DANS L’HERBIER DU TAUREAU… LA CONSOUDE

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 16-05-2016

Voici une plante qui répond à bien des noms. Elle est tout aussi bien consoude officinale ou symphytum officinal, grande consoude, langue de vache, oreille d’âne, herbe aux coupures, herbe aux charpentiers, herbe à la couture, toute-bonne.

Cependant son nom officiel indique bien à quoi elle sert : souder, est, bien sûr, sa vertu principale. Pline affirmait que si on mettait sa racine à bouillir avec de la viande hachée, celle-ci serait reconstituée en un seul morceau  et les anciens traités médicaux la disent « propre à réunir les plaies ». Depuis des millénaires, on l’emploie donc pour cicatriser les blessures et les ulcères, également pour consolider les fractures, cette dernière indication étant celle qui est retenue par l’homéopathie laquelle définit « Symphytum officinale » comme « remède important dans les traumatismes osseux ».

LA CONSOUDE

La consoude

La consoude peut atteindre jusqu’à 80 cm de haut. Elle pousse dans les prairies humides, au bord des ruisseaux et des fossés. Ses tiges raides, anguleuses et creuses, sont recouvertes de poils rudes que l’on retrouve également sous la face inférieure des feuilles, allongées et pointues, disposées de façon alternée ; ses fleurs, à corolle tubulaire rouge violacé ou blanc jaunâtre, forment des petits bouquets serrés s’inclinant au bout d’une tige, elle aussi, très velue. Sa racine, épaisse, noire extérieurement, blanche et visqueuse intérieurement, est la seule partie qu’on utilise, fraîche ou séchée.

Les Grecs de l’Antiquité pensaient que cette plante pouvait soigner tous les organes blessés. Cette plante est utilisée depuis la nuit des temps puisqu’on en a retrouvé la trace dans la nourriture des hommes des cavernes. Malheureusement, elle est tombée en désuétude mais avait connu un renouveau, au XIXe siècle, dans les pays anglo-saxons. Elle sert depuis longtemps à nourrir les animaux : chevaux, vaches, cochons, poules qui pondent plus et mieux. En effet, la plante peut être consommée fraîche ou séchée, en fourrage, car elle est riche en protéines. Les romanichels la cultivaient partout où ils passaient. Avec la consoude, ils « retapaient » les vieilles carnes qu’ils achetaient à bas prix et les revendaient bien plus cher quelques semaines plus tard.

Un conte du Moyen Age met en évidence ses vertus astringentes. Il rapporte qu’une servante, la veille de son mariage, s’était préparé un bain avec une forte décoction de consoude afin de retrouver sa virginité depuis longtemps perdue. Or, ayant omis de tenir sa maîtresse au courant du but essentiel de cette opération, celle-ci se plongea dans le même bain, il faut dire que l’eau était rare à l’époque, et obtint un tel résultat que son mari « ne fut pas médiocrement surpris de lui trouver une virginité nouvelle ».

Fernel, médecin de Henri II, que l’on nommait « le Gallien français », tenait la consoude en telle estime qu’il la préconisait pour soigner en chirurgie les traumatismes avec fractures. C’est un astringent léger qui est fort conseillé dans les cas d’hémoptysie, d’hémorragie utérine sans gravité, de diarrhée bénigne. Le Docteur Leclerc l’utilisait dans l’entérite tuberculeuse, l’ulcère à l’estomac, pour assécher les bronches en cas de bronchite ou d’infection pulmonaire.

SAINTE HILDEGARDE DE BINGEN

Sainte Hildegarde de Bingen

Quant à la grande herboriste Hildegarde de Bingen qui vécut entre 1098 et 1179, voici ce qu’elle disait de la consoude : « Si l’on a un membre cassé ou blessé, ou couvert d’ulcère », manger de la consoude. Mais la consoude prise sans raison renvoie la pourriture à l’intérieur : c’est comme si on jette des pierres dans un grand fossé pour empêcher l’eau de s’en aller, et alors la vase s’installe au fond ». Sainte Hildegarde de Bingen est considérée comme la première vraie phytothérapeute moderne.

De nos jours, elle pourrait être encore employée pour calmer rapidement les douleurs des brûlures, pour activer la cicatrisation des plaies, pour soigner les ulcères variqueux, les gerçures des seins, les fissures anales, si à la pharmacie on ne s’entendait pas répondre que cette plante n’existe plus, visiblement il est plus rentable de vendre des crèmes qui n’ont aucun effet mais coûtent fort cher, d’autant que la consoude soulage aussi les articulations enflammées, résorbe les hématomes consécutifs à un coup ou à une chute. En cas de phlébite, elle était aussi utilisée afin d’en diminuer les séquelles.

LA CONSOUDE - PLANCHE BOTANIQUE

La consoude – Planche botanique

On peut utiliser la consoude aussi bien en usage interne qu’en usage externe. Dans la première hypothèse : il faut une cuillerée à soupe pour ¼ de litre d’eau froide. On fait bouillir 2 à 4 minutes. On retire du feu et on laisser infuser 10 minutes. Boire deux tasses par jour, loin des repas, et sucrer avec du miel d’acacias de préférence. Pour un usage externe : il faut procéder à une décoction de racines : 100 à 200 grammes par litre. Faire bouillir 10 à 12 minutes et laisser infuser ¼ d’heure, applications locales en lotion.

La consoude aime les terres profondes du fait du développement important de ses racines, car elle va chercher loin ses éléments nutritifs. Sa racine, une fois installée, plonge à 1,5 mètres et même parfois jusqu’à deux mètres de profondeur. Aucune plante herbacée ne s’enfonce aussi loin. Une fois qu’elle a pris racine, au bout de près de deux à trois ans, elle ne craint plus rien, mais il faut quand même veiller à ce qu’elle ait un arrosage suffisant, à lui apporter de l’azote, sous forme de purin d’orties, et à désherber autour d’elle. Par ailleurs, elle est elle-même un excellent engrais, riche en potasse et donc très complémentaire de l’ortie qui est riche en azote. Lors des plantations, prenez quelques feuilles fraîches d’ortie et une ou deux de consoude, coupez-les en morceaux et mettez-les directement au fond du trou de la plantation. La plante ne reprendra que mieux.

LA CONSOUDE ET SA RACINE

Bibliographie

Nos grands-mères savaient – La vérité sur les plantes et la vie naturelle – Jean Palaiseul – Editions Robert Laffont

 

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DANS L’HERBIER DU LION… LE BLE

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 18-08-2015

Une cérémonie des mystères d’Eleusis mettait en un parfait relief le symbolisme essentiel du blé. Au cours d’un drame mystique commémorant l’union de Déméter avec Jupiter, un grain de blé était présenté, comme une hostie dans l’ostensoir, et contemplé en silence. C’était la scène de l’époptie, ou de la contemplation. A travers ce grain de blé, les époptes honoraient Déméter, la déesse de la fécondité et l’initiatrice aux mystères de la vie. Cette contemplation muette évoquait la pérennité des saisons, le retour des moissons, l’alternance de la mort du grain et de sa résurrection en de multiples grains. Le culte de la déesse était la garantie de cette permanence cyclique ; d’ailleurs, le sein maternel et le sein de la terre ont été souvent comparés.

LE BLE - Planche botanique

Le blé – planche botanique

Rappelant la mort et la renaissance du grain, l’émouvante cérémonie de l’époptie a été rapprochée de l’évocation du Dieu mort et ressuscité, qui caractérisait les cultes à mystère de Dionysos. Mais cette interprétation n serait qu’une dérivée de la première. Elle rappellerait également que l’épi de blé était aussi un emblème d’Osiris, « symbole de sa mort et de sa résurrection ». Quant Saint Jean annonce la glorification de Jésus par sa mort, il ne recourt pas à un autre symbole que le grain de blé.

LE BLE

Blondeur des blés

Chez les Grecs et les Romains, les prêtres répandaient du blé ou de la farine sur la tête des victimes avant de les immoler. N’était-ce pas jeter sur elles la semence d’immortalité ou la promesse d’une résurrection ?

Le profond symbolisme du grain de blé s’enracine peut-être aussi dans un autre fait. L’origine du blé est parfaitement inconnue, comme celle de beaucoup de plantes cultivée, et en particulier de l’orge, du haricot et du maïs. On peut multiplier les espèces, en marier quelques-unes, en améliorer la qualité, on n’a pas réussi à créer du blé ou du maïs, ou l’une de ces plantes alimentaires de base. Elles apparaissent donc essentiellement dans les différentes civilisations, comme un présent des dieux, lié au don de la vie. Déméter donne l’orge et envoie Triptolème répandre le blé dans le monde ; Xochiquetzal apporte le maïs ; l’ancêtre  Forgeron des Dogons dérobe au ciel toutes les plantes cultivées, pour les offrir aux hommes, comme Prométhée leur donna le feu du ciel.

Le blé symbolise le don de la vie qui ne peut être qu’un don des Dieux, la nourriture essentielle et primordiale.

Wheat seed and flour in small burlap sack

Bibliographie

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

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DANS L’HERBIER DU CANCER… L’HYSOPE

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 14-07-2015

L’hysope doit son nom aux Hébreux qui l’appelaient « Ezôb » et pour qui c’était une plante sacrée et à ce titre on la retrouve maintes fois citées dans la Bible. Tout d’abord elle entre ans l’eau de purification telle que l’Eternel en a dicté la recette à Moïse. Mais elle fait également partie des plantes dont Salomon a parlé avec sa coutumière sagesse. Enfin, c’est à une branche d’hysope que les soldats fixèrent l’éponge imbibée de vinaigre qu’ils tendirent à Jésus mourant sur la croix comme l’évoque l’Evangile selon Saint Jean.

L'HYSOPE

Tiges d’hysope

Et puis il y a l’espèce citée dans la Bible à l’occasion de Pâque, juste avant que le peuple d’Israël ne quitte l’Egypte : « Et vous prendrez un bouquet d’hysope, et vous le tremperez dans le sang qui sera dans le bassin ; et du sang qui sera dans le bassin vous aspergerez le linteau et les deux poteaux ; et nul d’entre vous ne sortira de la porte de sa maison, jusqu’au matin ».

De même, au tout début de la forme extraordinaire du rite romain de la messe de l’Eglise catholique romaine, hors temps pascal, l’hysope est évoquée comme plante purificatrice dans « L’Asperges Me » : « Asperges me, Domine hyssopo et mundabor » qui se traduit par « Asperge-moi avec l’hysope, Seigneur, et je serai purifié ».

Toutefois, il ne s’agit pas de l’hysope officinale qui ne poussait pas en Galilée à l’époque mais plus probablement de la marjolaine ou de l’origan qui fait partie de la même famille. L’hysope ou hysope officinale ou hyssope est un arbrisseau vivace de la famille des Lamiacées, que l’on trouve à l’état sauvage, sur les terrains caillouteux et ensoleillés, dans les environnements de type garrigue, du littoral méditerranéen, sur les vieux murs et les décombres, les pentes bien exposées des Alpes. On la cultive un peu partout dans les jardins, comme aromates et plante médicinale, mais aussi parce qu’elle est décorative. Ses fleurs, qui peuvent être violettes, bleues, blanches ou roses, sont groupées en épis. Son nom scientifique est « Hyssopus officinalis L, pour signifier « de la famille des Lamiacées ou Labiées ».

Toute la plante dégage une odeur aromatique agréable rappelant, en un peu plus camphré, celle de la sarriette et du romarin. L’hysope était très employée en cuisine au Moyen Age car ses feuilles, hachées comme le persil et le cerfeuil, apportaient leur saveur piquante aux soupes, aux rôts et farces. Elle ne l’est plus guère utilisée aujourd’hui que dans le Midi. En revanche, son usage médicinal n’a pas faibli, ni varié.

L'HYSOPE - PLANCHE BOTANIQUE

L’hysope – Planche botanique

Hippocrate la prescrivait pour soigner la pleurésie et la bronchite. L’Ecole de Salerne disait « qu’avec succès elle purge les phlegmatiques », c’est-à-dire qu’elle évacue les mucosités et « bouillie avec du miel, aide les pulmoniqes ». Or, de nos jours, elle est indiquée dans toutes les affections des voies respiratoires : grippe, rhume, bronchite, asthme, pleurésie, car elle soulage l’oppression et, « nettoie les poumons » en facilitant l’expulsion des crachats.

Elle se prend soit en infusion, soit en sirop. Cependant, il est recommandé de ne pas dépasser les doses car l’hysope peut être irritante pour les sujets nerveux. Par ailleurs, elle s’utilise en infusion plus corsée et s’emploie en compresses chaudes pour soigner les blessures, les entorses et les ecchymoses.

Le Roi Salomon utilisait l’hysope, plante sacrée avec le bois de cèdre, contre la lèpre. « Sauve-moi avec l’hysope et je serai net », disait-il.

Sainte Hildegarde, au Moyen Age, l’utilisait comme adjuvant à la réglisse et à la cannelle comme puissant remède des affections du foie et du poumon. Unie aux fleurs pectorales « pour soulager les nonnes chez lesquelles le chant a provoqué de l’enrouement ».

L’hysope est un merveilleux expectorant qui assèche et ensuite favorise la respiration par action sur les centres nerveux, mais il est recommandé d’être très vigilant dans le dosage des infusions et sirop, la plante est très puissante et le bien-être apporté peut vite devenir cauchemar.

On peut imaginer que ce sont ses belles couleurs bleues ou blanches qui l’apparentent au signe du Cancer.

HYSOPE

 

Bibliographie

Nos grand-mères savaient – La vérité sur les plantes et la vie naturelle – Jean Palaiseul – Editions Robert Laffont

 

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DANS L’HERBIER DU BELIER… LA CANNELLE

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 06-04-2015

La cannelle est un petit arbre à feuilles opposées, le cannelier de Ceylan aujourd’hui Sri Lanka, dont on utilise seulement l’écorce. Celle-ci est de couleur fauve pâle. Elle se présente sous la forme de petits tuyaux résultant de l’enroulement de l’écorce sur elle-même. On la coupe en petits fragments afin qu’elle soit plus perméable à l’au et qu’elle rende le maximum de substances.

Cette écorce contient des sucres, du mucilage, du tanin, et une essence renfermant de l’aldéhyde cinnamique, de l’eugénol et du phellandrène. Son goût est dû à une huile essentielle aromatique. La cannelle est une épice principalement produite sur l’île de Ceylan.

LA CANNELLE

La cannelle

La cannelle est utilisée depuis des temps immémoriaux puisqu’elle était déjà mentionnée en Chine 2 700 ans avant Jésus-Christ. Elle était tellement à l’honneur dans ce pays qu’aucun médecin n’aurait délivré une ordonnance qui ne comportait pas de la cannelle.

Dans l’Antiquité, on connaissait aussi la cannelle. Les anciens Egyptiens l’utilisaient dans le processus de l’embaumement. Dans un temple construit sous Thoutmosis se trouvent des hiéroglyphes racontant que la cannelle arrivait par bateau de la Somalie avec l’encens et la myrrhe.

La Bible, Hérodote et les médecins arabo-musulmans et d’autres auteurs classiques y font référence. Et, dans le Nouveau Testament, il est dit que la cannelle est plus précieuse que l’or. Ensuite, les Grecs et les Romains découvrirent et utilisèrent la cannelle. Dioscoride en vantait les vertus : « Tout cinamome échauffe, remollit, fait digestion, provoque l’urine, il est bon contre le poison les bestes qui guettent venim ».

On raconte aussi que Néron, empereur romain, ayant tué sa femme dans un accès de colère, pris de remords, fit brûler les réserves de cannelle de Rome, à chaque anniversaire de sa mort et cela malgré son avarice notoire.

A Ceylan, seuls les Salagam avaient le droit de toucher à la cannelle et tous ceux qui contrevenaient à l’interdit et oser la toucher, autre que les Salagama, étaient punis de mort. L’île fut souvent attaquée par les Hollandais, les Portugais et les Britanniques, mais le peuple de Ceylan réussit toujours à se défendre et à protéger la cannelle. A partir du XVIe siècle, les Portugais occupent l’île et la cannelle devient le fer de lance du commerce portugais durant le siècle suivant. Ils sont supplantés par les Hollandais qui en prennent le monopole de 1636 à 1796 en brûlant les excédents pour maintenir les cours. Ce furent ensuite les Anglais qui prirent en main le marché de la cannelle. A la fin du XVIIIe siècle, elle fut introduite à Java et aux Seychelles.

HYPOCRAS - VIN MEDIEVAL AUX TREIZE EPICES

L’hypocras le vin médiéval aux treize épices

On trouve la cannelle dans de nombreuses préparations allant du Moyen Age à nos jours. Cependant, elle n’arriva en France qu’en 1220. On peut retrouver cette épice dans le fameux hypocras, une boisson médiévale à base de vin dans laquelle on faisait macérer diverses épices  cannelle, cardamone, clous de girofle, gingembre et même des pétales de roses. Cette composition est attribuée à Hippocrate, d’où son nom, cité pour la première fois au milieu du XIVe siècle. Cette boisson tonique et apéritive était également réputée aphrodisiaque. Elle connut son heure de gloire au Moyen Age, mais elle eût, les siècles suivants, des adeptes célèbres, tels François Villon et François Rabelais.

C’est au XIIIe siècle que la cannelle commence à se démocratiser en Europe, tout en restant hors de prix. C’est également à cette époque que l’écrivain arabe Kazwini, écrivit sur le commerce de cette épice. Toutefois, l’usage de la cannelle en France remonterait à l’époque des croisades lorsque les chevaliers chrétiens la rapportèrent avec l’hypocras.

La première synthèse d’arôme artificiel de cannelle fut réalisée en 1856 par Luigi Chiozza.

De nos jours, on admet les propriétés stimulantes certaines de la cannelle sur les systèmes respiratoire et circulatoire. De plus, elle augmente aussi les sécrétions du suc gastrique et stimule l’ensemble des fonctions digestives.

Tonifiante, elle est utile aux convalescents, pour les personnes fatiguées et manquant d’appétit. On la recommande spécialement dans les cas d’asthénie post-grippale. D’ailleurs la cannelle est aussi un excellent préservatif de la grippe et des refroidissements.

VIN CHAUD A LA CANNELLE

Vin chaud à la cannelle

Pendant la guerre 1939-1945, on préparait un vin chaud à la cannelle car il fallait résister au mal, les médicaments n’étaient pas ce qu’ils sont aujourd’hui, et les gens mal nourris par toutes les privations subies étaient plus réceptifs aux microbes. Dans les campagnes, l’usage était de faire rougir le tisonnier et de le tremper d’un coup dans le liquide, faisant surgir comme un mini-volcan dans la casserole.

Ce vin chaud possède des propriétés toniques et stimulantes incontestables et procure une accélération du cœur et de la respiration. Ces qualités sont d’ailleurs utilisées en pharmacie dans la potion de Todd : teinture de cannelle diluée dans du sirop et de l’eau-de-vie. Cette dernière peut être remplacée par du rhum. Cette potion peut encore être employée comme antigrippe car elle entre dans la catégorie des sirops pectoraux. A l’époque aussi, le vin de cannelle était généreusement distribué dans les hôpitaux contre une contagion possible entre malades.

Bien sûr, on utilise également la cannelle en cuisine comme condiment et substance aromatique, en association avec la prune, dans la préparation de chocolats et de liqueurs, ainsi que dans la cuisine indienne et orientale. Elle est couramment utilisée aux Etats-Unis et au Canada dans la préparation des tartes aux pommes et autres plats sucrés, notamment aux pommes. Par exemple, « pomme et cannelle » est une saveur courante parmi les marques de céréales sucrées.

Enfin, la cannelle est utilisée par l’industrie pharmaceutique.

La cannelle, comme tous les épices, et le goût épicé font partie de l’univers du Bélier.

POMMES AU FOUR ET A LA CANNELLE

Pomme au four et à la cannelle

 

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DANS L’HERBIER DU SAGITTAIRE… L’ARTICHAUT LE PROTECTEUR DU FOIE

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 16-12-2014

C’est seulement au XVe siècle que l’on commence à citer l’artichaut, plante provenant de la carde, ou cardon, qui est plus ancienne. D’ailleurs, le terme « artichaut » apparaît dans la langue française en 1530. Il viendrait du lombard « articiocco », déformation de l’italien « carciofo » qui l’aurait emprunté à l’arabe « al-harsufa » qui signifie « l’épine de la terre ». En fait l’artichaut est un chardon domestiqué et cultivé que déjà les Romains et les Grecs connaissaient et dans le Midi la carde continue d’être très appréciée.

L’artichaut appartient à la famille des astéracées qui comprend diverses espèces utilisées comme aliments ou comme plantes médicinales : pissenlit, laitue, chicorée, bardane, centaurée, salsifis, armoise, achillée, camomille, arnica, chardon-Marie…

Artichaut en fleur

Artichaut en fleur

L’artichaut est une plante potagère dont on consomme le bourgeon floral ou capitule. Il est originaire du bassin méditerranéen. Il aurait été apporté en Egypte il y a 2 000 ou 2 500 ans. Son ancêtre, le cardon des champs, pousse spontanément dans tout le bassin méditerranéen de même qu’en divers endroits du globe. Le nom latin de cette espèce rappelle sa parenté avec le chardon, dont on a d’ailleurs longtemps consommé les feuilles et les fleurs. Grecs et Romains attribuaient aux chardons de nombreuses propriétés médicinales et les tenaient en très haute estime n’hésitant pas à payer de fortes sommes pour se les procurer. Une plante nommée « cynara » était connue des Grecs et des Romains. On lui attribuait des pouvoirs aphrodisiaques.

L’artichaut comme tel ne sera mentionné pour la première fois qu’en 1400, à Naples. Cette fleur de chardon améliorée par les Arabes passa de Naples à Florence en 1466 grâce à Filippo Strozzi. Depuis l’Italie, il sera introduit en France en 1533 par Catherine de Médicis qui était très friande de fonds d’artichauts. La Florentine les apporta de son Italie natale lorsqu’elle épousa le futur roi de France, Henri II. Louis XIV aurait été également un grand consommateur d’artichauts. Par la suite, les explorateurs français et espagnols l’importèrent en Amérique. Toutefois, l’artichaut ne suscitera guère d’intérêt ni chez les Américains, ni chez les Anglais. Aujourd’hui encore, les seuls états où sa culture a de l’importance sont la Louisiane, fondée par les Français, et la Californie fondée par les Espagnols.

Depuis le XVIe siècle, on connaît deux types d’artichaut. Ils sont en effet classés selon la forme conique ou ronde de leur bouton floral. Ils sont connus sous divers noms régionaux : Gros Camus de Bretagne, Gros Vert de Laon dit aussi « Tête de Chat », Vert de Provence, Epineux ou Sarda, Macau, Blanc Hyérois, Violet de Provence, de Venise, de Toscane, Poivrade…

FOIE DE PIACENZA -

Foie de Piacenza – Italie (*)

Depuis longtemps l’artichaut était utilisé dans les campagnes contre l’hydropisie et la jaunisse. Trois propriétés de la plante furent même précisées, d’où son rapport avec le foie et le Sagittaire (cf. L’homme-zodiaque) :

  • Cholérétique : excitant la production de la bile,
  • Cholagogue : facilitant l’évacuation de la bile vers l’intestin,
  • Diurétique : provoquant la sécrétion de l’urine.

On parle aussi de l’action remarquable de l’artichaut sur le métabolisme de l’urée et du cholestérol et les excellents résultats obtenus chez les insuffisants hépato-rénaux permettant d’affirmer que le Cynara scolimus est l’une des plus belles conquêtes de la phytothérapie…

Et pourtant, ne pensez pas qu’en consommant des artichauts tous les jours et à toutes les sauces vous guérirez votre foie. En fait, il ne faut pas utiliser l’artichaut n’importe comment et dans n’importe quel cas. En effet, certains malades présentent une colopathie de fermentation qui n’est pas du tout améliorée par une consommation exagérée de l’artichaut, bien au contraire. Chez certains sujets on observe une recrudescence de coliques, de selles, de gaz, de douleurs intestinales.

En conclusion, mangez des artichauts par plaisir, mais pour vous soigner, pour soulager votre foie, ce n’est pas du tout le moyen. Le mieux c’est quand même de consulter votre médecin.

coeur d'artichaut

Cœur d’artichaut

Et puis, dans le langage populaire l’artichaut est également présent, comme dans l’expression « Avoir un cœur d’artichaut » qui signifie tomber souvent amoureux, sans beaucoup de discernement. L’expression a ses origines chez les forgerons de Culann, historique province d’Ulster, en Irlande. En effet, leur travail était reconnu partout en Europe sous le nom de « l’Art du chaud ». En France, les forgerons ne vivaient pas très vieux car ils étaient victimes d’insuffisance cardiaque provoquant, pour certains, des morts soudaines. L’expression « avoir un cœur d’artichaut » trouve ses origines dans l’expression d’antan « avoir un cœur d’art du chaud » et désignait les personnes faibles du cœur. Cependant, les évolutions linguistiques et sociales laissèrent l’expression « avoir un cœur d’artichaut » désignant une personne tombant facilement amoureuse.

ARTICHAUTS POIVRADES

(*) Le foie de Piacenza – C’est un objet étrusque, en bronze gravé, que l’on pense avoir été utilisé comme outil par les haruspices pour pratiquer l’hépatoscopie, c’est-à-dire la méthode de divination par l’examen du foie d’un animal. Il est conservé au musée municipal de Piacenza, au Palazzo Farnese. Selon les témoignages de Pline l’Ancien et de Cicéron, les Etrusques divisaient le ciel en 16 Maisons. Il a donc été suggéré que le foie représente une maquette du cosmos, ses parties étant identifiées à des constellations ou des signes astrologiques. La face inférieure ne porte que deux inscriptions : « Usils », génitif « Usil », le Soleil, sur le lobe droit et « Tivs », également génitif, probablement la Lune.

Cet objet est daté de la fin du IIe siècle avant Jésus-Christ, ou du début du 1er siècle avant Jésus-Christ, à une époque où la région de Piacenza en Lombardie était dominée par Rome. Piacenza fut d’ailleurs fondée en 218 avant Jésus-Christ comme ville de garnison romaine en Gaule cisalpine. Le foie fut découvert le 26 septembre 1877 à Settima, un lieu-dit du bourg de Gossolengo, en province de Piacenza, par un paysan qui travaillait son champ en dehors de tout contexte archéologique.

Des maquettes de foie divinatoires en argile ont également été découvertes dans des fouilles du Proche-Orient ancien, suggérant au moins un contact entre les Etrusques et la sphère culturelle anatolienne. Ainsi, un modèle babylonien datant de l’âge de bronze, conservé au Bristish Museum, représente les caractéristiques anatomiques du foie sous formes de protubérances, de façon similaire au foie de Piacenza. Un modèle de même destination, en albâtre, est exposé au Musée Guarnacci de Volterra en Toscane.

ARTICHAUTS

Bibliographie

Plantes et Santé – Avril 2010

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DANS L’HERBIER DE LA BALANCE… LA MELISSE

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 19-10-2013

La mélisse doit son nom aux abeilles que ses fleurs attirent particulièrement et puis en grec « melissa » signifie « abeille ». Elle est d’ailleurs originaire du pourtour oriental de la Méditerranée car elle pousse spontanément dans les régions chaudes tout en s’acclimatant très bien un peu partout dans les jardins. Elle s’est d’ailleurs répandue dans toute l’Europe dès l’Antiquité et les Romains l’introduisirent en Grande-Bretagne. La mélisse est une plante vivace facile qui pousse très bien au soleil comme à l’ombre. Elle aime les sols plutôt frais et trouve très bien sa place dans les jardins de curés et les jardins médiévaux. C’est une plante qui jouissait d’un grand renom dans le passé pour ses propriétés antispasmodique, digestive et calmante.

MELISSE EN FLEURS

Mélisse en fleurs

Ce sont les médecins arabes qui furent les premiers à vanter les vertus de la mélisse. Avicenne disait d’elle qu’elle « rend le cœur joyeux et content, et affermit les esprits vitaux ». Leurs confrères français leur emboîtèrent le pas en la prescrivant dans une gamme impressionnante de maladies : apoplexie, épilepsie, léthargie, mélancolie, manie, surtout sous forme d’une eau distillée dont la réputation comme élixir de jouvence égalait celle de l’eau de la Reine de Hongrie.

Nos grands-mères faisaient amplement usage de la plante séchée ou de son alcoolat, l’eau de mélisse, connue depuis plus de trois siècles sous le nom d’eau des Carmes.

LA MELISSE - PLANCHE BOTANIQUE 

La Mélisse – Planche botanique

La mélisse est une plante vivace, haute de 30 à 80 cm, à tiges dressées à section carrée. Elle porte de petites feuilles ovales, gaufrées et dentelées, un peu velues qui exhalent un parfum doux et citronné quand on les froisse. C’est une plante aromatique au feuillage vert vif et à l’odeur citronnée. Elle porte des fleurs, petites, blanches ou bleuâtres, réunies par groupe de trois à six à l’aisselle des feuilles. Ce sont d’ailleurs les sommités fleuries et les feuilles, séchées à l’ombre, qu’on utilise. On les récolte juste au moment de la floraison et plus tard l’odeur agréable de citron qu’elles dégagent lorsqu’on les froisse entre les doigts prend un vague relent de punaise.

Les tiges et les feuilles sont toujours utilisées comme tonique et stimulant léger. Le goût est astringent et l’arôme léger. L’alcool est obtenu par distillation de ses feuilles fraîches : l’eau de mélisse a des propriétés antispasmodiques. La mélisse peut aussi être consommée sous forme de tisanes.

L’infusion se prépare avec 20 à 30 grammes de feuilles ou de sommités fleuries pour un litre d’eau bouillante. Laisser infuser 10 minutes : 4  5 tasses par jour sont indiquées contre les digestions pénibles, les vertiges et bourdonnements d’oreille, les palpitations et les coliques nerveuses, l’insomnie, les maux de tête et les troubles divers si fréquents chez les sujets nerveux. La tisane de mélisse est particulièrement recommandée contre les crampes et douleurs utérines dont beaucoup de femmes se plaignent au moment de leurs règles. Elle procure aussi, mise au frais, une excellente boisson rafraîchissante et tonique pour l’été.

L’eau des Carmes, dans un peu d’eau tiède, a les mêmes vertus. Quelques gouttes sur un morceau de sucre constituent un remède classique en cas de syncope, d’aérophagie et d’indigestion. Voilà qui était très appréciée au XIXe siècle.

Les polyphénols de la mélisse sont antiviraux : contre l’herpès qui produit des vésicules blanchâtres, une infusion appliquée régulièrement sur les lésions élimine les éruptions en quelques jours et en réduit la fréquence d’apparition.

En cuisine, la mélisse donne une saveur fraîche aux viandes, volailles, poissons, salades de fruits et de légumes, aux soupes et aux puddings. Elle est utilisée en Espagne pour aromatiser le lait. Elle entre dans la composition de certaines liqueurs comme la Bénédictine.

EAU DE MELISSE DES CARMES BOYER 

Eau de Mélisse des Carmes Boyer

C’est à partir du XVIIe siècle que la mélisse officinale connue le succès en France. C’est l’époque où les Carmes ont mis au point la fameuse eau de mélisse qui soulageait les dames de la Cour du Roi-Soleil sujettes à des malaises nerveux. Même le cardinal de Richelieu gardait à portée de main son flacon pour soigner ses migraines.

Cette eau de Mélisse appelée aussi eau des Carmes est un cordial, c’est-à-dire une potion qui stimule le fonctionnement du cœur et un tonique justement utilisé contre les migraines. La recette originale de l’eau de mélisse comprenait quatorze plantes, dont la mélisse, et neuf épices. L’Eau de mélisse des Carmes Boyer est de loin, avec une recette et un flaconnage pratiquement inchangé depuis 1611, le plus vieux produit du monde.

MELISSE 

Bibliographie

Nos grand-mères savaient – Jean Palaiseul – Editions Robert Laffont

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DANS L’HERBIER DU SAGITTAIRE… LA PETITE CENTAUREE

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 28-11-2012

C’est une kyrielle de noms que l’on donne à cette plante et qui nous ramène au mythe du Sagittaire. La Centaurée est aussi appelée Gentiana centaurium ou Erythosa centaurium, mais également Herbe au Centaure, gentiane centaurée, herbe de Chiron, herbe de la fièvre, quinquina d’Europe, fiel de terre, chironde, chironée, gentianelle et centaurelle.

 

La petite Centaurée

La Centaurée est « un purifiant universel »… telle est la définition, juste un peu exagérée, qu’on donne dans un vieil ouvrage qui voit en cette plante un fébrifuge par excellence, un spécifique des maladies contagieuses, un détersif, un apéritif… et la liste est longue.

La légende raconte que le centaure Chiron, lequel enseigna la chirurgie au dieu de la médecine Esculape, fut le premier à l’utiliser pour guérir les blessures qu’Hercule lui avait faite avec une flèche empoisonnée, ce qui valut à la plante d’être tenue pour magique : chez les Romains, on la brûlait pour chasser les serpents et les Gaulois l’employaient comme antidote.

Chiron enseignant Achille – Eugène Delacroix

Dans la mythologie grecque, Chiron était un centaure. Il était fils de Cronos/Saturne et de l’Océanide Philyra. Il vivait dans une grotte sur le Mont Pélion, en Thessalie. Réputé pour sa grande sagesse et ses nombreuses connaissances contrairement aux autres représentants de son espèce, il se vit offrir l’immortalité par les dieux et se fit confier par les hommes l’éducation de nombreux héros qui devinrent ses disciples, notamment Achille et Asclepios/Esculape. Héraclès/Hercule tua Chiron par erreur, lors d’une bataille contre de nombreux centaures, il reçut une flèche empoisonnée par le sang de l’hydre de Lerne dans le genou. La blessure était inguérissable et Chiron était immortel. Il demanda aux dieux le retrait de son immortalité pour cesser de souffrir. Zeus/Jupiter le transforma en constellation.

On rencontre cette centaurée aussi bien en plaine qu’en montagne, dans les clairières des forêts que dans les prairies ensoleillées, le long des chemins que sur les terres sablonneuses. Elle a des tiges carrées de 25 à 50 cm de haut, ramifiées seulement à la partie supérieure, portant de petites feuilles ovales et opposées. Ses petites fleurs rouge pâle, dont la base est tubulaire et le haut déployé en étoile à cinq branches, forment de jolis bouquets au sommet des tiges.

 

La Petite Centaurée – Planche Botanique

Ce sont les sommités fleuries qu’on récolte et qu’on fait sécher à l’ombre au moment de leur plus grande vigueur florale, c’est-à-dire entre juillet et septembre, pour préparer une tisane particulièrement indiquée contre la fièvre. Elle remplaçait d’ailleurs le quinquina aux époques où celui-ci venait à manquer. La Centaurée est tout aussi indiquée en cas de manque d’appétit et les digestions pénibles. Cependant, pour être apéritive, elle se prend avant les repas et pour être digestive, après. Elle est recommandée en cas d’insuffisance hépatique avec constipation, infection des voies biliaires, anémie, hydropisie, les dermatoses et même les oxyures et les ascaris qu’elle n’est pas suffisante à détruire, mais elle renforce l’action des véritables vermifuges.

La dose habituelle pour l’infusion est de 30 grammes de sommités fleuries pour un litre d’eau. On laisse infuser entre cinq à dix minutes. Trois tasses par jour de préférence avant le repas. Voilà une tisane assez amère à laquelle on peut ajouter quelques feuilles de menthe ou de l’angélique.

La petite Centaurée s’utilise comme tonique en cas d’anémie ou en convalescence. On peut en faire un vin de centaurée avec 60 grammes de plante dans un litre de bon vin blanc, quelques baies de genièvre. On laisse macérer huit jours. Puis, on filtre et on sucre avec du miel de préférence : un verre à bordeaux avant les repas.

On peut également utiliser la petite Centaurée en usage externe, en lotions et compresses sur les ulcères variqueux et les plaies atones. En lotion, elle passe pour arrêter la chute des cheveux. Faire une décoction avec 60 grammes de plante pour un litre et on laisse bouillir quelques minutes.

On utilise la petite Centaurée comme plante médicinale depuis le Ve siècle avant Jésus-Christ. Dans la Grèce antique, on lui attribuait des vertus purgatives, emménagogues. On la disait bénéfique aussi bien pour les yeux que pour la cicatrisation des plaies.

La petite Centaurée fait partie de la famille de la gentiane et ses propriétés sont similaires.

Bibliographie

Nos Grand-mères savaient – Jean Palaiseul – Editions Robert Laffont

 

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DANS L’HERBIER DE LA BALANCE… LE JASMIN

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 11-10-2012

Cette plante gracieuse est originaire des Indes. Particulièrement appréciée pour sa senteur capiteuse, elle entre dans la composition de plusieurs parfums renommés. Le jasmin est, avec la rose, une des deux fleurs reines de la parfumerie. Ces deux fleurs ont fait le succès du parfum Joy qui fut créé en 1930 par Jean Patou qui disait qu’il fallait 10 600 fleurs de jasmin pour produire une once de parfum.

Quant à la blancheur du jasmin elle en fait la fleur-symbole de l’amabilité.

JASMIN 2 

Jasmin blanc symbole de l’amabilité

Les tiges ligneuses du jasmin s’enroulent sur tout support en formant des méandres, symboles d’élégance. Une tonnelle où le jasmin s’enlace est un délice pour l’odorat. Ce qui fit écrire à Jean de La Fontaine :

Jasmins dont un air doux s’exhale,

Fleurs que les vents n’ont pu ternir,

Aminte en blancheur vous égale,

Et vous m’en faites souvenir.

Les Tunisiens en font de petits bouquets en boutons que les enfants proposent à la terrasse des cafés et que les hommes portent sur l’oreille, en offrir est une preuve d’amour. En Arabe, le nom du jasmin odorant signifie « cadeau de Dieu », et tant en Orient qu’en Occident, la fleur est liée à la grâce féminine. Le jasmin est à l’origine du prénom arabe Yasmina, et de ses dérivés : Yasmine et Yassmine. Damas est la ville du jasmin par excellence tant cette fleur est cultivée dans chaque maison, au pied de chaque immeuble.

 

Petits bouquets de jasmin de Tunisie

En Inde, Kâma, le dieu de l’amour, atteignait ses victimes par des flèches auxquelles il attachait des fleurs de jasmin. Et si on se réfère à l’Antiquité, on apprend que Cléopâtre serait allée à la rencontre de Marc Antoine dans un bateau dont les voiles étaient enduites d’essence de jasmin. D’ailleurs, le jasmin serait originaire d’Indes et d’Egypte.

Dans la tradition chrétienne, elle est  associée à la Vierge Marie, alors qu’en Thaïlande, elle symbolise la maternité.

En France, au XVIIe siècle, la ville de Grasse s’était lancée dans la culture du jasmin. Sa récolte est aujourd’hui devenue rare. Elle se déroule au mois d’août. Les fleurs de jasmin doivent être cueillies juste avant l’aube et traitées le plus rapidement possible. Les fleurs de jasmin s’ouvrent la nuit et seulement à une température supérieure à 17° C.

Dans le folklore français, les noces de jasmin symbolisent 66 ans de mariage.

JASMIN JAUNE 2

Jasmin jaune

Il existe aussi un jasmin jaune très résistant au froid. Il fleurit à la fin de l’hiver lorsque la terre est nue. Ses étoiles jaunes sont un premier frémissement de la nature.

Par ailleurs, indépendamment du goût délicieux que la fleur de jasmin donne au thé, celle-ci est recommandé contre les maux de tête. Très calmantes, elles relaxent et apaisent la toux nerveuse. Posologie en infusion : 20 grammes par litre d’eau bouillante et deux tasses par jour, la seconde au coucher. De plus, dans l’huile d’olive, la macération des fleurs est excellente en friction contre les douleurs des paralysies nerveuses. Pour cet usage externe : recouvrir dans un bocal des fleurs de deux fois leur volume d’huile d’olive. Laisser macérer un mois avant usage.

Comme les fleurs de jasmin sont rares et leur prix élevé, si vous en avez dans votre jardin, cela vaut la peine de les récolter.

JASMIN

Bibliographie

Le Langage des Fleurs – Marthe Seguin-Fontes – Editions du Chêne – Hachette Livre

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DANS L’HERBIER DU SCORPION… L’ORCHIDEE

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 20-11-2011

« Orchidée » vient du grec « orchis » qui signifie « testicule », du fait de la forme des tubercules souterrains de certaines orchidées. C’est à Théophraste (*) que l’on attribue cette dénomination. Pas de doute, nous sommes bien dans l’univers sexuel du Scorpion qui, dans l’homme-zodiaque, est en rapport avec les organes sexuels et de reproduction.  

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L’orchidée fait partie de la grande famille des plantes monocotylédones, famille végétale très diversifiée, apparentée à celle des Liliacées, comptant plus de 25 000 espèces réparties en 850 genres. Ces chiffres en font l’une des plus importantes familles de plantes à fleurs, présentes dans pratiquement tous les milieux, à l’exception des déserts et des cours d’eau. D’après des sources scientifiques, cette famille serait âgée de 75 à 86 000 000 d’années. Cette datation a été faite à partir du pollen d’une orchidée éteinte, retrouvé dans de l’ambre.

On pense que l’orchidée serait apparu au jurassique, il y a 120 000 000 d’années quand la Pangée, continent originel, se disloqua. Les plaques s’éloignèrent les unes des autres et les orchidées se dispersèrent ainsi dans le monde entier.

L’orchidée a toujours fasciné les hommes. Elle symbolise la femme ou le sexe idéalisé de la femme, la fécondation, tout en portant paradoxalement le nom d’une partie génitale masculine. Aussi, peut-on voir dans l’orchidée un symbole androgyne.

L’orchidée est également symbole de luxe, de volupté, de mystère et de passion. Elle symbolise la beauté absolue. Elle incarne le mythe de la femme idéale. L’orchidée est la fleur parfaite pour déclarer un amour secret à l’élu(e) de son cœur.

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Dans le folklore français, les noces d’orchidée symbolisent 55 ans de mariage. Cependant, dans la Chine ancienne, les « Maisons dorées des Orchidées » désignaient les maisons qui accueillaient les jeunes filles à marier. Une légende raconte que l’orchidée apporterait un fils si la fleur s’ouvre vers l’Est, et une fille si elle s’épanouit vers l’Ouest. L’histoire ne dit pas s’il suffit de tourner le pot pour avoir l’enfant désiré.

La réputation des orchidées a traversé les siècles. L’Antiquité et le Moyen Age la vénèrent pour ses vertus médicinales et aphrodisiaques, sur ce dernier point cela ne serait que superstition et toujours à démontrer. Cependant, Dioscoride, physicien grec qui vécut au 1er siècle après Jésus-Christ, confirme cette superstition dans son livre « Materia Medica ». Cette idée sera encore soutenue par Bock au XVIe siècle et Kircher et Parkinson au XVIIe siècle.

C’est au XVIe siècle que les premières orchidées exotiques apparaissent en Europe. Elles furent ramenées par des marins comme cadeaux à leurs épouses, ou peut-être aussi pour eux-mêmes, à des fins scientifiques. En 1733, elles apparaissent en Angleterre en provenance des Bahamas, puis, en 1760, des Caraïbes, puis en 1765 plusieurs espèces de Vanille. 

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Fleur de vanille

En 1768, sous le commandement de James Cook, eut lieu la première expédition pour une grande collecte de plantes. La première fleur tropicale entre en Europe. Il s’agissait de la « Brassavola nodosa », en provenance de Curaçao. Puis, dix ans plus tard, l’Asie est explorée. Deux nouvelles orchidées sont importées de Chine.

Dans la Chine ancienne, les orchidées étaient associées aux fêtes du printemps, où elles étaient utilisées pour l’expulsion des influences pernicieuses. La principale, il faut le préciser, était la stérilité. « L’orchis », comme son nom l’indique, est un symbole de fécondation. D’ailleurs, en Chine encore, l’orchidée favorise la génération et elle est un gage de paternité. Mais la mort d’un enfant, ainsi conçu sous son influence, survient à la coupe des fleurs. Fleur trouble, qui reprend ce qu’elle donne. La beauté de la fleur en fait cependant un symbole de perfection et de pureté spirituelle.

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1789, année mouvementée comme chacun sait, Le Bounty, célèbre navire anglais, échoue à cause d’une grande mutinerie. Il faudra attendre 1793 pour que le bateau La Providence réussisse à ramener quinze espèces d’Orchidées, toutes classées sous le genre « Epidendrum ».

C’est seulement au XVIIIe siècle que naît la botanique en tant que science et que les végétaux seront classifiés. En 1737, Linné distingue les Orchidées des autres plantes et les classifie toutes ensemble sous le genre « Epidendrum ».

Enfin, ce n’est qu’au XIXe siècle, grâce à l’étude de la morphologie particulière des fleurs d’orchidées, dotées d’une connotation sexuelle, et des relations que ces plantes entretiennent avec les insectes que Charles Darwin aurait en partie établi son modèle théorique de l’évolution.

Malheureusement, les méthodes désastreuses des chasseurs de plantes pour l’environnement firent que les orchidées furent rapidement menacées. En effet, lorsqu’ils arrivaient les premiers sur les sites, d’abord ils se servaient abondamment, puis ils brûlaient les plantes qu’ils ne pouvaient emporter plutôt que de les laisser à des concurrents. Enfin, quand ils ne pouvaient atteindre les orchidées trop hautes perchées dans des arbres gigantesques, ils n’hésitaient pas à les abattre. Et c’est ainsi que des dizaines d’espèces disparurent en Amérique du Sud.

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Ensuite, au retour des expéditions, les orchidées abandonnées dans les soutes de bateaux par ignorance de leurs besoins ne supportaient pas le voyage, sans parler des rats et des insectes, et même les naufrages autant de causes supplémentaires de la perte des plantes et espèces.

Cet engouement pour l’orchidée, qu’on appelle « orchidomia », a eu pour conséquence de lourdes pertes humaines. En effet, les chasseurs pouvaient être capturés par les indigènes, ou bien mouraient de maladies tropicales.

Toutefois, dans nos campagnes, il n’est pas rare de rencontrer de petites orchidées sauvages, surtout sur des sols alcalins, petites plantes herbacées vivaces de la famille des Orchidacaeae, sous famille des Cypripedioideae, qu’on rencontre sur des soles alcalins, le « Sabot de Vénus » appelé aussi « Sabot de la Vierge » ou encore « Soulier de Notre-Dame ».

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Sabot de Vénus

theophraste(*) Théophraste était une philosophe grec de l’école du Lycée qui aurait vécu entre environ 372 et 288 avant Jésus-Christ. Il faut le premier scholarque, directeur du Lycée et le fondateur de la botanique en tant qu’étude des plantes en elles-mêmes et non pour leurs utilités. Il était considéré comme un naturaliste ou même un alchimiste. On lui doit deux ouvrages : « L’Histoire des Plantes » et « Les Causes des Plantes ». Il est à l’origine de la différenciation entre le règne animal et le règne végétal, distinction qui permit la naissance d’une véritable nouvelle discipline à part entière, possédant ses propres méthodes et vocabulaire : la botanique.  

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Bibliographie

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins 

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PETITE HISTOIRE DE LA BÛCHE DE NOËL

(05 - PETIT COURS D'ASTROLOGIE, 06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 21-12-2010

Bien avant de devenir le dessert que nous connaissons du repas de Noël, la bûche allumée dans la cheminée en cette nuit merveilleuse exprime, dans toutes les traditions européennes, une mosaïque de croyances et de coutumes.

Elle était destinée à se consumer pendant trois jours mais l’idéal était qu’elle puisse tenir douze jours, pendant les douze nuits critiques consécutives, jusqu’à l’Epiphanie qui célèbre la venue des Mages à Bethléem. En Allemagne, on l’appelle « Christbrand », alors qu’en Italie elle est « il ceppo », pour devenir « Yule log » dans les pays anglo-saxons, « kerstblock » en Flandre, « cachofio » en Provence, « chuquet » en Normandie ou bien « cosse » dans le Berry. 

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Choisie par le maître de maison parmi les troncs d’arbres fruitiers, car ce bois était censé garantir d’une bonne récolte pour l’année suivante, décorée de rubans et de dentelles, elle était allumée rituellement. Tout d’abord, lors de l’allumage, la bûche était bénie à l’aide d’une branche de buis ou de laurier que l’on avait conservée depuis les Rameaux ; cette bénédiction était donnée par le plus jeune membre de la famille ou un aïeul, à l’aide d’une sorte de lumière nouvelle, un brandon apporté de l’église ; parfois, on faisait des libations dans l’âtre, on arrosait la bûche d’eau bénite, de vin afin d’assumer une bonne vendange, d’huile ou de miel, ainsi que de sel pour se protéger des sorcières. Le crépitement des flammes était partout un moyen de divination sur la guerre et la paix, l’abondance ou la famine, le bonheur ou le malheur, la vie et la mort.

Les charbons et les tisons de la bûche de Noël étaient conservés tout au long de l’année car ils avaient des vertus protectrices, notamment ils étaient censés protéger la maison de la foudre, et enfin ils guérissaient les brûlures. Mis dans le cercueil du défunt un petit charbon de la bûche de Noël facilitait son voyage vers l’au-delà. Ailleurs, c’étaient les cendres qui se révélaient bénéfiques : répandues sur les têtes du bétail ou sur les champs, elles assuraient l’abondance et la protection contre les maladies. Parfois, on encerclait la maison de ces cendres, dans le but d’éloigner les sorciers et les mauvais esprits. Ce sont que quelques-unes des coutumes liées à la bûche. Elle figure en outre, cette fois-ci sur le plan de croyances d’origine religieuse, les péchés du monde consumés par le feu purificateur. Est-ce le tronc d’arbre sec consumé dans le foyer la source de toutes ces facultés, est-ce vraiment le bois que l’on honorait avec tant de respect et de circonspection ? A qui adressait-on toutes ces faveurs ? Qui est la source de toutes ces bénédictions ? Le rituel rassemble deux éléments primordiaux : le feu et le bois. Ils se consomment mutuellement, mais seule leur « union » est capable de répondre aux espoirs humais : adoration du feu, rites de fécondité, rédemption des péchés, cultes des ancêtres… La bûche de Noël était tout cela. Et en plus, elle assurait la chaleur bienveillante de la maison au moment où les rigueurs de la saison la rendent plus utile que jamais.

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La disparition des grandes cheminées a mis fin à la coutume des grandes bûches qu’on y brûlait. Mais l’idée de la bûche perdura et devint un dessert. On a un peu perdu la date de la naissance de cette tradition de ce dessert en forme de bûche. On parle qu’elle aurait été inventée par un pâtissier en 1945. Toutefois, le gâteau roulé de Noël était déjà traditionnel bien avant la seconde guerre mondiale puisqu’on en retrouve la trace dès le XIXe siècle en Charente-Poitou.

La tradition voulait qu’elle soit confectionnée à base de crème au beurre, mais depuis quelques années beaucoup la préfère glacée. De plus, au beurre ou glacée, la tradition veut que la bûche soit décorée des attributs de Noël : le Père Noël bien sûr, ses lutins, sa hache, son traîneau, des champignons, des feuilles de houx… en sucre, en pâte d’amande, ou malheureusement aussi en plastique.

En France, en Belgique, au Québec, au Liban et généralement dans les pays francophones, le repas de Noël se termine par la bûche de Noël. En fait, cette tradition culinaire reproduit un autre rite lié à la célébration du solstice d’hiver qui correspond à l’entrée du Soleil dans le Capricorne, le signe de Saturne.

D’autres desserts sont liés au cycle de Noël, différents selon les pays et les régions :

Les treize desserts de la Provence

Le Kouglof d’Alsace

Le Christmas pudding anglais

Le Panettone italien

La brioche tressée tchèque

Le Touron catalan

Les beignes de Noël du Québec

Et pour terminer cette période de Noël la galette des Rois.

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Bibliographie : Fêtes et croyances populaires en Europe – Yvonne de Sike – Editions Bordas


deco_noel114Pour vos cadeaux de Noël, vos étrennes de Nouvel An, pour une fête, un anniversaire, ou tout simplement pour faire plaisir, pensez à offrir une consultation astrologique…Sur mon site, au chapitre de mes chroniques, dans la rubrique « Cadeaux » vous trouverez les modalités d’organisation de cette consultation, ainsi qu’un exemple d’une carte-invitation.

 

 

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