MARS : LA GUERRE ET LA PAIX

(05 - PETIT COURS D'ASTROLOGIE, 5.3 - Il était une fois les planètes, 5.3.5 - MARS) par sylvietribut le 10-03-2009

A l’origine, les mois de l’ancien calendrier romain portaient un nom qui indiquait leur rang au sein de l’année primitive. Le « premier », Primus, fut vite consacré à Mars, père supposé de Romulus et initialement dieu de l’Agriculture. Ce mois était très important dans la vie romaine car, sous le climat méditerranéen, il confirmait le renouveau de la végétation et ouvrait en même temps une nouvelle période de campagnes militaires.

C’est ainsi que Mars, le dieu protecteur de la « tribu » romaine, deviendra par la suite, avec l’évolution des moeurs et de l’histoire romaine, le dieu de la Guerre pour s’identifier finalement à Arès, le dieu « détestable » du Panthéon grec. Mais Mars, même à l’apogée de sa puissance militaire, est resté attaché à la terre par sa fusion avec Quirinus, dieu archaïque de la Nature. Par ailleurs, la coutume romaine interdisait les mariages pendant les premiers jours de mars.

 

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Silvanus le dieu pastoral de la mythologie romaine

 

A l’origine, Mars romain était étroitement lié au dieu pastoral Silvanus et, tout en occupant une place presque égale à celle de Jupiter, il était, d’une certaine façon, son concurrent. D’après les traditions, conçu par Junon, sans que celle-ci ait eu besoin de s’accoupler, Mars est le produit d’une parthénogénèse.

Après que Jupiter-Zeus eut conçu Athéna-Minerve dans sa tête sans avoir recours à Junon-Héra, celle-ci furieuse, sollicita l’aide de Flore, déesse de la Floraison qui, la touchant avec une herbe magique, la rendit enceinte de Mars : la nature agraire et florale du dieu est ainsi manifeste.

Le don le plus précieux que Mars ait fait aux Romains est certainement Romulus, le héros mythique fondateur de la tribu et de la ville de Rome. Suivant la légende, violemment épris de la chaste vestale Rhea Silvia, Mars la viola pendant qu’elle puisait de l’eau à une source, rencontre dont elle eut deux fils, Romulus et Remus. Enlevés à leur mère accusée de trahison et déchue de ses fonctions, les deux enfants furent élevés par une louve… et l’histoire recommence avec l’aide et l’appui d’un animal ambigu, représentant le mal ou le bien, le dynamisme, la violence et la sexualité. Si le mois de mars est bénéfique aux humains, le jour de Mars, mardi, est néfaste, comme l’astre maléfique qui le gouverne. D’ailleurs, le Moyen Age a fait du loup ou de la louve l’animal favori des sorciers et des sorcières.

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Romulus et Remus nourris par la louve – Musée du Capitole à Rome

Dans les traditions gréco-romaines, la planète Mars, symbole de l’énergie, de la volonté, de l’ardeur, de la tension et de l’agressivité, gouverne la vie et la mort. Cette planète préside à la renaissance printanière de la nature, en passant par le signe zodiacal du Bélier et, à sa mort en automne dans son second domicile, le signe du Scorpion.

Pour les paysans français les « mars » étaient les semailles de printemps ; le mois de mars était nommé, dans le Sud-Est européen, « phyteftis », « celui qui sème », « qui favorise les semailles », et les agriculteurs se le figuraient comme un jeune homme vigoureux et joyeux, particulièrement respecté. A cette date considérée comme un nouveau départ, en souvenir du calendrier ancien, les femmes avaient recours à la divination à l’aide de l’eau « silencieuse » qu’elles cherchaient à la fontaine tôt dans la matinée, sans adresser la parole à personne. Ensuite, elles entreprenaient un nettoyage à fond de la maison, qu’elles aspergeaient avec cette eau vive en prononçant des formules magiques afin d’assurer santé et bonheur à tous les membres de la famille.

Les mères fabriquaient la veille du 1er mars, à l’attention des enfants, des sortes d’anneaux et de bracelets en fils rouges et blancs entrelacés pour éviter qu’ils soient « brûlés par le soleil ». Les garçons les portaient jusqu’au jour de Pâques et les brûlaient avec leurs cierges pascals ; les filles les laissaient à la fin du mois de mars sur un rosier pour avoir pendant toute la bonne saison le teint rose comme les fleurs.

Comme à toutes les périodes critiques de l’année, les premiers jours de mars voyaient se répandre dans le monde les « drimes », êtres démoniaques, semblables à ceux des « douze jours » (°) d’hiver et pouvant nuire aux biens des gens, avec toutefois une prédilection pour les objets en bois et les tissages. 

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(°) cf. la chronique évoquant « Les Douze Jours » dans la chronique de décembre 2010 (Mythes, légendes et traditions).

Vous ne connaissez pas la position de Mars dans votre thème ? Consultez une astrologue. Elle vous expliquera où la planète se trouve, dans quel signe, dans quelle maison, les aspects qu’elle forme avec les autres planètes et ce que vous pouvez en attendre en positif comme en plus perturbant.

Bibliographie : Fêtes et croyances populaires en Europe d’Yvonne de Sike

 

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