NOUVELLE LUNE DU 2 AOÛT 2016 – PARIS

(4.0 - LA NOUVELLE LUNE) par sylvietribut le 07-08-2016

Bien que cette Nouvelle Lune se présente sous les auspices flamboyants du Lion, au trigone de Saturne, on ne peut pas dire que c’est un été resplendissant de joie et de dynamisme. En effet, tout ce qui constitue la vie sociale, festive, artistique de l’été, toutes les fêtes estivales sont annulées les unes après les autres. Un climat de morosité nous a tous envahi.

Il faut bien reconnaître qu’on ne peut s’en tenir qu’à la position de la Nouvelle Lune dans un signe fastueux, puisque celle-ci présente un Ascendant Poissons qui est peut-être synonyme d’inspiration mais n’a rien de très dynamique. On vit des impressions, des sensations, mais on est loin de la réalité quand on n’est pas totalement dans l’illusion.

ROME - fontaine de l'obélisque -piazza-del-popolo - Rome

Le Lion de la Fontaine de l’obélisque – Piazza del Popolo – Rome

De plus cet Ascendant Poissons, signe d’Eau, sous l’influence de Neptune, intercepte le signe de Feu du Bélier et ce n’est pas un mélange très détonant… L’eau Poissons éteint le Feu du Bélier. Les pétards du 14 juillet ont été plus que mouillés et les coups d’épée dans l’eau de nos dirigeants ne sont plus à démontrer. Mais pour ce qui concerne les jours à venir de la lunaison, ils ne sont pas plus encourageants. En effet, bien que Mars, second Maître de la Lunaison, soit entré dans le Sagittaire, autre signe de Feu, il s’achemine d’abord vers le carré de Neptune, et là on constate que les deux Maîtres de la Lunaison, tout de contradiction, sont en plus dans un rapport conflictuel. Ce carré porte la mort dans ses flancs, tout comme le cheval de Troie. En effet, ce Mars de lunaison occupe la Maison VIII, la Maison des morts et des deuils, et Neptune se trouve en Poissons où il est le Maître et la Maison XII, la Maison des épreuves, dont il est également le Maître. Cette Maîtrise ne signifie en aucun cas, que la planète est seulement bien positionnée. Elle l’est souvent pour augmenter son pouvoir de nuisance. Comment ne pas penser au terrible incendie qui a eu lieu dans un restaurant de Rouen…

Notez également qu’Uranus, Maître de Maison XII de la lunaison, occupe l’Ascendant de cette Nouvelle Lune, en Bélier, un peu comme un électron libre qui peut créer, des surprises, des coups de foudre avec les trigones de Vénus, du Soleil et de la Lune qui se profilent, mais pas d’emballement pour autant puisque ces mêmes planètes passeront très vite dans le contexte douteux de Neptune et frustrant de Saturne. En tant que Maître de la Maison XII de la lunaison, il ne faut pas attendre des merveilles de cet Uranus…

NOUVELLE LUNE - 2 AOUT 2016 - 22 H 46 (TU 20 h 46) - PARIS

Nouvelle Lune du 2 août 2016 – 22 h 46 (TU 20 h 46) – PARIS

Mars n’est pas encore dans le carré exact de Neptune, il ne le sera que le 24 août et se trouvera également en conjonction de Saturne, lui-même en Sagittaire et en Maison IX de la lunaison, certes sous les auspices de Jupiter, mais comment ne pas penser à quelques coups du sort à l’étranger ou venant de l’étranger, d’autant que la Lune sera alors en Gémeaux, à l’opposition et au carré de la configuration des Maîtres de la lunaison. La Lune est Maître des Maisons III, IV et XII. Que d’illusions, que de déceptions, que d’enfumage, que de promesses non tenues, que d’arnaques estivales à l’horizon. Prudence donc lorsque Mercure s’opposera à Neptune tout en étant dans le carré de Saturne, dans la seconde semaine d’août 2016.

Vénus ne sera pas mieux lotie, puisqu’entrée en Vierge, elle sera bientôt carré Saturne et opposée Neptune dans cette même deuxième semaine d’août 2016. Vénus est Maître des Maisons II et VII de la lunaison, ce qui invite fortement à se méfier des entourloupes avec pertes d’argent assurées. Le mieux est de ne pas sortir plus que ça de ses habitudes et d’attendre que Mercure et Vénus atteignent le troisième décan Vierge où ces planètes se retrouveront en compagnie de Jupiter, qui bien que la planète soit en détriment en Vierge est quand même de meilleure compagnie que Saturne et Neptune, à moins qu’elle ne fasse qu’amplifier les conséquences des arnaques possibles… Jupiter est un amplificateur, une sorte de grosse caisse. Et puis, ne dit-on pas que « Jupiter rend fou celui qu’il veut perdre ».

Patience, la prochaine lunaison devrait être un peu plus solide, voire même plus favorable.

Amoureux de Peynet Lion

Le Lion des Amoureux de Peynet

Rambouillet, le 6 août 2016

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APOLLON… LE DIEU SOLAIRE… UN DIEU TRES SUSCEPTIBLE

(6.6.5 - LES MYTHES DU LION ET DU SOLEIL) par sylvietribut le 25-07-2016

Comment ne pas aborder le noble signe du Lion sans saluer Hélios, le dieu soleil lui-même ? Hélios était le fils d’Hypérion et le frère de Séléné, la Lune, comme Apollon, dieu tout d’abord lunaire, est le frère d’Artémis, déesse solaire. Ils échangeront plus tard leurs sexes, car Artémis c’est une autre image de la Lune.

Dans la relation symbolique entre le Lion et le Soleil, Maître du signe, ces ambiguïtés où se rencontrent violence, domination et sens du sacré, nécessité de s’imposer, autorité naturelle et aptitude au sacrifice extrême.

LE SOLEIL 2

Hélios, le Soleil

Apollon usurpera peu à peu la place et le rôle d’Hélios. Les deux dieux ou demi-dieux qui semblent véritablement se partager le signe du Lion étant à l’évidence Apollon et Héraklès, héros parmi les héros. C’est André Barbault qui a d’ailleurs décrit les deux types physiques léonins qui correspondent à Apollon et à Héraklès.

Le premier fait les hommes, l’œil en amande, le nez fin et long dans le prolongement d’un front légèrement fuyant, bien bâtis mais minces et de silhouette élégante : tel est le Lion apollinien, qui tient sa place aux côtés des esthètes et des artistes. Le second fait les hommes forts, puissants, musclés, le visage plus carré, le nez épaté comme celui des chats ou des félins. Et un estomac « en creux », côtes très dessinées en avant. Avec une crinière abondante, une stature athlétique. Alexandre Dumas, qui était natif du Lion, s’est projeté dans le personnage de Porthos et on dit qu’il était capable de porter un âne sur son dos.

APOLLON ET LES DAUPHINS

Apollon et le Dauphin

Qu’il s’agisse d’Héraklès ou d’Apollon, ils ne cessent de se faire purifier çà et là, pour les meurtres qu’ils commettent en série. Apollon sera envoyé quelques temps en exil, dans la vallée du Tempée où il devra servir les mortels. Delphes était bien sûr un site convoité er Apollon ne pouvait mieux choisir. Delphes est l’Omphalos, le nombril de la terre, l’utérus maternel, l’une des traduction des « delphis », « dauphin » ou utérus ». On dit que les prêtres de Delphes auraient fait naufrage à cause de dauphins qui les auraient fait chavirer sous l’impulsion d’Apollon entendant ainsi recruter un peu vigoureusement ses servants. D’autres prétendent que ces prêtres descendaient de Crétois. Apollon aurait simplement détourné leur navire en prenant l’apparence d’un dauphin, toujours pour les contraindre à demeurer dans son sanctuaire… Mais Neptune n’est-il pas dit « en exaltation » dans le Lion et Maître de tous les sanctuaires et lieux de culte.

Artemis_et_Apollon

Artémis et Apollon bébés

Apollon et Artémis, jumeaux complices, ont fait ensemble un certain nombre de frasques et de mauvais coups. Apollon tuera Pithios qui avait voulu abuser de leur mère et ils la vengeront de Niobé qui avait eu l’imprudence de se vanter d’être plus féconde que Léto. Ni Artémis, ni Apollon ne pouvaient pardonner pareille offense.

A cause de diverses sottises, Apollon sera par deux fois exilé : une fois il devra servir Admète, roi de Thessalie, pour avoir tué un des Cyclopes, artisans de la foudre de Zeus/Jupiter. Ce dernier ne plaisante pas lorsqu’on s’en prend à ses plus zélés serviteurs. Une autre fois, Apollon aura le tort d’envoyer la peste à Troie parce que Léomédon n’a pas payé une somme qu’il lui devait. Par ailleurs, l’attitude du dieu, pendant la guerre de Troie, fut vivement critiquée.

Apollon, comme le Lion, est un dieu susceptible. On se souvient qu’il se vengera de façon très cruelle de Marcyas qui suivait la grande déesse Cybèle. En effet, il avait eu la faiblesse de le convier à une compétition musicale, sorte de tournoi au cours duquel il entend prouver au dieu qu’il a plus de talent que lui. Très dangereux quand on a affaire à un dieu susceptible et irascible et qui décide de la victoire. Apollon désignant le vainqueur s’attribue la palme car il sait jouer de la cithare à l’envers comme à l’endroit, en virtuose, alors qu’évidemment Marcyas ne peut jouer de sa flûte à l’envers. Cependant, certains auteurs assurent que les Muses furent chargées du verdict et qu’elles furent séduites par la musique du dieu. Notez au passage que parmi les arts, la musique appartient au monde de Neptune.

Marcyas sera terriblement puni de son arrogance : Apollon l’écorchera vif dans un grand accès, sans doute de « retour du refoulé », d’une remontée de son passé barbare. Après avoir tué ce malheureux et avoir cloué sa peau sur un pin, il interdira à quiconque de jouer de la flûte, jusqu’au jour où cet instrument lui sera consacré. A Delphes, on pouvait jouer de la flûte… peut-être pour charmer les serpents…

Apollon, on vient de le voir, ne se conduit pas vraiment d’une façon élégante. Il accorde à Cassandre et à son frère le don de prophétiser… Mais, comme il la courtise et qu’elle le rejette, il fait en sorte que nul ne puisse jamais croire ses prédictions. Pour lui jeter ce mauvais sort, il lui crache dans la bouche. Plus jamais, elle ne pourra crier autrement que dans le désert.

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Apollon poursuivant Daphné qui se change en laurier – Bernini

Apollon, ce beau jeune homme, n’a d’ailleurs pas tellement de succès auprès des femmes. Et pas tellement plus auprès des hommes. Il ne remporte pas les succès qu’on pourrait s’attendre à le voir cumuler. Cassandre le rejette… Il poursuit en vain Daphné qui s’enfuit devant lui et qu’il transformera en laurier, dont il couronnera champions et lauréats. La sibylle de Cumes à laquelle il fait une cour empressée n’acceptera jamais ses hommages : il la condamnera à vivre mille ans mais sans qu’elle cesse de vieillir. Marpessa lui préfère un mortel, Idas, par peur, nous dit Homère, de l’éternelle jeunesse du dieu. Il est d’ailleurs curieux de noter que bien des natifs ou natives du Lion, et surtout Ascendant Lion, car l’Ascendant est l’image qu’on projette dans le monde, conserve un visage jeune, sans ride, jusqu’à un âge avancé, comme si ces personnes ne vieillissaient pas. Il faut bien reconnaître que le Soleil ne prend jamais aucune ride, alors que la Lune se fait et se défait en permanence. Cancer et surtout Ascendant Cancer, les lunaires, vieillissent nettement plus vite que les léonins.

La nymphe Sinopé qu’il courtise aussi le supplie de lui accorder ce qu’elle demande. Après qu’il ait accepté, elle fait le vœu de rester éternellement « intacta », ce qui lui permettra plus tard de servir Artémis qui aime à s’entourer de vierges.

CYPRES

Cyprès d’Apollon

Comme la plupart des dieux grecs, il a bien quelques aventures masculines mais elles ne lui réussissent guère mieux que ses tentatives auprès des femmes et la triste affaire d’Hyacinthos qu’il tue accidentellement en est la preuve. Il aimera Staristos qui ne se consolera pas d’avoir tué un cerf apprivoisé. Il ne restera plus à Apollon qu’à le transformer en cyprès.

On sait qu’Apollon provoquera la mort d’Achille, qu’il lancera lui-même la flèche qui le tuera, qu’il ordonnera aussi à Oreste de tuer sa mère et l’amant de celle-ci, puis, pas toujours très cohérent, il se fera le défenseur d’Oreste accusé par Clytemnestre.

Tout cela ne l’empêchera pas, néanmoins, d’engendrer quelques fils et filles. Certains prétendent même qu’il serait le père Orphée. Il aura Aristée, Linnos et tant d’autres… qui n’ont pas tellement bien tourné puisque Aristée causera la mort d’Eurydice en la serrant de trop près et en la faisant fuir.

LA COURONNE DU DIPLOME

La couronne de laurier d’Apollon et des vainqueurs

Bibliographie

Dieux et Héros du zodiaque – Joëlle de Gravelaine – Editions Robert Laffont

 

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PARMI LES QUATRE FORMES DE L’AMOUR… L’EPITHUMIA DU TAUREAU

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 20-05-2015

Saviez-vous que chez les Grecs de l’Antiquité, le mot « amour » n’existait pas tel que nous le connaissons, mais qu’ils utilisaient divers termes à ce propos que l’astrologie a associé à certains signes. Dans ces temps anciens, on parlait donc de l’Epithumia que l’on a associé au Taureau, de la Philia qui serait du domaine du Lion, de l’Eros, le monde du Scorpion et de l’Agapé que le Verseau symbolisait.

Mais qu’est-ce que l’Epithumia ?

La meilleure formule qu’on pourrait associer à l’Epithumia serait « l’appétit sexuel ». Pour les Grecs, l’Epithumia qualifiait ce que l’homme a de commun avec les animaux : une envie instinctive de toucher, de caresser, qui se traduit dans notre corps par une tension interne ayant besoin d’être soulagée. Il n’y avait là rien de romantique, ni même de très érotique. L’Epithumia était une chose naturelle, sur laquelle on ne portait aucun jugement moral. Les Grecs disaient que le corps a ses propres pulsions, ses propres besoins et désirs, qui doivent être respectés et honorés.

VENUS - ANTONIO CANOVA

Vénus par Antonio Canova

Sur le plan archétypique, on peut donc associer l’Epithumia au signe du Taureau, signe fondamental de la sexualité car le Taureau est un signe charnel qui représente la sensualité sous toutes ses formes. Et pourtant toute la partie Epithumia Taureau de notre nature a été reléguée dans l’ombre. Le monde judéo-chrétien ne veut pas entendre parler de ce domaine de la vie. Il a banni la déesse Aphrodite/Vénus qui règne sur le Taureau, et il est convaincu que, comme sous la forme de Marie-Madeleine, la femme est une source de péché qui induit les hommes en tentation. L’histoire du Jardin d’Eden et de la chute de l’homme rejette toute la responsabilité sur Eve qui incarne l’Epithumia. Notre société moderne occidentale, Islam inclus, a une vision très déformée de l’Epithumia et donc de toute la fonction Taureau. Le Christianisme ne sait que faire de cet aspect de l’amour, à part nous exhorter à le sublimer.

La fonction vénusienne correspond à ce besoin que nous avons d’être touchés, pris dans les bras et caressés. Selon Freud, notre tout premier sentiment de plaisir est oral. Et de fait, bon nombre de plaisirs : nourriture, alcool, drogue, etc. sont associés à la bouche. Ce que nous aimerions faire en réalité, c’est embrasser, sucer, mordre, mordiller, mais nous sommes le plus souvent inconscients de ces envies parce qu’elles sont inconvenantes.

Pour les Grecs de l’Antiquité, les désirs du corps étaient bons et n’avaient rien de mauvais, alors que la magnifique histoire du Jardin d’Eden est devenue celle de la chute de l’homme et cette chute est associée à l’éveil de l’Epithumia. Tout cela par la faute d’Eve. Dans le Christianisme, les femmes sont toutes les filles d’Eve, la source du péché et du mal.

L’allusion au Christianisme n’inclut pas les enseignements du Christ, mais ceux que nous ont transmis les Pères de l’Eglise, depuis Saint-Paul en passant par Saint-Augustin et Saint-Thomas. Ces hommes ont discrédité, au nom du Christianisme, les besoins naturels du corps. Aphrodite/Vénus était pour eux l’épouse du Diable. La culture judéo-chrétienne nous a inculqué un archétype féminin constitué de deux types de femme : la Madone et la putain, ou encore la Vierge et la pécheresse. Un nombre incroyable d’hommes avouent qu’ils ne s’étaient pas mariés avec leur petite amie parce qu’ils avaient couché avec elle. Autrement dit, les femmes qui se laissent séduire ne sont pas celles qu’on épouse.

L’Epithumia est également considérée comme un comportement puéril auquel nous devrions renoncer en prenant de l’âge. Freud concédait que la perversité polymorphe était naturelle à un certain stade de la petite enfance, mais nous étions, selon lui, censés nous développer et nous en détourner en grandissant. Il n’y a pas si longtemps encore, médecins et psychologues déclaraient encore que la masturbation rendait fou et pour les prêtres et autres religieux qu’elle rendait sourd. Cette idée que le plaisir du corps est un péché ne cesse de revenir. Certaines histoires grecques traitaient de l’Epithumia dont celle d’Apollon et de Daphné.

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Apollon et Daphné de Bernini

Apollon était le dieu du Soleil et Daphné une très belle nymphe, une vierge que convoitaient de nombreux dieux. Un jour, Apollon l’aperçut et, complètement séduit, se lança à sa poursuite. Daphné s’enfuyait et, même si elle excellait à la course, il était le dieu de la lumière et de l’Air et donc suffisamment rapide pour la rattraper. Tout en courant, il la suppliait de se retourner pour voir qui la poursuivait ainsi, mais en vain. Alors qu’il allait la rejoindre et la saisir, Daphné appela à l’aide son père Pénée qui la transforma aussitôt en laurier. On peut voir à Rome une magnifique sculpture de cette scène, réalisée par Bernini, au moment où ses cheveux deviennent des feuilles, ses orteils des racines et ses bras des branches de laurier. Dès lors, on vit toujours Apollon porter une couronne de laurier, et par la suite, lorsqu’il institua les Jeux Olympiques, en son honneur, les vainqueurs étaient eux-mêmes couronnés de laurier.

Le mythe de Daphnée et d’Apollon véhiculait de nombreux messages pour les Grecs. L’un d’entre eux était que si on refusait l’Epithumia, ce qu’avait fait Daphné en s’enfuyant pour ne pas être touchée, on niait la puissance de la nature et l’on perdait son humanité. Refusant de se retourner, Daphné n’avait pu voir que c’était le dieu de la Lumière qui la poursuivait et, pour les Grecs, rejeter l’Epithumia, les besoins fondamentaux, instinctuels du corps, revenait à refuser l’éveil de la conscience que proposait le dieu de la Lumière.

Ce mythe montrait également qu’une fille qui ne s’est pas différenciée de son père et n’a pas rompu le cordon ombilical ne peut devenir pleinement humaine. Autrement dit, en demandant l’aide de son père au lieu de regarder qui la poursuivait, elle avait ruiné toutes ses chances de se séparer de lui et de devenir une personne à part entière. Bien au contraire, elle s’était transformée en arbre, en quelque chose de non humain.

CIRCE, ULYSSE ET LES POURCEAUX

Circé, Ulysse et les pourceaux

Un thème similaire se retrouve dans l’histoire d’Ulysse et de Circé. Sur le chemin du retour vers Ithaque, Ulysse rencontre Circé, une merveilleuse représentation de l’anima négative, dévorante et effrayante que véhiculent et abritent en eux les hommes. Circé est une magicienne qui utilise sa séduction sexuelle pour ensorceler l’équipage d’Ulysse et transformer les marins en pourceaux. La morale de cette histoire rappelle celle du mythe de Daphné : une Epithumia non intégrée nous fait régresser à un stade pré-humain.

Par la suite, les puritains allaient déclarer que la seule solution était de ne pas ressentir de convoitise sexuelle du tout. Qu’est-ce qu’un puritain ? C’est quelqu’un qui a peur que les autres prennent du bon temps. Avec eux, il y a déformation de l’Epithumia, une déformation des désirs naturels d’Aphrodite/Vénus et du Taureau, une déformation du besoin vénusien de caresses, de sensualité et d’intimité. La pulsion fondamentale de Vénus est de tendre la main vers le « non-moi », vers l’autre. Sur le plan de l’Epithumia, Vénus ressemble à Aphrodite. Elle a terriblement besoin de plaisir et de contact. Elle veut respirer, goûter, ressentir et entendre toutes ces choses qui font que l’on se sent bien, y compris trouver du plaisir dans son propre corps. Les animaux le font naturellement, leur sexualité n’étant pas inhibée ; les enfants aussi, mais les parents et la société se donnent beaucoup de mal pour les éduquer ou déformant leur sexualité et en leur apprenant à la refouler, la nier ou la sublimer. Et à l’âge adulte, nous rejetons les besoins de notre corps et les sublimons en buvant trop, en fumant trop, en mangeant trop, au lieu de nous accorder le réconfort et l’apaisement que procure le fait de toucher le corps d’une autre personne ou d’être soi-même tendrement enlacé. Nous rendons notre corps littéralement malade en refusant de satisfaire certains de ses besoins les plus fondamentaux et nos problèmes de santé sont bien souvent dus à la vengeance de Gaia et d’Aphrodite qui s’indignent de nous voir les négliger. Et qui plus est, nous confondons la passion avec l’amour romantique en essayant de les faire fusionner.

Vénus représente le désir de fusionner avec autre chose que soi. En nous faisant prendre conscience de notre séparation, Vénus provoque le désir d’apaiser ce sentiment en nous unissant à un autre.

Sur un plan très primitif, la dimension Taureau de Vénus est ce désir que ressent le corps de retrouver la fusion vécue dans le ventre maternel.

La dimension Balance de Vénus situe le désir de se relier à autrui sur un plan plus esthétique ou idéalisé, ce qui la rapproche de la notion grecque de la Philia.

(à suivre)…

GLYPHE TAUREAU

Bibliographie

A travers le Miroir – La quête de soi à travers la relation – Richard Idemon – Editions du Rocher – Collection Astrologie

 

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