition, les foyers des lieux de spectacle étaient réservés à l’usage exclusif des hommes. Les femmes recevaient pendant ce temps-là dans leur loge respective. Cependant, lors de l’inauguration du Palais Garnier, la reine d’Espagne désira admirer la galerie du grand foyer. Le tabou était brisé car elle fut aussitôt suivie de son entourage immédiat, puis des autres dames de la bonne société de l’époque qui ne souhaitaient pas être en reste.

OPERA GARNIER - SALON DU SOLEIL 

Salon du Soleil – Grand Foyer de l’Opéra Garnier

A l’insu de Charles Garnier, ses collaborateurs demandent à plusieurs ouvriers de sculpter deux bustes dorés d’Apollon à son image. Ces deux œuvres figurent à hauteur du plafond. Une autre copie de la représentation en buste de l’architecte, sculptée par Carpeaux, trône au centre du grand foyer et à proximité d’une fenêtre donnant sur la perspective de l’avenue de l’Opéra.

En 1928, un regrettable incendie prive le grand foyer de ses rideaux et tentures or. Ceux-ci ne retrouvèrent leur place qu’à l’occasion d’une restauration intégrale de la galerie qui ne s’acheva qu’en 2004.

Par ailleurs, placées aux extrémités Est et Ouest de l’avant-foyer, deux rotondes de taille modeste retiennent l’attention. Elles ont été peintes par les décorateurs Philippe Marie Chaperon et Auguste Alfred Rubé, amis de l’architecte.

OPERA GARNIER - SALON DE LA LUNE

Le Salon de la Lune – Grand Foyer de l’Opéra Garnier

Sur les voûtes du « Salon de la Lune » et du « Salon du Soleil » dominent, dans celui de la Lune les tonalités froides de l’argent, avec des représentations d’oiseaux de nuit : hiboux et chauves-souris, et dans l’autre, celui du Soleil, les tons chauds de l’or, au milieu d’un décor de salamandres. Des miroirs étamés, les premiers de couleur froide et les seconds à dominante chaude, recouvrent respectivement leurs parois et se reflètent à l’infini pour former des « chemins de lumière ».

LE SIGNE DU CANCER - OPERA GARNIER 

Le Cancer

D’autre part, près de l’escalier qui mène aux étages, une figure mythologique de bronze de dresse de façon mystérieuse : c’est la Pythonisse du sculpteur Marcello, première référence au dieu solaire Apollon, dont la Pythie délivrait jadis les oracles à Delphes. Par ailleurs, seize bustes sculptés évoquent par leur coiffe les quatre saisons et les douze signes du zodiaque.

 LE LION - OPERA GARNIER

Le Lion

 

Bibliographie

Le site de l’Opéra Garnier : www.operadeparis.fr

 

 

 

 

 

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CONNAISSEZ-VOUS LA RUE DE L’ESTRAPADE ?

(6.2 - Paris Insolite - Paris Mystérieux - Paris Esotérique) par sylvietribut le 18-02-2013

Cette vieille rue de Paris se trouve dans le Ve arrondissement. Elle commence place de l’Estrapade et rejoint la place de la Contrescarpe.

FONTAINE DE LA PLACE DE LA CONSTRESCARPE

Fontaine de la place de l’Estrapade

La place de l’Estrapade a toujours été un important carrefour. C’était au XVIe siècle le carrefour de « Braque », formé par la rencontre de trois rues : rue des Fossés-Saint-Jacques, rue Lhomond et rue de l’Estrapade. Ce nom de Braque était celui d’un vaste jeu de paume.

Elle prit son nom actuel au XVIIe siècle car c’était ici qu’on faisait subir, jusqu’en 1687, le châtiment dit de « l’estrapade » aux soldats déserteurs ou voleurs. C’était une invention italienne : le patient était hissé les mains liées derrière le dos, jusqu’au sommet d’une très haute potence d’où on le laissait brusquement tomber jusqu’à une courte distance du sol, cela plusieurs fois de suite jusqu’à ce que ses bras et ses jambes fussent disloqués. Pour favoriser cette dislocation, on augmentait parfois la violence de la chute en suspendant un lourd poids aux pieds du patient.

A partir de 1778, on trouvait sur la place de l’Estrapade, le Bureau central des Falots où les promeneurs nocturnes pouvaient se procurer des lanternes numérotées, portées par de petits garçons qui les éclairaient dans les rues et les accompagnaient jusqu’à la porte même de leur appartement, celui-ci fût-il au dernier étage de la maison.

RUE DE L'ESTRAPADE - PARIS

Toutefois, c’est le n° 13 de l’Estrapade qui nous intéresse. C’est en effet dans cette maison, disons plutôt un taudis, que vivait Bonaventure Guyon, astrologue, professeur de mathématiques célestes, comme il se plaisait à s’appeler. Il serait certainement resté dans l’anonymat si, après sa disgrâce du 9 Thermidor, Bonaparte, en personne, ne vint le consulter.

Guyon lui dévoila son avenir et ce qu’il dit sur son passé permis au futur empereur d’être confiant en sa science des astres. Troublé, Bonaparte revint le voir plusieurs fois, jusqu’au jour où, poussant ses prédictions beaucoup plus loin, il lui annonça la retraite de Russie, son exil, et même sa mort sur une île. Furieux, Bonaparte alors premier consul, cessa de le rencontrer.

BONAPARTE

Bonaparte

Rassurez-vous, Bonaparte ne fut pas le seul à être mécontent des prédictions reçues. On dit qu’Hitler envoya plusieurs de ses astrologues finir en camps de concentration. Un seul, toutefois, réussit à s’envoler pour l’Angleterre juste après lui avoir prédit sa chute.

ESTRAPADE

Bibliographie

Connaissance du Vieux Paris – Jacques Hillairet – Editions de Minuit

 

 

 

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DANS LE MONDE DE MARS… DES SOLDATS ET DE LA GUERRE… L’HOTEL DES INVALIDES A PARIS

(6.2 - Paris Insolite - Paris Mystérieux - Paris Esotérique) par sylvietribut le 17-04-2012

L’Hôtel Royal des Invalides fut la première maison destinée à recueillir et à abriter les soldats estropiés, vieux et caducs, devenus invalides à la suite des guerres, fut fondée par Henri IV en 1604, c’était alors la « Maison Royale de la Charité-Chrétienne » établie rue de L’Oursine, aujourd’hui rue Broca. Marie de Médicis n’ayant pas soutenu cet établissement après la mort d’Henri IV, les soldats invalides redevinrent, comme par le passé, des gueux que les abbayes recueillaient comme oblats, à charge pour eux de sonner les cloches et de balayer l’église. Richelieu repris la question et affecta au logement des invalides le château de Bicêtre qu’il érigea en « Commanderie de Saint-Louis », mais celle-ci périclita à son tour.

 

La question fut reprise par Louis XIV qui, secondé par Louvois, prescrivit, en 1670, la construction d’un hôtel où tous les soldats sont devenus invalides à son service seraient entretenus, les fonds étant prélevés sur les revenues des abbayes et des prieurés. Ce fut une institution royale, administrée par un gouverneur représentant le secrétaire d’Etat à la Guerre, où les médecins, chirurgiens, apothicaires étaient nommés par le roi et jouissaient des mêmes privilèges que ceux attachés à la cour du monarque.

On fixa comme emplacement du futur Hôtel Royal des Invalides le large espace de terrain situé hors de Paris, dans la partie de la plaine de Grenelle comprise entre le faubourg Saint-Germain et le bourg du Gros-Caillou. La première pierre fut posée le 30 novembre 1671. Près de 6 000 invalides purent prendre, en 1676, possession de leur hôtel dont la construction fut achevée en 1706, à la condition qu’ils ne soient pas protestants. Les architectes en furent, de 1671 à 1676, Libéral Bruant pour l’Hôtel, puis à partir de 1677,  Jules-Hardouin Mansart qui acheva l’église et construisit le dôme.

Canon – Invalides

La grille d’entrée, flaquée de deux pavillons en pierre, ouvre sur un parterre qui remplace les petits jardins particuliers que cultivaient jadis les invalides, reprenant l’idée des Romains que le soldat est aussi cultivateur, à l’image de Mars dieu de la Guerre mais aussi de l’Agriculture… Ce parterre est bordé par un fossé de 6 mètres de large et profond de 3 mètres, soutenu par un mur d’escarpe à balustrade, terminé à chacune de ses extrémités par une demi-lune bastionnée. On aperçoit, alignés à l’intérieur le long de cette clôture, de vieux canons français ou étrangers, dont les huit pièces prussiennes de la « Batterie triomphale » fondues, en 1708, pour Frédéric 1er, roi de Prusse, et capturées à Vienne par Napoléon en 1805.

Une patte-d’oie conduit aux trois portes, en bois sculpté, de la longue façade que terminent deux pavillons en avant-corps ; ceux-ci ont porté à leurs angles jusqu’en 1939 les quatre statues d’esclaves de bronze qui, jadis, décoraient le socle de la statue érigée à la gloire de Louis XIV sur la place des Victoires. Cette façade, de plus de 210 mètres de long, décorée de mascarons, de casques, cuirasses et pots à feu, comporte un rez-de-chaussée, deux étages et un attique surmonté d’un comble avec les lucarnes, toutes différentes, sont en forme de trophées. Sa partie centrale forme un avant-corps qu’une élégante partie incurvation relie aux ailes ; des pilastres ioniques accouplés soutiennent un arc sculpté s’élevant jusqu’à la hauteur du toit et portant en son centre un bas-relief représentant, au-dessus d’un piédestal encadré par la « Justice » et la « Prudence », Louis XIV à cheval en costume romain. Et pour rester dans la symbolique astrologique, il faut se souvenir que la Justice et la Prudence sont deux valeurs cardinales, et correspondent à deux signes cardinaux : la Balance pour la Justice et le Capricorne pour la Prudence.

 

Louis XIV sur son cheval entre la Prudence et la Justice – Œuvre de Coustou

La statue initiale de Louis XIV à cheval était l’œuvre de Cartellier mais fut remplacée depuis août 1816 par celle de Coustou car la première avait été fortement endommagée pendant la Révolution. Coustou a également sculpté les statues colossales de Mars et de Minerve, placées de chaque côté de la porte d’entrée. Minerve est une grande déesse guerrière, appelée Pallas-Athénée en Grèce, qui sortit habillée et casquée de la cuisse de son père, Jupiter.

La cour d’honneur, ou cour royale, de forme rectangulaire est fermée par quatre bâtiments identiques, composés d’un rez-de-chaussée et d’un étage dont les arcades, en plein cintre, sont superposées. Ils forment quatre portiques coupés chacun par un avant-corps central à fronton triangulaire sculpté ; celui du nord porte un cadran solaire où sont bien présents les signes du zodiaque.

Tout l’hôtel a conservé son aspect du XVIIe siècle : façades, corridors et couloirs à poutres et à solives apparentes, escaliers à balustres ou à rampe de fer forgé, couvrent une longueur de 16 kilomètres.

La cour où se trouvent, depuis 1676, les bâtiments de l’infirmerie de l’Hôtel des Invalides, jadis composée de grandes salles, aux lits nombreux, desservies par les Filles de Charité. En plus des invalides on y soigna, à partir de 1702, tous les soldats atteints de maladies vénériennes, bien en rapport avec le Scorpion, signe de Mars.

 

Napoléon visitant les invalides à l’hôpital des Invalides – Œuvre de Verron-Bellecourt

Quant à l’église, elle constitue l’un des plus beaux monuments de Paris, surtout par son dôme qui se dresse, d’un seul jet, jusqu’à 105 mètres de hauteur. A noter sur la première corniche la représentation des quatre vertus cardinales : la Prudence, la Justice, la Tempérance et la Force, cette dernière bien en rapport avec Mars et le Bélier.

 

Méridienne et zodiaque – Cours d’honneur de l’Hôtel des Invalides

Très présent également le nombre 12 comme pour symboliser les douze signes du zodiaque : au-dessus de la terrasse se termine l’avant-corps et ses deux ailes s’élève le dôme. Celui-ci est constitué par un tambour, percé de douze fenêtre qui, placées entre quarante colonnes corinthiennes engagées, fournissent un grand jour à l’église ; ces colonnes soutiennent un attique percé aussi de douze fenêtres cintrées ; au-dessus, la corniche de l’attique porte douze vases ardents derrière lesquels s’amorce la coupole. Celle-ci est plus allongée que ne le sont les coupoles des églises Saint-Pierre de Rome, Saint-Paul de Londres et du Val-de-Grâce. Sa couverture est revêtue de douze grandes côtes de plomb doré, séparées par des espaces remplis de guirlandes, de casques et de trophées aussi dorés, chacun de ces casques dissimule une lucarne qui éclaire l’intérieur du dôme. Dans l’église, on retrouve tous les drapeaux et étendards pris aux ennemis de la France.

Louis XIV se rendit souvent à l’Hôtel des Invalides, tantôt incognito, tantôt en grande pompe. Par la suite, Pierre le Grand, en 1717, Gustave III de Suède en 1770 et Joseph II d’Autriche en 1779, ne manquèrent pas de visiter cet hôtel que Montesquieu appelait « le lieu le plus respectable de la terre ».

 

Statue de Mars – Hôtel des Invalides

A partir de 1777, l’Hôtel des Invalides commença à devenir un musée. Il ne connut guère de grands changements pendant la Révolution et les invalides furent seulement appelés les « Pensionnaires de la République » et l’église royale devint le « temple de Mars ». Le premier Consul y vint, le 14 juillet 1800, célébrer l’anniversaire de la prise de la Bastille. La même année, le corps de Turenne, qui avait échappé aux profanations de la Révolution car le botaniste Desfontaines ayant pu le transporter au Muséum du Jardin des Plantes en le faisant passer pour une pièce curieuse, fut transféré, en grande pompe, au « temple de Mars » ; de ce jour l’hôtel commença à devenir une nécropole de héros. Et c’est Napoléon qui avait souvent passé en revu ses vétérans dans la cour d’honneur qui y repose depuis le 15 décembre 1840.

 

Saint-Louis-des-Invalides – Les drapeaux pris à l’ennemi

L’Hôtel des Invalides allait bientôt s’enrichir des nombreux trophées arrachés à l’ennemi par les conquêtes impériales et des restes d’illustres généraux, dont le cœur de Vauban. Cependant le premier trophée fut l’épée de Frédéric II, objet de Mars par excellence. Quant à Vauban, il était avant tout un architecte militaire qui entoura la France de fortifications et autres ouvrages militaires.

C’est la Troisième République qui allait détourner une grande partie de l’Hôtel des Invalides de sa destination première, celle que Louis XIV avait édictée, car on y transféra, en 1898, les bureaux du Gouvernement militaire de Paris. Depuis lors, ces bureaux n’ont cessé de proliférer. D’autre part, des musées, toujours bien en rapport avec le monde de Mars et de la guerre, s’y installèrent : Musée de l’Artillerie en 1872, Musée historique de l’Armée en 1896. Aussi, l’Hôtel ne peut-il plus abriter maintenant, faute de locaux, que 180 invalides.

Pas très loin de l’Hôtel des Invalides, rue Saint-Dominique, se trouve la Fontaine de Mars, œuvre de Beauvallet, édifiée entre 1806 et 1809. Le bas-relief d’une de ses faces représente Hygie, la déesse de la Santé, donnant à boire à Mars, le dieu de la Guerre. On voit entre ses pilastres des vases entourés par le serpent, symbole d’Esculape. Elle recevait l’eau de la pompe à feu du Gros-Caillou. Près de cette fontaine se trouvait, de 1765 à 1892, l’hôpital militaire du Gros-Caillou, fondé par le Maréchal de Biron pour ses gardes-françaises.

 

Fontaine de Mars – Rue Saint-Dominique – Paris

Bibliographie

Connaissance du Vieux Paris – Jacques Hillairet 

 

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DANS LE PARIS INSOLITE… NOTRE-DAME-DE-PARIS

(6.2 - Paris Insolite - Paris Mystérieux - Paris Esotérique) par sylvietribut le 21-10-2011

Savez-vous que c’est sur l’emplacement actuel de Notre-Dame de Paris que les Romains avaient édifié, dès le début de leur occupation, un monument en l’honneur de Jupiter. Des pierres furent retrouvées, en 1711, au cours de travaux effectués sous le chœur de la cathédrale et on peut toujours les voir au Musée lapidaire de Cluny. 

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Notre-Dame-de-Paris 

Notre-Dame-de-Paris, remarquable exemple d’architecture gothique en Europe, compte parmi les symboles de Paris. Sa construction commença en 1163 pour ne se terminer qu’en 1345, soit près de deux siècles. Elle fut d’ailleurs lors de son achèvement la plus grande cathédrale d’Occident.  

La symbolique astrologique est très présente dans la cathédrale, on la perçoit avant même d’avoir franchi la porte. Remarquez le portail de la Vierge, sur la façade ouest de la cathédrale, le zodiaque y figure, non pas sous la forme de la roue, mais remarquez sur les deux côtés de cette entrée l’alignement des signes. Sur le côté droit, dans le sens descendant, on remarque le Cancer, autrefois nommé et représenté par l’Ecrevisse, la Vierge, la Balance, le Scorpion, le Sagittaire et le Capricorne. Et sur le côté gauche, on remarque, toujours dans le sens descendant, le Lion, les Gémeaux, le Taureau, le Bélier, les Poissons et le Verseau. C’est un ordonnancement bien étrange qui ne correspond en rien au cycle habituel des saisons, ni même à une classification particulière en rapport avec la triplicité : signes cardinaux, fixes ou mutables, ou même se référant aux éléments : Feu, Terre, Air, Eau, ou bien encore selon leur appartenance en signes masculins ou féminins. Cependant, les activités en rapport avec chaque signe sont bien illustrées. 

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L’Ecrevisse ou le Cancer sur le Portail de la Vierge – Notre-Dame-de-Paris

A l’intérieur, les deux rosaces qui ornent chacun des bras du transept sont parmi les plus grandes d’Europe et mesurent chacune 13 mètres de diamètre. Elles représentent le Soleil entouré de ses douze pétales qui sont les douze signes du zodiaque. Petite anomalie, le premier des douze signes figurant sur la rose occidentale est le signe des Poissons. Alors que les calendriers médiévaux commençaient comme l’année d’ailleurs avec le signe du Bélier.  

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Les Poissons sur la rosace de Notre-Dame-de-Paris 

Il faut se souvenir que, dans la clandestinité, un poisson servait de reconnaissance aux premiers Chrétiens ; qu’il est également très présent dans les Ecritures. Par ailleurs, c’est sur le portail de la Vierge qu’on trouve le premier zodiaque. Or, le signe qui fait face aux Poissons est la Vierge, complémentaire, l’un nourrissant l’autre, l’Eau des Poissons nourrissant la Terre de la Vierge.   

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La Balance du zodiaque sur le vitrail de Notre-Dame 

Si le zodiaque évoque le cycle solaire et le défilement des saisons, les symboles de Notre-Dame font également référence à la lune. Il s’agit des 28 figures représentant les rois de Juda qui s’apparentent au cycle lunaire de 28 jours, et de ce fait aux 28 maisons lunaires qui étaient très utilisées à l’époque, dont l’intérêt est par la suite tombé en désuétude, mais que vous pouvez retrouver tous les mois dans mon calendrier lunaire. Peut-être faut-il s’en référer au livre que Fulcanelli, spécialiste de l’hermétisme, consacra à Notre-Dame-de-Paris. Et voici d’ailleurs, ce qu’il affirmait « Gravissez l’escalier en hélice qui accède aux parties hautes de l’édifice, parcourez lentement le chemin creusé comme une rigole, au sommet de la deuxième galerie. Arrivé près de l’axe médian du majestueux édifice, à l’angle rentrait de la voûte septentrionale, vous apercevrez, au milieu du cortège des chimères, le saisissant relief d’un grand vieillard de pierre. C’est celui de l’alchimiste de Notre-Dame ».  

Au cours de la Révolution française, de nombreux actes de vandalisme visèrent la cathédrale : les rois de Juda de la galerie des Rois de la façade furent décapités et enlevés car les révolutionnaires pensaient qu’il s’agissait des rois de France. Heureusement, on a retrouvé une bonne partie de ces têtes en 1977. Elles se trouvent actuellement au Musée national du Moyen Age.   

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Galerie des Rois de Juda – Notre-Dame-de-Paris

Toujours pendant la Révolution française, c’est le Culte de la Raison qui fit son apparition à Notre-Dame, le 10 novembre 1793, avec la Fête de la Liberté. Ce culte fut organisé par Pierre-Gaspard Chaumette et le maître-autel se vit ainsi transformé en autel de la déesse Raison. Le culte catholique fut d’ailleurs interdit à Paris à partir de novembre 1793. Ensuite, la cathédrale fut transformée en entrepôt.  

Après la tourmente révolutionnaire, entre 1844 et 1864, la cathédrale subit une restauration importante et souvent controversée dirigée par l’architecte Viollet-le-Duc. Il y a incorporé des éléments et des motifs que le monument légué par le Moyen Age n’avait jamais possédés.  

Le portail central de Notre-Dame présente également des éléments ésotériques et faisant référence à l’astrologie. En effet, au pied du Christ, un médaillon représente l’Alchimie sous les traits de Cybèle, symbolisant la sagesse Santa Sophia. Dans sa main droite, elle tient deux livres : l’un est ouvert alors que l’autre est fermé. Voilà qui symbolise deux voies d’accès à la connaissance. Le livre ouvert représente la connaissance visible ou exotérique, alors que le livre fermé derrière parle de la connaissance ésotérique ou connaissance invisible.  

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Cybèle ou l’Alchimie – Notre-Dame-de-Paris 

Quant à Cybèle, c’était une importante divinité de Phrygie, province de la Grèce antique, déesse de la nature sauvage. Son culte dépassait d’ailleurs les frontières de la Grèce et s’étendait dans tout le Proche-Orient. Elle représentait l’archétype de la Grande Mère Nature. C’est pourquoi les philosophes la choisirent pour représenter l’Alchimie. Autour de l’Alchimie, on trouve les sept arts que l’adepte doit étudier : la géométrie, la rhétorique, la grammaire, la musique, la médecine et l’astrologie, représentation que l’on identifie très bien sur le portail central de Notre-Dame.   

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L’Astrologie sur le grand portail de Notre-Dame

A noter aussi sur le sol du parvis de Notre-Dame, une plaque de bronze incrustée dans le sol qui sert de point zéro de toutes les distances routières calculées à partir de Paris. D’autre part, la flèche de la cathédrale est un point géodésique, c’est-à-dire qu’on connaît avec précisions ses coordonnées géographiques et même son altitude.  

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Point Zéro des Routes de France sur le sol du parvis de Notre-Dame

Bibliographie

Connaissance du Vieux Paris – Jacques Hillairet   

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RUE DE LA LUNE – PARIS 2e ARRONDISSEMENT

(6.2 - Paris Insolite - Paris Mystérieux - Paris Esotérique) par sylvietribut le 20-07-2010

A priori le nom de cette rue proviendrait d’une enseigne qui côtoyait le Soleil aux numéros 1 et 2 de la rue. Cependant, elle a un réel rapport avec le principal symbole de la Lune, à savoir la fécondité.

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Cette rue fut ouverte entre 1630 et 1638. Elle suit le tracé du rempart de l’enceinte datant de Louis XIII. Au n° 23 bis se situait l’église de Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle. L’église actuelle, construite par Godde, entre 1823 et 1830, est la troisième église qu’on trouve à cet emplacement. Une première chapelle, édifiée au XVIe siècle et dédiée, vers 1563, à Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle, en mémoire de l’Annonciation (*), fut démolie par la Ligue, en 1591, avec les moulins et les maisons de la butte lorsque le roi de Navarre, le futur Henri IV, assiégea Paris. Elle fut remplacée, à partir de 1624, par une église plus vaste dont Anne d’Autriche posa la première pierre. La plaque commémorative de cette cérémonie fut retrouvée lors des fouilles effectuées, en 1845, autour de l’église et a été placée dans la chapelle voisine du maître-autel.

Anne d’Autriche y vint souvent en pèlerinage durant ses 23 années de stérilité. C’est en remerciement de la naissance de Louis XIV qu’elle peut avoir offert à l’église un tableau attribué à Mignard. Pour raison de vétusté, cette église fut démolie, sauf son clocher qui resta utilisé par la troisième église évoquée précédemment.

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Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à Paris

Par ailleurs, pour rester dans la symbolique lunaire et le monde féminin, il y avait dans une encoignure de la rue Poissonnière deux maisons de tolérance, l’une relierait aujourd’hui une rue à l’autre. L’un des deux établissements avait une porte qui s’entrebâillait sur la rue Lune. Elle avait été fondée vers 1820 par un marchand à la toilette. Mais l’endroit avait depuis des temps immémoriaux une réputation de galanterie. La partie située près de la rue Poissonnière et des remparts s’appelait « Le Champs aux femmes », à l’époque de Louis XIV. A l’angle de la Rue de la Lune, deux maisons tricentenaires faisaient commerce dans une spécialité fort recherchée et jouxtaient la Compagnie Colonelle des Gardes Françaises. Une autre maison fut fondée en 1820, elle succédait au commerce d’un galant qui vendait ses charmes aux dames fortunées. Il se faisait appeler Henri de Renneville et, dit-on, il ne dédaignait pas les faveurs de leurs maris.

Ensuite, c’est une rebouteuse qui ne craignait pas de se transformer en hétaïre, une fois la guérison de ses patients assurée. Et puis, vers 1690, on trouve au milieu de cette rue de la Lune, au n° 41, un certain Claude du Plaisir qui fut obligé de déménager car les marcheurs de nuit prenaient au mot la maison de ce fort honnête homme. La plupart de ces maisons avaient une double entrée, l’une rue de la Lune et l’autre côté boulevard, ce qui est encore le cas aujourd’hui pour certaines… Les deux faces de la Lune en quelque sorte…

Voici d’ailleurs ce que le relate un chroniqueur de l’époque « Au début du règne de Louis XIV, un galant mettait en cette rue  de  la Lune le beau sexe à contribution, dans des conditions peu communes. Il se nommait Henri Barjot de Rennevilliers. Il fallait qu’une femme fût bien adroite pour passer par ses mains sans autres frais. Si la belle avait plusieurs bagues, ce n’était jamais la plus simple qu’il soutirait à titre de souvenir, quand ce n’était pas l’argent de son mari… Il vivait donc fort à l’aise dans les meilleurs quartiers de Paris et ne se retirait à la Ville Neuve dont la rue de la Lune faisait partie, que sur une déveine en amour et au jeu, qui l’obligeait à des économies. Son train de vie, dans les périodes creuses, se réduisait souvent à une vieille femme, nommée Blanc, qui n’attendait même pas après ses gages pour vivre ; elle avait appris, en servant dans un hôpital, à saigner, à remettre les membres disloqués, et elle continuait à faire le chirurgien. Cette rebouteuse en craignait pas de se transformer parfois en amazone. Elle ne montait à cheval, sur le tard, qu’avec une épée à la main droite et un flambeau dans l’autre, quand elle allait quérir son maître par la ville. La bouchère et la boulangère étaient toujours payées à sa manière par ce mauvais sujet, qui ne prenait jamais de fournisseur veuf. Une fois même, Rennevilliers avait affaire à une vieille femme de la rue de la Pourpointerie ou des Lombard qui lui avait longtemps habillé des laquais. En arrivant, sur la promesse formelle qu’il lui serait enfin donné satisfaction,  la malheureuse pourtant déployait un sac vide. Cependant, avant de repasser la porte, elle jetait ses parties au feu en s’écriant : « Que demander à un honnête homme qui a pour la vieillesse tant d’égards » !

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Rue de la Lune – Vieille porte d’une maison de tolérance

Entre les rues Neuve-Saint-Etienne et Sainte-Barbe, les actuelles rues de la Ville-Neuve et Pourtalé, le côté des numéros pairs fut bâti par François Berthelot, secrétaire des commandements de la Dauphine, et Marie Regnauld, sa femme, pour y placer soixante soldats blessés. Mais la fondation de l’Hôtel des Invalides, en atteignant royalement le but des institutions du même genre, supprima la momerie des soldats infirmes. La maison principale de la rue de la Lune fut achetée, en 1683, par les Dames de Saint-Chaumont, qui en firent le Petit Saint-Chaumont. Le chef-lieu de cette communauté des filles de l’Union-Chrétienne recevait des élèves, rue Saint-Denis, à des conditions autres que la succursale, qui prenait des pensionnaires à raison de 250 à 400 livres. Les bâtiments de cette annexe donnaient également sur le Cours, ancien rempart, et dataient seulement de la renaissance de la rue, dont l’acte de naissance remontait au milieu du XVIe siècle. On en avait rasé les maisons dès 1593, pour fortifier la ceinture de Paris, dont la Ligue refusait l’entrée au Béarnais (Henri IV). Une chapelle Sainte Barbe avait elle-même disparu et c’est trente ans plus tard qu’on avait élevé, à sa place, Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle, presque entièrement reconstruite sous la Restauration.

De Caux, huissier de salle à la cour de Versailles, avait aussi Louis XIV pour seigneur direct dans trois propriétés qui se suivaient rue de la Lune : le 4 bis en était une. Peut-être y avait-il au n° 42 une maison de secours et une école de filles ? Cet immeuble et l’immeuble adjacent appartenaient aux pauvres de la paroisse Bonne-Nouvelle. Ils étaient chargés de 2 livres, 5 sols, 5 deniers de cens, redevance acquittée pour l’année 1703 par les mains de Françoise Enault, supérieure, Marguerite Gautier et Jacqueline Guénot, sœurs de la Charité attachées à la dite paroisse.

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A noter qu’il existe également à Paris une rue du Croissant qui se trouve également dans le IIe arrondissement de Paris. Elle doit également son nom à une enseigne présente dans cette rue en 1612, plus qu’à la Lune. Au n° 19 de la rue, il y avait au XVIIe siècle, une chapelle et un cimetière où fut enterré Molière, en 1673.

Au n° 146, à l’angle du côté pair de la rue du Croissant, le Café du Croissant où Jean Jaurès fut assassiné par Raoul Villain, le 31 juillet 1914, à 21 h 40.

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 (*) L’Annonciation est l’annonce faite à la Vierge Marie de sa maternité divine par l’archange Gabriel. Cet événement biblique est célébré par les catholiques et les orthodoxes.

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L’Annonciation de Botticelli

BIBLIOGRAPHIE : Connaissance du Vieux Paris – Jacques Hillairet

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UN LIEU CHARGE DE SYMBOLES ET D’HISTOIRE : LE CHAMP DE MARS A PARIS

(6.2 - Paris Insolite - Paris Mystérieux - Paris Esotérique) par sylvietribut le 05-04-2010

A l’origine, les mois de l’ancien calendrier romain portaient un nom qui indiquait leur rang au sein de l’année primitive. Le « premier », Primus, fut vite consacré à Mars, père supposé de Romulus et initialement dieu de l’Agriculture. Ce mois était très important dans la vie romaine car, sous le climat méditerranéen, il confirmait le renouveau de la végétation et ouvrait en même temps une nouvelle période de campagnes militaires.

C’est ainsi que Mars, le dieu protecteur de la « tribu » romaine, deviendra par la suite, avec l’évolution des mœurs et de l’histoire romaine, le dieu de la Guerre pour s’identifier finalement à Arès, le dieu « détestable » du Panthéon grec. Mais Mars, même à l’apogée de sa puissance militaire, est resté attaché à la terre par sa fusion avec Quirinus, dieu archaïque de la Nature. Par ailleurs, la coutume romaine interdisait les mariages pendant les premiers jours de mars.

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Ce sont les Romains, impressionnés par la vaillante défense des Gaulois, baptisèrent « Champ de Mars » l’endroit exact où se déroula la bataille entre les légionnaires de Labienus et les soldats de Camulogène… C’est en effet en 52 avant Jésus-Christ que les Romains vinrent attaquer les modestes Parisii pour envahir leur territoire des bords de Seine. C’est Jules César lui-même, soucieux de discipliner les marches de l’Empire, qui envoie sur les bords du fleuve son meilleur général, Titus Labienus, à la tête de quatre légions. Affolés les Lutéciens font venir de Mediolanum Aulercorum, aujourd’hui Evreux, un vieux chef que tout le monde appelle respectueusement Camulogène, ce qui signifie « fils de Camulus », fils du dieu gaulois de la Guerre. Les habitants vont donc lui confier unanimement leur destin pour organiser la riposte et repousser l’ennemi.

A la tête d’une petite armée mal entraînée que peut faire un vieillard, même avec des hommes courageux ? Il va pourtant préparer sa défense et ce n’est pas dans Lutèce qu’il attendra les Romains, mais aux abords, dans un bivouac dressé au milieu des marais, au cœur de la zone humide qui enserre Lutèce. Labienus fait donc face au camp improvisé des Gaulois. La confrontation devient inévitable. Bien que disciplinés, casqués d’airain et cuirassés d’acier, les Romains ne peuvent guère progresser et se trouvent vite déstabilisés par ces espaces mouvants entre terre et eau. Les barques s’embourbent et les hommes se noient. La cavalerie reste hors jeu car les sabots des chevaux collent à la boue.

Les Gaulois, eux, sont à l’aise sur cette glèbe instable et se ruent sur les troupes ennemies. Jusqu’à la tombée de la nuit les combattants s’étripent, l’eau stagnante des marais en est rougie. Le général Labienus fait sonner la retraite. Lutèce se croit sauver… Pour se venger, il remonte les berges de la Seine et va attaquer Metlosedum, devenue depuis Melun, piètre victoire des légionnaires romains… Ils ne trouvent devant eux que des femmes et des vieillards, les hommes valides ayant rejoints Camulogène à Lutèce. Ils quittent d’ailleurs assez vite la ville une fois qu’ils l’eurent pillée et dévastée. Ne pouvant se présenter devant César avec un si piètre résultat, Labienus redynamise ses troupes et retourne vers Lutèce. Avec des barques ils cherchent à encercler Camulogène et, pour éviter cela, ce dernier décide de brûler la ville et les ponts, puis avec ses hommes remonte la Seine par la rive gauche. Il pense que le fleuve de la déesse Sequana les protègera. Ensuite, elle donnera son nom à notre beau fleuve parisien…

                                                                                            la-deesse-gauloise-sequanaLa déesse gauloise Sequana

Les Romains vont donc retrouver Lutèce réduite à un tas de cendres. A l’aube, ce sera l’affrontement final pour posséder une ville qui n’existe plus. Le chef gaulois et ses cohortes remontent le cours de la Seine, invoquant Camulus, dieu muni d’une pique et d’un bouclier, puissance redoutée, maître de la guerre et de la mort violente… De leur côté, les légions romaines invoquent Mars, leur dieu de la Guerre et veulent en découdre jusqu’au bout de leurs forces pour remporter la victoire et toucher leur solde… Les Romains rejoignent les Gaulois sur la plaine de Garanella, au bord de la Seine… Garanella, la petite garenne, où aux temps heureux on y chassait lapins, sangliers et chevreuils… Pour les Gaulois, mourir pour la patrie est le sort le plus beau et ils s’en vont au combat bien décidés à s’offrir en sacrifice aux appétits sanglants du terrible Camulus… D’ailleurs, le vieux Camulogène les galvanise en leur criant qu’ils doivent périr pour Camulus. Un moment les Gaulois parviennent à enfoncer les lignes romaines… Mais soudain une légion romaine de quatre mille mercenaires qui se tenaient en réserve viennent surprendre les Gaulois par l’arrière… Aucune retraite n’est plus possible… Le choc sera épouvantable et le carnage horrible…. De part et d’autre, on se bat avec un égal acharnement, pour mourir ou pour toucher sa solde. Camulogène lui-même trouvera la mort dans cette ultime défense d’une Lutèce déjà détruite.   

                                                                                                              camulus-dieu-gaulois-de-la-guerreCamulus le dieu gaulois de la guerre

Bien plus tard, à l’endroit même où reposent les restes du chef gaulois et de ses hommes, s’élèvera la tour Eiffel, comme un tumulus qui aurait été construit pour honorer ces guerriers. Mais qui s’en soucie aujourd’hui, sait-on seulement qu’en venant se promener au Champ de Mars, on foule une terre qui, depuis plus de vingt siècles, a absorbé les ossements de ces Parisii qui ont offert à leur peuple le sacrifice suprême de leur vie.

En 1750, la région de la plaine de Garanella, devenue commune de Grenelle, située à l’ouest de l’agglomération du Gros-Caillou et annexée à Paris sous le second Empire, était encore un lieu désert, sablonneux et stérile, où l’on chassait toujours le lièvre et la perdrix. L’abbaye de Sainte-Geneviève y possédait depuis le XIIe siècle un fief, la seigneurie de Grenelle, dans lequel se trouvaient une maison, des granges, cours, colombiers et jardins, appelée la Ferme de Grenelle. L’abbaye de Saint-Germain-des-Prés y avait une ferme appelée le Château de Grenelle, construction d’un étage coiffé d’un très haut comble et occupant l’emplacement de la caserne Dupleix actuelle.

A l’agriculture se substitue au fil des siècles, l’armée… Ainsi, en 1750, le financier Pâris-Duverney, avec l’appui de la Marquise de Pompadour, proposa à Louis XV l’établissement, à proximité de l’Hôtel des Invalides, d’un collège académique pour 500 jeunes gentilshommes pauvres, de préférence fils d’officiers tués ou devenus infirmes au service, destinés à fournir à l’armée des officiers instruits ; cet établissement devait être dans la pensée des fondateurs un édifice aussi grandiose que l’était l’Hôtel Royal des Invalides construit sous le règne de Louis XIV.

Louis XV accepta le projet, ainsi qu’il l’écrivit à la marquise en janvier 1751 : « Approuvé, le projet, approuvé, petite bien-aimée, puisque vous le voulez absolument ». En conséquence, on acheta en juin 1751, les terrains du château de Grenelle, acquisition suivie en février 1753 de celle de la ferme de Grenelle. Jacques-Ange Gabriel en 1732, comme premier architecte du roi, fut chargé d’établir le projet des constructions. La construction de l’Hôtel Royal Militaire commença en 1752. Elle fut assez lente étant donné, d’une part, son ampleur et, d’autre part, le manque de fonds ; à celui-ci, Madame de Pompadour remédia souvent en prélevant des sommes importantes sur sa cassette particulière, et le roi en allouant à l’Ecole les produits d’une loterie, les revenus de l’Abbaye de Laon, et ceux d’un impôt sur les cartes à jouer. Et l’école put ouvrir des classes dès 1760.

L’Ecole Militaire fut réorganisée en 1777 par le comte de Saint-Germain, sous le nom d’Ecole des cadets-gentilshommes. Elle était réservée aux seuls gentils hommes et l’élite des écoles militaires de province y était reçue en stage pendant un an. C’est ainsi qu’elle reçut le 22 octobre 1784 cinq jeunes gens du collège de Brienne, dont Bonaparte, âgé de quinze ans. Il fut incorporé sous cette mention : « 22 octobre 1784, de Buonaparte (Napoleone), né le 15 août 1769 (E.R.) (élève du roi) ; il quitta l’école un an après avec le grade de sous-lieutenant dans le régiment de la Fère-Artillerie qui tenait garnison à Valence.

bonaparte

Après avoir servi quelque temps au début de la Révolution de dépôt de blé et de farine, l’Ecole Militaire servit de quartier de cavalerie à partir de 1793. Le Second Empire l’agrandit pour qu’elle servît aussi à un quartier d’artillerie. L’Ecole est aujourd’hui le siège de l’Ecole supérieure de Guerre et d’autres centres d’études militaires.  

Tout naturellement, le Champ-de-Mars était le terrain de manœuvre des élèves de l’Ecole Militaire. Il servit surtout comme terrain de revues des troupes de la Maison du Roi, en remplacement du terrain des Sablons. On l’agrandit une première fois afin qu’il puisse contenir pas moins de 10 000 hommes rangés en bataille. Pourtant, ce terrain de manœuvre fut jugé insuffisant et on lui incorpora en 1773, l’extrémité occidentale de l’île des Cygnes après le comblement du petit bras de la Seine qui l’en séparait. Ce Champs-de-Mars fut également utilisé pour l’expérience aérostatique du physicien Charles et des frères Robert lorsqu’ils lâchèrent ici, le 27 août 1783, le premier ballon, sans nacelle et sans équipage, conçu scientifiquement. Cependant, ce ballon s’abattit à Gonesse, 45 minutes après son envol. L’année suivante, le 2 mars 1784, Blanchard s’envola à son tour du Champ-de-Mars afin de démontrer qu’il avait trouvé le problème de la direction des ballons, mais au lieu d’atterrir, comme il l’avait prévu, à La Villette, il atterrit à Billancourt.

paris_ecole_militaire_981 L’Ecole Militaire – Paris VIIe

A partir de 1790, le Champ-de-Mars devint le théâtre de nombreux événements révolutionnaires dont le premier fut la Fête de la Fédération où Talleyrand officia, le 14 juillet 1790, devant 300 000 spectateurs. L’évêque d’Autun était assisté de 300 prêtres et d’une centaine d’enfants de chœur : La Fayette prêta le premier serment de fidélité à la Nation et à la Constitution que répétèrent sous une pluie diluvienne les 300 000 spectateurs ainsi que la famille royale installée dans une tribune devant l’Ecole Militaire.

Pourtant en novembre 1793, le Champ-de-Mars renouait avec les épisodes sanglants de son histoire, Bailly y fut décapité dans des conditions odieuses. Le 8 juin 1794, le Champ-de-Mars vit l’apothéose de la fête de l’Etre Suprême et aussi celle de Robespierre dont heureusement la popularité commença à décliner à partir de ce jour. La Restauration y reconstitua, en 1826, un des combats de l’expédition d’Espagne de 1823, en édifiant sur la colline située en face, de l’autre côté de la Seine, un fort de Cadix, le Trocadéro, qu’avaient défendu les Espagnols.

Enfin, le Champ-de-Mars hébergea les expositions universelles de 1867, 1878, 1889 surtout avec l’édification de la Tour Eiffel, puis celles de 1900 et de 1937. A noter que le fer appartient à la symbolique de Mars…

Et pour rester dans cet univers guerrier du Champ-de-Mars, celle qui est devenue la rue Dupleix était un ancien chemin de terre de la plaine maraîchère de Grenelle qui conduisait au XVe siècle à la ferme de Grenelle évoquée plus haut. L’abbaye de Sainte-Geneviève a eu dans ces parages ses fourches patibulaires, d’où son nom, en 1540, de chemin du Gibet. Enfin, en 1794, on installa dans le château et la ferme de Grenelle une fabrique de poudre dont la direction fut confiée au chimiste Chaptal. Cet endroit avait été choisi pour sa solitude. Le 30 août 1794, 150 000 kilos de poudre explosèrent pour une cause qui n’a jamais été connue. Les dégâts furent considérables et s’étendirent loin puisque le grand orgue de l’église Saint-Germain L’Auxerrois fut détérioré, et que de nombreuses personnes furent tuées ou blessées dans Paris.

On se souvient que Mars est à la fois le dieu de la guerre et de l’agriculture. Au Champ-de-Mars appartient également cette double casquette. C’est en 1771 qu’Antoine Parmentier, alors âgé de seulement 20 ans, rapporte des Amériques la pomme de terre. A cette époque, l’Europe connaissait une importante famine. Pourtant, il faudra attendre 1788 pour que le parlement autorise la culture de ce tubercule pour combler les besoins alimentaires de la France. Les premiers lieux de culture en France auraient été situés sur l’actuel emplacement du Champ-de-Mars, les pommes de terre étant plantées aux alentours du mois de mars. Petit rappel, le Soleil entre en Bélier, signe de Mars, le 21 mars.

parmentierAntoine Augustin Parmentier

Par ailleurs, le monde de Mars est également celui des sportifs et notamment ceux qui pratiquent la course à pied. Or, de nombreux coureurs et joggeurs s’entraînent autour du Champ-de-Mars dont le tour fait un peu moins de 2 kilomètres. Chaque année, le dernier week-end de septembre, est organisé le Famillathlon, dans le cadre de la fête du « Week-end du sport en famille » ainsi que celui du Champ-de-Mars. Ce vaste espace accueillit également les épreuves de fleuret et de sabre des Jeux olympiques d’été de 1900, autres disciplines typiquement en rapport avec Mars le guerrier, ne dit-on pas « croiser le fer »….

fontaine_de_mars2Enfin, il existe également à Paris, non loin du Champ-de-Mars, la Fontaine de Mars, œuvre de Beauvallet, édifiée entre 1806 et 1809. Elle se situe rue Saint-Dominique dans la partie comprise entre l’avenue Bosquet et l’esplanade des Invalides (n° 129-131). Le bas-relief d’une de ses faces représente Hygie, la déesse de la Santé, donnant à boire à Mars, le dieu de la Guerre. On voit entre ses pilastres des vases entourés par le serpent, symbole d’Esculape. Elle recevait l’eau de la pompe à feu du Gros-Caillou. Cette fontaine est aujourd’hui classée. Près de celle-ci se trouvait, de 1765 à 1892, l’hôpital militaire du Gros-Caillou, fondé par le Maréchal de Biron pour ses gardes-françaises.

Dans un passé très proche, on a beaucoup parlé de la Fontaine de Mars, il s’agissait alors du restaurant tout proche, devenu du même coup célèbre puisque le Président des Etats-Unis, Barack Obama, choisit d’y dîner en famille, lors d’une visite officielle en France. Il y eut également un « Promeneur du Champ de Mars » célèbre en la personne de François Mitterand…

la-deesse-hygie-deesse-de-la-sante-et-de-la-proprete Hygie

Bibliographie 

Connaissance du Vieux Paris – Jacques Hillairet – Club Français du Livre

Métronome – Histoire de France au rythme du métro parisien – Lorànt Deutsch – Editions Michel Lafon

pomme-de-terre  

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LA PLACE DE L’ETOILE SERAIT-ELLE LA CARTE DU CIEL DE PARIS ?

(6.2 - Paris Insolite - Paris Mystérieux - Paris Esotérique) par sylvietribut le 24-03-2010

Bien avant d’être débaptisée pour prendre le nom de Charles-de-Gaulle, la place était déjà une étoile.

Cette place coiffe l’ancienne colline du Roule dont l’écrêtement, proposé par Ange Gabriel qui n’était pas celui que vous croyez mais l’inspecteur des Bâtiments du roi, fut commencé, en 1768, par un dénommé Perronet, afin que « le chemin fût d’une égale pente depuis la place devenue Louis XV jusqu’au pont de Neuilly ». Ces travaux de terrassement durèrent jusqu’en 1774 et eurent pour effet d’abaisser de plus de 5 mètres le sommet de la « butte de l’Etoile » ; les terres enlevées servirent à remblayer les Champs-Elysées et à former les pentes de nos rues Balzac et Washington.

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Cette butte portait déjà depuis 1730 le nom « d’étoile de Chaillot » à cause des quelques allées qui s’y croisaient. Le mur des Fermiers-Généraux la contourna par l’Est, la barrière de l’octroi, située antérieurement dans l’avenue des Champs-Elysées à la hauteur de la rue de Chaillot y fut transférée, avec sa grille, en 1787. Ledoux édifia pour le service de l’octroi, à la hauteur du débouché, sur l’avenue, de nos rues de Presbourg et de Tilsitt, deux lourds monuments ornés chacun de vingt colonnes annelées qui restèrent là jusqu’en 1860, date à laquelle l’octroi fut transféré à la porte de Neuilly (place de Verdun).

Jusqu’en 1854, cinq voies seulement rayonnaient de cette place : deux qui constituaient la route de Paris à Neuilly (nos avenues des Champs-Elysées et de la Grande-Armée), deux autres qui étaient des chemins de ronde extérieurs au mur d’octroi des Fermiers-Généraux (nos avenues Kléber et de Wagram), et enfin, la cinquième, l’avenue de l’Impératrice (avenue Foch) que Hittorf venait de terminer.

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C’est Napoléon 1er qui décida l’élévation de l’Arc de Triomphe, monument à la gloire de la Grande Armée et de ses propres campagnes. Cependant, la chute de l’Empire entraîna l’arrêt de la construction dont seules les fondations étaient achevées. Plus tard, Louis-Philippe décida l’achèvement de ce monument dont l’inauguration eut lieu le 29 juillet 1836. Haut de 49,546 mètres et large de 44,820 mètres, l’Arc de Triomphe de l’Etoile est le plus grand monument de ce genre que l’on connaisse.  

Alors qu’il séjournait à Biarritz, Napoléon III décida, le 13 août 1854, l’aménagement de la place de l’Etoile dont la direction fut confiée au Baron Haussmann. En 1857, on ouvrit sept autres voies. Ce furent les avenues de Friedland, de la Reine-Hortense (avenue Hoche), du Roi-Jérôme (avenue de Mac-Mahon), d’Essling (avenue Carnot), d’Eylau (avenue Victor-Hugo), d’Iéna et de Joséphine (avenue Marceau). Douze avenues rayonnèrent dès lors d’une façon rigoureusement géométrique de cette place de 240 mètres de diamètre, convergeant toutes vers l’Arc de Triomphe, monument qui est à l’origine du développement de tout le quartier. Une étroite rue circulaire (nos rues de Presbourg et de Tilsitt) entoura la place.

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Entre cette place et cette rue, Hittorf édifia douze hôtels particuliers d’architecture symétrique, aux façades uniformes, qu’il conçut trop basses ; elles n’ont en effet que 16 mètres de haut. « Ils se trouvèrent si mal en harmonie avec les vastes proportions de la place, écrivait Haussmann, que je dus faire planter en avant des massifs d’arbres pour les masquer ». Et il ajoutait : « Je considère cette belle ordonnance, que je suis fier d’avoir su trouver, comme une des œuvres les plus réussies de mon administration ».

Toutefois pour tout astrologue la symbolique de cette place est plus que clair : nous avons douze signes zodiacaux répartis de part et d’autre de la trajectoire solaire matérialisée par l’axe Champs-Elysées/avenue de la Grande-Armée. Cet axe est d’autant plus important qu’il voit, le jour du solstice d’été, le soleil se coucher entre ses piliers. Ensuite, les douze hôtels particuliers ne sont autres que les douze maisons astrologiques, venant superposer les douze signes zodiacaux.

Par ailleurs, on note des pavés de couleurs différentes qui dessinent sur le sol de la place deux étoiles dont les pointes arrivent pour l’une au milieu des avenues et pour l’autre entre les avenues.

Le baron Haussmann était-il lui-même initié à l’astrologie ?

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Bibliographie 

Lutece à prefent nômee Paris Cité capitalle de France – Connaissance du Vieux Paris – Jacques Hillairet – Editions de Minuit

 

 

 

 

  

 

 

 

 

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